Archives mensuelles : novembre 2013

[Québec] Actions vandales contre la gentrification du quartier d’Hochelaga – Montréal, nuit du 26 au 27 novembre 2013

Les commerçants d’Hochelaga dans l’incompréhension face aux actes de vandalisme

Des activistes ont sévi mercredi matin dans le quartier d’Hochelaga-Maisonneuve, vandalisant quatre commerces à coups de briques et de marteaux, et laissant derrière eux des messages anti-capitalistes s’indignant contre la «gentrification» du quartier.

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Parmi les commerces visés, le restaurant Le Chasseur situé sur la promenade Ontario, dont une des vitres blindées a été brisée.

«On n’est pas là pour gentrifier le quartier, nous on est des passionnés, on trippe à faire de la bonne bouffe, à servir du bon vin, et à rester abordable pour les gens du quartier», a commenté Mathieu Ménard, le propriétaire du restaurant Le Chasseur, qui vit dans le quartier depuis une dizaine d’années.

M. Ménard peine à comprendre ce geste et s’indigne face à ces actes de vandalisme qui ont eu tendance à se multiplier cette année, notamment sur la place Valois.

«Quand on s’attaque à un petit restaurant, on ne s’attaque pas aux banques ou à la finance. Je peux comprendre la crainte de l’embourgeoisement, c’est pas en détruisant les petits commerces, ou en attaquant les gens comme moi qui travaillent 60 heures par semaine, que ça va faire changer les choses», a-t-il ajouté.

En plus du restaurant Le Chasseur, les bistros Le Valois, In Vivo et Bagatelle ont aussi été touchés par ces actes, obligeant même ce dernier à fermer pour la journée.

Au restaurant Le Valois, deux vitres ont été totalement brisées, alors que les autres ont été gravées de différents messages dont «Fuck» et du symbole anarchiste. La police de Montréal ne sait toujours pas cependant quel groupe d’activistes est à l’origine de ces actes. Une enquête a été ouverte, a confirmé Jean-Pierre Brabant de la police de Montréal.

Un employé du restaurant Le Valois a rapporté au propriétaire, M. Abdel Charmand, avoir vu deux hommes grands et habillés en noir fuir après avoir jeté une brique à l’intérieur.

«Pour nous ce n’était jamais arrivé avant, mais on a eu des messages verbaux. On n’a jamais eu de trouble avec les gens du quartier», a raconté M. Charmand, installé sur la place Valois depuis 2007.

M. Brabant a confirmé que ce n’était pas la première fois que de tels actes se produisaient. M. Ménard avait prévenu les autorités l’année dernière, voyant de telles revendications monter au sein du quartier.

«Va falloir faire quelque chose, a-t-il réagi. C’est du viol urbain, c’est grave comme acte. Le problème à Hochelaga ce n’est plus la prostitution, c’est ce groupe d’activistes».

M. Ménard va devoir débourser presque 1000$ pour les travaux de son restaurant, un montant inférieur à la franchise de son assurance, donc qui ne sera pas pris en charge.

«C’est de l’argent que je n’ai pas. C’est me mettre dans le trou pour rien», a-t-il dit, exaspéré.

Les tracts laissés suite à l'action

Le tract laissé suite à l’action

Leur presse – Le HuffingtonPost Québec (Katia Tobar), 28/11/2013 à 05h43

[Besançon] Un étudiant sans-papiers enfermé au CRA de Mesnil-Amelot – depuis le 8 novembre 2013

Essodong, étudiant togolais de la faculté de sciences, qui s’est récemment fait débouté de sa demande d’asile, est sous le coup d’une OQTF. Le 8 novembre, à la sortie de l’autoroute en direction de Belfort, il a été arrêté par les flics lors d’un contrôle et a été emmené au centre de rétention de Metz.

On a appris dans la matinée du lundi 25 novembre qu’il a évité de justesse l’expulsion pour la capitale Lomé, après que les flics l’aient emmené à l’aéroport de Roissy. Suite à quelques indignations de la présidence de l’UFC et d’associations de soutien aux sans-papiers, il n’a pas été expulsé dans l’immédiat mais est actuellement enfermé au centre de rétention de Mesnil-Amelot, où il n’a rien mangé ni bu dans les 24 heures qui ont suivi son transfert de Metz à Mesnil-Amelot.

Cela a suffi pour RUSF et autres associations d’annuler un rassemblement devant la préf’ ce mercredi 27 novembre. Ceci dit, il s’agit de faire tourner l’info et de réfléchir aux moyens d’actions pour enrayer cette nouvelle expulsion.

Liberté pour tous les sans-papiers, étudiant.e.s ou non !

Reformulé d’un communiqué d’associations de soutiens aux sans-papiers

[Algérie] L’émeute pour des logements fait une vingtaine de flics blessés – Jijel, soirée du 26 novembre

Émeutes du logement à Jijel: une vingtaine de policiers blessés

Les urgences de l’hôpital Mohamed-Seddik Benyahia, de Jijel, ont reçu dans la nuit de mardi une vingtaine de policiers pour des soins après avoir subi des blessures lors d’échauffourées avec des protestataires.

L’on saura qu’un policier a été gardé en observations, au vu de son état jugé sérieux. Ces incidents sont survenus suite à l’affichage, ce mardi, de la liste des 454 bénéficiaires de logements sociaux; ce qui a généré, en fin d’après-midi, des rassemblements de mécontents ayant vite dévié vers l’émeute en début de soirée. Ce mouvement a principalement touché le quartier Village Moussa à la sortie Est de Jijel.

Le siège de la direction de l’industrie et des mines, se trouvant dans ce quartier, a été vandalisé par des dizaines d’émeutiers qui ont saccagé les bureaux. Une vingtaine d’arrestations ont été enregistrées parmi des jeunes protestataires pour leur présumée implication dans des actes de vandalisme. Il faut dire que le problème du logement est l’une des plaies de la wilaya de Jijel qui a enregistré un retard immense dans ce domaine. Rien que dans la commune de Jijel, 12 000 demandes ont été formulées pour l’obtention de logements sociaux. Avec la lenteur dans la réalisation des différents projets, la sortie de crise n’est certainement pas pour demain.

Leur presse – Elwatan.com (Fodil S.), 28/11/2013 à 10h

[NDdL/Nantes] Pillage des données au siège de l’agence ‘Biotope’ et attaque contre les locaux de la CGPME

Notre-Dame-des-Landes. Les vitres d’un syndicat patronal favorable à l’aéroport vandalisées

Les locaux de la Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises (CGPME), syndicat patronal représentant 1.700 entreprises en Loire-Atlantique, ont été pris pour cible dans la nuit de vendredi à samedi.

 Situées au premier étage, trois vitres ont été endommagées par des jets de projectiles. Sur ces trois vitres, étaient apposées des affiches en faveur du transfert de l’aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes. Pour la CGPME, ces actes de vandalisme ont été prémédités. «Nous sommes situés dans une zone d’activités, il faut vraiment nous chercher pour nous trouver», assure-t-on au sein de l’organisation patronale qui a porté plainte. « Cette attaque marque le début d’un escalade de la violence pour des opposants qui n’ont plus d’arguments que ceux de l’agression morale et physique », a réagi pour sa part Christophe Desarthe, président de la CGPME de Loire-Atlantique.

Leur presse – letélégramme.fr, 25/11/2013 à 16h28

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Des anti-aéroport revendiquent le vol des données

L’agence Biotope, qui travaille sur le dossier du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, a été cambriolée à Nantes. 500 000 € d’ordinateurs ont disparu. À leur place : des messages sans équivoque.

Un boulot considérable passé par pertes et profits

C’est un salarié de Biotope (1) qui, le premier, a constaté que l’agence nantaise avait été consciencieusement fouillée. Il ramenait une voiture, dimanche soir, lorsqu’il a trouvé les bureaux débarrassés de leurs matériels informatiques. Rapidement, les responsables ont recensé la disparition d’une quarantaine d’unités centrales, d’une vingtaine d’ordinateurs portables et de leurs disques durs externes, mais aussi de tous les outils de sauvegarde.

Lapin zadiste

Il était 18 h. Très vite, la police judiciaire s’est déployée dans ces locaux au premier étage de la rue Paul-Ramadier, sur l’Île-Beaulieu. Les constatations ont duré des heures. Et pour cause : Biotope intervient pour le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Notamment pour étudier l’impact de la zone aéroportuaire sur les espèces protégées.

Qui avait intérêt à faire main basse sur des années de collecte d’informations ? Ou à faire disparaître ces données ? Selon une première estimation, le préjudice pourrait avoisiner les 500 000 €. Auxquels il faut ajouter quelque 40 000 € : le prix du matériel volé.

Quelques indices, et pas des moindres, ont été laissés. Sur place, les enquêteurs ont trouvé des messages griffonnés, voire signés. « Prends Zad dans ta gueule », ont-ils ainsi pu lire à côté du dessin d’un lapin armé d’un arc bandé. Zad, comme zone à défendre, l’acronyme détourné par les anti-aéroport pour la Zone d’aménagement différée, celle de l’aéroport du grand Ouest.

Une piste, certes. Mais elle embrasse large, les militants anti-aéroport ne se regroupant pas sous une seule et même bannière. Beaucoup sont même en total désaccord sur les moyens. Impossible donc, pour l’heure, d’incriminer quelqu’un en particulier. Toujours est-il que le vol pourrait faire perdre du temps. Et que le temps reste une arme utile contre Vinci, le concessionnaire. Sans compter que, dans les données récoltées, des informations confidentielles pourraient être exploitées, notamment des échanges avec Vinci et les pouvoirs publics.

Détail troublant : les cambrioleurs n’ont pas eu besoin, a priori, de casser quoi que ce soit pour s’introduire dans les locaux. Biotope n’est protégé que par un digicode. Pas de système de vidéosurveillance, ni d’alarme. Mais un bureau anonymisé, dans un immeuble immense. Il fallait être connaisseur pour savoir que les experts en ingénierie écologique y faisaient mouliner leurs informations sensibles.

Leur presse – ouestfrance.fr, 19/11/2013

(1) L’entreprise, qui compte 19 implantations en France et à l’étranger, se présente comme « leader sur le marché de l’ingénierie écologique ».

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Notre-Dame-des-Landes : les partisans impatients

Une première. Les entreprises qui réclament la construction de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes (44) ont manifesté, samedi, à Nantes. Elles étaient une bonne centaine. Et ont demandé au préfet d’être ferme.

Le rassemblement de samedi, à Nantes (Loire-Atlantique), a été organisé en 48 heures, raconte Alain Mustière, président de l’association Des Ailes pour l’Ouest. L’association qui milite pour le transfert de l’aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes voulait d’abord réagir au cambriolage dont a été victime l’entreprise Biotope le week-end dernier.

Pour l’association et les chefs d’entreprises présents, devant la préfecture, ce « pillage » est lié à l’activité de Biotope dans le dossier Notre-Dame-des-Landes (1). «Scandalisés», dix responsables de syndicats patronaux, fédérations et chambres consulaires ont signé une lettre de soutien au président de Biotope.

«Il faut tout faire pour que cessent ces violences», insiste Alain Mustière, montrant aussi la photo de purin déversé devant une entreprise de Puceul, dans le nord du département de Loire-Atlantique. Elle aurait été visée pour avoir fabriqué des panneaux pour les pro-aéroport.

Demande de fermeté des manifestants

Second message aux autorités : plus question d’attendre pour lancer le chantier du futur aéroport. Cela implique la signature des arrêtés Loi sur l’eau et destruction des espèces protégées. «Nous demandons au préfet de prendre ces arrêtés dans les meilleurs délais, et avant les fêtes.» Dans la foulée, insiste Alain Mustière, «le préfet doit faire évacuer de la Zad (zone d’aménagement) tous ceux qui n’ont rien à y faire».

Cette demande de fermeté est relayée par Bruno Hug Delarauze, président de la Chambre de commerce et d’industrie des pays de la Loire. «Le débat politique est terminé. Maintenant, il faut engager au plus vite les travaux dans l’intérêt de nos entreprises. La démocratie doit être respectée, et les acteurs économiques pris en compte.» Et à l’intention des pouvoirs publics, et des ministres concernés : «Il ne faut pas trouver de nouveaux prétextes à d’autres reculades.»

Les manifestants étaient une bonne centaine : responsables d’entreprises, mais aussi des élus nantais de droite, deux candidates de droite aux municipales, et une élue du Parti radical de gauche. Une délégation a été reçue par le directeur de cabinet du préfet. Rassuré Alain Mustière, à la sortie ? «J’ai ressenti une volonté d’avancer le plus rapidement possible, mais je n’ai pas de date. Je pense que rien ne sera annoncé avant la dernière réunion de concertation, mercredi.»

(1) Ce sera à l’enquête de dire si l’accusation, sur la base de graffitis, est fondée. Le vol a été commis sans effraction.

Leur presse – ouestfrance-entreprises.fr (Marc Le Duc), 25/11/2013

[Paris] La vie est courte, soyons sauvages !

« Les temps sont durs », « toujours les mêmes qui trinquent », « Mais qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ? »
Et bla et bla et blablabla. Toujours la même chansonnette qui déborde des comptoirs et des turbins. Tout le monde a son mot à dire sur le désastre routinier qui nous frappe tous, chacun a sa petite idée pour une meilleure gestion du pays, mais personne ne met véritablement la main à la pâte. Et puis ça va voter, se résigner et voter encore. Que le bâton se nomme PS, UMP, FN ou Front de Gauche, qu’est-ce que ça change en vrai ? La carotte sera toujours la même… Alors on attend, on se dit que les mauvais jours finiront, qu’un miracle est en gestation quelque part aux tréfonds de l’univers, qu’un homme politique providentiel viendra nous sauver de ce merdier, le messie, l’apocalypse, que l’argent nous offrira cette liberté à laquelle nous n’avons jamais goûté, que des alternatives nous permettront de vivre en-dehors de ce monde, qu’il y aura un ailleurs où guérir d’ici, un paradis futur pour oublier l’enfer du quotidien, de ces oppressions routinières qui se nomment travail, contrôle, enfermement et frontières.

Mais trop de mots, trop de gesticulations inutiles, la vie est trop courte pour tout cela, il faut maintenant faire exploser les barbelés qui entourent nos imaginaires, il faut passer à l’attaque.

Ceux qui sont responsables de cette société carcérale sont de même constitution, ils sont faits de chair et de sang, ont des noms et des adresses, leurs structures sont au coin de la rue. Qu’ils construisent les prisons prévues pour nous mater, qu’ils y travaillent, qu’ils participent à notre misère en nous rackettant des loyers, en nous faisant trimer, en nous prenant pour des cons, en essayant de nous domestiquer. Tous voient bien qu’il nous suffirait pour changer le cours des choses de faire le constat que la vie est bien trop courte pour y passer son temps à courber l’échine. N’y-a–t-il que les dominés pour ne pas s’en rendre compte ?

Alors oui, la vie est courte, trop courte pour cet ennui abyssal, pour cette vie de misère sous le soleil noir de la domination, les pieds embourbés dans le sol froid du capitalisme. Qu’au moins elle soit intense et d’une sauvage vivacité. Qu’au moins nous nous libérions de la résignation et de la peur que nous impose ce monde.

Prendre sa vie en main, c’est attaquer tous les pouvoirs !

Pour un monde sans Etat ni argent
Pour l’insurrection
Pour l’anarchie

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[Affiche trouvée sur les murs de Paris, novembre 2013].

Repris de non-fides.fr, 23 novembre 2013

[Paris] Anarchistes vs. Police : nous ne voulons pas de leur guerre privée

LuciolesEn ce lundi 25 novembre 2013, alors que nous diffusions comme plusieurs fois par mois le bulletin anarchiste Lucioles aux alentours de la station de métro Belleville, deux chiens de garde de la B.S.T ont commencé à nous renifler, comme souvent depuis quelques mois. Cette fois-ci, après s’être entretenu au talkie pendant quelques minutes à propos de ces anarchistes, l’un d’eux a une idée géniale, Tony notre plus grand fan (petite taille, brun et petit bouc noir), accoure vers un sac contenant des bulletins et essaye immédiatement de s’en emparer. Mais, les compagnons ne laissent pas faire et résistent à ce vol à la tire en maintenant le sac. S’ensuit une épreuve de force jusqu’à ce que les flics réussissent à l’arracher. Leur prétexte ésotérique : le plan vigipirate. Il s’agirait d’un sac abandonné, un colis suspect (alors qu’il se trouvait à nos pieds), et donc, les bleus utilisent ce prétexte pour faire un contrôle d’identité et tenter (sans succès) d’interrompre la diffusion.

Les compagnons refusent de donner leur identité. En l’espace de vingt minutes, c’est une vingtaine de flics qui nous encerclent et le ton monte. Un attroupement se forme rapidement autour de nous, les gens sont solidaires, mais les flics sortent les gazeuses, ce qui ne dissuade pas les solidaires de venir récupérer des bulletins dans nos mains. La diff continue d’ailleurs, à d’autres sorties du métro, pendant que trois compagnons sont isolés par les flics pour procéder à un contrôle. Pendant le contrôle, les flics sont très provocants, avec des remarques racistes, des remarques incompréhensibles sur les parties génitales et les sports de combat (sauf dans leurs esprits de petits machos) et quelques bousculades. Une vieille dame exprime son soutien aux anarchistes du quartier, et aux cris de « vive l’anarchie », le contrôle continue une vingtaine de minutes.

Mais ce contrôle ne sort pas de nulle part :

  • Les correspondants de nuit, ces agents de proximité de la guerre aux pauvres, dont le boulot répressif est depuis longtemps souligné en divers endroits (Cf. ce tract), se sont d’abord essayé au harcèlement pour empêcher diverses activités anarchistes (tables, collages, diffusions…) dans le quartier, tentant eux aussi à l’occasion le contact physique et la guerre privée contre le bulletin Lucioles et les anarchistes de Belleville. Cela est passé entre autres par une plainte contre le tract mentionné plus haut, pour « diffamation publique envers des fonctionnaires » (Cf. Rien à déclarer et Toujours rien à déclarer).
  • Au début de l’été dernier, trois compagnon/nes se font embarquer au commissariat du 19e suite à un collage pour un contrôle d’identité, des auditions et des prises d’empreintes et d’ADN auxquelles les compagnons se sont refusé/es, afin de ne pas participer à leur propre fichage et de ne pas faciliter le travail des flics. Le nom de Lucioles revient régulièrement pendant les auditions.
  • Dans la nuit du 11 au 12 novembre, deux compagnon/nes se font serrer dans le quartier après avoir posé des tags, comme par exemple sur une église (« Cureton, bouffe ta morale et ta soutane ») et sur une école (« Nique la carrière, vive la buissonnière »). Un peu moins de 24 heures de garde-à-vue où les compagnon/nes se refusent à toute déclaration, ainsi qu’aux relevés signalétiques. L’un des deux est convoqué au tribunal pour mi-janvier.
  • Dans l’après-midi du 17 novembre, un collage part en embrouilles avec un vieux porc raciste, gardien d’immeuble de l’A.R.E.P.A. (au niveau du 11, Rue de Belleville). Cette vieille canaille, notoirement détestée dans le quartier pour emmerder les SDF du coin, qui tente à chaque fois d’empêcher les collages à cet endroit, bute cette fois sur une réponse physique, il est alors aidé par une poucave qui saisit un des compagnons pour le livrer aux flics. La cavalerie débarque en nombre, appelée par le porc, en sortant la grosse artillerie du maintien de l’ordre (CRS, BST et compagnie, équipés de gazeuses, flash-balls, matraques). Un compagnon fera alors 24 heures de garde-à-vue, et tout le matériel est saisi. Comme à chaque fois, le compagnon ne collaborera pas, refusant les déclarations et la signalétique.

Autant de petits épisodes, additionnés aux remarques et aux sales regards du quotidien pour les compagnons du quartier, qui montrent bien la volonté du pouvoir local de nous mettre des bâtons dans les roues. On le voyait déjà lorsque trois compagnon/nes de Lucioles étaient incarcérés par l’antiterrorisme avec le concours de la police du 20e (présente sur des perquisitions) en janvier 2011 et où les flics s’intéressaient déjà à Lucioles (Cf.Trois compagnons arrêtés à Belleville et incarcérés). Nous remarquons que les flics sont généralement sur les dents, et que dés que possible face à nous comme avec n’importe quel insoumis, ils cherchent à faire nombre, probablement effrayés par les possibilités de débordements dans un des derniers quartiers non-pacifiés de la capitale. Nous comprenons bien que ce n’est pas de nous que l’ordre a si peur, mais de la poudrière sociale qu’est le Nord-Est parisien.

Ce communiqué n’a pas pour but de provoquer l’indignation citoyenne ni de se plaindre, mais de sortir de la logique que l’ennemi cherche à faire prévaloir : une guerre privée entre eux et nous. Car nous nous foutons bien d’eux, et c’est aux habitants du quartier avec qui nous partageons ce journal depuis plusieurs années que nous souhaitons dialoguer, en espérant partager bien plus que la belle mais banale haine du flic. Ceux et celles qui se mangent la même répression que nous, et qui se reconnaissent potentiellement en nous comme nous nous reconnaissons en eux et en elles.

A un moment, l’un des flics nous encerclant sort une gazeuse, un des compagnons gueule alors aux badauds présents sur place que les flics commencent à sortir leurs armes, le flic répond en disant au compagnon que lui aussi était en possession d’armes en montrant les bulletins qu’il avait dans ses mains. Effectivement, si leurs gazeuses ne peuvent que nous brûler les yeux, nous espérons bien que nos idées puissent quand à elles mettre devant les yeux de chacun les nombreuses possibilités d’attaquer ce monde à brûler, car c’est la guerre sociale que nous voulons.

Tout continue, vive l’anarchie.

Quelques contributeur/ices de Lucioles

[A paraitre dans le prochain numéro] 

[Bulgarie] Grève de la faim et émeute dans les centres de rétention – Novembre 2013

Plusieurs révoltes ont éclaté dans les centres de rétention de Bulgarie ces derniers temps.

pochSPNFAprès une grève de la faim de réfugiés contre les conditions de rétention au centre de Harmanli dans le sud de la Bulgarie il y a quelques jours, une révolte a éclaté au camp de rétention de Sofia suite à la mort d’un réfugié syrien: le migrant âgé de 35 ans, s’est plaint à plusieurs reprises de douleurs à la poitrine. Les médecins sont arrivés au centre une fois que l’homme était déclaré mort d’une crise cardiaque. Les réfugiés ont caillassé l’ambulance et ont redoublé de violences contre les policiers.

D’après les autorités bulgares, la plupart des migrants viennent de Syrie pour fuir le régime de Bachar El-Assad.
Le ministre de l’intérieur a déclaré le 4 novembre que l’Etat allait immédiatement renforcer les contrôles aux frontières: cela s’est traduit lors du week-end des 9 et 10 novembre, lorsqu’un groupe d’une centaine de migrants a tenté de franchir la frontière avec la Turquie, mais a été refoulé par les flics. Plus de 1.200 flics ont été déployés dans la région montagneuse et boisée de Strandja dans le sud-est du pays pour réexpédier réfugiés et sans-papiers.

Les discours racistes et nationalistes des gouvernants et des politiques, ainsi que les multiples ratonnades de groupes paramilitaires et fascistes à travers le pays* permet à l’Etat et sa police d’accentuer les rafles, les expulsions et l’enfermement des migrants, alors que le gouvernement bulgare et le capitalisme font davantage saigner la population avec les derniers votes budgétaires depuis leur assemblée.

Force aux révoltés sans-papiers, aux solidaires qui luttent contre les frontières, les flics et les fachos !

Traduit et reformulé de la presse du 22 novembre 2013

NdT:

*on peut citer pour exemples:

  • Le 6 novembre dernier à Sofia, Ali a été poignardé dans le dos par un skinhead nationaliste alors qu’il s’apprétait à rentrer dans un des trois centres pour réfugiés de la ville;
  • Une agression a eu lieu dans un commerce de Sofia le 1er novembre dernier par un migrant d’après la police et les médias: un fait divers qui a été utilisé par le parti néonazi VMRO et les nationalistes pour défiler dans les rues à multiples reprises. Le chef de ce parti a lancé un appel à la population « de se former en milice pour protéger leur propriété de cette horde d’immigrés (et donc de suppléer et faciliter le taff des flics): Peu de temps après ces manifs, une famille rom a été frappée par un groupe de boneheads. On peut aussi évoquer l’agression d’un migrant nigérian dans un bus, qui a heureusement pu échapper à la mort par la réaction de quelques passagers.
  • Dans la soirée du 3 novembre, les « ultras » du F.C Levski ont déployé une banderole appelant aux meurtres des réfugiés durant un match de football à Sofia;
  • Actuellement, les habitants de Telish (un village du nord du pays) se mobilisent contre la construction à proximité d’un centre pour réfugiés dans une ancienne caserne de l’armée: les médias en sont évidemment les premiers porte-paroles et en profitent pour retransmettre les discours et préjugés racistes envers les réfugiés.

[Suède] Poste de police attaqué en solidarité avec les antifascistes arrêtés lors de l’opération ‘Eskil’ – Växjö, 19 novembre 2013

Dans les premières heures de la matinée du 19 novembre, les forces spéciales de la police nationale et le SÄPO ont organisé une descente appelée opération Eskil. Les cibles étaient un groupe d’antifascistes de différentes parties du centre de la Suède. Certaines personnes ont été arrêtées, accusées d’avoir attaqué des nazis, et dans plusieurs logements perquisitionnés, les flis ont affirmé avoir trouvé de nombreuses armes et du matériel pour la construction d’engins incendiaires.

Même si nous ne partageons pas les points de vues socialistes avec les antifascistes, nous ne partageons qu’un ennemi commun et l’ennemi de note ennemi est notre ami.

En réponse à l’attaque des flics contre nos co-combattants, nous avons décidé d’attaquer les flics. Dans la soirée du 19 novembre, nous avons brisé les fenêtres d’entrée d’un poste de police à Växjö, au sud de la Suède.

Une action modeste, pas moins une promesse de ce qu’il va arriver quand ils attaquent nos camarades.

Quelques anarchistes avec une passion pour la haine du flic

Traduit de l’anglais de 325, 21 novembre à 16h37

[Marseille] Le comico du 3ème à coups de pierres et cocktails molotov – 21 novembre 2013

On apprend par la presse que le commissariat du troisième arrondissement de Marseille a été attaqué dans la nuit de jeudi à vendredi 22 novembre 2013.

Hier vers 23h00, sept cocktails molotov ainsi que des pierres ont été lancés contre le comico. D’après les flics, « c’est probablement l’arrestation dans l’après-midi de deux habitants de la cité qui a suscité la colère des autres jeunes« . Et un flic du syndicat Alliance d’ajouter: « Déjà dans l’après-midi, il y a eu jeudi des échauffourées avec les forces de l’ordre et certains de nos collègues ont été blessés. Manifestement des petits caïds de la cité n’acceptent pas que les services de l’État fassent leur travail dans cette copropriété très degradée ».

Fort heureusement, aucune personne n’a été arrêtée suite à cette attaque. Les flics ont indiqué qu’ils allaient disséqué les images de vidéosurveillance pour tenter d’identifier les auteurs de cette attaque.

Le poulailler du 3ème est régulièrement pris pour cible; en juillet 2009 une grenade avait été lancée contre les grilles. Six véhicules de police avaient été endommagés et de nombreux impacts avaient été retrouvés jusque sur la baie vitrée de l’école maternelle qui jouxte le commissariat. L’enquête sur ces actes, confiée alors à la police judiciaire, n’avait pas permis de retrouver les auteurs de cet attentat.

Ce poste de police est situé au coeur de la Zone de Sécurité Prioritaire des quartiers nord, et qui couvre le secteur de la cité Félix-Pyat.

Reformulé depuis la presse, 22/11/2013

[Grèce] Affrontements en marge des manifs commémoratives du 40ème anniversaire de la révolte étudiante contre la dictature des colonels – 17 novembre

Dimanche 17 novembre 2013, des manifestations ont eu lieu partout à travers le pays en mémoire des victimes du soulèvement étudiant contre la dictature militaire il y a 40 ans.

A Athènes, 16.000 personnes ont défilé dans le centre-ville, puis ont brûlé des drapeaux nazis et américains en face de l’ambassade des Etats-Unis*. Des groupes de manifestant.es cagoulé.es ont attaqué la police avec des cocktails molotov peu après que le cortège se soit dispersé. 7.000 flics étaient mobilisés dans le centre d’Athènes pour assurer l’ordre.

A Patras, outre la marche pacifiste qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes, environ 200 manifestant.es ont lancé des pierres à proximité des bureaux du parti fasciste Aube Dorée: les flics anti-émeute les ont dispersé par des tirs de gaz lacrymogène. Des images de la télévision grecque ont également montré des cocktails molotov exploser dans les rues.

Reformulé depuis la presse anglophone, 17/11/2013

* A noter que l’Etat américain a soutenu activement le régime fasciste des colonels. Cependant, il est toujours aussi navrant de voir ces marches accompagnées de drapeaux nationaux et de slogans patriotiques…. Tous les  drapeaux des Etats, qu’ils soient fascistes ou démocratiques, sont tâchés du même sang.