Archives mensuelles : juillet 2013

Travailler est une horrible chose

Petits carnets d’exploitation n°1 : Travailler est une horrible chose

 

Travailler est une horrible chose. Tous ceux qui se brisent l’échine sur des machines à coudre, s’abrutissent le cerveau devant des ordinateurs, suent dans des call-centers, se mutilent à porter des cartons dont ils ne connaissent même pas le contenu, pleurent dans les chiottes pour effacer cet horrible sourire qu’ils doivent tenir face au client, et tous les autres qui perdent une partie de leur force en manœuvrant répétitivement des gestes qui ne leur apportent rien d’autre qu’un peu d’argent qui passera du compte en banque de leur patron à celui de leur propriétaire, tous ceux-là sont au moins capables d’en convenir. Le travail est ce mélange de tristesse, d’ennui, de douleur, de frustration, d’enfermement et de faux-semblants. Il est une action à l’encontre de nos corps, de notre épanouissement, de notre subsistance, et contrairement aux lieux communs, de notre survie. Alors oui, le travail est une horrible chose. Peut-être quelques cadres, chefs d’entreprise, artistes, scientifiques ou autres me contrediront dans cette affirmation, mais à vrai dire, y a t il encore autre chose que des esclaves heureux pour tenir compte de leurs objections dans leur vie quotidienne ?

Cela fait des années que je travaille un peu moins de quinze heures par semaines. Je ne travaille pas parce que je pense qu’il faut travailler, je travaille parce que pour l’instant c’est le compromis que j’ai trouvé avec le chantage de l’argent. Plus précisément, je suis serveur dans un restaurant d’un quartier riche du centre de Paris avec une clientèle de bobos de toutes sortes (sauf des pauvres peut-être), cela va du fan de bio au nouveau riche désireux d’exhiber quelques liasses devant ses congénères. Chaque journée de travail c’est la même répétition de gestes fonctionnels, c’est des centaines de personnes avec qui il faut échanger sourires crispés et dialogues sans sincérité ni intérêt (mutuel) dans lesquels nous sommes considérés comme de simple moyens, et non comme des fins. Nous ne sommes, pour le client, que le moyen d’obtenir à manger, nous sommes des intermédiaires (parmi tant d’autres) entre son porte-monnaie et la banque du patron restaurateur. Bien sûr, c’est difficile sur la longueur, de jouer le jeu qui consiste à accepter que nous ne sommes rien, que nous sommes des servants que l’on peut faire apparaître d’un coup (nous n’attendons que ça) en sifflant ou en claquant des doigts et à qui l’on donne des ordres et des commandements que l’on enrobe d’une forme interrogative parce qu’au fond l’idée d’avoir des esclaves est insupportable à beaucoup lorsqu’elle se présente de façon trop évidente. Lorsque le client demande du pain, il ne le demande pas, il l’exige, et nous devons nous exécuter sur le champ. Imaginez donc un serveur répondre « non, je n’ai pas envie de vous servir » ou bien « non, rien ne m’inspire chez vous l’envie de vous rendre service ».

Mais qu’est-ce qu’un client ? Pour dire vrai, je n’en sais rien. Il m’est impossible de définir cette nouvelle classe, cet état d’être si absurde et pourtant si intégré. Le client est une personne qui en échange d’une certaine somme d’argent (ou de je ne sais quelle autre valeur d’échange) est en droit d’obtenir, avec l’appui des lois, un service quelconque. Et le client doit obtenir ce service, il n’y a pas de conditions ni de négociations possibles. Lorsqu’un client a payé ou qu’il va payer, une croyance ancrée en tous plus fortement encore que n’importe quelle autre croyance superstitieuse, veut que celui-ci obtiendra son dû. Par exemple, un client me commande une tarte, cela tombe bien il n’en reste qu’une. Au moment de le servir, celle-ci glisse de mes mains usées par une journée usante à répéter les mêmes tâches, avant de s’échouer sur le sol. Je m’excuse comme il est d’usage et me mets à quatre patte pour essuyer pendant que celui-ci me peste dessus à quel point il est pressé et à quel point ce qu’il a à faire est important, voir primordial. Je lui redonne la carte pour qu’il choisisse un autre plat, mais il veut une tarte, je lui ré-explique que c’était la dernière, mais cela n’y fait rien, il veut une tarte et c’est un restaurant qui sert des tartes, alors il doit avoir sa tarte, c’est comme ça. Le client commande et exige, il est dans son droit d’avoir une tarte, le contrat social le lui garantit, la loi l’encadre. Le patron lui, nous explique que « le client est roi », c’est même sa devise, la devise de toute une vie, une devise qui porte en elle l’invariance de l’autorité : lorsqu’il y a un roi, il faut le servir, alors si le client est roi, il faut servir le client.

Avec les collègues les moins frais dans ce jeu d’exploitation et les plus désabusés, nous nous faisons souvent la remarque que les clients pourraient nous voir gicler du sang par tous les pores de nos corps, pleurer, souffrir, tomber que cela n’y ferait rien, ils ont commandé à manger, ils doivent avoir à manger. C’est leur droit, c’est notre devoir. De fait, la première chose que doit savoir faire un serveur c’est de se la fermer, ravaler toute fierté, toute image de lui-même qui lui renverrait un peu de dignité, puis de maîtriser ses pulsions violentes et agressives.

Toute cette merde pour garder un travail que nous ne supportons pas ? Le paradoxe est gigantesque, c’est celui de la domination. En fait nous ne nous tenons pas en rang car nous voulons conserver l’emploi, mais parce que nous voulons conserver le salaire, aussi minable soit-il, et cela n’est que la centième couche de compromis, bien après celle qui consiste à accepter qu’il faut de l’argent pour vivre sous la domination capitaliste omniprésente.

Ces quelques lignes ne se veulent pas importantes, elles ne seront pas publiées avec régularité, mais au gré du besoin de les sortir de son auteur, elles ne sont que les lignes d’un individu frustré jusqu’à la moelle qui passe son temps à refréner sa violence, qui rêverait de balancer des assiettes à la gueule de tous ces connards mais qui n’a pas encore plus rien à perdre, en tout cas pas son salaire. C’est parce qu’il faut garder le salaire qu’il faut garder l’emploi, et garder l’emploi ne tient pas à grand chose. Balancer une assiette dans la gueule dégoulinante de ces infâmes roquets de clients rois ne fait pas partie de ces choses.

Mais qui sait ? Peut-être un jour…

Non serviam.

SourceNon Fides18 juillet 2013

[Brésil] Banques saccagées lors d’une manif à Sao Paulo (26 juillet)

A Sao Paulo ce jeudi 26 juillet, une manifestation a rassemblé environ 300 personnes selon les flics. Cette marche a été organisée en signe de soutien aux manifestants de Rio qui  sont descendus à plusieurs reprises ces derniers jours pour  dégager le gouverneur d’Etat Sergio Cabral.

Sao Paulo, soirée du 26/07/2013

Sao Paulo, soirée du 26/07/2013

Une demi-heure après le début de la marche, des anarchistes cagoulés ont détruit au moins une dizaine de banques à l’aide de barres de fer et de mobilier urbain sur la grande avenue Paulista (13 agences bancaires selon le journal brésilien estadao.com.br): certaines ont été entièrement saccagées, le mobilier balancé dans les rues. Selon G1.globo.com, 5 agences bancaires ‘Itau‘ ont été dévastés, deux banques ‘Santander‘ et deux ‘Bradesco‘. Concernant la ‘Banco do Brazil‘, les vandales ont défoncé les guichets automatiques à coups de barres de fer, tandis qu’une agence ‘CityBank‘ a été goudronnée. Plusieurs slogans ont été tagués sur les banques en ruines, faisant référence au ‘Black Bloc’.

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banque 'Santander' ravagée

banque ‘Santander’ ravagée

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poubelles déversées dans une banque de l'ave. Paulista

poubelles déversées dans une banque de l’ave. Paulista

Le groupe a pris l’Avenue Bernardino de Campos et a descendu l’avenue du 23 mai, bloquant le trafic routier vers l’aéroport. Des barricades de poubelles incendiées et de mobilier urbain ont été montées à travers les rues. Dans le même secteur, une camionnette de la chaîne TV ‘RedeRecord‘ a été vandalisée: les manifestants ont tenté d’y bouter le feu, mais la PM a dispersé le cortège à coups de gaz lacrymo. Suite à cette dispersion, les manifestants se sont rués dans les rues du secteur, où un concessionnaire automobile (de voitures de luxe ‘Chevrolet’) a été ravagé dans la rue Pedroso.

Drapeau de l'Etat de Sao Paulo brûlé

Drapeau de l’Etat de Sao Paulo brûlé

De plus, deux stands de police ont été pris pour cible:

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[Pas d’infos concernant le nombre de personnes arrêtées]

Dans le même temps à Rio de Janeiro, environ 200 personnes ont manifesté contre la visite papale à 53 millions de dollars sous haute surveillance policière après les affrontements dans la soirée de lundi dernier.

Depuis les agences de presse policière et bourgeoise, 26-27/07/2012

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Brésil: des agences bancaires détruites

Des manifestants ont détruit au moins cinq agences bancaires, des feux rouges et brûlé des poubelles au coeur de Sao Paulo, en solidarité avec les manifestations de Rio de Janeiro au Brésil. Les manifestants ont bloqué la circulation sur l’avenue Paulista, centre névralgique de la mégapole, et exigent la démission du gouverneur de Rio, Sergio Cabral. Selon la police, il y a quelque 300 manifestants.

Les télévisions brésiliennes ont diffusé des images montrant des jeunes au visage camouflé détruisant les vitrines d’agences bancaires et de commerces avec des barrières métalliques, s’en prenant à des feux de signalisation et des poubelles.  Aucune force de police n’était visible sur ces images.

Simultanément, à Rio de Janeiro, environ 200 personnes manifestaient pacifiquement et sous étroite surveillance policière pour exiger la démission du gouverneur de Rio, qui cristallise la colère des jeunes cariocas.

Ces manifestants se sont rendus sur la plage de Copacabana, à quelques mètres de l’endroit où le pape achevait de présider une cérémonie devant des centaines de milliers de pèlerins des Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ).

Leur presse de l’ordre – LeFigaro.fr avec AFP, 27/07/2013 à 08h47

[Argentine] Banque attaquée en solidarité avec la révolte au Brésil – Buenos Aires, 18 juillet

Jeudi dernier 18 juillet, nous avons attaqué à coups de pierres la banque ITAU située à l’angle des rues Bolivar et Moreno, en plein centre ville. Nous avons aussi laissé le tag sur ses vitres : « solidarité avec la révolte au Brésil« . Un geste minimal que nous souhaitions communiquer, à l’heure où le pape François Ier (Jorge Bergoglio) se promène dans les rues du pays voisin devant une masse imbécile qui le glorifie, pendant que des milliers de personnes meurent de faim ou sous les balles de l’armée, pendant que beaucoup d’autres crèvent entassés dans les favelas ou sous le marteau du narcotrafic et des drogues.

Ni l’ostentation de la richesse du Vatican, ni le spectacle millionnaire du prochain mondial de foot ne peuvent masquer tant de misère.

Contre toute autorité !

Propagande et action !

Traduit de l’espagnol de contrainfo (25 July 2013) par Brèves du Désordre

Le 2 juillet dernier à Porto Alègre (Brésil), 3 véhicules des assassins de la Police Militaire ont été entièrement crâmés

[Italie] Un local fasciste détruit par les flammes – Milan, nuit du 14 au 15 juillet 2013

Milan : un local d’extrême-droite cramé par d’audacieux noctambules

Traduit de l’italien d’un journal local (15 luglio 2013 13.03) par Brèves du Désordre

« Cette nuit, un attentat a presque entièrement détruit le local de Lealtà e Azione à Milan. Mais comment pouvez-vous penser que du feu puisse arrêter le cours d’un fleuve ? » : voilà ce qu’on écrit sur leur page facebook les activistes du mouvement d’extrême-droite qui ont rapporté l’info de l’acte de vandalisme contre leur siège situé via Govone 35. Ils venaient de déménager en avril dernier. La police a été avertie à l’aube par des habitants de l’immeuble à côté du local. Vers 4h du matin, deux personnes cagoulées sont entrées dans la cour, ont brisé une fenêtre et sont entrées dans le local, avant de s’enfuir en vélo. Peu après, il y a eu une explosion puis un incendie… Les pompiers ont retrouvé un sac calciné avec un pied de biche, une torche et une bonbonne de gaz qui a causé l’explosion.

Il n’y a pas eu de blessés ni de revendication du geste. « Entière solidarité aux camarades de Lealtà e Azione [Loyauté et Action] » a déclaré Roberto Jonghi Lavarini, président du comité du parti Destra [la Droite] de Milan. « C’est exactement comme pour le local du Cuore Nero, la haine et la violence de l’extrême-gauche communiste et anarchiste tente d’empêcher à la droite (radicale, sociale et identitaire) avec de vils attentats terroristes de mener une bonne politique sur le territoire, parmi les gens ».

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[Toulouse] Récit de brutalité policière nocturne à ‘Arnaud Bernard’ – 22 juin 2013

Voici l’histoire de X., tabassé par la police ou la banalité de la férocité de l’Etat.

 Toulouse, juillet 2013

fpaLe quartier Arnaud Bernard est le dernier quartier populaire du centre-ville de Toulouse. Situé entre le quartier d’affaires (Compans Cafferelli) et la luxueuse Mairie du Capitole, nourri de l’immigration populaire nord africaine, ce quartier ne correspond pas aux perspectives du grand projet de métropole européenne.  “On sent bien qu’on fait tâche”, c’est le sentiment partagé par tous ceux qui fréquentent cette place et lui donnent son caractère populaire. Le quartier est donc visé comme priorité en matière de rénovation urbaine par les politiques, les entreprises et les médias locaux. Cette rénovation urbaine est basée sur des déplacements de population – les plus en galère – pour laisser place à des quartiers bourgeois, c’est bien une guerre aux pauvres: harcèlement  policier, chasse aux “gibiers” sans papiers, destruction culturelle du quartier, programme de vidéo-surveillance massif, droit de décision de la mairie sur l’installation des commerces au nom de “la mixité”… Arnaud Bernard est ainsi désigné comme “zone criminogène” par la préfecture, ce qui autorise la police à y contrôler qui elle veut, quand elle veut en utilisant les méthodes qu‘elle veut. Sur cette place, les classes populaires en général, les Noirs et les Arabes en particulier, ont pour lot quotidien rafles, extorsions, chantages et brutalisations de la part de la police.

Dans la nuit du 22 juin 2013, la place s’anime et la fête échauffe les esprits des flics qui regardent et encadrent de loin, n’osant pas s’attaquer à autant de monde mais cherchant quelques proies à ramener au poste: des Mises A Disposition (MAD), c’est-à-dire des bons points pour leurs carrières. Au fil de la soirée, le quartier se vide peu à peu. Au milieu de la nuit, vers 3h du matin, un groupe d’amis dont X. fait partie, composé en grande partie de basanés et ayant tous en commun les traits du style vestimentaire populaire, tentent de calmer une altercation dans la rue.  Surgissent des hommes  qui selon les témoins surveillaient la scène depuis un moment. L’un d’eux saisit par la gorge le plus basané du groupe: Y., le colle contre le mur en l’insultant, lui confisquant en plus ses papiers. Y. n’a jamais pu récupérer son titre de séjour. Cette technique policière porte un préjudice terrible et semble bien banalisée dans ce quartier comme dans tant d’autres.

Rien n’indiquait alors qu’il s’agissait de policiers. Les récits des témoins l’assurent : ces hommes étaient habillés en civil  (jeans, baskets, sweat…), ne portaient pas de brassard « police » et ne se sont à aucun moment signalés comme tels. Le groupe d’amis saisit qu’il sagit de la police lorsque trois de ces hommes se jettent sur X. Ils le clouent au sol (il fait 1m70 et 70 kg), frappant ainsi une première fois sa tête contre le bitume et lui mettent les menottes dans le dos. Ecrasé au niveau de la poitrine par le poids de trois policiers, il semble s’étouffer. Effrayés par la brutalisation  des policiers et entendant les suffocations de X., ses amis tentent de calmer les policiers. Ils se font insulter (“faites la taire cette connasse!”…) et taper à coups de matraque. Les nombreux hématomes qu ils portent et la cheville foulée de Z, l’une d’entre elles.eux en témoignent.

À chaque fois que X. tente de faire savoir qu il s’asphyxie, les policiers renforcent la compression.

Au bout de quelques minutes, X. semble KO, toujours maintenu au sol sur le ventre, visage à terre et menotté dans le dos, il est relevé par la chaîne des pinces par un policier.  Le policier applique ainsi toute la force nécessaire pour relever ces 70 kg en tirant sur les menottes, elles-mêmes serrées au maximum. La douleur est telle que les hurlements de X.  effraient la foule qui assiste à la scène. Son poignet gauche se fracture à deux endroits différents et des contusions restent toujours visibles à l’emplacement des menottes. Le policier le traîne sur une dizaine de mètres en direction de leur voiture. Au moment de le faire entrer sur la banquette arrière, il envoie cogner sa tête contre la carrosserie avant de l’y jeter. Direction le commissariat,  en attendant, dans la voiture, X. reçoit insultes et claques de la part des policiers. Même procédé au moment de sortir de la voiture, un policier le tire de toute force par la chaîne des menottes, son poignet est déjà fracturé, puis lui cogne la tête contre la carrosserie.  Toujours menotté au dos, il le pousse de dos et par derrière à l intérieur du commissariat. Au passage d’un couloir, un policier place sa main derrière la nuque de X. et projette sa tête contre le mur. Il est fait de même par un agent de police  pour ouvrir une lourde porte battante, on y envoie la tête de X s’éclater contre la paroie. Puis il est jeté au sol, sur le carrelage d’un couloir, face contre terre. Une fois encore sa tête frappe le sol.

X. est laissé là, probablement une heure. À de nombreuses reprises, il hurle de douleur, supplie que quelqu’un lui desserre les menottes ne serait-ce que d’un cran. Il reçoit comme réponse des insultes et du mépris.

Il entend par la suite les policiers faire des remarques sur lui en consultant son dossier. X. est engagé dans la CREA (Campagne pour la Réquisition, l’Entraide et l’Autogestion) ainsi que dans les luttes contre les violences policières. Reconnu comme tel par les policiers, il reçoit des coups de pieds dans les côtes.

Nous savons à quel point la police sert à écraser toute forme de lutte.

Plusieurs fois, il suffoque et se relâche complètement pour arriver à respirer. Aucun policier en  civil ou en uniforme, ni gradé ni auxiliaire, ne cherche à savoir s’il est vivant ou mort, ne s’inquiète de sa situation de santé, ne le relève ou ne l’assied sur un banc. C’est l’ensemble des policiers de ce commissariat qui s’est alors rendu coupable de non-assistance à personne en danger. L’absence de réaction de chacun des fonctionnaires de cette institution face à cette scène démontre bien que ces méthodes sont banalisées et normalisées. Plusieurs policiers ont passé X. à tabac, tous les policiers d’un commissariat l’ont laissé proche de l’agonie, l’Etat en est pleinement  responsable.

Au bout de plusieurs heures, un policier finit par relever X. en empoignant de nouveau la chaîne des menottes, il hurle encore, son poignet le faisant atrocement souffrir.

Finalement, une équipe de jour composée de nationaux en uniforme l’embarque vers l’hôpital. Il est admis à 6h14 aux urgences selon son « bulletin de situation » délivré par le CHU de Purpan. Ces policiers le refilent à des infirmier.e.s.

Durant cette nuit au commissariat, à aucun moment ne lui fut signifié de garde-à-vue, ni proposé d’avocat ni de médecin. Bien sûr, il n’a pas été auditionné car il aurait été bien évidemment impossible de l‘interroger dans cet état devant une caméra et un avocat. Aux alentours de 10h, X. apprend des policiers qui l’ont amené à l’hôpital qu’il était jusqu’à présent en garde-à-vue alors même qu’ils lui signifient que cette dernière est “terminée”. Ces policiers le laissent alors à l’hôpital sans aucun document attestant ni son arrestation ni son passage au commissariat.

X. est par la suite opéré par l’équipe du service de traumatologie qui certifie et décrit les lésions suivantes: fracture trans-scapho-péri-lunaire au niveau de son poignet gauche, contusion de la cheville droite, traumatisme facial avec hématome de l’hémi-face droite, oedème péri-orbitaire, et plaie quasi-transfixiante de la lèvre inférieure. Il lui est également certifié que ses lésions entraînent une incapacité temporaire totale de 60 jours, une incapacité provisoire partielle de 8 jours, et cela “sous réserve de complications”.

Après trois jours passés à l’hôpital, le 24 juin, à sa sortie, X. se rend au service de la médecine légale. Le médecin légiste découvre qu’il a aussi le tympan percé et atteste d’une longue liste de traumastismes et de blessures (voir en fin de texte):
Ces traumatismes physiques, les séquelles psychologiques et leurs souvenirs perdureront longtemps après les faits.

Cette histoire n’est pas celle de “brebis galeuses” au sein de la police ou de quelques “mauvais” policiers  mais bel et bien de l’institution policière. Il n’y a pas “d’accidents” ni de “bavures”. Ce sont les méthodes habituelles d’intervention et de gestion des interpellés par la police dans ce quartier, méthodes qui ont été appliquées sans retenue sur X. Ce sont les techniques normales de chasse et d’écrasement des pauvres menées par la police toute l’année dans tous les quartiers populaires de France et en particulier dans ceux qu’elle doit nettoyer pour faire la place aux bourgeois. Par la suite et dans la même logique, le 17 juillet 2013, à l’endroit exact où X. avait été arrêté un mois auparavant, de nombreux policiers parmi lesquels des équipes de la BAC et des CRS venus en renfort ont employé lacrymogènes et flashball pour disperser des habitants  révoltés suite à une descente de police devant la salle de prière musulmane de la rue de l’Hirondelle, en plein Ramadan.

X. a eu beaucoup de chance malgré tout : il n’a pas été tué, contrairement à tant d’autres hommes généralement plus “bazanés”. Pour les 6 premiers mois de l’année 2012, pas moins de 12 vies avaient été volées par la police, principalement des pauvres, des Noirs et des Arabes. X. n’a pas succombé à une clef d’étranglement comme Hakim Ajimi tué à Grasse en 2008, menotté et écrasé par la BAC. X. n’est pas mort suite aux coups des policiers comme Ali Ziri à Argenteuil. Il n’a pas pris une balle policière dans le dos comme Amine Bentounsi à Meaux, Il n’a pas été mortellement blessé dans un véhicule de police comme Liamine Dieng à Paris, ni tazé, gazé et tabassé comme Mahamadou Marega à Colombes. A la différence de Yassin Aibeche, Lahoucine Aït Omghar, Zyed Benna, Mohammed Ben Maamar, Wissam El Yamni, Jamal Ghermaoui, El Mahjoub Gmili, Nabil Mabtoul, Youcef Mahdi, Sofiane Mostefaoui, Lakhamy Samoura, Tina Sebaa, Moushin Sehhouli, Abou Bakari Tandia, Bouna Traoré et tant d’autres X. est en vie et se remet progressivement de ses blessures. Que toutes celles et ceux, tué.e.s par la police et la prison reposent en paix. Solidarité complète avec les luttes des familles et des proches pour la dignité, la justice et la vérité.

Au vu de la façon dont ils et elles sont traitées, nous savons qu’il n ‘y a rien à gagner du côté de l’institution judiciaire. Nous pensons aussi à Trayvon Martin, à sa famille et à ses proches aux Etats-Unis. Ici comme là-bas, nous faison face aux mêmes systèmes. L’immense majorité des procès, de longues et exténuantes batailles menées par les familles des personnes agressées et/ou tuées par la police, n’aboutissent qu’à des non-lieux pour les forces de l’ordre, les confortant ainsi dans leurs méthodes d’actions et leur férocité.
Nous savons par avance que nous ne gagnerons rien en portant plainte contre les policiers qui ont tabassé X. mais nous voulons démasquer et dénoncer publiquement le fonctionnement de la police dans nos quartiers populaires, entre autres à Arnaud Bernard. En solidarité avec celles et ceux qui, privés de papiers et/ou enchainés par leurs conditions ne peuvent faire entendre leurs voix et traîner en justice ceux qui les agressent, les harcèlent et les humilient continuellement. Nous avons décidé de porter plainte car ce récit est celui du quotidien ici. Pour ne pas laisser le silence et les médias recouvrir les violences policières, pour faire entendre nos voix.
Solidarité avec toutes les insoumissions quotidiennes, toutes les résistances et les révoltes face à la police, ici et partout !

Des proches, des ami.e.s et des camarades de X., Y. et Z.,
des membres de la CREA, des gens d’Arnaud Bernard et des personnes solidaires.

Liste des blessures subies par X et établies par la médecine légale de Toulouse le 24 juin 2013:

*extrémité céphalique :

  • région temporale droite : lésion ecchymotique érythémateuse ovalaire de 3 cm de diamètre,
  • sur la paupière inférieure et supérieure de l’oeil droit : visualisation d’hématome violacé, débutant à l’angle interne et se terminant à l’angle externe avec présence d’une hémorragie sous-conjonctivale dans le quadrant externe de l’oeil droit,
  • pommette gauche : plaque parcheminée horizontale, rectangulaire, mesurant 5 cm de long x 1,5 cm de haut,
  • oreille gauche, sur l’ensemble du cartillage de l’oreille et sur la face postérieure de celle-ci : visualisation de multiples lésions à type d’hématomes violacés,
  • une perforation du tympan gauche,
  • au cuir chevelu, en région occipitale gauche : lésion ecchymotique érythémateuse de 5 cm de diamètre,
  • lèvre branche supérieure droite de l’extrémité distale : visualisation d’une plaie oblique vers le bas et la gauche sur laquelle sont positionnés des points de suture.
  • A noter une contusion de l’ensemble de cette lèvre.

*membre supérieur gauche :

  • le patient présente le bras en immobilisation par une attelle thermoformée antérieure
  • visualisation d’un pansement sur la face dorsale du poignet et de l’extrémité inférieure de l’avant-bras que nous ne retirons pas pour les besoins de l’examen
  • présence d’un oedème diffus sur l’ensemble de la main.

*membre supérieur droit :

  • en regard de la face dorsale du poignet : un liseré érosif, croûteux, linéaire de 8 cm de long,
  • sur la face dorsale de la main, en regard des têtes des articulations des IVème, IIème et IIIème rayons de la main : visualisation de lésions croûteuses infracentimétriques. Ces mêmes lésions sont présentes en regard des articulations  interphalangiennes proximales des IIème, IIIème, IVème et Vème rayons.

*région dorsale :

  • en région lombaire gauche, à 15 cm de la ligne médiane : importante plaque érythémateuse avec des érosions croûteuses punctiformes s’étendant sur une zone de 10 cm de diamètre, compatibles avec un mécanisme de production par griffure.

*membre inférieur droit :

  • présence d’un volumineux hématome en regard de la maléole interne et externe, visualisation d’un hématomeérythémateux débutant au-dessus du talon et s’étendant jusqu’au tiers moyen de la face latérale latéro-externe du pied.

  • sur le sur le tiers distal de la face externe de la jambe droite : volumineux empattement avec présence d’un hématome verdâtre oblique vers le bas et la gauche, mesurant 15 cm de long X 5 cm de haut, la marche est réalisée avec des douleurs à l’appui. Le pied peut être posé en totalité.

Source: CREA Toulouse, 24 juillet 2013

[Athènes, Grèce] Auto-défense du quartier d’Exarchia face à l’assaut de la police – 20 juillet 2013

Le samedi 20 juillet, les bâtards de la police ‘Delta’ (flics à moto) ont attaqué Exarhia, l’un des quartiers les plus animés d’Athènes, alors que des centaines de personnes participaient à deux événements en solidarité avec l’anarchiste Kostas Sakkas (enfermé 31 mois sans procès par la « démocratie » et qui s’était mis en grève de la faim durant 38 jours).

Comme le montre la vidéo, les flics « Delta » ont commencé à intimider et à chasser les passants sans raison et quand les gens ont commencé à se rassembler et à réagir à leurs tactiques terroristes, les policiers leur ont balancé des grenades assourdissantes, des grenades de gaz lacrymos , des fumigènes et bouteilles de verre!

Des centaines de personnes se sont rassemblées pour les chasser et ont commencé à les encercler, tandis que des résidents de leurs balcons ont jeté de l’eau sur ces bâtards de flics pour les forcer à dégager, après les dégâts qu’ils venaient de causer.

Face à tant de gens, les porcs de la police ‘Delta’, avec une brigade de la police anti-émeute appelée en renfort pour les aider, furent obligés de battre en retraite et de quitter la zone.

On peut entendre parmi les slogans chantés: « Flics Porcs Assassins ! »

Voir la vidéo en cliquant sur l’image:

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Via From The Greek Streets, 22 juillet 2013

[Grèce] Pas de festival fasciste à Kalamata !

La ville de Kalamata a été choisie par l’Aube Dorée pour l’organisation de leur premier festival ouvert cette année les 3 et 4 août. Cette date est loin d’être une coïncidence car elle correspond à l’ascension au pouvoir du dictateur Metaxas le 4 août 1936.

Même si leur festival semble avoir été annulé par les autorités, des milliers de personnes ont manifesté contre le fascisme samedi 20 juillet. Alors que les antifascistes prenaient le contrôle des rues de la ville, environ 50 militants fascistes d’Aube Dorée ont été maintenus dans leur bureau local, protégés par la police anti-émeute.

Voir la vidéo

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Traduit de from the greek streets, 21 juillet 2013

[Brésil] Manifs et affrontements contre l’organisation des JMJ et la venue du pape – Rio de Janeiro, soirée du 22 juillet

A Rio, manifestations et affrontements en marge des JMJ

Lundi soir plusieurs manifestations ont eu lieu à Rio en marge de la visite papale pour protester contre la vie chère et la corruption.

Le pape prenait mardi une journée de repos bien méritée après une arrivée mouvementée à Rio de Janeiro, mais l’enthousiasme entourant sa visite suscitait des craintes accrues de débordements, dans la foulée du mouvement social contre la vie chère et la corruption.

Des manifestations contre la vie chère

La police a dû disperser lundi soir avec des gaz lacrymogènes des manifestants en marge de la réunion de François avec la présidente Dilma Rousseff. Des centaines de manifestants couraient dans toutes les directions à proximité du palais Guanabara où siège le gouvernement de Rio de Janeiro.

Un cocktail Molotov a été lancé en direction des forces de l’ordre. Au moins cinq manifestants ont été interpellés. Un photographe de l’Agence France-Presse (AFP), Yasuyoshi Chiba, a été légèrement blessé d’un coup de matraque à la tête par un policier, selon son propre témoignage.

Un engin explosif découvert

L’armée brésilienne a également annoncé lundi avoir désamorcé dimanche un engin explosif artisanal dans les toilettes du parking du sanctuaire marial d’Aparecida, dans l’Etat de Sao Paulo, où doit se rendre mercredi le pape François. « Un engin explosif de fabrication artisanale a été découvert et confié aux autorités militaires » qui ont procédé à sa destruction, a indiqué la 2e Brigade d’infanterie légère dans une note écrite.

Interrogé par les journalistes sur le point de savoir si les services de sécurité, du Vatican et du Brésil, auraient perdu le contrôle de la sécurité, le porte-parole a souligné que la seule décision qui émanait du pape était d' »avoir une voiture très simple et un contact direct avec les gens, comme à Rome ».

De nouvelles manifestations prévues

D’autres manifestations sociales sont annoncées dans les prochains jours, dont certaines à proximité de la plage où auront lieu jeudi soir et vendredi soirs des cérémonies des JMJ en présence du pape et de centaines de milliers de jeunes catholiques.

Si la sécurité de François n’était pas en jeu selon le père Lombardi, ces divers incidents ne peuvent que mettre un peu plus sur les dents les services de sécurité brésiliens, qui doivent gérer parallèlement la présence d’1,5 million de jeunes de 170 pays venus pour les 18e JMJ, des manifestations hostiles à l’Église et surtout un mouvement social de revendication de grande ampleur.

Leur presse – MidiLibre.fr (AFP), 23/07/2013 à 21h28

Brésil : manifestations et affrontements en marge de la visite papale

Des centaines de manifestants antigouvernementaux, venus à Rio protester contre le coût des JMJ, ont fait face aux gaz lacrymogènes des forces de l’ordre.

VOIR LA VIDEO

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La police de Rio de Janeiro (Brésil) a dispersé avec des gaz lacrymogènes des manifestants, lundi 22 juillet au soir, en marge de la réunion du pape François avec la présidente brésilienne Dilma Rousseff. Des centaines de personnes couraient dans toutes les directions à proximité du palais Guanabara, où siège le gouvernement. Un photographe a été vu à terre, le visage en sang, tandis qu’au moins un manifestant a été interpellé.

Le pape François était déjà parti en direction du centre d’étude de Sumaré, dans les hauteurs de Rio, où il loge durant son séjour, quand les affrontements ont commencé.« Cela ne sert à rien de réprimer, ce gouvernement va chuter », ont crié les manifestants en fuyant la police. Les commerces et les bars à proximité ont rapidement baissé leur rideau de fer, tandis qu’un important dispositif policier a été déployé sur place, avec notamment le bataillon de choc à moto. Les manifestants, qui ont répondu à l’appel du groupe Anonymous de Rio, protestaient contre les 53 millions de dollars (40 millions d’euros) que coûtent la visite du pape et l’organisation des Journées mondiales de la jeunesse aux contribuables brésiliens.

Leur presse – FranceTVinfo.fr, 23/07/2013 à 07h50

Plus de 30.000 policiers et militaires seront mobilisés pour ce que les autorités ont décrit comme “la plus grande opération de sécurité de l’histoire de Rio”. […]

Le pape François ne va d’ailleurs pas tarder à prendre le pouls du pays. Les athées brésiliens et le groupe Anonymous de Rio, l’un des fers de lance des manifestations de juin, ont appelé à manifester dès son arrivée lundi à Rio, en marge de sa réception par la présidente Dilma Rousseff et les autorités locales au Gouvernorat. […]

 Des groupes de militants homosexuels ou féministes ont également annoncé des actions. […]

 Leur presse – Euronews (AFP), 21/07/2013 à 17h10

[Italie] Communiqué No TAV sur la répression policière lors de la marche nocturne du 19 juillet et actions de solidarité avec les arrêté.e.s

Communiqué No TAV : Liberté pour les arrêté.e.s No TAV !

LogoNOTAVLa marche nocturne de vendredi 19 juillet  2013 au chantier de la TAV [voir le direct] en Val Clarea a regroupé 500 personnes. Les charges policières ont provoqué 9 arrestations et de très nombreux blessés NoTav.

 Le comportement de la police italienne hier soir n’était autre que violence pré-annoncée. A peine la marche Notav a-t-elle quitté Giaglione que déjà la préfecture publiait des communiqués délirants au sujet de l’épouvantail black block infiltré dans le rang des valsusins.

Violence pré-ordonnée donc, lorsque la police charge à froid les NoTav encore loin des barbelés. Lorsqu’elle le fait le long des sentiers sinueux et dangereux où les personnes tombent, sont piétinées, matraquées. Lorsqu’elle les poursuit même dans la forêt, déjà intoxiquée par les gaz lacrymogènes illégalement tirés par ces mêmes policiers. A signaler, la présence des deux serfs de la préfecture qui ont l’obsession du NoTav, les  procureurs Padalino et Rinaudo. Etaient-ils là par hasard ou sont-ils venus pour les arrestations prévues d’avance?

Il y a beaucoup de personnes âgées parmi les 500 manifestants, ce sont les premiers à ne pas arriver à s’échapper. Des groupes de plus jeunes tentent de s’interposer : parmi eux les 7 personnes arrêtés, dont le préfecture de Turin à travers la plume du vindicatif Petronzi se vante tant.

Ennio, Luke, Matthias, Piero, Marcello, Gabriele et Alberto sont les sept arrêtés de cette nuit de violence, nuit durant laquelle le mouvement NoTav a démontré une fois de plus ce que signifie lutter et résister ensemble, même dans les moments difficiles.

La présence policière  à l’intérieur du chantier est celle des grandes occasions, très nombreux sont les moyens et les hommes a disposition des exaltés de la préfecture. Ils sortent de leur cage et leur intention est claire : ils veulent se défouler et faire mal.

On ne peut nier leur succès, aujourd’hui nous comptons 63 blessés dans notre camps, en excluant simples contusions et intoxications qui désormais sont indénombrables.

Samedi  à 15.00 au presidio international de Susa le Mouvement NoTav a dénoncé avec force la nuit du vendredi soir lors d’une conférence presse.

Parole de rage envers qui s’est taché des méfaits les plus infamants, comme dans le cas de Marta, camarade de Pise, libérée ce matin, qui lors de son arrestation en même temps que les autres, alors qu’elle était passer à tabac, a subi des actes harcèlement sexuel de la part des policiers. Il y aussi le cas de Mattia, 17 ans, tabassé pendant deux heures par la police et libéré cette après-midi. Mattia et Marta sont inculpés mais ne sont pas enfermés.

Nous sommes en train de recueillir témoignages de cette nuit, mais il est avant tout important de souligner que le mouvement a prouvé une fois de plus comment , même dans les situations difficiles, il sait créer une force unique et compact en capacité de résister et même de contre-attaquer.

La préfecture s’est donc défoulée, et nous, conscient d’avoir à nouveau vu le vrai visage du pouvoir, ou mieux de ceux qui le servent, nous serons les coudes autour des arrêtés et relançons toutes les initiatives prévues et qui déjà depuis ce soir animerons l’été en Val Susa.

La lutte NoTav ne s’arrête pas !

Liberté pour tou(te)s !

Communiqué publié sur Notav.info et traduit par No TAV Paris, samedi 20 juillet

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Voir de nombreuses vidéos sur la répression policière lors de cette marche nocturne de vendredi dernier (19/07/2013)

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[No TAV – Turin] Liberté pour les No TAV – rassemblement devant la prison

20130721_211638Plusieurs centaines de personnes ont participé aujourd’hui [21 juillet 2013] à un rassemblement devant la prison de Vallette à Turin dans laquelle se trouvent les No Tav arrêtés ce vendredi soir. […]

Le rassemblement s’est dispersé après environ une heure avec l’explosion de plusieurs feux d’artifice alors que des centaines de personnes sont parties en manif….[…]

Ennio, Luke, Marcello, Piero, Matthias, Gabriele, Alberto, tou(te)s libre(e)s ! On part et on revient ensemble !

Publié sur InfoAut et traduit par No TAV France le 21 juillet 2013.

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Pour écrire aux camarades No TAV arretés le 19 juillet

Pour écrire aux camarades No TAV arrêtés le 19 juillet lors de l’attaque nocturne du chantier de Chiomonte, voici les noms et l’adresse de la prison de Turin où ils sont incarcérés:

  • Alberto DE STEFANIS
  • Ennio Edoardo DONATO
  • Gabriele TOMASI
  • Luke MOLINA
  • Marcello BOTTE
  • Matthias MORETTI
  • Piero ROSSI

Casa Circondariale “Lorusso e Cotugno”
via Maria Adelaide Aglietta 35
10151 TORINO

Envoyez cartes postales, lettres, télégrammes de solidarité!
Liberté pour tous les No TAV !

Source: No TAV France, 22 juillet 2013

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[No TAV – Suse] Marche aux flambeaux en solidarité aux personnes arrêtées et blessées par la violence de la police

 Le mouvement No TAV a organisé pour mardi 23 juillet 2013 une marche aux flambeaux en solidarité avec toutes les personnes arrêtées et blessées par la violence de la police vendredi dernier. Rendez-vous à 21h30 en Piazza d’Armi à Suse (Val de Suse, Turin). Apportez des drapeaux No Tav!

 Source: notav.info via notavfrance, 22 juillet 2013

[Trappes, 78] Nouvelle nuit d’attaques contre la police et propagation du désordre à d’autres villes – Nuit du 20 au 21 juillet

Vendredi soir à Trappes (78), entre 200 et 400 personnes ont pris d’assaut le commissariat de police après un nouveau cas de violences policières qui s’est déroulé la veille (voir le témoignage de la jeune femme agressée lors du contrôle policier)

Le comico a été visé aux feux d’artifice, des barricades de poubelles incendiées ont été montées à travers les rues. Un abribus a été défoncé. L’Etat a répondu en envoyant des dizaines de cars de CRS sur place et un hélicoptère qui survolaient la zone, mettant le quartier sous occupation policière.

Capture d'écran twitter

Capture d’écran twitter

Un manifestant a été hospitalisé après avoir été gravement blessé à l’oeil par un tir de flashball, malgré que la préf’ n’ait pas confirmé les faits.

Deux vidéos des émeutes ont été mises en ligne ici et .

Mardi 11 juin à Argenteuil, une agression policière lors d’un contrôle d’une femme voilée sous l’oeil des habitants avait déjà provoqué une riposte des habitant.e.s.

La carte de France des actes islamophobes

Repris librement de la presse policière, 20/07/2013

Mise-à-jour 21/07/2013 à 20h42:

Dans la nuit de samedi 20 à dimanche 21/07, les désordres se sont poursuivis à Trappes:

Vers 1 h 30 du matin, une Clio grise approche du commissariat de Trappes, et son imposant dispositif policier. Au lieu de s’arrêter, elle fonce sur le barrage. La course-poursuite entamée avec l’hélicoptère de la police – qui s’est achevée avec l’entrée de la voiture dans un tunnel –  a lancé les hostilités.

« Un groupe d’une cinquantaine de jeunes » s’est ensuite formé pour affronter le cordon constitué d’environ 150 CRS, selon la police. Les jeunes, beaucoup moins nombreux que la veille, où ils étaient environ 250, ont incendié vingt voitures à différents endroits de Trappes, et se sont opposés aux forces de l’ordre en jetant des cocktails Molotov et divers projectiles. Certains, toujours d’après la police, seraient même grimpés sur les toits face au commissariat y pour lancer des mortiers d’artifice. Quatre personnes ont été interpellées et « quelques CRS ont été blessés légèrement » lors de ces violences qui ont duré jusqu’à 3 h 30 du matin.

LeMonde.fr, 21/07/2013 à 18h16

Une vidéo des affrontements de cette nuit à Trappes, où l’on voit notamment un lancé de coktail molotov sur la police depuis une barre d’immeuble.

Le jeune de 14 ans atteint par un tir de flashball la veille au soir a perdu son oeil . (dixit ‘LeMonde’, 21/07/2013 à 18h16)

Voir un témoignage vidéo d’un habitant du quartier de Trappes, qui explique avoir reçu un tir de flashball à bout portant et d’avoir été passé à tabac par les flics au comico.

On apprend par l’AFP ce dimanche soir que les 4 émeutiers interpellées ont été placés en détention provisoire, en attente de leur jugement en comparution immédiate ce lundi 22/07.

Les attaques contre la police se sont propagés à d’autres villes, notamment à Elancourt et Guyancourt, où 19 voitures ont été brûlées dans la nuit, dont plusieurs devant le commissariat d’Elancourt.

Le quartier est toujours sous surveillance de plusieurs dizaines de cars de CRS, ainsi que de flics en tous genre (BAC, PN…)

Une voiture de flic partiellement détruite par un cocktail molotov

Une voiture de flic partiellement détruite par un cocktail molotov, nuit du 20 au 21 juillet 2013

Repris librement de la presse – 21/07/2013