[Genève, Suisse] Barricades et affrontements contre le défilé du bicentenaire de la police – 4 octobre 2014

Aujourd’hui, plus de 300 personnes ont participé à la parade festive contre le défilé des 200 ans de la police genevoise. Dans une ambiance festive et déterminée, le cortège a assiégé le défilé des forces de l’ordre qui ont entamé leur manifestation dans une ville blindée par leur confrères. La manif a traversé le quartier de la jonction entre slogans et discours qui ont fustigé le délire sécuritaire qui règne à Genève.

Plusieurs dizaines de personnes ont subi des contrôles d’identité, des fouilles préventives et des prises de photos de la part de policiers.

En dépit du dispositif policier intimidant, aujourd’hui, nous avons repris joyeusement la ville et démontré qu’à Genève il n’y a pas de place pour les parades militaires.

LES RUES SONT A CELLES ET CEUX QUI LES FONT VIVRE !

Des mises à jour suivront quant à des éventuelles arrestations…

See you soon on the barricades !

danceagainstpolice.noblogs.org

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Ce que les toutous de la police et du pouvoir en ont dit….

La parade anti-police bascule dans la violence

Plus de 300 personnes se sont réunies samedi après-midi pour protester contre le défilé historique célébrant le bicentenaire de la police et «l’état policier».

SUISSE GENEVE PROTEST POLICE

«Mais ce que t’es con! C’est pas le but!», hurle une très jeune femme à la rue Gourgas. Un homme masqué vient de briser la vitre d’une BMW pour y enfourner un fumigène. Il est 15h50 ce samedi et ce qui était annoncé comme une «parade festive» contre le défilé du bicentenaire de la police vient de basculer du côté obscur. Depuis 15h, une soixantaine d’individus sur les 300 que comptait la manifestation à son départ de la plaine de Plainpalais tentaient d’en découdre avec les forces de l’ordre. Ils y parviennent enfin, les participants s’éparpillent, les plus irréductibles construisent des ébauches de barricades dans la rue des Bains, la police tire à deux reprises des gaz lacrymogènes, c’en est finit du cortège.

«Arrêtons de glorifier la police»

En début d’après-midi sur la plaine, une quadragénaire explique que la parade, intitulée «dance against police», a pour but de «s’opposer à cet état policier. On veut la liberté de mouvement, d’expression. Arrêtons de glorifier la police.» Elle s’émeut des dizaines d’agents en tenue anti-émeute postés dans les rues adjacentes. Les forces de l’ordre tiennent à éviter tout contact entre les manifestants et le défilé officiel, qui doit arriver à la place Neuve à 16h. « Ce type de situation, c’est aberrant, risible, explique la militante. Vous voyez la disproportion des forces? C’est contre cette disproportion qu’on s’élève.»

Le cortège s’ébroue. Sound system, drapeau anarchiste, plusieurs visages masqués et slogans de rigueur. «Mort aux vaches, morts aux condés», «police partout, justice nulle part», etc. Un jeune punk explique que les photos, il n’en veut pas. «Non, on n’est pas là pour être vus! On est là pour manifester, donner notre sentiment.» La procession contourne la plaine. Dans les rues parallèles, les policiers la suivent.

Pétards, peinture, fumigènes, bouteilles

Premier face-à-face à l’angle de la rue du Stand et du boulevard Georges-Favon. Rien ne bouge. Un homme seul, charisme, épée, emphase et sarcasme, affronte verbalement la quarantaine d’agents en tenue de combat. Aucune réaction, aucun contact physique. Second face-à-face au boulevard Saint-Georges, à quelques mètres de la place du Cirque. Les manifestants accentuent la provocation. Pétards, jets de peinture, de fumigènes, de bouteilles. Les policiers ne bronchent pas.

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Restent quelque 200 personnes. Une quinquagénaire interpelle les quérulents, leur suggère de rentrer chez eux. «Pour info la rue elle est à nous, elle est pas à toi, lui rétorque un homme plus âgé que ses pairs, visage marqué et habitué de la contestation de trottoir. Nous, on dort dans la rue, toi tu dors chez toi.»

Mercedes détériorée, BMW brûlée

Dernier face-à-face à la rue Gourgas. La frange dure obtient ce qu’elle était venue chercher. Une dizaine d’activistes se porte au contact du cordon policier, banderole en main. Charge sur dix mètres. Un jeune homme saigne du visage. Des individus masqués déplacent une Mercedes bernoise pour en faire une barricade, puis éclatent sa vitre. Lourde ambiance, désaccord entre manifestants. «Arrêtez, arrêtez, c’est de la merde!, crie une jeune fille. Soit on charge la police, soit on se casse.» Quelques minutes passent, la BMW s’embrase. «C’est super, ça fout tout en l’air, s’énerve un jeune. Foutre le feu à une bagnole, ça fait peur à tout le monde, le résultat est efficace!»

rue Gourgas

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Barricades et tirs de lacrymogènes

La manifestation est morte, demeurent les excités, quelques dizaines. Ils sont dans la rue des Bains. Les barrières de chantier du Musée d’ethnographie sont dressées sur la chaussée. La rue des Maraîchers est obturée. Premiers tirs de lacrymogènes. Le boulevard Carl-Vogt est barré, puis la rue des Bains. Seconds tirs de lacrymogènes. Les derniers «manifestants» filent sur le quai Ernest-Ansermet. […]

rue gourgas

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Une fusée blesse un passant

Outre la BMW incendiée, la police dénombre cinq autres véhicules endommagés à la rue Gourgas, et deux bus visés par des engins pyrotechniques. A la plaine de Plainpalais, un passant a été blessé à la jambe par une fusée tirée par les manifestants. Une centaine de contrôles d’identité préventifs ont été réalisés avant le départ du cortège. Eric Grandjean, le porte-parole des forces de l’ordre, parle de deux agents blessés par des jets de pierres, à la main et à l’omoplate. Il n’a été procédé à aucune interpellation directement en rapport avec les faits. « On sait qui sont les auteurs, mais on évite d’intervenir directement, car cela risque de mettre le feu aux poudres », dit l’officier.

20minutes.ch (Jérôme Faas), 04/10/2014 à 19h38

Retour au calme à Plainpalais après trois heures d’échauffourées avec les forces de l’ordre

La « parade festive » organisée ce samedi contre le défilé du bicentenaire de la police s’est achevée sans avoir atteint son but : pénétrer dans le périmètre du cortège et empêcher son bon déroulement. Les manifestants ont été refoulés loin de la place Neuve, traqués par les forces de l’ordre qui avaient reçu pour consigne de bloquer tous les accès menant jusqu’aux Bastions.

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Le quartier de Plainpalais, en revanche, a vécu trois longues heures d’échauffourées. A plusieurs reprises, des groupuscules sont allés au contact avec les policiers, sans parvenir à leur fin. A chaque fois, ils ont dû reculer. Le face-à-face a commencé sur la place du Cirque. Verbal d’abord, suivi de jets de bouteilles et de pierres arrachées aux chantiers du quartier.

Place du Cirque

Place du Cirque

A la rue Gourgas, vers 15h30, l’affrontement est monté d’un cran. Les vitres de trois voitures ont volé en éclat. Un engin pyrotechnique, allumé volontairement sur le siège passager, a provoqué un début d’incendie. Un extincteur salvateur a permis de stopper sa propagation, avant que les pompiers n’engagent leur tonne-pompe pour procéder à l’extinction.

Avant qu'un citoyen vienne éteindre le début d'incendie

Avant qu’un citoyen vienne éteindre le début d’incendie

A deux reprises, les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Notamment aux abords du nouveau Musée d’ethnographie où les fauteurs de trouble tentaient d’ériger des barrières au milieu de la chaussée. A ce moment, le gros de la manifestation s’était déjà disloqué. Ils étaient une bonne centaine en début d’après-midi, puis près de 300 au plus fort du rassemblement. Ils n’étaient plus qu’une petite cinquantaine après 17h, à converger vers la place des Volontaires pour y improviser un ultime rassemblement.

On ignore encore si la police a procédé à des arrestations. A 18h, un important dispositif était toujours en place dans le quartier de Plainpalais. Les participants au cortège officiel ont, quant à eux, quitté le parc des Bastions. Un verre de vin à la main, sans avoir goûté au gaz lacrymogène.

Tribunal de genève, 04/10/2014