Archives mensuelles : août 2012

[Québec] Peu importe les votes, la grève continue !

Contre le faux consensus qu’est la «société»

Sabotage Média reçoit et transmet (30 août 2012)

Peu importe les votes, la grève continue!

Avec la loi 12 (le projet de loi 78), le gouvernement du Québec a habilement mis en place un moyen politique de gérer une situation dans laquelle l’État perdait le contrôle. Il y eut usage d’élections (une mascarade que l’État ne connait que trop bien) et de matraques, de médias et de peines de prison, la carotte et le bâton, la main douce et le bras de fer. D’une part, l’État a arrangé un retour en classe forcé, en commençant d’abord par les écoles les plus susceptibles de voter contre la grève dans le but de donner le ton de la défaite, en escaladant ensuite avec celles ayant de fortes traditions de résistance, tentant ainsi d’isoler ces dernières. Après tant d’arrestations, de conditions, d’exiles, de vies renversées, les étudiants marchent maintenant au rythme des tambours de l’État vers les urnes, la tête basse. Et maintenant, les médias proclament le triomphe de la démocratie étudiante en faisant l’éloge aux plus sensibles qui veulent un retour à l’ordre.

Par exemple, les médias rapportent que 2200 étudiants se sont présentés à l’AG du Cégep de Maisonneuve et que 1400 ont opté pour un retour en classe. Cela veut dire qu’il y a au moins 800 autres personnes, seulement à cette école, qui veulent que la grève continue. Multipliez ce chiffre avec chaque école qui a eu un vote, et vous obtenez une quantité importante de gens qui sont inspirés par la grève et qui refusent qu’elle se termine.

Plutôt que de nous forcer nous-mêmes à réprimer nos désirs et à retourner en classe à cause de l’autorité de la «majorité» ou «la masse», pourquoi ne pas prendre acte du désir de poursuivre la grève, tout simplement parce que nous voulons, parce que nous le pouvons. Nous n’avons pas besoin d’aucune autorité pour nous dire si ce pourquoi nous nous battons est valide ou non – que cette autorité soit l’État une AG. Tout simplement parce qu’il n’y a plus l’étampe d’approbation imaginaire – l’absence apparente de légitimité que comporte 49 voix pour la grève vs 51 contre, en opposition à la cette légitimité fantôme que serait 51 vs 49 – cela ne veut pas dire que nous avons tout à coup perdu ce qui a rendu la grève possible dès le début. Autrement dit, la capacité de faire des manifestations et des actions dans la rue, de bloquer les écoles, de conspirer entre ami.es. Tout ce que nous devons faire, c’est continuer la grève et nous retrouver au milieu de ce désordre.

L’une des manière peut être de trouver d’autres espaces pour communiquer. Par exemple, à la prochaine assemblée autonome anticapitaliste qui aura lieu le 15 septembre (plus d’informations à venir sur www.clac-montreal.net). Autrement, s’organiser peut être aussi simple qu’avoir un plan et quelques ami.es.

Déchiquetons cette fiction de démocratie, de société – l’idée que chacun.e en fait parti et a quelque chose de commun avec les autres – en lambeaux. Ce qui nous tient ensemble est une fiction. C’est la croyance en cette fiction qui nous tient liés aux relations d’exploitation, qui fait qu’on continu à avaler ces ordures. Que nous soyons francophone ou anglophone, nous ne parlons pas le même langage que ceux qui sont au pouvoir, ni ceux qui votent pour un retour à une normalité que nous méprisons.

Nous voulons qu’ils – toute personne qui aspirent a ce qu’il y ait une autorité sur nous – perdent le contrôle.

La grève continue.

Un autre texte sur le mouvement au Québec 

[Chili] Les porcs en uniforme travaillent durant les mobilisations étudiantes

Mobilisation étudiante : les dénonciations d’abus policiers se multiplient au Chili

En même temps qu’augment la fréquence des manifestations étudiantes contre la réforme de l’éducation, les dénonciations d’abus policiers, y compris de coups et agressions sexuelles sur mineurs, se sont multipliées au Chili. La police, institution éminemment respectée des Chiliens, est notamment accusée d’avoir battu, humilié et dévêtu des lycéens dans une caserne. Les forces de l’ordre affrontent aussi des accusations d’usage disproportionné de gaz lacrymogènes et de canons à eau, fréquemment utilisés pour disperser les manifestations.

« Ils m’ont fait entrer et retirer mes vêtements. (Puis) ils m’ont fait agenouiller nu », a raconté à des médias locaux Ignacio Muñoz, président du centre des élèves du lycée Maria Luisa Bombal de Rancagua, qui a été retenu menotté pendant cinq heures aux côtés de neuf autres personnes, dont deux mineurs, après l’évacuation de l’établissement qu’ils occupaient. A la suite de cette opération, quatre policiers seront sanctionnés pour n’avoir pas respecté la procédure dans ce type d’intervention, ont annoncé les autorités. Les étudiants interpellés ont quant à eux saisi les tribunaux.

 SUSPENSION D’UN MEMBRE DES FORCES SPÉCIALES

Jeudi, un membre des forces spéciales a été suspendu après la diffusion d’une vidéo le montrant donnant des coups de pied la veille à des élèves délogés d’un immeuble. « Nous souhaiterions un pas supplémentaire, pas uniquement une réaction postérieure. Que l’on puisse affiner les procédures dans ce type d’opérations qui exigent un traitement spécial, parce qu’il s’agit de mineurs », a réclamé la présidente de l’Institut national des droits de l’homme (INDH, autonome), Lorena Fries.

Depuis trois semaines, son organisation a été saisie de trois cas d’abus sur des mineurs en détention. « Nous allons fournir tous les efforts nécessaires pour que ce type de faits ne se reproduisent pas et qu’il y ait plus de contrôles », a assuré de son côté le chef de la police, Gustavo Gonzalez. Mercredi, le président Sebastian Piñera (droite) a affirmé que son gouvernement ne « tolérerait ni les excès ni les abus policiers ».

Leur presse – Le Monde.fr (AFP), 31/08/2012 à 10h40

[Argentine] Action de solidarité avec le camarade Marco Camenisch, actuellement en grève de la faim – Buenos Aires, 28 août 2012

Communiqué:

Mardi 28 Août, nous avons suspendu une banderole à quelques mètres du bâtiment de l’ambassade de Suisse. Tandis que nous nous éloignions, nous avons diffusé des tracts sur place.

Avec ce geste simple, nous nous solidarisons avec notre camarade anarchiste Marco Camenisch, emprisonné en Suisse, actuellement en grève de la faim.

Toute notre amour pour lui et tous les camarades qui sont derrière les murs, mais jamais vaincus ni repentis.

Tout notre haine pour l’Etat et ses prisons. Ils ne peuvent pas nous arrêter, parce que notre solidarité est plus forte que ses coups de répression et ses montages.

Solidarité avec tous les prisonniers révolutionnaires insoumis du monde entier.

Salutations fraternelles à ceLLESux qui chaque jour luttent contre ce système d’exploitation.

Mort à l’Etat !

Vive l'(A)narchie !

Traduit de l’espagnol de Liberacion Total, 30 août 2012

[Amiens-Nord] Des policiers attaqués au mortier suite à un contrôle – 29 août 2012

AMIENS NORD Des policiers pris à partie par quinze individus rue Fafet

L’épisode montre combien le calme reste relatif à Amiens-Nord. Mercredi en milieu d’après-midi, un équipage de la police nationale a été confronté vers 16h30 à un groupe cherchant clairement l’affrontement.

Les policiers ont essuyé des projectiles et des tirs de mortiers de feux d’artifice. Ils se sont dégagés en ripostant au flash-ball et en lançant des lacrymogènes. Le calme est revenu après une demi-heure d’affrontements.

On est très loin de l’intensité de la nuit du 13 au 14août. Mais ce qui s’est passé hier montre une nouvelle fois la défiance opposée aux forces de l’ordre.

L’incident qui a éclaté s’est noué alors que les policiers menaient un contrôle. Ils avaient été appelés par un riverain de la rue Fafet. Celui-ci avait pris peur en apercevant deux jeunes manipulant un fusil, à côté d’une voiture.

Pour la police, ce type d’appel est doublement important. D’une part pour le danger potentiel. Et d’autre part parce qu’une enquête est toujours en cours après les tirs au fusil qui ont blessé des policiers.

Mercredi, l’arme en question s’est révélée factice. Son propriétaire a fait l’objet d’un rappel à la loi. Il est interdit d’exhiber une fausse arme.

Leur presse – Le Courrier Picard, 30/08/2012 

Des policiers pris à partie à Amiens-Nord

Un groupe de policiers a été brièvement pris à partie par une quinzaine de personnes dans les quartiers nord d’Amiens mercredi après-midi, après le contrôle de deux mineurs qui exhibaient un fusil, qui s’est révélé factice, a indiqué la préfecture de la Somme.

Appelées par un riverain qui avait « aperçu deux jeunes exhiber un fusil à proximité d’un véhicule léger à l’arrêt », les forces de l’ordre constatent « que l’arme, rangée à l’intérieur du véhicule au moment de leur intervention, s’avère factice », a précisé la préfecture dans un communiqué. Lors de leur intervention, qui « a, au total, duré une trentaine de minutes », les policiers « sont pris à partie » par une quinzaine de personnes, qui ont tiré des feux d’artifice, sans faire de blessé, a-t-on ajouté de même source.

Leur presse – Europe 1 (AFP), 29/08/2012 à 20h57

[Tunisie] Les nervis fascistes d’Ennahda et l’UGTT travaillent

Tunisie: Des voyous islamistes attaquent la manifestation de travailleurs au chômage à Sidi Bouzid

La semaine dernière, la police s’est tenue à l’écart tandis que des centaines de voyous salafistes attaquaient des travailleurs et des jeunes à Sidi Bouzid, dans le centre de la Tunisie. La ville dont la révolte a commencé la révolution de 2011 qui a renversé le dictateur tunisien, le président Zine El Abidine Ben Ali, et lancé le « Printemps arabe », est devenu une fois de plus un centre de l’opposition au gouvernement droitier du parti islamiste Ennahda.

Les voyous ont attaqué Sidi Bouzid dans la nuit du 23-24 août, blessant au moins sept personnes. Des témoins ont dit à l’AFP que les assaillants, des militants islamistes radicaux, étaient venus en bus la nuit et avaient attaqué près de 15 maisons dans le quartier de Aouled Belhedi. Les combats se sont poursuivis jusqu’à l’aube. La police n’est pas intervenue pour faire cesser les affrontements, « afin d’éviter d’aggraver la situation. »

Cela n’a pas découragé des jeunes qui le lendemain ont organisé un sit-in devant les autorités locales responsables de l’éducation pour exiger des emplois.

Selon l’AFP, «D’après les résidents de la ville, les affrontements ont éclaté dans la nuit de lundi quand un groupe de salafistes aurait essayé de s’emparer d’un homme saoûl pour le punir de boire de l’alcool en violation des lois musulmanes. Des jeunes hommes ont riposté mercredi en frappant trois salafistes, déclenchant ainsi les heurts de la nuit. » (retraduit de l’anglais)

Il ne s’agit pas d’un événement isolé. Le 16 août, des voyous islamistes armés de bâtons et d’épées ont attaqué un festival culturel au nord de la Tunisie et blessé cinq personnes. C’était la troisième attaque de ce type en trois jours organisée par des salafistes en Tunisie, au motif d’un soi-disant manque de respect pour le mois sacré du Ramadan.

Des forces islamistes de droite sont introduites comme troupes de choc pour attaquer les manifestations et l’opposition sociale qui se développent au sein de la classe ouvrière, dans un contexte économique et social qui se détériore.

L’économie est en récession depuis plus d’un an et l’intensification de la crise économique en Europe (qui achète 75 pour cent des exportations de la Tunisie) va aggraver la récession. Le taux de chômage dépasse les 18 pour cent, soit 709 000 personnes sur une population active de 3,9 millions, avec des taux beaucoup plus élevés à la campagne et dans l’intérieur plus défavorisé du pays, loin des côtes.

Depuis le mois de mai, il y a eu des grèves générales dans certaines villes, à Tatouine, Monastir, Kasserine et Kairan. Le regain de l’offensive de la classe ouvrière a été contrée par des critiques de la presse bourgeoise demandant que les travailleurs tunisiens se comportent en force de travail bon marché et docile, comme sous Ben Ali. Le journal économique L’Economiste, bien que mal à l’aise avec les positions fondamentalistes du gouvernement Ennahda, accuse les jeunes et les travailleurs d’avoir «contribué par leur comportement à la dégradation de la situation économique et sociale du reste très détériorée de longue date … On ne peut revendiquer à bon droit le développement et faire fuir les investisseurs en multipliant obstacles et entraves à la production.»

Le journal a ajouté un autre commentaire qui révèle mieux encore les préoccupations de la bourgeoisie. Il a exprimé ses craintes que les travailleurs et les jeunes de «Sidi Bouzid, Kasserine, Sfax…sont entrain de se jouer les prolongations d’une révolution inachevée. »

A Sidi Bouzid même, des journaliers qui protestaient contre un retard de paiement de deux mois des salaires ont attaqué le 26 juillet le siège du parti Ennahda. Ils ont fracassé la porte et lancé un pneu en feu dans les bureaux d’Ennahda. Tandis que la police tiraient des coups de feu d’avertissement et des gaz lacrymogènes, les manifestants criaient « La police de Ben Ali est de retour. »

Le 9 août, la police a tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes sur une foule, blessant cinq personnes qui ont été admises à l’hôpital. Les manifestants demandaient un accord sur le statut des travailleurs, la démission du commandant régional de la Garde nationale, la démission du gouverneur Mohamed Najib Mansouri et la dissolution de l’Assemblée constituante du fait de son incapacité à satisfaire les revendications des résidents de Sidi Bouzid de garantir l’approvisionnement en eau, des emplois et le développement économique.

Le 14 août, une grève générale à Sidi Bouzid a exigé que soient libérés les manifestants arrêtés et détenus lors de la précédente manifestation quelques semaines avant.

La complicité de la police et des représentants de l’Etat, y compris l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) qui soutenait Ben Ali avant la révolution, donne les coudées franches aux salafistes pour attaquer les travailleurs.

Un représentant de l’UGTT de Krassine, Mohamed Sgahaier Saihi, a dit à la presse qu’avec 20 pour cent de chômage, «Ces gens expriment leur colère avec des barrages routiers et des sit-in improvisés jour après jour. » En bon bureaucrate de l’UGTT, il a déploré cette activité qu’il considère comme une menace à l’ordre social: «Ils représentent une réelle menace à la stabilité sociale et jour après jour ils créent des problèmes en organisant des sit-in et en bloquant les rues et les routes.»

Des manifestations localisées et sous contrôle de l’UGTT avant la révolution cherchaient à faire retomber la pression et à empêcher toute menace politique indépendante de la classe ouvrière vis à vis du régime. Ces manifestations fournissaient aussi l’occasion à divers partis de pseudo-gauche, tel le Parti des travailleurs maoïste (PT), anciennement le Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT), de poser en alliés de la classe ouvrière.

Ils ont tous joué un rôle pour empêcher que la chute de Ben Ali n’ouvre la voie à une véritable révolution sociale et à la prise du pouvoir par la classe ouvrière. Ils ont légitimé la formation du gouvernement Ennahda qui est aujourd’hui complètement démasqué comme étant un ennemi farouche de la classe ouvrière.

Les craintes de mouvements révolutionnaires de par le monde arabe ont conduit l’impérialisme américain et ses alliés européens à se tourner de plus en plus vers les partis islamistes pour gouverner et vers leurs alliés plus extrémistes tels les troupes de choc pour les actions violentes. L’intervention de groupes liés à Al-Qaïda contre les régimes de Libye et de Syrie ciblés pour être renversés par Washington est devenue un outil significatif de la politique impérialiste dans la région.

Le député en vue d’Ennahda, Sadok Chourou a qualifié les grévistes d’ « ennemis de dieu. » Dans une interview, il a nié que les salafistes soient responsables de la violence: «La vérité c’est que certains membres des groupes salafistes ne sont pas de vrais salafistes.. Ce sont des vestiges du précédent régime qui ont infiltré les groupes salafistes pour commettre des actes contre le gouvernement… Les vrais salafistes n’adoptent pas l’usage de la violence. »

Chourou essaie de dissimuler la complicité du gouvernement et de la police dans la violence salafiste. Mais s’il y a une quelconque vérité dans ses remarques, et si la police de Ben Ali était impliquée dans l’organisation de l’attaque contre les travailleurs de Sidi Bouzid, cela ne fait que souligner la continuité fondamentale de la politique anti-ouvrière de Ben Ali et d’Ennahda. La révolution de la classe ouvrière qui a commencé avec le renversement de Ben Ali doit se poursuivre en une lutte contre le gouvernement Ennahda.

(Article original paru le 29 août 2012.)

Source: World Socialist Web Site (Antoine Lerougetel), 30 août 2012

[Etats-Unis] L’Etat américain craint la venue d’anarchistes lors des conventions républicaines et démocrates

Le FBI craint la venue de groupes anarchistes lors des conventions républicaines et démocrates

Le FBI est “hautement persuadé” de la venue de groupes anarchistes à la convention nationale des républicains, mais aussi à celle des démocrates. Ils sont soupçonnés de préparer l’explosion de ponts et routes permettant l’accès aux lieux de rassemblement. Les deux villes concernées, Tampa et Charlotte, ont chacune reçu 50 millions de dollars d’aide du Congrès pour renforcer leur sécurité.

Le FBI et le Département de la Sécurité Intérieure viennent de publier un bulletin de renseignement, mettant en garde les autorités officielles contre la « très probable » venue de groupes d’anarchistes. Ces groupes seraient dotés d’explosifs « fait-maison », et compteraient agir lors des conventions républicaines et démocrates.

Peur sur la ville

Le FBI et le DSI craignent que ces “anarchistes” aient recours à des dispositifs explosifs improvisés sur place, afin de « cibler des infrastructures comme des stations de police et des routes d’urgence à Tampa et Charlotte [respectivement, lieu de la convention nationale républicaine, et démocrate, NDLR], avec des impacts possiblement importants sur la sécurité publique et les transports. »

CNN rapporte qu’en Mars dernier, le FBI aurait ainsi intercepté un appel d’extrémistes anarchistes originaires de New-York, proposant de « s’engager dans des activités criminelles potentiellement destructives contre des infrastructures-clés en-dehors du périmètre de sécurité mis en place à la Baie de Tampa, car ils s’attendent à ce que l’accès principal à la convention républicaine nationale soit attentivement contrôlé. » Ils prévoyaient ainsi de faire sauter des ponts secondaires permettant l’accès à la Baie.

Les Anonymous aussi ?

Une vidéo a également circulé sur Youtube, reprise par CNN, montrant un homme dissimulé derrière un masque Guy Fawkes, se réclamant des Anonymous, et déclarant :

« Nous nous préparons à faire face à notre gouvernement autoritaire lors de la Convention Nationale Républicaine, depuis un an. […] Il est temps que les guerriers d’Internet se rassemblent et réalisent un bloc noir* devant les bâtiments abritant les compagnies et gouvernements qui nous oppressent, et montrent à ce système ce que résister signifie véritablement. Une carte apparaîtra bientôt sur le site resistrnc.org, avant la tenue de la Convention Nationale Républicaine, comme point de départ. […] La date de la CNR du 27 août 2012 est celle où nous porterons notre combat dans les rues de Tampa. »

Des précédents inquiétants

Si ces dernières sont « hautement persuadées » de la venue de groupes anarchistes aux deux conventions, il est encore difficile de savoir avec quel degré de probabilité elles s’attendent à ce qu’ils passent à l’acte. D’autant plus qu’il est assez routinier pour le FBI de réaliser des bulletins de renseignement portant sur les risques de sécurité possibles – surtout avant la tenue d’un événement politique public d’envergure.

Néanmoins, des précédents appellent à la prudence. Le FBI rappelle dans son bulletin de renseignement qu’en 2008, un groupe d’anarchistes avait prévu, lors de la Convention Nationale Républicaine à Minneapolis, de bloquer des ponts et des passerelles, prendre contrôle d’une station de radio, cibler des compagnies et identifier les hôtels où les VIP de la convention séjournaient, ainsi que le lieu de stations de police et de routes d’urgence. En août 2008, les autorité fédérales avaient arrêté un homme prévoyant d’utiliser un cocktail molotov pendant la Convention Républicaine de Saint Paul, dans le Minnesota, ainsi que 8 autres qui prévoyaient de la perturber.

Tampa et Charlotte transformées en bunker ultra-sécurisés

Face à l’affluence attendue (50 000 personnes devraient se rendre à Tampa et 35 000 à Charlotte), le Département de Sécurité Intérieure a décidé d’en faire des « évènements nationaux à sécurité spéciale ». ABC rapporte que le Congrès a fourni 50 millions de dollars (près de 40 millions d’euros) à chacune des deux villes, afin d’investir dans des dispositifs de sécurité de haute technologie. Tampa en aurait consacré la moitié à des coûts de personnels pour entretenir les quelques 3000 policiers extérieurs réquisitionnés pour l’occasion, doublant ainsi son effectif usuel. La mairie a également acheté pour 2,3 millions de dollars en surveillance vidéo, 5,9 millions de dollars en équipement radio, et 790 000 dollars pour des véhicules neufs, 200 vélos en aluminium…et un tank armé. Certaines parties de la ville, ainsi que 2 ponts, seront fermés.

A Charlotte, les effectifs de police seront également doublés, mais surtout, un nouveau centre de commande, qui a été dévoilé à la presse jeudi, a été construit afin de coordonner et planifier les déplacements de la police à travers la ville. En prévision d’attentats, une machine high-tech à rayons-X, permettant de détecter la présence d’explosifs dans les sacs des participants à la convention, a été achetée pour près de 65 000 dollars. De quoi décourager les éventuels fauteurs de trouble.

Leur presse – Les Inrocks, 28/08/2012 à 14h25

[Afrique du Sud] Des mineurs grévistes inculpés pour « meurtre » après le massacre des policiers racistes – 30 août 2012

Donc la nouvelle de l’Etat et de sa police raciste, c’est que des mineurs en grève sont inculpés pour meurtre: à les croire ce sont eux qui tenaient les fusils des flics assassins. Porcherie !

Afrique du Sud: des grévistes de Marikana inculpés pour meurtre, les négociations se poursuivent

Les négociations se poursuivaient jeudi pour tenter de trouver une issue au sanglant conflit social de la mine sud-africaine de Marikana (nord), tandis que les grévistes arrêtés après la fusillade policière du 16 août ont été inculpés pour meurtre.

Les pourparlers engagés sous l’égide du gouvernement se poursuivaient dans la soirée à Rustenburg, la principale ville des environs, entre le groupe minier Lonmin et les syndicats.

Ils étaient « toujours en cours » après 18H00 (16H00 GMT) a indiqué à l’AFP Sue Vey, porte-parole de Lonmin.

Nouveauté de la journée, le noyau dur des 3.000 foreurs qui se sont mis en grève le 10 août pour réclamer un triplement de leurs salaires a accepté de se faire représenter par les syndicats.

Seuls 6,6% des 28.000 employés de la mine se sont rendus au travail jeudi, selon l’entreprise.

A quelques dizaines de kilomètres de là, un tribunal de la banlieue de Pretoria a formellement inculpé du meurtre de leurs 34 camarades abattus par la police les 270 mineurs arrêtés le jour de la fusillade du 16 août, en vertu d’une bizarrerie du code pénal sud-africain.

« La cour a inculpé aujourd’hui (jeudi) tous les mineurs de meurtre, conformément à la loi », a indiqué le porte-parole du parquet, Frank Lesenyego.

Cette clause légale prévoit que soient inculpées de meurtre toutes les personnes arrêtées sur le site d’une fusillade impliquant la police, que les victimes soient policiers ou non.

Le juge Esau Bodigelo qui les a entendus jeudi a fixé la prochaine audience au jeudi 6 septembre, le temps de vérifier leurs adresses –une gageure car la plupart d’entre eux vivent dans des bidonvilles– et a ordonné leur maintien en détention.

« Je comprendrais si le cas avait à voir avec le meurtre de deux policiers (tués dans les jours précédents, ndlr), mais les inculper pour la fusillade de la police sur leurs camarades est étrange », a réagi Vincent Nmehille, juriste à l’Université de Witwatersrand, s’étonnant de la façon dont le juge Bodigelo a interprété la loi.

Dix hommes, dont 2 policiers, ont été tués entre le 10 et le 12 août dans des affrontements intersyndicaux. Puis 34 personnes ont été abattues par la police le 16.

Le jeune tribun populiste Julius Malema, expulsé en avril de l’ANC, le parti au pouvoir, a assisté à l’audience de jeudi.

« C’est de la folie », a dit l’ancien président de la Ligue de jeunesse de l’ANC à des journalistes en entendant prononcer l’inculpation.

« Les policiers qui ont tué ces mineurs ne sont pas en prison, pas un seul d’entre eux », a-t-il lancé.

Malema avait fait parler de lui le 23 août en attaquant le gouvernement et appelant les grévistes à la révolution, lors d’une cérémonie en hommage aux victimes de Marikana.

Plus tôt jeudi, il a encore menacé: « nous allons mener une révolution minière dans ce pays. Nous allons rendre ces mines ingouvernables jusqu’à ce que les boers (les Blancs, qui ont gardé l’essentiel du pouvoir économique, ndlr) viennent à la table » des négociations pour augmenter les salaires, a-t-il dit aux ex-employés d’une mine fermée aux environs de Johannesburg.

Le photojournaliste Greg Marinovich, qui a passé quinze jours à Marikana, a parallèlement affirmé jeudi sur le site d’information Daily Maverick que la plupart des grévistes tués par les forces de l’ordre l’ont été de sang-froid.

Après la fusillade en direct à la télévision, qui aurait fait une dizaine de victimes, « des policiers très armés ont pourchassé et tué les mineurs de sang-froid », écrit le photographe sud-africain.

« Une minorité a été tuée lors de l’événement filmé où la police dit qu’elle a agi en état d’autodéfense. Le reste a été un meurtre à grande échelle », certains mineurs ayant été abattus à bout portant, affirme-t-il.

La seule version officielle à ce jour affirme que les policiers ont ouvert le feu pour protéger leur vie lorsque la foule des mineurs, armés de lances, de machettes et de quelques armes à feu, les a chargés.

Leur presse – Paris-Normandie.fr (AFP), 30/08/2012 à 19h26

[Chili] Aperçu de la contestation étudiante dans les rues de Valparaiso – 28 août 2012

Ci-dessous une vidéo qui retrace la manif pour l’éducation de ce mardi 28 août 2012 à Valparaiso:

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=OJuQgO-19pQ&feature=player_embedded]

Pour rappel, ce qu’il s’est passé le même jour à Santiago (et le mercredi 29/08/2012)

[St-Nazaire] Rassemblement de soutien aux deux militants de Notre-Dame-Des-Landes en procès, quelques gestes de solidarité – 28 août 2012

Bref compte-rendu du procès de Sylvain et Clément

Mardi 28 avait lieu le procès de Sylvain et Clément au tribunal de Saint-Nazaire. Ils étaient poursuivi pour leur participation à la manifestation du 21 juin 2012 contre les enquêtes publiques à Notre-Dame-des-Landes. Sylvain Fresneau, était accusé de « violences sur des gendarmes avec ou sous la menace d’une arme », en l’espèce d’un tracteur et sa remorque, et d’avoir participé à « un attroupement illicite ». Clément était accusé de « refus d’obtempérer, violence sans arme et refus de prise d’ADN ».

Il y a eu un beau rassemblement de plusieurs centaines de personnes et environ 150 tracteurs, prise de paroles, bouffe, infokiosques, musique, … Moins chouette, alors qu’un petit groupe faisait un tour du quartier avec la battucada, un camarades a été arrêté. Il a été rapidement relâché avec une convocation pour octobre.

Le procureur a requis :

  • contre Clément, 2 mois de prison avec sursis pour violence et 2 mois avec sursis pour refus de don d’ADN ;
  • contre Sylvain, 80 jours-amende à 10 €, l’interdiction de manifester à Notre-Dame-des-Landes pendant un an et la confiscation de ses arme, et l’interdiction de port d’armes pendant un an.

Le délibéré est pour le 11 septembre.

Source: Indymedia Nantes, mercredi 29 août 2012

Le soutien aux camarades en actes:

Saint-Nazaire. Rassemblement anti-aéroport : quelques dégradations en ville

En marge d’un rassemblement qui s’est effectué dans le calme devant le tribunal de Saint-Nazaire pour le soutien des deux opposants, un groupe d’individus a commis des dégradations sur le parking de la Place des 8 et 11 mai 1945, géré par Vinci.

Les vitres de la cabine de paiement du parking et les caméras de surveillances ont été cassées, des inscriptions type « Vinci, crash toi » ou « Vincitation à la révolte » ont été taguées en bleu à plusieurs endroits.

Un individu a été interpellé puis relâché. Il sera convoqué au tribunal de Police au mois d’octobre pour répondre des dégradations.

Leur presse – Presse Océan.fr, 28/08/2012 à 17h57

PS: il est étrange que dans ce résumé publié sur Indymedia Nantes, il n’y ait aucune trace de ce vandalisme solidaire, avec pourtant de si beaux messages inscrits contre l’entreprise destructrice qu’est Vinci à nous faire partager.

[Espagne] Nouvelle arrestation à Barcelone suite à la grève générale du 29 mars dernier

Nouvelle arrestation à Barcelone suite à la grève générale du 29 mars

Une autre personne a été arrêtée ce matin à Barcelone suite aux émeutes dans cette même ville au cours de la journée de grève générale du 29 mars 2012. La personne arrêtée, une femme de 21 ans, a été emmenée au commissariat de police de Travessera de les Corts et passera devant le tribunal le lendemain. C’est la 114 ème arrestation en relation avec la grève générale. Plus d’info à venir.

Traduit de l’anglais d’Alboroto, 29 août 2012