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[Paris] Retour sur la manif agitée du 1er mai à Belleville

« ou alors ça va péter » retour sur la manif libertaire du 1er mai 2014 à Paris

monopbellevill1La traditionnelle manif libertaire du 1er mai (appelée par FA, CNT, CNT-AIT et AL) s’est déroulée cette année sous la pluie et les bris de vitrine.

Quelques centaines de personnes y ont pris part et tout ne s’est pas passé dans le calme des slogans du camion sono. Arrivées au niveau du magasin franprix de la rue de Belleville, plusieurs personnes sont entrées à l’intérieur pour une auto-réduction. Le vigile s’est interposé et des employés ont tenté de fermer le rideau de fer. En réponse, plusieurs coups de bâton sont venus étoiler la vitrine. Peu de temps après dans la même rue, deux banques ont été attaquées. Alors qu’un RG, l’habituel coordinateur des flics en manifs, s’approchait de trop près, il a été chassé et s’est pris des coups. Le SO de la manif (principalement autocollé CNT) qui était déjà intervenu pour calmer le jeu près d’une banque, s’est interposé pour protéger le flic et empêcher la casse. Une embrouille s’en suit, les organisateurs, rageux de ne pas contrôler tout ce qui se passe, exigent que ceux/celles qui cassent quittent « leur » manif.

Plus loin, toute la devanture d’un monoprix tombe et un distributeur du crédit lyonnais est détruit. Au coin de rue suivant les CRS sont amassés protégeant une autre banque et se prennent des bouteilles et des pierres.

À la sono, une bureaucrate de la CNT annonce que son organisation ne veut pas continuer à manifester dans une atmosphère de violence extrême non décidé collectivement (sic !)… À partir de ce moment, le cortège continue sur le boulevard Beaumarchais escorté par des flics en tenue anti-émeute et en civil. Alors qu’on sent la pression policière se resserrer, la manif emprunte la rue étroite du Chemin vert et se retrouve bloquée dans une nasse comme on pouvait s’y attendre. Après quelques minutes, les flics laissent repartir la manif et quelques personnes passer dans un couloir puis l’entonnoir se referme sur des personnes ciblées. D’autres s’interposent, les flics gazent, matraquent et celles arrêtées se font écraser au sol puis tirer hors des cordons de flics. La scène se reproduit à au moins trois reprises tandis que la CNT se préoccupe uniquement de ses véhicules.

Deux personnes au moins ont été arrêtés et sont actuellement en garde à vue, on ne sait pas encore pour quel motif.

Aujourd’hui, pour la respectabilité de leur organisation, certain-e-s libertaires se sont dissociés pour des vitrines de banque et de supermarchés brisées. Le SO a travaillé main dans la main avec les civils pour la « bonne tenue » de la manifestation.

Nous sommes solidaires des personnes arrêtées. Ce qui peut rompre la monotonie ambiante nous rend joyeux et la rage contre ce monde ne peut-être contenue dans le parcours d’une manifestation cogérée entre flics et SO.

Solidarité avec les personnes arrêtés !

Pillage, saccage, sabotage !

Liberté pour tou-te-s !

                                                                                                                                 Lafon, laforme ?

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[Le 2 mai à 21h03] Au moins quatre personnes en garde-à-vue, pour « violences volontaires aggravées sur agent dépositaire de la force publique ». GAV reconduites pour 24h.

[Le 3 mai à 01h07] Cinq personnes en GAV, trois d’entre elles ce soir sont sorties à 20h. Trois personnes accusées à tort de dégradations, et deux accusées de violence sur agent dépositaire de l’autorité publique.

Source: indymedia Nantes

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Paris: Des anarchistes s’invitent au cortège anarchiste du 1er mai

Le premier mai est une journée particulière pour les anarchistes puisqu’elle commémore l’exécution des martyrs de Chicago par la justice étasunienne, condamnés à tord pour l’explosion d’une bombe faisant 7 morts dans le camp de la police lors d’une manifestation de masse pour la journée de travail de 8h.

Cette journée est donc dédiée à la mémoire de ces martyrs et est supposée se passer le plus paisiblement du monde en paradant dans de nombreuses villes, drapeaux à la main et camion sono en fin de cortège, afin d’exprimer clairement un puissant sentiment d’indifférence et de passivité face aux exactions de l’État.

Cependant, lors du défilé de Paris, la fête aura été troublée par des éléments indésirables. Le cortège libertaire hétéronome organisé par la FA, AL, la CNT et la CNT-AIT (tendance Gap) aurait été infiltré par des anarchistes. Ces derniers ont fait preuve d’une violence inouïe en attaquant les vitrines d’une banque. Du jamais vu pour les libertaires présents.

« Non seulement ils portent atteinte à la propriété privée, ce qui est inadmissible, mais ils troublent la paix publique, ce qui est encore plus grave ! » confie une manifestante et militante synthésiste encore sous le choc. « C’est totalement contre-productif comme attitude. Nous nous efforçons de faire connaitre l’anarchisme à travers le vente de livres et l’organisation de foires à l’autogestion avec la participations des autorités locales. Ce n’est pas pour voir nos efforts réduits à néant par des squatteurs crasseux et des individus violents qui ne payent aucune cotisation à personne ! C’est à se demander si ce n’est pas la CIA qui les finance. »

Peu après l’attaque de la vitrine bancaire, un évènement plus dramatique se produit. Un agent de la DCRI déguisé en civil pris l’initiative d’aller stopper les fauteurs de trouble. C’est alors que les « hitléro-totos » s’en prirent à lui et le passèrent à tabac. Heureusement le Service d’Ordre de la CNT veille et parvient à extirper le policier des pattes de ses agresseurs. Un membre dudit Service d’Ordre explique que « c’était très dur à voir. Autant de haine chez des individus… J’ai presque cru qu’ils allaient sortir un flash-ball pour lui tirer au visage. C’est un coup à perdre un œil ça. D’autant plus qu’on le connait très bien le Lafon [NdlR – il s’agit du policier en question], il est toujours aux manif’ avec nous. On pourrait presque dire que c’est un intime. »

Après avoir vaillamment sauvé leur camarade des griffes autonomes, la CNT appelle au calme par le biais de leur camion sono: « Les policiers sont des travailleurs comme les autres, arrêtez d’être méchants ou sinon on arrête la manif’ ! »
Aussi surprenant que cela puisse paraître cette déclaration ne fit pas l’unanimité au sein du cortège. Les anarchistes infiltrés étaient peut-être plus nombreux que prévu.

On nous expliquera plus tard que les auteurs de ces violences sont des anarchistes « très très sectaires et très très méchants qui passent leur temps à foutre le bordel un peu partout. Ils invitent même les gens à ne pas participer aux élections que certains d’entre nous utilisent pour promouvoir l’anarcho-légalisme-électoraliste dans le respect des institutions et dans une démarche citoyenne. »

Ailleurs dans le monde il semblerait que de nombreux incidents de ce genre aient aussi eu lieu. Mais faute de cortège rassemblant des organisations libertaires, aucune critique constructive de cette violence aveugle n’aura été faite sur place et personne n’aura pu venir au secours de la police.

Anarcho-Figaro

Repris de aaa12.noblogs.org

[Publication] Lucioles n°16 – Mars 2014

Voir tous les articles du numéros 16 de 'Lucioles'

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Le bulletin en format PDF

[Paris] Compte-rendu et réflexions sur le rassemblement contre l’occupation policière du 1er mars à Belleville

Compte-rendu et réflexions sur le rassemblement du 1er mars à Belleville

Samedi 1er mars 2014 s’est tenu un rassemblement appelé à 15h au métro Belleville contre l’occupation policière de nos vies. Avant le rassemblement, des commerçants avaient été mis en garde par la mairie que des « casseurs » seraient présents dans le quartier, certains ont donc fermé leurs stores plus tôt que prévu, d’autres se sont payés des vigiles pour l’occasion. On apprenait quelques jours plus tôt dans la presse qu’un faux communiqué de la mairie de Paris annonçait un état de siège (voir ici). Aussi, depuis plusieurs heures, le quartier était quadrillé comme jamais : des dizaines et des dizaines de cars et bus de CRS et gendarmes mobiles, des voitures de flics, une cité assiégée, des flics sur les toits, une caméra boule installée pour l’occasion sur le toit du siège de la CFDT (donc avec sa collaboration), la station de métro Belleville fermée, plusieurs dizaines de civils, plusieurs dizaines de RG, des journalistes (présents à Belleville depuis jeudi pour certains), etc.

Juste avant le rassemblement, CRS et civils contrôlaient et fouillaient les sacs de tout ce qui ressemblait à un « anarcho-autonome » aux alentours du métro Belleville, décourageant ainsi les moins enthousiastes et autres touristes militants qui furent nombreux à rebrousser chemin ou à se terrer dans des bars du quartier. Un dispositif habituellement réservé aux contre-sommets qui a certainement réussi à en dissuader beaucoup, et qui répondait probablement à la volonté d’empêcher à tout prix (en l’occurrence, l’addition du 1er mars doit être salée !) une nouvelle humiliation après la manifestation émeutière de Nantes une semaine plus tôt.

Malgré tout cela, le rassemblement a bien eu lieu, avec entre 100 et 150 personnes (avec pas mal de gens du quartier). Plusieurs banderoles ont été posées : « Brisons leur paix (A) Guerre sociale », « Nous on aime pas la police, on veut juste vivre libres (A) », « Le travail est la pire des polices, détruisons les deux ».

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Des affiches sont collées, et des milliers de tracts (« Non vraiment, t’aimes les flics ?!!« ) et de bulletins (Lucioles  n°15) sont distribués avec pas mal de retours enthousiastes, une petite dizaine de fumigènes sont craqués sous les cris de « flics porcs assassins », « à bas l’Etat les flics et les patrons », « pierre par pierre, mur par mur, nous détruirons toutes les prisons », « ZSP, BST, tous les flics sont à jarter », « à Belleville comme ailleurs, police dégage » et « feu feu feu à toutes les prisons », « feu feu feu aux centres de rétention ».

belleville-2-2669a-a483eÀ notre connaissance, rien de plus que des contrôles d’identité, avant, pendant et après le rassemblement, et aucune arrestation ou garde à vue, contrairement aux prédictions et aux critiques de quelques frileux énergumènes, accusant ce rassemblement d’envoyer les gens au casse-pipe.

Ce rassemblement avait été annoncé depuis la mi-janvier, autour de 5000 affiches (voir ici) avaient été collées un peu partout dans le Nord-Est de Paris et en banlieue, des milliers de tracts, de bulletins et d’affiches anti flics-justice-prison diverses et variées ont massivement tourné dans les rues, à tel point qu’il était impossible pour quiconque dans le quartier d’ignorer cette rage, des tags aussi appelaient à la manif, ainsi qu’une dizaine de banderoles posées un peu partout dans le quartier et ailleurs.

Depuis plusieurs mois, on avait aussi pu constater de nombreuses attaques ciblées contre la police et la justice : commissariats, véhicules de la mairie, entreprises collabos de l’enfermement, de la justice et du contrôle (voir une chronologie ici). Cela montre combien la haine du trio police-justice-prison est répandue (et que pas mal de gens n’attendent pas, pour les attaquer).

Mais cette journée et toute sa préparation ne sortent pas de nulle part, puisqu’elles s’inscrivent dans un parcours engagé depuis plusieurs années de diffusion des idées et pratiques anarchistes dans le Nord-Est parisien. Il ne s’agissait donc que d’un moment parmi d’autres dans une dynamique d’agitation anarchiste qui continue renforcée.

Cette idée de rassemblement public avait commencé à être imaginée depuis que le harcèlement des flics contre les activités anarchistes dans la rue était devenu beaucoup plus oppressant depuis la fin de l’été dernier, tentant (en vain) d’empêcher la diffusion de nos idées. Cela s’est manifesté notamment par une forte surveillance de l’Etat sur les compagnon/nes participant à cette agitation, par une vingtaine de contrôles lors de diffusions ou de collages d’affiches, dont certains aboutissant à des garde-à-vues, mais aussi par toute une série de coups de pression de la part des Correspondants de Nuit (qui par ailleurs ont porté plainte pour diffamation contre un tract, pour laquelle des convocations et des perquisitions ont eu lieu), rapidement épaulés par les bulldogs enragés de la BST, tentant d’instaurer une guerre privée entre eux et nous. Une guerre privée qui n’est qu’une toute petite partie de la guerre aux pauvres et aux indésirables que ces merdes sont payés pour réaliser : chasse aux prostituées et aux vendeurs à la sauvette, rafles de sans-papiers, guerre aux marchés sauvages, expulsions de logements, et l’accompagnement à coup de matraques, de taule et d’artistes de la boboïsation des quartiers sous la houlette de la mairie.

Quelques semaines avant le 1er mars, avait lieu une révolte au CRA de Vincennes pour laquelle étaient incarcérés deux retenus, et deux compagnons venus exprimer leur solidarité lors d’un parloir sauvage avec feu d’artifice. Et même si les deux compagnons sont sortis quelques jours avant la manif, ces énièmes arrestations n’ont fait que donner plus de détermination à tous.

Nous savons bien que ce que craignent les flics, bien plus que quelques anarchistes, c’est la rencontre entre ces anarchistes, leurs idées et leurs pratiques, et une rage diffuse et sociale contre le pouvoir et sa domination.

Aujourd’hui, nous avons réussi à sortir de la lassitude de cette guéguerre privée en relevant la tête et les yeux pour parler sans peur de la guerre sociale. Et nous sommes satisfaits de voir qu’ils ont peur, car c’est de leur insécurité que pourra se bâtir notre liberté.

Pour un monde sans flics, sans fric et sans autorité.
Pour la révolution.

(ACAB)

2 mars 2014,
Des anarchistes de Belleville.

[Paris] Belleville sous occupation policière

lulu15Le 19 décembre dernier à Belleville, un dispositif spectaculaire quadrillait le quartier. Un dispositif qui passerait quasiment inaperçu aux yeux de ceux qui ne savent pas lever les yeux : des flics en civil postés un peu partout, à l’entrée des métros Belleville et Couronnes, à l’entrée des cités et un peu partout sur la rue de Belleville, contrôlant les papiers de tout ce qui de près où de loin ressemble à un/e asiatique. Ainsi, pendant que l’assemblée nationale votait la nouvelle loi pénalisant les clients des prostituées, une rafle dans la rafle visait particulièrement les femmes asiatiques identifiées comme putes par la flicaille. On entendra parler, ici ou là, de dizaines et de dizaines de marcheuses chinoises arrêtées en une semaine à Belleville, dont une trentaine cette fois-ci, probablement pour les expulser.

Les rafles au faciès de ce genre, si elles ont encore de quoi indigner les plus naïfs, n’ont en fait absolument rien de nouveau. En effet, en fin d’année, l’Etat doit remplir ses quotas d’expulsions de sans-papiers, se concentrant un jour sur les faciès maghrébins (comme régulièrement à Barbès), un autre sur les sri lankais (surtout à La Chapelle), profitant aussi de l’augmentation en 2013 des places en centre de rétention. Mais ces dispositifs de rafles ne concernent pas uniquement les sans-papiers, car lorsque l’Etat met en place ce type de dispositif dans les quartiers où nous vivons, l’occupation policière, telle que nous la connaissons déjà si bien dans le Nord-Est parisien, concerne tout le monde, car bien sûr cette militarisation du quotidien sert à réprimer tous les pauvres. Mais pour comprendre l’histoire de cette militarisation de Belleville, il nous faut revenir un peu en arrière.

Beaucoup s’en souviennent tant cette journée marqua un quotidien déjà semé des petites misères habituelles, et nos lecteurs aussi puisque ce journal est aussi né à ce moment-là, pour ne pas dire de ce moment-là. Le 20 juin 2010, avait lieu dans le quartier une manifestation pour la « sécurité », organisée par diverses associations censées représenter la dite « communauté asiatique » pour demander aux autorités le renforcement d’un arsenal répressif pourtant déjà bien présent (plus de flics, de caméras, de sanctions, facilitation des plaintes, prévention, etc.). Durant cette manifestation, de violentes échauffourées ont éclaté entre des centaines de manifestants et la police, harcelée physiquement pendant quelques heures car accusée de mal faire son travail, de ne pas protéger la communauté asiatique de Paris contre les agressions et la délinquance de misère (vols, braquage de recettes de restaurants, etc.) mais aussi des agressions racistes indéniables qui frappent malheureusement les personnes désignées comme asiatiques à Paris.

Face à la détermination des émeutiers, la police (qui commençait à essuyer de nombreux dégâts sur ses véhicules et des blessés plus ou moins touchés), par un tour de magie téléguidé par la préfecture, s’engagea dans une stratégie de repli programmé, lâchant un impressionnant nuage de gaz lacrymogènes qui lorsqu’il se dissipera laissera entrevoir le spectacle de sa disparition. La colère des émeutiers se redirigera donc, au bénéfice du pouvoir, contre d’autres pauvres, contre quelques gamins isolés et identifiés par la vindicte populaire comme des « voleurs » à punir, par des critères tels que la tenue vestimentaire et la couleur de peau. Comme si le problème c’était le vol, et pas les flics… Ces quelques gamins, qui étaient là au mauvais moment au mauvais endroit, et qui étaient venus eux aussi saisir l’occasion pour en découdre avec la police, seront lynchés par des meutes de racistes en transe, parce que noirs, parce qu’habillés en survêtement à capuche, sous les yeux médusés des quelques bobos qui n’avaient pas encore fui la zone de guerre (on vient à Belleville comme on va au zoo ou pour aller aux Follies, pas pour se faire gazer, dussent-ils se dire). Où quand une manifestation soi-disant opposée à un racisme spécifique, devient raciste tout court…

Mais pourquoi reparlons-nous de cet épisode inquiétant ? Parce que c’est suite à ce conflit de rue que des politiciens autoproclamés « représentants des asiatiques de Paris » ont obtenu, suite à de nombreuses négociations, le renforcement des dispositifs de flicage de Belleville (création de la BST, arrivée des Correspondants de Nuit, de nouvelles caméras, de nouvelles patrouilles offertes par Guéant « pour répondre au malaise de la communauté chinoise de Belleville », etc). Ce même flicage qui, pour en revenir au 19 décembre dernier, raflait au faciès tout ce qui ressemblait de loin à un/e asiatique pour l’expulser hors de France, hors de là où il vit son quotidien. Chacun peut donc se faire son idée sur ces pseudo-représentants de la dite « communauté asiatique », et sur les intérêts qu’ils servent réellement. Pour être encore plus clairs : en prétendant protéger la dite « communauté asiatique » : avec plus de flics, voici que le retour de bâton se présente violemment, au son des pleurs de celles et ceux qu’ils prétendaient protéger. Car ce sont les mêmes flics que l’on appelle pour régler ses conflits un jour, et qui demain nous raflent, nous enferment et nous tuent. Encore une bonne raison de prendre conscience du fait que les flics ne seront JAMAIS nos amis, mais toujours les bulldogs de la guerre aux pauvres.

Les dits représentants de la « communauté asiatique » se nomment par exemple « association des commerçants de Belleville » (créée suite à la manif) et chacun peut aller leur dire un mot (ou autre). Leur président, la balance Patrick Huang, dont nous vous avions déjà parlé dans notre n°6, est lui le patron du bar-tabac Le Celtic, vous pouvez prendre contact avec lui de la manière qui vous sied, car il vous accueillera avec plaisir au 20, Rue de Belleville. Mais n’oubliez pas que ce chevalier du bien a la plainte facile, probablement même avec ses amis.

La police, elle, compte environ une quarantaine de suicides par an, pas étonnant avec un boulot dégueulasse comme le leur, voilà donc une bonne résolution pour une nouvelle année belle et rebelle.

Et sabotons la machine à expulser, encore et toujours.

Approfondir

Pour plus d’informations sur les émeutes sécuritaires et réactionnaires de 2010 à Belleville, voir le recueil de textes : « Retour sur la récente flambée sécuritaire, réactionnaire et raciste à Belleville – Témoignages, textes et analyses collectés, recueillis et diffusés par des anarchistes du quartier pour que ce genre de choses n’arrivent plus et pour que d’autres émergent », disponible sur le site du bulletin, rubrique « Retour à Belleville ».
Pour approfondir la question de l’occupation policière du quartier, nous vous conseillons la lecture de Lucioles n°4, un numéro spécial avec une « Contre-enquête sur les dessous de la militarisation de Belleville », mais aussi l’article « Belleville militarisé » dans le n°3. Tous les numéros du bulletin sont consultables sur le site luciolesdanslanuit.blogspot.fr.

Repris de Lucioles numéro 15

[Paris et sa banlieue] Brèves d’attaques contre la police (de décembre 2013 à février 2014)

Contre l’occupation policière et Brèves de février 2014

Dimanche 22 décembre à Sartrouville (Yvelines), un policier municipal employé du centre opérationnel du réseau de vidéosurveillance s’est fait coincer dans la rue et rouer de coups par huit personnes, dont deux ont malheureusement été interpellées. Se prenant peut-être pour un bienfaiteur, ça a dû lui remettre les idées en place : « je ne suis qu’un sale flic et cela s’appelle un retour de bâton ». Dans la nuit du 7 au 8 janvier dans le XIXe ardt, un utilitaire de la Mairie de Paris a été incendié pour sa responsabilité dans le flicage ambiant. En effet, qui ne voit pas la pléthore de caméras, les contrôles au faciès, les rafles, le pullulement des brigades, et derrière, la mairie qui les commande, depuis peu sur fond de campagne électorale ? Deux nuits plus tôt, les nombreuses vitres blindées d’un commissariat du XIIe ardt (rue du Rendez-Vous) ont été défoncées, et d’après un communiqué, c’est l’existence même des flics et leur sale travail qui était visé. Le distributeur de la banque d’en face a aussi essuyé des coups au passage.

Au Kremlin-Bicêtre la nuit du Nouvel An, les keufs veulent interpeller deux jeunes qui auraient exhibé un pistolet. Ceux-ci se rebellent et c’est avec difficulté que les bleus les embarquent. Mais une fois que les deux sont enfin emmenés au comico, voilà un beau geste de solidarité : une dizaine d’autres personnes arrivent et s’en prennent à l’hôtel de police, exigeant leur libération. Ils brisent des vitres (arrivant à endommager un ordi à l’intérieur d’un bureau !) et se cassent rapidement.
L’attaque des tuniques bleues serait-elle un nouveau sport dans le Val-de-Marne ?

Quelques exemples le laissent bien espérer. Déjà la nuit du 31 décembre 2012, deux groupes de personnes s’en étaient prises aux comicos de Choisy et de Champigny. Ce dernier avait aussi été attaqué début juillet 2011 et avait essuyé des tirs de mortier le 14 juillet 2013. Et de juin à novembre 2013, trois bouteilles d’acide ont atterri sur le comico de Boissy-Saint-Léger !

Le 29 janvier, aux Lilas (93), le commissariat qui se trouve rue George Pompidou derrière la mairie, a ses fenêtres et sa porte vitrée défoncées, un communiqué revendiquant l’attaque se termine par « Attaquons les gardiens du zoo humain ! ».

Quelques jours plus tard, le 3 février, le local qui abrite le Points d’accès au droit (P.A.D) et d’autres services de la mairie du XXe ardt dans la cité Champagne a lui aussi ses vitres brisées, car sans justice, pas de police, et vice versa.

Faut croire que le trio Police-Justice-Prison ne fera jamais consensus !

Extrait du journal ‘Lucioles’ n°15

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En ce mois de février 2014 du sud au nord…

Le 6 février dernier à Marseille, à la cité Font-Vert dans le 6ème arrdt., des flics de la BST contrôlent un jeune en train de fumer un joint: ni une ni deux, une dizaine de solidaires lui viennent en aide après qu’il les aient alertés. Les quatre bleus reçoivent plusieurs coups mais malheureusement deux proches solidaires se font interpeller et mettre en GAV.

Jeudi 13 février 2014 aux Ulis (91) sur les coups de 23h, le comico s’est fait caillasser par un groupe d’une dizaine de personnes. Un véhicule de police garé à proximité s’est aussi mangé des pierres. Dans la foulée, plusieurs feux d’artifice ont été tirés en direction du poulailler. Ce même lieu de torture et d’oppression a déjà été visé en novembre 2012 et en janvier 2013 et aucun des assaillants n’a heureusement été interpellé.

Pour rappel, bientôt à Paris:

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[Paris] Rassemblement contre l’occupation policière à Belleville – 1er mars 2014

Chaque jour, à Paris comme ailleurs, l’Etat, à travers ses polices, sa justice et ses prisons, rafle, enferme, expulse, contrôle, surveille, assassine… Cela afin de maintenir la paix sociale garantissant la bonne marche de l’exploitation et de la domination.

Cette volonté de contrôle généralisé vise plus particulièrement les pauvres et prend dans certains quartiers la forme d’une véritable occupation.

A tout(te)s celles et ceux qui veulent relever la tête et lutter, retrouvons-nous pour transformer notre dégoût en actes, de façon autonome et sans médiation.

Que chacun, de la manière qui lui semble pertinente, se réapproprie ce moment parmi d’autres.

Rassemblement samedi 1er mars à 15h au métro Belleville.

Source: indymedia nantes

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[Affiche] Pour ne plus jamais baisser les yeux

Que ce soit directement ou indirectement, le trio Police-Justice-Prison fait partie de nos vies à tous et toutes. Qui n’a pas goûté de leurs menottes ou de leur procès, qui n’a pas côtoyé la taule ou les centres de rétention de près ou de loin ? Qui n’a pas déjà ressenti leur menace ? Il n’y a pas moyen de nier qu’à la pauvreté s’associe toujours la domination de l’Etat. Dans le Nord-Est et les banlieues Est de Paris comme ailleurs, qui peut ignorer les parades de flics roulant des mécaniques, en civil ou en uniforme, qu’ils se nomment BAC, BST, Correspondants de Nuit ou vigiles des proprios, de la mairie et de la RATP, épiant les faits et gestes de chacun, contrôlant les papiers, avec un regard de défiance, avec la bénédiction et l’appui des juges et des procureurs dont le métier est de nous enfermer ? Il n’y a pas de sous-métier, entend-t-on parfois, mais rien n’est plus faux lorsque des individus choisissent pour gagner leur vie de nous empêcher de vivre la nôtre.

Mais la répression, ce n’est pas que des uniformes et des juges, c’est tout une mentalité que l’on finit par intérioriser de la maternelle au cercueil. Le citoyen, cet auxiliaire de police qui choisit nos maîtres à chaque élection, est bien le premier rempart à la révolte des dominés. Et il ne faut pas se leurrer, la paix sociale est une forme sournoise et violente de la guerre qui est menée au quotidien contre les révoltés, elle est à la fois la forme la plus institutionnalisée et la plus déléguée de la domination du pouvoir. Son but est de nous faire subir la guerre sociale plutôt que de la mener contre le pouvoir et ses sbires. Mais c’est une guerre de chaque instant, dont l’aspect psychologique est certainement le plus redoutable. En créant ses catégories de toutes pièces – honnête citoyen contre racaille, avec papier contre sans, innocent et inséré contre coupable et marginal… – le pouvoir a déjà gagné une bataille importante en réussissant à diviser ceux qui, réunis, pourraient venir à bout de son système de mort par la révolte et l’insurrection.

Nos dernières illusions sont certainement celles qui nous livrent le plus à leur broyeuse, qu’il s’agisse des différents replis (communauté, famille, clan, religion) ou de l’intériorisation de son idéologie, produisant balances, sexistes en tous genres, racistes, défenseurs de la propriété, regards suspicieux, défiance envers tout ce qui sort de leurs normes ou coup de fil au 17 plutôt que de régler ses conflits de façon autonome. C’est croire encore que l’on peut vivre libre en déléguant ses responsabilités à des intermédiaires divers, qu’ils soient flics, politiciens ou chefs religieux, ou en détournant simplement les yeux vers le rêve embrumé d’un ailleurs où l’on pourrait guérir d’ici (came, alcool, prière, télévision…).

Mais dans cette guerre sociale, le contrôle n’est pas un concept abstrait, c’est des noms et des adresses, c’est des milliers de caméras, de flics et de magistrats, c’est des entreprises qui font leur beurre sur notre misère (banques, agence immobilières, contrôleurs, huissiers, grande distribution) ou notre enfermement (constructeurs, architectes, humanitaires, gestionnaires), c’est des subventions et des prestations en échange de notre résignation et donc de notre complicité, qu’elle soit active ou passive. Un peu partout, la paix sociale se fissure lorsque des révoltes éclatent, lorsque que des individus relèvent la tête, retrouvant leur dignité face aux oppresseurs. Passer de la fissure à l’explosion ne dépend que de notre volonté de ne plus baisser les yeux, de ne plus rien attendre d’eux et de combattre ce monde de fric et de flics où la véritable violence réside dans le pouvoir de l’argent et de la matraque.

Voila pourquoi, sur ces quelques bases, nous ressentons le besoin de se retrouver autour du désir commun de permettre à cette rage de s’exprimer publiquement, comme chacun l’entend, comme un moment parmi tant d’autres.

Dans le Nord-est de Paris comme ailleurs,
Pour en finir avec l’occupation policière de nos vi(ll)es

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[Affiches trouvées sur les murs de Paris, début 2014.]

Pour se procurer des exemplaires de ces deux affiches pour les coller, écrire à [email protected].

Repris de non-fides.fr

[Paris] A propos des dernières rafles de prostituées sans-papiers à Belleville

Scoop : sauf changement radical, la police continuera à faire son sale boulot en 2014…

Paris : A propos des rafles de fin d’année à Belleville

Ces dernières semaines les rafles de prostituées se sont multipliées en France et sur les trottoirs de plusieurs arrondissements parisiens (13e/18e/19e/20e…).

Gouvernement, médias et mairies préparaient le terrain depuis un moment. On se souvient du conseil d’arrondissement sur le thème de la « prostitution dans le bas Belleville » en février 2012 [1] où le commissaire du 19è demandait aux habitants du quartier d’ aider la police à identifier les appartements servant aux passes. Sur la tribune à ses côtés Patrick HUANG, le président de l’association des commerçants de Belleville [2] méritait une fois de plus son statut de crapule. Plusieurs zélés citoyens, que l’idée de pouvoir participer à la traque policière rendait frétillants, avaient essayé de donner des informations sur le champ, avant de se faire heureusement rembarrer.

Journées de rafles à Belleville (plusieurs dizaines de personnes arrêtées la semaine du 19 décembre). Un dispositif écrasant, des dizaines de keufs de tous poils qui quadrillent le quartier, entrée des métros, des cités, et contrôlent tout ce qui ressemble de près ou de loin à une chinoise. Les membres de la « communauté chinoise »marchent un peu plus vite. La nuée de pseudos-bobos compulsivement absorbée par ses achats de fin d’année, de commerçants légaux ou non, de clients potentiels refroidis par l’irruption des flics et de pauvres en goguette poursuit sa route quand elle n’applaudit pas des deux mains. Quand on a déjà intégré la transformation de la ville en parc vidéo-surveillé, que les provocations quotidiennes de la BST et consorts (BAC, correspondants de nuits, GPIS) ne nous font plus bondir, quand le harcèlement permanent visant à dégager les indésirables (les pauvres : biffins, fraudeurs, sans-papiers…) de ce centre commercial à ciel ouvert nous semble une évidence ou une fatalité, on est plus à une infamie près [3]. Cette nouvelle opération policière est passée d’autant plus inaperçue, dans la pacification ambiante, que les keufs avaient une excuse toute faite : agir pour le bien de leurs proies. C’est vicelard, il fallait y penser. C’est pour « leur bien » qu’elles sont arrêtées, éventuellement expulsées. C’est pour « leur bien » que les appartements où elles travaillent sont perquisitionnés. C’est encore pour « leur bien » que la police détermine arbitrairement ou non, qui est proxénète et qui est « juste » exploité, procès et enfermement à la clé… C’était également pour « leur bien » que l’assemblée nationale votait il y a plusieurs mois une loi de pénalisation des clients [4]. L’enfer est pavé de bonnes intentions.

Pour celles et ceux qui veulent bien les croire, ces humanistes invoquent de « grands principes »inattaquables, en théorie. La lutte contre le trafic d’êtres humains et la marchandisation des corps, celle pour le droit des femmes. L’idée sous-jacente est assez simple : soit tu es dans le camp des gentils : tu adhères à ces grands principes et tu délègues la « lutte » pour leur application aux spécialistes (l’état, ses humanitaires, ses législateurs, ses flics…) soit tu n’adhères pas à ces grands principes ou tu refuses de déléguer quoi que ce soit à l’état et dans ce cas là tu fais automatiquement partie des méchants. Le très démocratique front commun du bien contre le mal (qui dépasse les clivages réels pour mettre ensemble des idées incompatibles) oublie la question des intérêts que les uns trouvent à préserver l’existant que les autres veulent détruire. Sous leurs enrobages humanistes, toutes ces hypocrites charognes ne dénoncent évidemment que ce qui les arrange. Ils ne fustigent certaines formes de l’exploitation et de la marchandisation des corps que pour mieux laisser l’essentiel debout.

Quel sens ça a de s’attaquer au travail du sexe en laissant le salariat intact ?

Dès qu’on enlève les lunettes des morales sociales et religieuses qui considèrent que le corps des femmes est sacré, que la sexualité ne doit avoir lieu que dans le couple (marié ou non) et pour la procréation, on a du mal à comprendre pourquoi la transformation des corps en machines productives ou en biens de consommation, en marchandises [5], ne pose problème que lorsqu’il s’agit de travail du sexe… (et des prostituées présentes dans les rues, les autres formes de prostitution « haut standing », moins visibles, étant mieux acceptées)…

Sans la morale religieuse, on a du mal à comprendre la diférence profonde entre la prostitution et les autres formes du salariat. C’est quoi, le salariat, à part une institution fondée sur la contrainte, sur la nécessité d’avoir de la thune pour survivre dans ce monde ? C’est quoi le salariat, à part l’échange du temps, de la santé et de l’intelligence des salariés contre les miettes plus ou moins ridicules que le patron veut bien leur lâcher ? À part un chantage qui tient par la menace (de la précarité, de la prison) ? Chacun sait que s’il choisit de ne pas travailler et de se servir dans l’étalage des richesses pour vivre, il risque de se retrouver enfermé, et que sa vie ne vaut pas grand chose en regard de la défense de la propriété privée. De quoi maintenir le plus grand nombre dans le chemin du droit (travaille ou crève, travaille et crève). Le moins qu’on puisse en dire, c’est que le fait de se faire de la thune, de tirer bénéfices de la misère ou de la faiblesse d’autrui nous pose un grave problème. Regardons les choses en face : tout patron est proxénète, et l’état (qui tire de la thune de chaque contrat de travail légal (et exige même de prélever une dime sur « l’économie informelle ») est le plus grand de tous. Les trafics d’êtres humains que ces faux critiques dénoncent mollement ne sont qu’une des conséquences de l’existence de frontières, et de tous les dispositifs qui rendent de plus en plus difficile leur traversée. Laissons-les avec leurs larmes de crocodiles.

Contrairement à ceux-là nous assumons n’avoir aucun intérêt dans la préservation de l’existant, et opposons à leur voie démocratique la reprise en main de nos vies et de nos capacités d’actions et la diffusion d’attaques non médiées. Une réelle lutte contre la marchandisation des corps, contre les trafics d’êtres humains et la destruction des catégories hommes et femmes est indissociable de la perspective de la destruction des frontières, du capital, de l’état et du patriarcat.

Opposant l’individu à la majorité, l’éthique au droit et à la morale, la réciprocité et l’entraide à la compétition pour la survie, lançons nos forces et nos intelligences à l’assaut de cet existant irrespirable. La tâche est vaste et incertaine mais qu’importe ? Il y a plus d’aventure à vivre sur le chemin vers la liberté que dans ces vies mornes et vides de sens.

Détruisons ce qui nous détruit !

[Tract trouvé dans les rues du Nord-est de Paris, janvier 2014]

Voir le tract au format PDF

Notes:

[1] Mi-février 2012, un conseil de quartier du 19è arrondissement sert de tribune au commissaire du 19ème pour annoncer l’amplification de la traque aux travailleuses du sexe, notamment chinoises, dans le bas Belleville. À ses côtés également plusieurs crapules politiciennes et humanitaires.

[2] Association tristement connue pour avoir organisé une manifestation pour demander plus de sécurité en 2010, manif suite à laquelle, officiellement, la BST a été crée (celle là même qui s’est encore distinguée ces jours-ci).

[3] Ça commence où une vie de merde ?

[4] La traque des travailleuses du sexe et de leurs clients a pour conséquence de déplacer les zones de travail vers des endroits plus isolés, où les personnes sont potentiellement plus exposées tant aux violences/rackets des clients que des flics.

[5] C’est quoi la pub si ce n’est une objectisation des corps ?

non-fides.fr, 2 janvier 2014

En plus de non fides, vous pouvez aller visiter le site Retour à Belleville, qui est revenu sur les événements de 2010 à Belleville [2]

[Paris] Anarchistes vs. Police : nous ne voulons pas de leur guerre privée

LuciolesEn ce lundi 25 novembre 2013, alors que nous diffusions comme plusieurs fois par mois le bulletin anarchiste Lucioles aux alentours de la station de métro Belleville, deux chiens de garde de la B.S.T ont commencé à nous renifler, comme souvent depuis quelques mois. Cette fois-ci, après s’être entretenu au talkie pendant quelques minutes à propos de ces anarchistes, l’un d’eux a une idée géniale, Tony notre plus grand fan (petite taille, brun et petit bouc noir), accoure vers un sac contenant des bulletins et essaye immédiatement de s’en emparer. Mais, les compagnons ne laissent pas faire et résistent à ce vol à la tire en maintenant le sac. S’ensuit une épreuve de force jusqu’à ce que les flics réussissent à l’arracher. Leur prétexte ésotérique : le plan vigipirate. Il s’agirait d’un sac abandonné, un colis suspect (alors qu’il se trouvait à nos pieds), et donc, les bleus utilisent ce prétexte pour faire un contrôle d’identité et tenter (sans succès) d’interrompre la diffusion.

Les compagnons refusent de donner leur identité. En l’espace de vingt minutes, c’est une vingtaine de flics qui nous encerclent et le ton monte. Un attroupement se forme rapidement autour de nous, les gens sont solidaires, mais les flics sortent les gazeuses, ce qui ne dissuade pas les solidaires de venir récupérer des bulletins dans nos mains. La diff continue d’ailleurs, à d’autres sorties du métro, pendant que trois compagnons sont isolés par les flics pour procéder à un contrôle. Pendant le contrôle, les flics sont très provocants, avec des remarques racistes, des remarques incompréhensibles sur les parties génitales et les sports de combat (sauf dans leurs esprits de petits machos) et quelques bousculades. Une vieille dame exprime son soutien aux anarchistes du quartier, et aux cris de « vive l’anarchie », le contrôle continue une vingtaine de minutes.

Mais ce contrôle ne sort pas de nulle part :

  • Les correspondants de nuit, ces agents de proximité de la guerre aux pauvres, dont le boulot répressif est depuis longtemps souligné en divers endroits (Cf. ce tract), se sont d’abord essayé au harcèlement pour empêcher diverses activités anarchistes (tables, collages, diffusions…) dans le quartier, tentant eux aussi à l’occasion le contact physique et la guerre privée contre le bulletin Lucioles et les anarchistes de Belleville. Cela est passé entre autres par une plainte contre le tract mentionné plus haut, pour « diffamation publique envers des fonctionnaires » (Cf. Rien à déclarer et Toujours rien à déclarer).
  • Au début de l’été dernier, trois compagnon/nes se font embarquer au commissariat du 19e suite à un collage pour un contrôle d’identité, des auditions et des prises d’empreintes et d’ADN auxquelles les compagnons se sont refusé/es, afin de ne pas participer à leur propre fichage et de ne pas faciliter le travail des flics. Le nom de Lucioles revient régulièrement pendant les auditions.
  • Dans la nuit du 11 au 12 novembre, deux compagnon/nes se font serrer dans le quartier après avoir posé des tags, comme par exemple sur une église (« Cureton, bouffe ta morale et ta soutane ») et sur une école (« Nique la carrière, vive la buissonnière »). Un peu moins de 24 heures de garde-à-vue où les compagnon/nes se refusent à toute déclaration, ainsi qu’aux relevés signalétiques. L’un des deux est convoqué au tribunal pour mi-janvier.
  • Dans l’après-midi du 17 novembre, un collage part en embrouilles avec un vieux porc raciste, gardien d’immeuble de l’A.R.E.P.A. (au niveau du 11, Rue de Belleville). Cette vieille canaille, notoirement détestée dans le quartier pour emmerder les SDF du coin, qui tente à chaque fois d’empêcher les collages à cet endroit, bute cette fois sur une réponse physique, il est alors aidé par une poucave qui saisit un des compagnons pour le livrer aux flics. La cavalerie débarque en nombre, appelée par le porc, en sortant la grosse artillerie du maintien de l’ordre (CRS, BST et compagnie, équipés de gazeuses, flash-balls, matraques). Un compagnon fera alors 24 heures de garde-à-vue, et tout le matériel est saisi. Comme à chaque fois, le compagnon ne collaborera pas, refusant les déclarations et la signalétique.

Autant de petits épisodes, additionnés aux remarques et aux sales regards du quotidien pour les compagnons du quartier, qui montrent bien la volonté du pouvoir local de nous mettre des bâtons dans les roues. On le voyait déjà lorsque trois compagnon/nes de Lucioles étaient incarcérés par l’antiterrorisme avec le concours de la police du 20e (présente sur des perquisitions) en janvier 2011 et où les flics s’intéressaient déjà à Lucioles (Cf.Trois compagnons arrêtés à Belleville et incarcérés). Nous remarquons que les flics sont généralement sur les dents, et que dés que possible face à nous comme avec n’importe quel insoumis, ils cherchent à faire nombre, probablement effrayés par les possibilités de débordements dans un des derniers quartiers non-pacifiés de la capitale. Nous comprenons bien que ce n’est pas de nous que l’ordre a si peur, mais de la poudrière sociale qu’est le Nord-Est parisien.

Ce communiqué n’a pas pour but de provoquer l’indignation citoyenne ni de se plaindre, mais de sortir de la logique que l’ennemi cherche à faire prévaloir : une guerre privée entre eux et nous. Car nous nous foutons bien d’eux, et c’est aux habitants du quartier avec qui nous partageons ce journal depuis plusieurs années que nous souhaitons dialoguer, en espérant partager bien plus que la belle mais banale haine du flic. Ceux et celles qui se mangent la même répression que nous, et qui se reconnaissent potentiellement en nous comme nous nous reconnaissons en eux et en elles.

A un moment, l’un des flics nous encerclant sort une gazeuse, un des compagnons gueule alors aux badauds présents sur place que les flics commencent à sortir leurs armes, le flic répond en disant au compagnon que lui aussi était en possession d’armes en montrant les bulletins qu’il avait dans ses mains. Effectivement, si leurs gazeuses ne peuvent que nous brûler les yeux, nous espérons bien que nos idées puissent quand à elles mettre devant les yeux de chacun les nombreuses possibilités d’attaquer ce monde à brûler, car c’est la guerre sociale que nous voulons.

Tout continue, vive l’anarchie.

Quelques contributeur/ices de Lucioles

[A paraitre dans le prochain numéro] 

[Paris] Enième coup de pression contre le site Non-Fides.fr

Mardi 22 janvier à 16h45, la BRDP frappe à la porte d’Olivier et annonce : «perquisition!». Olivier est visé cette fois-ci parce que c’est à son nom qu’est hébergé le site non-fides.fr. Encore une fois, il s’agit pour eux de retrouver les auteurs du tract «Correspondants de nuit : des agents de proximité de la guerre aux pauvres» publié le 06 octobre 2010 sur Indymedia Nantes et relayé ensuite sur divers sites (dont Non Fides) et largement distribué à Belleville et dans le Nord-Est de Paris, pour lequel cinq correspondants de nuit et la mairie de Paris avaient porté plainte pour « diffamation » et « provocation à la commission d’une infraction non suivie d’effet ». De nombreuses convocations ainsi qu’une perquisition chez Dan avaient déjà eu lieu.

Au-delà de leurs petites enquêtes anecdotiques dans lesquelles les flics savent bien qu’ils n’obtiendront pas grand chose en terme de répression, il s’agit pour les « services spécialisés » (DCRI, SAT, etc.) et à travers eux le parquet, de maintenir la pression sur des personnes « en attente » de procès sur les affaires de machine à expulser et leurs ballades et sabotages de DAB et aussi de remettre à jour quelques données en volant des ordinateurs, clés USB, etc.

Il va de soi qu’aucun gigotement des forces de répression de l’Etat n’arrêtera nos rebellions.

Sans peur ni résignation,
vive la guerre sociale.

Des anarchistes.

N.B. : La BRDP, qui se présente elle-même comme une « antichambre de la section antiterroriste » (dixit les flics) est spécialisée dans la répression de la diffamation, jusqu’à la menace nominative. Ils se sont déjà illustrés pour leur enquête sur le texte «Analyse d’un dossier d’instruction antiterroriste» dans laquelle ils avaient interrogé un compagnon soupçonné d’animer le blog «Même pas peur», puis Olivier et Camille lors de leur arrestation en janvier 2011 par la section antiterroriste.

Source: Base de Données Anarchistes, 23 janvier 2013

[Paris] Banderoles solidaires contre la répression au métro Belleville – 7 août 2012

France : 3 banderoles anarchistes accrochées à Paris au métro Belleville

Nous avons accroché 3 banderoles sur la place du métro Belleville à Paris le Mardi 07 Août 2012. Cette action s’inscrit dans le cadre de l’appel international à des actions de propagande contre la répression et en solidarité avec les anarchistes emprisonné-e-s dans le monde entier.

La première fait référence à l’actualité de la situation internationale avec une lecture anarchiste. Il y est inscrit : “La crise et l’austérité, c’est le Capitalisme et l’État. Pour s’en sortir, il faut les détruire ! Vive la révolution sociale !”

La seconde (en rouge) est dédiée aux 15 anarchistes turcs emprisonné-e-s suite aux émeutes du 1er Mai 2012. On peut y lire : “Solidarité internationale active avec les 15 anarchistes turcs. Anarsist Tutsaklara Özgürlük (liberté pour les prisonniers anarchistes)”

La troisième est dédiée notamment à Luciano “Tortuga” Pitronello, combattant anarchiste chilien (qui est aussi notoirement impliqué dans la lutte pour la libération animale et la libération de la terre) gravement blessé et emprisonné depuis le 1er Juin 2011, suite à l’explosion d’une bombe devant la banque de Santiago de Chile. Il a été condamné en Mai 2012 à 12 ans de prison pour fabrication, possession et usage d’explosifs.  Il y est écrit :  “Partout, des révoltes éclatent contre le capital et l’Etat. Contre la prison : liberté pour Tortuga et les autres. Vive la révolution !”

Bien sur, il s’agit de faire connaitre quelques unes affaires en cours concernant la répression qui touche les anarchistes dans le monde, dans leur lutte contre toute autorité, mais nous n’oublions pas tous et toutes les autres.

Notre solidarité et notre amitié va à tous ceux et toutes celles qui luttent contre le Capital, l’État, le Patriarcat, l’exploitation en général, contre toutes les hiérarchies, oppressions, et dominations sans médiations. A toutes celles et tous ceux qui veulent détruire l’ordre existant et vivre enfin libres, par tout les moyens qu’ils ou elles estiment nécessaires et en accord avec leurs principes anti-autoritaires.

La liberté est un rapport social à construire…

Salutations enflammées par delà les frontières !

Quelques anarchistes d’ici et d’ailleurs.

Source: Contra-Info, 9 août 2012