Archives du mot-clé attaques contre la gentrification

La gentrification par l’art

capte1L’avant-garde artistique est celle qui débroussaille les forets de la guerre immobilière pour les pouvoirs publics et les promoteurs. Tel est le processus de gentrification par l’art : comment faire d’un quartier populaire un quartier branché ?

1. Commencer par établir de grands projets municipaux, souvent culturels, comme un centre artistique.

2. Favoriser l’installation de commerces tertiaires adéquats, économiquement et culturellement sélectifs : boites de nuit branchées, ateliers créatifs, cafés et restaurants de cuisine créative, boutiques d’art ou de haute couture, salles de concerts, cinémas de gauche, magasins bio et détaillants de commerce équitable.

3. En même temps, commencer de grands chantiers publics : nouvelles places de crèche, universités, espaces associatifs citoyens, commissariats, espaces verts écologiques mais chics, systèmes de vélos en libre-service payant, construction de nouveaux axes de transports en commun.

4. Peut alors commencer la phase de nettoyage humain : augmentation des loyers de tout les habitats proches des chantiers cités plus haut, accélération des expulsions locatives sous divers prétextes tels que l’insalubrité, suppression du racolage par le harcèlement des putes pour permettre l’installation de bars à escort-girls, accélération aussi des expulsions de squats, adaptation du mobilier urbain pour repousser toute tentative d’oisiveté un peu plus loin, plus de surveillance technologique ou citoyenne et renforcement des effectifs de police urbaine de proximité.

5. Moins de pauvres et restructuration des quartiers : l’avant garde artistique peut alors servir d’appât. Favorisés, ils peuvent alors se regrouper dans un nouvel espace communautaire en traînant derrière eux la cohorte des admirateurs et de ceux qui doivent être là ou il faut être. L’admiration qu’ils suscitent parmi les masses grégaires de classe moyenne rend opérante la phase de substitution.

6. Phase de substitution des populations : le rêve se réalise. Les pauvres, harcelés, finissent par lever l’ancre et sont repoussés encore un peu plus aux confins des métropoles. De nouvelles populations s’installent alors, artistiques ou à la remorque des artistes. Plus enclines à « participer à la vie du quartier », c’est à dire à voter, à trier ses déchets et à prévenir la police de toute malversation. Là se trouve le jackpot urbaniste. Ces populations plus solvables et intégrées vont alors mieux consommer, et plus. Elles ne seront pas sujettes au chômage de masse et offriront une coopération sans faille aux différentes tentacules de la machine. Bien plus dociles, leur mécontentement n’ira jamais plus loin que l’insurrection pétitionnaire ou la cyber-manif. La ville se prémunit alors des émeutes urbaines, des guet-apens sur flics et pompiers ou de tout autre acte de dé-pacification sociale.

7. la dernière phase est la plus délicate, car cohabitent alors des populations socialement mixtes. Cette cohabitation difficile permet alors le renforcement de l’occupation policière afin de donner confiance aux porte-feuilles des nouvelles populations.

Quand le pinceau devient le prolongement de la matraque, flics et artistes sont deux moyens complémentaires de la chasse aux pauvres, les deux faces d’une même pièce.

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Extrait de Non Fides N°IV, p.46, juillet 2009 et publié dans la brochure « Gentrification, urbanisme et mixité sociale »

 

[Allemagne] Brèves du désordre depuis les rues de Berlin

[La plupart de ces sabotages et attaques n’ont pas été revendiqués et proviennent des médias dominants; ces multiples attaques s’inscrivent dans une lutte contre la gentrification menée dans plusieurs quartiers berlinois et qui a déjà été évoquée sur le blog ici et ]

Dans la soirée du mardi 30 septembre 2014, un groupe d’une vingtaine de personnes cagoulées a fait irruption dans les rues du quartier Mitte à Berlin, en attaquant les nouveaux immeubles d’habitation de luxe d’Engeldamm avec des pavés et de la peinture verte. Des poubelles et barrières de chantier servant de barricades ont été enflammées au milieu de la rue. Durant cette courte émeute, un magasin de meubles – déjà attaqué en juillet 2014 – a aussi perdu ses vitres. Le groupe a pu s’échapper sans entrave dans l’obscurité berlinoise. Les dégâts matériels sont importants (comme le montrent les photos):

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Cette attaque collective contre les biens de la gentrification est loin d’être une première dans ce secteur. Des attaques similaires contre ces nouvéaux logements se sont déroulées à Engeldamm ces derniers temps:

- 6 juillet 2014: attaque du magasin de meubles et des nouvelles constructions à Engeldamm ; incendie de poubelles et caillassage d’une patrouille de police à leur arrivée sur les lieux. Tous les assaillants ont pu s’enfuir dans la foulée.

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- début avril 2014: irruption d’un groupe masqué à l’intersection Engeldamm/Leuschnerdamm/Michaelkirchplatz et attaque à coups de barres et de peinture (pots et sprays utilisés) des bâtiments (nouveaux logements de luxe mais également des locaux d’HLBS (bureaux d’expertises comptables dans le secteur immobilier), barricades en feu à travers les rues.

- décembre 2013:  plus de 20 personnes masquées attaquent à l’aide de pavés et de peinture les façades des constructions, laissant des tags sur les façades.

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Reformulé de la presse allemande

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La nuit du 1er au 2 octobre 2014, les quartiers de Kreuzberg, Friedrichshain, Treptow, Mitte et Neukölln ont été illuminés par des feux de véhicules, d’entreprises pour la plupart, ce que la presse a tenté de dissimuler dans son ensemble (mis à part le morgenpost.de qui mentionne le nom des entreprises).

Pas moins de 7 véhicules utilitaires ont été incendiés malgré la rapide intervention des pompiers, en plus de quatre autres véhicules par propagation des flammes.

ABIX-Brandanschlaege-5-Peu avant minuit, un véhicule de la société de sécurité BOSCH est incendié Alte Jakobstraße à Kreuzberg. Un peu plus tard, c’est un camion d’une entreprise de construction qui est incendié  à 200 mètres de l’Alexandrinenstraße. Ce camion appartient à la société DTB, et ce sabotage a été revendiqué, dont voici l’intégralité:

Dans la nuit de mercredi à jeudi 2/10, un camion de l’entreprise DTB a été incendié.

Pourquoi DTB ?

Après l’expulsion de Cuvry-brache* à Berlin-Kreuzberg, DTB a accepté de soutenir le travail dégueulasse du Sénat et de la mairie. Le jour même après l’expulsion, DTB a commencé à raser près de l’ensemble de la zone. Il aurait également pu refuser cela et ne serait pas devenu un instrument de gentrification.

DTB est entre autre responsable de la construction de travaux publics et de routes, de câbles et de tuyauteries. Ainsi, ils disposent du matériel nécessaire pour aménager en un rien de temps le quartier. D’autant plus que leurs partenaires et amis appartiennent à des entreprises comme Vattenfall et Telekom.

L’expulsion de CuvryBrache* est juste une autre étape vers la restructuration urbaine, ainsi que le déplacement des personnes qui ne correspondent pas à l’image d’un Berlin réévalué, convenable.

Berlin a besoin et veut cette image renouvelée, pour pouvoir se distinguer à l’échelle internationale et gagner des projets comme Olympia**.

Tout cela se fait au détriment des personnes qui vivent (encore) ici et seront bientôt plus en mesure de se le permettre.

D.T.B. GmbH Tief- und Straßenbau

Wackenbergstraße 84 – 88
13156 Berlin

Avec joie, les visites nocturnes seront chez Sitzfeldt, Bosch, Telekom, DB et beaucoup d’autres !

Contre la domination – pour l’anarchie !

Des groupes autonomes

Notes des traducteurs:

*brache signifie friche. Situé à Kreuzberg sur lequel des personnes – sans-abris, familles roms, zonards.. – se sont installées pour y vivre mais aussi pour protester contre la gentrification en cours…. car le propriétaire souhaite y construire des logements neufs/maisons et un centre commercial. Les occupants ont récemment été expulsés.

**Pour obtenir les jeux olympiques et toute la merde qui va avec…

camion de chantier

le camion de chantier en question

A Friedrichshain, un van VW d’une entreprise (non mentionné) est incendié.

A Treptow, les pompiers arrivent trop tard pour éteindre les flammes d’un véhicule de Telekom, qui est entièrement calciné.

A Kreuzberg, deux véhicules de l’ambassade de Turquie sont incendiés Heinrich-Heine-Straße vers 3h00 du matin. Ces sabotages incendiaires sont revendiqués dans un communiqué.

Enfin vers 5h00 du matin à Neukoln, ce sont deux véhicules électrique d’une entreprise automobile « libre-service » sont incendiés.

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Les services de police ciblent leur enquête vers les autonomes d’extrême-gauche et anarchistes.

Parrallèlement à tous ces incendies et destructions, le SPD, par la voix du politicien Tom Schreiber, a immédiatement appelé à des mesures plus sévères envers les « extrémistes de gauches et anarchistes violents ». (Chiche !) Quant au sujet du sabotage contre la S-Bahn à Berlin fin août dernier, ce bouffon social-démocrate avait déclaré que « le milieu autonome veut terroriser et tyranniser le centre-ville ».

[Nantes] L’agence Vinci repeinte en vert contre l’aéroport de NDdL et le monde qui va avec

Ceci est une contribution au Voyage à Nantes

 Nous voulons rendre hommage à la Métropole Socialistecréative et ludique, celle de Johanna Rolland. Celle qui expulse les sans-toit, crève les yeux des manifestantEs et emprisonne les révoltéEs. Celle qui constelle les rues de caméras et de gyrophares.

Nous voulions rendre hommage à la culture subventionnée, celle de Jean Blaise et du graffiti aseptisé. Hier encore, des lieux – réellement – occupés étaient attaqués par des cohortes de policiers surarmés à Notre Dame des Landes ou dans les quartiers gentrifiés de la Métropole. Aujourd’hui, le Voyage à Nantes ouvre sans ciller une « Villa Occupada » au cœur de la ville. Nous saluons l’ironie de la démarche.

Et puisque la Métropole veut tout repeindre en vert, de l’asphalte du centre ville au béton de son projet d’aéroport, nous sommes venuEs faire éclabousser sa ligne verte sur les locaux de Vinci.

Commando Paul Bismuth fraction Jean Blaise

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Indymedia Nantes, 29 juillet à 19h22
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Nantes : L’agence Vinci repeinte en vert par des anti-aéroport

L’agence Vinci immobilier, rue de Strasbourg, saccagée lors de la manifestation contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes le 22 février, a été la cible de nouvelles dégradations. De la peinture verte a été projetée sur la façade du local dans la nuit de dimanche à lundi. Un acte baptisé « contribution au Voyage à Nantes » et revendiqué par un certain « commando Paul Bismuth », en référence au pseudonyme utilisé par Nicolas Sarkozy. Un mail a été envoyé, hier, dans toutes les rédactions pour justifier ces dégradations. Une occasion pour ce commando anonyme émanant des militants anti aéroport de détourner la ligne verte du Voyage à Nantes, cette culture « subventionnée » et de le faire savoir.
Leur presse – ouestfrance, 29/07/2014

[Vienne, Autriche] Expulsion de la Pizzeria Anarchia

Eviction of squatters from Pizzeria Anarchia in ViennaLe squat viennois Pizzeria Anarchia a été expulsé aujourd’hui, lundi 28 juillet 2014. Il était occupé depuis novembre 2011.

Au moins trente véhicules, des canons à eau, un hélico et environ 1 700 flics ont été mobilisés pour expulser une cinquantaine de squatters…

Un tank et une tronçonneuse ont notamment été utilisés pour défoncer les barricades du rez-de-chaussée, tandis que des squatters ont balancé par les fenêtres des litres et des litres de peinture sur les flics anti-émeute et autres forces de répression. Des barricades avaient été placées dans la rue pour retarder l’intervention policière. À l’intérieur, une partie des squatters se sont réfugié-e-s au dernier étage et/ou sur le toit. Au final, cette expulsion aura pris la journée aux flics, puisqu’ils sont arrivés le matin et ont fini leur sale job vers 20h30. Dix-neuf personnes ont été arrêtées, a priori toutes à l’intérieur du squat.

Un flic aurait été blessé lors d’un lancer de téléviseur par la fenêtre du squat. Cette bonne nouvelle pourrait être utilisée contre les personnes arrêtées… Affaire à suivre.

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Repris de squat.net, 28 juillet 2014

Un appel solidaire des squatters-ses a circulé début 2014 suite à la menace d’expulsion du lieu 

Des attaques contre les agents de la gentrification ont également été menées parallèlement, comme celle-ci par exemple

[Seattle, USA] Contributions anarchistes à des manifs anti-police

Lundi 30 juin 2014 dans l’après-midi à Seattle, un habitant âgé de 23 ans, Oscar Perez-Giron, a été abattu par les flics à la station de light rail* de SODO. Il s’est défendu physiquement face aux porcs (contrôleurs et flics) qui sont intervenus car il n’avait pas de ticket de transport (2,50 dollars est le prix à payer..). Les flics ont prétexté qu’il avait tiré avec une arme à feu, ce qu’un témoin de la scène a démenti formellement.

En réponse le lendemain soir, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées devant le Central Community College et ont déambulé à travers le centre-ville pour dénoncer un énième meurtre policier**. Les manifestant-es sont ensuite rentré-es groupé-es sans payer dans une rame aux cris de « Nous n’avons pas payé, vous allez devoir nous tirer dessus ». Après s’être recueilli-es dans le silence (sic) sur le lieu du meurtre, le cortège a envahi une autre rame de transport un nouvelle fois sans passer par les portiques.

Dimanche 6 juillet, 75 personnes se sont de nouveau rassemblées dans la ville pour rappeler à tou-te-s que les flics sont nos ennemis (du moins les plus visibles, NdT), particulièrement quand t’es pauvre et basané-e. Des tracts et affiches anti-police ont été distribués et collées, tandis que des slogans contre la gentrification ont été bombés à a peinture sur les murs et trains de la station SODO. Sur les coups de 18h00, au milieu de slogans scandés et de distribution de tracts à quelques passagers assis dans les rames, de tags ont recouvert les fenêtres et des caméras de surveillance ont été obstruées par de la peinture. La majorité de passagers semblaient passifs, désintéressés et agacés par toute cette agitation.

Le lendemain, des anarchistes ont suspendu une banderole sur un pont de Seattle ( I-90) afin de mettre en évidence le travail de la police de ces derniers temps dans l’état de Washington.

La banderole disait « 3 meurtres en 3 jours – Nique les porcs ! »

Le vendredi 18 juillet à Seattle, un distributeur de tickets d’une station est saboté en réponse à ce récent meurtre mais aussi en solidarité pour tou-te-s les anarchistes qui restent silencieu-x-ses devant la justice américaine (le grand jury).

Note de traduction:

*dit « métro léger »: ça correspond à un moyen de transport qui se situe entre le métro et le tramway, et donc à une partie intégrante du processus de gentrification des grandes villes aux Etats-Unis et dans le monde entier. Un moyen pour aseptiser les quartiers jadis populaires, et de dégager toujours plus loin des épicentres urbains les pauvres et indésirables de l’économie.

**Les médias ont rapporté le meurtre d’Eric Garner, âgé de 43 ans et originaire du secteur de Staten Island de New-York, qui est mort asphyxié lors d’une interpellation le 17 juillet dernier.

[Berlin] Suivi de la lutte des réfugiés qui occupent l’école rue Ohlauer / Actions de solidarité (24 juin – 5 juillet 2014)

Depuis mardi 24 juin 2014 midi à Berlin, plus de 900 unités de police, armées de fusils mitrailleurs, se sont positionnées autour du quartier de Kreuzberg dans l’optique d’expulser les réfugiés sans-papiers qui ont réquisitionné l’école Gerhart Hauptmann, sur la Ohlauerstrasse. Si la majorité des occupant-es a accepté une proposition de relogement de la part du sénat (et en l’occurrence du sénateur écolo Panhoff ), près de 40 squatteurs déterminé-es sont monté-es sur les toits de l’école afin de ne pas rentrer dans la négociation avec le pouvoir. Le quartier de Kreuzberg est occupé par les forces de l’ordre, tandis que des agents de police venant de plusieurs régions d’Allemagne encerclent le squat avec l’aide de vigiles de boîte de sécurité privée. Un appel à la solidarité avec les réfugiés expulsés de l’école a été publié en anglais ici et en français sur contrainfo.

En réponse à la répression, des actions et manifs sont depuis organisés avec les réfugiés de l’école:

  • Le soir même, à Friedrichshain et Kreuzberg, des bennes à ordures sont incendiées, tandis qu’un immeuble récemment construit a eu une de ses vitres double-vitrage par le lancé d’un pavé: des poukaves qui traînaient dans le secteur ont immédiatement fait appel aux flics. Mais les vandales ont réussi à prendre la fuite avant leur arrivée.
  • Dans la nuit du 24 au 25 juin, un immeuble de luxe récemment construit rue Samplon s’est fait fracasser ses vitres du rez-de-chaussée.
  • Toujours durant la même nuit à Prenzlauerberg, les bureaux du parti des verts de la Raumerstraße se mangent des tags en solidarité avec les réfugiés sur sa façade. Les flics ont ouvert une enquête.
  • Dans la journée du 25 juin, les bureaux du maire Herrmann (verts) de Kreuzberg ont été occupés par des personnes solidaires.
  • Plus tard vers 22h30, une manifestation de solidarité s’est tenue dans Kreuzberg: outre des slogans et banderoles contre les frontières (« no border no nation stop deportation »), des barricades sont érigées à travers les rues et des vitres d’immeubles du processus de gentrification sont défoncées.
"le problème se nomme racisme"

« le problème se nomme racisme » (d’autres photos ici)

  • Le 26 juin 2014 dans le quartier de Neuköln, une manifestation sauvage part de la Reuterplatz vers 22h00. 60 personnes y prennent part: des barricades fleurissent dans les rues, tandis qu’un immeuble du quartier d’affaires perd quelques vitres et des manifestant-es s’affrontent avec les keufs.
  • Dans la nuit du 27 juin 2014, une attaque incendiaire vise le tribunal de Tempelhof-Kreuzberg en solidarité avec les occupant-es de l’école. Le communiqué dit entre autre « Des balles pour la maire Hermann, le sénateur Henkel, le conseiller municipal Panhoff – Liberté pour tous les prisonniers – Droit de rester pour tous !

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  • Tôt dans la nuit du 28 juin à Berlin, un véhicule de l’entreprise de sécurité Dussmann est incendié. L’attaque est réalisée en solidarité avec les réfugiés, contre les « mercenaires de l’agence Frontex » (la revendication de l’attaque est lisible en allemand ici)

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Samedi 28 juin 2014, 5000 personnes ont manifesté à Berlin contre l’expulsion de l’école occupée et en solidarité avec les sans-papiers qui restent à l’intérieur du bâtiment. Le cortège, parti de Herrmannplatz, est passé par Oranienplatz jusqu’à l’école de la rue Ohlauer. Les flics étaient toujours en masse dans la ville, avec des unités de flics venant de toute l’Allemagne (de Bavière,  Thuringe, Rhénanie du Nord-Westphalie et du Brandebourg).

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"Solidarité avec les réfugiés"

« Solidarité avec les réfugiés »

2806-03 Voir d’autres photos de cette manif

  • Dans la nuit du 28 au 29 juin à Cologne, les locaux du parti des verts, situés en plein centre-ville Ebertplatz 23, s’est fait refaire sa façade à la peinture en réponse à l’expulsion des occupant-es de l’école Gerhart Hauptmann et à l’état de siège policier du quartier de Kreuzberg.
  • Dans la nuit du 29 au 30 juin 2014, des tags ont recouvert le bureau fédéral des verts dans le centre-ville de Bonn. On pouvait lire « les verts envoient les réfugiés à la mort », « solidarité avec les occupant-es de l’école à Berlin »…

Bonn

[Mardi 01/07/2014]

La confusion règne au sein du pouvoir local ces dernières heures: lundi 30 juin, le chef de la police berlinoise Klaus Kandt a lancé un ultimatum à la maire de Kreuzberg Monika Herrmann (verts) pour savoir si les flics expulsaient ou se retiraient avant midi mardi 1er juillet 2014 du quartier. Les embrouilles internes chez les verts sont multiples, mais aussi entre le sénateur à l’intérieur Henkel (CDU) et les verts. Le conseiller municipal Panhoff a clairement fait la demande d’expulser les occupant-es, ce qui a ramené d’office les flics en masse dans Kreuzberg – ce qui ne signifie pas qu’ils ont arrêté le siège de l’école – et laisser planer la menace d’expulsion. Les démocrates (parti de gauche « die Linke », parti pirate et une partie des verts et des jeunes SPD), voulant acheter la paix sociale, ont lancé une pétition (« Tenir sa parole ») pour résoudre le conflit sans la police, mais par le biais de négociations avec des psychologues et des forces civiles. Toujours est-il que le pouvoir ne souhaite pas immédiatement l’expulsion vue la mobilisation massive de ces derniers jours.

0107-1Du côté de la rue, on maintient la pression avec détermination: lycéen-nes et étudiant-es ont manifesté ce mardi 1er juillet pour le droit de rester des réfugiés. Durant une bonne partie de l’après-midi, il y a eu des affrontement sporadiques avec la police, accompagnés de slogans anti-police, avant que la manif se termine rue de Vienne à proximité de l’école G-H dans l’après-midi. Des sit-in pour empêcher une possible expulsion se sont également tenus à proximité de l’école.

Les bureaux politiques des verts (conseil municipal et mairie) ont été occupés par des solidaires. 20 personnes ont investi le conseil municipal dans l’après-midi: il y a eu trois arrestations et un-e occupant-e s’est fait casser le nez par les flics. Les autres ont été pris dans une nasse policière.

Des appels à accentuer les actions de solidarité circulent en ce moment contre la menace d’une nouvelle expulsion. Les réfugiés qui sont présents dans le bâtiment rapportent qu’ils sont privés de vivres par les barrages des flics. Les réfugiés de l’école menacent de se suicider en cas d’expulsion.

[Mise-à-jour 03/07/2014]

Suite aux déclarations du conseiller municipal des verts Panhoff qui exigeait l’expulsion immédiate des occupant-es de l’école de la rue Ohlauer, des manifs et occupations se sont tenues aux quatre coins du pays. Un petit récapitulatif:

  • Le 1er juillet 2014 à Francfort, plus de 300 personnes ont manifesté vers 21h en solidarité avec les occupant-es de l’école Gerhart Hauptmann. Parties de la Merianplatz, des flyers sur la situation dans le quartier de Kreuzberg ont été distribués aux passant-es. 
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« Solidarité est notre arme – Feu et flamme à la répression »

  • A Hambourg mardi 1er juillet, 200 personnes se sont rassemblées malgré une forte présence policière. La manif, qui n’a pas été déposée, a été déterminée et sauvage: en plus des slogans multiples contre la police et les expulseurs (verts, spd…), des pétards et des pierres ont été lancés sur les flics, et un bleu qui s’est mangé une pierre a du être hospitalisé. Les flics ont rapidement dispersé la marche à Schanzenviertel, et des panneaux de signalisation ont été arrachés et utilisé pour bloquer les rues du quartier, notamment sur la Schanzenstrasse. Des barricades ont été érigées à travers le quartier de Sankt-Pauli. Au total, 19 manifestant-es ont été interpellé-es. Samedi 5 juillet est prévu une grande manifestation en solidarité avec les réfugiés du groupe « Lampedusa à Hambourg » afin d’exiger immédiatement le droit de rester pour tous les réfugiés ainsi qu’une autorisation de travail.
  • Dans la nuit du 1er au 2 juillet 2014,  dans le quartier de Kreuzberg (Berlin), il y a eu quelques gestes incendiaires : à l’angle de la Cuvrystraße  et de la Görlitzer Straße, des barricades ont été érigées puis incendiées, et un véhicule auto-service a été en proie aux flammes. Les pompiers sont rapidement intervenus mais les émeutiers ont réussi à disparaitre dans l’obscurité.

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  • A Lübeck dans la nuit du 1er au 2 juillet, des tags ont recouvert le bureau des verts avec les inscriptions « Refugees Welcome – Fight Racism ». Le communiqué dit à la fin « Pour le droit de rester ! Contre les expulsions ! Contre les zones de danger et les zones restreintes ! Contre la police paramilitaire ! »

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  • A Münich mercredi 2 juillet, un groupe d’une soixantaine de personnes solidaires a occupé le bureau du parti des verts. Des banderoles ont été accrochées au bâtiment en solidarité avec les réfugiés.

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Mise-à-jour, 5 juillet 2014

Quelques impressions de compagnons actifs dans les rues de Kreuzberg ce mardi 1er juillet 2014. A lire sur contrainfo

  • On apprend tardivement que dans la nuit du 26 au 27 juin, le parti des verts a reçu une visite à son QG d’ un groupe solidaire avec les réfugiés du quartier de Kreuzberg à Berlin. Ces dernier ont pris le temps de toquer aux vitres du local à coups de pavés et de prendre la fuite.
  • Le 3 juillet, les verts du quartier Haslach à Fribourg ont reçu la visite d’une poignée de solidaires.

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  • Toujours ce jeudi 3 juillet, 150 personnes ont manifesté à travers les rues de la ville de Darmstadt (Berlin) en solidarité avec les réfugiés de l’école. Le compt-rendu de la mobilisation se termine par « droit de rester pour tou-te-s – Personne est illégal – la solidarité doit être pratiquée … »: il est lisible en intégralité en allemand ici.
  • Près de 50 personnes se sont rassemblées à proximité d’une église à Berne (Suisse) ce jeudi 3 juillet et ont déambulé dans les rues en solidarité avec les migrants de la rue Ohlauer à Kreuzberg (Berlin), mais également pour les sans-papiers de Calais (arrêté-es mercredi 2 juillet et enfermés dans plusieurs centres de rétention sur l’ensemble du territoire)

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Jeudi 3 juillet, on apprend via les médias du pouvoir que la police s’est en partie retirée du quartier de Kreuzberg, même si 200 flics continuent à surveiller le quartier. Les barrages de flics sont moins nombreux aux alentour de l’école occupée. Par ailleurs, les autorités ont passé le relais à une entreprise de sécurité privée pour s’assurer qu’aucun autre réfugié viennent rejoindre celles et ceux présent-es dans l’école Gerhart Hauptmann. Les dix jours de siège policier auraient coûté plus de 5 millions d’euros à l’Etat.

BerlinDemo05072014Un appel à une grande manif pour le droit de séjour des réfugiés et contre une éventuelle nouvelle expulsion des occupant-es de l’école de la rue Ohlauer a été lancé ce samedi 5 juillet sur la Hermannplatz à Neukoln. En ce début d’après-midi, plusieurs milliers de personnes (entre 2200 et 2300 selon les médias, 5000 selon les organisateurs) ont répondu présent. 850 flics antiémeute ont été mobilisés pour l’occasion. Au départ de la manif, des pétards et des feux d’artifice ont été allumés par un groupe de personnes solidaires depuis le toit d’un immeuble tout en tenant une banderole, tandis que résonnait depuis les rues le slogan « Feu et flammes aux expulsions ».

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Berlin05072014-3Le cortège a fait une courte halte sur la OranienPlatz, lieu où s’étaient installés avec leurs tentes il y a quelques temps plusieurs réfugiés de Berlin en lutte. Certain-es ont tenté de grimper aux arbres et se sont heurté-es à la police, qui a cependant interpellé plusieurs manifestant-es malgré la résistance déterminée d’une partie du cortège (on ignore le nombre d’arrestations). Par la suite les flics ont encerclé les arbres de la place… La manif, qui a diminué quasiment de moitié en nombre, s’est ensuite dirigée vers l’école occupée, où les unités de police ont quadrillé le secteur et remis pour l’après-midi des barrières tout autour du squat. La manif s’est dispersée vers 19h. Il a été rapporté sur linksunten que les porcs en uniforme ont procédé à des contrôles et arrestations après la dispersion.

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« Combattons l’Europe forteresse – Droit de rester pour tous »

Mis-à-jour 07/07/2014:

Jeudi 3 juillet à Brême, près de 80 personnes se sont réunies en début de soirée au Ziegenmarkt pour exprimer leur solidarité avec les réfugiés et les occupant-es de l’école de Kreuzberg (Berlin). La manif a été de courte durée mais bruyante, avec pas mal de slogans comme « no border no nation stop deportation !, Personne n’est illégal, Droit de rester n’importe où! ». Des tracts détaillant la situation là-bas ont été distribués. Après la dispersion à Domshof, les keufs ont contrôlé plusieurs participant-es à la manif sans qu’il n’y ait d’arrestation.

Potsdam1Le lendemain (4 juillet) à Potsdam, une quarantaine de personnes solidaires s’est retrouvée dans le centre-ville. Deux manifestant-es sont monté-es sur les piliers de la porte de Brandebourg afin d’étendre une banderole qui disait « Pas de mur pour l’Europe – Droit de rester pour tou-te-s », tandis que d’autres ont informé les passant-es de la motivation de l’action, à savoir montrer la solidarité avec les réfugiés qui occupent l’école Gerhart-Hauptmann dans le quartier de Kreuzberg. Bien que la menace d’expulsion qui pesait sur les squatteurs de la rue Ohlauer ait été retirée suite aux nombreuses manifs et actions de solidarité de partout, les principales revendications des réfugiés – à savoir le droit de séjour en général, la permission de travailler, l’abolition du système de bon et de l’obligation de devoir résider et de dormir dans les lager (camps pour réfugiés en Allemagne)) – n’ont pas été abordées par le pouvoir vert (Toutes ces revendications ont émergé lors d’une marche revendicative des réfugiés Würzburg à Berlin initiée en 2012). Les flics se sont ramenés peu de temps après le début de l’action suite à l’appel d’une citoyenne qui braillait sur les solidaires…

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Sources: indymedia linksunten et plusieurs articles de leur presse

[Italie] Attaques solidaires et mise-à-jour sur la situation des prisonniers anarchistes (16-17 juin 2014)

Cremone – Attaques solidaires avec les compagnon-es de Turin, de Bologne et les prisonniers No TAV

Dans la nuit du 17 juin 2014 à Cremone, les bureaux de l’entreprise lombarde Aler de construction de logements résidentiels, situés Via Manini, ont reçu de la visite: porte et murs du bâtiment ont été souillés par des seaux de peinture rouge en solidarité avec les compagnon-es frappé-es par les récentes opérations répressives à Turin (perquisitions et expulsions contre celles et ceux qui luttent pour se loger). En plus des grosses traces de peinture, des tags disaient « Basta sfratti » [=Stop aux expulsions], « Solidarité avec ceux qui résistent », « Solidarité avec les compagnon-es de Turin et de Bologne »… Dans la même nuit, une agence bancaire Intesa San Paolo, banque réputée pour collaborer au projet de la LGV Lyon-Turin, a eu ses fenêtres recouvertes de peinture rouge et de slogans tagués en solidarité avec les prisonniers de la lutte No TAV. 

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Le 16 juin à Bologne, le siège du Parti Démocrate Via delle Grazie a été recouvert de peinture rouge. Un slogan précisait « Le PD protège les riches contre les pauvres ».

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Mardi 17 juin, Nicolò – compagnon de Turin arrêté et incarcéré à la prison de la Vallette suite à l’opération répressive du 3 juin dernier – a débuté une grève de la faim contre le régime d’isolement qu’il subit.

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Quant aux prisonniers No TAV depuis décembre dernier, les trois compagnon-e-s (Chiara, Claudio et Niccolo) font face à une autre enquête à leur encontre suite à l’opération répressive du 3 juin dernier. A cela s’ajoute de nouvelles restrictions concernant leurs détentions.

Chiara et Claudio ont été transféré-e-s temporairement à la prison de la Valette pour assister aux audiences du procès « Compressor ».

Pour écrire aux camarades:

Chiara Zenobi
Claudio Alberto
Maria Adelaide Aglietta via CC 35-10151 Torino, Italie

Mattia Zanotti
Niccolò Blasi
CR Via Casale San Michele, 50 à 15100 Alessandria, Italie

[Besançon] Tract diffusé en solidarité avec les insurgé-es au Brésil lors du carnaval de la mauvaise graine (samedi 14 juin 2014)

Le Chat Noir Emeutier reçoit et transmet, 17 juin 2014:

Samedi 14 juin 2014 avait lieu le carnaval revendicatif et festif à Besançon (on peut y lire un compte-rendu complet de la déambulation et de la fête sauvage qui a suivi sur fragment de manif). Ca tombait à pic avec l’une des merdes planétaires du moment: la coupe du monde de foot au Brésil. On a donc saisi l’occasion de diffuser un tract en solidarité avec la révolte là-bas…

Le mondial de foot au Brésil: une fête pour la domination

Depuis plus d’un an, des révoltes éclatent partout au Brésil, notamment dans les villes qui sont prévues pour accueillir le mondial telles que Rio de Janeiro, Sao Paulo, Porto Alegre ou Belo Horizonte. Lors de mobilisations de masse (de travailleurs, chômeurs, sans-abris, indigènes, étudiant-es..), des manifestants attaquent directement la coupe du monde et ce qui va avec, c’est-à-dire les banques, les flics, les commerces, les transports, les cérémonies de la FIFA, organisatrice de ce sinistre « spectacle ». Sans oublier les médias officiels, chargés d’en faire la promotion planétaire et de dissimuler tout acte de révolte contre ces diverses infrastructures et institutions nécessaires à son bon déroulement.

Pour cela, les autorités travaillent main dans la main avec les promoteurs, agents immobiliers et urbanistes afin d’appliquer leurs plans d’expulsion et d’éradication des pauvres et indésirables qui résistent aux projets de la restructuration urbaine capitaliste.

La coupe du monde a pour but d’exalter les nationalismes et le règne de l’argent. Comme à l’époque antique romaine avec les combats de gladiateurs, le football constitue pour l’Etat et le capital un moyen de garantir sa domination en divertissant les masses tout en brassant toujours plus de fric par la venue de touristes du monde entier.

Nous ne pouvons pas accepter les exactions de la police, les expulsions des favelas, les prisons à ciel ouvert (pour exemple le mur récemment construit qui protège les riches et touristes de Rio, avec d’un côté la plage copa cabana les hôtels de luxe et les stades, et de l’autre les ghettos), les villes sous occupation militaire…

Tous ses responsables ont des noms et des adresses

La Banco Itau, agence bancaire brésilienne, a pu faire les frais de son soutien à l’organisation de cette coupe à plusieurs reprises lors des manifs. Au niveau international, les partenaires économiques à cet événement sont nombreux: McDonalds, Budweiser, Continental, Castrol, Johnson-Johnson, tout comme les partenaires FIFA (Coca-cola, Sony, Adidas, Hyundai/KIA Motors…)

Ne restons pas les bras croisés !

Solidarité avec les insurgés au Brésil !

Voir aussi:

[Bruxelles/Tract] Ne restons pas les bras croisés

Ce tract a été distribué en marge d’une mobilisation à Bruxelles contre le renforcement du contrôle sur les chômeurs. Comme cette mobilisation rassemblait toute la faune et la flore de la récupération politique et syndicale, absorbant toute expression autonome possible de rage et de rejet, on a choisi de s’écarter de cette mise-en-scène ennuyante et d’aller distribuer le tract ailleurs dans la ville.

Serrage de vis général, répression, nouvelles prisons, chantiers partout…
NE RESTONS PAS LES BRAS CROISÉS

Nos vies s’écoulent dans des camps. Camps de travail. Camps d’éducation. Camps de consommation. Camps de loisirs. Camps d’enfermement. Dans tous ces camps, une même logique est à l’œuvre : nous faire obéir et contribuer au progrès de la société actuelle. Faire tourner la machine sociale. Peu importe où elle va. Peu importe qu’elle détruit tant de vies. Peu importe qu’elle nous transforme tous en prisonniers de l’existant. L’important, c’est d’y être, d’y participer, de ne pas la remettre en question, voir même de l’acclamer. La tête basse, le cerveau annihilé, le cœur pétrifié et en avant.

L’État est passé à un serrage de vis général, c’est indéniable. La multiplication des forces de police dans la rue, leur brutalité croissante et instiguée pas les autorités, l’implantation des caméras de surveillance, la militarisation des transports en commun, la sécurisation des temples du fric comme les banques et les supermarchés pour compliquer le vol, tout cela va main dans la main avec le renforcement du contrôle sur les chômeurs et sur les autres personnes touchant des allocations. La gestion de la paix sociale, cette paix chimérique entre exploités et exploiteurs, entre dominants et dominés, afin de garantir la bonne marche de l’économie et du pouvoir en place, semble prendre une tournure bien plus ouvertement répressive. Il ne sert pourtant à rien de se mobiliser pour défendre ce qui a existé un jour, pour défendre la façon ancienne de comment le pouvoir nous gère et exploite. Ce qu’il faut imaginer, ici et maintenant, c’est de comment, faire face à ce serrage de vis général, prendre l’initiative et de passer à l’offensive. Nous n’avons rien à défendre dans ce monde, tout ce qu’il pourrait nous offrir (carrière, consommation, « célébrité ») ne nous intéresse pas, tout ce qu’il nous impose (travail, obéissance, abrutissement) nous dégoûte. Comme disait une affiche apparue sur les murs de Bruxelles il y a quelques années : « Cette société tient tout le monde en laisse ; la seule différence, c’est la longueur. Nous ne sommes pas de ceux qui se battent pour un collier moins serré, un salaire plus élevé, une police moins brutale, des politiciens et des patrons plus soucieux et honnêtes. Nous voulons simplement ce que tout être tenu en laisse devrait avoir à cœur : nous voulons la couper, foutre le feu à la cage, écraser tous ceux qui nous tiennent ou voudraient nous tenir en laisse. »

En parallèle avec le serrage de vis général, à Bruxelles, on assiste à une véritable offensive des autorités pour changer la face de la ville. Bruxelles se veut la capitale de l’Union Européenne et une vraie métropole capitaliste, accueillante pour les riches, les entrepreneurs, les eurocrates et la classe moyenne avide de consommer à en mourir. Un des aspects de cette offensive, ce sont les nouveaux projets de réaménagement urbain et de construction, car tous les puissants chérissent l’idée totalitaire qu’en transformant l’environnement, on transforme l’homme. Pendant que l’assaut brutale de la zone du Canal à Molenbeek érige un mur de lofts, de hôtels de luxe et de bars huppés, pas moins de quatre nouveaux centres commerciaux sont prévus ou en construction sur le Heizel, à Anderlecht, à Schaerbeek et près de Machelen. En haut de la zone européenne, les édifices témoignant de l’arrogance du pouvoir obscurcissent le ciel, la transformation de la zone autour de la Gare du Midi en quartier d’affaires continue et l’État prévoit de construire la plus grande prison de l’histoire belge au nord de Bruxelles, à Haren.

Le pouvoir et le capitalisme ne sont pas des choses abstraites, ce ne sont pas des fantômes qui dirigent et déterminent nos vies sans qu’on puisse les toucher. Ils se concrétisent et se matérialisent devant nos yeux, dans tous ces chantiers, dans les contrôleurs de tout genre, dans les tours de bureaux, dans les portiques dans les métros. Nous ne luttons pas contre des fantômes, nos luttes ciblent directement les concrétisations du pouvoir. Nous ne voulons pas négocier notre servitude, nous essayons de nous donner les moyens pour les détruire. Pour cela, nous avons besoin d’idées et d’initiatives, de complicités et de rencontres avec d’autres révoltés, de pierres et de cocktails molotov, de lucidité et de passion.

Face aux projets et mesures du pouvoir, il n’y a aucun espoir si nous croyons que d’autres lutteront à notre place, que des organisations politiques ou syndicales incarneront notre rejet, qu’il faut construire une respectabilité aux yeux des puissants afin de les persuader en notre faveur. Non, les choses ne marcheront pas comme ça, elles n’ont jamais marché comme ça. C’est vers des luttes autonomes et auto-organisées, offensives et directes, que notre attention devrait se tourner. Il y a des exemples récents qui sont assez éloquents. Pensons à la Turquie, où le conflit au début porté par quelques dizaines de personnes s’opposant au réaménagement de la place Taksim s’est transformé en soulèvement généralisé dans tout le pays. Pensons à Hambourg, où la résistance aux rafles de sans-papiers a mis la feu aux poudres dans un pays qui se vante de tenir sa population totalement sous contrôle. Et réfléchissons alors sur Bruxelles, avec ces quartiers encore quelque peu réfractaires à l’ordre capitaliste et étatique, avec les conditions de survie qui se durcissent pour tout le monde, avec son offensive brutale de la part du pouvoir pour réaliser sa métropole morbide de la marchandise et du contrôle. Chaque conflit en apparence circonscrit et limité peut demain incendier les rues. Mais alors, il faut que les conflits prennent une tournure offensive, même si on est peu nombreux, même si personne ne peut nous garantir quoi que ce soit. Le chantier d’un centre commercial peut être saboté. Les contrôleurs de l’ONEM peuvent être découragés à continuer leur boulot de Gestapo. Les câbles des caméras peuvent être coupés. La voiture d’un eurocrate ou d’un entrepreneur peut s’enflammer. Mais alors, il faut prendre les choses en main, il faut oser faire appel à ces capacités d’hommes et de femmes libres que l’autorité essaye de détruire : la créativité et l’imagination, le courage et la réflexion.

Certains conflits sont déjà en cours, comme la lutte contre la construction de la maxi-prison à Bruxelles. C’est une lutte qui ne cherche pas une représentation médiatique ou politique. Elle se répand, comme un courant souterrain, dans les quartiers, dans les têtes et les cœurs de ceux qui n’ont pas l’intention de se résigner face à l’avenir d’exploitation ou de prison que le pouvoir leur prépare. Elle tente de créer des fissures, d’ouvrir des brèches pour partir à l’offensive et attaquer tous les responsables de ce projet morbide, à l’image de ce qu’ils veulent faire de Bruxelles. La maxi-prison symbolise quelque part le rêve du pouvoir qui nous veut soit anesthésies, soit en prison. Empêcher directement, par la lutte et tous les pratiques de sabotage et d’action directe qui en font partie, la construction de cette maxi-prison, c’est ouvrir la possibilité pour que tout saute en l’air.

Contre tous les camps, que souffle le vent de la liberté.

Sabotons les projets du pouvoir, soyons incontrôlables.

Pour l’auto-organisation et l’attaque, ici et maintenant.

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LE TRAVAIL LIBÈRE-T-IL ?

Le travail est avant tout un compromis que nous acceptons pour pouvoir survivre financièrement. Parce que nous n’avons jamais choisi le fonctionnement de ce monde, et parce que nous avons été élevés avec le message qu’il nous fallait ou marcher ou crever.

Le travail nous vole notre temps et notre énergie ! Il essaye de déterminer une partie hallucinante de nos occupations et sollicite en permanence nos corps et nos esprits.
Le travail tend de plus en plus à se confondre avec notre identité. Lorsqu’on nous demande qui nous sommes, on veut en fait savoir ce qu’est notre boulot. Parce qu’en dehors du travail, il ne reste plus grand chose. Notre statut social est aussi jaugé à la hauteur de notre travail. La société nous fait bien sentir que nous ne valons rien tant que nous ne travaillons pas, et que nous ferions mieux de rentrer dans le rang au plus vite, comme tout le monde.

Le travail s’efforce continuellement à semer la confusion en nous faisant croire que les intérêts des patrons sont aussi nos propres intérêts ; que nous faisons partie prenante de l’entreprise, que nous devons nous réjouir quand les affaires vont bien (et que l’entreprise fait beaucoup de bénéfices), et que nous devons fournir des efforts supplémentaires quand ça va moins bien.

Le travail nous considérera pourtant toujours comme de la matière jetable. Lorsque les chiffres le demandent on nous jette à la poubelle et nous pouvons alors à nouveau mettre notre dignité de côté pour nous vendre à quelqu’un d’autre.

Le travail est cette chose pour laquelle nous restons à transpirer dans les salles d’attente d’Actiris ou dans les salles d’auditions de l’ONEM. Comme une armée de réserve, nous devons toujours nous montrer prêts à aller au casse-pipe de l’offre et de la demande. Et si nous ne le faisons pas, la menace financière revient vers nous au galop.

Le travail est cette chose sur laquelle les travailleurs crachent quand ils sabotent les machines pour pouvoir rester un jour à la maison.

Le travail est ce que les chômeurs essayent d’éviter par tous les moyens imaginables, que ce soit à l’aide de fausses sollicitations ou d’ingénieux mensonges.
Le travail est cette chose que les braqueurs rejettent quand ils vont chercher l’argent là où il est. Chez les banquiers ou les bijoutiers, chez ceux qui s’enrichissent sur le dos des autres.

Le travail est ce à quoi ils essayent, encore et encore, de nous contraindre. En tant que soldats à la rescousse de la sainte économie et de son déclin. Une économie de produits et services qui ne nous intéresse peut-être pas, mais qui nous fait quand même un odieux chantage et qui essaye de nous faire plier tous autant que nous sommes.

Repris de lacavale.be

[Seattle, USA] Saboter les outils de la gentrification

Il y a un peu plus d’une semaine, nous nous sommes introduits sur un chantier d’appartements de copropriété en développement et avons versé un gallon* d’eau de javel dans le réservoir à essence d’une pelleteuse. Ceci a été une petite attaque mais facilement reproductible contre l’expansion de la gentrification à Seattle.

Traduit de l’anglais de anarchistnews, 14 mai 2014 à 15h37