Archives mensuelles : août 2014

[Berne, Suisse] Le poste de police de Neufeld attaqué – 29 août 2014

Aujourd’hui, nous avons mené une attaque de peinture sur le poste de police de Neufeld à Berne.
La raison pour laquelle nous avons fait cela est clair car nous détestons l’oppression et la répression.
Encore et toujours, le pouvoir de l’État montre son aspect le plus laid:

- Malmö: des antifascistes se font écraser par la police à cheval lors d’une manif et sont gravement blessés.

- Ferguson: des flics racistes tirent sur un jeune 18 ans et un peu plus tard dans les environs sur un afro-américain de 23 ans.

- Zurich: la police expulse la zone occupée de Labitzke, les occupant-e-s et solidaires sont arrêté-es et lourdement puni-es.
En prison préventive  à Zurich, des personnes sont sans cesse conduites vers la mort.

- Partout et toujours​​:

Expulsions, blessures, emprisonnement, médicaments forcées, harcèlements, contrôles racistes et agressions, insultes sexistes, jeux de pouvoir pervers et utilisation d’armes

Peu importe où: la police protège les dominants et leurs conditions. C’est pourquoi elle doit être attaquée partout !

Combattons la police !

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Traduit de ch.indymedia.org/de, 29/08/2014 à 17h40

[Besançon] Affiche contre la rénovation urbaine à l’occasion de l’inauguration du tramway

Merde au tramway

A propos de l’inauguration festive des 30 et 31 août à grands coups de propagande publicitaire / médiatique, et d’évènements culturels subventionnés par la mairie socialiste.

Parce qu’on est jamais mieux fliqués que par ses déplacements avec leur carte à puce électronique nominative.

Parce que, quand on n’a pas de thunes pour se déplacer, on vit avec l’angoisse permanente de faire face aux contrôles des chiens de Ginko et de leurs chauffeurs zélés…

Parce que c’est une aubaine pour les entreprises du BTP – dont Eurovia, filiale de Vinci – les promoteurs immobiliers (SMCI* – 12, rue Gambetta à Besançon) et proprios, qui tirent de juteux profits en construisant des lofts haut-standing, en augmentant les loyers, en embourgeoisant les quartiers jusque-là encore populaires.

Parce que la rénovation urbaine qui l’accompagne amplifie le contrôle et la surveillance de nos vies, et nous dégage toujours plus loin, avec son lot de caméras**, de spots d’éclairages publics, de mobilier anti-squat, d’espaces aseptisés par ses assoces culturelles d’artistes subventionnées telles que « Bien Urbain ».***

Parce qu’il n’y a rien à attendre de ce tram-tram qui, comme tout transport en commun, a pour finalité de transporter la chair à patrons de son domicile à son lieu d’exploitation, quand ce n’est pas pour les conduire vers un des nombreux temples de la consommation.

Parce que la seule alternative possible réside dans notre capacité à s’attaquer au pouvoir et à ses multiples projets !

*Fait partie du groupe « FJ-Investissement » (25, rue Proudhon) qui comprend également le website « macommune.info » , situé juste en face des bureaux de SMCI

**voir où se trouvent les yeux de l’Etat sur la carte »besancon.sous-surveillance.net« 

*** leur boulot consiste à transformer la ville en musée à ciel ouvert. On peut aller leur rendre visite au 11, rue Battant.

tram

Affiche collée dans les rues de Besançon et à proximité des stations du tramway – Reçue par mail

[Bristol, Angleterre] Feu à l’armée !

Attaque de la base de cadets* de l’armée à Bristol (Royaume-Uni)

voiture_en_feuNous avons agi en amont du sommet de l’OTAN qui se réunira à Newport afin de poursuivre leur pouvoir belliqueux déguisé en bienveillant du maintien de la paix internationale. Pour être clair, cette «paix» qu’ils veulent garder est celle de l’ordre capitaliste: la «paix» de produire, de consommer et d’obéir.

La rhétorique de l’OTAN de démocratie et de droits humains cache sa force de colonisation offensive vu qu’il se déplace dans des zones stratégiques pour les ressources et le contrôle politique. Pendant ce temps, sur le « front intérieur », le rôle de supprimer « l’ennemi intérieur » est tout à fait clair. L’OTAN, conscient de l’insurrection qui a éclaté au cours du « printemps arabe » juste en dessous de la frontière méditerranéenne, a exposé le rapport des « opérations en zone urbaine en 2020″ prévoyant « des scénarios des armées engagées manuellement pour étouffer les révoltes des pauvres dans les banlieues des grandes villes occidentales« . Les pouvoirs en place peaufinent clairement ce type de guerre contre-insurrectionnelle autant que le conflit militaire entre les États dans le futur assombri de l’effondrement avancé de la société, de l’économie et des catastrophes écologiques.

Nous avons choisi la base des cadets de l’armée dans le nord-est de Bristol, brûlant une voiture et un minibus. A titre d’exemple de la façon dont la militarisation progresse dans le tissu de la vie quotidienne. Au cours des dernières années, la commissaire des écoles, Elizabeth Sidewell, a suggéré que chaque école devrait avoir une force commune de cadets* « afin d’augmenter quotidiennement le contact et l’influence des forces armées auprès des jeunes » dans le but d’assurer l’assistance continue de la population. La présence de l’armée, même dans les écoles, est présentée comme une composante naturelle de la « communauté » et que la concurrence, la discipline et l’obéissance de haut en bas sont des caractéristiques nécessaires.

Nous sommes solidaires avec ceux qui sont descendus dans les rues il y a 3 ans en août 2011, ainsi que ceux qui ont récemment été dans les rues de Ferguson, une autre zone actuellement sous traitement militaire. Après ces moments insurrectionnels, le gouvernement a vu l’une des fonctions de sa poussée pour plus de soldats et l’implication des militaires dans l’éducation en général comme gardant les jeunes hors de l’agitation et les empêchant d’être « anti-social ». L’École Phoenix à Oldham, des académies militaires et autres sont autant de manifestations de cette promotion de la discipline aveugle et du nationalisme.

Feu à l’armée !

Des anarchistes quelconques

Traduit de indymedia UK, 29/08/2014

Note:

* Dans de nombreux pays, un cadet est un élève officier, un militaire en formation

[Allemagne] Feu et flammes pour Berlin – 28 août 2014

S-bahn_kaputtJeudi 28 août vers 4h00 du matin à Berlin, un sabotage incendiaire a paralysé une partie du réseau de la S-bahn, principalement le secteur sud-est de la ville. Un conduit de câbles entre Ostkreuz et Treptower Park (qui est situé à quelques pas de la Gürtelstraße) a été incendié à l’aide d’un mélange d’essence commercialisé et de deux détonateurs à retardement. Les dégâts sont sérieux (5 lignes sont à l’arrêt) et l’entreprise a annoncé mener des travaux jusqu’à dimanche 31 août 2014 afin de rétablir le traffic entre le sud-est et le centre-ville. Les liaisons avec l’aéroport de Schönefeld n’ont pas été épargnées. 

Cette attaque a été revendiquée par des groupes autonomes contre la politique raciste menée envers les réfugiés, qui luttent actuellement pour obtenir le droit de séjour, et qui attendent que soient examinées leurs demandes d’asile par les autorités. Le communiqué dénonce l’existant raciste et son acceptation par la population berlinoise, préoccupée par son propre confort et qui se fout du sort des milliers de personnes qui tentent de fuir la guerre/la misère et traversent les frontières de l’Europe au péril de leurs vies. 

Le communiqué se termine par « Henkel*, Kolat* et leurs laquais devraient être conscients que leur acte a des conséquences, leur politique prive les gens d’une vie sûre, leurs mensonges et leur propagande de cupidité et de haine sont acceptés sans objection, cette société et ses représentants en économie et en politique sont vulnérables chaque jour et chaque seconde ». 

Note:

* Deux gouvernants de la ville de Berlin: Henkel (CDU) est sénateur à l’intérieur; Kolat est un social-démocrate du SPD.

[Paris/Banlieue] Parloir sauvage au CRA de Vincennes – 27 août 2014

Vendredi 29 août 2014.

À l’appel de la CSP75, ce sont cette fois-ci 150 personnes, sans papiers et quelques solidaires, qui sont allées en manifestation de la station de RER Joinville-le-pont au centre de rétention de Vincennes. Sur place un important dispositif policier était présent (la manifestation était annoncée et déposée) et a maintenue tout le monde dans l’allée, route du fort de gravelle, loin des bâtiments où sont enfermés les gens.

Un appel a été passé à l’intérieur du centre un peu avant l’arrivée de la manifestation.Centre de rétention de Vincennes, bâtiment 3

« C’est dur vous savez ici car on est privé de liberté. C’est un délit d’être étranger et pas régulier mais beaucoup d’entre nous font des démarches pour régulariser leur situation, les gens qui sont là depuis longtemps et ceux viennent d’arriver. Ici on est des cas tous différents mais on cohabite bien ensemble, il n’y a pas de problème, pas de violences entre nous. C’est mieux quand c’est comme ça. On subit de la barbarie alors qu’on essaie que de vivre ou même survivre. Ici on subit des humiliations mais on n’a pas le choix c’est comme un éléphant contre une fourmi, les policiers nous le font bien comprendre. Donc on est obligé de faire ce qu’on nous demande. »

Je lui explique qu’il va y avoir une manifestation cet après-midi pour protester contre la mort d’Abdelak et pour la fermeture de centres de rétention et que toutes les personnes qui y sont enfermées soient libérées. Je lui dis que peut être nous n’arriverons pas à nous approcher du centre car la police nous en empêchera mais que j’espère qu’ils arriveront à nous entendre.

« Ah oui la police on peut leur faire confiance pour ça. C’est bien qu’il y ait une manifestation. Déjà avant-hier (mercredi) j’étais en train de dormir l’après-midi et je me suis réveillé on entendait « Liberté ! Liberté ! ». J’ai essayé de voir qui il y avait dehors mais on ne voyait rien car il y a une forêt qui cache. En tout cas merci et bonne chance. »

Mercredi 27 août 2014. Un poignée de personnes solidaires se sont rendues sous les murs du centre de rétention pour un parloir sauvage. Des cris ont été échangés pendant quelques minutes avec les retenus.

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26 août 2014. Au centre de rétention de Vincennes la grève de la faim a pris fin ce matin. On a appris un peu tard que dans un des trois bâtiments plusieurs retenus ont cassé du mobilier après avoir appris la mort de Abdelhak.

Collage à Paris :

collaGoradiaPanam

Graffiti à Toulouse:

Fresk_Goradia_Toulouse

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Dimanche 24 août 2014, centre de rétention de Vincennes

Les retenus du bâtiment 1 du centre de rétention de Vincennes sont en grève de la faim depuis vendredi suite au décès de l’un des leurs, mort asphyxié dans un fourgon de la PAF alors qu’il était conduit à l’aéroport pour être expulsé.

“On est toujours en grève de la faim. Le commandant n’est pas revenu nous voir depuis vendredi. La nuit a été calme. Mais les policiers continuent de nous provoquer. Ils veulent qu’on mange et ils nous cherchent, ils veulent qu’on craque. D’habitude il y a 2 policiers dans les parties communes, là ils sont 5 ou 6…” “On continue la grève de la faim. Il n’y a pas de changements. Les policiers essaient de nous convaincre de manger. Dès la première tentative d’expulsion, les policiers avaient scotché Abdelhak. Ils lui avaient scotché les jambes et menotté les mains dans le dos. C’est pas normal! Ils l’ont amené comme ça dans l’avion et c’est le commandant de bord qui a refusé de le prendre, parce qu’il était complètement ligoté. On ne demande rien pour nous. On ne veut pas que ça se reproduise. C’est pas normal. On est des êtres humains. Il y a des policiers qui nous traitent comme des chiens. ”

Samedi 23 août 2014. COMMUNIQUÉ DES GRÉVISTES DE LA FAIM DU CENTRE DE RÉTENTION DE VINCENNES

Jeudi 21 août 2014, Abdelhak Goradia est décédé alors qu’il était conduit par les flics à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle pour être expulsé vers l’Algérie. Il avait réussi à refuser une première fois son expulsion le 16 août dernier. Selon la version policière, c’est dans le fourgon en arrivant à l’aéroport qu’il aurait eu « une crise cardiaque ». Les flics ont même parlé d’une mort naturelle. Or, l’autopsie a révélé qu’il était décédé par asphyxie. Ce n’est pas la première fois qu’une personne décède lors de son expulsion. Plusieurs sans papiers sont en effet morts assassinés par la PAF comme Ricardo Barrientos en décembre 2002 ou Mariame Getu Hagos en janvier 2003.

Les retenus du bâtiment 1 de Vincennes se sont mis en grève de la faim dès qu’ils ont appris la mort de leur camarade. Ils ont rédigé un communiqué que nous reproduisons ci dessous même si nous ne partageons pas tout son contenu. Nous voulons apporter notre solidarité, aussi minime soit-elle, en relayant la paroles et les initiatives de ceux qui ont choisi de ne pas laisser sans réaction et colère la mort de leur compagnon d’infortune et sont entrés en lutte. La grève de la faim est un moyen souvent utilisé par les retenus mais elle affaiblie le corps dans un moment où la force est nécessaire pour résister, résister à la police, résister à l’expulsion, résister à la violence. C’est un moyen qui peut, souhaitons le et encourageons le, mener à d’autres, comme en 2008. Les formes d’action sont multiples et il faut remettre ça dans son contexte : un lieu d’enfermement, ou personne ne se connaît et ne partage autre chose que la situation d’être enfermé par l’État. Pour l’instant… Ce moment mènera sûrement à des discussions et à d’autres initiatives. Cela dépend aussi du relai et du soutien que l’on y apporte.

Sur les points du communiqué, nous rappelons seulement que pour nous rien n’est aménageable, qu’un jour passé en prison est un jour de trop et que nous pensons que la justice sera toujours là pour enfermer et opprimer les pauvres et celles/ceux qui refusent de se taire. Liberté pour toutes et tous. Solidarité avec la lutte des retenus.

“Nous, retenus du bâtiment 1 du CRA de Vincennes, demandons: – que des journalistes puissent venir voir les conditions de vie dans le centre – que les acteurs des violences envers M. Goradia soient punis, car ils l’ont tabassé à mort. – que la durée de rétention soit réduite à 20 jours car il y a trop de violences. Ce n’est pas la peine, 45 jours, ça ne sert à rien – que la nourriture soit améliorée. On mange très mal alors qu’on n’a pas demandé à être ici. – Une partie de la police est très agressive verbalement et fait des provocations. Ils vont jusqu’à dire des insultes dans le micro. Ils hurlent et font des gestes obscènes. On ne négociera pas. On continuera la grève de la faim tant que nos revendications ne seront pas satisfaites”

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[Paris/Banlieue] Suite à la mort de Abdelhak Goradia lors d’une expulsion et grève de la faim au CRA de Vincennes

Jeudi 21 août 2014 à 21h, Abdelhak Goradia est décédé alors qu’il était conduit par les flics à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle pour être expulsé vers l’Algérie. Il avait réussi à refuser une première fois son expulsion le 16 août dernier. Selon la version policière, c’est dans le fourgon en arrivant à l’aéroport qu’il serait décédé d’« une crise cardiaque ». Comme toutes les personnes mortes entre les mains des flics ! [edit : finalement, il serait mort par asphyxie et régurgitation]

AttentionAuFeuA 19h, Abdelhak Goradia se portait parfaitement bien et 2 heures plus tard, il était mort… Circonstances plus que troubles.  Il y a 6 ans, le 21 juin 2008, au CRA de Vincennes, Salem Souli décédait lui aussi d’ « une crise cardiaque » selon la police. En réalité, M. Souli, qui était asthmatique, n’avait pas reçu les soins dont il avait besoin. Le lendemain, les retenus s’étaient révoltés et le CRA de Vincennes était parti en fumée.

Les frontières tuent : des milliers de personnes sont mortes en traversant la méditerranée, d’autres décèdent lors de leur expulsion : on se souvient de Semira Adamu étouffée avec un coussin par les flics en Belgique en 1998 ou encore en 2010 de Jimmy Mubenga tué par des agents de sécurité dans l’avion qui devait l’expulser de Londres à Luanda. En France, plusieurs sans papiers sont morts assassinés par la PAF comme Ricardo Barrientos en décembre 2002 ou Mariame Getu Hagos en janvier 2003.

Arrêt des expulsions !
Régularisation de tous les sans-papiers !
Liberté de circulation et d’installation !

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DEPUIS LE CENTRE DE RÉTENTION DE VINCENNES Vendredi 22 août 2014

« Vers 18h, les flics ont dit à Abdelhak qu’il devait aller voir l’infirmière. En fait, c’était faux. Il est sorti de sa chambre, ils l’ont emmené à l’accueil et lui ont mis les menottes. A l’accueil, on entendait des bruits étranges, des bruits bizarres. Les gens qui étaient aux visites [au-dessus de l’accueil] ont tout entendu. Les flics lui ont mis une cagoule, un masque sur la tête. Les flics savaient qu’il allait refuser. Lors de la première expulsion ils lui avaient dit « Vous allez devant le juge ». En fait, ils l’ont emmené à l’aéroport.‌ Il n’était pas d’accord, il a protesté et ils l’ont ramené au centre.

Hier, toute la nuit, on l’a attendu parce qu’on savait qu’il allait refuser. Son cousin a téléphoné, il était inquiet. Et puis ce matin, il nous a rappelés et il nous a dit qu’il était mort. Du coup, on fait la grève de la faim. »

«On est stressé parce qu’Abdelhak est mort. Son nom n’était pas affiché sur le tableau des expulsions. Il l’on appelé quand on était en train de faire la prière vers 18h. Dès qu’on a fini, il est descendu soi-disant parce qu’il avait une visite. Dans un local de l’accueil, les flics l’ont frappé.‌ Ils lui ont mis un casque, des menottes aux poignets et lui ont entravé les jambes. Les flics savaient qu’il allait refuser, alors ils ont fait la force avec lui. Ils avaient tenter de l’expulser une première fois le quatrième jour après son arrivée.

Il ne savait pas comment ça se passait. Il est parti tout seul, dans une petite voitrure voir le juge et pas dans une camionnette comme habituellement. Déjà les flics l’avaient menotté aux jambes et aux poignets, il a refusé l’expulsion. Dès la première fois, ils ont fait la force, ils avaient la rage contre lui. Ils font n’importe quoi avec nous ! Même ses affaires sont encore ici, son portefeuille, sa veste…

J’arrive pas à dormir, je stresse. Il dormait sur un matelas par terre, à coté de moi, je voyais sa tête. Et maintenant son matelas est vide, ça me stresse. On était décidé à tout brûler. J’ai vu la dame de l’ASSFAM et j’ai pleuré. On a décidé de faire la grève de la faim.»

FLICS PORCS ASSASSINS

Repris de sans papiers ni frontieres

[Tract] Du centre de rétention de Vincennes à Ferguson, Solidarité face à la police et à l’État !

Du centre de rétention de Vincennes à Ferguson, Pouvoir assassin !

Toujours la même histoire. L’État ne dira sans doute jamais ce qui c’est exactement passé ce 21 août 2014 dans la voiture de flics de l’unité d’escorte qui emmenait Abdelhak Goradia du centre de rétention de Vincennes à l’aéroport de Roissy d’où il devait être expulsé. Abdelahak est mort. Les flics lui ont fait croire qu’il allait voir l’infirmière, ils lui ont mis des menottes, un casque sur la tête et l’on saucissonné pour être sûr qu’il ne résiste pas. Il est mort asphyxié, étouffé. La police a déclaré qu’il était mort naturellement, d’une crise cardiaque, puis ils ont dit qu’il s’était fait volontairement vomir. C’était la deuxième tentative d’expulsion ; lors de la première les flics s’étaient déjà montrés violents et acharnés et c’est le commandant de bord qui avait refusé de le prendre à bord de l’avion.

Au centre de rétention, en apprenant la mort d’Abdelhak des retenus ont cassé du mobilier et une grève de la faim a commencé.

Il y a 6 ans et deux mois, le 21 juin 2008, Salem Souli est mort au centre de rétention de Vincennes. Malade il avait demandé à voir un médecin ce qui lui avait été refusé. Il s’est allongé et ses compagnons l’ont retrouvé mort quelques heures plus tard. Le lendemain une révolte collective a éclatée et le centre totalement incendié.

Les techniques d’expulsion dans les prisons pour étrangers sont toujours les mêmes. Les retenus qui ont déjà résisté à une expulsion où qui ne se laissent pas faire sont appelés dans le micro pour un faux prétexte, une visite, aller chez le juge ou à l’infirmerie, ou embarqués au milieu de la nuit. Ils sont menottés dans le dos, jambes entravées, cagoule et casque sur la tête, étranglé pour empêcher de crier, ligotés avec du scotch… Plusieurs sans papiers sont déjà morts assassinés par la PAF (police de l’air et des frontières) : Ricardo Barrientos en décembre 2002 ou Mariame Getu Hagos en janvier 2003.

Entre 2000 et 2014, plus de 130 personnes ont été tuées par la police.

Mort en prison comme Gordana Jovanovic à la maison d’arrêt des femmes de Fleury le 2 novembre 2012 ; mort au mitard comme Éric Blaise le 13 novembre 2005 à la prison de Fleury-Merogis ; mort dans un fourgon comme Lamine Dieng le 17 juin 2007 ; mort du TASER comme Loïc Louise le 3 novembre 2013 ; mort du Flashball comme Mostefa Ziani le 13 décembre 2010 ; mort au commissariat, mort lors d’une course poursuite comme Baba Traoré le 4 avril 2008 qui tentait d’échapper à un contrôle de police et qui s’est noyé dans la marne ; mort d’une balle dans le dos comme Amine Bentounsi le 21 avril 2012.

Mort aux frontières de l’Europe comme 14 000 migrant-e-s depuis 1988.

mutineriemodif-300x212Partout c’est la même. Qui n’a pas entendu parler de cette histoire à Ferguson, dans le Missouri aux États-Unis, où Mike Brown a été tué de plusieurs balles dans le dos et à la tête par les flics le 9 août dernier. Il est mort parce qu’il était noir, parce qu’il était pauvre. En réaction, des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour manifester et s’affronter avec la police. Pendant plusieurs nuits des émeutes ont éclaté malgré le couvre-feu instauré par l’État.

La violence des flics est toujours la même. C’est celle de l’État, de la société. La police, comme la justice et la prison, est là pour garantir son bon fonctionnement basé sur l’exploitation économique, la domination sociale, l’oppression raciste. Il s’agit de tous nous soumettre et de protéger les riches, et pour cela la police réprime, tue et mutile, la justice condamne et enferme. Face à cette violence, la solidarité est nécessaire et doit s’exprimer partout.

Du centre de rétention de Vincennes à Ferguson, Solidarité face à la police et à l’État !

Le tract en format pdf

Repris de sans papiers ni frontières

[Publication] Recueil de textes de compagnons incarcérés au Mexique ( janvier 2012 / août 2014 )

Sans Patrie distro anarchiste & internationaliste – nouvelle brochure

Recueil de textes de compagnons incarcérés au Mexique, (janvier 2012/août 2014), ed. Sans Patrie, août 2014 (64 p., A5)

Pour toute demande (en papier et pdf), écrire à : toujourssanspatrie [at] riseup.net

MexFaceAface

Quelques mots d’introduction

En 1994, l’insurrection au Chiapas a soudain propulsé le Mexique à la Une des milieux militants européens qui, manifestement en mal de libération nationale et de sujets révolutionnaires, se sont empressés d’apporter un soutien inconditionnel à l’EZLN [Armée Zapatiste de Libération Nationale] et à son chef charismatique, le Sous-Commandant Marcos, entérinant son rôle de représentant officiel du soulèvement. Celles et ceux qui tentaient de creuser les questions de l’auto-organisation et des perspectives de lutte contre tout Pouvoir, brûlantes dans tout contexte insurgé,se voyaient en général taxés de colons eurocentrés n’entendant rien aux problématiques identitaires, communautaires voire patriotiques des « peuples indigènes  ».

C’est dans cette ambiance de réductionnisme volontairement confusionniste et d’anti-impérialisme à la sauce humanitaro-démocratique que se sont développés les comités de soutien rassemblant radicaux et institutionnels, le spectacle des rencontres intergalactiques, et le commerce du café solidaire.

Progressivement, le mouvement zapatiste est entré dans une démarche de négociation, ses représentants œuvrant de concert avec les organisations gauchistes de la dite « société civile » – trotskistes, léninistes etc, elles abondent au Mexique comme ailleurs– et affirmant de plus en plus ouvertement leur proximité avec la gauche institutionnelle. Ainsi l’Autre Campagne lancée suite à la Sixième déclaration de la forêt de Lacandone en 2005, outre le fait qu’elle réclame une nouvelle Constitution, non seulement n’a pas appelé à l’abstention au cours des derniers cirques électoraux, mais certains de ses leaders se sont en plus prononcés pour le vote utile en faveur du PRD [Parti de la Révolution Démocratique] dans un grand réflexe de front commun contre le PRI [Parti Révolutionnaire Institutionnel]. Ce n’est pas rien, surtout quand on sait que ces deux partis se partagent le bout de gras depuis des décennies.

Heureusement, des luttes ont continué à se développer contre le rouleau compresseur capitaliste et les désastres qu’il engendre à tous les niveaux. En différents endroits on se bat par exemple contre l’implantation des parcs éoliens et nous retiendrons aussi la vigoureuse et victorieuse bataille des paysans d’Atenco contre la construction d’un aéroport en 2001-2002.

Les années 2000 au Mexique ont aussi été marquées par des révoltes aboutissant à de véritables soulèvements dans des villes comme San Salvador de Atenco ou Oaxaca en 2006. Partant de la réaction à un énième abus (contre les vendeurs de rue à Atenco) ou de revendications partielles (comme celles des enseignants à Oaxaca), ces révoltes se sont propagées comme une trainée de poudre touchant des milliers de personnes et se sont dirigées à la fois contre les caciques locaux et les autorités fédérales. A  Oaxaca, les barricades ont recouvert la ville, les forces de l’ordre se sont repris dans la face un peu de leur violence et de nombreux bâtiments publics ont été incendiés, des groupes s’organisant à la fois pour défendre et attaquer. Ce processus n’a certes pas été exempt de mécanismes politiques, surtout lorsqu’il a commencé à durer dans le temps (plusieurs mois) – citons par exemple le rôle joué par l’APPO et ses appels à la désobéissance civile. Mais il a indéniablement marqué celles et ceux qui y ont participé directement ou qui se sont reconnu-es dans les possibles ouverts par l’auto-organisation dans le conflit.

Dans ce contexte sont aussi parvenus des échos de contributions anarchistes sous forme de textes, d’interventions dans des mouvements de rue ou d’attaques ciblées touchant les forces de l’ordre, les banques, les institutions… Ces contributions anarchistes ont ceci de particulier qu’elles critiquent en mots et en actes à la fois l’avant-gardisme des guérillas (relevant souvent du réformisme armé) et la récupération citoyenne et démocratique. Aux organisations de masse (civiles-citoyennes, maoïstes ou plateformistes) elles opposent l’activité autodéterminée des individus ou de groupes basés sur l’affinité ; à toute tentative de représentation et d’orchestration de la contestation, elles répondent par le refus du dialogue démocratique (et de toute revendication adressée au pouvoir) et l’action directe ; face à la prise de contrôle par quelques-uns, elles font le pari l’insurrection généralisée. En se mettant décidément du côté de la révolte et des révolté-es, ces contributions visent ouvertement à étendre la guerre sociale pour déborder le cadre omniprésent et oppressant que posent l’Etat et ses alliés-concurrents, dans un contexte qu’on a du mal à caractériser comme pacifié : la brutalité exacerbée (tortures, viols, assassinats…) est monnaie courante, exercée dans tous les sens par les flics, les militaires, les escadrons de la mort et les narcos mafieux, mais toujours en vue de maintenir un certain ordre, celui de l’exploitation et la domination.

La position courageuse et offensive qui rompt avec l’idée qu’il y aurait quelque chose à défendre ou à améliorer dans ce système –voire même qu’on pourrait en profiter quand clientélisme et corruption règnent à toutes les échelles–, en affirmant qu’il faut au contraire le détruire en entier a donc de quoi attirer bien des ennemis.

En 2009, suite à un grand nombre de sabotages incendiaires ou explosifs contre des banques, des grands magasins, des concessionnaires automobiles, des véhicules de police, dans le District Fédéral, comme dans d’autres régions (Guadalajara, León…) –ce que les flics ont qualifié de Septembre Noir–, plusieurs services de police ont reçu pour mission de surveiller les groupes anarchistes (leurs locaux, leurs publications, leurs activités) sur l’ensemble du territoire. Le 24 septembre 2010, Braulio Duran, qui se définit comme anarchiste végan, est arrêté, accusé d’avoir incendié deux DAB de la banque HSBC. Il sera condamné à 3 ans, 1 mois et 15 jours de prison qu’il a fini de purger.

En 2012, de fortes mobilisations se succèdent : un mouvement étudiant, le rejet de la hausse des prix des transports publics et surtout l’investiture de Peña Nieto [PRI] à la présidence, donnent lieu à des émeutes avec de gros affrontements contre les forces de l’ordre, des pillages et des attaques d’ hôtels de luxe, d’agences bancaires, de grands magasins, d’institutions etc.. Le Pouvoir relance une campagne médiatique contre l’ «anarco-terrorisme» et depuis, l’Etat et ses laquais pointent régulièrement les anarchistes comme fauteurs de troubles, notamment dans les manifestations du 1er Mai ou du 2 Octobre (date anniversaire du massacre étudiant en 1968 sur la place des Trois cultures).

En décembre 2013, une rencontre anarchiste internationale est organisée à Mexico. A son arrivée et après de longues heures d’interrogatoires à l’aéroport, le compagnon Alfredo Bonnano est refoulé et renvoyé au point de départ. Le 29 décembre, dernier jour de la rencontre, c’est Gustavo Rodríguez, résidant au Mexique, qui disparaît. Trois jours plus tard, il informe les compagnons sur place qu’il a été séquestré, interrogé et tabassé par la police fédérale, avant d’être expulsé vers les Etats-Unis.

Ces quelques exemples sont aussi des signes qui ne trompent pas sur le fait que les anarchistes se retrouvent dans la ligne de mire de l’Etat mexicain, qui travaille bien entendu en étroite collaboration avec ses homologues continentaux et européens (signalons au passage que Bonnano s’est aussi vu refuser l’entrée au Chili).

Le fait que les anarchistes qui affirment des positions absolument irréconciliables avec le Pouvoir aient les Etats contre eux n’ a en soi rien de bien étonnant ni de bien nouveau d’ailleurs. La question qui se pose plutôt est celle de la solidarité entre celles et ceux qui partagent ces désirs et ces aspirations de liberté. Cette question se pose avec d’autant plus d’acuité qu’en janvier derniers trois compagnon-nes, Carlos,Amélie et Fallon ont été arrêté-es à Mexico, accusé-es de deux attaques incendiaires et que deux autres, Mario et Felicity sont dans la nature pour une affaire antérieure.

Les lettres qui constituent le corps de cette brochure ont été écrites par ces compagnons et compagnonnes en prison ou en cavale. Certains sont mexicains, d’autres pas, ce qui montre une fois de plus que la révolte n’a pas de nationalité et que l’horizon des idées anarchistes se moque des frontières. Au travers de ces lettres, ils et elles dépeignent leur situation, sans jamais cesser de la relier aux idées et perspectives qu’ils défendent et continuent d’approfondir. En cela, ils ouvrent un espace de réflexion et de dialogue sur des questionscomplexes qui nous concernent toutes et tous : Qu’est-ce que la solidarité ? Comment et sur quelles bases peut-elle s’exprimer ? Quelles peuvent être les perspectives de lutte contre la prison – particulièrement lorsqu’on n’idéalise pas les prisonnier-es comme potentiels sujets révolutionnaires et que l’on refuse le concept de « prisonnier politique » ? Comment lier ce qui se passe à l’intérieur avec le combat à l’extérieur des murs ? Ces questions sont posées dans une perspective révolutionnaire qui vise à détruire les prisons avec la société qui les produit, parce qu’elles ne disparaitront vraiment toutes que dans un monde qui n’en a plus besoin et rejette entièrement l’autorité et le Pouvoir. En ce sens, nous sommes amené-es plus largement à réfléchir en pratique aux angles d’attaque qui nous paraissent pertinents pour œuvrer à détruire ce qui nous détruit. A chacun, chacune de chercher et d’expérimenter les réponses qui peuvent être apportées, toujours dans une continuité offensive insurgée. C’est aussi à cela que nous invitent les compagnon-nes.

22 août 2014

[Würzburg, Allemagne] Contre les frontières et les expulsions !

En cette nuit aujourd’hui (22 au 23 août 2014, NdT), nous nous sommes rendus au centre d’hébergement pour demandeurs d’asile (officiellement: « centre de rapatriement central ») à Würzburg, séparé, entre autres, par une clôture de barbelés sécurisés à un endroit et avons donc réussi à faire un grand trou à travers. En plus de cela nous avons apporté des panneaux avec des slogans tels que « Ni frontière, Ni nation – Stop aux expulsions » et « surmontons les frontières« .

Avec cette action, nous voulons exprimer notre solidarité avec tous les réfugiés du monde entier, et de faire comprendre aux autorités allemandes qu’en tout temps elles devront s’attendre à une réaction adéquate de notre part, si elles persévèrent dans leur politique dégueulasse et restrictive concernant les réfugiés.

Un trou dans une clôture si représentative est seulement un petit acte symbolique exprimant que des personnes se soucient que des frontières, lesquelles produisent et reproduisent les rapports de domination, soient omniprésentes dans nos vies. Ces frontières apparaissent sous la forme de Frontex, les contrôles de flics racistes socialement et spatialement distincts des camps de réfugiés, les expulsions, mais aussi sous la forme de surveillance, de prestation coercitive, le pouvoir et les relations de propriété injustes, ainsi que la sélection en vies utiles et inutiles.

Notre action est dirigée contre toutes ces conditions insupportables, qui cherchent à contrôler nos vies au quotidien.

Pour plus de trous dans les clôtures ! Jusqu’à ce qu’elles disparaissent complètement !

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"Aucune personne est illégale" & "surmontons les frontières"

« Aucune personne est illégale » & « surmontons les frontières »

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Traduit de l’allemand de linksunten, 23/08/2014 à 05h34

[International] Appels à la solidarité avec les prisonniers de la coupe du monde 2014

CumpliCopaLe 12 juillet, à la veille de la finale de la Coupe du Monde, la police de Rio de Janeiro a arrêté 19 militant-es, sous la justification que toutes ces personnes ont participé à des actes «violents» dans les révoltes de la dernière année et qui envisageaient d’autres actions et manifestations lors de la finale de la Coupe du Monde. Au total, environ 60 mandats de perquisitions, arrestations et détentions temporaires ont été délivrés contre des personnes accusées d’avoir participé à des mouvements sociaux, les mandats étaient de 5 jours de détention provisoire. Sur ces 60 mandats, 23 ont été réalisés, et 4 personnes ont réussi à échapper aux enlèvements de la police.

Les militant-es ont été emmené-es à la Cité judiciaire de la ville de Rio de Janeiro, un grand complexe de commissariats construits pour tenir compte de la répression liée aux protestations des méga-événements et de la logique de la ville marchande. Dans cette grande enceinte se trouvent la DRCI, le commissariat de police de répression des crimes informatiques, qui prend aujourd’hui la place dans l’enceinte historique du commissariat à l’ordre politique et social, la célèbre DOPS (Delegacia de Ordem Política e Social) créée en 1924 pour réprimer les anarchistes, principalement utilisé durant l’Estado Novo* et plus tard lors du Régime Militaire en 1964*, et qui avaient pour objectif de contrôler et de réprimer les mouvements politiques et sociaux qui s’opposaient au régime alors au pouvoir. Peu après, ils/elles ont toutes été transféré-es au complexe pénitentiaire de Bangu.

Quelques jours plus tard, habeas corpus** a obtenu la libération de 18 militant-es qui étaient détenus. Peu de temps après, la justice a de nouveau ordonné l’arrestation de ces 18 personnes qui avaient jusqu’à présent réussi à échapper à la farce judiciaire. Camila, Igor et Elisa ont été détenu-es jusqu’au 23 juillet, quand tou-te-s ont été libéré-es sous caution. D’autres arrestations pourraient survenir à l’avenir et les militant-es, qui sont persécuté-es par l’Etat et qui passent par des moments difficiles en cette période de criminalisation, peuvent encore être condamné-es. La police a déclaré que les arrestations sont fondées sur les enquêtes judiaires qui ont eu lieu secrètement depuis septembre dernier contre le Front populaire indépendant (FIP), les black blocs et d’autres groupes militants, accusés de complot. La méthodologie de la police est la surveillance, la violation de la confidentialité et de la vie privée des individus.

L’Etat qui détient toujours plus de prisonniers politiques*** (sic!) à Rio pour un match de football qui pourrait avoir lieu est le même Etat qui ferme des écoles, qui tue dans les favelas et fait une coupe du monde. Avec ces arrestations, l’État brésilien a écrit un nouveau chapitre de son histoire, le jour durant lequel tous les masques sont tombés, pas seulement pour l’Etat mais aussi pour tous les partis et groupes qui veulent participer à cette démocratie telle qu’elle est, à cette représentativité parlementaire. En ce jour l’Etat a dit en toutes lettres « GUERRE A LA POPULATION », pas de façon subliminale, mais à qui veut l’entendre. Dans les favelas les gens le savent déjà depuis bien longtemps, les manifs de juin-juillet 2013 ont également essayé d’avertir, mais cette fois, c’était en prime time et en toutes les lettres. Où toute la population a vu que les mêmes lois instituées par l’État nous brisent quand il veut, aussi bien qu’elle a toujours fait avec la population pauvre et noire dans l’histoire du génocide de l’Etat brésilien.

Nous vous invitons toutes et tous à organiser des actions de solidarité dans votre ville en solidarité avec les prisonniers de la coupe du monde. Nous ne pouvons pas rester silencieux face au terrorisme d’État du gouvernement brésilien et de la dictature de la FIFA. Tout le monde connaît l’importance des soulèvements de masse qui ont eu lieu au Brésil depuis juin 2013 jusqu’à maintenant, qui ont marqué une étape dans l’histoire de ce peuple, un moment de rupture avec les structures existantes, un cri pour dire Stop! aux nombreuses oppressions et violences historiques contre le peuple. Les forces de répression veulent à tout prix contenir la colère de la population en effrayant les militant-es par la persécution, veulent reprendre le contrôle et conformer les gens à accepter la misère de la vie quotidienne et qui sont prêts à jeter en prison tou-te-s celles et ceux qui n’abdiquent pas dans ce combat. Nos compagnon-nes ont besoin d’un soutien entier pour gagner cette lutte et rester dans les rues, dans les assemblées et dans la mobilisation populaire.

Aucun pas en arrière ! Personne ne sera laissé de côté ! Pour la fin immédiate des persécutions !

Source – D’autres informations en portugais sur le site de la croix noire anarchiste de Rio et notamment pour une semaine internationale de solidarité avec les prisonniers du 23 au 30 août 2014:

SEMANA3Notes des traducteurs:

*Estado Novo, qui signifie « Etat nouveau », est le nom donné à la dictature instaurée par Vargas au Brésil depuis le coup d’Etat du 10 novembre 1937 jusqu’au 29 octobre 1945 et la destitution de Vargas par les militaires. Cette dictature est calquée aux conceptions du pouvoir des Etats fascistes européens durant la même période: culte du chef et paternalisme (Vargas se faisait appeler « Pères des Pauvres »), centralisation du pouvoir et interventionnisme total de l’Etat, etc…

La junte militaire a été au pouvoir pendant deux décennies, de 1964 à 1985 et s’est maintenue à plusieurs reprises par des bains de sang.

**C’est une association d’avocats qui apporte une aide juridique aux manifestant-es réprimé-es

***Nous refusons ce terme de « prisonniers politiques ». L’Etat enferme celles et ceux qui ne se plient pas à cette société de misère et de mort. Nous refusons cette volonté trop souvent affichée de différencier et hiérarchiser les insoumis et indésirables à ce système.

[Berne, Suisse] l’Organisation Internationale pour la Migration, un masque humanitaire de la machine à expulser

Nous avons attaqué le bureau de l’OIM (Organisation internationale pour les migrations) avec de la peinture.

L’OIM joue un rôle important dans la «gestion des migrations» de la Suisse en tant que partenaire de l’Office fédéral des migrations (BFM*) et du département fédéral de justice et de police (EJPD**) , qui ne signifie rien sauf la gestion, la loi sur les étrangers et donc la répression de gens qui ont commis le crime d’avoir traversé les frontières. Le retour «volontaire», qui est encouragé par l’OIM, est un mépris dont l’alternative est l’expulsion forcée, qui en fin de compte est mis en place et exécuté par leurs propres clients (l’office fédéral des migration et la police). En tant qu’organisation d’envergure internationale, l’OIM est également un bras de la politique coloniale du monde occidental, menée à travers des projets avecles prétendus pays d’origine, qui sont spécifiquement conçus pour empêcher la migration.

Le masque humanitaire, qui cache leur laideur derrière ces organisations, est à abattre. L’OIM est une partie intégrante du régime de migration dont fait partie les contrôles, les agressions, les expulsions. L’OIM et ses agents ne peuvent pas rejeter la responsabilité de l’oppression qu’ils exercent.

Que tous les responsables du régime de migration puissent brûler !

Quelques enragés.

Traduit de l’allemand ch.indymedia, 18/08/2014 à 09h09

Notes:

*en allemand se dit « Bundesamtes für Migration »

**en allemand se dit « Eidgenössischen Polizei- und JustizDepartaments »