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[Tract] Du centre de rétention de Vincennes à Ferguson, Solidarité face à la police et à l’État !

Du centre de rétention de Vincennes à Ferguson, Pouvoir assassin !

Toujours la même histoire. L’État ne dira sans doute jamais ce qui c’est exactement passé ce 21 août 2014 dans la voiture de flics de l’unité d’escorte qui emmenait Abdelhak Goradia du centre de rétention de Vincennes à l’aéroport de Roissy d’où il devait être expulsé. Abdelahak est mort. Les flics lui ont fait croire qu’il allait voir l’infirmière, ils lui ont mis des menottes, un casque sur la tête et l’on saucissonné pour être sûr qu’il ne résiste pas. Il est mort asphyxié, étouffé. La police a déclaré qu’il était mort naturellement, d’une crise cardiaque, puis ils ont dit qu’il s’était fait volontairement vomir. C’était la deuxième tentative d’expulsion ; lors de la première les flics s’étaient déjà montrés violents et acharnés et c’est le commandant de bord qui avait refusé de le prendre à bord de l’avion.

Au centre de rétention, en apprenant la mort d’Abdelhak des retenus ont cassé du mobilier et une grève de la faim a commencé.

Il y a 6 ans et deux mois, le 21 juin 2008, Salem Souli est mort au centre de rétention de Vincennes. Malade il avait demandé à voir un médecin ce qui lui avait été refusé. Il s’est allongé et ses compagnons l’ont retrouvé mort quelques heures plus tard. Le lendemain une révolte collective a éclatée et le centre totalement incendié.

Les techniques d’expulsion dans les prisons pour étrangers sont toujours les mêmes. Les retenus qui ont déjà résisté à une expulsion où qui ne se laissent pas faire sont appelés dans le micro pour un faux prétexte, une visite, aller chez le juge ou à l’infirmerie, ou embarqués au milieu de la nuit. Ils sont menottés dans le dos, jambes entravées, cagoule et casque sur la tête, étranglé pour empêcher de crier, ligotés avec du scotch… Plusieurs sans papiers sont déjà morts assassinés par la PAF (police de l’air et des frontières) : Ricardo Barrientos en décembre 2002 ou Mariame Getu Hagos en janvier 2003.

Entre 2000 et 2014, plus de 130 personnes ont été tuées par la police.

Mort en prison comme Gordana Jovanovic à la maison d’arrêt des femmes de Fleury le 2 novembre 2012 ; mort au mitard comme Éric Blaise le 13 novembre 2005 à la prison de Fleury-Merogis ; mort dans un fourgon comme Lamine Dieng le 17 juin 2007 ; mort du TASER comme Loïc Louise le 3 novembre 2013 ; mort du Flashball comme Mostefa Ziani le 13 décembre 2010 ; mort au commissariat, mort lors d’une course poursuite comme Baba Traoré le 4 avril 2008 qui tentait d’échapper à un contrôle de police et qui s’est noyé dans la marne ; mort d’une balle dans le dos comme Amine Bentounsi le 21 avril 2012.

Mort aux frontières de l’Europe comme 14 000 migrant-e-s depuis 1988.

mutineriemodif-300x212Partout c’est la même. Qui n’a pas entendu parler de cette histoire à Ferguson, dans le Missouri aux États-Unis, où Mike Brown a été tué de plusieurs balles dans le dos et à la tête par les flics le 9 août dernier. Il est mort parce qu’il était noir, parce qu’il était pauvre. En réaction, des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour manifester et s’affronter avec la police. Pendant plusieurs nuits des émeutes ont éclaté malgré le couvre-feu instauré par l’État.

La violence des flics est toujours la même. C’est celle de l’État, de la société. La police, comme la justice et la prison, est là pour garantir son bon fonctionnement basé sur l’exploitation économique, la domination sociale, l’oppression raciste. Il s’agit de tous nous soumettre et de protéger les riches, et pour cela la police réprime, tue et mutile, la justice condamne et enferme. Face à cette violence, la solidarité est nécessaire et doit s’exprimer partout.

Du centre de rétention de Vincennes à Ferguson, Solidarité face à la police et à l’État !

Le tract en format pdf

Repris de sans papiers ni frontières

[Strasbourg] Journée d’information antifasciste au ‘Molodoï’ dimanche 23 mars 2014

Dans le contexte actuel de crise et d’austérité, c’est sans surprise que la menace fasciste progresse. Sa percée aujourd’hui partout en Europe relève de sa stratégie historique par laquelle la peur sociale est alimentée en peur raciste, sexiste, xénophobe, homophobe dans la population. Face à la misère et la précarité générales imposées par le capitalisme, le fascisme surgit comme un de ses derniers recours par la peur et par la haine pour orienter la colère sociale. La poussée réactionnaire actuelle en France comme en Europe s’exprime à partir des politiques antisociales (anti-IVG, casse des acquis sociaux…), du racisme d’Etat (islamophobie, anti-roms, chasse au sans-papiers), de la banalisation des discours d’extrême-droite et la multiplication des agressions contre des militant-e-s associatifs ou syndicalistes depuis plusieurs années.

Ici comme ailleurs, nous affirmons que l’antifascisme, c’est l’affaire de tou-te-s !

Nous, un collectif d’antifascistes, relayons l’appel des antifascistes grecs à la journée contre le fascisme et le racisme du 22 mars, en organisant à Strasbourg une journée d’information avec ateliers, exposition, projection, discussions le dimanche 23 mars au Molodoï.

Au programme :

à partir de 14h

- Ateliers DIY pochoirs / banderoles / fanzines afin que chacun puisse créer ses propres supports de lutte contre les politiques xénophobes, racistes et sexistes. Une partie du matériel sera fournie

- Exposition traitant des évolutions politiques et sociales en Grèce au travers de l’actualité : les conséquences des politiques d’austérité dans le quotidien des grecs, la montée des néo-nazis d’Aube Dorée dans l’échiquier politique, les luttes antifascistes

- Tables de presse et infokiosk à 17h

- Projection : « Ne vivons plus comme des esclaves » (durée 89 minutes), un film documentaire franco-grec de Yannis Youlountas, montrant de nombreuses expériences autogestionnaires et la manière dont des grec-que-s s’organisent face à l’austérité imposée par le capitalisme. Il questionne ce qui, pour Yannis Youlountas, est une forme moderne d’esclavage, en Grèce et ailleurs. La projection sera suivie d’une discussion Face à la crise imposée par le capitalisme, résistance sociale et antifasciste!

Entrée prix libre Molodoi – 19 rue du ban de la roche – strasbourg

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[Grèce] Riposte unitaire à une attaque fasciste contre le lieu auto-organisé ‘Resalto’ – Keratsini (Athènes), 25 janvier 2014

Le samedi matin 25 Janvier, dans le quartier de Keratsini au Pirée (port d’Athènes), une milice de néo-nazis a souillé l’ensemble du lieu* où Pavlos Fyssas a été assassiné par un membre de l’Aube Dorée en septembre 2013. Tout de suite après, plus de 80 membres d’Aube Dorée ont attaqué l’espace auto-organisé Resalto. Les néo-nazis ont été repoussés par quelques 15 compagnon-ne-s, qui étaient à l’intérieur du squat Resalto.

Voir une vidéo de l’agression ici

Selon les premières estimations, les fascistes sont arrivés dans le quartier en trois fois, et ont attaqué l’extérieur de ‘Resalto’ avec des pierres, des briques et de la peinture sous l’oeil bienveillant des agents de police. Tout cela a duré quelques minutes. Les merdes nationalistes sont parties dès qu’un flic de l’équipe de moto DIAS a été entendu en leur disant: « vous êtes faits ici »… Puis la police a aidé les fascistes à fuir le lieu de l’attaque par la rue Lambraki. Lors de l’attaque fasciste contre le squat ‘Resalto’, les fenêtres de la maison voisine ont été brisées, et des briques ont même été jetées dans la chambre d’un enfant. Certains fascistes ont été reconnus ; leur force provient des régions du Pirée, de Perama, de Nikaia et d’Athènes. La grande majorité d’entre eux étaient des jeunes hommes, et certains avaient des casques avec eux. Tous les compagnon-nes sont en bonne santé, tandis que plusieurs fascistes ont probablement été frappé à la tête avec des objets divers. L’incident a duré dix minutes tout au plus, en présence de flics DIAS qui ont offert la protection aux néo-nazis d’Aube Dorée durant tout le temps de l’agression. Dans le même temps, des groupes de compagnon-ne-es anarchistes et d’autres antifascistes du Pirée et d’Athènes ont été informés de ce qui s’est passé, et sont arrivés à Keratsini furieux et prêt à chasser les néo-nazis, mais ces derniers avaient déjà disparu du secteur.

Une demi-heure après que les fascistes soient partis, des flics en masse – des unités de moto DIAS ainsi que des escadrons anti-émeute MAT – ont été déployés dans la région. Le collectif Resalto appelé à une manifestation spontanée locale place Laou, en réponse à l’attaque. La manif, avec plus de 400 manifestants, a commencé après 14 heures et s’est déplacée à travers les rues de Keratsini, passant également à l’endroit où l’antifasciste Pavlos Fyssas a été poignardé à mort.

Cette manif a permis de se réapproprier l’espace en enlevant toutes les merdes fascistes inscrites sur les murs du quartier et d’hurler le rejet du nationalisme et du système qui le produit.

Assassins fascistes nous vous écraserons - RES(A)LTO

Assassins fascistes nous vous écraserons – RES(A)LTO

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Brisons le fascisme de la vie quotidienne – Keratsini, 25 janvier 2014

Traduit de l’anglais de contrainfo

Source

[Allemagne] Récit depuis les rues d’Hambourg de la journée du 21 décembre 2013

Des milliers de personnes sont venues à Hambourg le 21 Décembre pour participer à la manifestation contre l’expulsion du squat Rote Flora, pour un droit de séjour pour les réfugiés, et faire preuve de solidarité avec les résidents expulsés des maisons Esso. Tout le monde savait que ce serait une journée chaotique, avec des milliers de militants autonomes et des milliers de robocops anti-émeute se faisant face à Hambourg. Pourtant, tout est allé différemment de ce que nous avions prévu.

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Le pré- rassemblement devant le squat Rote Flora devait commencer à 14h00, et la grande manifestation internationale était prévue pour 15h00. Des milliers de personnes y étaient déjà réunies à midi. L’atmosphère était super, les gens étaient pleins d’enthousiasme et voulaient manifester dans les rues. Donc, finalement, peu après 15 heures, la marche a commencé. Non seulement c’était l’une des plus grandes manifestations de l’année, mais aussi la plus courte. La police a arrêté la manif sous un pont après 20 mètres. Les flics ont immédiatement utilisé gaz lacrymos et matraques pour forcer les miliant.e.s à s’arrêter. Quelques secondes plus tard, deux canons à eau sont également venus pour repousser la manifestation à l’endroit où elle a commencé.

Ensuite, des militant.e.s ont répondu avec des pierres, des bouteilles et des feux d’artifice contre la police. Les gens ont été repoussés, car de plus en plus de policiers ont pris d’assaut la foule, frappant presque tout le monde sur leur chemin. En fin de compte il semblait que, même s’il y avait des centaines de manifestants se battant contre les flics, ils n’avaient aucune chance car il y avait des centaines voir des milliers de flics en armure complète les attaquant encore et encore. Un autre problème était qu’il y avait très peu de matériel à jeter sur la police. De nombreuses personnes s’étaient préparées pour des combats de rue avec la police ce jour-là , mais ont d’abord été paralysé en raison de la rapidité de la police à intensifier la violence. Les militants ont construit des barricades de poubelles, de bancs et de tables de restaurants à proximité. Après trente minutes d’affrontements, la police a réussi à prendre le contrôle de la place en face de la Rote Flora. D’ici là, tout le monde a accepté le fait qu’il n’y aurait pas une grande manifestation à Hambourg ce jour-là. Alors, les gens ont juste utilisé une stratégie différente pour manifester dans les rues.

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Peu de temps après que la police ait attaqué la manif, certain.e.s militant.e.s ont tenté de partir; les gens ont réalisé que la manifestation ne pourrait pas continuer, de sorte qu’ils voulaient quitter le lieu et lancer leurs propres actions dans la ville. Même si presque toutes les rues étaient bloquées par des centaines de flics anti-émeute, de nombreux militants ont réussi à quitter le secteur. Ensuite, ils ont formé des manifestations spontanées dans toute la ville. Parfois des manifs avec seulement 50 personnes et parfois des manifs avec plus de 1000 personnes marchant dans les rues, à attaquer les flics, les banques, les commerces (des grandes entreprises comme McDonalds et Vodafone), tout en construisant des barricades. Tard dans la nuit, on pouvait entendre des feux d’artifice et des gens qui criaient des slogans dans toute la ville de Hambourg. Les gens n’ont attendu personne pour commencer l’action, ils l’ont commencé eux-mêmes, à maintes reprises. La plupart du temps la police a tenté de nous chasser et d’arrêter les actions directes, parce qu’il semblerait que les flics n’aient pas eu suffisamment de moyens pour faire plus de vingt arrestations avec charges ce jour-là.

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Il est difficile de dire si c’était ‘une victoire’ ou ‘une perte’ pour la protestation. Nous n’avons pas réussi à manifester comme nous avons d’abord voulu. La police a clairement voulu stopper la combinaison des trois luttes majeures à Hambourg: le squat de la Rote Flora, la lutte des réfugiés et des maisons d’Esso. D’autre part, Hambourg a vu des plus grandes émeutes ces dernières années et après la décentralisation de la protestation la police a perdu le contrôle de la situation.

Personnellement, je pense que c’était une bonne journée. Les militants ont montré que l’expulsion du squat Rote Flora ne serait pas tolérée et finirait dans le chaos absolu pour le gouvernement de Hambourg, la police et le capital. Il est toujours agréable de rencontrer des situations où les flics doivent se retourner et juste courir…

Flora bleibt! le squat Rote Flora reste!

Une vidéo de cette journée à Hambourg

Traduction de l’anglais en collaboration avec contrainfo,27 décembre 2013

[Rennes] Soirée de soutien aux anarchistes incarcérés au Mexique suite à la manif du 2 octobre dernier – Vendredi 8 novembre 2013

abcLe 2 octobre, une manifestation en commémoration du massacre du 2 octobre 1968 s’est tenue à Mexico. Elle a été rejointe par les profs en grève qui occupent la place principale de Mexico et de nombreuses organisations anarchistes. La manifestation, cernée par un dispositif policier impressionnant, s’est changée en émeute durant laquelle de nombreux camarades ont été arrêtés. 11 d’entre eux ont été emprisonnés, dont 8 furent finalement libérés une semaine après sous caution. Certains sont toujours derrières les barreaux, faute de pouvoir payer la caution ou voyant leur demande rejetée pour « récidivisme ».

Pour un soutien financier (notamment pour payer les cautions d’un prix exorbitant), mais aussi et surtout pour un soutien moral international et une diffusion locale de l’information libre et de la solidarité, nous organisons une soirée de soutien ce vendredi 8 novembre.

5 groupes sont programmés:

  • Angie Blue (chant et piano)
  • Téméraire (Hip hop)
  • Les Fausses Notes (punk musette)
  • Shock (punk)
  • Glook Machine, Peter Poch et Jimmy Spliff (mix rocksteady)

A l’élaboratoire (17 bis rue du Chardonnet), à partir de 21H.

Entrée: 1 euro minimum.

Les bénéfices seront reversés à la Cruz Negra Anarquista Mexico.

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[Brésil] A propos des actions récentes des blacks blocs dans les rues de Rio et de Sao Paulo

Voici un énième torchon pondu par la presse du pouvoir à propos de l’agitation et des activités anarchistes au Brésil. Au-delà des ‘analyses’ autant bidons les unes que les autres de divers sociologues et politologues, on appprend quelques faits récents lors des manifs des profs qui se sont déroulées ces derniers temps, notamment à Rio de Janeiro et à Sao Paulo :

Emeutes au Brésil: les « Black Blocs » s’en prennent à la police

Les anarchistes font irruption dans les manifestations brésiliennes : vêtus de noir, le visage dissimulé par un masque, un foulard ou un tee-shirt, les anarchistes « Black Blocs » ont fait une spectaculaire apparition dans les manifestations au Brésil, où ils interpellent par leurs actions violentes mais restent difficiles à cerner pour les observateurs.

BRAZIL-PROTEST-TEACHERS-STRIKECes groupuscules ont commencé à faire parler d’eux au Brésil lors de la fronde sociale qui a secoué en juin le pays contre la hausse des coûts des transports, les dépenses excessives engagées pour l’organisation de la Coupe du monde de football de 2014 et la corruption. Mais c’est alors que le mouvement social est devenu plus sporadique que les Black Blocs ont radicalisé leurs actions, essentiellement à Rio et Sao Paulo, face à une police mal formée réputée pour sa brutalité lors des manifestations*.

Lors de leurs sorties fulgurantes, les Black Blocs brésiliens privilégient la destruction de symboles du capitalisme tels que les restaurants McDonald’s ou les banques**.

A Rio, ils s’étaient invités lundi*** à la manifestation ayant réuni plus de 10 000 personnes pour soutenir les enseignants en grève. A la tombée de la nuit, ils avaient incendié un autobus, détruit des distributeurs automatiques de billets et érigé des barricades.

Mardi soir, à l’issue d’un nouveau rassemblement d’enseignants d’écoles publiques, les Blacks Blocs ont attaqué avec des pierres et des cockails molotov la police qui a riposté avec des tirs nourris de bombes lacrymogènes et sprays de poivre pour les disperser. Une voiture de police a été incendié et une agence bancaire saccagée.

Brazil Teachers Protest

Les Black blocs sont apparus en Allemagne de l’Ouest vers 1980, au sein du mouvement « Autonomen ». Ils se distinguaient à l’extrême gauche par sa volonté d’autonomie par rapport aux institutions (États, partis, syndicats). Le mouvement comptait des centaines de squats, lieux de vie collective, où les Black Blocs affrontaient les policiers lors de tentatives d’expulsion.

Mais c’est en 1999, en marge du Sommet de l’OMC à Seattle, qu’ils acquis leur notoriété avec des manifestations et occupations spectaculaires.

« On ne parle pas aux journalistes :)«   

Sollicité par l’AFP pour une interview, le groupe Black Bloc Rio de Janeiro a répondu: « Salutations libertaires! Il est difficile de nous téléphoner car nous sommes sur écoute ; nous préférons communiquer par message sur Facebook ». Mais les autres questions de l’AFP sont restées lettre morte. Au niveau national, le groupe s’est limité à répondre: « On ne parle pas aux journalistes :)« .

Brazil Teachers Strike

Pour les experts, établir un profil de ces manifestants relève de la gageure. « Il est difficile de savoir qui ils sont; il n’y pas d’autorité établie. Le mouvement est très horizontal, très jeune« , explique à l’AFP le sociologue Luiz Antonio Machado de l’Institut d’études sociales et politiques de Rio (IESP). De plus, le Black Bloc n’est pas une organisation permanente. Avant et après leurs actions, les Black Blocs sont des citoyens comme les autres.

« Ce mouvement naît du mécontentement général envers le mauvais fonctionnement des institutions. Il n’est pas révolutionnaire mais va se radicaliser face au manque de dialogue« , prédit encore M. Machado. Car pour lui « la presse ‘hégémonique’ utilise l’action des Black Blocs et des casseurs pour discréditer les manifestations et cela déclenche une répression généralisée« , notamment des médias et de la police.

BRAZIL-TEACHERS-PROTESTMais pour Alba Zaluar, expert en violence à l’Université de Rio (Uerj), le mouvement « jette à la poubelle tout ce que notre démocratie a construit« , après la dictature (1964-1985). « Ils vident les manifestations »   « Cela a pour effet de vider les manifestations. Les gens ne veulent pas en finir avec l’État mais améliorer la santé, l’éducation, les transports. Le fait de casser des abribus est un préjudice pour le contribuable qui va devoir payer, rien à voir avec la mondialisation. Ils doivent se réformer« , estime-t-elle.

Le sociologue Jose Augusto Rodrigues (Uerj) juge de son côté que « les actes de vandalisme ne sont pas toujours à attribuer aux Black Blocs » mais que « leur tactique n’a pas été un succès ».  « En juin, il y avait des foules dans la rue mais depuis qu’ils sont devenus partie intégrante des manifestations, les gens se sont retirés« , souligne-t-il. « La dimension que cette présence prendra est difficile à prévoir, cela va dépendre de comment l’État sera capable de réagir, de former sa police pour agir de façon plus civilisée« , analyse-t-il encore.

En attendant, les Black Blocs ne désarment pas et ont d’ores et déjà promis aux autorités une coupe du monde de football agitée en juin prochain.

Leur presse – AFP via RTBF.be, article daté du 16 octobre à 07h26

Notes du blog:

*: les violences policières ne se limitent pas seulement aux manifestations: très récemment, un jeune d’une favela de Rio de Janeiro a été tabassé à mort par les policiers de l’UPP (Unité de Police Pacificatrices). Deux articles sur cet énième assassinat sont lisibles ici et .

**: lire un texte écrit par des anarchistes membres des blacks blocs

***: la date du lundi n’est pas précisée dans l’article. On peut rappeler que le lundi 7 octobre 2013, des émeutes ont eu lieu en marge de la manif des profs à Rio (mais aussi à Sao Paulo). Le lundi suivant, le 15 octobre, plusieurs perquisitions contre des manifestants ont eu lieu à Rio de Janeiro. La solidarité avec les personnes arrêtées s’organise.

Brazil Teachers Protest

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[Mexique] Emeute dans le cadre du mouvement étudiant: plusieurs anarchistes arrêtés

Heurts à Mexico entre la police et des manifestants 

Des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre se sont produits samedi à Mexico au moment où défilaient plusieurs milliers d’enseignants et d’étudiants, faisant au moins deux blessés parmi les policiers et quatre arrestations, selon les autorités.

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Un total de 34 000 policiers avaient été mobilisés pour empêcher une intrusion de quelque 11 000 manifestants – enseignants et étudiants – au parlement, selon le service de presse de la Sécurité publique.

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Le mouvement étudiant Yosoy 132 avait auparavant rapporté sur son compte Twitter qu’au moins six personnes avaient été interpellées au cours d’une manifestation dans le centre de la capitale contre la réforme du secteur énergétique qui devrait être soumise au Parlement avant la fin de l’année.

Des manifestants encagoulés ont lancé des pierres et des cocktails Molotov en direction des centaines de policiers qui leur barraient le passage et ont riposté avec des gaz lacrymogènes et des coups de matraque, a constaté l’AFP.

Les manifestants ont assuré que les violences étaient le fait de personnes « infiltrées » et ont revendiqué le caractère pacifique de leur mouvement.

Mais selon le service de presse de la Sécurité publique,deux « anarchistes », un homme de 28 ans et une femme de 23 ans ayant déjà participé à des manifestations antigouvernementales, faisaient partie des quatre personnes interpellées.

À la suite de cet incident, les milliers d’enseignants qui marchaient vers le palais présidentiel pour protester contre les réformes de l’éducation promues par le président Enrique Peña Nieto ont décidé de se joindre aux étudiants pour se diriger avec eux vers le Parlement. Les protestataires ont ensuite reflué « par peur des arrestations arbitraires », ont-ils dit.

Le président mexicain a affirmé qu’il ne céderait pas sur la réforme éducative, qui figure avec d’autres réformes structurelles dans le Pacte pour le Mexique signé par les trois principaux partis du pays en décembre.

Le Congrès mexicain doit se prononcer cette semaine sur un nouveau point de la réforme éducative qui soulève un tollé parmi les enseignants. Il prévoit une évaluation régulière de leur travail dont dépendraient maintien en fonction, promotions et augmentations salariales.

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AFP, 01/09/2013 à 20h36

La presse mexicaine parle de 16 arrestations lors de cette manif

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Un article sur contrainfo [en espagnol, et en français] de la Cruz Negra Anarquista México, du 2 septembre, précise que les accusations sont toutes de : perturbation de la tranquillité publique, rébellion à l’arrestation, port d’objets contondants contre l’exercice légitime d’autorité, et outrage. Ils ne sont pas lourds et relèvent de la possibilité de caution.

Les numéros de compte pour le fric sont là.
Les incarcérés (dont pas mal de compagnonNEs) sont :

  • MP de Milpa Alta 1 : 

Julián Humberto Luna Guzmán
Gustavo Ruiz Lizarraga
Pavel Alejandro Primo Noriega
Juan Daniel Velázquez

  • MP de Magdalena Contreras 1 

Ana Berenice de la Cruz Cortez

  • MP de Xochimilco 2 

José Eduardo Alonso
Marco Miztli García

  • MP de Tlahuac 1 

Alejandro Rafael Montaño
Omar Beristaín
Ángel Francisco Hernández

  • MP de Magdalena Contreras 2 

Estela Morales Castillo
Silvia Leticia Colmeneros Morales
Alejandro Amador Frausto

Nous souhaitons la plus large diffusion possible de la situation, tout comme que la solidarité se manifeste des manières les plus variées.

Liberté pour tous ! 

A bas les murs des prisons !

Cruz Negra Anarquista México

Repris des Brèves du Désordre

Solidarité avec les rebelles de Stockholm (mai 2013)

Solidarité avec les rebelles de Stockholm

“Nous ne voulons pas juste une part de gâteau;
 nous voulons toute la boulangerie … réduite en cendre “.

Solidarité avec les rebelles de Stockholm !

Durant cinq nuits des personnes de Stockholm et de ses alentours ont pris les rues pour exprimer leur mécontentement  face aux injustices du système, et de la société qui en résulte. Après des années d’intimidation de la police, de l’école, des garderies d’enfants et autres institutions étatiques, le meurtre d’un vieil homme par la police dans la banlieue de Husby a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Nuit après nuit, des gens en colère  reprennent les rues et se rebellent contre tout ce qui les oppriment et  anéantit leurs vies. Ainsi, au cours des 5 dernières nuits, dans Stockholm et ses alentours, 4 postes de police, des écoles maternelles et des écoles ont été attaquées avec des pierres ou par le feu. Environ 100 voitures ont été incendiées, et les flics ont été bombardés de pierres.

Pour nous, ce n’est ni désespéré, ni des émeutes gratuites. Pour nous ces attaques visent diverses formes d’autorité ! L’autorité qui, dès l’enfance, contraint les gens à n’importe quel type de productivité, de la maternelle à l’école. De l’apparence physique, au logement et au travail. L’autorité qui tente de serrer toutes les pensées rebelles dans les costumes de conformité. Cependant, à la fin, ce système de merde n’a tout simplement pas assez de place pour tout le monde, peu importe si le costume te va ou pas. Ainsi, nous n’avons pas été surpris de voir surgir des débats sur l’intégration  ratée, le faible niveau d’éducation et les mauvaises perspectives de travail des gens de la banlieue. Mais ces discussions ne sont pas les nôtres, puisqu’on se débrouille sans les “bénéfices” de l’État qui prennent la forme de l’intégration, de l’éducation et du travail, ce qui signifie rien d’autre que la pacification sociale, tout comme nous pouvons vivre sans les”bénéfices” de l’État qui prennent la forme de la surveillance et de la police.

La répression et la paix sont les deux faces d’une même médaille, celle d’une fausse liberté.

L’image propre de la Suède sociale commence à s’effriter ! Enfin ! Dans un pays pacifié comme la Suède, où même la scène DIY reçoit des fonds de l’État afin qu’ils puissent acheter des maisons squattées à la ville dans le but de préserver la «paix sociale» et d’éviter la résistance, la façade commence à s’effriter et apparait le dégoûtant racisme d’État, le harcèlement quotidien, et, en boucle pendant des jours, le discours médiatique incroyablement hypocrite sur le soi-disant «quart-monde urbain».

Nous sommes heureux pour chaque acte rebelle qui crache à la gueule du système ! Après tout, nous sommes comme emprisonnés dans une cage qui s’appelle elle-même démocratie ! Nous détestons cet État et tous ceux qui le soutiennent.

Solidarité avec tous les insurgés !
Une accolade et de la  force pour les rebelles de Suède !

Pour l’anarchie !

(Mai 2013)

Traduction Le Chat Noir Emeutier/Contra-info, 30 mai 2013

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Syndrome de Stockholm

Le 13 mai, quelque part en Europe, un homme est assassiné par la police dans un quartier pauvre. Ce n’est pas un jeune, et cela ne se passe pas dans une zone connue pour sa conflictualité. Un homme de plus est tombé sous les balles de l’Etat. Cette fois cela se passe à Husby, dans la banlieue nord de Stockholm, ce paradis de la gestion social-démocrate de la domination. On n’est ni à Paris ni à Londres, pas à Bruxelles ni à Berlin. Mais qu’est-ce que cela change ? Les riches et leurs chiens de garde sont partout, et partout aussi existent des individus prêts à s’armer de courage pour exprimer leur révolte avec détermination. Même en Suède.

Moins d’une semaine plus tard, la nuit du 19 mai, des voitures commencent à brûler dans ce même quartier de Stockholm. La police et les pompiers sont accueillis avec des pierres. Le lendemain, la rage se transforme en émeute, les vitres de boutiques, d’équipements publics et d’écoles commencent à se fendre sous le coup de projectiles. Malgré les appels au calme et « à la responsabilité citoyenne », malgré les promesses des politiciens, les années d’humiliation et le sang du vieil homme abattu par la police ne s’achètent pas si facilement. Pour la troisième nuit de suite, ce sont encore près de 30 véhicules qui partent en fumée, mais pas seulement. Deux écoles et un centre culturel les rejoignent dans un incendie qui devient contagieux. A Jakobsberg, une autre banlieue située au nord-ouest de Stockholm, les actes commencent à dialoguer directement entre eux : un commissariat est attaqué. Les mots ne sont pas nécessaires, et les destructions ciblées parlent d’elles-mêmes.

La quatrième nuit, près de 90 feux sont allumés à différents endroits de la ville. Les pompiers courent partout, protégés par la police, et harcelés par de petits groupes. A Husby, 300 collabos effectuent des rondes pour contenir les affrontements. Mais c’est quoi, quelques milliers de flics et de citoyens qui essayent d’étouffer une émeute, face à la détermination de dizaines d’émeutiers ? Faute d’oxygène dans le quartier où tout a commencé, la joie se diffuse un peu plus loin : trois commissariats de plus sont attaqués, un à Kista au nord de Stockholm, deux autres au sud de la ville. La police perd son premier véhicule de patrouille, cramé, et rencontre des lasers aveuglants en plus des pierres et des molotovs. A 700 kilomètres de là, dans la troisième plus grande ville de Suède (Malmö), d’autres incendiaires rejoignent à leur tour le grand bal de la révolte.

Le jeudi 23 mai, l’émeute dure toujours. La police de Stockholm commence à s’épuiser, et attend avec impatience les renforts annoncés. Dans toujours plus de quartiers de la capitale, les feux touchent non seulement des voitures (et hop, 70 de plus !), mais visent aussi les intérêts de l’Etat et des patrons : à Rinkeby, à Södertälje, à Norsborg, à Tensta (une école), à Kista (une école), à Älvsjö (un commissariat), à Jordbro (un centre commercial). En dehors de Stockholm, les flics sont attaqués dans les villes de Borås, Karlskrona et Malmö. Les assurances commencent à sonner l’alarme, et chiffrent les dégâts de moins d’une semaine d’émeute à « plusieurs centaines de milliers d’euros ».

On arrête là, ou on continue de compter les nuits ? Alors ok, une dernière pour la route, la sixième. Stockholm est saturée de flics, et beaucoup crient provisoirement victoire. Sauf que tout n’est pas si simple, et d’autres grandes villes de Suède se réveillent avec un goût de cendres dans la bouche : à Orebro par exemple, une école a brûlé et un commissariat fait l’objet d’une tentative identique, tandis qu’à Kista, une autre école est partie en fumée.

Alors, ces émeutes pas si lointaines nous disent aussi quelque chose d’autre, à nous, ici ? Peu d’affrontements massifs avec les flics, et beaucoup de petits groupes mobiles. Des dizaines de voitures brûlées pour attirer les différents uniformes, puis des guet apens agiles. Et surtout, la capacité de cueillir une occasion, celle de détruire ce qui nous opprime au quotidien : une école ici, un commissariat là, ou un centre commercial encore ailleurs. En Suède, des poignées d’individus relativement isolés, mais armés de détermination et d’un peu d’imagination, ont réussi à diffuser leur rage pendant de longues nuits. Ils ont employé une langue enflammée qui a directement parlé au cœur et à l’esprit d’autres révoltés sur des centaines de kilomètres. Et si celle-ci a pu fendre en quelques jours la glace de la pacification apparente d’un grand pays nordique, qui sait si d’autres inconnus ne pourront pas à leur tour être saisis par sa beauté destructrice ? Une sorte de nouveau syndrome de Stockholm qui se gripperait à travers toute l’Europe…

Extrait du journal ‘Hors Service #37′

blog: journalhorsservice.blogspot.fr

 

[Grèce] Attaque d’un café qui collabore avec les fascistes d’Aube Dorée – Athènes, 16 mai 2013

Le 16 mai, un groupe de camarades a cassé la façade du café de la rue Pipinou dans le quartier d’Agios Panteleimonas, comme un acte minimal d’attaque et de solidarité.

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Un acte d’attaque, contre les déclarations racistes et nauséabondes dans une vidéo enregistrée à cet espace et qui a été diffusée sur les chaînes d’information. De plus, le café a agi et a continué à agir comme une référence et un point de rassemblement pour des membres locaux d’Aube Dorée (comme Vouldis) et d’autres merdes nationalistes.

1v457hvUn acte de solidarité envers les migrants du secteur, qui sont souvent sujets d’attaques par des fascistes, soutenus par la police en uniforme.

Nous voulons faire comprendre que quelqu’un qui accueille, tolère et coopère avec la merde de ce genre devrait être prêt à payer le coût de leur choix.

NOUS N’OUBLIONS PAS

NOUS NE PARDONNONS PAS

Source: Indymedia Athènes

Traduit de l’anglais de From the greek streets