Archives pour la catégorie Autonomie

[Berlin] La lutte des réfugiés de l’école Gerhart-Hauptmann reprend suite à une nouvelle menace d’expulsion

Mise-à-jour 30/10/2014:,  

L’expulsion prévue ce vendredi 31/10/2014 a été annulée, les autorités préférant pousser les réfugiés à accepter la solution de relogement qui leur ont proposé (et ce, juste après les avoir bernés une énième fois et annoncé leur expulsion dans la presse…). La mairie mise sur le fait de négocier la paix sociale. Car une expulsion signifierait beaucoup d’agitation dans la ville (et la mairie de Kreuzberg n’a pas oublié les attaques et sabotages qui avait riposté à l’occupation policière du quartier et à la tentative d’expulsion du squat durant l’été dernier. Il semblerait donc que les appels à la résistance et la volonté des 45 occupants restants de rester unis, solidaires et de résister physiquement en cas d’expulsion ait fait reculer les politiques locaux.

D’autres infos à suivre

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Ce jeudi 30 octobre 2014, un article d’Indymedia Linksunten évoque la volonté des autorités locales de Berlin d’expulser les migrants de l’école occupée Gerhart-Hauptmann située Ohlauer Strasse. Les flics ont annoncé ce même jour d’ériger une « zone à risque » autour de l’école à partir de 6h du matin. L’expulsion serait prévue pour le vendredi 31 octobre 2014.

La veille, de nombreuses forces policières ont pris d’assaut le quartier de Kreuzberg en vue de l’expulsion.

Sans surprise, le dialogue avec le pouvoir initié par une partie des occupants ayant échoué  – en l’occurrence un accord signé il y a plusieurs mois pour un relogement des demandeurs d’asile dans certaines conditions (rester ensemble par exemple) qui a été rompu récemment – a pu une nouvelle fois montrer à tous qu’il n’y rien à demander à l’Etat et ses représentants. En échange (donc en guise de foutage de gueule), la municipalité leur a proposé un bon d’hébergement d’un mois en auberge de jeunesse).

Des appels à actions décentralisées, à se tenir informer et se rendre sur place pour enrayer l’expulsion ont été lancés.

Sans attendre, on apprend que le bureau des verts du quartier de Treptow a été attaqué dans la nuit du 28 au 29 octobre 2014. Le communiqué explique ses bris de vitres par rapport aux décisions des gouvernants locaux (et en l’occurrence de la maire de Kreuzberg, Monika Hermann, du parti des verts) d’expulser les 45 réfugiés qui occupent l’école de la rue Ohlauer à l’Oranienplatz et ceux du Görlitzer Park. Quelques extraits:

« Ceci est un avertissement aux gouvernants et leurs partis de garder leurs mains loin de l’école.

Chaque expulsion a son coût ! Faisons-le grimper !

Allons devant l’école et montrons-nous solidaires ! […]

Pour une vie auto-déterminée !

Vous ne pouvez pas expulser un mouvement ! »

Dans la nuit de mercredi à jeudi 30 octobre, 160 réfugiés et solidaires ont manifesté, exprimant leur détermination à rester dans cette école, et donc à appeler à la résistance pendant l’expulsion. Un concert de soutien aux réfugiés a clôturé la soirée.

Voir toutes les infos sur la lutte des réfugiés de la rue Ohlauer et actions solidaires durant l’été 2014 à Berlin et partout à travers le pays.

[Gaillac/Albi/Nantes] Pas de bougies et de marches blanches, VENGEANCE !

Un camarade tué au Testet

Pendant la nuit de samedi à dimanche un manifestant, Rémi, a été tué au cours des affrontements qui se sont déroulés lors du rassemblement contre le barrage de sivens au Testet. Environ 7000 personnes ont convergé sur la zad du Testet après des mois d’attaques policières, de destruction de la zone humide et des habitats de ceux qui la défendaient. En fin d’après midi puis plus tard dans la nuit, des dizaines de personnes s’en sont pris aux forces de l’ordre qui protégeaient le chantier. Elles souhaitaient ainsi marquer leur colère et retarder la reprise des travaux, initialement prévue pour lundi. Elles ont été repoussées à coups de flashballs, de grenades assourdissantes, de désencerclement et de gaz lacrymogènes. D’après les témoignages des camarades du Testet, la personne décédée se serait écroulée suite à des tirs de grenade puis aurait été emmenée par les forces de l’ordre. La Préfecture affirme ne rien vouloir déclarer à ce sujet avant le résultat public de l’autopsie lundi. Le gouvernement a déjà commencé à stigmatiser les manifestants, et tente de diviser pour noyer le poisson. Mais ils savent bien que, quoi qu’ils fassent, cette mort aura des conséquences explosives.

Ce décès révoltant n’est malheureusement pas surprenant dans ce contexte. A Notre dame des landes, au Testet et partout où nous nous opposons à leurs desseins, nous avons dû faire face au déploiement crû de la violence d’Etat. Si nous avons bien compris de notre coté que nous ne pouvions nous contenter de les regarder docilement détruire nos vies, eux ont démontré qu’ils ne nous feraient aucun cadeau. Pendant les mois d’expulsion de la zad de Notre Dame des Landes, de nombreux camarades ont été blessés gravement par des tirs de flasballs et grenades. Sur la seule manifestation du 22 février 2014 à Nantes, 3 personnes, visées à la tête par des flashballs ont perdu un œil. Depuis des semaines au Testet plusieurs personnes ont été blessées elles aussi et d’autres accidents tragiques ont été évités de justesse lorsque des opposants se sont faits délogés, notamment des cabanes qu’ils avaient construites dans les arbres. Pourtant c’est bien, entre autre, parce que des milliers de personnes se sont opposées physiquement aux travaux, aux expulsions, à l’occupation policière de leurs lieux de vie que le projet d’aéroport de Notre dame des landes est aujourd’hui moribond, et que le barrage du Testet et ceux qui devaient lui succéder sont largement remis en question. C’est cet engagement en acte qui a donné une puissance contagieuse à ces luttes et qui menace partout aujourd’hui l’aménagement marchand du territoire.

Plus quotidiennement la répression s’exerce face à ceux qui luttent dans les prisons, dans les quartiers et dans les centres de rétention et entraîne là aussi son lot de morts trop souvent oubliées, plusieurs dizaines chaque année. Face aux soulèvements et insoumissions, la démocratie libérale montre qu’elle ne tient pas seulement par la domestication minutieuse des individus et des espaces de vie, ou par les dominations économiques et sociales, mais aussi par un usage déterminé de la terreur.

Nous appelons à occuper les rues et lieux de pouvoir partout dès demain, pour marquer notre tristesse, saluer la mémoire du camarade tué ce samedi et pour exprimer notre colère face à la violence d’Etat. Nous ne les laisserons pas nous tuer avec leurs armes dites « non létales ». Réagissons avec force pour qu’il y ait un avant et un après cette mort. Affirmons plus fort que jamais notre solidarité avec tous ceux qui luttent au Testet et ailleurs contre leurs projets guidés par les logiques de contrôle et de profit,barrage de sivens mais aussi avec tous ceux qui tombent plus silencieusement sous les coups de la répression partout ailleurs. Nous ne nous laisserons ni diviser ni paralyser par la peur. Nous continuerons à vivre et lutter sur les espaces qu’ils rêvent d’anéantir, et à leur faire obstacle.

Nous ne laisserons pas le silence retomber, nous n’oublierons pas !

Des occupant-e-s de la zad de Notre dame des Landes

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Le dimanche 26 octobre en fin d’après-midi, plus de 1000 personnes se sont rassemblées à Gaillac pour exprimer la rage contre la mort de Rémi.

Se tenant dans une atmosphère suintant la paix sociale (une marche blanche était prévue, sic), une partie du cortège, cagoulés, s’est mis à lancer pierres et fumigènes sur les flics tout en s’attaquant aux banques: quelques militants anti-barrage pacifistes sont rapidement interposés pour préserver ces institutions de misère et de mort. Un monument aux morts a été tagué et des drapeaux tricolores brûlés.

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B0-irOECIAAdQqC.jpg smallLe lendemain dans la soirée, de nombreux rassemblements se sont tenus en France, notamment à Rennes, Albi., où quelques destructions de banques et affrontements avec la police ont été rapportés par la presse. A Nantes, près de 1500 personnes ont manifesté. Des tags ont été inscrits sur les murs du centre-ville. Au bout d’une heure, la rage a définitivement pris le pas sur la tristesse:  dans le quartier Bouffay, rue Crébillon et sur le cours des 50 Otages, des abris-bus et panneaux publicitaires ont été détruits, des caméras de surveillance mises hors d’usage ; plus d’une vingtaine de vitrines de magasins et de banques ont été défoncées par des petits groupes masqués « très mobiles« , accompagnés de feux de poubelles un peu partout dans le centre. Huit personnes ont été interpellées pour « vols et violences à agents ».

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[Mexico] Attaque solidaire avec Mario, Carlos, Fernando and Abraham – 12 octobre 2014

Un geste de solidarité

Dans la nuit du 12 octobre, nous avons saboté deux établissements bancaires avec des pierres, des frondes et des cocktails molotov dans le secteur d’Iztapalapa à Mexico.

La solidarité révolutionnaire, c’est aussi la manière dont nous montrons notre soutien aux compagnons emprisonnés en grève de la faim depuis le 1er octobre [jusqu’au 17, NdT] en attaquant les responsables de cette vie quotidienne misérable. C’est notre réponse au harcèlement envers les compagnons par des gardes, les médecins et le personnel des établissements pénitentiaires. Voilà pourquoi c’est une cible facilement identifiable et en rapport avec la domination.

La perspective anarchiste insurrectionnelle va au-delà du fétichisme du feu et des armes. Notre approche de l’anarchie est une lutte qui n’a aucun intérêt à être un spectacle télévisé, ni d’un besoin « d‘auto-promotion » en raison du manque de promotion de l’Etat. Donc c’est une communication simple et directe qui correspond à l’exigence du moment par rapport aux compagnons en grève; un moyen simple et facilement reproductible.

Le point de vue anarchiste insurrectionnelle est une méthode souvent adapté à la généralisation des conflits individuels et sociaux qui subvertissent la normalité. Ouvrons les possibilités d’une vraie révolution pour l’insurrection comme de nombreuses autres formes (dans leur intégralité). Une méthode anarchiste pour un changement radical et profond.

Sans médiation ni dialogue avec l’Etat et le Capital !

Par la lutte contre le pouvoir quel qu’il soit, y compris le soi-disant pouvoir populaire qui nous est vendu comme de l’autonomie !

Traduit de l’espagnol de contrainfo, 18 octobre 2014

[Balkans] Derrière les murs du nationalisme et de la guerre

Communiqué des participant-e-s des 8èmes Rencontres Anarchistes des Balkans (Balkan Anarchist Bookfair, Mostar, 5-6 septembre 2014).

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Il est clair que le nationalisme est un outil utilisé contre les classes exploitées. Dans les Balkans, et particulièrement en ex-Yougoslavie, la montée de l’idéologie nationaliste dans les années 1990 a rendu possible l’attaque brutale du capitalisme contre la Société. Elle a, en outre, divisé la population et détruit les réseaux de coopération et de solidarité existants.

La nécessité de se confronter à l’idéologie nationaliste dans une perspective radicale et anti-autoritaire nous a rassemblés à Mostar (Bosnie-Herzégovine) les 5 et 6 septembre 2014 lors des 8èmes Rencontres Anarchistes des Balkans. Nous sommes venu-e-s de Bosnie-Herzégovine, de Croatie, de Serbie, de Slovénie, d’Albanie, de Roumanie, de Grèce et d’autres pays, hors de la région des Balkans.

La vraie nature du nationalisme est, plus que nulle part ailleurs, évidente à Mostar, ville divisée où les brutalités de la guerre sont toujours visibles dans les rues.

Il est essentiel de prendre conscience que cette division de la ville n’est pas la cause mais la conséquence de guerres et d’idéologies nationalistes créées par la classe dominante.

Cela était clair pour les manifestant-e-s de Tuzla qui ont tagué « Mort au nationalisme », ainsi que pour celles et ceux de Mostar qui ont brûlé les sièges des deux partis nationalistes en février 2014.

Cependant, dans d’autres parties du monde, de nouveaux nationalismes et de nouveaux conflits sont créés sur des lignes similaires et avec des conséquences prévisibles.

De nos jours, beaucoup en Ukraine pensent qu’ils se doivent de répondre à un faux choix imposé par les États et les entreprises (et parmi eux, il y a même certains anarchistes et « anarchistes »[1]). Cependant, nous maintenons que le nationalisme est toujours une idéologie qui reproduit le système de l’État, un système de répression et d’exploitation opposant les exploité-e-s et les oppressé-e-s les un-e-s contre les autres. Aujourd’hui, nous voyons en Ukraine les mêmes mécanismes que ceux utilisés pendant les guerres en ex-Yougoslavie : le nationalisme est l’outil utilisé par celles/ceux au pouvoir afin de pousser le peuple à la guerre pour l’intérêt du capital. En tant qu’anarchistes, nous nous sommes opposé-e-s à tous les efforts de guerre en ex-Yougoslavie dans une solidarité qui continue encore de nos jours. Loin du pacifisme libéral et des obsessions gauches-nationalistes de guérillas armées, notre lutte ne se rangera jamais du côté des politiques militaristes et de la destruction, sur lesquels reposent tous les états.

Contre le nationalisme, le militarisme et la guerre !
Contre tous les gouvernements et tous les États !
Pour la solidarité et l’autonomie !

[1] Du groupe anti-colonial nationaliste d’influence anarchiste Mlada Bosna/« Jeune Bosnie » de Sarajevo (1914), aux groupes soi-disant « anarcho »-nationalistes tels que « Slobodari » de Sarajevo (2014), toutes ces tentatives de combinaison de l’anarchisme avec le nationalisme ont montré un seul et simple résultat : le nationalisme. « Slobodari » est un petit groupe de Sarajevo qui se revendique de l’anarchisme mais entretient des contacts avec des groupes nazis ukrainiens (comme par exemple le groupe de nationalistes autonomes Avtonomnyj Opi). Ce groupe a créé une grande confusion via ses nombreux sites internet, dont le site « Balkan anarchist black cross ».

Publié sur Contrainfo, 14 octobre 2014

Le texte publié ci-dessous a été publié en anglais sur sabotage media et partiellement traduit ici-même :

Note sur les soi-disant «libertaires» et «anti-autoritaires» de Bosnie

Récemment, un groupe d’autoproclamés « anarchistes » (« libertaires », « anti-autoritaires »), de Bosnie-Herzégovine qui travaille sous le nom de « Slobodari » (« libertaires », hXXp://slobodari.wordpress.com), en raison des événements en Bosnie, attire l’attention de vastes cercles anarchistes (internationaux).

Cependant, ce groupe a fait des liens d’amitié, en défendant publiquement (aussi en tant qu’«anarchistes»), et publiant des infos du groupe nationaliste « autonome » d’Ukraine appelé « Avtonomni OPIR » (« résistance autonome« ), de même que leurs alliés, « Narodni Nabat » et quelques autres personnes/groupes en provenance d’Ukraine/ex-Union soviétique qui provenaient du milieu anarchiste (ou gauche-communiste), mais qui soutiennent ou coopèrent directement ou indirectement avec ces nationalistes « autonomes » et  répandent leur haine et menaces envers les anarchistes qui ont critiqué les éléments nationalistes et fascistes dans les événements en Ukraine! Ils ont tous approché les nationalistes «autonomes» en raison de leur « prétendu changement » et de « l’urgence révolutionnaire ». Et en effet, ils peuvent avoir changés - mais par une mutation vicieuse plus dangereuse qui a déjà réussi à propager son poison chez certains de ceux qui s’étiquettent comme « anarchistes ».

Même avant les événements en Ukraine, par des traductions (Google) bâclées et imprécises de contre-information provenant de différentes sources anarchistes fiables (qui a fait l’essentiel de leur contenu du site), ce groupe (« Slobodari ») a, de temps en temps, répandu des nouvelles et textes proches des sites d’extrême-droite ou du contenu provenant d’autres sites « généralistes », mais qui portaient une « critique » ou une « analyse » de positions libérales et patriotiques. Ils ont également adopté « la rhétorique et l’imagerie militante« , ont essayé d’imiter une critique du « gauchisme » et du « citoyennisme » dans les milieux anarchistes, mais ont continué dans la pratique à publier différents contenus ou nouvelles autoritaires  de leurs amis nationalistes d’Ukraine ainsi que des nouvelles sur les actions anarchistes et prisonniers anarchistes.

Ils ont également tenté de construire leur propre image en se connectant à différents projets et groupes anarchistes de contre-information. Le même groupe de personnes ou d’individus parmi/proches d’eux ont fait fonctionner quelques autres projets de site web avec un contenu plus ou moins similaire. A savoir:

  • « Anarchist Black Cross des Balkans » (hXXp://abcbalkan.wordpress.com),
  • « libertaires » (hXXp://slobodarieng.wordpress.com)
  • Anarho-Čaršija,(hXXp://anarhocarsija.noblogs.org)
  • CC Brigada (hXXp://ccbrigada.tumblr.com)
  • Lutte russe (hXXp://ruskaborba.noblogs.org)
  • Antifa Sarajevo (hXXp://antifasarajevo.wordpress.com),
  • la page FB de Slobodari (hXXps://www.facebook.com/SlobodarKe)

et peut-être quelques autres.

Nous recommandons vivement à tous les projets, individus et groupes anarchistes de contre-information de faire attention à ce groupe, se démarquer et si possible de demander la suppression de toutes les références (liens, etc, c’est à dire hXXp://slobodari.wordpress.com/pratimo/) vers leurs projets/groupes sur le site web « Slobodari ». Nous demandons également à tous les camarades anarchistes de les dénoncer publiquement, se démarquer et se battre contre des tendances similaires dans le milieu anarchiste s’il en existe dans leurs réalités locales. Nous vous demandons également de diffuser l‘information sur ce groupe et ses pratiques aux groupes et projets avec lesquels vous êtes en contact.

Mort au patriotisme et au nationalisme
Mort à l’État et au capitalisme

Pour l’anarchie,

Quelques anarchistes près des Balkans

[Syrie] A propos de la résistance et de la révolte à Kobané

“Irak–Syrie–Kurdistan”

Un compte-rendu à la première personne reçu le 12 octobre 2014.

CİZRE’DE ÜÇ OKULA MOLOTOFLU SALDIRI

Une école de Kobané en feu

Je voulais partager un peu d’informations sur ce qu’il se passe et ce qu’il s’est passé par ici.

L’EI (État Islamique ou ISIS) attaque la ville de Kobane à Rojava (ce qui signifie Kurdistan de l’Ouest en Kurde). Mais je veux expliquer pourquoi existe cette organisation, l’État Islamique, comment elle a été fondée. Et peut-être que tout sera alors plus clair.

Nous pouvons dire que l’histoire d’ISIS commence avec Abu Musab Al-Zarqawi, qui a organisé les plus grandes résistances contre les USA et les troupes de la Coalition en Irak. Lui est de la ville de Zarqa, en Jordanie, d’où son nom de “Zarqawi”.

En Jordanie, il faisait partie d’une organisation Salafiste et djihadiste, et il a pour cela été emprisonné avec ses camarades. Pourquoi l’État jordanien ne veut-il pas d’une organisation de ce type ?

1 – Les organisations salafistes vont à l’encontre des Lois de l’Homme (Constitution), et pour elles, seule la Loi d’Allah (le Coran) doit être appliquée. Ils sont donc également contre la démocratie et les élections.

2 – Les organisations djihadistes contre le Bloc Occidental et Israël. Mais la Jordanie est le plus docile des collaborateurs du Bloc Occidental et d’Israël.

Après qu’il soit sorti de prison, il ne voulait pas y retourner en Jordanie, ce qui l’a poussé à se déplacer vers l’Afghanistan pour former des militants. Mais en 2001, les USA ont envahi l’Afghanistan, ce qui l’a forcé à fuir vers l’Irak avec ses camarades pour y organiser une organisation salafiste.

Petit à petit, ils ont établi des contacts. En 2003, les USA envahissent l’Irak et donnent le pouvoir aux Chiites, qui cessent immédiatement de résister. La résistance Sunnite commence alors.

Pourquoi s’est-il formé une grande haine entre Chiites et Sunnites ? Ce n’est pas une simple question de pratiques religieuses. Ces différences ont toujours existé, alors pourquoi maintenant ? Il nous faut étudier l’invasion et voir comment les USA ont modifié les équilibres. Ce sont eux qui ont le plus résisté (les salafistes venant des régions Sunnites), eux et les vieux Baas (Saddam, lui aussi Sunnite) soldats-militants.

Sur les dix dernières années (2004-2014), les villes et villages Sunnites ont été bombardés par la Coalition ; les salafistes Sunnites étaient dans les prisons des USA comme Abu Ghraib et Guantanamo… Donc pour comprendre ce pourquoi ISIS existe maintenant, il nous faut voir tous ces faits. Et pourquoi cela a-t-il tourné en « Guerres de Sectes Religieuses » entre Chiites et Sunnites depuis les dix dernières années.

Zarqawi était un type plein de colère et un militant. Il avait aussi cette haine des Sunnites. Il a organisé de nombreux attentats à la bombe dans des marchés de quartiers et mosquées Chiites. Ils ne reconnaissent pas les valeurs occidentales telles que « l’Humanisme » ou « Civil-e-s ». Pour les critiquer, n’utilisons pas ces valeurs là. Pourquoi tuent-ils et torturent-ils celles et ceux qui n’ont rien à voir avec la cruauté ? Pourquoi tuent-ils des innocent-e-s Ezidi, chrétiens, alawis seulement parce qu’ils SONT ? Voilà le problème. Tuer celui qui soutient la cruauté avec son argent, ses armes ou ses connaissances.

L’organisation de Zarqawi rejoint donc Al-Qaïda en 2004, sous le nom d’Al-Qaïda Irak. Mais Al-Qaïda n’approuve pas vraiment ces attaques contre les mosquées Chiites, parce qu’Al-Qaïda est une organisation « djihadiste globale », pas une organisation anti-chiite. Mais c’était une sorte d’alliance, qu’ils ont donc accepté.

Zarqawi a été tué en 2006 dans une attaque de drone. Après cet épisode, l’organisation est devenue « État Islamique d’Irak ». Ils ont aussi changé de style, pour être moins « djihad global » et plus « État Islamique Local ».

Jusqu’à la guerre civile Syrienne (2011), ils ont continué comme ça. Mais au début de l’année 2014, ils se sont déclarés État Islamique d’Irak et de Sham. Le centre d’Al-Qaïda s’est opposé à cela et ne les a pas reconnus, parce que l’organisation avait déjà un groupe en Syrie (Front Al-Nusra).

De plus, Al-Qaïda étaient réellement opposés à la naissance d’ISIS, parce qu’ISIS est une organisation plutôt folle, devrais-je dire. En Syrie, ils ont tué vraiment énormément de monde juste parce qu’ils étaient « Alawi » (la religion du régime d’Assad). Ou bien parce que des villages Sunnites (pas Chiites, ni chrétiens) ne leur obéissaient pas (en refusant de leur payer des taxes, par exemple), ISIS a déclaré que ces villages n’étaient plus musulmans ! Ils pouvaient donc les tuer, et les ont tués.

ISIS a conquis le territoire de Syrie essentiellement à partir des pouvoirs d’opposition, pas depuis le régime Syrien d’Assad. Il y a notamment eu d’énormes combats avec Al-Nusra (Al-Qaïda), mais ils ont maintenant l’air d’observer un genre de cessez-le-feu. Maintenant, ISIS attaque le « front Islamique » (les gens disent que ceux-ci sont soutenus par l’Arabie Saoudite) et Rojava (Kurdistan Occidental-PYD). Maintenant, je voudrais expliquer la situation au Kurdistan.

Il est peut-être aussi important d’expliquer pourquoi il existe cette colère contre les Alawis et le régime d’Assad en Syrie. Bashar el-Assad et sont père soutiennent Baas. « Laïcité », « Nationalisme Arabe », « proche des Soviets » ces temps-ci, « État social », etc. Et il y a eu une pression énorme sur les organisations Sunnites de Syrie durant les 40 dernières années. Avec par exemple le grand massacre de Hama en 1982 contre les frères musulmans de Syrie.

Un Syrien m’a raconté une histoire sur Hafez Assad (le père de Bashar). Il avait capturé un des chefs des frères musulmans et ne l’a pas tué. Il lui a injecté quelque chose dans son sang et il est devenu fou. Ces sortes de torture ont existé pendant ces 40 années. Je suis arrivé ici il y a 4 ans (pour des raisons touristiques, à dire vrai), et personne ne voulait parler de la famille Assad, tout le monde avait peur. Et regardez ce qu’il se passe maintenant.

Et nous en arrivons au jour d’aujourd’hui. La guerre syrienne est presque équilibrée aujourd’hui, et vous pouvez voir la carte.

L’État Islamique est surtout soutenu par des tribus Sunnites d’Irak parce qu’ils combattent ensemble contre les USA. Et ces tribus apprécient le fait d’avoir le pouvoir pour la première fois depuis les dix dernières années. Avant 2003, ils avaient le pouvoir sous le régime de Saddam. Mais si la Coalition et les USA en venaient à donner plus de pouvoir à ces tribus Sunnites, celles-ci pourraient cesser de soutenir l’EI, qui pourrait alors tomber. Mais ils sont de nos jours forts de 30.000 soldats, dont la plupart sont d’Irak et de Syrie. Ils ont aussi du pétrole, des réserves d’eau, etc. Ils sont réellement en train d’essayer d’organiser un État, avec une police, des lois, le contrôle de la population, des mairies…

Ok, voilà peut-être la partie la plus importante. Pourquoi l’EI attaque-t-il Rojava-Kobane ? A l’Ouest et au Kurdistan, les gens disent « parce que Rojava construit une société libre libertaire », une « démocratie directe-autonomie », etc. Et c’est vrai que cela se produit à Rojava, vous le savez probablement.

Certains pouvoirs (l’État Turc, par exemple) peuvent vraiment être gênés par ces changements, mais les motivations de l’État Islamique n’ont rien à voir. En fait, ils attaquent partout. Chiites, Alawis, Kurdes, Ezidi, chrétiens, Sunnites, Arabes, « Armée Syrienne Libre », « Front Islamique », « Al-Nusra », « Ahraus Sham » (une autre organisation salafiste), le « régime d’Assad », « armée irakienne », « État de Barzani » (Nord de l’Irak), etc. etc. Ils sont une sorte « d’État Islamique Nihiliste ».

Ils attaquent Kobane parce que, comme vous pouvez le voir sur la carte, il n’y a plus beaucoup d’autres endroits où attaquer, des « frontières naturelles ». Il y a une sorte d’équilibre. Ils veulent donc envahir partout où ils le peuvent.

Que veut le PKK ? Évidemment, celui-ci veut sauver Kobane et les villages alentours. Et pour ce faire, établir un couloir sécurisé (pour les armes, les militants, du matériel…) entre la Turquie et Kobane.

Ces deux dernières années (de fin 2012 jusqu’à maintenant), il y a un « processus de paix » entre le PKK et l’État Turc. Et aucun des deux côtés ne veut le briser. Mais Kobane était un genre de point chaud du PKK. Et Kobane était appelée Serhıldan (le mot kurde pour Intifada).

Cela a été une révolte incroyable ; même le PKK n’en espérait pas autant. Je vais maintenant écrire sur ce qu’il s’est passé ces deux ou trois derniers jours :

– 212 écoles ont été endommagées ou brûlées. Ce n’est pas une blague. Oui, des écoles. Les jeunes kurdes haissent les écoles. Si vous voulez voir les vidéos ou des images, cherchez ‘kobane okul yaktılar’ (ce qui veut dire écoles brûlées de Kobane). Un lien de contre-information: sosyalsavas.org (je sais que c’est en turc, c’est essentiellement pour les images. Cette information date d’il y a un mois : de nouveau, des jeunes ont brûlé 3 écoles à Cizre)

CİZRE’DE ÜÇ OKULA MOLOTOFLU SALDIRI CİZRE’DE ÜÇ OKULA MOLOTOFLU SALDIRI

– 190 banques ont été endommagées ou brûlées. Distributeurs compris.

– 340 voitures privées, 216 voitures officielles ont été brûlées. Pour vidéos et images, cherchez ‘kobane araçları yaktılar’ (ce qui veut dire ‘voiture brûlées de kobane’)

– de nombreux supermarchés ont été brûlés et aussi pillés (‘kobane süpermarket yakıldı’; lien masse-media : mynet.com/haber/yasam/istanbulda-yagma-1493469-1).

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– Au moins 80 bâtiments officiels comme les mairies, des bureaux de partis, des bâtiments administratifs ont été brûlés.

– 67 commissariats de police ont été attaqués.

Des militants du Hezbollah Kurde (à ne pas confondre avec le Hezbollah Libanais, ils sont différents) ont été tués par des jeunes du PKK. Certains d’entre eux ont été lapidés à mort et brûlés. Les Kurdes sont extrêmement en colère contre eux parce que dans les années 90, le Hezbollah Kurde a travaillé avec l’État et tué de nombreux militants du PKK. Maintenant, ce Hezbollah travaille dans le domaine légal et continue de faire de la propagande contre le PKK.

Et plus de vingt jeunes Kurdes ont été tués par la police et par les militaires. Dans de nombreuses villes, ce sont les militaires qui sont venus, pas la police. La police ne pouvait plus rien contrôler.

De plus, de nombreux drapeaux turcs et statues d’Atatürk (le fondateur de la République Turque) ont été brûlés par les jeunes kurdes. Les médias turcs utilisent donc ces événements contre eux. Après ces deux ou trois jours, même le PKK a fait une déclaration disant qu’ils ”n’étaient pas d’accord avec les actions telles que brûler les drapeaux, les statues, les écoles, les supermarchés, etc. ; ceux qui ont fait ça sont des provocateurs”. Oui, le PKK a dit quelque chose comme ça.

Ça a vraiment été une révolte énorme, en grande partie parce que la jeunesse frissonnait de rage. A cause de ce « processus de paix » et du massacre du peuple Ezidi (réalisé par l’État Islamique et tout à fait accepté), et finalement Kobane. De plus, les jeunes ont été vraiment très bien organisés. Ils n’avaient pas « les mains vides ».

Repris de contrainfo, 14 octobre 2014

[Athènes, Grèce] Actions solidaires avec le prisonnier Antonis Stamboulos

Dans la nuit de vendredi 10 octobre, nous avons mis le feu à un véhicule diplomatique avec la plaque d’immatriculation DC 65-17 à Halandri, et à une autre voiture appartenant à la société de sécuritéSpartakos’ à Nea Filadelfeia, dans un élan de solidarité avec l’anarchiste révolutionnaire Antonis Stamboulos et sa lutte plus que digne (en grève ou pas*).

Force au camarade Antonis et à tous les révolutionnaires emprisonnés.

PS. Camarades, l’ensemble d’Athènes devrait être en feu ces jours-ci, et il n’y a pas de place pour des excuses

Traduit via contrainfo

Note:

*Antonis a arrêté sa grève de la faim et de la soif le 11 octobre 2014. Il est toujours incarcéré à la prison de Larissa. De nombreuses actions de solidarité se sont tenues en Grèce: cf ici et

[Genève, Suisse] Feu et peinture contre la police (octobre 2014)

Dans la nuit de dimanche à lundi 13 octobre 2014, quatre fourgons banalisés de la police genevoise ont été incendiés dans la cour du centre de formation des forces de l’ordre, situé au 24 route de Veyrier, à Carouge (Genève). Aux alentours de 3h00, le feu a entièrement ravagé les véhicules servant aux transports des futurs assassins en uniforme. Paraîtrait même que, de mémoire de flics, jamais un tel acte visant à saboter leur matériel n’aurait été autant efficace. Pour l’heure, la volaille sous le choc a engagé ses services pour tenter de retrouver la cause de ce feu dévastateur.

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Reformulé de la presse genevoise, 13/10/2014

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Action décentralisée contre un poste de police

En marge des festivités de ce samedi, le poste de police municipale de la rue du Stand a été repassé à la peinture noire. Cette action anonyme fait visiblement suite à la manifestation “Dance Against Police” qui a eu lieu en ce samedi 4 octobre.

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Paru sur RAGE, 07/10/2014

[Bâle, Suisse] Action de solidarité avec les réfugiés en lutte à Berlin et partout – 7 octobre 2014

FurEinWeltOhneGrenzenUndKnasteTôt mardi matin (07.10), une voiture de la police fédérale allemande a été incendiée à la gare Badoise* à Bâle. La voiture a été entièrement endommagée. Action en solidarité avec les réfugiés en lutte à Berlin et partout !

Là-bas comme ici en Suisse, des personnes sont relégués à des problèmes pour lesquels il est de rechercher une solution. Les solutions des flics et des autorités, ainsi que des flics comme de leurs valets, signifie toujours l’enfermement dans des camps, la répression et souvent l’expulsion vers leur pays d’origine ou des pays soi-disant sûrs.

Les luttes des migrants, qui s’opposent de manière auto-organisée contre cette oppression systématique, nous encouragent et nous montrent en même temps la nécessité de saboter ce mécanisme de répression avec nos propres contributions.

Cette action est aussi une réponse à la prochaine opération de police européenne « Mos maiorum » (du 13 au 26.10), qui va tenter avec 18.000 policiers en coopération avec Frontex, de contrôler et darrêter beaucoup de personnes sans carte de séjour.

Solidarité active avec tous les migrants en lutte à Berlin et partout !

Traduit de l’allemand de ch.indymedia.org/de, 08.10.2014 00h30

Note de traduction:

* en allemand « Badischer Bahnhof »; située au nord-est de Bâle en direction de l’Allemagne, exploitée par la Deutsch Bahn.

[Santiago, Chili] Réflexions et critique pratique à propos de l’attentat dans le métro le 8 septembre 2014

Chili : Réflexions sur l’attaque à la bombe dans le métro du 8 septembre 2014 à Santiago

Nous sommes l’attaque, nous sommes le feu contre l’État

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Ndt. L’attaque a été revendiquée le 18 septembre par la Conspiration des Cellules de Feu, trois compagnons ont eu droit à des arrestations médiatiques avec charges accablantes :
- Natalie Casanova Muñoz (26 ans)
- Juan Flores Riquelme (22 ans)
- Guillermo Durán Méndez (25 ans)
Tous trois ont nié leur implication et gardé une position digne.

Nous venons de partout…
Nous venons de l’attaque de commissariats, de casernes de police et de prisons, de centres de divertissement des puissants, d’églises et institutions de l’État-capital. Nous avons fabriqué des engins explosifs, nous connaissons leur usages et leurs conséquences au moment d’agir, nous venons des logiques et pratiques de la conspiration depuis des années.
Nous nous organisons informellement, sans dirigeants et en revendiquant l’autonomie, en forgeant des réseaux clandestins qui ne pourront être détectés par la répression. Nous continuons, parce que nous n’avons jamais arrêté…

Par rapport à l’engin qui a explosé récemment au Subcentro et qui a causé des blessures à plusieurs passant-e-s, sans être juges, nous élevons et défendons notre position.

Lors des actions que nous avons perpétrées, dans les complicités que nous avons matérialisées, lors des attaques que d’autres compagnon-ne-s que nous ne connaissons pas personnellement mais avec qui nous partageons anonymement le chemin de l’action directe ont menées, l’ennemi a toujours été clairement identifié.

L’ennemi est celui qui détient le pouvoir ou s’arme pour le défendre, devenant une cible et un objectif des attaques, mais pas celui qui cautionne ou cède passivement face à la domination.

Nous ne faisons pas partie des citoyen-ne-s puisque ceux-ci se laissent soumettre et perpétuent l’ordre, mais cela ne veut pas dire que nous mettons sur un pied d’égalité le rôle des citoyen-ne-s et celui des puissants, celui de l’esclave et celui du maître. Les citoyen-ne-s en général ne sont pas, de même que n’importe quel passant, l’objectif de nos actions.

Nous comprenons l’attaque et l’autodéfense comme un acte qui affronte et cherche à frapper toute la machinerie qui tente de de nous soumettre, ainsi qu’un acte qui nous protège et nous préserve face à l’avancée des forces répressives, indépendamment de l’uniforme qu’elles visent.

Quiconque décide d’assumer la violence pour défendre le territoire des puissants se situe sur le champ de bataille et doit en assumer le coût, mais cela, comme le font bien remarquer d’autres compagnon-ne-s par ici, n’est pas un combat ni un coup donné de manière aveugle sans rester clair sur qui l’on frappe.

On ne peut pas laisser au hasard la possibilité que ce soit un puissant ou un civil quelconque qui passe, les coups de l’action de transgression sont précis et savent viser l’objectif tant dans l’infrastructure du pouvoir et de la répression que dans les sujets qui le détiennent.

C’est l’État et ses politiques de Terreur qui considèrent les vies comme de simples numéros dans les statistiques de leurs parts de pouvoir, c’est pour cela qu’il avance en dévorant et en écrasant de manière impassible, nous nous éloignons de lui par nos projections et nos idées mais surtout par nos pratiques, qui nous différencient indéniablement. Face à cela il ne doit y avoir aucune place pour le doute.

Nous aspirons et agissons pour la destruction et le combat contre l’ennemi, nous nous armons de moyens pour y parvenir, nous utilisons et revendiquons l’utilisation de la violence pour faire face à l’autorité, mais nos coups ne cherchent pas à nuire à n’importe qui passant dans la rue. Cela supposerait que toute personne, par le fait de passer là, serait complice et collaboratrice du pouvoir, absolument sans aucun fondement permettant de soutenir cela. Ce ne sont pas nos façons de faire, ni le bout ni l’horizon du chemin d’action directe que nous suivons depuis des années.

De la même manière que nous ne laissons pas notre sécurité au hasard –en apprenant les techniques d’avancée de l’ennemi– nous ne laissons pas non plus au hasard la sécurité de ceux qui peuvent traîner dans les environs des cibles de nos attaques. Ainsi, nous ne faisons pas confiance et ne déléguons pas au bon travail de l’ennemi de s’occuper des civils, tant dans l’évacuation que dans le bouclage de la zone. Nous ne sommes pas indifférents à la douleur ou au mal reçu par de simples passant-e-s.

Ce ne sont pas les citoyen-ne-s qui doivent craindre nos actions, ils devraient avoir peur de la misère de vie que l’État impose à travers chacun des engrenages qui forment sa machinerie de destruction, de la gâchette facile de la police, des asphyxies économiques qui mènent au suicide ou de la progression du contrôle social. Ici ceux qui doivent craindre nos actes, dans chaque aspect de leur vie et de leur sécurité, ce sont les représentants de la domination… Nous nous rapprochons.

Nous n’écrivons pas pour nous dissocier de l’utilisation de la violence, mais pour revendiquer l’utilisation que nous en faisons, mettant au clair nos idées de la lutte insurrectionnelle qui n’envisagent pas l’attaque de civils.

L’appel est à l’action, dans la complicité des affinités, faisant proliférer les groupes d’attaque, agissant pour la libération, mais en restant clairs sur nos objectifs à diffuser et l’ennemi à attaquer. Nos pratiques font partie du message. Nos coups doivent être adroits, sans peur, mais sans imprécisions.

Le terroriste c’est l’Etat.

Nous saluons les dernières attaques d’église et de casernes de police.

Contre toute forme de pouvoir, pour l’Anarchie et la Libération Totale… Continuons à grandir…

Noyaux d’Attaque pour la Libération

Traduit de l’espagnol par non fides de Contrainformate. 22 septembre 2014

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Pour une critique pratique

Au sujet de l’action réalisée devant l’université Uahc à Santiago le 23 septembre.

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Dans un climat d’hostilité croissante, de persécution et de terreur médiatique, nous continuons de revendiquer la violence contre l’État et le capital !

Suite à l’explosion d’une bombe dans un couloir du centre commercial de la station du métro Escuela Militar les rêves de la presse et de l’État se sont concrétisés. Dorénavant ils vont pouvoir ouvertement dire que les attaques explosives ont aussi comme cible des gens lambdas et dans cette logique aiguiser encore leur pratique de répression contre les groupes et individus insurgés. La situation a été propice pour que les vautours dressent depuis leurs médias un climat d’insécurité et de terreur médiatique, la presse n’a pas traîné pour pointer du doigts la violence des groupes subversifs. Au sein des milieux anarchistes et anticapitalistes en général beaucoup de choses se sont dites au sujet des caractéristiques de l’explosion qui ne correspondaient pas à ce que font ceux qui attaquent les structures du pouvoir et que l’attaque pouvait être associée à certains secteurs de la police, des groupes d’extrême droite ou de certains soi-disant révolutionnaires qui n’auraient pas des objectifs très clairs. Aujourd’hui il y a trois personnes accusées d’être responsables qui sont détenues et un communiqué qui circule sur internet dont nous ne connaissons pas l’origine et qui revendique l’attaque.

Nous n’allons pas parler des accusés dans ce texte parce que tout d’abord nous ne voulons pas jouer aux juges, et ensuite parce que nous connaissons que trop bien les ruses de l’État et de la presse bourgeoise lorsqu’il s’agit de faire preuve d’efficacité et de contrôle dans la persécution d’un ennemi interne tout en profitant de ces situations pour justifier leur répression.

Sur les responsables et la motivation de l’attaque ça n’est toujours pas très clair pour nous, mais face au climat d’insécurité et de terreur que le pouvoir et ses médias veulent mettre en place notre réponse reste la même : nous continuons de nous diriger violemment contre le pouvoir pour l’intensification du conflit en sachant clairement qui est l’ennemi. Oui, en sachant clairement qui est l’ennemi, parce que nos ennemis sont ceux qui sont au pouvoir et leurs sbires armés prêts à assurer l’ordre, et nos attaque se dirigent contre eux. C’est pour ça que nous ne pouvons pas nous associer avec des attaques aveugles et irresponsables qui blessent des gens lambdas. Si nous comprenons bien le rôle que joue la passivité des citoyens dans la soumission et le maintient du pouvoir, nous ne pouvons mettre sur le même plan la responsabilité de l’esclave aliéné avec celle du puissant qui est le véritable responsable de l’exploitation et de l’aliénation qui en découle, sans laquelle cet ordre ne pourrait exister ni une minute de plus. Nous ne pouvons pas considérer valide une attaque contre l’autorité qui blesse des gens lambdas, et nous ne sommes pas indifférents à la souffrance, encore moins lorsqu’elle est utilisée pour favoriser le scénario d’une chasse aux sorcières de la part de l’État avec l’appui d’une partie croissante de citoyens qui croient maintenant être des cibles potentielles d’attaques.

chili2-2-a6595Mais face à ce climat d’insécurité médiatisée pour les citoyens et d’hostilité répressive pour nous, nous faisons le choix de ne pas baisser la tête et nous ne nous démarquons pas de l’usage de la violence contre l’État, le capital et ses sbires. C’est même qu’on a revendiqué cette violence, une fois de plus, en sortant dans la rue et en dressant des barricades, distribuant des tracts et lisant à voix haute un communiqué qui explique à ceux qui nous observent la raison de notre action, pour ensuite affronter les flics (qui sont arrivés en tirant des balles en plomb et de loin parce qu’ils avaient la trouille avec les molotovs qu’ils ont reçu). Que ça soit clair pour le pouvoir que malgré la situation défavorable qu’ils peuvent créer nous n’abandonnerons pas l’usage de la violence contre l’autorité, contre l’État, contre le capital, et c’est probable que le combat de rue contre ses sbires n’est qu’un petit geste (et même répétitif), mais c’est pas pour autant qu’on abandonnera nos méthodes tandis que nous nous aventurons dans la découverte d’autres méthodes qui nous rapprochent toujours plus de l’ennemi. Ça n’est que question de réflexion, patience et pratique pour que l’on arrive à être face à face.

Nous lançons un appel à la réflexion et à la pratique.
Ne reculons pas face à un climat d’hostilité !

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Traduit de contrainformate par camotazo, 27 septembre 2014

[Nancy] Manif sauvage contre le nucléaire – 7 septembre 2014

 extrait de l’est répugnant du dimanche 7 septembre (via Attaque):

Ils ont investi la ville sans crier gare. Tout de noir vêtus, cagoulés, en tout cas les visages barrés de foulard, une soixantaine d’individus se réclamant du collectif antinucléaire, Bure Stop, actuellement installé rue de Metz dans le cadre d’un « Festival contre la poubelle », a fait irruption hier dans les artères commerçantes de Nancy. Armés de canettes pleines de peinture ils ont pris pour cible les établissements bancaires, Mac Do et agence EDF sur leur passage… Cette « opération commando » n’a duré qu’une trentaine de minutes, mais a semé une jolie pagaille et une certaine appréhension.

Avisés, les policiers ont tenté de canaliser la manifestation illicite, sans procéder toutefois à une quelconque interpellation. « Afin de ne pas provoquer de dérapage », expliquait dans la foulée, Gérard Kointz, DDSP adjoint (directeur départemental de la sécurité publique). Le cortège cheminait à contresens d’une circulation dense, notamment rue Saint-Dizier, parmi une foule importante de badauds attirés par la température estivale, mais refroidis par cette déambulation agressive. Bonjour l’image ! De quoi nourrir un peu plus encore l’inquiétude de nombreux administrés.

« C’est vrai qu’on sent dans cette société, une montée des tensions », reconnaissait hier Gilbert Thiel, adjoint à la sécurité.

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A Nancy, déferlement de violences d’un groupuscule de 60 individus

Un collectif composé d’une soixantaine d’individus se revendiquant de «Stop Bure» – luttant contre un projet de site d’enfouissement de déchets nucléaire dans la Meuse – est à l’origine d’une action choc dans les rues de Nancy (Meurthe-et-Moselle), samedi après-midi.

StopBure5«Un tel déferlement de violence est unique dans les rues de Nancy !» s’alarme un commerçant. Une soixantaine d’individus masqués se revendiquant du collectif altermondialiste et antinucléaire «Stop Bure» a débarqué dans les rues du centre-ville samedi après-midi en pleine heure de pointe.  Masqués et cagoulés, armés de bombes de peinture, ces anti-nucléaires ont pris pour cibles des agences bancaires, l’opérateur Orange, le restaurant Mc Donald’s ou encore l’agence EDF de la Rue Saint-Jean et du quartier Charles III. Des symboles de la «mondialisation» et du capitalisme», cible privilégiée de ce collectif aux méthodes choc.

L’agence EDF de la Rue Saint-Jean a été complètement recouverte de peinture noire et sa vitrine attaquée. Des marques encore visibles tout le week-end et ce lundi matin. «Ces individus étaient très déterminés, ils ont débarqués dans les rues en pleine heure de pointe un samedi alors que des passants effectuaient leurs achats». Un vrai moment de panique pour les centaines de passants de l’hyper-centre. «Une telle action ne fait qu’agiter les tensions déjà existantes à Nancy» regrette une source policière.

Informée de la possibilité de cette action coup de poing, la police nationale a rapidement été débordée. Aucune interpellation n’a été effectuée pour éviter les débordements en centre-ville en pleine-journée. «Il y avait un risque de débordement dans des rues asphyxiées par la circulation automobile et l’agitation piétonne du samedi après-midi» se justifie une source policière. Des interpellations pourraient toutefois se dérouler dans les prochains jours.  

Le laboratoire de Bure, ou laboratoire de recherche souterrain de Meuse/Haute-Marne (LSMHM), est un réseau de galeries souterraines localisé sous le territoire de la commune de Bure (Meuse). Dans le cadre des recherches sur le stockage des déchets radioactifs,ce laboratoire de recherche souterrain est exploité par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) afin d’évaluer les propriétés de confinement de ce type de déchets  à 500 mètres de profondeur. Un projet qui provoque la colère des anti-nucléaires mobilisés depuis plusieurs années.

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Leur presse – Lor’actu, 08/09/2014 à 10h39