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[Brésil] Nouvelles de la guerre sociale des rues de Sao Paulo (16 – 19 septembre 2014)

São Paulo (Brésil) : Affrontements suite à une expulsion dans le centre-ville.

OcupaSJ3.Le 16 septembre dernier, le centre de São Paulo, plus grande ville du Brésil, a été le théâtre d’affrontements entre squatters et policiers, suite à une opération d’expulsion. Dans la matinée, la Police Militaire est intervenue pour expulser 200 familles qui occupaient depuis 6 mois un immeuble de 20 étages, située sur la célèbre avenue São João.

Tandis qu’ils tentaient de pénétrer dans le bâtiment, les policiers ont été la cible de pierres, noix de coco, meubles et électroménager jetés depuis le haut de l’immeuble. Les occupants ont également monté et incendié des barricades pour empêcher la progression de la police. La Police Militaire est finalement parvenue à pénétrer dans l’immeuble et à en expulser les occupants. Un véhicule blindé de la Troupe de Choc a été utilisé pour forcer la porte d’entrée. S’en sont suivi des affrontements dans les environs de l’immeuble expulsé. Un bus et une cabine de contrôleurs ont été brûlés, plusieurs magasins – dont deux appartenant à des entreprises téléphoniques – ont été endommagés ou pillés, des barricades ont été montées au travers des avenues environnantes. Le climat d’émeute a duré jusque dans la nuit. Plusieurs squatters et policiers ont été blessés. Une femme enceinte, qui occupait le bâtiment, a dû être emmenée en urgence à l’hôpital.

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Cette opération d’expulsion prend place dans un contexte général d’intensification de la répression policière envers les lieux squattés et la population pauvre de façon générale. Le 18 septembre, des affrontements ont eu lieu dans le centre ville lors d’une opération policière visant à réprimer l’économie “informelle”. Tandis que des vendeurs ambulants tentaient d’empêcher l’arrestation de l’un d’entre eux par la police, Carlos Augusto Muniz Braga*, 30 ans, vendeur à la sauvette, a été tué d’une balle dans la tête par un policier. La scène de l’assassinat a été filmée par une caméra et a été amplement diffusée dans les journaux du pays. S’en sont suivi des affrontements entre policiers et vendeurs ambulants. Des poubelles ont été utilisées comme barricades tandis que les policiers étaient la cible de jets de pierre auxquels ils ont répondu par des gaz lacrymos et des tirs de flashball.

Le lendemain, le 19 septembre, une opération similaire menée par la police à Rio de Janeiro s’est également terminée par des affrontements. À cette occasion, deux vendeurs ambulants ont été blessés par balle par la Garde Municipale. Un bus et une camionnette de la Garde Municipale ont été caillassés, et plusieurs Gardes municipaux blessés.

Ce même jour, le 19 septembre, en réponse à l’expulsion de l’immeuble de l’avenue São João et aux récentes opérations d’expulsion, un immeuble a été occupé par le mouvement Terra Livre dans le centre de São Paulo. Le soir-même, 200 personnes ont à leur tour occupé un vaste terrain à M’boi Mirim, dans la banlieue sud de la ville. L’occupation a été baptisée « Terra Prometida » (« Terre Promise »).

Traduit et reformulé des médias dominants par squat.net

Note du CNE:

*Carlos Augusto Muniz était un vendeur ambulant dans les rues de São Paulo et a été assassiné par la Police Militaire le 18 septembre 2014 après s’être révolté lors de son arrestation (en essayant entre autre de choper la lacrymo des mains de l’un des flics) alors qu’ils faisaient leur «nettoyage social» routinier pour dégager des rues les travailleurs clandestins

Nous n’avons aucune information autre que les médias de masse (une vidéo de l’assassinat ici: http:// noticias.r7.com/jornal-da-record/exclusivo-video-mostra-momento-em-que-pm-mata-camelo-com-tiro-na-cabeca-em-sp-19092014). Cependant, il semble nécessaire d’informer et sympathisons avec la révolte qui a émergé des rues de São Paulo.

Aucun décès aux mains de flics ne doit être oublié

De Cumplicidade

[Brésil] Mutinerie à la prison de Cascavel (Parana) – 24 août 2014

motinbrasil05Dans la matinée du 24 août 2014, une violente émeute a éclaté dans la prison de Cascavel dans l’État de Paraná*. À l’heure du déjeuner les prisonniers ont commencé à se rebeller et à prendre le contrôle de la prison, en séquestrant les gardiens qu’ils trouvaient.

Les porte-parole du pouvoir ont souligné que dans la prison près de 1140 prisonniers entassés survivent et qu’après l’émeute, 60% de l’enceinte est sous contrôle des rebelles, tout en indiquant que 40% de l’infrastructure de la prison a été détruite par les émeutiers.

Les détenus s’en sont pris à 4 prisonniers, lesquels seraient plusieurs ex-flics accomplissant une condamnation. Après cette situation, le cercle répressif a rapidement coupé la lumière et l’eau de la prison.

Les détenus montent sur les toits exigeant une meilleure qualité et hygiène alimentaire, un assouplissement dans les régimes de visites, la fin des abus et des passages à tabac par les matons. Sur les toits, un drap a été observé avec les abréviations PCC, le « Premier Commando de la Capitale », une des organisations criminelles les plus grandes du Brésil. Loin de toute sympathie pour cette structure hiérarchique, nous sommes unis dans le besoin urgent de se rebeller en prison.

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Traduit de publicacion refractario

*Ville située à l’extrême-ouest de Sao-Paulo, près de la frontière paraguayenne.

[Brésil] Violence d’État et résistances…

Au Brésil, quelques jours après la fin de la Coupe du monde de football, qui a donné lieu à une très forte intensification de la répression et des violences policières, certains faits montrent comment la population continue de répondre coup pour coup à la violence dont elle est la cible.

Le mercredi 16 juillet 2014, la population d’Amargosa – ville de 40 000 habitant-e-s située à 200 km de Salvador de Bahia – s’est soulevée après qu’un enfant d’un an et demi ait été tué au cours d’une opération policière.

Révolté-e-s, des habitant-e-s ont envahi le commissariat de la ville, libéré les 16 prisonniers qui y étaient détenus, pris possession des armes présentes sur place avant de détruire les locaux et d’incendier le bâtiment. En plus du commissariat, ils/elles ont aussi brûlé les véhicules de police. Les quelques gradés et policiers présents se sont retrouvés quelque peu dépassés… Ces derniers, ainsi que la juge et l’huissier de justice de la ville, se sont réfugiés dans un hôtel, craignant pour leur sécurité. Une vingtaine de véhicules, une trentaine de motos ainsi qu’un bus ont également été incendiés cette nuit-là. Le lendemain, d’importants renforts de policiers ont été envoyés dans la ville. Personne n’aurait encore été arrêté, pour l’instant.

Bus incendié durant les émeutes à Amargosa.

Bus incendié durant les émeutes à Amargosa.

Ce qu’il reste du commissariat au lendemain des émeutes à Amargosa.

Ce qu’il reste du commissariat au lendemain des émeutes à Amargosa.

Quelques jours plus tôt, le 13 juillet, à Santa Luzia, en banlieue de Belo Horizonte, plusieurs personnes s’étaient révoltées à cause de dysfonctionnements dans le tout nouveau système de bus mis en place à l’occasion de la Coupe du monde. Un bus ainsi que tout l’équipement électronique, les écrans et les tourniquets du terminal de bus ont été détruits. Les agents de sécurité ont fait appel aux forces de l’ordre mais lorsque celles-ci sont arrivées le groupe d’agité-e-s avait déjà disparu.

Le 21 juillet, un poste de l’Unité de Police Pacificatrice de la favela Morro do Alemão, dans la zone nord de Rio de Janeiro, a été attaqué pour répondre à la mort de Matheus Alexandre da Silva, 18 ans, durant une opération policière contre des « narcotrafiquants ». Le poste de l’Unité de Police a été criblé de balles puis en partie incendié, tandis qu’un véhicule de police est parti en fumée. Un homme de la Police Militaire (PM) blessé par balle durant l’action a été emmené à l’hôpital. En représailles, le Bataillon d’Opérations Spéciales (le fameux Bope) et le Bataillon de Choc ont été appelés à intervenir dans la favela, qui fait déjà l’objet d’une très forte présence policière et militaire en temps normal. Les 35 écoles de la région ont été fermées par crainte de « violences ». La PM a quadrillé une partie de la région et monté des barrages de police en quête des suspects. Le Morro do Alemão appartient au Complexo do Alemão qui regroupe treize favelas. Le Complexo est occupé par la PM depuis novembre 2010 au travers de huit Unités de Police Pacificatrice disséminées dans différentes favelas. Ces derniers temps, les mouvements de révolte contre l’occupation policière se sont multipliés dans la région où la PM fait régulièrement de nouvelles victimes.

Base de l’Unité de Police Pacificatrice au lendemain de l’incendie.

Base de l’Unité de Police Pacificatrice au lendemain de l’incendie.

Restes d’un véhicule de l’UPP.

Restes d’un véhicule de l’UPP.

Synthèse du portugais à partir de la presse brésilienne par squat.net, juillet 25th, 2014

[Brésil] Agitation aux abords du stade Maracana et mise-à-jour sur les perquisitions et arrestations de la veille – 13 juillet 2014

Ce samedi 12 juillet au matin à Rio, les flics ont arrêté 19 personnes* soupçonnées d’avoir participé à l’agitation dans les rues avant et pendant la coupe du monde. 60 mandats de perquisitions entre autre pour regroupement armé en vue de commettre un délit ont été émis par l’Etat deux jours auparavant. Les personnes arrêtées ont été transférées immédiatement à la « Cité de la Police » (Cidade da Policia, un gros complexe de commissariats) et seront détenues pendant 5 jours. Dans un premier temps, les personnes arrêtées devaient être transférées à la prison « Bangu 8« . Mais les médias rapportent ce 13 juillet que les détenus seront transférés à la prison de Gericinó dans la zone ouest de Rio de Janeiro.

C’est dans ce contexte qu’a eu lieu la grande manifestation Nao Vai Ter Copa durant la finale qui s’est déroulée ce dimanche 13 juillet 2014. 

Plusieurs rassemblements et manifs se sont tenus dans la journée. L’Etat a bien évidemment sorti les grands moyens pour garantir la bonne tenue de cette cérémonie finale aux alentours du stade Maracana. Près de 30.000 flics de différents modèles (dont la cavalerie et les troupes de choc) ont été utilisés pour contenir la rage des protestataires. La station de métro de la place Saens Pena a été fermée par les flics tout l’après-midi, tout comme le secteur de la rue Conde de Bonfim: l’objectif de la police était bel et bien d’isoler les manifestant-es de la population, tout en les séquestrant à ciel ouvert.

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Plus de 300 personnes se sont donc rassemblées place Saens Peña à Tijuca en milieu d’après-midi avec comme but de se rendre au stade Maracana de Rio où se jouait la finale. De nombreux slogans ciblaient la police et la répression de la veille – demandant  la libération et l’arrêt des poursuites pour les 37 personnes interpellées au petit matin (16 sont ressorties libres du comico après avoir été entendues*). Les flics de la PM ont rapidement encerclé les manifestant-es, mais un groupe d’environ 150 masqué-es a tenté de percer les barrages policiers en direction du stade et des infrastructures de la FIFA mais a été repoussé par la PM à coups matraques et de grenades lacrymogène. Les plus gros affrontements avec les flics ont eu lieu sur cette place et fait de nombreux blessés du côté des manifestant-es et des journalistes présents (dont au moins 1 s’est fait casser un bras).

Selon le groupe d’avocats Habeas Corpus, 8 personnes ont été arrêtées et emmenées au 21e DP (à Bonsucesso) et au moins une autre à la 19 Cité à Tijuca.

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Samedi 12 juillet à Sao Paulo, plus de 200 personnes se sont réunies pour exiger la libération des deux manifestants interpellés suite à l’émeute du 19 juin dernier. Ils risquent une peine allant de 5 ans et 5 mois à 14 ans et 6 mois d’emprisonnement pour incitation au crime, association de malfaiteurs armés, résistance/désobéissance et possession d’engin explosif. L’ancien joueur international reconverti en homme d’affaires Ronaldo a été tourné au ridicule en se faisant représenter par une poupée pour ses déclarations de bourgeois sur les révoltés (en déclarant vouloir poser ses fesses sur la tête des vandales qui participent aux manifestations; il doit sûrement avoir des affaires dans l’automobile^^).

Infos piochées dans la presse mainstream

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Le blog de la Croix Noire Anarchiste de Porto Alegre vient de changer de serveur, l’adresse actuelle est désormais :

cnapoa.wordpress.com

l’adresse mail reste la même : cnapoa[At]riseup[pt]net

*Les noms des 19 personnes détenues:

  • Elisa Pinto Sanzio Peintures « Sininho »
  • Gerusa Diniz Lopes » O Lê »
  • Tiago Teixeira Neves da Rocha
  • Eduarda Oliveira Castro de Souza
  • Gabriel da Silva Marinho
  • Kartayne Moraes da Silvia Pinheiro » Moa »
  • Eloisa Samy Santiago
  • Camila Rodrigues Aparecida Jourdan + APF
  • Igor Pereira Icarahy + APF
  • Emerson Raphael Oliveira da Fonseca
  • Rafael Barros Caruso
  • Proença de Carvalho Felipe Moraes » Rataô »
  • Felipe Carvalho Frieb
  • Pedro Pedro Maia Brandão « punk »
  • Bruno Souza Vieira Machado
  • Rebecca Martins de Souza
  • Joseane Maria Araujo de Freitas
  • Eronaldo Araujo da Fonseca – Armes et munitions
  • Sarah Borges Galvão de Souza – « Drogua

9 personnes qui n’ont pas été placées en détention mais qui font face à des poursuites:

  • Luiz Carlos junior Rendeiro » Game Over »
  • Dreyer Luiza Rodrigues de Souza
  • Ricardo Calderon Egoavil Karyu » »
  • Igor Mendes da Silva
  • Drean Moraes Moura Correa » DR »
  • Shirlene Feitoza da Fonseca
  • Leonardo Pereira Fortini Baroni
  • Pedro Mascarenhas Guilherme Freire
  • André de Castro Sanchez Basseres

Parmi les personnes arrêtées au petit matin, il y a l’activiste de Porto Alegre Elisa Sanzio, qui est poursuivie pour crime informatique(soit activités/agitation anarchistes sur internet). De nombreux mineur-es se trouvent parmi les personnes séquestrées. On peut voir une vidéo de l’opération policière ici

Les infos en portugais

[Brésil] Leur fête est finie… et gâchée (8-9 juillet 2014)

Suite à la défaite de l’équipe brésilienne mardi 8 juillet à Fortaleza face à la Mannschaft, les rues de plusieurs villes se sont embrasées au milieu de pillages divers et variés. Des compagnon-es anarchistes se sont donné-es rendez-vous le soir même dans Sao Paulo contre la coupe du monde FIFA et tout ce qu’elle couvre (pacification, patriotisme, gentrification, rénovation urbaine, omniprésence de l’armée et de la police dans les quartiers…), alors que la masse s’aglutinait devant les écrans de la domination.

Durant la nuit du 8 au 9 juillet à Sao Paulo, 19 autobus ont été détruits par le feu dans plusieurs quartiers périphériques de la ville (dont la moitié étaient garés sur le même parking). Des autobus ont également été caillassés et pour certains incendiés dans la ville de Curitiba, dans l’Etat voisin du Paraná. Un magasin de produits électroménager a été pillé, tandis qu’un magasin de pièces d’automobiles était incendié. Des drapeaux nationaux ont été brûlés. Il y aurait eu six interpellations lors de cette soirée émeutière.

A la « Fifa Fan Fest » sur la plage Copa Cabana à Rio de Janeiro, des milliers de personnes s’étaient rassemblées devant les écrans géants pour suivre la rencontre de foot… les riches, en plus de voir perdre leur nation, ont vécu une sale soirée: des groupes de jeunes s’en sont pris à leurs biens (des sacs à mains et des bijoux de luxe leur ont été arrachés) et l’intervention policière immédiate et brutale a provoqué un vent de panique général. La police n’a pas traîné pour arrêter 7 présumés pillards.

Ailleurs dans la ville, dans l’ambiance émeutière, une personne a été tuée par une balle de la police militaire pendant que deux personnes mettaient le feu à un autobus…

A Recife, des barricades de pneus bloquaient les routes; à Salvador de Bahia, des échauffourées ont également eu lieu du côté de la « FIFA Fan fest », qui a rapidement été fermée… Au moins cinq personnes ont été arrêtées.

À Belo Horizonte, des affrontements « post-défaite » ont eu lieu dans les rues, des pierres et des cocktails Molotov ont été lancés sur les flics, des drapeaux brésiliens brûlés, notamment dans le quartier touristique de Savassi. On dénombrait le lendemain près d’une vingtaine d’arrestations.

Le pouvoir avait largement prévu de canaliser et de réprimer toute révolte en mettant les villes brésiliennes sous occupation policière et militaire tout au long de ce mondial. Lors de cette soirée du 8 juillet et avant même le début du match, stations de métro et rues de Sao Paulo ont été investis par des troupes de choc de la Police Militaire (plus de 50 véhicules blindés antiémeute, remplis de robocops, sont restés toute la soirée sur l’avenue paulista, située dans le quartier d’affaires de la ville; en plus des quinze troupeaux de flics qui patrouillaient à cheval).

Cependant, non loin de cette avenue ultra-surveillée, entre 15 et 20 manifestant-es anti-coupe du monde se sont rassemblé-es. Vers 21h, plusieurs d’entre eux se sont masqués le visage au nez des flics qui tiraient la tronche.

« Je n’ai pas regardé un seul match durant la coupe du monde », explique un manifestant qui ajoute dans la foulée qu’il se sent davantage motivé à protester qu’à faire la fête, et principalement à se solidariser en cette fin des « festivités » avec les personnes incarcérées et inculpées suite aux manifs anti-mondial.

Le petit groupe s’est mis à déambuler au milieu des passant-es et des fans de foot, en lançant des slogans tels que « les patriotes sont des idiots », « le cirque est fini » [en référence à l’élimination de l’équipe nationale le soir-même], avant de faire face à l’intervention en règle de la PM…

Sources: fr.squat.net, wm2014.noblogs.org et articles de presse mainstream

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Ce samedi 12 juillet au matin à Rio, les flics ont perquisitionné et arrêté une vingtaine de personnes coupables d’avoir participé à l’agitation dans les rues avant et pendant la coupe du monde. 60 mandats de perquisitions ont été émis par l’Etat deux jours auparavant. Les personnes arrêtées ont été transférées immédiatement au complexe de commissariats et seront détenues pendant 5 jours. Cette vague répressive intervient au moment même où est prévue une grande manifestation Nao Vai Ter Copa durant la finale qui doit se dérouler ce dimanche 13 juillet 2014. 

La suite sur squat. net

[Hambourg] Contre le spectacle de la domination ! Manif sauvage en solidarité avec la révolte au Brésil – 20 juin 2014

Hier soir, le 20 juin 2014, 30 à 40 personnes ont manifesté spontanément et à l’improviste dans le quartier Schanze afin d’exprimer leur haine contre la FIFA, les États et leurs larbins ainsi que leur solidarité avec les combattants au BrésilDurant la manif, des slogans ont été tagués comme « Fuck Fifa! », des tracts ont été distribués, des feux d’artifice ont été allumés et la boutique Adidas à Schulterblatt a été honorée avec des pierres et de la peinture. La foule s’est dispersée à nouveau juste avant qu’un policier ne se montre. Ce bref instant a de nouveau montré que nous pouvons prendre les rues, il suffit de le faire.

Voici le texte du tract distribué:

Contre le spectacle de la domination !

Fifa de merde, coupe du monde de merde ! Pour la révolte mondiale !

117152Chaos et désordres dans le pays d’accueil; Le stade d’inauguration n’est pas fini à temps en raison des grèves; Les flics sont remplacés par l’armée où ils font grève et soutiennent à d’autres endroits où la résistance est trop importante. La Fifa de toute façon, mais surtout la Coupe du Monde au Brésil en 2014, montrent une fois encore clairement comment les Etats et les entreprises internationales telles que la FIFA font cause commune pour le contrôle, l’image et le profit.

Pour la construction des stades et des boulevards qui les relient au profit des touristes, des quartiers entiers ont été expulsés. En conséquence de l’accueil de la Coupe du Monde cette année et des Jeux Olympiques dans deux ans, plus de 20.000 personnes perdront leurs maisons, l’augmentation des prix des tickets de transport, des billets, des locations et beaucoup d’autres augmentations énormes, tant elles sont déjà ainsi chassées de leurs lieux de résidence.

Les quartiers au coeur des villes hôtes sont des nuits de troupes de flics aggressifs qui occupent, arrêtent, frappent ou même tuent ce.lles.ux qui ne conviennent pas à l’image d’une ville propre et sécuritaire.

Tout cela est bien naturellement pas accepté.

Des manifestations, des grèves et des émeutes accompagnent la coupe du monde comme nulle part auparavant et les flics agissent avec matraques, gaz lacrymogènes et souvent même avec des armes à feu contre des personnes dans la rue.

Celles et ceux qui se révoltent ont bien compris qu’un tel projet sert et renforce un ordre dans lequel une minorité profite du malheur de beaucoup d’autres. En solidarité avec ces soulèvements courageux nous allons maintenant dans les rues pour montrer que nous nous reconnaissons dans la révolte contre ce projet de domination - qu’ils doivent toujours et partout s’attendre à une résistance !

Pour la révolte sociale !

Plus d’infos sur: http://wm2014.noblogs.org

Traduit de l’allemand de linksunten

[Brésil] Génocide et spectacle

Génocide et Spectacle – Une réflexion anarchiste sur le contexte à Rio de Janeiro : l’opération Choc de l’Ordre, la Coupe du Monde de la FIFA et les Jeux Olympiques d’Été de 2016 au Brésil.

Rio de Janeiro, futur hôte de la Coupe du Monde de 2014 et des Jeux Olympiques de 2016, est une métropole emblématique construite autour d’un écosystème paradisiaque et admirable [1]. Ses quartiers et ses rues contiennent le contraste du royaume marchand : disséminés autour des différentes parties de la ville, la pauvreté criante, la profonde décadence, l’abandon administratif dans leurs états les plus crus… et à d’autres endroits, le luxe hygiénique sert de toile de fond à un scénario simulé et superficiel de consumérisme et de vie confortable, constamment sous l’œil des caméras et d’une forte présence policière. Cette terre de tant d’anecdotes qui font « l’histoire du Brésil » est l’endroit où se produisent des extrémismes à caractère urbain et qui ne peuvent qu’être vécus en ce lieu, du moins dans les proportions dans lesquelles ils se manifestent.

Selon l’Indice de Développement Humain (IDH) – une mesure internationale comparative pour classifier le « développement » économique d’un territoire – il existe dans la ville de Rio une coexistence d’IDH de certains des quartiers les plus riches du monde, équivalents à ceux qu’on peut trouver dans certains endroits d’Europe, alors que plusieurs favelas ont un IDH égalant ceux de certains des pays les plus pauvres du continent africain. À l’origine de tout cela, le fait que ce fut toujours une ville où richesse extrême cohabite avec extrême pauvreté et que ce fut l’un des ports majeurs pour les humains enlevés en Afrique puis revendus comme esclaves. Malgré tout, pendant 12 ans elle fut la capitale de l’empire portugais et après l’ »indépendance » elle fut la capitale du Brésil jusqu’au milieu du XXe siècle. Si autrefois les contrastes encerclaient les palaces de la noblesse et les quartiers noirs, aujourd’hui cette différence se perçoit entre les quartiers riches opulents – de vrais Beverly Hills – et les nombreuses favelas.

La question raciale est intrinsèquement reliée à l’histoire de Rio de Janeiro. Si aujourd’hui il existe une politique si violente assiégeant cette ville, c’est sûrement parce que d’elle descend directement du régime esclavagiste. Cela date de la création d’un pouvoir public autonome et de la propre constitution de l’État brésilien. Avec l’arrivée de la famille royale du Portugal en 1808, la police de Rio fut fondée pour édifier un nouvel ordre public qui cherchait à affronter dans les rues la population réduite en esclavage, terrorisant les noirs et les pauvres avec des châtiments corporels en public et des éliminations physiques. Dans le même temps, elle combattait la résistance qui était apparue de différentes manières, à la fois de nature politique et culturelle, organisée ou non : depuis les équipées rebelles et les formations consécutives des quilombos – communautés rebelles noires [2] – à la capoeira, une technique de combat développée dans les rues et un outil inséparable des rebelles noirs organisés qui ont combattu lors de révoltes organisées durant toute cette période. La favela est la fille et la nièce de cette résistance, berceau de ces magnifiques manifestations culturelles de descendance africaine et bastion de ceux qui n’ont jamais séparé le combat du sourire.

L’origine des favelas de Rio de Janeiro émane du milieu du XIXe siècle lorsqu’avec la fin de l’esclavage une partie des affranchis migrèrent vers la capitale fédérale, s’installant de façon informelle dans des lieux qui seront connus après sous le nom de Favelas. Le premier de ces endroits à être appelé favela fut Morro de Providência [Colline de la Providence], qui se trouve près de la zone portuaire dans le centre de Rio, occupé en 1897 par des soldats noirs de l’armée brésilienne qui revenaient de la Guerre des Canudos et qui avaient cessé de toucher leurs soldes ; sans moyens financiers, ils allèrent vivre sur la colline dans des baraques temporaires. Le terme favela vient du camp de Canudos qui se situait dans la province de Bahia et qui fut construit sur une colline où poussaient beaucoup de plantes d’une espèce populairement connue sous le nom de Favela ou Faveleiro. Cette plante fut aussi trouvée à Morro de Providência, ce qui lui valut le nom de Morro da Favela [Colline de Favela]. Avec le temps, le terme commença à être utilisé comme façon de désigner les lieux d’habitation populaire. La favela, d’un point de vue urbain, est la descendante des quartiers d’esclaves [senzalas], et apparaît comme l’un des représentants majeurs du ségrégationnisme aigu, de l’isolement, des déchets humains, dans un régime qui avait substitué le travail d’esclave à l’esclavage salarial, vu que les temps avaient changé et qu’il y avait un besoin de formes différentes d’exploitation.

D’autre part, la favela est la représentante de la résistance culturelle noire qui a continué à se développer dans des manifestations culturelles comme la samba, la capoeira et les religions d’origine africaine (comme la candomblé et l’umbanda), en plus d’être l’habitat naturel de l’authentique système D brésilien. Ainsi le policier de Rio est le « capitão-do-mato » moderne (ceux qui capturaient les esclaves et les ramenaient à leurs maîtres), qui a juste substitué le fusil au fouet. Si avant, le mépris de la vie se traduisait dans l’image de l’esclave noir, aujourd’hui il se reflète dans la figure de l’habitant de la favela.

La réalité d’aujourd’hui

Ce qui se vit actuellement c’est une guerre civile à un niveau de conflit urbain armé inconnu en Amérique latine, camouflée en « guerre contre le trafic de drogue ». Les favelas ont toujours été contrôlées par les trafiquants de drogue ou par les milices locales [3] et plus récemment par la police qui utilise un large arsenal pour défendre son territoire. Les balles sont aussi quotidiennes que le riz et les haricots (la base du régime brésilien).

Sans aucun doute l’économie de Rio tourne autour du tourisme et bien sûr la ville est l’une des destinations touristiques les plus prisées de la planète. La « merveilleuse ville » est pleine de richesses pour tous ceux qui ont les conditions économiques pour les consommer. Une spéculation foncière et un embellissement rendu nécessaire pour le maintien d’une atmosphère de ville confortable pour ces gens. Cette situation mène à une constante et chaque fois plus grave criminalisation de la pauvreté, qui apparaît sur différents fronts et zones dans le contexte actuel, déguisée en réformes urbaines et améliorations de la qualité de vie de la population. Mais en réalité ce sont les voies vers des projets économiques mégalomanes entrepris par une série de partenariats public-privé.

La réalité sociale de Rio de Janeiro rend chaque fois plus explicite la ligne étroite articulée autour de différentes stratégies de gestion étatique, se trouvant quelque part entre la dictature et la démocratie. Au final, torture, élimination physique et incarcération (qui ont gagné de la visibilité lors de la dictature militaire afin de toucher des secteurs de la classe moyenne) ont toujours été une réalité pour les noirs, les pauvres et les habitants des favelas. Dans une période démocratique si acclamée il y a des faits qui deviennent de plus en plus présents. Plusieurs tactiques bien distinctes ont été utilisées, découlant de la nouvelle politique administrative de l’État (dans les mains de Sérgio Cabral Filho depuis 2006) et de la préfecture de la ville (tenue par Eduardo Paes depuis 2009), des initiatives qui viennent de différents endroits :

1) La guerre informelle contre les vendeurs à la sauvette qui, face à cette réalité, choisissent l’un des plus importants moyens de survie pour ceux qui sont sans le sou.
2) La reprise du contrôle de zones précédemment contrôlées par le trafic de drogue.
3) Les programmes de développement urbain, comme la revitalisation des environs du port.
4) L’écrasante présence de drogue comme le crack, ou plus récemment l’oxi [Ndt : mélange de pâte de cocaïne, d’essence, de kérosène et de chaux vive, qui se fume comme le crack], qui renforce le contrôle sur la population.

En plus de tous ces éléments, l’extermination actuelle de civils par la police, morts justifiées comme des dommages collatéraux dans une supposée guerre contre le trafic de drogue et souvent passée sous le coup de la dénommée Autos de Resistência – lorsque les assassinats de la police sont considérés comme étant la faute des victimes [4] – pour camoufler des exécutions sommaires. Ce qui se passe dans la pratique est un génocide silencieux qui loin de viser les groupes qu’il a pour cible – dans ce cas-ci les barons de la drogue – affecte surtout toutes les couches populaires qui se trouvent dans la zone du conflit. Le nombre de morts dans les mains des forces de police de Rio de Janeiro est extrêmement élevé. Prenons les trois dernières années pour exemple : en 2008 il y a eu 611 morts, en 2009 ils étaient 495, en 2010, 545 – chiffre qui équivaut plus ou moins aux victimes des pluies qui ont touché la région montagneuse au-dessus de la ville de Rio de Janeiro, en janvier 2011, considéré comme le « plus gros désastre naturel » de l’histoire du Brésil.

Avec de sinistres chansons qui glorifient la guerre et qui sont partie intégrante de sa formation, le BOPE (Bataillon d’Opérations Spéciales de Police) ne s’embarrasse d’aucun doute quand à ses missions d’après la chanson qu’ils chantent : « Homme en noir / Quelle est ta mission ? / C’est d’envahir la favela / De laisser des corps sur le sol », voire : « J’infiltrerai une favela / Avec un fusil dans ma main / Je combattrai l’ennemi / Provoquerai la destruction ». Le BOPE a été conçu et entraîné pour être une machine de guerre et exterminer les habitants des favelas. Le fait qu’ils aient un crâne comme logo n’est pas du pur symbolisme.

L’un des projets pilotes de l’actuel gouvernement au pouvoir, faisant partie de la logique de restructuration et d’embellissement de la ville, ce sont les machiavéliques UPP (Unités de Police Pacificatrice). Ce sont des unités de la police qui par des invasions permanentes reprennent le contrôle des communautés qui étaient précédemment sous la coupe des barons de la drogue.

Coïncidence ou non, toutes ces communautés sont des favelas qui se situent dans des zones à fort intérêt économique, telle la zone au sud et les terrains nobles de la zone nord, ainsi que des zones d’intérêt touristico-économique [5]. Les UPP apparaissent comme le point culminant de la « guerre » contre le trafic de drogue, et marquent un moment où l’État donne finalement une réponse plus efficace et énergique aux trafics. La présence permanente de la police dans la communauté signifie qu’elle peut agir en toute impunité (une sorte d’état d’exception non-déclaré), agissant sans scrupules grâce à l’inconstitutionnalité, envahissant sans cesse les maisons et terrorisant les habitants. L’ironie est que dans aucune des communautés où l’UPP agit en ce moment le trafic de drogue n’a disparu ; bien au contraire, le commerce se développe, même si les trafiquants fanfaronnent moins avec leurs armes et donnent des pots-de-vin à la police afin de poursuivre en toute tranquillité leur business.

Les UPP sont profondément en lien avec le processus de nettoyage socio-économique des quartiers qui se déroule dans plusieurs parties de Rio de Janeiro, agissant comme les précurseurs d’un processus innovant de gentrification [6] des aires des favelas. Comme champ de leur intervention, les branchements clandestins sur les réseaux électriques ou d’eaux ont été coupés, causant un accroissement drastique du coût de la vie quotidienne pour les plus pauvres et renforçant ainsi une sorte de processus d’expulsion graduel.

Dans le sud, des baraques sont vendues et louées à des prix incroyablement élevés et dans le même temps des assainissements sanitaires sont pour la première fois introduits. Mais pour qui exactement ces « améliorations » sont-elles faites ? Logiquement elles sont destinées aux nouveaux hôtels (et autres sortes de marchés privés) et aux nouveaux visiteurs de ces espaces : les touristes et les individus de la classe moyenne.

Ces opérations de meurtre de masse organisées par l’État et ses partenaires privés sont seulement rendues possibles par l’insertion dans les communautés du bras gauche de ces interventions : les ONG. Partie intégrante du processus pour limiter les dommages, les institutions non-gouvernementales sont chargées d’infiltrer les favelas sous l’apparence de projets de fond pour le développement social. La présence de ces organisations dans les communautés est, à son tour, marquée par l’ambiguïté. Alors que ces institutions « facilitent » le développement socioculturel au niveau local, derrière leurs implantation il y a, depuis le début, le caractère pacificateur et les profits générés grâce aux exonérations d’impôts et aux investissements transnationaux, qui sont souvent une source de revenus, en plus de leurs activités dans le recensement et le fichage des résidents, les incitant aussi à assumer le rôle d’indics dans la communauté. Il existe des cas similaires qui concernent les programmes plus récents du gouvernement fédéral, près des zones urbaines classées comme « à risque » (elles sont touchées par le programme pilote appelé Fica Vivo [Rester en Vie]).

C’est dans ce décor général de revanche et d’invasion ostensiblement militaire que le Choque de Ordem [Choc de l’Ordre] s’intègre. Un projet crée depuis début 2009 par le maire en poste Eduardo Paes, organisé par le Secrétariat à la Sécurité Publique, rassemblant différentes composantes comme la police municipale, la police civile et militaire, l’entreprise de collecte des déchets Comlurb et le Secrétariat au Logement, pour lancer des actions coordonnées en vue du « rétablissement de l’ordre dans la ville ». L’opération se concentre surtout sur la lutte contre les camelôs [vendeurs à la sauvette], sur l’expulsion par la force des sans-abris – que ce soit des accros au crack ou non – et sur les innombrables expulsions de maisons considérées comme illégales ou n’ayant pas les papiers en règle, comme c’est le cas des squats urbains, des favelas ou de parties de favelas qui sont déplacées car situées dans le chemin de ces réformes.

Le projet Porto Maravilha [Port Merveille]

L’un des projets actuels majeurs de ré-urbanisation de la ville de Rio de Janeiro est, bien entendu, la revitalisation de la zone portuaire, appelée Porto Maravilha et qui est l’initiative publique-privée la plus importante du Brésil. C’est une société formée par la municipalité, l’État, la région et des initiatives privées. Toute la région du port s’est privatisée, passant dans les mains de trois entreprises privées pour les quinze années à venir. Les mots du maire lui-même : « Quel est le rêve de chaque entreprise privée ? Faire de grands profits constants dans le temps et sans risque. La ville de Rio réalise le rêve de trois d’entre elles : OAS, Odebrecht et Carioca Engenharia, qui ensemble forment le consortium qui gère Porto Maravilha. L’ingénieux partenariat public-privé ne peut pas être vu d’une autre manière : un transfert d’argent public à trois grandes entreprises privées, sans avantages apparents pour l’État. »

Le projet couvre une superficie de 5 millions de mètres carrés, dont les limites sont les avenues Presidente Vargas, Rodrigues Alvers, Rio Branco et Francisco Bicalho. Il passe par quatre quartiers : Centro, Santo Cristo, Salud et Gamboa. Les investissements incluent la création et l’implantation de musées, la construction de luxueux mouillages pour les croisières touristiques, la construction d’immeubles d’habitation pour la classe moyenne, la construction de l’aquarium le plus grand d’Amérique Latine, en plus de nouveaux sièges de banques, qui incluent la Banco Central. La première phase de construction a débuté en 2009 et est toujours en cours, avec des mises en œuvre basiques comme l’installation de nouveaux réseaux hydrauliques et la ré-urbanisation de Morro da Conceição. La nouvelle phase de travaux a commencé en 2011 et inclut des réalisations plus importantes comme la démolition du viaduc du Perimetral, situé au-dessus de l’avenue Rodrigues Alves. L’objectif est de terminer tous les projets de ré-urbanisation pour 2015.

En toile de fond de ce projet une série d’opérations répressives et de violations de la dignité des personnes sont menées jour après jour. Durant de nombreuses années le quartier du port a été une des zones les plus négligées et méprisées de la ville de Rio de Janeiro, lieu de presque quatre siècles d’histoire d’effusion de sang et de résistance politique et culturelle, de nombreuses fois un refuge et une alternative pour ceux qui trouvent dans l’occupation d’immeubles vides une forme pratique pour accéder à un logement. On ne compte plus les expulsions qui ont concerné les squats, en plus de maisons à Providência qui ont été détruites pour construire un téléphérique.

La favela de Providência a depuis avril 2010 sa propre UPP qui garantit la « sécurité » pour le bon déroulement des projets. En plus de tout cela, de mystérieux incendies ont touché des squats, des communautés (comme celle de Rato Molhado dans le nord) et des commerces informels (comme celui qui fut probablement le plus important de ces incendies et qui a consumé le marché ouvert de Central do Brasil le 26 avril 2010). On remarquera que ce marché populaire était situé très près de la caserne de pompiers de Rio de Janeiro, et malgré ça, les secours ont mis plus d’une heure à arriver. Ce n’est pas un hasard si la mairie avait déjà des plans de « revitalisation » pour ce lieu.

Dans la pratique ce projet n’est rien de plus qu’un des pivots du processus de maquillage que la ville est en train de faire. C’est la préparation pour les grands événements à venir : le mondial de foot en 2014 et les Jeux Olympiques en 2016. À l’instar de toutes les opérations hygiénistes, il s’agit de la prise, par la classe la plus riche, d’une zone antérieurement occupée par les classes plus pauvres.

Il n’est pas possible de savoir avec certitude sur quoi vont aboutir ces opérations si atroces et soudaines. Mais, de fait, on peut déjà faire des prévisions, suggérées par ce qui est évident pour n’importe quel œil observateur. Les questions les plus inquiètes restent noyées par les années « prometteuses » des mégas événements de 2014 et 2016, dans un scénario désastreux d’ignorance, de peur et d’égocentrisme touristique.

La confusion est apaisée par le fanatisme insensé d’un esprit sportif chaque fois plus publicitaire, piégé dans une vague de marketing belliqueux, qui déclare à l’ordre du jour l’extermination ouverte pour satisfaire les objectifs des marchés financiers incarnés par les travaux publics et la spéculation immobilière. Dans un futur pas si lointain, après l’hébétude des Jeux, nous ferons face à des questions auxquelles il n’y a eu que des mauvaises réponses délibérées, des choses accumulées laissées de côté par négligence, que seulement la guerre sociale déclarée peut combler [7].

Jusque là et dès maintenant, nous assumons déjà une position : notre refus est inflexible, le futur est déjà maintenant.

Le squat Flor do Asfalto

« Les vauriens déambulent d’un port à l’autre. Face à la machinerie lourde, ils observent avec consternation les nombreuses faces d’un futur laissé pour plus tard. Des rumeurs d’effondrement, des jours de guerre… des minutes de passions arrachées des souterrains, des îles et des rues. Le quai est là, mais il y a aussi des ports hallucinés / Dans le chaos du port flotte, fait de tissu noir décoloré, un drapeau pirate, agité par la brise de la mer et la vitesse des machines… et nous savons que c’est par là-bas qu’errent ces renégats. De port en port, « ils crachent la fumée de cigarette  » : peut-être qu’il y a plus à tirer d’un crachat même que de n’importe quelle morale civilisée.  » (Collectif Casa Aberta – Les pirates malades ne disent rien…)

Issue de l’initiative de plusieurs personnes du milieu libertaire, la Flor do Asfalto a été occupée le 17 octobre 2006, sur l’avenue Rodrigues Alves, ayant comme objectif, en dehors d’être un lieu de vie collectif, de se convertir en un espace de création politique et contre-culturel. Depuis lors, diverses initiatives et projets ont commencé à germer dans ce lieu, comme la mise en place d’une bibliothèque, d’ateliers d’art et de sérigraphie, un herbier, parmi différentes pratiques visant un mode de vie plus respectueux et en plus grande harmonie avec la terre, comme l’entretien d’un jardin potager et d’un système agro-forestier. Durant ces 5 ans il y a eu beaucoup d’initiatives et d’activités développées à la Flor, depuis des ateliers et des discussions jusqu’à des fêtes et des concerts. La Flor assume publiquement sa posture de confrontation avec la réalité existante, ses relations de pouvoir et ses politiques oppressives, en mettant en avant la nécessité de la réappropriation de la vie pour ceux qui s’investissent en son sein et la guerre vécue à chaque moment de l’existence.

Les différentes ruptures et alternatives avec ce monde ne se font pas seulement comme alternatives en elles-même, mais comme confrontation, intervention dans la réalité et positionnement radical au milieu de l’œil du cyclone. Actuellement, le squat voit ses jours comptés car il se situe juste dans la zone qui comprend la nouvelle phase de travaux du projet Porto Maravilha. Ce sera l’une des prochaines cibles des attaques qui précèdent les travaux. En maintenant le refus ferme de l’existence de l’État et de ses appareils répressifs, comme la police, on n’envisage pas la possibilité de dialoguer ou de trouver un accord. Y compris en considérant, dans certaines occasions, une telle possibilité, il faut toujours garder en tête que le jeu des lois fait partie du jeu de l’ennemi.

Se bouger, ne pas rester dans l’inertie, ça a été la stratégie utilisée pour contrecarrer ce moment. C’est pour ça que depuis l’intérieur du squat des communiqués sont vociférés, expliquant les positions de ses occupants, visant la création de liens de solidarité qui crient et résonnent au-delà des lignes imaginaires de la ville de Rio de Janeiro, vu que ces liens, dans des moments comme celui-ci, sont sans hésitation le meilleur arsenal que peuvent trouver les opprimés rebelles.

Version originale publiée en portugais en septembre 2011, sur le blog diasemcompras.wordpress.com.

Ce texte a été traduit en français une première fois sur Contra Info en juillet 2012.

Lire la brochure page par page (format PDF)

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Brochure éditée par Camotazo

Repris de infokiosques.net

Notes

[1L’écosystème où se situe la ville de Rio de Janeiro est la Mata Atlântica (forêt tropicale de l’Atlantique), qui a été la seconde forêt tropicale la plus grande d’Amérique du Sud et qui comprenait toute la zone de la côte du Brésil jusqu’à l’Argentine et le Paraguay. Actuellement il ne reste que 10% de tout ça. Et même ainsi cela reste l’un des écosystèmes les plus diversifiés de la planète.

[2Les quilombos sont des zones autonomes qui existent dans beaucoup d’endroits du territoire brésilien, avec de grandes concentrations de descendants d’Africains faits esclaves pendant des siècles. Crées par les anciens esclaves fugitifs et rebelles, normalement dans des zones plus éloignées des villes mais aussi dans les périphéries urbaines, basées sur une économie de subsistance, mais maintenant aussi un conflit et des attaques constantes contre le régime esclavagiste. Le premier, et certainement le plus remarquable, a été celui de Palmares, situé dans la Serra da Barriga, Alagoas, et qui a duré plus de cent ans (entre les XVIe et XVIIe siècles). Il y a encore beaucoup de personnes qui possèdent la légitimité de l’héritage de ces terres, reconnues sur des papiers et légitimées à travers les luttes de ces gens. Certains des projets récents de ré-urbanisation se basent sur l’intolérance déclarée envers ces données et preuves historiques, et trahissent littéralement ces communautés quilombos, en les expulsant de leurs terres sans aucune considération envers ces écrits ni envers l’histoire de la résistance quilombo.

[3Les milices sont des groupes paramilitaires formés par des ex-policiers et pompiers, entre autres, qui ont pris le contrôle clandestin de plusieurs favelas.

[4Juridiquement ça serait la justification pour la police d’exercer des violences. L’exécution serait la conséquence de la résistance offensive du « criminel ».

[5Il y a des projets spécifiques pour le complexe d’Alemão, parmi d’autres quartiers, qui incluent l’installation de téléphériques dans les communautés, pour que les touristes aient une vue panoramique.

[6Gentrification ou embourgeoisement (de l’anglais gentry) : intervention urbaine qui fonctionne à travers la réoccupation de parties de la ville, sur la base des plans « d’embourgeoisement urbain », l’expulsion des plus pauvres pour que la classe moyenne repeuple le lieu. Un terme aussi très utilisé, spécialement par les mouvements de résistance contre ces opérations, est celui « d’hygiénisation/nettoyage », qui met en évidence l’aspect classiste de nettoyage social inclus dans ces mesures. Ces politiques urbaines sont accompagnées d’autres mesures sociales pour assurer leur efficacité, qui avec fréquence se convertissent en une guerre déclarée contre les pauvres qui habitent ces zones, un vrai massacre annoncé. Certains urbanistes ont utilisé le terme ambigu et dangereux de « régénération », parce que, au-delà de sa connotation de classe, dans certaines villes ces mesures ont un caractère évidemment raciste. Les programmes de gentrification sont la même chose que ce que les gouvernements et leurs partenaires privées appellent « revitalisation » et qui à Rio de Janeiro sont identifiés par le terrifiant processus de « choc de l’ordre ».

[7Il faut garder en tête que ce texte a été écrit en 2011, car bien évidemment depuis 2013 il y aurait beaucoup de choses à rajouter sur la tension sociale provoquée par les expulsions, la violence policière et les projets faramineux développés pour la coupe du monde et les Jeux Olympiques.

[Sao Paulo, Brésil] Rien à revendiquer, tout à détruire (19 juin 2014)

SP1906-5Le mouvement Un Pas Libre appelait à manifester dans les rues de Sao Paulo ce jeudi 19 juin pour célébrer l’anniversaire de l’abandon de la hausse des tarifs de transport obtenu suite aux manifs de masse de l’été dernier. Les revendications du jour étaient entre autre des transports publics gratuits et la réadmission des 42 travailleurs du métro licenciés pour s’être mis en grève plusieurs jours avant le début du mondial. Au programme, le mouvement avait prévu une « fête sauvage », avec barbecue, théatre, rap et football. Selon les autorités, 1.300 personnes se sont rassemblées avenue Paulista vers 15h00 (les organisateurs parlent de 6.000 participant-es), mais la plupart a saisi l’occasion de protester contre la coupe du monde plutôt que de demander un meilleur service de transport. Un bon cortège de manifestant-es masqué-es était présent, ainsi que des indiens aux visages peints et armés d’arcs et de flèches, appelant à la démarcation des terres autochtones.  

La marche fut sauvage avant puis après l’arrivée des flics. Vers 19h00, Un concessionnaire Mercedes-Benz s’est fait exploser sa façade et à l’intérieur, toutes les berlines de luxe ont été défoncées à coups d’extincteurs, des panneaux de signalisation ont été arrachés. Au moins quatre agences bancaires ont été attaquées (dont une succursale de la Banque du Brésil et une autre de la Citibank Avenue Rebouças). Un véhicule de TV Gazeta, ainsi que des bornes de location de vélos du système Bike Sampa* n’ont pas été épargnés.

SP1906-6En début de soirée, les flics ont rappliqué en gazant massivement et visant au flashball. Des manifestant-es adoptant la tactique black bloc ont alors érigé des barricades à travers les rues du quartier Pinheiros et attaqué les agents de la Police Militaire avec des pierres et feux d’artifice. Vers 20h30, la circulation des rues n’étaient toujours pas rétabli et des barricades de poubelles finissaient de crâmer. Au milieu de pots de fleurs et vitres de cabines téléphoniques brisés sur le sol, plusieurs slogans anarchistes ont été tagués sur les murs durant la manif.

Les compagnon-es qui voulu exprimer concrètement leurs désirs de destruction ont du faire face aux organisateurs. Ceux-ci se sont placés devant les façades de plusieurs agences bancaires en s’approvisant vigiles et ainsi suppléer les flics qui n’étaient pas là… En fait on apprend après coups que cette manif a été organisée conjointement avec la PM. Quelques jours avant cet événement, le mouvement Un pas libre a envoyé une lettre à la police (sic!) en leur demandant de se mettre à l’écart, tout en leur fournissant la date, le lieu du rassemblement et l’itinéraire de la manif… Suite aux attaques et destructions lors de cette manif, un gradé de la maison poulaga répond au MPL lors d’une conférence de presse en déclarant « nous vous avons donné notre confiance et vous nous avez trahi » (sans blague!). Bref, un bel exemple de collaboration de classe !

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« A bas la coupe du capital »

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Un paciflicateur à l'oeuvre

Des paciflicateurs à l’oeuvre devant une banque

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Mais pas assez rapides pour venir protéger l’agence bancaire Caixa

Reformulé depuis la presse brésilienne, 19/06/2014

Note du blog:

*Semblable au fonctionnement d’un vélib’ parisien, Bike Sampa a été mis en service fin mai 2012 à Sao Paulo et compte près de 60 bornes. Ces jouets pour bobos sont financés et gérés par la banque Itau, qui est également sponsor de la coupe du monde de football

[Brésil] Nouvelles des protestations anti-mondial du week-end des 14 et 15 juin 2014

Dimanche 15 juin dans la soirée, une manif contre la FIFA et la coupe du monde est partie de la Plaza Saens Peña du quartier de Tijuca dans la zone nord de Rio de Janeiro pour se rendre au stade Maracana où se tenait le match Argentine-Bosnie.

Marac4Les manifestant-es -qui étaient près de 300 selon la presse brésilienne- ont fait face à plusieurs cordons de flics antiémeute tout en tentant de passer à travers, mais les flics les ont repoussé et dispersés à coups de lacrymos et de grenades assourdissantes. L’agitation et les affrontements dans le secteur ont provoqué des kilomètres de bouchons en direction du stade. Les flics s’étaient également positionnés devant une station de métro proche (sans doute le traumatisme lié au saccage de la gare de Sao Paulo il y a quelques mois). Plusieurs commerçants à proximité du stade se sont barricadés en voyant débouler un cortège déterminé de  manifestant-es cagoulé-es.

Après une tentative de bloquer l’accès au stade, 50 manifestant-es du black bloc se sont détaché-es de la manif et ont attaqué les flics avec des cocktails molotov. Des poubelles ont été vandalisées et trois agences bancaires ont été attaquées dans le secteur de Vila Isabel.

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Un manifestant gazé à bout portant par les porcs Avenue Maracana

Un manifestant gazé à bout portant par les porcs Avenue Maracana

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Les flics anti-émeute protégeant le temple de la Fifa

Les flics anti-émeute protégeant le temple de la Fifa Avenue Maracana

Plus tôt dans la journée, une manif -avec un nombre de participant-es similaire- s’est déroulée à Brasilia à proximité du stade où se tenait le match Suisse-Equateur. Les flics en nombre et équipés (flics à cheval, hélicos, PM, GRC…) ont dispersé les protestataires.

Samedi 14 juin, 250 personnes se sont rassemblées à Belo Horizonte contre la tenue de la recontre Colombie-Grèce, durant lequel 11 manifestants ont été séquestrés par la police (mais c’est resté bien plus pacifié que la manif organisée le jour de l’ouverture du mondial).  La veille (13/06/2014), 100 personnes défilaient à Salvador et se faisaient disperser sans ménagement avec utilisation massive de gaz lacrymo par les agents de l’Etat.

Depuis l’inauguration de cette coupe de monde le 11 juin dernier, plusieurs sites de sponsors du mondial, de la FIFA mais aussi des sites gouvernementaux ont été hackés. Les chaînes de retransmission télévisée des matchs du mondial ont quant à elles reçues des menaces d’attaque, comme la chaîne BeInSport (qui avait notamment été piraté lors de la coupe du monde 2010).

On peut aller voir le compte-rendu assez complet de fr.squat.net sur la journée du 12 juin dernier à Sao Paulo, qui a été faite d’affrontements et de blocages à l’occasion du 1er match de la sélection du Brésil.

Reformulé depuis leur presse – 15 et 16 juin 2014

[Sao Paulo, Brésil] Grèves sauvages dans les transports, bus incendiés et pillages de supermarchés (19 et 20 mai 2014)

Mardi 20 mai, des chauffeurs de bus du réseau de transport en commun de la ville (SP Trans) de Sao Paulo se sont mis en grève sauvage. Cette grève spontanée rompt avec les nombreuses journées de grève planifiées et organisées par les centrales syndicales dans les transports qui ont lieu ces derniers temps dans les grandes villes brésiliennes (qui pour la plupart accueilleront la coupe du monde en juin). Le principal syndicat des travailleurs du transport de la ville s’est clairement démarqué et a condamné ce mouvement spontané de la part d’une minorité, car échappant à tout contrôle des bureaucrates syndicaux. Par conséquence, la circulation dans la ville et sa périphérie en a été fortement pertubée.

Un bus en flammes dans la soirée du 20 mai 2014 avenue Belmira  Marin

Parallèlement à cela, au moins cinq bus ont été incendiés, dont trois ont été entièrement détruits, dans la soirée à Grajaù au sud de Sao Paulo. Ces destructions incendiaires viennent s’ajouter à celles de la veille en début de soirée (19/05/2014) au sud de la ville à Jardim São Luís. D’après les transports en commun de la ville, il y aurait eu 71 bus détruits par le feu depuis le début de l’année 2014 rien qu’à Sao Paulo. Depuis, une vaste campagne du réseau des transports a été lancée afin d’inciter la population à balancer les enragés aux flics.

Les appels à manifester sont quasi-quotidiens et divers, venant de la part des enseignants, du Mouvement des Travailleurs Sans-Toit, du Mouvement Un Pas Libre et des chauffeurs de transports qui revendiquent à peu près tous une augmentation de salaires…: ce mardi une manif - qui d’après les flics serait à l’initiative des chômeurs - a tourné aux pillages de supermarchés  sur l’Avenue Dona Belmira Marin d’après g1globo et des barricades de poubelles bloquaient les rues du quartier. D’après les flics, un manifestant a été arrêté en possession d’essence.

Plutôt dans la journée, des sans-abris ont envahi le siège social de l’entreprise Viver Incorporadora, propriétaire d’un terrain côté est de la ville qui est actuellement occupé par des sans-abris.

bus crâmés dans la soirée de mardi

bus crâmés dans la soirée de mardi avenue Belmira Marin

Mis-à-jour 21/05/2014 à 19h00:

Le mouvement de grève spontanée continue ce mercredi 21 mai à Sao Paulo contre les mauvaises conditions de travail et les faibles salaires alors que lundi les syndicats ont accepté à l’unanimité la proposition de hausse de salaires de 10%, ce qui est rejeté par une large partie des travailleurs. Plusieurs travailleurs expriment leurs volonté de poursuivre la grève jusqu’au déroulement de la coupe du monde.

BelemPar ailleurs à Belem dans le nord du pays ce mardi 20 mai, des centaines de manifestant-es contre la coupe du monde ont envahi l’espace São José Liberto, où était exposé le trophée du mondial. Plusieurs personnes cagoulées ont alors attaqué le bâtiment à coups de pierres et de morceaux de bois. Les organisateurs de la cérémonie ont été contraints d’annuler l’événement  après avoir retiré la coupe par sécurité.

A suivre…

Reformulé de la presse brésilienne, 20-21/05/2014