Archives mensuelles : août 2013

[Val Susa, Italie] Perquisitions et mesures préventives contre le mouvement No TAV

LogoNOTAVÀ l’aube de mardi 27 août 2013 , le procureur de Turin (Caselli), avec ses assistants Padalino et Rinaudo, a commandé plusieurs perquisitions et a prédisposé des mesures préventives au dommage de plusieurs résistants No TAV qui auraient participé aux tentatives de bloquer des camions qui transportaient les éléments de la “taupe”.

Au Val de Suse, 7 perquisitions et 4 mesures préventives (obligation de vivre dans la commune de résidence et de rester à la maison de 22h a 6h). Une perquisition et la même mesure préventive contre un camarade de Gênes. La Digos (police politique italienne) a pris possession de beaucoup d’appareils-photos, caméras et ordinateurs, pour la plus part utilisés par les No Tav pour leurs boulots privés et au service des médias indépendants.

Le procureur de Turin, après les expérimentations répressives des dernières semaines finalisées à utiliser le délit de terrorisme pour des épisodes d’émeutes en ville (ou en vallée), tente maintenant de refiler le délit de «violence privée» et surtout de «séquestration» pour la pratique des blocages routiers.

Dans la soirée du 27 août est sorti de prison le camarade Giobbe, arrêté le 13 août dernier et incarcéré avec l’accusation de «braquage, séquestration, violence,menace et résistance contre agent». Ces accusations seraient liées à des épisodes de blocage en novembre 2012. Giobbe a été mis en résidence surveillé (arrestation domiciliaire).

plus d’infos sur Notav.info

Source: notavfrance, 30 août 2013

Evasion collective du CRA de Vincennes – Nuit du 30 au 31 août 2013

Dans la nuit de vendredi à samedi, onze sans-papiers se sont évadés du CRA du bois de Vincennes.

D’après les porte-paroles de la police, c’est aux alentours de deux heures du matin que les migrants se sont faits la belle en découpant le grillage de la zone 3 du CRA à l’aide d’une scie à métaux.

Outre cette belle évasion, quatres sans-papiers ont réussi à s’échapper de ce centre fermé durant ces huits derniers mois. L’année dernière, sept migrants s’étaient volatilisés en profitant de la relève des surveillants.

Courage aux onze fugitifs !

Reformulé de la presse, 31/08/2013

[Oakland, USA] Manif vandale en mémoire du tagueur ‘Reefa’, tué cet été par la police à Miami – 24 août 2013

Il me paraissait important de revenir sur le meurtre récent d’un tagueur – connu sous le blaze de ‘Reefa’ – après avoir reçu plusieurs coups de taser par la police de MiamiA noter que de nombreuses manifs se sont tenues en sa mémoire dans de nombreuses villes des Etats-Unis, mais qui ont été relayées uniquement par les médias dominants. C’est pourquoi j’ai voulu traduire ce récit d’un samedi après-midi de manifs à Oakland:

Quelque part dans une ville des Etats-Unis - août 2013

Quelque part dans une ville des Etats-Unis – août 2013 (source: twitter)

N’importe qui dans le centre d’Oakland samedi après-midi [24 août, NdT] savait que quelque chose était censé se passer, avec les flics garés à chaque coin de rue. La place ‘Oscar Grant‘ était couverte de flics durant des heures avant que toute manif puisse avoir lieu. Plus tôt dans la soirée, il y a eu une marche solidaire avec les prisonniers en grève de la faim dans les prison de Californie, qui a rassemblé près de 100* personnes.

Tout au long de la journée, la police avait fait grandes démonstrations de force pour intimider les manifestants à partir avant la nuit tombée. C’est vite devenu évident qu’elle n’allait pas laisser la ‘manif du graffiti’ se dérouler. Pour cette raison, des plans ont été faits pour se rencarder à un lieu isolé à proximité plus tard dans la soirée, dans l’espoir d’éviter une présence policière. Nous étions au départ en grand nombre, mais avant que nous puissions commencer la police a découvert notre nouvel emplacement et leurs camionnettes ont commencé à tourner autour du secteur. A ce moment-là, de nombreux petits groupes ont commencé à se détacher, la plupart avec leur propre escorte policière personnelle, même si certains ont réussi à ébranler leur déploiement.

Puis ces groupes autonomes ont commencé à peindre des graffitis dans toute la ville, et la police n’a pas pu contenir ça. Malgré sans doute l’importante somme d’argent dépensée pour le maintien de l’ordre des manifs d’aujourd’hui, les flics n’ont procédé à aucune arrestation pour la justifier, et ont eu à peine réussi à arrêter notre manifestation. Bien sûr, il n’y avait pas de spectacle d’un centre-ville recouvert de peinture (pour un autre jour), mais nous sommes aussi plus que jamais en colère de la mort de Reefa. Nous poursuivrons nos appels à la vengeance et appel à la solidarité dans le monde entier suite à cette injustice.

Solidarité avec tous les artistes illégaux , tous ceux brutalisés par la police et tous ceux qui sont en prison !

Ne les laissons jamais dormir !

Quelques rebelles d’Oakland

Traduit d’Indybay par un contributeur du blog

Note:

*Un contributeur a ajouté dans les commentaires que cette manif de soutien avec les grévistes de la faim a rassemblé le double, soit près de 200 pers.

[International] Appel pour la libération de Sonja Suder – 14 septembre 2013

DEUX ANS DE PRISON, C’EST DEUX ANS DE TROP !

Le 14 septembre 2013, mobilisons-nous partout pour protester contre la légitimation de la torture dans le procès de Sonja Suder et pour sa libération

Le 14 septembre 2011, Sonja et son ami Christian ont été extradés par la France pour être remis aux flics allemands et emprisonnés. Christian a été libéré depuis mais Sonja reste en prison. Ils avaient quittés l’Allemagne en 1978, lorsqu’au lendemain d’une féroce répression des mouvements révolutionnaires toute personne engagée dans la contestation radicale pouvait craindre d’être la cible de la vengeance d’Etat.

Depuis deux ans, Sonja est emprisonnée en préventive au quartier de haute sécurité de la prison de Francfort-Preungesheim ; depuis un an, elle subit un procès basé sur deux témoignages : l’un obtenu d’un repenti contre une diminution de peine, l’autre délivré sous la torture en 1978 par un homme soupçonné d’appartenir aux Cellules Révolutionnaires (RZ). Si le repenti Hans-Joachim Klein a témoigné sans vergogne devant la cour de Francfort pour livrer la énième version d’un témoignage rempli d’incohérences et de contradictions (que la juge trouve bon de retenir tout de même), Hermann F. a en revanche toujours contesté les éléments figurants dans les interrogatoires qu’il a subi : ils ne sont que le résultat de quatre mois de torture hors de tout cadre procédural. Après un très grave accident, il a été interrogé dès la sortie d’une opération d’amputation de ses deux jambes et d’énucléation de ses deux yeux. La douleur, le traumatisme, les médicaments, l’isolement, la confusion, la désorientation ont étéexploités par les flics pour lui faire remplir 1300 pages de déclarations contraintes. Détenu illégalement dans un commissariat, sans avocat, sans assistance, soudainement aveugle et lourdement handicapé, ce qu’il a subi n’a qu’un nom : la torture.

Le 13 août 2013, le tribunal de Francfort a fait procéder à la lecture de ces comptes-rendus d’interrogatoires subis par Hermann en 1978, et il va poursuivre cette lecture durant les prochaines audiences. Sonja, à 80 ans, plus de 35 ans après les faits qui lui sont reprochés, risque d’être condamnée sur la base ce ces déclarations dont l’utilisation est une légitimation par la justice des pratiques de torture des flics. Sonja est poursuivie par la police et la justice allemandes depuis la fin des années 1970. Soupçonnée d’avoir appartenu aux Cellules Révolutionnaires, son procès concerne trois attaques qui n’ont causé que des dégâts matériels limités en 1977 et 1978 : contre l’entreprise MAN qui collaborait à la construction d’armement atomique pour l’Afrique du Sud (au temps de l’Apartheid), contre l’entreprise KSB qui construisait des pompes pour les centrales nucléaires ; et sur le château d’Heidelberg contre la politique de gentrification. Elle est également soupçonnée d’avoir participé à la préparation logistique de l’attaque contre l’OPEP à Vienne en 1975.

Aujourd’hui, en lui faisant subir la détention, le procès, la menace de finir sa vie en prison, l’Etat fédéral ne vise pas seulement Sonja : il veut liquider une histoire révolutionnaire et imposer avec force l’idée qu’on ne peut se rebeller impunément. La condamnation de Sonja sera celle de la révolte : en refusant de se soumettre et de parler, elle continue à dénoncer l’Etat et sa mascarade judiciaire. Sa condamnation sera aussi celle de tout mouvement révolutionnaire. L’incarcération de Sonja est un épouvantail qui doit servir à effrayer toutes celles et ceux qui luttent aujourd’hui. Ce n’est pas d’une femme de 80 ans dont ils veulent se débarrasser, c’est de toutes celles et ceux qui auraient, comme elle, la volonté de ne pas se soumettre.

SONJA DOIT ÊTRE LIBÉRÉE IMMÉDIATEMENT !

POUR UNE MOBILISATION INTERNATIONALE LE 14 SEPTEMBRE 2013 !

En allemand, en italien, en anglais, en espagnol

Source: Contrainfo, 29 août 2013

[Hambourg, Allemagne] Le tribunal attaqué en solidarité – Nuit du 25 au 26 août 2013

Ce que les flics et autres larbins de l’Etat appliquent dans les rues avec le contrôle et toute la répression, est légitimé et complété par le tribunal. Chaque jour, ils décident dans leur théatre de « justice » de l’avenir des gens, de les punir, de les emprisonner, et de détruire des vies. Quelques pierres et un peu de couleur semblent peu contre un tel bâtiment du pouvoir mais l’idée d’une vie libre est leur pire cauchemar, car cela signifierait leur fin, la fin de l’oppression!

Que cette attaque donne des forces à ceux qui sont assis sur le banc des accusés et que tous les autres, qui entrent au tribunal en tant que salariés ou espions, aient leur journée plus que gâchée !

Force pour ceux qui ont été concernés par les perquisitions à Berlin le 14 août parce que les flics cherchent des coupables pour les attaques sur des centres et agences d’emploi oppressifs ainsi que pour une action de solidarité avec la révolte en Turquie. Nous trouvons ces actions importantes et justes, peu importe qui les a faites !

Beaucoup de force à Sonja Sunder, qui se trouve toujours en prison en raison de son intransigeance avec l’Etat et la justice !

Traduit de l’allemand de linksunten.indymedia.org, avec contrainfo

Mutinerie au CRA de Mesnil-Amelot – 22 juin 2013

Jeudi la tension est montée dans le CRA AttentionAuFeu3 du Mesnil-Amelot entre flics et retenus, après qu’un retenu ait escaladé une grille pour aller chercher le ballon de foot qui avait atterri dans une partie inutilisée du centre. La réaction violente des flics qui se comportent comme s’il s’agissait d’une tentative d’évasion provoque la colère de l’ensemble des personnes enfermées qui se mettent à crier et à taper contre les grilles, jusqu’à ce qu’un grillage du CRA 2 cède. Les flics se déploient en nombre, armés de lacrymos et de matraques. Peu après les retenus mettent le feu à deux cellules.

Lors de la journée deux retenus ont été arrêtés par les flics. L’un est retourné dans le CRA 3 après quelques heures d’isolement, l’autre après une journée en garde-à-vue et avec une convocation au tribunal, sûrement pour outrage et rébellion.

Les escortes aux TGI de Meaux ont été annulées et toutes les personnes qui devaient passer devant le JLD ce jour-là ont ainsi vu leur détention prolongée.

Solidarité avec les mutin-e-s !

Info reçue par mail 

Source: Sans Papiers Ni Frontières, 24 août 2013

[Suisse/Publication] Journal ‘Esquive’ : en souvenir d’Umüt, pour soutenir Erdal, Yunus et tous les autres

UMÜT KIRAN
10.09.1991 – 18.04.2010
ASSASSINÉ PAR LA POLICE

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Dans le dernier numéro d’Esquive, nous vous parlions d’un jeune qui s’était fait tirer dessus par la police lors d’une descente chez lui, dans le quartier des Acacias à Genève. Il ne s’agit pas d’un cas isolé. En Suisse romande, les crimes policiers se multiplient d’année en année, causant parfois la mort d’individus qui ont le point commun de ne pas avoir des ennuis pour délinquance fiscale.

En 2010, la police cantonale vaudoise s’est rendue coupable de deux assassinats en moins de deux mois. « Il peut crever, ça fait 50 minutes qu’il respire la fumée » disait un maton au téléphone à son collègue policier, qui lui à répondu «ça lui fait du bien, [à ce] connard».

Et ben il est mort, Skander Vogt, enfermé depuis 10 ans alors qu’il était condamné à vingt mois. Et lorsqu’un mois plus tard, un agent de la même police tire sept balles au fusil mitrailleur sur une voiture volée tuant Umüt – 18 ans – d’une balle dans la tête, on se dit qu’ils le font exprès. Un non-lieu a été prononcé en première instance par les tribunaux de Lausanne et de Fribourg pour les plaintes déposées par les familles des morts.

Erdal, le frère d’Umüt, et Yunus sont aujourd’hui accusés de mis en danger de la vie d’autrui.

Lorsque la police assassine, la justice acquitte les assassins. Et elle ne se gène pas pour attaquer les proches des victimes.

On nous dit que policier est un métier difficile et dangereux. Mais rappelons que le dernier flic vaudois mort dans l’exercice de ses fonctions s’est pris une balle d’un collègue lors d’un entrainement en 2002. Qu’ils s’entretuent s’ils le veulent mais qu’ils laissent les autres en paix.

C’est en souvenir d’Umüt, pour soutenir Erdal, Yunus et tous les autres que ces pages ont été rédigées

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Le blog du journal: esquive.noblogs.org

[Yvelines] Rébellion d’une vingtaine de détenus à la prison de Bois-d’Arcy – 22 août 2013

Yvelines : Prison de Bois-d’Arcy : une vingtaine de détenus refusent de reintégrer leur cellule

Une vingtaine de détenus de la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy (Yvelines) ont refusé ce matin de regagner leurs cellules, se plaignant du manque d’efficacité des équipes médicales de la prison.

Vers 10H00, 22 détenus se trouvaient en salle de sport. Ils ont prétexté qu’un des leurs avait un malaise et se sont plaints du fait que les équipes médicales mettaient trop de temps à intervenir. C’est ce qu’ a indiqué à l’AFP le délégué général du syndicat Force Ouvrière Pénitentiaire, Jérôme Nobécourt.« Ils ont refusé de réintégrer leurs cellules, malgré plusieurs négociations avec des responsables de la prison ». Les équipes régionales de sécurité (Eris) sont intervenues et tout est rentré dans l’ordre vers 13H30. Il n’y a eu aucun blessé et les dégradations sont minimes. Un détenu récalcitrant a été conduit au quartier disciplinaire. 

Cet incident intervient dans un climat de tension dans les prisons françaises depuis le début de la semaine. Lundi, une soixantaine de détenus avaient saccagé un secteur de la maison d’arrêt de Blois (Loir-et-Cher), à la suite de la découverte d’un détenu mort le matin même.
Mardi et mercredi, deux tentatives de mutinerie, impliquant une vingtaine de personnes, ont  eu lieu au centre pénitentiaire de Châteaudun (Eure-et-Loir).

Leur presse carcérale – France3 Paris IDF (avec AFP), 22/08/2013 à 17h30

Aux insoumis de la pacification sociale

Il y a de plus en plus d’indésirables dans le monde, d’hommes et de femmes pour qui la société n’a prévu qu’un rôle, celui de crever. La société ne nous désire qu’ainsi: morts pour le monde ou pour nous-mêmes.

Parce que l’exploitation, l’enfermement, le contrôle, l’isolement ou la domination ne sont pas que des mots,  on peut se briser les os courbé sur une machine à coudre, comme derrière une chaîne de montage; on peut tourner en rond dans une cage en attendant d’être ligoté dans un charter, ou compter les jours en attendant le prochain parloir derrière l’higiaphone; on peut aller chercher des mômes à la sortie de l’école avec l’angoisse de se faire arrêter à la sortie, comme les y abandonner pour regarder tranquillement sa télé; on peut s’entasser à dix dans une cave, comme on peut se croire chanceux dans une cage à poule; on peut échapper à la rafle des flics pour retomber dans les filets de la communauté, comme on peut esquiver le contrôle de la BAC pour finir sous la coupe de ses grands frères; on peut interpeller les petits voileurs en faisant le vigile, comme on peut dénoncer les incendiaires de poubelles de derrière sa fenêtre.

Dans cette guerre sociale sans trêve, ce n’est pas notre misère commune, mais la vigueur avec laquelle nous la combattons qui nous permettra d’abattre ce système. Si nous nous sentons en l’occurrence solidaires des sans-papiers révoltés, ce n’est pas pour déverser un racket politique de souteneurs et créer un énième sujet politique qui serait vertueux de par sa condition. Et ce n’est pas non plus pour assister une victime en péril, à la façon des charognards humanitaires. Nous ne sommes pas du côté des indésirables, nous en sommes. L’entr’aide et la lutte ne peuvent ainsi se construireentre nous qu’à partir de bases de réciprocité et d’offensive.

Quand on nous vend l’image de la mère de famille élevant seule ses six enfants, de l’hônnete ouvrier qui oeuvre – pourtant – à la bonne santé de l’économie nationale, de l’enfant séparé de ses parents mais entouré de camarades de classe aimants, voire de l’universitaire reconnu jusque dans son bled, c’est la tactique du scandale qui pointe sa sale gueule de bonne soeur. S’indigner à grand renfort d’affect sur les »bons sans-papiers injustement réprimés », c’est faire comme si l’occupation policière, les rafles, les camps, les expulsions, mais aussi les marchands de sommeil et de sueur, étaient des « dérives » à oublier. C’est oublier que c’est aussi une conséquence très démocratique d’un monde qui transforme tout et tous en marchandise.

L’objectif de l’Etat n’est pas de déporter tous les sans-papiers. Les exploiter par milliers permet en effet d’abaisser le coût du travail ici (dans la restauration, le BTP, la confection, la culture saisonnière) en imposant des conditions d’exploitation généralement cantonnées un peu plus loin. L’enfermement et l’expulsion d’une partie d’entre eux est un des moyens d’apprendre la peur et la résignation à tous.

Cette terreur légale, la gauche, aussi bien que la droite, en porte la responsabilité dans une digne continuité de l’abjection. On ne peut donc pas, même inconsciemment, cautionner l’idée d’une « gauche utile » ou traîner à sa remorque. En somme, il ne s’agit pas de revendiquer une meilleure intégration ( que ce soit à travers des papiers, un boulot ou un toit), mais plutôt, en développant des liens basés sur la liberté et la réciprocité dans une lutte sans médiation, d’arracher des moyens pour reprendre sa vie en main. Aucune politique ne pourra jamais se substituer au changement réel des rapports.

Pourtant, ce système n’est pas une grande machine abstraite qui nous laisserait uniquement la possibilité d’être écrasé ou d’y participer. Il est composé de mécanismes qui s’incarnent dans des hommes et des structures qui se trouvent à tous les coins de rue: les gestionnaires de la domination quotidienne – légale (administrations, banques, proprios…) comme illégale (mafieux, négociants) – font de beaux exploiteurs comme de belles balances: les prisons sont construites par des entreprises (Bouygues, Eiffage…) qui possèdent des chantiers un peu partout; les expulsions sont effectuées grâce aux concours de compagnies (Air France, Royal Air Maroc…) et de chaînes (Accor) qui possèdent des agences; les rafles se font avec la complicité active des contrôleurs (RATP, SNCF…). Tous ont un visage, un nom, des adresses, et chacun peut à sa façon leur exprimer son dégoût.
Bien entendu, la loi n’étant qu’un instrument au service des puissants, ce n’est certainement pas en la respectant qu’on pourra avancer, pas plus qu’en se définissant contre elle : nos actes se mesurent sans code pénal, à l’aune de notre éthique et de nos perspectives enragées.

Même si le problème des papiers ne se règlera que par l’abolition de toutes les frontières, même si les centres de rétention, comme les autres lieux d’enfermement (prisons, locaux de garde-à-vue, asiles psychiatriques, écoles, bagnes salariés…) ne seront détruits qu’avec la fin de l’autorité… n’attendons cependant rien ni personne. En chemin se rencontrent aussi des complices, parce qu’en s’attaquant à la liberté d’un individu, c’est à la liberté de tous qu’ils s’en prennent.

Pour briser les chaînes de la résignation et de la peur, peu importe l’époque, il est toujours la même heure. Il est plus que temps…

Des mutinés du vaisseau des morts, mars 2009

Reproduit en version texte de la revue anarchiste ‘Subversions’ n°1 (Septembre 2012)

contacts:

  • par mail: subversions((A))riseup.net
  • par adresse: Subversions – c/o Bibliothèque Libertad – 19 rue Burnouf – 75019 Paris.

[Paris] (A) bas le PS – Nuit du 20 au 21 août 2013

Paris : actes de vandalisme contre trois permanences PS

« Expulseurs de sans-papiers » : peints en grosses lettres bleues, ces quelques mots étaient toujours bien visibles aujourd’hui à midi sur la façade grise, juste sous la devanture, de la permanence du parti socialiste du Xe arrondissement, située au 1, passage Brady. Signée du sigle des anarchistes (un A inscrit dans un rond), cette inscription a été tracée dans la nuit de mardi à mercredi.

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Dans le Marais, la permanence du PS du IIIe (40, rue Charlot) a également été victime d’un acte de vandalisme cette nuit : le mot « facho* » a été peint, à la peinture bleue aussi, sur une affiche*. Les trois A inscrits sur la vitrine ont été effacés dès ce matin. A midi, Lilian Bernard, secrétaire de section du IIIe, s’employait à nettoyer la serrure du local, qui a été bouchée au mastic (tout comme la permanence PS du XVIIIè: ce deuxième blocage de serrure au mastic a été signalé le lendemain 22/08, NdCNE).

Enfin, dans le XXe arrondissement, la permanence PS a elle aussi été taguée. «C’est la deuxième fois depuis le mois de juin que le local est visé par des inscriptions portant la signature de la mouvance de l’ultra-gauche radicale», a précisé une source proche de l’enquête.

La perm' du XXè

La perm’ du XXè

Bertrand Delanoë (PS), maire de Paris, a exprimé sa «condamnation la plus ferme» de «ces agressions contre des lieux d’expression et de vie démocratique».

Leur presse – LeParisien.fr (Philippe Baverel), 21/08/2013 màj à 17h13

Le 28 juillet dernier, la permanence du 12e arrondissement, située sur l’avenue Daumesnil,  a été dégradée par un homme de 42 ans, qualifié de «déséquilibré» par la police, qui avait brisé neuf vitres du local.

Une vague d’attaques contre les locaux du PS avait eu lieu un peu partout au moment des tentatives d’expulsion de la Zone d’Auto-Défense à Notre-Dame-des-Landes.

Note du blog:

*: d’après des informations reçues, cette permanence PS du IIIème arrt. a reçu deux visites durant la nuit: peu de temps avant cette attaque, des fachos du ‘Printemps Français’ sont venus coller leurs affiches homophobes sur ce même local PS. D’où l’inscription « fachos » sur une de leurs affiches  (pourtant visible sur la photo).