Archives pour la catégorie anti-militarisme

[Saint-Denis, 93] Attaque du centre de recrutement de l’armée

Dans la nuit du 26 au 27 octobre, nous avons fracassé les vitres du centre de recrutement* de l’armée, rue Gabriel Péri.

Tous les pouvoirs sont assassins. Nous ne ferons pas leurs guerres, nous ne les laisserons pas en paix.

Guerre sociale pour la liberté !

des déserteurs belliqueux

* Le plus important d’Ile-de-France en terme de recrues.

Publié sur indymedia nantes,

[Berlin, Allemagne] Destroika

Dans la nuit du 1er au 2 octobre 2014, nous avons fait tomber les vitres du bureau d’ingénieur Döring de la paul. stegemannstr 3 à Berlin. La cause de notre visite: ils se vantent d’organiser le déblaiement du site militaire du nord sur ​​le centre d’entraînement au combat Guz de l’armée allemande à Magdebourg. Au nord, la ville fantôme Schnöggersburg sera construite afin que l’armée de l’OTAN et les flics d’Europe puissent à l’avenir s’entraîner à la contre-insurrection. Les émeutes à travers le monde des dernières années ont montré que la révolte est tout à fait possible. Elle frappe aussi à la porte de l’Europe - nous y entrons. Pour l’effondrement des nouveaux bâtiments de Güz et partout où ils sont responsables de flageller nos vies. Nous nous voyons à Francfort.

Traduit de l’allemand de linksunten,

Sur la nécessité du sabotage contre le nucléaire et son monde

On voit plus clair dans le noir

Fermer les centrales nucléaires, délester le capitalisme et l’Etat

Deux choses importantes

antinukDeux choses auront au moins été tirées au clair par l’acte de sabotage d’une turbine électrique à la centrale nucléaire de Doel en août 2014*. Deux choses importantes, et qu’on n’a pourtant lu nulle part.

Primo. Que si le nucléaire représente une contamination durable et difficilement résoluble, il est quand-même déjà possible de mettre à l’arrêt la production énergétique de ces centrales de mort. La lutte contre le nucléaire n’est pas seulement une lutte contre le fait qu’il soit à l’origine de catastrophes et d’irradiations permanentes, de l’empoisonnement durable de l’environnement, mais aussi contre le fait que l’existence même du nucléaire hypothèque toute perspective de liberté et d’auto-organisation, parce que son entretien et sa gestion impliquent forcément une structure autoritaire et verticale, une structure militarisée.

Secundo. Que le système économique et étatique en vigueur est totalement dépendant d’un flux constant d’électricité, sous peine de paralysie. Usines, commissariats, ministères, transports, administrations : toutes les structures fondamentales de l’oppression étatique et de l’exploitation capitaliste ont en commun leur dépendance à l’énergie. Et quand les choses sont à l’arrêt, quelque chose d’autre peut enfin commencer à bouger.

Contre le nucléaire

desastrLes gestionnaires de l’existant jouent avec la peur des conséquences imprévisibles d’une catastrophe nucléaire depuis la construction des toutes premières centrales. Ceux qui habitent autour de ces centrales (et en Europe, c’est en réalité tout le monde) sont dépendants de ses constructeurs pour se protéger contre le déchaînement d’une telle catastrophe technologique. En effet, face à elle, face aux radiations, face aux « fuites », ce sont encore ces mêmes nucléocrates qui ont rendu la catastrophe possible qui déboulent pour « gérer » la situation : plans d’évacuations, soi-disant décontamination, traitement de la centrale à l’arrêt,… Ces spécialistes et leur structure de commandement fort hiérarchisée deviennent alors incontournables. De plus, toute centrale nucléaire produit également des tonnes de déchets radioactifs que ces spécialistes enfouissent tranquillement sous terre en espérant que tout ira bien. Leur radioactivité est désormais partout (à cause des déchets, des radiations, des « petites » sources comme les laboratoires, les hôpitaux, les usines, les bombes à uranium appauvri…), produisant leucémies et cancers, modifiant les structures génétiques des plantes et des êtres vivants, contaminant la planète de façon irréversible.

Se demander pourquoi le nucléaire existe, c’est comprendre les raisons pour s’y opposer fermement. Les centrales nucléaires produisent l’énergie nécessaire aux technologies du capitalisme. Les centrales produisent l’énergie qui détermine les stratégies géopolitiques (comme le font aussi le pétrole et le gaz), modelant ainsi la concurrence et la collaboration entre Etats. Elles produisent la dépendance des gens envers leurs oppresseurs. Elles produisent la soumission aux hiérarchies qui gèrent et maintiennent ce monde. Elles produisent la paix sociale.

Le nucléaire doit donc être arrêté, dans les centrales comme dans la recherche, dans ses applications militaires comme dans ses applications civiles, c’est un pas nécessaire sur le chemin vers la liberté.

Peur

Depuis le sabotage contre la centrale de Doel, les politiciens ont beaucoup évoqué la menace d’un black-out, d’une panne d’électricité généralisée. A entendre leurs paroles, on se croirait à l’aube d’une apocalypse cauchemardesque. Les appels à une « consommation responsable » fusent, mais aussi à préserver le calme et l’ordre. Afin de faire face à une potentielle pénurie, l’Etat a lancé un plan de délestage qui consiste à couper l’électricité aux gens plutôt qu’aux bureaux, usines, commissariats, ministères. L’économie et la sécurité avant tout, il n’y a pas de surprise là-dedans.

Si les politiciens parlent d’un black-out, ils cherchent sans doute à faire peur à la population afin d’obtenir sa soumission. Evoquer une pénurie électrique, c’est effectuer un travail de préparation mentale pour la construction de, par exemple, une nouvelle centrale nucléaire. Jamais n’est posée la question de pourquoi toute cette production d’énergie serait nécessaire. Pourtant, la voracité moderne du capital pourrait peut-être bien être mesurée à travers sa consommation énergétique. Pour ne donner qu’un simple exemple : amener les riches, les eurocrates et les managers en 1h20 avec un Thalys de Bruxelles jusqu’à Paris nécessite une énergie électrique équivalente à ce que cinq ménages bruxellois consomment en moyenne en une année !

Alors, vaincre la peur que le pouvoir cherche à distiller à propos d’un éventuel black-out ne signifie pas pour autant vouloir court-circuiter les hôpitaux et les maisons de repos comme voudrait nous le faire croire l’Etat. L’Etat désigne toute critique, toute action de sabotage contre la dépendance électrique, comme du « terrorisme », tandis que c’est lui qui sème la peur, qui brandit le spectre de la terreur que représentera une belle coupure dans la normalité, qui bombarde et pille des régions entières pour s’assurer l’accès au pétrole, au gaz, aux matières premières.

Il nous faut percer les mensonges de l’Etat. Il dit que nous sommes tous dans le même bateau et qu’il faut alors tous faire des efforts en prendre soin. Mais ce n’est pas comme cela. Nous nous trouvons sur son bateau contre notre gré, ou en tout cas, sans jamais l’avoir vraiment choisi. Enchaînés comme les esclaves des galères d’antan afin de faire fonctionner la machine. Aliénés de la vraie vie, car vu qu’on naît et qu’on meurt dans la coque du bateau, la coque du travail, de l’obéissance, de la consommation, nos yeux n’ont jamais pu scruter l’horizon ou le ciel. Alors, si le pouvoir dit qu’il est terroriste de vouloir faire couler le bateau, c’est parce qu’il veut justement conserver son pouvoir sur les esclaves enchaînés. Alors, c’est à toi de choisir entre rester enchaîné toute une vie ou te libérer en prenant aussi le risque de devoir nager par toi-même ; à toi de choisir entre la soumission et la révolte, entre l’obéissance et la dignité.

Sabotage et paralysie de l’économie

Qu’est-ce que le capitalisme ? La question est complexe et peut être abordée de mille façons différentes, dont nous distinguerons ici trois aspects fondamentaux.

D’abord, il y a le mode capitaliste de production, la production de marchandises. La production est réalisée à travers des structures (l’usine, l’atelier, les machines,…) et de la main d’œuvre (les ouvriers, employés, salariés,…). Le capitaliste génère du profit en investissant dans les structures et en exploitant la main d’œuvre (c’est-à-dire, en les payant moins que ce qu’ils produisent réellement en termes de valeur capitaliste). La chose importante ici, c’est que la production est donc dépendante de l’obéissance de la main d’œuvre, car si cette dernière ne veut pas travailler, la machine ne tourne pas ; et que cette production est aussi dépendante des structures, car une usine dynamitée ne peut rien produire non plus.

Ensuite, il y a le mode capitaliste d’échange, c’est-à-dire la consommation, le commerce, la circulation des marchandises. Pour cela, le capital doit générer des marchés pour écouler les produits, donc créer des besoins ; il doit faire circuler l’argent à travers les banques, les bourses, les investissements, car un euro investi ici ne génère pas le même rendement qu’un euro investi là-bas ; et surtout, ce qui nous intéresse ici plus particulièrement, il a besoin d’infrastructures pour réaliser cette circulation. Des chemins-de-fer et des ports pour acheminer les marchandises, des réseaux de communication pour organiser l’échange et la circulation, des réseaux électriques pour faire tourner tout cela. Le capitalisme est donc dépendant de flux constants, autant matériels (marchandises, main d’œuvre, matières premières, énergie) qu’immatériels (informations, données, résultats de recherche,…).

Enfin, il y a la reproduction du rapport social capitaliste, et c’est peut-être le cœur de toute la question. Les rapports sociaux déterminent la place et le comportement de chacun dans cette société : du riche comme du pauvre, du capitaliste comme du salarié, du policier comme du prisonnier. Mais ces rapports ne sont pas « idéologiques », ils se réalisent dans un espace concret. Le pauvre a sa place dans une cage à poules, le riche dans sa villa. La prison, avec ses cellules, ses murs et ses barbelés, enferme des individus et crée ainsi les rôles de prisonnier et de gardien. Cette reproduction du rapport social coïncide aujourd’hui presque entièrement avec la continuité de la normalité ; en d’autres mots, tant que le train-train quotidien continue chaque jour d’avancer à l’identique, le pouvoir n’a pas à craindre que nous remettions en en question les rôles qu’il nous impose. Et ce train-train quotidien peut être saboté. Il peut être court-circuité.

Si l’ensemble du contrôle, de l’exploitation, de l’oppression dépendent fortement de l’énergie, il est logique que toutes ces petites infrastructures réparties à travers le territoire sautent aux yeux des révoltés : boîtiers électriques, câbles souterrains, transformateurs, câbles de fibres optiques, relais de téléphones portables,… Ces structures sont si nombreuses et disséminées que le pouvoir ne pourra jamais toutes les protéger efficacement contre des gestes de révolte, contre des sabotages diffus et répétés.

Si la pratique du sabotage ne peut en soi pas transformer le rapport social capitaliste et autoritaire, il est par contre certain que tant que la machine continuera de tourner, on ne pourra espérer aucune remise en question de l’existant. L’omniprésence de la domination exige une première rupture dans le cours normal des choses, car c’est uniquement grâce à cette rupture-là qu’on peut espérer avoir un moment à nous, un moment pour réfléchir où nous en-sommes, et pour imaginer un autre monde. C’est étrange, mais quelque part, on a comme l’intuition qu’on y verra plus clair dans le noir…

NdCNE:

*Voir:

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Sabotages contre le nucléaire et son monde

sabotageSi la lutte contre le nucléaire et son monde n’a plus la même force que dans les années 60 et 70, on note pourtant dans plusieurs régions qu’il y a des luttes en cours contre des matérialisations du monde irradié. On pense notamment à la résistance aux transports de déchets nucléaires en Allemagne et en France, à la lutte contre la construction de nouvelles lignes à haute-tension en Normandie (France) et en Catalogne (Espagne). Si ces luttes vont souvent de pair avec des actions directes et des sabotages, le nucléaire n’est pas non plus toujours laissé en paix ailleurs. Nous en avons répertorié quelques exemples récents.

Catalogne (Espagne), juillet 2014. Dans une lettre, des opposants à la ligne à haute-tension MAT, qui reliera les centrales nucléaires françaises avec le marché énergétique d’Espagne et du Maghreb, rendent public de nombreuses actions diffuses et variées qui ont eu lieu pour saboter les travaux en cours. Destruction et sabotage de grues, de bulldozers, d’excavatrices et de véhicules tout-terrain des entreprises qui effectuent les travaux, blocage des routes menant aux chantiers, déboulonnage des pylônes en construction,…

Bessines-sur-Gartempe (France), avril 2014. Le musée de la Mine, propriété d’AREVA, multinationale française du secteur nucléaire, est touché par un incendie nocturne. Ce musée a précisément été installé là où l’AREVA a exploité pendant des décennies une mine d’uranium. L’action intervient aussi après une énième découverte d’irradiation dans la région. Déjà un an auparavant, le 12 juillet 2013, jour de l’ouverture au public du musée de la Mine, un train habituellement utilisé pour le transport de conteneurs d’uranium appauvri destinés à être stockés à Bessines avait déraillé à Fromental, une commune située à proximité. Une éclisse, pièce métallique reliant deux rails, avait été délibérément enlevée, et le sabotage revendiqué par des antinucléaires.

Contentin-Maine (France), décembre 2013. Des sabotages de pylônes en construction sont revendiqués : «  Electricité de France (EDF) érige une nouvelle ligne THT (Cotentin-Maine) en vue d’écouler l’énergie du futur réacteur « EPR » de Flammanville. Ceci marque la poursuite du programme nucléaire français. Nous nous y opposons, agissons et le sabotons en son point faible, son réseau de distribution. Il y a quelques jours, plusieurs pylônes de la ligne ont été déboulonnés. Tant que le nucléaire s’étendra, nous saboterons. »

Saint-Mihiel (France), octobre 2012. Trois portes d’un barrage de régulation de la Meuse ont été sabotées. 40.000 m3 d’eau se sont vidés, laissant deux bateaux de plaisance sur le flanc et faisant une vague de deux mètres de haut. Le ou les saboteurs ont dévissé les flexibles d’huile des énormes vérins hydrauliques qui commandent deux des trois portes du barrage. Après réparation, le niveau d’eau est revenu à la normale. La Meuse est particulièrement surveillée parce que ses eaux en aval servent notamment au refroidissement de la centrale nucléaire de Chooz, dans les Ardennes, qui doit être stoppée dès que le débit n’est plus assez important.

Publiés dans Hors-Service n°46 (septembre 2014)

Le numéro au format PDF

[Genève, Suisse] Dance Against Police – Samedi 4 octobre 2014

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Ils voulaient un défilé formidable

ils seront fort minables

Le 4 octobre, le canton de Genève prévoit un défilé historique pour « fêter » les 200 ans de la police genevoise. Quelques 500 participants dont 200 policiers suisses et français traverseront le centre-ville en costume d’époque. Ne les laissons pas parader sans marquer une opposition claire à cette propagande immonde.

Propagande

Comme c’est souvent le cas lors de ce genre d’événements, les autorités instrumentalisent l’histoire à des fins idéologiques pour justifier l’actuelle politique. Une politique du tout répressif, dont les conséquences sont dramatiques pour ceux qui les subissent. La prison de Champ-Dollon est remplie à presque 300% et compte déjà deux « suicides » de détenus cette année. Des cellules familiales pour sans-papiers vont y être aménagées. Les violences policières sont monnaie courante, causant parfois la mort comme en octobre dernier à Meyrin. On peut difficilement parler de bavures vu leur fréquence et l’absence de condamnation de la part du ministère public, des médias et de la classe politique.

République policière

En 2014, le budget annuel du département de la sécurité a augmenté d’un tiers alors que les investissements dans presque tous les autres domaines ont diminué. Le MCG, deuxième parti du canton, est un véritable parti de flics, 1/3 de ses élus sont ou étaient de la profession. Pas étonnant que des budgets énormes soient votés par le parlement. La gauche, quant à elle, ne trouve pas d’autre moyen de grappiller des voix que de calquer son discours sécuritaire sur celui de la droite.

Réaction

Nous savons que ce spectacle n’amuse pas tout le monde : ceux qui ont souffert de l’enfermement, celles qui ont pris des coups, ceux qui ont subi le racisme des policiers ou simplement celles à qui une démonstration de force de l’état répressif n’inspire rien de bon.

Pour ne pas assister passifs à ce défilé, nous appelons celles et ceux que ce spectacle dégoute à rejoindre une parade festive. Soyons plus nombreuses qu’eux et démontrons que même s’ils sont nombreux au parlement la rue ne leur appartient pas.

Parade Festive contre le défilé

du bicentenaire de la police 4.10.14 Genève

13h30 Plaine de plainpalais Genève

dman

L’appel en allemand, anglais, italien sur le site Dance Against Police

La routine du désastre

Le tract La Routine du désastre est sorti une semaine après l’annonce de « l’accident » de Fukushima, et a été distribué dans plusieurs villes en France et en Belgique.

Dans les quartiers populaires de Paris, il a été distribué à plusieurs milliers d’exemplaires lors de tables de presse où se trouvaient d’autres informations et textes sur le nucléaire.De nombreuses personnes se sont arrêtées pour en discuter. Avec ceux qui en venaient à remettre en question le nucléaire, c’était des pans entiers de la critique qu’on ouvrait ensemble: sur l’Etat, le capital, les spécialistes, la dépossession… La table était vidée à chaque fois. Tout au long du printemps, de nombreux tags sont aussi apparus sur les murs de la ville et dans le métro (« Irradiés de tous les pays, révoltons-nous », « le nucléaire nous prépare un avenir irradieux », « Va te faire irradier », « Si t’aimes tant le nucléaire, porte toi liquidateur volontaire », etc…). Le 6 avril à l’université Paris Dauphine, une conférence sur les conséquences de Fukushima donnée par un nabab de l’énergie est interrompue par une vingtaine d’individus, qui ont lancé des oeufs de peinture, insulté les participants, éclaté quelques boules puantes et laissé des tracts. Toujours à Paris, lors de deux très classiques manifestations appelées par le réseau Sortir du nucléaire, d’autres tracts ont à leur tour posé une critique radicale de la situation [cf La France n’est pas inquiète & Nucléaire et servitude]. Fait suffisamment rare pour être noté, un rassemblement hors de toute organisation et parti politique est organisé le 26 avril 2011, cette fois devant l’Autorité de sûreté nucléaire, même si on peut s’interroger sur le sens qu’il y a de se réunir devant cette institution (puisqu’il n’y a aucun dialogue à entretenir avec l’ASN qui légitimera toujours l’existence du nucléaire, un rassemblement est-il la meilleure façon de lui montrer notre opprobre?). De façon autonome également, de nombreuses discussions se sont déroulées autour du catastrophisme, des luttes antinucléaires passées, des simulations d’accidents de crise, des façons d’affronter aujourd’hui au nucléaire, etc…

Courant mai pourtant, on sentait bien que les oreilles commençaient à se refermer. Les tracts et les textes de la table à Belleville partaient moins vite, les gens n’avaient plus le même désir de parler de tous ces événements. Si la « catastrophe » est loin d’être finie, elle n’a peut-être ouvert ici qu’une brèche de très courte durée, laissant place à une sorte d’aveuglement volontaire encore plus difficile à questionner. Comme s’il s’agissait d’une épée de Damoclès avec laquelle on ne peut pas vivre, et qu’il faudrait vite recouvrir du poids de nos résignations quotidiennes.

LA ROUTINE DU DESASTRE

desastrLes nouvelles de la catastrophe de la centrale atomique de Fukushima au Japon tournent en boucle. Face à un désastre sans précédent, les médias commentent en direct les nouvelles du nucléaire qui a l’air de n’en faire qu’à sa tête. Les infos fusent, c’est un véritable bombardement, mais rien ne perce.

Non, aucun enseignement ne sera tiré. Une telle catastrophe ne pourrait pas arriver ici. Les journalistes, les experts et les politiciens discutent séisme et tsunami, s’accordant sur le caractère exceptionnel de la situation de cette île lointaine.

Ces raclures en profitent pour vendre la fameuse fiabilité des installations françaises qui seraient les plus sûres du monde. Sans jamais rappeler que n’importe quelle erreur humaine peut produire le même résultat partout. Sans jamais préciser que n’importe où en France, nous habitons toujours à moins de 100km d’une installation nucléaire.

Ils se garderont bien de préciser que derrière la catastrophe, c’est un quadrillage et une gestion militaires qui s’instaurent. En plus d’être contaminé, chacun sera en permanence contrôlé, testé, mesuré, surveillé, et déplacé dans des zones où toute liberté, initiative individuelle, et parcelle d’autonomie, auront disparu sous le règne kaki.

Leur propagande préfère faire croire que ces opérations désespérées d’acheminement d’eau, de sable, que leurs mesures martiales de confinement et leurs pauvres distributions de pastilles d’iode ont pour but notre santé. Pourtant si c’était vrai, un petit nombre de pays ne la mettraient pas en péril permanent en s’engageant dans la voie du nucléaire. Derrière cette monstruosité se cachent d’énormes intérêts économiques et stratégiques. Depuis le début, nucléaires civil et militaire sont complètement imbriqués, et l’histoire du développement de cette technologie est entièrement liée à un jeu mortifère entre puissants.

La routine du désastre est déjà présente, à travers la multiplication quotidienne de ce que ces autruches du nucléaire qualifient par euphémisme d’« incidents ». Ils nous promettent par exemple maintenant de vérifier l’état actuel des 58 réacteurs du territoire français, mais ne disent bien sûr rien des problèmes insolubles posés par les déchets radioactifs qui dorment sous nos pieds dans près de 1000 sites, ni des nombreux cancers et leucémies que subissent celles et ceux qui vivent aux abords des installations nucléaires. Sans compter toutes les barbouzeries au Niger et au Gabon, où Areva exploite la main d’œuvre locale en la condamnant à une mort lente en même temps que toutes celles et ceux qui habitent près des mines d’uranium.

Le pouvoir fait comme si tout cela était inéluctable, essayant tant bien que mal d’éviter le pire, mais surtout sans jamais interroger ce qui a été et qui reste encore un choix.

En vrai, on pourrait tout de suite se passer du nucléaire et du monde qui le produit. Les écologistes et autres ONG à la sauce verte ne parlent que d’une pseudo « sortie » du nucléaire d’ici 20 ou 30 ans, pour ne pas froisser leurs soutiens étatiques et leurs potentiels électeurs. En véritables sauveteurs du capitalisme, ils espérent occuper un rôle de contre-experts pour être associés à sa gestion actuelle.

Que d’images spectaculaires de la centrale en feu, que de mises en scène de «sauvetages » épiques, que d’angoissants nuages radioactifs doit-on gober sans réagir ! Que de débats stériles entre politiciens sur les différentes alternatives pour répondre aux appétits dévorants du développement industriel, que de prétendus discours raisonnables pour des mesurettes qui ne remettent rien en cause ! Autant de mascarades pour recouvrir d’un voile opaque l’aberration du nucléaire. Il est grand temps de briser la vitrine qu’il représente et de mettre fin à toute cette merde. Derrière l’horreur de cette catastrophe sans précédent dont on a pas fini de compter les morts, c’est l’acceptation à un niveau mondial du nucléaire qui se joue.

L’Etat tient le rôle du pompier pyromane. Il est celui qui a mis en place tout ce merdier et qui fait maintenant mine d’être le protecteur, le seul à pouvoir assurer la sécurité des populations.

Jamais le monde tel-qu’il-est-et-qu’il-ne-faut-surtout-pas-renverser n’avait trouvé de meilleur garant. Un possible figé qui, à part connaître l’empoisonnement et la militarisation de cette planète, verra à peu près toujours les mêmes en haut et les autres en bas, les mêmes qui « savent » et les autres qui suivent.

Ce qu’ils craignent réellement, ce n’est pas le désastre en cours et à venir, ce ne sont pas non plus les appels de leurs sbires citoyennistes à une « meilleure » gestion de l’existant, tous parlent encore la même langue du mal nécessaire.

Ce qu’ils ont par contre à redouter ce sont des luttes contre le nucléaire et le monde qui va avec.

Parce qu’ils nous voudraient tous cobayes résignés et désemparés. Parce que la liberté commence par le sabotage de ce monde qui nous détruit.

Ni cobayes ni moutons,

19 mars 2011

Tiré de Fukushima Paradise – Pour une critique radicale du nucléaire, éd. La Canaille & Mutines Séditions

[Bristol, Angleterre] Feu à l’armée !

Attaque de la base de cadets* de l’armée à Bristol (Royaume-Uni)

voiture_en_feuNous avons agi en amont du sommet de l’OTAN qui se réunira à Newport afin de poursuivre leur pouvoir belliqueux déguisé en bienveillant du maintien de la paix internationale. Pour être clair, cette «paix» qu’ils veulent garder est celle de l’ordre capitaliste: la «paix» de produire, de consommer et d’obéir.

La rhétorique de l’OTAN de démocratie et de droits humains cache sa force de colonisation offensive vu qu’il se déplace dans des zones stratégiques pour les ressources et le contrôle politique. Pendant ce temps, sur le « front intérieur », le rôle de supprimer « l’ennemi intérieur » est tout à fait clair. L’OTAN, conscient de l’insurrection qui a éclaté au cours du « printemps arabe » juste en dessous de la frontière méditerranéenne, a exposé le rapport des « opérations en zone urbaine en 2020″ prévoyant « des scénarios des armées engagées manuellement pour étouffer les révoltes des pauvres dans les banlieues des grandes villes occidentales« . Les pouvoirs en place peaufinent clairement ce type de guerre contre-insurrectionnelle autant que le conflit militaire entre les États dans le futur assombri de l’effondrement avancé de la société, de l’économie et des catastrophes écologiques.

Nous avons choisi la base des cadets de l’armée dans le nord-est de Bristol, brûlant une voiture et un minibus. A titre d’exemple de la façon dont la militarisation progresse dans le tissu de la vie quotidienne. Au cours des dernières années, la commissaire des écoles, Elizabeth Sidewell, a suggéré que chaque école devrait avoir une force commune de cadets* « afin d’augmenter quotidiennement le contact et l’influence des forces armées auprès des jeunes » dans le but d’assurer l’assistance continue de la population. La présence de l’armée, même dans les écoles, est présentée comme une composante naturelle de la « communauté » et que la concurrence, la discipline et l’obéissance de haut en bas sont des caractéristiques nécessaires.

Nous sommes solidaires avec ceux qui sont descendus dans les rues il y a 3 ans en août 2011, ainsi que ceux qui ont récemment été dans les rues de Ferguson, une autre zone actuellement sous traitement militaire. Après ces moments insurrectionnels, le gouvernement a vu l’une des fonctions de sa poussée pour plus de soldats et l’implication des militaires dans l’éducation en général comme gardant les jeunes hors de l’agitation et les empêchant d’être « anti-social ». L’École Phoenix à Oldham, des académies militaires et autres sont autant de manifestations de cette promotion de la discipline aveugle et du nationalisme.

Feu à l’armée !

Des anarchistes quelconques

Traduit de indymedia UK, 29/08/2014

Note:

* Dans de nombreux pays, un cadet est un élève officier, un militaire en formation

[Tucson, USA] Bureau de G4S attaqué – 1er août 2014

[Ce communiqué ouvre des perspectives clairement anti-capitalistes et de libération totale des êtres humains, libération qui ne reste heureusement pas cantonner à un contexte national (ce qui reviendrait à nier la lutte des classes) mais international. Tant que subsisteront les Etats et leurs appareils de contrôle, de surveillance et d’armement, il s’agira de s’atteler à les attaquer. Ceci est donc une contribution afin d’enrayer des rouages de la machine à expulser et à enfermer les sans-papiers, indésirables pourchassés par chaque Etat à travers le monde (notamment par les services de la société G4S, subventionnée pour gérer la sécurité des camps de rétention en Australie (voir ici et ), en Angleterre ou encore au sud des Etats-Unis dans la zone frontalière avec le Mexique, comme c’est indiqué dans ce texte.]

Au petit matin du 1er août, un groupe d’anarchistes anti-colonialistes [1] a fracassé toutes les fenêtres du bureau de G4S à Tucson. Cette action a été faite en solidarité avec ceux qui survivent et luttent en Palestine occupée et aussi comme une attaque contre la police des frontières sur la terre occupée de Tohono O’odham dans le sud de l’Arizona. C’est aussi un geste de solidarité envers ceux qui envisagent de bloquer les navires commerciaux israéliens d’accoster à Oakland le 2 août.

G4S assure la sécurité et l’infrastructure d’un certain nombre de prisons et de postes de contrôle dans les territoires occupés par Israël. Depuis la « Journée des prisonniers palestiniens » de 2012, G4S a été la cible d’une campagne internationale en raison de ces opérations. G4S est impliquée dans l‘incarcération, la rétention de migrants, et l’expulsion à l’échelle mondiale. Quand des personnes sont appréhendées pour des infractions liées à l’immigration, ce sont les bus exploités par G4S qui les transportent vers les centres de rétention, les palais de justice, et, finalement, à la frontière pour l’expulsion. Dans un passé récent, il y a eu plusieurs actions contre ces bus, y compris un blocage du dépôt de bus G4S. Une action récente contre les bus qui transportaient les gens pour « l’Opération Streamline » a effectivement bloqué la poursuite pénale de près de 70 détenus.

G4S est seulement une des nombreuses entités directement impliquées dans l’occupation et la militarisation de ce qu’on appelle la frontière américano-mexicaine et en Palestine. L’entreprise israélienne ‘Elbit System’ [2] s’est récemment vu attribué un contrat DHS pour l’infrastructure de surveillance dans le sud de l’Arizona, basée en grande partie sur le travail de l’entreprise sur le mur d’apartheid israélien. Les luttes contre les frontières ici et le combat pour une Palestine libre sont étroitement liées dans leur résistance commune au colonialisme.

Il est à espérer que cette action peut être une autre impulsion de la collaboration entre anti-colonialistes, anarchistes, et les mouvements no border. Il est aussi un appel à poursuivre la dynamique locale vers des actions plus perturbateurs et de confrontation contre les systèmes qui cherchent à nous contrôler. Nous allons expérimenter sans relâche des chemins afin de rendre ces systèmes totalement impraticables sur terre.

Il est possible d’attaquer !

Contre toutes les frontières et les prisons 

Vers l’abolition totale des patrouilles frontalières, de la police, et tous les porcs partout

Palestine libre ! [3]

- Des anarchistes anti-colonialistes en terre occupée de Tohono O’odham

 Note de traduction:

[1] Ca voudrait donc sous-entendre que, pour les auteurs de ce communiqué, il existe des « anarchistes pro-colonialistes »

[2] entreprise fournissant logistiques et infrastructures militaires à l’Etat israélien, fondée en 1967 et basée à Haïfa.

[2] Il est évident que la solidarité doit s’affirmer avec les opprimés en Palestine, contre la politique coloniale et meurtrière de l’Etat israélien. Cependant, l’oppression en Palestine n’émane pas uniquement d’Israël, comme en atteste les fascistes religieux du Hamas (qui reçoivent un soutien de la part de ces associations fourre-tout de la cause palestinienne, souhaitant instaurer un Etat et donc une autre oppression qui n’est plus à démontrer), niant les exactions liberticides de ces fous de dieu et de leur volonté de créer une autre forme de prison sociale.

Déclaration de désertion d’un jeune israélien parmi d’autres

Israël/Palestine : « j’appelle les soldats de base et les réservistes à refuser les ordres et à ne pas participer au massacre »

La déclaration de désertion d’un jeune israélien

desertionUdi Segal, jeune israélien de 19 ans, devait démarrer son service militaire le lundi 28 juillet 2014. Malgré la loi l’obligeant, comme la plupart des israéliens juifs de son âge, à rejoindre l’armée après le lycée, Udi a refusé. Il est ce que l’on appelle un refuznik (en hébreusarvan, de sirev : « il a refusé »), comme ces autres jeunes qui refusent de servir dans Tsahal. Certains de ces soldats refusent notamment de servir dans les territoires palestiniens occupés, d’autres refusent tout simplement d’être incorporés, comme c’est le cas d’Udi.

En 2005, on comptait plus d’un millier de refuzniks dans un pays de huit millions d’habitants, rongé par un état de guerre perpétuel et le patriotisme qui en découle automatiquement, et qui aimerait diviser la société israélienne en deux camps : les patriotes et les traitres nationaux, les « traitres nationaux » étant ultra-minoritaires et très mal perçus.

Il est difficile pour nous qui vivons au cœur de l’Europe pacifiée, de comprendre ce climat, qui en Israël comme en Palestine, exhorte chaque individu au nationalisme grégaire, jusqu’à réussir à l’inscrire dans l’ADN social. Il en va de notre responsabilité, en tant qu’anarchistes et anationalistes, de diffuser la parole et les actes de ceux qui refusent ces logiques de mort, d’un côté de la frontière comme de l’autre. Surtout lorsque les espaces de contestation sont généralement eux aussi contaminés par ce climat [1].

Nous vous proposons donc cette déclaration d’Udi, à qui nous souhaitons force, courage et détermination pour la suite, pour en finir avec le nationalisme et le patriotisme.

Je m’appelle Udi Segal, j’ai 19 ans, je viens du Kibbutz Tuval au nord d’Israel, il y a quelques mois j’ai signé la lettre des objecteurs de conscience 2014 qui fut envoyée au premier ministre, à ce jour, elle a été signée par 130 déserteurs. Dans la lettre nous déclarions notre refus de servir dans l’armée israélienne. La principale raison est l’occupation et l’oppression continue du peuple palestinien, qui s’exprime par des allocations sociales inégales, le mépris des droits, et le meurtre continu de plus de 600 personnes dans la dernière opération à Gaza [2]. De plus, le service militaire contribue au militarisme israélien. Moi par exemple, en tant qu’homme, juif et ashkénaze [3], et donc plus susceptible d’avoir un impact sur la société israélienne et de m’en sortir, car je viens d’un milieu social dominant plus enclin au militarisme israélien, un milieu auquel je m’oppose fortement.

Même si il n’y avait pas l’occupation, je refuserais de servir l’armée, car elle pérennise un système politique, nationaliste et capitaliste auquel je refuse de prendre part et qui ne profite qu’à quelques-uns. Je ne pense pas que l’opération militaire en cours à Gaza me protège. Les opérations militaires ne me protégeront pas, elles ne feront qu’engendrer de nouvelles opérations militaires comme ça a été le cas avec l’Opération Plomb durci [2008-2009] qui n’a fait que mener à l’Opération Pilier de défense [novembre 2012] et qui continue aujourd’hui avec l’opération Bordure Protectrice, qui elle-même mènera probablement à d’autres opérations militaires. Ce qui protégerait serait une paix juste reconnaissant l’injustice faite aux palestiniens. On ne pourra réaliser la paix tant qu’un peuple sera opprimé, occupé et entouré d’un mur. Cette population n’a pas abandonné son désir de liberté et ne se repose pas sur l’éventuelle compassion de ceux qui l’occupent, alors ne vous attendez pas à vivre en sécurité dans une telle situation. A ceux qui pensent quand même qu’ils me défendent, dans une telle situation, si le prix à payer pour la sécurité est de 600 morts à Gaza, je ne suis pas intéressé par ce genre de sécurité.

Mon refus de servir sera difficile pour ma famille. Mon frère est dans l’armée, et il pourrait être à Gaza lorsque je me retrouverai en prison, j’espère que cela ne créera pas de conflits insolubles… Et au delà de ça, à cause de moi, les gens regarderont avec méfiance mes parents et mes frères. Je pense que je contribue à la société israélienne, mais il me semble important de préciser que mon action ne s’inscrit pas dans une vision patriotique ou sioniste, mais dans une vision globale, une globalité qui inclut Israël. Je pense que l’occupation est un obstacle et qu’elle est dommageable pour les israéliens.

Beaucoup d’amis de mon âge se sont enrôlés dans l’armée. Je viens moi-même d’un milieu militariste, mon école a un des plus forts pourcentage de recrutement dans le pays [4]. Oui, il y a de nombreuses personnes qui ont arrêté de m’adresser la parole et qui m’ont mis à l’index suite à mon choix. Mais il s’agit peut-être d’un bon tri dans mes amitiés, puisque j’ai aussi des amis qui se sont enrôlés et qui sont restés à mes cotés. J’ai choisi d’aller en prison parce que malheureusement, les israéliens écoutent plus facilement ceux qui sont prêts à se sacrifier et à payer le prix. La prison va me retirer ma liberté, c’est quelque chose de difficile à appréhender car je n’ai connu jusque là que le dehors, dans une liberté toute relative. De plus, pour ceux qui refusent l’occupation, les conditions de détention peuvent être particulièrement dures, comme le montre l’exemple d’Uriel Ferera, emprisonné récemment. Il a refusé de porter l’uniforme et subit des humiliations en raison de son milieu traditionnel.

L’objectif qui sous-tend ma désertion est d’en finir avec l’occupation. Mais compte tenu de la réalité présente, ce qui importe maintenant est que les israéliens ouvrent leurs yeux, qu’ils réfléchissent au sens de l’occupation et à ce que cela signifie de servir dans l’armée, particulièrement les adolescents qui se rapprochent de la conscription.

En ce qui concerne l’opération en cours à Gaza, j’appelle les soldats de base et les réservistes à refuser les ordres et à ne pas participer au massacre.

Udi Segal.

Udi, a répondu « je refuse » à l’ordre de conscription le lundi 28 juillet à midi, accompagné d’environ 70 solidaires, juifs et arabes (dont d’autres refuzniks), tous pris à partie par une contre-manifestation de patriotes de merde rassemblés en urgence par le biais de la poubelle Facebook. Udi est actuellement retenu dans une prison militaire.

[Traduit et annoté par non-fides de l’hébreu, le 29 juillet 2014.]

P.-S.

On pourra voir dans la vidéo ci-dessous, une version tronquée de cette déclaration, avec de mauvais sous-titres anglais ici

Notes des traducteurs:

[1Voir par exemple l’organisation Anarchists against the wall, qui n’a d’anarchiste que le nom. Ce qui n’empêche pas, par réflexe identitaire et par reconnaissance de logos, de nombreux anarchistes de les considérer comme proches. Et ce malgré leurs discours étatistes et nationalistes et leur défense inconditionnelle du drapeaux et de la nation palestinienne.

[2Les chiffres macabres n’ont cessé d’augmenter depuis cette déclaration.

[3Les ashkénazes sont les juifs originaires d’Europe de l’Est, tandis que les séfarades sont ceux d’origine nord-africaine et orientale. Les séfarades ont généralement un niveau de vie plus faible que les ashkénazes en Israël. Ils ont également eu plus de difficultés pour accéder à une egalité dans la société israélienne et à s’intégrer au soit-disant « refuge » sioniste. On notera dans les années 70, la création des HaPanterim HaSh’horim (« panthères noires »), sur le modèle du groupe afro-américain des Black Panthers. Mouvement révolté et émeutier qui finira malheureusement par se faire acheter à coup de reformes et de subventions par les politiciens et la bourgeoisie ashkenaze israélienne.

[4Udi a passé ses premières années dans une école mixte juive/arabe ou on étudiait simultanément en hébreu et en arabe, avant de se retrouver dans cette école publique réputée. Il faut savoir que l’école publique en Israël a notamment pour fonction de préparer les jeunes au service militaire.

[Berlin, Allemagne] Feu à Sodexo – 31 juillet 2014

La société de services Sodexo est depuis près de 20 ans dans le collimateur des gens comme nous qui luttons contre le système raciste et néo-colonialiste. Cela a commencé avec le fait que Sodexo s’est proposée en 1997 pour prendre en charge la gestion de rationnement de repas et de produits pour les réfugiés, malgré l’augmentation en masse de critiques et après que le chiffre d’affaire colossal se précise. Depuis, Sodexo est perçue dans le monde comme une entreprise de gestion bon marché, ainsi par cela une motivation raciste de réduction du facteur de coût de la vie humaine, qui est devenue une grande société avec des filiales dans de nombreux pays.

En Grande-Bretagne, Sodexo exploite sous sa propre direction cinq prisons depuis la privatisation de la justice. Ici aussi: des gens qui n’ont aucun statut civil sont laissés à l’Etat juridictionnel du secteur privé. Pour cela, les entreprises reçoivent d’énormes sommes d’argent en guise de remerciement et disposent en vertu de la législation des pleins pouvoirs pour exploiter leurs ressources (se reporter à ce texte avec ces passages surlignés en rouge, qui explique ces principes à travers l’exemple berlinois).

116869Les salutations vont en ce moment aux mutins des prisons de Sodexo de mars dernier au Royaume-Uni, avec 50 encagés d’une aile pour longues peines qui ont pris le contrôle et à un groupe qui nous a apporté également le message d’une explosion au gaz et carburant devant le tribunal à Yate. Mais même ici, il y a eu récemment des actions contre Sodexo: le 29/10/2013, un inconnu a mis le feu à un véhicule sur un parking  (le lien est mort, NdT) et le 17/06 de cette année un van a été livré aux flammes à Prenzlauer Berg, à Berlin. Tandis que se tenait le camp No Border à Bruxelles, un bâtiment Sodexo s’est fait défoncer ses vitres et recouvrir avec de l’huile. 

A ceux qui veulent contrôler les flux migratoires à Berlin et ailleurs, nous croyons qu’il est nécessaire d’élargir de nouveau cette pratique et d’élaborer une stratégie sur la façon dont les dommages peuvent être causés à la machine, au-delà des aspects financiers et symboliques.

Puisque nous avons été rattrapé par l’histoire avec l’arrestation de Bernhard du K.O.M.I.T.E.E*, nous devons tous saisir l’opportunité pour y puiser force et savoirs. Nous apportons une contribution dans cette belle nuit [du 30 au 31 juillet, NdT]: nous dédions la combustion de véhicules Sodexo à Neuköln à Bernhard, Peter et Thomas qui avaient presque fait sauter la prison pour expulsions à Grünau en 1995**, mais qui, en raison d’une erreur, ont du se mettre en fuite vers l’inconnu. Jusqu’à présent, et dans le cas de Bernhard, malheureusement jusqu’à début juillet 2014.

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Nous sommes d’accord avec « les 3 compagnons » et citons la lettre publiée récemment

« Les morts quotidiens aujourd’hui aux frontières de l’Europe, l’appareil lourdement armé qu’est Frontex, les conditions inhumaines dans les camps allemands mais aussi la lutte des réfugiés contre ça, montrent comment, aussi courageusement que visionnaire, la tentative des compagnons était de mettre fin en un endroit à cette pratique du système ».

Surtout dans l’accalmie perçue après la lutte des réfugiés au squat de la rue Ohlauer, il est temps de retenir le passé: non seulement du K.O.M.I.T.E.E mais aussi des Cellules Révolutionnaires (RZ) qui ont donné des contributions à cette lutte par des réflexions approfondies. Laissons-nous le temps de réfléchir, d’imaginer de nouveau,  d’élaborer des stratégies pour combattre le racisme institutionnel et la logique d’exploitation de l’Etat. Augmentons la pression sur les gouvernants et faisons de la place pour un monde nouveau et libéré. Jusque là, ça peut signifier: ouvrir le feu sur Sodexo et tous les autres bénéficiaires de l’ordre universel inhumain. 

Quand les gens meurent, nous sommes obligés d’agir, ainsi nous luttons contre ceux qui accentuent le fait que profits et richesses sont plus importants que les vies humaines. Les voitures brûlées peuvent être une petite lumière dans le ciel de la résistance, plusieurs petites étoiles donnent ensemble une constellation, qui ensembles donnent une nuit éclairée.

Komitee Galaxias

Traduction de l’allemand de linksunten

Notes de traduction:

* Le K.O.M.I.T.E.E était une organisation autonome dans les années 90 qui a mené plusieurs attaques, notamment contre les intérêts économiques de l’Etat allemand dans le commerce d’armes avec l’Etat turc, alors en pleine période d’assauts militaires au Kurdistan. Le 27 octobre 1994, un bâtiment de l’armée (la Bundeswehr) est attaqué avec des engins incendiaires. Elle a annoncé sa dissolution le 18 septembre 1995 par communiqué à la presse suite à l’attaque avortée du lager de Grünau (cf ci-dessous).

** Dans la nuit du 10 au 11 avril 1995, le centre de rétention et d’expulsion de Berlin-Grünau est attaqué. Malheureusement, l’action échoue rapidement: les trois compagnons sont pris en flag’ par une patrouille de police, mais réussissent malgré tout à s’échapper tout en laissant pas mal d’indices sur place. Les 3 sont mis immédiatement sur les listes des personnes criminelles recherchées par l’Etat allemand. 

Début juillet 2014, un des trois, Bernhard, est arrêté à Merida au Venezuela par les forces spéciales locales: Bernhard était suivi depuis de nombreuses années par les enquêteurs du BKA (service de police allemand). L’Etat allemand souhaite l’extrader, mais pour l’instant rien n’a été communiqué par l’Etat vénézuelien.