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[Berlin] La lutte des réfugiés de l’école Gerhart-Hauptmann reprend suite à une nouvelle menace d’expulsion

Mise-à-jour 30/10/2014:,  

L’expulsion prévue ce vendredi 31/10/2014 a été annulée, les autorités préférant pousser les réfugiés à accepter la solution de relogement qui leur ont proposé (et ce, juste après les avoir bernés une énième fois et annoncé leur expulsion dans la presse…). La mairie mise sur le fait de négocier la paix sociale. Car une expulsion signifierait beaucoup d’agitation dans la ville (et la mairie de Kreuzberg n’a pas oublié les attaques et sabotages qui avait riposté à l’occupation policière du quartier et à la tentative d’expulsion du squat durant l’été dernier. Il semblerait donc que les appels à la résistance et la volonté des 45 occupants restants de rester unis, solidaires et de résister physiquement en cas d’expulsion ait fait reculer les politiques locaux.

D’autres infos à suivre

ohlaustay***********************************************************************

Ce jeudi 30 octobre 2014, un article d’Indymedia Linksunten évoque la volonté des autorités locales de Berlin d’expulser les migrants de l’école occupée Gerhart-Hauptmann située Ohlauer Strasse. Les flics ont annoncé ce même jour d’ériger une « zone à risque » autour de l’école à partir de 6h du matin. L’expulsion serait prévue pour le vendredi 31 octobre 2014.

La veille, de nombreuses forces policières ont pris d’assaut le quartier de Kreuzberg en vue de l’expulsion.

Sans surprise, le dialogue avec le pouvoir initié par une partie des occupants ayant échoué  – en l’occurrence un accord signé il y a plusieurs mois pour un relogement des demandeurs d’asile dans certaines conditions (rester ensemble par exemple) qui a été rompu récemment – a pu une nouvelle fois montrer à tous qu’il n’y rien à demander à l’Etat et ses représentants. En échange (donc en guise de foutage de gueule), la municipalité leur a proposé un bon d’hébergement d’un mois en auberge de jeunesse).

Des appels à actions décentralisées, à se tenir informer et se rendre sur place pour enrayer l’expulsion ont été lancés.

Sans attendre, on apprend que le bureau des verts du quartier de Treptow a été attaqué dans la nuit du 28 au 29 octobre 2014. Le communiqué explique ses bris de vitres par rapport aux décisions des gouvernants locaux (et en l’occurrence de la maire de Kreuzberg, Monika Hermann, du parti des verts) d’expulser les 45 réfugiés qui occupent l’école de la rue Ohlauer à l’Oranienplatz et ceux du Görlitzer Park. Quelques extraits:

« Ceci est un avertissement aux gouvernants et leurs partis de garder leurs mains loin de l’école.

Chaque expulsion a son coût ! Faisons-le grimper !

Allons devant l’école et montrons-nous solidaires ! […]

Pour une vie auto-déterminée !

Vous ne pouvez pas expulser un mouvement ! »

Dans la nuit de mercredi à jeudi 30 octobre, 160 réfugiés et solidaires ont manifesté, exprimant leur détermination à rester dans cette école, et donc à appeler à la résistance pendant l’expulsion. Un concert de soutien aux réfugiés a clôturé la soirée.

Voir toutes les infos sur la lutte des réfugiés de la rue Ohlauer et actions solidaires durant l’été 2014 à Berlin et partout à travers le pays.

[Paris] Quelques bâtons dans les roues des expulseurs et de l’enfermement…

Quelques bâtons dans les roues

Dans la nuit du 22 au 23 octobre nous avons décidé d’emmerder un peu quelques collabos en leur crevant les pneus :

- un utilitaire Challancin (nettoyage dans les CRA)

- une voiture SNCF (collabos des expulsions)

- un utilitaire Vinci (constructeur de taules)

- une voiture Orange (qui exploite les prisonniers)

- 29 vélibs de ce batard de JC Decaux qui exploite aussi les prisonniers

Nous en profitons pour saluer les compagnons récemment condamnés pour le double braquage de Velvento, Kozani.

Indy nantes, 24/10/2014 à 20h13

[Vienne, Autriche] Expulsion de la Pizzeria Anarchia

Eviction of squatters from Pizzeria Anarchia in ViennaLe squat viennois Pizzeria Anarchia a été expulsé aujourd’hui, lundi 28 juillet 2014. Il était occupé depuis novembre 2011.

Au moins trente véhicules, des canons à eau, un hélico et environ 1 700 flics ont été mobilisés pour expulser une cinquantaine de squatters…

Un tank et une tronçonneuse ont notamment été utilisés pour défoncer les barricades du rez-de-chaussée, tandis que des squatters ont balancé par les fenêtres des litres et des litres de peinture sur les flics anti-émeute et autres forces de répression. Des barricades avaient été placées dans la rue pour retarder l’intervention policière. À l’intérieur, une partie des squatters se sont réfugié-e-s au dernier étage et/ou sur le toit. Au final, cette expulsion aura pris la journée aux flics, puisqu’ils sont arrivés le matin et ont fini leur sale job vers 20h30. Dix-neuf personnes ont été arrêtées, a priori toutes à l’intérieur du squat.

Un flic aurait été blessé lors d’un lancer de téléviseur par la fenêtre du squat. Cette bonne nouvelle pourrait être utilisée contre les personnes arrêtées… Affaire à suivre.

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Repris de squat.net, 28 juillet 2014

Un appel solidaire des squatters-ses a circulé début 2014 suite à la menace d’expulsion du lieu 

Des attaques contre les agents de la gentrification ont également été menées parallèlement, comme celle-ci par exemple

[Grèce] Grève des prisonniers et attaque d’une agence bancaire en solidarité à Volos (juin 2014)

Les prisons suivantes ont participé au mouvement national de grève des plateaux [contre la création de prisons de haute sécurité, voir ici] continue (liste non-exhaustive) : Korydallos, Kerkyras, Domokos, Patras, Larissa, Alikarnassou, Diavaton, Grevenon, Nafplio, Avlonas, Nygritas Serron, etc.

La participation totale atteint les 90 %.


A Volos, Grèce, attaque solidaire contre une banque :

Nous avons mené à l’aube du 6 juin une attaque contre la banque Alpha Bank à l’angle des rues Athinon et Larissis.

Nous avons choisi une telle action comme un moyen d’attaque contre les plans de l’état pour la création de prisons de type C d’une part et de l’autre comme signe de solidarité avec les personnes en lutte emprisonnées.

Si vous voulez des vitrines sans aucune ride, vous devrez vous enfermer derrière les volets de sécurité.

Nous accueillons avec joie chaque action qui brise l’inertie et vise à la déconstruction totale de l’existant.

Lutte polymorphe jusqu’à la destruction de chaque structure autoritaire.

Poudre noire et feu contre toutes les prisons.

Anarchistes

Repris de non-fides.fr

On peut aller lire le texte du comité de lutte des prisons traduit du grec par contrainfo

[Trento, Italie] Attaque incendiaire et solidaire contre le Parti Démocrate – 13 juin 2014

niaoaoNous apprenons par les journaux locaux que dans la nuit du 12 au 13 juin à Trento, des inconnus ont lancé un cocktail Molotov contre la porte du siège du Parti démocrate via Gazzoletti, dont une partie a été brûlée.

Sur le site ont été trouvés des tracts en solidarité avec les quatre No Tav arrêtés le 9 Décembre 2013.

Les enquêteurs ont déjà informé le procureur Davide Ognibene qui est également chargé de l’enquête sur d’autres attaques récentes qui sont attribués à des anarchistes (dont l’attentat d’un tribunal et l’explosion contre le lieu fasciste de la CasaPound à Rome).

Via informa-azione

[93] Attaques d’agences immobilières et sabotage de DAB en solidarité avec les compagnons inculpés en Italie – 8 juin 2014

[93] La solidarité c’est l’attaque

Sous une averse de grêlons, dimanche 8 juin, 8 DABs ont été sabotés à la mousse expansive ou au marteau, et deux agences immobilières ont perdu leur vitres, au Pré saint gervais et à Pantin. Ce n’est qu’un apercu de notre rage contre les exploiteurs et les expulseurs.

Solidarité avec les inculpé-e-s de la lutte contre les sfratti à Turin.

Détruisons ce qui nous détruit.

Repris d’indymedia Nantes, 12 juin 2014

[Lyon/Grenoble/Chambéry] Consulats d’Italie attaqués en solidarité avec les compagnon-es No TAV en procès – 22 mai 2014

Le consulat d’Italie visé par les anti Lyon-Turin

La façade a été taguée et de l’huile et du goudron ont été renversés sur le bâtiment du 6e arrondissement de Lyon, 5 rue du Commandant Faurax.

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L’inscription « No TAV Liberi » est encore visible ce jeudi midi alors que les dégradations ont été commises la nuit dernière. Cette action a probablement un lien avec le procès d’opposants au projet de TGV entre Lyon et Turin qui se déroule en ce moment en Italie. Les consulats italiens de Grenoble et de Chambéry ont également été la cible des « No TAV ».

A Lyon, une enquête a été ouverte, et les images des caméra de videosurveillance devraient être exploitées pour tenter de retrouver les auteurs de ce tag.

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Leur presse – Lyonmag.fr, 22/05/2014 à 13h33

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Grenoble : les « No Tav » taguent le consulat d’Italie

La façade du consulat d’Italie à Grenoble, situé 15 cours Jean-Jaurès, a été taguée et aspergée de peinture dans la nuit de mercredi à jeudi. Les inscriptions apposées sur la porte demandent la libération de plusieurs activistes du mouvement dit des « No Tav », ces opposants à la construction de la ligne ferroviaire Lyon-Turin. Ces quatre personnes sont actuellement détenues en Italie pour avoir participé, il y a un an, à l’attaque d’un chantier de la ligne TGV et doivent être jugées aujourd’hui.

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Leur presse – ledaubé.com, le 22/05/2014 à 09h43

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CHAMBERY Des tags signés No Tav sur l’ancien consulat italien

C’est dans ce bâtiment que les Italiens de Savoie voteront pour les Européennes.

Un acte de vandalisme symbolique sans doute, perpétré la veille de l’ouverture du scrutin européen pour les Italiens de l’étranger. Des tags et déversements de peinture ou de goudron portant la signature “No Tav “-mouvement des opposants au projet ferroviaire Lyon-Turin- tapissent depuis hier les façades de l’ancien consulat d’Italie de Chambéry. Là où les Italiens de Savoie sont invités à voter vendredi et samedi pour leurs candidats italiens.

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Leur presse – ledaubé.com, le 22/05/2014 à 21h18

[Rome, Italie] Révolte de sans-papiers et destructions contre la coopérative ‘Auxilium’ qui gère l’enfermement

[Rome] Révolte au CARA

15 mai 2014*. Plus de deux cents immigrés retenus dans le centre se sont barricadés à l’intérieur. Ils ont fermé avec des chaînes le portail d’entrée empêchant les vigiles de sortir et les ouvriers de rentrer. Ils protestent contre la mise en place d’une carte pour les dépenses minimales dans le centre, qui avant étaient payées en liquide. Les flics arrivent pour mater la protestation en chargeant les immigrés, et les gazant à la lacrymo. En réponse, les retenus ont lancé des pierres et d’autres objets contre les forces de l’ordre. Quelques flics à l’hôpital et une voiture de carabinier endommagée.

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[Italie] Vitres brisées et incendie de hangar

caraRome18 mai 2014. Jeudi 15 mai au matin en sortant de sa maison de Rome, un conseiller d’administration de la cooperative Auxilium, a trouvé les fenêtres de sa voiture en éclats. Si pour l’instant personne n’a avancé l’hypothèse que le verre se soit cassé tout seul, peut-être pour encaisser les sous de l’assurance(1), le président de la coopérative, le très catholique Prêtre Francesco Chiorazzo, a, lui, parlé franchement. Selon lui, l’épisode du verre brisé est d’une manière ou d’une autre lié à l’incendie d’un hangar(2) au Cara (centre de demandeur d’asile) de Bari et avec la révolte au cara de castelnuovo, tous deux gérés par la coopérative Auxilium. “il est évident, a ce stade,  qu’on est victime d’une attaque révoltée contre auxilium”. Rosario Altieri, président de l’AGCI (association générale des coopératives italiennes) a immédiatement exprimé sa solidarité et sa proximité avec la coopérative, qui en plus de ces deux Cara, gère les cie de Rome et de Caltanisseta.

(1) En référence à l’histoire d’un chauffeur du procureur de Turin, Rinaudo, qui a inventé une agression, pointant du doigt les anarchistes en parlant d’intimidation, et espérant toucher l’assurance…

(2) incendie survenu à 7 heures du matin le 16 mai dont l’origine reste à determiner…

Repris de sans papiers ni frontières

NdCNE:

*Près de 800 sans-papiers se sont révoltés dans la matinée contre les conditions de survie dans le centre. Ils protestent aussi contre la suppression des services de médiation inter-culturelle et d’assistance juridique. Durant la charge policière, 8 migrants ont été arrêtés, 4 grièvement blessés qui ont été transportés à l’hôpital.

Plus d’infos en italien sur hurryia

[Turin] Appels à mobilisation en vue du procès No TAV le jeudi 22 mai

Prisonniers No Tav sous accusation de terrorisme

Appels à mobilisation en vue du procès

  • Samedi 10 Mai: Manifestation internationale à Turin, piazza Adriano à 14h

  • Du 15 au 22 Mai: Semaine d’actions

  • Le 22 Mai: début du procès aux assises du tribunal de Turin.

A la fin de cette article, deux lettres de Niccolo et Claudio

Les No Tav luttent depuis plus de 20 ans contre la construction de la ligne a grande vitesse Lyon Turin et le forage du plus grand tunnel d’Europe dans les montagnes du Val Susa en Italie. Cette ligne TGV s’inscrit dans un schéma européen capitaliste déjà bien avancé qui, selon les logiques d’hypervitesse et d’innovation façonnent et dévastent les espaces de vie.

Ces dernières années, une multitude d’actions portées par nombre d’individus ont créés des moments de lutte intense pour continuer à renforcer le mouvement No Tav malgré la militarisation du chantier à Chiomonte en Val Susa où ils voudraient forer le tunnel. Barbelés, flics 24H24, vidéosurveillance, grilles en fer et en béton sécurisent cette forteresse mais n’empêchent pas les No Tav de continuer à manifester à des milliers ou à 50, de tenter de bloquer les machines, de pique niquer ou de saboter…

La nuit du 13 au 14 mai, une trentaine de No Tav a réussi à entrer dans l’enceinte du chantier et à incendier du matériel dont un groupe électrogène. Ce sabotage avait été soutenu publiquement par le mouvement. Sept mois plus tard, le 9 décembre le parquet de Turin met en prison 4 compagnon.nes, Chiara, Mattia, Niccolo et Claudio sous accusation d’«attentat à finalité terroriste». Le pouvoir utilise alors une loi européenne qui définit terroriste «qui, a pour objectif de contraindre des pouvoirs publics à accomplir, ou à s’abstenir d’accomplir un acte quelconque.» Une définition pouvant donc toucher n’importe quelle lutte. De fait, cette répression ne vise pas tant une action spécifique mais les années d’expériences, de force et de solidarité de tout un mouvement. La riposte à cette loi nécessite d’être large et massive.

Les 4 compagnon.nes se trouve dans des sections de Haute Sécurité dans 3 prisons différentes et dans les textes juridiques, risquent 20 ans de prison. La date du procès a été fixé au 22 mai 2014 à la cour d’assise de Turin; les parties civiles sont, entre autre, la Commission Européenne, le Conseil des ministres italiens, des régiments de policiers et de militaires, la société LTF Lyon Turin Ferroviaire dont fait partie la SNCF et Réseau Ferré de France…

Le 22 mai prochain ce sera l’occasion de montrer notre solidarité et de démontrer que cette loi n’isole ni les individus ni les luttes. Nous sommes en lutte contre des projets de dévastation et le système qui les produit, contre des dominations et les oppressions qu’elles portent; s’ils veulent utiliser la catégorie de terroriste, ce sont eux les terroristes, les pouvoirs qui saccagent, affament et assassinent partout.

Depuis les arrestations du 9 Décembre jusqu’à aujourd’hui il ne s’est pas passé 2 jours sans une initiative contre un siège du Parti Démocratique (le PS italien) quelque part en Italie, ou une filiale de la banque intesaSanPaolo (principal financeur du TAV dans le Piémont), ou une des entreprises impliquées dans la réalisation du TAV. Et puis des banderoles, des affiches, des toilettes de tribunaux bouchés, des distributeurs de billets sabotés, des trains bloqués, des protestations… qui en Val Susa et en ville, ont démontré que, sans aucune centralisation, la meilleure défense, c’est l’attaque. De mémoire on ne se souvient pas d’une telle mobilisation suite à l’incarcération de compagnon.nes. Au beau milieu de ce « cheminement », le 22 Février, journée lancée de la Val Susa en solidarité avec Chiara, Nicco, Mattia et Claudio : des milliers de personnes dans 30 villes, villages, et de nouveaux des manifs, des blocages, des banderoles et des coups de masse. Un très beau moyen de retourner à l’envoyeur les accusations de terrorisme, de demander la libération des prisonniers, de revendiquer à voix haute la pratique du sabotage. Renvoyer tout cela à la face des procureurs Padalino et Rinaudo, qui auraient voulu voir les nôtres enfermé.es abandonné.es et les gens dehors avoir peur et être découragés.

Lettre de Niccolo. Prison d’Alessandria, Italie, 2 Avril 2014.

«Ce matin, dans le couloir de la section, avant de sortir en promenade, j’ai vu par la fenêtre des détenus qui jouaient sur le terrain de foot, qui se dégourdissaient les jambes carressées d’une petite brise. Et merde comme j’aurais voulu me retrouver avec eux. Depuis la cellule je les entends encore exulter à chaque but et au pire j’aurais été content de voir le match depuis les gradins si je n’avais pas ce foutu plexiglass opaque à la fenêtre… je sais que c’est une de ces particularité autour de cette Haute Sécurité qui fait le plus de bruit. Même si nous ne pouvons pas nous rencontrer avec les autres détenus, même si beaucoup baisse la tête quand nous nous croisons par erreur lorsqu’on nous amène à la salle des avocats, même si ils nous voient comme des aliens et que les seules choses qu’ils savent de nous sont ce que leurs disent les matons ou les infamités des journaux, je sais que beaucoup d’entre eux partagent ce même fourmillement aux jambes qui nous prend dès qu’on se lève et qui ne nous quitte qu’avec la nuit.

Ici, à l’intérieur, je vis une double tension : d’un côté le calme, l’esprit détendu avec lequel affronter les journées et atténuer les éventuelles mauvaises nouvelles qui me tordent toujours plus (une lettre censurée, des demandes complètements ignorées, etc…), de l’autre, je me sens trépigner, je penses qu’il est possible de prendre des miettes d’espaces en plus pour se décongestionner ou simplement vivre plus humainement.

Un ami à moi incarcéré à Ivrea une fois m’a écrit : «à la fin, il s’agit d’une prison, il n’y en a pas une mieux qu’une autre» et, quand je repenses à mon passage aux Vallette (prison de Turin), il n’a pas tort. Dans un certain sens cela me rend plus vigoureux parce que même si je suis en régime séparé, cela veut dire qu’à la base on a les mêmes besoins. Par exemple, ici la socialité (possibilité pour des détenu-es de cellules différentes de se voir 1 ou 2 heures ensemble, ndt) se fait dans un couloir sous les caméras de videosurveillance et avec les cellules fermées, mais il serait très important de manger ensemble, entre les blagues de celui-ci et les rires de celui-là; dans une autre section ils voudront les cellules ouvertes toutes la journées, un autre voudra la cantine moins cher, un autre voudra utiliser plus souvent la salle de sport (si il y en a une) et quelqu’un voudra simplement tout…et voilà que revient constamment ce fourmillemement.

Avant les spécialistes de la politiques nous disaient que les détenus étaient tous égaux et traités comme tels, maintenant ils disent que l’un est différent de l’autre et qu’il peut s’améliorer et obtenir divers bénéfices. Dans ce petit escalier en colimaçon où chaque détenus est vissé sur ses genoux dans la tentative de rejoindre la dernière marche, je penses que les extrêmes se touchent : d’un côté ceux en régime spécial, avec plus de restrictions et une haute surveillance, de l’autre les plus communs des communs, ceux jetés dans le tout judiciaire débrdant de personnes dont tout le monde se fout.

Pour nous, c’est la loi elle-même qui dit que nous ne pouvons jouir d’aucuns permis ou privilèges, que n’importe quel changement de condition de vie ici, à l’intérieur, serait trop «dangereux». Pour les autres, c’est la machine de la prison, incessante et monotone, qui regarde simplement les demandes infinies et passe outre. Beaucoup d’entre eux viennent de contexte de rue et n’ont pas de soutien de l’extérieur, les autres sont même une grosse dépense pour leurs familles déjà en difficulté.

Les tribunaux eux aussi ne font pas une grande différence. C’est sûr, avec nous ils dépensent tellement de paroles et un gros tas d’audiences parce que le délit fait de l’audience avec ce petit mot magique flanqué par dessus : «terrorisme». Mais que dire de tout ceux qui ne peuvent se permettre qu’un avocat commis d’office, qui parfois ne se présente même pas à l’audience de validation de l’incarcération ou qui propose juste d’avouer, causant ainsi des condamnations très lourdes?

Nous sommes tous utilisés pour donner l’exemple, pour que ce niveau de suggestion contre la diffusion de la rebellion et d’une illégalité toujours plus liées à la survie quotidienne se diffuse à tous les niveaux et se maintiennent . «Etre utilisé», c’est sûrement celle-là la sensation la plus forte que tu respires quand tu entres dans le cercle de la justice, du commissariat (ou plutôt de la voiture de police qui t’emporte menotté) à la prison.

Même quand ils parlent de «vider les prisons», pour les politiques c’est juste une question de calculs et de petits jeux économiques, c’est pourquoi la question n’est pas seulement qui faire sortir et qui garder, mais aussi qui faire entrer de nouveau. Par exemple : ils ont supprimé la loi Fini-Giovanardi sur les drogues, c’est comme dire qu’au-delà de faire sortir des détenus ils devraient regarder d’un autre oeil le délit de trafic à la vue de la nouvelle récente de deux maxi rafles comme on n’en voyaient pas depuis longtemps dans un quartier de Turin pour incarcérer petits dealers et clandestins. Ce quartier, San Salvario, était une zone populaire qu’ils veulent maintenant mettre à neuf pour y mettre des gens capables de soutenir une vie de classe moyenne supérieure, pour enrichir les propriétaires, les supermarchés, etc, au détriment des vieux habitants appauvris et à éloigner. Je ne dis pas que le trafic de drogue soit bon ou mauvais, ça ne m’interresse pas, mais ce qui est sûr, c’est que ces jeunes sont la dernière roue du carosse, ils travaillent dans la rue, ils ne peuvent même pas s’assurer un loyer, ou comme un ami à moi incarcéré lui aussi avec grand style, sont contraints à décharger sur les marchés 8/10 heures par jour pour 20/30 euros, et même pas tous les jours. Dans ses yeux comme de tant d’autres jeunes que j’ai revu aussi en prison, c’est comme si on lisait une queston simple «attendre….quoi?!…pourquoi?!». Alors ils enragent et ils apprennent sur leur corps l’urgence de trouver un peu de complices, de communiquer, de s’unir.

Il faut dire que nous, incarcéré pour la lutte NOTAV, nous sommes un peu gaté du soutien, de l’affection et de la solidarité, pas seulement des amis plus proches, mais d’une marée de personnes différentes et bigarrées qui hurlent pour notre liberté et renvoient à l’envoyeur cette répression en continuant à créer divers problèmes.

Je disais par contre que la chose la plus forte est ce sentiment d’être impliqué : en prison tout se joue sur la répétition, sur la perception que rien ne peut être différent, comme en dehors de l’espace et du temps, mais cela, pour autant d’une maudite efficacité, est une illusion. Ces personnes là dehors m’aident à rompre l’enchantement parce qu’ells me racontent comment change leur monde, surtout comment ce sont elles-mêmes qui le modifient. Les choses vont de l’avant et ce n’est pas pour cela je dois être mal : c’est mieux de jouir et de souffrir ensemble que de chercher à rester dans une bulle et espérer que tout passe de manière indolore. La taule te laisse des traces, te laboure comme un scalpel très fin et imperturbable, surtout quand tu ne t’en rends pas compte et que tu penses être en paix à avoir pris les distances de tout et de tous.

En en parlant avec beaucoup, l’idée et la sensation que la misère ici, à l’intérieur, privé de tout, n’est pas tant différente de celle de dehors, sont de retour ; mais il y a qui réfléchit, jour après jour et avec tous les riques que cela comporte, de comment utiliser au mieux le temps libre qu’il lui reste entre les mains – aussi parce qu’il a perdu son travail et n’entre plus dans les magasins, ne va plus au cinéma, à peine va au bar pour se permettre un café – pour chercher d’autres comme lui et ne plus dépendre des règles du jeu. Moi je penses à eux tous et me dis : »Je devrais moi aussi faire ma part, même seulement trouver un mode pour résister et en sortir à tête haute, devant les «frères» d’aujourd’hui et de demain.

Niccolo»

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30 Avril. Turin. Manifestation en solidarité avec Claudio, Chiara, Mattia et Niccolo dans les quartiers de Porta Palazzo et Barriera di Milano. Les salves de pluie battantes ont convaincu rapidement les compagnon-nes à transformer le rassemblement du jardin de via Montanaro en une petite manif très bruyante / pas une minute sans choeur ou slogan, la police se tient discrètement à distance, mais après de nombreux tags sur les murs, tramways et poubelles puis le siège du Parti Démocratique de via Montanaro recouvert de peinture, les fourgons plein de flics antiémeute se font plus proches et pressantes, même si au final aucuns contacts n’a lieu et que les hommes de la police politique s’en tiennent à tourner film sur film. Petit à petit le ciel s’éclaircit et, en plus de distribuer des centaines de tracts aux passant-es un peu moins rare et de coller des affiches, quelques interventions sont faites au mégaphone. D’un balcon un inconnu hurle «Nicco Libero!». A la fin le soleil apparait vraiment quand les manifestants ouvre le protail d’une friche ex-Gilardi au Pont Mosca pour faire une énorme fresque murale et encore quelques discours.

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Lettre de Claudio. 1er Avril 2014.

Aujourd’hui, Claudio avait une audience au tribunal de Turin pour une autre affaire. Sous des prétexte de sécurité, la Justice et l’Administration pénitentiaire l’ont contraints à assister à l’audience via la videoconférence, technique de plus en plus utilisée…Cette lettre a été écrite juste après l’audience.

Plus d’informations en italien sur le site autistici.org/macerie

Je suis en rogne pas qu’un peu, beaucoup. Disons énormément. En fait trop énervé. Il y a 1 heure à peine j’ai fait la vidéo-conférence. Une pitrerie. Humiliante en certain aspects. C’est inutile de la cacher, cette date je l’attendais depuis longtemps. La vie ici à l’intérieur est monotone, comme on l’imagine, on se raccroche à ces échéances. Je compte les jours. Je l’admets. Dans un mois j’ai cette audience. Une semaine, 2 jours. 1 jour. Cette nuit je n’ai pas dormi. J’étais agité. A 3 heures je me suis mis à lire «la vrai histoire du capitaine long jhon silver». Résultat ce matin j’avais des cernes de la madonna.

J’ai cherché toutes les techniques pour avoir une tête présentable. Au moins que les compagnon-nes puissent voir que j’allais bien. Sûrement je savais que ça aurait été une désillusion mais j’ai voulu espérer que quelquechose arrive. Puis vers 9h20 l’inspecteur est venu me chercher. Je me suis dit que je ne ferais pas un voyage jusqu’à Turin, mais je verrais une autre partie de la prison. La mini salle de la vidéo-conférence n’est distante pas plus de 20 mètres de la section.

Avant ils m’ont mis dans une cellule de sécurité. Je me suis alors rendu compte que dans la prison il y a même des petits jardins plus ou moins entretenus, eet que dehors il y avait des arbres, je ne sais pas lesquesl, mais le vent faisait bouger les feuilles. Déjà, il y a déjà des feuilles, le printemps est arrivé tôt cette année. Puis ils m’ont emmené dans la petite salle. Une salle normale avec deux bureaux, un pour l’inspecteur, l’autre où je me suis assis avec un beau télévisuer lcd et une télécaméra au dessus. Eh à me voir à la télé j’étais à peu près présentable. A peine je suis en direct un salut fort aux compagnon-nes. J’avais réfléchi sur quoi faire, quoi dire. Un salut avec le poing levé, parce que ça me plait saluer comme ça. Puis je prête attention à la salle d’audience du tribunal, la télé est dirigé seulement vers le juge. Que je me sens crétin, j’ai salué seulement le juge. J’aurais voulu montrer un salut à 39 ou 41 dents, mais vu que seul le juge peut me voir je resterais sérieu, je ferais le prisonnier sérieu. Sur la télé j’apparaît moi dans un cadre petit et puis on voit la salle d’audience du tribunal, 10 secondes le juge et 10 secondes les compagnon-nes, les avocats, et la procureure (moche comme une moche). La salle d’audience est grande, pratiquement déserte. J’essais de reconnaitre les compagnon-nes parce que la qualité est pourrie. Ces caméras quand elles doivent fonctionner font la petite définition.

Putain de merde. Novaro (son avocat, ndt) n’est pas là. Les compagnon-nes sont peu nombreux-ses. Illes font l’appel : O, M et C? Peu nombreux-ses mais bons, euxelles aussi ne blaguent pas. Putain je voudrais bien les voir. Voir combien illes ont vieillis. Ahah. Je ne comprends pas bien la disposition aussi parce qu’ils ne me font voir seulement le juge. Mais qui s’en préoccupe. Alors M je la reconnais parce qu’elle gesticule beaucoup. C a sa posture habituelle à bras croisés. J’ai plus de difficultés à reconnaître O parce qu’il était en bordure d’écran.

(…)

L’audience est renvoyée au 7 avril, c’est pas plus mal parce on avait réclamé du temps pour le procès. L’avocat introduit O qui fera une déclaration. Le garçon de sardaigne se lève les poings sur la table, parce que lui est épais, et commence à parler fort et décidé. Immédiatement la procureure l’interrompt et perturbe le texte duquel je ne comprends seulement que les premiers mots.

Quelle merde. En tout cas le bon O fait une face brutale, il s’est coupé les cheveux, je penses à lui quand il se levait lors des interrogations à l’école, cette fois ça s’est carrément mieux passé. J’espère que le texte qu’il lisait n’était pas seulement son oeuvre. Tou-tes en jambes. Illes se lèvent et s’en vont en me saluant. Je dois admettre qu’illes sont vraiment beaux-belles mes compagnon-nes.

J’éprouve énormément de rage dedans. Je sais de l’immense force que me voudraient donner tous et toutes et je suis assis ici comme un blaireau dans cette foutue taule. Que l’administration pénitentiaire aille se faire foutre, que la prison, que les juges, que eux tous aillent se faire foutre.

L’inspecteur dit que c’est fini, qu’il faut retourner en section, j’écarte un rideau pour regarder dehors, lui s’en rend compte et me dit que si je veux il me fait regarder même de l’autre côté. Non merci. Nous passons à côté de l’infirmerie, il y a un détenu des parties communes, panique. Je le salue. Et me voilà de nouveaux les mêmes 4 murs. Encore une fouille. C’est bon. Le spectacle pour aujourd’hui est fini.

Claudio, 1er Avril 2014.

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LIBERTE POUR CHIARA, NICCOLO, CLAUDIO, MATTIA

LIBERTE POUR TOUTES ET TOUS

Pour leur écrire

  • Mattia Zanotti et Niccolo Blasi, Casa di Reclusione, Via Casale San Michele 50, 15100
  • Alessandria Chiara Zenobi, Casa Circondariale Rebibbia, Via Bartolo Longo 92, 00156 Roma
  • Claudio Alberto, Casa Circondariale, Via Arginone 327, 44122 Ferrara

Pour s’informer et diffuser :

  • En français :

notavfrance.noblogs.org

feualagrandevitesse.noblogs.org

  • En italien :

autistici.org/macerie

informa-azione.info

Tracts-brochures-lettres diffusés lors de la manifestation de Nantes du 22 Février: COMPTE RENDU DE LA JOURNEE DE SOLIDARITE AU MOUVEMENT NOTAV et quelques nouvelles des compagnon.nes incarcéré.es…

AFdlL1 AFdlL2

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Un montage audio de 29 minutes à diffuser et à télécharger sur les arrestations des 4 compagnon-nes en rapport à la lutte No Tav

ps : une seule erreur dans l’enregistrement : la date du procès prévue le 14 mai a été reportée au 22 mai

Transmis par mail, 6 mai 2014

[Australie] Attaque coordonnée en solidarité avec les sans-papiers enfermés – Melbourne, 28 mars 2014

Dans les premières heures du 28 mars, nous avons coordonnée une attaque à la fois contre les locaux de Transfield* sur St.Kilda road à Melbourne et contre les bureaux de l’entreprise Toll** au sud de Melbourne. 

De la peinture et du verre ont été jetés, pulvérisés tout autour, et les mots « Brûlons le complexe industriel carcéral« , « Fuck Transfield« , « Hors de Nauru« , et autres ont été peints sur les murs des bâtiments.

Nous avons spécifiquement ciblé ces sociétés et les lieux de travail, parce que nous pensons qu’il faut niquer quiconque pouvant profiter de la rétention indéfinie d’êtres humains en Australie et à l’étranger.

Nous refusons d’accepter que le gouvernement australien, et les entreprises privées sous contrat avec lui, puissent s’en sortir en criminalisant, arrêtant, torturant et tuant des gens qui tentent de chercher réfuge***.

Nous croyons que les gens ont le droit de passer n’importe quelle frontière n’importe où pour chercher refuge de la guerre, de l’oppression, du colonialisme et des difficultés économiques que beaucoup de personnes fuient.

Avec cela, nous disons aussi au gouvernement australien: vous n’avez pas l’autorité pour refuser l’entrée et le refuge aux gens sur une terre qu’on a jamais cédé. Vous ne pouvez pas refuser le refuge aux gens sur une terre que vous avez volé !

Solidarité avec toutes les personnes en centre de rétention et en prison partout !

Traduit d‘anarchistnews.org, 24/04/2014 à 23h19

NdT:

*Entreprise australienne de services de maintenance, de développement d’infrastructures énergétiques et de ressources, d’infrastructures industrielles. Sévissant en Australie, en Nouvelle-Zélande, aux Philippines, en Nouvelle-Calédonie, au Canada, aux Etats-Unis, au Chili et en Inde, cette entreprise travaille aussi dans le secteur de la défense des Etats et apporte des soutiens logistiques aux armées. Elle est aussi connue pour enfermer les migrants sans-papiers des centres de Manus et Nauru en Australie. En février dernier, le directeur de Transfield Holdings, Luca Belgiono-Nettis, a démissionné suite à des protestations contre la gestion de l’enfermement des migrants et suite à un boycott massif des filiales de l’entreprise.

**Entreprise apportant des solutions logistiques dans tous les secteurs de l’industrie. Travaillant dans plus de 50 pays dans la région du Pacifique, elle s’enrichit entre autre avec les extractions et l’acheminement de ressources minières et de gaz.

***Fin février 2014, un sans-papiers kurde iranien, Reza Barati, est mort dans le centre de rétention de l’île de Manus, en Australie. En réponse, des solidaires se sont rassemblé-es durant plusieurs heures devant le bureau du ministère de l’immigration à Melbourne.