Archives mensuelles : juin 2012

[Besançon] Un toit, c’est un droit ! Résumé de la manif organisée par le collectif « A la rue » – 30 juin 2012

Ce samedi 30 juin 2012, environ 50 personnes ont manifesté dans les rues du centre-ville, à l’appel du « Collectif à la rue », afin d’exiger des solutions de relogements pour de nombreuses familles immigrées jetées à la rue.

De nombreux slogans ont été scandés, comme « un toit, c’est un droit; un revenu, c’est un dû » ou encore « c’est pas les immigrés, c’est pas les sans-papiers, c’est la misère, qu’il faut virer! ». Des prises de parole au mégaphone pour expliquer la situation ont eu lieu Esplanade des Droits de l’Homme (lieu de départ) puis sur plusieurs places du centre-ville (place du 8 Septembre, place Pasteur, place de la Révolution et devant le pub de l’Etoile). Une pétition pour faire pression sur la mairie et obtenir des logements pour ces familles (c’est pas ce qui manque, des dizaines de logements sont laissés vacants!) a circulé durant la marche et des tracts ont également été distribués (le tract en pdf).

Cette déambulation marque la fin du campement qui a eu lieu devant la mairie durant toute la semaine (depuis lundi 25 juin 2012), afin de rendre visible les invisibles (voir l’article de Fragment de manif).

Le mouvement ne s’arrête pas là, d’autres actions sont à venir. A suivre…

[Béziers] La police travaille au quartier de l’Iranget – 28 juin 2012

Béziers: Colère après l’arrestation d’un mineur de 15 ans : « Il a été frappé comme un chien »

« On accepte que nos jeunes soient arrêtés, ce ne sont pas des saints, mais il y a des façons de le faire et ce qui s’est passé hier est inadmissible » : une demi-douzaine de mamans criaient leur révolte, hier, rue Albert-Arnaud, dans le quartier de l’Iranget, devant une barricade de fortune faite de poubelles, à la suite de l’interpellation d’un mineur de 15 ans qui a dégénéré.

L’interpellation dérape…

Il est environ 21 h 30, jeudi soir. La Brigade anticriminalité arrive sur place pour enquêter sur un vol de deux-roues. Il fait encore très chaud, les gamins et les parents prennent l’air au pied des immeubles. Les policiers interpellent un mineur de 15 ans, bien connu de leurs services, et deux autres jeunes. Un attroupement se forme. Des renforts sont appelés.

« Tout se passait calmement, jusqu’à l’arrivée des policiers en uniforme, témoigne Sabrina. Ils ont arrêté deux garçons, on n’a rien dit mais ils s’en sont pris ensuite au fils de Fatima. Tout le monde sait qu’il est malade, qu’il souffre d’hydrocéphalie, a un tuyau dans la tête et que le moindre coup peut lui être fatal ».

Alertés par les cris des jeunes, les adultes s’approchent. « On a vu ce gamin de 15 ans poussé dans une voiture, il hurlait que ses menottes lui faisaient mal, il a commencé à se débattre, les policiers le brutalisaient lui coinçaient la tête entre les fauteuils », continuent les mamans.

Selon elles, les coups de matraque ont commencé à pleuvoir sur la petite foule formée autour des véhicules des forces de l’ordre. « J’ai arraché la matraque des mains d’un policier pour protéger mon petit-fils de 16 ans qui était à terre, j’ai même pris un coup », s’indigne Brigitte. Moise, 14 ans, s’approche, un œil au beurre noir : « J’ai reçu un coup-de-poing mais je ne porterai pas plainte, cela ne sert à rien ».

« On ne frappe pas ainsi des enfants »

Les témoins dénoncent une réponse policière inadaptée à la situation : « On ne les empêche pas de faire leur travail, d’interpeller les voleurs, mais ce n’est pas à eux de faire justice. On ne frappe pas ainsi des enfants, même nous les parents, on n’a pas le droit ».

Fatima et Abdellah, les parents du garçon de 15 ans, reviennent du tribunal. Leur fils a été placé sous contrôle judiciaire et placé en centre éducatif fermé à Nîmes : « Le juge nous a dit que c’était pour éviter qu’il revienne faire le caïd dans le quartier. Mon fils avait le visage enflé, des griffures, mais le docteur qui l’a examiné n’a rien signalé. Je lui ai ramené ses médicaments, il est soigné pour hyperactivité ».

Fatima n’a pas dormi de la nuit : « Je ne laisserai pas passer ça, il a été frappé comme un chien ».

DEUX POLICIERS BLESSÉS ET UNE VOITURE DÉGRADÉE

Le garçon de 15 ans a été présenté devant le parquet, hier après-midi puis renvoyé devant le juge des enfants. Il a été mis en examen pour rébellion et vol et placé en centre éducatif fermé.

C’est le service de vidéo surveillance de la ville de Béziers qui a alerté les policiers de faits suspects à l’Iranget. Sur place, la Bac retrouve une moto qui a été déclarée volée la veille par effraction sur la commune de Villeneuve-lès-Béziers.

« Les policiers ont interpellé le mineur qui était sur la moto. Lorsque les renforts sont arrivés pour embarquer la moto et l’adolescent, ils se sont trouvés face à une quarantaine de jeunes appelés à l’aide par le jeune interpellé », explique le commissaire central Jos.

Les policiers ont été pris à partie. Lors de l’échauffourée, deux fonctionnaires ont été blessés et un véhicule de police a été dégradé à coups de pieds. Les policiers ont réussi à appréhender le principal suspect et deux autres garçons. Les autres jeunes se sont finalement dispersés.

« Le jeune prévenu de 15 ans est multirécidiviste, il a déjà été placé dans des centres éducatifs. On le connaît depuis ses 12 ans. Il fait partie des dix gamins les plus remuants du quartier. La maman surprotège son gamin et est persuadée qu’il y a une conjuration judiciaire et policière contre son fils », précise le commissaire Jos.

Leur presse – Midi Libre (ANNICK KOSCIELNIAK), 30/06/2012

[Espagne] Emeute lors de l’expulsion d’une famille de leur logement à Oviedo – 28 juin 2012

Espagne : heurts violents lors de l’expulsion d’une famille par la police

La situation critique croissante d’un million d’Espagnols faisant face à un endettement hypothécaire attire le soutien de la population.

Une protestation pour arrêter l’expulsion d’une famille équatorienne de leur appartement espagnol a dégénéré en émeute de masse au milieu d’affrontement avec la police.

Jorge Cordero, sa femme Patricia et leur fille de cinq mois Amanda ont été expulsés de leur maison à Oviedo dans le nord de l’Espagne parce qu’ils étaient en retard dans leurs paiements d’emprunt à la Banque Cajastur.

Un groupe de 17 personnes s’est enfermé dans l’appartement avec M. Cordero mercredi, tandis que plus d’une centaine de personnes se sont réunies à l’extérieur pour essayer d’empêcher l’expulsion.

La femme de M. Cordero et leur petite fille n’étaient pas dans le bâtiment à ce moment.
La police anti-émeute a assisté à la scène et des affrontements ont éclaté entre des manifestants et des officiers en uniforme.

Les activistes ont jeté des seaux d’eau sur la police pour tenter de les empêcher d’entrer dans le bâtiment.

Plusieurs personnes ont été blessées durant l’incident et il y a eu environ 20 arrestations.

Les manifestants comprenaient des militants de « Stop Deshaucios » (« Stop Expulsions »), un mouvement social qui a grandi en Espagne, alors que la crise financière s’intensifie dans le pays.

Plus d’un million d’espagnols font face à une dette hypothécaire écrasante et près d’un quart de la population est sans travail.

L’année dernière il y a eu 58.000 expulsions en Espagne, soit une hausse de 22%.

Traduit de l’anglais de leur presse – Skynews (et PhotoBlog on msnbc), 28/06/2012

[Niort] Un policier frappé lors d’un contrôle d’identité – 26 juin 2012

Niort : un policier frappé par un mineur de 14 ans

Un contrôle d’identité a dégénéré, mardi en fin d’après-midi, sur la place de la Brèche. Un autre adolescent de 16 ans s’est rebellé.

Deux adolescents âgés de 14 et 16 ans ont été déférés, hier, au parquet de Niort. Présentés dans la foulée à un juge des enfants, l’aîné a été mis en examen pour des faits de rébellion, le benjamin pour violences volontaires commises sur un représentant de la force publique. Placés sous contrôle judiciaire, tous les deux devront pointer régulièrement au commissariat niortais, avec leurs parents, avant de répondre de leurs actes devant le tribunal pour enfants le jeudi 27 décembre prochain.

Retour sur les faits : mardi, vers 18 h, deux policiers qui patrouillent sont insultés par un groupe composé d’une dizaine de jeunes, place de la Brèche. Les fonctionnaires décident de procéder à un contrôle d’identité. Certains adolescents présentent une carte de bus en guise de papiers, d’autres n’en ont tout simplement pas.
Certains sont plus agressifs que d’autres. La patrouille décide d’emmener trois d’entre eux au commissariat pour des vérifications d’usage. Le jeune homme de 16 ans se rebiffe. Les agents doivent le calmer. C’est alors qu’intervient le garçon de 14 ans : il étrangle par-derrière l’un des deux policiers, qui recevra un coup de poing au passage. Finalement appréhendé, le duo est placé en garde à vue, tandis que le troisième larron, également escorté jusqu’au poste, est mis hors de cause.
La durée de l’interruption totale de travail (ITT) du représentant de l’ordre blessé, touché aussi à la main gauche dans l’altercation, n’a pas encore été évaluée.

«  Un cap a été franchi  »

Mais plus que les violences proprement dites, ce qui inquiète aujourd’hui les policiers, c’est « l’escalade », peste Jean-Pierre Favreau, secrétaire départemental adjoint du syndicat Unité SGP Police Force ouvrière. Lui-même motard pour la police nationale à Niort, il avait eu maille à partir avec cette bande « il y a un mois ». La même qui est impliquée, notamment, dans l’agression d’un chauffeur de bus des Transports de l’agglomération niortaise (TAN) en mars dernier.
« Un cap a été franchi : un mineur de 14 ans qui agresse un policier, ce n’est pas commun », acquiesce le commissaire principal Olivier Mottu, directeur départemental de la sécurité publique (DDSP). De fait, la décision du tribunal pour enfants sera« importante. Nous attendons une réponse appropriée », déclare sobrement Patrick Charles, au nom du syndicat Alliance.

Leur presse – La Nouvelle République, 29/06/2012

[Chili] Plus de 100 000 étudiant.e.s dans les rues de Santiago pour une éducation gratuite, laïque et de qualité – 28 juin 2012

La police utilise canons à eau et gaz lacrymogène contre des milliers d’étudiants chiliens

Des affrontements ont éclaté après que des dizaines de milliers d’étudiants ont défilé dans la capitale chilienne de Santiago pour la réforme de l’éducation. La presse espagnole fait état de 15 policiers blessés et 250 étudiants arrêtés.

Les leaders étudiants disent que plus de 150.000 manifestants ont défilé sous de fortes pluies sur 5 km de marche qui a traversée la capitale chilienne, ce jeudi. Selon la police, le nombre est plus près de 40.000 personnes.

Bien que initialement pacifique, les protestations ont rapidement tourné à la violence lorsque certains étudiants ont lancé des pierres et un cocktail Molotov sur une voiture, en y mettant le feu.

La police a répondu rapidement en utilisant des canons à eau et des gaz lacrymogènes sur les manifestants de plus en plus agités.

« Nous avons vu un certain nombre de choses douloureuses aujourd’hui», a déclaré Luis Valdes, chef des forces de police de Santiago aux journalistes. « Un de nos fourgons de police a été attaqué; nous avons assisté à une attaque sur un véhicule de détention, sur un bus public, ainsi que de plusieurs pillages. »

Le gouverneur de Santiago a appelé les dirigeants du mouvement étudiant à assumer la responsabilité pour les dommages aux biens publics et privés au cours de la manifestation.

« La brutalité effectué par ce groupe de délinquants doivent être condamnés sans la moindre hésitation, » a souligné le gouverneur de Santiago Perez Cecilia.

Les protestations des étudiants sont en cours au Chili depuis plus d’un an, avec des étudiants exigeants une plus grande participation financière du gouvernement dans l’enseignement secondaire. L’enseignement supérieur au Chili est l’un des plus chers du monde, avec de nombreux étudiants enterrés dans la dette après l’obtention du diplôme. Aussi, bien que le nombre d’étudiants a progressivement gonflé au fil des ans, aucune nouvelle université ont été construites.

Le gouvernement dit qu’il a apporté des modifications en réponse aux demandes, mais les étudiants affirment qu’ils ne sont pas allés assez loin.

« Nous avons un gouvernement qui ne veut pas écouter, non seulement pour les mouvements sociaux, mais aussi par une commission parlementaire qui a clairement identifié les profiteurs dans nos universités, » a déclaré Noam Titelman, président de la Fédération de l’étudiant à l’Université catholique.

Les étudiants frappent un présumé policier en civil (AFP Photo / Hector Retamal) 

Traduit de l’anglais de leur presse – RT.com, 29/06/2012

Santiago, le 28 juin 2012 – Plus de 100 000 étudiants ont de nouveau manifesté par l’artère principale de Santiago du Chili, pour réclamer une « Education Publique, gratuite et de qualité » et contre les entreprises et les hommes politiques liés aux mafias qui se sont enrichis après avoir vendu des services éducatifs à la population chilienne.

La marche a débuté à la Place l’Italie, a longé l’Alameda (rue principale) jusqu’au quartier de la Republica puis immédiatement sur la rue Blanco où les faits principaux ont éclaté. Durant ce trajet quelques violences ont éclaté entre la police et des jeunes qui ont fait front.

Malgré ces faits isolés, les étudiants ont de nouveau pu occuper l’Alameda et exercer le droit des citoyens de manifester. La marche arrive quelques jours après que la Chambre de Députés permettait de connaître le résultat d’une enquête dans laquelle quelques entrepreneurs reconnus et des politiques ont été mis sur fiche comme commerçants des droits éducatifs. […]

Les mineurs de la société CODELCO étaient également présents au sein du cortège:

Traduit de l’espagnol de leur presse de RadioDelSur, 28/06/2012

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=F718A4I2K7s&feature=player_detailpage]

[Italie] No TAV: actions de sabotage sur le chantier et affrontement avec la police au Val de Susa – Soirée du 27 juin 2012

Pierres, pétards, feux d’artifice: hier soir, les protestations No-Tav ont repris au Val de Susa contre le chantier du chemin de fer à haute vitesse Turin-Lyon.

Plus de 500 No-Tav ce soir ont atteint le Val Clarea en deux moments. De là différents groupes ont parcouru les sentiers qui longent les clôtures du chantier.

L’énorme chantier a montré immédiatement ses faiblesses, difficile à défendre pour celui qui aujourd’hui veut commencer les travaux du tunnel.

Les clôtures ont été sectionné de manière considérable à trois endroits. La réponse avec des canons à eau et des gaz lacrymogène a été immédiate, ce qui n’a cependant pas interrompu la pression. De plus deux tours de phare et nombreuses protections de chantier ont été endommagés.

Puis après deux heures de coupes et de résistance, le mouvement a repris la voie de Chiomonte et Giaglione. L’initiative, considérée comme réussi mais sans euphorie, née dimanche soir dans une assemblée populaire, a été faite dans l’optique de continuer le boycott actif du chantier, de poursuivre le programme d’initiatives lancées avec les étudiants No TAV et de continuer tout l’été, juillet, août et septembre.

Les syndicats habituels de police, l’ennuyeux Esposito et la cohorte habituelle de journalistes corrompus brailleront de nouveau en disant de nous résigner, la lutte a ses temps et ses comités font de la rotation dans la vallée et marqueront leur présence à Chiomonte, à Giaglione, à Venaus et partout où ce sera nécessaire. De la même manière on continuera à mettre la pression sur les entreprises avec la campagne menée durant les mois passés.

Malgré les camarades en prison, les perquisitions et les enquêtes, le mouvement n’a pas peur et relance l’initiative et mieux, la renforce.

Traduit de l’italien de notav.info (plus de photos) via Contropiano, 28 juin 2012

A propos de la répression visant les militant.e.s No TAV

[Besançon] Agressions fascistes: les néo-nazis identifiés et localisés

Depuis quelques temps, les fachos font des ratonnades le soir en ville dans des rues désertes, agressant les bisontin.e.s isolée.s., de couleurs et anti-fascistes (ce qui revient à dire que quasiment tout.e.s les habitant.e.s sont ciblé.e.s) . Ces nazis se prennent en photo lorsqu’ils pavanent dans le centre avec une pause de « guerriers ». Etant originaires pour la majorité des environs de Besançon, ils font des descentes lors de soirées bien arrosées, agressent des personnes posées sur une terrasse d’un bar sous la bienveillance du patron de bar (c’est le pub de l’Etoile, déjà connu pour avoir fermé les yeux sur une agression à caractère raciste alors que des fascistes du Bloc Identitaire buvaient à sa terrasse). Mais aussi des flics, comme toujours … c’est bien connu …

Ainsi, Fafwatch Franche-Comté dresse leurs portraits un par un, en les localisant et en les identifiant. Outil indispensable pour les bisontin.e.s d’identifier le danger à chaque fois que ces néo-nazis menacent de sévir!

Un article de Bison teint sur ces agressions (les commentaires en bas de page apportent encore plus de précisions)

[Suède] Retour critique sur le camp No Border de Stockholm

Un camp contre les frontières et les politiques de contrôle et de répression des migrations s’est tenu du 17 au 24 juin à Akalla, dans la banlieue nord de Stockholm. Les camps no borders sont l’occasion pour des activistes des quatre coins de l’Europe (et du monde) de se retrouver pour échanger des expériences, discuter, partager des pratiques et mener des actions contre les structures du pouvoir responsables de la répression à l’égard des migrant.e.s. Le camp de Stockholm, comme la plupart des camps no borders, a réuni entre 400 et 500 personnes.

Manifestation devant le centre de rétention de Marsta

Le camp de Stockholm, construit sur un champ en périphérie de la ville, était constitué d’un certain nombre d’espaces collectifs permettant d’organiser la vie du camp et de réaliser nos principes auto-gestionnaires : tentes collectives (assemblées et workshops), tente info (accueil et information), roulotte juridique (support juridique/solidarité), tente médicale (support médical), tente trauma (support psychologique), tente cuisine (vegan) et tables repas, établi vaisselle (avec compost et évacuation des eaux), toilettes sèches, toilettes « mouillées », lavabos et douches (avec évacuation des eaux), container à outils, espace pour le feu, « local poubelles ». L’autogestion fonctionne relativement bien, avec l’expérience acquise des nombreux camps précédents, chacun étant amené à prendre part aux tâches collectives (construction, évacuation des déchets, sécurité du camp, vaisselle, modération des discussions, partage des informations…).

Entrée du camp

L’une des tentes AG & workshops

Le programme des ateliers était particulièrement riche, même si nombre d’ateliers se chevauchaient et que les actions et leurs conséquences en terme de répression ont souvent nécessité le report ou l’annulation de certains ateliers. Le contenu des réflexions s’enrichit d’année en année en fonction de l’évolution de la situation politique en Europe, prenant en compte un grand nombre de questions relatives à notre condition d’européens, majoritairement blancs de peau et de classe moyenne : les rapports de domination et les structures de pouvoir, la « blanchitude » (whiteness) et le racisme inhérent à notre société, le sexisme et les questions de genres, nos privilèges et le paradoxe d’être anarchiste en société capitaliste, les normes et le folklore anarchistes…

Le camp no borders est surtout l’occasion d’effectuer un inventaire des évolutions politiques aux frontières extérieures et intérieures de l’Europe, en croisant les récits et témoignages de ceux et celles qui s’y sont rendus ou qui partagent le quotidien et les luttes de migrant.e.s. A Stockholm, on a donc eu la possibilité de parler de la situation des migrant.e.s et des frontières en Grèce, en France, en Allemagne, en Espagne, au Mexique, de la situation des rroms à Helsinki et ailleurs, des camps no borders passés et à venir (Lesvos, Calais, Bruxelles, Bulgarie, Cologne), des différentes luttes et résistances de sans papiers, de la façon dont nos ennemis se renforcent, de technologies de contrôle et de surveillance, des formes et progrès des moyens répressifs déployés par l’Europe… 

La tente info

La tente de la medical-team

CRITIQUES GENERALES

Malgré la qualité des ateliers et des discussions, qui ont été particulièrement riches, le camp de Stockholm a manqué cruellement de débriefings et de retours critiques sur les actions réalisées durant le camp et leurs conséquences. Le temps du camp ayant été ponctué d’actions et de manifestations dans différents lieux de la capitale suédoise, ses participants ont subi à plusieurs reprises la répression des pouvoirs locaux, un certain nombre ayant été contrôlés et interpellés. A plusieurs moment, notamment lors des actions des 16, 17, 19, 21 et 23, des personnes ont été arrêtées, le plus souvent sans motif valable et parfois dans des circonstances de tension avec la police. Trois personnes restent actuellement en détention pour « tentative de violence sur agent », « résistance violente », « émeute avec violence », « résistance à l’arrestation ». Au regard de cette répression, qui a vu le déploiement d’unités cynophiles, d’une unité antiterroriste cagoulée (dimanche 17 juin) et la menace de la part d’un flic en civil au moyen d’une arme à feu (mardi 19 juin), il aurait été indispensable que les participants au camp prennent le temps de débriefer et qu’une véritable stratégie collective soit adoptée pour répondre proportionnellement aux différentes attaques de la police.

La répression policière et judiciaire fait partie intégrante des thématiques de réflexions qui nous ont amenées à Stockholm. N’oublions pas que nous subissons actuellement les conséquences des orientations ultra-sécuritaires adoptées par le conseil européen dans le cadre du programme de Stockholm pour la période 2010-2014. C’est pourquoi, il serait indispensable d’obtenir un consensus au sein du réseau no border relatif à notre positionnement vis-à-vis des institutions qui nous oppressent et notamment de la police. Beaucoup trop de participants aux camps considèrent encore les policiers comme des « personnes à convaincre » et entretiennent avec eux des relations cordiales qui participent à nous affaiblir. Cette relation ambiguë de la part de certains avec l’ennemi doit être considérée comme une forme de collaboration vis-à-vis de laquelle nous devons nous positionner. Nous étions un certain nombre à ne pas supporter cette complicité ostentatoire avec ceux qui nous répriment et qui ont amenés certains de nos camarades en prison. Dans une lutte, il faut savoir choisir son camp, la barricade n’a que deux côtés !

La cuisine

CE QU’IMPLIQUE L’« AWARENESS »

Il a beaucoup été question lors du camp no border de Stockholm d’ « awareness ». L’awareness signifie qu’on est conscient de notre condition et qu’on agit en conscience par rapport à notre position de privilégié.e.s, qu’on garde à l’esprit en permanence le fait d’appartenir au groupe des « dominant.e.s » (en tant que blanc.he.s, en tant qu’européen.ne.s, en tant que personnes de classes moyennes, mais aussi souvent en tant que mâle). Cette prise de conscience implique un positionnement idéologique clair et respectueux à l’égard de ce.lleux avec qui on prétend lutter, pour que notre lutte ne prenne pas la forme paternaliste de la protection et de l’assistanat : on ne lutte pas « pour » mais « avec » les migrant.e.s.

Cette prise de conscience à beaucoup d’implications dans la manière dont nous devons lutter. A Stockholm, comme dans les autres camps no borders, cette prise de conscience n’était pas réellement accomplie, comme en témoignent les faits suivants :

  • La forme-camp est un microcosme, un entre-soi confortable : une même catégorie sociale (white middle class) y partage des valeurs communes, à l’écart des autres catégories sociales. Les décisions qui y sont prises n’impliquent que ceux qui en sont partie et la manière d’y vivre sont propres à la population qui y vit (exemple : les toilettes sèches sont partie intégrante de la manière de vivre occidentale. En orient on se nettoie le derrière avec de l’eau).
  • Le fait de posséder des papiers est vécu comme une sécurité et les personnes sans-papiers sont placées « sous la protection » des avec-papiers : l’action directe et la radicalité sont rejetées au motif qu’il ne faut pas « mettre en danger » les sans-papiers. Au lieu de considérer la distinction entre « action radicale » et « action modérée » au regard de la nécessaire diversité des tactiques, on donne du crédit à l’opposition « avec-papiers » et « sans-papiers », participant ainsi aux structures de domination (coloniales) que nous prétendons combattre, en niant le désir de radicalité des personnes avec (pour?) qui nous prétendons lutter.
  • Notre situation de privilégié.e.s (en tant que white middle class) nous permet de disputer certaines questions qui nous paraissent primordiales (comme la nudité, l’apparence physique et la liberté sexuelle), en dépit de leur caractère secondaire, voire futile dans le contexte actuel (s’attaquer à certaines oppressions particulières dans un contexte d’oppression généralisée est un privilège réservé à ce.lleux qui bénéficient d’un certain confort et ne subissent qu’une violence occasionnelle ou tout au moins relative).

Tente trauma et tentes AG / workshops

Aire de silence

Être conscients de notre condition en tant que white middle class ne signifie pas qu’il nous faut cesser de lutter, bien au contraire. Pour autant, il faut cesser absolument de se sentir coupable d’être ce que nous sommes et de jouer le jeu de la ségrégation au nom de la pureté idéologique. Ce n’est pas parce qu’on est blanc.he.s qu’on ne peut lutter au côté des noir.e.s, et ce n’est pas parce qu’on est né.e.s blanc.he.s qu’on doit s’en excuser et faire semblant d’être noir(e). Tout ce qui contribue à cela constitue une mystification idéologique. En tant que blanc.he.s conscientisé.e.s ou en voie de « conscientisation », nous avons d’autant plus de raisons de lutter contre les structures de domination et la société blanches (également capitalistes, bourgeoises et occidentales).

Notre awareness n’implique pas qu’on détruise ce qu’il y a de « dominant » en nous (et nos privilèges/libertés du même coup), ce qui est impossible, mais qu’on tire profit de cette prise de conscience pour déconstruire activement les structures qui sont à l’origine des rapports de domination dont nous faisons partie, afin que ces privilèges/libertés puissent bénéficier à tous et qu’il n’y ai plus de « dominé.e.s ».

Le coin toilette

Le coin vaisselle

Toilettes sèches

UN PRIVILEGE DE DOMINANTS : L’AUTO-VICTIMISATION

En cela, le camp no borders nous a apporté un magnifique exemple. Au troisième jour du camp, un groupe venu d’Allemagne, ou les débats autour de la résilience et de la responsabilité collective sont très vifs depuis la seconde guerre mondiale, a demandé à ce que les hommes du camps (ou tout au moins les corps masculinisés) n’enlèvent pas leurs tee-shirts. Cette demande faisait suite à l’offense vécue par certaines personnes à la vue de corps masculins dénudés, nudité qui constitue un privilège masculin et qui est vécue comme une agression par ce.lleux qui ne bénéficient pas de ce privilège. Durant deux jours, les débats du camp se sont focalisés autour de la demande de ce groupe, qui a adopté une posture radicale en demandant l’exclusion du camp des personnes à l’origine du conflit, à savoir les « hommes » qui avaient enlevé leur haut.

Pour faire valoir la légitimité de leur demande, ce groupe et ses soutiens ont brandi le concept du « power of definition » comme arme. Ce concept vise à assurer aux personnes qui se sentent victimes la solidarité et le soutien non négociable de la collectivité. Il consiste à donner à la victime le pouvoir qui lui est dénié du fait de sa position de dominé(e) et d’empêcher à l’agresseur.euse (dominant.e) d’exercer davantage sa domination : on donne droit et corps au ressenti de la victime par rapport aux arguments de son agresseur.euse.

Manifestation devant le centre de rétention de Marsta

Mais toute l’ambiguité de ce concept réside dans l’honnêteté supposée de la victime. Il ne peut y avoir de postulat selon lequel la victime a toujours raison. Et surtout, il ne peut pas être admis que la victime, quand bien même elle serait vraiment blessée dans son âme et dans sa chair, prenne un pouvoir sur quiconque. Le « power of definition » est utilisé dans ce contexte comme un outil pour inverser les rapports de domination, et non comme moyen d’abolir le statut de dominé(e). Se construire une identité de victime permet alors de prendre le pouvoir, recours bien souvent utilisé par les « dominant.e.s » pour légitimer leur besoin de reconnaissance et inscrire leur lutte pour le renversement du pouvoir dans la lutte, plus défendable, pour l’abolition des privilèges.

Dans le cadre du camp de Stockholm, ce paradoxe prend toute son importance : un groupe de personnes majoritairement dominant.e.s (white middle class, ou tout au moins occidental middle class) s’est construit une identité collective de victimes (en tant que femmes), pour demander l’instauration de règles castratrices, afin d’abolir ce qui est perçu comme un privilège, alors qu’il s’agit de libertés pour laquelle chacun(e) devrait se battre. Certaines personnes féminines du camps l’ont bien compris et ont enlevé leur tee-shirts en signe de protestation : quand on veut, on peut. Sans compter que tous les hommes ne sont pas forcément à l’aise pour ôter leur tee-shirt. C’est avant tout une gêne personnelle, quand bien même cette gêne est générée par toutes sortes de rapports dominant.e.s/dominé.e.s inhérents à la société.

Manifestation devant le centre de rétention de Marsta

Les messages des détenus du centre de rétention de Marsta : « HELP » / « FREEDOM » / « DETRUISEZ TOUTES LES PRISONS »

Se construire en tant que victime fait appel au ressenti, à l’intimité, et non plus au politique. La blessure vécue est présentée comme une violence irréparable, et son auteur comme un ennemi à bânnir. Faire appel à la collectivité pour régler un problème personnel est un procédé autoritaire et automutilatoire, visant à expurger publiquement des émotions qu’on ne parvient pas à négocier en privé. L’une des dérives possibles de ce type de recours est l’imposition d’un ordre moral : si chaque personne se sentant victime fait appel à la collectivité pour résoudre des problèmes d’ordre intime, notamment en établissant des règles à tour de bras pour satisfaire les appréhensions et les angoisses de chacun, libératrices pour certains, oppressives pour une majorité, on aboutit sur une société totalitaire.

Au final, cette discussion n’aura pas abouti sur un consensus : le camp se refusant à imposer l’interdiction du torse nu et à bannir qui que ce soit pour ce motif, le groupe qui a soulevé cette question a préféré quitter le camp en affirmant qu’il n’y « avait aucune compréhension pour l’anti sexisme » dans ce camp.

Quelques destructions suite à la manifestation de solidarité devant la prison de Solletuna où sont détenus trois camarades

LE PARADOXE D’ETRE ANARCHISTE DANS LA LUTTE EN FAVEUR DES MIGRANT.E.S

Au cours de ce camp, on a également soulevé la difficulté de jongler entre nos principes anarchistes et la nécessité d’accompagner les migrant.e.s et demandeur.euses d’asile dans leurs démarches pour intégrer le système. Lorsqu’on s’engage auprès des migrant.e.s, il arrive bien souvent qu’on soit contraint de transiger avec nombre de nos valeurs : sur la question du sexisme justement, ou encore de la xénophobie, du rapport à la société marchande, aux traditions, au travail, à l’État… Les personnes qu’on soutient sont rarement anarchistes et ne comprennent pas le plus souvent nos modes de vie. Comme la majorité de la population, ils et elles cherchent à « s’intégrer », fonder une famille, trouver du travail, bénéficier d’un bon salaire, acquérir des biens et une propriété, choisir leurs représentants et faire allégeance aux lois démocratiques. Par ailleurs, ils/elles restent généralement attaché.e.s à des valeurs traditionnelles, qui sont souvent machistes et patriarcales, et entretiennent des préjugés à l’égard des autres peuples, si ce n’est un racisme ostensible.

Lorsqu’on est confronté à cela, c’est parfois nécessaire d’adopter une stratégie. Changer les mentalités n’est pas chose facile, chacun le sait. Le premier défi auquel on est confronté, c’est souvent la honte que les migrant.e.s ressentent vis-à-vis de leur condition, du fait d’être montré.e.s du doigt comme « hors-la-loi » et d’être contraints de violer la loi pour survivre. En tant qu’anarchistes, nous assumons nos pratiques illégales et même nous les revendiquons, ce qui est loin d’être le cas pour tous. Récupérer dans les poubelles, squatter, voler, frauder, vendre à la sauvette, se cacher des flics, sont des pratiques de survie que les migrant.e.s ont adopté par défaut. Ce sont des pratiques que nous adoptons par conviction politique. En tant qu’anarchistes, notre première tâche doit donc être de déconstruire le légalisme, de faire prendre conscience aux migrant.e.s qu’on soutient que l’illégalité se défend, que l’illégalisme est une forme de résistance légitime face à un système qui produit des règles injustes et destructrices. Il faut aider les migrant.e.s à se décomplexer vis-à-vis de la loi, en partageant nos pratiques illégales et en mettant l’accent sur des principes et valeurs que nous partageons tous. Le plus important est de garder à l’esprit le principe de légitimité : on peut se permettre beaucoup de choses tant qu’on reste légitime à le faire.

Une fois que cette étape est franchie et que les migrant.e.s assument le fait d’être « hors-la-loi » et qu’ils deviennent nos complices et nous les leurs, c’est que le rapport de domination instauré entre nous par la loi a été en partie aboli ou que tout au moins il ne nous empêche plus de partager nos pratiques. Une fois cette complicité établie, la confiance mutuelle suit et il devient alors possible de discuter de nos divergences idéologiques sans que cela ne nuise à nos relations. En général, le rapport de confiance aide à agir sur l’opinion d’autrui : l’affectif qui s’instaure devient plus fort que les rapports de pouvoir qui nous opposent du fait de notre condition sociale. Vulgairement : les migrant.e.s considèrent désormais qu’on est dans leur camp et leur méfiance disparaît. C’est à ce moment seulement qu’on peut entreprendre des choses ensemble : c’est la condition essentielle pour que notre action soit véritablement collective et pour qu’elle se distingue de celle menée par les humanitaires et les associatifs. On lutte en leur faveur avant tout s’ils sont d’accord qu’on le fasse.

Portraits de flics devant le centre de rétention de Marsta

Et lorsque nous sommes amenés à accompagner les migrant.e.s dans leurs démarches administratives, il devient plus facile de pointer ensemble les incohérences du système et même, s’il y a vraiment une confiance mutuelle, de construire ensemble des stratégies de résistance. A cet instant, il n’est plus seulement question pour les migrant.e.s de se faire accepter, mais de faire valoir des droits en toute légitimité, de revendiquer leur droit à réaliser leurs projets de vie au même titre que nous. Et lorsqu’on lutte ensemble avec cette vision commune, la distinction entre « eux » et « nous » disparaît : ce n’est pas l’obtention des papiers qui les fait « accéder à notre monde » mais la lutte qui leur fait prendre conscience que nous « sommes déjà du même monde » et que les frontières entre nous sont fictives. C’est plus ou moins ce qu’on appelle « autodétermination », lorsqu’une personne ou un groupe de personnes se choisit sa destinée, sans se soucier des limites préétablies par les structures de pouvoir existantes.

Défendre et promouvoir l’illégalisme, se déculpabiliser, sont donc des moyens de lutter avec les personnes migrantes contre un système qui nous criminalise tous. Il n’est donc pas paradoxal d’intégrer le système lorsqu’on est conscient(e) que ce n’est pas une issue de secours et qu’on œuvre à ce que les personnes qu’on aide à l’intégrer en sont conscient.e.s aussi.

Une fois cette conscience partagée, il ne reste qu’à faire preuve d’intégrité et lutter radicalement contre les structures de dominations, sans transiger avec l’ennemi et sans se persuader qu’on peut échapper à sa condition. En cela, l’antiracisme blanc des Weather Underground 1 2 peut servir d’exemple ou tout au moins fournir quelques pistes…

BRING THE WAR HOME !

Source: L’interstice, 28 juin 2012

[Belgique] Les réformistes travaillent lors de la manifestation contre les violences policières à Bruxelles – 27 juin 2012

La manifestation contre la violence policière a pris fin après la casse de deux voitures

(Belga) Les 250 manifestants rassemblés contre les violences policières qui sont partis de la place Poelaert, à Bruxelles, ont marché en perturbant la circulation dans le quartier Matonge, ont traversé la rue Belliard et se sont arrêtés dans la rue de l’Industrie où un jeune a tapé sur deux voitures avec une batte de base-ball. La majorité des manifestants a fortement condamné le geste et a décidé d’arrêter l’action. Ils se sont rassemblés au square de Meeus avant de se disperser.

Bien que seul un rassemblement statique devant le Palais de justice ait été autorisé, les policiers ont toléré la déambulation sauvage des jeunes dans les rues de Bruxelles. Aucun incident entre les jeunes et la police n’a été constaté. Organisé par la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) et les jeunes de la FGTB, le rassemblement pour contester les violences policières dont ont été victimes les manifestants du 17 juin a été rejoint par une trentaine d’associations. Pour rappel, le 17 juin, le Parti populaire a manifesté contre le « fascisme vert » de Sharia4Belgium. Le mouvement extrémiste Nation était venu le rejoindre. La JOC et la jeunesse FGTB avaient organisé une contre-manifestation pour s’opposer au libre défilé d’extrémistes dans les rues. De jeunes manifestants avaient brutalement été arrêtés à l’intérieur de la station de métro Trône.

[Espagne] Les mineurs en lutte: nouvelles barricades sur les routes et voies ferrées des Asturies, 3 mineurs arrêtés – 27 juin 2012

Trois mineurs arrêtés à Olloniego

Aujourd’hui a été une nouvelle journée de blocages de voies ferrées et de voies ferrées

La Garde civile a arrêté ce mercredi trois mineurs pour être supposés auteurs d’un délit de désordre public et entrave à la Sécurité routière, pour avoir mis une barricade à l’intérieur du tunnel du Padrún. Les diligences instruites avec les détenus, seront mises à la disposition de l’Autorité Judiciaire.

Comme nous l’informent la préfecture, les faits se sont produits à la première heure de la matinée lorsque plusieurs patrouilles de Sécurité Citadine de la Garde civile du Commandement d’Oviedo, qui se déplaçaient à la localité de Campomanes-Lena pour établir un dispositif d’ordre public, circulaient dans le tunnel du Padrún et ont trouvé une barricade qui barrait toute la chaussée, composée de pneus et des signaux en plastique pour délimiter les voies de communication.

« A la barricade se trouvaient environ dix personnes qui avaient le visage masqué avec des foulards qui répandaient un liquide inflammable sur les pneus, en se servant pour cela d’une carafe d’environ 25 litres de capacité avec l’intention de les incendier », signale la préfecture dans le communiqué.

Ainsi, les agents du premier véhicule signalent l’incident en obligeant tous les véhicules qui suivaient les agents de s’arrêter sans aucun incident et sortent en courant vers la barricade pour intercepter les mineurs qui sont sorties en fuyant du tunnel et ont essayé de sauter sur la route en sens inverse. Comme conséquence de l’intervention trois mineurs ont été arrêtées lorsqu’ils ont essayé de sauter de l’autre côté de la route.

Près de la barricade en Léon, dès que les détenus ont été détectés, ces derniers se sont emparés de deux douzaines de fusées volantes, d’un tube métallique utilisé pour lancer les fusées et une carafe à moitié pleine de 25 litres de liquide inflammable. Aussi dans la marge gauche de l’A-66 à Léon, la police a mis la main sur une autre douzaine de fusées volantes et d’un tube métallique.

De plus, les mineurs continuent de monter des barricades en Asturies pour protester contre les coupes d’aides au secteur approuvés par le Gouvernement après quelques jours de trêve coïncident avec le départ des nommés de la « marche noire » vers Madrid. En ce moment l’autoroute A-66 est coupée dans les deux sens de Pola à la Léna

Les mineurs ont arrêté le trafic ce matin sur l’A-64 (autoroute d’Oviedo-Villaviciosa) à la hauteur de la Quintanal (Siero).

A 9h00 du matin, les mineurs ont bloqué le trafic sur la N-634 à la hauteur du rond-point de Muros de Nalón .

Il y a également eu des coupures sur l’A-66 à Ablanéu et à Olloniego, sur l’A-63 à Folgueras, sur l’A64 à Paredes, et sur la N-630 à La Vega et à Riosa.

A 11h00 du matin, les mineurs ont coupé l’AS-15 à la hauteur de la Doriga et la N-634 à la hauteur de La Rodriga.

COUPE DES LIGNES FERROVIAIRES

Une barricade a coupé aujourd’hui le trafic ferroviaire de Feve entre les localités de Tuilla et El Entrego à la hauteur du puits minier Candín, dans le conseil municipal asturien de Langreo.

Les mineurs ont placé sur la voie un wagonnet qui transportent du charbon et divers matériels qu’ils ont incendiés pour empêcher le trafic sur cette ligne.

Le lieu de la barricade se trouve à proximité de l’entrée du puits minier Candín, où cinq mineurs se sont retirés du monde durant 28 jours, dont quatre restent à l’intérieur de l’exploitation.

Ce blocage du trafic ferroviaire fait par les mineurs se joint à ceux qu’ils ont réalisés aujourd’hui sur plusieurs routes des Asturies dans le cadre de la grève contre les coupes dans le secteur du charbon.

Traduit de l’espagnol de leur presse – lne.es (EFE – Alberto RUBIO/D. O. Agencias), 27/06/2012

[…] Sur la voie ferrée du réseau Renfe entre Olloniego et Ablaña, une tentative de sabotage a eu lieu visant un caténaire avec une chaîne, mais il a été résolu sans plus de problème. […]

Traduit de l’espagnol de leur presse -La Informacion (Europa Press), 27/06/2012 à 10h55

Une vidéo des affrontements