Archives mensuelles : septembre 2014

[Affiche] Contrer la totalité de la domination

Depuis des dizaines d‘années le progrès technologique s‘accélère fortement, amenant de nouvelles nuisances telles le nucléaire, les nanotechnologies et les organismes génétiquement modifiés, menaçant à présent la vie sur terre de diverses manières ; par l‘exploitation effrénée des « matières premières », les contaminations irréversibles par les éléments radioactifs, la pollution génétique et les conséquences des nanotechnologies. Surtout, toutes les technologies partagent le potentiel d‘expansion du contrôle sur le vivant, jusqu‘à la domination totale de la civilisation et de ses innombrables structures de pouvoir qui aliènent déjà quotidiennement nos relations.

La révolution industrielle amena à un accroissement de la spécialisation et de la centralisation. La technologie génétique représente un nouveau saut qualitatif dans le développement du contrôle sur l‘agriculture. Les brevets sur les semences de quelques grandes multinationales poussent l‘agriculture dans une dépendance absolue. Avec la destruction de la biodiversité, tout approvisionnement autonome est rendu impossible. Ce qui empêche fondamentalement une perspective vers des communautés libres et décentralisées. Ce ne sont pas uniquement les multinationales et les états qui en portent la responsabilité mais également tous ceux et celles qui croient à leurs mensonges et ainsi soutiennent leur développement.

Un rôle central dans cette tendance destructrice est à attribuer aux scientifiques paré_es de leurs blouses blanches de la «neutralité». Caché_es derrière la notion de « recherche fondamentale » illes travaillent à la légitimation de la technologie génétique. Les détails de cette recherche ne nous intéressent pas, tant l‘intention des chercheur_euses nous paraît claire : afin de s‘assurer de l‘approbation de l‘opinion publique, on cache des intérêts économiques ainsi que l‘expansion du contrôle sur le vivant, sous le couvert de la sacro-sainte science.

La résistance contre ces nuisances n‘a pourtant pas pu être brisée par ces mensonges, c‘est donc la répression qui a pris la relève. Le nouveau Protected Site à Reckenholz (Zurich), où ont et auront lieu des essais en plein champ de cultures génétiquement modifiées, est surveillé 24h sur 24 par une entreprise de sécurité avec chien de garde, surveillance vidéo permanente et deux grillages massifs équipés de capteurs de mouvement, ce qui équivaut à une forteresse.

Controns l‘avancée vers la domination totale

Faisons sentir aux responsables qu‘ils_elles se trouvent en travers du chemin vers la libération de toute domination

quelques paysan_nes anarchistes

  • Institut de biologie végétale, université de Zurich

Le prof. Beat Keller de l‘institut de biologie végétale de l‘université de Zurich est l‘initiateur et le meneur des essais en plein champ de blés OGM. Les frais des recherches actuelles sont pris en charge par l‘université.

  • Agroscope

Agroscope est, en tant que gérant du Protected Site, responsable pour l‘aspect technique, sous la direction de Michael Winzeler. Les essais ont lieu sur leur terrain à Reckenholz (Affoltern, Zurich).

  • Bouygues Energies & services

L‘entreprise Bouygues surveille 24h sur 24 le Protected Site avec un garde et un chien. Le groupe Bouygues propose des services allant du nettoyage aux télécommunications en passant par la sécurité et est présent mondialement. En Suisse ils ont plus de 30 filiales.

  • Office fédéral de l‘environnement – OFEV

L‘OFEV est responsable de l‘autorisation des essais en plein champ et co-responsable de l‘ensemencement des plantes génétiquement modifiées.

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Publié sur contrainfo, 27 septembre 2014

L’affiche traduite et mise en page en allemand et en italien.

[Ferguson, USA] Coups de feu sur deux flics samedi soir (27/09/2014) après un début de semaine émeutier

Dimanche 28 septembre 2014 :

Les flics se sont lancés dans une chasse à l’homme afin de retrouver les deux tireurs de la nuit passée. En vain pour le moment. Dans la soirée, 150 personnes se sont rassemblées devant le siège central de la police de Ferguson pour exiger une condamnation du flic qui a tué Mike Brown (Ce qui pour nous correspond à demander à l’ennemi de rendre justice, quand l’Etat enferme, élimine et massacre quotidiennement celles et ceux qui sont nuisibles à son équilibre économique et s’attaquent à l’ordre social, NdCNE). Les flics ont rapidement réprimé la foule, qui ne s’est pas laissée faire en ripostant par des jets de bouteilles. 7 manifestants ont été arrêtés.

samedi 27 septembre 2014 :

On apprend par la presse américaine que deux flics (un en service et l’autre en civil) ont été atteints par des tirs d’armes à feu à Ferguson et St-Louis. Tout ceci est une réponse à l’oppression de la police: entre harcèlements, tabassages et tirs souvent mortels, incarcérations au quotidien… et récemment l’assassinat du jeune Mike Brown début août à Ferguson.

Le porte-parole de la police du comté de Saint-Louis, Brian Schellman, dont dépend Ferguson, a confirmé que le premier agent avait été touché par balle, à un bras, samedi lors d’une patrouille. Voyant un homme fuir alors qu’il lui demandait ce qu’il faisait là, le policier s’est lancé à sa poursuite et «l’homme a tiré des coups de feu» sur lui, a expliqué le porte-parole. Le policier a tiré à son tour et on ignore si le suspect, qui demeurait introuvable, a été atteint.

Plus tard dans la nuit, un autre policier a été la cible de tirs provenant d’un nombre inconnu d’assaillants à Saint Louis alors qu’il conduisait sur une autoroute et n’était pas de service. L’agent a été légèrement blessé par des éclats de verre de son véhicule touché par balle, mais n’a pas répliqué, selon la police. «On ne sait pas pour l’instant si l’agent était personnellement visé ou s’il a été la cible d’un acte aveugle de violence», a dit Brian Schellman.

Par ailleurs, la population de cette ville pauvre continue de descendre dans les rues contre la police, à crier leur rage devant les commissariats et postes de police ou encore à bloquer sporadiquement les axes routiers de la périphérie de St-Louis.

Des manifestant-es devant un poste de police de Ferguson dans la soirée de vendredi 26 septembre 2014

Des manifestant-es devant un poste de police de Ferguson dans la soirée de vendredi 26 septembre 2014

Une manifestante arrêtée (parmi les 12 arrestations pour "refus de dispersion") lors d'un blocage d'autoroute à l'Interstate 70 en périphérie de St-Louis (Mo) mercredi 10 septembre 2014.

Une manifestante arrêtée (parmi les 12 arrestations pour « refus de dispersion ») lors d’un blocage d’autoroute à l’Interstate 70 en périphérie de St-Louis (Mo) mercredi 10 septembre 2014.

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Etats-Unis : regain de tension à Ferguson, des coups de feu tirés

Un rassemblement spontané a été réprimé par la police à Saint Louis (Etats-Unis), dans la nuit de mardi à mercredi, après l’incendie d’un mémorial dressé en mémoire de Michael Brown, un jeune Noir dont l’homicide par un policier le 9 août a généré plusieurs semaines de tensions.

Tôt dans la soirée, mardi, la vitrine d’un magasin de beauté a été détruite et environ 100.000 dollars (78.000 euros) de marchandise volés, selon la télévision locale Kmov. Non loin de là, 200 manifestants se sont réunis et au moins trois personnes ont été arrêtées, rapporte le «St. Louis Post Dispatch». Sur Twitter, plusieurs témoignages font état de jets de bouteilles et de pierres sur les policiers. Dans la soirée, un incendie s’est déclaré dans un autre magasin.

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Mardi matin, un mémorial érigé en la mémoire de Michael Brown avait pris feu. La rumeur a alors rapidement couru que l’incendie avait été déclenché, la police se bornant pour sa part à dire que la cause du sinistre était inconnu. Rejetant l’hypothèse qu’une bougie ait pu provoquer le feu, des dizaines d’habitants de Ferguson ont exprimé leur colère dans la rue tout au long de la journée.

En proie à des violences depuis le 9 août, le quartier de Saint Louis connaissait une accalmie depuis plusieurs jours.

Leur presse – leparisien (G.L), 24/09/2014 à 10h53

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Selon la presse américaine, plusieurs commerces ont été pillés et un détruit par le feu. Outre des caillassages, les flics ont été une nouvelle fois visés par des coups de feu, malheureusement sans en atteindre (par contre, 4 policiers ont été touchés par des pierres). Un citoyen français résident à St-Louis a rapporté avoir entendu une partie de la foule, stationnée en face du magasin de beauté « Beauty Town » sur l’avenue West florissant, crier « Brûlons-le ». Et le patron du commerce en question de pleurnicher dans la presse qu’il s’agit de la troisième attaque depuis les émeutes début août et qu’il venait de remplacer les fenêtres il y a tout juste une semaine (l’histoire médiatique ne s’est évidemment pas étalée sur ses attaques répétées: à savoir si c’est une poukave du quartier… ou bien tout simplement une saloperie de patron à traiter telle quelle).

Il y a eu 5 arrestations à l’issue de cette nuit de révolte. 

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[Brésil] Nouvelles de la guerre sociale des rues de Sao Paulo (16 – 19 septembre 2014)

São Paulo (Brésil) : Affrontements suite à une expulsion dans le centre-ville.

OcupaSJ3.Le 16 septembre dernier, le centre de São Paulo, plus grande ville du Brésil, a été le théâtre d’affrontements entre squatters et policiers, suite à une opération d’expulsion. Dans la matinée, la Police Militaire est intervenue pour expulser 200 familles qui occupaient depuis 6 mois un immeuble de 20 étages, située sur la célèbre avenue São João.

Tandis qu’ils tentaient de pénétrer dans le bâtiment, les policiers ont été la cible de pierres, noix de coco, meubles et électroménager jetés depuis le haut de l’immeuble. Les occupants ont également monté et incendié des barricades pour empêcher la progression de la police. La Police Militaire est finalement parvenue à pénétrer dans l’immeuble et à en expulser les occupants. Un véhicule blindé de la Troupe de Choc a été utilisé pour forcer la porte d’entrée. S’en sont suivi des affrontements dans les environs de l’immeuble expulsé. Un bus et une cabine de contrôleurs ont été brûlés, plusieurs magasins – dont deux appartenant à des entreprises téléphoniques – ont été endommagés ou pillés, des barricades ont été montées au travers des avenues environnantes. Le climat d’émeute a duré jusque dans la nuit. Plusieurs squatters et policiers ont été blessés. Une femme enceinte, qui occupait le bâtiment, a dû être emmenée en urgence à l’hôpital.

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Cette opération d’expulsion prend place dans un contexte général d’intensification de la répression policière envers les lieux squattés et la population pauvre de façon générale. Le 18 septembre, des affrontements ont eu lieu dans le centre ville lors d’une opération policière visant à réprimer l’économie “informelle”. Tandis que des vendeurs ambulants tentaient d’empêcher l’arrestation de l’un d’entre eux par la police, Carlos Augusto Muniz Braga*, 30 ans, vendeur à la sauvette, a été tué d’une balle dans la tête par un policier. La scène de l’assassinat a été filmée par une caméra et a été amplement diffusée dans les journaux du pays. S’en sont suivi des affrontements entre policiers et vendeurs ambulants. Des poubelles ont été utilisées comme barricades tandis que les policiers étaient la cible de jets de pierre auxquels ils ont répondu par des gaz lacrymos et des tirs de flashball.

Le lendemain, le 19 septembre, une opération similaire menée par la police à Rio de Janeiro s’est également terminée par des affrontements. À cette occasion, deux vendeurs ambulants ont été blessés par balle par la Garde Municipale. Un bus et une camionnette de la Garde Municipale ont été caillassés, et plusieurs Gardes municipaux blessés.

Ce même jour, le 19 septembre, en réponse à l’expulsion de l’immeuble de l’avenue São João et aux récentes opérations d’expulsion, un immeuble a été occupé par le mouvement Terra Livre dans le centre de São Paulo. Le soir-même, 200 personnes ont à leur tour occupé un vaste terrain à M’boi Mirim, dans la banlieue sud de la ville. L’occupation a été baptisée « Terra Prometida » (« Terre Promise »).

Traduit et reformulé des médias dominants par squat.net

Note du CNE:

*Carlos Augusto Muniz était un vendeur ambulant dans les rues de São Paulo et a été assassiné par la Police Militaire le 18 septembre 2014 après s’être révolté lors de son arrestation (en essayant entre autre de choper la lacrymo des mains de l’un des flics) alors qu’ils faisaient leur «nettoyage social» routinier pour dégager des rues les travailleurs clandestins

Nous n’avons aucune information autre que les médias de masse (une vidéo de l’assassinat ici: http:// noticias.r7.com/jornal-da-record/exclusivo-video-mostra-momento-em-que-pm-mata-camelo-com-tiro-na-cabeca-em-sp-19092014). Cependant, il semble nécessaire d’informer et sympathisons avec la révolte qui a émergé des rues de São Paulo.

Aucun décès aux mains de flics ne doit être oublié

De Cumplicidade

[Berne, Suisse] Attaque d’une agence UBS – 24 septembre 2014

destroikaLe mercredi 24 septembre 2014, une agence UBS a été brisée à Bâle. Cela doit être vu comme une contribution à la résistance à la Troïka, à la gestion de la crise et la mise en œuvre des intérêts des dirigeants. La troïka de la Banque centrale européenne (BCE), le Fonds monétaire international (FMI) et la Commission européenne règlementent et gèrent non seulement des pays entiers, les ménages particuliers, les gouvernements, mais déterminent également les conditions de vie des populations, en les réduisant à des ressources humaines. Le sentiment du noyau de l’Europe auto-proclamée est de prendre par surprise et de gouverner chaque jour de manière significative dans de nombreuses régions du monde.

En outre, la « place financière suisse » joue un rôle central dans la gestion de la crise et de l’application des intérêts des riches et des dominants. L’action est censé être une contribution symbolique à la résistance à ça et en même temps un appel à soutenir la Destroika, un mouvement de résistance fantastique. Au début de l’année prochaine*, le nouveau bâtiment de la Banque centrale européenne (BCE) est inauguré à Francfort. Le but de la Destroika est de fusionner plusieurs combats avec les protestations locales, afin d’accroître notre efficacité.

Venez tous à Francfort !

Pour un monde sans capitalisme, ni prisons ni frontières !

Ce qui est, est - ce qui n’est pas, est possible !

Traduit de l’allemand de ch.indymedia.org/de, 09/26/2014, 18h19

Note:

** Inauguration prévue dans un premier temps à l’automne 2014, l‘ouverture de la Banque centrale européenne à Francfort n’aura pas lieu avant le début 2015 et pourrait être retardée davantage. Cela nous laisse à tous plus de temps pour nous organiser et se préparer !

Nous allons poster de nouveaux renseignements sur les dates et les événements ici sur notre blog dès que nous les connaîtrons:

destroika.noblogs.org

[Kansas, USA] Un compagnon anarchiste arrêté et incarcéré pour l’attaque présumée d’un bureau gouvernemental

[MIs-à-jour 5 octobre 2014]

Eric G.King, un anarchiste local de 28 ans, a été arrêté le 16 septembre dernier et accusé d’avoir lancé des engins incendiaires contre le bureau d’un représentant gouvernemental à Kansas City, MO. Eric a prétendument jeté un marteau par une fenêtre du bâtiment et ensuite lance deux bouteilles allumées à l’intérieur, même si les deux ne se sont pas enflammées.

Eric a été identifié comme un suspect par la police locale parce qu’il était précédemment soupçonné d’avoir fait des graffitis anti-gouvernement et anti-police. Eric est prétendument impliqué dans un collectif insurrectionnel de Kansas City appelé Fight Back.

Eric est actuellement détenu à la prison fédérale de Leavenworth*.

Ci-dessous une lettre du compagnon:

5 octobre 2014

Mon nom est Eric. Je suis anarchiste depuis environ l’âge de 17 ans; bien sûr, mon point de vue s’est développé et a mûri au fur et à mesure que j’ai grandi. Je suis très actif dans les luttes LGBQT, de la terre, des animaux, Antifa et autres. J’ai organisé Food Not Bombs, des rassemblements contre le Klan**, et bien d’autres en faveur des droits de l’homme, à l’anti-capitalisme, des droits des animaux, etc! Je suis insurrectionnaliste maintenant. Je crois que la révolution commence dans nos propres esprits et une fois que vous êtes personnellement prêt, alors chacun peut faire quelque chose.

J’apprécie et j’appuie la solidarité et la camaraderie reçue de la communauté maintenant, quand j’en ai le plus besoin. Il y a un sentiment chaleureux que tu reçois sachant que tu as engagé ta vie à quelque chose de plus grand que toi-même et obtenu des vœux chaleureux, de la gentillesse, et des mots positifs qui peuvent vraiment aider quelqu’un à sortir d’un jour sombre. Je suis mis en examen cette semaine et j’espère que je serai dehors tôt ou tard. Livres, argent de timbre, de l’argent de l’enveloppe et des lettres seraient grandement appréciés si vous pouvez et sinon continuez la lutte. Avec amour et soutien, EK (A) (///)

Pour lui écrire:

Eric King
27090045
CCA Leavenworth
100 Highway Terrace
Leavenworth, KS 66048

supportericking.wordpress.com

supportericking[at]riseup.net

Notes:

*Leavenworth est une ville américaine de 35 251 habitants située sur la rive droite du Missouri, dans le nord-ouest de l’État du Kansas. C’est la plus grande ville et le siège du comté de Leavenworth. Elle fait également partie de la zone métropolitaine de Kansas City et abrite un complexe pénitenciaire (United States Penitentiary), située à 25 miles au nord de Kansas city, dont la prison fédérale et une prison miltaire.

** Pour désigner l’organisation raciste/fasciste du Ku Klux Klan.

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Ce qui suit est un reformulé des médias dominants datant des 17-18 septembre 2014.

Le bureau d’un membre du Congrès*, Emanuel Cleaver, a été attaqué aux cocktails molotov dans la nuit du 10 au 11 septembre 2014 à Kansas City. Moins d’une semaine après, les flics ont arrêté un suspect.

La permanence...

La permanence…

Eric G. King, anarchiste local de 28 ans, aurait été reconnu par les flics sur des bandes de vidéosurveillance, lançant deux engins incendiaires à l’intérieur du bureau et s’enfuyant. Il a été arrêté mardi 16 septembre 2014.

Il a été identifié comme suspect et arrêté mardi 16 septembre 2014 parce qu’il avait précédemment été impliqué durant une enquête suite à des graffitis anti-gouvernementaux sur un bâtiment local de la Bank of America et de la peinture pulvérisée sur des véhicules de police de Kansas City, selon les rapports du tribunal fédéral.

Les enregistrements de vidéosurveillance montrent quelqu’un se dirigeant vers le bureau de Cleaver (situé à 101 W. 31st St.) à 02h52 le 11 septembre et jetant un marteau à travers une fenêtre. Ensuite un engin incendiaire a été jeté en direction de la fenêtre, mais elle a rebondi hors du bâtiment. Puis une deuxième bouteille enflammée a été balancée avant que la personne s’enfuie en courant hors de la zone.

Les enquêteurs n’ont pas constaté de dégâts du feu sur ou dans le bâtiment, selon les documents judiciaires.

Durant la perquisition, la police dit avoir trouvée une lettre manuscrite avec des instructions sur la façon d’attiser des incendies, ainsi que d’une revendication de l’action; « Les incendies criminels commis le 11 septembre 2014 ont été commis uniquement par le collectif insurrectionnel KC Fight Back ». La lettre indique également que l’attaque incendiaire a été faite « en solidarité avec la révolte à Ferguson, Mo » et pour « commémorer ceux qui sont morts au Chili sous le règne de la dictature soutenue par les États-Unis et les vies perdues au Moyen-Orient, en Afghanistan, au Pakistan et au Yémen ».

Les enquêteurs ont également suivi des messages Facebook prétendument liés à E.G.King, dont un du 10 septembre qui notifiait une action d’un groupe appelé le collectif insurrectionnel KC Fight Back.

E.G-King a comparu jeudi 18/09 devant un tribunal fédéral.

Note:

*équivalent ici à député

[Belfort] Les chantiers de l’urbanisme continuent de flamber (nuit du 23 au 24 septembre 2014)

Belfort : 27 engins de chantier brûlés en 2 ans

C’est un phénomène qui inquiète les services de gendarmeries et les entreprises du BTP. En deux ans, se sont 27 engins de chantiers qui ont été incendiés volontairement.

Voici l'un des engins de chantier incendié cette nuit dans le quartier de la Pépinière à Belfort.

Voici l’un des engins de chantier incendié cette nuit dans le quartier de la Pépinière à Belfort.

La nuit dernière encore deux machines ont brûlé. Acte de vengeance d’un ancien ouvrier du BTP licencié ? Vandalisme ? Depuis 2 ans, les engins du BTP sont la cible d’incendies volontaires. La nuit dernière encore deux machine du BTP ont été incendiées. Sur le site de la SNCF, les ouvriers sont stupéfaits. Leur charriot élévateur a été entièrement détruit par les flammes. Le chef de chantier en a les larmes aux yeux. 100 m plus loin, un autre engin a lui aussi été incendié, dans le quartier de la Pépinière. Il est aujourd’hui totalement inutilisable. A chaque fois, ce sont près de 100 000 euros qui partent en fumée. Les professionnels se disent à bout et réfléchissent à deux fois avant d’accepter un chantier dans le secteur. Au total, ce sont donc 27 engins de chantier qui ont été incendiés dans l’agglomération sur 2 ans. Une enquête a été ouverte.

La presse régionale – france 3 franche-comté, 24/09/2014 à 18h08

Précédents articles sur le sujet ici et

[Paris] Etat de siège policier et rafles de migrants dans l’est de la capitale

État de siège dans tout l’Est du 18ème arrondissement

Depuis plusieurs jours les opérations de police se succèdent dans toute la zone comprise entre boulevard de La Chapelle et boulevard Ney (La Chapelle, Barbès, Porte de Clignancourt).

MeilleureDéfcestlAttaqueMardi 23 septembre, autour du métro La Chapelle, plus de 150 personnes ont été arrêtées à 6 heures du matin alors qu’elles dormaient sous les ponts du métro. La police, qui recherchait des personnes sans papiers cherchant supposément à rejoindre Calais, a embarqué tout le monde au commissariat de la rue de l’Évangile. Là, chacun a été forcé à donner ses empreintes, sous les coups pour ceux qui refusaient. Tous ont ensuite été libérés sans aucune explication, ni document.

L’après-midi et les deux jours qui ont suivit (mercredi 24/09 et jeudi 25/09) plusieurs patrouilles de dizaines de flics ont quadrillé les quartiers de La Chapelle et de Barbès/La Goutte d’Or, contrôlant, fouillant et arrêtant toutes celles et tous ceux qui se trouvaient là : sans papiers, vendeurs et vendeuses à la sauvette, habitant-e-s du quartier, passants à pieds ou en voiture. Une réquisition du procureur leur donnait l’autorisation (et pour plusieurs jours encore ?) de contrôler au faciès n’importe quelle personne de 15h à 21h. Accompagnés de chiens policiers et suréquipés : matraque à la main, flashball pointé et gazeuse à volonté. Leur but est manifestement de semer la terreur pour “pacifier le quartier” et de bien faire comprendre à tous et à toutes “c’est qui qui commande”. Plusieurs personnes présentes jeudi soir ont manifesté leur solidarité et se sont faites prendre à partie, contrôlées et arrêtée pour l’une d’entre-elle.

Cette agression permanente des chiens du pouvoir est intolérable. Amplifions la solidarité et refusons de nous laisser faire, occupons la rue et diffusons d’autres idées et pratiques que celles du chacun pour soi et tous contre tous, en distribuant des tracts, en collant des affiches, en organisant des rassemblements et des manifestations, en apportant du soutien pendant et après des rafles, en discutant avec celles et ceux qui comme nous en ont marre que l’État, ses lois et ses flics nous empêchent de vivre.

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[Paris] Le lycéen d’Édith Piaf libéré

24 septembre 2014. Le lycéen d’Édith Piaf (19eme) qui était enfermé au CRA a été libéré aujourd’hui, la veille du rassemblement prévu demain ! Comme à Saint Cloud il y a 15 jours (une lycéenne en rétention libérée juste avant le rassemblement). Le gouvernement a peur d’un revival de l’année dernière ?

Publié sur Sans papiers ni frontières

[Publication] L’enfer est pavé de bonnes intentions : Croisades humanitaires à l’aune du 3è millénaire

Dans ce monde qui marche sur la tête, on voudrait nous faire croire que de bonnes âmes humanitaires se dévoueraient à corps perdu pour soulager la misère des plus démunis. Si l’on daignait leur donner quelque obole, on pourrait dormir sur nos deux oreilles, car ces professionnels de la bonne action s’impliqueraient à notre place. Quelques euros, et le citoyen satisfait de lui-même pourrait s’en retourner à ses petites affaires. Recyclant le coup de la quête de la fin de la messe qui nourrit avant toute chose la bonne conscience du fidèle, les organisations non gouvernementales savent y faire. Leur marketing de l’empathie s’appuie sur une rhétorique de l’urgence qui ne laisse pas l’espace de s’interroger sur ce qui a du sens, sur ce qui ne va pas, sur les façons de s’y affronter. Tellement charitables et tellement bien organisées, il ne faudrait pas s’en faire, elles gèrent.

CharterHumaniseeCRElles gèrent justement. Mais quoi au juste? La misère, bien sûr! Celle des autres, de ceux qui restent surtout perçus dans le registre de l’altérité, alors qu’ils se prennent de plein fouet le même monde. L’humanitaire se voudrait technique en répondant à de supposés « besoins », tout en maintenant ses « ayant droits » dans le rôle de victimes passives. Disons-le sans détour: l’humanitaire n’est pas là pour supprimer la misère à laquelle il entend s’attaquer. Pire, il en vit et la perpétue. Dans ce monde qui ne repose pas que sur le bâton mais aussi sur une adhésion volontaire ou un consentement passif, l’humanitaire sert ni plus ni moins de caution pour faire accepter l’inacceptable. Alors pourquoi certains camarades ont-ils toujours autant d’hésitation à leur exprimer quelque antagonisme?  Pourquoi encore y faire référence comme un recours possible dans certaines de nos publications? On connaît leur rôle et leur fonctionnement autoritaire, mais… il y a aussi untel dedans qui n’est pas « si pire que cela » et qui peut même parfois donner des coups de main. Les critiques s’effacent devant une personne et quelques services. S’il est vrai qu’il peut y avoir des individus sincères au sein des organisations humanitaires, il est tout aussi vrai qu’ils ne restent souvent pas longtemps dans ces entreprises qui exploitent sans vergogne la volonté de leurs employés. Ils les quittent souvent pour de vraies raisons, celles qui sont trop rarement affrontées. Alors peut-être pourrait-il y avoir un début de remise en question de ce qu’est l’humanitaire dans ce monde, à partir de son évolution, son fonctionnement, sa place grandissante, de façon un peu plus générale. Peut-être y a-t-il urgence en la matière, une autre urgence que la leur, l’urgence de la réflexion, l’urgence d’affûter les armes de la critique quand la domination se complexifie. Parce que l’humanitaire s’est considérablement développé depuis une vingtaine d’années, il ne peut plus être perçu de la même façon. Le cache-sexe de départ a pris une place et une ampleur qu’on ne peut pas occulter. Plus encore, on a comme l’intuition que cette instrument de la domination fait système.

Derrière le vernis humanitaire

Le masque de la neutralité

On le sait depuis le XIXe siècle et le traitement des indigents, toute politique d’assistance est en même temps un instrument de contrôle. L’histoire de ce vaste ensemble que l’on désigne par le terme d’humanitaire n’a rien de neutre. Les premières organisations caritatives sont d’origine confessionnelle, avec tout ce qui va avec d’hypocrisie et de bonne conscience, de puritanisme et d’hygiénisme, de morale et d’ordre.

Si les organisations non gouvernementales se sont graduellement imposés sur la scène internationale, c’est qu’elles ont su jouer sur un soi-disant principe de neutralité qui les plaçait au-dessus des Etats, tout en leur vouant en réalité la plus fidèle allégeance.

save-the-children1Ce sont d’abord la Croix-Rouge (1863) puis d’autres associations caritatives (comme Save the children dès 1919) fondées par des membres de la haute-bourgeoisie en accord avec les grandes puissances, qui vont s’affirmer en intervenant pendant et après la Première guerre mondiale. Dès l’origine, ces organisations « non » gouvernementales tissent des liens avec des empereurs, des tsars, des présidents, des ministres et la Société des Nations pour que les Etats partagent le domaine du traitement des blessés. Pendant ce qui a été l’un des plus grands carnages mondiaux, ces caritatifs si attentionnés vont ainsi permettre vont ainsi permettre aux bouchers de se vanter d’accomplir un « progrès » social à travers un traitement « humain » de leurs victimes.

Suite à la seconde guerre mondiale, la Croix-Rouge parvient même à obtenir des « mandats humanitaires », bénéficiant ainsi de droits et de prérogatives accordés par les Etats sur les blessés, les prisonniers de guerre et une partie des populations civiles (soins et aide alimentaire). La soi-disant indépendance et neutralité de la Croix-Rouge soulèvent alors quelques commentaires irrespectueux. Tandis que les ONG se tournent au cours des années 60 vers le « Tiers Monde » et le « développement », une nouvelle génération d’organisations va justifier son apparition sur le fond de ces critiques, personnifiée en France par Médecins sans frontières, Médecins du Monde, Aide Médicale Internationale, Action contre la faim ou Handicap International.

Ces dernières, en apparence plus distantes à l’égard de l’ONU et des politiques publiques, sont en réalité loin d’être des organisations « non » gouvernementales. Les hommes circulent. Comment comprendre autrement le parcours de Bernard Kouchner, fondateur de Médecins sans frontières puis de Médecins du monde, membre de presque tous les gouvernements socialistes de 1988 à 2001, puis administrateur du Kosovo au titre de représentant de la communauté internationale des Etats, encore ministre des affaires étrangères et européennes des deux gouvernements Fillon, et parallèlement rémunéré pour ses activités de conseil aux entreprises (son rapport contribuera à blanchir Total en Birmanie sur le travail forcé) et aux gouvernements étrangers (Congo ou Gabon)? Les passerelles ne se limitent pourtant pas seulement à l’homme aux sacs de riz [1], et ont aussi leur importance dans les missions accordées à ces institutions humanitaires [2].

Apparemment construite à côté des politiques publiques, l’intervention humanitaire se révèle ainsi, bien plus structurellement qu’on ne le pense généralement, très proche des intérêts des Etats. Ce n’est pas une logique qui aurait été dévoyée de son sens premier: ces organisations, certes avec des enrobages différents, occupent des espaces que les Etats ont bien voulu leur laisser, et sont donc à considérer ni plus ni moins comme des « para-institutionnels ». Prestataires de service pour le pouvoir, quand elles ne couvrent pas par leur silence les atrocités commises, elles ne peuvent se permettre qu’une opposition de façade, du genre de celle qui surtout ne gêne pas. Elles ne se trouvent jamais du côté de la contestation de l’ordre existant, sinon pour la pacifier.

Une fiction totalitaire

A la botte des puissants, ces organisations « non » gouvernementales propagent également une certaine vision du monde et des rapports sociaux, une manière de voir et de faire où l’individu est complètement dépossédé de sa capacité d’agir, de réfléchir, d’expérimenter.

Dans cette fiction de l’humanitaire, le monde n’est pas questionnable, il n’y a qu’à en gérer les victimes. La dissension n’existe pas. La possibilité d’émancipation par rapport à ce tout n’est pas envisagée, ni envisageable. L’humanitaire repose sur une certaine conception de l’individu, ou plutôt du non-individu, au sens où il n’est ni un être pensant, ni un être agissant. Avec la souffrance comme seul attribut, tous ceux qui se retrouvent pris dans un dispositif humanitaire sont interchangeables et sont ensuite redécoupés en catégories de « vulnérables » que le monde humanitaire désigne comme ses « ayant droits« .

Un ensemble d’organisations, de réseaux, d’agents et de moyens financiers répartis dans différents pays parcourent le monde en tant qu’hérauts d’une « cause supérieure » comme soi-disant seule raison d’être. Cependant, ce message n’est pas celui de la liberté, son contraire n’est pas la domination, mais le malheur de « victimes », dont quelques-unes pourraient temporairement se faire imposer un kit de « droits » sous couvert d’un universalisme qui est en réalité à géométrie variable: les « victimes humanitaires » peuvent être forcées de rester ou de partir du jour au lendemain et voir leur statut se modifier, perdant ou obtenant le droit de rester, selon le trop compréhensible bon vouloir des organisations internationales et/ou des gouvernements.

C’est par exemple l’obligation faite en juin 2003 aux Libériens et Sierra-Léonais de Conakry de s’inscrire auprès du HCR s’ils veulent avoir un statut officiel (qu’ils ont demandé par des manifestations dans la capitale guinéenne) pour que la traque de la police marque une pause puis, quelques jours plus tard, l’annonce du gouvernement guinéen immédiatement relayé par le HCR selon laquelle les réfugiés doivent aller dans les camps de la région forestière, à 600 km de là, faute de quoi ils seront considérés comme illégaux et « pris de force » A l’obligation d’aller en camp pour certains, peut suivre celle d’en partir pour d’autres, comme ces Sierra-Léonais installés depuis des années dans les mêmes camps guinéens, et rapatriés non volontaires au même moment vers leurs régions d’origine dévastées par des années de conflits et encore fréquentées par des miliciens, deux ans après la fin officielle de la guerre.

Dans toutes les étapes de ces parcours, les réfugiés et déplacés découvrent, côte à côte, les personnels et les véhicules des agences onusiennes, des casques bleus et des organisations non gouvernementales humanitaires. Instruments de contrôle autant que de pacification, leur présence sert également à décourager toute révolte et fixer pour mieux les contenir, les mouvements incontrôlés de populations potentiellement dangereuse pour la stabilité des Etats et l’exploitation des richesses locales.

Un marché en plein boom

Si le maquillage humanitaire dont se couvre la domination ne fait peut-être plus mystère, depuis une vingtaine d’années ce secteur a connu un tel développement que la critique ne peut pas en rester là.

Depuis les années 90, le marché de l’aide d’urgence a littéralement explosé dans un contexte de « crises » surmédiatisées. Sur place, les intervenants sont de plus en plus nombreux à se disputer une part du gâteau. Au Comité International de la Croix-Rouge (CICR) et aux quelques institutions humanitaires traditionnellement présentes dans les situations de conflits sont, en effet, venus s’ajouter le ban et l’arrière-ban des ONG, mais surtout certains programmes des Nations-Unis [3]. Le système onusien et ses satellites peuvent être considérés comme une puissance humanitaire mondiale: au cours de la dernière décennie, des milliers de personnes ont été déployées sur plus de 60 « théatres d’intervention« , des milliers de tonnes de nourriture distribuées, des milliers de camps de personnes réfugiées ou déplacées construits, puis gérés. Tour à tour, Diyarbakir, Phnom Penh, Mogadiscio, Lokichokio, Sarajevo, Goma, Pristina, Dili, Banda Aceh sont devenus temporairement d’immenses humanitaire land saisis par la fièvre de l’aide: flambée des prix, augmentation des loyers, embouteillages de luxueux véhicules tout terrain frappés au logo de leurs organisations. La multiplication des programmes humanitaires engouffre ainsi chaotiquement des montagnes de fric affectées à l’urgence puis à la reconstruction, jusqu’à ce qu’un nouveau drame chasse la nomenklatura internationale de l’aide vers un nouvel épicentre.

Ces organisations n’ont définitivement plus rien à voir avec l’image d’Epinal que l’on peut avoir d’une association caritative. Elles sont devenues au fil des ans de véritables entreprises prestataires de service qui gèrent des sommes considérables, répondent à des appels d’offres, sont en concurrence les unes avec les autres, appliquent des principes managériaux. Elles ont ainsi recruté des spécialistes de la communication,  du marketing, des ressources humaines, du droit international, de la gestion et des finances internationales, des spécialistes du lobbying européen, etc. Reproduisant le processus de la rentabilité, leur mode de fonctionnement est ni plus ni moins celui d’une multinationale [4].

Humanitaire et militaire

Ambiguïté pour les unes ou hypocrisie constitutive pour les autres, ces entreprises para-institutionnelles accompagnent également un autre changement de taille. C’est à partir du début des années 90 que les interventions militaires commencent à se grimer sous le vocable humanitaire. Après le déploiement de force des Etats-Unis en Somalie en 1992, c’est peut-être plus encore le génocide perpétré au Rwanda en 1994 qui va instaurer l’idée de « guerre humanitaire ».  Quand l’extermination programmée des Tutsis est pudiquement désignée par les Nations Unis comme une « crise humanitaire », Médecins sans frontières dont une partie du personnel local a été massacrée, réclame une intervention militaire des grandes puissances. La question n’est plus d’appliquer un pansement sur les atroces conséquences de tout conflit, mais de défendre le fait que ces guerres doivent être menées pour des « raisons humanitaires« . Opérant un renversement du discours, ce serait désormais le refus même de faire la guerre qui deviendrait « criminel« . Et en réclamant des « couloirs » ou des « sanctuaires humanitaires« , ces organisations souhaitent en plus s’inscrire dans son sillage !

La temporalité et la forme de l’intervention humanitaire tendent dès lors à se calquer sur celles de l’action militaire, comme on l’a encore vu en ex-Yougoslavie puis au Kosovo. Dès lors, il n’est pas étonnant que beaucoup de celles et ceux qui reçoivent l’aide ne fassent guère la différence entre les militaires faisant de l’humanitaire et les humanitaires arrivés avec les militaires. En Afghanistan en 2001 et en Irak en 2003, les distributions aériennes de vivres et de médicaments ont accompagnées les larguages de bombes. De plus, l’évaluation du nombre de survivants et d’orphelins potentiels à nourrir, la localisation cartographiée des futurs camps pour un nombre programmé de déplacés, l’installation des tentes et la livraison de milliers de couvertures, sont désormais intégrés dès le départ et anticipés dans les QG des états-majors. L’humanitaire ne pose qu’une mince couche de vernis sur le kaki qu’il accompagne.

L’humanitaire comme mode de gestion des indésirables

 A côté des opérations militaro-humanitaires de « maintien de la paix » lancées à grands renforts de caméras, un autre versant de l’action des ONG attire beaucoup moins l’attention, bien qu’il soit considérable. Dans les années 1990 et 2000, tous les Etats ont durci leur législation n’accordant plus qu’à la marge le statut de réfugié. On a alors vu fleurir d’autres catégories: déplacés internes, asile territorial, asile humanitaire, etc… Catégories qui ont été suivies de la création d’une multiplicité dé camps aux formes et aux règles de vies pas très différentes. La stratégie vise à fixer les migrants à proximité de leur lieu de départ et, quand ce n’est pas possible, à privilégier des pays « tampons« , notamment en Afrique du nord, pour cantonner et filtrer « les étrangers ». Les camps, qu’ils aient des murs ou des barbelés, ne sont que le dispositif contemporain dans leur multiples facettes [5] du tri et de l’enfermement des migrants. Depuis les années 90, ces derniers sont de plus en plus perçus comme des indésirables, et sont devenus une variable à contrôler dans le cadre de la maîtrise des flux migratoires ». Et à cette gestion, les entreprises humanitaires collaborent activement: en plus de participer aux dispositifs contemporains d’acceptation de la domination à travers l’idéologie qu’elles distillent, elles prennent également en charge une partie du tri et du confinement de maintes populations.

Le HCR et le contrôle des flux

La mission du Haut Commissariat des Nations-Unis pour les réfugiés (HCR) n’est qu’une vague intention humanitaire et morale, annexée aux politiques de contrôle des flux et de rejet des indésirables. Le HCR suit complètement les politiques de fermeture des frontières qu’ont mis en oeuvre tous les Etats depuis une vingtaine d’années. Plus encore, il externalise pour eux cette question. Il a ainsi mis en place des programmes de « retours volontaires » qui sont souvent de fait, des retours forcés, et s’est spécialisé dans le traitement des « déplacés internes », évitant ainsi qu’ils n’aillent dans les pays de ses financeurs. La gestion des camps est le second métier du HCR, qui sait les installer en urgence face à un afflux de réfugiés, mais aussi les gérer durablement en coordonnant les tâches des associations dépendantes de ses financements. Travaillant avec un budget d’1.8 milliards de dollars, il est ordonnateur des missions de plus de 500 ONG, ce qui permet certes aussi d’accorder l’asile à des exilés, mais loin et dans des endroits, camps d’internement ou zones géographiques de concentration, qu’ils ne pourront pas quitter aisément pour tenter de rejoindre l’Europe. En les maintenant sous dépendance et donc sous contrôle.

A bien des égards, cette logique va à l’encontre des tentatives d’auto-organisation que les exilés peuvent expérimenter dans leur propre parcours. Ce fut par exemple la triste expérience du campement auto-installé près du village de Buedu en Sierra Leone, à une quinzaine de kilomètres de la frontière libérienne. Un nombre important de réfugiés du Liberia sont arrivés en 2001 au moment de la reprise des combats dans leur région, après une relative accalmie de plusieurs années. Venant des villes et de villages situés juste de l’autre côté de la frontière, plus de 35000 libériens arrivèrent dans le seul district de Buedu. Alors qu’ils venaient de localités proches et appartenaient à des lignages alliés, les villageois n’ont rapidement plus été en mesure de pouvoir les accueillir et en particulier de pouvoir les nourrir. Les habitants ont alors demander à leurs « parents » de s’installer dans un espace vide à la sortie de Buedu. L’occupation est devenue un camp auto-installé en 2001. Il a regroupé jusqu’à 4000 personnes, avant que le HCR ne le vide et de force l’année suivante, au prétexte de sa proximité avec la frontière, mais en fait et surtout, afin de regrouper tous les réfugiés dans des camps du HCR situés au centre du pays.

Dans ces zones de confinement, ils se retrouvèrent complètement dépendants de la maigre ration distribuée par le Programme Alimentaire Mondial (PAM), des tentes et autres « services » standards généreusement prodigués, et auxquelles ils avaient eux-mêmes auparavant apportés des solutions.

C’est avant tout une histoire de gestion des flux migratoires qui guident ces choix, et l’intervention humanitaire fait plus que les accompagner, elle y participe directement. Au passage, les grands oubliés de ces politiques sont bien sûr ceux à qui elles sont destinées: à aucun moment, il n’est question qu’ils puissent se prendre en charge eux-mêmes. Ils sont une variable à contrôler, à fixer ou à déplacer au gré d’intérêts politiques, économiques et militaires des régions concernées (stabilité, possibilité d’y exploiter les richesses locales, accords géostratégiques…) et d’une gestion internationale des  migrations (volonté de fixer les candidats au voyage loin des portes de l’Europe).

Trier

Le déplacé, la femme réfugiée, l’enfant réfugié reçoivent un « kit de survie » pour autant qu’ils soient reconnus comme appartenant à ces catégories. Au sein des camps, la catégorie « réfugié », est elle-même découpées en catégories distinctes de « vulnérabilité » [6], comme par exemple l’enfant non accompagné, le survivant de violence, le parent seul ou la femme seule, qui finissent par produire une hiérarchie du malheur. Cette multiplication des catégories est bien pratique. Elle permet de créer des séparations là où pourraient se nouer des solidarités. Chacun se trouve assigné à une fausse réalité, parce que pour le moins trop partielle, pour surtout pour ne pas en sortir. Cette injonction à une place donnée n’est pas liée au parcours ou au vécu des individus, mais à leur gestion. En se systématisant, en s’imposant comme mode de gouvernement de « l’instabilité », l’humanitaire a engendré une bureaucratie de la souffrance, où l’urgence et l’arbitraire se conjuguent souvent: urgences de déplacements plus ou moins forcés; arbitraire d’un pouvoir sur des situations catégorisées comme dissemblables, acceptant ou refusant la présence, la reléguant dans des lieux plus ou moins carcéraux…

Quand les individus n’acceptent pas les catégories auxquelles ils sont relégués, ces humanoÏdes sont même prêts à donner carte blanche aux autorités locales pour les massacrer. C’est ainsi que la police égyptienne a assassiné plus de 150 soudanais qui occupaient un parc situé près de l’enceinte du HCR le 30 décembre 2005. Depuis plus de 3 mois, un millier d’habitants de différentes régions du Soudan refusaient à la fois de rester en Egypte où ils étaient en proie au racisme, et les rapatriements  « volontaires »  (novlangues pour forcés), prévus au premier semestre 2006 dans des régions encore partiellement en guerre. La semaine avant l’intervention de 6000 flics égyptiens, le HCR, estimant leur dossier « bouclé », avait demandé à plusieurs reprises au gouvernement égyptien « de prendre d’urgence toutes les mesures appropriées pour résoudre cette situation » qui n’était plus de son ressort, en débarrassant les abords de la noble institution de cette occupation trop voyante. Ce faisant, le HCR a été un complice actif du carnage de ceux qu’il a successivement considéré comme réfugiés, demandeurs d’asile, déboutés, et enfin problème d’ordre économique.

Confiner

De manière très palpable dans le cas des réfugiés et déplacés des pays du Sud, l’humanitaire est l’entité qui, partout où c’est nécessaire, construit, gère et contrôle des camps pour y garder des « populations » considérées simultanément ou alternativement comme vulnérables et indésirables, victimes et dangereuses. Un camp demande des aménagements d’espaces vierges, de voies d’accès et de circulation, des installations de tentes et de baraques, de la tuyauterie, des puits et des canalisations d’eau, des cliniques et des écoles de brousses, etc. A cela correspond une répartition des tâches et une coordination entre les employés (étrangers et locaux) des différentes ONG et agences onusiennes, qui sont autant de « branches » d’un humanitaire opérant à la manière d’un gouvernement. Alimentation, santé, voirie, abris, sécurité, environnement, jeunesse: à chacun son « porte-feuille ». C’est toute une bureaucratie qui se met en place et qui pérennise l’urgence pour un temps plus ou moins long. Les « ayants-droits » sont alors maintenus en vie à minima, c’est-à-dire selon des normes de simples survie (habitation précaire, ration alimentaire insuffisante [7], etc…) et sont aussi et surtout maintenus sous contrôle.

Mais il arrive qu’ils sortent du rôle de victimes passives qui leur est assigné. En juillet-août 2003, dans le camp de Tobanda en Sierra-Leone, des veuves demandent des bâches plastifiées afin de protéger leurs cases en terre battue des pluies diluviennes. En cette saison, les intérieurs sont rapidement mouillés: sol, nattes, matelas, vêtements. Un mois plus tôt, le toit en chaume puis les murs de terre d’une maison s’étaient effondrés alors qu’un enfant dormait à l’intérieur. D’autres abris subirent le même sort. Au même moment, le HCR distribuait des bâches plastifiées à des réfugiés nouvellement arrivés, en laissant les plus anciens, présents dans le camp depuis près de 3 ans, prendre l’eau. Devant l’absence de réponse des administrateurs du camp, une cinquantaine de femmes ont alors occupé avec leurs enfants la voie principale du camp en scandant « nous voulons des bâches !« , puis séquestré des volontaires européens d’une ONG pendant plusieurs heures en les maintenant sous la pluie, avant de bloquer un véhicule de la Croix-Rouge, « pour qu’ils voient ce que c’est que de rester sous la pluie« . Elles ont renvoyé eous ces membres d’ONG à un seul et même monde, celui des « U.N« . Face à la protestation des salariés expliquant que cette question-là n’était pas de leur ressort, les femmes n’eurent qu’une réponse: « nous vous prenons tous pour des travailleurs d’ONG, comme vous nous prenez tous pour des réfugiés« .

Les associations et les ONG, en répondant aux appels d’offres des gouvernements, de l’Union Européenne ou de l’ONU, en « prenant en charge » différents secteurs relatifs à la rétention et à la survie dans les camps, participent au dispositif de contrôle et de confinement des migrants. L’action humanitaire se trouve ainsi non pas « détournée » mais incluse dès l’origine dans les stratégies de contrôle des flux migratoires de toutes sortes. Ces politiques d’immigration ont fait de l’internement des réfugiés et des migrants une industrie florissante et envahissante, dont l’humanitaire fait partie. Dans cet espace où les frontières se renforcent autour des Etats nation comme autant de murs et se multiplient à l’intérieur des territoires, visibles et invisibles, beaucoup sont empêchés de les traverser, ce qui produit des formes de plus en plus variées de zones de contrôle, de tri, de confinement et d’enfermement.

Pour conclure

Ce qui s’est mis en place à travers cette histoire convergente de l’humanitaire et des camps, ce n’est pas seulement le traitement des réfugiés, c’est une modalité d’organisation sociale qui se déploie à l’échelle mondiale. La multiplication des camps, le développement des zones d’attentes aux frontières ou de zones d' »asile interne », mais également les opérations de « maintien de la paix », sont quelques-uns des aspects d’un processus plus ample qui donne à l’action humanitaire une place grandissante dans le monde en général. C’est toute une politique et une économie de la « catastrophe » et de l' »urgence » qui se développent et se structurent à l’échelle de la planète. Il est significatif de voir que ce soient des bataillons de la Garde Nationale de Floride, spécialisés dans les conséquences des catastrophes sur le sol américain, qui sont intervenus en Irak en 2003 deux mois après la fin des hostilités, pour tenter de rétablir l’ordre à Bagdad. Ce sont encore des bataillons de la même Garde Nationale pour réprimer les actes de pillages commis à la Nouvelle-Orléans en août-septembre 2005 après le passage de l’ouragan Katrina. Catastrophes dites « naturelles » comme « guerre préventive »; exil provisoire ou durable de millions de personnes fuyant la famine, la guerre, les paramilitaires ou encore une misère dans laquelle sont maintenues certaines régions d’Afrique, d’Asie, d’Amérique centrale et du Sud: dans tous les cas, des dispositifs techniques et organisationnels semblables sont mobilisés pour y répondre, faisant intervenir côte à côte des bataillons militaires et des organisations humanitaires. Les interventions des ONG jouent un rôle considérable dans un monde qui ne peut que produire des « catastrophes », des guerres et des « crises », en permettant que celles-ci restent sous contrôle et qu’elles ouvrent des perspectives de profits alléchants. Participant directement à la mise en camp d’une partie toujours plus importante de la population mondiale, ces entreprises humanitaires gèrent, trient, confinent ceux qui sont alternativement considérés comme indésirables qu’il faut enfermer ou expulser, et « surnuméraires », réduits pour une partie à la condition d’êtres passifs qu’il faut contenir. Si on veut saper et mettre à bas ce monde, il est grand temps de s’en prendre aussi à ces organisations non gouvernementales, tant elles sont devenues un des ressorts de la domination moderne, aussi bien en termes d’image et de pacification que de gestion et contrôle. Le meilleur flic ne porte pas forcément d’uniforme….

Notes:

[1] On pourrait citer également Xavier Emmanuelli, ancien vice-président de Médecins sans frontières, secrétaire d’Etat à l’action humanitaire d’Alain Juppé; Claude Maluhret, ancien président de Médecins Sans Frontières, puis secrétaire à l’action humanitaire de Jacques Chirac et maire de Vichy pour le parti Démocratie Libérale; Jacques Lebas, président d’honneur de Médecins du Monde, chargé de plusieurs missions sur l’exclusion par le gouvernement;  Gilles Brucker, également ancien président de MdM, nommé directeur de l’Institut national de veille sanitaire.

[2] C’est par exemple un ancien membre de MSF, passé par l’ENA et devenu responsable du bureau chargé des populations précaires au ministère de la santé qui réussit à convaincre deux de ses anciens collègues du monde associatif, le secrétaire d’Etat Xavier Emmanuelli et le ministre Bernard Kouchner, d’inscrire la lutte contre le saturnisme dans la loi de 1998 sur la prévention des exclusions.

[3] Le champ d’action de l’ONU n’ a cessé de s’étendre, notamment à travers ses six organismes, l’UNICEF (United Nations Children’s Fund, Fond des Nations Unies pour l’enfance), la FAO (Food & Agriculture Organization of the United Nations, Fonds des Nations unies pour l’agriculture & de l’alimentation), le PAM (Programme Alimentaire Mondial), le HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés), l’OMS (l’organisation mondiale de la santé), enfin le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement).

[4] En 2007, une organisation comme Handicap International exploitait 214 salariés à son siège lyonnais, 200 expatriés sur le terrain, 2100 salariés nationaux et intervenait dans 59 pays. A la même période, MSF France utilisait les services de 4500 employés français ou étrangers sur 48 missions. Action contre la faim, présent dans 20 pays, exploitait 141 salariés au siège parisien, 233 expatriés sur le terrain et 2500 employés locaux. MdM  exploitait 150 salariés au siège, 126 expatriés et 1300 personnels locaux pour 90 missions dans 54 pays.

[5] Par exemple, les centres de transit, les camps de détention (Woomera), les centres de rétention, les camps de regroupement de déplacés (au Soudan, en Angola), les centres d’accueil d’urgence (Sangatte…), les zones d’attentes de personnes en instance d’expulsion dans les aéroports (les Zapi 2 et 3 de Roissy-Charles-de-Gaulle…), certaines zones portuaires, certains bateaux (le Tampa) …

 [6] Le HCR distingue pas moins de 15 catégories de « vulnérables ».

 [7] La ration du PAM de l’ONU s’élève à un maximum de 2000 kilocalories par jour, ce qui en fait une quantité de simple survie. Mais, outre que cette quantité est rarement atteinte, notamment dans les camps africains ces dernières années, sa composition produit elle-même ses propres carences. Le manque de vitamines contenues dans les fruits, légumes et produits laitiers absents de la ration sont à l’origine entres autres, du scorbut, de la pellagre, ou du béribéri, et sont d’autant plus graves que la présence dans les camps de réfugiés ou déplacés est plus longue. Il n’est pas rare que pour protester les migrants boycottent collectivement la distribution. D’autres s’arrangent pour se faire enregistrer plusieurs fois sous différentes identités et/ou revendre une partie des rations reçue pour pouvoir acheter sur les petits marchés des camps, des légumes, des fruits, du poisson ou de la viande.

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Textes inclus dans l’article :

Quand la croix rouge couvre les flics dans la zone d’attente à Roissy

Sans remonter à la seconde guerre mondiale où la visite de la croix-rouge du camp de Terezin en juin 1944 venait assurer au monde entier du bon traitement des populations juives déportées, ici et maintenant, le cinéma continue.

croix-rouge-pognon-expulsion-dd279La Croix-Rouge est ainsi présente à l’aéroport de Roissy dans la ZAPI 3 (Zone d’Attente pour Personnes en Instance), qui est ni plus ni moins une prison de 180 places où l’Etat enferme les étrangers à qui l’entrée sur le territoire français est refusée. Elle est officiellement chargée de donner un « kit d’hygiène », de fournir une carte téléphonique aux enfermés et de s’occuper de la représentation légale des mineurs non-accompagnés, mais surtout de faire passer la pilule aux refoulés et de couvrir les sales habitudes de la PAF (police de l’air et des frontières). L’arrivée de cet organisme en 2003 avait d’ailleurs été saluée par le lieutenant Taupin, responsable de la PAF de Roissy pour qui « c’est un plaisir de travailler avec des gens sérieux, qui n’ont pas une culture systématique de méfiance vis-à-vis de notre travail« . Injures racistes, mauvais traitements, tabassages sont le quotidien de la zone d’attente. Le manuel des policiers de la PAF est un poème sans fard de milles et une « techniques » pour « réussir » une expulsion, depuis « comment « tranquilliser » un étranger en situation irrégulière lors de son expulsion » en passant par « comment serrer son cou pour l’empêcher de crier », jusqu’à « comment détourner l’attention des autres passagers pour éviter qu’ils ne se rebellent« . Y sont répertoriés les moyens de coercition à leur disposition: les menottes textiles ou métalliques, les bandes velcro et la « ceinture d’immobilisation », mais aussi différentes pratiques comme la « régulation phonique » qui consiste en un étranglement et dont l’objectif est de déstabiliser physiquement la personne, de « diminuer sa résistance » et de « diminuer ses capacités à crier ».

Les salariés de la Croix-Rouge y assistent sans qu’aucun mot ne perce à l’extérieur. L’information ne doit pas sortir. Neutralité oblige. Et quand face à ce lot quotidien d’horreurs, les employés de l’organisme humanitaire s’épanchent dans un cahier de liaison interne, une note de la direction répond: « Nous vous demandons, dans le respect de neutralité de la Croix-Rouge, de cesser tout commentaire sarcastique à l’encontre de la police aux frontières« . Le principe de neutralité affiché est un leurre qui sert alors à couvrir les méthodes employées lors des expulsions et à leur donner en plus une caution humanitaire. Aujourd’hui comme hier, ici comme en Irak, en Afghanistan ou en Afrique, rester neutre signifie passer sous silence les diverses méthodes coercitives que les pouvoirs utilisent banalement pour contraindre leurs sujets à marcher au pas.

 Lire aussi cette brochure sur la neutralité de la Croix-Rouge

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Un HCR structurellement à la botte des puissants

Le HCR, officine de l’ONU dépend surtout de dotations qui lui sont allouées annuellement par des gouvernements nationaux, dont il est ainsi politiquement dépendant, tant pour ses activités que pour sa propre pérennité, et pour celle de ceux qui travaillent en son sein. On ne s’étonnera guère que les pays allouant la moitié du budget du HCR, sur 10 Haut Commissaires nommé depuis 1950, huit soient européens. Et ce ne sont pas n’importe qui, puisqu’ils sont en général recrutés parmi les hauts dirigeants ou les chefs de gouvernement. L’actuel Haut Commissaire, Antonio Guterres fut un des principaux dirigeants du Parti socialiste et premier ministre entre 1995 et 2002. Son prédécesseur (de 2001 à 2005) Ruud Lubbers fut le chef de gouvernement hollandais qui effectua le plus long mandat (12 ans) aux Pays-Bas depuis 1945.

L’idée de « traiter » les demandes d’asile au plus loin de l’Europe, dans la région d’origine des exilés, n’est pas nouvelle, mais elle va être conceptualisée par le HCR après l’arrivée du Haut commissaire Ruud Lubbers. En 2003, le HCR, certes toujours partagé en interne entre ceux qui sont plutôt « orientés vers la protection » des réfugiés et ceux qui sont plutôt « du côté des donateurs », publie sa proposition d’une triple approche:

- Approche régionale: « améliorer les possibilités de renvoyer dans la région d’origine ceux qui sont partis de façon extra-juridique, tout en concédant hypocritement vouloir « assurer leur protection« ;

- Approche nationale: « améliorer les systèmes nationaux d’asile, et renvoyer tous ceux qui sont déboutés dans leur pays d’origine ou dans le pays de premier accueil« ;

- Approche européenne: « améliorer la politique commune d’expulsion des migrants ayant déposé des demandes manifestement infondées » et « prétraiter les demandes d’asile dans les centres fermés« .

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Les réfugiés du HCR et tous les autres

Seule une minorité – entre 13 et 18 millions, selon les années – sont des réfugiés stricto sensu, c’est-à-dire vivant hors de leurs pays et reconnus comme tels institutionnellement, sur environ 50 millions de personnes qualifiées par le HCR de « victimes de déplacements forcés« . Ils sont massivement concentrés en Asie (plus de 6 millions) et en Afrique (7 à 8 millions), auxquels il faut ajouter les 3 millions de Palestiniens réfugiés depuis les années 1940 et 1960 dans divers pays du Proche-Orient. Par ailleurs, un peu plus de 3 millions de personnes sont considérées par le HCR comme des returnees, des personnes « en cours de rapatriement« . Enfin, plus nombreux que les réfugiés reconnus, de 25 à 30 millions, selon les estimations,  sont des « déplacés internes« .

Tous ces chiffres ne prennent pas en compte les exilés non déclarés et considérés comme « clandestins« . Ce sont les centaines de milliers d’Afghans qui ont fui leur pays. Ce sont les migrants somaliens, éthiopiens, rwandais installés dans les régions limitrophes qui ont préféré ne pas avoir de reconnaissance officielle et tenter leur chance dans l’économie informelle plutôt que d’être enfermés dans des camps. Ce sont les centaines de milliers d’Algériens, de Tunisiens, de Marocains, de Turcs, de Maliens, de Sénégalais qui vivent dans la débrouille de ce côté-ci de la Méditerranée.

In ‘Subversions’ #2 – avril 2013

GEPSA ( Cofely / GDF-Suez ) : les matons passent les Alpes

Il semble que cette fois-ci sera la bonne. A la troisième tentative, après avoir déjà concouru et gagné pour obtenir l’appel d’offres du Cara (centre de demandeurs d’asile) de Castelnuovo di Porto, un business de près de huit millions d’euros par an, puis du Cie (centre de rétention) de Gorizia, et avoir vu ces attributions être annulées pour des problèmes juridiques, GEPSA a finalement réussi à s’adjuger la gestion du centre de rétention via Corelli de Milan.

A ses côtés il y aura une association culturelle de la ville d’Agrigento nommée Acuarinto, déjà associée lors des deux précédentes tentatives de gagner ces appels d’offres. L’appel qui confie à l’association sicilienne l’objectif de s’occuper des enfermés et à l’entreprise française la gestion et la mise en sécurité des zones et des cours de promenade, devrait rester valide, même après la décision du Ministère de l’Intérieur de changer temporairement l’utilisation de la structure.

Du 15 septembre jusque fin mars, Acuarinto et Gepsa, avec les ex-employés de la Croix Rouge qui ont été réembauchés, n’auront en effet en face pas des sans-papiers en attente d’expulsion mais des hommes et des femmes sous le statut de réfugiés. On ne sait pas encore si le passage provisoire de l’ « urgence clandestins » à l’ « urgence réfugiés » changera quelque chose au tarif établi précédemment avec la préfecture de police de Milan, qui prévoyait 40 euros par personne contre les 54 euros par jour qu’empochait auparavant la Croix Rouge. Le nombre de places d’enfermement resterait par contre de 140.

4-182L’entrée officielle de GEPSA dans le monde de l’enfermement en Italie n’est pas une petite nouveauté, et nous pensons qu’elle mérite deux mots de plus. GEPSA, filiale de COFELY, qui appartient elle-même à la multinationale de l’énergie GDF-SUEZ, a été créée en 1987 pour exploiter les possibilités que l’Etat français offrait alors aux entreprises privées pour participer au marché de la gestion et de la construction des lieux d’enfermement hexagonaux. Une ouverture au privé liée à la décision de l’Etat français d’augmenter le nombre de places disponibles dans ses prisons, dont GEPSA a certainement fourni une contribution importante, si bien qu’on peut la considérer comme le principal partenaire de l’Administration pénitentiaire.

Son acronyme révèle qu’elle s’est spécialisée dans la « gestion des services auxiliaires dans les établissements pénitentiaires » et en réalité, au sein de la logistique de la détention, GEPSA fait un peu de tout : manutention générale et des systèmes électriques, hydrauliques et thermiques, nettoyage des bâtiments, informatique, nettoyage des espaces verts, nourriture, transport et linge des détenus, restauration du personnel pénitentiaire.

L’autre activité dans laquelle GEPSA se distingue est l’exploitation du travail des prisonniers à travers la gestion de nombreuses entreprises à l’intérieur des prisons. Chaque jour, 1700 détenus sont mis au travail par GEPSA et chaque année 180 d’entre eux sont recasés dehors après leur sortie de prison.

Pour donner d’autres chiffres, GEPSA gère 34 prisons et 8 centres de rétention pour une superficie de 715 000 m², elle participe à un consortium qui s’occupe de la construction de 4 autres prisons. Elle lave 8 tonnes de linge et prépare 14500 repas par jour, et compte 400 employés.

Cofely Besix Mannai Logo PMSCes chiffres aident à se rendre compte ce qu’est GEPSA, et du fait qu’elle puisse possiblement devenir ce gestionnaire unique des centres de rétention italiens dont parlent depuis longtemps les autorités. A ce propos, en plus de sa taille, son expérience acquise dans le monde carcéral, dont la gestion des dispositifs de sécurité de la plus grande prison d’Europe (Fleury-Mérogis), joue en sa faveur.

L’éventualité que GEPSA devienne le futur gestionnaire unique des centres de rétention italiens ou même qu’elle ne fasse que se substituer à la Croix Rouge dans la gestion d’un grand nombre de ces centres, pourrait rendre la résistance des enfermés plus difficile et risquer de plomber un peu plus le moral des initiatives à l’extérieur … Ne pas avoir face à soi une Croix Rouge sur laquelle tirer mais une lointaine société française pourrait augmenter le sentiment d’impuissance. Mais à bien y réfléchir, pour agir, nul besoin de se rendre jusque dans la rue Henri Sainte-Claire Déville à Rueil-Malmaison (voir ici le lien avec toutes des adresses GEPSA en Italie).

[Traduit de l’italien, « Voilà Gepsa », de macerie @ Settembre 7, 2014]


Historique de Gepsa (Cofely, GDF-SUEZ)

  • 1987 : création de Gepsa pour répondre à la demande de l’État de déléguer certaines fonctions à des entreprises privées dans le cadre d’un programme de modernisation du parc pénitentiaire.
  • 1990 : obtention, en association avec Eurest et Cofely d’un marché de fonctionnement de 5 établissements du programme 13 000 places, pour une durée de 11 ans.
  • 2002 : obtention dans le cadre du marché de renouvellement du programme 13 000, de 15 établissements pour une durée de 8 ans.
  • 2005 : GEPSA assure l’entretien maintenance de la base militaire de Satory pour une durée de 7 ans.
  • 2006-2009 : réalisation avec l’administration pénitentiaire d’un programme européen (Equal) en faveur la mise en réseau des différents acteurs de la réinsertion au profit des personnes les plus éloignées de l’emploi. Les initiatives qui ont été validées ont été essaimées sur un grand nombre d’établissements.
  • 2007 : obtention du Trophée national de l’entreprise citoyenne délivré par le Cidan sous le haut patronage du Sénat, récompensant des actions menées en faveur de la réinsertion.
  • 2009 : obtention de la prise en charge de 10 nouveaux établissements pénitentiaires issus du programme 13 200 places (dont 7 ont été construits en partenariat public-privé). Gepsa assure l’ouverture de ces 10 établissements en 18 mois.
  • 2010 : Gepsa renouvelle le marché de fonctionnement obtenu en 2002 pour 6 établissements.
  • 2011 : après 40 ans de gestion interne, l’administration pénitentiaire confie à Gepsa l’entretien-maintenance de la Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (3 500 places), au fur et à mesure de sa rénovation.

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Repris de Brèves du désordre

Face à J-C Decaux et ses sbires… la meilleure solidarité, c’est l’attaque !

antipubAu sujet des vagues répressives suite aux destructions de panneaux publicitaires ‘JC Decaux’ à Besançon.

Le 18 novembre 2013, deux personnes sont inculpées dans le cadre des destructions de publicités qui ont eu lieu à Besançon entre 2011 et 2013.

Après 24 heures de garde-à-vue et perquisitions à leurs domiciles, ils ont été mis en examen avec contrôle judiciaire (interdictions de quitter le territoire national et de rentrer en contact, obligation de se rendre une fois par mois au commissariat central de Besançon).

Ces deux inculpations font suite à l’arrestation d’une personne pour la destruction de deux « sucettes » dans la soirée du 21 juin 2013. Les flics ont pu compter sur l’appel au 17 d’un citoyen du haut de son immeuble. Durant ses 48 heures de GAV et outre le fait qu’il s’est lui-même balancé en avouant 50 destructions, il a fini par cracher deux blazes devant les flics. La poukave Nouma Friaisse a mâché le travail de la police. Il s’agit de prévenir celles et ceux qui seraient amené-e-s à le rencontrer, sachant qu’il a fait plusieurs passages sur la ZAD de Notre-Dame des Landes, notamment lors des assauts de la police en avril 2012. Cette collaboration avec la police ne lui a évidemment pas permis d’esquiver la machine judiciaire, écopant la même mise en examen que les autres.

Parmi les trois inculpés, seul B. est resté silencieux face à la police. L’enquête, initiée par la juge d’instruction Meyer, est en cours et à l’heure actuelle, aucun dossier n’a été envoyé à son avocat. Ne rien avouer et garder le silence face à l’ennemi restent la meilleure arme pour tou-te-s celles et ceux qui seraient entre ses griffes.

Ces dernières années, les médias locaux puis nationaux, en bons chiens de garde de l’Etat et du capitalisme, ont relayé ces sabotages de manière éparse en les marginalisant, psychiatrisant les « casseurs » (qui seraient des « malades mégalo-maniaques qui en voudraient personnellement à Jean-Claude Decaux » pour l’est républicain) et en minimisant les dégâts – qui depuis 2008 s’élèvent à plusieurs centaines de milliers d’euros (et qui continuent de grimper depuis ces trois inculpations, notamment lors de la nuit de GAV du 18 au 19/11/2013): l’entreprise n’a jamais communiqué à ce sujet, bien qu’en interne elle ait tenté de parer à ces attaques en changeant l’infrastructure des panneaux (passant du verre au plexiglas), et également en exploitant ses agents en pleine nuit, puis en mettant la pression sur les forces de l’ordre, comme en atteste les demandes de renseignements de la police auprès des personnes interpellées pour possession de stup’ ou bien les veillées de la BAC à proximité des panneaux publicitaires sur les grands carrefours de la ville…

Les forces répressives à propos de ces multiples attaques ne sont évidemment pas restées passives ces dernières années à Besançon: Le 11 octobre 2011, des compagnons anarchistes sont perquisitionnés à leur domiciles: certes sans suites judiciaires mais avec la volonté affichée d’accentuer surveillance et harcèlement sur celles et ceux qui combattent ce monde d’argent et d’autorité.

La publicité est un des nombreux instruments de la domination pour maintenir l’oppression du fric sur nos vies et tenir la population en laisse par la consommation de masse à l’instar du travail. Elle est la vitrine du capital dans l’espace urbain et les transports.

antipub2Les attaques contre la pub sont anonymes et diffuses selon les possibilités du moment: lors de manifs émeutières, comme le 22 février 2014 à Nantes, à Paris suite à la mort de Clément Méric, en Turquie lors de l’insurrection partie de la place Taksim d’Istanbul à l’été 2013, et partout à travers le monde lorsque des révoltes urbaines éclatent contre le pouvoir et ses serviteurs. Parfois, les organes de communication du pouvoir relaient ces attaques nocturnes quand ça commence à faire de gros dégâts pour la société, comme par exemple il y a quelques temps à La Rochelle, Niort, Angers ou encore à Liège (en Belgique) … Ces coups portés aux portes-feuilles des riches peuvent être réalisés de diverses façons: par la destruction de la vitre des panneaux et de leurs mécanismes internes (lumières et systèmes de rotation) ou encore par le feu quand il s’agit de façades en plexiglas. Fin mars 2005, on se souvient de l’attaque aux molotovs et au jerricane d’essence qui avait visé l’entreprise Decaux.

Chacun-e sait que cette entreprise s’est enrichie grâce à la publicité en collaboration avec les mairies et l’Etat, lui fournissant des espaces et la gavant de subventions pour étaler ces panneaux petits ou grands partout en France (puis en échange s’engagent à fournir des abris-bus). Elle est implantée dans plus de 56 pays à travers le monde, dont la Belgique depuis 1967, le Portugal depuis 1972, l’Allemagne depuis 1978, le Royaume-Uni depuis 1982, la Suède depuis 1989, l’Espagne depuis 1990, la Russie depuis 1995, l’Australie depuis 1997, le Brésil depuis 1998, l’Italie depuis 1999 et récemment en Israel, au Chili, en Chine… (Toutes prises de contacts avec JC Decaux dans chaque pays où elle est implantée, c’est par là: hXXp://www.jcdecaux.com/fr/Le-groupe- JCDecaux/Implantations).

Seulement, cette pourriture Decaux ne limite pas ses activités à la pub mais à l’ensemble du mobilier urbain. Ainsi, l’entreprise de comm’ s’est lancée dans le vélo « libre-service » en créant la filiale Cyclocity, principalement implantée en France: la première ville a s’en être équipée a été celle de Lyon en 2005 (« Vélo’v »), Paris en juillet 2007 (« Vélib’ ») puis Toulouse (« Vélô Toulouse »), Nantes (« Bicloo »), Amiens (« Velam »), Rouen (« Cyclic »), Besançon et Mulhouse (« Vélocité »), Nancy (« Vélostan’lib »), Cergy-Pontoise (« Vélo2 »), Créteil (« Cristolib’ »), Marseille («Le Vélo»). Ces moyens de transport labellisés écolo branché, permettent aux bobos de se rendre à leur travail tout en étant fliquer lors de leur déplacement. Ces joujous du capitalisme vert correspondent parfaitement aux processus de gentrification que mènent l’Etat et les mairies – les emplacements pour implanter ces bornes cyclocity ne sont pas choisis au hasard: quartiers aisés, zones commerciales, quartier « culturel pour bobos-branchés » ou en cours d’embourgeoisement…

Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas encore, l’entreprise Decaux – par le biais de sa filiale Cyclocity, dont le siège se situe 29, allée du Mens à Villeurbanne (69100) – fait également son beurre sur le dos des prisonniers, en les exploitant gratuitement dans ses ateliers de réparation. L’esclavagiste Decaux bénéficie de la collaboration de l’Etat pour avoir de la main-d’oeuvre venue tout droit des tribunaux, notamment pour celles et ceux condamné-e-s pour vols et/ou dégradations. Mais cette information sortie dans la presse mainstream n’est pas restée sans réponse: des centaines de vélib’ ont été sabotés à Paris en avril et mai 2014 (voir ici et )

Ces attaques sont simples, reproductibles, et peuvent être menées partout car cyclocity gère les parcs à vélos au niveau mondial: en Belgique (Bruxelles et Namur), en Espagne (Cordoue, Valence, Séville, Santander, Gijon), à Vienne (Autriche), au Luxembourg, à Brisbane (Australie), etc…

Decaux est loin d’être intouchable et les cibles ne manquent pas.

Frappons à tout moment et en tout lieu Decaux et les mairies qui l’engraissent !

A nous de ne pas rester les bras croisés car, face à la répression, la meilleure solidarité reste l’attaque !

Reçu par mail, 20 septembre 2014

En anglais et en italien