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[Etats-Unis] Solidarité avec Steve et tous les résistants au Grand Jury

Fin juillet 2012, notre ami Steve a reçu un appel téléphonique d’un homme se présentant comme un agent du FBI. Il a été dit qu’une assignation lui a été délivrée afin de comparaître devant un grand jury fédéral qui enquête sur les actes de vandalisme contre le palais de justice ‘Kenzo Nakamura‘*. Ce coup de téléphone est arrivé en même temps que l’assignation à comparaître adressées à trois autres personnes à Olympia et à Portland, ainsi que des perquisitions à Portland. Bien que Steve soit un anarchiste connu dans le Nord-Ouest, qui a été l’objet d’harcèlement de l’État auparavant, jusqu’à maintenant, il n’a pas été signifié ou indiqué comme suspect de l’enquête en cours du Jury ciblant les anarchistes.

Sa vie a été sévèrement touché par le cours des événements. Il a fait le choix d’abandonner son ancienne vie afin de résister au Grand Jury selon ses propres termes. Cela signifie que Steve n’a eu aucun contact personnel avec sa famille, ses amis et ses proches pendant de nombreux mois.

L’enquête et la répression ultérieure est encore bien vivante, même si d’anciens prisonniers, Maddy, Matt et Kteeo sont maintenant sortis de prison. Le potentiel d’accusations pour actes criminels reste une possibilité réelle. En outre, les effets de l’emprisonnement et menaces futures de retourner en prison, ce qui pourrait se passer si l’un des trois est accusé d’outrage criminel, ne sont en rien terminés une fois qu’on a quitté les murs de la prison.

Alors que Steve a fait de son mieux pour s’adapter à sa nouvelle vie, ça n’a pas été une transition facile. Il est dans un endroit très difficile en ce moment, à des milliers de miles de chez lui et ne sachant pas quand il pourra rentrer. Il a déjà été physiquement et verbalement harcelé par les forces de l’Etat dans son nouvel emplacement, et a du mal à trouver un emploi car n’ayant pas de droits et des barrières linguistiques. Dans le même temps, il a fait de son mieux pour garder l’esprit clair et est reconnaissant pour tout le soutien et la solidarité qu’il a reçu à ce jour, et pour les nouveaux amis qu’il s’est fait. Il n’en demeure pas moins que la vie au sein de la société capitaliste est chère, et à ce stade il n’a aucun revenu.

Voir ici pour un soutien financier

* Il est important de noter que Steve est solidaire et complice de tous ceux qui sont accusés de dégradations du palais de justice ‘Kenzo Nakamura’.

http://solidaritywithsteve.noblogs.org/

NdT: la solidarité ne se résume évidemment pas à envoyer de la thune: elle peut s’illustrer à travers nombreuses formes d’actions de soutien.

La solidarité avec les compagnon.ne.s du nord-ouest poursuivi.e.s par l’Etat (via le grand jury) s’est traduite en actes ces derniers temps un peu partout à travers le monde

[Publication] Journal ‘Hors Service’ n°39

Le quartier de haute sécurité détruit mes potes

Je suis détenu à Bruges, j’ai purgé 10 ans, ils m’ont fait purger fond de peine, mais dans deux semaines, le 24 août 2013, à 18h, je serai dehors.

Il y a quelques jours, on est venu me dire qu’ils ont descendu mon pote d’enfance Yousri El Attar à la cave, au QHS ici à la prison de Bruges. Ils lui avaient collé une mesure disciplinaire. Sur le papier qui justifie la prise de la mesure, il y avait seulement marqué: Hakim Ghazouani, mon nom, et rien d’autre. Ne me dis pas que c’est une raison ça, c’est un truc de fou.>

Yousri est un détenu qui ne se laisse pas faire, il en vient donc régulièrement aux mains avec les matons. À Saint-Gilles, il avait été enfermé à l’aile B, c’est l’aile stricte. Il n’en pouvait plus, deux douches par semaine et souvent même moins encore, et des gardiens qui tapent les détenus pour un rien. Comme plein d’autres, il voulait son transfert et il a dû l’arracher de la direction. Il a tapé cinq gardiens, et deux ont porté plainte. Il va sûrement encore ramasser pour ça. Arrivé il y a trois semaines à la prison de Bruges, il a été enfermé dans l’aile 31, c’est là où on est tout seul en cellule. Une aile de strict avec une dizaine de cellules.
La direction sait très bien comment il est, les matons aussi. Alors ils l’ont cherché, ils l’ont cherché jusqu’à ce qu’il pète les plombs. Lui coller une mesure sans qu’il n’ait rien fait, lui dire voilà c’est tout, maintenant tu ne sors plus, ils savaient très bien qu’il n’allait pas laisser ça comme ça. Alors il a arraché sa cellule, et il s’est coupé le ventre avec une Gillette. C’est eux qui l’ont poussé à faire ça. Ils veulent le mettre à bout, ils le provoquent.

Normalement, la procédure pour un placement à l’aile de haute sécurité ici passe par le Ministre de la Justice. Pour faire descendre Yousri, il n’a fallu qu’un coup de fil de la directrice De Loof à Hans Meurisse (directeur-général des prisons). Il a directement dit: ok, amène-le au QHS. Chaque prison a sa propre loi, ici c’est envoyer des gens au QHS pour rien du tout. Ils sont venus le prendre le matin, après le préau, et ils l’ont descendu à la cave.

J’ai su échanger quelques mots avec lui par la fenêtre et j’ai entendu à sa voix qu’il ne peut plus supporter l’isolement. « Ils s’acharnent vraiment sur moi, c’est pas possible » me disait-il. Je le connais depuis qu’on est gamin, je sais quand il est ok et quand ça va vraiment pas. Là ça va vraiment pas. En plus il y a des chefs qui me disent qu’il le cherche lui-même, qu’il est bien là-bas, ils doivent être malades dans leurs têtes.

Dans ce QHS, ils sont en train de rendre des types fous. Ils veulent le tuer, avec leurs psychiatres, et leurs médicaments, c’est eux qui lui donnent tout ça. En ce moment, aucune personne enfermée ne peut avoir la visite, sauf un type qui se tient bien à carreaux. Pour obtenir un transfert de là-bas, un autre détenu a fait courir le bruit que quelques grosses têtes avec de larges peines enfermées là-bas voulaient s’évader, et depuis, plus aucune visite. C’est un mensonge total. Les gars-là n’ont rien, il y a des fouilles de cellule tous les jours.

Cette directrice De Loof qui lui a collé la mesure vient tout juste de revenir des vacances prolongées. Le 23 février 2013, elle avait ramassé une pèche d’un détenu après qu’elle lui ait annoncé que son régime allait s’endurcir. Elle a eu le nez pété, le gars a été mis au QHS et elle a pris des vacances. Cela ne fait que 2-3 semaines qu’elle est revenue et elle s’acharne vraiment contre tout le monde, comme une pitbull. On dirait qu’elle laisse son cœur dans le casier quand elle rentre ici.

Quand j’ai entendu que mon pote se trouve là, pour rien du tout en plus, ça m’a mis les nerfs, je ne peux pas laisser passer ça. Mais t’inquiètes, je n’oublie rien.

Franchement, c’est quoi ça? Enfermer des gens à la haute sécurité pour des conneries à deux balles, c’est ridicule. Il faut que ça s’arrête. Les personnes qui décident de tout ça sont vraiment indignes.

Les gens doivent savoir ce qui se passe ici…

6 août 2013, prison de Bruges, Hakim Ghazouani

Extrait du journal ‘Hors Service‘ #39

HorsService39

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Les autres textes de ce numéro sont à lire ici

[Belgique] A propos de « l’opération cendres » – Bruxelles, 22 mai 2013

Bruxelles : « Opération Cendres ». Perquisitions chez des compagnons

Bruxelles – Le 22 mai 2013 vers 6h du matin, des dizaines de policiers de la section anti-terroriste de la police fédérale judiciaire investissent et perquisitionnent 3 domiciles où habitent notamment des compagnons anarchistes et anti-autoritaires ainsi que la bibliothèque anarchiste Acrata. Toutes les personnes présentes (11) sont arrêtées et emmenées aux bureaux de la police fédérale.

Les accusations sont : appartenance à une organisation terroriste, association de malfaiteurs et incendie(s) volontaire(s). L’opération est baptisée « cendres » et est dirigée par la juge d’instruction Isabelle PANOU, tristement célèbre pour sa longue carrière au service de l’Etat.

Les policiers emportent de nombreux documents, des effets personnels, les ordinateurs et tout ce qui a trait à l’informatique, les GSM’s (téléphones portables), du matériel d’agitation, etc. Pendant les auditions, auxquelles tout le monde refuse de collaborer, il apparaît que l’enquête porte sur des luttes, révoltes et activités allant de 2008 jusqu’à aujourd’hui notamment contre les prisons, la construction du nouveau centre fermé de Steenokkerzeel, les transports en commun (STIB), les institutions européennes et les eurocrates, la construction d’un RER à Bruxelles, l’OTAN, la machine à expulser, les huissiers et la construction d’une maxi-prison à Bruxelles. Sont aussi épinglées des publications telles que Hors-service ou encore plus généralement des écrits, affiches, etc. diffusés par des anarchistes et anti-autoritaires.

Vers 13h, tout le monde est relâché sans avoir eu à comparaître devant la juge d’instruction.

Face à ces accusations de terrorisme et à leur lot d’intimidations et de harcèlements, il n’y a pas à abandonner les idées et les actes visant la destruction de toute autorité et la joie que procure cette bataille.

Continuons à lutter pour la liberté, à abattre ce monde mortifère qui opprime et exploite.

Rien n’est fini, tout continue 
Attaquons ce qui nous opprime

Bruxelles, 23 mai 2013

Repris de Brèves du désordre, 24 mai 2013

Belgique : Quelques bribes de réflexion, concernant les perquisitions qui ont eu lieu mercredi 22 mai à Bruxelles dans le cadre des accusations d’associations de malfaiteurs à visée terroriste

Pourquoi maintenant, pourquoi ces adresses-là, pourquoi ces personnes-là précisément, peu importe. Inutile de se mettre dans leur sale tête de cochons et de spéculer à l’infini sur leurs raisons. Ils font leur sale boulot de fouineurs, ils veulent peut-être foutre la pression, mettre un coup de pied dans la fourmilière, ou pouvoir observer à loisir les mouvements des uns et des autres, noter, enregistrer, bref. Ces perquis’ n’ont peut-être pas comme seul but de tenter de rassembler des éléments pour faire avancer une quelconque enquête. Voulu ou pas par leurs commanditaires, cela entraîne un déplacement direct de nos attentions sur ce sujet là. Si nous n’avons aucune prise sur leurs décisions et la temporalité dans laquelle ils inscrivent leurs coups de pression, nous en avons par contre sur l’impact que cela peut avoir sur nos vies.

Sûr, ça vient remettre les pendules à l’heure. Une grande claque, au cas où on aurait pu se leurrer sur le fait que l’Etat veut être partout et n’oublie jamais rien. Il est nécessaire d’ouvrir, et de maintenir ouvert, un espace de discussion, collectif autant qu’en plus petits groupes affinitaires, afin de ne pas donner à leurs saloperies plus d’importance qu’elles ne devraient en avoir en réalité. Certes, il s’agit d’entourer les compagnons directement concernés par ces perquisitions, de s’assurer de leur santé, mentale et physique. Mais ce serait une erreur de considérer que cela ne concerne qu’eux.

Avec leur nouveau package “association de malfaiteurs”, quiconque fréquente, les mêmes lieux, les mêmes réseaux de personnes, est un potentiel suspect aux yeux de l’Etat. Ca peut faire froid dans le dos, et le premier réflexe peut être un réflexe de survie conduisant à moins fréquenter ces lieux et ces personnes. Pour se mettre à distance, pour se laver aux yeux d’une potentielle surveillance. Sauf que ces choix-là amènent à l’isolement, non seulement des personnes, mais aussi des luttes qu’elles portent.

Au-delà du fait que cela leur facilite le boulot, l’Etat a tout intérêt à nous focaliser sur la répression: pendant ce temps, nous voilà occupés à autre chose qu’à lui nuire et à comploter. La peur peut vite s’installer, autour de ces lieux mais surtout dans nos têtes et dans nos coeurs. La parano se distille dans nos veines et dans le moindre de nos mouvements, et voilà qu’il n’y a même plus besoin d’un vrai flic pour nous empêcher d’agir: nous nous sommes menottés nous-mêmes.

Sans vouloir minimiser les faits, le meilleur pied de nez que l’on peut faire à la répression, c’est de garder notre sang-froid, les idées claires, de rester solidaires les uns des autres, et de poursuivre avec prudence mais passion les combats que nous menons. « Une société qui anéantit toute aventure fait de l’anéantissement de cette société la seule aventure possible… »

Avec une solidarité indéfectible

Acrata (28 mai 2013)

Repris de Contra-info

[Paris/Affiche] A Bas la France

A BAS LA FRANCE. 

Parce que nous n’oublions aucune de ces horreurs, parce que ces massacres et ses bombardements qu’ils soient humanitaires, colonialistes ou nationalistes, pour du pétrole ou pour son honneur nous ont exterminés, nous ont fait croire qu’il n’était plus possible de choisir la rébellion. Nous lui crachons dessus, nous nous essuyons avec son drapeau, nous dégueulons sa marseillaise, nous brûlons ses postes-frontières et nous profanons ses sanctuaires et ses idoles tâchées de sang de nos frères et soeurs apatrides.

A BAS TOUTES LES NATIONS ET LES FRONTIÈRES. Parce que la prétendue appartenance nationale n’est pas innée, mais enseignée à coup de servitude, parce que c’est un concept religieux, on est français, tunisien, portugais ou malien exactement comme on est chrétien, musulman ou juif, et on vote exactement comme on va à la messe. Parce que c’est au nom des nations que riches et puissants d’endroits différents mais tous de la même puanteur, se font la guerre à coup de chair à canon. A bas toutes les frontières, parce que, comme toutes les autres normes, elles définissent les indésirables et elles séparent les bonnes des mauvaises graines, français ou immigré, avec ou sans papiers, barbare ou civilisé. C’est en leur nom que chaque jour, l’ordure étatique et policière et les collaborateurs de la machine à expulser raflent, enferment, expulsent et tirent à vue le long des lignes de démarcations étatiques.

A BAS TOUS LES POLITICIENS. Parce ce sont eux qui administrent la si banale apocalypse permanente dans laquelle nous vivons depuis des siècles, passant des mains des maîtres à celles des curés puis des propriétaires pour finir sous la coupe de la marchandise et du contrôle diffus. Car que ce soit à coup de frappes chirurgicales, de matraque, de justice, de guerres propres ou de paix sale, de prison et de turbin, de camps humanitaires, de concentration ou d’extermination, de référendum, de beaux discours ou de bombes atomiques, les politiciens n’ont pour seul but que de maintenir leur pouvoir et de l’étendre, se concurrençant les uns les autres pour la mainmise sur le bétail du parc humain.

A BAS LA RÉSIGNATION. Parce que la liberté n’apparaîtra pas miraculeusement, parce que le capitalisme ne s’effondrera pas tout seul, parce que ceux qui tombent sur les lignes de front de la guerre sociale ne doivent pas rester seuls face aux juges et autres croque-morts de ce monde, parce qu’il ne sert à rien de se plaindre et que nous ne voulons plus être des victimes, parce qu’il n’y a qu’une seule entité réelle, la terre, et que dans les conditions qui nous y sont faites, il n’y a qu’une seule façon d’y vivre : à couteaux tirés avec ce monde de fric, de prison, de pouvoir, de contrôle, de médiocrité et d’ennui.

Parce qu’on ne peut entrer dans un monde meilleur autrement que par effraction.

Dans cette guerre sociale, n’écoutons plus les sirènes nationalistes et politiques, car comme les feuilles, les promesses tomberont l’automne venu. Dans un monde où toute liberté est désordre sauf celle de consommer et de choisir son maître, il n’y a rien à défendre, mais tout un ordre à attaquer partout où il se trouve.

Pour un monde sans Etats, ni patries, ni frontières, ni prisons, ni nations.

Que nos passions détruites se transforment en passions destructrices

[Affiche trouvée sur les murs de Paris, avril 2013.]

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Source: Base de données anarchistes, 10 mai 2013

[Publication] Sortie du journal ‘Barouf’ #1

Un brouhaha de discussions et de rencontres

Des explosions d’idées subversives et d’envies de révolte

Un vacarme pour affronter ce monde ici et maintenant sans rien attendre des politiciens et de ceux qui veulent nous représenter

…Pour que notre désir de se débarrasser de toute autorité, domination et exploitation fasse du bruit !

journalbarouf [arobaz] riseup.net – barouf.noblogs.org

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Balade sous contrôle1

9h30, Aubervilliers-Pantin-4 Chemins. Alors qu’on part trouver de la thune, de quoi manger ou se promener, les flics sont au coin de la rue. Ils sont là, avec leurs armes et leurs sales gueules, comme hier, comme il y a une heure, comme tout le temps maintenant en fait, à harceler les vendeurs/ses à la sauvette, les pauvres en tout genre, à mater tout ce qui bouge de travers, prêt à tou-te-s nous contrôler et arrêter quelques sans papiers sur le chemin. Que l’on soit à Barbès/La-Goutte-d’Or, à la Gare de Saint-Denis, à Saint-Ouen où à Stalingrad, c’est la même chose. Depuis peu ces quartiers sont devenus des ZSP, “Zone de Sécurité Prioritaire”. Nouvelle invention sécuritaire du pouvoir, il en existe soixante-quatre dans tout le pays et concrètement ça signifie encore plus de flics dans les rues et une collaboration plus étroite entre mairies, commissariats et associations. À Belleville et Couronnes il y a aussi plein de flics partout, mais là ce sont ceux de la “Brigade Spécialisée de Terrain” (BST) créée en janvier 2011.

Et puis il y a aussi tous les autres que l’on ne remarque même plus : GPIS, sécurité de la Mairie de Paris, correspondants de nuit, militaires, etc. Avec tous ces uniformes, le pouvoir militarise les villes, et principalement les quartiers pauvres, pour faire régner la pacification sociale et que chacun-e d’entre-nous reste bien à sa place.

12h00, dans le métro. Changement à Stalingrad “contrôle des titres de transports !” Un barrage de contrôleurs fait face au flot des voyageurs qui fouillent frénétiquement leurs poches à la recherche du bout de plastique qui donne le droit de continuer son chemin tranquillement. Certain-e-s tentent de faire demi-tour, mais sont retenu-e-s par les gros bras de la ratp sureté (GPSR).

Dans chaque recoin ou derrière chaque caméra ils sont là, pour réguler et rentabiliser les flux, chasser les fraudeurs, surveiller et réprimer nos faits et déplacements. Et si en plus de pas avoir de ticket on n’a pas le “droit” d’être là (pas de papiers, recherché-e par la justice, sous contrôle judiciaire), la police n’est jamais bien loin pour t’emmener au commissariat.

Les transports en commun sont pensés et organisés en fonction de la nécessité pour l’économie et le pouvoir d’assurer le déplacement dans la ville. Ils ont pour fonction d’amener des gens de la maison au travail, de la CAF au magasin, etc. Les transports, que ce soit le réseau de métro et de bus ou encore les nouvelles lignes de tram qui viennent d’être inaugurées, tissent une toile sur la ville : des arrêts délimités où l’on va parce que l’on a quelque chose à y faire, tout le reste n’est que points de passage. Et tous nos déplacements y sont fichés par les puces RFID contenues dans les pass’ navigo.

L’importance des transports est encore plus visible quand ils sont perturbés, par la neige, la grève ou un sabotage : retards, chaos, désordre, rupture avec la routine.

balade en ville215h15, à l’angle de deux rues dans le XXème arrondissement. Une nouvelle caméra de vidéo-surveillance est en train d’être installée. Elle fait partie du plan de plus de 1000 caméras de la ville de Paris et qui, ajoutées au 10000 du réseau RATP/SNCF et à celles de sociétés privées, banques et magasins, quadrillent toute la ville. Des centres de vidéo-surveillance ont été mis en place dans plusieurs commissariats, où les images sont regardées 24h/24.

Elles sont un moyen de surveillance supplémentaire, traquent nos vies et nos corps dans les moindres détails. De nombreuses villes adoptent un réseau de vidéo-surveillance de plus en plus sophistiqué : rotation à 360°, zoom, infrarouge, détection de comportements suspects (par exemple des attroupements), reconnaissance faciale…

17h30, quartier Bas-Montreuil/Bagnolet. Des huissiers viennent de saisir une famille et de les expulser de leur logement car ils ne payaient plus leur loyer depuis des mois et que leurs crédits à la banque se sont accumulés. Ici, comme dans d’autres quartiers pauvres de proche banlieue, les loyers ne font qu’augmenter et les agences immobilières poussent comme des champignons. C’est un quartier en plein changement d’après la mairie et les promoteurs : ils appellent ça la rénovation urbaine ou la restructuration, prétendent “améliorer la qualité de vie”. Aussi les préfectures et les mairies ont déclaré la guerre aux logements insalubres et aux squats, pour expulser les habitant-e-s qui sont repoussé-e-s toujours plus loin des centres-villes et détruire des bâtiments pour en reconstruire des plus beaux, plus écologiques, pour des gens qui ont plus de thunes.

Cette logique, à l’œuvre depuis des années à Paris, se poursuit et s’étend avec le projet mégalo du “Grand Paris” : hausse des loyers, expulsions, promotion de l’accession à la propriété, construction d’immeubles standing de luxe, logements sociaux très chers pour riches, ouverture de lieux culturels branchés pour bobos, transformation du mobilier urbain en repoussoir anti-SDF, boutiques de mode à prix chic, etc.

Agents immobiliers, promoteurs du BTP, urbanistes et politiciens de tout bord aménagent des espaces civilisés, où les bobos et bourgeois se sentent à l’aise et en sécurité, menant ainsi la guerre aux pauvres. Ces opérations de rénovation leur rapporte de l’argent : spéculation, pots-de-vin.

L’aménagement de l’espace urbain et le contrôle renforcé en disent long sur le monde qu’est en train de construire le pouvoir : un grand enfermement à ciel ouvert, où chaque espace est surveillé, où chaque déplacement est sous contrôle, où chacun-e est à la place qui lui est assignée. Des transports aux caméras, des flics aux métropoles, ça ressemble à une grande prison. Sans ses quatre murs oppressants, la promiscuité forcée, les matons et verrous qui règlent le quotidien, mais où les caméras font penser aux miradors, les quelques m² où l’on vit à des cellules et les frontières tracées entre nous à des barbelés.

Le jeu politique construit l’autre comme l’ennemi, l’indésirable et veut nous faire croire que si c’est la merde c’est la faute du voisin, de celui ou celle qui n’a pas la même couleur de peau, de celui ou celle qui ne fait pas partie de la “communauté”, qu’elle soit “ethnique”, religieuse ou de territoire.

Mais à l’inverse de la guerre de tou-te-s contre tou-te-s et du chacun-e pour soi, ici et là, des gestes du quotidien au sabotage, des actes de résistance s’en prennent à ce monde : de l’ouverture d’un squat à la débrouille, de l’entraide et de la solidarité à la résistance à un contrôle de police, de la destruction de caméras de surveillance au fait de se prévenir de la présence des contrôleurs dans le métro.

Chaque perturbation, peu importe son ampleur, a des effets immédiats sur cette routine quotidienne qui, clairement, est celle du travail, de l’économie, du contrôle et du pouvoir. S’attaquer à ce quotidien c’est apporter sa pierre à la destruction de la domination et de l’exploitation, c’est s’ouvrir des espaces de liberté par la révolte. Soyons incontrôlables…

Sabotons le tram-tram quotidien ! Le jour de l’inauguration de la nouvelle ligne T3 du tramway parisien, aux alentours de midi, des chaussettes remplies de riz ou de sable se sont retrouvées enroulées aux caténaires. Des tracts volants sont aussi apparus à divers endroits sur le boulevard. L’efficacité de cette technique n’étant pas avérée, à chacun-e de faire preuve d’imagination la prochaine fois.

Extrait du journal #01

[Besançon] 1er Mai Libertaire

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[Publication] Sortie de la revue anarchiste « Subversions » #2 – Avril 2013

Le n°2 de “Subversions” vient de sortir (avril 2013). Cette revue anarchiste de critique sociale fait 66 pages, et tourne du côté des distros au prix de 2 euros l’exemplaire, 7 euros les 5 exemplaires et 12 euros les 10 exemplaires. 

On peut écrire à subversions((A))riseup.net pour se la procurer, ou à

  • Subversions – c/o Bibliothèque Libertad – 19 rue Burnouf – 75019 Paris.

Pour avoir une petite idée de son contenu, voilà l’édito et le sommaire (ci-dessous). Le n°1 (septembre 2012) est toujours disponible.

subversionscouv-2

« Subversions » #2 (avril 2013)

Edito :

Encore une revue ? Pas tout à fait. D’un côté, il nous semble qu’au moment où les idées tendent toujours plus à devenir des marchandises ou de simples opinions (virtuelles qui plus est), continuer à faire circuler par écrit quelques réflexions reste plus que jamais nécessaire. D’un autre côté, si on peut toujours tenter de disséquer à l’infini la énième restructuration en cours de la domination, la question serait également d’affiner nos angles d’attaque pour mieux lui porter des coups. Théorie, agitation, analyse ou propositions se mêleront donc en un mélange que nous souhaitons subversif.

Le fait que certains textes soient publiés ici ne signifie pas nécessairement que nous en partagions l’intégralité, car il nous importe davantage de susciter des discussions qui rompent avec l’activisme mouvementiste ou avec les spéculations autoritaires. Cela pourrait être aussi une manière d’explorer quelques pistes, tout en sachant que c’est dans notre vie même, au quotidien, que s’élaborent les hypothèses révolutionnaires avec toutes les conséquences qui en découlent.

Encore une revue ? Peut-être. Mais en tout cas un instrument supplémentaire pour intervenir dans la guerre sociale, de l’intérieur d’une conflictualité qui tend aussi à échapper aux récupérateurs traditionnels en se développant dans toutes les directions. Une petite contribution pour approfondir, en quelque sorte, les mauvaises passions d’une liberté démesurée pour toutes et tous.


Sommaire :

Nuisances • L’ouvriérisme comme idéologie au service des patrons • L’honnête ouvrier • Notre-Dame-des-Landes : Contre l’aéroport et son quoi ? • Res communis ou res nullius ?

Focus • L’enfer est pavé de bonnes intentions L’Humanitaire à l’aune du 3e millénaire • L’humanitaire en treillis • Ni Salut, ni Armée : contre les collabos caritatifs

Pot-pourri • Critique de la société idéale • Liberté ? • Egypte. Comme la mer • Invitation à la rencontre internationale de Zurich • Contribution barbare • De court-circuit en black-out social • Quelque chose qui manque • Dépasser les frontières

Commentaires déplacés • Sommets et lentilles • L’espace qu’on leur laisse • Charlot policeman

Fil de l’histoire • Un coup de lime : L’anarchisme autonome de G. Ciancabilla

Source: Brèves du désordre, 23 avril 2013

[Limoges/ZAD] Action contre l’Ayraultport et son monde – 2 mars 2013

Le Collectif ZAD 87 a voulu participer à l’action du 2 mars.

Contre Vinci et son monde.

L1010051 L1010050

[Voir la liste de toutes les actions du 2 mars]

Et le Collectif ZAD 87 organise un ciné-débat le 13 mars 2013 à 20h Salle Blanqui 3 à Limoges (derrière la Mairie) : Notre-Dame des Luttes

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Pour contacter ZAD 87:

  • zad87[arobase]hotmail[point]com

(Flyer et information à diffuser autant que vous pouvez)

Reçu par mail, 5 mars 2013

[Belgique] Tags, stickers et affiches anarchistes – Bruxelles, 21 février 2013

Expressions anarchistes à St-Gilles (Bruxelles), 21/02/2013:Ressources de la guerre sociale (Bibliothèque/Médiathèque)

Ressources de la guerre sociale (Bibliothèque/Médiathèque)

AntiKeufs

Vive la fraude !!

Vive la fraude !!

"y'a tellement de maisons vides! On nettoie, on retape puis on s'installe. Y'en a qui appelle ça un squat, on appelle ça chez nous" Bert, Inge, Yvan, Fati...

« y’a tellement de maisons vides! On nettoie, on retape puis on s’installe. Y’en a qui appelle ça un squat, on appelle ça chez nous » Bert, Inge, Yvan, Fati…

"Quand j'ai plus un rond sur le parking, y a toujours une solution: un peu de colle forte dans la fente et c'est gratuit pour tout le monde!" Paul, 41 ans

« Quand j’ai plus un rond sur le parking, y a toujours une solution: un peu de colle forte dans la fente et c’est gratuit pour tout le monde! » Paul, 41 ans

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Sur l'école Sainte-Marie à St-Gilles

Sur l’école Sainte-Marie à St-Gilles

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