[Mexico] Sur les arrestations des trois compagnon.ne.s après une attaque et les actions directes en solidarité

Mexico : trois compagnon-ne-s arrêté-e-s suite à une attaque

Dimanche 5 janvier vers 10h du soir, deux groupes d’individus habillés de noir ont attaqué avec des pierres et des molotovs le bâtiment du ministère des communications et des transports de la ville de Mexico et un concessionnaire Nissan situé non loin, causant des dégâts au bâtiment et à plusieurs voitures.

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Lors de l’attaque contre le ministère, la police fédérale qui surveillait le bâtiment a tiré d’abord en l’air puis à plusieurs reprises contre les compagnons, mais blesser personne.

Au parquet général (PGJ-DF), trois personnes sont en garde-à-vue :

Fallon Poisson, d’origine canadienne
Amelie Pelletier, d’origine canadienne
Carlos Lopez Martin, d’origine mexicaine

Tous trois sont des compagnon-nes anarchistes lié-es à différents projets et initiatives en affinité.

Jusqu’à présent, la seule accusation est celle de dégradations, évaluées entre 50 et 150 000 pesos [10 000 euros].

Alors qu’on pensait dans un premier temps que les deux compagnonnes canadiennes sortiraient sous caution et seraient expulsés, on apprend que le tribunal fédéral a décidé la prison préventive pour tous les 3, qui ont donc été transférés à la PGR (Parquet général de la République).

Jusqu’à présent, ce dernier n’a voulu relâcher aucune information aux avocats, la seule chose que nous savons est qu’ils sont en train d’établir les accusations contre les compagnons. On ne connaît pas non plus ce qui adviendra des deux compagnonnes canadiennes, le consul de ce pays n’ayant pas donner d’autres infos.

Un rassemblement solidaire est prévu aujourd’hui mardi 7 janvier devant la PGR, au métro Camarones, à 15h30.

Pour toute lettre de solidarité, salutations, soutien économique et informations, merci de contacter ce mail :
[email protected]

D’après les communiqués du Collectif informel anticarcéral Liberté pour les prisonniers !,
Ville de Mexico, 6 janvier 2014

[Traduit de l’italien de informa-azione, Mar, 07/01/2014 – 22:59] par les Brèves du désordre

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Jusqu’à présent, un appel du compagnon Carlos a été reçu informant de la décision du procureur général d’imposer un arraigo* de 40 jours aux trois. Nous savons qu’il s’agit d’une mesure désespérée de la PRG** pour retenir les compagnon.nes et chercher plus d’éléments pour leur condamnation, mais il est également clair qu’ils veulent poursuivre l’interrogatoire, leur faire signer des déclaration compromettante, les torturer, pour obtenir des informations et impliquer à d’autre compagnon.nes. C’est aussi un moyen de convaincre les familles et ami.es d’abandonner la défense juridique, parce que sa conviendrait au gouvernement d’avoir un avocat d’ordre commun pour les baiser à la place d’une défense juridique et politique. Le PGR n’a pas d’éléments, mais en sont à la recherche.

À Montréal les compagnon.nes se sont rassemblé.es devant le consulat mexicain en soutien aux compagnon.nes Amellie, Carlos et Fallon!

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Une vidéo ici

*arraigo: une sorte de détention préventive arbitraire officialisé qui peut s’étendre sans preuve.
**PRG: Procureur Général de la République

Lettre de Carlos

Avec beaucoup d’énergie et de rage j’écris ces quelques lignes pour faire connaître mon état actuel d’enlèvement par le gouvernement du district Fédérale, également de divaguer un peu sur certains aspects.

Ma situation politique n’a pas encore été décidé, pour des raisons évidentes je ne peux entrer dans les détails afin de ne pas entraver ma défense. Le dimanche soir, 5 janvier, compagnonnes Fallon, Amélie et moi fumes détenu.es par la police en tant que prétendument responsable d’une attaque avec des cocktails molotov faite au Ministère de Communications et des Transports ainsi que l’incendie de plusieurs voitures d’un concessionnaire de NISSAN, de for fédéral et commun respectivement.
Jusqu’à présent, mercredi 8 janvier, nous sommes accusé.es de terrorisme, de criminalité organisée et de dommages à la propriété.

Malgré tout nous allons bien, fort.es et uni.es et avons atteint le troisième jour de détention entre les interrogatoires et les stratagèmes de montages téléromanesques comme le cas curieux d’un faux groupe humanitaire, qui au moment d’être seuls avec moi m’ont indiqué qu’ils avaient été envoyés par une compagnonnes en me donnant son nom et une description physique d’elle. Je les ai initialement cru et j’ai commencé à parler à l’un d’eux qui semblait très intéressé par mon cas. Mais c’est facile d’identifier les méthodes utilisées par un porc (toutes mes excuses aux vrais porcs) et j’ai tout de suite deviné qu’il s’agissait d’un flic.

Dans sa prétendue intention de nous défendre, il m’a montré plusieurs photos où j’apparais avec des ami.es et me demanda « amicalement » les noms et infos spécifiques et j’ai immédiatement pensé, comment un policier peut-il prétendre d’agir comme un compagnon s’il n’existe pas de dignité dans son cœur ? Bien, dans leur entraînement ils sont domestiqués comme des chiens de chasse au service d’un maître, à obéir sans questionner, ils ne font qu’agir et ne ressentent rien, ce qui leur donne cette façon unique de baver et d’avoir cette lueur de harcèlement malicieux dans leurs regards.

Personnellement, je me revendique anarchiste de praxis insurrectionnelle, j’entends par là, la rupture avec toutes les formes de domination par la lutte quotidienne, penser et repenser les méthodes et objectifs, partant de la libre volonté de l’individu à l’organisation de relations sociales d’une manière horizontale, capables de décider de nos propres vies, en commençant par la destruction de nos propres paradigmes mentaux qui nous lient dans l’obéissance et la soumission, pour transcendre dans la conflictualité d’une manière permanente et informelle.

Je sais que la solidarité entre anarchistes est forte comme un chêne, qu’elle va plus loin que de simple mots.

Solidarité avec Gustavo Rodríguez, Mario Gonzalez, Amélie Truedeau , Fallon Poisson, Gabriel Pombo. Felicity Ryder et tou.tes les camarades faisant face à la déportation, qui sont fugitifs.ves ou bien en prison.

Carlos López « El Chivo »
Separos Procuraduría General de la República, Camarones, Distrito Federal.
[Cellules du Procureur Général de la République, Camarones, District Fédéral (Mexico)]

Lettre de Fallon

Bonjour les amis !

Nous sommes ici ensembles, nous de ce côté et vous de l’autre peut-être. Dans le langage de l’État ce sont des années ou des kilomètres qui vont nous séparer, mais ce que nous partageons est beaucoup plus grand que tous les kilomètres ou années. L’État pense créer une distance entre nous, mais c’est le contraire, nous serons ensembles plus que jamais !

Aujourd’hui c’est le 8, ça fait environ 60 heures que nous voyageons entre le voitures de la maudite police et les centres fédéraux et provinciaux, et bien qu’ils aient décidé que nous allons rester ici 48 heures supplémentaires, ils n’obtiennent rien car le silence est plus fort que la répression.

La chose la plus importante pour moi maintenant est de construire une force plus grande que la prison. Nous avons le contexte pour bâtir des relations internationales. Pour moi la solidarité est dans l’amitié, je ne suis pas une victime ou une prisonnière politique, je veux utiliser la réalité que nous vivons en ce moment pour construire de l’amitié plus forte et plus grande. Je suis prête à combattre l’autorité ici comme à l’extérieur, je vais jamais arrêter.

La prison est une réalité normale et je vais utiliser cette expérience et j’espère que vous aussi pour développer une force individuelle plus puissante jour après jour.

Nous sommes ici et nous serons toujours là pour faire face à toute la réalité en prison et à l’extérieur.

Une grande accolade à vous tous et toutes.
Contre l’autorité ici et à l’extérieur!

Fallon

Traductions de l’espagnol (Fuego a la carceles) par sabotage média (légèrement modifié)

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[Vancouver, CA] Banque incendiée en solidarité avec les compagnon.nes emprisonné.e.s à Mexico.

Le 9 Janvier, nous avons répondu à un appel à la solidarité avec les compagnons anarchistes arrêtés à Mexico, Fallon Poisson, Amélie Pillierst et Carlos López Mart. Nous sommes allés jusqu’à une banque HSBC sur East Hastings, en territoire occupé Salish Coast (Vancouver, BC), et avons allumé un engin incendiaire dans la zone des distributeurs automatiques de billets provoquant une boule de feu énorme. HSBC est un symbole du capitalisme, de l’oppression et de la domination. C’est donc une cible parfaite pour notre rage.

Cela vient aussi à un moment où le ministre de la Justice du Canada, Peter Mackay, met en garde les militants à ne pas commettre d’actions illégales pour l’arrêt des pipelines*. Mackay tu peux te mettre tes avertissements dans ton putain de cul. Les rêves de l’Etat et des sociétés d’extraction de ressources massives seront la proie des flammes de la révolte dans les rues par le sabotage et la destruction nocturne. Le besoin de liberté, l’anarchie et la libération vont détruire cet état colonial. Nos actes de sabotage sont incontrôlables, stratégique et réussie. Cette attaque contre HSBC n’est que le début de sabotage volontaire en cours. Nous sommes également en solidarité avec les guerriers Miq’maq et d’autres manifestants faisant face aux charges et au harcèlement des porcs de la GRC et l’État canadien lors des manifestations anti-extraction à Elsipogtog.

SOLIDARITÉ AVEC LES COMPAGNON.NE.S PASSIBLES D’EMPRISONNEMENT A MEXICO!
SOLIDARITE AVEC TOUS LES DEFENSEURS DES TERRES ET DES COMPAGNON.NE.S ANARCHISTES !
SABOTER LE SYSTEME DE CONTROLE SOCIAL, DE DOMINATION, DU PATRIARCAT ET DE L’OPPRESSION!
VIVE L’ANARCHIE!

Traduit de l’anglais d’anarchistnews, 10 janvier 2014 à 11h15

*Il s’agit des extractions de différents gaz sur des territoires autochtones au Canada, où depuis lesquels une résistance faite d’actions directes et de manifestations s’organise.

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