Archives pour la catégorie violences policières

[Genève, Suisse] Dance Against Police – Samedi 4 octobre 2014

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Ils voulaient un défilé formidable

ils seront fort minables

Le 4 octobre, le canton de Genève prévoit un défilé historique pour « fêter » les 200 ans de la police genevoise. Quelques 500 participants dont 200 policiers suisses et français traverseront le centre-ville en costume d’époque. Ne les laissons pas parader sans marquer une opposition claire à cette propagande immonde.

Propagande

Comme c’est souvent le cas lors de ce genre d’événements, les autorités instrumentalisent l’histoire à des fins idéologiques pour justifier l’actuelle politique. Une politique du tout répressif, dont les conséquences sont dramatiques pour ceux qui les subissent. La prison de Champ-Dollon est remplie à presque 300% et compte déjà deux « suicides » de détenus cette année. Des cellules familiales pour sans-papiers vont y être aménagées. Les violences policières sont monnaie courante, causant parfois la mort comme en octobre dernier à Meyrin. On peut difficilement parler de bavures vu leur fréquence et l’absence de condamnation de la part du ministère public, des médias et de la classe politique.

République policière

En 2014, le budget annuel du département de la sécurité a augmenté d’un tiers alors que les investissements dans presque tous les autres domaines ont diminué. Le MCG, deuxième parti du canton, est un véritable parti de flics, 1/3 de ses élus sont ou étaient de la profession. Pas étonnant que des budgets énormes soient votés par le parlement. La gauche, quant à elle, ne trouve pas d’autre moyen de grappiller des voix que de calquer son discours sécuritaire sur celui de la droite.

Réaction

Nous savons que ce spectacle n’amuse pas tout le monde : ceux qui ont souffert de l’enfermement, celles qui ont pris des coups, ceux qui ont subi le racisme des policiers ou simplement celles à qui une démonstration de force de l’état répressif n’inspire rien de bon.

Pour ne pas assister passifs à ce défilé, nous appelons celles et ceux que ce spectacle dégoute à rejoindre une parade festive. Soyons plus nombreuses qu’eux et démontrons que même s’ils sont nombreux au parlement la rue ne leur appartient pas.

Parade Festive contre le défilé

du bicentenaire de la police 4.10.14 Genève

13h30 Plaine de plainpalais Genève

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L’appel en allemand, anglais, italien sur le site Dance Against Police

[Missouri, USA] Contre le retour à la paix sociale. Récit d’une semaine de révolte à Ferguson

Pendant une semaine à Ferguson

Ce qui a commencé comme un mouvement de protestation après 10 jours de mépris soutenu a fait quelques pas hésitants vers la révolte. La situation ici est encore fluide et mûre avec du potentiel. Localement, les gens sont surpris que des troubles similaires ne se soient pas déclenchés dans d’autres villes. Si elle venait à se propager, le périmètre ici s’élargirait probablement. Il est difficile de se faire une idée de la façon dont les gens en dehors de la région métropolitaine interprètent ce qui se passe ici. Ce qui suit sont quelques observations de résidents de St Louis et participants à la lutte qui pourrait donner une image plus claire de cette nouvelle réalité étrange.

Voitures, flingues et révolte en Amérique

West Florissant est la route principale qui traverse le comté de St-Louis et le nord de la ville. Une étendue d’un quart de mile de la route a été le lieu de rassemblement pour les manifestants. Juste à l’extérieur de ça, dans un parking de centre commercial, c’est la zone de transit commune pour la police (venant de la Ville, du comté, ainsi que des dizaines de petites communes), la Highway Patrol, et la garde nationale. La petite portion est le foyer de nombreux commerces pillés et brûlés (à des degrés divers) incluant la chaîne de magasins QT – qui est devenu un point de repère, de destination touristique, et un lieu de rassemblement pour les manifestants. Canfield Drive se croise avec cette zone de west florissant, une route qui mène aux subdivisions et complexe d’appartements où Mike Brown a été tué. La police craint de s’aventurer trop loin dans Canfield.

Les jours où la police permet au trafic de s’écouler, West Florissant devient encombré avec des véhicules, dont beaucoup sont blindées de passagers, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Les activités courantes comprennent la musique à fond, les crissements de pneus, narguer la police avec des insultes (« fuck the police », « Fuck 12″), à tourner en rond et les prendre en course, juste freiner à la dernière minute. Les gens sautent de voiture en voiture de manière festive, flirtant, chantant, buvant et fumant. Lorsque les lignes de police ferment la rue à chaque extrémité du secteur, les voitures affluent dans les rues latérales pour faire pareilles. Et quand les manifestants deviennent assez chahuteurs, les gens vont avec leurs voitures jusqu’aux magasins, les remplissent de biens pillés, et s’échappent à nouveau dans les quartiers.

fergus17bUn nombre important de manifestants sont armés. Dans les premiers jours, une tactique commune était de tirer des coups de feux en l’air pour effrayer les flics quand ils s’approchaient trop. Certains parlent ouvertement d’entrer en guerre avec la police et ne cachent pas le fait qu’ils en portent. Les derniers jours, des gens ont commencé à tirer sur la police. Malheureusement, les seules personnes touchées ont été jusqu’à présent une poignée de manifestants – certains d’entre eux avec des blessures potentiellement mortelles. Les gens commencent à plaider en faveur de plus de retenue avec les armes à feu et de mieux viser.

Les rebelles (et la police) n’ont aucune expérience dans une telle situation. Une révolte comme celle-ci n’a pas été vue en Amérique depuis les années 70. Les gens apprennent à fabriquer et à utiliser des cocktails Molotov, des barricades, des projectiles et faire des incendies, ainsi que quand et où il est logique d’attaquer. La coordination et la communication sont difficiles en dehors des moments d’émeutes. C’est peut-être parce qu’il n’y a pas d’endroit sûr et confortable pour se rassembler et échanger des idées. Le QT pourrait servir à cette fin, mais seulement aujourd’hui il a été entièrement clôturé. La deuxième nuit d’agitation a du impliquée une coordination exceptionnelle vu que des bandes ont brisé des magasins partout dans la région métropolitaine, remplissant leurs voitures avec toutes sortes de biens.

Répression, respectabilité, race, genre et écart générationnel

Les policiers sont pris dans une impasse et voient les limites de l’utilisation de la force. S’ils gardent leur distance avec les manifestants émeutiers, mais quand ils viennent en force ils poussent davantage de gens à venir dans les rues, ce qui conduit à plus d’émeutes. À ce stade, s’ils veulent écraser cela, ils n’ont qu’à condamner Darren Wilson (le policier qui a tiré Brown) d’assassinat. Mais les rouages ​​de la justice sont lents. En attendant, ils vont devoir travailler à diviser les manifestants. Dans leur désespoir, toutes les dichotomies déjà employées dans le passé sont utilisées – manifestant vs criminel, honnête vs opportuniste, résident vs étranger. Malheureusement, la police a une longue liste de complices prêts à faire le travail pour eux, la plupart d’entre eux sont pleinement conscients de ce qu’ils font. Du New Black Panther Party à la Nation of ‘Islam*. de HOT 104.1 à FOX News. De MORE à OBS. De Jesse Jackson à Al Sharpton**. De Nelly à Tef Poe (Po)***. De l’actuel maire de St Louis Slay au futur maire de St Louis français. Et la liste est longue.

Bien qu’elles peuvent réussir à la télévision, à la radio et sur les médias sociaux, ces grandes gueules n’ont pas eu autant de succès sur West Florissant (en dépit de leurs propres déclarations contraires), et cela doit leur faire une peur bleue. […]

Il y a toujours plus de manifestants noirs que blancs sur West Florissant, mais il semble y avoir plus de diversité vu que la lutte continue. Dès le début des commentaires en direction des manifestants blancs tels que « Pourquoi êtes-vous ici? » ont eu la réponse « mec, elle/il déteste la police aussi! » Maintenant, la présence de manifestants blancs est même plus noté comme « merci d’être ici ». Quelques sinistres groupes libéraux et de gauche tentent de répandre des histoires absurdes que des petits groupes d’agitateurs blancs (ou même des infiltrés du KKK!) incitent les manifestants noirs à aller à l’attaque. Les hypothèses racistes sous-jacentes sur la nature exploitable de manifestants noirs, qui est logique si on se rend compte que c’est exactement la façon dont des groupes comme Nation of Islam et le New Black Panther Party les considèrent. En retrait dans le monde réel, les manifestants blancs commencent tout juste à rattraper un peu en férocité leurs camarades noirs, qui sont assez grands pour prendre des décisions eux-mêmes.

FergusGoodCop7Les autorités ont engagé quelque chose en bon flic/mauvais flic en mettant Ron Johnson (un policier noir qui a grandi dans le comté du Nord) dans le commandement des opérations de police. Pendant la lumière du jour, lui et ses officiers enlèvent leur tenue anti-émeute et marchent aux côtés des manifestants. Cette astuce a marché sur les leaders de la contestation auto-proclamés qui travaillent ouvertement avec Johnson pour contrôler les foules.

Il existe d’innombrables appels de la Nation of Islam, le New Black Panther Party, et leurs semblables socialement conservateurs aux femmes à rentrer à la maison, pour les hommes noirs costauds à renforcer, et d’autres tentatives patriarcales qui divisent les manifestants. Lors des premiers jours, ces appels ont été accueillies avec une énorme résistance de la plupart des femmes noires. « Vas te faire foutre, retourne à l’église ». « Je suis ici depuis le premier jour ». « Ce sont nos enfants qui sont morts ». Le harcèlement constant semble avoir payé vue que moins de femmes sont dehors, surtout la nuit. Mais les femmes sont toujours à l’avant en narguant la police et se précipitant dans les magasins pour se servir.

Presque tous ceux qui cherchent à limiter les actions les plus conflictuelles et se déclarent dirigeants de la communauté ne sont pas plus de 40. Mis à part le fait d’arrêter physiquement des jeunes à agir, ils essaient de les ostraciser de la manifestation. Ces vieux sages peuvent se promener avec une aura d’autorité paternaliste, mais les jeunes ne sont pas dupes: « Je ne peux pas écouter ces vieilles têtes, qui disent ‘la même chose depuis des années » « Cette marche pacifique ne fonctionne pas, sans le pillage personne n’aurait porté attention à Mike Mike ». Pourtant, ils appellent en permanence pour les garçons à grandir et à être des hommes et les jeunes femmes à rentrer à la maison, parce que les rues ne sont pas sûres pour elles.

Paix et tranquillité

APTOPIX Police Shooting MissouriIl y a quelques indications comme quoi les groupes libéraux prennent leurs distances avec la ville de Ferguson. Ils commencent à organiser des rassemblements et la désobéissance civile à Clayton et dans le centre-ville de St Louis. Peut-être qu’ils renoncent à leur campagne visant à contrôler les éléments enragés. Peut-être qu’ils essayent de mettre un visage médiatique plus pacifique sur le mouvement. Peut-être qu’ils essayent de nouvelles stratégies pour obtenir justice. Seul le temps nous le dira.

La situation à Ferguson est effrayante. Il est facile de comprendre pourquoi certains, en particulier ceux qui vivent près de l’activité, veulent un retour à la normale: des balles, des gaz lacrymogènes, des canons sonores, des points de contrôle, du feu. Mais malgré tout cela, il y a un nombre important d’entre nous qui ne veulent pas d’un retour à la normale. Nous descendons le jour et la nuit sur West Florissant pour comprendre comment éviter ça. Pour nous, la lutte ne se limite pas à la justice pour Mike Brown et la condamnation d’un seul flic pour assassinat devant les tribunaux. Nous le faisons pour nous-mêmes, nos amis et famille, ainsi que pour Mike Brown. Nous avons déjà constaté ce système coupable – le racisme, la structure de classe, le gouvernement, la police. Lorsque la «paix» à laquelle vous êtes constamment invité à revenir ressemble à l’impuissance, l’humiliation, la pauvreté, l’ennui, et la violence, ça ne devrait pas être une surprise que beaucoup de personnes choisissent de se battre. Et pour être témoin de la férocité avec laquelle certains d’entre nous se battent, c’est presque comme si nous avions attendu ce moment nos vies entières. Il y a deux jours les gens se sont précipités au poste de commandement de la police forçant les autorités à faire appel à la garde nationale. Auparavant, cela aurait été impensable, mais il y a alors encore deux semaines seulement tout cela aurait été inimaginable.

Et alors nous trinquons un verre de gin pillé – un TOAST ! Que chacun puisse continuer à nous surprendre.

19 Août 2014

SourceAnti-State STL

Notes de traduction:

*Imitation de l’ancien parti mais avec des théories racialistes, antisémites, patriarcales, homophobes… Religieux qui tentent de dissuader, d’empêcher (parfois physiquement) tout acte radical contre l’ordre existant.

**Ces deux chefs auto-proclamés des droits civiques, respectivement politicien et haut-placé de l’église protestante depuis toujours

*** Deux rappeurs commerciaux (tous deux sont sous contrat chez universal), qui se sont récemment pointés au sein des cortèges à Ferguson en tant qu’agents de la pacification, comprendre par là un comportement de « grands frères » mais blindés de thunes…

Les précédents articles sur cette révolte: ici et

Des véhicules de police et de sécurité privée ont été sabotés à Bloomington et à Chapel Hill en solidarité avec la révolte à Ferguson – voir les communiqués de ces attaques (en fin d’article)

[Missouri, USA] Solidarité avec les émeutiers de Ferguson – 11, 12 et 14 août 2014

fergus_mikeDans l’après-midi du samedi 9 août 2014, un adolescent noir de 18 ans, Mike Brown dit « Mike Mike », a été assassiné par un flic du service de police de la ville de Ferguson, située à 12 miles environ au nord-ouest de la ville de S-Louis (Missouri, centre des Etats-Unis). Il a été abattu de plusieurs balles (6 dans le dos et 2 dans la tête)*. Des centaines de résidents se sont immédiatement rassemblés autour du lieu de l’assassinat, débordant sur la rue principale, W. Florissant, et en la bloquant partiellement. Des gens et proches en pleurs se sont rendus sur le lieu du meurtre et ont été accueillies avec des fusils d’assaut et des chiens policiers, tandis que la police fermaient l’accès à la ville en bloquant la rue principale (Florissant). La nuit suivante, le dimanche 10 août, une autre veillée aux chandelles a été appelée par la famille de Mike et des multiples garants de la paix sociale (paroisses diverses et associations, dont la NAACP**). Cet événement, qui a réuni plus d’un millier de personnes, a pris rapidement et naturellement une toute autre tournure. Les larmes de tristesse se sont transformées en actes de rage. Un résumé de récits d’anarchistes ayant participé à cette nuit de révolte :

fergus12Les manifestant-es se sont rassemblé-es dimanche soir dans une atmosphère pacifique et de peur, où des personnes ont défilé dans les rues et devant la police avec les mains en l’air (en référence avec l’attitude que Mike Brown a eu face aux flics). Mais peu de gens étaient calmes, et très rapidement des centaines de personnes ont convergé massivement en allant en direction des lignes de flics aux cris « assassins », « nique la police » (le nombre de participant-es oscillant entre 600 et 1000)… Quelques objets pleuvent sur les flics, des véhicules de police passent à travers la foule tout doucement mais la quatrième voiture est bloquée par des manifestant-e-s, qui montent sur le capot, donnent des coups de pieds sur la carrosserie: des vitres sont pétées, et des manifestant-es ouvrent de force une portière mais la voiture part brusquement avant que les flics à l’intérieur puissent y être extraits. Beaucoup de monde renonce à avoir peur.

Suite à ce réveil de la foule, la police bloque aux manifestant-es les accès sud et nord de la ville de Ferguson. Il se trouve que depuis l’avenue Ferguson, axe pris par la manifestation, de nombreuses petites rues vers l’est mènent à des entreprises, des magasins… La police, trop craintive de ce qu’il pouvait se passer et en infériorité numérique pour investir une zone résidentielle bouillonnante de colère, n’étaient pas en mesure de bloquer ces rues. Les gens, entendant parler de ce qui se passait, sont sortis dans le quartier commerciale à pied, en voitures et en motos tout au long de la nuit. Pour une fois, la géographie de cette foutue banlieue était de notre côté. Apparemment, un nombre incalculable de gens en colère ont pu rejoindre les émeutes en entrant par la protection d’un quartier résidentiel uni contre la police (qui elle ne pouvait pas entrer). 

FergusCagouleJ’ai continué à essayer d’encourager les gens à se couvrir le visage. Je dirais que pour dix personnes auxquelles je me suis adressé, neuf m’ont dit qu’elles en avaient rien à cirer et étaient fiers, mais beaucoup de gens se sont masqués. Certains commentaires ont été faits sur le fait que nous ressemblions à un groupe de ninjas. […]

ferguson-kmovEn passant à côté d’une camionnette des médias garée à côté de la route, j’ai entendu un homme dire derrière moi « Mec, j’aime pas ces putains de médias ». Et ensuite lui et ses amis ont couru et ont commencé à faire basculer le van. Plus tard, un autre van de la presse mainstream avait eu sa fenêtre brisée pendant la nuit

À un certain moment, quelqu’un a tiré quelques coups de feu de célébration en l’air. Plus tard les gens ont tiré sur l’hélicoptère de la police circulant au-dessus de nos têtes. […]

Une grande enseigne qui affichait les prix du gaz a été déchiré et tagué. D’autres graffitis que j’ai vu dans la rue: «Vengeons Mike Mike », « Nique la Police » « Tuons les flics » « Le seul bon flic est un flic mort », « les balances ont des points de suture » « oeil pour oeil rendons nos maîtres aveugles, » et « Mike Brown, c’est pour toi. »

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L’énergie dans les rues était à la fois enragée et festive. Les gens partaient du centre commercial avec les bras chargés de cigarettes, de bières, de nourriture et transmettaient tout ça à leurs amis. Les gens ouvraient des bières et buvaient avec des amis dans une atmosphère chargée en cannabis, au milieu de la musique, des voitures qui crissaient leurs pneus….

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Des gens ont arraché un distributeur automatique de billets de la zone commerciale, l’ont fracassé avec un marteau et obtenu l’argent à l’intérieur et d’autres personnes sont repartis avec. Les billets de la loterie ont été jetés en l’air en chantant « Faites en pleuvoir! »

Le DAB en question....

Le DAB en question….

Le marchand de viande « Sam »et le magasin de vins et spiritueux sont les autres endroits, d’après ce que tout le monde dit, à avoir appelé la police contre « Mike Mike ». Des dizaines de gamins de douze ans ont commencé le pillage de ces commerces. Les gens ont couru et fait des va-et-vient à travers les portes défoncées et débloquées des commerces durant des heures. Les gens ont sorti des couches pour bébés, de la nourriture, et pleins d’autres trucs dont nous avons tou-te-s besoin pour survivre- pour ne pas mentionner l’alcool, les cigarillos et d’autres choses pour se faire plaisir et faire la fête. Une petite fille de dix ans qui passait par là et portant un grand sac plein de nourriture a dit: « on va bien manger à l’école demain ». L’enseigne de Sams a été tagué avec un « Nique les balances ».

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De nombreux policiers se pressaient sur le côté sud de la rue probablement pour essayer de garder les gens dans les chaînes de gros magasins (notamment dans le centre commercial Northland), mais en vain. En coupant à travers les quartiers résidentiels, les petits groupes de personnes ont cassé les fenêtres des magasins Walmart et Foot Locker, puis ont pris ce qu’ils voulaient. Marcher à travers les quartiers, les gens couraient dans la rue avec des piles de chaussures; des boîtes à chaussures vides jonchaient les rues.

Les gens n’arrêtaient pas les émeutes et les pillages pendant une longue période. Il a même étendu à des endroits pas directement dans la zone, y compris les magasins d’accessoires de beauté, magasins d’accessoires automobiles et au moins une banque. […] Tout ce que nous avions à faire était de prendre ce que nous voulions. […]

A QuikTrip convenience store burns during a night of rioting in Ferguson, Missouri

Après le pillage, l’incendie….

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Malgré l’intervention rapide des pompiers

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Les une après les autres, les bennes à ordures derrière les entreprises brisées ont été incendiées. A un moment, j’ai pu voir cinq de ces incendies et la fumée qui s’en échappaient de loin. Plus tard, le commerce QT a été incendié et totalement détruit, et une énorme fumée s’échappait dans l’air et il était difficile de respirer. Finalement, vu que la présence policière augmentait et que des porcs provenant d’autres municipalités arrivaient, les lignes de flics anti-émeutes ont commencé à déplacer lentement leurs lignes vers l’avant, malgré le fait d’être la cible de jets de pierres et de bouteilles, au milieu de cris de rage des gens dans les rues.

Tout au long de la soirée, la destruction qui a lieu dans le quartier commerçant est contrastée par un calme étonnant dans les zones résidentielles. Les gens se sont déplacées vers les zones commerciales… Les gens n’étaient pas dans leur putain de quartier, ils ont attaqué les entreprises qui pratiquent la délation à leur encontre, les emploient dans des tâches sans intérêts, s’accaparent les ressources dont ils ont besoin pour vivre et profiter de la vie.

De même, la destruction infligée à ces entreprises a été réalisée en l’absence totale de violence entre les manifestant-es. Les tensions entre les gens sont restés verbales, avec parfois des mots dures échangés, mais l’absence de violence entre les gens contredit les mythes de «manifestants violents»…. 

C’est là que notre histoire se termine, mais cela ne nous fait pas dire que c’est la fin. Les habitant-es de Ferguson ont été debout toute la nuit: en fêtant, se vengeant contre les flics et le monde dans lequel ils ont été exclus, obtenant la merde dont ils ont besoin pour survivre, détruisant la merde des gens riches pour le plaisir, se racontant des histoires …

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le gérant du magasin d’accessoires automobiles compte ses pertes (vitres pétées et marchandise expropriée)

resto rapide 'Taco Bell', avec vitres cassées et contenus pillés

la visite dans le resto rapide ‘Taco Bell’ a laissé des traces…

Il y aurait eu lors de cette soirée d’émeutes entre 30 et 40 interpellations. Il y aurait plus d’une vingtaine d’entreprises et commerces prises pour cibles (vitres pétées, pillages et incendies all inclusive), voitures dégradées et deux keufs blessés. 

Tôt lundi 11 août, un poste de police de Philadelphie a été tagué en solidarité avec les émeutiers de Ferguson et toutes les personnes qui ne se résignent pas face à la terreur capitaliste et étatique.

Rien que cet été, plusieurs personnes ont perdu la vie suite à une intervention policière. Comme ce jeune qui n’avait pas la thune pour se déplacer dans Seattle et qui a eu le malheur de croiser ces brutes en uniforme.

Dans la soirée de lundi 11 août au sud de Los Angeles, soit deux jours après l’assassinat de Mike Brown, un homme de 24 ans a été tué par les flics. Après que la police se soit rendue à l’intersection West 65th Street et South Broadway où a eu lieu un peu plus tôt une fusillade, elle a arrêté par balles la vie d’Ezell Ford. Il est mort de ses blessures à l’hôpital. La routine médiatique et raciste consiste à savoir « si ce jeune noir faisait partie d’un gang » tout en vomissant leurs ignominies (comme quoi il était « mentalement attardé »). Ce que l’on sait surtout, c’est que les porcs ont refusé de dire où avait été hospitalisé Ezell. D’après la mère, Ezell était couché au sol quand les agents de police lui ont tiré trois balles dans le corps.

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Lundi 11 août 2014, les manifs se sont poursuivies dans le secteur. Des centaines de personnes se sont rassemblées à proximité du magasin d’alimentation générale de la chaîne QuickTrip, pillé et incendié la veille. Les flics étaient davantage déployés dans les environs et ont tiré des des coups de flashball et de grenades lacrymo après avoir entendu des coups de feu émanant de la foule. Malgré les appels au calme de la famille de Mike Brown et à la condamnations des événements de la veille par des ennemis de classe du NAACP** et d’autres associations (qui font parler le mort afin d’imposer une paix criminelle, en affirmant que « Mike n’aurait jamais souhaité des émeutes et des pillages… »), une partie des contestataires ont attaqué les flics à coups de pierres et de bouteilles. Les affrontements ont débuté lorsque la police a lancé des appels à la dispersion au mégaphone. Selon les portes-parole de la police, 12 à 15 arrestations ont eu lieu. 

Alors que dans un premier temps la police de la ville avait déclaré faire la transparence en public en annonçant publiquement l’identité du flic, ce mardi après-midi (12/08/2014), elle vient de faire machine arrière en affirmant à travers les médias que l’agent en question était l’objet depuis quelques jours de menaces de mort sur les réseaux sociaux (comme si c’était une surprise), et donc que son nom ne sera pas publié. 

Mercredi 13 août 2014. Les manifestants-es ne se sont pas laissés terroriser par le déploiement incalculable de flics en tous genres, plaçant la ville de Ferguson en état de siège. Des robocops surarmés dans et devant leurs camions blindés sillonnaient la ville, pointant les protestataires avec leurs fusils, procédant à de nombreuses fouilles juste après le meurtre de Mike Brown. Le chef de police avait prié les organisateurs des manifs d’appeler à la dispersion avant la nuit tombée par crainte d’émeutes… Mais en vain. La rage a pris le dessus de tous ces divers appels au calme, qu’ils viennent de la part des religieux ou des travailleurs sociaux. Lors de cette nuit du 13 au 14/08, la cible principale était la police (contrairement à la première nuit où les attaques visaient principalement les commerces et grandes surfaces, banques, etc…): des pierres, bouteilles et cocktails molotov ont été balancés sur les lignes de police suite à la tentative des autorités de disperser les manifestant-es par des tirs de grenades lacrymo, bombes fumigènes et tirs de balles en caoutchouc. (une vidéo de la bataille urbaine est visible ici). D’après le chef de police du comté, Jon Belmar, il y aurait eu une vingtaine de véhicules de police vandalisés. Les médias ont rapporté une dizaine d’interpellations. Plus tard, des dizaines de manifestant-es se sont rassemblé-e-s devant le commissariat pour exiger la libération des personnes arrêtées. Une centaine de flics protégeait le bâtiment.

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Sources:

Notes

*Mike était avec une autre personne, Dorian Johnson, quand il a croisé la police; il en fait un rapide compte-rendu: le porc, qui était dans son véhicule, leur a sommé de marcher sur le trottoir et non pas sur la route… Les deux copains ont continué leur chemin et l’agent de l’ordre s’est excité, a failli les écraser avec son véhicule sérigraphié police. Mike s’est fait choper par le flic au niveau du coup qui tentait de le mettre dans la voiture. L’officier a alors sorti son arme et a dit: «Je vais te tirer dessus», ou «Je vais tirer», a dit Johnson. Lorsque l’agent a ouvert le feu, Mike Brown a été touché, a déclaré Johnson qui s’est caché derrière une voiture. Mike continua de courir, tout en étant pourchassé par l’officier qui lui a de nouveau tiré dessus. Lorsque Brown a senti le coup de feu, il s’est retourné, a mis ses mains en l’air et a commencé à s’aplatir sur le sol. L’agent tirait toujours, a témoigné Dorian Johnson.

Comme dit plus haut dans le texte, une autre version est aussi sorti: la direction du magasin de la chaîne QuickTrip a appelé la police pour arrêter Mike, le soupçonnant de vol. Lors de cette nuit de révolte, ce même restaurant a fait les frais de cette délation en étant pillé puis incendié par les émeutiers. 

** Le NAACP, « association nationale pour la promotion des gens de couleur » en français, a été créée au début du XXè sc. par des notables afro-américains. Cette association se place aux côtés des familles des victimes lors des procès afin de réclamer justice, avec cette illusion répandue au sein des manifs qu’il faudrait faire confiance à cette société esclavagiste qui tue et affame les pauvres et indésirables (noir-es qui plus est).

Aux Etats-Unis, les dernières grosses révoltes ont eu lieu l’été dernier en réaction à l’acquittement du vigile privée, G. Zimmerman, qui avait tué un an auparavant un jeune noir.

Voir aussi la rage qui s’est exprimée dans les rues (malgré la volonté affichée des organisateurs de jouer les pompiers de la révolte) suite à l’assassinat d’un jeune noir par la police à Brooklyn (NYC) en mars 2013

[Lyon] Harcèlement policier et judiciaire contre deux compagnon-nes (juillet 2014)

Reçu par mail:

Il y a deux semaines deux camarades passaient en jugement pour outrage, rébellion et violence. L’origine de cette accusation ? Une descente de police, un soir de juillet place Colbert, à la Croix-Rousse, bien sûr pour arrondir les fins de mois des policiers, mais aussi pour harceler des personnes reconnues comme militantes.

Quand la police débarque en été à Colbert, ça gaze et ça dégénère

fpa2Nous sommes adossés à une barrière de la place Colbert devant un bar. Il est environ 00h15. Une voiture sérigraphiée de la police nationale passe à deux reprises devant nous au pas en nous fixant. Au troisième passage, il s’arrêtent, effectuent une marche arrière et stoppent à notre hauteur. Les deux policiers en uniforme descendent de leur véhicule.

Le premier demande ses papiers à la jeune femme. Elle déclare ne pas les avoir. Il lui dit alors : « Et bien on vous embarque ». Celle-ci a un petit mouvement de recul. Le policier fonce sur elle, la saisit manu militari. Le jeune homme intervient par la parole : « ce n’est pas parce qu’elle n’a pas ses papiers qu’il faut obligatoirement l’embarquer, tout va bien, restons en là ». Le policier tire alors la jeune femme vers son véhicule.

Les badauds attablés au bar commencent alors à protester, sans violence, verbalement, et calmement. Immédiatement, le deuxième policier fait usage de sa gazeuse sur les deux personnes à bout portant, gazant au passage tous les clients du bar attablés, dont plusieurs enfants de moins de 10 ans.

A ce moment, la jeune femme gazée à la bouche ne peut plus respirer. Elle le crie à plusieurs reprises : « J’arrive plus à respirer, j’arrive plus à respirer ». Le jeune homme se met alors à demander aux policiers d’arrêter leur action et d’appeler les pompiers. La jeune femme titube de l’autre côté de la route et s’écroule quelques instants plus tard dans les graviers de la place Colbert. Les deux policiers ne la lâchent pas pour autant. Les badauds protestent toujours plus, demandant aux policiers d’arrêter leur action et d’appeler les pompiers.

Elle ne bouge plus, elle s’est évanouie. Aucun coup n’a été porté aux policiers. Tout cela s’est passé en environ 2 minutes.

Les renforts de police (un équipage de la BAC) arrivent. Deux d’entre eux saisissent le jeune homme alors qu’un autre tient le bras de la jeune femme, toujours inconsciente. Tenu par un policier de la BAC, le jeune homme reçoit un coup de poing au visage du premier policier. Les badauds continuent de protester tout, indignés par la scène à laquelle ils assistent.

Alors qu’il est en train d’inciter les policiers à appeler les pompiers, il est violemment amené contre un véhicule de police et est menotté. La jeune femme est à nouveau gazée au sol, ainsi que les témoins. Elle se fait alors menotter, puis traîner au sol, entraînant des brûlures dans le dos. Les policiers la traînent par terre jusqu’à un de leurs véhicules, en lui ordonnant de se lever, de marcher, tout en l’insultant et en la frappant aux côtes.

Pendant ce temps, le jeune homme une fois menotté est mis au sol par un policier de la BAC qui le maintient au sol en apposant de tout son poids son genou sur sa gorge. Cet étouffement a duré environ deux minutes. Le jeune homme hurlait, qu’il ne pouvait plus respirer.

La jeune femme toujours dans l’incapacité de bouger, arrivant à respirer à grand peine, est amenée dans une voiture de la police. Elle s’écroule une nouvelle fois au sol. Les policiers ironisent alors à son sujet : « tu veux respirer et ben respire ! Lève toi ! »
Avant que les pompiers arrivent, le jeune homme, menotté, dans la voiture de la BAC, est à nouveau frappé, par ce même policier de la BAC, qui cette fois l’étouffe quelques secondes avec son coude contre la vitre.

Les pompiers arrivent et prennent en charge la jeune femme, qui sera sanglée dans le camion, toujours menottée jusqu’à l’hôpital St Luc St Joseph. A ce moment là, une quarantaine de policiers ont envahi la place et ont frappé, gazé et dispersé la vingtaine de témoins outrés et indignés d’une telle violence. Au moins 5 douilles de lanceur de gaz anti-émeute ont été retrouvées sur place.

Le jeune homme est emmené au commissariat central Marius Berliet et retrouve la jeune femme deux heures plus tard. Nous restons en garde à vue 42h.

Nous passons en comparution immédiate dans l’après midi du 25 Juillet. La juge et ses assesseurs ont refusé la demande de report pour complément d’information formulée par nos avocats. Cette requête était pourtant pleinement justifiée au regard du dossier bâclé, sans enquête menée, et des éléments matériels (vidéos, douilles de lacrymogène anti-émeute) que nos avocats souhaitaient produire et trouver dans le cadre du complément d’enquête.

De notre côté, les avocats ont malgré tout fourni 7 témoignages signés de témoins de la bavure qui n’ont pas été pris en compte. En face, il n’y avait que 2 dépositions des premiers policiers qui se sont constitués partie civile avec deux autres de leurs collègues. Le seul témoignage produit dans le cadre de l’enquête est un témoignage recueilli au téléphone par un officier de police judiciaire (OPJ), donc sans valeur juridique et ne reconnaissant aucun de nous formellement.

Sur cette base, nous avons été condamnés respectivement à 6 mois de sursis pour outrage, violences et rébellion et 8 mois dont deux fermes avec mise à l’épreuve pour outrage et rébellion. Nous avons de surcroît été condamnés à payer de lourdes amendes en compensation aux policiers plaignants.

Ces condamnations démesurées pour des faits que nous n’avons pas commis nous laissent un goût amer et la conviction que nous avons été jugés parce que nous sommes des militants agissant sur le terrain des luttes sociales, des sans papiers, de l’antifascisme, que nous sommes connus, fichés et suivis. Cette justice nous a donc jugé pour nos noms et et en aucun cas sur les faits reprochés cette nuit là.

Cette justice a donc délibérément mis de côté témoignages officiels, nos dépositions et donné seul crédit à la parole d’agents assermentés, sans témoignage, enquête, ou même confrontation qu’ils ont refusé de faire avec nous.

Nous ne sommes pas les seuls à subir ces violences, qu’on soit militant ou d’une couleur de peau jugée « à risques ». Solidarité envers toutes les victimes des violences policières et de toute autre forme de dérive répressive

Pas de justice, pas de paix.

[Berlin] Suivi de la lutte des réfugiés qui occupent l’école rue Ohlauer / Actions de solidarité (24 juin – 5 juillet 2014)

Depuis mardi 24 juin 2014 midi à Berlin, plus de 900 unités de police, armées de fusils mitrailleurs, se sont positionnées autour du quartier de Kreuzberg dans l’optique d’expulser les réfugiés sans-papiers qui ont réquisitionné l’école Gerhart Hauptmann, sur la Ohlauerstrasse. Si la majorité des occupant-es a accepté une proposition de relogement de la part du sénat (et en l’occurrence du sénateur écolo Panhoff ), près de 40 squatteurs déterminé-es sont monté-es sur les toits de l’école afin de ne pas rentrer dans la négociation avec le pouvoir. Le quartier de Kreuzberg est occupé par les forces de l’ordre, tandis que des agents de police venant de plusieurs régions d’Allemagne encerclent le squat avec l’aide de vigiles de boîte de sécurité privée. Un appel à la solidarité avec les réfugiés expulsés de l’école a été publié en anglais ici et en français sur contrainfo.

En réponse à la répression, des actions et manifs sont depuis organisés avec les réfugiés de l’école:

  • Le soir même, à Friedrichshain et Kreuzberg, des bennes à ordures sont incendiées, tandis qu’un immeuble récemment construit a eu une de ses vitres double-vitrage par le lancé d’un pavé: des poukaves qui traînaient dans le secteur ont immédiatement fait appel aux flics. Mais les vandales ont réussi à prendre la fuite avant leur arrivée.
  • Dans la nuit du 24 au 25 juin, un immeuble de luxe récemment construit rue Samplon s’est fait fracasser ses vitres du rez-de-chaussée.
  • Toujours durant la même nuit à Prenzlauerberg, les bureaux du parti des verts de la Raumerstraße se mangent des tags en solidarité avec les réfugiés sur sa façade. Les flics ont ouvert une enquête.
  • Dans la journée du 25 juin, les bureaux du maire Herrmann (verts) de Kreuzberg ont été occupés par des personnes solidaires.
  • Plus tard vers 22h30, une manifestation de solidarité s’est tenue dans Kreuzberg: outre des slogans et banderoles contre les frontières (« no border no nation stop deportation »), des barricades sont érigées à travers les rues et des vitres d’immeubles du processus de gentrification sont défoncées.
"le problème se nomme racisme"

« le problème se nomme racisme » (d’autres photos ici)

  • Le 26 juin 2014 dans le quartier de Neuköln, une manifestation sauvage part de la Reuterplatz vers 22h00. 60 personnes y prennent part: des barricades fleurissent dans les rues, tandis qu’un immeuble du quartier d’affaires perd quelques vitres et des manifestant-es s’affrontent avec les keufs.
  • Dans la nuit du 27 juin 2014, une attaque incendiaire vise le tribunal de Tempelhof-Kreuzberg en solidarité avec les occupant-es de l’école. Le communiqué dit entre autre « Des balles pour la maire Hermann, le sénateur Henkel, le conseiller municipal Panhoff – Liberté pour tous les prisonniers – Droit de rester pour tous !

TribunalKreuzberg

  • Tôt dans la nuit du 28 juin à Berlin, un véhicule de l’entreprise de sécurité Dussmann est incendié. L’attaque est réalisée en solidarité avec les réfugiés, contre les « mercenaires de l’agence Frontex » (la revendication de l’attaque est lisible en allemand ici)

dussmann

Samedi 28 juin 2014, 5000 personnes ont manifesté à Berlin contre l’expulsion de l’école occupée et en solidarité avec les sans-papiers qui restent à l’intérieur du bâtiment. Le cortège, parti de Herrmannplatz, est passé par Oranienplatz jusqu’à l’école de la rue Ohlauer. Les flics étaient toujours en masse dans la ville, avec des unités de flics venant de toute l’Allemagne (de Bavière,  Thuringe, Rhénanie du Nord-Westphalie et du Brandebourg).

2806-01

"Solidarité avec les réfugiés"

« Solidarité avec les réfugiés »

2806-03 Voir d’autres photos de cette manif

  • Dans la nuit du 28 au 29 juin à Cologne, les locaux du parti des verts, situés en plein centre-ville Ebertplatz 23, s’est fait refaire sa façade à la peinture en réponse à l’expulsion des occupant-es de l’école Gerhart Hauptmann et à l’état de siège policier du quartier de Kreuzberg.
  • Dans la nuit du 29 au 30 juin 2014, des tags ont recouvert le bureau fédéral des verts dans le centre-ville de Bonn. On pouvait lire « les verts envoient les réfugiés à la mort », « solidarité avec les occupant-es de l’école à Berlin »…

Bonn

[Mardi 01/07/2014]

La confusion règne au sein du pouvoir local ces dernières heures: lundi 30 juin, le chef de la police berlinoise Klaus Kandt a lancé un ultimatum à la maire de Kreuzberg Monika Herrmann (verts) pour savoir si les flics expulsaient ou se retiraient avant midi mardi 1er juillet 2014 du quartier. Les embrouilles internes chez les verts sont multiples, mais aussi entre le sénateur à l’intérieur Henkel (CDU) et les verts. Le conseiller municipal Panhoff a clairement fait la demande d’expulser les occupant-es, ce qui a ramené d’office les flics en masse dans Kreuzberg – ce qui ne signifie pas qu’ils ont arrêté le siège de l’école – et laisser planer la menace d’expulsion. Les démocrates (parti de gauche « die Linke », parti pirate et une partie des verts et des jeunes SPD), voulant acheter la paix sociale, ont lancé une pétition (« Tenir sa parole ») pour résoudre le conflit sans la police, mais par le biais de négociations avec des psychologues et des forces civiles. Toujours est-il que le pouvoir ne souhaite pas immédiatement l’expulsion vue la mobilisation massive de ces derniers jours.

0107-1Du côté de la rue, on maintient la pression avec détermination: lycéen-nes et étudiant-es ont manifesté ce mardi 1er juillet pour le droit de rester des réfugiés. Durant une bonne partie de l’après-midi, il y a eu des affrontement sporadiques avec la police, accompagnés de slogans anti-police, avant que la manif se termine rue de Vienne à proximité de l’école G-H dans l’après-midi. Des sit-in pour empêcher une possible expulsion se sont également tenus à proximité de l’école.

Les bureaux politiques des verts (conseil municipal et mairie) ont été occupés par des solidaires. 20 personnes ont investi le conseil municipal dans l’après-midi: il y a eu trois arrestations et un-e occupant-e s’est fait casser le nez par les flics. Les autres ont été pris dans une nasse policière.

Des appels à accentuer les actions de solidarité circulent en ce moment contre la menace d’une nouvelle expulsion. Les réfugiés qui sont présents dans le bâtiment rapportent qu’ils sont privés de vivres par les barrages des flics. Les réfugiés de l’école menacent de se suicider en cas d’expulsion.

[Mise-à-jour 03/07/2014]

Suite aux déclarations du conseiller municipal des verts Panhoff qui exigeait l’expulsion immédiate des occupant-es de l’école de la rue Ohlauer, des manifs et occupations se sont tenues aux quatre coins du pays. Un petit récapitulatif:

  • Le 1er juillet 2014 à Francfort, plus de 300 personnes ont manifesté vers 21h en solidarité avec les occupant-es de l’école Gerhart Hauptmann. Parties de la Merianplatz, des flyers sur la situation dans le quartier de Kreuzberg ont été distribués aux passant-es. 
Francfort0107

« Solidarité est notre arme – Feu et flamme à la répression »

  • A Hambourg mardi 1er juillet, 200 personnes se sont rassemblées malgré une forte présence policière. La manif, qui n’a pas été déposée, a été déterminée et sauvage: en plus des slogans multiples contre la police et les expulseurs (verts, spd…), des pétards et des pierres ont été lancés sur les flics, et un bleu qui s’est mangé une pierre a du être hospitalisé. Les flics ont rapidement dispersé la marche à Schanzenviertel, et des panneaux de signalisation ont été arrachés et utilisé pour bloquer les rues du quartier, notamment sur la Schanzenstrasse. Des barricades ont été érigées à travers le quartier de Sankt-Pauli. Au total, 19 manifestant-es ont été interpellé-es. Samedi 5 juillet est prévu une grande manifestation en solidarité avec les réfugiés du groupe « Lampedusa à Hambourg » afin d’exiger immédiatement le droit de rester pour tous les réfugiés ainsi qu’une autorisation de travail.
  • Dans la nuit du 1er au 2 juillet 2014,  dans le quartier de Kreuzberg (Berlin), il y a eu quelques gestes incendiaires : à l’angle de la Cuvrystraße  et de la Görlitzer Straße, des barricades ont été érigées puis incendiées, et un véhicule auto-service a été en proie aux flammes. Les pompiers sont rapidement intervenus mais les émeutiers ont réussi à disparaitre dans l’obscurité.

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  • A Lübeck dans la nuit du 1er au 2 juillet, des tags ont recouvert le bureau des verts avec les inscriptions « Refugees Welcome – Fight Racism ». Le communiqué dit à la fin « Pour le droit de rester ! Contre les expulsions ! Contre les zones de danger et les zones restreintes ! Contre la police paramilitaire ! »

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  • A Münich mercredi 2 juillet, un groupe d’une soixantaine de personnes solidaires a occupé le bureau du parti des verts. Des banderoles ont été accrochées au bâtiment en solidarité avec les réfugiés.

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Mise-à-jour, 5 juillet 2014

Quelques impressions de compagnons actifs dans les rues de Kreuzberg ce mardi 1er juillet 2014. A lire sur contrainfo

  • On apprend tardivement que dans la nuit du 26 au 27 juin, le parti des verts a reçu une visite à son QG d’ un groupe solidaire avec les réfugiés du quartier de Kreuzberg à Berlin. Ces dernier ont pris le temps de toquer aux vitres du local à coups de pavés et de prendre la fuite.
  • Le 3 juillet, les verts du quartier Haslach à Fribourg ont reçu la visite d’une poignée de solidaires.

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  • Toujours ce jeudi 3 juillet, 150 personnes ont manifesté à travers les rues de la ville de Darmstadt (Berlin) en solidarité avec les réfugiés de l’école. Le compt-rendu de la mobilisation se termine par « droit de rester pour tou-te-s – Personne est illégal – la solidarité doit être pratiquée … »: il est lisible en intégralité en allemand ici.
  • Près de 50 personnes se sont rassemblées à proximité d’une église à Berne (Suisse) ce jeudi 3 juillet et ont déambulé dans les rues en solidarité avec les migrants de la rue Ohlauer à Kreuzberg (Berlin), mais également pour les sans-papiers de Calais (arrêté-es mercredi 2 juillet et enfermés dans plusieurs centres de rétention sur l’ensemble du territoire)

Bern

Jeudi 3 juillet, on apprend via les médias du pouvoir que la police s’est en partie retirée du quartier de Kreuzberg, même si 200 flics continuent à surveiller le quartier. Les barrages de flics sont moins nombreux aux alentour de l’école occupée. Par ailleurs, les autorités ont passé le relais à une entreprise de sécurité privée pour s’assurer qu’aucun autre réfugié viennent rejoindre celles et ceux présent-es dans l’école Gerhart Hauptmann. Les dix jours de siège policier auraient coûté plus de 5 millions d’euros à l’Etat.

BerlinDemo05072014Un appel à une grande manif pour le droit de séjour des réfugiés et contre une éventuelle nouvelle expulsion des occupant-es de l’école de la rue Ohlauer a été lancé ce samedi 5 juillet sur la Hermannplatz à Neukoln. En ce début d’après-midi, plusieurs milliers de personnes (entre 2200 et 2300 selon les médias, 5000 selon les organisateurs) ont répondu présent. 850 flics antiémeute ont été mobilisés pour l’occasion. Au départ de la manif, des pétards et des feux d’artifice ont été allumés par un groupe de personnes solidaires depuis le toit d’un immeuble tout en tenant une banderole, tandis que résonnait depuis les rues le slogan « Feu et flammes aux expulsions ».

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Berlin05072014-3Le cortège a fait une courte halte sur la OranienPlatz, lieu où s’étaient installés avec leurs tentes il y a quelques temps plusieurs réfugiés de Berlin en lutte. Certain-es ont tenté de grimper aux arbres et se sont heurté-es à la police, qui a cependant interpellé plusieurs manifestant-es malgré la résistance déterminée d’une partie du cortège (on ignore le nombre d’arrestations). Par la suite les flics ont encerclé les arbres de la place… La manif, qui a diminué quasiment de moitié en nombre, s’est ensuite dirigée vers l’école occupée, où les unités de police ont quadrillé le secteur et remis pour l’après-midi des barrières tout autour du squat. La manif s’est dispersée vers 19h. Il a été rapporté sur linksunten que les porcs en uniforme ont procédé à des contrôles et arrestations après la dispersion.

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« Combattons l’Europe forteresse – Droit de rester pour tous »

Mis-à-jour 07/07/2014:

Jeudi 3 juillet à Brême, près de 80 personnes se sont réunies en début de soirée au Ziegenmarkt pour exprimer leur solidarité avec les réfugiés et les occupant-es de l’école de Kreuzberg (Berlin). La manif a été de courte durée mais bruyante, avec pas mal de slogans comme « no border no nation stop deportation !, Personne n’est illégal, Droit de rester n’importe où! ». Des tracts détaillant la situation là-bas ont été distribués. Après la dispersion à Domshof, les keufs ont contrôlé plusieurs participant-es à la manif sans qu’il n’y ait d’arrestation.

Potsdam1Le lendemain (4 juillet) à Potsdam, une quarantaine de personnes solidaires s’est retrouvée dans le centre-ville. Deux manifestant-es sont monté-es sur les piliers de la porte de Brandebourg afin d’étendre une banderole qui disait « Pas de mur pour l’Europe – Droit de rester pour tou-te-s », tandis que d’autres ont informé les passant-es de la motivation de l’action, à savoir montrer la solidarité avec les réfugiés qui occupent l’école Gerhart-Hauptmann dans le quartier de Kreuzberg. Bien que la menace d’expulsion qui pesait sur les squatteurs de la rue Ohlauer ait été retirée suite aux nombreuses manifs et actions de solidarité de partout, les principales revendications des réfugiés – à savoir le droit de séjour en général, la permission de travailler, l’abolition du système de bon et de l’obligation de devoir résider et de dormir dans les lager (camps pour réfugiés en Allemagne)) – n’ont pas été abordées par le pouvoir vert (Toutes ces revendications ont émergé lors d’une marche revendicative des réfugiés Würzburg à Berlin initiée en 2012). Les flics se sont ramenés peu de temps après le début de l’action suite à l’appel d’une citoyenne qui braillait sur les solidaires…

Potsdam2

Sources: indymedia linksunten et plusieurs articles de leur presse

[Brésil] Récits depuis les rues de plusieurs villes sur la révolte contre le mondial de foot et la répression qui en découle (12-23 juin 2014)

[Mise-à-jour 26/06/2014 à 15h22]

Plusieurs récits depuis les rues brésiliennes ont été publiés sur cumplicidade. Nous revenons sur les journées de révolte et la répression qui frappe depuis le début de cette coupe du monde.

  • Porto Alegre, 12 juin 2014:

1PA1206Une manifestation a rassemblé quelque 2000 personnes en se dirigeant à travers les rues du centre-ville: parmi eux, un groupe cagoulé a détruit plusieurs banques sur leur chemin (Banrisul, banque d’épargne fédérale, la banque Itau Brésil, etc…). Un resto Mac Donald a également été attaqué, perturbant ainsi le confort et la tranquillité des complices des meurtres quotidiens des êtres humains et non-humains. Les symboles de la Coupe (mobilier, signalétiques et publicités) ont été soit arrachés, soit détruits. Des poubelles ont également été brûlés et des graffitis ont fleuri un peu partout. En arrivant à Largo Zumbi de Palmares il y a eu des affrontements avec la BOE (Bataillon des opérations spéciales) protégeant l’office de tourisme. La foule s’est dirigée à Borges, prenant le chemin de la FIFA Fan Fest, mais a été dispersée avant qu’elle puisse y arriver. Un manifestant a perdu une dent dans la bataille. Mais les forces répressives ont rapidement dispersé le cortège. Après la dispersion, 15 personnes ont été arrêtées et six d’entre elles ont été emmenées à l’ACISP (Académie intégrée de la sécurité publique) au 555 de l’avenue Antonio de Carvalho. Cinq d’entre elles ont été libérées dans la même journée après le paiement d’une caution. Une personne est incarcérée en ce moment même à la prison centrale mais nous n’avons pas plus d’informations pour le moment.

  • Salvador, le 13 juin 2014:

Alors que le premier jour du mondial plusieurs rues ont été fermées et qu’un car officiel de la FIFA a été pris en chasse par des manifestant-es, cette deuxième mobilisation avait pour destination l’Arena Fonte Nova, où se tenait un événement FIFA, « la FIFA Fan Fest » (retransmission des matchs avec des concerts de « musique » avilissante. Bref, un temple de la consommation organisé par la fifa). Anarchistes et anti-autoritaires ont préféré se démarquer du rassemblement des partis et autres récupérateurs, plus préoccupés comme d’habitude à s’afficher avec leurs drapeaux… Le cortège anarchiste s’est décidé à se mettre en route, alors que les partis et syndicats continuaient à parler aux agents de la répression. A l’approche, les flics se sont fait plus pressants, et à quelques mètres des barrières, ont attaqué les quelques manifestant-es déterminé-es avec flashballs et gaz lacrymo. A ce moment, un concessionnaire Honda s’est fait péter ses vitres , et les bagnoles à l’intérieur ont été sauvagement endommagées. Les flics ont piégé les manifestant-es, les ont frappés à coups de matraques et coups de pieds puis arrêtés 23 personnes (14 adultes et 9 mineurs). Tou-te-s ont été trimballé-es dans la plus grande discrétion au 1er DP (comico) dans le quartier Barris, sauf les mineurs qui ont été ammenés à Brotas au DAI (Delegacia para Adolescente Infrator: pour les « jeunes délinquants »). Plusieurs compagnon-es de lutte étaient présent-es devant le DAI pour soutenir les mineurs arrêtés et les saluer à leurs sorties, tandis que des avocats populaires étaient là pour les conseiller. La dernière personne inculpée est sortie à 04h30 samedi matin.

L’Etat et les entreprises se donnent le maximum de moyens en matière de répression et d’intimidation afin de s’assurer que leur fête ne soit pas gâchée.

  • Belo Horizonte, 14 juin 2014:

Une manif s’est tenue contre la Coupe du Monde dans le centre-ville. La police a organisé une répression autour de la place, en contrôlant et recherchant toutes les personnes qui s’y approchaient. 15 personnes ont été arrêtées, dont Igor Aguiar Daniel Borges, qui est resté digne face à l’Etat et ses sbires (police, justice, médias). Il a eu une attitude digne et audacieuse dans laquelle nous nous sympathisons avec lui, parce que nous ne devons pas montrer notre peur contre les appareils répressifs. Maintenant, il est détenu en attendant la suite du cirque juridique démocratique.

  • Rio de Janeiro, le 15 juin 2014:

Rio1506Suite à la répression du 12 juin (ouverture de la coupe), une autre manif a eu lieu et a déambulé dans les rues de Tijuca, Vila Isabel, tout en attaquant les symboles du capital sur son passage. Malgré les attaques des forces de police, les gens continuent de descendre dans la rue, ne se laissant pas intimider par la démonstration de force étatique.

Une vidéo ici

  • Rio de Janeiro, le 20 juin 2014:

Trois rassemblements de résistance se sont tenus dans le centre-ville: le premier, le festival de juin « Fifa go home » organisé par le FIP (Front Populaire Indépendant. Le deuxième, une manif des enseignants en grève à Lapa et le troisème sous le slogan “Dictature Carioca”, pour se rappeler du soulèvement du 20 juin 2013, date à laquelle plus d’un million de personnes  ont pris les rues et ont fait face à une féroce répression policière. Sinon, un autre rassemblement s’est tenu également à Candelaria, en face de la municipalité, sous le slogan « 20j: le retour du géant » pour demander une amélioration des transports, de l’éducation et de la santé. Les trois manifs se sont tenues à proximité des Arches de Lapa autour de 19h, secteur du quartier Lapa qui est aujourd’hui un bastion des bobos et des touristes étrangers. Les flics étaient de sortie avec camions à eau, centaines de keufs des bataillons de choc et hélico (à ce sujet, l’Etat brésilien a créé durant l’année une brigade de keufs – appelée « Lapa presente »spécialement pour protéger la population aisée de Lapa). Immédiatement les flics ont tenté d’arrêter des manifestant-es, en bloquant une des rues du secteur (la rue Mem de Sá). Les gaz balancés ont pu encrasser les poumons des touristes qui buvaient en terrasse. Ces derniers ont hurlé sur les manifestant-e en anglais, ne comprenant rien à la situation, en atteste les mots qu’ils ont pu dire: « Quel est le problème?? » (sic!). Un manifestant-e lui a répondu que le problème, c’était la Coupe du Monde. Il a réagi par la peur: « Alors le problème, c’est moi? » pui au maniferstant-e de répondre: « Le problème ce n’est pas seulement vous, ce sont tous les gens et tout ce qui collabore avec la Coupe du Monde de la pauvreté, de la violence et de l’exploitation« . Bien que 7 personnes ont été arrêtées (rapporté par les médias bourgeois) pour port de cagoules, la manif a continué sous escorte policière pendant quelques heures. Au festival du FIP, le slogan « FIFA go Home » était visible depuis les murs blancs et tous propres du secteur (les services municipaux se sont activés pour rendre le quartier agréable pour les riches avant le début de cette coupe… tout ça faisait partie des règles fixées par la FIFA quant à l’organisation de cette fête de la domination). Ce festival a pu se tenir une bonne partie de la soirée avec le vol incessant des hélicos au-dessus de leurs têtes… (à noter que plusieurs festivals populaire contre la coupe du monde ont été interdits dans plusieurs villes, notamment à Salvador.

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Récits depuis plusieurs articles de leur presse:

  • Lundi 23 juin 2014:

A Sao Paulo, depuis les émeutes du 19 juin dernier, le centre-ville a été placé sous occupation policière et militaire, histoire une fois de plus de faire régner la peur sur quiconque essaierait de manifester. Malgré cela, près de 300 manifestant-es ont quand même tenté de se rassembler et défiler à proximité d’une station de métro. La police, présente en masse, a rapidement chargé et des affrontements ont éclaté. Des flics ont tiré des coups de feu en l’air… un manifestant, Rafael Marques (déjà arrêté le 12 juin dernier) a été violemment interpellé par les flics en civil, puis embarqué jusqu’au siège de la police judiciaire d’Etat à Bélem dans la zone est. Un autre manifestant, Fabio Hideki Arano, a été transféré au centre de détention provisoire (CDP) à Pinheiros dans l’ouest de la ville: les deux manifestants sont accusés de faire partie des black blocs et inculpés pour « violence, conspiration et possession d’engins explosifs ».

Un concessionnaire de voitures de luxe désert dans une grande avenue de Sao Paulo lundi 23 juin 2014

La peur chez les riches en illustration (Sao Paulo lundi 23 juin 2014)

Le même jour, cette fois-ci à Rio, plusieurs centaines d’habitant-es des favelas (notamment de Chapeu Mangueira, située près de Copa Cabana), sont sorties dans les rues pour gueuler leur rage contre cette coupe de mort et de misère. Ils ont scandé des slogans contre les multiples meurtres de la police (et donc contre les flics de l’UPP, milice spéciale pour les habitant-es des favelas). On y voit les sales porcs de flics à l’oeuvre dans cette vidéo. Les médias rapportent une arrestation.

bus2506Mercredi 25 juin vers 9h30 du matin, la Police Militaire mène des opérations dans les favelas du secteur de Chapadão à la périphérie de Rio de Janeiro: les flics de l’UPA (Unité d’Urgence) investissent le quartier Costa Barros, ce qui se fait par une résistance armée d’une partie des habitant-es. Un enfant de 3 ans est tué par une balle policière alors qu’il se trouvait dans son lit. Deux autres habitant-es ont été sérieusement blessé-es par les tirs de ces assassins assermentés: l’un a été atteint à l’abdomen, l’autre à la cuisse. En réponse à tout ça, six autobus ont été crâmés, des routes et voies de métro ont été coupés par des barricades. Un peu plus tard, plus de 300 personnes se sont rassemblés, ont marché sur la route de Botafogo bloquant le trafic et tentant d’incendier un bus, ce qui a échoué par la rapide intervention de la PM.

D’autres informations sur ce qu’il s’est passé ailleurs au Brésil sur squat.net

Malgré la terreur que l’Etat fait régner dans les rues (plaçant les villes sous occupation des uniformes de l’armée et de la police, les arrestations de masse et la brutalité permanent des forces répressives), les révoltes n’ont vraiment pas l’air de s’essoufler…

De partout, de nombreuses formes de solidarité avec toutes ces agitations sont possibles. En atteste les multiples initiatives de ces derniers temps en Allemagne (entre autre à Hambourg et à Berlin -voir ici et , à Oakland, Besançon ou encore en Suisse allemande)

A nous d’exprimer notre solidarité avec les révolté-es,

Sinon, pour rappel: il existe un moyen de soutenir les révolté-es inculpé-es en coment auprès de la croix noire anarchiste de Rio de Janeiro.

Le site: cnario.noblogs.org

[De Pau à Nancy] Soirée déchaînée contre la police – 21/22 juin 2014

Place St-Epvre vers 2h du mat’ à Nancy, cinq flics municipaux ont la mauvaise idée de s’approcher d’un peu trop près des jeunes qui s’amusent sur une statue au milieu de milliers de personnes rassemblées. C’est alors que ces bleus aventuriers reçoivent une pluie de projectiles, obligés de s’enfuir par une petite ruelle. Un groupe d’environ 500 personnes continue à les pourchasser en leur balançant ce qui leur tombe sous la main. Le commissaire Kointz appelle alors du renfort pour expulser la place: pas moins d’un demi-escadron de GM et des flics de la PN. « Nous avons reçu une pluie d’objets et les manifestants ont même essayé de nous charger » s’indigne le chef des bleus -dans son rôle de victime habituelle- en pleine page du quotidien régional. Il fallait bien que ces porcs justifient l’utilisation massive de grenades lacrymogènes et tonfas.

Au final, « cinq personnes ont été interpellées. Deux ont été remis dehors une fois dégrisés. Deux ont été libérés mais ont été convoqués devant la Justice en septembre. Le cinquième était toujours en garde à vue dimanche soir. »

Reformulé de la presse locale, 23/06/2014

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A Pau, flics et CRS encerclent le quartier du Hédas aux alentours de 2h du matin afin d’expulser les personnes qui assistent aux concerts antifascistes organisés par Libertat, au pied de la Tour du bourreau. Coups de matraques, gaz lacrymo et flashballs sont utilisés rapidement par les bleus. La foule riposte immédiatement en faisant de la récup’ urbaine (palettes, cannettes, pavés…). Au final, deux flics -un de la PN, l’autre de la CRS- ont été envoyés à l’hosto, tandis qu’au moins une voiture sérigraphiée ‘police’ a été rendue inutilisable. Quatre personnes ont été interpellées. 

Pau2106

Reformulé de la presse, 22/06/2014

[Brésil] Nouvelles des protestations anti-mondial du week-end des 14 et 15 juin 2014

Dimanche 15 juin dans la soirée, une manif contre la FIFA et la coupe du monde est partie de la Plaza Saens Peña du quartier de Tijuca dans la zone nord de Rio de Janeiro pour se rendre au stade Maracana où se tenait le match Argentine-Bosnie.

Marac4Les manifestant-es -qui étaient près de 300 selon la presse brésilienne- ont fait face à plusieurs cordons de flics antiémeute tout en tentant de passer à travers, mais les flics les ont repoussé et dispersés à coups de lacrymos et de grenades assourdissantes. L’agitation et les affrontements dans le secteur ont provoqué des kilomètres de bouchons en direction du stade. Les flics s’étaient également positionnés devant une station de métro proche (sans doute le traumatisme lié au saccage de la gare de Sao Paulo il y a quelques mois). Plusieurs commerçants à proximité du stade se sont barricadés en voyant débouler un cortège déterminé de  manifestant-es cagoulé-es.

Après une tentative de bloquer l’accès au stade, 50 manifestant-es du black bloc se sont détaché-es de la manif et ont attaqué les flics avec des cocktails molotov. Des poubelles ont été vandalisées et trois agences bancaires ont été attaquées dans le secteur de Vila Isabel.

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Un manifestant gazé à bout portant par les porcs Avenue Maracana

Un manifestant gazé à bout portant par les porcs Avenue Maracana

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Les flics anti-émeute protégeant le temple de la Fifa

Les flics anti-émeute protégeant le temple de la Fifa Avenue Maracana

Plus tôt dans la journée, une manif -avec un nombre de participant-es similaire- s’est déroulée à Brasilia à proximité du stade où se tenait le match Suisse-Equateur. Les flics en nombre et équipés (flics à cheval, hélicos, PM, GRC…) ont dispersé les protestataires.

Samedi 14 juin, 250 personnes se sont rassemblées à Belo Horizonte contre la tenue de la recontre Colombie-Grèce, durant lequel 11 manifestants ont été séquestrés par la police (mais c’est resté bien plus pacifié que la manif organisée le jour de l’ouverture du mondial).  La veille (13/06/2014), 100 personnes défilaient à Salvador et se faisaient disperser sans ménagement avec utilisation massive de gaz lacrymo par les agents de l’Etat.

Depuis l’inauguration de cette coupe de monde le 11 juin dernier, plusieurs sites de sponsors du mondial, de la FIFA mais aussi des sites gouvernementaux ont été hackés. Les chaînes de retransmission télévisée des matchs du mondial ont quant à elles reçues des menaces d’attaque, comme la chaîne BeInSport (qui avait notamment été piraté lors de la coupe du monde 2010).

On peut aller voir le compte-rendu assez complet de fr.squat.net sur la journée du 12 juin dernier à Sao Paulo, qui a été faite d’affrontements et de blocages à l’occasion du 1er match de la sélection du Brésil.

Reformulé depuis leur presse – 15 et 16 juin 2014

[Vincennes] Saccage incendiaire au centre de rétention – Soirée du 14 avril 2014

[Vincennes] Tension et feu de matelas

15 avril 2014. On apprend par la presse qu’hier soir suite à des tensions deux matelas ont été allumés. Les pompiers sont intervenus et d’après les flics tout serait rentré dans l’ordre.

Mise à jour 18h

D’après les informations données par une personne enfermée dans le cra 1 de Vincennes, vers 1h du matin les retenus ont entassé les matelas et les draps dans une chambre et y ont mis le feu après que l’un d’entre eux ait été tabassée par plusieurs flics. La protestation a rapidement été contenue par les pompiers et 49 flics de la police nationale arrivés en renfort.  Depuis tout le monde dort par terre faute de matelas, deux chambres sont endommagées, et les flics de renfort sont toujours sur place. Quant au retenu tabassé, il est blessé et n’a pas toujours pas été emmené à l’hôpital.

Repris de sans papiers ni frontières, 15 avril 2014

[Calais] Retour sur le week-end de mobilisation antifasciste

La manifestation fasciste qui n’a jamais eu lieu

2014-04-13_Calais_Antifa_Défendons_les_squats-400x337Malgré leurs efforts pour organiser une manifestation raciste ce week-end, les membres de Sauvons Calais et les autres groupes néonazis qui avaient promis leur présence dans le centre de Calais dimanche n’ont été vus nulle part.

D’autre part, il y a eu une réponse écrasante aux appels des No Border ainsi qu’à ceux d’autres groupes locaux et des réseaux. Avec près de cent personnes arrivées à Calais pour exprimer une solidarité active avec les migrants et aider à défendre les squats et les camps contre les agissements fascistes.

Le préfet de police avait annoncé vendredi 11 avril dans l’après-midi que la manif organisée par ‘Sauvons Calais‘ était interdite par craintes de troubles à l’ordre public. Dans la foulée, les fachos ont planifié un rassemblement près du lieu de distribution alimentaire qu’ils ont annulé à la dernière minute.

Le seul moment à signaler, c’est dimanche matin quand les fachos se sont pointés à 40 à proximité d’un campement en chantant l’hymne national. Ils ont rapidement détalé quand les gens sont sortis de leurs tentes, pour bondir dans le train suivant qui partaient de Calais.

La police était présente nombre, avec notamment plusieurs fourgons de CRS qui sont restés durant le week-end après avoir fait le déplacement à Calais pour expulser la jungle soudanaise.

imageAu final ça a été un week-end positif, avec des personnes solidaires venues de partout, déterminées à se confronter ensemble aux fascistes. Sous le soleil, les gens ont pu créer des liens et apprendre à se connaître.

Même si nous n’avons pas eu besoin de nous défendre, nous rejetons fermement l’appel qui a tourné pour la paix sociale durant ce week-end.

Contre les frontières, les flics et les fachos !

Pour la solidarité !

Infos reprises d’un article publié sur calaismigrantsolidarity, 15 avril 2014