Archives mensuelles : décembre 2013

[Grèce] Attaque contre Aube Dorée et les flics anti-émeute – Igoumenitsa, 27 décembre 2013

Igoumenitsa (Grèce) : Attaque contre Aube Dorée et les flics anti-émeute

Hier 27 décembre, nous avons forcé le blocus des keufs dans la zone du port de Igoumenitsa et alentours et, accompagné-es par l’obscurité, nous avons nous-mêmes fait un premier blocage en attendant le bus des néonazis d’Aube Dorée qui revenaient de l’île de Corfou avec les forces anti-émeutes MAT, après inauguration de leur nouveau siège.

Nous avons attaqué les deux groupes avec des pierres sur l’autoroute Egnatia. Cette action est destinée à faire comprendre aux néonazis que, même protégés par une armée entière, nous parviendrons toujours à les approcher.

Que les flics sachent que, même en cultivant la peur dans la société en protégeant leurs patrons, certain-es n’ont pas peur.

Cette action est dédiée au compagnon Spyros Stratoulis, en grève de la faim depuis le 11 novembre.

Traduit de l’italien de contrainfo par les brèves du désordre, 30 Décembre 2013

[Marseille] Blocage d’un péage en solidarité avec les quatre No TAV arrêté-e-s le 9 décembre dernier – 22 décembre 2013

Dimanche 22 Décembre, on s’est bougé à une quinzaine de personnes pour aller lever les barrières du péage souterrain du Prado à Marseille, en solidarité aux compagnon-ne-s italien-ne-s incarcéré-e-s depuis le 9 Décembre à Turin en Italie sous accusation de terrorisme pour une attaque du chantier du TAV en Val de Susa en Mai dernier.

Cinq voies ouvertes, tract ci-joint, banderoles « Contre la LGV – No Tav », « Trop c’est trop », « Péage prix libre ».

Au bout de 10 minutes, le tunnel qui traverse Marseille et le péage seront fermés par les salariés, nous faisant partir plus tôt que prévu mais avec la satisfaction du bloquage d’un axe important de la ville.

Forza a tutti e tutte, Claudio, Chiara, Mattia et Niccolo liberi! Tutti liberi!

Le tract distribué:

Péage gratuit en solidarité aux compagnons et compagnonnes anarchistes accusé de terrorisme pour une attaque contre le chantier du TAV (train à grande vitesse) en Vallée de Susa en Italie.

Pensé depuis 1991, un projet de nouvelle liaison ferroviaire prévoit de creuser le plus long tunnel d’Europe (53 km) pour faire franchir les Alpes à 40 millions de tonnes de marchandises par an, et pour faire gagner 45 minutes aux voyageurs entre Lyon et Turin. Annoncée pour 2023, cette autoroute ferroviaire coûtera au moins 25 milliards d’euros. Elle implique, en plus du tunnel international, le creusement de tunnels sous les massifs de Belledonne et de Chartreuse, et la construction de 200 km de voies nouvelles en France. En Italie, le projet appelé TAV (« treno alta velocità ») se heurte à une résistance déterminée des habitant.es de la Val Susa (les « NO TAV » et le mouvement qui en découle). Là-bas, c’est retranchées derrière des escadrons de flics et de militaires que tentent de se mettre à l’oeuvre les foreuses sur le site de la Maddalena.

Dans la nuit du 13 au 14 mai dernier, une trentaine d’anonymes no tav a attaqué le chantier de la Grande Vitesse en Val Susa, endommageant des équipements. Une action rapide et précise qui avait démontré, une fois de plus, que le camp retranché de la Maddalena n’est pas inviolable, en faisant flotter de nouveau le doux vent de la délivrance. Aujourd’hui, 9 décembre, la police politique, sur ordre des parquets de Turin et Milan, a incarcéré quatre compagnons pour « attentat à finalité de terrorisme », accusés d’avoir pris part à l’action de mai. Nous nous fichons de savoir si Chiara, Mattia, Niccolò et Claudio ont participé ou non à l’action contre le chantier de Chiomonte. Ce que nous savons c’est qu’à l’annonce de l’attaque nous avons exulté comme tant d’autres, dans la Vallée et pas seulement. Ce que nous savons c’est que le terroriste est celui qui affame, exploite, dévaste et bombarde et certainement pas celui qui s’oppose au massacre environnemental, qui se bat pour un monde sans profit et sans pouvoir. Ce que nous savons c’est que ces arrestations n’arrêteront pas la lutte contre la grande vitesse et le système qu’elle incorpore et défend. Dans et autour du mouvement no tav est née et s’est diffusée une solidarité qui a toujours su répondre aux manœuvres répressives (chaque fois préparées par la machine de guerre médiatique), généralisant ses propres raisons et ses propres pratiques.

Ni innocents, ni coupables. Troupes d’occupations, politiciens et journalistes : les terroristes c’est vous !

Liberté pour Chiara, Mattia, Niccolò et Claudio !

Repris d’Indymedia Nantes, 24 décembre 2013

[Besançon] GAV et suites judiciaires pour avoir riposté à une agression fasciste – 28 décembre 2013

Dans la nuit de vendredi à samedi 28 décembre 2013 vers 01h40, une bagarre a éclaté entre des potes du quartier de Planoise et une bande de fachos dans le centre-ville de Besançon.

Alors que nos potes passaient une soirée tranquille, ils aperçoivent des jeunes skinheads d’une vingtaine d’années affichant clairement des insignes nazis sur leurs vêtements en face de l’ancien monoprix de la grande rue. Malgré le fait que les nationalistes dégueulent haut et fort à voix haute toute leur idéologie puante, les affrontements restent verbaux mais commencent à ameuter de nombreux passant.e.s. Peu de temps après, ils recroisent la petite bande de nazillons rue Claude Pouillet qui les attaquent immédiatement. Les nationalistes auront le temps d’assainer un coup de triplex sur un de nos copains, le faisant saigner abondamment au niveau du crâne et de la main, avant d’être corrigés et mis en fuite par les camarades.

Suite à cette riposte physique, deux antifascistes seront arrêtés peu de temps après, placés en garde-à-vue et poursuivis par la juge d’instruction pour « violence ». Nous leur exprimons notre entière solidarité dans leur opposition face à la police et aux fachos.

Comme à l’accoutumée, les fachos ont pu continuer leur soirée paisiblement.

Cette agression fasciste est loin d’être un cas isolé et nous n’attendons rien des flics et de leur justice. Alors que plusieurs tags racistes ont été vus dans plusieurs secteurs de la ville ces derniers temps (et largement relayés par les médias locaux) et que d’autres agressions ont eu lieu, il s’agit dès maintenant d’agir contre la peste brune, de quelques sortes que ce soient.

C’est apparemment ce qu’on a pu voir rue Fontaine Argent, où un tag en solidarité avec les sans-papiers (visible depuis plusieurs mois), et recouvert récemment par des fascistes à la peinture noire, a de nouveau été repeint par des antifascistes qui en ont profité pour exprimer leur dégoût de la patrie:

Anti-f(r)a

Les tags fascistes « wp » « france » accopagés du symbole néonazie de la rune d’odal recouverts et détournés (photo failbook)

Besançon restera antifasciste

Repris de l’article du Libertaire bisontin et d’infos des réseaux sociaux, 30/12/2013

[Naisey-les-Granges, 25] Nique Noël et la patrie – Nuit du 27 au 28 décembre 2013

Un drapeau français arraché du monument aux morts de Naisey-les-Granges

Dans la nuit du 27 au 28 décembre 2013, un drapeau français a été arraché sur le monument aux morts de Naisey-les-Granges, commune située à 25 km de Besançon.

Selon les gendarmes, d’autres actes d’incivilité ont été perpétrés : le sapin de Noël implanté sur la place de la Poste a été coupé volontairement, tandis qu’un second sapin, n’appartenant pas à la commune, a été découvert dans la fontaine du village.

Repris de macommune.info, 28/12/2013 à 18h03

[Allemagne] Récit depuis les rues d’Hambourg de la journée du 21 décembre 2013

Des milliers de personnes sont venues à Hambourg le 21 Décembre pour participer à la manifestation contre l’expulsion du squat Rote Flora, pour un droit de séjour pour les réfugiés, et faire preuve de solidarité avec les résidents expulsés des maisons Esso. Tout le monde savait que ce serait une journée chaotique, avec des milliers de militants autonomes et des milliers de robocops anti-émeute se faisant face à Hambourg. Pourtant, tout est allé différemment de ce que nous avions prévu.

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Le pré- rassemblement devant le squat Rote Flora devait commencer à 14h00, et la grande manifestation internationale était prévue pour 15h00. Des milliers de personnes y étaient déjà réunies à midi. L’atmosphère était super, les gens étaient pleins d’enthousiasme et voulaient manifester dans les rues. Donc, finalement, peu après 15 heures, la marche a commencé. Non seulement c’était l’une des plus grandes manifestations de l’année, mais aussi la plus courte. La police a arrêté la manif sous un pont après 20 mètres. Les flics ont immédiatement utilisé gaz lacrymos et matraques pour forcer les miliant.e.s à s’arrêter. Quelques secondes plus tard, deux canons à eau sont également venus pour repousser la manifestation à l’endroit où elle a commencé.

Ensuite, des militant.e.s ont répondu avec des pierres, des bouteilles et des feux d’artifice contre la police. Les gens ont été repoussés, car de plus en plus de policiers ont pris d’assaut la foule, frappant presque tout le monde sur leur chemin. En fin de compte il semblait que, même s’il y avait des centaines de manifestants se battant contre les flics, ils n’avaient aucune chance car il y avait des centaines voir des milliers de flics en armure complète les attaquant encore et encore. Un autre problème était qu’il y avait très peu de matériel à jeter sur la police. De nombreuses personnes s’étaient préparées pour des combats de rue avec la police ce jour-là , mais ont d’abord été paralysé en raison de la rapidité de la police à intensifier la violence. Les militants ont construit des barricades de poubelles, de bancs et de tables de restaurants à proximité. Après trente minutes d’affrontements, la police a réussi à prendre le contrôle de la place en face de la Rote Flora. D’ici là, tout le monde a accepté le fait qu’il n’y aurait pas une grande manifestation à Hambourg ce jour-là. Alors, les gens ont juste utilisé une stratégie différente pour manifester dans les rues.

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Peu de temps après que la police ait attaqué la manif, certain.e.s militant.e.s ont tenté de partir; les gens ont réalisé que la manifestation ne pourrait pas continuer, de sorte qu’ils voulaient quitter le lieu et lancer leurs propres actions dans la ville. Même si presque toutes les rues étaient bloquées par des centaines de flics anti-émeute, de nombreux militants ont réussi à quitter le secteur. Ensuite, ils ont formé des manifestations spontanées dans toute la ville. Parfois des manifs avec seulement 50 personnes et parfois des manifs avec plus de 1000 personnes marchant dans les rues, à attaquer les flics, les banques, les commerces (des grandes entreprises comme McDonalds et Vodafone), tout en construisant des barricades. Tard dans la nuit, on pouvait entendre des feux d’artifice et des gens qui criaient des slogans dans toute la ville de Hambourg. Les gens n’ont attendu personne pour commencer l’action, ils l’ont commencé eux-mêmes, à maintes reprises. La plupart du temps la police a tenté de nous chasser et d’arrêter les actions directes, parce qu’il semblerait que les flics n’aient pas eu suffisamment de moyens pour faire plus de vingt arrestations avec charges ce jour-là.

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Il est difficile de dire si c’était ‘une victoire’ ou ‘une perte’ pour la protestation. Nous n’avons pas réussi à manifester comme nous avons d’abord voulu. La police a clairement voulu stopper la combinaison des trois luttes majeures à Hambourg: le squat de la Rote Flora, la lutte des réfugiés et des maisons d’Esso. D’autre part, Hambourg a vu des plus grandes émeutes ces dernières années et après la décentralisation de la protestation la police a perdu le contrôle de la situation.

Personnellement, je pense que c’était une bonne journée. Les militants ont montré que l’expulsion du squat Rote Flora ne serait pas tolérée et finirait dans le chaos absolu pour le gouvernement de Hambourg, la police et le capital. Il est toujours agréable de rencontrer des situations où les flics doivent se retourner et juste courir…

Flora bleibt! le squat Rote Flora reste!

Une vidéo de cette journée à Hambourg

Traduction de l’anglais en collaboration avec contrainfo,27 décembre 2013

[Vienne] Attaque solidaire avec les cinq de Barcelone – 20 décembre 2013

Dans le cadre de la semaine de solidarité internationale avec les cinq anarchistes emprisonné.e.s à Barcelone, nous avons attaqué l’ambassade d’Espagne avec des oeufs de peinture dans la nuit du 20 décembre 2013.

La solidarité révolutionnaire dépasse les murs et les frontières !

Liberté pour tous les prisonniers !

Traduit de linksunten, 21 décembre 2013 à 20h38

[Brésil] Attaque incendiaire en solidarité avec Monica Caballero et Francisco Solar – Porto Alègre, 16 décembre 2013

La solidarité est une force vivante ! Allumons-la !

Le lundi 16 décembre 2013, alors que se couchait le soleil chaud de 34°C et surgissait la pleine lune dans le ciel, nous avons rendu visite à une agence bancaire ‘Santander’ située sur l’Avenue Osvaldo Aranha, juste en face d’un commissariat de police. Nous sommes entrés dans l’établissement bancaire, leur laissant un cadeau incendiaire de Noël à côté des distributeurs automatiques de billets dans l’intention claire de détruire la propriété. Après cela, le temps et le feu ont fait leur partie. Nous ne sommes pas allés là voler leur argent sale; mais plutôt le détruire. Nous avons accompli nos intentions :

Nous avons attaqué, provoqué la destruction, laissé indemne et démontré avec cette action que la solidarité n’est pas un vain mot […] Ce petit geste nous montre que les mesures de surveillance accrues de la ville ne peuvent pas arrêter notre désir de défier constamment le pouvoir, nous pouvons toujours trouver un moyen d’échapper à la «grande bête», à commencer par la déconstruction de nos propres peurs.

Que ce soit un allume-feu pour tous les cœurs rebelles à agir dans la lutte contre les « projets d’accélération de la croissance », ainsi que la Coupe du Monde 2014, qui vient nous piétiner à grande vitesse. Il est évident que la lutte ne se limite pas à l’encontre de cet événement sportif qui a enfreint de nombreuses personnes. Par ailleurs, nous signalons avec la chaleur de ce feu notre solidarité avec Rafael Vieira et Jair Rodrigues Seixas « Baiano » (emprisonnés à Rio de Janeiro pour les émeutes au cours des derniers mois), avec ceux qui résistent au barrage hydroélectrique de Belo Monte, avec tous ceux qui essaient de faire face aux procès ou persécutions en raison des protestations de l’hiver au Brésil (de Juin à Septembre), et bien sûr, nous ne nous sentons pas éloigné de tous ceux qui luttent contre le pouvoir aux quatre coins du monde et en conflit avec le lourd système carcérale en Argentine, en Grèce, en Indonésie, en Chili, en Italie, aux Etats-Unis, en Bulgarie, au Mexique, en Allemagne, en Espagne.

Avec cette petite attaque sur les intérêts espagnols, nous envoyons notre force et notre solidarité à Mónica Caballero et Francisco Solar, emprisonné.e.s derrière les barreaux morbides de l’État espagnol, isolé.e.s dans le régime FIES à sécurité maximale.

Face à la répression, solidarité active par tous les moyens possibles !

Force et solidarité avec Monica et Francisco !

Liberté pour Baiano et Rafael Vieira, prisonniers à Rio de Janeiro* !

Note: Nous n’avons trouvé aucun rapport dans la presse d’entreprise de l’attaque de la nuit dernière (16/12), néanmoins la destruction a été efficace, les distributeurs automatiques de billets ont été endommagés, et la banque reste fermé à ce jour.

En portugais

* Selon FIST, Baiano a été libéré et une fête en son honneur a été faite à sa sortie le 22 décembre 2013

Traduit de l’anglais de contrainfo, 26 décembre 2013

[Etats-Unis] Attaques contre la police à Olympia

Le poste de police de l’ouest d’Olympia attaqué (nuit du 24/12/2013)

Tôt ce matin, nous sommes montés sur le toit du poste de police d’Olympia et fracassé 8-10 caméras de surveillance. Ce sous-poste de police existait sans caméras depuis longtemps, et était un lieu de nombreuses attaques anarchistes. Quand nous avons vu qu’ils avaient enfin mis en place des caméras… nous avons décidé qu’elles devaient être démolies.

Nous avons fracassé 3-4 fenêtres comme nous sommes partis, et nous avons ri dans la nuit. Cet acte a été accompli en solidarité avec tous les prisonniers, avec tous ceux qui font face à la répression, pour les silencieux et ceux en cavale, et pour nous – afin de garder notre sang bouillant.

Parce que c’est amusant. Parce que c’est facile. Parce que nous détestons la police et la société qu’elle maintient.

Niqqqueee llaaa ppolliiicccceeeee !

<3333 widdle giggle cru

Traduit de l’anglais de anarchist news, 24 décembre 2013 à 17h07

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Trois voitures de police fracassées à l’extérieur du palais de justice d’Olympia

Dans la nuit du 16 décembre, trois voitures de police garées à l’extérieur de Palais de Justice Creighton d’Olympia (de la maison de détention municipale d’Olympia et du tribunal municipal) ont eu leurs fenêtres fracassées.

Ce jour a été choisi en accord avec l’appel international de solidarité avec les 5 de Barcelone, accusé.e.s de l’ attentat à la bombe contre la cathédrale catholique romaine de Saragosse, en Espagne.

Deux, qui restent en détention préventive, Monica Caballero et Francisco Solar, étaient récemment la cible de poursuites dans l’affaire des bombes (Caso Bombas) des anarchistes chiliens (2010-2012). Ils ont tous deux été confronté.e.s à ce procès et ont fait neuf mois d’emprisonnement avec dignité. Ils ont inspiré la communauté anarchiste internationale et maintenant nous voulons montrer notre soutien pour eux et notre haine des forces répressives de cet acte de rébellion.

La solidarité, c’est l’attaque ! La police Olympia est une manifestation du même appareil de répression qui tente de contrôler nos camarades d’outre-mer. Ce contrôle et cette répression existe aux États-Unis en abondance aussi. Par exemple, le 19 Novembre à Durham, en Caroline du Nord, la police a été brutalement assassiné Chuey Huerta âgé de 17 ans, alors qu’il était détenu dans le siège arrière de leur voiture de patrouille.

Avec notre action, nous envoyons également un message sincère de solidarité à tous ceux qui souffrent de la perte d’un être cher des mains de la police, en particulier ceux à Durham, en Caroline du Nord.

Traduit de l’anglais de Act for freedom now, 19 décembre 2013

[Angleterre] Une église attaquée en solidarité avec les cinq de Barcelone – Bristol, 24 décembre 2013

La première messe du matin en cette veille de Noël a été noircie pour la cathédrale catholique dans le quartier riche Clifton de Bristol. La nuit nous avons collé les serrures de leurs portes, tagué « sans dieu », « sans loi », et les symboles de l’anarchie sur le grand extérieur et signé « les homos ».

Nous détestons les nombreuses formes d’églises et de prêtres qui travaillent à inculquer la soumission et le patriarcat avec leurs mœurs misérables, quand ce n’est pas encore avec le fouet. L’Eglise catholique, en particulier, a creusé l’un des fondements les plus profonds de l’autorité dans le monde occidental, ainsi qu’en attribuant des rôles de genre stricts et en changeant «l’hétérosexualité» d’une possibilité en obligation. Tous les intérêts du pouvoir, la productivité économique de masse et la reproduction future de l’ordre social oppressif, nous rendant nos corps individuels et désirs toujours plus étrangers. Nous n’oublions ni les peuples autochtones mis aux flammes ou convertis sous la menace d’une arme une fois que leurs modes de vie aient été érodés par la civilisation maraude, un génocide missionnaire assisté toujours en cours aujourd’hui.

Il y a récemment eu des conférences sur « l’idéologie du genre » fréquentées par l’ancien pape Jean-Paul II rassemblant des fondamentalistes catholiques, des figures d’extrême-droite et des scientifiques fanatiques essayant toujours de criminaliser, pathologiser ou « soigner » l’homosexualité. Là où les vieilles valeurs nationalistes de « Dieu, du pays et de la famille » ont été déployées contre nos vies joyeuses d’amour et de rage – et une conférence a été envahie et perturbée par un contingent de compagnonnes renégats du genre. Il est en effet paradoxal que les catholiques propagent le mythe que les « homosexuel-le-s »  sont en fait des pédophiles.

Nous admirons le courage de tous ceux qui subvertissent l’identité du genre à laquelle il.elles ont été affectés, de tout ce qui nous sépare. Nos batailles quotidiennes contre le patriarcat, le «compas» masqué.es qui ont renversé une église pro-vie au Chili, l’auto-organisation des femmes contre la soumission en Tunisie, ou nos frères et sœurs gays et lesbiennes défiant la loi homophobe en Russie, pas un pas en arrière !

Aux cinq anarchistes arrêté.e.s à Barcelone (ils.elles sont accusé-e-s de complot et d’avoir réalisé des attentats contre des lieux sacrés de la monarchie, de la colonisation hispanique et de la colusion fasciste-église. Nous envoyons un geste à côté de nombreux autres visant à percer votre isolement. Notre petite attaque a été prévue pour ternir un des jours saints de l’église et arrive légèrement après la semaine internationale de solidarité. Heureusement que le temps pour la révolte est permanent ! Au prisonnier digne Gabriel Pompo da Silva, qui est détenu sous le régime stricte du FIES comme deux des personnes arrêtées, à qui nous envoyons notre plus chaude affection en ces jours de grand froid.

« Hier, aujourd’hui et pour toujours… Ni dieu ni maître »

Monica Caballero

Des gays devenus sauvages

Traduit de l’anglais de indymedia UK, 24 décembre 2013 à 14h39

[Belgique] De l’air, de l’air ! Rassemblement à Anderlecht et à Molenbeek contre les prisons et centres fermés – 21 décembre 2013

Voici le tract distribué lors d’un rassemblement « itinérante » à Anderlecht et à Molenbeek, ce samedi dernier. Quelques feux d’artifice ont été tirés afin d’attirer un peu l’attention, une banderole disant clairement contre quoi on lutte, un haut parleur accompagnait le tout.

Réactions motivées, intéressées et solidaires. Continuons à nous battre dans la rue.

DE L’AIR, DE l’AIR !

Ce monde carcéral qui nous empêche de respirer

Il y a deux semaines, un homme est retrouvé mort dans des circonstances suspectes, dans son lit, dans une cellule, enfermé dans la prison pou étrangers à Bruges. Vivre derrière des barreaux, mourir derrière des barreaux, il nous faut détruire le monde qui crée de tels possibles.

L’air qu’on respire est pollué… Cette pollution, c’est l’odeur de l’économie, des uniformes, la puanteur de l’enfermement, de l’oppression quotidienne, de l’acceptation et de la dépression. Et cette ambiance provoque des troubles respiratoires : une agression pulmonaire, une bronchite chronique, une espèce d’allergie au monde qui nous écrase : du stress.

Détruire ce qui nous détruit pour prendre l’air

On nous dit que si on est malade il faut aller voir le docteur, avaler des médicaments pour calmer la douleur, et se résigner à vivre avec la maladie. Mais quoi qu’il en soit, si les causes restent intactes, les symptômes reviendront à chaque fois.

Il y a certains remèdes qu’aucun docteur ne prescrira. Démolir les cages, scier les barreaux, voilà des médications qui font du bien ! Comme ces cinq hommes qui s’envolent des centres fermés de Merksplas et de Steenokkerzeel. À Vottem, une personne tente de mettre le feu à sa cellule. Et tout dernièrement, un prisonnier réussit à s’échapper de la prison de Lantin, avec la complicité de codétenus solidaires.

À Bruges, suite à la mort suspecte de l’homme, tous les prisonniers se mettent en grève de la faim, et seront suivis par d’autres dans les centres fermés de Vottem et Steenokkerzeel. Des manifestations de solidarité ont lieu devant ces deux prisons pour étrangers et les matons se font insulter par les manifestants pendant le tour de garde.

Le feu qui donne de l’oxygène

Pendant des années, les prisons et les centres fermés belges ont connu la rébellion et la révolte : des ailes entières ont été mises hors services par le feu. Dehors aussi, des émeutes et des attaques solidaires ont donné de l’oxygène à tous ceux qui ne veulent pas accepter cette prise en otage permanente.

L’État réagit et construit des zones d’isolement dans les prisons, comme les QHS de Bruges et Lantin. Ces deux lieux indescriptiblement cruels ont été dévastés à plusieurs reprises, mais rénovés à chaque fois. Dans les camps de déportation aussi, les révoltés sont mis en isolement, transférés ou expulsés au plus vite, pour empêcher la contagion de l’agitation. Ce sont toutes des armes dans les mains du système pénitentiaire qui visent à rendre dociles les prisonniers récalcitrants à coups de bâtonet à faire peur à tous. C’est dans la même logique quel’État prévoit 9 nouvelles prisons en Belgique.

L’État cherche donc à nous couper le souffle pour de bon. Certains ne se laissent pas faire, et passent à l’offensive. Si on pense à la nouvelle prison de Marche-en-Famenne, ultra-sécurisée, n’oublions surtout pas la tentative de sabotage du chantier en 2012 quand six bombes incendiaires sont placées dans les grues. Et encore, quelque peu après l’ouverture de cette nouvelle prison en novembre 2013, les vitres du bureau des architectes morbides (CERAU) qui ont dessiné cette taule volent en éclat. C’est comme prendre un bol d’air frais.

Respiration contre résignation

Si le pouvoir nous veut dociles, expulsés ou enfermés, c’est à nous de nous mettre en forme et de nous préparer à la bataille. S’il veut que Bruxelles soit bien nettoyée et sécurisée pour qu’elle soit agréable aux eurocrates, diplomates, riches et businessmen, c’est à nous de rester dignes, de garder la tête haute, et de ne pas les laisser avancer sans qu’ils se heurtent à nous. Entraînons nos poumons à respirer librement.

Saboter les rafles, se battre contre la construction de la plus grande prison de l’histoire belge, à Bruxelles, aller à l’offensive…Tout ça est possible, en s’organisant en petits groupes de confiance, avec un peu d’agilité, de détermination et d’inventivité. En se reconnaissant aussi entre révoltés assoiffés de liberté. Respirons un grand coup et faisons un maximum de bruit, foutons un beau bordel !

Des cibles, on peut en trouver partout. Les entreprises qui gagnent du fric avec l’enfermement (Sodexo, Fabricom …) ou celles qui construisent des nouvelles prisons (BAM, Valens, BESIX, Willemen, DENYS …), mais aussi les chantier destinés au profit et confort des riches, et les bureaux où travaillent les gentils monsieur-dames qui prennent les décisions et conçoivent des plans pour affiner l’exploitation, l’écrasement et l’expulsion des indésirables (l’Office des étrangers, la Régie des bâtiments, l’UE, le ministère de la Justice, l’ONEM et tant d’autres).

N’oublions jamais : chaque acte inspiré par le désir de liberté parle au cœur de celui qui cherche la même chose. Soyons solidaires, jusqu’à leur couper la respiration, jusqu’à ce qu’on soit libres, libres comme l’air.

Repris de la Cavale