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[Tract/Bruxelles] Avis aux prisonniers du dedans et du dehors – Juin 2014

[Tract] Avis aux prisonniers du dedans et du dehors

avis-087bfCes paroles s’adressent à toi, toi qui es incarcéré dans les taules de l’Etat comme à toi qui es toujours plus enfermé dans cette ville de Bruxelles en train d’être transformée en prison à ciel ouvert.

Regarde autour de toi, mais regarde avec tes yeux, pas ceux des politiciens, des flics ou des chefs.

Pendant des années, de nombreuses mutineries ont secoué l’enfer carcéral. Depuis ces endroits où l’Etat met à l’écart ceux qui dérangent, ceux qui ne marchent pas au pas, ceux qui sont déclarés « indésirables » dans cette société de pouvoir et de fric, des cris de révolte et de vie ont surgi. Pour crier haut et fort que les barreaux tuent, que les cellules détruisent l’être humain, qu’une société qui enferme pour se protéger est elle-même une grande prison. L’Etat répond aujourd’hui à ces cris par plus de répression, par des cellules d’isolement, par des régimes stricts, par la construction de nouvelles prisons pour étouffer ces élans généreux de révolte et de solidarité.

Dehors, il y a aussi eu des révoltes qui ont secoué le joug de la normalité, des actions multiples et diffuses contre tout ce qui exploite et enferme. Pour affirmer que cette société nous dégoûte, que nous ne voulons pas d’une existence d’esclave abruti qu’elle nous offre et nous impose, que nous ne resterons pas les bras croisés quand la police assassine et torture, quand l’économie capitaliste pousse nos proches au bord du gouffre, de la dépression et du suicide, quand la machine sociale lave nos cerveaux pour devenir de braves citoyens obéissants et éteints. Chaque sabotage, chaque émeute, chaque attaque sont autant de cris de vie contre un monde qui nous veut tous morts ou esclaves de l’autorité. Et aujourd’hui, l’Etat transforme les quartiers populaires en zones taillées pour la classe moyenne et les bourges à coups de projets de lofts, de centres commerciaux et de boutiques de luxe ; il construit et aménage pour plaire aux eurocrates, entrepreneurs et représentants internationaux ; il entend couvrir la ville entière d’un filet resserré de vidéosurveillance pendant que les transports en commun ressemblent toujours plus à des check points en zones de guerre ; il serre les vis à tous les niveaux pour compliquer la survie et investit massivement dans la police et la sécurité. L’Etat construit des dizaines de nouvelles prisons aux quatre coins de la Belgique, il veut d’ailleurs construire une maxi-prison à Bruxelles. Mais son projet plus ambitieux encore est de transformer tous les possibles foyers de résistance en autant de couloirs du grand camp de concentration à ciel ouvert qu’est en train de devenir Bruxelles, et par extension toute la société.

Regarde maintenant à l’intérieur de toi-même. Ce que l’Etat veut étouffer, se trouve , à l’intérieur de toi. C’est ta capacité à réfléchir par toi-même, à penser et rêver de nouveaux mondes qui ne sont pas des prisons de fric et de pouvoir. C’est ta capacité à agir, à ne pas rester sur la défensive et te lamenter, mais à attaquer. Autant de soulèvements dans le monde entier, de la Tunisie en passant par l’Egypte, la Syrie, la Turquie, la Bosnie jusqu’au Brésil, ont déblayé l’obstacle probablement le plus important : l’erreur de croire que nous ne pouvons rien faire.

Débarrassons-nous alors de la résignation qui nous étouffe, interrompons la routine quotidienne du travail, du contrôle, des obligations imposées par le système et saisissons le temps et l’espace pour imaginer notre évasion.

Les battements de ton cœur s’accélèrent. Le sang pompe intrépidement dans tes veines. Tes yeux discernent clairement les contours de l’ennemi, ce monstre qui se compose de prisons, de flics, de capitalistes, de chantiers, de banques, d’institutions. Tes mains te démangent et saisissent la pierre, la bouteille remplie d’essence, la gâchette de l’arme, la main de ton complice. C’est l’adrénaline de l’évasion, le rêve de la liberté.

Pour la coordination des luttes à l’intérieur et à l’extérieur des murs.
La seule évasion possible, c’est la révolte !
VIVE L’INSURRECTION

Entre-temps du côté des révoltés…

Mi-juin 2014. A la prison de Bruges, une attaque ciblée rappelle à deux matons que leurs uniformes attireront toujours la rage de ceux qui ne sont pas prêts à subir les humiliations et la privation de liberté. Avec des armes improvisées, des pierres dans des chaussettes, des prisonniers les envoient à l’hôpital. A Merksplas, dans le camp de déportation, deux détenus se font la belle en maîtrisant une gardienne pour lui prendre les clés.

Début juin 2014. Le chantier de la nouvelle prison psychiatrique à Anvers est attaqué. Pendant la nuit, trois grues mobiles et un lourd générateur électrique sont incendiées. Ce chantier est d’ailleurs effectué par la même entreprise de construction, Denys, qui compte construire la maxi-prison à Bruxelles. Les bureaux des architectes à Ixelles qui dessinent la maxi-prison, la boîte Buro II & Archi+I, avaient d’ailleurs déjà été souillés avec des excréments.

Fin mai 2014. La veille des élections, à Wavre et à Veltem-Beisem près de Louvain, deux pylônes de transmission de radio, de télévision, de téléphonie et d’internet mobile sont sabotés. En plein cirque électoral, où les citoyens s’apprêtent à choisir leurs maîtres, ces sabotages provoquent un black-out important des communications.

Fin mai 2014. Un petit camion utilisé par le député de la N-VA Ben Weyts pour sa campagne électorale est incendié pendant la nuit. Le camion et tout le matériel de propagande est détruit, il était garé à la sortie du Ring de Bruxelles, à hauteur de Beersel.

[Plus de nouvelles sur www.lacavale.be]

Tract distribué à Bruxelles, juin 2014

[Besançon] Tract diffusé en solidarité avec les insurgé-es au Brésil lors du carnaval de la mauvaise graine (samedi 14 juin 2014)

Le Chat Noir Emeutier reçoit et transmet, 17 juin 2014:

Samedi 14 juin 2014 avait lieu le carnaval revendicatif et festif à Besançon (on peut y lire un compte-rendu complet de la déambulation et de la fête sauvage qui a suivi sur fragment de manif). Ca tombait à pic avec l’une des merdes planétaires du moment: la coupe du monde de foot au Brésil. On a donc saisi l’occasion de diffuser un tract en solidarité avec la révolte là-bas…

Le mondial de foot au Brésil: une fête pour la domination

Depuis plus d’un an, des révoltes éclatent partout au Brésil, notamment dans les villes qui sont prévues pour accueillir le mondial telles que Rio de Janeiro, Sao Paulo, Porto Alegre ou Belo Horizonte. Lors de mobilisations de masse (de travailleurs, chômeurs, sans-abris, indigènes, étudiant-es..), des manifestants attaquent directement la coupe du monde et ce qui va avec, c’est-à-dire les banques, les flics, les commerces, les transports, les cérémonies de la FIFA, organisatrice de ce sinistre « spectacle ». Sans oublier les médias officiels, chargés d’en faire la promotion planétaire et de dissimuler tout acte de révolte contre ces diverses infrastructures et institutions nécessaires à son bon déroulement.

Pour cela, les autorités travaillent main dans la main avec les promoteurs, agents immobiliers et urbanistes afin d’appliquer leurs plans d’expulsion et d’éradication des pauvres et indésirables qui résistent aux projets de la restructuration urbaine capitaliste.

La coupe du monde a pour but d’exalter les nationalismes et le règne de l’argent. Comme à l’époque antique romaine avec les combats de gladiateurs, le football constitue pour l’Etat et le capital un moyen de garantir sa domination en divertissant les masses tout en brassant toujours plus de fric par la venue de touristes du monde entier.

Nous ne pouvons pas accepter les exactions de la police, les expulsions des favelas, les prisons à ciel ouvert (pour exemple le mur récemment construit qui protège les riches et touristes de Rio, avec d’un côté la plage copa cabana les hôtels de luxe et les stades, et de l’autre les ghettos), les villes sous occupation militaire…

Tous ses responsables ont des noms et des adresses

La Banco Itau, agence bancaire brésilienne, a pu faire les frais de son soutien à l’organisation de cette coupe à plusieurs reprises lors des manifs. Au niveau international, les partenaires économiques à cet événement sont nombreux: McDonalds, Budweiser, Continental, Castrol, Johnson-Johnson, tout comme les partenaires FIFA (Coca-cola, Sony, Adidas, Hyundai/KIA Motors…)

Ne restons pas les bras croisés !

Solidarité avec les insurgés au Brésil !

Voir aussi:

[Bruxelles/Tract] Ne restons pas les bras croisés

Ce tract a été distribué en marge d’une mobilisation à Bruxelles contre le renforcement du contrôle sur les chômeurs. Comme cette mobilisation rassemblait toute la faune et la flore de la récupération politique et syndicale, absorbant toute expression autonome possible de rage et de rejet, on a choisi de s’écarter de cette mise-en-scène ennuyante et d’aller distribuer le tract ailleurs dans la ville.

Serrage de vis général, répression, nouvelles prisons, chantiers partout…
NE RESTONS PAS LES BRAS CROISÉS

Nos vies s’écoulent dans des camps. Camps de travail. Camps d’éducation. Camps de consommation. Camps de loisirs. Camps d’enfermement. Dans tous ces camps, une même logique est à l’œuvre : nous faire obéir et contribuer au progrès de la société actuelle. Faire tourner la machine sociale. Peu importe où elle va. Peu importe qu’elle détruit tant de vies. Peu importe qu’elle nous transforme tous en prisonniers de l’existant. L’important, c’est d’y être, d’y participer, de ne pas la remettre en question, voir même de l’acclamer. La tête basse, le cerveau annihilé, le cœur pétrifié et en avant.

L’État est passé à un serrage de vis général, c’est indéniable. La multiplication des forces de police dans la rue, leur brutalité croissante et instiguée pas les autorités, l’implantation des caméras de surveillance, la militarisation des transports en commun, la sécurisation des temples du fric comme les banques et les supermarchés pour compliquer le vol, tout cela va main dans la main avec le renforcement du contrôle sur les chômeurs et sur les autres personnes touchant des allocations. La gestion de la paix sociale, cette paix chimérique entre exploités et exploiteurs, entre dominants et dominés, afin de garantir la bonne marche de l’économie et du pouvoir en place, semble prendre une tournure bien plus ouvertement répressive. Il ne sert pourtant à rien de se mobiliser pour défendre ce qui a existé un jour, pour défendre la façon ancienne de comment le pouvoir nous gère et exploite. Ce qu’il faut imaginer, ici et maintenant, c’est de comment, faire face à ce serrage de vis général, prendre l’initiative et de passer à l’offensive. Nous n’avons rien à défendre dans ce monde, tout ce qu’il pourrait nous offrir (carrière, consommation, « célébrité ») ne nous intéresse pas, tout ce qu’il nous impose (travail, obéissance, abrutissement) nous dégoûte. Comme disait une affiche apparue sur les murs de Bruxelles il y a quelques années : « Cette société tient tout le monde en laisse ; la seule différence, c’est la longueur. Nous ne sommes pas de ceux qui se battent pour un collier moins serré, un salaire plus élevé, une police moins brutale, des politiciens et des patrons plus soucieux et honnêtes. Nous voulons simplement ce que tout être tenu en laisse devrait avoir à cœur : nous voulons la couper, foutre le feu à la cage, écraser tous ceux qui nous tiennent ou voudraient nous tenir en laisse. »

En parallèle avec le serrage de vis général, à Bruxelles, on assiste à une véritable offensive des autorités pour changer la face de la ville. Bruxelles se veut la capitale de l’Union Européenne et une vraie métropole capitaliste, accueillante pour les riches, les entrepreneurs, les eurocrates et la classe moyenne avide de consommer à en mourir. Un des aspects de cette offensive, ce sont les nouveaux projets de réaménagement urbain et de construction, car tous les puissants chérissent l’idée totalitaire qu’en transformant l’environnement, on transforme l’homme. Pendant que l’assaut brutale de la zone du Canal à Molenbeek érige un mur de lofts, de hôtels de luxe et de bars huppés, pas moins de quatre nouveaux centres commerciaux sont prévus ou en construction sur le Heizel, à Anderlecht, à Schaerbeek et près de Machelen. En haut de la zone européenne, les édifices témoignant de l’arrogance du pouvoir obscurcissent le ciel, la transformation de la zone autour de la Gare du Midi en quartier d’affaires continue et l’État prévoit de construire la plus grande prison de l’histoire belge au nord de Bruxelles, à Haren.

Le pouvoir et le capitalisme ne sont pas des choses abstraites, ce ne sont pas des fantômes qui dirigent et déterminent nos vies sans qu’on puisse les toucher. Ils se concrétisent et se matérialisent devant nos yeux, dans tous ces chantiers, dans les contrôleurs de tout genre, dans les tours de bureaux, dans les portiques dans les métros. Nous ne luttons pas contre des fantômes, nos luttes ciblent directement les concrétisations du pouvoir. Nous ne voulons pas négocier notre servitude, nous essayons de nous donner les moyens pour les détruire. Pour cela, nous avons besoin d’idées et d’initiatives, de complicités et de rencontres avec d’autres révoltés, de pierres et de cocktails molotov, de lucidité et de passion.

Face aux projets et mesures du pouvoir, il n’y a aucun espoir si nous croyons que d’autres lutteront à notre place, que des organisations politiques ou syndicales incarneront notre rejet, qu’il faut construire une respectabilité aux yeux des puissants afin de les persuader en notre faveur. Non, les choses ne marcheront pas comme ça, elles n’ont jamais marché comme ça. C’est vers des luttes autonomes et auto-organisées, offensives et directes, que notre attention devrait se tourner. Il y a des exemples récents qui sont assez éloquents. Pensons à la Turquie, où le conflit au début porté par quelques dizaines de personnes s’opposant au réaménagement de la place Taksim s’est transformé en soulèvement généralisé dans tout le pays. Pensons à Hambourg, où la résistance aux rafles de sans-papiers a mis la feu aux poudres dans un pays qui se vante de tenir sa population totalement sous contrôle. Et réfléchissons alors sur Bruxelles, avec ces quartiers encore quelque peu réfractaires à l’ordre capitaliste et étatique, avec les conditions de survie qui se durcissent pour tout le monde, avec son offensive brutale de la part du pouvoir pour réaliser sa métropole morbide de la marchandise et du contrôle. Chaque conflit en apparence circonscrit et limité peut demain incendier les rues. Mais alors, il faut que les conflits prennent une tournure offensive, même si on est peu nombreux, même si personne ne peut nous garantir quoi que ce soit. Le chantier d’un centre commercial peut être saboté. Les contrôleurs de l’ONEM peuvent être découragés à continuer leur boulot de Gestapo. Les câbles des caméras peuvent être coupés. La voiture d’un eurocrate ou d’un entrepreneur peut s’enflammer. Mais alors, il faut prendre les choses en main, il faut oser faire appel à ces capacités d’hommes et de femmes libres que l’autorité essaye de détruire : la créativité et l’imagination, le courage et la réflexion.

Certains conflits sont déjà en cours, comme la lutte contre la construction de la maxi-prison à Bruxelles. C’est une lutte qui ne cherche pas une représentation médiatique ou politique. Elle se répand, comme un courant souterrain, dans les quartiers, dans les têtes et les cœurs de ceux qui n’ont pas l’intention de se résigner face à l’avenir d’exploitation ou de prison que le pouvoir leur prépare. Elle tente de créer des fissures, d’ouvrir des brèches pour partir à l’offensive et attaquer tous les responsables de ce projet morbide, à l’image de ce qu’ils veulent faire de Bruxelles. La maxi-prison symbolise quelque part le rêve du pouvoir qui nous veut soit anesthésies, soit en prison. Empêcher directement, par la lutte et tous les pratiques de sabotage et d’action directe qui en font partie, la construction de cette maxi-prison, c’est ouvrir la possibilité pour que tout saute en l’air.

Contre tous les camps, que souffle le vent de la liberté.

Sabotons les projets du pouvoir, soyons incontrôlables.

Pour l’auto-organisation et l’attaque, ici et maintenant.

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LE TRAVAIL LIBÈRE-T-IL ?

Le travail est avant tout un compromis que nous acceptons pour pouvoir survivre financièrement. Parce que nous n’avons jamais choisi le fonctionnement de ce monde, et parce que nous avons été élevés avec le message qu’il nous fallait ou marcher ou crever.

Le travail nous vole notre temps et notre énergie ! Il essaye de déterminer une partie hallucinante de nos occupations et sollicite en permanence nos corps et nos esprits.
Le travail tend de plus en plus à se confondre avec notre identité. Lorsqu’on nous demande qui nous sommes, on veut en fait savoir ce qu’est notre boulot. Parce qu’en dehors du travail, il ne reste plus grand chose. Notre statut social est aussi jaugé à la hauteur de notre travail. La société nous fait bien sentir que nous ne valons rien tant que nous ne travaillons pas, et que nous ferions mieux de rentrer dans le rang au plus vite, comme tout le monde.

Le travail s’efforce continuellement à semer la confusion en nous faisant croire que les intérêts des patrons sont aussi nos propres intérêts ; que nous faisons partie prenante de l’entreprise, que nous devons nous réjouir quand les affaires vont bien (et que l’entreprise fait beaucoup de bénéfices), et que nous devons fournir des efforts supplémentaires quand ça va moins bien.

Le travail nous considérera pourtant toujours comme de la matière jetable. Lorsque les chiffres le demandent on nous jette à la poubelle et nous pouvons alors à nouveau mettre notre dignité de côté pour nous vendre à quelqu’un d’autre.

Le travail est cette chose pour laquelle nous restons à transpirer dans les salles d’attente d’Actiris ou dans les salles d’auditions de l’ONEM. Comme une armée de réserve, nous devons toujours nous montrer prêts à aller au casse-pipe de l’offre et de la demande. Et si nous ne le faisons pas, la menace financière revient vers nous au galop.

Le travail est cette chose sur laquelle les travailleurs crachent quand ils sabotent les machines pour pouvoir rester un jour à la maison.

Le travail est ce que les chômeurs essayent d’éviter par tous les moyens imaginables, que ce soit à l’aide de fausses sollicitations ou d’ingénieux mensonges.
Le travail est cette chose que les braqueurs rejettent quand ils vont chercher l’argent là où il est. Chez les banquiers ou les bijoutiers, chez ceux qui s’enrichissent sur le dos des autres.

Le travail est ce à quoi ils essayent, encore et encore, de nous contraindre. En tant que soldats à la rescousse de la sainte économie et de son déclin. Une économie de produits et services qui ne nous intéresse peut-être pas, mais qui nous fait quand même un odieux chantage et qui essaye de nous faire plier tous autant que nous sommes.

Repris de lacavale.be

[Publication] Brésil – Nuits blanches et ciels étoilés

La Coupe du Monde au Brésil et les soubresauts internationaux de l’insurrection

La Coupe du Monde n’est pas une question de foot. Si un pays est candidat pour l’organisation de cet événement, c’est parce que le foot remplit aujourd’hui la même fonction que le spectacle des gladiateurs dans la Rome antique, mais également parce que c’est une occasion inespérée pour l’Etat organisateur de faire avancer à pas de géant son développement économique et son rayonnement politique. La Coupe a un coût monstrueux, néanmoins le retour sur investissement promet presque à coup sûr d’être juteux. Le Brésil, considéré comme une des grandes puissances économiques mondiales, compte bien gravir encore des échelons en organisant la Coupe et les Jeux Olympiques.

[…]

Lire le bulletin 4 pages

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Transmis par mail, 15 mai 2014

[Publications] Lancement du site ‘Inflammable’

Cette espace est né d’un besoin d’hébergement et de diffusion pour nos publications passés et futures, ainsi que pour appuyer les initiatives de propagande avec lesquelles nous sentons une affinité.

Vous y trouverez les numéros d’Inflammable, une revue que nous publions de façon irrégulière et qui compile différents textes, compte rendus, analyses, communiqués, lettres etc. parues surtout à Montréal et les environs. Dans la section distro, vous trouverez aussi des revues, brochures et tracts qui proviennent d’autres projets des environs et que nous partagerons ici pour en multiplier la diffusion.

Nous vous invitons à nous envoyer vos brochures, si elles nous plaisent nous les diffuserons.

Nous travaillons présentement sur le troisième numéro d’Inflammable.

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This space is born from the need for hosting and spreading our passed and future publications, but also to support propaganda initiatives which we feel affinity to.

You will find here the irregularly published Inflammable in which we compile different texts, reports, analyses, communiques, letters, etc. circulating mostly in Montreal and surrounding areas. In the distro section you will also find publications from other projects in the area which we will share to help spread widely.

We invite you to send us your publications, if we like them we’ll add them to our distro.

We’re currently working on the third Inflammable.

inflammable.noblogs.org

[Besançon] Solidarité No TAV – 10 mai 2014

Besançon, 10 mai 2014

Tôt dans la matinée, quelques slogans et pochoirs contre la grande vitesse ont été tagués dans le centre-ville et à proximité du passage de la gare Viotte TGV, qui est en plein processus de rénovation et donc d’aseptisation. Cette petit action a été faite en complicité avec les quatre compagnon-nes No TAV incarcéré-es en Italie pour l’attaque du chantier de la grande vitesse Lyon-Turin – dont le procès s’ouvre le 22 mai prochain à Turin – et en solidarité avec celles et ceux qui luttent dans la Val Susa et qui ont manifesté ce même jour dans les rues de Turin contre leur projet dévastateur.

Liberté  pour Chiara, Claudio, Niccolo, Mattia et tous les prisonniers !

"Etat terroriste" [tr.de l'italien]

« Etat terroriste » [tr.de l’italien]

"tous libres" [tr.de l'italien]

« tous libres » [tr.de l’italien]

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Sur les murs de l'église de la Madeleine, dans le quartier Battant

Sur le mur de l’église de la Madeleine, dans le quartier Battant

Transmis par mail, 11/05/2014

[Publication] ‘Lucioles’ n°17 (mai 2014)

lulu17

[Etats-Unis] Retour de Steven, résistant au grand jury

Le résistant au grand jury Steven est de retour à la maison

Salut ! Mon nom est Steven Jablonski. Je suis anarchiste et résistant au grand jury. Après avoir vécu en exil au Canada à peu près un an et demi, je suis retourné aux Etats-Unis il y a un mois environ. Mon retour n’était pas censé être secret, mais j’ai senti le besoin de prendre du temps pour afin de rassembler mes pensées et de décompresser avant de sortir une déclaration officielle. Je me sens maintenant prêt à rompre le silence et à clarifier quelque peu la confusion autour de moi, étant cité à comparaître devant le grand jury de Seattle qui enquête sur la journée du premier mai 2012 à Seattle.

En juillet 2012, plusieurs personnes ont reçu des citations à comparaître pour témoigner devant le grand jury, enquêtant sur l’activité anarchiste et la destruction de propriété qui est arrivée à la manifestation anticapitaliste du premier mai 2012 à Seattle. A la fin juillet, j’ai reçu un appel téléphonique de quelqu’un se prétendant être agent du FBI, me déclarant que j’étais assigné à comparaître pour témoigner devant le grand jury et comment il pourrait me remettre cette citation à comparaître. Une assignation entre seulement en vigueur une fois qu’elle est « remise » à une personne, ce qui signifie que l’assignation physique doit être remise en mains propres à la personne. J’ai pris la décision de résister au grand jury en quittant le pays plutôt que de risquer à comparaître et témoigner devant le grand jury.

J’étais et continue toujours à être ferme dans ma conviction de non-coopération avec l’État. J’étais à peu près certain que si je refusais de répondre aux questions du grand jury je serais poursuivi pour outrage civil et placé en prison. Sans porter n’importe quel jugement sur les décisions des autres résistants à grand jury qui ont été faites, je ne me sentais pas à l’aise pour me présenter à l’Etat pour une peine de prison. Je comprends que l’emprisonnement et la prison sont une réalité de la vie pour beaucoup de gens dans ce monde et je comprends aussi qu’en s’engageant dans l’activité anarchiste on peut aussi risquer l’emprisonnement. Je veux tout faire pour résister à la coopération avec l’Etat et je refuse également de marcher volontairement dans ma propre cellule de prison.

Je suis arrivé au Canada le 4 août 2012. En novembre j’avais commencé à vivre à Montréal au Québec. Tout au long de ma période passée à Montréal, je me suis fait à la fois baisé par le SCIS* (Service de Renseignement de Sécurité Canadien) et le SPVM (Service de Police de la Ville de Montréal). Au cours de ma période au Canada, j’ai été régulièrement suivi et approché par mon nom dans la rue et devant chez moi. Pendant ces interactions, on m’a dit de rentrer dans mon pays d’origine et qu’ils attendaient simplement de m’expulser. J’ai été placé dans la voiture du SPVM à de multiples reprises, y compris une fois où j’ai été ramassé par une voiture de police à proximité de chez moi à 2h du matin et conduit en périphérie de ville où les flics ont pris mon téléphone, de la thune, chaussures et veste.  Quelques mois plus tard, je me suis fait alpagué par deux inconnus à deux pâtés de maison qui n’ont pas cherché à prendre mes affaires, mais ont continué à m’appeler d’un « pédé d’américain ». Dans chacune de ces interactions, il est clair que ces personnes connaissaient ma situation juridique.

Malgré tout le harcèlement, j’ai également pu recevoir amour et amitié de personnes formidables à Montréal. Par des hauts et des bas, ces relations se sont rapidement transformées en lien qui, j’en suis sûr, seront de longue durée.

Clairement l’Etat n’est pas heureux avec moi et d’autres décisions de ne pas coopérer avec cette enquête. Malgré cela, toutes les personnes impliquées dans l’enquête, sauf une, ont maintenu la stricte non-coopération avec l’enquête. Mais l’enquête est maintenant à sa fin. La dernière année et demie a certainement été l’année la plus intéressante et difficile de ma vie. Avec l’aide de deux vieux amis et de nouveaux amis, des anarchistes à la fois proches et lointains, et l’inspiration que j’ai ressenti de mes compagnons résistants au Grand Jury et des compagnons, certaines choses arrivent finalement à leur fin.

Mon exil s’est également avéré être assez coûteux, mais grâce à l’appui financier que j’ai reçu d’un tas de gens, je m’en suis très bien sorti. Je tiens à remercier particulièrement le comité contre la répression politique et les compagnons de Vancouver BC and Guelph ON et des amis de la baie de San Francisco et de New-York. Je tiens aussi à remercier mers amis de la région de Puget Sound, les amis les plus proches que j’ai dans le monde. Leur soutien et leur encouragement ont été insurmontables dans ma résistance, la santé mentale et santé émotionnelle. Je veux aussi parler de la façon dont j’ai été inspiré par les innombrables actions de solidarité qui ont eu lieu partout dans le monde, ainsi que toute autre personne qui a offert quelconque geste de soutien.

 Je tiens également à préciser que je suis entièrement solidaire des vandales anonymes qui ont attaqué le tribunal William Kenzo Nakamura à Seattle le 1er mai 2012. Il y a peu de choses que je désire plus que de voir les institutions du pouvoir ciblées et attaquées. Je m’identifie fortement avec la tendance anarchiste insurrectionnelle et je crois que ces actes criminels et de rébellion qui ont eu lieu ce jour à Seattle servent d’un petit exemple de la façon dont les gens peuvent attaquer physiquement les institutions du capital dans leur quête sans fin pour la libération.

Aussi enthousiaste que je suis d’être à la maison, comme la plupart des choses dans la vie, l’expérience est un peu amère. J’ai eu quelques merveilleuses expériences au cours des dix-huit derniers mois et rentrer à la maison n’a pas été une chose facile à faire. Aussi irritant que les dix-neuf mois passés l’ont été, je sais que je sors de cette expérience comme une personne plus forte avec des liens plus forts et l’idée plus claire sur ce que l’affinité, l’amitié et l’anarchie signifient pour moi en réalité. Mais en fin de compte, je suis juste heureux d’être enfin à la maison.

Solidarité avec tous les autres résistants au grand jury et ceux en exil !

Liberté pour Amélie, Carlos et Fallon ! (les prisonniers 5E3)

Vive l’anarchie !

Pour contacter Steven, on peut lui envoyer un mail à l’adresse [email protected]

Traduit de anarchistnews, 13 avril 2014 à 16h41

* en anglais: Security Canadian Intelligence Service

[Paris] Comme presque tous les jours à Barbès

Comme presque tous les jours à Barbès

MeilleureDéfcestlAttaqueSamedi 12 avril, comme tous les jours, les flics étaient présents en nombre à Barbès et faisaient leur sale boulot : plusieurs fourgons de crs garés dans le coin et des patrouilles de 3-4 qui quadrillent le quartier et contrôlent au faciès. Comme presque tous les jours depuis que le quartier est passé en ZSP (Zone de Sécurité Prioritaire). L’occupation policière est un des rouages de la restructuration du quartier, en cours depuis déjà pas mal d’années. Rafler les sans papiers, harceler les vendeurs et vendeuses à la sauvette, vider les rues des personnes qui les occupent, est nécessaire pour que les nouveaux habitants friqués installés dans les immeubles tout neufs puissent se rendre au cinéma ou dans un nouveau bar chic sans avoir à contourner des pauvres sur le trottoir.

Samedi 12 avril, comme tous les jours donc, les flics faisaient leur boulot d’intimidation et de répression de la pauvreté pour le compte de l’Etat et des investisseurs. Deux premières personnes sont contrôlées parce qu’elles semblent vendre des bricoles. Puis c’est le tour de deux jeunes du quartier. Cette fois les flics sont violents et en attrapent un à la gorge, ce qui déclenche des cris de protestation parmi les gens qui assistent à l’arrestation, attroupés autour de la voiture de police. Une réaction de peu d’ampleur, qui n’empêchera pas l’arrestation, mais une réaction tout de même, ce qui n’est pas pour plaire aux policiers qui aimeraient bien pouvoir arrêter des gens en paix – c’est eux les chefs quand même – et répondent par des menaces.

Un peu plus tard, troisième arrestation. Cette fois c’est l’une d’entre nous qui est visée. Nous on a posé notre table de presse sur la place, comme tous les samedis, justement pour parler de la pression policière, de la rénovation urbaine, des arrestations de sans papiers dans le quartier et de solidarité entre celles et ceux qui subissent tout ça. C’est déjà arrivé plusieurs fois que des patrouilles nous emmerdent, mais sans aller plus loin que quelques tracts et brochures volés, des contrôles dans la rue et des menaces de garde-à-vue. Cette fois c’est la BST (Brigade Spécialisée de Terrain), fraîchement débarquée dans le quartier, qui embarque l’une d’entre nous qui a craché par terre pour une vérification d’identité au poste qui se transforme rapidement en garde-à-vue pour outrage et rébellion. Coups, menaces, provocations, les nouveaux chiens de garde de Barbès cherchent à asseoir leur pouvoir tout récent et à lui faire payer de diffuser des tracts contre les larbins dans leur genre. Elle sortira avec un rappel à la loi après 24 heures de GAV dans le 11e arrondissement et 20 heures de dépôt au TGI (Tribunal de Grande Instance) de Cité. Leurs tentatives d’intimidation ne nous empêcheront pas de continuer à porter nos idées dans le quartier. Que les flics, et notamment les gros bras de la BST, ne souffrent pas que leurs parades dans le quartier et leur autorité soient remises en question de quelque manière que ce soit nous conforte dans notre désir de ne pas nous laisser faire et d’apporter notre solidarité à celles et ceux qui leur opposent résistance.

Flics hors de nos vies !

[email protected]

Le tract au format PDF

Reçu par mail, 19 avril 2014

[Italie] Affiche en solidarité avec Adriano et Gianluca

Une affiche en solidarité avec Adriano et Gianluca est sortie en mille exemplaires, pour la demander écrire à : [email protected].

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Des millions de voitures alignées dans la circulation, pollution massive des industries, coulées de béton recouvrant le vert pour construire de nouvelles autoroutes, voies ferrées, centres commerciaux, prisons, écoles, pôles technologiques ; rejets toxiques et radioactifs déversés dans les fleuves et le sous-sol, animaux génétiquement modifiés pour servir de réserves d’organes et de modèles pour la recherche, des milliards d’autres emprisonnés et tués chaque année pour nos consommations les plus futiles ; expropriation des terres des peuples natifs en Afrique, Asie et Amérique du Sud par les gouvernements et les multinationales occidentales, guerres pour accaparer les dernières ressources énergétiques, nouvelles armes chimiques et technologiques testées sur les populations par les puissances impérialistes, additifs chimiques et cancérigènes dans la nourriture que l’on mange, plantes génétiquement modifiées et bombardées de pesticides pour produire plus, forêts natives rasées au sol pour faire de la place à des monocultures intensives et des mines d’or…

C’est du progrès ou de la dévastation ?

Des années de vie passées à l’école, dans des bureaux, des usines peu différentes d’une prison, ou devant des écrans de portables, ordinateurs et télévision, enfermés dans une vie toujours identique faite de travail, famille et divertissement programmé, nous nous transformons en machines qui produisent et consomment, devenant complices d’un système qui tue et dévaste dans le monde entier, en échange de misérables conforts technologiques qui ne nous rendent pas du tout heureux.

C’est de la liberté ou de l’aliénation ?

Toujours aux côtés de ceux qui « ont encore des oreilles pour des choses inouïes », qui restent rebelles et hostiles au pouvoir de la civilisation, qui choisissent d’agir pour une vie libre et sauvage.

Solidarité avec Gianluca et Adriano
anarchistes incarcérés, accusés de sabotages et d’attaques incendiaires contre des banques, des multinationales de l’énergie (ENI, ENEL) et des entreprises qui exploitent les animaux et la terre

[Affiche traduite par non-fides de l’italien de Informa-azione.]