Archives mensuelles : juillet 2012

[Mulhouse] Nuit d’émeute suite à l’interpellation de deux jeunes à Bourtzwiller – 30 juillet 2012

Nuit de violences urbaines à Bourtzwiller

La nuit de lundi à mardi a été pour le moins agitée à Bourtzwiller après une intervention policière en début de soirée. Les dégâts matériels sont importants, les locaux d’accueil du collège ont été incendié et les CRS ont dû intervenir.

Une patrouille de la brigade anticriminalité (BAC) a voulu procéder lundi soir vers 19 h au contrôle de deux mineurs qui poussaient un scooter. Les deux jeunes ont refusé de s’y soumettre. Plusieurs témoins auraient qualifié l’interpellation qui a suivi de « musclée ».

La situation s’est rapidement envenimée, rue de Bordeaux. Un attroupement s’est formé et les agents de la BAC ont essuyé des jets de pierres. Pour se dégager, l’un d’eux aurait fait usage de son Flash-Ball et touché un jeune qui poussait le scooter et participait au caillassage de la patrouille.

Dans le quartier, la rumeur selon laquelle le garçon de 17 ans était sérieusement atteint a mis le feu aux poudres. Il s’est avéré, lors de sa prise en charge par les pompiers, que l’intéressé n’était pas blessé. Il a été placé en garde à vue ainsi que deux autres personnes, âgées de 16 et 20 ans.

Des affrontements se sont alors produits entre jeunes du quartier et forces de police renforcées par une compagnie de CRS et un hélicoptère de la gendarmerie.

Vers 23 h, des casseurs s’en sont pris au collège du secteur à coups de cocktails Molotov, de barres de fer et de jets de pierres. Les locaux d’accueil de l’établissement ont été incendiés. Les centres informatique et téléphonique attenants ont également été détruits par les flammes malgré l’intervention rapide des pompiers. Le calme est revenu dans le quartier vers 2 h du matin.

Les dégâts matériels sont importants. Une rame de tramway et la station Saint-Nazaire ont été caillassées et endommagées par des cocktails Molotov, des bennes à ordures brûlées et une voiture incendiée.

Hier matin, aux abords du collège, les habitants étaient choqués. « Je ne comprends pas cette violence, nous souhaitons simplement vivre dans la tranquillité. Quand je vois ça, j’ai juste envie de partir d’ici », a dit l’un d’entre eux.

«Tout le travail de l’équipe pédagogique est réduit à néant»

La principale du collège, Isabelle Nimtz, était bouleversée : « J’ai été appelée vers minuit… On ne comprend pas. L’année scolaire s’était très bien passée, il n’y a pas eu de plainte depuis plus de six mois. Les tensions dans le quartier ne se ressentaient pas dans l’enceinte du collège. » Tout le travail de l’équipe pédagogique est réduit à néant, regrette M me Nimtz. « Ça ternit l’image du collège. Maintenant les parents vont préférer envoyer leurs enfants à Illzach, Kingersheim ou Pfastatt. »

Les dégâts se chiffrent à au moins 150 000 euros d’après les premières estimations du conseil général du Haut-Rhin.

Le maire de Mulhouse, Jean Rottner, qui a interrompu ses congés, a voulu faire passer un message fort : « Bourtzwiller n’est pas un ghetto, ni un quartier d’exclusion. »

Les forces de l’ordre ainsi qu’une compagnie de soixante CRS sont restées sur place, hier soir, afin de surveiller l’évolution de la situation. La Ville a précisé, en accord et avec le soutien du ministère de l’Intérieur, que ce dispositif resterait en place aussi longtemps que la situation l’exigerait.

Leur presse – dna.fr (Thomas Rahoual), 01/08/2012 à 05h00

Mulhouse-Bourtzwiller : nuit de violences urbaines

Des véhicules et l’entrée d’un collège ont été incendiés la nuit dernière dans le quartier de Bourtzwiller à Mulhouse

Des violences urbaines, au cours desquelles un collège, une dizaine de véhicules et le tramway ont été vandalisés, ont éclaté lundi à Mulhouse après l’interpellation mouvementée de deux jeunes dans le quartier de Bourtzwiller.

Trois jeunes gens dont deux mineurs de 16 et 17 ans se trouvaient mardi soir en garde à vue à la suite des incidents.

Le Conseil général a estimé à au moins 150.000 euros le coût des travaux de réfection du collège, dont des vitres ont été brisées, la loge d’accueil et trois salles adjacentes incendiées.  Un distributeur de tickets de tramway a été détruit.

Les violences ont commencé soir après un contrôle d’identité qui a dégénéré.  Alors que les policiers tentaient de contrôler deux jeunes gens de 16 et 17 ans qui poussaient un scooter, ils ont été pris à partie par d’autres jeunes du quartier, a affirmé un responsable policier.

Victimes de jets de pierres, les policiers ont utilisé leur gomme-cogne pour se dégager, blessant légèrement un des jeunes qui a été hospitalisé, a-t-il raconté.  Peu après l’interpellation, d’autres jeunes hommes ont lancé des pierres et un objet incendiaire sur le collège voisin et incendié une dizaine de voitures.  Le calme est revenu au milieu de la nuit après l’arrivée sur les lieux d’une unité de CRS.

Le mineur blessé a été placé en garde à vue, accusé de refus d’obtempérer et de jet de pierres. Un autre mineur ainsi qu’un troisième jeune âgé de 20 ans ont été interpellés, soupçonnés d’avoir jeté des projectiles sur les forces de l’ordre.  Plusieurs incidents entre la police et les jeunes du quartier ont été signalés depuis le début de l’été. Une patrouille de pompiers appelée pour un incendie de voiture a récemment été la cible de projectiles. Lors d’un point-presse dans l’après-midi, le maire (UMP) de Mulhouse, Jean Rottner, a fustigé ceux que « la présence policière gêne » et lancé un appel au calme. « Je demande aux parents et aux adultes qui ont un poids sur les jeunes de demander l’apaisement », a-t-il dit.

Deux vidéos en ligne sur Dailymotion: 

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Réaction du conseil général du Haut-Rhin

Le Conseil Général du Haut-Rhin condamne les actes de vandalisme commis au Collège de Bourtzwiller avec la plus grande fermeté. Au nom de l’ensemble des conseillers généraux haut-rhinois, Charles Buttner, Président du Conseil Général du Haut-Rhin, condamne avec la plus grande fermeté les actes de vandalisme perpétrés au Collège de Bourtzwiller à Mulhouse :  » Ce collège a toujours été respecté par les élèves et leurs familles. Il est intolérable que de tels actes soient commis par une toute petite minorité.

Ils portent atteinte directement aux jeunes du quartier et s’attaquent aux valeurs mêmes de la République auxquelles nous sommes tous profondément attachés. » Le Conseil Général informe qu’une plainte a été déposée et que ses services étaient sur place dès ce mardi matin. Ils ont engagé de premières interventions et cet après-midi encore des entreprises sécurisaient l’établissement. Toutes les mesures sont ainsi prises pour achever les réparations et permettre aux élèves et la communauté éducative d’effectuer la prochaine rentrée dans des conditions normales.

Leur presse – Fr3 Alsace (avec l’AFP), 31/07/2012 à 19h59

[Belgique] Feu à la cellule d’isolement et deux matons blessés à la prison de St-Gilles à Bruxelles

Bruxelles – Un prisonnier brûle une cellule d’isolement

BRUXELLES – Un début d’incendie à la prison de Saint-Gilles a été maîtrisé par les pompiers de Bruxelles samedi soir.

Un détenu avait bouté le feu à son matelas peu après 22 heures. Il avait au préalable reçu un rapport qui l’enjoignait à se présenter devant la direction de l’établissement pénitentiaire, a indiqué une source syndicale.

L’homme se trouvait seul dans une cellule privative. Le détenu n’aurait été que légèrement blessé et l’incident n’a donc fait aucune victime.

Leur presse – dhnet.be, 22/07/2012 via Suie et cendres

Deux gardiens blessés à la prison de St-Gilles

Deux gardiens de la prison de St-Gilles ont été blessés dimanche lors d’une agression physique de la part d’un détenu.

ST-GILLES Une partie du personnel non-gréviste a cessé le travail. La police locale de la zone Midi à de nouveau été appelée pour assurer la sécurité au sein de la prison. Un détenu a agressé les deux gardiens vers 08h00. Le détenu a été maîtrisé et placé au cachot. Les deux gardiens doivent subir un contrôle médical.

Après l’incident, des travailleurs non-grévistes ont cessé le travail et sont rentrés chez eux.

A la suite de la grève à la prison de St-Gilles qui durera jusqu’à mardi matin, des agents de la zone Bruxelles-Midi ont été dépêchés dans la prison.

Leur presse – dhnet.be, 29/07/2012

[Suisse] Genève antifa – 28 juillet 2012

28 juillet 2012 Communiqué et bilan

La journée à commencé très tôt avec des actions banderoles sur plusieurs ponts donnant sur les autoroutes, afin de souhaiter la bienvenue aux nazis. Il y a eu ensuite plusieurs petits accrochages tout au long de la matinée en ville et dans les communes.

Les néo-nazis s’étaient donnés rendez-vous à Bernex pour ensuite repartir vers un deuxième endroit situé en France voisine. Traqués et observés, les fachos ne se sont pas sentis à l’aise dans notre canton. Mais tant mieux! Ici c’est Genève!

Même la météo n’était pas de leur coté, car à 13h,  heure de leur barbecue, il pleuvait et le ciel était gris.

Selon la presse, le barbecue organisé ce samedi 28 juillet par le groupuscule néo-nazi artam brotherhood a finalement eu lieu en France. Ceci est une victoire pour notre ville car les nazillons ont  abandonné l’idée de venir à Genève, préférant se terrer dans leur tanière. Pour un groupuscule qui avait la prétention de s’implanter en Suisse, cela semble bien mal parti.

L’appel “Antifa Action Day” a été suivi par des centaines de personnes. La soirée et la journée ont été un succès, tant par le nombre de participants que par l’ambiance qui s’en dégageait. Environ une centaine de personnes pour le repas vegan et plus de 200 personnes pour les concerts du soir. Divers stands et ateliers proposaient, livres, t-shirts, brochures, créations artistiques et graffitis dans la cour de l’Ilôt. Alors que les fascistes se cachaient dans leur petite fête privée, les antifas occupaient la rue et faisaient la fête à l’Ilôt 13. Même la pluie n’as pas entamé l’enthousiasme des militants venus de toute la région (France, Suisse-allemande, Italie etc) pour soutenir notre cause.

La tentative de l’extrême-droite de criminaliser la soirée n’a pas fonctionné. A leur plus grand désarroi, personne n’est venu cagoulé, matraque en main, et il n’y a pas eu de “pseudo-black block antifa”.

Mis à part des contrôles à la gare entre 20h et 21h et des fourgons aux alentours, la police est restée discrète.

Vers 1 h du matin, les néo-nazis ont été aperçus dans quatre voitures (plaques françaises) autour de la gare et du quartier des Grottes. Sûrement vexés de ne pas avoir pu faire ce qu’ils voulaient, ils cherchaient à provoquer les militants qui allaient et venaient autour de la soirée.

En fin de nuit, aucune agression contre les antifascistes n’était à déplorer, les fachos ayant compris que même en voiture ils n’échapperaient pas à la vigilance antifa! Dans toute la ville, des yeux bien ouverts et attentifs épiaient et repéraient les moindres de leurs mouvements.

Les néo-nazis n’ont toujours pas fait de communiqué, même si on peut voir des photos sur le site des fachos de genève non conforme. Encore une preuve des forts liens qu’ils entretiennent, malgré le fait qu’eux se disent “non xénophobe” et contre l’idée de “haine de l’autre” …

Bilan de la journée: ils étaient 40, nous étions 400. Ils se cachaient, nous étions partout. Ils mangeaient de la viande, on mangeait vegan!  Ils n’ont aucun avenir, nous, nous sommes le futur car nous portons un monde nouveau dans nos coeurs, un monde qui grandit en ce moment même.

Ils sont venus, ils ont vu, on les a vaincus!

Un grand merci à tout le monde pour cette mobilisation, spécialement à celles et ceux venus de loin!

Es ist unsere stadt! C’est notre ville! La citta e nostra! It’s our city! Es nuestra ciudad!

NO PASARAN! VIVA ANTIFA! LA LUCHA CONTINUA!

L’appel à la mobilisation antifasciste:

Ce samedi plusieurs groupes fascistes et racistes de France voisine viendront dans notre canton.
Ils ne se sont pas seulement donnés rendez-vous pour un barbecue en campagne genevoise, mais ils planifient à long terme de s’implanter à Genève.

Ce qu’ils n’ont pas encore compris c’est que les groupes nationalistes et fascistes n’ont aucun avenir dans notre ville.
Genève est ce qu’elle est: une ville-refuge depuis les grandes persécutions contre les protestants. Une ville multiculturelle où se croisent des cultures diverses et variés. Une ville avec des quartiers populaires et métissés, une ville avec un milieu alternatif qui s’est toujours engagé contre l’exclusion, le racisme, le sexisme et l’homophobie.

Les genevois et les genevoises ont déjà montré par le passé en arrachant la propagande raciste de l’UDC, qu’ils n’acceptent  pas la xénophobie.

Genève est une ville où ces groupes fascistes n’ont aucun terrain fertile pour eux: ni dans les écoles et les universités, ni dans le stade ni dans la rue. Chaque événement qu’ils organisent est clandestin et fermé, c’est bien là un aveu de faiblesse de leur part car dans d’autres villes en Europe les groupes néo-nazis ont pignon sur rue et organisent des actions publiques.

Bien que ces groupes soient armés et violents, la lutte antifasciste ne se résume pas à leur “casser la gueule”, surtout dans le contexte genevois. Notre lutte contre le fascisme à Genève est avant tout politique et culturelle.

Politique car en tant qu’antifascistes radicaux nous nous revendiquons de l’Autonomie. Notre but étant une société sans exploitation, sans autoritarisme, sans frontières, pour une humanité fraternelle et solidaire.

Culturel car c’est par la promotion d’événements accessibles à tous et à toutes comme des discussions, concerts, festivals, projections, etc que l’on sensibilise un maximum de personnes. Pour organiser un mouvement et une culture libertaire et antifasciste parmi la jeunesse genevoise. Nous avons devant nous un travail de longue haleine pour oeuvrer à la jonction des cultures et des luttes!

Pour ce week-end nous appelons les habitants de Genève à la vigilance dans tous les quartiers et les communes. Mais aussi à l’élaboration d’initiatives autonomes et des actions symboliques ou non pour barrer la route aux fachos et leur faire comprendre que Genève est une terre antifasciste!

Pour des actions décentralisées partout à Genève! Vive la résistance antifasciste!

Source: rage.noblogs.org

Voir aussi un article à propos de cette fête néo-nazie

Pour rappel, la dernière agression fasciste à Genève, qui a donné lieu à une riposte dans la rue la semaine qui suivit.

Introduction à « Angry Brigade – Eléments de la critique anarchiste armée en Angleterre »

Sortie du livre « Angry Brigade – Elements de la critique anarchiste armée en Angleterre »

« Dans la nuit du 12 janvier 1971, la couverture du Times est explicite: « Deux bombes ravagent la maison de Carr un jour de protestation ». Robert Carr était à l’époque le ministre de l’emploi du gouvernement Heath, conservateur, fraîchement élu.

Il était responsable du projet de loi sur les Relations Industrielles, adopté un peu plus tôt dans la journée, et provoquant de nombreuses manifestations ouvrières. Cette attaque directe sera revendiquée par un groupe nommé « Angry Brigade » dans un contexte de tension sociale généralisée tel que l’Angleterre n’en a plus connu depuis ; au moment où dans toute l’Europe et sur tous les continents, de nombreux groupes s’organisent pour attaquer physiquement les structures du capitalisme et un certain ordre moral que les années 68 n’auront pas réussi à mettre en pièce. Des vagues de protestations massives apparaissent un peu partout, une jeunesse désillusionnée par un système qui ne cesse de se doter de moyens toujours plus efficaces pour broyer les individus et fossoyer les rêves d’un autre monde, mais une jeunesse exaltée par la perspective d’une transformation radicale de l’existant. » (4eme de couverture)

Livre au format 15,5×23,5, 108 pages. 5€ (4€ à partir de trois exemplaires). Achevé d’imprimer en juillet 2012 sur les presses du Taquet Frontal à Lille. On pourra se procurer des exemplaires en nous contactant, mais aussi, nous cherchons des personnes pour assurer la distribution dans leur ville ou région.

Si vous participez à une libraire, distro, bibliothèque, infokiosque etc. et que vous souhaitez distribuer le livre ou organiser une présentation, contactez nous: ravage@riseup.net

L’introduction de Ravage Editions ainsi qu’une liste de librairies/bibliothèques/lieux où se le procurer seront publiées dans quelques temps sur cette page: ravageeditions.noblogs.org

Table des matières • Avant-propos • Kick It Till It Breaks – une introduction (Ravage Editions) • Refuser les carcans d’une lutte délimitée par l’Etat (Jean Weir) • Communiqués • The angry years – Documents et chronologie • Annexe: Une occasion de réflexion (Antonio Gizzo)

Les couvertures sont visibles sur le site

L’intro de l’ouvrage

Certains prennent la voie de l’agitation urbaine, sur des thèmes spécifiques ou contre le vieux monde en général, d’autres se spécialisent dans la théorie révolutionnaire, d’autres se spécialisent eux, dans l’agitation armée clandestine ou semi-clandestine, d’autres encore navigueront entre ces diverses méthodes dans des allers-retours cohérents. La « Lutte Armée », telle qu’elle sera nommée, est un terme ambigu, dans le sens où il ne recouvre pas uniquement ce que sa simple acception peut laisser entendre. La Lutte Armée n’est pas que le fait de lutter en armes, elle est aussi devenue une idéologie, véhiculée par différents groupes [1]. Des groupes qui se sont illustrés par leurs influences marxistes-léninistes-maoïstes ou nationalistes (ETA, IRA etc.), parfois tout à la fois. Les groupes dits de Lutte Armée d’inspiration anarchiste sont quasi-inexistants, tandis que la lutte anarchiste en armes, elle, n’a jamais vraiment cessé d’exister depuis les années 1880 à nos jours. On ne pourrait citer que quelques groupes anarchistes aux signatures persistantes dans l’histoire de la deuxième partie du XXe siècle : les GARI [2], Azione Rivoluzionaria en Italie et les Angry Brigade en Grande-Bretagne. Nous nous intéressons ici à la Angry Brigade, mais aussi, à travers son exemple, à l’Angleterre non pacifiée de la fin des années 60 et des années 70, période que certains appelleront the angry years, et qui sera vite évincée de la mémoire collective par les campagnes d’attentats de l’IRA qui lui succéda.

Il y a plusieurs raisons qui ont poussé à la publication du présent ouvrage. L’histoire de la Angry Brigade, si elle ne doit pas servir à quelques universitaires en mal de travaux « radicaux » pour dépoussiérer leur discipline et faire avancer la Recherche pour le compte de l’Etat, doit servir le présent d’un combat qui continue, avec la volonté de retrouver un peu de l’enthousiasme d’une époque où la révolution paraissait à beaucoup comme étant à portée de main, et pas comme un mirage paralysant. Toujours de façon critique, il y a beaucoup de choses dans cette histoire qui font écho aux questions actuelles, de celles qui secouent encore les sphères antiautoritaires les plus portées sur l’antagonisme diffus, qu’elles soient anarchistes ou non. Nous qui ne voyons dans les groupes de Lutte Armée précédemment cités, et dans bien d’autres encore, que d’autres partisans du Pouvoir, certes pas celui en place, mais celui de leurs rêves macabres et autoritaires, nous nous intéressons justement à la lutte de la Angry Brigade parce qu’il paraîtrait bien difficile de la ranger dans le grossier tiroir de la Lutte Armée. Dans sa volonté de reproduire la terreur d’Etat, le luttarmatisme s’est d’emblée posé comme un reflet dans le miroir de l’Etat, mais sans pouvoir se donner la force de frappe de celui-ci, car groupusculaire. Dans un corps-à-corps frontal avec l’Etat, aucun groupe révolutionnaire ne gagnera jamais. Penser que la révolution puisse advenir par l’action d’un groupe de révolutionnaires professionnels, est une logique putschiste allant à l’encontre d’une logique insurrectionnelle. Dire cela ne remet absolument pas en question la nécessité de l’attaque, individuelle ou collective, et encore moins de sa diffusion. Pour des anarchistes, il est inimaginable de détruire l’Etat tout en reproduisant des méthodes qui lui sont propres, comme la terreur, le militarisme, la hiérarchie, la délégation, la représentation, la spécialisation, en un mot la politique, même à coups de bombes. Par là, nous n’entendons pas attribuer la responsabilité de l’enterrement des années de braise à l’apparition de groupes armés, qui par leur action auraient « forcé » l’Etat à se déchainer sur l’ensemble du dit mouvement social, comme se plaisent à l’affirmer les éternels militants qui pourrissent encore aujourd’hui dans leurs organisations obsolètes et périmées. Si nous n’avons pas de réponse miracle à cette question, nous pouvons tout de même évoquer un défaut de continuité dans la transmission, ainsi qu’un fort travail de récupération/intégration/assimilation de la rage par la gauche, pour la transformer en bulletin de vote et la canaliser hors de tout danger pour la domination. En faisant croire qu’il n’y avait de choix qu’entre la clandestinité absolue et le militantisme boy-scout de la gauche, les organisations luttarmatistes ont participé au désert glauque qu’ont été les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix. Mais il serait trop facile d’attribuer exclusivement le reflux des perspectives et de la tension révolutionnaires à la gauche et aux organisations armées, car chaque parcours est individuel.

Contrairement à ces groupes, la Angry Brigade n’a jamais élaboré de programme, ne s’est jamais vécue telle une avant-garde du mouvement ouvrier ou de quiconque et a toujours mis en avant une sincérité dans la lutte plutôt qu’une froideur stratégique, elle n’a jamais sacrifié de pions pour gagner une partie. Aussi, à la manière des GARI en Europe de l’Ouest, elle n’a jamais rejeté la joie de la lutte, donnant par sa pratique un bon aperçu de ses buts, nous rappelant aussi le bon mot d’un vieil anarchiste italien : « Dépêche-toi de t’armer, dépêche-toi de jouer » [3]. Sans aucune peur du second degré, si rare chez tant de révolutionnaires, la Angry n’hésitait pas à gribouiller des dessins loufoques dans ses communiqués, de petites bandes dessinées (autre point commun avec les GARI), des tournures de phrase humoristiques et des insultes d’une vulgarité puérile mais cathartique. On ne trouvera pas de communiqués de la Angry Brigade de quinze pages dans lesquelles serait déroulée toute la théorie marxiste-léniniste et anti-impérialiste souvent nauséabonde, froidement clinique et à prétention scientifique. La Angry Brigade a certainement voulu montrer par là qu’il était possible de réaliser des actions demandant beaucoup d’organisation et de sérieux, sans pour autant s’enfermer dans un carcan militariste, organisationnel et idéologique froid. Ce qui ne fait pas non plus pour autant de ses actions des blagues puisque les dégâts étaient bien réels et parfois massifs, et le message lui, était clair et limpide.

Nous ne nous retiendrons pas pour autant dans cette introduction, mais un peu plus tard, d’émettre plusieurs critiques à son égard.

Il est difficile d’établir avec précision ou certitude les raisons particulières qui ont poussé à la formation de ce groupe dans l’Angleterre des années soixante-dix, bien que l’étude du contexte proposée par Jean Weir un peu plus loin nous semble plutôt satisfaisante (malgré les limites inhérentes à la contextualisation pour des personnes nées trop tard comme nous et qui n’ont pas vécu l’époque en question), avec l’essor de nouveaux questionnements et de nouvelles formes de lutte en rupture avec les schémas classiques de feu le mouvement ouvrier et de la gauche institutionnelle et extra-parlementaire. En rupture également avec le mouvement libertaire officiel et ses réflexes « maladroits » de survie, tels la respectabilité et la dissociation. Le message de la brigade est clair : « Notre but est d’approfondir les contradictions à tous les niveaux. Nous ne le réaliserons pas en nous concentrant sur des réformes ou en utilisant les platitudes socialistes diluées dans l’eau » (Communiqué N°6). Approfondir les contradictions, accentuer les conflictualités, en portant sa propre radicalité partout où cela peut faire sens, mais toujours au coeur des luttes sociales au sens large et pas nécessairement dans ses formes politisées, jusqu’à la rupture avec le vieux monde. Dans un contexte où les luttes ouvrières devenaient de plus en plus violentes, acceptant de moins en moins les compromis habituels comme la négociation, la concertation, la délégation ou la médiation syndicale, la brigade trouve l’espace nécessaire pour exprimer que « le système ne s’effondrera ni ne capitulera jamais tout seul », soulignant que « de plus en plus de travailleurs le réalisent maintenant, et passent du syndicalisme à l’offensive » (Ibid). Dans son discours plutôt classiste [4], la Angry Brigade a su éviter les travers récurrents de celui-ci. En déclarant : « NOUS CROYONS EN LA CLASSE OUVRIÈRE AUTONOME. NOUS EN FAISONS PARTIE. » (Communiqué N°7), elle ne se place pas en extériorité de la dite classe, comme le font nombre de marxistes qui font de l’intervention spécifique dans les luttes une sorte de travers avant-gardiste, en se condamnant eux-mêmes à l’inaction de l’attente passive. En inscrivant leurs activités au cœur de l’antagonisme social, la brigade ne se cantonne pourtant pas à coller au contexte particulier d’une lutte, à en reproduire les méthodes et le niveau de violence. Bien au contraire, elle parvient à développer une action autonome qui maintient une relation intelligente avec un contexte donné, échappant à la fois aux accusations d’avant-gardisme et d’activité « hors-sol ».

Au début du règne brutal de l’ère Thatcher (qui durera de 1979 à 1990), plusieurs communiqués sortiront, signés à nouveau Angry Brigade. Une nouvelle génération qui se fera remarquer après avoir placé des explosifs dans les QG de Leeds et Manchester du Parti Conservateur de Thatcher en 1981, par l’attaque à la bombe du Prison Officers Training College, une école de maton à Wakefield en 1983 ou encore l’explosion d’un pylône électrique au nord de Maltby en 1984, causant la paralysie temporaire du réseau électrique à haute-tension de la région.

La pratique de l’action directe violente, qu’elle soit expropriatrice ou destructrice, comme le disait le chef de guerre Trotsky lui-même, entre en conflit direct avec la tradition pro-démocratique prévalant dans l’histoire du mouvement ouvrier. On a pris l’habitude à travers les décennies d’entendre se plaindre les organisations et les théoriciens officiels à propos de l’action minoritaire ou individuelle en général et violente en particulier. [5]
Dans la période contemporaine, la manie des organisations officielles du mouvement libertaire à affirmer leur non-participation à des actes fortement réprimés, ou seulement médiatisés (comme la Fédération Anarchiste en France par rapport aux sabotages de caténaires SNCF de 2008 ou la Fédération Anarchiste italienne contre les attaques anarchistes en général etc.). Il en va de même quant à la quasi-unanimité des condamnations de la Angry Brigade par les mouvements gauchistes et libertaires de l’époque, à l’instant même où frappait la répression.

Qualifiée de « terrorisme », par les Etats autant que par les pans les plus marxistes et collectivistes du spectre politique, l’action directe violente qui n’est pas portée par de quelconques « masses » attendues messianiquement, une sorte d’avènement du Millénium révolutionnaire, a toujours été sujette à récupération d’un côté comme de l’autre. Le plus souvent, et indéniablement, dans le sens du vent, celui d’épouvantail social contre la lucidité qui pousse l’individu épris de liberté à prendre ses responsabilités face au faux choix que lui laisse cette société : la domination ou le combat contre la domination. Sous le prétexte de l’impossible « masse », Trotsky se réapproprie le terme de « terrorisme » : « si on conçoit de cette façon le ter­ro­risme comme toute action ins­pi­rant la crainte, ou fai­sant du mal à l’ennemi, alors, natu­rel­le­ment, la lutte de classe toute entière n’est pas autre chose que du ter­ro­risme. » [6] Après avoir fait l’apologie de la bonne « terreur » des masses, il nous parle de « ter­reur indi­vi­duelle », qui selon lui, déprécie le rôle des masses.

Les années 60 et 70 ont vu l’essor de pratiques anciennes d’action directe, avec l’espoir certain d’en finir avec les rôles sociaux, mais aussi avec les « masses », repoussoirs attentistes du passage à l’action. Avec, pour mémoire, le fait que le sabotage et la violence de classe ont toujours été des armes au service des dominés, sur le plan individuel comme sur le plan collectif. « S’il suffit de s’armer d’un pis­to­let pour attein­dre son but, à quoi bon les effets de la lutte de classe ? », Trotski ne savait certainement pas à quel point il voyait juste. C’est que l’individu, ne fait pas partie des moyens « scien­ti­fi­ques » proposés par l’alchimiste Karl Marx pour mener le capitalisme à son terme, comme par magie.

Puisque tout en politique est affaire de stratégie – « naturellement, nous ne répudions le ter­ro­risme indi­vi­duel que pour des motifs d’oppor­tu­nité. » [7] -, beaucoup se sont soulevés contre la séparation politique en y opposant les raisons du cœur, le désir d’être libre.

La Angry Brigade était un groupe anarchiste, il s’inscrivait donc de fait dans la tradition de propagande par le fait, de guérilla insurrectionnelle ou plus largement d’action directe de l’histoire anarchiste. [8]

Sans vouloir ajouter de l’eau au moulin des faux-critiques de ce monde, on peut se permettre d’avoir des réserves sur telle ou telle pratique, on peut aussi émettre des doutes quant à l’« efficacité » de certains actes sans pour autant remettre en question la nécessité d’attaquer ce monde. Il est nécessaire selon nous de poser la question des actions de type symbolique (nous ne parlons pas ici des actions qui ne seraient que symboliques, celles-ci n’ayant d’autre intérêt que d’alimenter le spectacle du spectacle). Par exemple le schéma (récurrent à la Belle Epoque, et qu’on voit ressurgir aujourd’hui sur le plan international, qui plus est dans une version dégénérée, c’est-à-dire par blogs interposés) de l’acte de vengeance, suivi de l’exécution de son auteur, elle-même débouchant sur de nombreuses représailles, et ainsi de suite nous parait fortement limité. En 1892, Ravachol venge les exécutés de Fourmies par une série d’attaques à la bombe contre des magistrats. Après son exécution, Meunier fait sauter le restaurant Very, Léauthier poignarde un ministre serbe et Vaillant fait exploser sa marmite à la chambre des députés. La mort de Vaillant, guillotiné, est vengée par Henry qui fait sauter le café Terminus et un commissariat. L’arrestation d’Henry est suivie en représailles d’une bombe au Café Foyot posée par Fénéon et par l’assassinat du président Carnot par Caserio qui sera lui-même exécuté puis vengé etc.

Ce cycle infernal, s’il participe, par les dégâts qu’il provoque, à l’anéantissement de la domination, semble empêtré dans une logique sacrificielle qui n’est pas de notre goût. Nous lui préférons les attaques visant froidement à saper les fondements matériels et moraux du système de domination en privilégiant le dégât au symbole, privilégiant l’action à la réaction. Bien sûr, tout cela ne représente pas une vision tranchée, et la vengeance n’est pas un sentiment malsain contre lequel nous aurions une position morale.

Ce qui nous intéresse, notamment, avec la Angry Brigade, c’est sa capacité remarquable à ne pas frapper que par pure négativité vengeresse, mais à envisager l’action directe comme un appui à des luttes sociales, comme l’ouverture à de nouveaux possibles, comme des propositions et des suggestions, et éviter ainsi les cycles infernaux dont nous parlions plus tôt. Attaquer là où ça fait mal pour appuyer une grève dure, faire sauter un magasin de luxe pour la simple raison que c’est un magasin de luxe, et de façon générale, faire preuve d’originalité dans le choix de ses cibles et dans le choix de ses mots pour communiquer ses raisons. Si le groupe a attaqué magistrats, politiciens, banques, ambassades, patrons, entreprises, armée ou police, il s’en est aussi pris à des cibles qui montrent que son angle d’attaque n’était pas seulement celui de l’économie et de ses infrastructures concrètes, mais aussi celui des mécanismes sociaux plus latents. Par exemple, le patriarcat et l’entertainement avec l’attaque lors de l’élection de Miss Monde, ou le consumérisme et la mode par l’attaque d’un magasin branché Biba dans les quartiers chics ; extrait du communiqué : « Frères et Sœurs, quels sont vos désirs réels ? Végéter dans le drugstore, le regard lointain, vide, ennuyé, en buvant du café insipide ? Ou peut-être LE FAIRE PÉTER OU LE CRAMER COMPLÈTEMENT. La seule chose que l’on peut faire avec ces maisons d’esclaves modernes – appelées des boutiques – EST DE LES DÉFONCER. » (Communiqué N°8)

Cependant la Angry Brigade est loin d’avoir été originale en tout point (nous n’insinuons pas que l’originalité est forcement une fin en soi). Techniquement, on peut souligner un certain manque d’inventivité quant au choix de l’outil bombe, sanctifié en dépit de tant d’autres comme chez de nombreux autres groupes armés de l’époque, du moins ceux que l’histoire officielle a retenus. On peut se demander pourquoi avoir fait le choix quasi exclusif des engins explosifs. Tout d’abord, la bombe est un outil très dangereux, pour la personne qui la pose, mais surtout pour les autres. Ensuite, elle requiert un savoir-faire technique proche de l’expertise, tant dans sa confection que dans sa manipulation. En cela, l’attaque à la bombe, de par son degré de sophistication n’est que très peu reproductible et diffusable, elle pose donc la question essentielle de la spécialisation. On voit par exemple aujourd’hui se développer une « scène » des poseurs de bombes anarchistes, avec ses prisonniers charismatiques (parfois malgré eux), ses martyrs, ses héros, dans laquelle la communication interne se fait quasi-exclusivement à coups de bombes, et de laquelle sont exclus de fait tous ceux utilisant des moyens tout aussi efficaces, mais moins sexy. En effet, ils ne participent pas à la création d’une contre-culture fixée sur telle ou telle forme, qui ne dira jamais rien en soi sur le fond. On peut se questionner sur l’outil, d’autant plus lorsque d’autres moyens plus basiques, moins risqués pour soi-même et pour les autres, mais aussi moins risqués en terme de répression sont capables d’égaler les dommages provoqués par celle-ci, voire de les surpasser. On peut citer par exemple les Rote Zora en Allemagne, qui elles aussi privilégiaient la bombe à tous les autres outils de la palette pratique et qui en février 1987, firent exploser la façade de l’office étatique de gestion des demandeurs d’asile alors que quelques mois plus tard, les Revolutionäre Viren n’eurent besoin que de quelques bidons d’essence bien placés pour incendier totalement les mêmes locaux, critiquant en actes, de par l’efficacité de leur attaque et la simplicité du moyen choisi, l’obsession des explosifs entretenue par tant de groupes armés. On peut poser une question simple : pourquoi s’encombrer d’armes à feu pour mitrailler une façade vitrée comme ont pu le faire Angry Brigade, Action Directe ou autres, alors qu’un simple marteau domestique aurait fait l’affaire ?

On peut aussi se poser la question de l’utilité d’un nom permanent, si ce n’est peut-être la volonté inconsciente – ou juste inavouable – d’entrer dans un panthéon révolutionnaire et d’alimenter l’histoire officielle. Cette question n’est pas nouvelle. Selon nous, et comme le fait remarquer Jean Weir, « le chef des Laboratoires de Woolwich Arsenal, le témoin à charge principal dans le procès de la supposée Angry Brigade, a été forcé d’admettre qu’en plus des 25 attentats à la bombe entre 1968 et la mi-1971 qui leurs sont attribués, 1075 avaient été recensés. » Seulement, aujourd’hui, ce qui reste, ce sont bien plus les 25 explosions attribuées à la Angry Brigade que les 1075 autres. Poser un nom de cette façon dans l’espace public équivaut en quelque sorte à tirer la couverture à soi. Action Directe, la RAF, les CCC, les RZ et autres groupes de lutte armée en Europe ont en fait été les arbres qui cachaient la forêt des groupes autonomes d’attaque, bien plus nombreux et diffus. D’un côté, on peut trouver intéressante la possibilité qui est laissée dans les communiqués que quiconque puisse se réapproprier la signature Angry Brigade : « Là où deux ou trois révolutionnaires usent de la violence organisée pour attaquer le système de classe… il y a une Angry Brigade. Des révolutionnaires partout en Angleterre utilisent déjà ce nom pour rendre publiques leurs attaques contre le système. » (Communiqué n°6) et « Les Angry Brigade, c’est les hommes et les femmes assis juste à coté de vous. Ils ont des flingues dans leurs poches et la colère dans leurs esprits. » (Communiqué n°9). Mais d’un autre côté, on peut douter de l’utilité de créer une entité et une identité basée sur une signature fixe. Et si « des révolutionnaires partout en Angleterre utilisent déjà ce nom pour rendre publiques leurs attaques contre le système », le contraire est tout aussi vrai, et c’est tant mieux, car cela décentralise l’attaque et la rend moins lisible aux yeux des flics, les empêchant de pouvoir attribuer des pratiques socialement diffuses à un groupe particulier.

Pour revenir à aujourd’hui, on peut citer l’exemple de la Conspiration des Cellules de Feu et de Lutte Révolutionnaire en Grèce, dont on ne cesse d’entendre parler dans les cercles antiautoritaires du monde entier malgré les centaines d’incendies qui y ravagent sans fard la domination chaque année. Mais aussi, les divers groupes à travers le monde se reconnaissant sous les logos FAI [9] ou FRI [10]. Le spectacle des pratiques et des logos n’en finit pas d’étouffer les actes de révolte diffus et parsemés à travers le monde, y compris ceux d’autres anarchistes essayant de s’inscrire dans une tension sociale diffuse et donc par le biais de l’anonymat total. Ce qui n’exclut bien sûr pas le fait de revendiquer une action pour en expliquer le sens ou d’employer des signatures à usage unique.

En faisant le choix de se nommer Angry Brigade de façon permanente et d’en revendiquer l’appartenance comme dans n’importe quelle autre organisation formelle et permanente, ils ont participé à ce spectacle. Aussi, au vu de l’histoire policière, on peut aisément affirmer que porter un nom de la sorte, c’est faciliter sa propre répression et perdre un peu du sens de l’attaque en question, en pointant les projecteurs sur les auteurs des attaques plutôt que sur les attaques elles-mêmes.

Il n’est évidemment pas question ici de jeter en vrac toute l’expérience de la Angry Brigade, ni d’en faire une apologie béate, car il ne s’agit pas de se trouver de nouvelles idoles, pas plus que des modèles ou une méthode à reproduire aveuglément, mais bien de trouver dans un parcours particulier de vie et de révolte de quoi raviver la flamme d’une lutte que nous ne voulons pas voir s’éteindre, malgré la gangue de la pacification sociale.

Car il est toujours temps de faire la guerre aux paradis.

Télécharger le texte d’introduction en PDF

Ravage Éditions.

[Extrait de Angry Brigade : Elements de la critique anarchiste armée en Angleterre, Ravage Editions, juillet 2012.]

Source: Base de données anarchistes

[International] Rencontres internationales de l’anarchisme à St-Imier du 8 au 12 août 2012

Le Scalp Besak participera du 8 au 12 aout 2012 aux rencontres internationales de l’anarchisme qui se tiendront à St-Imier dans le Jura bernois en Suisse.

Nous aurons notre propre petit campement, notre « barrio » pour les habitué.e.s des campements alternatifs et militants, sur le site du grand camping. Nous vous invitons à nous rejoindre et à participer vous aussi à ce temps fort de rencontres, d’échanges et de partage. Ces rencontres internationales c’est l’occasion pour certain.e.s de faire « ses premiers pas » sur le parcours qui peut mener au militantisme et d’approcher ces sphères méconnues.

Pour d’autres il s’agira de prendre le temps nécessaire qui nous manque dans notre quotidien afin de discuter et papoter sereinement, sans pressions ni « comptes à rendre ». Et pour toutes et tous la possibilité de se prendre une bonne dose de déracinement et de « voir en plus grand », de poser des bilans et des perspectives en cette période transitionnelle de l’année. Au plaisir de se croiser ici à St-Imier ou au mois de septembre lors des divers évènements militants de la rentrée !

Scalp Besak

Toutes les infos sur le site: anarchisme2012.ch

[Brésil] Flics hors d’Amazonie – Jacaréacanga

Des indiens brûlent le commissariat et expulsent les policiers de la ville de Jacaréacanga en Amazonie brésilienne

En début de semaine dernière, près de soixante indiens Munduruku ont envahis, saccagés et brûlés le commissariat de la ville de Jacaréancaga en Amazonie brésilienne. Des centaines d’indiens avaient investis la ville pour protester contre la violence dont leur communauté fait l’objet. Le 23 juin dernier, Lelo Akay, indien de la communauté Munduruku avait été été tué à coup de couteaux. Les assassins avaient emportés avec eux quelques pépites d’or qu’il transportait. Deux suspects avaient été arrêtés par la police militaire puis relâchés aussitôt.

Tandis que des centaines d’indiens protestaient dans la ville, réclamant vengeance pour la victime, une partie d’entre eux ont investis et brûlés le commissariat de la police militaire. Pendant le saccage du commissariat, des armes à feu — mitraillettes et revolvers — ainsi que des munitions ont été récupérées par les insurgés. Les policiers militaires qui étaient sur place ont fui les lieux sans présenter de résistance et ont quitté la ville. L’un d’entre eux a été blessé et envoyé à l’hôpital d’une ville voisine. Les manifestants ont arpentés la ville à la recherche des suspects dressant des barricades sur plusieurs routes. Ils auraient également menacés de brûler des bars connus comme des points de vente de drogue. D’après les propos de l’un d’entre eux, ils avaient l’intention de prendre comme otage le sergent de la police militaire Cajado.

Cette région de l’Amazonie brésilienne, aux alentours du fleuve Tapajos, est connue pour les récurrents conflits agraire et la violence causée par l’appétit des exploitants de bois ou des chercheurs d’or.  Les assassinats de représentants indigènes ou de paysans sans terres y sont monnaie courante et sont presque toujours couverts par la police et les autorités locales.

 Adapté de leur presse (Estadao) par Le Jura Libertaire, 11 juillet 2012

[Grande-Bretagne] Arrestations de masse pendant la cérémonie d’ouverture des JO de Londres – soirée du 27 juillet 2012

Critical Mass Londres 27/7/12 ….. Arrestations massives lors de l’attaque de la police londonienne sur la promenade de vélo «Critical Mass» durant les Jeux olympiques ….

Entre 30 et 50 personnes ont été arrêtées aujourd’hui 27/07 à la suite de leur participation à la messe traditionnelle critique mensuelle.

La police de Londres a utilisé du gaz au poivre contre le défilé du « Critical Mass » dans la capitale britannique lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux d’été de 2012. « Un grand nombre de personnes » a été arrêté, a déclaré la police dans un tweet.

« Critical Mass » est un événement cycliste qui a généralement lieu le dernier vendredi de chaque mois partout dans le monde.

Certains témoins ont déclaré que la police a poussé les cyclistes sur le côté pour laisser passer David Beckham.

L’hélicoptère était déjà en place au-dessus du pont de Waterloo à 18h30. La « masse » a quitté le point de rencontre plus tard que d’habitude vers 19h30. Une camionnette avec la police à l’intérieur émettait quelques paroles inintelligibles et il y avait aussi des policiers sur des motos.(…)

Certaines personnes ont traversé le pont de Blackfriars, d’autres le pont Southwark. La circulation du pont de Londres a été bloqué par la police lorsque la « Critical Mass » est arrivé là-bas. Un officier de police a déclaré: «Devinez ce qui vous attend sur Tower Bridge! » Il y a eu quelques échauffourées lors d’une arrestation. Une petite partie de la foule a pris le trottoir, et qui a ensuite été rejoints par le reste de la ville.

La « Critical Mass » a ensuite défilé sans incidents majeurs jusqu’à Rick Roberts Way. Tous les marcheurs qui avaient atteint l’endroit ont été stoppé, en vertu de l’article 12 de la « loi sur l’ordre public », pour avoir apparemment désobéi à l’ordre donné par la police de rester sur le côté sud de la rivière, et environ une heure plus tard, ces mêmes personnes ont été arrêtées et emmenées au commissariat du centre de Londres par un bus loué par la police et ont mis leurs vélos dans un autre bus.

« Critical Mass » est une randonnée à vélo qui a principalement lieu à partir de 18h30 le dernier vendredi de chaque mois depuis les 15 dernières années. La Chambre des Lords a statué en 2008 que ce n’était pas une manifestation (protestation), mais un défilé coutumier.

Au cours de la « Critical Mass » de Londres, la police a intensifié dans la violence et l’agression. (…)

Vidéos montrant les violences policières:

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=WA8TNeHeBBw&sns=fb]

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=O9WIWP8i3ts]

Source: http://lettheolympicgamesdieintheland.blogspot.fr/

[International] Appel à des actions de propagande contre la répression du 1er au 10 août 2012

Nous faisons un appel pour dix jours d’actions de propagande, dans le plus grand nombre d’endroits possibles, visant à promouvoir les luttes plus ou moins connues mais aussi celles entièrement inconnues par le grand nombre.

Les individus et/ou groupes qui désirent prendre part à ces dix jours d’actions vont choisir la thématique et les moyens en accord avec leurs propres critères et dynamiques, pour le renforcement de la solidarité internationale et réciproque parmi les opprimé(e)s. Nous sommes nombreux(ses) à suggérer de s’en prendre aux rues, peindre des slogans et accrocher des bannières en solidarité avec les causes que nous croyons importantes d’être entendues.

Nous avons fait ça à Athènes a cours des derniers mois, et vous aussi l’avez probablement fait, à maintes occasions. Mais nous avons besoin de faire un pas plus loin, et de mener ce genre d’actions simultanément à un niveau Européen, et, espérons-le, plus global.

Plusieurs d’entre nous sont en Angleterre, Allemagne, France, Espagne, Serbie, Portugal, Grèce, mais aussi en Amérique, or nous avons la possibilité de faire quelque chose de beau avec une simple action.

Pour ce(lles)ux qui se sentent tout(e) seul(e) dans les endroits où ils vivent, ça pourrait sembler plus difficile… mais tout ce dont vous avez besoin est d’une feuille, de la peinture, et d’un bon endroit. Peu importe où vous êtes, appelez vos copines/ains et répandez l’appel.

Du 1er au 10 août, nous pourrons dresser des bannières, poser des affiches, distribuer des tracts, écrire des slogans sur les murs, ou mener toute autre action qui encourage la diffusion du discours anarchiste/libertaire au-delà des frontières du pays/langage. Or nous nous attendons à recevoir et disséminer du matériel photographique ou écrit provenant des actions des camarades, peu importe où elles/ils soient. À la début Août, nous coordonnerons nos efforts et lèveront nos têtes hautes contre l’oppression et la société de prisons, contre l’État et ses frontières, contre le Capital et ses profits.

Nous pouvons être nombreux-ses; nous pouvons être partout.

Vers une guérilla de l’information…

Réseau de contre-information et de traduction Contrainfo.espiv.net 

[Espagne] Les mineurs en lutte: nouvelles de la mobilisation et appel à la solidarité financière indépendante

Actualisation V – Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte

Urgent : Solidarité financière indépendante avec la lutte des mineurs

Alors que la grève illimitée des mineurs se poursuit depuis deux mois, les mineurs et leurs familles se trouvent dans des situations dramatiques. Les numéros de comptes bancaires qui ont circulé sur Internet sont ceux des syndicats (UGT et CCOO) mais il n’y a aucun contrôle ou transparence quant à leur utilisation : cet argent serait utilisé surtout pour financer les frais ‟purement syndicaux” de la lutte (marche des mineurs sur Madrid…), tandis que de nombreux grévistes déclarent ne rien avoir reçu et en être de leur poche, y compris pour les frais occasionnés par le combat quotidien (achat de petits matériels de défense, de protection et d’attaque, déplacements…), sans parler de la survie au jour le jour.

Le FUSOA (Fondo Unitario de Solidaridad Obrera de Asturias), caisse de solidarité ouvrière indépendante des syndicats et des partis politiques, se charge de recueillir des fonds et de les répartir directement auprès de tous les grévistes, syndiqués ou non, en se rendant dans les puits et les lieux de concentration des mineurs en lutte.

L’appel qui suit a été diffusé dans la Communauté Autonome de Madrid. Mais il nous a semblé judicieux de le faire circuler bien au-delà, la solidarité de classe est censée ne pas connaître de frontières.

Recueil de soutien financier pour la lutte des mineurs

Dans une période où les coupes sociales et les attaques contre les emplois, les salaires, les droits basiques du travail deviennent habituelles et quotidiennes sans que les travailleurs et les travailleuses ne s’y opposent avec des mobilisations conséquentes, la lutte menée par les mineurs est remarquable non seulement par sa radicalité et ses confrontations avec les forces de répression, mais aussi par la constance et la continuité de la lutte, en particulier dans les bassins du nord, dans les Asturies et le Léon.

La Caja Obrera de Resistencia de Madrid (Caisse Ouvrière de Résistance de Madrid) a soutenu financièrement cette lutte à plusieurs reprises, jusqu’où cela a été possible, laissant à zéro le solde du compte alimenté par les affiliés actifs. Toutes les aides que nous avons apportées ont été pour le FUSOA (Fonds Unitaire de Solidarité Ouvrière des Asturies), caisse de résistance asturienne avec laquelle nous partageons une présence dans la coordination des Caisses de Résistance et des Comités de Solidarité.

C’est pourquoi avec ce communiqué nous commençons une collecte de fonds parmi les travailleurs et les travailleuses les plus conscients de Madrid. Nous ne demandons pas l’aumône pour les pauvres, nous sollicitons la solidarité financière pour ceux qui luttent, pour qu’ils continuent à se battre et qu’ils puissent lutter contre la répression qui se prépare dans les cabinets ministériels contre tous ceux qui ont été identifiés et arrêtés lors des journées de lutte.

Alors maintenant, tu as la possibilité de participer à la lutte des mineurs en contribuant financièrement, selon tes possibilités. La Caisse Ouvrière de Résistance est une caisse stable qui recueille de façon permanente les contributions de ses membres actifs et qui décide en assemblée sur ses aides et ses collectes, tout en étant ouverte à tous les travailleurs et travailleuses, indépendamment de leur idéologie et de l’organisation syndicale à laquelle ils appartiennent.

Comment faire des contributions à la Caisse Ouvrière de Résistance ?

Toujours de la main à la main, ou directement aux compañeros et compañeras actifs de la Caisse, ou bien aux organisations syndicales qui collaborent à cette Caisse et nous le feront parvenir

(Solidaridad Obrera, Plateforme syndicale de EMT, le Syndicat Assembléaire de la Santé, etc.). Si aucune de ces manières n’est possible, tu peux te mettre en contact avec la Caisse à travers l’adresse de la boîte postale suivante : Apartado de Correos 40155 (28080 Madrid) ou en envoyant un courriel à cette adresse électronique : cajaresistencia [at] gmail.com et nous entrerons en contact personnellement avec toi pour recueillir ton aide financière.

Madrid, juillet 2012

Source : http://www.solidaridadobrera.org/cajaobrera/

Actualisation V – Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte.

Du 19 au 24 juillet 2012

La dissension entre appareils syndicaux se confirme, l’enfumage de l’Etat se poursuit; de leur côté, les mineurs continuent leurs actions sur le terrain.

Le 19 juillet, à San Roman des Bembibre, les mineurs ont bloqué une autoroute et des voies ferrées. Il y a eu trois arrestations à la suite de frictions avec la police.

Toujours depuis le 19 juillet, trois mineurs Asturiens des CCOO-HUNOSA campent devant le ministère de l’indutrie et quatre des CCOO de Léon et Aragon campent également devant le musée du Prado. Ces campements se nomment “Assemblées permanentes”.

Les barrages de routes se poursuivent mais la stratégie est différentes. Dorénavant les mineurs procèdent aux actions et blocages de nuit afin d’éviter que les hélicoptères de la police ne les repèrent. Les flics eux entrent donc dans les villes la nuit, coupent les lumières, brouillent les communications portables et arrêtent tout ce qui bouge : passants, automobilistes, etc…

Les dissensions à la tête des appareils syndicaux se confirment: le SOMA-FITAG-UGT souhaite abandonner la stratégie de blocage des routes. Le SOMA a ainsi organisé le 20 juillet une marche au départ des puits de mine en direction d’Oviedo, capitale provinciale des Asturies. Entre temps l’USO, syndicat qui possède statutairement une caisse de résistance et de solidarité a versé 30.000 € aux mineurs de Cangas del Narcea. Notons qu’à l’issue de la manifestation du 11 juillet, le ministère de l’industrie a reçu l’USO en audience; audience à laquelle CCOO et UGT ont refusé de se rendre. L’USO se positionne clairement comme le syndicat qui veut négocier et pense gagner grâce à la négociation sans importuner la population avec des coupures de routes.

Une réunion était prévue le 20 juillet entre les mairies des bassins miniers (assoc Acom) et un représentant du ministère de l’industrie. Les municipalités ont réclamé la mise en circulation des 111 millions d’ euros prévus pour l’aide à la production de charbon afin de donner un ballon d’oxygène aux entreprises. Le gouvernement a répondu qu’il ne donnera pas un centime tant qu’il y aura la grève et les blocages de routes.

L’enfumage de l’Etat

Le 21 juillet, après 8 h de négociations, les représentants des salariés et ceux des entreprises auraient produit un document qui permettrait de débloquer les 111 millions en question. Ce document de 14 pages serait un accord entre la Carbunion, le FITAG-UGT et les CCOO afin de mettre un terme au conflit grâce à des possibilités de maintient de l’emploi dans les mines jusqu’en … 2012 (sic) !

L’activité des mines serait quant à elle maintenue jusqu’en 2018 grâce à l’étalement des coupes au taux initialement prévu de 63 %.

Dissensions et machinations à la tête des appareils syndicaux

Le mardi 24 juillet : l’USO a donné une conférence de presse accusant les CCOO et le SOMA-FITAG-UGT de prolonger volontairement le conflit pour défendre leurs intérêts syndicaux et les entreprises minières de Vitorino Alonso qualifié de mafieux durant la conférence. L’USO accuse les deux syndicats majoritaires d’avoir refusé un accord avec le ministère de l’ industrie car une partie des aides qui auraient été transférées pour permettre le recouvrement des salaires des ouvriers étaient destinées à l’origine à financer SOMA et CCOO par l’intermédiaire des plans de formation ainsi que le paiement de frais de fonctionnement incluant le salaire de certains secrétaires de ces syndicats. L’USO plaide pour un retour au travail, garantissant que la viabilité du secteur est assurée si on transfère une partie des fonds destinés à la ré-industrialisation vers les entreprises minières pour l’aide à la production, ce qui est en fait la position du gouvernement. Précisons que l’USO n’a pas quitté une seule fois la table de la négociation depuis fin juin et le lancement de la Marche Noire.

Le SOMA répond en demandant au secrétaire de l’USO de se rétracter publiquement sinon ils intenteront des actions en justice. Par ailleurs le SOMA rappelle que l’USO a lui aussi reçu des subventions ainsi que des fonds pour la formation des mineurs et leur famille. Le SOMA rappelle qu’il y a probablement des milliers de “fils de mineurs USO” qui ont bénéficié de ces plans de formation…

Pour compliquer la situation, le secrétaire général des USO Asturies se désolidarise de sa direction nationale quand elle parle des transferts de subventions pour permettre la reprise du travail par contre il rejoint les critiques sur le détournement des subventions de formation pour le financement des syndicats.

Pendant ce temps sur le terrain

Les actions continuent. Les mineurs empêchent depuis le 23 juillet l’approvisionnement de la centrale thermique de Compostilla. Ils ont bloqué des camions chargés de charbon d’importation qui venaient alimenter la centrale. Pendant ce temps, Goldman Sachs accumule dans le port d’El Musel, dans les Asturies, des tonnes de charbon d’importation en attendant que les prix montent.

Mercredi 25 : Le ministère a rejeté le plan commun proposé par les syndicats majoritaire/Carbunion Pour le ministère il est peu clair et inutile. Le gouvernement recherche uniquement le moyen de ne pas fermer des entreprises et perdre des emplois dès cette année. Par contre, les coupes auront bien lieu. Il réfléchit à un plan charbon 2013-2018 tout en assurant que le modèle actuel de négociation est mort, autrement dit, le plan se fera sans les syndicats. Pendant ce temps, le blocage de la centrale

thermique continue. Les mineurs bloquent toujours des autoroutes en ASturies et les mineurs enfermés dans les puits du Léon viennent d’atteindre leur 50 è me jour passé sous terre.

Traduction de la Mouette Enragée (25/07/2012)

[Suisse] Bas les pattes sur Levent Capa

SOLIDARITE !

Un opposant turque risque d’être renvoyé de la Suisse vers la Turquie

LETTRE OUVERTE AUX AUTORITÉS SUISSES ; AUX DÉPUTE-É-S DU PARLEMENT EUROPÉEN ; AUX ORGANISATIONS INTERNATIONALES ; AUX DÉFENSEUR-E-S DES DROITS HUMAINS ET AUX MÉDIAS.

Madame, Monsieur,

Il s’agit de l’arrestation et d’une éventuelle expulsion vers la Turquie d’un demandeur d’asile d’origine turque en Suisse. Il s’agit de Monsieur Levent Capa, un camarade turc que beaucoup ont vu dans le mouvement à Paris, notamment au collectif des mal logés du 18e sans frontière, dans les assemblées du 20ème contre les expulsions et au bâtiment occupé du 260 rue des Pyrénées.

En 2011, après 11 ans de prison pour ses activités dans Devrimci-Sol (la gauche révolutionnaire) il se rend en Europe pour fuir la pression d’Etat et le risque d’avoir de nouveau un procès et une longue peine.

Une fois en Suisse en 2011, il connaît son premier contrôle de police et est contraint de donner ses empreintes à la police et dans la foulée M.Capa dépose une demande d’asile en Suisse.

Il doit ensuite se rendre en France où nous l’avons connu. Il cherche encore une fois à régulariser sa situation et lors d’un rendez-vous à la préfecture de police de Clignancourt, on lui fait part d’une convocation en Suisse. Avant de s’y rendre, il va au consulat suisse pour comprendre sa situation. Au consulat, il est rassuré : on lui affirme qu’il va pouvoir bénéficier de l’asile mais qu’il faut retourner en Suisse. Ce qu’il fait immédiatement afin de régulariser sa situation.

Deux jours après son arrivé, il se fait arrêter et enfermer en détention administrative au sein de la prison régionale de Berne.

Levent apprend alors que sa demande d’asile a été rejetée par l’Office fédéral des migrations (OFM). Il ne connaissait pas ce refus sinon, il ne se serait jamais rendu en Suisse.

Par ailleurs ce refus semble antérieur à sa convocation car il est déjà trop tard pour faire recours. Les autorités suisses ont-elles tendu un piège à M. Levent Capa ? Il est encore temps d’honorer sa promesse d’accord d’asile politique.

Depuis le début de sa détention, M. Levent Capa a entamé une grève de la faim malgré ses problèmes de santé. Au vu de l’engagement politique de M. Capa, nous considérons que sa situation correspond pleinement aux critères déterminant l’obtention du statut de réfugié politique. Il convient de réexaminer attentivement son dossier. Par conséquent, nous vous demandons instamment d’intervenir auprès des autorités compétentes suisses, afin d’empêcher l’extradition de M. Capa vers la Turquie où il risque d’être torturé et persécuté.

A toutes fins utiles, nous vous rappelons que l’Etat turc est bien connu pour pratiquer la torture à grande échelle, ce malgré les pressions internationales et les condamnations continues de la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Amnesty International, l’Organisation Mondiale contre la Torture, Human Right Watch ont clairement et explicitement dénoncé la pratique systématique de la torture en Turquie.

De plus, l’article 33 alinéa 1 de la Convention de 1951 (et son protocole de 1967) – dont l’application est universelle pour les Etats qui l’ont ratifiée et n’admet aucune réserve – stipule qu’« aucun des Etats contractants n’expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. » Il en est de même pour l’article 3 alinéa 1 de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (1984), dont la Suisse est signataire, qui dispose qu’« aucun Etat n’expulsera, ne refoulera, ni n’extradera une personne vers un autre Etat où il y a des motifs sérieux de croire qu’elle risque d’être soumise à la torture. » Nous sommes persuadés que, comme nous, vous refuserez d’assumer la responsabilité du renvoi d’un ressortissant turc dans un Etat antidémocratique, violent et criminel.

En vous remerciant d’avance de l’attention que vous porterez à ce courrier,

nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, nos salutations distinguées.

 

Comité de solidarité avec Levent CAPA à Paris contact : libertepourlevent@gmail.com

Actions : Nous vous prions de bien vouloir écrire aux instances onusiennes et aux autorités suisse : Office fédéral des migrations Quellenweg 6 CH-3003 Berne-Wabern T +41 31 325 11 11, F +41 31 325 93 79 http://www.ejpd.admin.ch/content/ejpd/fr/misc/conform.html

Département fédéral de justice et police Service d’information Palais fédéral ouest CH-3003 Berne T +41 31 322 21 11, F +41 31 322 40 82 http://www.ejpd.admin.ch/ejpd/fr/misc/conform.0005.html

United Nations High Commissioner for Human Rights : urgent-action@ohchr.org

United Nations High Commissioner for Refugees : 1503@ohchr.org