[Brésil] Solidarité avec les insurgés !

Brésil: la situation dégénère dans de nombreuses villes, un mort à Rio

Un manifestant est mort renversé par une voiture.

Les manifestations historiques qui ont rassemblé plus d’un million de personnes au Brésil ont dégénéré dans de nombreuses villes, faisant un mort accidentel et des dizaines de blessés.

A Ribeiro Preto, dans l’Etat de Sao Paulo (sud-est), un manifestant de 18 ans est mort renversé par une voiture, a annoncé la police.

D’après la presse locale, le véhicule a tenté de contourner un groupe de manifestants qui bloquaient une rue et a renversé trois personnes, dont la victime.

A Rio de Janeiro (sud-est), où plus de 300.000 personnes ont manifesté, des heurts violents ont éclaté devant la mairie entre un groupe de manifestants radicaux et la police qui a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Au moins 62 personnes ont été blessées dont un journaliste de la TV Globo, touché au front par une balle en caoutchouc.

Des manifestants ont brisé des vitrines, pillé au moins un magasin d’électroménagers et une grande confusion a régné tout la soirée.

Rio, 20/06/2013

Rio, 20/06/2013

Rio, 20/06/2013

Rio, 20/06/2013

A Brasilia (centre), des manifestants ont attaqué le ministère des Affaires étrangères d’où ils ont été refoulés de justesse par la police. Un groupe de manifestants a réussi à briser une des portes vitrées d’entrée du bâtiment officiel et a été empêché in extremis d’y pénétrer par la police. 55 fenêtres ont été brisées ainsi qu’un vitrail de la cathédrale projetée par Oscar Niemeyer. 35 manifestants ont été blessés dont trois gravement.

A Vitoria (sud-est), un groupe de manifestants a détruit les cabines de péage d’un pont qui relie la ville à sa voisine. Devant le tribunal de Justice, le bataillon de choc a dû intervenir avec des gaz lacrymogènes pour disperser un groupe radical.

A Salvador de Bahia (nord-est), théâtre de la première manifestation dans l’après-midi, des affrontements violents ont également éclaté entre une partie des 20.000 manifestants et les policiers.

Les manifestants ont incendié un bus et tiré des jets de pierres sur des minibus de la Fifa, organisatrice de la Coupe des Confédérations qui se dispute actuellement dans le pays et du Mondial dans un an.

Belem (nord) a connu des affrontements entre policiers et manifestants refoulés par des gaz lacrymogènes, tout comme Campinas (Etat de Sao Paulo), où des manifestants ont lancé des pierres et cassé des vitres de la mairie. La garde municipale a réagi avec des gaz lacrymogènes et des sprays au poivre. Au moins sept personnes ont été blessées dont deux gardes et un journaliste.

Belem, 20/06

Belem, 20/06

Des affrontements police-manifestants ont également eu lieu à Porto Alegre (sud), berceau du Forum social mondial anti-Davos.

A Sao Paulo comme à Rio, les protestataires s’en sont pris, parfois violemment, à des militants de gauche syndicaux ou du Parti des travailleurs (PT) au pouvoir, qui se sont fait arracher et brûler leurs drapeaux.

Leur presse – Belga (dhnet.be), 21/6/2013 à 08h08

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Solidarité avec la révolte au Brésil !

Río de Janeiro, 17 juin : des manifestants rendent aux flics un peu de la violence qu’ils distribuent au quotidien.

Enfin, les métropoles brésiliennes ont vécu des moments dont elles avaient besoin depuis longtemps. Depuis début juin, des centaines de milliers de manifestants ont pris les rues de plusieurs villes à l’occasion de la lutte contre l’augmentation du prix du ticket de transport, mais aussi contre les conséquences désastreuses de la coupe du monde de 2014 et les jeux Olympiques de 2016.

Les manifestations ne viennent pas de nulle part, elles sont le fruit d’une lutte qui dure depuis presque 10 ans, depuis les manifestations massives du mouvement étudiant contre l’augmentation du prix du ticket de bus dans la ville de Salvador (Bahía) en août et septembre 2003 (connu aussi comme la Révolte de Buzu), et celles de juin 2004 pour le même motif, dans la ville de Florianópolis (connue comme la Révolte du Torniquete).

Mais aussi ces révoltes du XXI° siècle ont des antécédents historiques, qui remontent à la fin du XIX° siècle avec la révolte populaire à Río de Janeiro entre 1879 et 1880 (la Révolte de Vintém) lorsque c’était encore des ânes qui tirait le tramway, ou la Révolte de los Barcos qui a eu lieu le 22 mai 1959 et durant laquelle les gens ont mis le feu aux installations des services hydroviaires de la ville de Niterói, dans l’état de Río de Janeiro, ou la grève étudiante de l’automne 1979 dans la ville de San Luis (état de Marañon) grâce à laquelle les étudiants ont obtenu la réduction de moitié du prix du ticket pour les étudiants.

Les manifestations de cette année ont fait face dès le début à la répression policière et, peu à peu, mois après mois, elles se sont multipliées et intensifiées jusqu’à l’explosion des dernières semaines.

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Au mois de mai à Goiânia, capitale de l’état de Goiás, il y a eu 4 manifestations contre l’augmentation du prix du ticket de transport, la plus intense étant celle du 28, tant pour le niveau de répression appliquée par les flics que la réponse des manifestants qui ont détruit et brûlé des bus.

À São Paulo, la première manifestation du mois de juin a eu lieu le 6, lorsque des milliers de manifestants ont coupé la circulation sur plusieurs avenues principales avec des barricades enflammées et se sont affrontés avec les flics qui ont utilisé des gaz lacrymogènes et des flashballs pour disperser la foule. Les manifs du 7, 11 et 13 ont aussi été marquées autant par la répression policière, les détentions de masse et les centaines de blessés, que par la résistance active des gens qui se sont affrontés directement avec les laquais du Pouvoir. Cependant, les manifestations du 17 juin, autant à São Paulo comme à Río de Janeiro (et d’autres villes, comme Brasilia, Porto Alegre, Bello Horizonte etc.) ont été les plus massives et combattives jusqu’à maintenant.

Vidéos des manifestations à Sao Paulo:

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À Río de Janeiro les insurgés ont pris d’assaut l’Assemblée Législative, lançant des pierres, des cocktails molotovs et divers objets, obligeant les forces de l’ordre à reculer à l’intérieur du bâtiment et mettant le feu à ses portes. La Police Militaire à Río de Janeiro n’a pas hésité à se servir d’armes à feu contre les manifestants au cours des affrontements.

Ainsi, la mèche s’est aussi allumée au Brésil, “l’amour c’est fini, le Brésil ça va être comme la Turquie” comme l’ont dit certains manifestants. Au delà de quelconque analyses et blabla, ce qui est important c’est de garder vive la flamme et de propager l’insurrection qui vient contre tout icône du Pouvoir avec encore plus d’intensité. Nous faisons un appel aux compagnon-ne-s anarchistes qui vivent les évènements aux premières loges de la révolte au Brésil à contribuer par des nouvelles venues de la rue, et nous réitérons aussi notre proposition de campagne internationale d’agitation et d’action directe contre la Coupe du Monde et les Jeux Olympiques.

Ne laissons pas seuls nos sœurs/frères qui luttent dans les rues du Brésil !

 Solidarité incendiaire et internationale !

Source: Contra-info, 21 juin 2013 (en espagnol)

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