Archives mensuelles : janvier 2014

[Lille] Attentat pictural contre les locaux de Thalès – Lambersart, nuit du 21 au 22 janvier 2014

Revendication d’attentat

Nous revendiquons l’attentat pictural perpétré dans la nuit de mardi à mercredi contre les locaux de Thalès, à Lambersart. Cette entreprise qui s’engraisse sur le dos des guerres et du contrôle social méritait bien qu’a coups d’oeufs de peinture et autres projectiles on dégueulasse sa façade.

A l’art de leurs guerres, nous opposons l’art de la dégradation et de la souillure.

Cette action vise également le FIC 2014, cette foire internationale du contrôle cybernétique, qui se tient à Lille cette semaine, et à laquelle participe l’entreprise peinturlurée.

On ne fait pas d’omlettes sans casser des oeufs !

Commando Gallinacé Terroriste, 22 janvier 2014

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Thales sur la route du boulot

En allant au boulot je passe tout les jours devant l’entreprise Thales qui a une participation très active dans les centres de commandment de l’OTAN.

A force de travailler à envoyer des bombes un peu partout sur la planette c’est pas étonnant qu’ils s’en prennent aussi…même si celle là ne sont que de peinture.

24 janvier 2014

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Repris d‘indymedia Lille

[Toulouse] Pour un avortement libre et gratuit partout pour toutes et sans conditions – 1er février 2014 à 14h00 square charles de gaulle

Pour un AVORTEMENT libre et gratuit partout pour toutes et sans conditions

Samedi 1er février à 14h

Départ du Square Charles de Gaulle (derrière la place du Capitole) à TOULOUSE

Apportez vos pancartes, vos cintres et vos aiguilles à tricoter !

ivgLe gouvernement espagnol s’apprête à faire voter une loi interdisant l’avortement excepté en cas de viol après dépôt de plainte, ou en cas de danger pour les femmes. Ce danger doit être expertisé par deux médecins indépendants du lieu où aura lieu l’avortement. La loi actuelle requiert l’avis d’un seul médecin qui peut être celui qui pratiquera l’avortement jusqu’à 14 semaines, et l’avis d’un psychiatre jusqu’à 22 semaines.

Ceci est inacceptable, une fois de plus on légifère sur le ventre des femmes. Nous sommes solidaires de nos camarades d’Espagne car nous pensons que les femmes doivent pouvoir disposer seules de leurs corps. Nous exigeons le retrait de ce projet de loi aux conséquences désastreuses ; seules les femmes qui en auront les moyens pourront se payer un avortement, les autres seront condamnées à avorter par leurs propres moyens ou à garder le produit d’une grossesse non désirée avec les conséquences sanitaires, psychologiques, économiques que l’on sait.

Ce projet de loi aura aussi un retentissement sur les femmes en France car la loi ne permet d’avorter que dans un délai de 12 semaines. Les femmes ayant dépassé ce délai ne pourront plus aller avorter en Espagne comme c’est le cas actuellement.

Même si en France l’avortement est toujours autorisé, son accès est de plus en plus difficile du fait des choix politiques en matière de santé, de la complexité de la procédure et de l’existence d’un délai. Nous pensons qu’au delà de la nécessaire solidarité avec nos camarades d’Espagne, nous devons nous battre ici aussi. Nous ne voulons plus que nos vies soient régies par des experts, des lois ou qui que ce soit. Nous entendons disposer de nos corps comme nous le voulons.

Appel à manifester le samedi 1er février à 14h, départ du square Charles-de-Gaulle (derrière le Capitole) pour un avortement libre et gratuit partout pour toutes et sans conditions.

Des associations et des féministes solidaires réunies en Assemblée Générale

Transmis par mail, 29 janvier 2014

[Grèce] Riposte unitaire à une attaque fasciste contre le lieu auto-organisé ‘Resalto’ – Keratsini (Athènes), 25 janvier 2014

Le samedi matin 25 Janvier, dans le quartier de Keratsini au Pirée (port d’Athènes), une milice de néo-nazis a souillé l’ensemble du lieu* où Pavlos Fyssas a été assassiné par un membre de l’Aube Dorée en septembre 2013. Tout de suite après, plus de 80 membres d’Aube Dorée ont attaqué l’espace auto-organisé Resalto. Les néo-nazis ont été repoussés par quelques 15 compagnon-ne-s, qui étaient à l’intérieur du squat Resalto.

Voir une vidéo de l’agression ici

Selon les premières estimations, les fascistes sont arrivés dans le quartier en trois fois, et ont attaqué l’extérieur de ‘Resalto’ avec des pierres, des briques et de la peinture sous l’oeil bienveillant des agents de police. Tout cela a duré quelques minutes. Les merdes nationalistes sont parties dès qu’un flic de l’équipe de moto DIAS a été entendu en leur disant: « vous êtes faits ici »… Puis la police a aidé les fascistes à fuir le lieu de l’attaque par la rue Lambraki. Lors de l’attaque fasciste contre le squat ‘Resalto’, les fenêtres de la maison voisine ont été brisées, et des briques ont même été jetées dans la chambre d’un enfant. Certains fascistes ont été reconnus ; leur force provient des régions du Pirée, de Perama, de Nikaia et d’Athènes. La grande majorité d’entre eux étaient des jeunes hommes, et certains avaient des casques avec eux. Tous les compagnon-nes sont en bonne santé, tandis que plusieurs fascistes ont probablement été frappé à la tête avec des objets divers. L’incident a duré dix minutes tout au plus, en présence de flics DIAS qui ont offert la protection aux néo-nazis d’Aube Dorée durant tout le temps de l’agression. Dans le même temps, des groupes de compagnon-ne-es anarchistes et d’autres antifascistes du Pirée et d’Athènes ont été informés de ce qui s’est passé, et sont arrivés à Keratsini furieux et prêt à chasser les néo-nazis, mais ces derniers avaient déjà disparu du secteur.

Une demi-heure après que les fascistes soient partis, des flics en masse – des unités de moto DIAS ainsi que des escadrons anti-émeute MAT – ont été déployés dans la région. Le collectif Resalto appelé à une manifestation spontanée locale place Laou, en réponse à l’attaque. La manif, avec plus de 400 manifestants, a commencé après 14 heures et s’est déplacée à travers les rues de Keratsini, passant également à l’endroit où l’antifasciste Pavlos Fyssas a été poignardé à mort.

Cette manif a permis de se réapproprier l’espace en enlevant toutes les merdes fascistes inscrites sur les murs du quartier et d’hurler le rejet du nationalisme et du système qui le produit.

Assassins fascistes nous vous écraserons - RES(A)LTO

Assassins fascistes nous vous écraserons – RES(A)LTO

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Brisons le fascisme de la vie quotidienne – Keratsini, 25 janvier 2014

Traduit de l’anglais de contrainfo

Source

[Bloomington, USA] Sabotage solidaire avec Amélie, Carlos et Fallon et les rebelles de la prison de Westville

Bloomington: serrures collées en solidarité avec les compagnon-ne-e mexicain-e-s et les rebelles de la prison dans l’indiana

Il y a une semaine, nous avons collé les serrures de Bloomingfoods, une coopérative d’ éco-capitaliste. Cela a été fait en solidarité avec Amélie, Carlos et Fallon, trois compagnon-ne-s détenu-e-s en captivité par l’État mexicain, et avec tous ceux qui dans le centre correctionnel de Westville sont actuellement en grève de la faim contre une énième attaque envers leur dignité sous forme de sacs-déjeuners de faible qualité.

En tant qu’anarchistes, nous n’avons pas de nation, mais nous agissons aussi sur nos conditions immédiates. Bloomington voit  la prolifération de petites entreprises éco-chics comme Bloomingfoods, qui masquent la véritable nature du capitalisme et de l’exploitation via des formules «coopérative» et des produits «de conscience écologique». Parallèlement à cette propagation des entreprises yuppies dégoûtantes vient l’extension et l’approfondissement de la répression et de surveillance grâce à l’expansion des forces de police et l’augmentation du nombre de caméras de vidéosurveillance à travers le centre-ville. Tout cela est fait pour éliminer les sans-abris, les vandales, les pauvres, et tous ceux qui, par leurs actions ou leur existence même, menacent la gentrification de cette ville.

Notre action était juste un acte mineur de sabotage contre ces mécanismes de contrôle et d’exploitation, un petit geste d’amour à ceux en dehors de notre petit enfer qui se battent avec leur propre enfer. Alors que nous nous faisons aucune illusion sur le fait que de tels actes en eux-mêmes ne peuvent détruire ce monde misérable, nous refusons d’attendre. Comme nous nous efforçons tous les jours de millions d’autres façons, nous prenons le temps d’affiner nos tactiques, expérience avec des possibilités, et de construire notre courage. Les cibles sont partout. Les outils sont facilement accessibles. Vous devez seulement agir vous-même.

Avec amour pour Amélie, Carlos, et Fallon.
Avec rage pour les rebelles de la prison de Westville.
Mort à la société carcérale !

Traduit d’anarchistnews, 28/01/2014 à 10h56

[Publication] Sortie du journal anarchiste « Hors Service » n°43

Quelques notes inconfortables

Couper la tête du pouvoir, voilà plus ou moins ce que de nombreux révolutionnaires portent comme proposition. Si le système est pourri, il y a bien quelque part des responsables de cette pourriture. Et la pourriture, on ne discute pas avec, on ne négocie pas avec, on la détruit. C’est dans ce sens qu’on parle de révolution, d’un bouleversement radical qui tente d’en finir avec les patrons, les dirigeants et les exploiteurs.

La destruction est bien sûr nécessaire. On est les premiers à l’affirmer et à le proposer. Et pas demain, mais déjà ici et maintenant : porter des coups contre ce qui nous étouffe, saboter la routine quotidienne qui nous écrase. Pourtant, les anarchistes ne se contentent pas que de dire cela. Si on pense en effet à ce qu’un illustre tribun de la politique de la Rome antique a dit pour calmer le peuple, qui était prêt à passer au fil de l’épée l’ensemble de la classe dirigeante, on se doute bien qu’il manque quelque chose au raisonnement esquissé plus haut. Ce tribun disait que la société est comme le corps humain : il y a ceux qui sont les cerveaux, il y a ceux (très nombreux) qui sont les bras, et d’autres encore (très nombreux aussi) qui sont les pieds. Chacun occupe sa place et doit faire des efforts afin de faire fonctionner le corps dans son entier. Si on file cette image, on pourrait dire que l’Autorité, ce n’est pas uniquement la tête, mais c’est tout le corps social qui la fait vivre et sévir. L’Autorité s’incarne certes dans les patrons et dans les politiciens, mais les exploités et les opprimés ne font pas que la subir, ils la reproduisent et la soutiennent également. Sans l’acceptation de l’ouvrier, l’usine ne pourrait pas tourner et procurer des profits aux riches. Sans la résignation des pauvres qui font la queue pour une aumône et qui se laissent humilier par de petits bureaucrates, le capitalisme ne pourrait pas tenir debout. On n’ira pas néanmoins jusqu’à affirmer que ce serait juste une question de choix : le pouvoir dispose en effet de nombreuses armes à sa disposition (la police, l’armée, la loi, la morale dominante, la propagande étatique…) pour imposer aux exploités leur concours et extorquer leur collaboration.

L’autorité est profondément ancrée dans le corps social : elle est aussi l’oppression que la famille exerce sur le modèle d’un mini-Etat, elle est aussi l’habitude de laisser d’autres parler en notre nom (car « il sait mieux le faire »), ou de déléguer à d’autres la responsabilité de tenter de changer la situation (car « elle a plus de conviction et elle est plus douée »). On le voit, l’autorité n’est pas un monstre auquel il « suffirait » de couper la tête, c’est la substance même des rapports que nous entretenons, tous les jours, d’acceptation en acceptation, de compromis en compromis, de coercition en coercition.

Beaucoup de personnes pensent que les anarchistes sont des « fous », parce qu’ils veulent un monde sans autorité (où les hommes et les femmes organisent librement leur vie à leur guise, sans s’exploiter et s’opprimer) qui ne pourra jamais exister. Peut-être l’anarchie ne verra-t-elle jamais le jour, mais en tout cas, c’est sûr, les anarchistes sont fous. Fous de se battre malgré tout, malgré les marasmes de la résignation qui nous entourent. Fous de ne pas combattre seulement les puissants, les flics, les exploiteurs et les riches (comme si ce n’était pas déjà assez), mais de s’opposer aussi à la reproduction quotidienne de l’autorité, à ce corps social qui fait vivre la cadavérique autorité.

On ne ménagera pas nos critiques pour recevoir de sympathie superficielle. On dira ce qu’on pense du directeur de prison, qui est responsable de cette torture atroce qu’est la privation de liberté, mais on dira également ce qu’on pense de celui qui se comporte de façon trop complaisante avec les gardiens qui ferment la porte de sa cellule. On continuera à faire tout ce qu’on peut pour éradiquer les puissants de ce monde, mais on ne se lassera pas non plus de reprocher aux dominés de se laisser faire, souvent, très souvent, trop souvent. L’anarchisme est peut-être tout simplement le combat sans fin contre l’autorité sous toutes ses formes, un combat à la fois contre les têtes et contre le corps social qui amène du sang à ces têtes.

Voir la feuille n°43

Voir la feuille n°43

Lire les articles de ce numéro 43 un par un ici

[Italie] Contre les complices de l’enfermement et des expulsions de sans-papiers – 27 janvier 2014

[Florence] Contre les complices des expulsions

27 janvier 2014

À Florence, dans la nuit de dimanche à lundi 27 janvier, les distributeurs automatiques de billets de cinq bureaux de poste ont été mis hors d’usage à l’aide de colle versée dans les fentes du distributeur, et sur les vitrines ont été laissés des tags comme « No Cie », « No rimpatri » et «  Poste = Mistral Air = expulsions ». Des tags similaires sont apparues cette même nuit dans la commune voisine de Bagno a Ripoli sur les parois latérales de quatre voitures de la Croix Rouge Italienne, dont les pneus ont également été lacérés.

Même loin des CIE donc, dans des lieux ou on n’a même jamais été, il est toujours possible de découvrir quelques-uns des nombreux responsables des expulsions, et d’exprimer notre solidarité aux luttes des retenus.

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[Turin] Poste

27 janvier 2014

Ce matin, un groupe de solidaires avec les luttes des retenus du CIE a donné vie à trois rassemblements-éclairs devant autant de bureaux de poste des quartiers de Porta Palazzo et de Barriera di Milano. Affiches sur les vitrines, tracts et interventions au mégaphone pour signaler aux clients et aux employés que PosteItaliane, a travers sa filiale MistralAir, collabore aux expulsions des sans papiers.

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 Une petite contestation, mais qui pourtant a semé la confusion parmi les employés de Porta Palazzo, qui se sont barricadés dans le bureau laissant dehors quelques clients et qui ont ré ouvert seulement à l’arrivée d’une patrouille de police – qui est restée là jusqu’à la fermeture.

Ici le tract et l’affiche.

Traduit de l’italien par sans papiers ni frontières (voir également plus d’infos sur les révoltes dans les CIE en Italie)

[Paris] Action de solidarité avec Amélie, Chivo, Fallon et les révoltés de la prison d’Alençon

Paris : Solidarité avec Amélie, Chivo, Fallon et les révoltés de la prison d’Alençon

A Paris, la semaine dernière, un tract a été diffusé en solidarité avec Amélie, Chivo et Fallon, arrêté-e-s et emprisonné-e-s au Mexique depuis 3 semaines, lors de la semaine anniversaire des 20 ans du soulèvement zapatiste. Une banderole a également été déployée au dessus de la station d’autobus de Gallieni (Bagnolet). Toujours en place, on peut y lire « De Mexico à Alençon, détruisons les prisons ! (A) » Evidemment en dédicace aux trois de Mexico, mais aussi en solidarité avec les révoltés de la prison d’Alençon.

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Ci-dessous, le texte du tract, ainsi que des éclaircissements plus généraux sur la répression des luttes sociales et anti-autoritaires de ces dernières années au Mexique.  

Solidarité avec Amélie, Fallon & Chivo Mexico DF.

Dans la nuit du 5 janvier dernier, vers 10h du soir, deux groupes d’individus ont attaqué avec des pierres et des molotovs le bâtiment du ministère des communications et des transports de la ville de Mexico et un concessionnaire Nissan situé à proximité, causant des dégâts au bâtiment et à plusieurs voitures.

Lors de l’attaque contre le ministère, la police fédérale qui surveillait le bâtiment a tiré, d’abord en l’air, puis à plusieurs reprises à tirs tendus, sans blesser personne. Mais trois compagnon-ne-s anarchistes sont arrêté-es : Carlos, d’origine mexicaine, ainsi qu’Amélie et Fallon d’origine canadienne. Après une garde à vue, tous-te-s les trois ont été transféré-e-s au Parquet Général de la République et placé-e-s en détention préventive sous arraigo  : cette mesure fédérale d’emprisonnement de 40 jours renouvelable une fois par le juge, a pour objectif de donner le temps à l’appareil judiciaire de fixer les chefs d’accusation. Pour le moment, les accusations portées contre les trois compagnon-ne-s ne sont pas claires : sabotage, criminalité organisée, dommages à la propriété, terrorisme…? Ces arrestations s’inscrivent dans un contexte plus large de répression au Mexique contre les luttes sociales, par des attaques répétées contre des manifestations et par la torture, voire l’assassinat, des personnes arrêté-ees. Depuis un an, l’Etat et les médias se focalisent particulièrement sur le mouvement anarchiste/anti-autoritaire.

On peut citer par exemple le cas de l’anarchiste Mario Gonzales emprisonné le 2 octobre dernier suite à une manifestation en commémoration des 45 ans du massacre de Tlatelolco, massacre perpétré à Mexico en 1968 (quelques jours avant les jeux Olympiques) par l’État mexicain lors d’une manifestation étudiante, et dont le nombre de victimes s’élèverait à plusieurs centaines de personnes. Mario (qui a fait 55 jours de grève de la faim) vient d’être condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme.

Dans l’histoire de « l’attaque du ministère », l’État tente de monter le récit bien connu d’étrangers venus au Mexique pour y provoquer des perturbations. Le mois dernier il avait déployé la même stratégie avec deux autres compagnons qui venaient participer à une rencontre anarchiste : ils avaient été arrêtés, l’un battu, puis expulsés du pays. Ces dernières années la lutte anarchiste s’est intensifiée dans la ville de Mexico, multipliant les initiatives et les attaques contre le pouvoir et toutes les formes de domination et exprimant une solidarité internationale avec les anarchistes et révoltés incarcérés à travers le monde.

Indépendamment de la culpabilité ou de l’innocence de ces compagnon-ne-s, nous tenons à leur exprimer notre solidarité et notre complicité.

Liberté pour Toutes & Tous

Lettres de Chivo et de Fallon et autres infos

Solidarité : Vancouver – Montréal – USA    

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Quelques éléments du récent contexte répressif mexicain

Enrique Peña Nieto (EPN) [1], du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) [2], prenait officiellement ses fonctions de président du Mexique le 1er décembre 2012, date marquée par une large mobilisation qui donna lieu à d’impressionnants affrontements, tant par la volonté des manifestants d’empêcher la cérémonie que par la répression qui eut lieu (plusieurs personnes gravement blessées et des dizaines d’arrestations). Ce n’était qu’un début.

Depuis son retour au pouvoir, le PRI s’est attaché à mettre en place plusieurs réformes structurantes, clairement libérales puisqu’elles accélèrent le démantèlement des services publics. A titre d’exemple : une réforme du travail qui institue le salaire horaire sous couvert de progrès social, mais qui dans les faits signifie une baisse réelle des salaires ; une réforme énergétique qui consiste à privatiser PEMEX (PEtroleo de MEXico) ; une réforme de l’éducation qui intensifie la libéralisation du système éducatif et instaure la mise en place de la compétition via une évaluation des professeurs, et oriente considérablement les plans d’études autours des compétences requises par le marché du travail.

Au fur et à mesure de l’agenda politicien, plusieurs secteurs de la population se sont mobilisés. On notera surtout les mobilisations d’étudiants de tendances anarchistes contre la refonte des CCH [3], ainsi que la mobilisation de la CNTE [4], les deux dans le cadre de la réforme éducative. Ces mobilisations forgées dans l’action directe ont donné lieu à de nombreuses manifestations et occupations de plusieurs semaines (notamment de la présidence de l’UNAM par les étudiants radicaux et celle du « Zocalo » de la capitale par plusieurs milliers de professeurs de la CNTE). A chaque fois la répression va de pair. A la violence policière s’ajoutent de grandes manœuvres pour interpeller un maximum de manifestants, et les montages de preuves pour qu’ils soient incarcérés. Un exemple frappant : huit étudiants anarchistes se sont fait arrêter avant même d’arriver à la manifestation du 2 octobre 2013, manifestation de convergence entre étudiants et travailleurs de l’éducation. Ils furent accusés « d’attaque à la paix publique » et de « destruction de matériel public » alors qu’ils n’ont pu atteindre le rassemblement. L’un d’eux, Mario Gonzalez, est toujours enfermé aujourd’hui et gravement affaibli après une grève de la fin de 56 jours.

Politiciens et médias refont surgir le fantôme de l’anarcho-terroriste, entre vraie menace et « jeune casseur », incitant ainsi le bon citoyen à s’opposer à tout acte de violence. S’installe un discours qui dissocie bons et mauvais manifestants, qui isole et criminalise les groupes anarchistes. L’interdiction d’entrer sur le territoire mexicain d’Alfredo Bonnano et l’extradition de Gustavo Rodriguez s’inscrivent dans cette logique de surveillance étroite et de répression.

[Repris d’Indy Nantes, 23 janvier 2014 à 20h47.]    

Notes

[1] Pour rappel, EPN était gouverneur de l’Etat de México lors de la lutte contre le projet d’aéroport d’Atenco en 2006, il organisa une sévère répression (viols de femmes de militants, meurtres, disparitions, déportations de militants étrangers, etc.) contre le peuple [sic] en lutte.    

[2] Aprés un règne de 1929 à 2000, puis 12 ans d’absence, le PRI est de retour !    

[3] Les CCH (Colegio de Ciencias y Humanidades) sont des écoles dépendantes de l’UNAM qui préparent au concours d’entrée à l’université. Fondées par des Marxistes dans les années 1970, notamment par Adolfo Sánchez Vazquez, l’enseignement de la critique y était central. La réforme éducative prévoyait notamment de retirer les cours de philosophie.    

[4] Confederación Nacional de los Trabajadores de la Educación. La section 22 de la CNTE s’est faite connaître pour ses positions radicales et sa participation dans l’APPO et la commune d’Oaxaca en 2006.

[Genève, Suisse] Contre les fachos et les frontières

« Si seulement la mère de Blocher avait avorté… »

La petite bourgeoisie estudiantine de Genève a été perturbée dans son train-train quotidien par l’apparition de graffitis sur les façades d’Uni-Mail, ce lundi matin.

Alors qu’une conférence de l’UDC sur le thème de l’immigration doit avoir lieu ce soir dans une des salles du bâtiment, des individus armés de bombes de peinture ont souhaité signifier au parti xénophobe et réactionnaire qu’ils ne sont pas les bienvenus dans ces murs, ni ailleurs.

Ainsi, on a pu lire à Uni-Mail des slogans tels que « No Border, No Nation », « UDC fachos, Uni collabo », « Les frontières nous divisent, la lutte nous rassemble », ou encore « Si seulement la mère de Blocher avait avorté… » en clin d’oeil aux récentes attaques de l’UDC contre le droit des femmes à avorter.

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Face à ces messages pleins de bonne humeur, des étudiants tout empreints de bonne morale démocratique bourgeoise se sont dit choqués par « la violence » (sic) de cette action (source: 20minutes). Décidément, la paix sociale a encore de beaux jours devant elle.

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Repris du réveil.ch, 27 janvier 2014

« Les déprédateurs entendent de la sorte signifier leur opposition à deux initiatives sur lesquelles le peuple devra se prononcer le 9 février. La première, soutenue par l’UDC (et le MCG à Genève), s’intitule «Contre l’immigration de masse». Le texte prévoit de plafonner le nombre d’étrangers autorisés à séjourner et à travailler en Suisse. La seconde, portée par le Parti évangélique et diverses personnalités issues de l’UDC, de l’UDF et du PDC se nomme «Financer l’avortement est une affaire privée». Elle demande que l’interruption volontaire de grossesse cesse d’être remboursée par les assurances. »

Leur presse – 20min.ch, 27/01/2014

[Brésil] La coupe du monde n’aura pas lieu

Ce samedi 25 janvier 2014, des appels à manifester contre la tenue du mondial de football, avec comme slogan « La coupe du monde n’aura pas lieu », ont été lancés dans de nombreuses villes du Brésil.

1A Sao Paulo, au moins un millier de manifestant-e-s est descendu dans les rues contre cet événement de fric et de flics qu’est le mondial de football. Vers 20h, la manif est partie en émeute lorsqu’un groupe de protestataires cagoulés est sorti du cortège pour attaquer le siège de la société ‘Traffic Engineering’ et un MacDo rue ‘Barão de Itapetiniga’. Les flics sont rapidement intervenus et ont reçu une pluie de projectiles et de cocktails molotov… Tandis qu’une voiture volkswagen crâmait, des manifestant-e-s tentaient de retourner un véhicule de police. Des banques ont été attaquées (une agence ‘Santander’ et une agence ‘Itau’, dont l’une a été ravagée), ainsi qu’un concessionnaire automobile ‘fiat’ et un bus.

Fabricio Proteus Chaves, âgé de 22 ans et connu pour son engagement dans les manifestations anticapitalistes à Sao Paulo, a été gravement blessé par la police militaire après avoir reçu deux balles, l’une dans la poitrine et l’autre au niveau des organes génitaux. Vers 22h, deux personnes (qui ont pour les flics tous les critères de personnes suspectes et dangereuses) sont contrôlées par les flics. Les flics fouillent son sac à dos dans lequel ils trouvent un engin incendiaire. Alors que l’autre personne arrive à s’échapper, Fabricio tente de s’enfuir en donnant quelques coups de couteaux aux flics. Il tombe à terre suite aux deuxième tir de la police. Le coordinateur des droit humains de la défense publique de Sao Paulo, Carlos Weis, précise que Fabricio était seul face à trois policiers et « qu’il n’est pas normal que la police militaire ait fait feu ». Fabricio est actuellement hospitalisé dans un état critique et doit nécéssiter une intervention chirurgicale.

Au total, ce sont plus de 143 personnes qui ont été arrêtées durant la soirée. Elles ont toutes été relâchées ce dimanche matin. Plusieurs enquêtes pour « émeute et destructions de biens » ont été lancé par les flics à la suite de la manif de la veille.

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Reformulé depuis la presse brésilienne, 26/01/2014

Voici la dépêche de l’AFP (25/01/2014) sur cette journée de lutte contre le mondial au Brésil :

Brésil: début de la première journée test de mobilisation anti-Mondial

ALeqM5gkQWP44yK8VrZ4uv-NTl8C7hPXvQRio de Janeiro — La première journée de mobilisation anti-Mondial convoquée dans 36 villes du Brésil par le mouvement contestataire Anonymous a fait un flop samedi, ne mobilisant qu’une poignée de Brésiliens.

Lancée sous le mot d’ordre « la Coupe du monde n’aura pas lieu », ce galop d’essai était considéré comme un premier test de l’humeur sociale du pays ébranlé par une fronde sociale historique en juin 2013, en pleine Coupe des confédérations de football.

A moins de cinq mois du coup d’envoi du Mondial de football (12 juin au 13 juillet), la plus importante manifestation a rassemblé à Sao Paulo un millier de personnes qui ont bloqué la grande Avenue Paulista du centre-ville.

Un peu plus tôt, devant le Musée des Arts de la capitale économique du pays, quelques manifestants, en majorité des jeunes, avait déployé des banderoles sur lesquelles on pouvait lire: « S’il n’y a pas de transports, la Coupe va s’arrêter », en encore « Fifa go home! ».

A Rio de Janeiro, à peine une centaine de manifestants -pour presque autant de journalistes et le double de policiers-, ont protesté devant le Copacabana Palace, où sera logée la Fifa pendant le Mondial, ont rapporté des journalistes de l’AFP.

Interrogé sur cette faible mobilisation, un manifestant, Alexandre Soares, professeur d’univerité expliquait qu’en cette saison d’été (austral) « beaucoup de gens sont en vacances ou à la plage« .

« On ne peut pas comparer avec le mouvement massif de 2013 qui fut un moment unique. Mais je suis certain que d’ici à la Coupe le mobilisation va peu à peu s’intensifier« , a-t-il dit.

« Un enfer »?

« Je crois que cette mobilisation peut même réussir à empêcher le Mondial. Et sinon, prévient-il, alors je souhaite bonne chance aux stades, aux sponsors et à la Fifa, parce que nous allons faire de cette Coupe un enfer! »

Ailleurs qu’à Rio, la mobilisation a également été extrêmement faible, comme à Recife (nord-est) et Goiania (centre) où les manifestations ont rassemblé chacune une centaine de personnes munies de pancartes dénonçant la facture du Mondial.

Tous ces rassemblements se déroulaient pacifiquement.

Les organisateurs ont repris les slogans de la fronde sociale de juin 2013.

Ils réclament des investissements massifs dans des services publics précaires (transports, santé, éducation) et dénoncent les dépenses colossales investies dans l’organisation du Mondial.

« Passe Livre* », le mouvement pour les transports publics gratuits qui avait mis le feu aux poudres l’an dernier avec une manifestation à Sao Paulo contre la hausse du prix du ticket de bus, avait indiqué vendredi son soutien aux manifestations tout en précisant qu’il n’y participerait pas.

Après juin, les manifestations se sont poursuivies à Rio et Janeiro et Sao Paulo pendant l’automne.

ALeqM5h8RAGJKa1d2x1PmHy0IzW2SrIXCwMais elles ont peu à peu perdu en intensité, en même temps qu’elles se radicalisaient, dégénérant en affrontements systématiques entre militants anarchistes de Black Blocs et la police militaire, avant de s’éteindre peu à peu.

José Augusto Rodrigues, sociologue à l’Université de Rio (Uerj), estime qu' »il y aura des manifestations pendant le Mondial, d’autant que c’est une année d’élections générales » mais « pas à l’échelle de juin dernier ».

« Les gens ont perdu l’envie de manifester en raison de la radicalisation de certains groupes et les pouvoirs publics, de leur côté, ont appris à gérer les manifestations« , avait-il indiqué vendredi à l’AFP, en soulignant que le degré de mobilisation de samedi servirait de « thermomètre ».

Pour Alba Zaluar, une autre sociologue de l’Uerj, « ceux qui prônent le rejet de la Coupe du monde ont oublié de consulter le peuple brésilien ».

« C’est un peu tard maintenant, ajoute-t-elle. « Se sont-ils mis d’accord avec la population qui aime le football ?« , s’interroge Mme Zaluar.

Note du CNE:

*Ils s’agit en réalité du mouvement ‘Un pas libre ‘(qui rassemble étudiant-e-s, précaires, travailleurs…) on peut consulter un texte sur son implication lors de la révolte de l’été 2013 ici.

[Paris] Rassemblement contre l’occupation policière à Belleville – 1er mars 2014

Chaque jour, à Paris comme ailleurs, l’Etat, à travers ses polices, sa justice et ses prisons, rafle, enferme, expulse, contrôle, surveille, assassine… Cela afin de maintenir la paix sociale garantissant la bonne marche de l’exploitation et de la domination.

Cette volonté de contrôle généralisé vise plus particulièrement les pauvres et prend dans certains quartiers la forme d’une véritable occupation.

A tout(te)s celles et ceux qui veulent relever la tête et lutter, retrouvons-nous pour transformer notre dégoût en actes, de façon autonome et sans médiation.

Que chacun, de la manière qui lui semble pertinente, se réapproprie ce moment parmi d’autres.

Rassemblement samedi 1er mars à 15h au métro Belleville.

Source: indymedia nantes

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[Affiche] Pour ne plus jamais baisser les yeux

Que ce soit directement ou indirectement, le trio Police-Justice-Prison fait partie de nos vies à tous et toutes. Qui n’a pas goûté de leurs menottes ou de leur procès, qui n’a pas côtoyé la taule ou les centres de rétention de près ou de loin ? Qui n’a pas déjà ressenti leur menace ? Il n’y a pas moyen de nier qu’à la pauvreté s’associe toujours la domination de l’Etat. Dans le Nord-Est et les banlieues Est de Paris comme ailleurs, qui peut ignorer les parades de flics roulant des mécaniques, en civil ou en uniforme, qu’ils se nomment BAC, BST, Correspondants de Nuit ou vigiles des proprios, de la mairie et de la RATP, épiant les faits et gestes de chacun, contrôlant les papiers, avec un regard de défiance, avec la bénédiction et l’appui des juges et des procureurs dont le métier est de nous enfermer ? Il n’y a pas de sous-métier, entend-t-on parfois, mais rien n’est plus faux lorsque des individus choisissent pour gagner leur vie de nous empêcher de vivre la nôtre.

Mais la répression, ce n’est pas que des uniformes et des juges, c’est tout une mentalité que l’on finit par intérioriser de la maternelle au cercueil. Le citoyen, cet auxiliaire de police qui choisit nos maîtres à chaque élection, est bien le premier rempart à la révolte des dominés. Et il ne faut pas se leurrer, la paix sociale est une forme sournoise et violente de la guerre qui est menée au quotidien contre les révoltés, elle est à la fois la forme la plus institutionnalisée et la plus déléguée de la domination du pouvoir. Son but est de nous faire subir la guerre sociale plutôt que de la mener contre le pouvoir et ses sbires. Mais c’est une guerre de chaque instant, dont l’aspect psychologique est certainement le plus redoutable. En créant ses catégories de toutes pièces – honnête citoyen contre racaille, avec papier contre sans, innocent et inséré contre coupable et marginal… – le pouvoir a déjà gagné une bataille importante en réussissant à diviser ceux qui, réunis, pourraient venir à bout de son système de mort par la révolte et l’insurrection.

Nos dernières illusions sont certainement celles qui nous livrent le plus à leur broyeuse, qu’il s’agisse des différents replis (communauté, famille, clan, religion) ou de l’intériorisation de son idéologie, produisant balances, sexistes en tous genres, racistes, défenseurs de la propriété, regards suspicieux, défiance envers tout ce qui sort de leurs normes ou coup de fil au 17 plutôt que de régler ses conflits de façon autonome. C’est croire encore que l’on peut vivre libre en déléguant ses responsabilités à des intermédiaires divers, qu’ils soient flics, politiciens ou chefs religieux, ou en détournant simplement les yeux vers le rêve embrumé d’un ailleurs où l’on pourrait guérir d’ici (came, alcool, prière, télévision…).

Mais dans cette guerre sociale, le contrôle n’est pas un concept abstrait, c’est des noms et des adresses, c’est des milliers de caméras, de flics et de magistrats, c’est des entreprises qui font leur beurre sur notre misère (banques, agence immobilières, contrôleurs, huissiers, grande distribution) ou notre enfermement (constructeurs, architectes, humanitaires, gestionnaires), c’est des subventions et des prestations en échange de notre résignation et donc de notre complicité, qu’elle soit active ou passive. Un peu partout, la paix sociale se fissure lorsque des révoltes éclatent, lorsque que des individus relèvent la tête, retrouvant leur dignité face aux oppresseurs. Passer de la fissure à l’explosion ne dépend que de notre volonté de ne plus baisser les yeux, de ne plus rien attendre d’eux et de combattre ce monde de fric et de flics où la véritable violence réside dans le pouvoir de l’argent et de la matraque.

Voila pourquoi, sur ces quelques bases, nous ressentons le besoin de se retrouver autour du désir commun de permettre à cette rage de s’exprimer publiquement, comme chacun l’entend, comme un moment parmi tant d’autres.

Dans le Nord-est de Paris comme ailleurs,
Pour en finir avec l’occupation policière de nos vi(ll)es

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[Affiches trouvées sur les murs de Paris, début 2014.]

Pour se procurer des exemplaires de ces deux affiches pour les coller, écrire à [email protected].

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