Archives mensuelles : février 2014

[Nantes] Récits d’une manif contre Vinci et son monde – 22 février 2014

22 février – Contre-feu face à la dévastation médiatique. Récit et analyse collective de la manifestation anti-aéroport

Nous sommes des voix anonymes de cette manifestation. Nous n’accepterons pas que les mots pré-mâchés des médias nous volent la mémoire de cette journée. Nous ne succomberons pas aux pressions et aux mensonges de politiciens qui veulent juste nous diviser et rêvent de nous voir disparaître. A nous d’écrire notre histoire. Voici une collecte de récits et ressentis de cette journée. On vous appelle à les diffuser et à faire de même.

La manifestation commence pour certain dès 7h du matin par des convois de tracteurs qui arrivent par les voies rapides ou les départementales. Le cortège parti de Vannes compte 150 tracteurs, celui de Rennes pas moins de 80. Ceux qui sont partis de là-bas invitent ceux qui les croisent en sens inverse sur la 4 voies à écouter radio bouchon, une radio pirate qui diffuse des émissions sur l’histoire des luttes paysannes. Tous les paysans ont mis la plaque d’immatriculation de Jean-marc Ayrault sur leur véhicule. Depuis la ZAD, pas mal de gens sont partis avec les tracteurs. Dans les villages, au passage des convois, de nombreux riverains sont sur le pas de leur porte et applaudissent.

Au final, 5 convois se rejoignent sur le périph’ nantais et viennent se positionner directement square Davier, au point d’arrivée de la manifestation. On dénombre 520 tracteurs, l’équivalent d’un cortège de 3,5km, on va dire 4 avec les remorques. On peut lire sur pas mal d’entre eux « tracteurs vigilants« , le signe qu’ils sont prêt à venir sur la ZAD ou à entrer en action à coté de chez eux en cas de besoin, pour empêcher des travaux, défendre les champs et les maisons. Une trentaine de tracteurs rejoint le Pont Morand point de départ de la manifestation. Là-bas, dès 12h des cantines collectives accueillent les comités locaux arrivés de partout dans une soixantaine de bus. Pas mal de monde est logé chez des Nantais-e-s ou dans les villages alentours. Dès la veille, le local de Vinci était déjà recouvert d’une inscription et on voyait des personnes arpenter les rues de la ville avec des sac à dos et panneaux pour la manifestation.

Vers 12h30 un groupe débarque en radeau fait main, le long de l’Erdre, avec une banderole « résistance et sabordage« . Tout au long de leur dérive, ils disposent au milieu de l’eau des drapeaux anti-aéroport sur flotteur. Pendant ce temps, quelqu’un fabrique une cabane dans un arbre à 30 mètres de la Préfecture, rappelant celles qui ont marqué la résistance dans la forêt de Rohanne en novembre 2012, sur la ZAD. Depuis la veille, la préfecture met en place des grilles anti-émeutes partout autour du centre-ville, qu’elle a choisit, au dernier moment, de rendre inaccessible aux anti-aéroports. Une prise de parole initiale annonce que même si le Préfet a l’air d’avoir peur de nous, « ça ne va pas nous empêcher de manifester ». Des nantais nous témoignent qu’il leur est interdit de rentrer chez eux. Il y a des contrôles un peu partout. Au coin d’une rue, une personne se fait piquer la binette avec laquelle elle est venue défiler.

A 13h15, au début, on a un peu peur : on a l’impression de ne pas être aussi nombreux que prévu. Et puis assez vite, ça converge de partout. Il y a un afflux massif. La manif se révèle immense, avec pas mal de gens qui n’étaient sûrement jamais venus montrer, dans la rue, leur refus de l’aéroport. Jusqu’à 14h30, la queue de manif n’a pas fini de partir de Pont Morand et la tête de manif est déjà au niveau des machines de l’île. Il y a alors plus de 3km5 de manifestation continue sur des artèree forts larges. Pendant ce temps des tracteurs remontent par l’autre coté de la zone rouge. Nous sommes des dizaines de milliers. C’est la plus grosse mobilisation anti-aéroport à ce jour et personne à Nantes ne peut ignorer sa présence dans la ville.

Depuis le début du cortège ont voit arriver des chars : une salamandre jaune et noire de 15m se dandine tranquillement. Un tracto-triton géant ronronne. De très nombreux masques d’animaux marquent le refus de la destruction des espèces et des mesures dites de compensation. On se délecte des centaines de panneaux faits main avec des slogans aussi drôles qu’imaginatifs. Sur un mode plus mégalo, une banderole géante est déployée depuis le haut des immeubles, d’un coté à l’autre de l’avenue de Strasbourg en soutien à ceux qui se battent contre la construction d’une ligne à grande vitesse dans le Val de susa.

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« Liberté pour toutes – Chiara, Mattia, Claudio, Niccolo…. No TAV – Résistances et sabotage »

Le 22 février est aussi une journée internationale de soutien aux personnes accusées là-bas de terrorisme et qui risquent jusqu’à 20 ans de prison pour s’être attaqués à un chantier. Au-delà de l’aéroport, la manifestation se connecte très visiblement avec un tas d’autres luttes contre l’aménagement marchand, sécuritaire et gestionnaire du territoire. Tout au long du défilé, pas mal de personnes s’emploient à donner une autre couleur à la ville et à en marquer certains points particuliers. Du marqueur à l’extincteur en passant par les oeufs de peinture, collages d’affiches et sprays. On découvre d’ingénieux mécanismes pour reproduire à l’infini un pochoir « la police tape la police tape la police tape la police tape la police tape la police…« . La mairie, un tribunal, un commissariat, des caméras de vidéosurveillance, les grilles anti-émeute et les flics derrières sont redécorés.

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la mairie de Nantes

la mairie de Nantes

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Expressions murales sur le comico

Expressions murales sur le comico

Sur un mur repeint, il ne reste bientôt plus que la trace de leurs silhouettes en gris sur fond de blanc dégoulinant. Sans surprise, le commerce Vinci immobilier, situé en début de manifestation, focalise les énergies débordantes et ne survit pas au passage d’autant de personnes qui tiennent à marquer leur animosité vis à vis du projet d’aéroport. Au fil du défilé, l’enseigne s’est fait peindre, puis ouvrir, puis repeindre, puis casser, puis rerepeinte.

L'intérieur du local Vinci

L’intérieur du local Vinci

Les maquettes et mobiliers ont été déménagés. Il servira même à la fin de la journée de décor pour photos souvenirs de manifestants en famille avec panneaux et calicots.

Un peu plus loin, des personnes amorcent un fumigène sur la voie ferrée pour avertir les trains de ne pas passer sur les voies. Ils invitent ensuite ceux qui le souhaitent à lancer des chaussures sur les caténaires. Cette action surprise désigne le rôle de la sncf dans la construction ligne à grande vitesse Lyon-turin dans la val de susa. L’ambiance sonore évolue au fil de la manif. Un groupe tout de rose vêtu forme une grande baukada « rythm of resistance », réunissant des formations de divers endroit qui se cale sur des canevas communs. Un peu plus loin, des rappeurs de la ZAD et d’ailleurs se relaient sur un tracteur et mettent en mot cadencés une critique sociale et des rages partagées.

Autour d’un isoloir ambulant plein de déguisements, une sono marque des pauses sur le trajet et met en lien un certain nombre d’enseignes avec l’aéroport et son monde. Elles mettent en regard le tourisme, le renforcement des frontières et les expulsions, les rapports nord-sud et invitent à venir faire des pochoirs. Plus loin encore, une foreuse et une pelleteuse sont incendiées. Des manifestant-e-s désapprouvent, mais on entend aussi pas mal de « bien fait pour eux ! », surtout quand certains comprennent qu’il s’agit d’un chantier Vinci.

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Il y a tellement de monde et tout est tellement étalé qu’il est impossible de comprendre tout ce qui se passe.

Au niveau du croisement des trams, l’avant du cortège constate que le cour des 50 otages est bel et bien bloqué par des grilles anti-émeutes, ce qui, même selon les vieux militants nantais les plus aguerris, n’est jamais arrivé. Au lieu de s’arrêter comme prévu au square Daviais, la tête de cortège fait un pied de nez au préfet. 2 tracteurs contournent rapidement quelques véhicules de police et viennent se placer sur le pont Ododin. Quelques milliers de personnes entament alors un trajet annexe sur l’île Beaulieu, un point symbolique de la métropole et de la gentrification, avec ses pépinières d’entreprises high-tech, ses artistes dociles et ses grosses machines, son tribunal mégalo, le centre du FNAEG où sont collectés les fichiers ADN. Cela n’a pas l’air d’amuser tellement plus les autorités qu’on aille se balader là-bas et au bout d’un moment, alors que le cortège se distend un peu la police referme le pont et interdit le passage.

Pendant ce temps, cela s’agite du coté des grilles anti-émeutes à Commerce qui sont ressenties par beaucoup comme un affront. Même si le dispositif policier a l’air solide, on reste pour marquer sa colère vis à vis de l’interdiction de manifester, de l’entêtement du gouvernement et de ses menaces de revenir sur la zone pour tout détruire, ou pour leur montrer qu’on peut être fort face à eux. D’abord des personnes tapent à main nues sur les plaques de plexis et grillage en se moquant des bleus derrière. Puis, dans un geste de défi, des tracteurs vont se mettre face aux grilles. Ça s’emballe petit à petit, des projectiles partent. En face, ça répond vivement – avec des grenades assourdissantes, lacrymogène et tirs de flashballs à gogo. Le préfet a l’air de vouloir donner une petite démonstration expresse du bordel qu’il est venu mettre dans le bocage pendant plusieurs mois avec l’opération César. Ses canons à eau s’évertuent, en continu, à recréer une zone humide à l’intérieur même de la ville. En face, une partie des manifestants ne se laissent pas compenser, ni déplacer.

Pendant plus de 2h des gens attaquent les grilles, déterrent des pavés, lancent ce qui leur tombe sous la main. Un tracteur s’amuse un moment à bloquer le jet du canon à eau. Un peu plus tard, des grappins sont arrimés au grilles et des dizaines de personnes tirent. En contrepoint aux explosions des grenades jetées par la police, un feu d’artifice lancé par quelqu’un dans la foule, pour la beauté du geste, illumine le ciel.

Tout autour, des milliers de manifestants restent là plutôt tranquillement, sans forcément prendre part activement aux affrontements mais sans s’affoler pour autant. Régulièrement, des centaines de voix s’élèvent pour reprendre en choeur « Non à l’aéroport ! » et accompagnent ceux qui courent sur les grilles. Beaucoup discutent, commentent, boivent un coup, se retrouvent, rient ou s’enthousiasment malgré les yeux humides de lacrymogènes..

Un bureau de contrôleurs de la TAN (transport de l’agglomération nantaise) disposé entre deux voies de tram part en flamme, un peu plus loin, la vitrine d’un magasin « nouvelle frontières » tombe, et le commissariat à l’angle se fait repeindre, ouvrir et retourner.

les locaux des Trnsports de l'Agglomération Nantaise

les locaux des Transports de l’Agglomération Nantaise

le comico

le comico

Un appel est fait pour venir y faire la fête. Les tracteurs resté pas loin des grilles ne sont pas dans une situation évidente au beau milieu du chahut et se retirent petit à petit.

Depuis 15H30, à 300 mètres de là et malgré les détonations, des milliers d’autres personnes sont réunies plutôt tranquillement autour des prises de parole qui débutent. Pas mal de monde fait des allers et retours. Des paysans de COPAIN ont commencé à creuser une mare sur le square pour concurrencer la Préfecture. Plus loin en arrière, une partie de la manifestation stagner sans toujours trop comprendre ce qui se passe.

Vers 18h, tout le monde se regroupe le temps d’une petite boum sur le square Davier. Il y a de la joie ! On passe de Paint it black a du gros son techno et la foule danse tandis que les camions grillagés et canons à eau avancent petit à petit au rythme des charges de CRS, pour vider la place. Les tracteurs partent. Quelques milliers de personnes s’attardent et défient encore un peu la police qui mettra deux bonnes heures de plus à évacuer tout ce monde. Ils ne font pas de cadeaux et les blessés graves s’additionnent : mâchoire défoncée, nez retourné. L’un d’eux qui s’est pris une grenade en tir tendu, perdra son oeil le lendemain.

En échangeant avec les uns et les autres sur le chemin du retour, il est clair que toutes les initiatives prises lors de cette manifestation n’ont pas été consensuelles. Elles ont pu soulever des malaises et débats autant qu’un enthousiasme débordant. Pour autant, nous n’avons senti à aucun moment une foule paniquée et divisée, mais bel et bien un mouvement commun, composite et solidaire rappelant la façon dont des formes hétérogènes de résistances aux expulsions ont pu cohabiter pleinement pendant une journée décisive comme le 24 novembre 2012 dans la forêt de Rohanne. Le soir même, ce qui ressort, chez toutes celles et ceux qu’on croise, est la force donnée par l’élan de la journée.

Pour le pouvoir, une manifestation telle que celle-ci, dans toute sa diversité est absolument insupportable. Pas tant peut-être pour les quelques vitrines endommagées et machines de chantier ciblées, pour les agents de police contusionnés et barricades édifiées que pour la masse de personnes que ça n’avait pas l’air d’offusquer plus que ça sur le moment. Il est d’autant plus intolérable pour les autorités que les organisateurs de la manifestation refusent de tomber dans leur piège et constatent dans un communiqué commun le soir même :

« (…extrait) La préfecture avait choisit de mettre Nantes en état de siège et de nous empêcher d’être visible dans le centre ville. C’est la première fois qu’on interdit à une manifestation d’emprunter le Cours des 50 Otages. Une partie du cortège est passée par l’île Beaulieu. Une autre a essayé de passer par le trajet initialement prévu et a fait face à une répression policière violente avec tir de flashball, gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes. Cela n’a pas empêché les manifestants de rester en masse dans les rues de Nantes jusqu’à la fin. Il existe différentes manières de s’exprimer dans ce mouvement. Le gouvernement est sourd à la contestation anti- aéroport, il n’est pas étonnant qu’une certaine colère s’exprime. Que pourrait-il se passer en cas de nouvelle intervention sur la zad ? Cette journée est un succès et les différentes composantes de la lutte restent unies sur le terrain. L’opposition ne fait que croître depuis 30 ans. Le gouvernement n’a pas d’autre choix que d’abandonner le projet d’aéroport ! »

Dès le lendemain, le rouleau compresseur politique, le préfet, Ayrault et Valls réunis tentent désespérément de diviser le mouvement, d’en isoler une fraction et de la stigmatiser. Il s’agit de désigner les occupant-e-s de la ZAD comme les gardiens d’un « camps d’entraînement la guérilla urbaine » ou comme « un mouvement armé » sur le thème du « kyste » maléfique à éradiquer… La recette est classique : incapables d’accepter l’idée qu’une colère vis à vis de la répression policière et des promoteurs de l’aéroport puisse se diffuser, ils désignent de fantasmatiques groupes de black blocs manipulateurs et étrangers, et envoient leurs experts vomir un montceau de caricatures grossières sur le sujet que Libération et d’autres reprennent sagement en les présentant comme des « enquêtes ». Ils ont beau chercher à se donner des leviers pour revenir expulser et pouvoir taper très fort sur certain-e-s pour tenter de faire peur à tous les autres, comme dans le val de susa, ils savent pourtant bien que sur le terrain et au-delà, la colère pourraient être plus forte et plus partagée encore si ils s’entêtaient à lancer une seconde opération « césar ».

Sans peur du ridicule, toute la presse en choeur, nous parle de Nantes « dévasté ». On s’attend à un champs de ruines à perte d’horizon. En réalité les quelques transformations imposées au mobilier urbain n’ont pas eu l’air d’empêcher les nantais-e-s de se balader longtemps où que que ce soit. Si on doit vraiment parler de « dévastation » et de « violence », peut-être pourraient ils dire aussi quelques mots des maisons dévastées, des champs saccagés et des dizaines de personnes gravement blessées par plus de 1200 policiers sur la ZAD, pendant les 5 mois qu’ont duré l’occupation policière. Peut-être devrait-on rappeler que le Préfet vient de signer des arrêtés de démarrage des travaux et prétend aujourd’hui revenir vite et pour tout détruire définitivement. On nous demande aujourd’hui de rejeter toute idée de violence et de nous désolidariser de ceux qui brûlé leur machines, cassé leur vitrines, assailli leurs dispositifs. Mais personne ici n’oublie que si nous nous étions contenté de nous asseoir en travers de la route et de discuter quand ils ont débarqué le 16 octobre 2012, il n’y aurait aujourd’hui plus personne pour parler de la ZAD. Elle n’existerait sans doute déjà plus. Les journalistes, fascinés par les « affrontements » autant qu’il les rejettent, diffusent la peur, créent des catégories, cherchent à dérober nos souvenirs. Cela peut paraître impressionnant, mais c’est loin d’être la première fois dans l’histoire de ce mouvement, et cela ne l’a jamais empêché de rebondir et de se renforcer. La chape de plomb qu’ils essaient de faire retomber sur cette manifestation ne nous fera jamais oublier la vitalité de cette journée, le ravissement de se sentir aussi nombreux-ses, les sourires et la colère partagés. Quoi qu’ils en disent, cette manifestation était un moment rare et précieux, une étape majeure dans cette lutte.

L’aéroport ne se fera pas !

Transmis par mail, 27 février 2014

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Durant cette manif, on a pu voir une succession d’attaques directes contre Vinci et son monde. Ces innombrables actions directes ont pu être menées à bien, non sans l’intervention continue de ces paciflics toujours prêts à défendre les édifices de la domination et de l’oppression (On peut les entendre chouiner et tenter de s’interposer sur de nombreuses vidéos qui ont été publiées sur le net).

Outre le local Vinci et le commissariat de police, les locaux de la SNCF et les locaux du TAN ainsi que des stations de tram place du Commerce ont goûté un peu de notre rage à coups de marteaux et objets qui nous tombaient sous la main. Le mobilier a été sorti pour renforcer les barricades. De nombreux commerces ont brûlé (place du commerce), littéralement dévastés (les agences de voyage ‘Nouvelles Frontières » et « FRAM ») ou caillassé (la fnac). Les murs et mobilier étaient recouverts de tags aux alentours du parcours (et ce dès le début de la manif) contre Vinci, le TAV, les flics, la surveillance, la prison, ‘Nantes Nécropole’ et tous les projets urbains et développement aussi dévastateurs les uns que les autres. La destruction systématique des panneaux de publicité ont momentanément enrayer la lobotomie ambiante de la ville-prison. Le tribunal administratif a été recouvert de peinture et quelques pierres ont traversé ses vitres.

Une station de tram

Une station de tram

Le local SNCF

Le local SNCF

Le tribunal adminstratif

Le tribunal adminstratif

Les journaflics de BFM TV, ainsi que de franceTV et france info ont eu des coups de chaud après s’être fait prendre à partie par plusieurs manifestants.

france TV

france TV

Au final, il y aurait eu au moins un million d’euros de dégâts, sans compter les destructions et saccages des commerces et de banques.

Ce fut une journée où nos actes de révolte se sont mélangés et additionnés, avec le sentiment d’avoir vécu debout ne serait-ce qu’un après-midi.

Feu à Vinci et à son monde !

Transmis par mail, 28 février 2014

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voir d’autres récits sur le net:

[Montréal, Québec] Des voitures de keufs aux molotovs – 20 février 2014

Les médias rapportent que jeudi (20 février) en début de soirée au moins deux voitures de police dans le stationnement du poste 27, dans Ahuntsic, ont été endommagées par des molotovs. Un homme de 26 ans aurait été détenu et interrogé.

Nous n’avons pas plus d’infos pour le moment.

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Repris de sabotagemedia

[Liège, Belgique] Au moins cinquante panneaux de pub ‘Decaux’ détruits: trois arrestations avec la collaboration d’une balance

Ils vandalisaient les panneaux publicitaires liégeois

LIÈGE – Depuis quelques jours une vague de vandalisme touchait les panneaux publicitaires liégeois: 3 jeunes ont été interpellés. Deux sont mineurs.

Trois jeunes hommes, un majeur et deux mineurs, ont été interpellés par la police de Liège, mercredi vers 07h30, dans le cadre de l’enquête sur la vague de vandalisme qui touche depuis quelques jours les panneaux publicitaires du centre-ville, a annoncé mercredi le porte-parole de la police locale.

Dans la nuit de dimanche à lundi, une cinquantaine de panneaux de la firme Decaux ont été vandalisés dans le centre-ville mais également dans le quartier d’Outremeuse à Liège. La police locale a réagi en mettant en place un dispositif permettant d’appréhender les auteurs.

Mercredi, un témoin a repéré des individus détruisant un panneau boulevard de la Sauvenière. Trois suspects, le plus jeune étant âgé de 14 ans, ont été arrêtés grâce aux caméras de surveillance qui ont pu corroborer les dires du témoin.

Les suspects sont entendus dans le cadre de cette enquête. Les images des caméras de surveillance sont toujours en cours d’exploitation afin de déterminer l’ampleur des dégâts de la nuit dernière, le nombre de panneaux dégradés est encore indéterminé à cette heure.

Leur presse – lavenir.net, 26/02/2014 à 14h16

[ZAD du Testet] Contre le barrage de Sivens, appel à mobilisation et occupation (expulsion ce matin 27 février par les gendarmes)

Appel à mobilisation, occupation, réoccupation et actions décentralisées contre le barrage de Sivens, pour la sauvegarde de la zone humide du Testet

la-zad-est-partoutLa magnifique vallée du Tescou est menacée par un projet de barrage. En bordure de la forêt de Sivens à 10 Km de Gaillac (Tarn), c’est 35 hectares de zone humide, forêt et bouilles* qui doivent être noyées pour satisfaire les besoins de l’économie capitaliste : un gros chantier pour une grosse entreprise (la CACG) et de l’eau à profusion pour favoriser l’agriculture intensive. 18 hectares classés «zone humide» sont concernés, ainsi que de la forêt. Parmi les nombreux animaux sauvages qui y vivent, on compte une centaine d’espèces  « protégées » dont cinq menacées.

Le projet est financé intégralement par des fonds publics (dans les 10 millions d’euros) et doit servir uniquement des intérêts privés. Il a été mené en contournant les lois trop contraignantes et en jouant sur les chiffres pour fausser les dossiers. Les alternatives proposées ont été occultées par les politiques qui ont scrupuleusement suivi les consignes de leurs amis affairistes en leur apportant une caution démocratique.

Depuis le mois de novembre, nous avons déjà bloqué plusieurs tentatives de « déplacements d’espèces » et les opérations d’une équipe de géomètres. Le projet est peu connu par la population locale qui n’a presque pas été informée, mais le potentiel de soutien est grand. Un gros travail de communication reste à faire. Nous occupions depuis le 23 octobre 2013, une ancienne ferme à l’abandon, la Métairie Neuve, jusqu’à ce qu’elle soit saccagée par une vingtaine d’individus cagoulés le 23 janvier. Les 25 et 26 du même mois, une cabane et un campement étaient collectivements reconstruits sur un autre terrain, la « Bouillonnante », situé sur la « Zone à Défendre » proprement dite.

Une procédure judiciaire a abouti à une ordonnance d’expulsion pour le terrain occupé, sans qu’aucun huissier ne se soit présenté, ni que personne ne nous ait prévenu officiellement. On nous réserve donc une expulsion « surprise ». Les promoteurs du projet sont tenus par des délais très serrés (arrêtés préfectoraux et conditions des financements européens). Nous nous attendons donc à une expulsion imminente et à une accélération des opérations. Nous sommes à une période charnière du projet et les semaines à venir seront décisives.

En cas d’expulsion, nous appelons touTEs les individuEs, comités, collectifs et autres forces de résistance à organiser des actions décentralisées auprès des entreprises et institutions porteurs du projet: CACG, Adour Garonne, conseils généraux du Tarn et du Tarn et Garonne, ou auprès des représentations locales des institutions ayants pris partie dans le projet: préfectures (état), DREAL (ministère de l’écologie), communanuté européenne.

Dans tous les cas et dès maintenant, le collectif « Tant qu’il y aura des bouilles » appelle celles et ceux qui refusent ce monde à venir occuper, construire, reconstruire et habiter la zone pour bloquer ce projet jusqu’à son annulation ! Notre résistance est dynamique et créative, nous luttons contre un système, des idées et des pratiques, mais dans aucun cas contre des individus.

Copains d’ici et d’ailleurs, amiEs bâtisseuses et bâtisseurs de nouveaux mondes, rejoignez-nous au plus vite ! Les courtes visites sont appréciées autant que les longs séjours! Une victoire sur un grand projet nuisible est à notre portée!

*bouilles: terres ou prairies humides sans valeur financière

Télécharger le tract d’appel illustré au format PDF ici

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Mis-à-jour, 27/02/2014 :

Depuis ce jeudi matin 8h, les gendarmes de Gaillac accompagnés d’un escadron de GM sont sur les lieux et expulsent les occupant-e-s. Une quarantaine de solidaires étant prévenue de l’expulsion s’est fait bloquée dans les environs de la ZAD du Testet par les keufs.

Des appels à actions décentralisées sont donc à prévoir un peu partout. Les entreprises et autres participants à cet énième projet capitaliste sont connus et méritent une réponse appropriée de notre part.

Plus que jamais, solidarité avec la ZAD du Testet !

[Amiens] Evasion de la maison d’arrêt – 26 février 2014

Lundi 25 février dans la soirée, un prisonnier a réussi à s’évader de la maison d’arrêt d’Amiens.

Il a demandé des soins en cellule pour une fracture à un pied puis a été transféré à l’hôpital nord. S’étant fait démenotté pour aller aux toilettes, il a bousculé les deux agents de l’AP puis a pris la poudre d’escampette en escaladant un muret.

Souhaitons lui une bonne cavale !

Reformulé depuis leur presse – 26 février 2014

[Atlanta, USA] Tracteurs sabotés pour la ZAD, No TAV et la forêt de Hambach

Dans la nuit du 22 février, nous avons versé un mélange de sable et d’eau dans les réservoirs de deux tracteurs utilisés dans la construction du nouveau tramway d’Atlanta. Le tramway est l’un des nombreux grands projets de développement que la ville a lancé ces 5 dernières années et qui s’inscrit dans le cadre d’un plan général de modernisation du centre-ville. Nous savons que ce plan signifie uniquement plus de police et des loyers encore moins abordables.

Nous offrons ce petit geste de solidarité à la ZAD, au mouvement NO TAV et à l’occupation de la forêt de Hambach*. Nous voudrions aussi apporter de la force à celleux affecté-e-s par l’augmentation de la surveillance ou de la répression que les nouveaux projets de développements ont amenée à Atlanta.

Notre action a été très simple à mettre en place. Elle n’a pas été longue à planifier ou à faire et nous avons trouvé tout le matériel sur le bord de la route. Nous ne pensons pas que l’accumulation d’actions fait la révolution, mais nous avons voulu encourager les participant-e-s actuel-le-s et futurs des luttes révolutionnaires.

En avant, haut les coeurs !

en anglais

Repris de contrainfo

*aller voir le blog (en anglais) de cette lutte contre les extractions de lignite dans la forêt de Hambach en Allemagne: hambachforest.blogsport.de

[Paname et sa banlieue] Triple attaque contre la justice en solidarité – 20 février 2014

Marteaux solidaires.

Dans la nuit du 19 au 20 février, les maisons de la justice et du droit rue des boucheries (Saint-denis), rue Bernard et mazoyer (Aubervilliers) et rue du Buisson Saint-Louis (Paris 10è) ont été attaquées. À chaque fois toutes les vitres ont été défoncées. Rue du Buisson Saint-Louis, un tag « Nique la justice » a été inscrit sur la façade.

Parce que de façon générale, la justice nous pourrit la vie au quotidien et aussi parce que la semaine précédente, une révolte était matée au Cra de Vincennes (deux retenus incarcérés) et que lundi 17, deux compagnons étaient envoyés en taule pour avoir exprimé leur solidarité devant les murs du Cra. Parce que nous pensons qu’aucune attaque de la justice ne doit rester sans réponse.

Liberté!

Source

NdCNE:

Les deux compagnons qui avaient été emprisonnés suite à l’action solidaire devant le centre de rétention ont été libérés hier, mardi 25 février 2014 (Voir ici)

[Révolte et solidarité au CRA de Vincennes] Mise à jour et précision: deux compagnons libérés – 25 février 2014

Les deux compagnons sont sortis de prison mardi 25 février avec le même contrôle judiciaire que les trois autres, après dix jours d’enfermement suite à une audience de remise en liberté.

Repris de non-fides.fr, 25 février 2014

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14 février 2014.

Au centre de rétention de Vincennes une révolte a éclaté dans la nuit de jeudi à vendredi. Ces enfoirés de flics ont débarqué à 4 heures du mat’ pour expulser l’un des enfermés. Les accès aux chambres ont été barricadés, les caméras obstruées et des extincteurs, des portes, des meubles ont été balancés sur les flics.

La réponse de ces derniers ne s’est pas faite pas attendre et 23 camions débarquent pour mater la mutinerie. Pas de flics blessés mais 13800 euros de dégâts TTC. Du coup, 48h de GAV pour deux révoltés présents qui se reconnaissent sur la vidéo d’une caméra mal obstruée. Au poste, les flics sont agressifs et les montent l’un contre l’autre pour qu’ils s’accusent mutuellement dans leur déclaration. Déferés à paris, ils prennent deux mois de taule pour avoir jeté une porte et l’un d’entre eux prend deux mois de sursis supplémentaires pour refus ADN

Le soir même un feu d’artifice a salué la rage des détenus de la prison pour étrangers. Les flics s’étaient préparés et les renseignements généraux avaient demandé à la brigade cynophile de faire des rondes et à quelques effectifs de se disposer à differents endroits autour du centre. Cinq personnes sont interpellé-e-s peu après dans le bois de Vincennes en voiture. S’en suit une comparution devant le juge et deux mandats de depôt ! Les trois autres sont sous contrôle judiciaire avec interdiction d’entrer en contact et de quitter l’île de France. Les chefs d’inculpation sont attroupement armé et masqué, refus empreintes, photos et ADN. Le juge a reporté le procès au 24 mars au motif de doutes sur l’identité des accusé-e-s qui avaient refusé de donner leurs empreintes. Durant la garde à vue, rien à déclarer. Des noms fantaisistes sont donnés aux flics, mais certain-e-s ont des papiers qui traînent dans leurs affaires. Deux d’entre elleux, qui ont changé de nom au moment de l’audience en plus de déclarer plusieurs domiciles, sont incarceré-e-s à Fleury Merogis au prétexte de manque de garanties de représentation.

Ils sont sortis de prison mardi 25 février avec le même contrôle judiciaire que les trois autres, après dix jours d’enfermement suite à une audience de remise en liberté.Au lendemain de l’incarcération, un rassemblement de solidarité s’est tenu à Barbès, des tracts racontant l’histoire et appelant à la solidarité ont été distribués et deux banderoles accrochées : « Sabotons la machine à expulser. Liberté pour toutes et tous » et « Feu aux centres de rétention. Détruisons toutes les prisons ».

Plus tôt dans la journée, les flics avaient une nouvelle fois raflé des sans papiers dans ce même quartier, arrêtant plus de 60 personnes. Ils enferment pour faire peur à tou-te-s les révolté-e-s, faire taire la solidarité et isoler les un-e-s des autres. Ils fichent pour optimiser leur pouvoir sur nos vies, et condamnent parce que l’on se rebelle contre l’autorité et que l’on ne se soumet pas sans broncher à leurs sbires. Les frontières sont partout, au centre de rétention, dans la rue, dans les transports, dans les murs des prisons comme derrière les murs du tribunal, jusque dans les têtes. Des dispositifs concrets de contrôle et de répression existent, des institutions, des entreprises, des larbins, font fonctionner la machine à expulser. S’y attaquer, mettre un grain de sable dans les rouages c’est arracher des espaces de liberté et infliger quelques dégâts à ces collabos. Entraver l’action des flics lors d’une expulsion, comme refuser de donner ses empreintes et son ADN, participe à saboter la bonne marche de la répression.

Solidarité complice avec les révolté-e-s, chacun-e selon ses envies, contre toute autorité !

Pour la liberté vive la révolte des deux côtés du mur !

Liberté pour tou-te-s avec ou sans papiers!

Contact:

fouldega[at]riseup.net

[Seattle, USA] Attaque d’une agence bancaire en solidarité avec les résistants au grand jury – 20 février 2014

Jeudi soir dernier, une agence de la ‘Bank of America’ de Seattle a eu ses fenêtres et ses murs bombardés de peinture. Cela a été fait avec ces résistants au grand jury qui sont toujours en exil forcé ou en cavale. Feu aux prisons et aux frontières

Traduit de 325, 25 février 2014

[Hambourg] Un poste de police se mange de la peinture et des tags sur sa façade

[HB] Poste de police embelli à la peinture

Dans la nuit du 23 février, nous avons embelli le poste de police du Bürgerpark avec de la peinture et avons laissé la phrase « combattons le pouvoir / / luttons contre le système« . De telles actions ne peuvent pas changer l’état du système capitaliste, dans lequel nous sommes exploités et opprimés. Certains appellent une telle chose même étant contre-productif.

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Cet embellissement a été une expression de la colère que nous ressentons lorsque nous subissons cette réalité. La police, en tant qu’organe exécutif de l’Etat capitaliste, est responsable de la souffrance de nombreuses personnes.

Nous déplorons ceux qui ont été tués par la police, que ce soit les noms qui nous sommes connus comme Laye-Alama Condé, Oury et nos bien-aimés Alexis et Carlo, ou que ce soit d’innombrables inconnus, qui ont été tués par Frontex de l’Europe forteresse.

Nous sommes solidaires de tous ceux qui, incarcérés, rêvent d’un monde meilleur. Nous voulons donner à tous du courage, pas pour briser la répression et changer les Etats, mais pour atteindre leurs objectifs de continuer à se battre.

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Traduit de l’allemand de linksunten, 24 février 2014