Archives mensuelles : mai 2013

[Turquie] La place Taksim, une zone à défendre face au projet d’urbanisation du pouvoir – Istanbul, 31 mai 2013

Un projet d’aménagement urbain enflamme le centre d’Istanbul

De violents affrontements ont opposé, vendredi 31 mai, les forces de l’ordre à des manifestants dans le centre d’Istanbul, faisant des dizaines de blessés, à la suite d’un rassemblement dirigé contre un projet d’urbanisation controversé qui a tourné en protestation contre le gouvernement.

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Les incidents ont débuté dès l’aube, lorsque des policiers ont délogé à grand renfort de canons à eau et de gaz lacrymogènes les quelques centaines de personnes qui campaient dans un parc de la place Taksim, au cœur de la mégapole turque, pour empêcher le déracinement de six cents arbres dans le cadre d’un projet d’aménagement urbain.

Violente, l’intervention a fait de nombreux blessés et a suscité la mobilisation de toute la société civile stambouliote, dont de nombreux militants qui ont grossi les rangs des protestataires au fil de la journée.

Jusqu’à la tombée de la nuit, la police et les manifestants se sont affrontés sur la place et dans les rues environnantes, au milieu de nombreux touristes et d’une épaisse fumée toxique qui a contraint les autorités à fermer plusieurs stations de métro.

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Des nombreux manifestants ont été blessés, victimes de fractures ou de détresse respiratoire, certains gisant inconscients de longues minutes avant d’être secourus. Deux personnes, dont un journaliste, ont été sérieusement blessées à la tête, a constaté un photographe de l’AFP.

 LA CONTESTATION GAGNE ANKARA ET IZMIR

Selon le gouverneur de la ville, Huseyin Avni Mutlu, douze personnes étaient toujours hospitalisées en fin de journée, dont une femme victime d’une fracture du crâne, et au moins soixante-trois personnes ont été interpellées.

Amnesty International a de son côté évoqué « une centaine » de blessés, critiquant« le recours excessif à la force contre des manifestants pacifistes », pendant que Reporters sans frontières (RSF) dénonçait les « attaques ciblées » des forces de l’ordre contre des journalistes.

Sur les réseaux sociaux, des milliers de personnes ont exprimé leur soutien aux manifestants opposés au projet de transformation de la place Taksim. En soirée, la contestation a commencé à gagner la capitale, Ankara, et Izmir (Ouest), où des milliers de personnes ont dénoncé les violences d’Istanbul, selon les télévisions turques.

 « VOUS N’ÊTES PAS PROPRIÉTAIRES DE LA TURQUIE »

A l’origine de la contestation, le réaménagement de la place Taksim, qui prévoit la suppression du parc Gezi au profit d’un centre culturel, d’un centre commercial et de la reconstitution d’une caserne militaire de l’époque ottomane.

Le projet de la municipalité, tenue par le parti islamo-conservateur au pouvoir, est dénoncé par de nombreux urbanistes, architectes et écologistes. Ils ont remporté une première victoire vendredi avec la décision d’un tribunal administratif d’Istanbul de suspendre le projet de reconstruction de la caserne. L’apparition de bulldozers lundi matin a provoqué les premiers incidents entre la police et les militants et les riverains qui montaient la garde dans le parc, soutenus par des députés de l’opposition.

Leur mouvement a très vite pris un tour politique en dénonçant le gouvernement et ses méga-projets de construction à Istanbul, comme le troisième pont sur le Bosphore, dont la première pierre a été posée mercredi, ou un aéroport géant.

« Vous ne pouvez pas faire ça. Vous n’êtes pas propriétaires de la ville, vous n’êtes pas propriétaires de la Turquie », a lancé le député kurde Ertugrul Kurkcu, ajoutant : « Ceux qui servent le peuple ne peuvent pas le frapper ou le gazer. »

ERDOGAN SURNOMMÉ « L’HOMME QUI GAZE »

Le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, est devenu la cible des réseaux sociaux, qui l’ont rebaptisé « Tayyip le chimique » ou « l’homme qui gaze »« Ces gens ne se soumettront pas devant toi », ont affiché les contestataires du parc Gezi sur une banderole.

Si le revenu par habitant a triplé en Turquie depuis l’arrivée au pouvoir du Parti de la justice et du développement (AKP), en 2002, M. Erdogan est accusé de dérives autoritaires et de vouloir « islamiser » la société turque. La semaine dernière, le vote d’une loi restreignant la consommation et la vente d’alcool a ainsi suscité l’ire des milieux libéraux.

M. Erdogan a fait savoir mercredi qu’il ne reculerait pas. « Faites ce que vous voulez, nous avons décidé », avait-il lancé à ses détracteurs.

Leur presse – LeMonde.fr (Guillaume Perrier), 31/05/2013 à 21h17

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Une vidéo:

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Sur le compte twitter du même journaliste, on apprend la mort d’un manifestant par crise cardiaque, après avoir été pris dans les gaz.

Par ailleurs, les combats de rue continuent dans Istanbul entre manifestants et policiers: le livestream est à voir par ici

Suivre les événements sur twitter avec le hashtag #Taksim et #OccupyGezi (nom du parc occupé)

[Nancy] Infotour anti-THT au CCAN lundi 10 juin 2013

10 juin 2013 : Infotour Anti-THT au CCAN à Nancy

Cliquer pour agrandir l'affiche

Cliquer pour agrandir l’affiche

Lundi 10 Juin 2013 à 19h00

au Centre Culturel Autonome de Nancy, 69 rue Mon Désert, 54000 Nancy

Une soirée thématique autour de luttes anti-THT, contre les déchets nucléaires et les lignes à grande vitesse en Normandie.

- discutions — projection — bouffe vegan prix libre — infos — slam /hiphop « Anonyme » — pistes actions — automedia

Plus d’infos :

Solidarité avec les rebelles de Stockholm (mai 2013)

Solidarité avec les rebelles de Stockholm

“Nous ne voulons pas juste une part de gâteau;
 nous voulons toute la boulangerie … réduite en cendre “.

Solidarité avec les rebelles de Stockholm !

Durant cinq nuits des personnes de Stockholm et de ses alentours ont pris les rues pour exprimer leur mécontentement  face aux injustices du système, et de la société qui en résulte. Après des années d’intimidation de la police, de l’école, des garderies d’enfants et autres institutions étatiques, le meurtre d’un vieil homme par la police dans la banlieue de Husby a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Nuit après nuit, des gens en colère  reprennent les rues et se rebellent contre tout ce qui les oppriment et  anéantit leurs vies. Ainsi, au cours des 5 dernières nuits, dans Stockholm et ses alentours, 4 postes de police, des écoles maternelles et des écoles ont été attaquées avec des pierres ou par le feu. Environ 100 voitures ont été incendiées, et les flics ont été bombardés de pierres.

Pour nous, ce n’est ni désespéré, ni des émeutes gratuites. Pour nous ces attaques visent diverses formes d’autorité ! L’autorité qui, dès l’enfance, contraint les gens à n’importe quel type de productivité, de la maternelle à l’école. De l’apparence physique, au logement et au travail. L’autorité qui tente de serrer toutes les pensées rebelles dans les costumes de conformité. Cependant, à la fin, ce système de merde n’a tout simplement pas assez de place pour tout le monde, peu importe si le costume te va ou pas. Ainsi, nous n’avons pas été surpris de voir surgir des débats sur l’intégration  ratée, le faible niveau d’éducation et les mauvaises perspectives de travail des gens de la banlieue. Mais ces discussions ne sont pas les nôtres, puisqu’on se débrouille sans les “bénéfices” de l’État qui prennent la forme de l’intégration, de l’éducation et du travail, ce qui signifie rien d’autre que la pacification sociale, tout comme nous pouvons vivre sans les”bénéfices” de l’État qui prennent la forme de la surveillance et de la police.

La répression et la paix sont les deux faces d’une même médaille, celle d’une fausse liberté.

L’image propre de la Suède sociale commence à s’effriter ! Enfin ! Dans un pays pacifié comme la Suède, où même la scène DIY reçoit des fonds de l’État afin qu’ils puissent acheter des maisons squattées à la ville dans le but de préserver la «paix sociale» et d’éviter la résistance, la façade commence à s’effriter et apparait le dégoûtant racisme d’État, le harcèlement quotidien, et, en boucle pendant des jours, le discours médiatique incroyablement hypocrite sur le soi-disant «quart-monde urbain».

Nous sommes heureux pour chaque acte rebelle qui crache à la gueule du système ! Après tout, nous sommes comme emprisonnés dans une cage qui s’appelle elle-même démocratie ! Nous détestons cet État et tous ceux qui le soutiennent.

Solidarité avec tous les insurgés !
Une accolade et de la  force pour les rebelles de Suède !

Pour l’anarchie !

(Mai 2013)

Traduction Le Chat Noir Emeutier/Contra-info, 30 mai 2013

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Syndrome de Stockholm

Le 13 mai, quelque part en Europe, un homme est assassiné par la police dans un quartier pauvre. Ce n’est pas un jeune, et cela ne se passe pas dans une zone connue pour sa conflictualité. Un homme de plus est tombé sous les balles de l’Etat. Cette fois cela se passe à Husby, dans la banlieue nord de Stockholm, ce paradis de la gestion social-démocrate de la domination. On n’est ni à Paris ni à Londres, pas à Bruxelles ni à Berlin. Mais qu’est-ce que cela change ? Les riches et leurs chiens de garde sont partout, et partout aussi existent des individus prêts à s’armer de courage pour exprimer leur révolte avec détermination. Même en Suède.

Moins d’une semaine plus tard, la nuit du 19 mai, des voitures commencent à brûler dans ce même quartier de Stockholm. La police et les pompiers sont accueillis avec des pierres. Le lendemain, la rage se transforme en émeute, les vitres de boutiques, d’équipements publics et d’écoles commencent à se fendre sous le coup de projectiles. Malgré les appels au calme et « à la responsabilité citoyenne », malgré les promesses des politiciens, les années d’humiliation et le sang du vieil homme abattu par la police ne s’achètent pas si facilement. Pour la troisième nuit de suite, ce sont encore près de 30 véhicules qui partent en fumée, mais pas seulement. Deux écoles et un centre culturel les rejoignent dans un incendie qui devient contagieux. A Jakobsberg, une autre banlieue située au nord-ouest de Stockholm, les actes commencent à dialoguer directement entre eux : un commissariat est attaqué. Les mots ne sont pas nécessaires, et les destructions ciblées parlent d’elles-mêmes.

La quatrième nuit, près de 90 feux sont allumés à différents endroits de la ville. Les pompiers courent partout, protégés par la police, et harcelés par de petits groupes. A Husby, 300 collabos effectuent des rondes pour contenir les affrontements. Mais c’est quoi, quelques milliers de flics et de citoyens qui essayent d’étouffer une émeute, face à la détermination de dizaines d’émeutiers ? Faute d’oxygène dans le quartier où tout a commencé, la joie se diffuse un peu plus loin : trois commissariats de plus sont attaqués, un à Kista au nord de Stockholm, deux autres au sud de la ville. La police perd son premier véhicule de patrouille, cramé, et rencontre des lasers aveuglants en plus des pierres et des molotovs. A 700 kilomètres de là, dans la troisième plus grande ville de Suède (Malmö), d’autres incendiaires rejoignent à leur tour le grand bal de la révolte.

Le jeudi 23 mai, l’émeute dure toujours. La police de Stockholm commence à s’épuiser, et attend avec impatience les renforts annoncés. Dans toujours plus de quartiers de la capitale, les feux touchent non seulement des voitures (et hop, 70 de plus !), mais visent aussi les intérêts de l’Etat et des patrons : à Rinkeby, à Södertälje, à Norsborg, à Tensta (une école), à Kista (une école), à Älvsjö (un commissariat), à Jordbro (un centre commercial). En dehors de Stockholm, les flics sont attaqués dans les villes de Borås, Karlskrona et Malmö. Les assurances commencent à sonner l’alarme, et chiffrent les dégâts de moins d’une semaine d’émeute à « plusieurs centaines de milliers d’euros ».

On arrête là, ou on continue de compter les nuits ? Alors ok, une dernière pour la route, la sixième. Stockholm est saturée de flics, et beaucoup crient provisoirement victoire. Sauf que tout n’est pas si simple, et d’autres grandes villes de Suède se réveillent avec un goût de cendres dans la bouche : à Orebro par exemple, une école a brûlé et un commissariat fait l’objet d’une tentative identique, tandis qu’à Kista, une autre école est partie en fumée.

Alors, ces émeutes pas si lointaines nous disent aussi quelque chose d’autre, à nous, ici ? Peu d’affrontements massifs avec les flics, et beaucoup de petits groupes mobiles. Des dizaines de voitures brûlées pour attirer les différents uniformes, puis des guet apens agiles. Et surtout, la capacité de cueillir une occasion, celle de détruire ce qui nous opprime au quotidien : une école ici, un commissariat là, ou un centre commercial encore ailleurs. En Suède, des poignées d’individus relativement isolés, mais armés de détermination et d’un peu d’imagination, ont réussi à diffuser leur rage pendant de longues nuits. Ils ont employé une langue enflammée qui a directement parlé au cœur et à l’esprit d’autres révoltés sur des centaines de kilomètres. Et si celle-ci a pu fendre en quelques jours la glace de la pacification apparente d’un grand pays nordique, qui sait si d’autres inconnus ne pourront pas à leur tour être saisis par sa beauté destructrice ? Une sorte de nouveau syndrome de Stockholm qui se gripperait à travers toute l’Europe…

Extrait du journal ‘Hors Service #37′

blog: journalhorsservice.blogspot.fr

 

[Brésil] Protestations contre la hausse des tarifs de transports à Goiânia (mai 2013)

A Goiânia (Brésil), les étudiant.e.s sont en lutte depuis début mai contre la hausse du prix des tickets de bus. Mercredi 22 mai 2013, la CMTC (Companhia Metropolitana de Transportes Coletivos) de Goiâna  a augmenté de 11% le prix du ticket de bus, le faisant passé de 2.70 à 3R$.

Mercredi 8 mai 2013, environ 200 étudiant.e.s ont déambulé en cortège dans le centre-ville contre cette hausse des tarifs prévue et annoncée. Certain.e.s manifestant.e.s ont décidé de bloquer la circulation en plaçant des pneus enflammés au milieu des routes.

Le 21 mai 2013, plus de 200 étudiant.e.s ont de nouveau pris la rue, bloquant le trafic des bus en installant des pneus en feu sur les voies. D’après la police, certain.e.s étudiant.e.s ont lancé des cocktails molotov sur la police.

Mardi 28 mai 2013, la manif contre la hausse des tarifs de transport a rapidement viré à l’émeute: les manifestant.e.s ont incendié une banque (qui a malheureusement été sauvée des flammes par les pompiers), crâmé des poubelles, des pneus, des véhicules… Au total, 18 véhicules ont été vandalisés, dont trois bus.

Parti vers 18h du campus universitaire en direction du centre-ville, le cortège de la manif s’est montré offensif: de nombreux protestataires ont attaqué les flics avec des bâtons, pavés et cocktails molotov. La soirée s’est terminée en affrontements avec la police, qui a répondu par des gaz lacrymo et canons à eau.

Au total, 24 personnes ont été arrêtées (6 mineurs et 18 adultes) pour « vandalisme, incendies criminels et émeute »: tou.te.s ont été libéré.e.s durant la nuit de mardi à mercredi.

Emeute lors de la soirée du 28/05/2013 à Goiânia (Brésil)

Emeute lors de la soirée du 28/05/2013 à Goiânia (Brésil)

Emeute lors de la soirée du 28/05/2013 à Goiânia (Brésil)

Emeute lors de la soirée du 28/05/2013 à Goiânia (Brésil)

Emeute lors de la soirée du 28/05/2013 à Goiânia (Brésil)

Emeute lors de la soirée du 28/05/2013 à Goiânia (Brésil)

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La régie de transport a annoncé également avoir été touchée par une grève de 2 jours au début du mois, lancée par les chauffeurs qui exigeaient une augmentation de salaires. Ce qu’ils ont obtenu.

Résumé à partir de leur presse – g1.globo.com (mai 2013) via contribution

[Grèce] Attaque incendiaire d’un bâtiment administratif – Komotini (Nord), 26 mai 2013

Komotini (Nord de la Grèce): attaque incendiaire d’un bâtiment administratif

Dans les premières heures du dimanche 26 mai les bureaux administratifs de la périphérie de Macédoine-Orientale-et-Thrace, dans la ville de Komotini, ont été attaqués avec des cocktails molotov.

Il s’agissait d’une preuve minimale de rage contre l’État, ses serviteurs, et chaque structure autoritaire qui, tous les jours, nous rapprochent du totalitarisme et de l’esclavage.

L’attaque était une réponse au système politique pourri qui nous terrorise quotidiennement. Nous terroriser par une peine d’emprisonnement pour ceux qui résistent, des impôts, des salaires et des retraites qui permettent tout juste de survivre, avec la violente répression des grèves et des manifs, des gangs fascistes para-étatiques agissant sans gêne, couvrant leurs vrais visages avec des masques démocratiques, afin de garantir la poursuite de la domination et de l’exploitation lorsque le pouvoir et les flics ne peuvent pas finir le travail.

Nous n’exigeons pas de meilleures conditions d’esclavage, mais plutôt nous nous battons pour la destruction complète du pouvoir.

Nous nous proclamons comme ceux qui refusent cette société et la vie misérable qui nous est offerte, et donc nous allons à l’offensive.

Nous envoyons aussi un message aux juges et à l’État : nos compagnon-ne-s, qui passent leurs journées et leurs nuits dans les cages de la démocratie et du capital que vous appelez “les établissements pénitentiaires», ne sont pas seuls.

Solidarité avec les anarchistes de la Conspiration des Cellules de Feu, et tous les combattants emprisonnés !

“Consciences destructrices”

En collaboration avec Contra-info, 30 mai 2013

[Belgique] A propos de « l’opération cendres » – Bruxelles, 22 mai 2013

Bruxelles : « Opération Cendres ». Perquisitions chez des compagnons

Bruxelles – Le 22 mai 2013 vers 6h du matin, des dizaines de policiers de la section anti-terroriste de la police fédérale judiciaire investissent et perquisitionnent 3 domiciles où habitent notamment des compagnons anarchistes et anti-autoritaires ainsi que la bibliothèque anarchiste Acrata. Toutes les personnes présentes (11) sont arrêtées et emmenées aux bureaux de la police fédérale.

Les accusations sont : appartenance à une organisation terroriste, association de malfaiteurs et incendie(s) volontaire(s). L’opération est baptisée « cendres » et est dirigée par la juge d’instruction Isabelle PANOU, tristement célèbre pour sa longue carrière au service de l’Etat.

Les policiers emportent de nombreux documents, des effets personnels, les ordinateurs et tout ce qui a trait à l’informatique, les GSM’s (téléphones portables), du matériel d’agitation, etc. Pendant les auditions, auxquelles tout le monde refuse de collaborer, il apparaît que l’enquête porte sur des luttes, révoltes et activités allant de 2008 jusqu’à aujourd’hui notamment contre les prisons, la construction du nouveau centre fermé de Steenokkerzeel, les transports en commun (STIB), les institutions européennes et les eurocrates, la construction d’un RER à Bruxelles, l’OTAN, la machine à expulser, les huissiers et la construction d’une maxi-prison à Bruxelles. Sont aussi épinglées des publications telles que Hors-service ou encore plus généralement des écrits, affiches, etc. diffusés par des anarchistes et anti-autoritaires.

Vers 13h, tout le monde est relâché sans avoir eu à comparaître devant la juge d’instruction.

Face à ces accusations de terrorisme et à leur lot d’intimidations et de harcèlements, il n’y a pas à abandonner les idées et les actes visant la destruction de toute autorité et la joie que procure cette bataille.

Continuons à lutter pour la liberté, à abattre ce monde mortifère qui opprime et exploite.

Rien n’est fini, tout continue 
Attaquons ce qui nous opprime

Bruxelles, 23 mai 2013

Repris de Brèves du désordre, 24 mai 2013

Belgique : Quelques bribes de réflexion, concernant les perquisitions qui ont eu lieu mercredi 22 mai à Bruxelles dans le cadre des accusations d’associations de malfaiteurs à visée terroriste

Pourquoi maintenant, pourquoi ces adresses-là, pourquoi ces personnes-là précisément, peu importe. Inutile de se mettre dans leur sale tête de cochons et de spéculer à l’infini sur leurs raisons. Ils font leur sale boulot de fouineurs, ils veulent peut-être foutre la pression, mettre un coup de pied dans la fourmilière, ou pouvoir observer à loisir les mouvements des uns et des autres, noter, enregistrer, bref. Ces perquis’ n’ont peut-être pas comme seul but de tenter de rassembler des éléments pour faire avancer une quelconque enquête. Voulu ou pas par leurs commanditaires, cela entraîne un déplacement direct de nos attentions sur ce sujet là. Si nous n’avons aucune prise sur leurs décisions et la temporalité dans laquelle ils inscrivent leurs coups de pression, nous en avons par contre sur l’impact que cela peut avoir sur nos vies.

Sûr, ça vient remettre les pendules à l’heure. Une grande claque, au cas où on aurait pu se leurrer sur le fait que l’Etat veut être partout et n’oublie jamais rien. Il est nécessaire d’ouvrir, et de maintenir ouvert, un espace de discussion, collectif autant qu’en plus petits groupes affinitaires, afin de ne pas donner à leurs saloperies plus d’importance qu’elles ne devraient en avoir en réalité. Certes, il s’agit d’entourer les compagnons directement concernés par ces perquisitions, de s’assurer de leur santé, mentale et physique. Mais ce serait une erreur de considérer que cela ne concerne qu’eux.

Avec leur nouveau package “association de malfaiteurs”, quiconque fréquente, les mêmes lieux, les mêmes réseaux de personnes, est un potentiel suspect aux yeux de l’Etat. Ca peut faire froid dans le dos, et le premier réflexe peut être un réflexe de survie conduisant à moins fréquenter ces lieux et ces personnes. Pour se mettre à distance, pour se laver aux yeux d’une potentielle surveillance. Sauf que ces choix-là amènent à l’isolement, non seulement des personnes, mais aussi des luttes qu’elles portent.

Au-delà du fait que cela leur facilite le boulot, l’Etat a tout intérêt à nous focaliser sur la répression: pendant ce temps, nous voilà occupés à autre chose qu’à lui nuire et à comploter. La peur peut vite s’installer, autour de ces lieux mais surtout dans nos têtes et dans nos coeurs. La parano se distille dans nos veines et dans le moindre de nos mouvements, et voilà qu’il n’y a même plus besoin d’un vrai flic pour nous empêcher d’agir: nous nous sommes menottés nous-mêmes.

Sans vouloir minimiser les faits, le meilleur pied de nez que l’on peut faire à la répression, c’est de garder notre sang-froid, les idées claires, de rester solidaires les uns des autres, et de poursuivre avec prudence mais passion les combats que nous menons. « Une société qui anéantit toute aventure fait de l’anéantissement de cette société la seule aventure possible… »

Avec une solidarité indéfectible

Acrata (28 mai 2013)

Repris de Contra-info

[Chili] 116 arrestations lors de la manif étudiante – Santiago, 28 mai 2013

Chili: une manifestation d’étudiants s’achève en affrontements avec la police

Une manifestation d’étudiants chiliens réclamant un changement du système d’éducation pour un enseignement gratuit et de qualité s’est achevé mardi en affrontements avec la police dans les rues de la capitale chilienne.

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La marche, convoquée par la Confédération des étudiants du Chili (Confech), regroupant les principales universités du pays, avait été autorisée par la police mais avec un parcours n’incluant pas la principale artère de la capitale, la Alameda, qui passe notamment devant le Palais de La Moneda, siège de la présidence chilienne.

Sous des trombes d’eau qui ont provoqué des inondations, la fermetures des écoles primaires de la région et des coupures d’électricité, quelque 2.000 étudiants selon les médias – 600 selon la police – se sont massés sur une place de Santiago pour demander une restructuration du système éducatif.

Les heurts se sont produits lorsque la police a refusé au cortège l’accès de la Alameda et a fait usage de gaz lacrymogènes et de lances à eau.

«Ils veulent rendre invisible notre mobilisation pour cacher l’échec du gouvernement», s’est plaint sur Twitter Andres Fielbaum, président de la Fédération des étudiants de l’Université du Chili.

Les étudiants chiliens ont réalisé plus de 40 marches depuis 2011 pour demander au gouvernement de Sebastian Piñera (premier président de droite depuis la fin de la dictature en 1990) une réforme du système éducatif, cher et inefficace, selon eux.

Le système actuel, faisant la part belle au privé, est hérité de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990).

Le gouvernement chilien a présenté plusieurs projets de loi à destination du système universitaire, prévoyant notamment de diminuer le coût des crédits contractés par les étudiants pour financer leurs études, mais sans parvenir à calmer la fronde.

La gratuité des études fait d’ores et déjà partie du programme électoral de l’ex-présidente socialiste Michelle Bachelet, candidate à la présidentielle du 17 novembre prochain.

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Leur presse – Liberation.fr (AFP), 28/05/2013 à 21h01

Santiago du Chili, 28 mai (EFE) -. La police a aujourd’hui dispersé avec des jets d’eau et des gaz lacrymogènes une manifestation d’étudiants qui est passée par l’avenue principale de la capitale (Ave. Alameda), alors que les autorités n’en avaient pas donné l’autorisation.

La police a dispersé des centaines de lycéens et étudiants qui s’étaient rassemblés sur la Plaza Italia dans le centre-ville, mais ensuite, de petits groupes de manifestants (environ 200 au total), pour la plupart cagoulés, se sont déplacés en direction de l’université de droit de Santiago.

Depuis le centre universitaire, des jeunes encapuchados ont jeté des pierres, des bombes de peinture et même un cocktail Molotov sur la police. De temps à autre, des petits groupes sont sortis de la faculté et ont bloqué la circulation routière dans le centre-ville en montant des barricades.

Un rapport publié par la police ce soir à la suite des incidents indiquent que 116 personnes ont été arrêtées dans la capitale et 28 dans d’autres régions.

Selon le même rapport, 15 policiers ont été blessés, dont trois grièvement.

Le mouvement étudiant a appelé à une grève nationale le 13 Juin afin de renforcer leur lutte pour une éducation publique, libre et de qualité dans tout le pays. 

Traduit de l’espagnol de leur presse – EFE, 28/05/2013

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[Maroc] Des migrants occupent l’ambassade du Sénégal pour protester contre l’acharnement policier – Rabat, 28 mai 2013

Ambassade du Sénégal à Rabat 
Affrontements entre police et clandestins

Des affrontements ont opposé, mardi, des forces de l’ordre à près de 100 migrants illégaux qui occupaient l’ambassade du Sénégal à Rabat pour protester contre un “acharnement” de la police marocaine à leur encontre, a constaté un journaliste de l’AFP.

“Après plus de trois heures de discussions avec les fonctionnaires de l’ambassade, les jeunes clandestins se sont retranchés à l’intérieur de l’enceinte, refusant de la quitter”, a indiqué à l’AFP un fonctionnaire de l’ambassade sous couvert d’anonymat.

“Ils se plaignaient d’un acharnement de la police marocaine à leur égard. L’ambassadeur était absent mais il a autorisé les forces de l’ordre marocaines à se déployer à l’intérieur de l’ambassade pour les évacuer”, selon la même source.

De violents affrontements ont alors opposé les clandestins aux forces de l’ordre, dont un membre a été blessé et évacué par ambulance, a constaté le journaliste de l’AFP.

Les affrontements ont duré près d’une heure et la plupart des clandestins se sont enfuis à travers les résidences voisines. Deux d’entre eux ont été arrêtés.

Selon des associations locales, de 20.000 à 25.000 clandestins originaires du sud du Sahara se trouvaient fin 2012 sur le sol marocain, dans l’hypothétique espoir d’un passage en Europe.

De nombreux immigrants illégaux d’Afrique noire tentent presque quotidiennement de gagner l’Espagne depuis le Maroc par voie maritime, à travers le détroit de Gibraltar, ou par voie terrestre en franchissant la frontière avec les enclaves espagnoles de Sebta et Melilla.

Leur presse – AufaitMaroc.com (avec AFP), 28/05/2013 à 15h36

[Italie] La police forcée de déguerpir et de laisser place à l’assemblée – Bologne, 27 mai 2013

Lundi 27 mai 2013, le Collectif Universitaire Autonome de Bologne appelait à une assemblée publique sur la Piazza Verdi à 18h.

Alors que les attaques gouvernementales contre l’université et les droits des travailleurs/précaires/chômeurs continuent, la police a tenté d’empêcher violemment la tenue de cette assemblée. En vain. Les manifestant.e.s ont montré courage et détermination face aux flics anti-émeute, qui ont dû lâcher prise au fur et à mesure que la pression du cortège se faisait sentir (comme le montre la vidéo ci-dessous):

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L’assemblée publique a pu se tenir sur la Piazza Verdi peu de temps après les affrontements.  5 manifestant.e.s ont été blessé.e.s.

Un compte-rendu de cette journée de lundi 27/05 est visible ici

Dans le texte d’appel du CUA de Bologne à l’assemblée populaire du 27/05, il s’agit de solidariser les luttes entre les différents secteurs, de lutter contre la gentrification, de se réapproprier les lieux de vie/d’étude afin d’en faire des espaces d’auto-organisation et de résistance, d’échanges non marchands…

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Photos des affrontements du 27/05/2013 prises de leur presse (de nombreuses photos visibles sur flickr)

Le 23 mai dernier, une assemblée populaire était organisée par le CUA de Bologne, en soutien avec les travailleurs du nettoyage SODEXO de Pise (SA Newroz et Lab.Crash) actuellement en lutte. La police est de nouveau intervenue pour disperser le rassemblement à l’intérieur de l’université de Bologne. Les autonomes n’ont pas tardé à réagir…

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Sources: