Archives du mot-clé attaques incendiaires

[Grèce] Les fascistes ont des noms et des adresses (14-24 octobre 2014)

Athènes : attaque incendiaire contre un commerce fasciste

Au petit matin du 24 octobre 2014, nous avons attaqué le bar “Bristol”, situé rue Davaki à Ambelokipi, avec un engin incendiaire. Cette entreprise appartient à Christos Zervas, un membre de l’aube dorée connu et candidat aux dernières élections municipales, en plus d’être un lieu fréquenté par les députés de l’aube dorée et autre racaille fasciste.

Nous dédions cette action à la mémoire de Pavlos Fyssas, Shehzad Luqman et les innombrables migrants qui ont été victimes de violence de l’Etat qui se manifeste aux frontières maritimes et terrestres.

Nous continuons la lutte antifasciste dans les rues et les places, et n’attendez rien de “l’anti-fascisme” étatique et ses partisans; au contraire, ils sont nos ennemis.

Nous n’oublions pas les personnes en captivité et poursuivies de la lutte. Les arrestations préventives, les persécutions et les tortures ne resteront pas sans réponse.

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Athènes : médecin nazi défoncé à Neos Kosmos

Dans la matinée du 23 octobre 2014, les camarades ont rendu une visite au cabinet médical du nazi Athena Mataraga, située au 16, rue Kasomouli à Neos Kosmos. Mataraga, un membre actif de l’aube dorée, était également un candidat figurant sur le scrutin de l’organisation nazie au cours des dernières élections de l’Association médicale d’Athènes.

Ce qui a été renvoyé au collègue du Dr Mengele était un petit pourcentage de la violence que les salauds de sa bande exercent sur les migrants, les travailleurs et les combattants.

Les vers seront extraits un par un de leurs trous. Rien ne restera sans réponse.

Antifascisme militant dans chaque quartier

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Athènes : fasciste fracassé à Exarchia

Lundi après-midi 20 octobre 2014, un fasciste a été repéré et fracassé dans le secteur d’Exarchia. La crapule molle qui se fait appeler Ioannis Kaptsis (originaire de l’île de Syros) portait un tee-shirt ‘Pit Bull Hellas’ avec un sac. Les reçus des achats de la zone d’Exarchia (c’est probablement un résident) ont été trouvés sur lui, ainsi que des contacts avec d’infâmes fascistes (Lagos, par exemple) et d’autres saloperies à l’esprit similaire (par exemple Giorgios Dorée, Maria Dorée) dans son téléphone portable.

Ni à Exarchia ni nulle part. Ecrasons les fascistes dans chaque quartier.

PS. Nous le remercions pour le don généreux de son argent qui nous permettra de renouveler le permis de séjour d’un camarade migrant.

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Thessalonique, Grèce : Bombe dans la maison d’un nazi d’Aube Dorée

Dans la nuit du mardi 14 octobre 2014, nous avons placé un engin explosif dans le bâtiment dans lequel habite le membre d’Aube Dorée Stathis Valakos, au 28 de la rue Lahana (2ème étage), à Thessalonique. Ce fasciste a été candidat au conseil avec Aube Grecque, liste liée à Aube Dorée lors des dernières élections municipales. Les ordures du genre de Stathis Valakos n’auront nulle part où se cacher. Nous les trouverons et les traiterons comme elles le méritent.

PS.1: Ne ne nous fions pas, et ne nous basons pas sur un prétendu “combat” de l’Etat contre le fascisme. Au contraire, nous le considérons comme quelque chose auquel nous sommes hostile. Le fascisme se combat par la présence permanente dans les rues, et les fascistes par des visites continues chez eux, dans leurs locaux et à d’autres moments de leur quotidien.

PS.2: Le visage de ce type peut se trouver avec une simple recherche sur Internet.

En mémoire de Shehzad Luqman et Pavlos Fyssas.

Nous rendons un peu de la force que nous donnent celles et ceux qui continuent la lutte à l’intérieur et à l’extérieur des murs.

Groupe de rue pour la diffusion de l’action directe

Publications traduites par contrainfo.

[Athènes, Grèce] Le compagnon anarchiste Antonis Stamboulos en grève de la faim et de la soif

[Antonis Stamboulos a été arrêté mercredi 1er octobre 2014 par la police dans le quartier de Vyronas à Athènes, accusé d’avoir participé à une « organisation terroriste » et à des projets d’attaques incendiaires contre le pouvoir (les flics parlent dans la presse d’un attentat planifiée contre le siège de la ‘Neo Democratia’, parti de droite actuellement au gouvernement). De plus, les organes de communication de l’Etat évoque son éventuel complicité avec Nikos Maziotis, arrêté le 16 juillet dernier après une fusillade dans les rues d’Athènes alors qu’il était en cavale avec Pola Roupa et leur enfant depuis juillet 2012.]

Mise-à-jour 09/10/2014:

Le 7 octobre, près de 25 compagnon-nes se sont rassemblé-es environ une heure devant la prison de Larissa (nord-est de la Grèce), où Antonis Stamboulos a été transféré (plus précisément dans l’aile A). Il continue sa grève de la faim et de la soif.

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Banderole de la solidarité dans la ville de Veria, au nord de la Grèce: « guerre aux flics, juges,  journalistes, patrons - Solidarité avec les révolutionnaires anarchistes - Force à l’anarchiste Antonis Stamboulos, arrêté le 1er Octobre à Athènes« 

Mise-à-jour 07/10/2014:

Après son arrestation du 1er octobre 2014, Antonis Stamboulos est actuellement détenu en préventive, faisant face à des accusations de terrorisme.

Le 6 octobre, avec une autre lettre ouverte, le compagnon a annoncé une grève de la faim et la soif afin de dénoncer le fait qu’il est actuellement détenu dans le centre de transfert de prisonniers d’Athènes. En outre, il proteste contre la construction médiatique continue alimentée par flics antiterroristes à son encontre.

Le camarade en captivité a été décrit dans la presse, entre autres, comme un des principaux membres du groupe de guérilla urbaine « Lutte révolutionnaire », en tant que co-auteur d’un vol de banque à Kleitoria (Achaïe, Grèce), tandis que les porte-parole du pouvoir ont répandu que l’anarchiste recherchée Pola Roupa aurait été vue avec son enfant sur les marches de son appartement dans la rue Kallifrona à Kypseli (qui a été considérée comme une « planque »). Pendant ce temps, les informateurs en herbe et autres mouchards ridicules ont été que trop disposés à témoigner contre lui (par exemple, un voisin de la maison de ses parents a affirmé qu’il avait entendu des explosions dans le sous-sol de leur maison).

Le fait que les policiers l’aient emmené au centre de transfert de prisonnier - en dépit de la demande du procureur de le transférer à la prison de Korydallos - révèle qu’ils tentent de l’envoyer vers une autre prison plus lointaine ses parents, qui seront obligés de voyager pendant des heures pour lui rendre visite en prison, mais aussi afin de rendre le travail de son avocat de la défense plus difficile qu’il ne l’est déjà.

Antonis Stamboulos a déclaré qu’il ne laissera pas les salauds de la police antiterroriste et leurs patrons politiques écraser ses proches. C’est pourquoi, avant même qu’ils annoncent ils ont l’intention de l’envoyer, il a averti qu’il n’acceptera pas d’être emmené ailleurs qu’à Korydallos, près de sa famille et de son avocat.

Il a donc commencé sa grève de la faim et de la soif le 6 octobre.

Slogans tagués le 4 octobre par des anarchistes solidaires dans la rue Denizliou du quartier de Vyronas, exactement à l’endroit où le camarade a été enlevé par les flics:

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« Solidarité avec le compagnon A.Stamboulos »

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« Le combat continue; Antonis, tient bon « .

A partir de contrainfo, 7 octobre 2014 / La source en grec

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Lettre d’Antonis trois jours après son arrestation:

Le 1er octobre 2014, j’ai été arrêté, emmené cagoulé dans une salle d’interrogatoire de l’unité antiterroriste. De 17h00 jusqu’à 1h du matin, un groupe de flics cagoulés - et alors que j’étais menotté derrière le dos - a prélevé mes échantillons d’ADN, empreintes digitales et (essayé de prendre) des photos par la force, au milieu dironies, d’étranglements, d’entorses et de passages à tabac et de menaces de m’électrocuter, pensant que cela me ferait collaborer. À 1h du matin, j’ai vu les flics sans cagoule pour la première fois, qui me déclarent que je suis accusé de terrorisme. Jusqu’à 5h30 du matin, je suis resté dans une cellule de détention 1×3, toujours menotté les mains derrière le dos. Le lendemain, ils ont essayé de me photographier une fois de plus.

Pour ma part, je me suis abstenu de nourriture et d’eau dès le premier instant, et l’exigence de parler à un avocat. Après 24 heures de détention, ils m’ont finalement autorisé à prévenir un avocat, et j’ai réussi à la rencontrer pendant quelques minutes seulement avant d’être amené devant le procureur.

Je partage ce qui précède avec les compagnons combattants comme une petite expérience de lutte.

Peu importe si l’attitude de l’Etat envers nous, clémente ou sévère - cela dépend toujours des circonstances - ne peut jamais nous briser, tant que nous sommes conscients de la responsabilité qui découle de notre position en tant qu’anarchistes, dans les moments d’adversité.

Parce que les moments difficiles de la lutte sont ceux qui trempent la conscience. Parce que dans ces circonstances, chacun de nous est le défenseur des idéaux de la société pour laquelle nous nous battons à construire. Beaucoup de sang a été versé dans la lutte pour l’émancipation de la société de classe, il serait dès lors ridicule de fléchir face aux manoeuvres des flics. J’ai tenu une position négative contre les exigences des laquais étatistes d’extirper mes infos personnelles pour deux raisons. Premièrement, pour des raisons éthiques, puisque je crois que chaque anarchiste révolutionnaire se doit de ne pas donner un pouce même de terrain à l’ennemi de classe. Et deuxièmement, parce que j’étais conscient de la gravité de l’affaire dans laquelle ils m’impliquent, je voulais protéger mes compagnon-nes et d’ami-es des vautours qui me détiennent en captivité. Tant que les Clouseaus ne trouvaient pas mon nom, je n’étais pas du tout prêt à le leur donner. Au moment d’écrire ces lignes, deux jours après l’arrestation, la police m’a «enfin» identifié.

Il est clair que les chefs de l’ anti-terrorisme et en particulier leurs supérieurs politiques espéraient faire un scoop avec mon arrestation, d’où les fuites à la presse concernant le cahier de notes contenant « des itinéraires précisément chronométrés« , les cibles, vélos et saucisses*. Ils créent sur mesure une histoire qui va avec leur scénario; un scénario qui, à la fin, doit toujours les faire sortir gagnants.

Ce que j’ai fait, qui je suis et pourquoi j’étais là où j’ai été arrêté n’est en rien l’affaire de la police et des procureurs mais la mienne. Par conséquent, je n’ai pas à me justifier aux gardiens de la légalité bourgeoise, mais seulement au mouvement révolutionnaire, aux camarades et au peuple qui choisit de ne pas vivre comme un raya (esclave).

Je considère ce premier contact avec le monde extérieur comme étant nécessaire, ne me faisant aucune illusion sur ma mise en détention préventive.

Pour l’instant, je suis retenu captif entre les mains des serviteurs du capital, mais mon cœur appartient toujours au camp de la révolution.

La lutte continue.
Vive la révolution.
Vive l’anarchie.

Antonis Stamboulos
du Quartier Général de Police,
173, avenue Alexandras
Le 4 octobre 2014

* Note de contrainfo: Alors que le compagnon - qui a été arrêté dans le quartier de Vyronas, Athènes - était encore non identifié, le chef de la police a affirmé publiquement que l’une des «conclusions» les plus frappantes étaient des notes manuscrites considérés comme des mots de code pour des explosifs.

[MIse-à-jour] Lettre revue et corrigée depuis le grec par un compagnon (reçu par mail, 05/10/2014)

[Mexico] Solidarité explosive avec les prisonniers anarchistes

Mexico: solidarité explosive avec les prisonniers anarchistes

Dans le cadre des activités de solidarité avec les prisonniers, nous avons décidé d’attaquer ceux qui ont collaboré à la détention de plusieurs de nos camarades. Le travail d’espionnage menées par les organes de sécurité de l’université en collaboration avec le système judiciaire mexicain est trop connue.

En ce qui concerne les événements qui se sont produits dans la cité universitaire [campus principal de l’UNAM] le 30 Septembre 2014, nous voulons juste dire que nous n’allons pas arrêter de prendre les rues pour propager l’action anti-autoritaire jusqu’à ce que nos compagnons sortent à nouveau dans la rue et que nous détruisons cette société d’exploitation dans son intégralité.

Liberté pour les prisonniers anarchistes ! Liberté maintenant !

Mario González, Abraham Cortés, Fernando Bárcenas, Carlos López [en grève de la faim depuis le 1er Octobre], Amélie Pelletier, Fallon Poisson

Si vos lois limitent notre liberté, nos actions limiteront vos vies !

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Traduit de contrainfo, 2 octobre 2014

[Kansas, USA] Un compagnon anarchiste arrêté et incarcéré pour l’attaque présumée d’un bureau gouvernemental

[MIs-à-jour 5 octobre 2014]

Eric G.King, un anarchiste local de 28 ans, a été arrêté le 16 septembre dernier et accusé d’avoir lancé des engins incendiaires contre le bureau d’un représentant gouvernemental à Kansas City, MO. Eric a prétendument jeté un marteau par une fenêtre du bâtiment et ensuite lance deux bouteilles allumées à l’intérieur, même si les deux ne se sont pas enflammées.

Eric a été identifié comme un suspect par la police locale parce qu’il était précédemment soupçonné d’avoir fait des graffitis anti-gouvernement et anti-police. Eric est prétendument impliqué dans un collectif insurrectionnel de Kansas City appelé Fight Back.

Eric est actuellement détenu à la prison fédérale de Leavenworth*.

Ci-dessous une lettre du compagnon:

5 octobre 2014

Mon nom est Eric. Je suis anarchiste depuis environ l’âge de 17 ans; bien sûr, mon point de vue s’est développé et a mûri au fur et à mesure que j’ai grandi. Je suis très actif dans les luttes LGBQT, de la terre, des animaux, Antifa et autres. J’ai organisé Food Not Bombs, des rassemblements contre le Klan**, et bien d’autres en faveur des droits de l’homme, à l’anti-capitalisme, des droits des animaux, etc! Je suis insurrectionnaliste maintenant. Je crois que la révolution commence dans nos propres esprits et une fois que vous êtes personnellement prêt, alors chacun peut faire quelque chose.

J’apprécie et j’appuie la solidarité et la camaraderie reçue de la communauté maintenant, quand j’en ai le plus besoin. Il y a un sentiment chaleureux que tu reçois sachant que tu as engagé ta vie à quelque chose de plus grand que toi-même et obtenu des vœux chaleureux, de la gentillesse, et des mots positifs qui peuvent vraiment aider quelqu’un à sortir d’un jour sombre. Je suis mis en examen cette semaine et j’espère que je serai dehors tôt ou tard. Livres, argent de timbre, de l’argent de l’enveloppe et des lettres seraient grandement appréciés si vous pouvez et sinon continuez la lutte. Avec amour et soutien, EK (A) (///)

Pour lui écrire:

Eric King
27090045
CCA Leavenworth
100 Highway Terrace
Leavenworth, KS 66048

supportericking.wordpress.com

supportericking[at]riseup.net

Notes:

*Leavenworth est une ville américaine de 35 251 habitants située sur la rive droite du Missouri, dans le nord-ouest de l’État du Kansas. C’est la plus grande ville et le siège du comté de Leavenworth. Elle fait également partie de la zone métropolitaine de Kansas City et abrite un complexe pénitenciaire (United States Penitentiary), située à 25 miles au nord de Kansas city, dont la prison fédérale et une prison miltaire.

** Pour désigner l’organisation raciste/fasciste du Ku Klux Klan.

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Ce qui suit est un reformulé des médias dominants datant des 17-18 septembre 2014.

Le bureau d’un membre du Congrès*, Emanuel Cleaver, a été attaqué aux cocktails molotov dans la nuit du 10 au 11 septembre 2014 à Kansas City. Moins d’une semaine après, les flics ont arrêté un suspect.

La permanence...

La permanence…

Eric G. King, anarchiste local de 28 ans, aurait été reconnu par les flics sur des bandes de vidéosurveillance, lançant deux engins incendiaires à l’intérieur du bureau et s’enfuyant. Il a été arrêté mardi 16 septembre 2014.

Il a été identifié comme suspect et arrêté mardi 16 septembre 2014 parce qu’il avait précédemment été impliqué durant une enquête suite à des graffitis anti-gouvernementaux sur un bâtiment local de la Bank of America et de la peinture pulvérisée sur des véhicules de police de Kansas City, selon les rapports du tribunal fédéral.

Les enregistrements de vidéosurveillance montrent quelqu’un se dirigeant vers le bureau de Cleaver (situé à 101 W. 31st St.) à 02h52 le 11 septembre et jetant un marteau à travers une fenêtre. Ensuite un engin incendiaire a été jeté en direction de la fenêtre, mais elle a rebondi hors du bâtiment. Puis une deuxième bouteille enflammée a été balancée avant que la personne s’enfuie en courant hors de la zone.

Les enquêteurs n’ont pas constaté de dégâts du feu sur ou dans le bâtiment, selon les documents judiciaires.

Durant la perquisition, la police dit avoir trouvée une lettre manuscrite avec des instructions sur la façon d’attiser des incendies, ainsi que d’une revendication de l’action; « Les incendies criminels commis le 11 septembre 2014 ont été commis uniquement par le collectif insurrectionnel KC Fight Back ». La lettre indique également que l’attaque incendiaire a été faite « en solidarité avec la révolte à Ferguson, Mo » et pour « commémorer ceux qui sont morts au Chili sous le règne de la dictature soutenue par les États-Unis et les vies perdues au Moyen-Orient, en Afghanistan, au Pakistan et au Yémen ».

Les enquêteurs ont également suivi des messages Facebook prétendument liés à E.G.King, dont un du 10 septembre qui notifiait une action d’un groupe appelé le collectif insurrectionnel KC Fight Back.

E.G-King a comparu jeudi 18/09 devant un tribunal fédéral.

Note:

*équivalent ici à député

Lettre ouverte aux AAA12

Confus sur tout, mais clairs dans la dissociation

Lettre ouverte aux « camarades » Antifascistes Anarchistes Autonomes en Aveyron.

La révolution… mais seulement à la sauce tzatziki ?

Le 10 août 2014, vous avez publié sur votre blog une lettre de Damien Camelio, tout comme vous l’avez fait à d’autres reprises dans les mois passés. Cependant, cette fois-ci vous y avez ajouté une « Mise au point » qui est tout à fait dégoûtante. Il s’agit bel et bien d’une déclaration de dissociation.

C’est mignon de dire que votre « soutien envers Damien est inconditionnel », seulement pour le poignarder dans le dos tout de suite après. En effet, vous continuez en disant que vous restez « critiques vis à vis de la forme des actions qu’il revendique » et que votre activité politique (politique ? Damien, comme beaucoup d’autres, n’a pas fait de la politique, il a mis sa vie en jeu !) « est essentiellement basée sur la propagande ». Ce qui revient à dire : « Nous on est des gentils. Même si on soutient Damien, le méchant, on ne fait pas ceci et cela ». Ce qui revient à dire également que « si par hasard ceci et cela devait (encore) arriver, ce ne serait pas nous. Messieurs les enquêteurs, vous êtes donc priés d’aller chercher ailleurs ».
Votre dissociation est d’une gravité extrême, et le silence dans lequel elle se passe en dit beaucoup sur l’état de feu le milieu « révolutionnaire » français.

Je ne veux pas entrer ici dans des considérations sur les attaques pour lesquelles Damien a été condamné, ni sur les revendications qui vont avec, ni sur les (différentes) positions qu’il a pris depuis son incarcération. Là n’est pas la question. Ce dont je voudrais discuter ici avec vous est le comportement qu’on devrait tenir face à la menace de la répression qui suit des attaques.

Pour commencer, est-ce que vous savez que vous n’êtes pas obligés de partager entièrement ce qu’un prisonnier (ou un/e compagnon/ne quelconque d’ailleurs) pense et dit, et d’en publier les lettres ? Vous avez déjà écrit par le passé sur votre position contre le choix de l’attaque. Pourquoi renchérir maintenant, sur la peau d’un prisonnier ?
La CNT-AIT de Perpignan a elle aussi diffusé une autre lettre de Damien. Ils ont cru bon de ne pas en publier certains passages, mais ils ne se sont pas dissociés de lui, ni de ce qu’il dit, ni de ce qu’il a fait. Probablement qu’en tant que CNT (aussi AIT soit-elle) ils ne partagent pas les méthodes en question (tout comme vous). Mais à la différence de vous, eux ont eu l’élégance de la fermer, peut-être pour mieux l’ouvrir à un moment plus propice, c’est-à-dire dans un dialogue direct avec Damien, ou en privé. Cela pour ne pas mâcher le travail des flics.
Damien a écrit aussi à des compagnon/nes de Paris, en leur demandant de publier son communiqué adressé au Parti Socialiste et au gouvernement. Ne partageant pas une telle démarche, ils ne l’ont pas publié sur les sites anarchistes auxquels ils participent. Mais ils ont quand même commencé à retaper cette lettre pour la publier sur Indymedia (site de publication libre et anonyme), ceci comme geste minimal de soutien à un camarade emprisonné (même si, entre temps, la lettre est sortie ailleurs).

Est-ce que vous avez pensé au fait que si ce que Damien (ou quiconque d’autre) dit ne vous convient pas du tout, il y a une autre solution encore ? Un comportement tout à fait respectable à tenir. C’est le silence. Un silence public qui n’empêche pas aux compagnon/nes de réfléchir, analyser, critiquer, agir de façon différente. Un silence qui ne laisse pas isolés face la répression d’État celles et ceux qui ont fait le choix de la cohérence, ou d’autres choix que le votre (celui de la respectabilité). Un silence qui ne dit rien (du moins explicitement) à l’ennemi.

Avez-vous réfléchi au fait fondamental que les mots, autant que le silence, ont une importance ? Qu’on ne peut pas dire tout et n’importe quoi sous prétexte de « critique » ou de « liberté » ? Parfois, pour quelqu’un/e, il ne s’agit pas de « contre-information », mais de sa propre vie.
Vous avez justement repris des nouvelles à propos des compagnons italiens Adriano Antonacci et Gianluca Iacovacci, condamnés à de lourdes peines pour une série d’attaques. Êtes-vous au courant des polémiques qui ont eu lieu au sein du mouvement anarchiste italien, du fait que le silence d’une large partie dudit mouvement a été vue (correctement, à mon opinion) comme une forme de distanciation ? Et vous, qui apportez indirectement votre soutien aux deux compagnons, qu’est-ce que vous faites quand quelqu’un essaye de mettre en acte les mêmes belles idées, ici-même, en France ? Là ce n’est plus seulement de l’information, il ne s’agit plus de choisir des logos avec des mitraillettes croisées ou des photos d’incendies (de la frime à peu de frais…). Là ça pourrait être la DGSI qui commence à s’intéresser à ce que certains blogs passent comme « informations ». En effet, si vous vous faites un peu le haut-parleur français d’une certaine tendance de l’anarchisme, comment s’étonner si quelqu’un, du côté de Levallois-Perret, commence à s’intéresser à votre blog et, éventuellement, à vos personnes ?
Celui des AAA12 est un des rares blogs francophones où on trouve des communiqués des groupes de la FAI/FRI, sur laquelle, vous écrivez, « repose principalement […] la lutte armée anarchiste »  (vraiment ?!). Vous dites publier leurs lettres pour nous « aider à comprendre dans quel contexte etc. ». Merci, mais sachez alors qu’il se pourrait bien que des personnes un peu plus conséquentes que vous décident un jour de prendre exemple sur les nouvelles de la « lutte armée anarchiste » que vous publiez, et d’attaquer. Pas sur internet, mais pour de vrai. Car il y a des gens pour qui tout cela n’est pas qu’une imagerie, des mots, une esthétique ou une contre-culture.
Et si on choisit de traduire et publier des communiqués d’attaques des quatre coins du monde, on ne peut pas s’étonner si lorsque quelqu’un/e, ici dans l’Hexagone, décide de passer à l’attaque, on risque nous aussi d’entrer dans le collimateur de la justice. Faire de la « propagande » anarchiste est indispensable, mais ce n’est pas un hobby pour internautes à la recherche d’émotions, et surtout, ce n’est pas toujours gratuit. Des molotovs à Tarbes c’est moins exotique, moins héroïque, ça fait peut-être moins parler sur les sites de « contre-information » que le Projet Phoenix, mais c’est aussi plus concret, ici et maintenant. Surtout, ça pourrait causer des ennuis avec la police…

Et alors, qu’est ce qu’on fait ? Quand on sort du monde virtuel, quand on laisse les bombes sur l’écran et qu’on commence à se confronter au monde qui nous entoure réellement, là où les choses peuvent aussi vraiment se compliquer, qu’est-ce qu’on fait ? C’est là la question fondamentale.
On cache la tête sous le sable quand le couperet passe un peu trop près ? On dit qu’on est des gentils (et, du coup, que les méchants sont les autres) ? On maintient que ce qui est bien en Grèce ou au Chili ne l’est pas en France ? Parce que « les conditions ne sont pas prêtes et bla bla bla » ? Et alors comment expliquez-vous que vous n’êtes pas d’accord avec les molotovs à Pau, mais d’accord avec les bagnoles incendiées en Allemagne ? Le « contexte » allemand est-il si différent du français ?
Vous n’aimez les attaques révolutionnaires que si elles ont lieu loin de chez vous, dans d’autres pays on dans le passé ? Pourquoi, sinon, marquer si fort votre dissociation par rapport à certains actes, quand ils arrivent (quel manque de politesse !) à quelques 350 km de Rodez ? La révolution n’est-elle bonne qu’à la sauce tzatziki ? C’est trop confortable.

Vous dites que votre « activité politique est essentiellement basée sur la propagande car elle semble plus que jamais nécessaire pour développer des consciences révolutionnaires ». D’accord… mais qu’est ce qu’on fait quand on a développé une conscience révolutionnaire ? On gère des blogs ? On organise des tournois de « boxe populaire » ? On attend sagement le grand soir ? On part à la campagne fonder des « communes » ? Ou bien on essaye de concrétiser les idées, on attaque, ici et maintenant, en France et en 2014, sans se cacher derrière la grossière excuse d’un « contexte social » qui ne sera jamais favorable ? Et quand un camarade est en taule pour des attaques, on le soutient en disant qu’on n’est pas d’accord avec ce qu’il a fait ?

La première chose, la chose fondamentale, à mon avis, est de ne pas abandonner les camarades quand ils sont dans l’œil du cyclone. Ne pas reculer, ne pas se dissocier.

Dieu me garde de mes « camarades »

« Antifascistes Anarchistes Autonomes ». Tout ça ? Vraiment ? Et ça ne vous pose aucun problème ? Ne voyez-vous aucune contradiction entre ces trois concepts, pourtant si différents et parfois en conflit ? Je me doute bien que non, vu que ça ne vous pose aucun souci de publier sur votre blog des revendications d’attaques à la grenade en Grèce ou à l’explosif au Chili à côté d’un texte qui nous démontre la fausseté des théories conspirationnistes sur les chemtrails (grand merci, ça me soulage !). Ou un texte écrit par les compagnons de la CCF sur un compagnon mort pendant qu’il allait mettre une bombe devant une école de matons, à côté du compte-rendu de la manifestation syndicale des intermittents du spectacle

Les mots sont importants, choisir de relayer certaines informations (et pas d’autres) indique vouloir agir d’une certaine façon au sein de la guerre sociale (ou pas). Est-ce que vous donnez la même importance à des revendications syndicales et à des attaques révolutionnaires et sans médiations ?
Pour trop de monde il ne s’agit dans les deux cas que de nouvelles virtuelles qui s’équivalent dans le néant d’une pseudo-liberté de consommer de l’ « information », sans aucune conséquence dans la vie réelle. Mais j’aimerais bien savoir ce que les compagnons emprisonnés des CCF pensent des luttes des intermittents du spectacle. Ou bien ce que les compagnons anonymes qui attaquent l’existant, de Prague à Madrid, pensent de la nécessité de nous instruire sur l’inefficacité de l’homéopathie. Ça risque d’être drôle…
Au passage, un petit exemple des distorsions engendrées par la superficialité d’un révolutionnarisme du web. Paris et Nantes sont en France tout comme Rodez, et on y parle le même français. Un peu plus d’attention aux revendications d’attaques vous éviterait des erreurs grossières. Dans le détail : c’est bien de traduire le bulletin de contre-information d’Interarma. Mais si les compagnons grecs se trompent de lieu (et corrigent ensuite) vous n’êtes pas obligés de penser que des attaques revendiquées sur Indymedia Nantes se passent forcement à Nantes, d’autant plus que les communiqués précisent les lieux. Vous relayez aussi la nouvelle d‘une autre attaque qui a eu lieu en région parisienne, mais comme on a pu le lire, ce n’est qu’un seul camion d’un collabo de l’enfermement, un seul, qui est parti en fumée, et pas plusieurs ! Quelques petites erreurs de traduction ne sont rien de grave, mais ici c’est quelque peu comique, et surtout, cela donne une certaine impression de votre attention à ce qui se passe tout près de chez vous.

Malheureusement, il y a des choses bien moins rigolotes. Et la dissociation est parmi celles-ci.
Ne vous êtes-vous pas demandé, en écrivant votre « Mise au point », ce que certains propos peuvent signifier face aux flics qui lisent, eux aussi, votre blog ? Qu’est-ce qu’il pourrait arriver si d’autres sites prenaient des positions similaires à la vôtre? Que signifierait, dans ce cas, le digne silence de ceux qui refuseraient de se dissocier ? Peut-être que vous ne vous êtes pas posé cette dernière question, alors voilà la réponse : ça voudrait dire le risque de la taule pour qui ne se dissocie pas. Si tout le monde ou trop de monde se dissocie, ceux qui ne le font pas sont de facto indiqués comme les coupables.
Bravo « camarades » ! C’est justement le soutien dont tant de compagnon/nes, et Damien parmi eux, ont besoin ! Damien qui, quoiqu’on puisse penser de la façon dont ses actions ont été menées et quoiqu’on puisse penser de ses déclarations, ne s’est pas limité à « informer ». D’ailleurs, cela donne une certaine impression de misère de votre part de dire que tout ce que vous faites c’est « de la propagande », lorsque vous fourrez partout des images de grenades, de bagnoles en feu, de mitraillettes… mais bon, l’excitation pour la violence virtuelle passera avec l’arrivée de l’âge adulte.

Enfin, votre confusion vous appartient. Le point fondamental de cette lettre est tout autre. Vous dites que vous n’êtes pas d’accord avec le fait de jeter des molotovs sur une prison, sur une église, sur une caserne (si tout ça se trouve en France, bien sûr!). D’accord, ça aussi c’est une position qui peut vous appartenir. Il y a plein de « révolutionnaires » qui passent leur vie à écrire des pavés entiers pour justifier le fait qu’ils ne bougent pas un doigt. Mais… ils ne publient pas des listes de revendications d’attaques à la bombe ! Avez-vous vu des lettres de Damien (ou de la CCF) sur le site de la Fédération Anarchiste ? Non, leur position est claire. Fort critiquable, mais claire et cohérente. Et la votre ? En choisissant de véhiculer certaines positions théoriques, des informations sur certains prisonniers, les revendications de certaines attaques, vous véhiculez une certaine idée de l’anarchisme. Et tiens ! Cela pourrait peut-être éveiller l’attention des chiens de garde de l’État.
Ça vous étonne ?
Vous pourriez aussi recevoir des mails de la part de débiles qui parlent de « passage à l’acte »… pas de panique, ça arrive ! Vous n’êtes pas responsables des mails que vous recevez, et vous n’êtes pas obligés de répondre, non ?

Les mots sont importants, on ne peut pas exposer d’autres camarades pour le seul fait qu’on veut éloigner une possibilité (?) de répression. Dans la « liberté » d’internet, tout peut paraître facile, léger, tout peut sembler pareil… Les distances sont annulées et les risques aussi… C’est amusant, si on cherche de l’émotion à bas prix. Mais la réalité est plus lourde, elle demande des choix difficiles sur lesquels, dans bien des cas, on ne peut pas revenir. Dans ce marécage boueux qu’est feu le « milieu révolutionnaire » français, on a perdu le sens de l’importance des mots et des silences, qui réside dans le fait que la critique, celle des idées autant que celle des actes, est nécessaire. Cependant certaines prises de position en disent beaucoup, aux flics et aux juges, sur nous et sur les autres.
Voilà pourquoi certains propos puent. Voilà pourquoi il faut apprendre à la fermer.

Pour finir, encore une fois, certains compagnon/nes sont en train de payer par des années de prison, d’autres ont payé de leur vie, pour leur désir de détruire ce monde.
Personne n’est obligé de risquer autant, s’il ne le sent pas. Mais pour tous ceux qui se disent révolutionnaires, c’est un devoir de respecter une certaine « discrétion ». C’est un devoir de ne pas se dissocier, pour ne pas trahir, pour ne pas exposer des compagnons ou des camarades à la répression. On a le devoir d’essayer d’être cohérents.

août 2014
Un anarchiste tout court.

Reçu par mail, 17/08/2014

[Berlin] Suivi de la lutte des réfugiés qui occupent l’école rue Ohlauer / Actions de solidarité (24 juin – 5 juillet 2014)

Depuis mardi 24 juin 2014 midi à Berlin, plus de 900 unités de police, armées de fusils mitrailleurs, se sont positionnées autour du quartier de Kreuzberg dans l’optique d’expulser les réfugiés sans-papiers qui ont réquisitionné l’école Gerhart Hauptmann, sur la Ohlauerstrasse. Si la majorité des occupant-es a accepté une proposition de relogement de la part du sénat (et en l’occurrence du sénateur écolo Panhoff ), près de 40 squatteurs déterminé-es sont monté-es sur les toits de l’école afin de ne pas rentrer dans la négociation avec le pouvoir. Le quartier de Kreuzberg est occupé par les forces de l’ordre, tandis que des agents de police venant de plusieurs régions d’Allemagne encerclent le squat avec l’aide de vigiles de boîte de sécurité privée. Un appel à la solidarité avec les réfugiés expulsés de l’école a été publié en anglais ici et en français sur contrainfo.

En réponse à la répression, des actions et manifs sont depuis organisés avec les réfugiés de l’école:

  • Le soir même, à Friedrichshain et Kreuzberg, des bennes à ordures sont incendiées, tandis qu’un immeuble récemment construit a eu une de ses vitres double-vitrage par le lancé d’un pavé: des poukaves qui traînaient dans le secteur ont immédiatement fait appel aux flics. Mais les vandales ont réussi à prendre la fuite avant leur arrivée.
  • Dans la nuit du 24 au 25 juin, un immeuble de luxe récemment construit rue Samplon s’est fait fracasser ses vitres du rez-de-chaussée.
  • Toujours durant la même nuit à Prenzlauerberg, les bureaux du parti des verts de la Raumerstraße se mangent des tags en solidarité avec les réfugiés sur sa façade. Les flics ont ouvert une enquête.
  • Dans la journée du 25 juin, les bureaux du maire Herrmann (verts) de Kreuzberg ont été occupés par des personnes solidaires.
  • Plus tard vers 22h30, une manifestation de solidarité s’est tenue dans Kreuzberg: outre des slogans et banderoles contre les frontières (« no border no nation stop deportation »), des barricades sont érigées à travers les rues et des vitres d’immeubles du processus de gentrification sont défoncées.
"le problème se nomme racisme"

« le problème se nomme racisme » (d’autres photos ici)

  • Le 26 juin 2014 dans le quartier de Neuköln, une manifestation sauvage part de la Reuterplatz vers 22h00. 60 personnes y prennent part: des barricades fleurissent dans les rues, tandis qu’un immeuble du quartier d’affaires perd quelques vitres et des manifestant-es s’affrontent avec les keufs.
  • Dans la nuit du 27 juin 2014, une attaque incendiaire vise le tribunal de Tempelhof-Kreuzberg en solidarité avec les occupant-es de l’école. Le communiqué dit entre autre « Des balles pour la maire Hermann, le sénateur Henkel, le conseiller municipal Panhoff – Liberté pour tous les prisonniers – Droit de rester pour tous !

TribunalKreuzberg

  • Tôt dans la nuit du 28 juin à Berlin, un véhicule de l’entreprise de sécurité Dussmann est incendié. L’attaque est réalisée en solidarité avec les réfugiés, contre les « mercenaires de l’agence Frontex » (la revendication de l’attaque est lisible en allemand ici)

dussmann

Samedi 28 juin 2014, 5000 personnes ont manifesté à Berlin contre l’expulsion de l’école occupée et en solidarité avec les sans-papiers qui restent à l’intérieur du bâtiment. Le cortège, parti de Herrmannplatz, est passé par Oranienplatz jusqu’à l’école de la rue Ohlauer. Les flics étaient toujours en masse dans la ville, avec des unités de flics venant de toute l’Allemagne (de Bavière,  Thuringe, Rhénanie du Nord-Westphalie et du Brandebourg).

2806-01

"Solidarité avec les réfugiés"

« Solidarité avec les réfugiés »

2806-03 Voir d’autres photos de cette manif

  • Dans la nuit du 28 au 29 juin à Cologne, les locaux du parti des verts, situés en plein centre-ville Ebertplatz 23, s’est fait refaire sa façade à la peinture en réponse à l’expulsion des occupant-es de l’école Gerhart Hauptmann et à l’état de siège policier du quartier de Kreuzberg.
  • Dans la nuit du 29 au 30 juin 2014, des tags ont recouvert le bureau fédéral des verts dans le centre-ville de Bonn. On pouvait lire « les verts envoient les réfugiés à la mort », « solidarité avec les occupant-es de l’école à Berlin »…

Bonn

[Mardi 01/07/2014]

La confusion règne au sein du pouvoir local ces dernières heures: lundi 30 juin, le chef de la police berlinoise Klaus Kandt a lancé un ultimatum à la maire de Kreuzberg Monika Herrmann (verts) pour savoir si les flics expulsaient ou se retiraient avant midi mardi 1er juillet 2014 du quartier. Les embrouilles internes chez les verts sont multiples, mais aussi entre le sénateur à l’intérieur Henkel (CDU) et les verts. Le conseiller municipal Panhoff a clairement fait la demande d’expulser les occupant-es, ce qui a ramené d’office les flics en masse dans Kreuzberg – ce qui ne signifie pas qu’ils ont arrêté le siège de l’école – et laisser planer la menace d’expulsion. Les démocrates (parti de gauche « die Linke », parti pirate et une partie des verts et des jeunes SPD), voulant acheter la paix sociale, ont lancé une pétition (« Tenir sa parole ») pour résoudre le conflit sans la police, mais par le biais de négociations avec des psychologues et des forces civiles. Toujours est-il que le pouvoir ne souhaite pas immédiatement l’expulsion vue la mobilisation massive de ces derniers jours.

0107-1Du côté de la rue, on maintient la pression avec détermination: lycéen-nes et étudiant-es ont manifesté ce mardi 1er juillet pour le droit de rester des réfugiés. Durant une bonne partie de l’après-midi, il y a eu des affrontement sporadiques avec la police, accompagnés de slogans anti-police, avant que la manif se termine rue de Vienne à proximité de l’école G-H dans l’après-midi. Des sit-in pour empêcher une possible expulsion se sont également tenus à proximité de l’école.

Les bureaux politiques des verts (conseil municipal et mairie) ont été occupés par des solidaires. 20 personnes ont investi le conseil municipal dans l’après-midi: il y a eu trois arrestations et un-e occupant-e s’est fait casser le nez par les flics. Les autres ont été pris dans une nasse policière.

Des appels à accentuer les actions de solidarité circulent en ce moment contre la menace d’une nouvelle expulsion. Les réfugiés qui sont présents dans le bâtiment rapportent qu’ils sont privés de vivres par les barrages des flics. Les réfugiés de l’école menacent de se suicider en cas d’expulsion.

[Mise-à-jour 03/07/2014]

Suite aux déclarations du conseiller municipal des verts Panhoff qui exigeait l’expulsion immédiate des occupant-es de l’école de la rue Ohlauer, des manifs et occupations se sont tenues aux quatre coins du pays. Un petit récapitulatif:

  • Le 1er juillet 2014 à Francfort, plus de 300 personnes ont manifesté vers 21h en solidarité avec les occupant-es de l’école Gerhart Hauptmann. Parties de la Merianplatz, des flyers sur la situation dans le quartier de Kreuzberg ont été distribués aux passant-es. 
Francfort0107

« Solidarité est notre arme – Feu et flamme à la répression »

  • A Hambourg mardi 1er juillet, 200 personnes se sont rassemblées malgré une forte présence policière. La manif, qui n’a pas été déposée, a été déterminée et sauvage: en plus des slogans multiples contre la police et les expulseurs (verts, spd…), des pétards et des pierres ont été lancés sur les flics, et un bleu qui s’est mangé une pierre a du être hospitalisé. Les flics ont rapidement dispersé la marche à Schanzenviertel, et des panneaux de signalisation ont été arrachés et utilisé pour bloquer les rues du quartier, notamment sur la Schanzenstrasse. Des barricades ont été érigées à travers le quartier de Sankt-Pauli. Au total, 19 manifestant-es ont été interpellé-es. Samedi 5 juillet est prévu une grande manifestation en solidarité avec les réfugiés du groupe « Lampedusa à Hambourg » afin d’exiger immédiatement le droit de rester pour tous les réfugiés ainsi qu’une autorisation de travail.
  • Dans la nuit du 1er au 2 juillet 2014,  dans le quartier de Kreuzberg (Berlin), il y a eu quelques gestes incendiaires : à l’angle de la Cuvrystraße  et de la Görlitzer Straße, des barricades ont été érigées puis incendiées, et un véhicule auto-service a été en proie aux flammes. Les pompiers sont rapidement intervenus mais les émeutiers ont réussi à disparaitre dans l’obscurité.

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  • A Lübeck dans la nuit du 1er au 2 juillet, des tags ont recouvert le bureau des verts avec les inscriptions « Refugees Welcome – Fight Racism ». Le communiqué dit à la fin « Pour le droit de rester ! Contre les expulsions ! Contre les zones de danger et les zones restreintes ! Contre la police paramilitaire ! »

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  • A Münich mercredi 2 juillet, un groupe d’une soixantaine de personnes solidaires a occupé le bureau du parti des verts. Des banderoles ont été accrochées au bâtiment en solidarité avec les réfugiés.

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Mise-à-jour, 5 juillet 2014

Quelques impressions de compagnons actifs dans les rues de Kreuzberg ce mardi 1er juillet 2014. A lire sur contrainfo

  • On apprend tardivement que dans la nuit du 26 au 27 juin, le parti des verts a reçu une visite à son QG d’ un groupe solidaire avec les réfugiés du quartier de Kreuzberg à Berlin. Ces dernier ont pris le temps de toquer aux vitres du local à coups de pavés et de prendre la fuite.
  • Le 3 juillet, les verts du quartier Haslach à Fribourg ont reçu la visite d’une poignée de solidaires.

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  • Toujours ce jeudi 3 juillet, 150 personnes ont manifesté à travers les rues de la ville de Darmstadt (Berlin) en solidarité avec les réfugiés de l’école. Le compt-rendu de la mobilisation se termine par « droit de rester pour tou-te-s – Personne est illégal – la solidarité doit être pratiquée … »: il est lisible en intégralité en allemand ici.
  • Près de 50 personnes se sont rassemblées à proximité d’une église à Berne (Suisse) ce jeudi 3 juillet et ont déambulé dans les rues en solidarité avec les migrants de la rue Ohlauer à Kreuzberg (Berlin), mais également pour les sans-papiers de Calais (arrêté-es mercredi 2 juillet et enfermés dans plusieurs centres de rétention sur l’ensemble du territoire)

Bern

Jeudi 3 juillet, on apprend via les médias du pouvoir que la police s’est en partie retirée du quartier de Kreuzberg, même si 200 flics continuent à surveiller le quartier. Les barrages de flics sont moins nombreux aux alentour de l’école occupée. Par ailleurs, les autorités ont passé le relais à une entreprise de sécurité privée pour s’assurer qu’aucun autre réfugié viennent rejoindre celles et ceux présent-es dans l’école Gerhart Hauptmann. Les dix jours de siège policier auraient coûté plus de 5 millions d’euros à l’Etat.

BerlinDemo05072014Un appel à une grande manif pour le droit de séjour des réfugiés et contre une éventuelle nouvelle expulsion des occupant-es de l’école de la rue Ohlauer a été lancé ce samedi 5 juillet sur la Hermannplatz à Neukoln. En ce début d’après-midi, plusieurs milliers de personnes (entre 2200 et 2300 selon les médias, 5000 selon les organisateurs) ont répondu présent. 850 flics antiémeute ont été mobilisés pour l’occasion. Au départ de la manif, des pétards et des feux d’artifice ont été allumés par un groupe de personnes solidaires depuis le toit d’un immeuble tout en tenant une banderole, tandis que résonnait depuis les rues le slogan « Feu et flammes aux expulsions ».

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Berlin05072014-3Le cortège a fait une courte halte sur la OranienPlatz, lieu où s’étaient installés avec leurs tentes il y a quelques temps plusieurs réfugiés de Berlin en lutte. Certain-es ont tenté de grimper aux arbres et se sont heurté-es à la police, qui a cependant interpellé plusieurs manifestant-es malgré la résistance déterminée d’une partie du cortège (on ignore le nombre d’arrestations). Par la suite les flics ont encerclé les arbres de la place… La manif, qui a diminué quasiment de moitié en nombre, s’est ensuite dirigée vers l’école occupée, où les unités de police ont quadrillé le secteur et remis pour l’après-midi des barrières tout autour du squat. La manif s’est dispersée vers 19h. Il a été rapporté sur linksunten que les porcs en uniforme ont procédé à des contrôles et arrestations après la dispersion.

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« Combattons l’Europe forteresse – Droit de rester pour tous »

Mis-à-jour 07/07/2014:

Jeudi 3 juillet à Brême, près de 80 personnes se sont réunies en début de soirée au Ziegenmarkt pour exprimer leur solidarité avec les réfugiés et les occupant-es de l’école de Kreuzberg (Berlin). La manif a été de courte durée mais bruyante, avec pas mal de slogans comme « no border no nation stop deportation !, Personne n’est illégal, Droit de rester n’importe où! ». Des tracts détaillant la situation là-bas ont été distribués. Après la dispersion à Domshof, les keufs ont contrôlé plusieurs participant-es à la manif sans qu’il n’y ait d’arrestation.

Potsdam1Le lendemain (4 juillet) à Potsdam, une quarantaine de personnes solidaires s’est retrouvée dans le centre-ville. Deux manifestant-es sont monté-es sur les piliers de la porte de Brandebourg afin d’étendre une banderole qui disait « Pas de mur pour l’Europe – Droit de rester pour tou-te-s », tandis que d’autres ont informé les passant-es de la motivation de l’action, à savoir montrer la solidarité avec les réfugiés qui occupent l’école Gerhart-Hauptmann dans le quartier de Kreuzberg. Bien que la menace d’expulsion qui pesait sur les squatteurs de la rue Ohlauer ait été retirée suite aux nombreuses manifs et actions de solidarité de partout, les principales revendications des réfugiés – à savoir le droit de séjour en général, la permission de travailler, l’abolition du système de bon et de l’obligation de devoir résider et de dormir dans les lager (camps pour réfugiés en Allemagne)) – n’ont pas été abordées par le pouvoir vert (Toutes ces revendications ont émergé lors d’une marche revendicative des réfugiés Würzburg à Berlin initiée en 2012). Les flics se sont ramenés peu de temps après le début de l’action suite à l’appel d’une citoyenne qui braillait sur les solidaires…

Potsdam2

Sources: indymedia linksunten et plusieurs articles de leur presse

[Trento, Italie] Attaque incendiaire et solidaire contre le Parti Démocrate – 13 juin 2014

niaoaoNous apprenons par les journaux locaux que dans la nuit du 12 au 13 juin à Trento, des inconnus ont lancé un cocktail Molotov contre la porte du siège du Parti démocrate via Gazzoletti, dont une partie a été brûlée.

Sur le site ont été trouvés des tracts en solidarité avec les quatre No Tav arrêtés le 9 Décembre 2013.

Les enquêteurs ont déjà informé le procureur Davide Ognibene qui est également chargé de l’enquête sur d’autres attaques récentes qui sont attribués à des anarchistes (dont l’attentat d’un tribunal et l’explosion contre le lieu fasciste de la CasaPound à Rome).

Via informa-azione

Attaque incendiaire contre le CRA de Cornebarrieu – Nuit du 4 au 5 juin 2014

Plusieurs cocktails-molotov lancés sur le centre de rétention de Cornebarrieu

Le Centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieur près de Toulouse a été la cible de plusieurs cocktails-molotov dans la nuit de mercredi à jeudi. Entre 7 et 9 projectiles incendiaires auraient été lancés depuis un deux-roues.

Entre 7 et 9 cocktails-molotov ont été lancés vers 3 heures du matin contre le Centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu près de Toulouse, selon une information de France 3 Midi-Pyrénées, confirmée par le responsable syndical Unité-SGP de la police de l’air et des frontières (PAF).

Les faits se sont déroulés vers 3 heures du matin depuis un deux roues, scooter ou moto. Les projectiles, lancés depuis la route, n’ont pas atteint le bâtiment ou les voitures. Il n’y a pas eu de blessés.

Des prélèvements ont été effectués par la police scientifique jeudi matin. Une revendication par « un groupe anarchiste » aurait été retrouvée sur place, sous une forme qu’on ignore encore. Les images de caméras de surveillance sont en cours d’analyse.

Le centre de rétention est le lieu où les étrangers en situation irrégulière sont placés en attendant leur expulsion du territoire.

Leur presse via les brèves du désordre

[Mexico] Nouvelles accusations contre les anarchistes Amélie, Fallon et Carlos (5E3)

Dans la matinée du 16 mai, les compagnonnes Amélie et Fallon ont été informées qu’elles seraient emmenées à Reclusorio Sur (prison du sud de Mexico) afin de témoigner de nouvelles accusations sous ordre fédéral.

Vers 8h00, toutes les deux ont été transférées au tribunal, où elles ont rencontré le compagnon Carlos.

Après avoir attendu presque toute la matinée, tou-te-s ont été informé-e-s qu’un  mandat d’arrêt leur a été délivré pour le délit de dommages à la propriété d’autrui, sous la forme « d’incendie volontaire dans un immeuble avec une personne à l’intérieur« . Les trois compagnon-nes n’ont pas fait de déclaration et une fois l’audience terminée, il.elle.s ont été ramené-es à la prison où il.elle.s sont détenu-es depuis février 2014 (Carlos à Reclusorio Oriente, Amélie et Fallon à Santa Martha), après avoir passé 40 jours en détention fédérale dans le cadre de la procédure de mise en accusation.

Cela signifie que dorénavant les compagnon-nes font face à deux poursuites judiciaires; une sous la juridiction locale pour les délits d’attaques à la paix publique et dommages aggravés (attaque du concessionnaire Nissan) pour lesquelles ils n’ont pas droit au cautionnement, et une procédure fédérale pour l’infraction de dommages à la propriété d’autrui (attaque sur le secrétariat des communications et des transports).

Les compagnon-nes vont bien et ont été en mesure de dire qu’il.elle.s n’ont pas été frappé-es durant le transfert.

La prochaine audience de la procédure locale est fixée pour le 19 mai, alors que la date de l’audience fédérale sera déterminée ce dimanche (18/05/2014).

Une fois encore, nous appelons à la solidarité avec les compagnon-nes Amélie, Fallon et Carlos, qui sont enlevé-es par l’Etat mexicain depuis le 5 janvier (5e).

L’Etat/le capital est le seul terroriste !

Ni coupable, ni innocent-e !

Liberté pour tou-te-s !

Anarchist Black Cross de Mexico, le 16 mai 2014

Vous pouvez écrire aux prisonnier.es aux adresses suivantes:

Amélie Trudeau / Fallon Rouiller
Centro Femenil de Reinserción Social Santa Martha Acatitla
Calzada Ermita, Iztapalapa No 4037, Colonia Santa Martha Acatitla
Delegación Iztapalapa, C.P. 09560, Ciudad de México, D.F.
México

Carlos López Marín
Reclusorio Preventivo Oriente
Calle Reforma #50, Col. San Lorenzo Tezonco
Delegación Iztapalapa, C.P. 09800, Ciudad de México, D.F.
México

[Mexico] Lettre de la prisonnière anarchiste Amélie depuis la prison de Santa Martha

Mexique, 5E : Lettre d’Amélie

23 février 2014, prison de Santa Martha, México, DF

banda5eLe soir du 5 janvier dernier, j’ai été arrêtée avec mes compagne.on.s Fallon et Carlos pour avoir supposément attaqué le Secrétariat Fédéral des Communications et Transports de Mexico, ainsi qu’un concessionnaire de voitures Nissan. Des vitres ont été brisées et des cocktails molotov ont été projetés à l’intérieur du ministère, (selon ce que les preuves disent) et dans les voitures neuves du concessionnaire. Les dommages se sont élevés à plus de 70 000 pesos au ministère et de plus de 100 000 pesos au Nissan.

Effectivement, je suis anarchiste et je vis à Montréal, au Canada. J’étais de passage au Mexique, et voilà que mon voyage se prolonge de quelques temps.

Après avoir été arrêtée, on nous a enfermé pendant 96 heures, pour ensuite nous transférer au Centre Fédéral des Arraigo- sans même avoir vu un juge. Nous y avons été séquestré pendant 40 jours. En cellule, 23 heures sur 24, une cigarette par jour, fumée en 10 minutes; 3 repas par jour, mais avec seulement 10 minutes pour manger à chaque fois, sans parler; pas le droit d’avoir de crayon; 9 minutes de téléphone par jour… Bref, c’était l’attente, et il ne se passait rien d’autre que la télé ouverte, du matin au soir, avec les «télé-novelas» mexicaines qui passaient. Une chance que nos ami.e.s nous ont envoyées des livres! Merci, je ne sais pas comment j’aurais survécu sinon.

Le jour 40, le Procureur Général de la République (PGR- police fédérale) transfère nos dossiers à la PGJ (police d’état) parce qu’ils n’ont pas de preuves pour nous accuser au fédéral. Ansi, depuis le 17 février, Fallon et moi sommes à la prison de «Santa Martha», prison d’État pour femmes à Mexico City, où nous avons été transférée et Carlos se trouve à «Oriente», une prison d’État pour hommes à 20 minutes de nous. Ici, c’est une micro-société entourée de béton et de barbelés, mais où on peut faire ce qu’on veut à l’intérieur des murs.

Au moment où j’écris ce texte, il est 7h30 du matin. Je suis dans la cour et je regarde le soleil se lever derrière la tour de garde qui occupe le paysage. En vrai, je me sens presque dans une cour de HLM quand je regarde le bâtiment avec les vêtements qui pendent aux fenêtres sans barreaux. Y’a plein de pigeons, de poubelles, de gazon jauni et de barbelés. Y’a aussi plein de gens avec leurs histoires.

La prison, comme la police, est un fait nécessaire au maintient de la paix sociale. C’est la domination et le contrôle qui permettent à ce monde dégueulasse de persister. La prison signifie peur, inconnu, honte, solitude, isolement. La société c’est le dressage des individus en bons citoyens. Ainsi, ma force en tant qu’individue prend racine dans le refus que la peur soit une limite dans ma vie. Bien sûr que j’ai peur, comme tout le monde, de plein de choses, mais mes désirs de liberté sont plus forts. La peur est souvent construite et se déconstruit quand on y fait face. Ce qui importe, c’est de voir plus loin, de dépasser les cadres, les frontières, au delà des murs, des montagnes, des fleuves et des océans.

Je suis ici pour je ne sais combien de temps, mais je ne m’apitoie pas sur mon sort. J’ai confiance que dehors, la lutte continue et les gens se rencontrent, s’aiment, se détestent, vivent, osti. En fait, je ne me sens pas à l’aise que des gens focussent sur notre cas sans engager leurs propres luttes dans leurs contextes. Je pense que la meilleure solidarité se construit dans le partage des forces individuelles et collectives. Le pire pour moi serait que rien ne se passe dehors, alors que nous sommes séquestrées ici, mais je sais que mes ami.e.s continuent, malgré les difficultés auxquelles nous devons faire face. Ma réalité d’anarchiste en prison n’est qu’un fait parmi d’autres avec lequel nous devons nous adapter. Le plus difficile est souvent de maintenir et protéger les liens de confiance entre compagne.on.s avec qui nous partageons des affinités pour pouvoir penser dans le long terme. Lorsque c’est possible, cela fait émerger des possibilités inimaginables.

En ce sens, mes idées et analyses restent les mêmes qu’en dehors. C’est pourquoi je n’ai pas envie de changer mon discours pour recevoir l’appui des gens. J’apprécie énormément les efforts de solidarité qui ont été fait jusqu’à maintenant, par contre, je me distancie de certaines initiatives qui ont été prises en solidarité avec nous, à Montréal : lors de la vigile qui eut lieu devant le consulat mexicain, le discours exposé dénonçait la torture et le non-respect des droits humains pratiqués par l’État mexicain. L’ONU a été mentionnée avec un ton réformiste et progressiste. Honnêtement, j’apprécie que plusieurs personnes se préoccupent de notre cas, seulement je refuse d’utiliser ces discours réformistes illusoires. Pour moi, l’injuste, la torture et le non-respect des droits humains font partis intégralement du monde tel qu’il est. Les droits sont régulés par l’État et sont suspendus à tout moment dès que besoin se fait sentir. De plus, cela favorise l’idélogie de la démocratie (des droits pour des citoyens), la plus grande des illusions qui soit. Et surtout, appuyer nos idées en faisant référence à des instances du pouvoir telle l’ONU ne peut construire une lutte anti-autoritaire forte. Ce n’est pas en tentant d’influencer l’opinion publique avec des discours réformistes que l’on pourra construire les bases solides d’une lutte irrécupérable.

Je dois dire aussi que je n’ai honnêtement rien à faire des syndicats étudiants et de travailleurs, et cela même dans l’idée du «syndicalisme de combat» très à la mode chez moi, à Montréal. Ces organisations sont formelles et bureaucratiques. Elles reproduisent la «démocratie directe». Ce sont ces mêmes structures que je veux détruire, qui imposent une distance entre les individus, dans le rapport des individus au monde et au vivant. La formalité, la bureaucratie, la loi, et l’institutionnalisation transforment les liens entre les personnes. Ils figent les possibilités de transformation constante, exactement comme le font les partis politiques. Ils tentent d’organiser et de diriger «la masse informe».

Ainsi, il y a une contradiction évidente : nous avons été appuyées par des associations étudiantes au Québec. Pour ma part, je n’ai aucun problèmes avec le fait d’accepter cet argent qui nous aidera sans doutes à sortir de prison. Mais je dois dire que selon moi, ces organisations n’ont rien de révolutionnaire. Elles sont pourries à la base. Elles sont fondées sur des structures d’organisation maoïste et sont entièrement formelles, avec leur code de procédure de politiciens. Ce langage est incompréhensible. Des orateurs charismatiques manipulent les votes des masses en exprimant ce que la majorité veut entendre plutôt qu’en parlant avec le cœur. Des foules de 100 000 personnes marchent comme des zombies, chantent et répètent les même slogans réformistes et retournent ensuite chez eux, dans leurs quotidiens.

Dans la situation dans laquelle je me trouve, en attente de ma sentence ou de ma libération, exprimer ouvertement que je suis anarchiste peut me mettre dans la précarité. J’ai choisi de le faire, de toute façon. Plusieurs fois, j’ai ressenti le besoin de communiquer avec d’autres anarchistes ayant vécu des situations semblables. Confronté.e.s à la répression de l’État , il y a plusieurs façons de réagir. Je pense qu’utiliser un discours modéré procurent des privilèges tels que sortir de prison plus rapidement, obtenir du financement ou se faire accepter socialement. Mais je pense qu’aussi longtemps que les discours et les actes seront modérés, il sera difficile de propager des pratiques insurrectionnelles et anti-autoritaires. C’est pourquoi il est important de communiquer mes idées ouvertement et en connaissance de cause.

Je ne sais pas combien de temps je serai enfermée ici, mais une chose est certaine : ce ne sera pas pour toute la vie. J’ai la chance d’avoir des ami.e.s et des compagne.on.s de luttes géniaux, et je ne me sens pas seule. La force et le courage se trouvent d’abord en soi. Il y a un univers de possibles, ici comme ailleurs. Toutes formes de domination sont à combattre, autant celle qui crée les structures et les institutions que celles qui s’immiscent dans nos relations. Il n’existe pas de paradis ni de monde parfait. La liberté c’est le mouvement et le conflit permanent, en confrontation avec le monde des images, des symboles et des apparences. La liberté, c’est la destruction des structures de domination sur nos vies. Au Mexique, à Montréal, en France, à Vancouver, aux Etats-Unis, en Espagne, en Grèce, au Chili, en Égypte, en Belgique, en Italie, en Allemagne, en Angleterre, en Hollande, je salue mes ami.e.s et compagne.on.s de lutte. Pour la liberté totale, je souhaite que des liens se forgent dans la lutte.

En solidarité avec Carlos «Chivo» et Fallon.

Avec Amour, à bas les murs de toutes les prisons.

Amélie.

Pour écrire à Fallon et Amélie :

Centro Feminil de Reinsercion social Santa Martha Acatilla
Amélie Trudeau / Fallon Rouiller
Calzada Ermita
Iztapalapa No 4037
Colonia Santa Martha Acatitla
Delagation Iztalpalapa
C.P. 09560

Repris de sabotagemedia, 18 mar 2014