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[Bruxelles, Belgique] Affiche et promenade contre toutes les prisons – Eté 2014

[Affiche] A propos de l’attaque incendiaire contre le chantier de la nouvelle prison à Anvers

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Affiche retrouvée sur les murs de Bruxelles en août 2014.

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tag apparu le long du canal à Bruxelles cet été

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En lutte contre la construction d’une maxi-prison à Bruxelles

Pas de nouvelles prisons, pas de maxi-prison à Bruxelles!

Depuis quelques années, les murs des prisons sont percés par des révoltes, des mutineries et des évasions. Des prisonniers rebelles ont démoli des infrastructures carcérales, allumé des feux, refusé de réintégrer les cellules après le préau, sont montés sur les toits pour marquer leur rage. Ils ont pris des matons en otage, ouvert les portes des cellules pour tout le monde sur la section, attaqué la police en intervention. Le pouls s’accélère, la respiration devient plus profonde. Dans la révolte, nous découvrons la liberté.
A l’extérieur des murs aussi, certains serrent les poings et passent à l’offensif. De manifestations en attaques contre les entreprises qui font leur beurre sur l’enfermement. D’embuscades contre les matons, de l’incendie des voitures et de la villa du directeur de la prison de Bruges aux bombes sur le chantier de la nouvelle prison à Marche et à l’incendie destructeur sur le chantier de la nouvelle prison psychiatrique à Anvers. De l’organisation d’évasions en émeutes dans les quartiers. Les murs des prisons se sont souvent avérés de ne pas être assez costaux.
Mais face à la révolte, il y a la répression. L’État l’annonce depuis moment : la construction de 13 nouvelles prisons modernes et efficaces. Certaines sont déjà en construction, pour d’autres le gouvernement cherche encore des sites. Mais il est certain qu’à Bruxelles aussi, le pouvoir veut une nouvelle prison, la plus grande de toutes. Il veut la construire sur le territoire de la commune de Haren, entre Evere et Schaerbeek. Et qu’on se trouve dedans ou dehors, l’ombre de cette prison sera une chaîne autour du cou de nous tous.

Pas de ville-prison!

Ce n’est pas seulement pour dompter la révolte à l’intérieur des prisons que l’État veut construire cette nouvelle maxi-prison. Cette prison deviendra aussi un élément indispensable dans ce que les puissants sont en train de faire en général.
Ici à Bruxelles, le pouvoir est en train de mutiler une population entière, sans honte. Des projets de construction pour les puissants et leur fric poussent comme des champignons pendant que le Bruxelles d’en bas est enfoncé encore plus dans la misère ; les loyers augmentent, les allocations et les salaires diminuent. Les conditions de travail se dégradent, les lois sur l’immigration se durcissent. La zone du canal à Molenbeek est transformé en quartier branché pour riches, érigeant un vrai mur entre la galère d’un côté et l’insouciance arrogant des riches et leurs commerces de luxe. Au nord de Bruxelles, un tour, le plus haut de la ville, est érigé: conçu spécialement et uniquement pour offrir des logements de luxe aux eurocrates et aux dirigeants d’entreprises. La différence de ceux d’en haut et de ceux d’en bas ne pourrait pas être plus marquée.
Là où s’impose la fortune, le pouvoir a besoin de se protéger des opprimés, de protéger lui-même et sa propriété. La brutalité des sales keufs va de pair avec la lâcheté de leurs caméras et celles des bourges du coin. La nouvelle prison à Haren servira dans l’avenir à enfermer au moins 1200 personnes. Comme s’il n’y avait pas déjà assez de coups à endurer, pas assez de misère et de souffrance !
Aussi dans cette ville, qui commence à ressembler toujours plus à une prison, c’est la révolte qui nous donne de l’oxygène. La révolte contre les responsables de cette vie enchaînée. La révolte contre les milliers de murs qu’ils ont construits, partout autour de nous. La révolte pour pouvoir être libre, pour pouvoir respirer en être libre.

Alors, vive la mutinerie !

Tout plan peut être gâché, toute construction peut être sabotée, tout pouvoir peut être attaqué. La lutte contre la construction de cette maxi-prison doit être une lutte directe et offensive, c’est la seule manière de l’empêcher. On ne peut confier cette lutte à qui que ce soit (partis, syndicats,…), elle doit partir de nous-mêmes. Ce que nous proposons, c’est d’un côté une lutte qui mette des bâtons dans les roues de ceux qui veulent construire cette atrocité et en faire du fric (entreprises de construction, architectes, responsables politiques,…). De l’autre, une lutte qui tende à intervenir directement dans les rues contre tout ce qui nous emprisonne au quotidien autant que la nouvelle prison le fera.
Le pouvoir veut nous faire croire qu’on ne peut rien faire. Il se veut invulnérable. Mais les choses ne sont pas comme ça. Le pouvoir peut être attaqué partout où il se concrétise : dans ses bureaux, dans ses institutions, dans ses uniformes. Et cela, cette révolte, ne dépend que de nous-mêmes.

Ni politiciens, ni chefs: auto-organisation pour lutter contre le pouvoir!

Pas de nouvelles prisons: attaquons les entreprises qui les construisent!

Barrons la route aux projets de luxe et de contrôle: sabotons leurs chantiers!

Qui se fait  du fric sur l’enfermement?

• Des constructeurs comme Valens, Bam et Denys; Cordeel, Willemen et Interbuild.
• Des architectes comme Buro II & Archi+I, Jaspers & Eyers, DDS & Partners, CERAU, Assar,
• Des banques comme BNP Fortis/Paribas, Belfius, ABN Amro et KBC
• Des boîtes comme Fabricom Cofely Services, Sodexo, Cegelec, Dalkia, Eurest et Cofinimmo

Une liste complète se trouve sur le site www.lacavale.be

Tiré de Hors-Service n°45

[Publication] Hors service n°45 – juillet 2014

hs45

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[Tract/Bruxelles] Avis aux prisonniers du dedans et du dehors – Juin 2014

[Tract] Avis aux prisonniers du dedans et du dehors

avis-087bfCes paroles s’adressent à toi, toi qui es incarcéré dans les taules de l’Etat comme à toi qui es toujours plus enfermé dans cette ville de Bruxelles en train d’être transformée en prison à ciel ouvert.

Regarde autour de toi, mais regarde avec tes yeux, pas ceux des politiciens, des flics ou des chefs.

Pendant des années, de nombreuses mutineries ont secoué l’enfer carcéral. Depuis ces endroits où l’Etat met à l’écart ceux qui dérangent, ceux qui ne marchent pas au pas, ceux qui sont déclarés « indésirables » dans cette société de pouvoir et de fric, des cris de révolte et de vie ont surgi. Pour crier haut et fort que les barreaux tuent, que les cellules détruisent l’être humain, qu’une société qui enferme pour se protéger est elle-même une grande prison. L’Etat répond aujourd’hui à ces cris par plus de répression, par des cellules d’isolement, par des régimes stricts, par la construction de nouvelles prisons pour étouffer ces élans généreux de révolte et de solidarité.

Dehors, il y a aussi eu des révoltes qui ont secoué le joug de la normalité, des actions multiples et diffuses contre tout ce qui exploite et enferme. Pour affirmer que cette société nous dégoûte, que nous ne voulons pas d’une existence d’esclave abruti qu’elle nous offre et nous impose, que nous ne resterons pas les bras croisés quand la police assassine et torture, quand l’économie capitaliste pousse nos proches au bord du gouffre, de la dépression et du suicide, quand la machine sociale lave nos cerveaux pour devenir de braves citoyens obéissants et éteints. Chaque sabotage, chaque émeute, chaque attaque sont autant de cris de vie contre un monde qui nous veut tous morts ou esclaves de l’autorité. Et aujourd’hui, l’Etat transforme les quartiers populaires en zones taillées pour la classe moyenne et les bourges à coups de projets de lofts, de centres commerciaux et de boutiques de luxe ; il construit et aménage pour plaire aux eurocrates, entrepreneurs et représentants internationaux ; il entend couvrir la ville entière d’un filet resserré de vidéosurveillance pendant que les transports en commun ressemblent toujours plus à des check points en zones de guerre ; il serre les vis à tous les niveaux pour compliquer la survie et investit massivement dans la police et la sécurité. L’Etat construit des dizaines de nouvelles prisons aux quatre coins de la Belgique, il veut d’ailleurs construire une maxi-prison à Bruxelles. Mais son projet plus ambitieux encore est de transformer tous les possibles foyers de résistance en autant de couloirs du grand camp de concentration à ciel ouvert qu’est en train de devenir Bruxelles, et par extension toute la société.

Regarde maintenant à l’intérieur de toi-même. Ce que l’Etat veut étouffer, se trouve , à l’intérieur de toi. C’est ta capacité à réfléchir par toi-même, à penser et rêver de nouveaux mondes qui ne sont pas des prisons de fric et de pouvoir. C’est ta capacité à agir, à ne pas rester sur la défensive et te lamenter, mais à attaquer. Autant de soulèvements dans le monde entier, de la Tunisie en passant par l’Egypte, la Syrie, la Turquie, la Bosnie jusqu’au Brésil, ont déblayé l’obstacle probablement le plus important : l’erreur de croire que nous ne pouvons rien faire.

Débarrassons-nous alors de la résignation qui nous étouffe, interrompons la routine quotidienne du travail, du contrôle, des obligations imposées par le système et saisissons le temps et l’espace pour imaginer notre évasion.

Les battements de ton cœur s’accélèrent. Le sang pompe intrépidement dans tes veines. Tes yeux discernent clairement les contours de l’ennemi, ce monstre qui se compose de prisons, de flics, de capitalistes, de chantiers, de banques, d’institutions. Tes mains te démangent et saisissent la pierre, la bouteille remplie d’essence, la gâchette de l’arme, la main de ton complice. C’est l’adrénaline de l’évasion, le rêve de la liberté.

Pour la coordination des luttes à l’intérieur et à l’extérieur des murs.
La seule évasion possible, c’est la révolte !
VIVE L’INSURRECTION

Entre-temps du côté des révoltés…

Mi-juin 2014. A la prison de Bruges, une attaque ciblée rappelle à deux matons que leurs uniformes attireront toujours la rage de ceux qui ne sont pas prêts à subir les humiliations et la privation de liberté. Avec des armes improvisées, des pierres dans des chaussettes, des prisonniers les envoient à l’hôpital. A Merksplas, dans le camp de déportation, deux détenus se font la belle en maîtrisant une gardienne pour lui prendre les clés.

Début juin 2014. Le chantier de la nouvelle prison psychiatrique à Anvers est attaqué. Pendant la nuit, trois grues mobiles et un lourd générateur électrique sont incendiées. Ce chantier est d’ailleurs effectué par la même entreprise de construction, Denys, qui compte construire la maxi-prison à Bruxelles. Les bureaux des architectes à Ixelles qui dessinent la maxi-prison, la boîte Buro II & Archi+I, avaient d’ailleurs déjà été souillés avec des excréments.

Fin mai 2014. La veille des élections, à Wavre et à Veltem-Beisem près de Louvain, deux pylônes de transmission de radio, de télévision, de téléphonie et d’internet mobile sont sabotés. En plein cirque électoral, où les citoyens s’apprêtent à choisir leurs maîtres, ces sabotages provoquent un black-out important des communications.

Fin mai 2014. Un petit camion utilisé par le député de la N-VA Ben Weyts pour sa campagne électorale est incendié pendant la nuit. Le camion et tout le matériel de propagande est détruit, il était garé à la sortie du Ring de Bruxelles, à hauteur de Beersel.

[Plus de nouvelles sur www.lacavale.be]

Tract distribué à Bruxelles, juin 2014

[Bruxelles] Récit de la manif contre les rafles et contre la maxi-prison du 7 juin dernier à Anderlecht

Dans la rue contre la maxi-prison et contre les rafles (Anderlecht, 7 juin 2014)

Pendant deux semaines, notre présence pour appeler à cette manifestation a été plutôt palpable dans les quartiers d’Anderlecht, Saint-Gilles, Forest, Anneessens et Molenbeek. Que ce soient la quinzaine de milliers de tracts distribués, le millier d’affiches collées sur les murs ou tout simplement les rencontres et petites discussions lors des différentes initiatives. On pense qu’on a quand même réussi à se donner les moyens, autonomes et non-médiés, pour faire en sorte que la plupart des gens habitant dans ces quartiers soient au moins au courant de cette initiative de lutte, qui a été accueillie avec beaucoup d’enthousiasme par de nombreuses personnes. Malgre l’enthousiasme qu’elles pouvaient exprimer pendant les distributions de tracts, on s’est retrouvé presque uniquement entre compagnons et compagnonnes. D’un côté, cela ne nous empêchera pas de continer à proposer des occasions pour lutter ensemble, et de l’autre, de construire un parcours autonome de lutte. On sait très bien que le problème de la prison, ce n’est pas seulement les murs, les gardiens et les barreaux, c’est aussi la réproduction du rôle de prisonnier qui en assure la perennité. Notre lutte, ce n’est pas seulement une lutte contre la construction d’une maxi-prison, les rafles ou contre l’aménagement de la ville en grande prison à ciel ouvert. C’est aussi un combat, plus profond encore, plus difficile encore, un combat acharné et virulent, un combat contre la resignation sur laquelle repose ce monde pourri.

Anderlecht,
10 juin 2014

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Voici le texte du tract appelant à cette initiative :

Toujours plus de taules…
toujours plus de contrôles…
toujours plus de place pour les bourges…
Est-ce qu’on veut les laisser faire ?

affiche_dans_la_rueDe jour en jour, Bruxelles se transforme en ville fliquée, que les eurocrates et autres bourges aménagent pour leur propre confort. Suffit de voir ce qu’est devenue la zone du canal, avec ses lofts, sa tour pour riches et ses belles péniches. Ou encore la gare du midi, qu’ils « nettoient » pour accueillir les entreprises et leur sale pognon.

À cela s’ajoutent toujours plus de contrôles et de rafles pour mettre la main sur tous les illégaux, que ce soit dans la rue ou dans les métros. La Stib organise avec les flics des méga contrôles, pour s’emparer des sans-papiers, et des clandestins. Ils veulent par là se débarrasser de tous ceux qui ne respectent pas leurs lois. Dans cette logique, une nouvelle aile spéciale encore plus sécurisée vient d’ouvrir au centre fermé de Vottem pour les sans-papiers qui ouvrent un peu trop leur bouche.
L’État prévoit aussi de construire 12 nouvelles prisons, dont la plus grande de l’histoire belge à Haren dans le nord de Bruxelles. Ils nous font croire que ces nouvelles prisons seront « plus humaines », mais une cage reste une cage. Ils veulent surtout protéger leurs privilèges et leur pouvoir. La prison cherche avant tout à calmer les esprits de ceux qui n’acceptent pas la vie qu’on leur impose et met toujours plus à l’écart les gens qui ne respectent pas leur paix sociale…

Si toi aussi, t’en as marre de voir les caméras envahir la ville pour toujours plus nous contrôler, si t’en as marre de voir les uniformes se multiplier, si t’en as marre de voir tes potes devenir des agents de sécurité, si t’en as marre de voir Bruxelles se transformer en ville-prison et si tu veux en finir avec les mots « commander » et « obéir »…

Alors le samedi 7 juin à 16h, retrouvons-nous dans la rue (place du Conseil à Anderlecht) pour partager notre rage contre la prison et toutes ces merdes et trouvons de la force pour lutter contre tout ce qui nous révolte !

Repris de la cavale

[Bruxelles/Tract] Ne restons pas les bras croisés

Ce tract a été distribué en marge d’une mobilisation à Bruxelles contre le renforcement du contrôle sur les chômeurs. Comme cette mobilisation rassemblait toute la faune et la flore de la récupération politique et syndicale, absorbant toute expression autonome possible de rage et de rejet, on a choisi de s’écarter de cette mise-en-scène ennuyante et d’aller distribuer le tract ailleurs dans la ville.

Serrage de vis général, répression, nouvelles prisons, chantiers partout…
NE RESTONS PAS LES BRAS CROISÉS

Nos vies s’écoulent dans des camps. Camps de travail. Camps d’éducation. Camps de consommation. Camps de loisirs. Camps d’enfermement. Dans tous ces camps, une même logique est à l’œuvre : nous faire obéir et contribuer au progrès de la société actuelle. Faire tourner la machine sociale. Peu importe où elle va. Peu importe qu’elle détruit tant de vies. Peu importe qu’elle nous transforme tous en prisonniers de l’existant. L’important, c’est d’y être, d’y participer, de ne pas la remettre en question, voir même de l’acclamer. La tête basse, le cerveau annihilé, le cœur pétrifié et en avant.

L’État est passé à un serrage de vis général, c’est indéniable. La multiplication des forces de police dans la rue, leur brutalité croissante et instiguée pas les autorités, l’implantation des caméras de surveillance, la militarisation des transports en commun, la sécurisation des temples du fric comme les banques et les supermarchés pour compliquer le vol, tout cela va main dans la main avec le renforcement du contrôle sur les chômeurs et sur les autres personnes touchant des allocations. La gestion de la paix sociale, cette paix chimérique entre exploités et exploiteurs, entre dominants et dominés, afin de garantir la bonne marche de l’économie et du pouvoir en place, semble prendre une tournure bien plus ouvertement répressive. Il ne sert pourtant à rien de se mobiliser pour défendre ce qui a existé un jour, pour défendre la façon ancienne de comment le pouvoir nous gère et exploite. Ce qu’il faut imaginer, ici et maintenant, c’est de comment, faire face à ce serrage de vis général, prendre l’initiative et de passer à l’offensive. Nous n’avons rien à défendre dans ce monde, tout ce qu’il pourrait nous offrir (carrière, consommation, « célébrité ») ne nous intéresse pas, tout ce qu’il nous impose (travail, obéissance, abrutissement) nous dégoûte. Comme disait une affiche apparue sur les murs de Bruxelles il y a quelques années : « Cette société tient tout le monde en laisse ; la seule différence, c’est la longueur. Nous ne sommes pas de ceux qui se battent pour un collier moins serré, un salaire plus élevé, une police moins brutale, des politiciens et des patrons plus soucieux et honnêtes. Nous voulons simplement ce que tout être tenu en laisse devrait avoir à cœur : nous voulons la couper, foutre le feu à la cage, écraser tous ceux qui nous tiennent ou voudraient nous tenir en laisse. »

En parallèle avec le serrage de vis général, à Bruxelles, on assiste à une véritable offensive des autorités pour changer la face de la ville. Bruxelles se veut la capitale de l’Union Européenne et une vraie métropole capitaliste, accueillante pour les riches, les entrepreneurs, les eurocrates et la classe moyenne avide de consommer à en mourir. Un des aspects de cette offensive, ce sont les nouveaux projets de réaménagement urbain et de construction, car tous les puissants chérissent l’idée totalitaire qu’en transformant l’environnement, on transforme l’homme. Pendant que l’assaut brutale de la zone du Canal à Molenbeek érige un mur de lofts, de hôtels de luxe et de bars huppés, pas moins de quatre nouveaux centres commerciaux sont prévus ou en construction sur le Heizel, à Anderlecht, à Schaerbeek et près de Machelen. En haut de la zone européenne, les édifices témoignant de l’arrogance du pouvoir obscurcissent le ciel, la transformation de la zone autour de la Gare du Midi en quartier d’affaires continue et l’État prévoit de construire la plus grande prison de l’histoire belge au nord de Bruxelles, à Haren.

Le pouvoir et le capitalisme ne sont pas des choses abstraites, ce ne sont pas des fantômes qui dirigent et déterminent nos vies sans qu’on puisse les toucher. Ils se concrétisent et se matérialisent devant nos yeux, dans tous ces chantiers, dans les contrôleurs de tout genre, dans les tours de bureaux, dans les portiques dans les métros. Nous ne luttons pas contre des fantômes, nos luttes ciblent directement les concrétisations du pouvoir. Nous ne voulons pas négocier notre servitude, nous essayons de nous donner les moyens pour les détruire. Pour cela, nous avons besoin d’idées et d’initiatives, de complicités et de rencontres avec d’autres révoltés, de pierres et de cocktails molotov, de lucidité et de passion.

Face aux projets et mesures du pouvoir, il n’y a aucun espoir si nous croyons que d’autres lutteront à notre place, que des organisations politiques ou syndicales incarneront notre rejet, qu’il faut construire une respectabilité aux yeux des puissants afin de les persuader en notre faveur. Non, les choses ne marcheront pas comme ça, elles n’ont jamais marché comme ça. C’est vers des luttes autonomes et auto-organisées, offensives et directes, que notre attention devrait se tourner. Il y a des exemples récents qui sont assez éloquents. Pensons à la Turquie, où le conflit au début porté par quelques dizaines de personnes s’opposant au réaménagement de la place Taksim s’est transformé en soulèvement généralisé dans tout le pays. Pensons à Hambourg, où la résistance aux rafles de sans-papiers a mis la feu aux poudres dans un pays qui se vante de tenir sa population totalement sous contrôle. Et réfléchissons alors sur Bruxelles, avec ces quartiers encore quelque peu réfractaires à l’ordre capitaliste et étatique, avec les conditions de survie qui se durcissent pour tout le monde, avec son offensive brutale de la part du pouvoir pour réaliser sa métropole morbide de la marchandise et du contrôle. Chaque conflit en apparence circonscrit et limité peut demain incendier les rues. Mais alors, il faut que les conflits prennent une tournure offensive, même si on est peu nombreux, même si personne ne peut nous garantir quoi que ce soit. Le chantier d’un centre commercial peut être saboté. Les contrôleurs de l’ONEM peuvent être découragés à continuer leur boulot de Gestapo. Les câbles des caméras peuvent être coupés. La voiture d’un eurocrate ou d’un entrepreneur peut s’enflammer. Mais alors, il faut prendre les choses en main, il faut oser faire appel à ces capacités d’hommes et de femmes libres que l’autorité essaye de détruire : la créativité et l’imagination, le courage et la réflexion.

Certains conflits sont déjà en cours, comme la lutte contre la construction de la maxi-prison à Bruxelles. C’est une lutte qui ne cherche pas une représentation médiatique ou politique. Elle se répand, comme un courant souterrain, dans les quartiers, dans les têtes et les cœurs de ceux qui n’ont pas l’intention de se résigner face à l’avenir d’exploitation ou de prison que le pouvoir leur prépare. Elle tente de créer des fissures, d’ouvrir des brèches pour partir à l’offensive et attaquer tous les responsables de ce projet morbide, à l’image de ce qu’ils veulent faire de Bruxelles. La maxi-prison symbolise quelque part le rêve du pouvoir qui nous veut soit anesthésies, soit en prison. Empêcher directement, par la lutte et tous les pratiques de sabotage et d’action directe qui en font partie, la construction de cette maxi-prison, c’est ouvrir la possibilité pour que tout saute en l’air.

Contre tous les camps, que souffle le vent de la liberté.

Sabotons les projets du pouvoir, soyons incontrôlables.

Pour l’auto-organisation et l’attaque, ici et maintenant.

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LE TRAVAIL LIBÈRE-T-IL ?

Le travail est avant tout un compromis que nous acceptons pour pouvoir survivre financièrement. Parce que nous n’avons jamais choisi le fonctionnement de ce monde, et parce que nous avons été élevés avec le message qu’il nous fallait ou marcher ou crever.

Le travail nous vole notre temps et notre énergie ! Il essaye de déterminer une partie hallucinante de nos occupations et sollicite en permanence nos corps et nos esprits.
Le travail tend de plus en plus à se confondre avec notre identité. Lorsqu’on nous demande qui nous sommes, on veut en fait savoir ce qu’est notre boulot. Parce qu’en dehors du travail, il ne reste plus grand chose. Notre statut social est aussi jaugé à la hauteur de notre travail. La société nous fait bien sentir que nous ne valons rien tant que nous ne travaillons pas, et que nous ferions mieux de rentrer dans le rang au plus vite, comme tout le monde.

Le travail s’efforce continuellement à semer la confusion en nous faisant croire que les intérêts des patrons sont aussi nos propres intérêts ; que nous faisons partie prenante de l’entreprise, que nous devons nous réjouir quand les affaires vont bien (et que l’entreprise fait beaucoup de bénéfices), et que nous devons fournir des efforts supplémentaires quand ça va moins bien.

Le travail nous considérera pourtant toujours comme de la matière jetable. Lorsque les chiffres le demandent on nous jette à la poubelle et nous pouvons alors à nouveau mettre notre dignité de côté pour nous vendre à quelqu’un d’autre.

Le travail est cette chose pour laquelle nous restons à transpirer dans les salles d’attente d’Actiris ou dans les salles d’auditions de l’ONEM. Comme une armée de réserve, nous devons toujours nous montrer prêts à aller au casse-pipe de l’offre et de la demande. Et si nous ne le faisons pas, la menace financière revient vers nous au galop.

Le travail est cette chose sur laquelle les travailleurs crachent quand ils sabotent les machines pour pouvoir rester un jour à la maison.

Le travail est ce que les chômeurs essayent d’éviter par tous les moyens imaginables, que ce soit à l’aide de fausses sollicitations ou d’ingénieux mensonges.
Le travail est cette chose que les braqueurs rejettent quand ils vont chercher l’argent là où il est. Chez les banquiers ou les bijoutiers, chez ceux qui s’enrichissent sur le dos des autres.

Le travail est ce à quoi ils essayent, encore et encore, de nous contraindre. En tant que soldats à la rescousse de la sainte économie et de son déclin. Une économie de produits et services qui ne nous intéresse peut-être pas, mais qui nous fait quand même un odieux chantage et qui essaye de nous faire plier tous autant que nous sommes.

Repris de lacavale.be

[Bruxelles] Nouvelles de la lutte contre la maxi-prison

L’Etat a décidé de construire 13 nouvelles prisons, dont la plus grande est projetée au nord de Bruxelles. D’un côté, cette maxi-prison compte en finir avec la révolte et les rébellions dans les prisons ; de l’autre, son ombre pèsera sur tout le monde, qu’on se trouve à l’intérieur ou à l’extérieur. Nous luttons contre la construction de cette maxi-prison, parce que les atrocités ne sont pas à construire, mais à détruire. Nous luttons contre, parce que cette prison est à l’image de ce que le pouvoir est en train de faire avec Bruxelles : transformer la ville en une zone taillée pour satisfaire les riches, les puissants, les eurocrates et les capitalistes. Notre lutte est une lutte directe et auto-organisée, sans partis politiques ni grandes organisations ; une lutte qui veut empêcher concrètement sa construction par le refus active et le sabotage. La construction d’une prison dépend de pleines de choses : les politiciens qui décident, les entreprises qui vont la construire, les médias qui vont défendre le projet, l’acceptation de la population. Et ces choses-là, on compte bien les perturber et attaquer pour empêcher que l’atrocité d’une maxi-prison voie la lumière du jour. Par l’action directe, par nous-mêmes, avec tous les moyens que nous estimons adéquats, et à partir d’ici et maintenant.

Quelques nouvelles

Des projections du court-métrage « Maxi-prison vs. Maxi-rébellion » ont eu lieu en plein air sur des places à Saint-Gilles, Anderlecht en Molenbeek. Il y a aussi eu des distributions de tracts appelant à la lutte contre la maxi-prison, des affiches ont été collées sur les murs et des slogans peints fleurissent un peu partout. Il faut dire que les autorités s’acharnent à les faire enlever le plus vite possible, ce qui ne vient pas du tout comme une surprise.

A Haren, la petite commune au nord de Bruxelles où se trouve le terrain de la future prison, les autorités ont organisé fin janvier une « séance d’information » : une soirée afin de convaincre les gens que la prison c’est bien, c’est chouette d’habiter dedans ou aux alentours et surtout, que lutter contre n’a aucun sens car tout est déjà décidé. Le refrain habituel donc. Heureusement, cette séance a été perturbée par des opposants, même si les flics étaient-là en nombre pour protéger les représentants officiels.

On apprend aussi des médias que les architectes qui vont dessiner la maxi-prison, Buro II & Archi+I dont les bureaux se trouvent à Ixelles, ont eu une petite visite : le chef du projet racontait que des gens avaient souillé ses bureaux avec des excréments. C’est sûr, se faire du fric sur l’enfermement, ça pue.

On a remarqué aussi que des nouveaux autocollants et affiches circulent, clouant au pilori toutes ces sales entreprises faisant du fric avec la construction de nouvelles prisons, tels que les constructeurs BAM, VALENS et DENYS ou les banques KBC, Belfius ou Fortis BNP-Paribas. Sabotons-les partout, leurs agences, leurs bureaux, leurs chantiers, leurs véhicules !

Pour aider avec la diffusion de tracts et d’affiches, vous pouvez prendre contact via le site www.lacavale.be. Là se trouvent aussi rassemblées les nouvelles de la lutte contre la maxi-prison et les luttes à l’intérieur des prisons, ainsi que des témoignages, de lettres, de récits d’actions etc.

Repris de la cavale

[Belgique] Evasions au centre fermé 127bis

Hospitalisations et évasions au centre fermé 127bis

Hier le 21/03/2014 vers 23h30 les détenus du 127bis ont appelé un contact pour dire que des pleurs et des cris de douleur ont commencé sans doute suite à la nourriture du souper qui a provoqué ces malaises. Les gardiens ont d’abord refusé l’entrée des ambulances mais devant l’état des détenus 6 ambulances ont finalement emmené les détenus à l’hôpital .

Six ambulances ont été dépêchées dans la nuit. Au total 5 Guinéens ont été hospitalisés dont une femme suite à une intoxication alimentaire due à des haricots ingérés lors du souper de la veille.

Ce matin la direction du 127bis a convoqué tout le monde insistant sur le fait qu’il n’y avait aucune intention dans ce fait, que les repas proviennent de l’extérieur et qu’une enquête était déjà en cours.

Lors de leur hospitalisation, deux Guinéens ont pris la fuite avant le retour des ambulances devant les ramener au 127bis.

Les autres sont de retour au 127bis.

Repris de gettingthevoiceout

[Bruxelles] Perturbations sur le réseau de transport en commun

Dans le quartier de St-Gilles de Bruxellesce jeudi 13 mars, la sous-station électrique située tout près de la station de tramway ‘Horta’, a été fortement endommagée par un incendie vers 10h30. Le courant électrique nécessaire au bon déroulement de l’existant a été fortement perturbé. Ce coup de chaud électrique a provoqué plusieurs blocages de rames à divers endroits du trafic et pas mal d’emmerdes pour la STIB.

Mardi 11 mars en début d’après-midi, toujours à Bruxelles, c’est dans le tunnel de la station de métro ‘Pannenhuis’ à Laeken qu’un incendie s’est déclenché. Malheureusement, il a été très vite maîtrisé.

Dans le même temps, les contrôleurs de la STIB accompagnés de dizaines de policiers multiplient les opérations de contrôle dans les transports. En plus de s’acharner sur ceux qui n’ont pas de thunes pour se déplacer, ils agissent en bons valets de la machine à expulser, arrêtant au faciès toutes personnes pouvant être sans-papiers. D’ailleurs, depuis quelques jours, des affiches imitant la communication de ce service public sont venus fleurir les rues bruxelloises :

stib

Repris de la presse, 11 & 13 mars 2014

Un témoignage publié sur le site des Brèves du Désordre:

« Je suis témoin d’opérations conjointes entre la police et les contrôleurs de la STIB, 15 agents de chaque, appuyés par des fourgons cellulaires, contrôlant systématiquement les voyageurs de tram et de bus. Malmenant et enfermant une personne sur vingt. Dont plusieurs sans-papiers qui ont finalement échoué dans un centre fermé. Et pour ma part, quand sortant de chez moi j’interroge un agent de la STIB, il me répond que si je ne veux pas « prendre sur la gueule » je dois « dégager ». Alors, STIB-Officiel, tu peux te cacher derrière ton petit doigt, mais cela ne fait pas illusion. Il y a bien des opération qui permettent à la police de « raffler » des sans-papiers avec la complicité pleine et entière de tes services. Mais je suppose que nous pouvons toujours attendre des explications. La transparence n’est pas ton fort. Je me demande même si ce post va rester longtemps sur ta page. »

[Bruxelles] Tags et tomates contre les vendeurs du projet de la maxi-prison à Haren – 30 janvier 2014

A propos de quelques tags, des tomates et la perturbation d’une séssion d’info sur la maxi-prison

pas_de_maxi_prisonLe jeudi 30 janvier 2014, la Régie des Bâtiments, le Ministère de la Justice et d’autres représentants des autorités ont organisé à Haren (Bruxelles) une session d’information afin de vendre leur projet d’une maxi-prison. Car, pour faire avaler un projet aux gens, il ne faut pas seulement écraser toute résistance active, il faut aussi les donner l’illusion que les autorités sont à l’écoute. Le soir avant, des slogans contre la construction de la maxi-prison sont apparus sur les murs du village et aussi sur l’école où s’est tenue cette séance d’intoxication. Le soir même, des dizaines de policiers en uniformes et en civils patrouillent les rues et les abords de l’école. Quand la police décide de virer quelqu’un sous prétexte que la personne avait des œufs et des tomates sur lui (A notre avis, c’est toujours mieux jeter des fruits pourris sur les pourritures qui venaient vendre la maxi-prison que de les écouter et de les cautionner sans broncher !), quelques personnes interrompent la séance en criant. Aussi depuis le public s’élèvent maintenant quelques voix, malgré l’ambiance disons… plutôt docile. « Jamais nous n’accepterons votre prison. » « Cette prison, jamais elle ne verra le jour ! » « C’est ça, la venue d’une prison : des flics partout et des citoyens qui acceptent en subissant la militarisation. » « Vous n’avez qu’une seule chose dans vos têtes : des barreaux. Nous voulons la liberté. » Les architectes et les représentants sont insultés. Plusieurs personnes s’opposent à la manœuvre policière. Il y en a qui quittent la salle et cela non sans bousculer quelque peu les forces de l’ordre qui étaient là pour protéger les représentants de l’Etat. Un flic en civil tenait à le clarifier devant tout le monde : « Il n’y a pas de discussion ». Cette perturbation, c’était donc vraiment la moindre des choses face à ce mise-en-scène politique.

L’invitation à la participation citoyenne à un projet comme celui de construire la plus grande prison de la Belgique, une atrocité à tous les niveaux, a deux buts. Premièrement, limiter le champ de l’opposition au projet aux cadres légaux, c’est-à-dire, aux cadres que les autorités décident. Les citoyens peuvent dire qu’ils sont contre et sont alors invités à déposer des recours juridiques, de saisir les élus pour faire pression, voir même exprimer gentiment leurs doutes lors d’une séance comme celle du 30 janvier. Deuxièmement, la participation citoyenne sert de couverture du projet contesté. Elle rend les gens complices de leur propre défaite, pire, elle les fait creuser leur propre tombe. Dites quel détail vous voulez changer au projet monstrueux, on en tiendra compte et pour le reste, vous la bouclez. D’ailleurs, le soir après la séance, pas moins de 7 échevins (sur 11) et le bourgmestre de la Ville de Bruxelles se sont déplacés à Haren pour réconforter quelques habitants. Leur dessein étant clair, une autre cargaison de tomates aurait été, à nouveau, vraiment la moindre des choses. Car serrer la main aux responsables politiques revient à enterrer la possibilité d’une lutte directe, auto-organisée et autonome.

En même temps, l’Etat cherche à réduire ce projet à une simple question de mobilité, d’intégration dans le paysage de Haren, d’espaces verts entres les industries, les chemins de fer et le siège de l’OTAN. La construction de la maxi-prison jettera son ombre sur ceux qui habitent autour, mais pas seulement. Elle se jettera aussi sur ceux qui se trouvent à l’intérieur et aux proches des détenus. Elle s’étendra sur toute Bruxelles et même au-delà. Cette question ne concerne donc pas uniquement ou premièrement les habitants de Haren, elle concerne tout le monde et en particulier ceux et celles qui aiment la liberté. Une prison est une atrocité, enfermer quelqu’un sur neuf mètres carrés sera toujours une torture. S’opposer à cette nouvelle prison, s’est aussi au moins se poser la question de la société dans laquelle on vit, une société qui enferme sur une échelle massive, frappant les pauvres, les exclus et les révoltés en premier. Jamais dans l’histoire, des prisons ont rendu la société meilleure ; toujours elles n’ont servi qu’à mettre à l’écart les contradictions qui traversent la société entière et d’enterrer les révoltés. La construction de la maxi-prison est à l’image de ce que le pouvoir compte faire de tout Bruxelles : adapter la ville aux exigences des riches, des capitalistes, des eurocrates et des représentants internationaux.

Les autorités ont décidé d’implanter cette maxi-prison à Haren. Leur décision se base sur la force : elles imposent cette maxi-prison. Se leurrer de pouvoir l’empêcher en respectant leurs règles, s’est vraiment se laisser prendre pour des cons. Si l’Etat nous impose une maxi-prison, c’est à travers une lutte qui faut l’empêcher, et dans la lutte, ce sont ceux qui s’y engagent à déterminer le jeu, pas l’Etat et ses sbires. Que chacun et chacune qui veut vraiment empêcher cette construction choisisse ses moyens pour tenter de le faire, mais que personne vient nous vendre la participation citoyenne comme un moyen de lutte. L’Etat ne proposera jamais de faire des manifestations sauvages, de bloquer leurs séances de promotion, d’élever la voix et de crier un « non » sans concessions, de harceler sans cesse les responsables de ce projet morbide, de saboter les travaux et les entreprises qui se feront du fric sur le dos de l’enfermement de milliers de personnes, avec la militarisation inévitable qui en découle du village de Haren et du territoire bruxellois. S’organiser sans hiérarchies, sans chefs, sans leaders, sans déléguer ce qu’il y a à faire à qui que ce soit, c’est le défi actuel si nous voulons que la lutte contre la maxi-prison prend son envol, dans les quartiers de Bruxelles comme dans les prisons déjà existantes, dans les périphéries-dortoirs comme dans ce qui reste encore du village de Haren.

Repris de La Cavale