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[Berlin] La lutte des réfugiés de l’école Gerhart-Hauptmann reprend suite à une nouvelle menace d’expulsion

Mise-à-jour 30/10/2014:,  

L’expulsion prévue ce vendredi 31/10/2014 a été annulée, les autorités préférant pousser les réfugiés à accepter la solution de relogement qui leur ont proposé (et ce, juste après les avoir bernés une énième fois et annoncé leur expulsion dans la presse…). La mairie mise sur le fait de négocier la paix sociale. Car une expulsion signifierait beaucoup d’agitation dans la ville (et la mairie de Kreuzberg n’a pas oublié les attaques et sabotages qui avait riposté à l’occupation policière du quartier et à la tentative d’expulsion du squat durant l’été dernier. Il semblerait donc que les appels à la résistance et la volonté des 45 occupants restants de rester unis, solidaires et de résister physiquement en cas d’expulsion ait fait reculer les politiques locaux.

D’autres infos à suivre

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Ce jeudi 30 octobre 2014, un article d’Indymedia Linksunten évoque la volonté des autorités locales de Berlin d’expulser les migrants de l’école occupée Gerhart-Hauptmann située Ohlauer Strasse. Les flics ont annoncé ce même jour d’ériger une « zone à risque » autour de l’école à partir de 6h du matin. L’expulsion serait prévue pour le vendredi 31 octobre 2014.

La veille, de nombreuses forces policières ont pris d’assaut le quartier de Kreuzberg en vue de l’expulsion.

Sans surprise, le dialogue avec le pouvoir initié par une partie des occupants ayant échoué  – en l’occurrence un accord signé il y a plusieurs mois pour un relogement des demandeurs d’asile dans certaines conditions (rester ensemble par exemple) qui a été rompu récemment – a pu une nouvelle fois montrer à tous qu’il n’y rien à demander à l’Etat et ses représentants. En échange (donc en guise de foutage de gueule), la municipalité leur a proposé un bon d’hébergement d’un mois en auberge de jeunesse).

Des appels à actions décentralisées, à se tenir informer et se rendre sur place pour enrayer l’expulsion ont été lancés.

Sans attendre, on apprend que le bureau des verts du quartier de Treptow a été attaqué dans la nuit du 28 au 29 octobre 2014. Le communiqué explique ses bris de vitres par rapport aux décisions des gouvernants locaux (et en l’occurrence de la maire de Kreuzberg, Monika Hermann, du parti des verts) d’expulser les 45 réfugiés qui occupent l’école de la rue Ohlauer à l’Oranienplatz et ceux du Görlitzer Park. Quelques extraits:

« Ceci est un avertissement aux gouvernants et leurs partis de garder leurs mains loin de l’école.

Chaque expulsion a son coût ! Faisons-le grimper !

Allons devant l’école et montrons-nous solidaires ! […]

Pour une vie auto-déterminée !

Vous ne pouvez pas expulser un mouvement ! »

Dans la nuit de mercredi à jeudi 30 octobre, 160 réfugiés et solidaires ont manifesté, exprimant leur détermination à rester dans cette école, et donc à appeler à la résistance pendant l’expulsion. Un concert de soutien aux réfugiés a clôturé la soirée.

Voir toutes les infos sur la lutte des réfugiés de la rue Ohlauer et actions solidaires durant l’été 2014 à Berlin et partout à travers le pays.

[Mexico] Fin de la grève de la faim pour les 4 compagnons emprisonnés – 17 octobre 2014

Le 17 octobre 2014, les compagnons Carlos López, Mario González, Fernando Barcenas et Abraham Cortés ont mis un terme à leur grève de la faim qu’ils ont commencé le 1er octobre.

Les compagnons vont bien, sans complications ou dommages physiques. Ils donneront bientôt les raisons et motifs visant à mettre fin à cette grève.

Pour l’instant c’est la seule information que nous avons pour le moment.

Liberté pour tous ! A bas les murs des prisons !

Croix Noire Anarchiste Mexico

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hungerDepuis le 1er octobre 2014, quatre prisonniers anarchistes dans différentes prisons de la ville de Mexico sont en grève de la faim illimitée: Carlos López Marín (« El Chivo« , qui est détenu dans la prison de l’Est), Mario González (dans la Tour médicale Tepepan) et Fernando Bárcenas et Abraham Cortés Ávila (dans la prison du Nord).

Ci-dessous un rapport sur leur état de santé après 15 jours de grève de la faim:

Carlos López a perdu près de 7 kilos. Le compagnon est toujours séparé de la population carcérale générale, il est détenu dans la zone des nouveaux arrivants il a été transféré depuis le début de la grève de la faim. Durant les premiers jours, il partageait une cellule avec un autre prisonnier, mais depuis le 5 octobre, il est détenu seul. Il ressent des remontées gastriques, des brûlures d’estomac, de l’affaiblissement et de légers vertiges. Ils l’ont transféré de la cellule jusqu’à 4 fois par jour pour l’emmener au service médical de la prison, surtout tôt le matin, pour prendre ses données et mesurer sa tension artérielle, étant donné que la balance ne fonctionne pas et ils n’ont pas l’équipement nécessaire pour vérifier les taux de glucose dans le sang. Le lundi 13 octobre, une infirmière de l’équipe médicale de solidarité a tenté de l’examiner, mais elle s’est vue refuser l’entrée pour ne pas avoir l’autorisation. La condamnation de Carlos López, Amélie Pelletier et Fallon Poisson, accusé-es de dommages et attaques à la paix publique dans la première affaire jugée au niveau local, devrait être prononcée dans les dix prochains jours.

Mario González est confronté à des problèmes, surtout au pancréas, ainsi que les changements observés dans les reins et le foie pendant les jours de grève de la faim. Son état est considéré comme stable par un médecin de l’équipe médicale de solidarité qui l’a examiné mardi. Il continue à présenter les mêmes symptômes qu’il avait les jours précédents (douleur abdominale, l’anxiété, irritabilité et difficultés de concentration), sauf que la douleur abdominale a augmenté. Le directeur de la Tour médicale Tepepan a entravé l’accès au dossier médical de Mario; le médecin solidaire a eu accès au dossier le 15 octobre, et demande que des essais en laboratoire soient de nouveaux faits. Le compagnon a perdu environ 10 kilos. Il est actuellement en attente de la résolution d’une requête qu’il a déposé contre la condamnation.

Fernando Bárcenas a perdu 3 kilos et 200 grammes, tandis qu’Abraham Cortés (dont la condamnation à 13 ans et 4 mois de prison a été récemment confirmé par une cour d’appel) a perdu 3 kilos et 900 grammes. Les deux camarades restent dans la zone des nouveaux arrivants où ils sont détenus depuis leurs incarcérations respectives. Ils sont sortis des cellules pour un contrôle médical à plusieurs reprises dans les premières heures de la matinée, de sorte qu’ils ne puissent pas avoir suffisamment de repos après une bonne nuit. Ils ont une restriction d’appels téléphoniques.

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Note de Contra Info:

Mario González et Abraham Cortes ont été arrêtés le 2 octobre 2013, au cours des commémorations combatives du massacre de Tlatelolco en 1968. Mario González a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison, accusé d’attaques contre la paix publique, tandis qu’Abraham Cortes a été condamné à 13 ans pour tentative d’homicide.

Fernando Bárcenas Castillo a été arrêté le 13 décembre 2013 au cours des protestations contre la hausse du prix des billets de métro de la ville de México. Il se trouve depuis en prison préventive, accusé d’avoir brûlé l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola.

Carlos López Marin a été arrêté avec Amelie Pelletier et Fallon Poisson le 5 janvier 2014 pour participation à l’attaque (à coups de pierres et de cocktails molotov) des installations du Secrétariat des Communications et des Transports et d’un concessionnaire Nissan dans la ville de México. Le 17 février 2014, les accusations de terrorisme sont abandonnées, mais pas les mesures de prison préventive, puisque les accusations de dégradations et d’attaques à la paix publique restaient en vigueur. Le procès à leur encontre a débuté le 3 avril 2014, mais on a appris le 16 mai 2014 que les compagnon-ne-s devraient se présenter à deux procès en pénal distincts : l’un inclus dans la juridiction locale pour l’attaque au concessionnaire NISSAN, et l’autre au niveau fédéral pour l’attaque au Secrétariat des Communications et des Transports. Selon les dernières nouvelles dont nous disposons, la dernière audience du premier procès a eu lieu le 16 juin 2014, sans que les sentences ne soient prononcées, tandis que le second procès reste ouvert.

[Syrie] A propos de la résistance et de la révolte à Kobané

“Irak–Syrie–Kurdistan”

Un compte-rendu à la première personne reçu le 12 octobre 2014.

CİZRE’DE ÜÇ OKULA MOLOTOFLU SALDIRI

Une école de Kobané en feu

Je voulais partager un peu d’informations sur ce qu’il se passe et ce qu’il s’est passé par ici.

L’EI (État Islamique ou ISIS) attaque la ville de Kobane à Rojava (ce qui signifie Kurdistan de l’Ouest en Kurde). Mais je veux expliquer pourquoi existe cette organisation, l’État Islamique, comment elle a été fondée. Et peut-être que tout sera alors plus clair.

Nous pouvons dire que l’histoire d’ISIS commence avec Abu Musab Al-Zarqawi, qui a organisé les plus grandes résistances contre les USA et les troupes de la Coalition en Irak. Lui est de la ville de Zarqa, en Jordanie, d’où son nom de “Zarqawi”.

En Jordanie, il faisait partie d’une organisation Salafiste et djihadiste, et il a pour cela été emprisonné avec ses camarades. Pourquoi l’État jordanien ne veut-il pas d’une organisation de ce type ?

1 – Les organisations salafistes vont à l’encontre des Lois de l’Homme (Constitution), et pour elles, seule la Loi d’Allah (le Coran) doit être appliquée. Ils sont donc également contre la démocratie et les élections.

2 – Les organisations djihadistes contre le Bloc Occidental et Israël. Mais la Jordanie est le plus docile des collaborateurs du Bloc Occidental et d’Israël.

Après qu’il soit sorti de prison, il ne voulait pas y retourner en Jordanie, ce qui l’a poussé à se déplacer vers l’Afghanistan pour former des militants. Mais en 2001, les USA ont envahi l’Afghanistan, ce qui l’a forcé à fuir vers l’Irak avec ses camarades pour y organiser une organisation salafiste.

Petit à petit, ils ont établi des contacts. En 2003, les USA envahissent l’Irak et donnent le pouvoir aux Chiites, qui cessent immédiatement de résister. La résistance Sunnite commence alors.

Pourquoi s’est-il formé une grande haine entre Chiites et Sunnites ? Ce n’est pas une simple question de pratiques religieuses. Ces différences ont toujours existé, alors pourquoi maintenant ? Il nous faut étudier l’invasion et voir comment les USA ont modifié les équilibres. Ce sont eux qui ont le plus résisté (les salafistes venant des régions Sunnites), eux et les vieux Baas (Saddam, lui aussi Sunnite) soldats-militants.

Sur les dix dernières années (2004-2014), les villes et villages Sunnites ont été bombardés par la Coalition ; les salafistes Sunnites étaient dans les prisons des USA comme Abu Ghraib et Guantanamo… Donc pour comprendre ce pourquoi ISIS existe maintenant, il nous faut voir tous ces faits. Et pourquoi cela a-t-il tourné en « Guerres de Sectes Religieuses » entre Chiites et Sunnites depuis les dix dernières années.

Zarqawi était un type plein de colère et un militant. Il avait aussi cette haine des Sunnites. Il a organisé de nombreux attentats à la bombe dans des marchés de quartiers et mosquées Chiites. Ils ne reconnaissent pas les valeurs occidentales telles que « l’Humanisme » ou « Civil-e-s ». Pour les critiquer, n’utilisons pas ces valeurs là. Pourquoi tuent-ils et torturent-ils celles et ceux qui n’ont rien à voir avec la cruauté ? Pourquoi tuent-ils des innocent-e-s Ezidi, chrétiens, alawis seulement parce qu’ils SONT ? Voilà le problème. Tuer celui qui soutient la cruauté avec son argent, ses armes ou ses connaissances.

L’organisation de Zarqawi rejoint donc Al-Qaïda en 2004, sous le nom d’Al-Qaïda Irak. Mais Al-Qaïda n’approuve pas vraiment ces attaques contre les mosquées Chiites, parce qu’Al-Qaïda est une organisation « djihadiste globale », pas une organisation anti-chiite. Mais c’était une sorte d’alliance, qu’ils ont donc accepté.

Zarqawi a été tué en 2006 dans une attaque de drone. Après cet épisode, l’organisation est devenue « État Islamique d’Irak ». Ils ont aussi changé de style, pour être moins « djihad global » et plus « État Islamique Local ».

Jusqu’à la guerre civile Syrienne (2011), ils ont continué comme ça. Mais au début de l’année 2014, ils se sont déclarés État Islamique d’Irak et de Sham. Le centre d’Al-Qaïda s’est opposé à cela et ne les a pas reconnus, parce que l’organisation avait déjà un groupe en Syrie (Front Al-Nusra).

De plus, Al-Qaïda étaient réellement opposés à la naissance d’ISIS, parce qu’ISIS est une organisation plutôt folle, devrais-je dire. En Syrie, ils ont tué vraiment énormément de monde juste parce qu’ils étaient « Alawi » (la religion du régime d’Assad). Ou bien parce que des villages Sunnites (pas Chiites, ni chrétiens) ne leur obéissaient pas (en refusant de leur payer des taxes, par exemple), ISIS a déclaré que ces villages n’étaient plus musulmans ! Ils pouvaient donc les tuer, et les ont tués.

ISIS a conquis le territoire de Syrie essentiellement à partir des pouvoirs d’opposition, pas depuis le régime Syrien d’Assad. Il y a notamment eu d’énormes combats avec Al-Nusra (Al-Qaïda), mais ils ont maintenant l’air d’observer un genre de cessez-le-feu. Maintenant, ISIS attaque le « front Islamique » (les gens disent que ceux-ci sont soutenus par l’Arabie Saoudite) et Rojava (Kurdistan Occidental-PYD). Maintenant, je voudrais expliquer la situation au Kurdistan.

Il est peut-être aussi important d’expliquer pourquoi il existe cette colère contre les Alawis et le régime d’Assad en Syrie. Bashar el-Assad et sont père soutiennent Baas. « Laïcité », « Nationalisme Arabe », « proche des Soviets » ces temps-ci, « État social », etc. Et il y a eu une pression énorme sur les organisations Sunnites de Syrie durant les 40 dernières années. Avec par exemple le grand massacre de Hama en 1982 contre les frères musulmans de Syrie.

Un Syrien m’a raconté une histoire sur Hafez Assad (le père de Bashar). Il avait capturé un des chefs des frères musulmans et ne l’a pas tué. Il lui a injecté quelque chose dans son sang et il est devenu fou. Ces sortes de torture ont existé pendant ces 40 années. Je suis arrivé ici il y a 4 ans (pour des raisons touristiques, à dire vrai), et personne ne voulait parler de la famille Assad, tout le monde avait peur. Et regardez ce qu’il se passe maintenant.

Et nous en arrivons au jour d’aujourd’hui. La guerre syrienne est presque équilibrée aujourd’hui, et vous pouvez voir la carte.

L’État Islamique est surtout soutenu par des tribus Sunnites d’Irak parce qu’ils combattent ensemble contre les USA. Et ces tribus apprécient le fait d’avoir le pouvoir pour la première fois depuis les dix dernières années. Avant 2003, ils avaient le pouvoir sous le régime de Saddam. Mais si la Coalition et les USA en venaient à donner plus de pouvoir à ces tribus Sunnites, celles-ci pourraient cesser de soutenir l’EI, qui pourrait alors tomber. Mais ils sont de nos jours forts de 30.000 soldats, dont la plupart sont d’Irak et de Syrie. Ils ont aussi du pétrole, des réserves d’eau, etc. Ils sont réellement en train d’essayer d’organiser un État, avec une police, des lois, le contrôle de la population, des mairies…

Ok, voilà peut-être la partie la plus importante. Pourquoi l’EI attaque-t-il Rojava-Kobane ? A l’Ouest et au Kurdistan, les gens disent « parce que Rojava construit une société libre libertaire », une « démocratie directe-autonomie », etc. Et c’est vrai que cela se produit à Rojava, vous le savez probablement.

Certains pouvoirs (l’État Turc, par exemple) peuvent vraiment être gênés par ces changements, mais les motivations de l’État Islamique n’ont rien à voir. En fait, ils attaquent partout. Chiites, Alawis, Kurdes, Ezidi, chrétiens, Sunnites, Arabes, « Armée Syrienne Libre », « Front Islamique », « Al-Nusra », « Ahraus Sham » (une autre organisation salafiste), le « régime d’Assad », « armée irakienne », « État de Barzani » (Nord de l’Irak), etc. etc. Ils sont une sorte « d’État Islamique Nihiliste ».

Ils attaquent Kobane parce que, comme vous pouvez le voir sur la carte, il n’y a plus beaucoup d’autres endroits où attaquer, des « frontières naturelles ». Il y a une sorte d’équilibre. Ils veulent donc envahir partout où ils le peuvent.

Que veut le PKK ? Évidemment, celui-ci veut sauver Kobane et les villages alentours. Et pour ce faire, établir un couloir sécurisé (pour les armes, les militants, du matériel…) entre la Turquie et Kobane.

Ces deux dernières années (de fin 2012 jusqu’à maintenant), il y a un « processus de paix » entre le PKK et l’État Turc. Et aucun des deux côtés ne veut le briser. Mais Kobane était un genre de point chaud du PKK. Et Kobane était appelée Serhıldan (le mot kurde pour Intifada).

Cela a été une révolte incroyable ; même le PKK n’en espérait pas autant. Je vais maintenant écrire sur ce qu’il s’est passé ces deux ou trois derniers jours :

– 212 écoles ont été endommagées ou brûlées. Ce n’est pas une blague. Oui, des écoles. Les jeunes kurdes haissent les écoles. Si vous voulez voir les vidéos ou des images, cherchez ‘kobane okul yaktılar’ (ce qui veut dire écoles brûlées de Kobane). Un lien de contre-information: sosyalsavas.org (je sais que c’est en turc, c’est essentiellement pour les images. Cette information date d’il y a un mois : de nouveau, des jeunes ont brûlé 3 écoles à Cizre)

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– 190 banques ont été endommagées ou brûlées. Distributeurs compris.

– 340 voitures privées, 216 voitures officielles ont été brûlées. Pour vidéos et images, cherchez ‘kobane araçları yaktılar’ (ce qui veut dire ‘voiture brûlées de kobane’)

– de nombreux supermarchés ont été brûlés et aussi pillés (‘kobane süpermarket yakıldı’; lien masse-media : mynet.com/haber/yasam/istanbulda-yagma-1493469-1).

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– Au moins 80 bâtiments officiels comme les mairies, des bureaux de partis, des bâtiments administratifs ont été brûlés.

– 67 commissariats de police ont été attaqués.

Des militants du Hezbollah Kurde (à ne pas confondre avec le Hezbollah Libanais, ils sont différents) ont été tués par des jeunes du PKK. Certains d’entre eux ont été lapidés à mort et brûlés. Les Kurdes sont extrêmement en colère contre eux parce que dans les années 90, le Hezbollah Kurde a travaillé avec l’État et tué de nombreux militants du PKK. Maintenant, ce Hezbollah travaille dans le domaine légal et continue de faire de la propagande contre le PKK.

Et plus de vingt jeunes Kurdes ont été tués par la police et par les militaires. Dans de nombreuses villes, ce sont les militaires qui sont venus, pas la police. La police ne pouvait plus rien contrôler.

De plus, de nombreux drapeaux turcs et statues d’Atatürk (le fondateur de la République Turque) ont été brûlés par les jeunes kurdes. Les médias turcs utilisent donc ces événements contre eux. Après ces deux ou trois jours, même le PKK a fait une déclaration disant qu’ils ”n’étaient pas d’accord avec les actions telles que brûler les drapeaux, les statues, les écoles, les supermarchés, etc. ; ceux qui ont fait ça sont des provocateurs”. Oui, le PKK a dit quelque chose comme ça.

Ça a vraiment été une révolte énorme, en grande partie parce que la jeunesse frissonnait de rage. A cause de ce « processus de paix » et du massacre du peuple Ezidi (réalisé par l’État Islamique et tout à fait accepté), et finalement Kobane. De plus, les jeunes ont été vraiment très bien organisés. Ils n’avaient pas « les mains vides ».

Repris de contrainfo, 14 octobre 2014

[Genève, Suisse] Feu et peinture contre la police (octobre 2014)

Dans la nuit de dimanche à lundi 13 octobre 2014, quatre fourgons banalisés de la police genevoise ont été incendiés dans la cour du centre de formation des forces de l’ordre, situé au 24 route de Veyrier, à Carouge (Genève). Aux alentours de 3h00, le feu a entièrement ravagé les véhicules servant aux transports des futurs assassins en uniforme. Paraîtrait même que, de mémoire de flics, jamais un tel acte visant à saboter leur matériel n’aurait été autant efficace. Pour l’heure, la volaille sous le choc a engagé ses services pour tenter de retrouver la cause de ce feu dévastateur.

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Reformulé de la presse genevoise, 13/10/2014

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Action décentralisée contre un poste de police

En marge des festivités de ce samedi, le poste de police municipale de la rue du Stand a été repassé à la peinture noire. Cette action anonyme fait visiblement suite à la manifestation “Dance Against Police” qui a eu lieu en ce samedi 4 octobre.

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Paru sur RAGE, 07/10/2014

[Saint-Louis, USA] Collecte de récits à propos des manifs sauvages suite à un énième meurtre de la police

Acte 2 : St-Louis se soulève après un autre meurtre de la police

Juste après la tombée de la nuit mercredi à Saint-Louis, un flic a tué Vonderitt « Drew » Myers, âgé de 18 ans. C’est le troisième incident de flics tuant des hommes noirs en deux mois - ce n’est malheureusement pas supérieure à la moyenne. Ce qui est supérieur à la moyenne cependant, c’est la réaction des gens à ça. Comme Mike Brown, il y a eu un débat à propos du fait s’il avait résisté, s’il était armé, s’il avait volé des cigares ou tiré sur la police, tout cela devrait être des motifs pour lesquels tu te fais buter. Pour nous, cela n’a pas d’importance. Nous sommes contre la police et tout ce qu’elle fait.

Ce qui s’est passé ces deux dernières nuits est une continuité de Ferguson à bien des égards, mais aussi quelque chose de plus. Ici, à Saint-Louis, la réponse à la police tuant des gens est maintenant de descendre dans la rue en représailles. Bien qu’il y ait chevauchement entre ceux qui ont été dans les rues de Ferguson et sud de Saint-Louis, il y a d’autres éléments en jeu. Les coups de feu se sont passés dans le quartier Shaw, près de Tower Grove Park. Le quartier s’appelle lui-même « revenu mixte«  et « diversité » comme un droit de se vanter, mais les tensions de classe et  raciales sont très répandues.

L’agent qui a tué Myers n’était pas en service mais travaillait pour une société de sécurité privée, GCI security, embauchée par les résidents de la classe moyenne et supérieure. Les marches ont été très axées sur la race et la police, mais aussi sur la classe, ciblant explicitement la classe supérieure comme la source de leur oppression. Comparé à l’atmosphère bruyante à Ferguson, ce groupe (tout aussi sauvage) était bien plus mélangé. Ce qui suit est un assemblage de compte-rendus des deux dernières nuits.

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Mercredi 8 octobre

A 22 heures, il y avait environ une centaine de personnes au croisement de Klemm et Shaw. Peu de temps après que la police ait démarqué la scène de crime, l’énergie de la foule a changé vu que ça grossissait dans les rues. Immédiatement après être descendu du trottoir et pris la rue, la foule s’est précipitée et a entouré la police se tenant au carrefour autour de leurs voitures.

La foule a commencé à roder autour des flics, à les encercler, leur criant dessus, en ne les laissant pas se déplacer. Les flics ont été clairement terrifiés. Des chants de « A qui sont les rues ?! A nous! » ont été changées en « A qui sont les rues ?! A Drew! » et ont été en fait utilisés pour chasser la police de la rue. Des petits groupes de 3-5 flics debout près ou autour de leurs voitures ont été encerclés et raillés avec des cris de « flics dégage«  et « Va te faire foutre, porc. » Les flics ont reculé nerveusement, puis ont accéléré le pas car ils ont été bousculés et poussé hors de la zone.

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Les gens ont commencé à encercler des voitures de police et à ne pas les laisser partir, donnant des coups de pied aux véhicules, et à un moment poussant physiquement un flic loin de son 4X4 et ne le laissant pas le regagner. Le même 4X4 a eu ses feux arrière et son essuie-glace arrière arrachés. Des morceaux d’un feu-arrière ont été pris comme souvenirs. Au moment de quitter les lieux, la voiture d’un policier a eu sa vitre arrière brisée.

À l’autre extrémité de la rue, des personnes couraient après un autre petit groupe de policiers qui avaient été laissés à l’arrière. Des mots d’intimidation leur ont été criés: « Vous avez la trouille maintenant?! Vous savez ce que c’est que d’être effrayé maintenant ?! Allez vous faire foutre« . Un flic nerveux dans le groupe a commencé à être frénétiquement à la recherche d’un flic manquant: « Où est Joe? Où est Joe? Il n’est pas là !« , alors qu’il montait dans une voiture. Avec un esprit malin, des gens ont répondu en riant: «Joe est parti, mec! Nous ne pouvons pas le trouver. Il est probablement mort! » Les flics se sont précipités sur le siège arrière d’une voiture et ont accéléré à toute vitesse. Après que la police soit partie, les gens ont commencé à descendre le quartier Shaw, vers l’est en direction de la Grande Avenue.

Pour le reste de la nuit, la police est restée à distance. Même lorsque la police a appelé à l’aide lorsque leurs véhicules ont été attaqués ou pour des renforts sans rapport avec la marche, les agents ont répondu avec des appels à « toutes les voitures hors de la zone« . Un hélicoptère a suivi la foule pour le reste de la soirée, bien après que des coups de feu aient été tirés (peut-être à ça), c’est resté obscur*.

Après plusieurs faux départs, la marche s’est finalement rendue au croisement de Shaw et de  Grand et l’a bloqué. A ce moment, il y avait probablement 200-300 personnes bloquant la circulation et causant la fermeture de l’autoroute par la police. Durant environ 40-60 minutes, le groupe ne pouvait pas décider où aller et il y avait plus de faux départs au nord et sud. A un moment, le chef de la police, Sam Dotson, est apparu pour essayer de calmer les gens, mais un groupe d’adolescents l’a arrêté, l’un est monté sur la voiture et a commencé à le bousculer et à se moquer de lui. Dotson lui a ordonné de descendre, et le gamin lui a rendu la pareille, contraignant Dotson à partir frustré.

Finalement, le groupe s’est rendu au sud sur Grand de la zone de bars, cafés et entreprises, mais au moment où nous sommes arrivés les gens étaient épuisés et n’ont pas dit grand chose, juste marcher. A ce moment certaines personnes ont quitté la marche - d‘épuisement ou frustré par sa direction, mais d’autres avaient rejoint. Nous nous sommes finalement rendus à Gravios (environ trois miles de là où nous avions commencé). Nous avons bloqué le carrefour et arrêté la circulation clairsemée à cette heure tardive. La marche n’aurait probablement pas pu rester plus de quelques minutes, mais un automobiliste nous a ordonné de se déplacer. A ce stade, les gens se sont revitalisés et ont commencé à hurler sur le conducteur. Finalement, la police est venue avec deux véhicules pour protéger le conducteur ou l’aider à se déplacer et à entourer les gens. Réalisant que c’était une erreur, les policiers ont fait demi-tour pour repartir. Quand ils l’ont fait, deux personnes ont jeté des pierres en même temps et ont éclaté leur fenêtre arrière alors qu’ils se retiraient brusquement. Les flics, sachant qu’ils étaient moins nombreux, n’ont même pas arrêté leur trajet.

À ce stade, le groupe essayait de se décider où aller. Nous savions que nous devions continuer à avancer, mais il n’y avait pas de bonnes options autres que de redescendre en direction de Grand vers la police qui venait juste d’être attaquée, et c’est ce que nous avons fait. Et la police a gardé leur distance. Cela en dit long sur le climat social à Saint-Louis en ce moment: qu’après avoir attaqué une voiture de police, la même marche a pu se diriger en leur direction sans représailles de la police.

La marche est finalement retournée à Shaw et Grand, et les personnes (environ 300-400) ont bloqué le carrefour. Il était 2h du matin. Les gens se sont allongés en disant qu’ils occupaient le carrefour pour la nuit et ne partiraient pas. Contrairement à d’autres nuits les assaults de la police ont restreint notre capacité à parler librement en tant que groupe, nous avons pu passer un peu de temps à parler et à plaisanter. Des débats amicaux ont été lancés au sein des groupes de la foule. A quatre heures, la plupart des gens étaient partis pour la nuit.

Jeudi 9 octobre

Les gens se sont rassemblés de nouveau à l’intersection de Shaw et Klemm pour une veillée autour de 18h30. Après environ 40-60 minutes un groupe de personnes a pris des mégaphones et lancé quelques chants qui ont agacé les gens. Le groupe a plus ou moins contrôlé la marche durant l’heure suivante. Il y avait un groupe de personnes qui tentaient de diriger les choses, mais pour la plupart, l’ambiance était turbulente et les gens faisaient eux-mêmes preuve d’imagination. À ce stade, et tout au long de la soirée, des jeunes filles ont porté le mégaphone, conduit les chants, et avaient une voix forte* dans la façon dont les événements se sont déroulés.

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La marche a fait de nouveau son chemin de Shaw à Grand et bloqué la circulation pendant un moment - c’était autour de 19h30 et davantage de trafic a été bloqué par rapport à la nuit précédente. Une voix forte nous a suggéré de se déplacer vers le nord jusqu’à Grand, vers l’interchange I-44. Lorsque le groupe est arrivé au croisement, il s’est étendu à tous les angles de l’espace énorme, bloquant les véhicules d’entrer ou de sortir de l’autoroute ou circulant vers le nord et le sud sur Grand.

Avec des chants de « Qui ferme cette merde ?! Nous fermons cette merde! » La marche a bloqué une artère importante de la ville, empêchant le flux standard du trafic qui compose la réalité quotidienne banale de la vie urbaine. Étant donné que c’était un jeudi soir, le commerce de la ville n’a pas beaucoup été perturbé par le blocus, mais des centaines de voitures ont été contraintes de faire demi-tour et de trouver d’autre routes (et, désormais pratiquée, cette tactique pourrait être employée à l’avenir d’une manière plus stratégique). Des confrontations, des débats et conversations avec des automobilistes se sont succédés durant une demi-heure, avec des manifestants expliquant aux conducteurs qu’ils allaient fermer la ville jusqu’à ce que les flics arrêtent de tuer (sic). Encore une fois, les femmes* étaient parmi les manifestants les plus présents, à la fois par la voix et la confrontation au sein du groupe, prenant l’initiative dans le blocage de la circulation et pour faire face aux voitures.

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Après environ une demi-heure, il semblait évident que la police nous laissait faire tout ce que nous voulions et avait ordre de rester en recul. Une fois de plus, la police a apparemment reçu l’ordre de rester en retrait.

Quelqu’un commençant à dire au groupe que l’une des rues les plus riches du quartier - principalement responsable de la sécurité qui a embauché le flic qui a tué Myers - est à seulement quelques pâtés de maisonset nous devons aller les réveiller et les tenir pour responsables.

Ainsi, le groupe est parti à Flora Place. La rue est fermée à une extrémité, a un grand espace d’herbe qui passe au milieu, une voie de circulation à sens unique sur chaque côté et des maisons chics. Quelqu’un s’est mis à souffler dans une corne de brume et a fait le tour pour que d’autres l’utilisent. La foule a commencé à applaudir de plus en plus fort. Les gens allaient sur ​​les deux côtés de la rue, […] chantaient des choses comme « pas de justice, pas de sommeil! », ôtant des ornements de hottes, en arrachant les drapeaux des porches des gens au moins une fenêtre d’une maison bourgeoise a été brisée. Certains ont prétendu que c’était la maison d’un flic de la ville, mais d’autres ont dit que c’était de la haine de classe aléatoire (sic).

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Après quelques mètres, des personnes se sont arrêtées au milieu de l’intersection pour brûler tous les drapeaux qui avaient été collectés. Il n’y avait qu’une personne visiblement contrariée de ce qui se passait, mais tout le monde hurlait et acclamait. Des personnes ont répondu à cette personne en disant nonchalamment qu’ils n’en ont rien à foutre du drapeau ou en criant passionnément que le drapeau ne représente pas les gens de couleur – ou que ça représente seulement le génocide et l’esclavage commis à leur encontre. Comme les drapeaux étaient en feu, quelqu’un s’est saisi du mégaphone et a rappelé pour commencer que le drapeau n’a jamais été le nôtre, et que nous sommes dans ce quartier en conflit avec les riches qui sont les plus gros soutiens de cette entreprise de sécurité qui est là pour faire respecter l’ordre et les divisions raciales.

Une autre chose impressionnante de cette soirée de jeudi a été la solidarité et la complicité au sein du cortège. Il s’est très vite répandu parmi les manifestants que les flics recherchaient quelqu’un avec un sweat-shirt rouge, et la réponse des personnes a été d’annoncer ça discrètement et de dire à la personne portant le pull en question de l’enlever et de mettre autre chose. Cela a été fait d’une manière amicale et dans l’intérêt de poursuivre l’ambiance festive et agitée sans que personne ne soit en danger. Les gens ont pu changer rapidement de vêtements, discuter et continuer.

A travers à l’ensemble de la marche, la présence policière était presque inexistante. Il y avait un hélicoptère qui suivait, mais les voitures de police étaient toutes restées à quelques pâtés de maisons. Après l’incendie des drapeaux, les gens se sont déplacés en direction de Grand-et Arsenal.

Il était clair que les flics étaient près de l’intersection de Grand Arsenal vu que la manif approchait, mais pour un court laps de temps, ils sont restés en retrait lorsque le groupe a bloqué l’intersection. Il y avait trois flics, debout le long d’un bâtiment et beaucoup de gens ont commencé à les entourer, à leur crier dessus et à les insulter. Ils étaient entourés et contre un mur tandis que la foule hurlait et les poussait. Ils étaient terrifiés. C’était très beau. En une minute, des dizaines de policiers ont commencé à partir dans toutes les directions et à travers la foule avec leurs matraques en l’air. Les flics acculés se sont finalement frayés un chemin hors de la foule et les gens sont retournés dans la rue. Ailleurs, une pierre a été jetée à travers une vitre d’un magasin.

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Les flics ont séparé la foule, poussant certains vers Arsenal et d’autres vers Grand. Les gens poussaient contre les flics, leur disant de foutre le camp et hurlant sur ​​leurs visages. En quelques minutes, une foule a été poussé à la fois à l’est et à l’ouest par la police... Les gens ont commencé à se disperser sur les côtés. Dans le tumulte, plusieurs personnes qui étaient entre les mains des flics ont été extirpées puis bien cachées au sein du cortège, et ensuite des groupes de la foule ont bloqué le travail des flics qui tentaient d’interpeller d’autres personnes. Les gens sont restés dans les rues, marchant et chantant, pendant encore deux heures de plus.

Comparées à d’autres manifestations des dernières années, la réponse à ces assassinats a une continuité, une mobilité, une présence dans la rue; une analyse de classe qui va au-delà de celle d’une certaine élite mondiale inaccessible (tels que les « 99% » mystique d’Occupy**) ; allant dans les maisons de ces bâtards (riches); prenant l’espace et le défendant; pillant/redistribuant les richesses; haïssant ouvertement la police au lieu de les y inviter, etc, etc, etc…

Les médias continuent leur ligne éditoriale par « une manifestation pacifique ont tourné à la violence«  au sujet de tout cela. Soyons clair qu’à partir du moment où le groupe a quitté la veillée, le jeudi, c’était sauvage et militant. Il n’y a eu aucun « tournant » à aucun moment pour ce groupe, ni de la part d’un petit groupe dont les actions se démarque de l’ensemble du groupeIl semble que Saint-Louis est en voie d’établir une tradition de représailles pour les meurtres de la police. La plupart des gens ont un flic dans leur tête, les contrôlant. Maintenant, les flics de Saint-Louis ont un émeutier dans leur tête, les faisant réfléchir à deux fois avant d’appuyer sur la gâchette.

Traduit de antistatestl, 10/10/2014

Notes des traducteurs:

* Cette précision faite avec insistance dans le texte est à mettre en lien avec les marches anti-police à Ferguson, dans lesquelles les récupérateurs réactionnaires de la cause noire (« Nation of Islam », New Black Panther Party »…) exigeaient que les femmes rentrent à la maison. Ce qui n’était pas passé sans résistance. Et ces initiatives de la part de jeunes filles montrent une fois de plus que ces larbins du pouvoir sont pratiquement inexistants et marginalisés par les opprimés noir-es.

On peut aussi préciser que ces culs-bénis occupent une large place dans les médias US, que ces derniers leur laissent aisément (parce que: organisation; ainsi que pour leurs rôles de socio-flics et de balances).

** Référence au mouvement ‘occupy’, que l’on a connu en France sous le nom des Indignés, et qui s’est illustré par des orientations pro-flics (par exemple en les acceptant en AG), citoyennistes, etc…, souhaitant améliorer ce système de dominations.

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Parallèlement, un appel anarchiste à converger sur Ferguson du 10 au 13 octobre a été lancé pour rejoindre le « week-end de résistance » afin d’aller exprimer en acte sa rage contre la police, ainsi que le monde raciste et capitaliste qu’elle défend.

[Mexique] Amélie et Fallon (5E3) se solidarisent avec les quatre anarchistes en grève de la faim

10712704_614127878696619_2907394898610378775_nVendredi dernier dans la nuit, un énorme graffiti est apparu sur le mur de la salle à manger du dortoir C de la prison de San Marta dans laquelle nous sommes séquestrées. Le graffiti exprime notre solidarité avec les compagnons anarchistes Abraham, Fernando, Mario et Carlos en grève de la faim indéfinie. Depuis ce vendredi, nos camarades prisonnières ne cessent de commenter l’œuvre bien visible.

Ça change des « je t’aime » peints habituellement dans les couloirs de la prison ! Il y a un caractère de confrontation, en rupture avec la passivité quotidienne.

L’objectif a été atteint ! C’est une manière de lancer le débat et ainsi créer des espaces de réflexion à l’intérieur de la prison. C’est une des façons que nous avons ici à l’intérieur pour attaquer la paix sociale et la pacification. Dans notre perspective, il y a de nombreuses manières de lutter et de prendre une position de refus de l’autorité.

L’intention n’est pas de réclamer l’innocence de qui que ce soit, mais bien de générer des contextes de conflit et de rupture avec l’ordre établi. De plus, nous savons que l’initiative des compagnons en grève de la faim a été médiatisée dans le contexte du 2 octobre dans les moyens de communication de masse, mais nous savons que ce n’est pas l’intention des compagnons, car nous refusons d’utiliser les réseaux des médias de masse, encore moins pour y exposer un discours d’innocence.

En solidarité avec les compas en grève de la faim !
Ni coupables, ni innocents

Prison pour femmes de Santa Marta

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[Traduit de l’espagnol par non-fides de Instinto Salvaje, 9 oct. 2014]

P.-S.

Amélie et Fallon, avec Carlos, ont été arrêtées le 5 janvier 2014 au Mexique
Pour plus d’informations, d’autres articles ici

 

[Athènes, Grèce] Le compagnon anarchiste Antonis Stamboulos en grève de la faim et de la soif

[Antonis Stamboulos a été arrêté mercredi 1er octobre 2014 par la police dans le quartier de Vyronas à Athènes, accusé d’avoir participé à une « organisation terroriste » et à des projets d’attaques incendiaires contre le pouvoir (les flics parlent dans la presse d’un attentat planifiée contre le siège de la ‘Neo Democratia’, parti de droite actuellement au gouvernement). De plus, les organes de communication de l’Etat évoque son éventuel complicité avec Nikos Maziotis, arrêté le 16 juillet dernier après une fusillade dans les rues d’Athènes alors qu’il était en cavale avec Pola Roupa et leur enfant depuis juillet 2012.]

Mise-à-jour 09/10/2014:

Le 7 octobre, près de 25 compagnon-nes se sont rassemblé-es environ une heure devant la prison de Larissa (nord-est de la Grèce), où Antonis Stamboulos a été transféré (plus précisément dans l’aile A). Il continue sa grève de la faim et de la soif.

Antonis-Stamboulos

Banderole de la solidarité dans la ville de Veria, au nord de la Grèce: « guerre aux flics, juges,  journalistes, patrons - Solidarité avec les révolutionnaires anarchistes - Force à l’anarchiste Antonis Stamboulos, arrêté le 1er Octobre à Athènes« 

Mise-à-jour 07/10/2014:

Après son arrestation du 1er octobre 2014, Antonis Stamboulos est actuellement détenu en préventive, faisant face à des accusations de terrorisme.

Le 6 octobre, avec une autre lettre ouverte, le compagnon a annoncé une grève de la faim et la soif afin de dénoncer le fait qu’il est actuellement détenu dans le centre de transfert de prisonniers d’Athènes. En outre, il proteste contre la construction médiatique continue alimentée par flics antiterroristes à son encontre.

Le camarade en captivité a été décrit dans la presse, entre autres, comme un des principaux membres du groupe de guérilla urbaine « Lutte révolutionnaire », en tant que co-auteur d’un vol de banque à Kleitoria (Achaïe, Grèce), tandis que les porte-parole du pouvoir ont répandu que l’anarchiste recherchée Pola Roupa aurait été vue avec son enfant sur les marches de son appartement dans la rue Kallifrona à Kypseli (qui a été considérée comme une « planque »). Pendant ce temps, les informateurs en herbe et autres mouchards ridicules ont été que trop disposés à témoigner contre lui (par exemple, un voisin de la maison de ses parents a affirmé qu’il avait entendu des explosions dans le sous-sol de leur maison).

Le fait que les policiers l’aient emmené au centre de transfert de prisonnier - en dépit de la demande du procureur de le transférer à la prison de Korydallos - révèle qu’ils tentent de l’envoyer vers une autre prison plus lointaine ses parents, qui seront obligés de voyager pendant des heures pour lui rendre visite en prison, mais aussi afin de rendre le travail de son avocat de la défense plus difficile qu’il ne l’est déjà.

Antonis Stamboulos a déclaré qu’il ne laissera pas les salauds de la police antiterroriste et leurs patrons politiques écraser ses proches. C’est pourquoi, avant même qu’ils annoncent ils ont l’intention de l’envoyer, il a averti qu’il n’acceptera pas d’être emmené ailleurs qu’à Korydallos, près de sa famille et de son avocat.

Il a donc commencé sa grève de la faim et de la soif le 6 octobre.

Slogans tagués le 4 octobre par des anarchistes solidaires dans la rue Denizliou du quartier de Vyronas, exactement à l’endroit où le camarade a été enlevé par les flics:

2014-10-04

« Solidarité avec le compagnon A.Stamboulos »

2014-10-4

« Le combat continue; Antonis, tient bon « .

A partir de contrainfo, 7 octobre 2014 / La source en grec

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Lettre d’Antonis trois jours après son arrestation:

Le 1er octobre 2014, j’ai été arrêté, emmené cagoulé dans une salle d’interrogatoire de l’unité antiterroriste. De 17h00 jusqu’à 1h du matin, un groupe de flics cagoulés - et alors que j’étais menotté derrière le dos - a prélevé mes échantillons d’ADN, empreintes digitales et (essayé de prendre) des photos par la force, au milieu dironies, d’étranglements, d’entorses et de passages à tabac et de menaces de m’électrocuter, pensant que cela me ferait collaborer. À 1h du matin, j’ai vu les flics sans cagoule pour la première fois, qui me déclarent que je suis accusé de terrorisme. Jusqu’à 5h30 du matin, je suis resté dans une cellule de détention 1×3, toujours menotté les mains derrière le dos. Le lendemain, ils ont essayé de me photographier une fois de plus.

Pour ma part, je me suis abstenu de nourriture et d’eau dès le premier instant, et l’exigence de parler à un avocat. Après 24 heures de détention, ils m’ont finalement autorisé à prévenir un avocat, et j’ai réussi à la rencontrer pendant quelques minutes seulement avant d’être amené devant le procureur.

Je partage ce qui précède avec les compagnons combattants comme une petite expérience de lutte.

Peu importe si l’attitude de l’Etat envers nous, clémente ou sévère - cela dépend toujours des circonstances - ne peut jamais nous briser, tant que nous sommes conscients de la responsabilité qui découle de notre position en tant qu’anarchistes, dans les moments d’adversité.

Parce que les moments difficiles de la lutte sont ceux qui trempent la conscience. Parce que dans ces circonstances, chacun de nous est le défenseur des idéaux de la société pour laquelle nous nous battons à construire. Beaucoup de sang a été versé dans la lutte pour l’émancipation de la société de classe, il serait dès lors ridicule de fléchir face aux manoeuvres des flics. J’ai tenu une position négative contre les exigences des laquais étatistes d’extirper mes infos personnelles pour deux raisons. Premièrement, pour des raisons éthiques, puisque je crois que chaque anarchiste révolutionnaire se doit de ne pas donner un pouce même de terrain à l’ennemi de classe. Et deuxièmement, parce que j’étais conscient de la gravité de l’affaire dans laquelle ils m’impliquent, je voulais protéger mes compagnon-nes et d’ami-es des vautours qui me détiennent en captivité. Tant que les Clouseaus ne trouvaient pas mon nom, je n’étais pas du tout prêt à le leur donner. Au moment d’écrire ces lignes, deux jours après l’arrestation, la police m’a «enfin» identifié.

Il est clair que les chefs de l’ anti-terrorisme et en particulier leurs supérieurs politiques espéraient faire un scoop avec mon arrestation, d’où les fuites à la presse concernant le cahier de notes contenant « des itinéraires précisément chronométrés« , les cibles, vélos et saucisses*. Ils créent sur mesure une histoire qui va avec leur scénario; un scénario qui, à la fin, doit toujours les faire sortir gagnants.

Ce que j’ai fait, qui je suis et pourquoi j’étais là où j’ai été arrêté n’est en rien l’affaire de la police et des procureurs mais la mienne. Par conséquent, je n’ai pas à me justifier aux gardiens de la légalité bourgeoise, mais seulement au mouvement révolutionnaire, aux camarades et au peuple qui choisit de ne pas vivre comme un raya (esclave).

Je considère ce premier contact avec le monde extérieur comme étant nécessaire, ne me faisant aucune illusion sur ma mise en détention préventive.

Pour l’instant, je suis retenu captif entre les mains des serviteurs du capital, mais mon cœur appartient toujours au camp de la révolution.

La lutte continue.
Vive la révolution.
Vive l’anarchie.

Antonis Stamboulos
du Quartier Général de Police,
173, avenue Alexandras
Le 4 octobre 2014

* Note de contrainfo: Alors que le compagnon - qui a été arrêté dans le quartier de Vyronas, Athènes - était encore non identifié, le chef de la police a affirmé publiquement que l’une des «conclusions» les plus frappantes étaient des notes manuscrites considérés comme des mots de code pour des explosifs.

[MIse-à-jour] Lettre revue et corrigée depuis le grec par un compagnon (reçu par mail, 05/10/2014)

[Santiago, Chili] Réflexions et critique pratique à propos de l’attentat dans le métro le 8 septembre 2014

Chili : Réflexions sur l’attaque à la bombe dans le métro du 8 septembre 2014 à Santiago

Nous sommes l’attaque, nous sommes le feu contre l’État

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Ndt. L’attaque a été revendiquée le 18 septembre par la Conspiration des Cellules de Feu, trois compagnons ont eu droit à des arrestations médiatiques avec charges accablantes :
- Natalie Casanova Muñoz (26 ans)
- Juan Flores Riquelme (22 ans)
- Guillermo Durán Méndez (25 ans)
Tous trois ont nié leur implication et gardé une position digne.

Nous venons de partout…
Nous venons de l’attaque de commissariats, de casernes de police et de prisons, de centres de divertissement des puissants, d’églises et institutions de l’État-capital. Nous avons fabriqué des engins explosifs, nous connaissons leur usages et leurs conséquences au moment d’agir, nous venons des logiques et pratiques de la conspiration depuis des années.
Nous nous organisons informellement, sans dirigeants et en revendiquant l’autonomie, en forgeant des réseaux clandestins qui ne pourront être détectés par la répression. Nous continuons, parce que nous n’avons jamais arrêté…

Par rapport à l’engin qui a explosé récemment au Subcentro et qui a causé des blessures à plusieurs passant-e-s, sans être juges, nous élevons et défendons notre position.

Lors des actions que nous avons perpétrées, dans les complicités que nous avons matérialisées, lors des attaques que d’autres compagnon-ne-s que nous ne connaissons pas personnellement mais avec qui nous partageons anonymement le chemin de l’action directe ont menées, l’ennemi a toujours été clairement identifié.

L’ennemi est celui qui détient le pouvoir ou s’arme pour le défendre, devenant une cible et un objectif des attaques, mais pas celui qui cautionne ou cède passivement face à la domination.

Nous ne faisons pas partie des citoyen-ne-s puisque ceux-ci se laissent soumettre et perpétuent l’ordre, mais cela ne veut pas dire que nous mettons sur un pied d’égalité le rôle des citoyen-ne-s et celui des puissants, celui de l’esclave et celui du maître. Les citoyen-ne-s en général ne sont pas, de même que n’importe quel passant, l’objectif de nos actions.

Nous comprenons l’attaque et l’autodéfense comme un acte qui affronte et cherche à frapper toute la machinerie qui tente de de nous soumettre, ainsi qu’un acte qui nous protège et nous préserve face à l’avancée des forces répressives, indépendamment de l’uniforme qu’elles visent.

Quiconque décide d’assumer la violence pour défendre le territoire des puissants se situe sur le champ de bataille et doit en assumer le coût, mais cela, comme le font bien remarquer d’autres compagnon-ne-s par ici, n’est pas un combat ni un coup donné de manière aveugle sans rester clair sur qui l’on frappe.

On ne peut pas laisser au hasard la possibilité que ce soit un puissant ou un civil quelconque qui passe, les coups de l’action de transgression sont précis et savent viser l’objectif tant dans l’infrastructure du pouvoir et de la répression que dans les sujets qui le détiennent.

C’est l’État et ses politiques de Terreur qui considèrent les vies comme de simples numéros dans les statistiques de leurs parts de pouvoir, c’est pour cela qu’il avance en dévorant et en écrasant de manière impassible, nous nous éloignons de lui par nos projections et nos idées mais surtout par nos pratiques, qui nous différencient indéniablement. Face à cela il ne doit y avoir aucune place pour le doute.

Nous aspirons et agissons pour la destruction et le combat contre l’ennemi, nous nous armons de moyens pour y parvenir, nous utilisons et revendiquons l’utilisation de la violence pour faire face à l’autorité, mais nos coups ne cherchent pas à nuire à n’importe qui passant dans la rue. Cela supposerait que toute personne, par le fait de passer là, serait complice et collaboratrice du pouvoir, absolument sans aucun fondement permettant de soutenir cela. Ce ne sont pas nos façons de faire, ni le bout ni l’horizon du chemin d’action directe que nous suivons depuis des années.

De la même manière que nous ne laissons pas notre sécurité au hasard –en apprenant les techniques d’avancée de l’ennemi– nous ne laissons pas non plus au hasard la sécurité de ceux qui peuvent traîner dans les environs des cibles de nos attaques. Ainsi, nous ne faisons pas confiance et ne déléguons pas au bon travail de l’ennemi de s’occuper des civils, tant dans l’évacuation que dans le bouclage de la zone. Nous ne sommes pas indifférents à la douleur ou au mal reçu par de simples passant-e-s.

Ce ne sont pas les citoyen-ne-s qui doivent craindre nos actions, ils devraient avoir peur de la misère de vie que l’État impose à travers chacun des engrenages qui forment sa machinerie de destruction, de la gâchette facile de la police, des asphyxies économiques qui mènent au suicide ou de la progression du contrôle social. Ici ceux qui doivent craindre nos actes, dans chaque aspect de leur vie et de leur sécurité, ce sont les représentants de la domination… Nous nous rapprochons.

Nous n’écrivons pas pour nous dissocier de l’utilisation de la violence, mais pour revendiquer l’utilisation que nous en faisons, mettant au clair nos idées de la lutte insurrectionnelle qui n’envisagent pas l’attaque de civils.

L’appel est à l’action, dans la complicité des affinités, faisant proliférer les groupes d’attaque, agissant pour la libération, mais en restant clairs sur nos objectifs à diffuser et l’ennemi à attaquer. Nos pratiques font partie du message. Nos coups doivent être adroits, sans peur, mais sans imprécisions.

Le terroriste c’est l’Etat.

Nous saluons les dernières attaques d’église et de casernes de police.

Contre toute forme de pouvoir, pour l’Anarchie et la Libération Totale… Continuons à grandir…

Noyaux d’Attaque pour la Libération

Traduit de l’espagnol par non fides de Contrainformate. 22 septembre 2014

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Pour une critique pratique

Au sujet de l’action réalisée devant l’université Uahc à Santiago le 23 septembre.

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Dans un climat d’hostilité croissante, de persécution et de terreur médiatique, nous continuons de revendiquer la violence contre l’État et le capital !

Suite à l’explosion d’une bombe dans un couloir du centre commercial de la station du métro Escuela Militar les rêves de la presse et de l’État se sont concrétisés. Dorénavant ils vont pouvoir ouvertement dire que les attaques explosives ont aussi comme cible des gens lambdas et dans cette logique aiguiser encore leur pratique de répression contre les groupes et individus insurgés. La situation a été propice pour que les vautours dressent depuis leurs médias un climat d’insécurité et de terreur médiatique, la presse n’a pas traîné pour pointer du doigts la violence des groupes subversifs. Au sein des milieux anarchistes et anticapitalistes en général beaucoup de choses se sont dites au sujet des caractéristiques de l’explosion qui ne correspondaient pas à ce que font ceux qui attaquent les structures du pouvoir et que l’attaque pouvait être associée à certains secteurs de la police, des groupes d’extrême droite ou de certains soi-disant révolutionnaires qui n’auraient pas des objectifs très clairs. Aujourd’hui il y a trois personnes accusées d’être responsables qui sont détenues et un communiqué qui circule sur internet dont nous ne connaissons pas l’origine et qui revendique l’attaque.

Nous n’allons pas parler des accusés dans ce texte parce que tout d’abord nous ne voulons pas jouer aux juges, et ensuite parce que nous connaissons que trop bien les ruses de l’État et de la presse bourgeoise lorsqu’il s’agit de faire preuve d’efficacité et de contrôle dans la persécution d’un ennemi interne tout en profitant de ces situations pour justifier leur répression.

Sur les responsables et la motivation de l’attaque ça n’est toujours pas très clair pour nous, mais face au climat d’insécurité et de terreur que le pouvoir et ses médias veulent mettre en place notre réponse reste la même : nous continuons de nous diriger violemment contre le pouvoir pour l’intensification du conflit en sachant clairement qui est l’ennemi. Oui, en sachant clairement qui est l’ennemi, parce que nos ennemis sont ceux qui sont au pouvoir et leurs sbires armés prêts à assurer l’ordre, et nos attaque se dirigent contre eux. C’est pour ça que nous ne pouvons pas nous associer avec des attaques aveugles et irresponsables qui blessent des gens lambdas. Si nous comprenons bien le rôle que joue la passivité des citoyens dans la soumission et le maintient du pouvoir, nous ne pouvons mettre sur le même plan la responsabilité de l’esclave aliéné avec celle du puissant qui est le véritable responsable de l’exploitation et de l’aliénation qui en découle, sans laquelle cet ordre ne pourrait exister ni une minute de plus. Nous ne pouvons pas considérer valide une attaque contre l’autorité qui blesse des gens lambdas, et nous ne sommes pas indifférents à la souffrance, encore moins lorsqu’elle est utilisée pour favoriser le scénario d’une chasse aux sorcières de la part de l’État avec l’appui d’une partie croissante de citoyens qui croient maintenant être des cibles potentielles d’attaques.

chili2-2-a6595Mais face à ce climat d’insécurité médiatisée pour les citoyens et d’hostilité répressive pour nous, nous faisons le choix de ne pas baisser la tête et nous ne nous démarquons pas de l’usage de la violence contre l’État, le capital et ses sbires. C’est même qu’on a revendiqué cette violence, une fois de plus, en sortant dans la rue et en dressant des barricades, distribuant des tracts et lisant à voix haute un communiqué qui explique à ceux qui nous observent la raison de notre action, pour ensuite affronter les flics (qui sont arrivés en tirant des balles en plomb et de loin parce qu’ils avaient la trouille avec les molotovs qu’ils ont reçu). Que ça soit clair pour le pouvoir que malgré la situation défavorable qu’ils peuvent créer nous n’abandonnerons pas l’usage de la violence contre l’autorité, contre l’État, contre le capital, et c’est probable que le combat de rue contre ses sbires n’est qu’un petit geste (et même répétitif), mais c’est pas pour autant qu’on abandonnera nos méthodes tandis que nous nous aventurons dans la découverte d’autres méthodes qui nous rapprochent toujours plus de l’ennemi. Ça n’est que question de réflexion, patience et pratique pour que l’on arrive à être face à face.

Nous lançons un appel à la réflexion et à la pratique.
Ne reculons pas face à un climat d’hostilité !

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Traduit de contrainformate par camotazo, 27 septembre 2014

[Paris] Etat de siège policier et rafles de migrants dans l’est de la capitale

État de siège dans tout l’Est du 18ème arrondissement

Depuis plusieurs jours les opérations de police se succèdent dans toute la zone comprise entre boulevard de La Chapelle et boulevard Ney (La Chapelle, Barbès, Porte de Clignancourt).

MeilleureDéfcestlAttaqueMardi 23 septembre, autour du métro La Chapelle, plus de 150 personnes ont été arrêtées à 6 heures du matin alors qu’elles dormaient sous les ponts du métro. La police, qui recherchait des personnes sans papiers cherchant supposément à rejoindre Calais, a embarqué tout le monde au commissariat de la rue de l’Évangile. Là, chacun a été forcé à donner ses empreintes, sous les coups pour ceux qui refusaient. Tous ont ensuite été libérés sans aucune explication, ni document.

L’après-midi et les deux jours qui ont suivit (mercredi 24/09 et jeudi 25/09) plusieurs patrouilles de dizaines de flics ont quadrillé les quartiers de La Chapelle et de Barbès/La Goutte d’Or, contrôlant, fouillant et arrêtant toutes celles et tous ceux qui se trouvaient là : sans papiers, vendeurs et vendeuses à la sauvette, habitant-e-s du quartier, passants à pieds ou en voiture. Une réquisition du procureur leur donnait l’autorisation (et pour plusieurs jours encore ?) de contrôler au faciès n’importe quelle personne de 15h à 21h. Accompagnés de chiens policiers et suréquipés : matraque à la main, flashball pointé et gazeuse à volonté. Leur but est manifestement de semer la terreur pour “pacifier le quartier” et de bien faire comprendre à tous et à toutes “c’est qui qui commande”. Plusieurs personnes présentes jeudi soir ont manifesté leur solidarité et se sont faites prendre à partie, contrôlées et arrêtée pour l’une d’entre-elle.

Cette agression permanente des chiens du pouvoir est intolérable. Amplifions la solidarité et refusons de nous laisser faire, occupons la rue et diffusons d’autres idées et pratiques que celles du chacun pour soi et tous contre tous, en distribuant des tracts, en collant des affiches, en organisant des rassemblements et des manifestations, en apportant du soutien pendant et après des rafles, en discutant avec celles et ceux qui comme nous en ont marre que l’État, ses lois et ses flics nous empêchent de vivre.

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[Paris] Le lycéen d’Édith Piaf libéré

24 septembre 2014. Le lycéen d’Édith Piaf (19eme) qui était enfermé au CRA a été libéré aujourd’hui, la veille du rassemblement prévu demain ! Comme à Saint Cloud il y a 15 jours (une lycéenne en rétention libérée juste avant le rassemblement). Le gouvernement a peur d’un revival de l’année dernière ?

Publié sur Sans papiers ni frontières

[Vienne, Autriche] Courte chronologie du désordre en 2014 (sur les luttes contre les prisons, la gentrification…)

Une chronologie incomplète d’attaques diverses qui se sont déroulées à Vienne en 2014 (et l’année n’est pas finie…)

  • Janvier

schuleblack3 corpos étudiantes sont bombardées de peinture dans la nuit. Quelques jours avant déjà, un faluchard de corpos a été attaqué devant chez lui par deux inconnus et lui ont volé son chapeau.

Aux alentours du 10 janvier dans le nouveau « Sonnwendviertel » (un nouveau quartier, NdB), des façades d’immeubles sont bombardées de peinture et des slogans contre la gentrification et la hausse des loyers sont aperçus.

Déjà quelques jours auparavant, plusieurs vitres de nouvelles constructions ont été défoncées. Il paraît aussi que des actes de sabotages ont eu lieu dans la région.

Fin Janvier, l’immeuble des bureaux de la SEG (société de rénovation urbaine et de logement de copropriété) sont attaqués avec des bombes de peinture. Dans un communiqué, un groupe revendique l’action et exprime sa solidarité avec la maison occupée « Pizzeria Anarchia« , ainsi que les personnes en prison depuis NoWKR2014.

Dans la nuit du 17.01, un camion de police est incendié à PAZ Hernalser Gürtel. Un groupe autonome est engagé dans une lettre.

FurEineWeltOhneGrenzenUndKnasteDans la nuit du 23.01 à Vienne, le cabinet d’architectes «SUE», situé rue de l’empereur, est attaqué avec des pierres et des bombes de peinture; des slogans ont aussi été laissés contre les prisons*. SUE est responsable de la construction d’un nouveau centre de rétention à Vordernberg*.

Sous la devise « Face à Vordernberg*, il n’existe pas de belles prisons! » La cérémonie d’ouverture du nouveau centre de rétention a été massivement perturbée, des engins pyrotechniques, de la peinture et des banderoles ont été entre autres utilisées et des slogans pulvérisés sur les murs.

  • Février + Mars

Début février, un groupe attaque la corpo étudiante Olympia avec de la peinture; ça créé des dégâts matériels considérables.

L’organisation anti-féministe « pères sans droits«  dispose d’un bureau dans le 20ème arrondissement. Il est attaqué avec de la peinture rose et des slogans.

Le 7 mars, un rassemblement de solidarité pour l’anti-fasciste Josef** a lieu devant la prison.

Lorsque l’architecte du nouveau centre de rétention de Vordernberg souhaite présenter son « grand » projet dans le cadre d’un festival d’architecture, des inconnu-e-s réussissent à perturber la conférence et puis disparaissent massivement sans être identifié-e-s. Il y a eu des tracts, des slogans et des banderoles. […]

Toujours le 18 mars, la Ville de Vienne et les flics ont voulu expulser les sans-abri de l’île du Danube. 30 personnes ont eu vent de ça et ont réussi à empêcher l’action de la police: les expulsions n’ont pas pu avoir lieu.

Dans la nuit du 31 mars 2014, plusieurs caméras ont été aveuglées à Vienne, y compris celles du siège central de l’ÖVP, et les murs du quartier ont été embellis avec des slogans.

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  • Avril + mai

Le 24 mai, l’énorme Eglise Charles à Vienne est bombardée de peinture. Début mai, la même chose s’est passée, mais avec cela avait été fait avec des oeufs et sprays de peinture. Dans la presse les dégâts sont chiffrées à plus de 10.000 euros.

Partout dans la ville, des affiches des partis établis sont collées pour les prochaines élections européennes, afin d’attirer le bétail électoral de leur côté. Celles-ci sont détruites en masse ou transformées.

  • Juin + Juillet

Au début du mois de juin, l’ambassade d’Espagne est attaquée avec des bouteilles de peinture et taguées de slogans contre l’expulsion de « Can Vies«  à Barcelone***.

Sur l’église votive de Vienne [Wiener Votivkirche] est fixée une banderole longue de 30 mètres avec l’inscription  « nazis de tous bords,  dégagez« .

Dans la nuit du 19 juin 2014 à Vienne, deux bâtiments ont été attaqués avec de la peinture: Le local « centimeter« , qui a accueilli des identitaires lors de la manif Identitaire du 17/05/2014 et qui leur a offert une protection, ainsi que le bâtiment des fondamentalistes chétien-nes anti-avortement de la HLI (Human Life International), qui avaient également tenu une manifestation de propagande contre l’avortement le ​​14/06/2014 (et qui font encore et toujours).

Lorsque deux policiers veulent contrôler un homme de la rue à Favoriten, un bloc de béton est jeté sur la vitre de leur véhicule et ainsi détruit le pare-brise. Lors de l’arrestation, il a attaqué les flics, dont l’un d’eux a été blessé.

Trouvée sur linksunten indymedia, 13/09/2014 à 19h16

Notes du blog:

* Toutes ces actions s’inscrivent dans des perspectives d’une lutte anticarcérale à Vienne:

Discussion sur les perspectives de lutte contre les prisons

Du 7 au 9 novembre 2014 à Vienne auront lieu les journées anti-prisons. Nous en avons profité déjà pour organiser une réunion de discussion en septembre prochain qui devrait graviter autour des thèmes de l’emprisonnement, du contrôle social, la répression et des façons de lutter contre. Puisque nous ne pouvons pas considérer la prison comme un aspect complètement détaché du reste du monde d’autorité, il n’est pas question pour nous d’adopter des positions sociales-réformistes.  La suite sur linksunten

  • akt2014[at]riseup.net
  • antiknasttage.noblogs.org

Ce nouveau centre de rétention pour sans-papiers de Vordernberg est exlusivement géré par l’entreprise G4S (services des repas, de soins médicaux et de sécurité): la société emploie un total de 100 personnes dans cette taule pouvant enfermer près de 200 migrants en attente d’expulsion. Le contrat remporté par G4S pour gérer le centre fermé de Vordernberg est d’une durée minimale de 15 ans.

Lire un texte en allemand en complément d’infos ici et.

** l’antifasciste Josef a été arrêté puis incarcéré suite à la manif émeutière qui avait eu lieu à Vienne le 24 janvier 2014 lors du bal européen annuel de l’extrême-droite: voir le récit de la soirée

*** Squat de Barcelone expulsé fin mai 2014, ce qui a conduit à plusieurs nuits d’émeutes et d’affrontements avec les flics. On peut lire des résumés de ces nuits de révolte ainsi que des critiques à propos de la résistance organisée de ce lieu.