[Santiago, Chili] Réflexions et critique pratique à propos de l’attentat dans le métro le 8 septembre 2014

Chili : Réflexions sur l’attaque à la bombe dans le métro du 8 septembre 2014 à Santiago

Nous sommes l’attaque, nous sommes le feu contre l’État

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Ndt. L’attaque a été revendiquée le 18 septembre par la Conspiration des Cellules de Feu, trois compagnons ont eu droit à des arrestations médiatiques avec charges accablantes :
- Natalie Casanova Muñoz (26 ans)
- Juan Flores Riquelme (22 ans)
- Guillermo Durán Méndez (25 ans)
Tous trois ont nié leur implication et gardé une position digne.

Nous venons de partout…
Nous venons de l’attaque de commissariats, de casernes de police et de prisons, de centres de divertissement des puissants, d’églises et institutions de l’État-capital. Nous avons fabriqué des engins explosifs, nous connaissons leur usages et leurs conséquences au moment d’agir, nous venons des logiques et pratiques de la conspiration depuis des années.
Nous nous organisons informellement, sans dirigeants et en revendiquant l’autonomie, en forgeant des réseaux clandestins qui ne pourront être détectés par la répression. Nous continuons, parce que nous n’avons jamais arrêté…

Par rapport à l’engin qui a explosé récemment au Subcentro et qui a causé des blessures à plusieurs passant-e-s, sans être juges, nous élevons et défendons notre position.

Lors des actions que nous avons perpétrées, dans les complicités que nous avons matérialisées, lors des attaques que d’autres compagnon-ne-s que nous ne connaissons pas personnellement mais avec qui nous partageons anonymement le chemin de l’action directe ont menées, l’ennemi a toujours été clairement identifié.

L’ennemi est celui qui détient le pouvoir ou s’arme pour le défendre, devenant une cible et un objectif des attaques, mais pas celui qui cautionne ou cède passivement face à la domination.

Nous ne faisons pas partie des citoyen-ne-s puisque ceux-ci se laissent soumettre et perpétuent l’ordre, mais cela ne veut pas dire que nous mettons sur un pied d’égalité le rôle des citoyen-ne-s et celui des puissants, celui de l’esclave et celui du maître. Les citoyen-ne-s en général ne sont pas, de même que n’importe quel passant, l’objectif de nos actions.

Nous comprenons l’attaque et l’autodéfense comme un acte qui affronte et cherche à frapper toute la machinerie qui tente de de nous soumettre, ainsi qu’un acte qui nous protège et nous préserve face à l’avancée des forces répressives, indépendamment de l’uniforme qu’elles visent.

Quiconque décide d’assumer la violence pour défendre le territoire des puissants se situe sur le champ de bataille et doit en assumer le coût, mais cela, comme le font bien remarquer d’autres compagnon-ne-s par ici, n’est pas un combat ni un coup donné de manière aveugle sans rester clair sur qui l’on frappe.

On ne peut pas laisser au hasard la possibilité que ce soit un puissant ou un civil quelconque qui passe, les coups de l’action de transgression sont précis et savent viser l’objectif tant dans l’infrastructure du pouvoir et de la répression que dans les sujets qui le détiennent.

C’est l’État et ses politiques de Terreur qui considèrent les vies comme de simples numéros dans les statistiques de leurs parts de pouvoir, c’est pour cela qu’il avance en dévorant et en écrasant de manière impassible, nous nous éloignons de lui par nos projections et nos idées mais surtout par nos pratiques, qui nous différencient indéniablement. Face à cela il ne doit y avoir aucune place pour le doute.

Nous aspirons et agissons pour la destruction et le combat contre l’ennemi, nous nous armons de moyens pour y parvenir, nous utilisons et revendiquons l’utilisation de la violence pour faire face à l’autorité, mais nos coups ne cherchent pas à nuire à n’importe qui passant dans la rue. Cela supposerait que toute personne, par le fait de passer là, serait complice et collaboratrice du pouvoir, absolument sans aucun fondement permettant de soutenir cela. Ce ne sont pas nos façons de faire, ni le bout ni l’horizon du chemin d’action directe que nous suivons depuis des années.

De la même manière que nous ne laissons pas notre sécurité au hasard –en apprenant les techniques d’avancée de l’ennemi– nous ne laissons pas non plus au hasard la sécurité de ceux qui peuvent traîner dans les environs des cibles de nos attaques. Ainsi, nous ne faisons pas confiance et ne déléguons pas au bon travail de l’ennemi de s’occuper des civils, tant dans l’évacuation que dans le bouclage de la zone. Nous ne sommes pas indifférents à la douleur ou au mal reçu par de simples passant-e-s.

Ce ne sont pas les citoyen-ne-s qui doivent craindre nos actions, ils devraient avoir peur de la misère de vie que l’État impose à travers chacun des engrenages qui forment sa machinerie de destruction, de la gâchette facile de la police, des asphyxies économiques qui mènent au suicide ou de la progression du contrôle social. Ici ceux qui doivent craindre nos actes, dans chaque aspect de leur vie et de leur sécurité, ce sont les représentants de la domination… Nous nous rapprochons.

Nous n’écrivons pas pour nous dissocier de l’utilisation de la violence, mais pour revendiquer l’utilisation que nous en faisons, mettant au clair nos idées de la lutte insurrectionnelle qui n’envisagent pas l’attaque de civils.

L’appel est à l’action, dans la complicité des affinités, faisant proliférer les groupes d’attaque, agissant pour la libération, mais en restant clairs sur nos objectifs à diffuser et l’ennemi à attaquer. Nos pratiques font partie du message. Nos coups doivent être adroits, sans peur, mais sans imprécisions.

Le terroriste c’est l’Etat.

Nous saluons les dernières attaques d’église et de casernes de police.

Contre toute forme de pouvoir, pour l’Anarchie et la Libération Totale… Continuons à grandir…

Noyaux d’Attaque pour la Libération

Traduit de l’espagnol par non fides de Contrainformate. 22 septembre 2014

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Pour une critique pratique

Au sujet de l’action réalisée devant l’université Uahc à Santiago le 23 septembre.

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Dans un climat d’hostilité croissante, de persécution et de terreur médiatique, nous continuons de revendiquer la violence contre l’État et le capital !

Suite à l’explosion d’une bombe dans un couloir du centre commercial de la station du métro Escuela Militar les rêves de la presse et de l’État se sont concrétisés. Dorénavant ils vont pouvoir ouvertement dire que les attaques explosives ont aussi comme cible des gens lambdas et dans cette logique aiguiser encore leur pratique de répression contre les groupes et individus insurgés. La situation a été propice pour que les vautours dressent depuis leurs médias un climat d’insécurité et de terreur médiatique, la presse n’a pas traîné pour pointer du doigts la violence des groupes subversifs. Au sein des milieux anarchistes et anticapitalistes en général beaucoup de choses se sont dites au sujet des caractéristiques de l’explosion qui ne correspondaient pas à ce que font ceux qui attaquent les structures du pouvoir et que l’attaque pouvait être associée à certains secteurs de la police, des groupes d’extrême droite ou de certains soi-disant révolutionnaires qui n’auraient pas des objectifs très clairs. Aujourd’hui il y a trois personnes accusées d’être responsables qui sont détenues et un communiqué qui circule sur internet dont nous ne connaissons pas l’origine et qui revendique l’attaque.

Nous n’allons pas parler des accusés dans ce texte parce que tout d’abord nous ne voulons pas jouer aux juges, et ensuite parce que nous connaissons que trop bien les ruses de l’État et de la presse bourgeoise lorsqu’il s’agit de faire preuve d’efficacité et de contrôle dans la persécution d’un ennemi interne tout en profitant de ces situations pour justifier leur répression.

Sur les responsables et la motivation de l’attaque ça n’est toujours pas très clair pour nous, mais face au climat d’insécurité et de terreur que le pouvoir et ses médias veulent mettre en place notre réponse reste la même : nous continuons de nous diriger violemment contre le pouvoir pour l’intensification du conflit en sachant clairement qui est l’ennemi. Oui, en sachant clairement qui est l’ennemi, parce que nos ennemis sont ceux qui sont au pouvoir et leurs sbires armés prêts à assurer l’ordre, et nos attaque se dirigent contre eux. C’est pour ça que nous ne pouvons pas nous associer avec des attaques aveugles et irresponsables qui blessent des gens lambdas. Si nous comprenons bien le rôle que joue la passivité des citoyens dans la soumission et le maintient du pouvoir, nous ne pouvons mettre sur le même plan la responsabilité de l’esclave aliéné avec celle du puissant qui est le véritable responsable de l’exploitation et de l’aliénation qui en découle, sans laquelle cet ordre ne pourrait exister ni une minute de plus. Nous ne pouvons pas considérer valide une attaque contre l’autorité qui blesse des gens lambdas, et nous ne sommes pas indifférents à la souffrance, encore moins lorsqu’elle est utilisée pour favoriser le scénario d’une chasse aux sorcières de la part de l’État avec l’appui d’une partie croissante de citoyens qui croient maintenant être des cibles potentielles d’attaques.

chili2-2-a6595Mais face à ce climat d’insécurité médiatisée pour les citoyens et d’hostilité répressive pour nous, nous faisons le choix de ne pas baisser la tête et nous ne nous démarquons pas de l’usage de la violence contre l’État, le capital et ses sbires. C’est même qu’on a revendiqué cette violence, une fois de plus, en sortant dans la rue et en dressant des barricades, distribuant des tracts et lisant à voix haute un communiqué qui explique à ceux qui nous observent la raison de notre action, pour ensuite affronter les flics (qui sont arrivés en tirant des balles en plomb et de loin parce qu’ils avaient la trouille avec les molotovs qu’ils ont reçu). Que ça soit clair pour le pouvoir que malgré la situation défavorable qu’ils peuvent créer nous n’abandonnerons pas l’usage de la violence contre l’autorité, contre l’État, contre le capital, et c’est probable que le combat de rue contre ses sbires n’est qu’un petit geste (et même répétitif), mais c’est pas pour autant qu’on abandonnera nos méthodes tandis que nous nous aventurons dans la découverte d’autres méthodes qui nous rapprochent toujours plus de l’ennemi. Ça n’est que question de réflexion, patience et pratique pour que l’on arrive à être face à face.

Nous lançons un appel à la réflexion et à la pratique.
Ne reculons pas face à un climat d’hostilité !

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Traduit de contrainformate par camotazo, 27 septembre 2014