Archives pour la catégorie grèves

[Cuers, 83] De l’utilité du sabotage en période de grève – 14 juin 2014

Alors que la grève des cheminots -débutée mercredi 11 juin- est reconduite de sûr jusqu’à lundi 16, on apprend par la presse du parisien qu’un petit geste est venu amplifier cette perturbation des flux ferroviaires. D’après la SNCF, qui d’ailleurs s’efforce d’embaucher des jaunes en cette période tumultueuse sur le réseau*, ce sont des installations éléctriques sur la ligne Marseille-Nice qui ont reçu des tirs de carabine sur les coups de 19h samedi 14 juin . Le caténaire endommagé, situé près de Cuers, a immédiatement interrompu le trafic et deux TGV qui transportaient environ 2300 passagers ont été immobilisés. La SNCF a annoncé qu’elle portera plainte.

Reformulé de la presse poubelle du 15/06/2014

NdB:

* la direction a du mal à dissimuler l’ampleur de la grève en annonçant près de 20% de grévistes sur l’ensemble du réseau, tout en étant obligée d’embaucher des jaunes cadres de la SNCF pour conduire des trains (« le service minimum » oblige!^^), comme elle semble l’avoir fait à Nevers ce samedi 14 juin. La CGT locale fait son plan comm’ auprès du grand public (et donc des hommes d’affaires, des touristes, des travailleurs honnêtes, etc…) avec leurs vieux refrains du « vous voyez, la direction a provoqué le blocage total du trafic en employant un type qui n’y connaissait rien à la conduite, ce que même les grévistes ne font pas« . Et donc de cracher publiquement sur le blocage qui est un des nombreux moyens de lutte contre les dominants (Le communiqué de la CGT est consultable sur ce site ouvriériste: tps://communismeouvrier.wordpress.com/2014/06/15/incident-ferroviaire-incroyable-mais-vrai-a-nevers)/La journée a pu se terminer par ce sabotage anonyme qui rappellera à ces saloperies qu’en période de grève, le sabotage permet de se foutre entièrement de la volonté des patrons de faire appel aux jaunes et d’interrompre, ne serait-ce que momentanément, les flux du capital (humain comme matériel).

[Brésil] Sur la guerre sociale en cours à l’approche du mondial de football

Les protestations contre la coupe du monde de foot et son monde continuent au Brésil, malgré les efforts répressifs de l’Etat. 

L’Etat brésilien a lancé de nombreuses opérations policières et  à travers le pays pour chasser les indésirables à l’approche de la coupe du monde de football, avec notamment les flics des UPP (Unités de Police Pacificatrice) créées en 2009 spécialement pour les favelas. Le processus de gentrification fout chaque jour des milliers de personnes à la rue, cherchant à dégager toujours plus loin les pauvres se trouvant en périphéries des stades du mondial. Dans les quartiers pauvres, les loyers augmentent en même temps que s’accroissent les grands projets urbains de l’Etat.

Cet événement sportif et touristique a permis aux promoteurs et aux propriétaires d’augmenter violemment le prix des loyers: à la fin mars, des milliers d’habitant-es du quartier ‘Engenho Novo’, dans la zone nord de Rio de Janeiro, ont occupé un gigantesque terrain de plus de 50.000 mètres carrés, sur lequel se trouve les locaux insalubres de la Oi, une entreprise de télécommunication, abandonnés depuis au moins 8 ans. Plus de 5000 personnes ont investi ces espaces en construisant de nouvelles baraques. 

Le 11 avril dernier, après que l’entreprise ait rapidement saisi la justice, l’Etat a réagi en envoyant plus de 1650 flics antiémeute pour expulser les occupant-es. Cette opération répressive ne s’est pas faite sans résistance, car des bouteilles et des pierres ont atterri sur les véhicules blindés de la police. Des autobus et des véhicules des médias de la désinformation sont également partis en fumée. (On peut voir une vidéo d’une manif nocturne à Rio peu de temps après l’expulsion du terrain réquisitionné à Telerj.) Dans la foulée, près de 500 personnes parmi les expulsés ont occupé la préfecture de Rio et la solidarité envers les expulsé-es s’est rapidement exprimée par des apports de nourriture, d’eau et de vêtements. Des jouets récupérés ont été mis gratuitement à disposition des enfants. Lundi 14 avril, les flics ont violemment chargé les manifestant-es, faisant plusieurs blessé-es. 

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A Sao Paulo, les manifs contre le mondial ont de nouveau eu lieu, en dépit de la forte répression policière de ces derniers temps. Le 16 avril, plusieurs personnes ont été arrêtées par les flics, dont une jeune femme enceinte qui a été violemment interpellée alors qu’elle venait de s’évanouir:

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"Il n'y aura pas de coupe"

« Il n’y aura pas de coupe »

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Du nord au sud de Rio de Janeiro, les habitant-es des quartiers pauvres vivent en permanence sous occupation policière et militaire, les assauts des milices de l’Etat contre la population sont quotidiens et se traduisent comme d’habitude par des morts. Un jeune de 18 ans, Fernando, qui venait de se faire expulser de son logement sur la gigantesque occupation sauvage à Telerj, est mort écrasé par une voiture de police alors qu’il traversait la route. L’organe de propagande étatique, oglobo, a immédiatement tenté de justifier cet énième meurtre en qualifiant le jeune de « voleur » parce que noir. Fernando était étudiant de Manguinhos et a activement participé à l’occupation de la préfecture suite à l’expulsion à Telerj le 11 avril dernier. 

Un flic pointe avec son arme un-e habitant-e d'une favela à Rio

Un flic pointant  son arme à travers la fenêtre d’une habitation d’une favela au nord de Rio

Peu de temps avant à Mare, toujours dans le nord de Rio, un autre jeune avait été tué par les flics. Et on apprend par la presse que deux autres personnes ont été tuées par les flics: un jeune homme, âgé de 25 ans, a été retrouvé mort roué de coups mardi 22 avril dans la crèche de la favela Pavao-Pavaozinho après avoir été pris en chasse par les flics (il semblerait qu’en fait il ait été tué par balles, [Mis-à-jour 24/04/2014 à 12h43]). Plus tard dans la soirée, des émeutes ont embrasé la zone pauvre du quartier touristique Copacabana, et la rage a pu s’exprimer collectivement contre la police, qui a riposté par des tirs à balles réelles. Dans les affrontements, un manifestant de 27 ans a été tué par les flics d’une balle en pleine tête.

Un autre point qui n’est pas abordé ou très peu par les médias: la lutte des travailleurs dans le BTP. Plusieurs grèves ont eu lieu sur divers chantiers, parfois massives, pour exiger une amélioration des conditions de travail et de meilleurs salaires. Plusieurs chantiers du mondial ont pris pas mal de retards grâce à ses conflits.

Les entreprises qui collaborent activement avec toute cette merde sont connues et s’affichent clairement sur le site de la FIFA (dont le siège principal se trouve en Suisse : FIFA-Strasse 20, P.O. Box 8044 Zürich, Switzerland Tél: +41-(0)43 222 7777, Fax: +41-(0)43 222 7878) :

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On remarque la présence de la banque ‘Itau’, qui s’est mangée pas mal de coups et de saccages l’an dernier lors des manifs contre le mondial.

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Repris d’articles de revolution-news et de leur presse

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Tournée européenne contre la coupe du monde de foot au Brésil

B_MDu 24 avril au 14 mai 2014, est organisée en Europe une tournée d’information et de soutien au mouvement contre la coupe du monde de football au Brésil. Le but de cette tournée est de présenter la situation actuelle dans ce pays, d’expliquer l’existence des forts conflits sociaux et de soutenir les mouvements de révolte. L’idée est de proposer une présentation-discussion en présence de personnes du Brésil. Quelques films documentaires seront projetés au sujet des luttes en cours.

Cette tournée envisage aussi de récolter de l’argent pour soutenir le mouvement contre la coupe du monde de 2014 au Brésil. Les dernières expériences de révolte dans le pays et les lois spéciales de sécurité nationale qui seront appliquées pendant la coupe du monde montrent que la répression sera très forte. Dans plusieurs villes, des caisses de solidarité se sont formées pour se préparer face à la répression pendant la coupe du monde. L’argent récolté pendant cette tournée sera envoyé à l’Anarchist Black Cross de Rio de Janeiro et servira à payer des amendes et des cautions pour les personnes arrêtées, le coût des procès en justice et les besoins des personnes éventuellement en prison. Ce collectif est en lien avec d’autres caisses de solidarité dans plusieurs villes, cet argent sera redistribué et envoyé à d’autres villes si besoin.

Pourquoi on dit non à la Coupe du Monde 2014 au Brésil?

Il est prévu que la prochaine Coupe du Monde se passe au Brésil en juin 2014. Cependant, un gros mouvement social s’y oppose depuis quelques années. Ce mouvement a pris de l’ampleur et est devenu visible aux yeux des médias internationaux quand, en juin 2013, une révolte massive a enflammé le pays. Un mouvement contre la Coupe du Monde peut sembler étonnant “au pays du football” ; pourtant, plusieurs mouvements de révolte ont éclaté partout au Brésil car la restructuration des villes pour rentrer dans le modèle de la FIFA, ou dans un modèle « touristique » a accentué l’exclusion des populations les plus pauvres.

Malgré le fait que le gouvernement essaye de créer l’image d’un pays en voie de développement accéléré et qui réussi économiquement, les inégalités sociales restent très marquées. La Coupe du Monde de 2014 et les Jeux Olympiques de 2016 au Brésil seraient les résultats visibles de cette réussite économique pour le gouvernement. Les autorités essayent alors, à tout prix, de créer la vitrine d’un pays qui se modernise, qui augmente les niveaux de vie, et où règne la paix sociale. Ce sont les populations les plus pauvres qui vont payer le prix de cette image. Les villes sont aseptisées, les quartiers pauvres sont “pacifiés” (ce qui signifie mis sous contrôle militaire), plusieurs quartiers sont détruits et les populations sont déplacées plus loin des centres villes, la gentrification augmente et le coût de la vie devient extrêmement cher dans les centres urbains. Cette situation mène à une grosse insatisfaction populaire et éclate en révolte. Cette révolte est violemment réprimée par les autorités.

Quelle est la réponse du gouvernement aux mouvements de révolte?

Depuis l’année dernière la police réprime violemment les manifestations ; avec des matraques, des bombes lacrymogènes, des bombes assourdissantes, des flash balls, des tasers, et parfois des balles réelles. Il y a aussi des arrestations en masse. Les médias collaborent en présentant les manifestants comme des personnes violentes, des casseurs. Les personnes arrêtées pendant cette période ont déjà été inculpées par les Lois de Sécurité Nationale (lois anti-terroristes qui datent de la dictature militaire) et les lois contre le crime organisé. Ce sont les outils utilisés par la répression jusqu’à maintenant.

En ce moment le parlement se dépêche de voter de nouvelles lois anti-terroristes avant la Coupe du Monde qui pourront définir les manifestations comme des actes terroristes. Ces lois créent aussi une nouvelle pénalisation pour attentat contre « des choses matérielles » qui peut aller jusqu’à 20 ans de prison. Au delà des manifestations, une bonne partie de la population pauvre des grandes villes est constamment réprimée par les forces de l’ordre des seuls faits d’être pauvre, noire et de vivre dans une favela. Le nettoyage ethnique et les occupations militaires de quartiers arrivent plus souvent lors des gros événements internationaux. Dans ce contexte, les mouvements Contre la Coupe du Monde se préparent face à la répression.

Contact: cruznegraanarquista[email protected]@@riseup.net

24 avril – Transfo / Paris (France)
25 avril – L’Insoumise / Lille (France)
26 avril – Acrata / Bruxelles (Belgique)
28 avril – NY-Bethanien / Berlin (Allemagne)
29 avril – Berlin (Allemagne)
4 mai – Ateneo / Most (République Tchèque)
6 mai – Sale / Prague (République Tchèque)
8 mai – Cafe Utopia / Wroclaw (Pologne)
14 mai – Zemsta / Poznan (Pologne)

D’autres dates sont en attente de confirmation (à Leipzig, Amsterdam, etc.).

[Le tract/affiche est téléchargeable en PDF ici-même: recto / verso.]

Repris de squat.net

[Seattle, USA] Sabotage de DAB en solidarité – 9 avril 2014

Mercredi 9 avril. Durant la nuit 3 distributeurs de billets ont vu leur fente à carte de crédit scellée. Ceci en solidarité avec les grévistes de la faim en centre de retention et pour Amélie Fallon et Carlos. (voir ici – anglais et espagnol - et )

- Des anarchistes

Traduit de 325 par sans papiers ni frontières

[Italie] Le ministère de l’économie attaqué, affrontements avec les flics et les fascistes – Rome, 19 octobre 2013

Ce samedi 20 octobre 2013 à Rome, une manifestation a été appelée piazza San Giovanni, où ont convergé plusieurs luttes (No TAV, sans-papiers, sans-abris, étudiants, squatters, chômeurs…) contre un énième plan de restrictions budgétaires pour l’année 2014 adopté par le parlement mardi dernier.

La manif, qui a rassemblé près de 70.000 personnes, est rapidement partie en émeute:  plusieurs départs de feu, dûs aux nombreux feux d’artifice, pétards et fumigènes allumés, ont accompagné le cortège tout le long du parcours. Des barricades de poubelles ont été incendiées devant le ministère de l’économie.

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D’après les flics, deux groupes de manifestants cagoulés (de 150 à 200 personnes) étaient présents parmi le cortège. Un des deux groupes, armés de bâtons et de clubs de golf, est allé au contact physiques avec les forces anti-émeute.

Des oeufs, pétards, fumigènes, pierres et bouteilles ont volé en direction du ministère de l’économie et des finances, et ont naturellement atterri sur les flics de la Guardia Finanza, qui protégeaient le bâtiment (certaines sources parlent aussi de jets de cocktails molotov). Les vitres d’une banque Unicredit des environs sont tombées sous les coups des manifestants. Peu de temps avant, un véhicule blindé a été attaqué à coups de pierres par un groupe cagoulé.

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De nombreux tags ont été inscrits sur les murs de la ville. Certains d’entre eux faisaient référence à l’assassinat de Carlo Giuliani par la police en 2001 à Gênes lors du contre-G8.

Selon les médias du pouvoir, quinze manifestants ont été arrêtés et huit flics ont été légèrement blessés lors de cette journée.

On a pu également voir les fascistes de la CasaPound prêtés main forte aux agents de la répression, comme le montre la photo ci-dessous:

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Les fascistes de la casapound placés sous protection policière

Un groupe de manifestants s’est détaché du cortège pour s’approcher de la CasaPound où plusieurs fascistes s’étaient rassemblés: des affrontements ont eu lieu:

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La CasaPound après le passage des manifestants

Les commerçants de Rome se plaignent dans la presse qi’ils aient perdu deux millions d’euros de chiffre d’affaires durant le week-end d’agitation. De nombreux commerces ont baissé leurs rideaux métalliques par crainte de dégradations: le lendemain des affrontements, près de 90 agents et 20 véhicules de la municipalité de Rome ont été nécessaires pour remettre le centre-ville en état.

Les jours précedents, plus de 4000 flics en tous genres patrouillaient dans les rues de Rome. Cinq anarchistes français ont été interpellés: un compte-rendu des journées de contrôle(s) et de répression précédant cette manifestation est lisible ici.

Des grèves ont bloqué partiellement le secteur public (administrations diverses, transports, écoles, hôpitaux…) ce vendredi à l’appel du syndicat de base d’extrême-gauche Cobas. Les centrales syndicales (CGIL…), fidèles à leurs habitudes de jaunes, n’avaient pas appelé à manifester et encore moins à la grève…

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Reformulé de la presse italienne, 19 & 20/10/2013

[Afrique du Sud] Sabotage du réseau d’électricité en période de grèves – Johannesburg, 6 septembre 2013

L’Afrique du Sud déplore le sabotage énergétique dans la capitale économique au milieu d’une grève

Les autorités sud- africaines ont condamné vendredi la décision de provoquer une coupure de courant à Johannesburg, en l’associant à un acte de terrorisme.

L’action d’interrompre volontairement l’électricité pendant la grève à Johannesburg était égal au terrorisme, a déclaré Faith Mazibuko, un responsable de la province de Gauteng, après la panne d’électricité.

Johannesburg est la plus grande ville d’Afrique du Sud et sa capitale économique. Elle est aussi la capitale de la riche province du Gauteng.

«Nous sommes en colère en tant que gouvernement provincial, les gens derrière la coupure ont mis la vie des gens en danger», a déclaré un membre du conseil exécutif de sécurité de Gauteng.

L’enquête initiale a indiqué que la panne électrique à Johannesburg a été provoquée par un acte de sabotage.

Mercredi après-midi, plusieurs centaines de travailleurs mécontents ont lancé une grève à Johannesburg, parce qu’ils étaient en colère contre la nouvelle structure de travail que les autorités envisagent d’introduire.

L’électricité dans certaines zones de Johannesburg a été entièrement restaurée, tandis que d’autres devraient rester dans l’obscurité tout le week-end.

Agence de presse Xinhua, 07/09/2013

De nombreuses grèves – qui ont débuté fin août dans le BTP et l’automobile – continuent et les travailleurs d’autres secteurs (comme dans les mines d’exploitation) se sont mis massivement en grève depuis le début du mois de septembre.

[Chili] Journée de blocages routiers et de désordres incendiaires à Santiago – 11 juillet 2013

Chili: grève et manifestations à l’appel des syndicats et étudiants

Des milliers de manifestants ont défilé jeudi dans les rues de Santiago du Chili pour réclamer de meilleures conditions de travail, dans le cadre d’une mobilisation nationale à quatre mois de l’élection présidentielle.2975023_641d513fd74b35f6aaaad05636161df62d9b3c8c_640x280

Des barricades incendiées et des blocages de sites miniers ont marqué le début d’une journée de grève convoquée par le principal syndicat du pays, soutenu par de nombreux secteurs, comme les étudiants.

Les revendications portent notamment sur une réforme du code du travail, une amélioration du salaire minimum (à 490 dollars par mois contre 380 actuellement) et un remplacement du système des retraites privé par un système public cofinancé par les salariés et les employeurs.

A l’appel de la Centrale syndicale unitaire des travailleurs (CUT), soutenue par les étudiants, une dizaine de barrages ont été dressés jeudi matin sur divers accès à Santiago, provoquant des embouteillages à l’heure de pointe, selon la police.

« De l’avis du gouvernement, les raisons aujourd’hui pour faire grève dans le pays sont inexistantes », a déclaré pour sa part dans une conférence de presse, le ministre de l’Intérieur, Andrés Chadwick.

Il a précisé qu’à la mi-journée 26 personnes avaient été interpellées pour des désordres.

Selon l’Association nationale des employés des impôts, 90% des fonctionnaires syndiqués dans cette branche ont observé le mouvement de grève.

Au petit jour, aux abords de la Gare centrale, un groupe s’en est pris à un autobus qui a été incendié après en avoir fait descendre les passagers. De nombreuses forces de l’ordre ont été déployées dans la capitale.

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Les accès aux principaux sites miniers de la compagnie publique Codelco, plus important producteur de cuivre au monde, ont également été bloqués, selon les syndicats des travailleurs du cuivre.

Sur son compte Twitter, l’entreprise a assuré que « malgré des problèmes d’accès, tous les sites travaillent normalement », à part un, où le premier quart a été retardé.

Cette nouvelle journée de manifestations intervient à quatre mois de l’élection présidentielle du 17 novembre, dans un climat de mobilisations récurrentes du secteur étudiant en faveur d’un système éducatif gratuit et de qualité en replacement de l’actuel, cher et inégalitaire, hérité de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990).

L’appel à la grève nationale a été relayé également par les employés du fisc, de l’état civil, des crèches, des douanes ou encore de l’aviation civile.
L’aéroport de Santiago fonctionnait toutefois normalement jeudi matin, et les majorités des commerces de la capitale étaient ouverts.

Leur presse – LeParisien.fr (AFP), 11/07/2013 à 21h42

Selon la presse chilienne,

  • Entre 30.000 (selon la police) et 150.000 personnes  (syndicats) ont pris les rues à Santiago,
  • 37 personnes ont été arrêtées sur l’ensemble de cette journée,
  • 6 policiers ont été blessées dont un a une grave fracture au pied,
  • 12 foyers d’incendies ont été recensés par les autorités.

En début de matinée vers 7h00, des petits groupes d’encapuchados ont provoqué des perturbations dans plusieurs secteurs de la capitale, monté des barricades de pneus enflammés à travers les rues, ce qui a bloqué le trafic. Un bus a également été incendié.

Pris de latercera.com & noticias.terra.cl, 11/07/2013

Quelques photos de cette journée de lutte:

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Photos prises de noticias.terra.cl, 11/07/2013

[Mesnil-Amelot] Le CRA fonctionne au ralenti…

[Mesnil-Amelot] Grève des salarié-e-s du nettoyage, le CRA fonctionne au ralenti – 7 juillet 2013

80 salarié-e-s qui contribuent a faire fonctionner le centre de rétention du Mesnil-Amelot en y faisant le ménage sont en grève depuis le 26 juin. Une première grève avait déjà eu lieu début juin, pour non paiement des salaires. Cette fois, c’est l’annonce de leur licenciement effectif le lundi 1er juillet, qui a déclenché le mouvement. En effet, l’État change de sous-traitant : ce n’est plus le groupe Vinci (via sa filiale Défi restauration) mais le groupe GDF SUEZ, via sa la filiale Onet, qui assurera désormais l’entretien du centre de rétention du Mesnil-Amelot.

Un mouvement a été initié par les retenus  contre les conditions de détention, notamment par rapport à la nourriture. En effet depuis la grève les plats ne sont plus chauffés et ce sont les flics qui distribuent des repas froids aux prisonniers. Les conditions d’hygiène qui du fait de la grève se détériorent de jour en jour ont obligé l’administration à prendre des mesures. Parmi elles des transferts : une vingtaine de prisonniers a ainsi été ballottée comme des paquets dans d’autres centres : Lesquin (Lille), Oissel (Rouen) et Plaisir, évidemment, sans préoccupation aucune de savoir si cela allait compliquer la vie de leurs proches qui leur rendent visite.

Une conséquence plus heureuse de cette lutte pour l’emploi, c’est que certaines personnes ont été libérées plus tôt, notamment les personnes pour lesquelles il y avait des difficultés à obtenir un laissez-passer permettant de les expulser, et que plus aucun nouveau prisonnier n’est admis dans le centre.

Liberté pour tous et toutes, avec ou sans papiers !

Source: Sans Papiers Ni Frontières, 7 juillet 2013

[Chili] Compte-rendu des manifs du 26 juin à Santiago

Santiago, Chili : manifs du 26 juin

Ceci est un compte-rendu fait à partir de ce que nous avons pu voir dans les rues le mercredi 26 juin, c’est donc loin d’être exaustif car il y avait trois manifestations simultanées et plusieurs lycées attaqués la nuit, nous n’avons pas pu être partout.

L’animation a commencé dès 07 heures du matin à divers points de la capitale, se matérialisant par des barricades érigées devant les universités et les lycées. Comme d’habitude l’Utem et la Usach, les deux universités les plus combattives, n’ont pas été en reste.

"Feu aux prisons avec les matons dedans. Mémoire et subversion."

« Feu aux prisons avec les matons dedans. Mémoire et subversion. »

La manifestation commençait à 13h, mais des heures avant le centre ville était quadrillé de flics, et des jeunes jugés suspects ou qui n’avaient pas leurs papiers sur eux étaient arrêtés en prévention.

On pouvait aussi voir des hélicoptères voler au dessus de la manif, et un œil observateur pouvait déceler sur certains toits de la Alameda d’étranges photographes ou caméramans, flics ou journalistes (la même chose), malheureusement suffisamment hauts pour être hors d’atteinte des manifestants.

À 13h il y avait trois manifestations simultanées qui devaient se retrouver toutes à un même point, la place de Los Heroes. On compte plus de 100 000 personnes qui auraient assisté à la manifestation, qui n’était pas uniquement des étudiants, puisqu’il y avait plusieurs revendications, étudiantes, mais aussi laborales, ainsi que des revendications par rapport aux lois liberticides que l’État chilien s’apprête à nous sortir, entre autre la loi qui punit toute insulte sur les flics, et la loi Hinzpeter, qui parmi d’autres choses interdira le port de la capucha (la cagoule faite avec un tee-shirt)

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Sur la place de Los Heroes une partie de la manifestation a du remonter l’Alameda en direction de Republica, c’est à dire faire en sens inverse le parcours de la manif qui partait de la Usach, car les huanacos (canons à eau) et les flics à pied essayaient de mettre un terme aux attaques sur des magasins et signalétiques présents sur le parcours (À ce sujet, il est intéressant de voir qu’il y a plusieurs carrefours du centre ville qui n’ont plus du tout de feux, et que la circulation n’en est pas bouleversée, et même, les voitures font plus attention aux piétons que d’habitude). À noter plusieurs minutes de balais entre un escadron de flics et des jeunes cagoulés dans une rue adjacente à Los Heroes.

Et à un certain moment des centaines de personnes se sont retrouvées prises en tenaille entre plusieurs canons à eau, ce qui n’a pas terni la motivation des manifestants trempés sous une température de fin d’automne.

De ceux qui se sont dirigés vers Republica certains, des lycéens, ont monté des barricades devant leurs lycées présents dans le quartier, et on fait des salidas (tirer des cocktails ou des pierres, ou des chaises, ou autre, devant les lycées ou facs sur les flics), d’autres sont restés à combattre les flics sur l’Alameda, et une partie est allée se réfugier dans l’enceinte de la Usach, actuellement bloquée. Toute la journée il y a eu des affrontements sur le parvis de la Usach, les flics utilisant les canons à eau et tirant de nombreuses lacrymos, les gens depuis l’intérieur ou devant les grilles du campus tirant sur les flics tout ce qu’il leur passait sous la main. À noter un grand feu allumé qui aura servi à réchauffer les nombreux-ses qui s’était fait tremper par le huanaco, et qui a servi aussi à nettoyer l’air de la lacrymogène. Jusqu’à la tombée de la nuit et probablement plus tard il y a eu des affrontements à la Usach.

défense de la Usach

défense de la Usach

devant l’entrée de l'Usach

devant l’entrée de l’Usach

À 19h à plusieurs endroits du centre étaient aussi organisés des cacerolazos, qui se sont soldés eux aussi par des violences policières, et l’usage du huanaco. Pendant plusieurs heures autour de la place Italia il y a eu une sorte de trappe trappe entre flics et gais lurons armés de cuillères et de casseroles. À noter quelques barricades montées par certains « musiciens », notamment une devant l’université de Chile sur la Alameda, bloquant le transit pendant plusieurs minutes, avant d’être éteinte par le huanaco.

salle de classe dans la rue, devant le lycée d’Aplicación (Aplica)

salle de classe dans la rue, devant le lycée d’Aplicación (Aplica)

feu de joie devant l’Aplica

feu de joie devant l’Aplica

L’animation dans la capitale ne s’en est pas arrêtée là. Dans la soirée il y a eu une déclaration du gouvernement disant que dans la nuit les lycées bloqués qui sont censés être des lieux de vote pour les élections de dimanche allaient être expulsés, et la loi d’exception a même été donnée. Malheureusement il y a eu peu de soutien devant les lycées, certains ont été dégagés par la force, d’autres comme l’Aplica ou Dario Salas, ont eu la sagesse de partir d’eux-même, non sans emmerder au maximum les flics allant jusqu’à les bluffer, pour Dario Salas, attaqué vers 04:30 du matin, où les jeunes se sont échappés par une porte à l’arrière, ou à les ridiculiser pour l’Aplica, attaqué un peu après 03h du matin, où les lycéens ont sorti chaises, tables et tableau, dans la rue du lycée, allumé un grand feu, et se sont assis comme dans une salle de classe, invitant les flics à les rejoindre pour s’instruire. À part un coup de canon à eau alors que les jeunes essayaient de faire reculer les flics à coup de pierres, les flics ont finalement décidé de n’arrêter personne dans ce lycée puisqu’ils venaient pour débloquer le lycée, qui était déjà débloqué. Le scénario sera différent à Dario Salas, car lorsque les flics se sont rendu compte que le lycée était vide, ils ont lancé les motards aux trousses des lycéens, et deux jeunes ont été renversés.

VOIR LA VIDEO

VOIR LA VIDEO

Au total la journée se sera soldé par plus d’une centaine d’arrestations pour les manifestations de l’après-midi, et 150 pour les quelques 22 lycées débloqués la nuit du 26 au 27.

Espérons que ces évènements soient les prémices d’un mouvement plus important qu’en 2011, et que les revendications des étudiants dépassent les demandes réformistes de l’éducation gratuite. De fait il n’y a rien à demander à l’État.

Et si l’État par le biais de la presse parle de délinquants, pensant insulter ceux qui agissent dans les manifs, assumons ce mot, oui nous sommes des délinquants, et oui notre but est de détruire l’État et ce qui le représente. Qu’à chaque manif il y ait des banques, des ministères, des comicos, des caméras et des journalistes attaqués. Et manifestons notre rage aussi dans les quartiers bourgeois, là où l’opulence dégoutante règne, attaquons leurs belles maisons, caillassons leurs gros quatre quatre. Que la peur change de camps !

Que des feux de joie embrasent les barricades
et  réchauffent l’hiver de Santiasko !

Source: ContraInfo, 29 juin 2013

Syntagma, Tahrir, Taksim, propageons le feu de la révolte !

SYNTAGMA, TAHRIR, TAKSIM,
PROPAGEONS LE FEU DE LA REVOLTE ! 

Quatrième journée d’affrontements généralisés à Istanbul, les émeutes s’étendent à travers le pays, la jeunesse étudiante et lycéenne sortent de leurs salles et rejoignent la rue, les barricades se dressent par centaines à Istanbul et Ankara, la répression féroce de l’ennemi a déjà fait trois morts, deux syndicats appellent à la grève générale en solidarité avec les insurgés, honneur aux combattants de Turquie ! 

Les printemps arabes ont fait tombé des têtes, les peuples ont pris la rue et brûlé les sièges du Capital de Athènes à Rome, de Barcelone à Hambourg en Europe, de Oakland à New York aux Etats-Unis, partout dans l’affrontement émerge une conscience internationale contre le capitalisme et le fascisme. Pour beaucoup déjà, nous avons partagé la camaraderie de combat, relevé nos frères et sœurs des coups de l’ennemi et avancer à nouveau.

Nous sommes de ceux qui prennent part,

Nous sommes de ceux qui se préparent,

Nous sommes de ceux pour qui la question n’est plus où on va mais comment faire face,

Nous sommes de ceux qui sommes conscients de la montée en puissance de l’ennemi fasciste partout en Europe,

Nous sommes de ceux qui refusons le diktat d’austérité imposé dans notre quotidien par le capitalisme,

Nous saluons tous les insurgés et combattants, d’ici et d’ailleurs, et particulièrement aujourd’hui le peuple turc en résistance.

Nous savons que la seule solidarité est d’étendre la révolte, de propager le feu, de faire front à l’ennemi là où nous vivons, là où nous travaillons.

L’unique question est de comment tenir et de comment vaincre, dans nos grèves, dans nos résistances émeutières, dans nos réquisitions. Car c’est l’unique solution.

Nous sommes de ceux qui ne revendiquent plus rien,

Nous n’aurons que ce que nous prendrons.

-réseau international Communistes Libertaires Autonomes CLA

Transmis par mail, 3 juin 2013

[Italie] La police forcée de déguerpir et de laisser place à l’assemblée – Bologne, 27 mai 2013

Lundi 27 mai 2013, le Collectif Universitaire Autonome de Bologne appelait à une assemblée publique sur la Piazza Verdi à 18h.

Alors que les attaques gouvernementales contre l’université et les droits des travailleurs/précaires/chômeurs continuent, la police a tenté d’empêcher violemment la tenue de cette assemblée. En vain. Les manifestant.e.s ont montré courage et détermination face aux flics anti-émeute, qui ont dû lâcher prise au fur et à mesure que la pression du cortège se faisait sentir (comme le montre la vidéo ci-dessous):

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L’assemblée publique a pu se tenir sur la Piazza Verdi peu de temps après les affrontements.  5 manifestant.e.s ont été blessé.e.s.

Un compte-rendu de cette journée de lundi 27/05 est visible ici

Dans le texte d’appel du CUA de Bologne à l’assemblée populaire du 27/05, il s’agit de solidariser les luttes entre les différents secteurs, de lutter contre la gentrification, de se réapproprier les lieux de vie/d’étude afin d’en faire des espaces d’auto-organisation et de résistance, d’échanges non marchands…

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Photos des affrontements du 27/05/2013 prises de leur presse (de nombreuses photos visibles sur flickr)

Le 23 mai dernier, une assemblée populaire était organisée par le CUA de Bologne, en soutien avec les travailleurs du nettoyage SODEXO de Pise (SA Newroz et Lab.Crash) actuellement en lutte. La police est de nouveau intervenue pour disperser le rassemblement à l’intérieur de l’université de Bologne. Les autonomes n’ont pas tardé à réagir…

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Sources: