Archives mensuelles : juin 2014

[Berlin] Suivi de la lutte des réfugiés qui occupent l’école rue Ohlauer / Actions de solidarité (24 juin – 5 juillet 2014)

Depuis mardi 24 juin 2014 midi à Berlin, plus de 900 unités de police, armées de fusils mitrailleurs, se sont positionnées autour du quartier de Kreuzberg dans l’optique d’expulser les réfugiés sans-papiers qui ont réquisitionné l’école Gerhart Hauptmann, sur la Ohlauerstrasse. Si la majorité des occupant-es a accepté une proposition de relogement de la part du sénat (et en l’occurrence du sénateur écolo Panhoff ), près de 40 squatteurs déterminé-es sont monté-es sur les toits de l’école afin de ne pas rentrer dans la négociation avec le pouvoir. Le quartier de Kreuzberg est occupé par les forces de l’ordre, tandis que des agents de police venant de plusieurs régions d’Allemagne encerclent le squat avec l’aide de vigiles de boîte de sécurité privée. Un appel à la solidarité avec les réfugiés expulsés de l’école a été publié en anglais ici et en français sur contrainfo.

En réponse à la répression, des actions et manifs sont depuis organisés avec les réfugiés de l’école:

  • Le soir même, à Friedrichshain et Kreuzberg, des bennes à ordures sont incendiées, tandis qu’un immeuble récemment construit a eu une de ses vitres double-vitrage par le lancé d’un pavé: des poukaves qui traînaient dans le secteur ont immédiatement fait appel aux flics. Mais les vandales ont réussi à prendre la fuite avant leur arrivée.
  • Dans la nuit du 24 au 25 juin, un immeuble de luxe récemment construit rue Samplon s’est fait fracasser ses vitres du rez-de-chaussée.
  • Toujours durant la même nuit à Prenzlauerberg, les bureaux du parti des verts de la Raumerstraße se mangent des tags en solidarité avec les réfugiés sur sa façade. Les flics ont ouvert une enquête.
  • Dans la journée du 25 juin, les bureaux du maire Herrmann (verts) de Kreuzberg ont été occupés par des personnes solidaires.
  • Plus tard vers 22h30, une manifestation de solidarité s’est tenue dans Kreuzberg: outre des slogans et banderoles contre les frontières (« no border no nation stop deportation »), des barricades sont érigées à travers les rues et des vitres d’immeubles du processus de gentrification sont défoncées.
"le problème se nomme racisme"

« le problème se nomme racisme » (d’autres photos ici)

  • Le 26 juin 2014 dans le quartier de Neuköln, une manifestation sauvage part de la Reuterplatz vers 22h00. 60 personnes y prennent part: des barricades fleurissent dans les rues, tandis qu’un immeuble du quartier d’affaires perd quelques vitres et des manifestant-es s’affrontent avec les keufs.
  • Dans la nuit du 27 juin 2014, une attaque incendiaire vise le tribunal de Tempelhof-Kreuzberg en solidarité avec les occupant-es de l’école. Le communiqué dit entre autre « Des balles pour la maire Hermann, le sénateur Henkel, le conseiller municipal Panhoff – Liberté pour tous les prisonniers – Droit de rester pour tous !

TribunalKreuzberg

  • Tôt dans la nuit du 28 juin à Berlin, un véhicule de l’entreprise de sécurité Dussmann est incendié. L’attaque est réalisée en solidarité avec les réfugiés, contre les « mercenaires de l’agence Frontex » (la revendication de l’attaque est lisible en allemand ici)

dussmann

Samedi 28 juin 2014, 5000 personnes ont manifesté à Berlin contre l’expulsion de l’école occupée et en solidarité avec les sans-papiers qui restent à l’intérieur du bâtiment. Le cortège, parti de Herrmannplatz, est passé par Oranienplatz jusqu’à l’école de la rue Ohlauer. Les flics étaient toujours en masse dans la ville, avec des unités de flics venant de toute l’Allemagne (de Bavière,  Thuringe, Rhénanie du Nord-Westphalie et du Brandebourg).

2806-01

"Solidarité avec les réfugiés"

« Solidarité avec les réfugiés »

2806-03 Voir d’autres photos de cette manif

  • Dans la nuit du 28 au 29 juin à Cologne, les locaux du parti des verts, situés en plein centre-ville Ebertplatz 23, s’est fait refaire sa façade à la peinture en réponse à l’expulsion des occupant-es de l’école Gerhart Hauptmann et à l’état de siège policier du quartier de Kreuzberg.
  • Dans la nuit du 29 au 30 juin 2014, des tags ont recouvert le bureau fédéral des verts dans le centre-ville de Bonn. On pouvait lire « les verts envoient les réfugiés à la mort », « solidarité avec les occupant-es de l’école à Berlin »…

Bonn

[Mardi 01/07/2014]

La confusion règne au sein du pouvoir local ces dernières heures: lundi 30 juin, le chef de la police berlinoise Klaus Kandt a lancé un ultimatum à la maire de Kreuzberg Monika Herrmann (verts) pour savoir si les flics expulsaient ou se retiraient avant midi mardi 1er juillet 2014 du quartier. Les embrouilles internes chez les verts sont multiples, mais aussi entre le sénateur à l’intérieur Henkel (CDU) et les verts. Le conseiller municipal Panhoff a clairement fait la demande d’expulser les occupant-es, ce qui a ramené d’office les flics en masse dans Kreuzberg – ce qui ne signifie pas qu’ils ont arrêté le siège de l’école – et laisser planer la menace d’expulsion. Les démocrates (parti de gauche « die Linke », parti pirate et une partie des verts et des jeunes SPD), voulant acheter la paix sociale, ont lancé une pétition (« Tenir sa parole ») pour résoudre le conflit sans la police, mais par le biais de négociations avec des psychologues et des forces civiles. Toujours est-il que le pouvoir ne souhaite pas immédiatement l’expulsion vue la mobilisation massive de ces derniers jours.

0107-1Du côté de la rue, on maintient la pression avec détermination: lycéen-nes et étudiant-es ont manifesté ce mardi 1er juillet pour le droit de rester des réfugiés. Durant une bonne partie de l’après-midi, il y a eu des affrontement sporadiques avec la police, accompagnés de slogans anti-police, avant que la manif se termine rue de Vienne à proximité de l’école G-H dans l’après-midi. Des sit-in pour empêcher une possible expulsion se sont également tenus à proximité de l’école.

Les bureaux politiques des verts (conseil municipal et mairie) ont été occupés par des solidaires. 20 personnes ont investi le conseil municipal dans l’après-midi: il y a eu trois arrestations et un-e occupant-e s’est fait casser le nez par les flics. Les autres ont été pris dans une nasse policière.

Des appels à accentuer les actions de solidarité circulent en ce moment contre la menace d’une nouvelle expulsion. Les réfugiés qui sont présents dans le bâtiment rapportent qu’ils sont privés de vivres par les barrages des flics. Les réfugiés de l’école menacent de se suicider en cas d’expulsion.

[Mise-à-jour 03/07/2014]

Suite aux déclarations du conseiller municipal des verts Panhoff qui exigeait l’expulsion immédiate des occupant-es de l’école de la rue Ohlauer, des manifs et occupations se sont tenues aux quatre coins du pays. Un petit récapitulatif:

  • Le 1er juillet 2014 à Francfort, plus de 300 personnes ont manifesté vers 21h en solidarité avec les occupant-es de l’école Gerhart Hauptmann. Parties de la Merianplatz, des flyers sur la situation dans le quartier de Kreuzberg ont été distribués aux passant-es. 
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« Solidarité est notre arme – Feu et flamme à la répression »

  • A Hambourg mardi 1er juillet, 200 personnes se sont rassemblées malgré une forte présence policière. La manif, qui n’a pas été déposée, a été déterminée et sauvage: en plus des slogans multiples contre la police et les expulseurs (verts, spd…), des pétards et des pierres ont été lancés sur les flics, et un bleu qui s’est mangé une pierre a du être hospitalisé. Les flics ont rapidement dispersé la marche à Schanzenviertel, et des panneaux de signalisation ont été arrachés et utilisé pour bloquer les rues du quartier, notamment sur la Schanzenstrasse. Des barricades ont été érigées à travers le quartier de Sankt-Pauli. Au total, 19 manifestant-es ont été interpellé-es. Samedi 5 juillet est prévu une grande manifestation en solidarité avec les réfugiés du groupe « Lampedusa à Hambourg » afin d’exiger immédiatement le droit de rester pour tous les réfugiés ainsi qu’une autorisation de travail.
  • Dans la nuit du 1er au 2 juillet 2014,  dans le quartier de Kreuzberg (Berlin), il y a eu quelques gestes incendiaires : à l’angle de la Cuvrystraße  et de la Görlitzer Straße, des barricades ont été érigées puis incendiées, et un véhicule auto-service a été en proie aux flammes. Les pompiers sont rapidement intervenus mais les émeutiers ont réussi à disparaitre dans l’obscurité.

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  • A Lübeck dans la nuit du 1er au 2 juillet, des tags ont recouvert le bureau des verts avec les inscriptions « Refugees Welcome – Fight Racism ». Le communiqué dit à la fin « Pour le droit de rester ! Contre les expulsions ! Contre les zones de danger et les zones restreintes ! Contre la police paramilitaire ! »

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  • A Münich mercredi 2 juillet, un groupe d’une soixantaine de personnes solidaires a occupé le bureau du parti des verts. Des banderoles ont été accrochées au bâtiment en solidarité avec les réfugiés.

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Mise-à-jour, 5 juillet 2014

Quelques impressions de compagnons actifs dans les rues de Kreuzberg ce mardi 1er juillet 2014. A lire sur contrainfo

  • On apprend tardivement que dans la nuit du 26 au 27 juin, le parti des verts a reçu une visite à son QG d’ un groupe solidaire avec les réfugiés du quartier de Kreuzberg à Berlin. Ces dernier ont pris le temps de toquer aux vitres du local à coups de pavés et de prendre la fuite.
  • Le 3 juillet, les verts du quartier Haslach à Fribourg ont reçu la visite d’une poignée de solidaires.

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  • Toujours ce jeudi 3 juillet, 150 personnes ont manifesté à travers les rues de la ville de Darmstadt (Berlin) en solidarité avec les réfugiés de l’école. Le compt-rendu de la mobilisation se termine par « droit de rester pour tou-te-s – Personne est illégal – la solidarité doit être pratiquée … »: il est lisible en intégralité en allemand ici.
  • Près de 50 personnes se sont rassemblées à proximité d’une église à Berne (Suisse) ce jeudi 3 juillet et ont déambulé dans les rues en solidarité avec les migrants de la rue Ohlauer à Kreuzberg (Berlin), mais également pour les sans-papiers de Calais (arrêté-es mercredi 2 juillet et enfermés dans plusieurs centres de rétention sur l’ensemble du territoire)

Bern

Jeudi 3 juillet, on apprend via les médias du pouvoir que la police s’est en partie retirée du quartier de Kreuzberg, même si 200 flics continuent à surveiller le quartier. Les barrages de flics sont moins nombreux aux alentour de l’école occupée. Par ailleurs, les autorités ont passé le relais à une entreprise de sécurité privée pour s’assurer qu’aucun autre réfugié viennent rejoindre celles et ceux présent-es dans l’école Gerhart Hauptmann. Les dix jours de siège policier auraient coûté plus de 5 millions d’euros à l’Etat.

BerlinDemo05072014Un appel à une grande manif pour le droit de séjour des réfugiés et contre une éventuelle nouvelle expulsion des occupant-es de l’école de la rue Ohlauer a été lancé ce samedi 5 juillet sur la Hermannplatz à Neukoln. En ce début d’après-midi, plusieurs milliers de personnes (entre 2200 et 2300 selon les médias, 5000 selon les organisateurs) ont répondu présent. 850 flics antiémeute ont été mobilisés pour l’occasion. Au départ de la manif, des pétards et des feux d’artifice ont été allumés par un groupe de personnes solidaires depuis le toit d’un immeuble tout en tenant une banderole, tandis que résonnait depuis les rues le slogan « Feu et flammes aux expulsions ».

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Berlin05072014-3Le cortège a fait une courte halte sur la OranienPlatz, lieu où s’étaient installés avec leurs tentes il y a quelques temps plusieurs réfugiés de Berlin en lutte. Certain-es ont tenté de grimper aux arbres et se sont heurté-es à la police, qui a cependant interpellé plusieurs manifestant-es malgré la résistance déterminée d’une partie du cortège (on ignore le nombre d’arrestations). Par la suite les flics ont encerclé les arbres de la place… La manif, qui a diminué quasiment de moitié en nombre, s’est ensuite dirigée vers l’école occupée, où les unités de police ont quadrillé le secteur et remis pour l’après-midi des barrières tout autour du squat. La manif s’est dispersée vers 19h. Il a été rapporté sur linksunten que les porcs en uniforme ont procédé à des contrôles et arrestations après la dispersion.

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« Combattons l’Europe forteresse – Droit de rester pour tous »

Mis-à-jour 07/07/2014:

Jeudi 3 juillet à Brême, près de 80 personnes se sont réunies en début de soirée au Ziegenmarkt pour exprimer leur solidarité avec les réfugiés et les occupant-es de l’école de Kreuzberg (Berlin). La manif a été de courte durée mais bruyante, avec pas mal de slogans comme « no border no nation stop deportation !, Personne n’est illégal, Droit de rester n’importe où! ». Des tracts détaillant la situation là-bas ont été distribués. Après la dispersion à Domshof, les keufs ont contrôlé plusieurs participant-es à la manif sans qu’il n’y ait d’arrestation.

Potsdam1Le lendemain (4 juillet) à Potsdam, une quarantaine de personnes solidaires s’est retrouvée dans le centre-ville. Deux manifestant-es sont monté-es sur les piliers de la porte de Brandebourg afin d’étendre une banderole qui disait « Pas de mur pour l’Europe – Droit de rester pour tou-te-s », tandis que d’autres ont informé les passant-es de la motivation de l’action, à savoir montrer la solidarité avec les réfugiés qui occupent l’école Gerhart-Hauptmann dans le quartier de Kreuzberg. Bien que la menace d’expulsion qui pesait sur les squatteurs de la rue Ohlauer ait été retirée suite aux nombreuses manifs et actions de solidarité de partout, les principales revendications des réfugiés – à savoir le droit de séjour en général, la permission de travailler, l’abolition du système de bon et de l’obligation de devoir résider et de dormir dans les lager (camps pour réfugiés en Allemagne)) – n’ont pas été abordées par le pouvoir vert (Toutes ces revendications ont émergé lors d’une marche revendicative des réfugiés Würzburg à Berlin initiée en 2012). Les flics se sont ramenés peu de temps après le début de l’action suite à l’appel d’une citoyenne qui braillait sur les solidaires…

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Sources: indymedia linksunten et plusieurs articles de leur presse

[La Rochelle] Etoiles et fusées – 25 juin 2014

Reformulé de leur presse

Mercredi vers 22h30, avenue Billaud-Varenne, dans le quartier de Villeneuve-les-Salines, les flics tentent de procéder à un contrôle d’un automobiliste. Ce dernier résiste aux bleus, tandis qu’une dizaine de personnes se rapprochent de la scène.

A un moment donné, une pierre est jetée en direction d’un véhicule de police et pète le pare-brise. Les policiers se sont alors retirés afin de se reposer et de revenir encore plus nombreux.

Peu après minuit, pompiers et flics débarquent dans le quartier pour éteindre une palette en bois et deux poubelles en feu.

Une fois sur place, les forces de l’ordre doivent faire face à environ 30 personnes qui leur jettent des pierres. Un deuxième pare-brise de voiture de police est étoilé tandis que des fusées éclairantes sont tirées dans leur direction. Les vitres du bureau de la police municipale ont également volé en éclats. Les affrontements sporadiques ont duré jusqu’à 1h30 du matin.

Une personne a été interpellé et placé en garde à vue. L’automobiliste a été remis en liberté.

[Santiago, Chili] Attentat dans l’enceinte de la gendarmerie – 5 juin 2014

Tôt dans la matinée du 5 juin 2014 à Santiago, un engin explosif a été déposé à proximité d’un poste de gendarmerie, situé au carrefour de la rue Tocornal et de la rue Matta. Les fenêtres et la porte blindée du centre de réinsertion des prisonniers, qui se trouve en face de l’école de gendarmerie, ont été soufflées par l’explosion.

Cet attentat arrive au moment on se remémore les cinq ans de la mort du compagnon Mauricio Morales, qui est décédé accidentellement le 22 mai 2009 en transportant un engin explosif vers cette même école de gendarmerie.

L’attentat n’a pas été revendiqué.

Via contrainformate

[Espagne] Soutien au prisonnier anarchiste Gabriel Pombo Da Silva

Depuis le 17 juin, le compagnon Gabriel Pombo Da Silva se trouve en isolement total dans la prison de A Lama pour avoir refusé d’être placé dans un module de respect maximum et d’accepter les contraintes qui en découlent, ainsi que pour avoir refusé d’être mis en cellule avec un autre prisonnier, ce qu’ils ont déjà essayé de lui imposer à plusieurs reprises. Nous attendons maintenant de voir ce qu’ils lui réservent … Des recours juridiques ont été faits contre cette situation, mais nous considérons important d’exprimer et de démontrer qu’il n’est pas seul en exigeant cette fois par des fax (ainsi que par des appels téléphoniques ou des courriers postaux si c’est plus pratique pour certains) que cesse le harcèlement contre le compagnon de la part de l’administration pénitentiaire.

Nous proposons donc le modèle de texte suivant à envoyer aussi bien aux Institutions Pénitentiaires qu’à la prison de A Lama. Les envois peuvent être faits dès maintenant (vu que des décisions peuvent être prises à son encontre très rapidement). Cependant, nous proposons aussi comme dates communes afin de faire sentir davantage de pression le vendredi 27 juin, le lundi 30 et le mardi 1.juillet.

Secretario General de Instituciones Penitenciarias

Ángel Yuste Castillejo

Dirección postal

C/ Alcalá, 38-40 , 28014 , Madrid ( Madrid) Espagne

Teléfono (0034) 913354700

Fax (0034) 913354052

Centro Penitenciario A Lama (Pontevedra)

Monte Racelo s/n 36830

A Lama (Pontevedra)

Espagne

Teléfono (0034) 986 75 80 00

Fax (0034) 986 75 80 11

PD : Il est possible d’apporter aussi du soutien à Gabriel en lui écrivant :

Gabriel Pombo Da Silva

C.P A Lama

Monte Racelo s/n

36830 A Lama (Pontevedra)

Espagne

Modèle de fax:

En agosto del 2013 Gabriel Pombo Da Silva fue trasladado al Centro Penitenciario de A Lama en Galicia dónde está cumpliendo condena en este momento. Desde el principio (incluso antes de haber llegado físicamente) el Subdirector de Seguridad de dicha cárcel le puso en régimen Fies a pesar de la decisión anterior de la Justicia y de Instituciones Penitenciarias (unos meses antes, cuando él se encontraba en el CP de Villena), de sacarle de este régimen por falta de motivos. Desde entonces se le ha aplicado de forma totalmente arbitraria varias medidas de seguridad, como echarle de repente de la escuela, cuando ya hacia tiempo que acudía a clase, no entregarle gran parte de la corespondencia sin ni siquiera notificarle lo que ha sido retenido ni porqué, así como secuestrarle en su ausencia material escrito de la celda. A esto se añadieron varios cambios de módulo sin ningún fundamento ni lógica: por ejemplo, mientras insisten con razones de seguridad, le sacan de un módulo conflictivo y al mismo tiempo que se está usando el argumento de“peligrosidad”para intentar justificar la aplicación del régimen Fies y la intervención de todas las comunicaciones se le pretende imponer compartir celda con otro preso en un módulo de máximo respeto … Por el mero hecho de haber rechazado esta última imposición Gabriel Pombo Da Silva ha sido puesto directamente en aislamiento provisional desde el 17 de junio del 2014, dónde todavía se encuentra a la espera de saber lo que le está esperando. Todas estas medidas sólo se pueden interpretar como un constante e intolerable acoso en su contra. Esta situación tiene que ser solucionada con el cese de todo tipo de hostigamiento y del chantaje de compartir celda después de que le hayan impuesto años de aislamiento a lo largo de su estancia en las cárceles españolas. También reclamamos y exigimos que sea levantado el régimen Fies, más cuando la OEDE (euro-orden) emitida en su contra por las autoridades italianas y utilizada para argumentar el repentino cambio de régimen fue cancelada por la justicia italiana ya el 18 de abril.

Transmis par mail

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Espagne : Sortie de l’isolement pour Gabriel Pombo Da Silva

Le dimanche 20 Juillet, Gabriel est sorti du module d’isolement, où il a été retenu pendant près d’un mois. Il va être transféré à la prison de Topas, à Salamanca, avec des conditions de détention moins dures.

[Saint-Denis, 93] Soirée de solidarité avec l’Attiéké samedi 28 juin 2014

Ce samedi 28 juin à partir de 20h, soirée de solidarité avec le centre social auto-organisé l’Attiéké à St-Denis. Pour commencer à récolter des fonds pour les frais judiciaires qui ne vont pas manquer de tomber.

Deux jours plus tard, lundi 30 juin (suite à l’audience du 16 au tribunal d’instance de St-Denis) nous aurons une réponse du greffe décisive pour la suite du lieu et de la lutte. Ni la mairie, ni la préfecture, ni les flics, ni les patrons du BTP, ni les promoteurs immobiliers, ni les dealers de sommeil n’auront la tristesse dans nos yeux. Ce seront donc tours de magie, slam vénère, Attiéké all star’s band (chââbi t’as vu), scène ouverte. Bouffe à prix libre, etc.

Au 31 bld Marcel Sembat à St-Denis bien sûr, métro Porte de Paris ou gare de St-Denis (train H et RER).

ATTIEKE, NOUS PAS BOUGER

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ProgAtt2Reçu par mail, 26/06/2014

[Brésil] Récits depuis les rues de plusieurs villes sur la révolte contre le mondial de foot et la répression qui en découle (12-23 juin 2014)

[Mise-à-jour 26/06/2014 à 15h22]

Plusieurs récits depuis les rues brésiliennes ont été publiés sur cumplicidade. Nous revenons sur les journées de révolte et la répression qui frappe depuis le début de cette coupe du monde.

  • Porto Alegre, 12 juin 2014:

1PA1206Une manifestation a rassemblé quelque 2000 personnes en se dirigeant à travers les rues du centre-ville: parmi eux, un groupe cagoulé a détruit plusieurs banques sur leur chemin (Banrisul, banque d’épargne fédérale, la banque Itau Brésil, etc…). Un resto Mac Donald a également été attaqué, perturbant ainsi le confort et la tranquillité des complices des meurtres quotidiens des êtres humains et non-humains. Les symboles de la Coupe (mobilier, signalétiques et publicités) ont été soit arrachés, soit détruits. Des poubelles ont également été brûlés et des graffitis ont fleuri un peu partout. En arrivant à Largo Zumbi de Palmares il y a eu des affrontements avec la BOE (Bataillon des opérations spéciales) protégeant l’office de tourisme. La foule s’est dirigée à Borges, prenant le chemin de la FIFA Fan Fest, mais a été dispersée avant qu’elle puisse y arriver. Un manifestant a perdu une dent dans la bataille. Mais les forces répressives ont rapidement dispersé le cortège. Après la dispersion, 15 personnes ont été arrêtées et six d’entre elles ont été emmenées à l’ACISP (Académie intégrée de la sécurité publique) au 555 de l’avenue Antonio de Carvalho. Cinq d’entre elles ont été libérées dans la même journée après le paiement d’une caution. Une personne est incarcérée en ce moment même à la prison centrale mais nous n’avons pas plus d’informations pour le moment.

  • Salvador, le 13 juin 2014:

Alors que le premier jour du mondial plusieurs rues ont été fermées et qu’un car officiel de la FIFA a été pris en chasse par des manifestant-es, cette deuxième mobilisation avait pour destination l’Arena Fonte Nova, où se tenait un événement FIFA, « la FIFA Fan Fest » (retransmission des matchs avec des concerts de « musique » avilissante. Bref, un temple de la consommation organisé par la fifa). Anarchistes et anti-autoritaires ont préféré se démarquer du rassemblement des partis et autres récupérateurs, plus préoccupés comme d’habitude à s’afficher avec leurs drapeaux… Le cortège anarchiste s’est décidé à se mettre en route, alors que les partis et syndicats continuaient à parler aux agents de la répression. A l’approche, les flics se sont fait plus pressants, et à quelques mètres des barrières, ont attaqué les quelques manifestant-es déterminé-es avec flashballs et gaz lacrymo. A ce moment, un concessionnaire Honda s’est fait péter ses vitres , et les bagnoles à l’intérieur ont été sauvagement endommagées. Les flics ont piégé les manifestant-es, les ont frappés à coups de matraques et coups de pieds puis arrêtés 23 personnes (14 adultes et 9 mineurs). Tou-te-s ont été trimballé-es dans la plus grande discrétion au 1er DP (comico) dans le quartier Barris, sauf les mineurs qui ont été ammenés à Brotas au DAI (Delegacia para Adolescente Infrator: pour les « jeunes délinquants »). Plusieurs compagnon-es de lutte étaient présent-es devant le DAI pour soutenir les mineurs arrêtés et les saluer à leurs sorties, tandis que des avocats populaires étaient là pour les conseiller. La dernière personne inculpée est sortie à 04h30 samedi matin.

L’Etat et les entreprises se donnent le maximum de moyens en matière de répression et d’intimidation afin de s’assurer que leur fête ne soit pas gâchée.

  • Belo Horizonte, 14 juin 2014:

Une manif s’est tenue contre la Coupe du Monde dans le centre-ville. La police a organisé une répression autour de la place, en contrôlant et recherchant toutes les personnes qui s’y approchaient. 15 personnes ont été arrêtées, dont Igor Aguiar Daniel Borges, qui est resté digne face à l’Etat et ses sbires (police, justice, médias). Il a eu une attitude digne et audacieuse dans laquelle nous nous sympathisons avec lui, parce que nous ne devons pas montrer notre peur contre les appareils répressifs. Maintenant, il est détenu en attendant la suite du cirque juridique démocratique.

  • Rio de Janeiro, le 15 juin 2014:

Rio1506Suite à la répression du 12 juin (ouverture de la coupe), une autre manif a eu lieu et a déambulé dans les rues de Tijuca, Vila Isabel, tout en attaquant les symboles du capital sur son passage. Malgré les attaques des forces de police, les gens continuent de descendre dans la rue, ne se laissant pas intimider par la démonstration de force étatique.

Une vidéo ici

  • Rio de Janeiro, le 20 juin 2014:

Trois rassemblements de résistance se sont tenus dans le centre-ville: le premier, le festival de juin « Fifa go home » organisé par le FIP (Front Populaire Indépendant. Le deuxième, une manif des enseignants en grève à Lapa et le troisème sous le slogan “Dictature Carioca”, pour se rappeler du soulèvement du 20 juin 2013, date à laquelle plus d’un million de personnes  ont pris les rues et ont fait face à une féroce répression policière. Sinon, un autre rassemblement s’est tenu également à Candelaria, en face de la municipalité, sous le slogan « 20j: le retour du géant » pour demander une amélioration des transports, de l’éducation et de la santé. Les trois manifs se sont tenues à proximité des Arches de Lapa autour de 19h, secteur du quartier Lapa qui est aujourd’hui un bastion des bobos et des touristes étrangers. Les flics étaient de sortie avec camions à eau, centaines de keufs des bataillons de choc et hélico (à ce sujet, l’Etat brésilien a créé durant l’année une brigade de keufs – appelée « Lapa presente »spécialement pour protéger la population aisée de Lapa). Immédiatement les flics ont tenté d’arrêter des manifestant-es, en bloquant une des rues du secteur (la rue Mem de Sá). Les gaz balancés ont pu encrasser les poumons des touristes qui buvaient en terrasse. Ces derniers ont hurlé sur les manifestant-e en anglais, ne comprenant rien à la situation, en atteste les mots qu’ils ont pu dire: « Quel est le problème?? » (sic!). Un manifestant-e lui a répondu que le problème, c’était la Coupe du Monde. Il a réagi par la peur: « Alors le problème, c’est moi? » pui au maniferstant-e de répondre: « Le problème ce n’est pas seulement vous, ce sont tous les gens et tout ce qui collabore avec la Coupe du Monde de la pauvreté, de la violence et de l’exploitation« . Bien que 7 personnes ont été arrêtées (rapporté par les médias bourgeois) pour port de cagoules, la manif a continué sous escorte policière pendant quelques heures. Au festival du FIP, le slogan « FIFA go Home » était visible depuis les murs blancs et tous propres du secteur (les services municipaux se sont activés pour rendre le quartier agréable pour les riches avant le début de cette coupe… tout ça faisait partie des règles fixées par la FIFA quant à l’organisation de cette fête de la domination). Ce festival a pu se tenir une bonne partie de la soirée avec le vol incessant des hélicos au-dessus de leurs têtes… (à noter que plusieurs festivals populaire contre la coupe du monde ont été interdits dans plusieurs villes, notamment à Salvador.

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Récits depuis plusieurs articles de leur presse:

  • Lundi 23 juin 2014:

A Sao Paulo, depuis les émeutes du 19 juin dernier, le centre-ville a été placé sous occupation policière et militaire, histoire une fois de plus de faire régner la peur sur quiconque essaierait de manifester. Malgré cela, près de 300 manifestant-es ont quand même tenté de se rassembler et défiler à proximité d’une station de métro. La police, présente en masse, a rapidement chargé et des affrontements ont éclaté. Des flics ont tiré des coups de feu en l’air… un manifestant, Rafael Marques (déjà arrêté le 12 juin dernier) a été violemment interpellé par les flics en civil, puis embarqué jusqu’au siège de la police judiciaire d’Etat à Bélem dans la zone est. Un autre manifestant, Fabio Hideki Arano, a été transféré au centre de détention provisoire (CDP) à Pinheiros dans l’ouest de la ville: les deux manifestants sont accusés de faire partie des black blocs et inculpés pour « violence, conspiration et possession d’engins explosifs ».

Un concessionnaire de voitures de luxe désert dans une grande avenue de Sao Paulo lundi 23 juin 2014

La peur chez les riches en illustration (Sao Paulo lundi 23 juin 2014)

Le même jour, cette fois-ci à Rio, plusieurs centaines d’habitant-es des favelas (notamment de Chapeu Mangueira, située près de Copa Cabana), sont sorties dans les rues pour gueuler leur rage contre cette coupe de mort et de misère. Ils ont scandé des slogans contre les multiples meurtres de la police (et donc contre les flics de l’UPP, milice spéciale pour les habitant-es des favelas). On y voit les sales porcs de flics à l’oeuvre dans cette vidéo. Les médias rapportent une arrestation.

bus2506Mercredi 25 juin vers 9h30 du matin, la Police Militaire mène des opérations dans les favelas du secteur de Chapadão à la périphérie de Rio de Janeiro: les flics de l’UPA (Unité d’Urgence) investissent le quartier Costa Barros, ce qui se fait par une résistance armée d’une partie des habitant-es. Un enfant de 3 ans est tué par une balle policière alors qu’il se trouvait dans son lit. Deux autres habitant-es ont été sérieusement blessé-es par les tirs de ces assassins assermentés: l’un a été atteint à l’abdomen, l’autre à la cuisse. En réponse à tout ça, six autobus ont été crâmés, des routes et voies de métro ont été coupés par des barricades. Un peu plus tard, plus de 300 personnes se sont rassemblés, ont marché sur la route de Botafogo bloquant le trafic et tentant d’incendier un bus, ce qui a échoué par la rapide intervention de la PM.

D’autres informations sur ce qu’il s’est passé ailleurs au Brésil sur squat.net

Malgré la terreur que l’Etat fait régner dans les rues (plaçant les villes sous occupation des uniformes de l’armée et de la police, les arrestations de masse et la brutalité permanent des forces répressives), les révoltes n’ont vraiment pas l’air de s’essoufler…

De partout, de nombreuses formes de solidarité avec toutes ces agitations sont possibles. En atteste les multiples initiatives de ces derniers temps en Allemagne (entre autre à Hambourg et à Berlin -voir ici et , à Oakland, Besançon ou encore en Suisse allemande)

A nous d’exprimer notre solidarité avec les révolté-es,

Sinon, pour rappel: il existe un moyen de soutenir les révolté-es inculpé-es en coment auprès de la croix noire anarchiste de Rio de Janeiro.

Le site: cnario.noblogs.org

[Pantin, 93] Un camion d’un constructeur de taule en feu

Dans la nuit du 23 au 24 juin, rue Auger à Pantin (93), un camion de Bouygues (constructeur notoire de taules) est parti en feu.

Un salut solidaire aux anarchistes emprisonné.e.s au Mexique: Carlos, Amélie et Fallon (et Mario et Felicity en cavale).

Les prisons en feu, leurs constructeurs au milieu !

indymedia nantes, 25 juin à 00h22

[Grèce] Grève des prisonniers et attaque d’une agence bancaire en solidarité à Volos (juin 2014)

Les prisons suivantes ont participé au mouvement national de grève des plateaux [contre la création de prisons de haute sécurité, voir ici] continue (liste non-exhaustive) : Korydallos, Kerkyras, Domokos, Patras, Larissa, Alikarnassou, Diavaton, Grevenon, Nafplio, Avlonas, Nygritas Serron, etc.

La participation totale atteint les 90 %.


A Volos, Grèce, attaque solidaire contre une banque :

Nous avons mené à l’aube du 6 juin une attaque contre la banque Alpha Bank à l’angle des rues Athinon et Larissis.

Nous avons choisi une telle action comme un moyen d’attaque contre les plans de l’état pour la création de prisons de type C d’une part et de l’autre comme signe de solidarité avec les personnes en lutte emprisonnées.

Si vous voulez des vitrines sans aucune ride, vous devrez vous enfermer derrière les volets de sécurité.

Nous accueillons avec joie chaque action qui brise l’inertie et vise à la déconstruction totale de l’existant.

Lutte polymorphe jusqu’à la destruction de chaque structure autoritaire.

Poudre noire et feu contre toutes les prisons.

Anarchistes

Repris de non-fides.fr

On peut aller lire le texte du comité de lutte des prisons traduit du grec par contrainfo

[Nantes/NDdL] Appels en solidarité avec les inculpé-es de la manif du 22 février anti-aéroport (Rassemblement vendredi 27 juin devant le palais de justice)

Répression du mouvement de lutte
contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes

Quelques éléments sur les procédures judiciaires en cours

la-zad-est-partoutDepuis le 22 février 2014, au moins 22 personnes ont été arrêtées, accusées d’avoir participé à la manifestation anti-aéroport, pro-zad, organisée à Nantes ce jour-là. Certaines l’ont été le jour même, d’autres un mois après, et les suivantes au compte-goutte, chez elles, dans la rue, sur leurs lieux de travail. Plusieurs ont été incarcérées, notamment en détention provisoire.

Tous ces inculpés ont été déférés devant le juge en Comparution Immédiate, procédure d’urgence, la plus répressive. Comme s’il fallait évacuer par le biais de l’urgence et d’arrestations individuelles la publicité sur ces enquêtes inabouties. Comme si on cherchait à éviter de se trouver en prise avec un mouvement massif, qui a réuni jusqu’à 50 000 personnes dans les rues de Nantes. Sans parler des dizaines de collectifs qui s’organisent dans et autour de la zad depuis plusieurs années.

Les dossiers utilisés pour ces jugements font apparaître clairement l’intervention des services de renseignement dans l’identification et le profilage des personnes arrêtées. En fait ils reposent essentiellement sur des photographies obscures, floues, de personnes masquées. Ici, contrairement aux enquêtes ordinaires, il semble que les photographies viennent appuyer a posteriori le profilage réalisé par la DGSI (ex-DCRI).

Lors d’un récent procès, la position du parquet fut la suivante : dans les dossiers portant sur la manifestation, il n’y aura pas d’autres preuves que ces photographies litigieuses, pas d’autres éléments d’enquête que ceux, implicites, du renseignement. La juge a donc été sommée de faire un choix partisan : se soumettre au dictat du ministère de l’intérieur pour tous les dossiers, sans jamais prendre en compte les arguments de la défense. Elle est ainsi placée devant un chantage évacuant sa capacité d’appréciation objective.

D’autre part, les dossiers d’enquête mettent en lumière les pratiques de fichage systématique dont font objet les opposants au projet d’aéroport notamment par la cellule nantaise de la DGSI. Ils démontrent l’étroite collaboration entre la police politique et la police judiciaire, ce qui permet aux pouvoirs publics de voiler au regard de la défense et des citoyens les éléments de l’enquête nécessaires à l’élaboration de la défense de tout justiciable, présumé innocent. Ces pratiques de fichage systématique entrainent ainsi une criminalisation de fait de tous les militants anti-aéroport, susceptibles d’être arrêtés et incarcérés sans autres éléments, que ceux de la DGSI, contre lesquels ils seront sans défense. Elles viennent nourrir les questionnements plus larges ouverts aujourd’hui, sur la généralisation de la surveillance et les difficultés d’accès au dossier d’inculpation.

Il va de soi que ce mouvement est accompagné d’une croissance exponentielle du fichage des militants et sympathisants. Ce phénomène s’illustre notamment par leur capture vidéo ou photo en toute occasion, comme par exemple lors de l’expulsion de la “maison de la zad” le 20 juin dernier.

Et pour la première fois, il s’agit d’un fichage à usage directement répressif : il n’est plus seulement une menace distante dans le temps. Il pourrait s’agir d’une accélération de la transformation des services de renseignement, d’une instance de dialogue social en une instance répressive, telle qu’on a pu l’observer depuis la création de la DCRI.

Pour autant nous n’ignorons pas que le type d’opération menée ces derniers mois contre le mouvement de la zad cherche à provoquer parmi toutes ses composantes la crainte et la dissociation en discriminant coupables et innocents, militants légitimes et illégitimes. Ceci quand bien même les porte-paroles de tous les collectifs, formels et informels, ont réaffirmé au lendemain de la manifestation la solidarité qui a fait jusqu’à présent le succès et le caractère unique de cette lutte.

Nous appelons toute personne ou collectif, à se renseigner, enquêter, diffuser les informations afin que ces méthodes puissent être contrôlées et contestées, car nous sommes tous concernés.

À vous de jouer.

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ZAD – La solidarité : une « association de malfaiteurs »
Compte-rendu depuis la journée de procès du 19 juin

Suite à la manifestation du 22 février à Nantes contre les menaces d’expulsion de la zad et de démarrage des travaux de l’aéroport, nous faisons face à une campagne continue d’arrestations. Fait nouveau dans ce pays, ces arrestations se font en majorité a posteriori, sur des bases d’images vidéos, d’appels à délations et de croisements avec des fichiers politiques.

La manifestation du 22 février avait regroupé plus de 50 000 personnes et 500 tracteurs. Son parcours avait été prohibé, au dernier moment, par le Préfet. Mais des milliers de personnes ont décidé de braver la zone rouge et se sont, de fait, mises ainsi dans l’illégalité. Le jour même la répression policière, à coup de gaz, grenades et flashballs, a été particulièrement féroce. 3 personnes y ont perdu l’usage d’un œil. Dans les semaines qui ont suivi la manifestation, une campagne politico-médiatique de diabolisation s’était mise en œuvre, sans succès, pour diviser et fragiliser le mouvement. Au final le gouvernement n’a eu d’autre choix que de mettre le projet d’aéroport en stand-by pour une durée indéterminée et peut-être à jamais.

Mais 4 mois après, l’État continue à se venger de cet affront, sur le plan judiciaire : en isolant des personnes et groupes qu’il incarcère pour distiller la peur au plus grand nombre. Une vingtaine de personnes arrêtées dans les semaines et mois qui ont suivi la manif’ sont déjà passées en jugement. Une d’entre elles a été condamnée à un an de prison ferme pour avoir fabriqué et utilisé des fumigènes. Le 17 mai, une manifestation de soutien aux inculpé-e-s et blessé-e-s regroupait plus de 1500 manifestants à Nantes.

Depuis, la machine continue de s’accélérer. Le 19 juin, quatre personnes ont été condamnées pour participation à un attroupement armé, jet de canette ou encore simple possession d’un marteau pendant la manifestation. Trois personnes vont comparaître dans les semaines à venir pour des faits liés au 22 février.

Dans chacun de ces procès, les dossiers ne comportent que de simples photographies floues qui montrent des personnes masquées que l’on a bien du mal à reconnaître. Et les inculpé-e-s se voient condamner sur la base de leurs aveux, obtenus sous la pression de la garde-à-vue. L’un des accusé-e-s, contestant les faits qui lui sont reprochés, vient d’être condamné à 9 mois de sursis et 4500 euros d’amende sur la base de simples photos litigieuses. La juge a appliqué à la lettre les réquisitions de la procureur, qui avait reconnu à demi-mot que le dossier était vide, mais avait placé la décision sur un plan politique : en l’absence de preuves plus probantes, la juge devait prendre parti malgré tout entre le ministère public et la défense. Ajoutant que concernant le 22 février, il n’y aurait jamais de preuves plus solides et qu’il faut donc les accepter comme telles si l’on veut pouvoir trouver des coupables.

Une telle affirmation confirme que le rôle de tous ces procès n’est pas de punir des faits commis, que le parquet aurait besoin de démontrer, mais bien d’exercer sur la zad une pression assumée comme telle. Après le succès du 22 février, l’impossibilité d’expulser la ferme nouvellement occupée à Saint-Jean du tertre et d’empêcher l’acheminement et la construction d’un nouveau hangar au rosier, l’État se venge comme il peut face à un mouvement qui ne cesse de monter en puissance. Pour paralyser la contestation, il vise tout d’abord à faire accepter la mis en place de nouveaux dispositifs répressifs. Ceux-ci nous concernent tous et toutes car ils menacent les possibilités de lutte en général, en allant même jusqu’à s’attaquer aux manifestations de soutiens et d’amitié aux inculpés. En effet, quatre personnes se voient accusées, sous prétexte de la présence dans leur voiture d’affiches d’appel au rassemblement du 19 et du 27 juin ainsi que d’une boîte à outils, d’« association de malfaiteur », en l’occurrence « entente établie en vue de commettre un rassemblement armé devant le tribunal de Nantes ».

Nous ne nous laisserons pas gagner par la peur. Le 19 juin, deux cents personnes se sont rassemblées malgré tout devant le tribunal de Nantes. Le soir même, une maison de la zad s’est ouverte dans Nantes.

Plus que jamais, une solidarité massive doit se construire à l’échelle du mouvement contre l’aéroport et bien au-delà. Le prochain moment pour l’exprimer sera le 27 juin, de nouveau devant le tribunal de Nantes et partout ailleurs où des rassemblements et actions pourront s’organiser.

Des manifestant-e-s du 22 février, des occupant-e-s de la zad, des collectifs et personnes en lutte.

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2-466e4Reçu par mail, 24 janvier 2014

Salut solidaire devant le centre de rétention de Vincennes – 21 juin 2014

Samedi 21 juin 2014, une petite trentaine de personnes sont allées faire un salut solidaire aux prisonniers du centre de rétention de Vincennes. Pendant 15 minutes, aux cris de « liberté pour tous » et au son des pétards et de la corne de brume, les prisonniers ont répondu par des cris, liberté, et des sifflements.

Alors que les policiers nous jetaient un trognon de pomme, nous, ce sont des balles de tennis avec à l’intérieur des messages de solidarité et contre l’enfermement que nous avons lancé par dessus les murs. Certain ont essayé de nous renvoyer une balle avec un autre mot, mais ça n’a pas fonctionné.

Il y a 6 ans ici même Salem Souli mourrait faute de soin et le lendemain une révolte embrasait le centre.

6 ans plus tard nous n’oublions pas.

6 ans plus tard nous sommes toujours là pour crier mur par mur, pierre par pierre, détruisons toutes les prisons.

Depuis l’intérieur du centre :

  • Vendredi 20 juin :

Bâtiment 1. Parfois ça se passe bien, parfois ça se passe mal. Il y a beaucoup de gens qui ont été contrôlés dans la rue et ramenés ici. Il y a pas mal de jeunes ici ils s’énervent, il y a des bagarres avec la police. Il y a un mec qui a menacé un policier, il y a deux semaines, il est parti en garde-à-vue, il est pas revenu. Son pote a été expulsé.

Tous les jours c’est la même chose à manger, des carottes ou de la purée ou des frites.

Il y a eu beaucoup d’expulsions, mais en ce moment ça c’est calmé. Moi j’ai refusé le vol une fois, il me reste 9 jours à faire ici.

Bâtiment 3. – Comme d’hab’, 45 jours, tous les jours ils arrêtent les mêmes, entre Barbès et Château rouge. Moi 2 fois je me suis fait arrêté à Barbès. À 4 chemins aussi, toujours ils contrôlent les arabes et les noirs.

- Ici c’est Guantanamo, la promenade est grillagée, comme la prison, comme à Fleury, il y a les grillages sur le toit. (il semblerait qu’il y ait un filet au dessus de la cour du bâtiment 3 contrairement aux cours des deux autres bâtiment).

Il y a des arabes, et des blacks aussi. Ça se passe bien entre les gens parce qu’on a les mêmes problèmes. La police elle fait son boulot hein, elle enferme les gens, c’est eux qui nous amènent ici.

- Il y a plein de monde, on est tous dans la merde. Moi ça fait deux fois en un mois que je suis ici, contrôle à Barbès. La plupart des gens c’est choquant leur arrestation, comment ça se passe. On reste 45 jours je vois pas l’intérêt, c’est pour intimider. Les gens expulsés sont scotchés aux mains et aux pieds.

- T’as pas de papiers ils te font des problèmes, garde-à-vue et le centre. J’ai été 4 fois en une année : pendant le ramadan dernier, pendant le réveillon, là c’est la 4ème fois. Je me suis fait arrêté dans le 18ème, ils ont dit que j’étais dealer, j’avais rien sur moi, ils sont parti dans une rue, ils ont ramené 17 barrettes. J’ai fait 48 heures de garde-à-vue. Les flics (de Barbès) ils connaissent nos visages, ils nous cherchent dans la rue. L’avocat gratuit, payé par l’État, ils ne savent même pas parler, sinon c’est cher l’avocat, on a pas de papiers alors on a pas d’argent…

  • Dimanche 22 juin :

Bâtiment 2. J’ai vu les gens ils criaient « liberté » dehors, on a crié aussi et dans le bâtiment 1 ils criaient aussi.

Bâtiment 1. – On a entendu la manif. On a crié mais avec la police on ne peut rien faire. On a vu les balles de tennis, on a écrit dessus le numéro du centre pour nous appeler et on a renvoyé la balle . Ici on est réveillé tout le temps, ce matin ils viennent nous réveiller à 6 heures. On mange rien de toute la journée.

- Ici ça se passe super mal, la police nous traite comme des animaux. Hier vous avez envoyé un message, on a reçu « liberté » et dans le CRA 2 ils ont reçu un petit mot. On a renvoyé mais c’est la police qui a intercepté la balle.

- Hier il y a eu une embrouille et à 6 heures ce matin, ils étaient 8 ou 9 flics ils ont cherché un mec ils tapaient sur toutes les portes et ils ont fouillé toutes les chambres, en réveillant tout le monde. Ils l’ont trouvé ils l’ont mis dans une cellule tout seul et un chef est rentré dans la cellule. 5 minutes après le gars est ressorti.

reçu par mail

Repris de sanspapiersnifrontieres