Archives pour la catégorie Anti-capitalisme radical

[Gaillac/Albi/Nantes] Pas de bougies et de marches blanches, VENGEANCE !

Un camarade tué au Testet

Pendant la nuit de samedi à dimanche un manifestant, Rémi, a été tué au cours des affrontements qui se sont déroulés lors du rassemblement contre le barrage de sivens au Testet. Environ 7000 personnes ont convergé sur la zad du Testet après des mois d’attaques policières, de destruction de la zone humide et des habitats de ceux qui la défendaient. En fin d’après midi puis plus tard dans la nuit, des dizaines de personnes s’en sont pris aux forces de l’ordre qui protégeaient le chantier. Elles souhaitaient ainsi marquer leur colère et retarder la reprise des travaux, initialement prévue pour lundi. Elles ont été repoussées à coups de flashballs, de grenades assourdissantes, de désencerclement et de gaz lacrymogènes. D’après les témoignages des camarades du Testet, la personne décédée se serait écroulée suite à des tirs de grenade puis aurait été emmenée par les forces de l’ordre. La Préfecture affirme ne rien vouloir déclarer à ce sujet avant le résultat public de l’autopsie lundi. Le gouvernement a déjà commencé à stigmatiser les manifestants, et tente de diviser pour noyer le poisson. Mais ils savent bien que, quoi qu’ils fassent, cette mort aura des conséquences explosives.

Ce décès révoltant n’est malheureusement pas surprenant dans ce contexte. A Notre dame des landes, au Testet et partout où nous nous opposons à leurs desseins, nous avons dû faire face au déploiement crû de la violence d’Etat. Si nous avons bien compris de notre coté que nous ne pouvions nous contenter de les regarder docilement détruire nos vies, eux ont démontré qu’ils ne nous feraient aucun cadeau. Pendant les mois d’expulsion de la zad de Notre Dame des Landes, de nombreux camarades ont été blessés gravement par des tirs de flasballs et grenades. Sur la seule manifestation du 22 février 2014 à Nantes, 3 personnes, visées à la tête par des flashballs ont perdu un œil. Depuis des semaines au Testet plusieurs personnes ont été blessées elles aussi et d’autres accidents tragiques ont été évités de justesse lorsque des opposants se sont faits délogés, notamment des cabanes qu’ils avaient construites dans les arbres. Pourtant c’est bien, entre autre, parce que des milliers de personnes se sont opposées physiquement aux travaux, aux expulsions, à l’occupation policière de leurs lieux de vie que le projet d’aéroport de Notre dame des landes est aujourd’hui moribond, et que le barrage du Testet et ceux qui devaient lui succéder sont largement remis en question. C’est cet engagement en acte qui a donné une puissance contagieuse à ces luttes et qui menace partout aujourd’hui l’aménagement marchand du territoire.

Plus quotidiennement la répression s’exerce face à ceux qui luttent dans les prisons, dans les quartiers et dans les centres de rétention et entraîne là aussi son lot de morts trop souvent oubliées, plusieurs dizaines chaque année. Face aux soulèvements et insoumissions, la démocratie libérale montre qu’elle ne tient pas seulement par la domestication minutieuse des individus et des espaces de vie, ou par les dominations économiques et sociales, mais aussi par un usage déterminé de la terreur.

Nous appelons à occuper les rues et lieux de pouvoir partout dès demain, pour marquer notre tristesse, saluer la mémoire du camarade tué ce samedi et pour exprimer notre colère face à la violence d’Etat. Nous ne les laisserons pas nous tuer avec leurs armes dites « non létales ». Réagissons avec force pour qu’il y ait un avant et un après cette mort. Affirmons plus fort que jamais notre solidarité avec tous ceux qui luttent au Testet et ailleurs contre leurs projets guidés par les logiques de contrôle et de profit,barrage de sivens mais aussi avec tous ceux qui tombent plus silencieusement sous les coups de la répression partout ailleurs. Nous ne nous laisserons ni diviser ni paralyser par la peur. Nous continuerons à vivre et lutter sur les espaces qu’ils rêvent d’anéantir, et à leur faire obstacle.

Nous ne laisserons pas le silence retomber, nous n’oublierons pas !

Des occupant-e-s de la zad de Notre dame des Landes

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Le dimanche 26 octobre en fin d’après-midi, plus de 1000 personnes se sont rassemblées à Gaillac pour exprimer la rage contre la mort de Rémi.

Se tenant dans une atmosphère suintant la paix sociale (une marche blanche était prévue, sic), une partie du cortège, cagoulés, s’est mis à lancer pierres et fumigènes sur les flics tout en s’attaquant aux banques: quelques militants anti-barrage pacifistes sont rapidement interposés pour préserver ces institutions de misère et de mort. Un monument aux morts a été tagué et des drapeaux tricolores brûlés.

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B0-irOECIAAdQqC.jpg smallLe lendemain dans la soirée, de nombreux rassemblements se sont tenus en France, notamment à Rennes, Albi., où quelques destructions de banques et affrontements avec la police ont été rapportés par la presse. A Nantes, près de 1500 personnes ont manifesté. Des tags ont été inscrits sur les murs du centre-ville. Au bout d’une heure, la rage a définitivement pris le pas sur la tristesse:  dans le quartier Bouffay, rue Crébillon et sur le cours des 50 Otages, des abris-bus et panneaux publicitaires ont été détruits, des caméras de surveillance mises hors d’usage ; plus d’une vingtaine de vitrines de magasins et de banques ont été défoncées par des petits groupes masqués « très mobiles« , accompagnés de feux de poubelles un peu partout dans le centre. Huit personnes ont été interpellées pour « vols et violences à agents ».

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CAnantes lclnantes

[Affiche] Contrer la totalité de la domination

Depuis des dizaines d‘années le progrès technologique s‘accélère fortement, amenant de nouvelles nuisances telles le nucléaire, les nanotechnologies et les organismes génétiquement modifiés, menaçant à présent la vie sur terre de diverses manières ; par l‘exploitation effrénée des « matières premières », les contaminations irréversibles par les éléments radioactifs, la pollution génétique et les conséquences des nanotechnologies. Surtout, toutes les technologies partagent le potentiel d‘expansion du contrôle sur le vivant, jusqu‘à la domination totale de la civilisation et de ses innombrables structures de pouvoir qui aliènent déjà quotidiennement nos relations.

La révolution industrielle amena à un accroissement de la spécialisation et de la centralisation. La technologie génétique représente un nouveau saut qualitatif dans le développement du contrôle sur l‘agriculture. Les brevets sur les semences de quelques grandes multinationales poussent l‘agriculture dans une dépendance absolue. Avec la destruction de la biodiversité, tout approvisionnement autonome est rendu impossible. Ce qui empêche fondamentalement une perspective vers des communautés libres et décentralisées. Ce ne sont pas uniquement les multinationales et les états qui en portent la responsabilité mais également tous ceux et celles qui croient à leurs mensonges et ainsi soutiennent leur développement.

Un rôle central dans cette tendance destructrice est à attribuer aux scientifiques paré_es de leurs blouses blanches de la «neutralité». Caché_es derrière la notion de « recherche fondamentale » illes travaillent à la légitimation de la technologie génétique. Les détails de cette recherche ne nous intéressent pas, tant l‘intention des chercheur_euses nous paraît claire : afin de s‘assurer de l‘approbation de l‘opinion publique, on cache des intérêts économiques ainsi que l‘expansion du contrôle sur le vivant, sous le couvert de la sacro-sainte science.

La résistance contre ces nuisances n‘a pourtant pas pu être brisée par ces mensonges, c‘est donc la répression qui a pris la relève. Le nouveau Protected Site à Reckenholz (Zurich), où ont et auront lieu des essais en plein champ de cultures génétiquement modifiées, est surveillé 24h sur 24 par une entreprise de sécurité avec chien de garde, surveillance vidéo permanente et deux grillages massifs équipés de capteurs de mouvement, ce qui équivaut à une forteresse.

Controns l‘avancée vers la domination totale

Faisons sentir aux responsables qu‘ils_elles se trouvent en travers du chemin vers la libération de toute domination

quelques paysan_nes anarchistes

  • Institut de biologie végétale, université de Zurich

Le prof. Beat Keller de l‘institut de biologie végétale de l‘université de Zurich est l‘initiateur et le meneur des essais en plein champ de blés OGM. Les frais des recherches actuelles sont pris en charge par l‘université.

  • Agroscope

Agroscope est, en tant que gérant du Protected Site, responsable pour l‘aspect technique, sous la direction de Michael Winzeler. Les essais ont lieu sur leur terrain à Reckenholz (Affoltern, Zurich).

  • Bouygues Energies & services

L‘entreprise Bouygues surveille 24h sur 24 le Protected Site avec un garde et un chien. Le groupe Bouygues propose des services allant du nettoyage aux télécommunications en passant par la sécurité et est présent mondialement. En Suisse ils ont plus de 30 filiales.

  • Office fédéral de l‘environnement – OFEV

L‘OFEV est responsable de l‘autorisation des essais en plein champ et co-responsable de l‘ensemencement des plantes génétiquement modifiées.

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Publié sur contrainfo, 27 septembre 2014

L’affiche traduite et mise en page en allemand et en italien.

[Berne, Suisse] Attaque d’une agence UBS – 24 septembre 2014

destroikaLe mercredi 24 septembre 2014, une agence UBS a été brisée à Bâle. Cela doit être vu comme une contribution à la résistance à la Troïka, à la gestion de la crise et la mise en œuvre des intérêts des dirigeants. La troïka de la Banque centrale européenne (BCE), le Fonds monétaire international (FMI) et la Commission européenne règlementent et gèrent non seulement des pays entiers, les ménages particuliers, les gouvernements, mais déterminent également les conditions de vie des populations, en les réduisant à des ressources humaines. Le sentiment du noyau de l’Europe auto-proclamée est de prendre par surprise et de gouverner chaque jour de manière significative dans de nombreuses régions du monde.

En outre, la « place financière suisse » joue un rôle central dans la gestion de la crise et de l’application des intérêts des riches et des dominants. L’action est censé être une contribution symbolique à la résistance à ça et en même temps un appel à soutenir la Destroika, un mouvement de résistance fantastique. Au début de l’année prochaine*, le nouveau bâtiment de la Banque centrale européenne (BCE) est inauguré à Francfort. Le but de la Destroika est de fusionner plusieurs combats avec les protestations locales, afin d’accroître notre efficacité.

Venez tous à Francfort !

Pour un monde sans capitalisme, ni prisons ni frontières !

Ce qui est, est - ce qui n’est pas, est possible !

Traduit de l’allemand de ch.indymedia.org/de, 09/26/2014, 18h19

Note:

** Inauguration prévue dans un premier temps à l’automne 2014, l‘ouverture de la Banque centrale européenne à Francfort n’aura pas lieu avant le début 2015 et pourrait être retardée davantage. Cela nous laisse à tous plus de temps pour nous organiser et se préparer !

Nous allons poster de nouveaux renseignements sur les dates et les événements ici sur notre blog dès que nous les connaîtrons:

destroika.noblogs.org

[Portland, USA] Chantier d’un MacDonalds saboté en solidarité

Plus tôt cette semaine, plusieurs pièces d’équipements lourds, y compris un camion à benne et une pompe à eau, située sur le chantier d’un restaurant McDonalds à la 29ème et Powell à S.E. Portland, ont été sabotés se sont faits pourrir leurs réservoirs de carburant.

Grâce à l’exploitation de la main-d’œuvre hyper précaire sans cesse croissante, le massacre de milliards d’animaux vivants, et la destruction des écosystèmes et des espaces sauvages – Mcdonalds a toujours été un symbole mondial de l’exploitation capitaliste et de la destruction écologique. Mcdonalds a également agi en tant que sponsor de la Coupe du Monde de la FIFA au Brésil qui a conduit au déplacement forcé de milliers de personnes et la mise en œuvre de l’austérité économique sur une zone déjà hyper-pauvre du monde. Nous agissons en solidarité avec tous ceux qui luttent au niveau international contre l’austérité et l’impérialisme; pour un monde sans frontières, sans prisons et Etats nations.

Cet acte simple, facilement reproductible, est dédié aux prisonniers 5E3 Amélie, Carlos, et Fallon et celles et ceux qui sont silencieu-ses-x en cavale et en exil forcé. 

Quelques anarchistes

Traduit d’anarchistnews, 14/08/2014

 

[Tucson, USA] Bureau de G4S attaqué – 1er août 2014

[Ce communiqué ouvre des perspectives clairement anti-capitalistes et de libération totale des êtres humains, libération qui ne reste heureusement pas cantonner à un contexte national (ce qui reviendrait à nier la lutte des classes) mais international. Tant que subsisteront les Etats et leurs appareils de contrôle, de surveillance et d’armement, il s’agira de s’atteler à les attaquer. Ceci est donc une contribution afin d’enrayer des rouages de la machine à expulser et à enfermer les sans-papiers, indésirables pourchassés par chaque Etat à travers le monde (notamment par les services de la société G4S, subventionnée pour gérer la sécurité des camps de rétention en Australie (voir ici et ), en Angleterre ou encore au sud des Etats-Unis dans la zone frontalière avec le Mexique, comme c’est indiqué dans ce texte.]

Au petit matin du 1er août, un groupe d’anarchistes anti-colonialistes [1] a fracassé toutes les fenêtres du bureau de G4S à Tucson. Cette action a été faite en solidarité avec ceux qui survivent et luttent en Palestine occupée et aussi comme une attaque contre la police des frontières sur la terre occupée de Tohono O’odham dans le sud de l’Arizona. C’est aussi un geste de solidarité envers ceux qui envisagent de bloquer les navires commerciaux israéliens d’accoster à Oakland le 2 août.

G4S assure la sécurité et l’infrastructure d’un certain nombre de prisons et de postes de contrôle dans les territoires occupés par Israël. Depuis la « Journée des prisonniers palestiniens » de 2012, G4S a été la cible d’une campagne internationale en raison de ces opérations. G4S est impliquée dans l‘incarcération, la rétention de migrants, et l’expulsion à l’échelle mondiale. Quand des personnes sont appréhendées pour des infractions liées à l’immigration, ce sont les bus exploités par G4S qui les transportent vers les centres de rétention, les palais de justice, et, finalement, à la frontière pour l’expulsion. Dans un passé récent, il y a eu plusieurs actions contre ces bus, y compris un blocage du dépôt de bus G4S. Une action récente contre les bus qui transportaient les gens pour « l’Opération Streamline » a effectivement bloqué la poursuite pénale de près de 70 détenus.

G4S est seulement une des nombreuses entités directement impliquées dans l’occupation et la militarisation de ce qu’on appelle la frontière américano-mexicaine et en Palestine. L’entreprise israélienne ‘Elbit System’ [2] s’est récemment vu attribué un contrat DHS pour l’infrastructure de surveillance dans le sud de l’Arizona, basée en grande partie sur le travail de l’entreprise sur le mur d’apartheid israélien. Les luttes contre les frontières ici et le combat pour une Palestine libre sont étroitement liées dans leur résistance commune au colonialisme.

Il est à espérer que cette action peut être une autre impulsion de la collaboration entre anti-colonialistes, anarchistes, et les mouvements no border. Il est aussi un appel à poursuivre la dynamique locale vers des actions plus perturbateurs et de confrontation contre les systèmes qui cherchent à nous contrôler. Nous allons expérimenter sans relâche des chemins afin de rendre ces systèmes totalement impraticables sur terre.

Il est possible d’attaquer !

Contre toutes les frontières et les prisons 

Vers l’abolition totale des patrouilles frontalières, de la police, et tous les porcs partout

Palestine libre ! [3]

- Des anarchistes anti-colonialistes en terre occupée de Tohono O’odham

 Note de traduction:

[1] Ca voudrait donc sous-entendre que, pour les auteurs de ce communiqué, il existe des « anarchistes pro-colonialistes »

[2] entreprise fournissant logistiques et infrastructures militaires à l’Etat israélien, fondée en 1967 et basée à Haïfa.

[2] Il est évident que la solidarité doit s’affirmer avec les opprimés en Palestine, contre la politique coloniale et meurtrière de l’Etat israélien. Cependant, l’oppression en Palestine n’émane pas uniquement d’Israël, comme en atteste les fascistes religieux du Hamas (qui reçoivent un soutien de la part de ces associations fourre-tout de la cause palestinienne, souhaitant instaurer un Etat et donc une autre oppression qui n’est plus à démontrer), niant les exactions liberticides de ces fous de dieu et de leur volonté de créer une autre forme de prison sociale.

[Berlin, Allemagne] Feu à Sodexo – 31 juillet 2014

La société de services Sodexo est depuis près de 20 ans dans le collimateur des gens comme nous qui luttons contre le système raciste et néo-colonialiste. Cela a commencé avec le fait que Sodexo s’est proposée en 1997 pour prendre en charge la gestion de rationnement de repas et de produits pour les réfugiés, malgré l’augmentation en masse de critiques et après que le chiffre d’affaire colossal se précise. Depuis, Sodexo est perçue dans le monde comme une entreprise de gestion bon marché, ainsi par cela une motivation raciste de réduction du facteur de coût de la vie humaine, qui est devenue une grande société avec des filiales dans de nombreux pays.

En Grande-Bretagne, Sodexo exploite sous sa propre direction cinq prisons depuis la privatisation de la justice. Ici aussi: des gens qui n’ont aucun statut civil sont laissés à l’Etat juridictionnel du secteur privé. Pour cela, les entreprises reçoivent d’énormes sommes d’argent en guise de remerciement et disposent en vertu de la législation des pleins pouvoirs pour exploiter leurs ressources (se reporter à ce texte avec ces passages surlignés en rouge, qui explique ces principes à travers l’exemple berlinois).

116869Les salutations vont en ce moment aux mutins des prisons de Sodexo de mars dernier au Royaume-Uni, avec 50 encagés d’une aile pour longues peines qui ont pris le contrôle et à un groupe qui nous a apporté également le message d’une explosion au gaz et carburant devant le tribunal à Yate. Mais même ici, il y a eu récemment des actions contre Sodexo: le 29/10/2013, un inconnu a mis le feu à un véhicule sur un parking  (le lien est mort, NdT) et le 17/06 de cette année un van a été livré aux flammes à Prenzlauer Berg, à Berlin. Tandis que se tenait le camp No Border à Bruxelles, un bâtiment Sodexo s’est fait défoncer ses vitres et recouvrir avec de l’huile. 

A ceux qui veulent contrôler les flux migratoires à Berlin et ailleurs, nous croyons qu’il est nécessaire d’élargir de nouveau cette pratique et d’élaborer une stratégie sur la façon dont les dommages peuvent être causés à la machine, au-delà des aspects financiers et symboliques.

Puisque nous avons été rattrapé par l’histoire avec l’arrestation de Bernhard du K.O.M.I.T.E.E*, nous devons tous saisir l’opportunité pour y puiser force et savoirs. Nous apportons une contribution dans cette belle nuit [du 30 au 31 juillet, NdT]: nous dédions la combustion de véhicules Sodexo à Neuköln à Bernhard, Peter et Thomas qui avaient presque fait sauter la prison pour expulsions à Grünau en 1995**, mais qui, en raison d’une erreur, ont du se mettre en fuite vers l’inconnu. Jusqu’à présent, et dans le cas de Bernhard, malheureusement jusqu’à début juillet 2014.

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Nous sommes d’accord avec « les 3 compagnons » et citons la lettre publiée récemment

« Les morts quotidiens aujourd’hui aux frontières de l’Europe, l’appareil lourdement armé qu’est Frontex, les conditions inhumaines dans les camps allemands mais aussi la lutte des réfugiés contre ça, montrent comment, aussi courageusement que visionnaire, la tentative des compagnons était de mettre fin en un endroit à cette pratique du système ».

Surtout dans l’accalmie perçue après la lutte des réfugiés au squat de la rue Ohlauer, il est temps de retenir le passé: non seulement du K.O.M.I.T.E.E mais aussi des Cellules Révolutionnaires (RZ) qui ont donné des contributions à cette lutte par des réflexions approfondies. Laissons-nous le temps de réfléchir, d’imaginer de nouveau,  d’élaborer des stratégies pour combattre le racisme institutionnel et la logique d’exploitation de l’Etat. Augmentons la pression sur les gouvernants et faisons de la place pour un monde nouveau et libéré. Jusque là, ça peut signifier: ouvrir le feu sur Sodexo et tous les autres bénéficiaires de l’ordre universel inhumain. 

Quand les gens meurent, nous sommes obligés d’agir, ainsi nous luttons contre ceux qui accentuent le fait que profits et richesses sont plus importants que les vies humaines. Les voitures brûlées peuvent être une petite lumière dans le ciel de la résistance, plusieurs petites étoiles donnent ensemble une constellation, qui ensembles donnent une nuit éclairée.

Komitee Galaxias

Traduction de l’allemand de linksunten

Notes de traduction:

* Le K.O.M.I.T.E.E était une organisation autonome dans les années 90 qui a mené plusieurs attaques, notamment contre les intérêts économiques de l’Etat allemand dans le commerce d’armes avec l’Etat turc, alors en pleine période d’assauts militaires au Kurdistan. Le 27 octobre 1994, un bâtiment de l’armée (la Bundeswehr) est attaqué avec des engins incendiaires. Elle a annoncé sa dissolution le 18 septembre 1995 par communiqué à la presse suite à l’attaque avortée du lager de Grünau (cf ci-dessous).

** Dans la nuit du 10 au 11 avril 1995, le centre de rétention et d’expulsion de Berlin-Grünau est attaqué. Malheureusement, l’action échoue rapidement: les trois compagnons sont pris en flag’ par une patrouille de police, mais réussissent malgré tout à s’échapper tout en laissant pas mal d’indices sur place. Les 3 sont mis immédiatement sur les listes des personnes criminelles recherchées par l’Etat allemand. 

Début juillet 2014, un des trois, Bernhard, est arrêté à Merida au Venezuela par les forces spéciales locales: Bernhard était suivi depuis de nombreuses années par les enquêteurs du BKA (service de police allemand). L’Etat allemand souhaite l’extrader, mais pour l’instant rien n’a été communiqué par l’Etat vénézuelien.

Qui sont les terroristes ?

Qui sont les terroristes ?

Les conditions de vie toujours plus insupportables qui nous sont imposées reposent sur la peur. Peur de ne pas avoir de boulot et de ne pas arriver à boucler les fins de mois. Peur de la police, peur de la prison. Parce qu’au fond, la matraque et son acceptation est ce qui garantit les rapports sociaux.

Dans ce monde à l’envers, le terrorisme ce n’est pas contraindre des milliards d’êtres humains à survivre dans des conditions inacceptables, ce n’est pas empoisonner la terre. Ce n’est pas continuer une recherche scientifique et technologique qui soumet toujours plus nos vies, pénètre nos corps et modifie la nature de façon irréversible. Ce n’est pas enfermer et déporter des êtres humains parce qu’ils sont dépourvus du petit bout de papier adéquat. Ce n’est pas nous tuer et mutiler au travail pour que les patrons s’enrichissent à l’infini. Ce n’est pas même bombarder des populations entières. Tout cela, ils l’appellent économie, civilisation, démocratie, progrès, ordre public.

La politique est en réalité l’art de travestir les faits en changeant les mots. Leur « guerre au terrorisme » à l’échelle planétaire n’est qu’une arme de propagande pour légitimer toute agression militaire à l’extérieur et toute répression des rebelles à l’intérieur.

Dans un effet miroir, l’Etat voudrait tous nous obliger à être le reflet de sa sale gueule autoritaire. Des amitiés, des affinités et le partage d’une même idée de liberté deviennent une « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Des liens tissés dans les luttes deviennent une « mouvance anarcho-autonome ». Un fumigène devient une bombe.

Et pourtant, s’organiser n’est pas nécessairement constituer une Organisation, tout comme une grève n’est pas une prise d’otage. L’attaque contre une banque, une prison, un Pôle Emploi, une permanence électorale, un centre de rétention, le sabotage de la circulation des trains ou des machines dans une usine, ne sont pas du « terrorisme ». Un abîme sépare ceux qui s’insurgent pour se libérer, et ceux qui frappent dans le tas pour défendre, consolider ou conquérir le pouvoir, c’est-à-dire les Etats et leurs concurrents, les patrons, leurs mercenaires et leurs laboratoires de mort.

Dans cette guerre sociale qui se déroule au travail comme dans la rue, de jour comme de nuit, l’ennemi est tout individu qui fait obstacle à la marche radieuse du capital.

Que chacun, de la manière qu’il estime la plus adéquate, s’oppose au terrorisme d’Etat et au totalitarisme démocratique. Nous ne subirons pas cette déclaration de guerre en baissant la tête.

Que crève le meilleur des mondes !

[Texte d’une affiche trouvée sur les murs de plusieurs villes en avril 2008]

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Terrorisme d’Etat: un aperçu de la nouvelle loi anti-« terroriste » en cours d’adoption

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a présenté mercredi 9 juillet en Conseil des ministres un projet de loi « renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme« . Le 22 juillet, les députés ont adopté en Commission des lois et à l’unanimité (UMP/PS) le projet en le durcissant avec plusieurs amendements. Il passera selon la procédure d’urgence à l’Assemblée Nationale et au Sénat (18 articles) pour être soumis au vote le 18 septembre prochain.

Lire la suite de l’article

[Hambourg] Contre le spectacle de la domination ! Manif sauvage en solidarité avec la révolte au Brésil – 20 juin 2014

Hier soir, le 20 juin 2014, 30 à 40 personnes ont manifesté spontanément et à l’improviste dans le quartier Schanze afin d’exprimer leur haine contre la FIFA, les États et leurs larbins ainsi que leur solidarité avec les combattants au BrésilDurant la manif, des slogans ont été tagués comme « Fuck Fifa! », des tracts ont été distribués, des feux d’artifice ont été allumés et la boutique Adidas à Schulterblatt a été honorée avec des pierres et de la peinture. La foule s’est dispersée à nouveau juste avant qu’un policier ne se montre. Ce bref instant a de nouveau montré que nous pouvons prendre les rues, il suffit de le faire.

Voici le texte du tract distribué:

Contre le spectacle de la domination !

Fifa de merde, coupe du monde de merde ! Pour la révolte mondiale !

117152Chaos et désordres dans le pays d’accueil; Le stade d’inauguration n’est pas fini à temps en raison des grèves; Les flics sont remplacés par l’armée où ils font grève et soutiennent à d’autres endroits où la résistance est trop importante. La Fifa de toute façon, mais surtout la Coupe du Monde au Brésil en 2014, montrent une fois encore clairement comment les Etats et les entreprises internationales telles que la FIFA font cause commune pour le contrôle, l’image et le profit.

Pour la construction des stades et des boulevards qui les relient au profit des touristes, des quartiers entiers ont été expulsés. En conséquence de l’accueil de la Coupe du Monde cette année et des Jeux Olympiques dans deux ans, plus de 20.000 personnes perdront leurs maisons, l’augmentation des prix des tickets de transport, des billets, des locations et beaucoup d’autres augmentations énormes, tant elles sont déjà ainsi chassées de leurs lieux de résidence.

Les quartiers au coeur des villes hôtes sont des nuits de troupes de flics aggressifs qui occupent, arrêtent, frappent ou même tuent ce.lles.ux qui ne conviennent pas à l’image d’une ville propre et sécuritaire.

Tout cela est bien naturellement pas accepté.

Des manifestations, des grèves et des émeutes accompagnent la coupe du monde comme nulle part auparavant et les flics agissent avec matraques, gaz lacrymogènes et souvent même avec des armes à feu contre des personnes dans la rue.

Celles et ceux qui se révoltent ont bien compris qu’un tel projet sert et renforce un ordre dans lequel une minorité profite du malheur de beaucoup d’autres. En solidarité avec ces soulèvements courageux nous allons maintenant dans les rues pour montrer que nous nous reconnaissons dans la révolte contre ce projet de domination - qu’ils doivent toujours et partout s’attendre à une résistance !

Pour la révolte sociale !

Plus d’infos sur: http://wm2014.noblogs.org

Traduit de l’allemand de linksunten

[Brésil] Génocide et spectacle

Génocide et Spectacle – Une réflexion anarchiste sur le contexte à Rio de Janeiro : l’opération Choc de l’Ordre, la Coupe du Monde de la FIFA et les Jeux Olympiques d’Été de 2016 au Brésil.

Rio de Janeiro, futur hôte de la Coupe du Monde de 2014 et des Jeux Olympiques de 2016, est une métropole emblématique construite autour d’un écosystème paradisiaque et admirable [1]. Ses quartiers et ses rues contiennent le contraste du royaume marchand : disséminés autour des différentes parties de la ville, la pauvreté criante, la profonde décadence, l’abandon administratif dans leurs états les plus crus… et à d’autres endroits, le luxe hygiénique sert de toile de fond à un scénario simulé et superficiel de consumérisme et de vie confortable, constamment sous l’œil des caméras et d’une forte présence policière. Cette terre de tant d’anecdotes qui font « l’histoire du Brésil » est l’endroit où se produisent des extrémismes à caractère urbain et qui ne peuvent qu’être vécus en ce lieu, du moins dans les proportions dans lesquelles ils se manifestent.

Selon l’Indice de Développement Humain (IDH) – une mesure internationale comparative pour classifier le « développement » économique d’un territoire – il existe dans la ville de Rio une coexistence d’IDH de certains des quartiers les plus riches du monde, équivalents à ceux qu’on peut trouver dans certains endroits d’Europe, alors que plusieurs favelas ont un IDH égalant ceux de certains des pays les plus pauvres du continent africain. À l’origine de tout cela, le fait que ce fut toujours une ville où richesse extrême cohabite avec extrême pauvreté et que ce fut l’un des ports majeurs pour les humains enlevés en Afrique puis revendus comme esclaves. Malgré tout, pendant 12 ans elle fut la capitale de l’empire portugais et après l’ »indépendance » elle fut la capitale du Brésil jusqu’au milieu du XXe siècle. Si autrefois les contrastes encerclaient les palaces de la noblesse et les quartiers noirs, aujourd’hui cette différence se perçoit entre les quartiers riches opulents – de vrais Beverly Hills – et les nombreuses favelas.

La question raciale est intrinsèquement reliée à l’histoire de Rio de Janeiro. Si aujourd’hui il existe une politique si violente assiégeant cette ville, c’est sûrement parce que d’elle descend directement du régime esclavagiste. Cela date de la création d’un pouvoir public autonome et de la propre constitution de l’État brésilien. Avec l’arrivée de la famille royale du Portugal en 1808, la police de Rio fut fondée pour édifier un nouvel ordre public qui cherchait à affronter dans les rues la population réduite en esclavage, terrorisant les noirs et les pauvres avec des châtiments corporels en public et des éliminations physiques. Dans le même temps, elle combattait la résistance qui était apparue de différentes manières, à la fois de nature politique et culturelle, organisée ou non : depuis les équipées rebelles et les formations consécutives des quilombos – communautés rebelles noires [2] – à la capoeira, une technique de combat développée dans les rues et un outil inséparable des rebelles noirs organisés qui ont combattu lors de révoltes organisées durant toute cette période. La favela est la fille et la nièce de cette résistance, berceau de ces magnifiques manifestations culturelles de descendance africaine et bastion de ceux qui n’ont jamais séparé le combat du sourire.

L’origine des favelas de Rio de Janeiro émane du milieu du XIXe siècle lorsqu’avec la fin de l’esclavage une partie des affranchis migrèrent vers la capitale fédérale, s’installant de façon informelle dans des lieux qui seront connus après sous le nom de Favelas. Le premier de ces endroits à être appelé favela fut Morro de Providência [Colline de la Providence], qui se trouve près de la zone portuaire dans le centre de Rio, occupé en 1897 par des soldats noirs de l’armée brésilienne qui revenaient de la Guerre des Canudos et qui avaient cessé de toucher leurs soldes ; sans moyens financiers, ils allèrent vivre sur la colline dans des baraques temporaires. Le terme favela vient du camp de Canudos qui se situait dans la province de Bahia et qui fut construit sur une colline où poussaient beaucoup de plantes d’une espèce populairement connue sous le nom de Favela ou Faveleiro. Cette plante fut aussi trouvée à Morro de Providência, ce qui lui valut le nom de Morro da Favela [Colline de Favela]. Avec le temps, le terme commença à être utilisé comme façon de désigner les lieux d’habitation populaire. La favela, d’un point de vue urbain, est la descendante des quartiers d’esclaves [senzalas], et apparaît comme l’un des représentants majeurs du ségrégationnisme aigu, de l’isolement, des déchets humains, dans un régime qui avait substitué le travail d’esclave à l’esclavage salarial, vu que les temps avaient changé et qu’il y avait un besoin de formes différentes d’exploitation.

D’autre part, la favela est la représentante de la résistance culturelle noire qui a continué à se développer dans des manifestations culturelles comme la samba, la capoeira et les religions d’origine africaine (comme la candomblé et l’umbanda), en plus d’être l’habitat naturel de l’authentique système D brésilien. Ainsi le policier de Rio est le « capitão-do-mato » moderne (ceux qui capturaient les esclaves et les ramenaient à leurs maîtres), qui a juste substitué le fusil au fouet. Si avant, le mépris de la vie se traduisait dans l’image de l’esclave noir, aujourd’hui il se reflète dans la figure de l’habitant de la favela.

La réalité d’aujourd’hui

Ce qui se vit actuellement c’est une guerre civile à un niveau de conflit urbain armé inconnu en Amérique latine, camouflée en « guerre contre le trafic de drogue ». Les favelas ont toujours été contrôlées par les trafiquants de drogue ou par les milices locales [3] et plus récemment par la police qui utilise un large arsenal pour défendre son territoire. Les balles sont aussi quotidiennes que le riz et les haricots (la base du régime brésilien).

Sans aucun doute l’économie de Rio tourne autour du tourisme et bien sûr la ville est l’une des destinations touristiques les plus prisées de la planète. La « merveilleuse ville » est pleine de richesses pour tous ceux qui ont les conditions économiques pour les consommer. Une spéculation foncière et un embellissement rendu nécessaire pour le maintien d’une atmosphère de ville confortable pour ces gens. Cette situation mène à une constante et chaque fois plus grave criminalisation de la pauvreté, qui apparaît sur différents fronts et zones dans le contexte actuel, déguisée en réformes urbaines et améliorations de la qualité de vie de la population. Mais en réalité ce sont les voies vers des projets économiques mégalomanes entrepris par une série de partenariats public-privé.

La réalité sociale de Rio de Janeiro rend chaque fois plus explicite la ligne étroite articulée autour de différentes stratégies de gestion étatique, se trouvant quelque part entre la dictature et la démocratie. Au final, torture, élimination physique et incarcération (qui ont gagné de la visibilité lors de la dictature militaire afin de toucher des secteurs de la classe moyenne) ont toujours été une réalité pour les noirs, les pauvres et les habitants des favelas. Dans une période démocratique si acclamée il y a des faits qui deviennent de plus en plus présents. Plusieurs tactiques bien distinctes ont été utilisées, découlant de la nouvelle politique administrative de l’État (dans les mains de Sérgio Cabral Filho depuis 2006) et de la préfecture de la ville (tenue par Eduardo Paes depuis 2009), des initiatives qui viennent de différents endroits :

1) La guerre informelle contre les vendeurs à la sauvette qui, face à cette réalité, choisissent l’un des plus importants moyens de survie pour ceux qui sont sans le sou.
2) La reprise du contrôle de zones précédemment contrôlées par le trafic de drogue.
3) Les programmes de développement urbain, comme la revitalisation des environs du port.
4) L’écrasante présence de drogue comme le crack, ou plus récemment l’oxi [Ndt : mélange de pâte de cocaïne, d’essence, de kérosène et de chaux vive, qui se fume comme le crack], qui renforce le contrôle sur la population.

En plus de tous ces éléments, l’extermination actuelle de civils par la police, morts justifiées comme des dommages collatéraux dans une supposée guerre contre le trafic de drogue et souvent passée sous le coup de la dénommée Autos de Resistência – lorsque les assassinats de la police sont considérés comme étant la faute des victimes [4] – pour camoufler des exécutions sommaires. Ce qui se passe dans la pratique est un génocide silencieux qui loin de viser les groupes qu’il a pour cible – dans ce cas-ci les barons de la drogue – affecte surtout toutes les couches populaires qui se trouvent dans la zone du conflit. Le nombre de morts dans les mains des forces de police de Rio de Janeiro est extrêmement élevé. Prenons les trois dernières années pour exemple : en 2008 il y a eu 611 morts, en 2009 ils étaient 495, en 2010, 545 – chiffre qui équivaut plus ou moins aux victimes des pluies qui ont touché la région montagneuse au-dessus de la ville de Rio de Janeiro, en janvier 2011, considéré comme le « plus gros désastre naturel » de l’histoire du Brésil.

Avec de sinistres chansons qui glorifient la guerre et qui sont partie intégrante de sa formation, le BOPE (Bataillon d’Opérations Spéciales de Police) ne s’embarrasse d’aucun doute quand à ses missions d’après la chanson qu’ils chantent : « Homme en noir / Quelle est ta mission ? / C’est d’envahir la favela / De laisser des corps sur le sol », voire : « J’infiltrerai une favela / Avec un fusil dans ma main / Je combattrai l’ennemi / Provoquerai la destruction ». Le BOPE a été conçu et entraîné pour être une machine de guerre et exterminer les habitants des favelas. Le fait qu’ils aient un crâne comme logo n’est pas du pur symbolisme.

L’un des projets pilotes de l’actuel gouvernement au pouvoir, faisant partie de la logique de restructuration et d’embellissement de la ville, ce sont les machiavéliques UPP (Unités de Police Pacificatrice). Ce sont des unités de la police qui par des invasions permanentes reprennent le contrôle des communautés qui étaient précédemment sous la coupe des barons de la drogue.

Coïncidence ou non, toutes ces communautés sont des favelas qui se situent dans des zones à fort intérêt économique, telle la zone au sud et les terrains nobles de la zone nord, ainsi que des zones d’intérêt touristico-économique [5]. Les UPP apparaissent comme le point culminant de la « guerre » contre le trafic de drogue, et marquent un moment où l’État donne finalement une réponse plus efficace et énergique aux trafics. La présence permanente de la police dans la communauté signifie qu’elle peut agir en toute impunité (une sorte d’état d’exception non-déclaré), agissant sans scrupules grâce à l’inconstitutionnalité, envahissant sans cesse les maisons et terrorisant les habitants. L’ironie est que dans aucune des communautés où l’UPP agit en ce moment le trafic de drogue n’a disparu ; bien au contraire, le commerce se développe, même si les trafiquants fanfaronnent moins avec leurs armes et donnent des pots-de-vin à la police afin de poursuivre en toute tranquillité leur business.

Les UPP sont profondément en lien avec le processus de nettoyage socio-économique des quartiers qui se déroule dans plusieurs parties de Rio de Janeiro, agissant comme les précurseurs d’un processus innovant de gentrification [6] des aires des favelas. Comme champ de leur intervention, les branchements clandestins sur les réseaux électriques ou d’eaux ont été coupés, causant un accroissement drastique du coût de la vie quotidienne pour les plus pauvres et renforçant ainsi une sorte de processus d’expulsion graduel.

Dans le sud, des baraques sont vendues et louées à des prix incroyablement élevés et dans le même temps des assainissements sanitaires sont pour la première fois introduits. Mais pour qui exactement ces « améliorations » sont-elles faites ? Logiquement elles sont destinées aux nouveaux hôtels (et autres sortes de marchés privés) et aux nouveaux visiteurs de ces espaces : les touristes et les individus de la classe moyenne.

Ces opérations de meurtre de masse organisées par l’État et ses partenaires privés sont seulement rendues possibles par l’insertion dans les communautés du bras gauche de ces interventions : les ONG. Partie intégrante du processus pour limiter les dommages, les institutions non-gouvernementales sont chargées d’infiltrer les favelas sous l’apparence de projets de fond pour le développement social. La présence de ces organisations dans les communautés est, à son tour, marquée par l’ambiguïté. Alors que ces institutions « facilitent » le développement socioculturel au niveau local, derrière leurs implantation il y a, depuis le début, le caractère pacificateur et les profits générés grâce aux exonérations d’impôts et aux investissements transnationaux, qui sont souvent une source de revenus, en plus de leurs activités dans le recensement et le fichage des résidents, les incitant aussi à assumer le rôle d’indics dans la communauté. Il existe des cas similaires qui concernent les programmes plus récents du gouvernement fédéral, près des zones urbaines classées comme « à risque » (elles sont touchées par le programme pilote appelé Fica Vivo [Rester en Vie]).

C’est dans ce décor général de revanche et d’invasion ostensiblement militaire que le Choque de Ordem [Choc de l’Ordre] s’intègre. Un projet crée depuis début 2009 par le maire en poste Eduardo Paes, organisé par le Secrétariat à la Sécurité Publique, rassemblant différentes composantes comme la police municipale, la police civile et militaire, l’entreprise de collecte des déchets Comlurb et le Secrétariat au Logement, pour lancer des actions coordonnées en vue du « rétablissement de l’ordre dans la ville ». L’opération se concentre surtout sur la lutte contre les camelôs [vendeurs à la sauvette], sur l’expulsion par la force des sans-abris – que ce soit des accros au crack ou non – et sur les innombrables expulsions de maisons considérées comme illégales ou n’ayant pas les papiers en règle, comme c’est le cas des squats urbains, des favelas ou de parties de favelas qui sont déplacées car situées dans le chemin de ces réformes.

Le projet Porto Maravilha [Port Merveille]

L’un des projets actuels majeurs de ré-urbanisation de la ville de Rio de Janeiro est, bien entendu, la revitalisation de la zone portuaire, appelée Porto Maravilha et qui est l’initiative publique-privée la plus importante du Brésil. C’est une société formée par la municipalité, l’État, la région et des initiatives privées. Toute la région du port s’est privatisée, passant dans les mains de trois entreprises privées pour les quinze années à venir. Les mots du maire lui-même : « Quel est le rêve de chaque entreprise privée ? Faire de grands profits constants dans le temps et sans risque. La ville de Rio réalise le rêve de trois d’entre elles : OAS, Odebrecht et Carioca Engenharia, qui ensemble forment le consortium qui gère Porto Maravilha. L’ingénieux partenariat public-privé ne peut pas être vu d’une autre manière : un transfert d’argent public à trois grandes entreprises privées, sans avantages apparents pour l’État. »

Le projet couvre une superficie de 5 millions de mètres carrés, dont les limites sont les avenues Presidente Vargas, Rodrigues Alvers, Rio Branco et Francisco Bicalho. Il passe par quatre quartiers : Centro, Santo Cristo, Salud et Gamboa. Les investissements incluent la création et l’implantation de musées, la construction de luxueux mouillages pour les croisières touristiques, la construction d’immeubles d’habitation pour la classe moyenne, la construction de l’aquarium le plus grand d’Amérique Latine, en plus de nouveaux sièges de banques, qui incluent la Banco Central. La première phase de construction a débuté en 2009 et est toujours en cours, avec des mises en œuvre basiques comme l’installation de nouveaux réseaux hydrauliques et la ré-urbanisation de Morro da Conceição. La nouvelle phase de travaux a commencé en 2011 et inclut des réalisations plus importantes comme la démolition du viaduc du Perimetral, situé au-dessus de l’avenue Rodrigues Alves. L’objectif est de terminer tous les projets de ré-urbanisation pour 2015.

En toile de fond de ce projet une série d’opérations répressives et de violations de la dignité des personnes sont menées jour après jour. Durant de nombreuses années le quartier du port a été une des zones les plus négligées et méprisées de la ville de Rio de Janeiro, lieu de presque quatre siècles d’histoire d’effusion de sang et de résistance politique et culturelle, de nombreuses fois un refuge et une alternative pour ceux qui trouvent dans l’occupation d’immeubles vides une forme pratique pour accéder à un logement. On ne compte plus les expulsions qui ont concerné les squats, en plus de maisons à Providência qui ont été détruites pour construire un téléphérique.

La favela de Providência a depuis avril 2010 sa propre UPP qui garantit la « sécurité » pour le bon déroulement des projets. En plus de tout cela, de mystérieux incendies ont touché des squats, des communautés (comme celle de Rato Molhado dans le nord) et des commerces informels (comme celui qui fut probablement le plus important de ces incendies et qui a consumé le marché ouvert de Central do Brasil le 26 avril 2010). On remarquera que ce marché populaire était situé très près de la caserne de pompiers de Rio de Janeiro, et malgré ça, les secours ont mis plus d’une heure à arriver. Ce n’est pas un hasard si la mairie avait déjà des plans de « revitalisation » pour ce lieu.

Dans la pratique ce projet n’est rien de plus qu’un des pivots du processus de maquillage que la ville est en train de faire. C’est la préparation pour les grands événements à venir : le mondial de foot en 2014 et les Jeux Olympiques en 2016. À l’instar de toutes les opérations hygiénistes, il s’agit de la prise, par la classe la plus riche, d’une zone antérieurement occupée par les classes plus pauvres.

Il n’est pas possible de savoir avec certitude sur quoi vont aboutir ces opérations si atroces et soudaines. Mais, de fait, on peut déjà faire des prévisions, suggérées par ce qui est évident pour n’importe quel œil observateur. Les questions les plus inquiètes restent noyées par les années « prometteuses » des mégas événements de 2014 et 2016, dans un scénario désastreux d’ignorance, de peur et d’égocentrisme touristique.

La confusion est apaisée par le fanatisme insensé d’un esprit sportif chaque fois plus publicitaire, piégé dans une vague de marketing belliqueux, qui déclare à l’ordre du jour l’extermination ouverte pour satisfaire les objectifs des marchés financiers incarnés par les travaux publics et la spéculation immobilière. Dans un futur pas si lointain, après l’hébétude des Jeux, nous ferons face à des questions auxquelles il n’y a eu que des mauvaises réponses délibérées, des choses accumulées laissées de côté par négligence, que seulement la guerre sociale déclarée peut combler [7].

Jusque là et dès maintenant, nous assumons déjà une position : notre refus est inflexible, le futur est déjà maintenant.

Le squat Flor do Asfalto

« Les vauriens déambulent d’un port à l’autre. Face à la machinerie lourde, ils observent avec consternation les nombreuses faces d’un futur laissé pour plus tard. Des rumeurs d’effondrement, des jours de guerre… des minutes de passions arrachées des souterrains, des îles et des rues. Le quai est là, mais il y a aussi des ports hallucinés / Dans le chaos du port flotte, fait de tissu noir décoloré, un drapeau pirate, agité par la brise de la mer et la vitesse des machines… et nous savons que c’est par là-bas qu’errent ces renégats. De port en port, « ils crachent la fumée de cigarette  » : peut-être qu’il y a plus à tirer d’un crachat même que de n’importe quelle morale civilisée.  » (Collectif Casa Aberta – Les pirates malades ne disent rien…)

Issue de l’initiative de plusieurs personnes du milieu libertaire, la Flor do Asfalto a été occupée le 17 octobre 2006, sur l’avenue Rodrigues Alves, ayant comme objectif, en dehors d’être un lieu de vie collectif, de se convertir en un espace de création politique et contre-culturel. Depuis lors, diverses initiatives et projets ont commencé à germer dans ce lieu, comme la mise en place d’une bibliothèque, d’ateliers d’art et de sérigraphie, un herbier, parmi différentes pratiques visant un mode de vie plus respectueux et en plus grande harmonie avec la terre, comme l’entretien d’un jardin potager et d’un système agro-forestier. Durant ces 5 ans il y a eu beaucoup d’initiatives et d’activités développées à la Flor, depuis des ateliers et des discussions jusqu’à des fêtes et des concerts. La Flor assume publiquement sa posture de confrontation avec la réalité existante, ses relations de pouvoir et ses politiques oppressives, en mettant en avant la nécessité de la réappropriation de la vie pour ceux qui s’investissent en son sein et la guerre vécue à chaque moment de l’existence.

Les différentes ruptures et alternatives avec ce monde ne se font pas seulement comme alternatives en elles-même, mais comme confrontation, intervention dans la réalité et positionnement radical au milieu de l’œil du cyclone. Actuellement, le squat voit ses jours comptés car il se situe juste dans la zone qui comprend la nouvelle phase de travaux du projet Porto Maravilha. Ce sera l’une des prochaines cibles des attaques qui précèdent les travaux. En maintenant le refus ferme de l’existence de l’État et de ses appareils répressifs, comme la police, on n’envisage pas la possibilité de dialoguer ou de trouver un accord. Y compris en considérant, dans certaines occasions, une telle possibilité, il faut toujours garder en tête que le jeu des lois fait partie du jeu de l’ennemi.

Se bouger, ne pas rester dans l’inertie, ça a été la stratégie utilisée pour contrecarrer ce moment. C’est pour ça que depuis l’intérieur du squat des communiqués sont vociférés, expliquant les positions de ses occupants, visant la création de liens de solidarité qui crient et résonnent au-delà des lignes imaginaires de la ville de Rio de Janeiro, vu que ces liens, dans des moments comme celui-ci, sont sans hésitation le meilleur arsenal que peuvent trouver les opprimés rebelles.

Version originale publiée en portugais en septembre 2011, sur le blog diasemcompras.wordpress.com.

Ce texte a été traduit en français une première fois sur Contra Info en juillet 2012.

Lire la brochure page par page (format PDF)

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Brochure éditée par Camotazo

Repris de infokiosques.net

Notes

[1L’écosystème où se situe la ville de Rio de Janeiro est la Mata Atlântica (forêt tropicale de l’Atlantique), qui a été la seconde forêt tropicale la plus grande d’Amérique du Sud et qui comprenait toute la zone de la côte du Brésil jusqu’à l’Argentine et le Paraguay. Actuellement il ne reste que 10% de tout ça. Et même ainsi cela reste l’un des écosystèmes les plus diversifiés de la planète.

[2Les quilombos sont des zones autonomes qui existent dans beaucoup d’endroits du territoire brésilien, avec de grandes concentrations de descendants d’Africains faits esclaves pendant des siècles. Crées par les anciens esclaves fugitifs et rebelles, normalement dans des zones plus éloignées des villes mais aussi dans les périphéries urbaines, basées sur une économie de subsistance, mais maintenant aussi un conflit et des attaques constantes contre le régime esclavagiste. Le premier, et certainement le plus remarquable, a été celui de Palmares, situé dans la Serra da Barriga, Alagoas, et qui a duré plus de cent ans (entre les XVIe et XVIIe siècles). Il y a encore beaucoup de personnes qui possèdent la légitimité de l’héritage de ces terres, reconnues sur des papiers et légitimées à travers les luttes de ces gens. Certains des projets récents de ré-urbanisation se basent sur l’intolérance déclarée envers ces données et preuves historiques, et trahissent littéralement ces communautés quilombos, en les expulsant de leurs terres sans aucune considération envers ces écrits ni envers l’histoire de la résistance quilombo.

[3Les milices sont des groupes paramilitaires formés par des ex-policiers et pompiers, entre autres, qui ont pris le contrôle clandestin de plusieurs favelas.

[4Juridiquement ça serait la justification pour la police d’exercer des violences. L’exécution serait la conséquence de la résistance offensive du « criminel ».

[5Il y a des projets spécifiques pour le complexe d’Alemão, parmi d’autres quartiers, qui incluent l’installation de téléphériques dans les communautés, pour que les touristes aient une vue panoramique.

[6Gentrification ou embourgeoisement (de l’anglais gentry) : intervention urbaine qui fonctionne à travers la réoccupation de parties de la ville, sur la base des plans « d’embourgeoisement urbain », l’expulsion des plus pauvres pour que la classe moyenne repeuple le lieu. Un terme aussi très utilisé, spécialement par les mouvements de résistance contre ces opérations, est celui « d’hygiénisation/nettoyage », qui met en évidence l’aspect classiste de nettoyage social inclus dans ces mesures. Ces politiques urbaines sont accompagnées d’autres mesures sociales pour assurer leur efficacité, qui avec fréquence se convertissent en une guerre déclarée contre les pauvres qui habitent ces zones, un vrai massacre annoncé. Certains urbanistes ont utilisé le terme ambigu et dangereux de « régénération », parce que, au-delà de sa connotation de classe, dans certaines villes ces mesures ont un caractère évidemment raciste. Les programmes de gentrification sont la même chose que ce que les gouvernements et leurs partenaires privées appellent « revitalisation » et qui à Rio de Janeiro sont identifiés par le terrifiant processus de « choc de l’ordre ».

[7Il faut garder en tête que ce texte a été écrit en 2011, car bien évidemment depuis 2013 il y aurait beaucoup de choses à rajouter sur la tension sociale provoquée par les expulsions, la violence policière et les projets faramineux développés pour la coupe du monde et les Jeux Olympiques.

[Sao Paulo, Brésil] Rien à revendiquer, tout à détruire (19 juin 2014)

SP1906-5Le mouvement Un Pas Libre appelait à manifester dans les rues de Sao Paulo ce jeudi 19 juin pour célébrer l’anniversaire de l’abandon de la hausse des tarifs de transport obtenu suite aux manifs de masse de l’été dernier. Les revendications du jour étaient entre autre des transports publics gratuits et la réadmission des 42 travailleurs du métro licenciés pour s’être mis en grève plusieurs jours avant le début du mondial. Au programme, le mouvement avait prévu une « fête sauvage », avec barbecue, théatre, rap et football. Selon les autorités, 1.300 personnes se sont rassemblées avenue Paulista vers 15h00 (les organisateurs parlent de 6.000 participant-es), mais la plupart a saisi l’occasion de protester contre la coupe du monde plutôt que de demander un meilleur service de transport. Un bon cortège de manifestant-es masqué-es était présent, ainsi que des indiens aux visages peints et armés d’arcs et de flèches, appelant à la démarcation des terres autochtones.  

La marche fut sauvage avant puis après l’arrivée des flics. Vers 19h00, Un concessionnaire Mercedes-Benz s’est fait exploser sa façade et à l’intérieur, toutes les berlines de luxe ont été défoncées à coups d’extincteurs, des panneaux de signalisation ont été arrachés. Au moins quatre agences bancaires ont été attaquées (dont une succursale de la Banque du Brésil et une autre de la Citibank Avenue Rebouças). Un véhicule de TV Gazeta, ainsi que des bornes de location de vélos du système Bike Sampa* n’ont pas été épargnés.

SP1906-6En début de soirée, les flics ont rappliqué en gazant massivement et visant au flashball. Des manifestant-es adoptant la tactique black bloc ont alors érigé des barricades à travers les rues du quartier Pinheiros et attaqué les agents de la Police Militaire avec des pierres et feux d’artifice. Vers 20h30, la circulation des rues n’étaient toujours pas rétabli et des barricades de poubelles finissaient de crâmer. Au milieu de pots de fleurs et vitres de cabines téléphoniques brisés sur le sol, plusieurs slogans anarchistes ont été tagués sur les murs durant la manif.

Les compagnon-es qui voulu exprimer concrètement leurs désirs de destruction ont du faire face aux organisateurs. Ceux-ci se sont placés devant les façades de plusieurs agences bancaires en s’approvisant vigiles et ainsi suppléer les flics qui n’étaient pas là… En fait on apprend après coups que cette manif a été organisée conjointement avec la PM. Quelques jours avant cet événement, le mouvement Un pas libre a envoyé une lettre à la police (sic!) en leur demandant de se mettre à l’écart, tout en leur fournissant la date, le lieu du rassemblement et l’itinéraire de la manif… Suite aux attaques et destructions lors de cette manif, un gradé de la maison poulaga répond au MPL lors d’une conférence de presse en déclarant « nous vous avons donné notre confiance et vous nous avez trahi » (sans blague!). Bref, un bel exemple de collaboration de classe !

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« A bas la coupe du capital »

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Un paciflicateur à l'oeuvre

Des paciflicateurs à l’oeuvre devant une banque

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Mais pas assez rapides pour venir protéger l’agence bancaire Caixa

Reformulé depuis la presse brésilienne, 19/06/2014

Note du blog:

*Semblable au fonctionnement d’un vélib’ parisien, Bike Sampa a été mis en service fin mai 2012 à Sao Paulo et compte près de 60 bornes. Ces jouets pour bobos sont financés et gérés par la banque Itau, qui est également sponsor de la coupe du monde de football