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[Paris] Quelques bâtons dans les roues des expulseurs et de l’enfermement…

Quelques bâtons dans les roues

Dans la nuit du 22 au 23 octobre nous avons décidé d’emmerder un peu quelques collabos en leur crevant les pneus :

- un utilitaire Challancin (nettoyage dans les CRA)

- une voiture SNCF (collabos des expulsions)

- un utilitaire Vinci (constructeur de taules)

- une voiture Orange (qui exploite les prisonniers)

- 29 vélibs de ce batard de JC Decaux qui exploite aussi les prisonniers

Nous en profitons pour saluer les compagnons récemment condamnés pour le double braquage de Velvento, Kozani.

Indy nantes, 24/10/2014 à 20h13

GEPSA ( Cofely / GDF-Suez ) : les matons passent les Alpes

Il semble que cette fois-ci sera la bonne. A la troisième tentative, après avoir déjà concouru et gagné pour obtenir l’appel d’offres du Cara (centre de demandeurs d’asile) de Castelnuovo di Porto, un business de près de huit millions d’euros par an, puis du Cie (centre de rétention) de Gorizia, et avoir vu ces attributions être annulées pour des problèmes juridiques, GEPSA a finalement réussi à s’adjuger la gestion du centre de rétention via Corelli de Milan.

A ses côtés il y aura une association culturelle de la ville d’Agrigento nommée Acuarinto, déjà associée lors des deux précédentes tentatives de gagner ces appels d’offres. L’appel qui confie à l’association sicilienne l’objectif de s’occuper des enfermés et à l’entreprise française la gestion et la mise en sécurité des zones et des cours de promenade, devrait rester valide, même après la décision du Ministère de l’Intérieur de changer temporairement l’utilisation de la structure.

Du 15 septembre jusque fin mars, Acuarinto et Gepsa, avec les ex-employés de la Croix Rouge qui ont été réembauchés, n’auront en effet en face pas des sans-papiers en attente d’expulsion mais des hommes et des femmes sous le statut de réfugiés. On ne sait pas encore si le passage provisoire de l’ « urgence clandestins » à l’ « urgence réfugiés » changera quelque chose au tarif établi précédemment avec la préfecture de police de Milan, qui prévoyait 40 euros par personne contre les 54 euros par jour qu’empochait auparavant la Croix Rouge. Le nombre de places d’enfermement resterait par contre de 140.

4-182L’entrée officielle de GEPSA dans le monde de l’enfermement en Italie n’est pas une petite nouveauté, et nous pensons qu’elle mérite deux mots de plus. GEPSA, filiale de COFELY, qui appartient elle-même à la multinationale de l’énergie GDF-SUEZ, a été créée en 1987 pour exploiter les possibilités que l’Etat français offrait alors aux entreprises privées pour participer au marché de la gestion et de la construction des lieux d’enfermement hexagonaux. Une ouverture au privé liée à la décision de l’Etat français d’augmenter le nombre de places disponibles dans ses prisons, dont GEPSA a certainement fourni une contribution importante, si bien qu’on peut la considérer comme le principal partenaire de l’Administration pénitentiaire.

Son acronyme révèle qu’elle s’est spécialisée dans la « gestion des services auxiliaires dans les établissements pénitentiaires » et en réalité, au sein de la logistique de la détention, GEPSA fait un peu de tout : manutention générale et des systèmes électriques, hydrauliques et thermiques, nettoyage des bâtiments, informatique, nettoyage des espaces verts, nourriture, transport et linge des détenus, restauration du personnel pénitentiaire.

L’autre activité dans laquelle GEPSA se distingue est l’exploitation du travail des prisonniers à travers la gestion de nombreuses entreprises à l’intérieur des prisons. Chaque jour, 1700 détenus sont mis au travail par GEPSA et chaque année 180 d’entre eux sont recasés dehors après leur sortie de prison.

Pour donner d’autres chiffres, GEPSA gère 34 prisons et 8 centres de rétention pour une superficie de 715 000 m², elle participe à un consortium qui s’occupe de la construction de 4 autres prisons. Elle lave 8 tonnes de linge et prépare 14500 repas par jour, et compte 400 employés.

Cofely Besix Mannai Logo PMSCes chiffres aident à se rendre compte ce qu’est GEPSA, et du fait qu’elle puisse possiblement devenir ce gestionnaire unique des centres de rétention italiens dont parlent depuis longtemps les autorités. A ce propos, en plus de sa taille, son expérience acquise dans le monde carcéral, dont la gestion des dispositifs de sécurité de la plus grande prison d’Europe (Fleury-Mérogis), joue en sa faveur.

L’éventualité que GEPSA devienne le futur gestionnaire unique des centres de rétention italiens ou même qu’elle ne fasse que se substituer à la Croix Rouge dans la gestion d’un grand nombre de ces centres, pourrait rendre la résistance des enfermés plus difficile et risquer de plomber un peu plus le moral des initiatives à l’extérieur … Ne pas avoir face à soi une Croix Rouge sur laquelle tirer mais une lointaine société française pourrait augmenter le sentiment d’impuissance. Mais à bien y réfléchir, pour agir, nul besoin de se rendre jusque dans la rue Henri Sainte-Claire Déville à Rueil-Malmaison (voir ici le lien avec toutes des adresses GEPSA en Italie).

[Traduit de l’italien, « Voilà Gepsa », de macerie @ Settembre 7, 2014]


Historique de Gepsa (Cofely, GDF-SUEZ)

  • 1987 : création de Gepsa pour répondre à la demande de l’État de déléguer certaines fonctions à des entreprises privées dans le cadre d’un programme de modernisation du parc pénitentiaire.
  • 1990 : obtention, en association avec Eurest et Cofely d’un marché de fonctionnement de 5 établissements du programme 13 000 places, pour une durée de 11 ans.
  • 2002 : obtention dans le cadre du marché de renouvellement du programme 13 000, de 15 établissements pour une durée de 8 ans.
  • 2005 : GEPSA assure l’entretien maintenance de la base militaire de Satory pour une durée de 7 ans.
  • 2006-2009 : réalisation avec l’administration pénitentiaire d’un programme européen (Equal) en faveur la mise en réseau des différents acteurs de la réinsertion au profit des personnes les plus éloignées de l’emploi. Les initiatives qui ont été validées ont été essaimées sur un grand nombre d’établissements.
  • 2007 : obtention du Trophée national de l’entreprise citoyenne délivré par le Cidan sous le haut patronage du Sénat, récompensant des actions menées en faveur de la réinsertion.
  • 2009 : obtention de la prise en charge de 10 nouveaux établissements pénitentiaires issus du programme 13 200 places (dont 7 ont été construits en partenariat public-privé). Gepsa assure l’ouverture de ces 10 établissements en 18 mois.
  • 2010 : Gepsa renouvelle le marché de fonctionnement obtenu en 2002 pour 6 établissements.
  • 2011 : après 40 ans de gestion interne, l’administration pénitentiaire confie à Gepsa l’entretien-maintenance de la Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (3 500 places), au fur et à mesure de sa rénovation.

2-12

Repris de Brèves du désordre

[Vienne, Autriche] Courte chronologie du désordre en 2014 (sur les luttes contre les prisons, la gentrification…)

Une chronologie incomplète d’attaques diverses qui se sont déroulées à Vienne en 2014 (et l’année n’est pas finie…)

  • Janvier

schuleblack3 corpos étudiantes sont bombardées de peinture dans la nuit. Quelques jours avant déjà, un faluchard de corpos a été attaqué devant chez lui par deux inconnus et lui ont volé son chapeau.

Aux alentours du 10 janvier dans le nouveau « Sonnwendviertel » (un nouveau quartier, NdB), des façades d’immeubles sont bombardées de peinture et des slogans contre la gentrification et la hausse des loyers sont aperçus.

Déjà quelques jours auparavant, plusieurs vitres de nouvelles constructions ont été défoncées. Il paraît aussi que des actes de sabotages ont eu lieu dans la région.

Fin Janvier, l’immeuble des bureaux de la SEG (société de rénovation urbaine et de logement de copropriété) sont attaqués avec des bombes de peinture. Dans un communiqué, un groupe revendique l’action et exprime sa solidarité avec la maison occupée « Pizzeria Anarchia« , ainsi que les personnes en prison depuis NoWKR2014.

Dans la nuit du 17.01, un camion de police est incendié à PAZ Hernalser Gürtel. Un groupe autonome est engagé dans une lettre.

FurEineWeltOhneGrenzenUndKnasteDans la nuit du 23.01 à Vienne, le cabinet d’architectes «SUE», situé rue de l’empereur, est attaqué avec des pierres et des bombes de peinture; des slogans ont aussi été laissés contre les prisons*. SUE est responsable de la construction d’un nouveau centre de rétention à Vordernberg*.

Sous la devise « Face à Vordernberg*, il n’existe pas de belles prisons! » La cérémonie d’ouverture du nouveau centre de rétention a été massivement perturbée, des engins pyrotechniques, de la peinture et des banderoles ont été entre autres utilisées et des slogans pulvérisés sur les murs.

  • Février + Mars

Début février, un groupe attaque la corpo étudiante Olympia avec de la peinture; ça créé des dégâts matériels considérables.

L’organisation anti-féministe « pères sans droits«  dispose d’un bureau dans le 20ème arrondissement. Il est attaqué avec de la peinture rose et des slogans.

Le 7 mars, un rassemblement de solidarité pour l’anti-fasciste Josef** a lieu devant la prison.

Lorsque l’architecte du nouveau centre de rétention de Vordernberg souhaite présenter son « grand » projet dans le cadre d’un festival d’architecture, des inconnu-e-s réussissent à perturber la conférence et puis disparaissent massivement sans être identifié-e-s. Il y a eu des tracts, des slogans et des banderoles. […]

Toujours le 18 mars, la Ville de Vienne et les flics ont voulu expulser les sans-abri de l’île du Danube. 30 personnes ont eu vent de ça et ont réussi à empêcher l’action de la police: les expulsions n’ont pas pu avoir lieu.

Dans la nuit du 31 mars 2014, plusieurs caméras ont été aveuglées à Vienne, y compris celles du siège central de l’ÖVP, et les murs du quartier ont été embellis avec des slogans.

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  • Avril + mai

Le 24 mai, l’énorme Eglise Charles à Vienne est bombardée de peinture. Début mai, la même chose s’est passée, mais avec cela avait été fait avec des oeufs et sprays de peinture. Dans la presse les dégâts sont chiffrées à plus de 10.000 euros.

Partout dans la ville, des affiches des partis établis sont collées pour les prochaines élections européennes, afin d’attirer le bétail électoral de leur côté. Celles-ci sont détruites en masse ou transformées.

  • Juin + Juillet

Au début du mois de juin, l’ambassade d’Espagne est attaquée avec des bouteilles de peinture et taguées de slogans contre l’expulsion de « Can Vies«  à Barcelone***.

Sur l’église votive de Vienne [Wiener Votivkirche] est fixée une banderole longue de 30 mètres avec l’inscription  « nazis de tous bords,  dégagez« .

Dans la nuit du 19 juin 2014 à Vienne, deux bâtiments ont été attaqués avec de la peinture: Le local « centimeter« , qui a accueilli des identitaires lors de la manif Identitaire du 17/05/2014 et qui leur a offert une protection, ainsi que le bâtiment des fondamentalistes chétien-nes anti-avortement de la HLI (Human Life International), qui avaient également tenu une manifestation de propagande contre l’avortement le ​​14/06/2014 (et qui font encore et toujours).

Lorsque deux policiers veulent contrôler un homme de la rue à Favoriten, un bloc de béton est jeté sur la vitre de leur véhicule et ainsi détruit le pare-brise. Lors de l’arrestation, il a attaqué les flics, dont l’un d’eux a été blessé.

Trouvée sur linksunten indymedia, 13/09/2014 à 19h16

Notes du blog:

* Toutes ces actions s’inscrivent dans des perspectives d’une lutte anticarcérale à Vienne:

Discussion sur les perspectives de lutte contre les prisons

Du 7 au 9 novembre 2014 à Vienne auront lieu les journées anti-prisons. Nous en avons profité déjà pour organiser une réunion de discussion en septembre prochain qui devrait graviter autour des thèmes de l’emprisonnement, du contrôle social, la répression et des façons de lutter contre. Puisque nous ne pouvons pas considérer la prison comme un aspect complètement détaché du reste du monde d’autorité, il n’est pas question pour nous d’adopter des positions sociales-réformistes.  La suite sur linksunten

  • akt2014[at]riseup.net
  • antiknasttage.noblogs.org

Ce nouveau centre de rétention pour sans-papiers de Vordernberg est exlusivement géré par l’entreprise G4S (services des repas, de soins médicaux et de sécurité): la société emploie un total de 100 personnes dans cette taule pouvant enfermer près de 200 migrants en attente d’expulsion. Le contrat remporté par G4S pour gérer le centre fermé de Vordernberg est d’une durée minimale de 15 ans.

Lire un texte en allemand en complément d’infos ici et.

** l’antifasciste Josef a été arrêté puis incarcéré suite à la manif émeutière qui avait eu lieu à Vienne le 24 janvier 2014 lors du bal européen annuel de l’extrême-droite: voir le récit de la soirée

*** Squat de Barcelone expulsé fin mai 2014, ce qui a conduit à plusieurs nuits d’émeutes et d’affrontements avec les flics. On peut lire des résumés de ces nuits de révolte ainsi que des critiques à propos de la résistance organisée de ce lieu.

[Paris] Un véhicule du collabo à l’enfermement Vinci crâmé – 11 septembre 2014

[Paris] Feu aux prisons

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Paris, rue Haxo (19e). Tôt ce jeudi 11 septembre, une camionnette de Vinci s’est embrasée, parce que Vinci construit et gère des prisons et des Centres de rétention.

L’enfermement et les frontieres tuent, comme ça a été recemment le cas avec Abdelhak Goradia.

Parce qu’il ne suffit pas de dénoncer, passons à l’attaque !

Source

En lutte contre la construction d’une maxi-prison à Bruxelles

Pas de nouvelles prisons, pas de maxi-prison à Bruxelles!

Depuis quelques années, les murs des prisons sont percés par des révoltes, des mutineries et des évasions. Des prisonniers rebelles ont démoli des infrastructures carcérales, allumé des feux, refusé de réintégrer les cellules après le préau, sont montés sur les toits pour marquer leur rage. Ils ont pris des matons en otage, ouvert les portes des cellules pour tout le monde sur la section, attaqué la police en intervention. Le pouls s’accélère, la respiration devient plus profonde. Dans la révolte, nous découvrons la liberté.
A l’extérieur des murs aussi, certains serrent les poings et passent à l’offensif. De manifestations en attaques contre les entreprises qui font leur beurre sur l’enfermement. D’embuscades contre les matons, de l’incendie des voitures et de la villa du directeur de la prison de Bruges aux bombes sur le chantier de la nouvelle prison à Marche et à l’incendie destructeur sur le chantier de la nouvelle prison psychiatrique à Anvers. De l’organisation d’évasions en émeutes dans les quartiers. Les murs des prisons se sont souvent avérés de ne pas être assez costaux.
Mais face à la révolte, il y a la répression. L’État l’annonce depuis moment : la construction de 13 nouvelles prisons modernes et efficaces. Certaines sont déjà en construction, pour d’autres le gouvernement cherche encore des sites. Mais il est certain qu’à Bruxelles aussi, le pouvoir veut une nouvelle prison, la plus grande de toutes. Il veut la construire sur le territoire de la commune de Haren, entre Evere et Schaerbeek. Et qu’on se trouve dedans ou dehors, l’ombre de cette prison sera une chaîne autour du cou de nous tous.

Pas de ville-prison!

Ce n’est pas seulement pour dompter la révolte à l’intérieur des prisons que l’État veut construire cette nouvelle maxi-prison. Cette prison deviendra aussi un élément indispensable dans ce que les puissants sont en train de faire en général.
Ici à Bruxelles, le pouvoir est en train de mutiler une population entière, sans honte. Des projets de construction pour les puissants et leur fric poussent comme des champignons pendant que le Bruxelles d’en bas est enfoncé encore plus dans la misère ; les loyers augmentent, les allocations et les salaires diminuent. Les conditions de travail se dégradent, les lois sur l’immigration se durcissent. La zone du canal à Molenbeek est transformé en quartier branché pour riches, érigeant un vrai mur entre la galère d’un côté et l’insouciance arrogant des riches et leurs commerces de luxe. Au nord de Bruxelles, un tour, le plus haut de la ville, est érigé: conçu spécialement et uniquement pour offrir des logements de luxe aux eurocrates et aux dirigeants d’entreprises. La différence de ceux d’en haut et de ceux d’en bas ne pourrait pas être plus marquée.
Là où s’impose la fortune, le pouvoir a besoin de se protéger des opprimés, de protéger lui-même et sa propriété. La brutalité des sales keufs va de pair avec la lâcheté de leurs caméras et celles des bourges du coin. La nouvelle prison à Haren servira dans l’avenir à enfermer au moins 1200 personnes. Comme s’il n’y avait pas déjà assez de coups à endurer, pas assez de misère et de souffrance !
Aussi dans cette ville, qui commence à ressembler toujours plus à une prison, c’est la révolte qui nous donne de l’oxygène. La révolte contre les responsables de cette vie enchaînée. La révolte contre les milliers de murs qu’ils ont construits, partout autour de nous. La révolte pour pouvoir être libre, pour pouvoir respirer en être libre.

Alors, vive la mutinerie !

Tout plan peut être gâché, toute construction peut être sabotée, tout pouvoir peut être attaqué. La lutte contre la construction de cette maxi-prison doit être une lutte directe et offensive, c’est la seule manière de l’empêcher. On ne peut confier cette lutte à qui que ce soit (partis, syndicats,…), elle doit partir de nous-mêmes. Ce que nous proposons, c’est d’un côté une lutte qui mette des bâtons dans les roues de ceux qui veulent construire cette atrocité et en faire du fric (entreprises de construction, architectes, responsables politiques,…). De l’autre, une lutte qui tende à intervenir directement dans les rues contre tout ce qui nous emprisonne au quotidien autant que la nouvelle prison le fera.
Le pouvoir veut nous faire croire qu’on ne peut rien faire. Il se veut invulnérable. Mais les choses ne sont pas comme ça. Le pouvoir peut être attaqué partout où il se concrétise : dans ses bureaux, dans ses institutions, dans ses uniformes. Et cela, cette révolte, ne dépend que de nous-mêmes.

Ni politiciens, ni chefs: auto-organisation pour lutter contre le pouvoir!

Pas de nouvelles prisons: attaquons les entreprises qui les construisent!

Barrons la route aux projets de luxe et de contrôle: sabotons leurs chantiers!

Qui se fait  du fric sur l’enfermement?

• Des constructeurs comme Valens, Bam et Denys; Cordeel, Willemen et Interbuild.
• Des architectes comme Buro II & Archi+I, Jaspers & Eyers, DDS & Partners, CERAU, Assar,
• Des banques comme BNP Fortis/Paribas, Belfius, ABN Amro et KBC
• Des boîtes comme Fabricom Cofely Services, Sodexo, Cegelec, Dalkia, Eurest et Cofinimmo

Une liste complète se trouve sur le site www.lacavale.be

Tiré de Hors-Service n°45

[Tucson, USA] Bureau de G4S attaqué – 1er août 2014

[Ce communiqué ouvre des perspectives clairement anti-capitalistes et de libération totale des êtres humains, libération qui ne reste heureusement pas cantonner à un contexte national (ce qui reviendrait à nier la lutte des classes) mais international. Tant que subsisteront les Etats et leurs appareils de contrôle, de surveillance et d’armement, il s’agira de s’atteler à les attaquer. Ceci est donc une contribution afin d’enrayer des rouages de la machine à expulser et à enfermer les sans-papiers, indésirables pourchassés par chaque Etat à travers le monde (notamment par les services de la société G4S, subventionnée pour gérer la sécurité des camps de rétention en Australie (voir ici et ), en Angleterre ou encore au sud des Etats-Unis dans la zone frontalière avec le Mexique, comme c’est indiqué dans ce texte.]

Au petit matin du 1er août, un groupe d’anarchistes anti-colonialistes [1] a fracassé toutes les fenêtres du bureau de G4S à Tucson. Cette action a été faite en solidarité avec ceux qui survivent et luttent en Palestine occupée et aussi comme une attaque contre la police des frontières sur la terre occupée de Tohono O’odham dans le sud de l’Arizona. C’est aussi un geste de solidarité envers ceux qui envisagent de bloquer les navires commerciaux israéliens d’accoster à Oakland le 2 août.

G4S assure la sécurité et l’infrastructure d’un certain nombre de prisons et de postes de contrôle dans les territoires occupés par Israël. Depuis la « Journée des prisonniers palestiniens » de 2012, G4S a été la cible d’une campagne internationale en raison de ces opérations. G4S est impliquée dans l‘incarcération, la rétention de migrants, et l’expulsion à l’échelle mondiale. Quand des personnes sont appréhendées pour des infractions liées à l’immigration, ce sont les bus exploités par G4S qui les transportent vers les centres de rétention, les palais de justice, et, finalement, à la frontière pour l’expulsion. Dans un passé récent, il y a eu plusieurs actions contre ces bus, y compris un blocage du dépôt de bus G4S. Une action récente contre les bus qui transportaient les gens pour « l’Opération Streamline » a effectivement bloqué la poursuite pénale de près de 70 détenus.

G4S est seulement une des nombreuses entités directement impliquées dans l’occupation et la militarisation de ce qu’on appelle la frontière américano-mexicaine et en Palestine. L’entreprise israélienne ‘Elbit System’ [2] s’est récemment vu attribué un contrat DHS pour l’infrastructure de surveillance dans le sud de l’Arizona, basée en grande partie sur le travail de l’entreprise sur le mur d’apartheid israélien. Les luttes contre les frontières ici et le combat pour une Palestine libre sont étroitement liées dans leur résistance commune au colonialisme.

Il est à espérer que cette action peut être une autre impulsion de la collaboration entre anti-colonialistes, anarchistes, et les mouvements no border. Il est aussi un appel à poursuivre la dynamique locale vers des actions plus perturbateurs et de confrontation contre les systèmes qui cherchent à nous contrôler. Nous allons expérimenter sans relâche des chemins afin de rendre ces systèmes totalement impraticables sur terre.

Il est possible d’attaquer !

Contre toutes les frontières et les prisons 

Vers l’abolition totale des patrouilles frontalières, de la police, et tous les porcs partout

Palestine libre ! [3]

- Des anarchistes anti-colonialistes en terre occupée de Tohono O’odham

 Note de traduction:

[1] Ca voudrait donc sous-entendre que, pour les auteurs de ce communiqué, il existe des « anarchistes pro-colonialistes »

[2] entreprise fournissant logistiques et infrastructures militaires à l’Etat israélien, fondée en 1967 et basée à Haïfa.

[2] Il est évident que la solidarité doit s’affirmer avec les opprimés en Palestine, contre la politique coloniale et meurtrière de l’Etat israélien. Cependant, l’oppression en Palestine n’émane pas uniquement d’Israël, comme en atteste les fascistes religieux du Hamas (qui reçoivent un soutien de la part de ces associations fourre-tout de la cause palestinienne, souhaitant instaurer un Etat et donc une autre oppression qui n’est plus à démontrer), niant les exactions liberticides de ces fous de dieu et de leur volonté de créer une autre forme de prison sociale.

[Pays-Bas] Visite au domicile de deux patrons de boîtes qui collaborent à la machine à enfermer et à expulser

Slogans et peinture sur les maisons des dirigeants de G4S et de KLM

La nuit dernière (du 12 au 13 juillet 2014), nous, « Les Visiteurs », avons peint des slogans et jeté de la peinture sur les maisons de Hans Duijst (Nieuw-Loosdrechtsedijk 47 à Loosdrecht), directeur général de G4S Europe de l’Ouest, et Erik Swelheim (Haringvlietstraat 37 à Amsterdam), directeur financier de KLM.

G4S

Nous rejetons le rôle que G4S joue dans la rétention et l’expulsion des migrants dans plusieurs pays. Aux Pays-Bas ce rôle est presque terminé, en raison de coupes dans les budgets gouvernementaux. Cependant, dans d’autres pays, y compris au Royaume-Uni et en Australie, G4S est toujours responsable de la gestion des prisons et/ou des expulsions de migrants. Juste à la fin de mai dernier dans un centre de rétention au large des côtes d’Australie en Papouasie-Nouvelle-Guinée, les gardiens de G4S ont attaqué des migrants emprisonnés, tuant l’un d’entre eux.

Nous méprisons aussi G4S en raison de son rôle dans l’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan et du fait qu’il fournit des services et des équipements de sécurité pour les prisons israéliennes, les checkpoints, le mur de l’apartheid, de la police et de l’armée israélienne.

Nous tenons KLM pour responsable de sa complicité dans les expulsions des migrants, qui se produisent de façon très régulière. L’entreprise affirme qu’elle fait exactement ce que le gouvernement veut, mais ce n’est pas une excuse. KLM a reçu des demandes pendant des années et des années pour mettre fin à cela, mais refuse de montrer des signes de comportement humain et éthique. Nous refusons de continuer à simplement demander. Nous méprisons aussi KLM à cause de son transport de singes qui ont été enlevés de leur habitat naturel pour les laboratoires de vivisection et à cause de ses contributions à la pollution et au changement climatique.

Nous allons continuer à lutter pour un monde sans frontières et pour en finir avec le système capitaliste qui ruine le monde et maintient des milliards de personnes en proie à la pauvreté, la faim, la guerre, l’oppression et l’exploitation.

Ni Nations ni frontières – Vive l’anarchie !

Traduit de l’anglais d’indymedia nl

[Publication] Hors service n°45 – juillet 2014

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[Tract/Bruxelles] Avis aux prisonniers du dedans et du dehors – Juin 2014

[Tract] Avis aux prisonniers du dedans et du dehors

avis-087bfCes paroles s’adressent à toi, toi qui es incarcéré dans les taules de l’Etat comme à toi qui es toujours plus enfermé dans cette ville de Bruxelles en train d’être transformée en prison à ciel ouvert.

Regarde autour de toi, mais regarde avec tes yeux, pas ceux des politiciens, des flics ou des chefs.

Pendant des années, de nombreuses mutineries ont secoué l’enfer carcéral. Depuis ces endroits où l’Etat met à l’écart ceux qui dérangent, ceux qui ne marchent pas au pas, ceux qui sont déclarés « indésirables » dans cette société de pouvoir et de fric, des cris de révolte et de vie ont surgi. Pour crier haut et fort que les barreaux tuent, que les cellules détruisent l’être humain, qu’une société qui enferme pour se protéger est elle-même une grande prison. L’Etat répond aujourd’hui à ces cris par plus de répression, par des cellules d’isolement, par des régimes stricts, par la construction de nouvelles prisons pour étouffer ces élans généreux de révolte et de solidarité.

Dehors, il y a aussi eu des révoltes qui ont secoué le joug de la normalité, des actions multiples et diffuses contre tout ce qui exploite et enferme. Pour affirmer que cette société nous dégoûte, que nous ne voulons pas d’une existence d’esclave abruti qu’elle nous offre et nous impose, que nous ne resterons pas les bras croisés quand la police assassine et torture, quand l’économie capitaliste pousse nos proches au bord du gouffre, de la dépression et du suicide, quand la machine sociale lave nos cerveaux pour devenir de braves citoyens obéissants et éteints. Chaque sabotage, chaque émeute, chaque attaque sont autant de cris de vie contre un monde qui nous veut tous morts ou esclaves de l’autorité. Et aujourd’hui, l’Etat transforme les quartiers populaires en zones taillées pour la classe moyenne et les bourges à coups de projets de lofts, de centres commerciaux et de boutiques de luxe ; il construit et aménage pour plaire aux eurocrates, entrepreneurs et représentants internationaux ; il entend couvrir la ville entière d’un filet resserré de vidéosurveillance pendant que les transports en commun ressemblent toujours plus à des check points en zones de guerre ; il serre les vis à tous les niveaux pour compliquer la survie et investit massivement dans la police et la sécurité. L’Etat construit des dizaines de nouvelles prisons aux quatre coins de la Belgique, il veut d’ailleurs construire une maxi-prison à Bruxelles. Mais son projet plus ambitieux encore est de transformer tous les possibles foyers de résistance en autant de couloirs du grand camp de concentration à ciel ouvert qu’est en train de devenir Bruxelles, et par extension toute la société.

Regarde maintenant à l’intérieur de toi-même. Ce que l’Etat veut étouffer, se trouve , à l’intérieur de toi. C’est ta capacité à réfléchir par toi-même, à penser et rêver de nouveaux mondes qui ne sont pas des prisons de fric et de pouvoir. C’est ta capacité à agir, à ne pas rester sur la défensive et te lamenter, mais à attaquer. Autant de soulèvements dans le monde entier, de la Tunisie en passant par l’Egypte, la Syrie, la Turquie, la Bosnie jusqu’au Brésil, ont déblayé l’obstacle probablement le plus important : l’erreur de croire que nous ne pouvons rien faire.

Débarrassons-nous alors de la résignation qui nous étouffe, interrompons la routine quotidienne du travail, du contrôle, des obligations imposées par le système et saisissons le temps et l’espace pour imaginer notre évasion.

Les battements de ton cœur s’accélèrent. Le sang pompe intrépidement dans tes veines. Tes yeux discernent clairement les contours de l’ennemi, ce monstre qui se compose de prisons, de flics, de capitalistes, de chantiers, de banques, d’institutions. Tes mains te démangent et saisissent la pierre, la bouteille remplie d’essence, la gâchette de l’arme, la main de ton complice. C’est l’adrénaline de l’évasion, le rêve de la liberté.

Pour la coordination des luttes à l’intérieur et à l’extérieur des murs.
La seule évasion possible, c’est la révolte !
VIVE L’INSURRECTION

Entre-temps du côté des révoltés…

Mi-juin 2014. A la prison de Bruges, une attaque ciblée rappelle à deux matons que leurs uniformes attireront toujours la rage de ceux qui ne sont pas prêts à subir les humiliations et la privation de liberté. Avec des armes improvisées, des pierres dans des chaussettes, des prisonniers les envoient à l’hôpital. A Merksplas, dans le camp de déportation, deux détenus se font la belle en maîtrisant une gardienne pour lui prendre les clés.

Début juin 2014. Le chantier de la nouvelle prison psychiatrique à Anvers est attaqué. Pendant la nuit, trois grues mobiles et un lourd générateur électrique sont incendiées. Ce chantier est d’ailleurs effectué par la même entreprise de construction, Denys, qui compte construire la maxi-prison à Bruxelles. Les bureaux des architectes à Ixelles qui dessinent la maxi-prison, la boîte Buro II & Archi+I, avaient d’ailleurs déjà été souillés avec des excréments.

Fin mai 2014. La veille des élections, à Wavre et à Veltem-Beisem près de Louvain, deux pylônes de transmission de radio, de télévision, de téléphonie et d’internet mobile sont sabotés. En plein cirque électoral, où les citoyens s’apprêtent à choisir leurs maîtres, ces sabotages provoquent un black-out important des communications.

Fin mai 2014. Un petit camion utilisé par le député de la N-VA Ben Weyts pour sa campagne électorale est incendié pendant la nuit. Le camion et tout le matériel de propagande est détruit, il était garé à la sortie du Ring de Bruxelles, à hauteur de Beersel.

[Plus de nouvelles sur www.lacavale.be]

Tract distribué à Bruxelles, juin 2014

[Montreuil, 93] Un constructeur de taule se fait refaire la facade (début juin 2014)

Dimanche 8 juin, en me baladant dans le bas-montreuil, un peu de couleur a égayé ma matinée. La façade d’un de ces horribles immeubles de bureaux était recouverte de peinture rouge. Les peintres ont-ils raté le dernier ravalement de façade ? Et les trous et éclats aux fenêtres, grève du zèle des vitriers ou climatisation écolo dernière génération ?

Interloqué et amusé, mon regard tombe alors sur un magnifique tag : « archi 5 construit des taules« .
D’un coup, tout s’éclaire, et piqué de curiosité je vais faire quelques recherches sur internet.

Archi5 a participé a la construction de plusieurs prisons :

  • les maisons centrales d’Alençon – Condé-sur-Sarthe et Vendin-le-Veil
  • les centres pénitentiaires de Bourg-en-Bresse, Rennes et Mont de Marsan
  • le centre pénitentiaire de Draguignan- le centre de détention de la Polynésie Française à Tahiti
  • les travaux de rénovation aux Baumettes, à Marseille

et parmi les autres projets qu’ils mettent en avant, il y a bien sûr d’autres saloperies :

  • un commissariat de Police à Mons (Belgique)
  • le commissariat de Clichy-sous-Bois
  • le Pôle de Police Judiciaire scientifique à Cergy-Pontoise
  • le Palais de Justice de Chartres

Décidément, y a de bonnes raisons de leur en vouloir ! Pas étonnant que dans ces prisons des révoltes éclatent et qu’a l’extérieur des gens attaquent les pourritures qui se font du fric sur l’enfermement. Et tant mieux. Parce que tous les lieux d’enfermement sont à détruire et que moi aussi j’ai envie d’apporter ma pierre à travers l’édifice.

Repris d’indymedia Nantes, 18 juin 2014 à 19h15