Archives pour la catégorie solidarité internationale

[Rennes/Paris/Brest/Barcelone] Pas de bougies et de marches blanches, VENGEANCE ! (2)

  • 3ème manif (jeudi 30 octobre 2014) à Rennes*:

Près de 200 personnes ont défilé dans une ambiance tendue ce soir à Rennes à l’appel de mouvances radicales anti-capitalistes pour protester contre la mort de Rémi Fraisse samedi lors d’affrontements sur le site du barrage controversé dans le Tarn.

Partis du quartier de Villejean, près des universités de l’ouest de Rennes, les manifestants, dont de nombreux cagoulés, se sont dirigés vers le centre ville en scandant « vengeance pour Rémi » ou « flics, porcs, assassins! » derrière une banderole « Vengeance pour tous ».

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Ils ont également tagué sur leur passage de nombreux bâtiments. Arrivés aux abords du centre-ville, vers 20H00, les manifestants ont été bloqués par un important dispositif des forces de l’ordre qui les a empêchés d’y accéder. Ils ont essayé à plusieurs reprises de contourner les CRS et gendarmes. Une voiture a été retournée et des policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes.

Peu après 21H00, les manifestants, qui s’étaient rassemblés à proximité des barrages des forces de l’ordre, ont reflué vers les quartiers ouest, brisant une dizaine de vitrines (agences immobilière et bancaires notamment) et plusieurs abribus. Ils ont également mis le feu à plusieurs poubelles ainsi qu’à des conteneurs de bouteilles, poursuivis par les policiers de la BAC équipés de flashball. Vers 21H30, plusieurs feux étaient en cours dans l’artère, enfumée par les grenades lacrymogènes, dans laquelle avaient reflué les manifestants.

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Le préfet d’Ille-et-Vilaine Patrick Strzoda présent au coeur du dispositif peu après 22h a dénoncé la présence de « militants d’extrême gauche violents » avec des méthodes de « Blacks Bloc » (militants anti-capitalistes radicaux). « Leur intention était de se diriger vers le centre ville » mais le dispositif de forces de l’ordre mis en place les en a empêchés. « Les forces de l’ordre ont été agressées plusieurs fois avec des objets incendiaires », a-t-il ajouté. Trois personnes ont été interpellées au cours des heurts, a-t-il précisé. Des manifestants sur place ont indiqué aux journalistes qu’il y avait eu des blessés parmi eux sans préciser le nombre ni la gravité.

A Villejean à l’ouest de Rennes, avant le départ du cortège, les manifestants avaient commencé à distribuer un tract dénonçant la « terreur policière » qui ne « saurait survivre à la mort d’un camarade ». Le tract lance aussi l’appel suivant: « bloquez vos lycées et universités! Bloquons les villes, les gares, occupons la rue ».

[…]

Leur presse – afp, 30/10/2014 à 22h38

NdCNE:

*Lundi soir (27/10), plusieurs bâtiments ont été tagués, des barrières avaient été renversées au centre-ville, puis un feu de poubelles avait été allumé devant l’hôtel de police, avant que les manifestants ne se dispersent. La maire avait déposé plainte.

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Le lendemain soir, mardi, nouvelle manif: des tags ont recouvert du mobilier urbain. La façade d’une banque du ‘Crédit Mutuel’ de la place st-anne a été entièrement repassée à la peinture.

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premiers éléments sur la manifestation du 30 octobre 2014

premiers éléments sur le début de manif’ Dalle Kennedy

Présence de R.G depuis le matin (photos etc …)

Les magasins du quartier Kennedy ont reçu des coups de fils pour les inciter à fermer rideau, les récalcitrants ont été sermonnés.

Les transports publics (Métro et bus) ont été controlé par les CRS (fouille aléatoire etc ) puis fermés progressivement (plusieurs cars de garde mobile à l’arret villejean université). La volonté de nuire aux habitant-e-s et/ou de diviser, a été amplifié par les rumeurs et ragots des correspondant-e-s de nuits, emploi-jeunes, élu-e-s, keufs et surtout controleurs du métro et vigiles du métro etc …

Les R.G en se rendant dans les salles de prière ont incité les personnes repérés par eux comme  « bons musulmans » à prêcher la division.

Des voitures/équipages de la bac Rennes centre ville ont discretement protégé les journalistes présent-e-s (notamment un monospace gris stationné cours kennedy)

Des jeunes et des vieux du quartiers ont été trés trés deçu du départ vers le centre ville de Rennes en cortège (19h15/30).

Indy nantes, 30/10/2014 à 21h24

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 A Paris mercredi 29 octobre, le rassemblement était fixée en plein centre, à l’hôtel de ville pour 19h (certainement une volonté des organisateurs de s’adresser au pouvoir et de réclamer une justice pour un énième mort sous les coups de l’Etat…). Bref, toujours est-il que c’est parti en manif sauvage avec jets de pétards et caillassage sur les flics. Quelques attaques sur le mobilier urbain (dont une borne de ‘vélib’ Decaux) et des tags ont été inscrits sur les tentes du parvis. Interpellations au compte goutte, embarquées dans des paniers à salade (80 personnes, dont 3 manifestants toujours détenus ce 30 octobre à 18h au commissariat du 5ème pour port d’arme prohibé pour l’un, violence sur agent pour l’autre et outrage, dégradation et « meneur de manif » pour le dernier).

"L'Etat tue", "demain l'insurrection"

à gauche, « L’Etat tue », « demain l’insurrection »

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A Barcelone, le consulat de France a été bombardé de peinture accompagné d’un tag en solidarité mercredi 29/10.

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Le communiqué finit par: 

« Les manifestations se sont multipliées dans toute la France.
Plusieurs manifestations ont été annoncées cette semaine devant les consulats de France en Italie*.
L’action de ce mercredi est seulement le début - toutes les formes de soutien à la lutte sont la bienvenue.

Les armes de la police n’ont pas de frontière, notre solidarité non plus. »

* Notamment à Milan et Turin ce 30 octobre 2014:

Banderole suspendue sur le consulat de France à Milan

Banderole suspendue sur le consulat de France à Milan

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Lundi 27/10, une manif était organisée à Brest contre le barrage de Sivens et le terrorisme d’Etat. En chemin, un groupe de manifestants masqués a fait irruption à l’intérieur des locaux du PS alors que deux réunions s’y tenaient. Résultat : du matériel défoncé, et une fenêtre brisée.

[Paris] Quelques bâtons dans les roues des expulseurs et de l’enfermement…

Quelques bâtons dans les roues

Dans la nuit du 22 au 23 octobre nous avons décidé d’emmerder un peu quelques collabos en leur crevant les pneus :

- un utilitaire Challancin (nettoyage dans les CRA)

- une voiture SNCF (collabos des expulsions)

- un utilitaire Vinci (constructeur de taules)

- une voiture Orange (qui exploite les prisonniers)

- 29 vélibs de ce batard de JC Decaux qui exploite aussi les prisonniers

Nous en profitons pour saluer les compagnons récemment condamnés pour le double braquage de Velvento, Kozani.

Indy nantes, 24/10/2014 à 20h13

[Balkans] Derrière les murs du nationalisme et de la guerre

Communiqué des participant-e-s des 8èmes Rencontres Anarchistes des Balkans (Balkan Anarchist Bookfair, Mostar, 5-6 septembre 2014).

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Il est clair que le nationalisme est un outil utilisé contre les classes exploitées. Dans les Balkans, et particulièrement en ex-Yougoslavie, la montée de l’idéologie nationaliste dans les années 1990 a rendu possible l’attaque brutale du capitalisme contre la Société. Elle a, en outre, divisé la population et détruit les réseaux de coopération et de solidarité existants.

La nécessité de se confronter à l’idéologie nationaliste dans une perspective radicale et anti-autoritaire nous a rassemblés à Mostar (Bosnie-Herzégovine) les 5 et 6 septembre 2014 lors des 8èmes Rencontres Anarchistes des Balkans. Nous sommes venu-e-s de Bosnie-Herzégovine, de Croatie, de Serbie, de Slovénie, d’Albanie, de Roumanie, de Grèce et d’autres pays, hors de la région des Balkans.

La vraie nature du nationalisme est, plus que nulle part ailleurs, évidente à Mostar, ville divisée où les brutalités de la guerre sont toujours visibles dans les rues.

Il est essentiel de prendre conscience que cette division de la ville n’est pas la cause mais la conséquence de guerres et d’idéologies nationalistes créées par la classe dominante.

Cela était clair pour les manifestant-e-s de Tuzla qui ont tagué « Mort au nationalisme », ainsi que pour celles et ceux de Mostar qui ont brûlé les sièges des deux partis nationalistes en février 2014.

Cependant, dans d’autres parties du monde, de nouveaux nationalismes et de nouveaux conflits sont créés sur des lignes similaires et avec des conséquences prévisibles.

De nos jours, beaucoup en Ukraine pensent qu’ils se doivent de répondre à un faux choix imposé par les États et les entreprises (et parmi eux, il y a même certains anarchistes et « anarchistes »[1]). Cependant, nous maintenons que le nationalisme est toujours une idéologie qui reproduit le système de l’État, un système de répression et d’exploitation opposant les exploité-e-s et les oppressé-e-s les un-e-s contre les autres. Aujourd’hui, nous voyons en Ukraine les mêmes mécanismes que ceux utilisés pendant les guerres en ex-Yougoslavie : le nationalisme est l’outil utilisé par celles/ceux au pouvoir afin de pousser le peuple à la guerre pour l’intérêt du capital. En tant qu’anarchistes, nous nous sommes opposé-e-s à tous les efforts de guerre en ex-Yougoslavie dans une solidarité qui continue encore de nos jours. Loin du pacifisme libéral et des obsessions gauches-nationalistes de guérillas armées, notre lutte ne se rangera jamais du côté des politiques militaristes et de la destruction, sur lesquels reposent tous les états.

Contre le nationalisme, le militarisme et la guerre !
Contre tous les gouvernements et tous les États !
Pour la solidarité et l’autonomie !

[1] Du groupe anti-colonial nationaliste d’influence anarchiste Mlada Bosna/« Jeune Bosnie » de Sarajevo (1914), aux groupes soi-disant « anarcho »-nationalistes tels que « Slobodari » de Sarajevo (2014), toutes ces tentatives de combinaison de l’anarchisme avec le nationalisme ont montré un seul et simple résultat : le nationalisme. « Slobodari » est un petit groupe de Sarajevo qui se revendique de l’anarchisme mais entretient des contacts avec des groupes nazis ukrainiens (comme par exemple le groupe de nationalistes autonomes Avtonomnyj Opi). Ce groupe a créé une grande confusion via ses nombreux sites internet, dont le site « Balkan anarchist black cross ».

Publié sur Contrainfo, 14 octobre 2014

Le texte publié ci-dessous a été publié en anglais sur sabotage media et partiellement traduit ici-même :

Note sur les soi-disant «libertaires» et «anti-autoritaires» de Bosnie

Récemment, un groupe d’autoproclamés « anarchistes » (« libertaires », « anti-autoritaires »), de Bosnie-Herzégovine qui travaille sous le nom de « Slobodari » (« libertaires », hXXp://slobodari.wordpress.com), en raison des événements en Bosnie, attire l’attention de vastes cercles anarchistes (internationaux).

Cependant, ce groupe a fait des liens d’amitié, en défendant publiquement (aussi en tant qu’«anarchistes»), et publiant des infos du groupe nationaliste « autonome » d’Ukraine appelé « Avtonomni OPIR » (« résistance autonome« ), de même que leurs alliés, « Narodni Nabat » et quelques autres personnes/groupes en provenance d’Ukraine/ex-Union soviétique qui provenaient du milieu anarchiste (ou gauche-communiste), mais qui soutiennent ou coopèrent directement ou indirectement avec ces nationalistes « autonomes » et  répandent leur haine et menaces envers les anarchistes qui ont critiqué les éléments nationalistes et fascistes dans les événements en Ukraine! Ils ont tous approché les nationalistes «autonomes» en raison de leur « prétendu changement » et de « l’urgence révolutionnaire ». Et en effet, ils peuvent avoir changés - mais par une mutation vicieuse plus dangereuse qui a déjà réussi à propager son poison chez certains de ceux qui s’étiquettent comme « anarchistes ».

Même avant les événements en Ukraine, par des traductions (Google) bâclées et imprécises de contre-information provenant de différentes sources anarchistes fiables (qui a fait l’essentiel de leur contenu du site), ce groupe (« Slobodari ») a, de temps en temps, répandu des nouvelles et textes proches des sites d’extrême-droite ou du contenu provenant d’autres sites « généralistes », mais qui portaient une « critique » ou une « analyse » de positions libérales et patriotiques. Ils ont également adopté « la rhétorique et l’imagerie militante« , ont essayé d’imiter une critique du « gauchisme » et du « citoyennisme » dans les milieux anarchistes, mais ont continué dans la pratique à publier différents contenus ou nouvelles autoritaires  de leurs amis nationalistes d’Ukraine ainsi que des nouvelles sur les actions anarchistes et prisonniers anarchistes.

Ils ont également tenté de construire leur propre image en se connectant à différents projets et groupes anarchistes de contre-information. Le même groupe de personnes ou d’individus parmi/proches d’eux ont fait fonctionner quelques autres projets de site web avec un contenu plus ou moins similaire. A savoir:

  • « Anarchist Black Cross des Balkans » (hXXp://abcbalkan.wordpress.com),
  • « libertaires » (hXXp://slobodarieng.wordpress.com)
  • Anarho-Čaršija,(hXXp://anarhocarsija.noblogs.org)
  • CC Brigada (hXXp://ccbrigada.tumblr.com)
  • Lutte russe (hXXp://ruskaborba.noblogs.org)
  • Antifa Sarajevo (hXXp://antifasarajevo.wordpress.com),
  • la page FB de Slobodari (hXXps://www.facebook.com/SlobodarKe)

et peut-être quelques autres.

Nous recommandons vivement à tous les projets, individus et groupes anarchistes de contre-information de faire attention à ce groupe, se démarquer et si possible de demander la suppression de toutes les références (liens, etc, c’est à dire hXXp://slobodari.wordpress.com/pratimo/) vers leurs projets/groupes sur le site web « Slobodari ». Nous demandons également à tous les camarades anarchistes de les dénoncer publiquement, se démarquer et se battre contre des tendances similaires dans le milieu anarchiste s’il en existe dans leurs réalités locales. Nous vous demandons également de diffuser l‘information sur ce groupe et ses pratiques aux groupes et projets avec lesquels vous êtes en contact.

Mort au patriotisme et au nationalisme
Mort à l’État et au capitalisme

Pour l’anarchie,

Quelques anarchistes près des Balkans

[Berlin, Allemagne] Destroika

Dans la nuit du 1er au 2 octobre 2014, nous avons fait tomber les vitres du bureau d’ingénieur Döring de la paul. stegemannstr 3 à Berlin. La cause de notre visite: ils se vantent d’organiser le déblaiement du site militaire du nord sur ​​le centre d’entraînement au combat Guz de l’armée allemande à Magdebourg. Au nord, la ville fantôme Schnöggersburg sera construite afin que l’armée de l’OTAN et les flics d’Europe puissent à l’avenir s’entraîner à la contre-insurrection. Les émeutes à travers le monde des dernières années ont montré que la révolte est tout à fait possible. Elle frappe aussi à la porte de l’Europe - nous y entrons. Pour l’effondrement des nouveaux bâtiments de Güz et partout où ils sont responsables de flageller nos vies. Nous nous voyons à Francfort.

Traduit de l’allemand de linksunten,

[Syrie] A propos de la résistance et de la révolte à Kobané

“Irak–Syrie–Kurdistan”

Un compte-rendu à la première personne reçu le 12 octobre 2014.

CİZRE’DE ÜÇ OKULA MOLOTOFLU SALDIRI

Une école de Kobané en feu

Je voulais partager un peu d’informations sur ce qu’il se passe et ce qu’il s’est passé par ici.

L’EI (État Islamique ou ISIS) attaque la ville de Kobane à Rojava (ce qui signifie Kurdistan de l’Ouest en Kurde). Mais je veux expliquer pourquoi existe cette organisation, l’État Islamique, comment elle a été fondée. Et peut-être que tout sera alors plus clair.

Nous pouvons dire que l’histoire d’ISIS commence avec Abu Musab Al-Zarqawi, qui a organisé les plus grandes résistances contre les USA et les troupes de la Coalition en Irak. Lui est de la ville de Zarqa, en Jordanie, d’où son nom de “Zarqawi”.

En Jordanie, il faisait partie d’une organisation Salafiste et djihadiste, et il a pour cela été emprisonné avec ses camarades. Pourquoi l’État jordanien ne veut-il pas d’une organisation de ce type ?

1 – Les organisations salafistes vont à l’encontre des Lois de l’Homme (Constitution), et pour elles, seule la Loi d’Allah (le Coran) doit être appliquée. Ils sont donc également contre la démocratie et les élections.

2 – Les organisations djihadistes contre le Bloc Occidental et Israël. Mais la Jordanie est le plus docile des collaborateurs du Bloc Occidental et d’Israël.

Après qu’il soit sorti de prison, il ne voulait pas y retourner en Jordanie, ce qui l’a poussé à se déplacer vers l’Afghanistan pour former des militants. Mais en 2001, les USA ont envahi l’Afghanistan, ce qui l’a forcé à fuir vers l’Irak avec ses camarades pour y organiser une organisation salafiste.

Petit à petit, ils ont établi des contacts. En 2003, les USA envahissent l’Irak et donnent le pouvoir aux Chiites, qui cessent immédiatement de résister. La résistance Sunnite commence alors.

Pourquoi s’est-il formé une grande haine entre Chiites et Sunnites ? Ce n’est pas une simple question de pratiques religieuses. Ces différences ont toujours existé, alors pourquoi maintenant ? Il nous faut étudier l’invasion et voir comment les USA ont modifié les équilibres. Ce sont eux qui ont le plus résisté (les salafistes venant des régions Sunnites), eux et les vieux Baas (Saddam, lui aussi Sunnite) soldats-militants.

Sur les dix dernières années (2004-2014), les villes et villages Sunnites ont été bombardés par la Coalition ; les salafistes Sunnites étaient dans les prisons des USA comme Abu Ghraib et Guantanamo… Donc pour comprendre ce pourquoi ISIS existe maintenant, il nous faut voir tous ces faits. Et pourquoi cela a-t-il tourné en « Guerres de Sectes Religieuses » entre Chiites et Sunnites depuis les dix dernières années.

Zarqawi était un type plein de colère et un militant. Il avait aussi cette haine des Sunnites. Il a organisé de nombreux attentats à la bombe dans des marchés de quartiers et mosquées Chiites. Ils ne reconnaissent pas les valeurs occidentales telles que « l’Humanisme » ou « Civil-e-s ». Pour les critiquer, n’utilisons pas ces valeurs là. Pourquoi tuent-ils et torturent-ils celles et ceux qui n’ont rien à voir avec la cruauté ? Pourquoi tuent-ils des innocent-e-s Ezidi, chrétiens, alawis seulement parce qu’ils SONT ? Voilà le problème. Tuer celui qui soutient la cruauté avec son argent, ses armes ou ses connaissances.

L’organisation de Zarqawi rejoint donc Al-Qaïda en 2004, sous le nom d’Al-Qaïda Irak. Mais Al-Qaïda n’approuve pas vraiment ces attaques contre les mosquées Chiites, parce qu’Al-Qaïda est une organisation « djihadiste globale », pas une organisation anti-chiite. Mais c’était une sorte d’alliance, qu’ils ont donc accepté.

Zarqawi a été tué en 2006 dans une attaque de drone. Après cet épisode, l’organisation est devenue « État Islamique d’Irak ». Ils ont aussi changé de style, pour être moins « djihad global » et plus « État Islamique Local ».

Jusqu’à la guerre civile Syrienne (2011), ils ont continué comme ça. Mais au début de l’année 2014, ils se sont déclarés État Islamique d’Irak et de Sham. Le centre d’Al-Qaïda s’est opposé à cela et ne les a pas reconnus, parce que l’organisation avait déjà un groupe en Syrie (Front Al-Nusra).

De plus, Al-Qaïda étaient réellement opposés à la naissance d’ISIS, parce qu’ISIS est une organisation plutôt folle, devrais-je dire. En Syrie, ils ont tué vraiment énormément de monde juste parce qu’ils étaient « Alawi » (la religion du régime d’Assad). Ou bien parce que des villages Sunnites (pas Chiites, ni chrétiens) ne leur obéissaient pas (en refusant de leur payer des taxes, par exemple), ISIS a déclaré que ces villages n’étaient plus musulmans ! Ils pouvaient donc les tuer, et les ont tués.

ISIS a conquis le territoire de Syrie essentiellement à partir des pouvoirs d’opposition, pas depuis le régime Syrien d’Assad. Il y a notamment eu d’énormes combats avec Al-Nusra (Al-Qaïda), mais ils ont maintenant l’air d’observer un genre de cessez-le-feu. Maintenant, ISIS attaque le « front Islamique » (les gens disent que ceux-ci sont soutenus par l’Arabie Saoudite) et Rojava (Kurdistan Occidental-PYD). Maintenant, je voudrais expliquer la situation au Kurdistan.

Il est peut-être aussi important d’expliquer pourquoi il existe cette colère contre les Alawis et le régime d’Assad en Syrie. Bashar el-Assad et sont père soutiennent Baas. « Laïcité », « Nationalisme Arabe », « proche des Soviets » ces temps-ci, « État social », etc. Et il y a eu une pression énorme sur les organisations Sunnites de Syrie durant les 40 dernières années. Avec par exemple le grand massacre de Hama en 1982 contre les frères musulmans de Syrie.

Un Syrien m’a raconté une histoire sur Hafez Assad (le père de Bashar). Il avait capturé un des chefs des frères musulmans et ne l’a pas tué. Il lui a injecté quelque chose dans son sang et il est devenu fou. Ces sortes de torture ont existé pendant ces 40 années. Je suis arrivé ici il y a 4 ans (pour des raisons touristiques, à dire vrai), et personne ne voulait parler de la famille Assad, tout le monde avait peur. Et regardez ce qu’il se passe maintenant.

Et nous en arrivons au jour d’aujourd’hui. La guerre syrienne est presque équilibrée aujourd’hui, et vous pouvez voir la carte.

L’État Islamique est surtout soutenu par des tribus Sunnites d’Irak parce qu’ils combattent ensemble contre les USA. Et ces tribus apprécient le fait d’avoir le pouvoir pour la première fois depuis les dix dernières années. Avant 2003, ils avaient le pouvoir sous le régime de Saddam. Mais si la Coalition et les USA en venaient à donner plus de pouvoir à ces tribus Sunnites, celles-ci pourraient cesser de soutenir l’EI, qui pourrait alors tomber. Mais ils sont de nos jours forts de 30.000 soldats, dont la plupart sont d’Irak et de Syrie. Ils ont aussi du pétrole, des réserves d’eau, etc. Ils sont réellement en train d’essayer d’organiser un État, avec une police, des lois, le contrôle de la population, des mairies…

Ok, voilà peut-être la partie la plus importante. Pourquoi l’EI attaque-t-il Rojava-Kobane ? A l’Ouest et au Kurdistan, les gens disent « parce que Rojava construit une société libre libertaire », une « démocratie directe-autonomie », etc. Et c’est vrai que cela se produit à Rojava, vous le savez probablement.

Certains pouvoirs (l’État Turc, par exemple) peuvent vraiment être gênés par ces changements, mais les motivations de l’État Islamique n’ont rien à voir. En fait, ils attaquent partout. Chiites, Alawis, Kurdes, Ezidi, chrétiens, Sunnites, Arabes, « Armée Syrienne Libre », « Front Islamique », « Al-Nusra », « Ahraus Sham » (une autre organisation salafiste), le « régime d’Assad », « armée irakienne », « État de Barzani » (Nord de l’Irak), etc. etc. Ils sont une sorte « d’État Islamique Nihiliste ».

Ils attaquent Kobane parce que, comme vous pouvez le voir sur la carte, il n’y a plus beaucoup d’autres endroits où attaquer, des « frontières naturelles ». Il y a une sorte d’équilibre. Ils veulent donc envahir partout où ils le peuvent.

Que veut le PKK ? Évidemment, celui-ci veut sauver Kobane et les villages alentours. Et pour ce faire, établir un couloir sécurisé (pour les armes, les militants, du matériel…) entre la Turquie et Kobane.

Ces deux dernières années (de fin 2012 jusqu’à maintenant), il y a un « processus de paix » entre le PKK et l’État Turc. Et aucun des deux côtés ne veut le briser. Mais Kobane était un genre de point chaud du PKK. Et Kobane était appelée Serhıldan (le mot kurde pour Intifada).

Cela a été une révolte incroyable ; même le PKK n’en espérait pas autant. Je vais maintenant écrire sur ce qu’il s’est passé ces deux ou trois derniers jours :

– 212 écoles ont été endommagées ou brûlées. Ce n’est pas une blague. Oui, des écoles. Les jeunes kurdes haissent les écoles. Si vous voulez voir les vidéos ou des images, cherchez ‘kobane okul yaktılar’ (ce qui veut dire écoles brûlées de Kobane). Un lien de contre-information: sosyalsavas.org (je sais que c’est en turc, c’est essentiellement pour les images. Cette information date d’il y a un mois : de nouveau, des jeunes ont brûlé 3 écoles à Cizre)

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– 190 banques ont été endommagées ou brûlées. Distributeurs compris.

– 340 voitures privées, 216 voitures officielles ont été brûlées. Pour vidéos et images, cherchez ‘kobane araçları yaktılar’ (ce qui veut dire ‘voiture brûlées de kobane’)

– de nombreux supermarchés ont été brûlés et aussi pillés (‘kobane süpermarket yakıldı’; lien masse-media : mynet.com/haber/yasam/istanbulda-yagma-1493469-1).

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– Au moins 80 bâtiments officiels comme les mairies, des bureaux de partis, des bâtiments administratifs ont été brûlés.

– 67 commissariats de police ont été attaqués.

Des militants du Hezbollah Kurde (à ne pas confondre avec le Hezbollah Libanais, ils sont différents) ont été tués par des jeunes du PKK. Certains d’entre eux ont été lapidés à mort et brûlés. Les Kurdes sont extrêmement en colère contre eux parce que dans les années 90, le Hezbollah Kurde a travaillé avec l’État et tué de nombreux militants du PKK. Maintenant, ce Hezbollah travaille dans le domaine légal et continue de faire de la propagande contre le PKK.

Et plus de vingt jeunes Kurdes ont été tués par la police et par les militaires. Dans de nombreuses villes, ce sont les militaires qui sont venus, pas la police. La police ne pouvait plus rien contrôler.

De plus, de nombreux drapeaux turcs et statues d’Atatürk (le fondateur de la République Turque) ont été brûlés par les jeunes kurdes. Les médias turcs utilisent donc ces événements contre eux. Après ces deux ou trois jours, même le PKK a fait une déclaration disant qu’ils ”n’étaient pas d’accord avec les actions telles que brûler les drapeaux, les statues, les écoles, les supermarchés, etc. ; ceux qui ont fait ça sont des provocateurs”. Oui, le PKK a dit quelque chose comme ça.

Ça a vraiment été une révolte énorme, en grande partie parce que la jeunesse frissonnait de rage. A cause de ce « processus de paix » et du massacre du peuple Ezidi (réalisé par l’État Islamique et tout à fait accepté), et finalement Kobane. De plus, les jeunes ont été vraiment très bien organisés. Ils n’avaient pas « les mains vides ».

Repris de contrainfo, 14 octobre 2014

[Athènes, Grèce] Actions solidaires avec le prisonnier Antonis Stamboulos

Dans la nuit de vendredi 10 octobre, nous avons mis le feu à un véhicule diplomatique avec la plaque d’immatriculation DC 65-17 à Halandri, et à une autre voiture appartenant à la société de sécuritéSpartakos’ à Nea Filadelfeia, dans un élan de solidarité avec l’anarchiste révolutionnaire Antonis Stamboulos et sa lutte plus que digne (en grève ou pas*).

Force au camarade Antonis et à tous les révolutionnaires emprisonnés.

PS. Camarades, l’ensemble d’Athènes devrait être en feu ces jours-ci, et il n’y a pas de place pour des excuses

Traduit via contrainfo

Note:

*Antonis a arrêté sa grève de la faim et de la soif le 11 octobre 2014. Il est toujours incarcéré à la prison de Larissa. De nombreuses actions de solidarité se sont tenues en Grèce: cf ici et

[Mexique] Amélie et Fallon (5E3) se solidarisent avec les quatre anarchistes en grève de la faim

10712704_614127878696619_2907394898610378775_nVendredi dernier dans la nuit, un énorme graffiti est apparu sur le mur de la salle à manger du dortoir C de la prison de San Marta dans laquelle nous sommes séquestrées. Le graffiti exprime notre solidarité avec les compagnons anarchistes Abraham, Fernando, Mario et Carlos en grève de la faim indéfinie. Depuis ce vendredi, nos camarades prisonnières ne cessent de commenter l’œuvre bien visible.

Ça change des « je t’aime » peints habituellement dans les couloirs de la prison ! Il y a un caractère de confrontation, en rupture avec la passivité quotidienne.

L’objectif a été atteint ! C’est une manière de lancer le débat et ainsi créer des espaces de réflexion à l’intérieur de la prison. C’est une des façons que nous avons ici à l’intérieur pour attaquer la paix sociale et la pacification. Dans notre perspective, il y a de nombreuses manières de lutter et de prendre une position de refus de l’autorité.

L’intention n’est pas de réclamer l’innocence de qui que ce soit, mais bien de générer des contextes de conflit et de rupture avec l’ordre établi. De plus, nous savons que l’initiative des compagnons en grève de la faim a été médiatisée dans le contexte du 2 octobre dans les moyens de communication de masse, mais nous savons que ce n’est pas l’intention des compagnons, car nous refusons d’utiliser les réseaux des médias de masse, encore moins pour y exposer un discours d’innocence.

En solidarité avec les compas en grève de la faim !
Ni coupables, ni innocents

Prison pour femmes de Santa Marta

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[Traduit de l’espagnol par non-fides de Instinto Salvaje, 9 oct. 2014]

P.-S.

Amélie et Fallon, avec Carlos, ont été arrêtées le 5 janvier 2014 au Mexique
Pour plus d’informations, d’autres articles ici

 

[Athènes, Grèce] Le compagnon anarchiste Antonis Stamboulos en grève de la faim et de la soif

[Antonis Stamboulos a été arrêté mercredi 1er octobre 2014 par la police dans le quartier de Vyronas à Athènes, accusé d’avoir participé à une « organisation terroriste » et à des projets d’attaques incendiaires contre le pouvoir (les flics parlent dans la presse d’un attentat planifiée contre le siège de la ‘Neo Democratia’, parti de droite actuellement au gouvernement). De plus, les organes de communication de l’Etat évoque son éventuel complicité avec Nikos Maziotis, arrêté le 16 juillet dernier après une fusillade dans les rues d’Athènes alors qu’il était en cavale avec Pola Roupa et leur enfant depuis juillet 2012.]

Mise-à-jour 09/10/2014:

Le 7 octobre, près de 25 compagnon-nes se sont rassemblé-es environ une heure devant la prison de Larissa (nord-est de la Grèce), où Antonis Stamboulos a été transféré (plus précisément dans l’aile A). Il continue sa grève de la faim et de la soif.

Antonis-Stamboulos

Banderole de la solidarité dans la ville de Veria, au nord de la Grèce: « guerre aux flics, juges,  journalistes, patrons - Solidarité avec les révolutionnaires anarchistes - Force à l’anarchiste Antonis Stamboulos, arrêté le 1er Octobre à Athènes« 

Mise-à-jour 07/10/2014:

Après son arrestation du 1er octobre 2014, Antonis Stamboulos est actuellement détenu en préventive, faisant face à des accusations de terrorisme.

Le 6 octobre, avec une autre lettre ouverte, le compagnon a annoncé une grève de la faim et la soif afin de dénoncer le fait qu’il est actuellement détenu dans le centre de transfert de prisonniers d’Athènes. En outre, il proteste contre la construction médiatique continue alimentée par flics antiterroristes à son encontre.

Le camarade en captivité a été décrit dans la presse, entre autres, comme un des principaux membres du groupe de guérilla urbaine « Lutte révolutionnaire », en tant que co-auteur d’un vol de banque à Kleitoria (Achaïe, Grèce), tandis que les porte-parole du pouvoir ont répandu que l’anarchiste recherchée Pola Roupa aurait été vue avec son enfant sur les marches de son appartement dans la rue Kallifrona à Kypseli (qui a été considérée comme une « planque »). Pendant ce temps, les informateurs en herbe et autres mouchards ridicules ont été que trop disposés à témoigner contre lui (par exemple, un voisin de la maison de ses parents a affirmé qu’il avait entendu des explosions dans le sous-sol de leur maison).

Le fait que les policiers l’aient emmené au centre de transfert de prisonnier - en dépit de la demande du procureur de le transférer à la prison de Korydallos - révèle qu’ils tentent de l’envoyer vers une autre prison plus lointaine ses parents, qui seront obligés de voyager pendant des heures pour lui rendre visite en prison, mais aussi afin de rendre le travail de son avocat de la défense plus difficile qu’il ne l’est déjà.

Antonis Stamboulos a déclaré qu’il ne laissera pas les salauds de la police antiterroriste et leurs patrons politiques écraser ses proches. C’est pourquoi, avant même qu’ils annoncent ils ont l’intention de l’envoyer, il a averti qu’il n’acceptera pas d’être emmené ailleurs qu’à Korydallos, près de sa famille et de son avocat.

Il a donc commencé sa grève de la faim et de la soif le 6 octobre.

Slogans tagués le 4 octobre par des anarchistes solidaires dans la rue Denizliou du quartier de Vyronas, exactement à l’endroit où le camarade a été enlevé par les flics:

2014-10-04

« Solidarité avec le compagnon A.Stamboulos »

2014-10-4

« Le combat continue; Antonis, tient bon « .

A partir de contrainfo, 7 octobre 2014 / La source en grec

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Lettre d’Antonis trois jours après son arrestation:

Le 1er octobre 2014, j’ai été arrêté, emmené cagoulé dans une salle d’interrogatoire de l’unité antiterroriste. De 17h00 jusqu’à 1h du matin, un groupe de flics cagoulés - et alors que j’étais menotté derrière le dos - a prélevé mes échantillons d’ADN, empreintes digitales et (essayé de prendre) des photos par la force, au milieu dironies, d’étranglements, d’entorses et de passages à tabac et de menaces de m’électrocuter, pensant que cela me ferait collaborer. À 1h du matin, j’ai vu les flics sans cagoule pour la première fois, qui me déclarent que je suis accusé de terrorisme. Jusqu’à 5h30 du matin, je suis resté dans une cellule de détention 1×3, toujours menotté les mains derrière le dos. Le lendemain, ils ont essayé de me photographier une fois de plus.

Pour ma part, je me suis abstenu de nourriture et d’eau dès le premier instant, et l’exigence de parler à un avocat. Après 24 heures de détention, ils m’ont finalement autorisé à prévenir un avocat, et j’ai réussi à la rencontrer pendant quelques minutes seulement avant d’être amené devant le procureur.

Je partage ce qui précède avec les compagnons combattants comme une petite expérience de lutte.

Peu importe si l’attitude de l’Etat envers nous, clémente ou sévère - cela dépend toujours des circonstances - ne peut jamais nous briser, tant que nous sommes conscients de la responsabilité qui découle de notre position en tant qu’anarchistes, dans les moments d’adversité.

Parce que les moments difficiles de la lutte sont ceux qui trempent la conscience. Parce que dans ces circonstances, chacun de nous est le défenseur des idéaux de la société pour laquelle nous nous battons à construire. Beaucoup de sang a été versé dans la lutte pour l’émancipation de la société de classe, il serait dès lors ridicule de fléchir face aux manoeuvres des flics. J’ai tenu une position négative contre les exigences des laquais étatistes d’extirper mes infos personnelles pour deux raisons. Premièrement, pour des raisons éthiques, puisque je crois que chaque anarchiste révolutionnaire se doit de ne pas donner un pouce même de terrain à l’ennemi de classe. Et deuxièmement, parce que j’étais conscient de la gravité de l’affaire dans laquelle ils m’impliquent, je voulais protéger mes compagnon-nes et d’ami-es des vautours qui me détiennent en captivité. Tant que les Clouseaus ne trouvaient pas mon nom, je n’étais pas du tout prêt à le leur donner. Au moment d’écrire ces lignes, deux jours après l’arrestation, la police m’a «enfin» identifié.

Il est clair que les chefs de l’ anti-terrorisme et en particulier leurs supérieurs politiques espéraient faire un scoop avec mon arrestation, d’où les fuites à la presse concernant le cahier de notes contenant « des itinéraires précisément chronométrés« , les cibles, vélos et saucisses*. Ils créent sur mesure une histoire qui va avec leur scénario; un scénario qui, à la fin, doit toujours les faire sortir gagnants.

Ce que j’ai fait, qui je suis et pourquoi j’étais là où j’ai été arrêté n’est en rien l’affaire de la police et des procureurs mais la mienne. Par conséquent, je n’ai pas à me justifier aux gardiens de la légalité bourgeoise, mais seulement au mouvement révolutionnaire, aux camarades et au peuple qui choisit de ne pas vivre comme un raya (esclave).

Je considère ce premier contact avec le monde extérieur comme étant nécessaire, ne me faisant aucune illusion sur ma mise en détention préventive.

Pour l’instant, je suis retenu captif entre les mains des serviteurs du capital, mais mon cœur appartient toujours au camp de la révolution.

La lutte continue.
Vive la révolution.
Vive l’anarchie.

Antonis Stamboulos
du Quartier Général de Police,
173, avenue Alexandras
Le 4 octobre 2014

* Note de contrainfo: Alors que le compagnon - qui a été arrêté dans le quartier de Vyronas, Athènes - était encore non identifié, le chef de la police a affirmé publiquement que l’une des «conclusions» les plus frappantes étaient des notes manuscrites considérés comme des mots de code pour des explosifs.

[MIse-à-jour] Lettre revue et corrigée depuis le grec par un compagnon (reçu par mail, 05/10/2014)

[International] Appel contre la réunion du G20 à Brisbane en novembre prochain

g20-sticker-copy-for-webNous ne voulons pas nous retrouver ici

Nous avons été dans les rues avant. Faisant des pancartes et des banderoles et signé des pétitions et quand personne ne l’écoutait, nous avons jeté des briques et mis le feu à des poubelles. Mais nous avons des repas à cuisiner, des jardins à développer, des livres à lire, des amours à garder. Nous ne voulons pas être ici, en faisant cela.

C’est le Plan B.

Nous ne pensons pas que nous avons un choix. L’écart entre riches et pauvres ne cesse d’augmenter. Les enfants meurent régulièrement de faim tandis que la nourriture amassé pourrit. Le monde bouge tous les jours ressentant de plus près les effets concrets du changement climatique irréversible. Les bénéfices traversent les frontières sans entrave (toujours dans les poches des riches), mais les gens sont pris dans les pièges de fil de rasoir. Parallèlement à Eugene Debs, nous reconnaissons notre parenté avec tous les êtres vivants. Nous disons que, s’il existe une classe inférieure, nous sommes dedans; et bien qu’il y ait un élément criminel, nous sommes d’elle; et bien qu’il y ait une âme en prison (ou dans un centre de rétention pour ‘illégaux’), nous ne sommes pas libres. Ces circonstances nous obligent à se battre. Se battre pour nos vies.

Et nous avons un plan.

Le G20 se réunit à Brisbane en novembre. Ce corps d’élite prenant des décisions résume la nature antidémocratique du capitalisme mondial soutenu par l’État; les délégués des 20 zones économiques les plus riches font des proclamations égoïstes qui affectent tout le monde, sans discussion ouverte ou omission. La réunion a été confrontée à une résistance farouche partout où elle est passée, mais cette opposition a été écrasée par la lourde main des forces de police militarisées qui caractérisent notre siècle. On en a marre de voir nos camarades battus et arrêtés. Nous avons appris de ces erreurs. Nous avons un plan B. Au lieu de réunir nos forces et de marcher dans les pièges qu’ils nous ont tendus, nous appelons au désordre diffus. Plutôt que d’un bloc artérielle, nous voulons voir une attaque distribuée sur les périphéries.

Nous appelons les gens à former des groupes d’affinité dans leurs villes d’origine et à organiser de façon autonome des actions directes décentralisées contre le G20 et l’occupation capitaliste de nos vies.

Rendez-vous dans les rues !!

via disaccords

Le site : planbg20.wordpress.com

[Mexico] Solidarité explosive avec les prisonniers anarchistes

Mexico: solidarité explosive avec les prisonniers anarchistes

Dans le cadre des activités de solidarité avec les prisonniers, nous avons décidé d’attaquer ceux qui ont collaboré à la détention de plusieurs de nos camarades. Le travail d’espionnage menées par les organes de sécurité de l’université en collaboration avec le système judiciaire mexicain est trop connue.

En ce qui concerne les événements qui se sont produits dans la cité universitaire [campus principal de l’UNAM] le 30 Septembre 2014, nous voulons juste dire que nous n’allons pas arrêter de prendre les rues pour propager l’action anti-autoritaire jusqu’à ce que nos compagnons sortent à nouveau dans la rue et que nous détruisons cette société d’exploitation dans son intégralité.

Liberté pour les prisonniers anarchistes ! Liberté maintenant !

Mario González, Abraham Cortés, Fernando Bárcenas, Carlos López [en grève de la faim depuis le 1er Octobre], Amélie Pelletier, Fallon Poisson

Si vos lois limitent notre liberté, nos actions limiteront vos vies !

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Traduit de contrainfo, 2 octobre 2014