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[Mexique] Pourquoi avoir attaqué le secrétariat des communications et transports ? [ + 2 lettres du compagnon incarcéré Carlos « Chivo » Lopez (5E3) ]

Pourquoi avoir attaqué le secrétariat des communications et transports ?

5E : au sujet de nos compagnon.ne.s anarchistes prisonnièr.e.s

banda5eLe 5 janvier 2014 les compagnon.ne.s anarchistes Carlos López Martin “El Chivo”, Fallon Poisson et Amélie Pelletier ont été arrêté.e.s dans la ville de Mexico, suspecté.e.s d’être les responsables de l’attaque de l’un des bureaux du Secrétariat des Communications et Transports (SCT). Carlos se trouve dans la prison Reclusorio Oriente et Amélie et Fallon dans le Reclusorio de Santa Martha après avoir terminé une détention préventive de 40 jours et une tentative ratée de les inculper légalement de “terrorisme”. Entre autres pantomimes judiciaires les compagnon.ne.s font face en ce moment à deux procès pénaux : un par la juridiction locale pour les délits d’attaque à la paix publique et dommages aggravés (attaque sur un concessionnaire Nissan) et pour lequel ils/elles ne peuvent pas avoir de liberté sous caution et un autre plus fédéral pour le délit de dommages sur propriété privée (attaque sur le Secrétariat des Communications et Transports) [1].Qu’elles/ils soient coupables ou innocents on s’en fiche, vu que nous avons toujours maintenu une posture irréductible contre les prisons et contre toute influence psychologique et sociale que son existence peut générer. La solidarité avec ceux qui par leurs pensées et actions affrontent ce système de mort et de domination (et même contre vents et marées) c’est ce qui nous intéresse et c’est pour ça qu’on voulait qu’ils/elles sentent notre complicité et fraternité sincère avec leur cause qui est la nôtre. Nous saluons avec fierté leur fermeté pour coopérer le moins possible avec l’autorité et garder bien droite leur dignité anarchique.

Le débat par rapport à la revendication ou non des attaques et sabotages a toujours existé, et de nombreuses actions sont revendiquées à travers des communiqués expliquant les raisons de celles-ci. De nombreux/ses compagnon.ne.s ont affirmé par l’idée de la “propagande par le fait” que les actions doivent s’expliquer d’elles-mêmes et que dans le cas contraire ça devrait être le mouvement lui-même qui devrait chercher à leur attribuer cette objectivité explicative à travers la réflexion et l’analyses de ces actions. En sachant qu’il n’y a pas de communiqué sur cette action nous voulons aborder ici la raison d’un tel acte, essayant ainsi de donner une projectualité à notre lutte libertaire. Évidemment ce que nous pouvons dire à propos de ces faits n’est que notre opinion.

Pourquoi attaquer le SCT ?

Sans aucun doute aucune institution étatique ne mérite un quelconque respect, car elles font toutes partie de ce système complexe social-artificiel de domination, mais ça vaudrait la peine de s’intéresser à ce que cette institution fait pour comprendre pourquoi quelqu’un décide de passer à l’action :

D’après la loi organique de l’administration publique fédérale dans son article 36 le SCT est chargé des fonctions suivantes :

Formuler et mener les politiques et programmes pour le développement du transport et des communications selon les besoins du pays.

Réguler, superviser et surveiller les services publics de courrier, télégraphes et leurs divers services; gérer l’administration des services fédéraux des communications électriques et électroniques et leur liaison avec les services publics similaires attribués aux services privés de téléphone, télégraphes, et sans-fils et avec les services étatiques et étrangers, ainsi que le service public de traitement d’informations à distance.

Attribuer des concessions et permis au préalable de l’avis du Secrétariat de Gouvernement (Mexique), afin d’établir et exploiter les systèmes et services télégraphiques, téléphoniques et de communication sans-fil pour les télécommunications et satellites, de services publics de traitement d’informations à distance, de stations de radio expérimentales, culturelles et d’amateurs et de stations de radiodiffusion commerciales et culturelles; ainsi que surveiller l’aspect technique du fonctionnement de tels systèmes, services et stations.

Réguler et surveiller l’administration des aéroports nationaux, attribuer des permis de construction d’aéroports privés et surveiller leur opération.

Construire les voies ferroviaires, gares et terminaux de caractère fédéral pour l’établissement et l’exploitation du train, et la surveillance technique de leur fonctionnement et opération.

Attribuer des concessions et permis pour l’exploitation de services de transports sur les routes fédérales et surveiller leur fonctionnement et opération, ainsi que l’exécution des dispositions légales respectives.

Construire, reconstruire et conserver les chantier maritimes, portuaires et de dragage, installer la signalétique maritime et fournir les services d’information et sécurité pour la navigation maritime.

Construire et conserver les chemins et ponts fédéraux, y compris les internationaux;,ainsi que les stations et centrales de transport routier fédéral.

Construire des aéroports fédéraux et coopérer avec les gouvernements des États et les autorités municipales, dans la construction et conservation de chantiers de ce genre.

Réguler la construction de chantiers dans la république.

Entre autres choses.

Traduisant du langage légal au langage du pillage et de la destruction.

En prenant en compte les points antérieurs nous pouvons nous rendre compte de comment cette institution fonctionne dans l’édifice capitaliste du Mexique afin de développer le “progrès” technologique et industriel. C’est-à-dire, c’est le lien institutionnel étatique qui travaille pour que les infrastructures communicatives se développent autant dans les zones urbaines que dans les zones rurales et dans d’autres espaces naturels afin de maintenir le flux de la production et des marchandises. Ce qui veut dire qu’ils sont directement responsables de la destruction de la nature et de la consolidation de nouveaux tissus de Pouvoir et d’esclavagisme.

La coupe brutale des arbres, le déplacement et l’assassinat d’animaux et de communautés sont la conséquence de leur attitude pour la construction et le développement des routes par lesquelles se déplacent leurs sales marchandises dans l’intention de générer de juteux profits politiques et économiques. Ce qui a toujours été la raison principale de ces projets de routes, qui dans la plupart des cas sont faits dans la ferme intention de faire avancer les “méga projets” qui ne sont ni plus ni moins que des firmes industrielles – barrages, centrales hydroélectriques, thermoélectriques, mines, parcs éoliens , etc. – dont le système a besoin pour nourrir en énergie son mécanisme vaste et irrationnel de production et de consommation, qui dû aux dommages brutaux que son avancée fait à la nature a besoin de toujours plus de sources d’énergie à exploiter.

Tout en sachant que de tels faits ne se répètent pas uniquement à travers le Mexique mais partout dans le monde, nous allons illustrer certaines choses.

- À Tepoztlán, Morelos, il y a un projet d’extension de l’autoroute de La Pera-Cuautla qui a comme objectif de faciliter les travaux pour la construction du “Plan Integral Morelos” qui consiste en des centrales thermoélectriques et un gazoduc dans la communauté de Huexca, commune de Yecapixtla. Ces projets ont été attribués aux entreprises espagnoles  Abegnoa y Elencor. En mettant en place cette extension ce sont 50400 hectares et diverses sortes de flore et de faune de la région qui seront affectés, en plus de trouer les montagnes de Chalchiteptl, Cematzin, et Yohualtepetl. Ils veulent construire la centrale thermoélectrique sur 45 hectares limitrophes au peuple indigène Huexca, et on évalue qu’elle consommera 24 millions de litres d’eau par jour, et la moitié de cette eau polluée par le chlore et l’acide sulfurique sera reversée dans le fleuve Cuautla.

- Il y a aussi le cas de l’extension de l’autoroute Toluca-Naucalpan afin d’accélérer le flux de marchandises entre secteurs industriels, ce qui rasera une grande partie de la forêt de Agua Otomí-Mexica, qui va de Tequixquiac  jusqu’à Villa del Carbón, et détruira les communautés ñañhú, ñuhú, mazahua et otomí, et provoquera l’extinction et la destruction de centaines d’espèces animales, végétales et de zones humides qui sont déjà en danger de disparition. Tout cela pour permettre à l’entreprise Autoroutes Vanguardia S.A de C.V.  de fructifier.

- La construction d’aéroports qui, comme tous projets urbanistiques, amène destruction et pillage de la terre. Le genre de projets qu’on a vu à Atenco, et qui en ce moment refont surface.

Internet, radios communautaires, courriers : la communication entre les personnes entre les mains de la répression

Si nous savons que les moyens de communication et d’information comme internet, les emails, les portables, etc. ne garantissent pas la sécurité totale à cause des flics autant au niveau national qu’à l’étranger, il faut souligner la récente acquisition de programmes d’espionnage cybernétiques de la part du Parquet Général de la République [2]. Avec l’approbation de la “Loi Telecom” le SCT se remet sur le devant de la scène en tant que responsable de la répression et de la désarticulation de mouvements par l’espionnage d’individus et de groupes gênants ou subversifs à travers internet et les entreprises téléphoniques comme Telmex, par l’écoute des communications personnelles et la surveillance par géolocalisation, ainsi que la suspension de communication et d’information dans des zones de conflit et de résistance, ce qui affectera directement les radios communautaires et pirates et les médias libres et de contre-information qui font office de nœuds de communication au sein des différentes luttes qui ont lieu dans le pays [3].

Ce ne sont pas les raisons qui manquent, le problème c’est le système

Nous n’avons décrit que quelques faits qui démasquent ce qui pour des yeux acritiques ne sont que des simples bâtiments et personnes faisant leur travail administratif. C’est évident que nous ne voulons pas lancer un appel réductionniste contre le SCT qui serait la seule institution étatique à participer à la gestion de la domination. L’intégralité de ce qui compose l’État fonctionne conjointement et coopère dans différentes spécialités pour faire avancer le système capitaliste. Ces institutions sont à leur tour inévitablement menées par un groupe de personnes en haut de la pyramide de la société de classes avides d’argent et de pouvoir. Il n’est pas inutile de mentionner la “maigre faveur” que donne une majorité de la population citoyenniste et démocrate qui vit de façon acritique, sans remettre en question de façon profonde les conséquences du système ou simplement sans un intérêt pour la nature et la liberté et qui ne cherche qu’à faire partie d’une logique de vie basée sur le cycle sans fin du pouvoir actuel : naître-obéir-travailler-consommer-mourir.

Propageons l’action directe et la solidarité pour la défense de la terre.

C’est pourquoi, comme nos compagnon.ne.s Carlos, Amélie et Fallon, nous continuons de penser que l’action directe donne des résultats. Pas seulement pour combattre l’avancée capitaliste mais aussi pour dire à nos compagnon.ne.s prisonnier.e.s que la lutte continue avec solidarité et force. Si nous pouvons nous poser des questions, s’il y a eu des erreurs sur la forme et le moment où s’est déroulée l’action des compagnon.ne.s, il est évident que la voie de la légalité est le piège de l’État pour arrêter les luttes et les dévier vers le réformisme et la passivité. Pendant que les entraves administratives et les procès foutent la trouille à tout le monde, les entreprises destructrices de la nature continuent leur avancée comme prévu.

Nous profitons à nouveau de cet espace pour envoyer un chaleureux salut fraternel libertaire à nos frères/sœurs anarchistes Carlos, Amélie et Fallon, en espérant que cela soit aussi un apport à la lutte. Nous faisons un appel à étendre la projectualité anti-autoritaire dans les communautés de résistance, à trouver des complices, à propager l’action directe et l’autogestion dans les luttes pour la défense de la terre : contre les machines, les institutions, les appareils de la répression, les prisons et toute l’infrastructure que le SCT et tout l’appareil étatique déploient sous notre nez et qui seront toujours vulnérables.

Détruisons les prisons.

Mexique, 20 juillet 2014

Traduit de Abajo los muros par Camotazo

Notes

1.- Pour plus d’infos en français sur les prisonnier-es 5E3 voir ici et la publication Face à face avec l’ennemi

2.- Le parquet s’est équipé du logiciel espion Finfisher, qui a été utilisé au Pakistan et dans les révoltes en Égypte pour désarticuler les résistances.

3.- On ne veut pas dire par là qu’avant cette loi ce genre d’actions du gouvernement ne se faisaient pas, et nous ne rejoignons pas la vision réformiste qui préfère laisser les choses comme elles étaient ou maquiller la violence étatique. Mais nous voyons les avancées de ce genre de lois comme un pas de plus vers la constitution d’un État policier-militaire dont la première étape est la mise en place dans la rue de l’armée et la militarisation de la police, ce qui bien entendu met en danger n’importe quel projet de lutte pour la libération.

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Lettres de Carlos « Chivo » Lopez, un des trois compagnon-nes incarcéré-e-s:

Ce qui stagne, pourrit

Pour qui a décidé de passer de la parole à l’agir insurrectionnel et de le porter dans tous les aspects de la vie où c’est nécessaire, il est essentiel d’entrer dans des réflexions permanentes et de reconsidérer sans cesse pensées, instruments et stratégies de lutte. Cela afin de de ne pas tomber dans des dynamiques de passivité, qui se révèlent stériles et contre-productives à l’heure d’attaquer.

D’où la nécessité que nous ressentons de reprendre des sujets importants qu’il nous faut toujours remettre en débat et en discussion si nous ne les considérons pas comme quelque chose de figé.

C’est ainsi qu’à titre personnel, modestement et brièvement, je me donne pour tâche de reposer ce que j’entends par informalité et par anarchisme insurrectionnaliste, dans l’intention que cela puisse être approfondi, débattu et qu’y contribuent celles et ceux qui peuvent se sentir concerné-es, de là où ils sont. Et adresser au passage une petite critique aux courants anarchistes qui se sont acharnés à nous traiter comme « des pyromanes sans idées ».

Dans le monde entier, des compagnon-nes anarchistes continuent à générer des conflits et des tensions contre l’appareil complexe de domination. Cela remplit d’inspiration celles et ceux qui, comme nous, partagent ces luttes et cherchent ainsi à étendre et à généraliser le conflit par l’attaque décidée et destructrice. L’effort des compagnon-nes qui décident d’impulser leurs projets basés sur la cohérence entre la théorie et la pratique, entre la pratique et la théorie (en ce qu’elles se complètent l’une l’autre) doit être pris en compte, et plutôt que d’être livré à l’oubli, doit être soumis au débat et à la discussion de manière critique-constructive, en cherchant à apprendre des erreurs et des bonnes idées, pour ensuite revenir sur le champ de bataille : la guerre sociale.

Il est clair ainsi que l’affrontement avec tout Pouvoir et toute autorité n’est pas une idée de fous et de barrés, mais une manière réelle et palpable de chercher sur un mode incisif notre liberté totale et définitive.

Nous voulons dire que l’Anarchie n’est pas pour nous une idéologie (une lutte reposant sur des idées fixes qui nous dictent comment agir), mais une manière de concevoir la vie et de la vivre conformément à nos idées, nos analyses et les critiques. Celles-ci surgissent de la réflexion dans les luttes, reflétant notre réalité, toujours en quête de nouvelles méthodes, stratégies et formes d’attaques ; voilà pourquoi nous nous disons anarchistes insurrectionalistes et nous nous organisons dans une logique informelle.

Nous entendons l’insurrectionalisme comme un agir qui part de l’individualité, comme la rupture que chacun-e porte en soi, tout en transformant son environnement, en commençant par la cellule familiale, sociale et politique qui nous maintient souvent dans cette prison/société de laquelle il n’est pas si facile de sortir. C’est ainsi que nous passons au conflit. Ce qui caractérise la lutte insurrectionnaliste, c’est précisément le fait de la mener au delà de l’illusion et de la parole, de prendre l’initiative dans le conflit de classes et de rompre avec l’attitude passive de résistance pour passer à l’attaque, sans se limiter à attendre d’être réprimé-es pour qu’attaquer soit justifié, mais en le faisant déjà, ici et maintenant. Le conflit permanent, nous le portons dans notre quotidien, dans nos têtes et dans nos cœurs, en cherchant toujours à le généraliser aux quartiers, aux faubourgs, aux villages et au-delà ; pour arriver à nous organiser -dans des noyaux de base- avec des personnes qui, sans être anarchistes livrent de grosses batailles, par exemple pour freiner des projets gouvernementaux mettant en danger leur bien-être ou leur vie. Il est important de ne pas situer la lutte insurrectionnaliste dans la structure minimale d’ « organisation spécifique » car, comme je l’ai expliqué auparavant, elle ne peut être réduite à la clandestinité.

Certes, cette lutte n’est pas inédite et elle est allée en se renouvelant. Nous pourrions citer d’anciennes luttes de paysans et d’indigènes qui se sont soulevés avec dignité contre les latifundistes et les grands propriétaires terriens. Mais c’était dans autre contexte historique, et je les vois plus comme des points de référence de luttes passées que comme des méthodes à suivre.

Il est nécessaire de ne plus se contenter de rappeler des combats passés en oubliant que c’est ici et maintenant que nous devons les mener.

Je conçois l’informalité de la forme organisative de l’anarchisme insurrectionnaliste comme la relation plus ou moins stable de personnes, groupes ou mouvements qui maintiennent un rapprochement constant, cherchant à approfondir la connaissance acquise dans les luttes, sans structures bureaucratiques ni délégation des responsabilités et en refusant tous les organigrammes possibles pouvant donner lieu à des rapports de Pouvoir. Disons que c’est là qu’intervient ce dont nous parlons tant et que nous défendons, les « insus », à savoir le fait de repenser et de réajuster les manières et les méthodes employées pour mener l’attaque destructrice sur le champ de bataille.

L’informalité n’est pas statique, mais en constante évolution (n’oublions jamais que « ce qui stagne, pourrit »), sinon elle ne serait pas informelle.

Les groupes d’affinités inspirés de cette forme organisative sont en général petits et liés par une connaissance mutuelle. Pour créer de l’affinité, il est aussi important d’étudier et de critiquer les problématiques sociales, et pas seulement les luttes partielles, tout comme d’avoir et d’approfondir le plus possible les discussions pour comprendre à la racine ce à quoi nous nous confrontons. Surtout, c’est le fait d’avoir le même sens destructif de tout l’existant qui nous fait nous sentir en affinité. Et ainsi arriver à la complicité. L’amitié n’est pas la même chose que l’affinité, elles peuvent aller de pair ou pas, on peut être en affinité sans amitié et vice-versa. Ainsi, ces groupes se fortifient et savent sur qui compter au moment de passer à la pratique. Ces petits groupes sont destinés à disparaître une fois réalisé l’objectif pour lequel ils ont été créés, alors même que d’autres surgissent de nouveau, car pour reprendre ce qui a été dit auparavant : « ce qui stagne, pourrit ».
L’association de divers groupes d’affinité fait aussi partie de cette forme organisative informelle.

Voilà donc, cette légère contribution, dans l’idée, comme je l’ai déjà dit, qu’elle s’approfondisse.

Je voudrais maintenant faire une petite critique aux groupes, plateformes ou fédérations, ainsi qu’à quelques compagnon-nes « insus » sur des manières d’agir que je considère mériter de l’attention et que je ne partage pas. Si l’anarchisme est antagoniste à toute forme de structure et de rapports de Pouvoir -ce que nous appelons communément « système de domination »-, il existe aussi à l’intérieur du mouvement divers courants qui, avec une langue de vipère, portent le discrédit sur l’agir de celles et ceux qui vont au-delà de la simple parole et décident de sortir de la passivité routinière qui ne mène qu’à elle-même. Des courants qui s’auto-exaltent en « prônant » comment les choses devraient être ou ne pas être, tels de grands théoriciens de comptoir, sans plus. Il y a quelque temps déjà que j’éprouve une certaine réticence à accepter des doctrines anarchistes où l’on parle passionnément de « chercher » à s’émanciper de tout assujettissement, à créer des relations de fraternité et d’amour horizontales entre égaux, en partant d’un idéalisme chrétien qui prêche le mot d’ordre « éradiquer la méchanceté du monde », mais … sans jamais rien faire d’autre que de se réunir pour parler, parler et continuer à idéaliser leur perspective d’une vie en liberté !! Ce faisant, ils oublient ou laissent de côté le fait que cette vie se trouve aux mains d’un ennemi puissant qu’il est nécessaire d’attaquer de manière permanente et destructrice.

En soi, les idées-théories rageuses et ingénieuses ne servent pas à grand chose. Je considère la propagande et la contre-information comme importantes, mais pas quand on ne les utilise que pour bouger les masses ; surtout si ce « bouger » porte implicitement l’attente du « moment idéal » pour lancer l’offensive, comme on attendrait le messie en se dédiant au prosélytisme pour faire grossir ses rangs, en tombant dans des positions quantitatives.

N’étant pas d’accord avec celles et ceux qui décident de mettre en pratique l’attaque directe, sans attendre de médiation de l’Etat ou du Capital, ils décident donc, non solidaires, de passer sous silence leurs luttes et leurs conséquences, faisant « comme s’il ne se passait rien » et poursuivant leurs sermons et leurs endoctrinements populeux – comme pour attirer des moutons à leurs troupeaux.

Je pense que les marches, les meetings, les rassemblements et les discussions sur l’anarchisme, de même que les congrès, grands et pompeux récitals de la liberté -seuls- n’impressionneront pas et détruiront encore moins l’ennemi qu’ils prétendent combattre.

Je termine cet écrit, qui n’est certes qu’une foule de choses qui ont déjà été dites, mais que j’ai aussi réfléchies et vécues de près, disponible pour la critique et la mise en discussion de qui le pensera opportun.

Pour finir, je ne veux pas laisser passer l’occasion d’envoyer une accolade chaleureuse et fraternelle et toute ma solidarité aux compagnon-nes : Nikos Maziotis en prison en Grèce et Pola Roupa en cavale ; Mónica Caballero et Francisco Solar en Espagne ; Felicity Ryder en cavale ; Fredy, Juan et Marcelo au Chili ; beaucoup de force à la compagnonne Tamara Sol ; à Mario « Tripa » en cavale ; à Gianluca Lacovaca et Adriano Antonacci en Italie ; à Gabriel Pombo Da Silva et au Mexique à Mario González, Abraham, Fernando, Fallon et Amélie.

A elles et eux tou-tes, ainsi qu’à toutes celles et ceux dont je n’ai pas connaissance, mon amour, ma rage et ma solidarité.

Irréductibles et réfractaires pour toujours, parce que la lutte n’est pas destinée à obtenir des privilèges ni un avenir confortable, mais que c’est une condition en acte qui cherche à détruire toute forme de domination, afin que nous puissions ainsi resurgir des décombres et enfin être libres.

Carlos López « Chivo »
Reclusio Oriente, Mexico

Traduit de l’espagnol de ababjolosmuros par brèves du désordre, 04 September 2014

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Je débute cette lettre en saluant sincèrement tous/toutes les compagnon·ne·s à l’extérieur de ces murs, en espérant que leurs cœurs battent à l’unisson au rythme de la rébellion et que cela se reflète dans leurs actions quotidiennes.

La semaine dernière j’ai reçu avec beaucoup de plaisir un petit, mais important, geste que les compagnon·ne·s m’ont fait parvenir, en me prévenant auparavant. Au milieu de la monotonie et l’ennui de la vie quotidienne de l’enfermement on attend que “quelque chose” se passe en dehors de l’ordinaire, c’est pour ça que plus ou moins à l’heure dite j’ai fixé le ciel et un salut en forme de feux d’artifice est arrivé. À chaque feux d’artifice qui explosait je pouvais sentir leurs salutations et tendresses. C’était impossible de les voir physiquement, mais je les sentais proche de moi, et j’ai pu me sentir en complicité avec leur solidarité-action, et j’ai même pu imaginer leurs visages souriants et espiègles, se moquant de possibles risques. C’est clair que lorsqu’un-e compagnon·ne est séquestré·e par l’État, la lutte s’étend des deux côtés, intérieurs et extérieurs, des murs. Et de chaque côté chacun·e avec ses moyens se débrouille pour faire des attaques qui peuvent rendre cette lutte plus fonctionnelle (parler d’attaque ne signifie pas pour moi seulement détruire quelque chose de matériel, mais c’est aussi la désobéissance iconoclaste de ce qui est imposé à l’intérieur d’un système).

Ainsi c’est clair que lorsqu’il y a une arrestation ça n’est pas seulement le/la prisonnier·e qui est affecté·e, car selon la dureté du coup reçu, cela peut s’étendre à d’autres compagnon·ne·s qui peuvent vivre la même situation, voir plus dure que le prisonnier·e même.

Donc, alors que je voyais et écoutais les feux d’artifice exploser, je pensais que je voulais partager le bonheur que je ressentais avec d’autres compagnon·ne·s, particulièrement Bruja, Tripa, le Skin, Benja et Justine qui d’une façon ou d’une autre passent un mauvais moment pour avoir été relié·e·s avec le Caso 5E (NdT : le 5 janvier, le jour de son arrestation), affaire dans laquelle Amélie, Fallon et moi sommes accusé·e·s. Profitant de cette lettre je les embrasse à tous les cinq, et à tous/toutes celles/ceux qui au cours de l’enquête ont du supporter les perquisitions et les harcèlements. Pour vous toute ma solidarité, et je redis qu’ici on ne vous oublie pas et on pense toujours à vous ! Vous n’êtes pas seul·e·s, nous ne sommes pas seul·e·s !

En ce qui concerne l’organisation j’ai peu de choses à dire …

En tant que révolutionnaires nous avons besoin d’être toujours en conflit partout où la domination cherche à fixer sa présence dégoûtante, par seulement en prison, mais dans tous les endroits où il y a des rapports de pouvoir et d’autoritarisme. Pour ça y a pas besoin d’être une masse brûlant d’envie de changement. Je crois qu’avec des petits groupes organisés on peut voir des résultats satisfaisants, mais … Que se passe-t-il lorsqu’au lieu de se battre pour être véritablement gênants pour l’ennemi on se plonge dans des querelles personnelles, des polémiques pas constructives et des trahisons entre révolutionnaires ? Le résultat est évident, la division, pas seulement entre groupes, mais entre compagnon·ne·s en affinité, la rupture de projets, la non solidarité des uns pour les autres, on fait sortir le “juge” que certain·e·s ont en eux et on commence à chercher des coupables au sein du mouvement, confusion, etc. Ça contribue évidement à aider l’État à affaiblir quelque chose qui était en train de se développer.

Bien sûr personne ne cherche à être un petit ange et  ne pas faire d’histoires entre compagnon·ne·s, car il y en aura toujours, mais je considère qu’il faut faire ça quand c’est le moment, et s’il le faut ne plus voir la personne et c’est tout, mais pas le faire quand on est dans le pétrin et réduire en poussière les efforts des autres.

Il n’y a pas, comme je l’ai dit avant, de recette magique pour résoudre des problèmes, cependant je pense que la première phase de l’attaque c’est la conscience immédiate.

Parfois je suis assailli par une question, peut-être bête, mais qui me semble logique : pourquoi, si on se dit si contestataires et qu’on ne se tait pas face aux injustices, pourquoi est-ce qu’on le fait entre compagnon·ne·s ? Que ça reste dans la conscience de chacun, mais face à des situations de cette magnitude il y a beaucoup de choses à faire, la restructuration est toujours possible et les projets vont de nouveau de l’avant.

C’est pour ça que je parie toujours sur l’informalité comme organisation concrètement anarchiste, et c’est à travers les tensions, les débats et les approfondissements ( du personnel et des problématiques sociales) que nous nous identifions avec nos affinités, c’est à dire, avec les personnes avec qui nous obtiendrons la connaissance mutuelle et probablement avec qui nous réaliserons certains projets. Ça me semble très compliqué de faire des choses avec des personnes avec qui on n’a pas d’affinité. Une amie m’a demandé une fois comment on mesure l’affinité. Je lui ai répondu que plus on se connaît mutuellement, plus on se fait confiance, et plus on fait d’actions ensemble, et ainsi plus on a d’affinité.

J’en profite aussi pour envoyer un salut fraternel au groupe de Mexicali, pour le soutien reçu. Allez les gars/meufs !

C’est tout pour le moment, en espérant être en contact avec plusieurs d’entre vous (je souhaiterais que ce soit avec tous mais c’est pas possible) et j’envoie des bises à tous/toutes.

Guerre sociale pour toujours !
Vivons l’Anarchie !

Carlos López “Chivo”
1er juillet

Traduit de l’espagnol de contrainfo par camotazo, 21 juillet 2014

[Nantes] L’agence Vinci repeinte en vert contre l’aéroport de NDdL et le monde qui va avec

Ceci est une contribution au Voyage à Nantes

 Nous voulons rendre hommage à la Métropole Socialistecréative et ludique, celle de Johanna Rolland. Celle qui expulse les sans-toit, crève les yeux des manifestantEs et emprisonne les révoltéEs. Celle qui constelle les rues de caméras et de gyrophares.

Nous voulions rendre hommage à la culture subventionnée, celle de Jean Blaise et du graffiti aseptisé. Hier encore, des lieux – réellement – occupés étaient attaqués par des cohortes de policiers surarmés à Notre Dame des Landes ou dans les quartiers gentrifiés de la Métropole. Aujourd’hui, le Voyage à Nantes ouvre sans ciller une « Villa Occupada » au cœur de la ville. Nous saluons l’ironie de la démarche.

Et puisque la Métropole veut tout repeindre en vert, de l’asphalte du centre ville au béton de son projet d’aéroport, nous sommes venuEs faire éclabousser sa ligne verte sur les locaux de Vinci.

Commando Paul Bismuth fraction Jean Blaise

2 vanne

Indymedia Nantes, 29 juillet à 19h22
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Nantes : L’agence Vinci repeinte en vert par des anti-aéroport

L’agence Vinci immobilier, rue de Strasbourg, saccagée lors de la manifestation contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes le 22 février, a été la cible de nouvelles dégradations. De la peinture verte a été projetée sur la façade du local dans la nuit de dimanche à lundi. Un acte baptisé « contribution au Voyage à Nantes » et revendiqué par un certain « commando Paul Bismuth », en référence au pseudonyme utilisé par Nicolas Sarkozy. Un mail a été envoyé, hier, dans toutes les rédactions pour justifier ces dégradations. Une occasion pour ce commando anonyme émanant des militants anti aéroport de détourner la ligne verte du Voyage à Nantes, cette culture « subventionnée » et de le faire savoir.
Leur presse – ouestfrance, 29/07/2014

[Lyon/Grenoble/Chambéry] Consulats d’Italie attaqués en solidarité avec les compagnon-es No TAV en procès – 22 mai 2014

Le consulat d’Italie visé par les anti Lyon-Turin

La façade a été taguée et de l’huile et du goudron ont été renversés sur le bâtiment du 6e arrondissement de Lyon, 5 rue du Commandant Faurax.

notavLyon1

L’inscription « No TAV Liberi » est encore visible ce jeudi midi alors que les dégradations ont été commises la nuit dernière. Cette action a probablement un lien avec le procès d’opposants au projet de TGV entre Lyon et Turin qui se déroule en ce moment en Italie. Les consulats italiens de Grenoble et de Chambéry ont également été la cible des « No TAV ».

A Lyon, une enquête a été ouverte, et les images des caméra de videosurveillance devraient être exploitées pour tenter de retrouver les auteurs de ce tag.

notavLyon2

Leur presse – Lyonmag.fr, 22/05/2014 à 13h33

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Grenoble : les « No Tav » taguent le consulat d’Italie

La façade du consulat d’Italie à Grenoble, situé 15 cours Jean-Jaurès, a été taguée et aspergée de peinture dans la nuit de mercredi à jeudi. Les inscriptions apposées sur la porte demandent la libération de plusieurs activistes du mouvement dit des « No Tav », ces opposants à la construction de la ligne ferroviaire Lyon-Turin. Ces quatre personnes sont actuellement détenues en Italie pour avoir participé, il y a un an, à l’attaque d’un chantier de la ligne TGV et doivent être jugées aujourd’hui.

notavGrenoble

Leur presse – ledaubé.com, le 22/05/2014 à 09h43

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CHAMBERY Des tags signés No Tav sur l’ancien consulat italien

C’est dans ce bâtiment que les Italiens de Savoie voteront pour les Européennes.

Un acte de vandalisme symbolique sans doute, perpétré la veille de l’ouverture du scrutin européen pour les Italiens de l’étranger. Des tags et déversements de peinture ou de goudron portant la signature “No Tav “-mouvement des opposants au projet ferroviaire Lyon-Turin- tapissent depuis hier les façades de l’ancien consulat d’Italie de Chambéry. Là où les Italiens de Savoie sont invités à voter vendredi et samedi pour leurs candidats italiens.

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Leur presse – ledaubé.com, le 22/05/2014 à 21h18

[Besançon] Solidarité No TAV – 10 mai 2014

Besançon, 10 mai 2014

Tôt dans la matinée, quelques slogans et pochoirs contre la grande vitesse ont été tagués dans le centre-ville et à proximité du passage de la gare Viotte TGV, qui est en plein processus de rénovation et donc d’aseptisation. Cette petit action a été faite en complicité avec les quatre compagnon-nes No TAV incarcéré-es en Italie pour l’attaque du chantier de la grande vitesse Lyon-Turin – dont le procès s’ouvre le 22 mai prochain à Turin – et en solidarité avec celles et ceux qui luttent dans la Val Susa et qui ont manifesté ce même jour dans les rues de Turin contre leur projet dévastateur.

Liberté  pour Chiara, Claudio, Niccolo, Mattia et tous les prisonniers !

"Etat terroriste" [tr.de l'italien]

« Etat terroriste » [tr.de l’italien]

"tous libres" [tr.de l'italien]

« tous libres » [tr.de l’italien]

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Sur les murs de l'église de la Madeleine, dans le quartier Battant

Sur le mur de l’église de la Madeleine, dans le quartier Battant

Transmis par mail, 11/05/2014

[Pise, Italie] Manif antinucléaire et perquisitions

[Depuis octobre 2013 a commencé le démantèlement du réacteur nucléaire militaire expérimental du CISAM (Centro Interforze Studi Applicazioni Militari, soit Centre Interarmée de recherches en applications militaires), démantèlement qui inclut le rejet de déchets radioactifs dans le canal Navicelli (entre Pise et Livourne), qui débouche sur la Mer Méditerranée. Les déversements d’eaux (radioactives) de refroidissement de l’ex-réacteur ont continué les mois suivants et devraient finir en mai 2014.

Le 3 mai s’est déroulée une manifestation de 200 personnes organisée à Pise par des compagnons et camarades, après des mois d’agitation. Le 8 pages distribué avant la manif faisait bien sûr aussi référence à Marco Camenish et les sabotages explosifs antinucléaires en Suisse de la fin des années 70, et à Alfredo et Nicola, qui ont jambisé un responsable de l’industrie nucléaire en mai 2012 (ils ont pris 10 ans et 9 ans de taule en novembre dernier).

Quelques jours après, le 7 mai, a eu lieu la troisième série de perquisitions et mises en examen à Pise, cette fois au prétexte des dizaines de distributeurs de billets (et aussi l’école d’ingénieurs Sant’Anna) qui ont reçu de la peinture, des câbles de caméras de vidéosurveillance sectionnés, et des tags effectués pendant la manif.]

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Contre la mort nucléaire !
Non à l’eau radioactive !
Non à la militarisation du territoire !
Solidarité révolutionnaire avec les rebelles !

750 000 litres d’eau radioactive déversés dans le canal du navicelli pour mettre fin au caprice nucléariste d’une bande de militaires et de chercheurs qui, avec la complicité de l’administration municipale, de l’Arpat et autres institutions empoisonnent les territoires de manière toujours plus irrémédiable en les détruisant, avec tous les êtres vivants qui y habitent. La filière nucléaire est nuisible à toutes ses étapes. Tous le savaient, et pourtant ils ont voulu emprunter cette voie sans issue, sans penser aux conséquences, comptant sur l’apathie de la population. Nous ne voulons pas chercher de solution aux problèmes créés par ces scientifiques. Ils les trouveront eux, quand ils seront acculés par la détermination d’une opposition large et sans compromis.

Manifestation à Pise le 3 mai à 15h, piazza Sant’Antonio.

Traduit de l’italien de informa-azione, Sab, 12/04/2014 – 11:57

photos de la manif du 3 mai:

Nucleare: anarchici in corteo a Pisa, vandalismi e proteste pise2 pise3 pise4 pise5 pise6

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Pise : troisième perquisition contre les compagnons du « Garage Anarchico »

On apprend qu’aux premières heures de ce matin 7 mai, la Digos a perquisitionné plusieurs domiciles et le lieu « Garage anarchico » de Pise, plaçant sous séquestre ordinateurs, téléphones portables, papier, bombes de peinture, peinture, lampes frontales… et mettant cinq compagnons en examen pour dégradations aggravées et tags, à propos de certains actes qui se sont déroulés lors de la manifestation contre le nucléaire de samedi 3 mai.

Il est évident que les compagnons actifs dans la contre-information et l’opposition à la contamination nucléaire de la région de Pise et Livourne dérangent ceux qui voudraient mener leurs projets nuisibles dans le silence et la résignation de la population.
Pour la troisième fois en quelques mois se déroule une opération répressive* dirigée, à ce qu’il semble, par le procureur Giaconi, le même qui s’est longtemps battu pour classer sans suite l’assassinat en prison de Marcello Lonzi et qui sert aujourd’hui les intérêts du CISAM et des autorités locales, responsables du déversement d’eau radioactive dans le canal de Navicelli.

Vive la résistance contre le nucléaire !

* NdT : Le 4 février a eu lieu la première perquisition contre deux compagnons et déjà le Garage Anarchico, suite à l’irruption d’une quinzaine de personnes au siège de l’Agence régionale pour la protection de l’environnement de Toscane (Arpat) le 26 novembre 2013, qui avait donné un avis favorable au déversement de ces eaux contaminées. Des tags « Arpat assassins » et « Cisam assassins » étaient apparus à l’intérieur de ses murs. Ils sont aussi accusés de l’affiche faussement siglée des logos de l’Arpat, titré « Avis aux citoyens« , et qui avertissait les passants du projet du CISAM. Le 5 mars a eu lieu la deuxième perquisition au domicile de cinq compagnons du Garage Anarchico, au prétexte de « port et transport d’explosifs dans un lieu public ».

Traduit de l’italien de informa-azione, Mer, 07/05/2014 – 21:51

Tag du 26 novembre 2013, lors de l’irruption au siège de l’Arpat.

Tag du 26 novembre 2013, lors de l’irruption au siège de l’Arpat.

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Repris des Brèves du désordre

[Turin] Appels à mobilisation en vue du procès No TAV le jeudi 22 mai

Prisonniers No Tav sous accusation de terrorisme

Appels à mobilisation en vue du procès

  • Samedi 10 Mai: Manifestation internationale à Turin, piazza Adriano à 14h

  • Du 15 au 22 Mai: Semaine d’actions

  • Le 22 Mai: début du procès aux assises du tribunal de Turin.

A la fin de cette article, deux lettres de Niccolo et Claudio

Les No Tav luttent depuis plus de 20 ans contre la construction de la ligne a grande vitesse Lyon Turin et le forage du plus grand tunnel d’Europe dans les montagnes du Val Susa en Italie. Cette ligne TGV s’inscrit dans un schéma européen capitaliste déjà bien avancé qui, selon les logiques d’hypervitesse et d’innovation façonnent et dévastent les espaces de vie.

Ces dernières années, une multitude d’actions portées par nombre d’individus ont créés des moments de lutte intense pour continuer à renforcer le mouvement No Tav malgré la militarisation du chantier à Chiomonte en Val Susa où ils voudraient forer le tunnel. Barbelés, flics 24H24, vidéosurveillance, grilles en fer et en béton sécurisent cette forteresse mais n’empêchent pas les No Tav de continuer à manifester à des milliers ou à 50, de tenter de bloquer les machines, de pique niquer ou de saboter…

La nuit du 13 au 14 mai, une trentaine de No Tav a réussi à entrer dans l’enceinte du chantier et à incendier du matériel dont un groupe électrogène. Ce sabotage avait été soutenu publiquement par le mouvement. Sept mois plus tard, le 9 décembre le parquet de Turin met en prison 4 compagnon.nes, Chiara, Mattia, Niccolo et Claudio sous accusation d’«attentat à finalité terroriste». Le pouvoir utilise alors une loi européenne qui définit terroriste «qui, a pour objectif de contraindre des pouvoirs publics à accomplir, ou à s’abstenir d’accomplir un acte quelconque.» Une définition pouvant donc toucher n’importe quelle lutte. De fait, cette répression ne vise pas tant une action spécifique mais les années d’expériences, de force et de solidarité de tout un mouvement. La riposte à cette loi nécessite d’être large et massive.

Les 4 compagnon.nes se trouve dans des sections de Haute Sécurité dans 3 prisons différentes et dans les textes juridiques, risquent 20 ans de prison. La date du procès a été fixé au 22 mai 2014 à la cour d’assise de Turin; les parties civiles sont, entre autre, la Commission Européenne, le Conseil des ministres italiens, des régiments de policiers et de militaires, la société LTF Lyon Turin Ferroviaire dont fait partie la SNCF et Réseau Ferré de France…

Le 22 mai prochain ce sera l’occasion de montrer notre solidarité et de démontrer que cette loi n’isole ni les individus ni les luttes. Nous sommes en lutte contre des projets de dévastation et le système qui les produit, contre des dominations et les oppressions qu’elles portent; s’ils veulent utiliser la catégorie de terroriste, ce sont eux les terroristes, les pouvoirs qui saccagent, affament et assassinent partout.

Depuis les arrestations du 9 Décembre jusqu’à aujourd’hui il ne s’est pas passé 2 jours sans une initiative contre un siège du Parti Démocratique (le PS italien) quelque part en Italie, ou une filiale de la banque intesaSanPaolo (principal financeur du TAV dans le Piémont), ou une des entreprises impliquées dans la réalisation du TAV. Et puis des banderoles, des affiches, des toilettes de tribunaux bouchés, des distributeurs de billets sabotés, des trains bloqués, des protestations… qui en Val Susa et en ville, ont démontré que, sans aucune centralisation, la meilleure défense, c’est l’attaque. De mémoire on ne se souvient pas d’une telle mobilisation suite à l’incarcération de compagnon.nes. Au beau milieu de ce « cheminement », le 22 Février, journée lancée de la Val Susa en solidarité avec Chiara, Nicco, Mattia et Claudio : des milliers de personnes dans 30 villes, villages, et de nouveaux des manifs, des blocages, des banderoles et des coups de masse. Un très beau moyen de retourner à l’envoyeur les accusations de terrorisme, de demander la libération des prisonniers, de revendiquer à voix haute la pratique du sabotage. Renvoyer tout cela à la face des procureurs Padalino et Rinaudo, qui auraient voulu voir les nôtres enfermé.es abandonné.es et les gens dehors avoir peur et être découragés.

Lettre de Niccolo. Prison d’Alessandria, Italie, 2 Avril 2014.

«Ce matin, dans le couloir de la section, avant de sortir en promenade, j’ai vu par la fenêtre des détenus qui jouaient sur le terrain de foot, qui se dégourdissaient les jambes carressées d’une petite brise. Et merde comme j’aurais voulu me retrouver avec eux. Depuis la cellule je les entends encore exulter à chaque but et au pire j’aurais été content de voir le match depuis les gradins si je n’avais pas ce foutu plexiglass opaque à la fenêtre… je sais que c’est une de ces particularité autour de cette Haute Sécurité qui fait le plus de bruit. Même si nous ne pouvons pas nous rencontrer avec les autres détenus, même si beaucoup baisse la tête quand nous nous croisons par erreur lorsqu’on nous amène à la salle des avocats, même si ils nous voient comme des aliens et que les seules choses qu’ils savent de nous sont ce que leurs disent les matons ou les infamités des journaux, je sais que beaucoup d’entre eux partagent ce même fourmillement aux jambes qui nous prend dès qu’on se lève et qui ne nous quitte qu’avec la nuit.

Ici, à l’intérieur, je vis une double tension : d’un côté le calme, l’esprit détendu avec lequel affronter les journées et atténuer les éventuelles mauvaises nouvelles qui me tordent toujours plus (une lettre censurée, des demandes complètements ignorées, etc…), de l’autre, je me sens trépigner, je penses qu’il est possible de prendre des miettes d’espaces en plus pour se décongestionner ou simplement vivre plus humainement.

Un ami à moi incarcéré à Ivrea une fois m’a écrit : «à la fin, il s’agit d’une prison, il n’y en a pas une mieux qu’une autre» et, quand je repenses à mon passage aux Vallette (prison de Turin), il n’a pas tort. Dans un certain sens cela me rend plus vigoureux parce que même si je suis en régime séparé, cela veut dire qu’à la base on a les mêmes besoins. Par exemple, ici la socialité (possibilité pour des détenu-es de cellules différentes de se voir 1 ou 2 heures ensemble, ndt) se fait dans un couloir sous les caméras de videosurveillance et avec les cellules fermées, mais il serait très important de manger ensemble, entre les blagues de celui-ci et les rires de celui-là; dans une autre section ils voudront les cellules ouvertes toutes la journées, un autre voudra la cantine moins cher, un autre voudra utiliser plus souvent la salle de sport (si il y en a une) et quelqu’un voudra simplement tout…et voilà que revient constamment ce fourmillemement.

Avant les spécialistes de la politiques nous disaient que les détenus étaient tous égaux et traités comme tels, maintenant ils disent que l’un est différent de l’autre et qu’il peut s’améliorer et obtenir divers bénéfices. Dans ce petit escalier en colimaçon où chaque détenus est vissé sur ses genoux dans la tentative de rejoindre la dernière marche, je penses que les extrêmes se touchent : d’un côté ceux en régime spécial, avec plus de restrictions et une haute surveillance, de l’autre les plus communs des communs, ceux jetés dans le tout judiciaire débrdant de personnes dont tout le monde se fout.

Pour nous, c’est la loi elle-même qui dit que nous ne pouvons jouir d’aucuns permis ou privilèges, que n’importe quel changement de condition de vie ici, à l’intérieur, serait trop «dangereux». Pour les autres, c’est la machine de la prison, incessante et monotone, qui regarde simplement les demandes infinies et passe outre. Beaucoup d’entre eux viennent de contexte de rue et n’ont pas de soutien de l’extérieur, les autres sont même une grosse dépense pour leurs familles déjà en difficulté.

Les tribunaux eux aussi ne font pas une grande différence. C’est sûr, avec nous ils dépensent tellement de paroles et un gros tas d’audiences parce que le délit fait de l’audience avec ce petit mot magique flanqué par dessus : «terrorisme». Mais que dire de tout ceux qui ne peuvent se permettre qu’un avocat commis d’office, qui parfois ne se présente même pas à l’audience de validation de l’incarcération ou qui propose juste d’avouer, causant ainsi des condamnations très lourdes?

Nous sommes tous utilisés pour donner l’exemple, pour que ce niveau de suggestion contre la diffusion de la rebellion et d’une illégalité toujours plus liées à la survie quotidienne se diffuse à tous les niveaux et se maintiennent . «Etre utilisé», c’est sûrement celle-là la sensation la plus forte que tu respires quand tu entres dans le cercle de la justice, du commissariat (ou plutôt de la voiture de police qui t’emporte menotté) à la prison.

Même quand ils parlent de «vider les prisons», pour les politiques c’est juste une question de calculs et de petits jeux économiques, c’est pourquoi la question n’est pas seulement qui faire sortir et qui garder, mais aussi qui faire entrer de nouveau. Par exemple : ils ont supprimé la loi Fini-Giovanardi sur les drogues, c’est comme dire qu’au-delà de faire sortir des détenus ils devraient regarder d’un autre oeil le délit de trafic à la vue de la nouvelle récente de deux maxi rafles comme on n’en voyaient pas depuis longtemps dans un quartier de Turin pour incarcérer petits dealers et clandestins. Ce quartier, San Salvario, était une zone populaire qu’ils veulent maintenant mettre à neuf pour y mettre des gens capables de soutenir une vie de classe moyenne supérieure, pour enrichir les propriétaires, les supermarchés, etc, au détriment des vieux habitants appauvris et à éloigner. Je ne dis pas que le trafic de drogue soit bon ou mauvais, ça ne m’interresse pas, mais ce qui est sûr, c’est que ces jeunes sont la dernière roue du carosse, ils travaillent dans la rue, ils ne peuvent même pas s’assurer un loyer, ou comme un ami à moi incarcéré lui aussi avec grand style, sont contraints à décharger sur les marchés 8/10 heures par jour pour 20/30 euros, et même pas tous les jours. Dans ses yeux comme de tant d’autres jeunes que j’ai revu aussi en prison, c’est comme si on lisait une queston simple «attendre….quoi?!…pourquoi?!». Alors ils enragent et ils apprennent sur leur corps l’urgence de trouver un peu de complices, de communiquer, de s’unir.

Il faut dire que nous, incarcéré pour la lutte NOTAV, nous sommes un peu gaté du soutien, de l’affection et de la solidarité, pas seulement des amis plus proches, mais d’une marée de personnes différentes et bigarrées qui hurlent pour notre liberté et renvoient à l’envoyeur cette répression en continuant à créer divers problèmes.

Je disais par contre que la chose la plus forte est ce sentiment d’être impliqué : en prison tout se joue sur la répétition, sur la perception que rien ne peut être différent, comme en dehors de l’espace et du temps, mais cela, pour autant d’une maudite efficacité, est une illusion. Ces personnes là dehors m’aident à rompre l’enchantement parce qu’ells me racontent comment change leur monde, surtout comment ce sont elles-mêmes qui le modifient. Les choses vont de l’avant et ce n’est pas pour cela je dois être mal : c’est mieux de jouir et de souffrir ensemble que de chercher à rester dans une bulle et espérer que tout passe de manière indolore. La taule te laisse des traces, te laboure comme un scalpel très fin et imperturbable, surtout quand tu ne t’en rends pas compte et que tu penses être en paix à avoir pris les distances de tout et de tous.

En en parlant avec beaucoup, l’idée et la sensation que la misère ici, à l’intérieur, privé de tout, n’est pas tant différente de celle de dehors, sont de retour ; mais il y a qui réfléchit, jour après jour et avec tous les riques que cela comporte, de comment utiliser au mieux le temps libre qu’il lui reste entre les mains – aussi parce qu’il a perdu son travail et n’entre plus dans les magasins, ne va plus au cinéma, à peine va au bar pour se permettre un café – pour chercher d’autres comme lui et ne plus dépendre des règles du jeu. Moi je penses à eux tous et me dis : »Je devrais moi aussi faire ma part, même seulement trouver un mode pour résister et en sortir à tête haute, devant les «frères» d’aujourd’hui et de demain.

Niccolo»

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30 Avril. Turin. Manifestation en solidarité avec Claudio, Chiara, Mattia et Niccolo dans les quartiers de Porta Palazzo et Barriera di Milano. Les salves de pluie battantes ont convaincu rapidement les compagnon-nes à transformer le rassemblement du jardin de via Montanaro en une petite manif très bruyante / pas une minute sans choeur ou slogan, la police se tient discrètement à distance, mais après de nombreux tags sur les murs, tramways et poubelles puis le siège du Parti Démocratique de via Montanaro recouvert de peinture, les fourgons plein de flics antiémeute se font plus proches et pressantes, même si au final aucuns contacts n’a lieu et que les hommes de la police politique s’en tiennent à tourner film sur film. Petit à petit le ciel s’éclaircit et, en plus de distribuer des centaines de tracts aux passant-es un peu moins rare et de coller des affiches, quelques interventions sont faites au mégaphone. D’un balcon un inconnu hurle «Nicco Libero!». A la fin le soleil apparait vraiment quand les manifestants ouvre le protail d’une friche ex-Gilardi au Pont Mosca pour faire une énorme fresque murale et encore quelques discours.

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Lettre de Claudio. 1er Avril 2014.

Aujourd’hui, Claudio avait une audience au tribunal de Turin pour une autre affaire. Sous des prétexte de sécurité, la Justice et l’Administration pénitentiaire l’ont contraints à assister à l’audience via la videoconférence, technique de plus en plus utilisée…Cette lettre a été écrite juste après l’audience.

Plus d’informations en italien sur le site autistici.org/macerie

Je suis en rogne pas qu’un peu, beaucoup. Disons énormément. En fait trop énervé. Il y a 1 heure à peine j’ai fait la vidéo-conférence. Une pitrerie. Humiliante en certain aspects. C’est inutile de la cacher, cette date je l’attendais depuis longtemps. La vie ici à l’intérieur est monotone, comme on l’imagine, on se raccroche à ces échéances. Je compte les jours. Je l’admets. Dans un mois j’ai cette audience. Une semaine, 2 jours. 1 jour. Cette nuit je n’ai pas dormi. J’étais agité. A 3 heures je me suis mis à lire «la vrai histoire du capitaine long jhon silver». Résultat ce matin j’avais des cernes de la madonna.

J’ai cherché toutes les techniques pour avoir une tête présentable. Au moins que les compagnon-nes puissent voir que j’allais bien. Sûrement je savais que ça aurait été une désillusion mais j’ai voulu espérer que quelquechose arrive. Puis vers 9h20 l’inspecteur est venu me chercher. Je me suis dit que je ne ferais pas un voyage jusqu’à Turin, mais je verrais une autre partie de la prison. La mini salle de la vidéo-conférence n’est distante pas plus de 20 mètres de la section.

Avant ils m’ont mis dans une cellule de sécurité. Je me suis alors rendu compte que dans la prison il y a même des petits jardins plus ou moins entretenus, eet que dehors il y avait des arbres, je ne sais pas lesquesl, mais le vent faisait bouger les feuilles. Déjà, il y a déjà des feuilles, le printemps est arrivé tôt cette année. Puis ils m’ont emmené dans la petite salle. Une salle normale avec deux bureaux, un pour l’inspecteur, l’autre où je me suis assis avec un beau télévisuer lcd et une télécaméra au dessus. Eh à me voir à la télé j’étais à peu près présentable. A peine je suis en direct un salut fort aux compagnon-nes. J’avais réfléchi sur quoi faire, quoi dire. Un salut avec le poing levé, parce que ça me plait saluer comme ça. Puis je prête attention à la salle d’audience du tribunal, la télé est dirigé seulement vers le juge. Que je me sens crétin, j’ai salué seulement le juge. J’aurais voulu montrer un salut à 39 ou 41 dents, mais vu que seul le juge peut me voir je resterais sérieu, je ferais le prisonnier sérieu. Sur la télé j’apparaît moi dans un cadre petit et puis on voit la salle d’audience du tribunal, 10 secondes le juge et 10 secondes les compagnon-nes, les avocats, et la procureure (moche comme une moche). La salle d’audience est grande, pratiquement déserte. J’essais de reconnaitre les compagnon-nes parce que la qualité est pourrie. Ces caméras quand elles doivent fonctionner font la petite définition.

Putain de merde. Novaro (son avocat, ndt) n’est pas là. Les compagnon-nes sont peu nombreux-ses. Illes font l’appel : O, M et C? Peu nombreux-ses mais bons, euxelles aussi ne blaguent pas. Putain je voudrais bien les voir. Voir combien illes ont vieillis. Ahah. Je ne comprends pas bien la disposition aussi parce qu’ils ne me font voir seulement le juge. Mais qui s’en préoccupe. Alors M je la reconnais parce qu’elle gesticule beaucoup. C a sa posture habituelle à bras croisés. J’ai plus de difficultés à reconnaître O parce qu’il était en bordure d’écran.

(…)

L’audience est renvoyée au 7 avril, c’est pas plus mal parce on avait réclamé du temps pour le procès. L’avocat introduit O qui fera une déclaration. Le garçon de sardaigne se lève les poings sur la table, parce que lui est épais, et commence à parler fort et décidé. Immédiatement la procureure l’interrompt et perturbe le texte duquel je ne comprends seulement que les premiers mots.

Quelle merde. En tout cas le bon O fait une face brutale, il s’est coupé les cheveux, je penses à lui quand il se levait lors des interrogations à l’école, cette fois ça s’est carrément mieux passé. J’espère que le texte qu’il lisait n’était pas seulement son oeuvre. Tou-tes en jambes. Illes se lèvent et s’en vont en me saluant. Je dois admettre qu’illes sont vraiment beaux-belles mes compagnon-nes.

J’éprouve énormément de rage dedans. Je sais de l’immense force que me voudraient donner tous et toutes et je suis assis ici comme un blaireau dans cette foutue taule. Que l’administration pénitentiaire aille se faire foutre, que la prison, que les juges, que eux tous aillent se faire foutre.

L’inspecteur dit que c’est fini, qu’il faut retourner en section, j’écarte un rideau pour regarder dehors, lui s’en rend compte et me dit que si je veux il me fait regarder même de l’autre côté. Non merci. Nous passons à côté de l’infirmerie, il y a un détenu des parties communes, panique. Je le salue. Et me voilà de nouveaux les mêmes 4 murs. Encore une fouille. C’est bon. Le spectacle pour aujourd’hui est fini.

Claudio, 1er Avril 2014.

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LIBERTE POUR CHIARA, NICCOLO, CLAUDIO, MATTIA

LIBERTE POUR TOUTES ET TOUS

Pour leur écrire

  • Mattia Zanotti et Niccolo Blasi, Casa di Reclusione, Via Casale San Michele 50, 15100
  • Alessandria Chiara Zenobi, Casa Circondariale Rebibbia, Via Bartolo Longo 92, 00156 Roma
  • Claudio Alberto, Casa Circondariale, Via Arginone 327, 44122 Ferrara

Pour s’informer et diffuser :

  • En français :

notavfrance.noblogs.org

feualagrandevitesse.noblogs.org

  • En italien :

autistici.org/macerie

informa-azione.info

Tracts-brochures-lettres diffusés lors de la manifestation de Nantes du 22 Février: COMPTE RENDU DE LA JOURNEE DE SOLIDARITE AU MOUVEMENT NOTAV et quelques nouvelles des compagnon.nes incarcéré.es…

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Un montage audio de 29 minutes à diffuser et à télécharger sur les arrestations des 4 compagnon-nes en rapport à la lutte No Tav

ps : une seule erreur dans l’enregistrement : la date du procès prévue le 14 mai a été reportée au 22 mai

Transmis par mail, 6 mai 2014

[Italie/No TAV] Notre meilleure défense c’est l’attaque ! (du 22 février au 2 avril 2014)

Alors que Niccolo, Chiara, Claudio et Matteo sont emprisonné-e-s depuis plusieurs mois pour une attaque du chantier à Chiomonte, le parti démocrate au pouvoir et les entreprises travaillant pour la ligne à haute-vitesse Lyon-Turin reçoivent des visites vengeresses depuis début janvier – ces différentes actions de solidarité avec les compagnons et les attaques contre ces collabos ont lieu partout à travers l’Italie depuis janvier dernier (on peut aussi voir celles qui se sont passées en France et en Italie durant les mois de janvier et février ici). Face à la répression, notre meilleure défense c’est l’attaque ! 

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Dans la matinée du 22 février à Bergame, un groupe de compagnons No TAV débarque devant une banque ‘Intesa San Paolo’ avec des fumigènes afin de perturber le calme de la consommation. Avec une banderole disant « San Paolo dévaste et saccage la terre et la vie – NO TAV libres », les solidaires distribuent des tracts et font des discours au haut-parleur pour expliquer aux passants la responsabilité de cette banque dans la dévastation de la terre et des territoires.

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Bologne, le 22 février 2014: durant plusieurs heures dans le hall de la gare, passants et voyageurs ont pu lire sur une banderole attachée à des ballons d’hélium: « No TAV – Tous libres »

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Bari, le 23 février: durant la nuit, un local du parti démocrate est repeint de slogans No TAV.

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Dans la nuit du 22 au 23 février à Turin, quelques heures après la manif spontanée en solidarité avec Claudio, Chiara, Matteo et Niccolo, plusieurs banderoles No TAV sont suspendues à travers la ville. 

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A Pise le 23 février: tags sur les locaux du parti démocrate

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acqua_castellamonteDans la nuit du 25 au 26 février à Castellomonte, des slogans contre le TAV et en solidarité avec les quatre inculpés pour terrorisme ont été inscrits sur un distributeur d’eau.

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Dans la nuit du 3 mars à Venise, quatre bouteilles de liquide inflammable reliées à une minuterie sont déposées contre NCB Scrl di Torre di Mosto, entreprise spécialisée dans la construction d’appareils de forage, utilisés entre autre sur le chantier de Chiomonte. 

Mais à cause des fortes pluies, le dispositif incendiaire ne s’est pas déclenché. 

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103540560-9bd75d24-3c36-4458-a23e-246d99588c7a1Dans la soirée du 6 mars à Turin, une manif No TAV a lieu alors qu’au même moment se tient une réunion conviée par l’ANPI entre l’ancien juge Caselli, un stalinien du PCI et un responsable du PD sous forte protection policière. Toutes ces crapules diverses de la gauche se réunissent pour parler du danger que représente la frange anarcho-insurrectionnelle au sein de la lutte No TAV,  ainsi que du retour du terrorisme en Italie.

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Le 8 mars à Turin, un drapeau et une banderole contre le TAV sont accrochés sur la porte d’entrée du « Cercle Risorgimento » rue Poggio, qui abrite une section de l’ANPI: celle-ci est impliqué dans l’organisation d’un débat très contesté deux jours avant.

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Le 9 mars devant la prison de Ferrara, 50 personnes expriment leur solidarité avec les compagnons Niccolo, Claudio, Alfredo et Adriano par des tirs de feux d’artifice, musique, discours et slogans. Tous sont enfermés dans le quartier de haute-sécurité.

Après plus de 3 heures à exprimer la solidarité, des compagnons se rendent compte que deux de leurs pneus sont crevés. Mais ils ont réussi à en retrouver rapidement et à s’enfuir sans encombres….

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Le 14 mars à Rovigo: deux pelleteuses et trois tracteurs de Pato Perforazioni di Occhiobello, entreprise qui participe aux fouilles du TAV, sont incendiés. Les dégâts pour ses collabos du TAV se chiffrent à 250.000 euros.

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Le 15 mars, les visiteurs du site internet du tribunal de Turin peuvent lire des messages anormaux en référence à la lutte No TAV.

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Le 21 mars à Turin, le siège du Parti Démocrate situé rue Masserano reçoit de la peinture rouge en pleine face. On peut également lire les slogans « le terroriste est celui qui expulse, déporte et dévaste les territoires », « PD = police », « les terroristes, c’est vous » ou encore « non aux expulsions ». Suite à cette nouvelle attaque colorée, les cadres du PD se plaignent publiquement à travers les médias des multiples attaques dont ils ont été la cible ces derniers temps.

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Le 22 mars à Forli, sur les murs du siège du parti démocrate, on peut lire « PD, complice du TAV« .

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Le 26 mars à Consenza, l’ancien proc’ Caselli, qui prenait part à une réunion à l’université sur « les mafias, les institutions, les pouvoirs », a été accueilli par plusieurs banderoles disant entre autre « Tous libres maintenant » ou encore « De la Calabre au Val Susa, nous sommes tous No TAV »

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pd_borgovittoria_vetrirottiTurin, le 2 avril: le siège du parti démocrate de Borgo Vittoria rue Colautti 2, a eu ses vitres pétées. Un tag « No TAV » a été laissé à l’entrée du bâtiment. Les têtes du PD demandent à ce que leurs locaux soient placés sous surveillance continue de la police.

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Bologne, le 2 avril: le siège du PD situé rue Orphéo a été attaqué durant la nuit. L’entrée côté rue Orpheo a été barricadée avec des chaînes, tandis que les murs et les vitres ont été souillés de peinture. On peut aussi lire en grand  » Pas d’expulsions, pas de TAV, pas de Parti Démocrate – merde ». Sur les murs côté rue Bentivogli, un tag dit « les terroristes c’est vous, merde – Vous paierez tous ». De l’huile a également été balancé sur les murs extérieurs.

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Toutes ces brèves ont été librement traduites de l’italien de macerie

Chantiers collectifs à la grange de Montabot

Suite à l’assemblée antinucléaire et antiTHT du Grand Ouest qui s’est tenue le week end des 11 et 12 janvier 2014, une info sur les différents chantiers des prochains à mois à la grange de Montabot, afin d’inscrire les dates à vos agendas.

L’hiver ne nous pousse pas à hiberner, mais bien plus à envisager avec joie le printemps et toutes les réjouissances qui vont l’accompagner.

Après le chantier élagage qui s’est déroulé du 24 février au 1er mars 2014, nous poursuivons avec différents chantiers participatifs pour pouvoir au mieux et au plus vite accueillier les différentes activités, rencontres, etc.

Ces chantiers participatifs ne demandent pas de compétences particulières, puisque qu’il y aura quelques personnes qui ont déjà pratiqués les travaux à effectuer. Des listes de matos pour les différents chantiers devraient suivre.

Ces moments, seront le lieu de rencontres, de discussions, de projections de films, de bonnes bouffes, de complotages, de ballades dans le pays vallonné de Montabot / Le Chefresne.

La grange est un espace qui appartient à toutes et tous, à chacun-e de lui donner vie et perspectives (implication dans le vie locale, point de fixation pour faire vivre des luttes, centre de ressource, lieu de rencontres et d’expression…)

La grange utilise un mode de fonctionnement autogéré et un soin particulier est apporté à l’autosuffisance de la maison afin de ne pas subir les affres de ceux qui amènagent nos vies et l’on combat.

Vous êtes les bienvenues dans un pays qui se rappelle encore que résister (à la construction de ligne THT Cotentin Maine au Chefresne et ailleurs) peut créer de nouveaux espaces de rencontres et de solidarité.

A tanto.

Voir l'affiche en PDF

Voir l’affiche en PDF

Contact : 06 51 67 94 44 ou montabot[arobase]riseup.net(pour que chacun et chacune puisse indiquer sa venue afin que l’on organise au mieux la logistique de ces divers chantiers !)

Pour celles et ceux qui veulent imprimer et coller/distribuer des trats/affiches : la version pdf.

le site: antitht.noblogs.org

[Rochefort, 17] Manif contre le projet d’incinérateur de Vinci à Echillais – Samedi 15 mars 2014 à 14h30 place Colbert

Partout sur le territoire, de grands projets se dessinent. Aéroports, incinérateurs, autoroutes, Lignes à Grande Vitesse, stades,  rocades, etc. On nous les présente toujours comme “le progrès”. Ils sont généralement défendus par la même bande de professionnels (Vinci, Bouygues, Véolia) et de politiciens (PS, UMP, FN, PCF et consorts). Bien entendu, ces projets sont tous liés. Si l’incinérateur d’Echillais se construit, on fera l’aéroport de Saint-Agnant pour “permettre une meilleure revalorisation” de l’énergie produite, puis une voie de coutournement Est pour désengorger la ville et, bien sûr, l’autoroute Fontenay-le-Comte – Rochefort pour la désenclaver. Si on laisse faire tout ça, Rochefort deviendra une métropole sans âme et sans vie comme la plupart des villes occidentales. Car quand ils disent apporter le progrès, c’est en fait des déserts qu’ils créent.

Partout sur le territoire, bien heureusement, des luttes apparaissent contre ces projets. Des associations se montent, des collectifs se créent, des terrains et des maisons sont occupées, des chantiers sont sabotés ou bloqués, des actions et des manifestations s’organisent et des liens se tissent. Ces liens sont importants, car, en plus de nous donner la force nécessaire pour combattre nos ennemis, ils mettent à mal, par leur simple existence, l’idée du monde que ces ennemis voudraient nous imposer. Alors ne les brisons pas ces liens, retrouvons-nous pour les solidifier jusqu’au jour où ils seront assez forts pour faire trébucher l’immonde machine capitaliste qui nous fait face.

SAMEDI 15 MARS : MANIFESTATION CONTRE L’INCINÉRATEUR
À 14 HEURES 30 PLACE COLBERT À ROCHEFORT (17)

Animations, stands, soupe et vin chaud dès 11 heures. La manif sera suivie d’un goûter, d’un déversement publicitaire (apportez vos prospectus) et de concerts, sur la Place Colbert. Nous nous retrouverons également le soir, pour fêter la fin du projet, au bar “La Bigaille” à Marennes, avec un concert de Prince Ringard et des Bayrouriers Noirs (PAF 4€).

Télécharger le tract au format PDF (recto/verso)

Affiche 15M

Comité de Lutte Contre l’Incinérateurclci[At]riseup.net

Reçu par mail, 6 mars 2014

[La ZAD est partout] De Sydney à Nantes, résistance et sabotage – 22 février 2014

Dans la soirée du 22 février, nous avons vandalisé le siège social ‘Vinci’ et leur filiale ‘Advitam’ dans la zone industrielle de Seven Hills à l’ouest de Sydney.

A Nantes le 22 février 2014

A Nantes le 22 février 2014

Quelques fenêtres ont été brisées, et les slogans « Contre Vinci et son monde » et « ZAD partout » ont été peints.

Ce petit acte a été fait en réponse à l’appel à des actions en solidarité avec la grande lutte de Notre-Dame-des-Landes en France, contre un aéroport que Vinci s’est engagé à construire.

Durant les deux dernières années, les gens ont occupé et défendu les champs désignés pour le projet. La région autonome maintenant connue comme la ZAD a repoussé les assauts vicieux de la police et a construit des centaines de cabanes et de jardins, qui ont logé et nourri des milliers de zadists et de soutiens internationaux.

Vinci est une entreprise de développement mondial engagé dans des projets à travers la planète, y compris la construction d’une autoroute à travers l’une des dernières forêts à Khimki en Russie que des compagnons se sont battus à défendre.

Dans le monde entier le capital recherche les ressources et industrialise les derniers vestiges de la nature sauvage. Des aéroports aux autoroutes, des mines de charbon aux lignes ferroviaires à grande vitesse, n’importe quel niveau de destruction de l’environnement et de déplacement de communauté est acceptable pour un projet jugé important pour la «croissance économique» et l’accroissement des flux de marchandises.

En ce moment, homme d’affaires et politiciens des principaux partis d’ici discutent fébrilement des plans pour l’expansion de l’aéroport de Sydney avec deux nouvelles pistes à Botany Bay, la construction d’un nouvel aéroport à ‘Badgerys Creek’ dans l’extrême-ouest de Sydney et également la construction d’une ligne ferroviaire à très haute vitesse reliant l’aéroport de Canberra à Sydney.

Dans l’ensemble du territoire revendiqué par l’Etat australien, le développement industriel, de l’uranium aux mines CSG sont en expansion à une vitesse exponentielle. Sans tenir compte des préoccupations locales sur la destruction des nappes phréatiques et la qualité de l’air, ainsi que des préoccupations mondiales sur le climat, les patrons de l’industrie et leurs politiciens peuvent seulement offrir des campagnes de mascarade écologique et de perspective pathologique d’emplois.

La seule façon de vaincre ces développements c’est grâce à notre lutte collective et combative contre le capital en défense de notre base terrestre commune.

De Botany Bay à Heathrow
De Badgerys Creek à la ZAD
De Canberra au Val Susa
De la Tarkine à Atenco
De Boggarbri à Hambach
De Goongera à Gérone
De Roxby Downs à Carélie du Nord
De Nauru à Lampedusa
De prison en prison

Résistance et sabotage !

Traduit de l’anglais de indymedia australia/sydney