Archives mensuelles : avril 2014

[Valence] Crève les expulseurs de la mairie

Lundi 28 avril au matin à Valence, alors que les employés municipaux étaient sur le point de prendre leur boulot, ils ont eu une petite surprise en arrivant sur le parking municipal: près de vingt véhicules de la mairie se sont faits crever leurs pneus (entre 74 et 80 pneus d’après leur presse) et deux tags ont été inscrits au marqueur sur une des voitures disant « non aux expulsions » et « collabos« . Ce sabotage semble être une réponse à l’expulsion du camp de roms près du plateau de Couleures vendredi dernier (25/04). Le maire Nicolas Daragon, récemment élu, s’était vanté haut et fort d’être intervenu auprès du préfet pour accélérer l’expulsion.

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Reformulé de leur presse, 28/04/2014

[Interlaken, Suisse] Action contre la conférence de l’OSCE sur le terrorisme – 27 avril 2014

A l’occasion de la conférence contre le terrorisme de l’OSCE, aujourd’hui nous avons mené plusieurs actions à Interlaken*. Plusieurs banderoles sur la politique frontalière, le « terrorisme » et la répression ont été suspendues dans et autour de Interlaken. L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (l’OSCE) est complice de la mort de milliers de réfugiés en Méditerranée, cela soulève la question: Qui est le terroriste ?
Le pouvoir de l’État et les contraintes du capitalisme provoquent des milliers de victimes chaque jour.
Pour nous, c’est clair – le terroriste c’est l’Etat !

Plus de 23.000 morts aux frontières de l'Europe.

Plus de 23.000 morts aux frontières de l’Europe.

En solidarité avec les prisonniers de la révolte en Turquie

En solidarité avec les prisonniers de la révolte en Turquie

"Le terroriste c'est l'Etat * Liberté pour Marco Camenish !"

« Le terroriste c’est l’Etat * Liberté pour Marco Camenish ! »

"Détruisons les frontières et les prisons"

« Détruisons les frontières et les prisons » (avec un slogan en grec)

en italien sur la banderole: "Le terroriste c'est l'Etat * Chiara, Claudio, Mattia, Niccolo libres !"

en italien sur la banderole: « Le terroriste c’est l’Etat * Chiara, Claudio, Mattia, Niccolo libres ! »

Lire l'affiche traduite de l'allemand ci-dessous

Lire l’affiche traduite de l’allemand ci-dessous

L’affiche placardée:

Les 28 et 29 avril a lieu ici à Interlaken* la « conférence contre le terrorisme » de l’OSCE (l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe). Mais qui est terroriste ?

Depuis l’attaque du World Trade Center le 11 septembre 2001 à New-York, quelque chose s’est fait dans le domaine de la lutte « antiterroriste ». D’innombrables Etats ont adopté de nouvelles loispour pouvoir agir contre les soi-disant « terroristes ». Des Etats mettent précisément en application des lois anti-terroristes pour combattre les gens qui résistent et leur organisation. Tous ce-lles-ux qui n’acceptent pas l’Etat et l’ordre capitaliste et qui les remettent en cause et les combattent sont intimidé-es, puni-es, enfermé-es et isolé-es.

Cependant, nous ne voulons pas faire appel à la politique des pays respectifs et nous n’exigeons aucune autre loi. Car il est clair que lois et droits – qui sont imposées/donnés aux gens par l’Etat – ne servent qu’à maintenir le pouvoir en place. Nous ne voulons rien demander, mais attaquer les structures du pouvoir ! Nous ne voulons ni du WEF ni de l’OSCE, nous ne voulons pas être dominé-es par les auteurs de la violence d’Etat.

Parce que les Etats sont en possession du monopole de la violence et jouent aussi de cela tous les jours. Quelques exemples sont:

  • Les Etats envisagent vos intérêts dans la guerre.
  • Les Etats défendent leurs frontières et sont responsables de la mort de plusieurs milliers de réfugiés (Plus de 23.000 réfugiés sont morts noyés en Méditerranée depuis 2000)
  • Les Etats font de grosses affaires avec les armes.
  • Les Etats divisent les gens entre résidents et étrangers.
  • Les Etats enferment des milliers de personnes dans les prisons.
  • Les Etats fournissent la base pour l’exploitation et l’oppression.
  • Les Etats développent de nouveaux systèmes d’armes, produisent et vendent des armes.

Le capitalisme pousse continuellement les États à une compétition les uns avec les autres (meilleur emplacement, plus de croissance, niveau de salaire inférieur…) et conduit ainsi à la destruction de l’homme et de la nature. Les États ont besoin d’entreprises solides et rentables, et qu’elles se décident pour les États-nations respectifs, et doivent offrir au Etats des conditions aussi favorables que possible. Aucun État prend au sérieux, peu importe l’environnement ou les conditions de vie du peuple. Ainsi se perpétuera – provoqués par la logique capitaliste – la destruction de la nature, les personnes forcées de fuir, les réfugiés de guerres et les exploités. La quête imparable de profit qui est inhérente au capitalisme pousse l’humanité dans le gouffre. Nous sommes convaincu-e-s que seul un changement radical pour en finir avec les conditions actuelles de la misère peut se propager. Nous voulons et avons besoin d’une économie axée sur des personnes selon les besoins et non sur des profits.

Qu’ils nous appellent terroristes ou extrémistes, nous continuons à lutter pour un monde sans exploitation ni oppression !

Contre l’Etat et le capitalisme.

Pour un monde sans hiérarchie !

Traduction de l’allemand de ch.indymedia.org, 27 avril 2014

* Petite ville du canton de Berne

[Australie] Attaque coordonnée en solidarité avec les sans-papiers enfermés – Melbourne, 28 mars 2014

Dans les premières heures du 28 mars, nous avons coordonnée une attaque à la fois contre les locaux de Transfield* sur St.Kilda road à Melbourne et contre les bureaux de l’entreprise Toll** au sud de Melbourne. 

De la peinture et du verre ont été jetés, pulvérisés tout autour, et les mots « Brûlons le complexe industriel carcéral« , « Fuck Transfield« , « Hors de Nauru« , et autres ont été peints sur les murs des bâtiments.

Nous avons spécifiquement ciblé ces sociétés et les lieux de travail, parce que nous pensons qu’il faut niquer quiconque pouvant profiter de la rétention indéfinie d’êtres humains en Australie et à l’étranger.

Nous refusons d’accepter que le gouvernement australien, et les entreprises privées sous contrat avec lui, puissent s’en sortir en criminalisant, arrêtant, torturant et tuant des gens qui tentent de chercher réfuge***.

Nous croyons que les gens ont le droit de passer n’importe quelle frontière n’importe où pour chercher refuge de la guerre, de l’oppression, du colonialisme et des difficultés économiques que beaucoup de personnes fuient.

Avec cela, nous disons aussi au gouvernement australien: vous n’avez pas l’autorité pour refuser l’entrée et le refuge aux gens sur une terre qu’on a jamais cédé. Vous ne pouvez pas refuser le refuge aux gens sur une terre que vous avez volé !

Solidarité avec toutes les personnes en centre de rétention et en prison partout !

Traduit d‘anarchistnews.org, 24/04/2014 à 23h19

NdT:

*Entreprise australienne de services de maintenance, de développement d’infrastructures énergétiques et de ressources, d’infrastructures industrielles. Sévissant en Australie, en Nouvelle-Zélande, aux Philippines, en Nouvelle-Calédonie, au Canada, aux Etats-Unis, au Chili et en Inde, cette entreprise travaille aussi dans le secteur de la défense des Etats et apporte des soutiens logistiques aux armées. Elle est aussi connue pour enfermer les migrants sans-papiers des centres de Manus et Nauru en Australie. En février dernier, le directeur de Transfield Holdings, Luca Belgiono-Nettis, a démissionné suite à des protestations contre la gestion de l’enfermement des migrants et suite à un boycott massif des filiales de l’entreprise.

**Entreprise apportant des solutions logistiques dans tous les secteurs de l’industrie. Travaillant dans plus de 50 pays dans la région du Pacifique, elle s’enrichit entre autre avec les extractions et l’acheminement de ressources minières et de gaz.

***Fin février 2014, un sans-papiers kurde iranien, Reza Barati, est mort dans le centre de rétention de l’île de Manus, en Australie. En réponse, des solidaires se sont rassemblé-es durant plusieurs heures devant le bureau du ministère de l’immigration à Melbourne.

[Grèce] Récapitulatif et communiqué du mouvement massif de lutte des prisonniers

Nous avons commencé il y a quelque temps un mouvement de détenus contre les conditions spéciales de détentions, la fin des permissions et la limitation des communications avec nos proches.

prisongreece1Depuis lors et jusque maintenant, des dizaines d’actions ont été menées contre le projet de loi de construction du premier Guantanamo grec à Domokos, tant en-dehors qu’entre les murs des taules.

Protestation au bouclage de midi et refus de rentrer en cellule dans plusieurs prisons, participation au refus des plateaux le 11/04 dans toute la Grèce, milliers de signatures de détenus dans toute les prisons et envois de textes de protestation au ministère de la justice, graffitis dans la promenade [1] et protestation nocturne en mémoire et signe de rage pour le meurtre de notre co-détenu Kareli, voilà quelques moments de lutte entre les murs des taules.

En parallèle, nos voix en ont rencontré des milliers d’autres loin des murs et qui ont mené des manifestations devant les prisons, se sont affrontées avec les MAT [2] (manifestation à Domokos), ont appelé à des rassemblements de soutien, ont collé des affiches, ont crée des sites d’informations [3], ont manifesté dans les rues centrales de plusieurs villes, ont organisé des événements sur notre mouvement, ont attaqué l’iniquité (jet d’une grenade sur la voiture d’un maton à Egaleo [4]) et nous ont envoyé un message vivant de solidarité que dans cette lutte nous ne sommes pas seuls.

L’Etat et le gouvernement ont voulu dès le début nous effrayer pour que nous abandonnions notre lutte. Ils en sont arrivés au point de lancer des poursuites contre un avocat, lequel, tout à son honneur, a envoyé un fax avec le texte de protestation que nous avions écrit et que nous lui avions demandé d’envoyer à des prisonniers dans d’autres prisons afin qu’ils soient informés.

L’Etat et le ministère de la justice ont néanmoins fait marche arrière par la suite. La forte participation de toutes les prisons au mouvement d’un côté et de l’autre le meurtre du prisonnier Kareli par des matons ont créé un climat particulièrement tendu qui peut à tout moment avoir des conséquences imprévisibles.

Dans le même temps, les révélations sur la mainmise des ministres Athanasiou et Dendias [5] sur la soi-disant justice indépendante (scandale Baltakos [6]) les a compromis et a confirmé le coup d’Etat judiciaire en cours depuis plusieurs années. Quand est révélé le « sale » rôle de la « justice » face aux néo-nazis paraétatiques d’Aube Dorée qui étaient jusqu’à hier les enfants gâtés du système, alors à quoi doit s’attendre pour un pauvre diable de droit commun, un immigré sans papiers ou un prisonnier politique [sic] ?

Il est clair que le gouvernement et les autorités judiciaires et policières ne veulent pas jeter de l’huile sur le feu en ce moment, très certainement à cause des élections [7]. Les annonces hitlériennes du ministre de la justice Athanasiou au début de l’année pour le transfert des détenus « dangereux » à Domokos dans les 100 jours sont devenus des paroles creuses. On observe en général que le projet de loi fasciste pour les prisons de type C a été gelé.

C’est pour nous une première petite victoire qui n’aurait pas eu lieu si ce que nous avons mentionné ci-dessus ne s’était passé. Mais nous n’avons gagné qu’une bataille, pas la guerre.

Nous restons vigilants, nous nous tenons mieux informé et nous sommes prêts pour le prochain mouvement à tout moment et si le besoin s’en fait sentir.

Le mouvement reste fort et les détenus de chaque prison y contribuent de toutes les manières possibles. Nous restons dans l’attente sans faire un seul pas en arrière. Nous n’accepterons pas de vivre le cauchemar du Guantanamo grec.

Nous remercions tous ceux qui se tiennent à nos côtés depuis le début et qui abolissent à leur façon le mur de notre isolement, transférant nos voix dans les rues.

La lutte continue….

Initiative de prisonniers
24/4/2014

[Traduit du grec par non-fides de Indymedia Athènes.]

Notes

[1Dans la prison de Korydallos.

[2Unité anti-émeute de la police grecque.

[4Action menée le mardi 8 avril à Egaleo, dans la banlieue d’Athènes, et revendiquée par les Bandes Nihilistes de Vengeance ici en français.

[5Premier ministre, membre de Nea Domikratia.

[6Scandale politique où furent dévoilés les liens entre Aube Dorée et Nea Domikratia. Baltakos est un politicien de ND qui s’est fait piéger par ses petits potes d’Aube Dorée, ces derniers ayant publié des enregistrements de conversations privées où le premier affirmait son soutien au parti néo-nazi dans les poursuites judiciaires ouvertes après le meurtre de Pavlos Fyssa. Baltakos a depuis démissionné.

[7Les élections municipales et européennes en mai 2014.

[Belgique] Les entreprises de publicité comptent les dégâts

Recrudescence du vandalisme contre les abribus

Mons, La Louvière et Waterloo déplorent le plus de dégradations en comparaison à l’importance du mobilier urbain.

«  En février*, nous avons eu une centaine d’abribus dégradés à Liège en une nuit par quelques individus  », dit Jérôme Blanchevoye de Jc Decaux, leader mondial du marché et présent en Belgique depuis 1967. En Wallonie et à Bruxelles, la gestion de la majorité des arrêts de bus urbains est confiée au secteur privé, JC Decaux et Clear Channel. L’affichage publicitaire finance l’entretien… sauf que «  Depuis trois ans, nous observons une hausse des actes de vandalisme  », constate Jean Furnemont de Clear Channel.

«  En Wallonie, nous avons des communes avec une moyenne de 250 vitres cassées par an, à 280 euros pièce faites le compte  », chiffre Jean Furnemont. Les grandes agglomérations ne sont les endroits où l’on détruit le plus, en comparaison avec l’ampleur du parc installé. À Charleroi, Clear Channel possède 600 pièces de mobilier urbain, des arrêts de bus protégés, des plans avec de la pub au verso et des colonnes. Nettement moins équipé avec 135 abribus et assimilés, Mons se distingue par le nombre important de dégâts. Constat identique à La Louvière (une centaine d’abribus). «  Nous déplorons cinq actes de vandalisme par mois alors que nous n’avons que 47 pièces de mobilier à Waterloo. Comme quoi, les problèmes ne sont pas forcément dans les communes pauvres. Nous en avons aussi à Uccle  », précise le porte-parole de Clear Channel.

Leur presse – sudinfo.be, 24/04/2014 à 06h22

NdCNE:

*En février 2014 à Liège, trois personnes ont été arrêtées pour des destructions de panneaux publicitaires J-C Decaux dans le centre-ville et à sa périphérie: les flics doivent ces arrestations, comme trop souvent, à une balance

[Grèce] Gestes en solidarité avec la lutte des prisonniers à Athènes et à Veria (nord)

[Veria, Nord de la Grèce] Action contre la création de prisons de sécurité maximale

Compte tenu de la frénésie consumériste des vacances, nous avons décidé de peindre cinq distributeurs automatiques de billets dans le centre-ville de Veria dans la nuit du vendredi 18 avril, comme un petit signe de solidarité avec la lutte des prisonniers contre la création de prisons de sécurité maximale.

L’isolement vise à détruire physiquement et mentalement ceux qui luttent.

Nul captif dans les mains de l’Etat !

Traduit de l’anglais de contrainfo (source)

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Athènes, Grèce : Attaque à la grenade contre la voiture d’un maton

Le 8 Avril a eu lieu une attaque à la grenade visant la voiture (opel vectra argentée) du fameux maton G. Bardakis, au 33 rue Zaimi, à Egaleo près d’Athènes.

Cette attaque est un acte minime de souvenir pour l’assassinat du prisonnier Ilia Kareli.

Après avoir reçu suffisamment, en étant frappé, électrocuté, roué de coups de bâtons, aspergé avec des seaux d’eau glacée, torturé et humilié par les matons, Karelli a finalement fini par échapper aux mains de ses tortionnaires en mourant.

Nous savons que sa mort sera vite oubliée. Comme ce fut le cas pour les dizaines de morts, par maladie, drogues ou désespoir, dans l’enfer de la prison.

Les matons assassins ont eu beau essayer de nettoyer le sang en utilisant de la javel dans la cellule d’isolement, ils n’y sont pas parvenu. Il reste là, comme une marque sur le mur pour rappeler que le sang ne peut être lavé… qu’avec du sang.

Maintenant c’est notre tour…

La nuit est notre amie et son obscurité nous protège. Nous sortons nos armes de leurs planques, montons sur nos motos, et partons à la chasse. Parce que ce soir nous chassons des matons.

Nos yeux et nos oreilles sont partout.

Tout batard qui lève la main sur un prisonnier se la verra coupée à la racine. Toute personne qui humilie ou rabaisse des prisonniers nous trouvera personnellement dans sa maison, à la sortie de son gymnase ou au feu rouge auquel il attend dans sa voiture

Tous ceux qui font de la violence leur profession contre les personnes enfermées, vont maintenant se voir rendre la monnaie de leur pièce.

Nous envoyons notre force et nos salutations à chaque prisonni-ère/er-s qui soutient la mobilisation nationale contre la réforme fasciste de la construction des prisons de « Type C » de sécurité maximale.

Respect aux guérillas urbaines de la Fédération Anarchiste Informelle.

Solidarité et complicité avec les compagnon-ne-s anarchiste de praxis qui ont attaqué la police anti-émeute le lundi 6 Avril à l’extérieur de la prison de Domokos.

Pense révolutionnairement – Agit agressivement.

Avertissement :

Chaque maton qui a pris part à la torture et à l’assassinat de Kareli est, à partir de maintenant, recherché.

Nous avertissons ceux qui n’ont pas été arrêtés que leurs noms (déjà connus grâce au dossier de l’affaire et aux prisonni-ère/er-s) sont maintenant sur une liste permanente « à supprimer ». Peu importe le petit village où ils se cachent, peu importe qu’ils changent de profession, nous les trouverons et ils tomberont dans nos embuscades.

En ce qui concerne les matons/tortionnaires, ils devraient savoir que peu importe la prison ou l’aile sécurisée dans laquelle ils sont, ils devront affronter leur Destin. Tou-te-s les prisonni-ère/er-s sont au courant et nous avons des ami-e-s partout. Leurs jours sont comptés… (et difficiles)…

Des nihilistes – Gang de la vengeance

Traduction de contrainfo, 24 avril 2014

[Brésil] Sur la guerre sociale en cours à l’approche du mondial de football

Les protestations contre la coupe du monde de foot et son monde continuent au Brésil, malgré les efforts répressifs de l’Etat. 

L’Etat brésilien a lancé de nombreuses opérations policières et  à travers le pays pour chasser les indésirables à l’approche de la coupe du monde de football, avec notamment les flics des UPP (Unités de Police Pacificatrice) créées en 2009 spécialement pour les favelas. Le processus de gentrification fout chaque jour des milliers de personnes à la rue, cherchant à dégager toujours plus loin les pauvres se trouvant en périphéries des stades du mondial. Dans les quartiers pauvres, les loyers augmentent en même temps que s’accroissent les grands projets urbains de l’Etat.

Cet événement sportif et touristique a permis aux promoteurs et aux propriétaires d’augmenter violemment le prix des loyers: à la fin mars, des milliers d’habitant-es du quartier ‘Engenho Novo’, dans la zone nord de Rio de Janeiro, ont occupé un gigantesque terrain de plus de 50.000 mètres carrés, sur lequel se trouve les locaux insalubres de la Oi, une entreprise de télécommunication, abandonnés depuis au moins 8 ans. Plus de 5000 personnes ont investi ces espaces en construisant de nouvelles baraques. 

Le 11 avril dernier, après que l’entreprise ait rapidement saisi la justice, l’Etat a réagi en envoyant plus de 1650 flics antiémeute pour expulser les occupant-es. Cette opération répressive ne s’est pas faite sans résistance, car des bouteilles et des pierres ont atterri sur les véhicules blindés de la police. Des autobus et des véhicules des médias de la désinformation sont également partis en fumée. (On peut voir une vidéo d’une manif nocturne à Rio peu de temps après l’expulsion du terrain réquisitionné à Telerj.) Dans la foulée, près de 500 personnes parmi les expulsés ont occupé la préfecture de Rio et la solidarité envers les expulsé-es s’est rapidement exprimée par des apports de nourriture, d’eau et de vêtements. Des jouets récupérés ont été mis gratuitement à disposition des enfants. Lundi 14 avril, les flics ont violemment chargé les manifestant-es, faisant plusieurs blessé-es. 

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A Sao Paulo, les manifs contre le mondial ont de nouveau eu lieu, en dépit de la forte répression policière de ces derniers temps. Le 16 avril, plusieurs personnes ont été arrêtées par les flics, dont une jeune femme enceinte qui a été violemment interpellée alors qu’elle venait de s’évanouir:

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"Il n'y aura pas de coupe"

« Il n’y aura pas de coupe »

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Du nord au sud de Rio de Janeiro, les habitant-es des quartiers pauvres vivent en permanence sous occupation policière et militaire, les assauts des milices de l’Etat contre la population sont quotidiens et se traduisent comme d’habitude par des morts. Un jeune de 18 ans, Fernando, qui venait de se faire expulser de son logement sur la gigantesque occupation sauvage à Telerj, est mort écrasé par une voiture de police alors qu’il traversait la route. L’organe de propagande étatique, oglobo, a immédiatement tenté de justifier cet énième meurtre en qualifiant le jeune de « voleur » parce que noir. Fernando était étudiant de Manguinhos et a activement participé à l’occupation de la préfecture suite à l’expulsion à Telerj le 11 avril dernier. 

Un flic pointe avec son arme un-e habitant-e d'une favela à Rio

Un flic pointant  son arme à travers la fenêtre d’une habitation d’une favela au nord de Rio

Peu de temps avant à Mare, toujours dans le nord de Rio, un autre jeune avait été tué par les flics. Et on apprend par la presse que deux autres personnes ont été tuées par les flics: un jeune homme, âgé de 25 ans, a été retrouvé mort roué de coups mardi 22 avril dans la crèche de la favela Pavao-Pavaozinho après avoir été pris en chasse par les flics (il semblerait qu’en fait il ait été tué par balles, [Mis-à-jour 24/04/2014 à 12h43]). Plus tard dans la soirée, des émeutes ont embrasé la zone pauvre du quartier touristique Copacabana, et la rage a pu s’exprimer collectivement contre la police, qui a riposté par des tirs à balles réelles. Dans les affrontements, un manifestant de 27 ans a été tué par les flics d’une balle en pleine tête.

Un autre point qui n’est pas abordé ou très peu par les médias: la lutte des travailleurs dans le BTP. Plusieurs grèves ont eu lieu sur divers chantiers, parfois massives, pour exiger une amélioration des conditions de travail et de meilleurs salaires. Plusieurs chantiers du mondial ont pris pas mal de retards grâce à ses conflits.

Les entreprises qui collaborent activement avec toute cette merde sont connues et s’affichent clairement sur le site de la FIFA (dont le siège principal se trouve en Suisse : FIFA-Strasse 20, P.O. Box 8044 Zürich, Switzerland Tél: +41-(0)43 222 7777, Fax: +41-(0)43 222 7878) :

FuckWorldCup1 FuckWorldCup2 FuckWorldCup3

On remarque la présence de la banque ‘Itau’, qui s’est mangée pas mal de coups et de saccages l’an dernier lors des manifs contre le mondial.

Bem-vindos

Repris d’articles de revolution-news et de leur presse

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Tournée européenne contre la coupe du monde de foot au Brésil

B_MDu 24 avril au 14 mai 2014, est organisée en Europe une tournée d’information et de soutien au mouvement contre la coupe du monde de football au Brésil. Le but de cette tournée est de présenter la situation actuelle dans ce pays, d’expliquer l’existence des forts conflits sociaux et de soutenir les mouvements de révolte. L’idée est de proposer une présentation-discussion en présence de personnes du Brésil. Quelques films documentaires seront projetés au sujet des luttes en cours.

Cette tournée envisage aussi de récolter de l’argent pour soutenir le mouvement contre la coupe du monde de 2014 au Brésil. Les dernières expériences de révolte dans le pays et les lois spéciales de sécurité nationale qui seront appliquées pendant la coupe du monde montrent que la répression sera très forte. Dans plusieurs villes, des caisses de solidarité se sont formées pour se préparer face à la répression pendant la coupe du monde. L’argent récolté pendant cette tournée sera envoyé à l’Anarchist Black Cross de Rio de Janeiro et servira à payer des amendes et des cautions pour les personnes arrêtées, le coût des procès en justice et les besoins des personnes éventuellement en prison. Ce collectif est en lien avec d’autres caisses de solidarité dans plusieurs villes, cet argent sera redistribué et envoyé à d’autres villes si besoin.

Pourquoi on dit non à la Coupe du Monde 2014 au Brésil?

Il est prévu que la prochaine Coupe du Monde se passe au Brésil en juin 2014. Cependant, un gros mouvement social s’y oppose depuis quelques années. Ce mouvement a pris de l’ampleur et est devenu visible aux yeux des médias internationaux quand, en juin 2013, une révolte massive a enflammé le pays. Un mouvement contre la Coupe du Monde peut sembler étonnant “au pays du football” ; pourtant, plusieurs mouvements de révolte ont éclaté partout au Brésil car la restructuration des villes pour rentrer dans le modèle de la FIFA, ou dans un modèle « touristique » a accentué l’exclusion des populations les plus pauvres.

Malgré le fait que le gouvernement essaye de créer l’image d’un pays en voie de développement accéléré et qui réussi économiquement, les inégalités sociales restent très marquées. La Coupe du Monde de 2014 et les Jeux Olympiques de 2016 au Brésil seraient les résultats visibles de cette réussite économique pour le gouvernement. Les autorités essayent alors, à tout prix, de créer la vitrine d’un pays qui se modernise, qui augmente les niveaux de vie, et où règne la paix sociale. Ce sont les populations les plus pauvres qui vont payer le prix de cette image. Les villes sont aseptisées, les quartiers pauvres sont “pacifiés” (ce qui signifie mis sous contrôle militaire), plusieurs quartiers sont détruits et les populations sont déplacées plus loin des centres villes, la gentrification augmente et le coût de la vie devient extrêmement cher dans les centres urbains. Cette situation mène à une grosse insatisfaction populaire et éclate en révolte. Cette révolte est violemment réprimée par les autorités.

Quelle est la réponse du gouvernement aux mouvements de révolte?

Depuis l’année dernière la police réprime violemment les manifestations ; avec des matraques, des bombes lacrymogènes, des bombes assourdissantes, des flash balls, des tasers, et parfois des balles réelles. Il y a aussi des arrestations en masse. Les médias collaborent en présentant les manifestants comme des personnes violentes, des casseurs. Les personnes arrêtées pendant cette période ont déjà été inculpées par les Lois de Sécurité Nationale (lois anti-terroristes qui datent de la dictature militaire) et les lois contre le crime organisé. Ce sont les outils utilisés par la répression jusqu’à maintenant.

En ce moment le parlement se dépêche de voter de nouvelles lois anti-terroristes avant la Coupe du Monde qui pourront définir les manifestations comme des actes terroristes. Ces lois créent aussi une nouvelle pénalisation pour attentat contre « des choses matérielles » qui peut aller jusqu’à 20 ans de prison. Au delà des manifestations, une bonne partie de la population pauvre des grandes villes est constamment réprimée par les forces de l’ordre des seuls faits d’être pauvre, noire et de vivre dans une favela. Le nettoyage ethnique et les occupations militaires de quartiers arrivent plus souvent lors des gros événements internationaux. Dans ce contexte, les mouvements Contre la Coupe du Monde se préparent face à la répression.

Contact: cruznegraanarquistarj@@@riseup.net

24 avril – Transfo / Paris (France)
25 avril – L’Insoumise / Lille (France)
26 avril – Acrata / Bruxelles (Belgique)
28 avril – NY-Bethanien / Berlin (Allemagne)
29 avril – Berlin (Allemagne)
4 mai – Ateneo / Most (République Tchèque)
6 mai – Sale / Prague (République Tchèque)
8 mai – Cafe Utopia / Wroclaw (Pologne)
14 mai – Zemsta / Poznan (Pologne)

D’autres dates sont en attente de confirmation (à Leipzig, Amsterdam, etc.).

[Le tract/affiche est téléchargeable en PDF ici-même: recto / verso.]

Repris de squat.net

[Valence, Espagne] Grève de la faim au CIE de ‘Zapadores’ contre les expulsions et les conditions de rétention

Mardi 15 avril, plus de 100 sans-papiers enfermés au CIE de Zapadores à Valence se sont mis en grève de la faim contre les conditions de rétention merdiques et les récentes vagues d’expulsions.

La veille, lundi 14 avril vers 20h00, les flics ont fait irruption en masse et à l’improviste au centre de rétention de Zapadores pour expulser onze migrants d’origine malienne et les embarquer de force dans un vol de Barajas (Madrid) en direction de Bamako. Le 7 mars dernier déjà, il y avait eu une vague d’expulsions de migrants d’origine malienne et nigériane vers le Mali, avec un arrêt à Lagos.

En Espagne, la loi espagnole stipule que les flics doivent annoncer aux sans-papiers toute procédure d’expulsion à l’avance, ce qui laisse un minimum de temps pour s’organiser afin d’enrayer/retarder l’expulsion.

Le collectif de soutien aux migrants sans-papiers CIEs No pointent notamment les méthodes de plus en plus immondes utilisées par la police pour expulser les sans-papiers, à l’arrière de vols commerciaux gérés par Air Europa. Les migrants sont embarqués menottés et enchaînés au niveau des chevilles avec camisole de force.

Le collectif a organisé plusieurs manifestations devant le CIE et appelle au boycott (sic!) des sociétés Air Europa, Globalia et de leurs filiales pour protester contre les expulsions.

Dimanche 20 avril, onze migrants étaient toujours en grève de la faim.

Les migrants tentent régulièrement de rejoindre l’Espagne en passant par les villes à la frontière avec le Maroc, faisant face aux uniformes assassins des gardes-frontières et de la police des deux pays.

Sabotons la machine à expulser !

Reformulé de plusieurs articles de la presse espagnole

[Lyon] Soirée de soutien aux inculpé.e.s du 15 octobre 2011 à Rome – Vendredi 25 avril 2014

Vendredi 25 avril : concert en soutien aux révoltées/s du 15 octobre 2011 à Rome

concertLyonSoutien15102011

Avec Leisfa (DIY punk, Gênes), Attrito (Punk HXC, Trento), Cocks (punk rock, Gênes), Défaite (Punk, Lyon) + guest

Il y aura aussi un infokioske, de la bouffe vegan, des projections, etc. Entrée prix libre. 20H-02H dans un squat de Lyon, pour avoir l’adresse, envoie un mail à : [email protected]

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Sur la répression en Italie

Le 15 octobre 2011 à Rome, des centaines de milliers de personnes laissent éclater leur rage dans les rues de la ville. Assez vite, des banques sont attaquées, une annexe du Ministère de la Défense brûle, des dizaines de bagnoles de bourge et un car de Carabinieri (équivalent des gendarmes mobiles) n’en font pas moins, et pendant plusieurs heures, c’est tout le quartier de la Piazza San Giovani qui est le théâtre de durs affrontements entre flics et manifestantes/s. Les keufs italiens débordés n’ont fait que peu d’arrestation le jour là. C’est 6 mois plus tard que l’État frappe durement en arrêtant 18 personnes au petit matin. Certaines/s ont déjà pris 6 ans de taule pour quelques bris de vitres et quelques cailloux balancés, d’autres attendent encore un jugement. Comme leurs prédecesseures/s des émeutes de Gênes en 2001, elles/ils risquent entre 3 et 15 ans de prison.

Soyons activement solidaires et complices envers les révoltées/s du 15 octobre 2011; envers les 4 No Tav accusées/s de sabotage et incarcérées/s depuis décembre 2013; envers Gianluca et Adriano, anarchistes vegan accusés de sabotages et d’attaques incendiaires contre des banques, des multinationales et des entreprises qui exploitent les animaux; mais aussi envers toutes les autres personnes en prison.

Libere/i tutte/i !

Transmis par mail, 21/04/2014

[Belgique] Nouvelles à faire sauter les murs (n°6, avril 2014)

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