Archives du mot-clé contre-information

[Publications] Lancement du site ‘Inflammable’

Cette espace est né d’un besoin d’hébergement et de diffusion pour nos publications passés et futures, ainsi que pour appuyer les initiatives de propagande avec lesquelles nous sentons une affinité.

Vous y trouverez les numéros d’Inflammable, une revue que nous publions de façon irrégulière et qui compile différents textes, compte rendus, analyses, communiqués, lettres etc. parues surtout à Montréal et les environs. Dans la section distro, vous trouverez aussi des revues, brochures et tracts qui proviennent d’autres projets des environs et que nous partagerons ici pour en multiplier la diffusion.

Nous vous invitons à nous envoyer vos brochures, si elles nous plaisent nous les diffuserons.

Nous travaillons présentement sur le troisième numéro d’Inflammable.

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This space is born from the need for hosting and spreading our passed and future publications, but also to support propaganda initiatives which we feel affinity to.

You will find here the irregularly published Inflammable in which we compile different texts, reports, analyses, communiques, letters, etc. circulating mostly in Montreal and surrounding areas. In the distro section you will also find publications from other projects in the area which we will share to help spread widely.

We invite you to send us your publications, if we like them we’ll add them to our distro.

We’re currently working on the third Inflammable.

inflammable.noblogs.org

Attaque – Chronique de la guerre sociale en France

Attaque est un site de perspective anarchiste qui se donne pour but de relayer et de relier entre elles les différentes manifestations d’antagonisme au sein de la société, et contre elle. Les sources sont diverses, elles peuvent varier de la presse bourgeoise à laquelle nous n’accordons que peu de fiabilité en raison des intérêts qu’elle sert et de ses méthodes pour contrer les pratiques d’action directe (déformation/invisibilisation), à divers sites de contre-information où l’on peut retrouver des communiqués de revendication. L’attaque et la violence, qu’elles soient révolutionnaires et/ou révoltées, sont comprises ici comme partie intégrante de la guerre sociale en cours depuis toujours, qui oppose la domination à diverses formes de tensions vers la liberté. Aucune hiérarchie ne sera établie ici entre les actes de révoltes dits « politiques » et ceux dits « sociaux », nous laissons ces distinctions aux autoritaires d’un côté, et aux anarcho-populistes de l’autre. Nous faisons le choix de ne jamais relayer de textes issus d’organisations, qu’elles soient politiques, gauchistes ou de lutte armée, car nous refusons toute logique organisatrice, aussi « informelle » ou anarchiste soit-elle.

L’exhaustivité étant bien sûr impossible dans le dépossédant megaflux d’informations virtuelles que représente internet aujourd’hui, nous invitons qui le souhaite à contribuer en nous envoyant des choses que nous aurions raté, ainsi que des traductions à l’adresse : guerresociale[A]riseup.net

[Burgos, Espagne] Chronique locale de la révolte contre un projet d’aménagement urbain et récits des actions en solidarité

Burgos (Espagne) : chronique locale de la révolte contre un projet d’aménagement urbain

Le quartier de Gamonal est une zone périphérique de la ville de Burgos construit, comme beaucoup d’autres sous le franquisme, à l’arrache pour entasser les familles ouvrières venues de l’exode rural pour faire marcher l’industrie. Cela a toujours été un quartier conflictuel et les luttes les plus récentes ont concerné la restructuration urbaine comme par exemple en 2005 lors de la construction du parking de Eladio Perlado. Cette fois c’est le projet pharaonique d’un boulevard qui a mis le feu aux poudres.

Les différents textes ci-dessous ont été traduits de l’espagnol du site local de contre-information, Diario de Vurgos


Samedi 11 janvier 2014
Gamonal contre le Boulevard : chronique d’un conflit annoncé

Depuis mercredi dernier, la rue vitoria, une des artères principales reliant Gamonal au centre de Burgos est fermée pour cause de début des travaux du boulevard annoncés par la mairie. Cela fait déjà des mois que les habitant-es du quartier manifestent leur rejet de ces nouveaux travaux, tandis que le conseil municipal faisait la sourde oreille.

Au petit matin du vendredi, les habitant-es du quartier de gamonal ont diffusé l’information et relayé l’appel au rassemblement prévu au rassemblement prévu à 5 h du soir. Celui-ci a été attaqué par la police, ce qui a eu pour effet que d’autres habitant-es sortent pour rejoindre la protestation.

Le nombre de personnes a augmenté tout au long de la soirée et elles sont restées devant le chantier jusque vers 22 h, aux cris de “Gamonal ne veut pas de boulevard”. A ce moment, une voiture de la police nationale a foncé à vive allure sur les personnes présentes, déchainant une pluie d’objets. Les unités de la UPR ont commencé à charger en tirant des balles en caoutchouc, ce a quoi il a été répondu par de nombreuses barricades pour empêcher l’avance des charges. Une bataille rangée a duré jusqu’à une heure avancée du petit matin.

Pendant ce temps, des habitant-es qui observaient ce qui se passait de leurs maisons sont sorti-es sur les balcons en frappant sur des casseroles en soutien au quartier de Gamonal.

Aujourd’hui samedi, de nouveaux rassemblements sont convoqués.


Dimanche 12 janvier 2014
Arde Lacalle. Seconde nuit de troubles à Gamonal

Pour la deuxième nuit consécutive, Gamonal a été la scène d’affrontements intenses entre habitant-es et forces de police. La supposée normalité que proclamait le conseil municipal par ses canaux habituels n’a été que le prélude d’une nouvelle nuit au cours de laquelle les habitant-es du quartier, jeunes ou moins jeunes, ont repris les rues pour manifester leur refus d’un projet spéculatif sans autre intérêt que le bénéfice qu’en retirent les entreprises en bâtiment. Face à la vague d’arrestations indiscriminées qui se sont succédées à Gamonal, le mouvement assembléaire de quartier convoque des rassemblements. Le prochain aujourd’hui même, dimanche 12 janvier à 19.00 h dans la rue Vitoria.

Comme nous en informions déjà ce matin depuis DV, la manifestation en solidarité avec les 17 personnes arrêtées dans les protestations contre le boulevard, est partie du chantier, à la fin d’une assemblée au cours de laquelle a été évalué comment continuer les actions de protestation contre les travaux. Mégaphone en main, plusieurs habitant-es ont exprimé la nécessité de continuer à montrer le rejet de la spéculation urbaine et à démontrer la solidarité nécessaire avec les personnes arrêtées dans la nuit du vendredi au samedi. Selon les dernières informations, elles ont déjà été remises en liberté avec charges.

Des milliers de personnes ont parcouru les rues de Gamonal jusqu’à arriver aux portes du commissariat, où elles ont exprimé leur solidarité avec les arrêtés et leur refus du boulevard. Les manifestant-es sont ensuite revenu-es dans le quartier où la tension n’a cessé de monter, juste dans la zone de la rue Vitoria, populairement connue comme la Zone Zero. Après que différentes agences bancaires aient été attaquées, les anti-émeutes venus d’autres localités ont lancé une forte charge qui a encore ravivé les affrontements et a contribué à ce qu’ils s’étendent dans presque tout le quartier.

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A partir de ce moment, le chaos s’est emparé de Gamonal. Pierres et balles en caoutchouc se croisaient dans une bataille d’une plus grande intensité encore que la nuit précédente. Face à la dispersion des manifestant-es, la police anti-émeute a lancé une véritable chasse à base de coups, entrant dans des établissements publics et même dans des halls d’entrée.

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Les médias partisans de la construction du boulevard parlent de plusieurs agents blessés au cours des affrontements. Comme d’habitude, ils ne disent rien des centaines d’habitant-es blessé-es par les matraques et les balles en caoutchouc. Il semble qu’il y ait des victimes de première et de seconde classe. Et c’est dans cette dernière catégorie qu’ils mettent les habitant-es de Gamonal.

Le bilan répressif de la nuit de samedi se solde avec 23 personnes arrêtées. Des assemblées sont déjà en cours pour tenter d’articuler la solidarité et continuer les protestations contre la spéculation urbaine.

Les faits de la nuit dernière transmettent un message clair qui ne semble être compris ni des bureaux du conseil municipal, ni de ceux des constructeurs : le conflit du quartier continuera tant que se poursuivront les travaux du boulevard.


Dimanche 12 janvier 2014
La solidarité avec les arrêtés se manifeste devant les portes du Commissariat et devant le siège du journal Diario de Burgos

La manifestation en solidarité avec les arrêtés de la nuit de samedi au cours des protestations contre le boulevard a exprimé comme hier son rejet des agissements policiers aux portes mêmes du commissariat. Cependant, les milliers de personnes ont continué la marche par l’avenue de Castilla y León jusqu’au siège de Diario de Burgos, propriété de Antonio Miguel Méndez Pozo, dont l’entreprise de construction a d’énormes intérêts économiques à la réalisation du boulevard de la rue Vitoria.

Face au bâtiment du Grupo Promecal, des milliers de manifestant-es ont gueulé leur mécontentement face à l’intoxication médiatique du Diario de Burgos, en rappelant la participation de son patron des dizaines d’années auparavant aux affaires de corruption urbanistique dans le dit Caso de la Construcción. Un des slogans était : « Méndez Pozo al calabozo » : « Méndez Pozo en taule » [sic !].

De retour à Gamonal, les cris de « nous n’avons pas peur » et « le peuple uni ne sera jamais vaincu », ont recommencé à résonner dans la rue Vitoria. Les protestations continuent dans un quartier qui ne plie pas, et demain sera un autre jour de lutte. La Bataille de Gamonal continue !


Lundi 13 janvier 2014
Protestation indéfinie à Gamonal jusqu’à l’arrêt des travaux

Des habitant-es combatifs parviennent à arrêter les travaux dès 6:30 du matin, en empêchant les machines d’entrer et de poursuivre cette grande œuvre spéculative des entreprises de construction de la ville et de leurs acolytes les politiciens. Défiant le froid et en ne cessant de chanter, les habitant-es réuni-es en assemblée lancent un appel à rester en permanence dans la zone du chantier jusqu’à ce que les travaux soient arrêtés, que les détenus soient libérés et que la police sorte du quartier.

Des jeunes étudiant-es convoquent une assemblée à 17h30 pour proposer une grève étudiante indéfinie pour les revendications antérieures. Tout le monde est aussi incité à venir à 19:00 h à l’assemblée de quartier dans la zone occupée du chantier de la rue vitoria. L’enthousiasme devient palpable à gamonal, les ancien-nes et leurs enfants parlent de révolte et même de révolution sociale, de la nécessité d’étendre le conflit à tous les villages et toutes les villes, que cela puisse servir d’étincelle qui incendie ce grand foyer de rage contenue, on va lutter sans trêve jusqu’à ce qu’ils libèrent et relaxent tous les arrêtés, qu’ils abandonnent les travaux et que la police parte du quartier.

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En assemblée, il a aussi été décidé de faciliter la circulation des habitant-es en enlevant les grilles des trottoirs et en rendant visibles les différentes ancrages du sol pour qu’il n’y ait pas d’accidents et que tout le monde puisse approcher la zone zéro de résistance. Le peuple a décidé qu’on ne joue pas avec les habitant-es et de faire tout le nécessaire pour empêcher un ouvrage qui rapportera des millions de bénéfices toujours aux mêmes et qui ruine ceux d’en bas. C’est de cela qu’il s’agit : ceux d’en bas contre ceux d’en haut.

Le monde nous regarde, il faut un soulèvement général contre le capital dans chaque coin de ce monde, ils disent que qui fait une révolution à moitié creuse sa propre tombe, nous ne retournerons pas dans le fossé. Nous en avons marre !

Peuple conscient d’autres quartiers, villages et villes, Soulevons nous ! Assemblées, mobilisation, grèves et action directe contre le pouvoir !


Mardi 14 janvier 2014
Nouvelle journée de protestations ; dans la quartier de Gamonal le conflit redouble

Le lundi matin commence une nouvelle journée de lutte contre les travaux du boulevard. A partir de 6:30, un large groupe de personnes se sont rassemblées aux abords du chantier pour empêcher l’accès des machines, objectif qui est atteint.

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Le rassemblement s’est maintenu tout au long de la journée avec les allées-venues des habitant-es du quartier. D’ailleurs leur nombre augmente aussi dans les assemblées.

A midi, une assemblée d’étudiant-es a eu lieu où a été décidé de convoquer une grève indéfinie de l’éducation jusqu’à la paralysation définitive des travaux ainsi que la liberté et la relaxe des arrêtés.

A 7 h du soir, une nouvelle manifestation était appelée qui a rassemblé encore plus de personnes que les jours précédents. La manifestation s’est déplacé aux cris de “gamonal ne veut pas de boulevard” et “la rue est à Burgos, pas Burgos à Lacalle” jusqu’au commissariat du CNP pour exiger la liberté et la relaxe des arrêtés. Elle s’est ensuite divisée en 2 blocs, une partie revenant à la populaire “zone zéro” du chantier, tandis que l’autre se dirigeait vers le bâtiment du Grupo Promecal (siège du Diario de Burgos), comme la nuit précédente. Tous se sont retrouvé-es dans la zone de part vers 21 h.

Ensuite, c’est un état de siège policier qui s’est abattu sur gamonal, encerclant les sorties de la rue vitoria. La baraque de chantier située sur l’une des rues latérales a alors été incendiée et des barricades ont de nouveau été montées avec le matériel du chantier pour barrer l’accès aux fourgons des anti-émeutes. Deux heures durant ils ont procédé à des arrestations, nous ne savons pour l’instant pas à combien.

En assemblée a été annoncée pour mardi une nouvelle journée de protestation commençant à 6:30 pour continuer à empêcher l’accès des machines.


Mardi 14 janvier 2014
Attaque DDoS contre le Groupe Promecal

En ce moment même, à 10:49 du matin, tous les réseaux internet du Groupe Promecal sont hors-service, y compris Diario de Burgos. Ils ont subi une attaque de DDoS(Attaque par dénégation de service) en solidarité avec les protestations à Gamonal.


Mardi 14 janvier 2014
En avant pour la lutte partout

La résistance des habitant-es contre la construction du Boulevard continue et ils se rassemblent joyeusement et de manière combative depuis ce matin dans la zone du chantier. La lutte continue à s’étendre et des nouvelles arrivent d’appels à des protestations solidaires dans toute la péninsule.(…)

A 12:00 h. l’assemblée a eu lieu dans une ambiance enthousiaste. On a rappelé l’importance de poursuivre la lutte jusqu’au bout, maintenant plus que jamais pour les arrêtés et les deux personnes qui ont été mises en prison. Des fonds sont récoltés pour payer les cautions

A 19:00 h. nouvelle manifestation du chantier jusqu’au commissariat pour que les arrêtés nous entendent, puis à Promecal-Diario du cacique et retour dans le quartier. On a aussi commenté comment dans la nuit la police a arrêté d’autres personnes dans une chasse aux sorcières et par le tabassage. Malgré tout, le quartier reste ferme, pas un pas en arrière contre les corps de fascistes itinérants qui viennent nous frapper et sont connus sous le nom de UIP ou d’ anti-émeutes.
¡Tout le monde dehors !


Mardi 14 janvier 2014
La mobilisation sociale parvient à paralyser temporairement les travaux du Boulevard

Malgré la conférence de presse d’il y a quelques jours où le conseil municipal de Burgos réitérait sa volonté de continuer les travaux du boulevard qui ont provoqué cinq jours consécutifs d’intense protestation, lors de sa dernière apparition publique Javier Lacalle a annoncé la suspension des travaux pour une période entre 15 et 20 jours. La mobilisation sociale qui a réussi à faire de gamonal l’épicentre de la clameur populaire durant ces journées a gagné son premier assaut.

Pourtant, la présence continuelle d’effectifs d’anti-émeutes qui s’abattent sur le quartier ne fait qu’aviver les doutes sur ce qui ne peut être qu’une manœuvre de diversion de la part de la mairie afin de désamorcer la conflictualité. Des milliers de personnes continuent à manifester en ce moment même et la tension croît pour éviter que ce qui semble être une victoire se transforme en mirage.

Gamonal reste en alerte pour obtenir les trois objectifs fixés au cours du processus assembléaire : paralysation totale des travaux, relaxe de tous les arrêtés lors des protestations contre le boulevard et départ des forces policières du quartier.


Mercredi 15 janvier 2014
Gamonal ne recule pas

Gamonal a gagné le premier combat d’un conflit qui cinq jours durant a été dans la ligne de mire de l’actualité informative du moment. Mais la lutte contre le boulevard et la spéculation existait bien avant que le quartier se retrouve sous le feu des projecteurs et elle continuera à exister quand les caméras se tourneront vers d’autres endroits. Il n’est pas superflu de rappeler que la suspension des travaux ne peut être qu’une trêve temporaire que s’accordent les pouvoirs de fait de la ville pour préparer une nouvelle offensive, cette fois peut-être avec d’autres armes plus sibyllines après l’échec des matraques et des balles en caoutchouc.

Les mobilisations en solidarité convoquées dans de nombreuses villes sont une bonne manière de rappeler qu’il y a encore des personnes incarcérées. Il est aussi nécessaire de maintenir en vie la flamme qui provoque un phénomène loin d’être nouveau et qui fait partie du patrimoine collectif de tous les exploités et humiliés du monde.


Mercredi 15 janvier 2014
Uni-es nous avons pu. Gamonal ne recule pas ! Tout le monde dehors

Des milliers de personnes, plus hier et qu’avant-hier, reviennent dans les rues, aujourd’hui mardi, en manifestant du chantier au commissariat pour exiger la liberté sans charges des arrêtés, puis au siège du journal du cacique pour finir dans le quartier.

Personne ne croit les paroles d’un farceur et d’une crapule comme le maire de Burgos, qui a pour unique intention de démobiliser la lutte et de mettre fin à la révolte pour pouvoir faire les travaux. Nous les avons arrêtés grâce à la mobilisation de tout un quartier. Conscient-es de cela toutes les mobilisations sont maintenues. Demain mercredi toutes et tous à 6:30 h. au chantier et que la police ne vienne pas nous jeter, à 12:00 h. assemblée et à 19:00 h. tous dans la rue. La grève indéfinie des étudiant-es continue jusqu’à ce que les travaux soient arrêtés définitivement, la liberté sans charges de tous les arrêtés et que la police quitte la ville.

Des fourgons d’anti-émeutes sont entrés dans la zone du chantier clairement pour provoquer les gens en train de manifester. Malgré tout, les manifestant-es ont réussi à réoccuper la zone en encerclant les fourgons. Pendant plusieurs heures, il y a eu des moments d’intense tension au milieu des cris et des chants pour exiger que les anti-émeutes partent de la ville. C’est ça leur prétendue trêve ? créer un état policier ? Les en ont marre et chaque jour viennent plus de personnes que la veille. Cela fait 70 ans que nous sommes gouvernés par cette bande de fascistes omnipotents, nous ne nous rendrons jamais et ils ne réussiront pas à nous mettre dans des fosses comme nos grands-parents en 1936.

A tous les gens d’autres villes et villages, ne croyez pas les mensonges des moyens de désinformation de la bourgeoisie, continuez les mobilisations et que s’étendent la révolte et la solidarité.

Gamonal pas de recul ! Anti-émeutes hors de Burgos !


Mercredi 15 janvier 2014
La lutte continue malgré l’“arrêt” du projet

(…) L’assemblée de midi du mercredi a été animée et a convoqué une grande manifestation pour ce soir à 19:00 h. qui ira jusqu’au commissariat comme d’habitude. Au début la commission anti répressive a pris la parole. Elle s’efforce de se mettre en contact avec les arrêtés et les proches des prisonniers, pour pouvoir réunir l’argent destiné à faire sortir les camarades. Ce matin la juge du tribunal nº 3 de Burgos a envoyé en prison quatre compañeros avec une caution de 3000 euros. Ils sont accusés de troubles à l’ordre public dans la nuit de lundi. A cela il faut ajouter les deux compañeros mis en prison avec la même caution et qui ont été arrêtés dans la nuit de dimanche. Si les cautions sont payées, ils pourront revenir au quartier. Pour toutes celles et ceux qui ont été arrêtés, qui avez un proche emprisonné, qui avez été témoin d’une arrestation, qui avez des photos ou des vidéos, venez à la zone et demandez la commission anti répression pour affronter le problème collectivement. Commission qui essaie de recouper le maximum d’arrêtés pour affronter leur procès.

Ensuite, les gens ont parlé de la nécessité de poursuivre la lutte sur tous les fronts de notre vie. La lutte contre le Boulevard a été une petite goutte qui a fait déborder le vase, de ras-le-bol, qui a mis sur la table la nécessité de s’auto-organiser pour se défendre contre la précarité sous toutes ses formes, commencer un processus de création de communauté de lutte en ouvrant des espaces de rencontre pour nous connaître et affronter les problèmes ensemble.

Pour demain jeudi l’assemblée de 12:00 h. et de 19:00 h. sont maintenues et il est possible qu’une manifestation soit convoquée à la plaza mayor pour le vendredi, qui coïncide avec le plénum de la mairie au sujet du boulevard. On pourra virer au maire ce que gamonal pense de lui.

Communiqué de l’assemblée de quartier de Gamonal

L’avalanche d’événements se poursuit à Gamonal dans un conflit avivé par intransigeance d’un conseil municipal ligoté par les intérêts spéculatifs des grandes entreprises de construction. Nous publions le communiqué que l’Assemblée de quartier contre le boulevard de la rue Vitoria a sorti ce matin même du mardi 14 janvier. L’état d’exception que nous avons vécu hier dans la quartier où sont venues des centaines d’unités anti-émeutes envoyées par le Ministère de l’Intérieur, n’a pas réussi à arrêter la mobilisation sociale qui croît inévitablement et commence à porter ses fruits face au totalitarisme institutionnel.

Ce qui s’est passé au cours de ces cinq jours de révoltes ne peut être expliqué avec des simplifications comme celles de la presse ou des mensonges comme ceux des institutions et de la mairie, mais avec des réalités et des vérités comme des poins.

C’est parti comme une protestation de quartier contre le projet de réalisation d’un boulevard dans la rue vitoria à Gamonal, ouvrage imposée de manière totalitaire et refusé depuis des mois par les habitant-es au cours de nombreuses mobilisations et manifestations. Mais cela s’est transformé en une expression du mécontentement généralisé.

Nous n’allons pas détailler les joyeusetés de ce projet, simplement avec un peu de bons sens, c’est d’évidence une tentative de plus, dans cette ville comme dans d’autres, de maintenir la spéculation urbaine et de promouvoir la corruption généralisée de la classe politique, en augmentant encore plus les bénéfices des classes dominantes face au peuple.

Dans ce cas, face à un quartier ouvrier, noyé sous les factures, les impôts, les amendes, les hypothèques à payer, les expulsions de logements et avec un nombre de chômeurs qui atteint à 18.000 personnes. Jusqu’à ce point rien de bien différent à ce qui se passe sur l’ensemble du territoire à cause de la fameuse crise où les différences sociales sont devenues abyssales. C’est porquoi ce qui s’est passé au cours de ces journées n’est pas que le rejet de tout un peuple contre un projet de spéculation urbaine qui coutera au quartier en parking, en circulation plus 8 millions d’euros, desquels aucun habitant-e ne tirera aucun bénéfice, seulement les années qui condamneront des générations et des générations à payer des œuvres pharaoniques et à engraisser les comptes d’entrepreneurs et de politiques corrompus. Le rejet implique beaucoup d’autres choses encore, c’est l’expression de rage collective, la rage des jeunes qui ne voient aucun futur dans ces conditions, des plus âgés qui se sont rendus compte avec tristesse que tous les supposés droits qui ont couté tant de sueur et de sang, sont partis à la dérive en moins de 6 ans, et surtout de la prépotence et de l’intolérance du pouvoir qui domine et impose, sans écouter rien ni personne. Ils font les lois, blindent la démocratie pour préserver leurs privilèges. Et en réalité s’il n’y avait pas eu les incidents de vendredi dernier, jamais personne ne nous aurait écouté. La paix sociale, c’est eux qui l’ont brisée et pas les jeunes violents encagoulés comme certains aimeraient nous le faire croire, dans le quartier nous savons tous ce qui se passe, nous sommes unis, nous n’avons pas peur de faire face.

chron4La violence c’est remplir la ville de policiers, si on peut les appeler ainsi et pas mercenaires, qui frappent nos enfants et nos voisin-es, arrêtant déjà 47 personnes, provoquant des coupures d’électricité et de téléphone dans certaines maisons, en raflant et en fouillant. Le samedi, ils ont lancé une trentaine de balles en caoutchouc, blessant sérieusement des habitant-es qui ont à peine été mentionnés. On ne parle que des attaques contre les corps de sécurité, alors que la violence et la situation est disproportionnée. A son tour, l’appareil répressif de l’Etat n’a pas hésité à appliquer des peines exemplaires à toutes celles et ceux qui montrent n’importe quel sorte de non conformisme, le projet de loi de sécurité citoyenne présenté récemment par le gouvernement rend bien compte des intentions de l’Etat qui se fait appeler démocratique, mais en vérité si c’est ça la démocratie, nous n’en voulons pas. En son nom se justifient tous types d’atrocités, entre autre les jeunes du quartier et pas de la kaleborroka ou d’ailleurs comme certains continuent à le soutenir, envoyés hier en prison préventive.

La lutte doit continuer et les révoltes s’étendre à d’autres villes de du pays et, pourquoi pas, du monde. Le mécontentement de ces jours n’est pas uniquement dû aux travaux du boulevard, il y a beaucoup d’autres motifs, la lutte est pour une vie digne, pour nos droits et pour préserver et donner du sens au mot LIBERTE.

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Barcelone : manifestation enragée en solidarité avec la lutte de Gamonal (Burgos)

Bar175Le vendredi 17 janvier, une manifestation d’un millier de personnes a parcouru le centre-ville de Barcelone en solidarité avec la lutte de Gamonal. Bien que les travaux du boulevard dans la rue Vitoria de ce quartier de Burgos aient été définitivement abandonné (mais où 46 personnes sont sous contrôle judiciaire en attente de jugement suite aux trois nuits d’émeute), des marches de protestation ont eu lieu dans les principales villes de tout le pays.

Une agence bancaire Caixa brûle Via LaietanaA Barcelone, le parcours a été émaillé d’incidents avec des poubelles brulées, des agences bancaires et différents bâtiments administratifs pétés. Arrivés sur La Rambla, une centaine de manifestants a attaqué le commissariat de la Guardia Urbana en lançant bouteilles, pots de fleurs, tables et chaises (empruntés sur les terrasses avoisinantes) sur la dizaine d’agents censés le protéger. Ceux-ci ont dû trouver refuge à l’intérieur. Cinq policiers ont été blessés et six véhicules endommagés.

Attaque du commissariat de la Guardia Urbana ... où les keufs réfugiés à l’intérieur tiennent le siège

La Brigade Mobile (Brimo) des Mossos d’Esquadra est alors intervenue en chargeant et a dispersé les manifestants à l’aide d’un canon acoustique à longue portée (LRAD). Ces dispositifs déjà utilisés par les unités anti-émeutes aux Etats-Unis et dans différents pays européens ont été employés ici pour la première fois (ils devraient par la suite remplacer les balles en caoutchouc qui vont probablement être interdites d’ici peu). Ils émettent un sifflement strident de grande puissance, d’une portée de 3000 mètres, qui provoque un étourdissement et oblige à se retirer en se bouchant les oreilles.

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Trois personnes ont été arrêtées, dont deux mineurs. Des manifestations se sont aussi déroulées à Saragosse, Madrid, Burgos (3000 personnes), Valence ou Santander, parfois ponctuées d’affrontements. 15 personnes en tout ont été arrêtées, généralement pour « trouble à l’ordre public ».

A Valence...

A Valence…

A Saragosse.

A Saragosse.

[Résumé de la presse espagnole]

Sources: Brèves du désordre

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On peut voir un petit aperçu de la rage émeutière des manifestant-e-s à Barcelone dans cette vidéo (cliquer sur l’image)

Ce sont bien les flics qui sont sous l'avalanche de chaises balancées par les émeutier-es

Ce sont bien les flics qui sont sous l’avalanche de chaises balancées par les émeutier-es…

Quelques précisions sur les manifs solidaires à travers le pays ce vendredi 17 janvier 2014: il y a eu plus d’un miliers de personnes à Valence avec quatre interpellations (« 3 hommes et une femme, accusé-e-s d’avoir brûlé des poubelles et d’avoir jeté des projectiles sur les policiers ») suite à des affrontements avec les flics. Idem à Alicante, où il y a eu trois personnes arrêtées pour « émeute« .

A Bilbao et aussi à San Sebastian, où 200 personnes ont manifesté en début de soirée: à 20h25, la police basque recevait l’appel d’une balance citoyenne pour une attaque d’une agence bancaire ‘BBVA’ rue Hernani, qui a eu sa porte d’entrée en verre éclatée: « voleurs » a aussi été tagué sur la façade.

La veille c’était à Madrid que la rage éclatait à la gueule des flics

[Brésil] Récit des désordres antipatriotiques du 7 septembre dernier

C’est avec grand plaisir que nous avons appris par le site de contre-information Cumplicidade que les fêtes annuelles à vomir du 7 septembre, journée de défilés militaires et de propagande patriotarde, ont été perturbées par la rage de groupes d’insurgés qui ont relevé la tête dans plusieurs villes brésiliennes.

A Porto Alegre, plusieurs groupes de personnes se sont réunis sur la Place Argentine pour ensuite descendre en direction de l’avenue où avait lieu le défilé militaire. En chemin, des tags ont été faits et des slogans criés.

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Que l’on se souvienne, aucun des défilés militaires passés n’avait compté un contingent répressif comparable à celui de cette année. La Brigade Militaire n’a guère participé au défilé, tant elle était occupée à contenir toute révolte possible. Par ailleurs, la police anti-émeute avait placé des unités aux différents accès à l’avenue du défilé, y compris des forces de cavalerie. La Police Militaire (PE) est apparue avec de nouveaux équipements sophistiqués, des vêtements et des accessoires anti-émeutes. Dans un contexte d’extension des technologies répressives, un autre instrument de contrôle a été lancé dans les rues : une patrouille de la Brigade Militaire équipée de caméras sur le toit du véhicule et d’ordinateurs à bord, destinés à identifier les manifestant-es. Etait également présents une bande de civils, plus les militaires de service en réserve. L’image qu’ils voulaient donner était la suivante : n’essayez même pas d’approcher.

Mais cela n’a pas fonctionné et comme le disait un tag dans la rue : maintenant, nous n’avons plus peur. Les manifestant-es sont parvenus à briser l’encerclement policier et à interrompre le défilé. Après les premiers affrontements, les gens sont repartis vers le centre, où deux agences bancaires ont été défoncées, une de la Banque ‘Itau’ (mécène de la Coupe du Monde) et l’autre de la Banque de Brasil (pour ce qu’elle est, une banque). En même temps on pouvait entendre les cris de « La police est violente, l’Etat est violent, une vitre ne sent rien, elle ne peut donc être violentée, cassons tout ».

Les insurgés ont accueilli avec des pierres et des containers renversés le grand contingent de police anti-émeute, cavalerie et troupe de choc venu pour réprimer. Le black bloc ne s’est dispersé que pour se reformer peu après et partir pour le Parc de Redenção, en jetant encore plus d’insultes aux militaires, près du monument des vétérans de la guerre. Tout patriote est un idiot !

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Dans l’un des tracts lancés au cours de l’événement, on pouvait lire :

Nous ne nous trompons pas.

Tant d’années d’exploitation, de domination et de militarisation des êtres.

Notre révolte se lève et cible.

Le massacre des peuples originaires par l’armée.

Le patriotisme comme farce de ce qui serait digne, qui anéantit des cultures.

Nous ne pouvons non plus oublier le massacre de Haïti ou tout ce que font les forces de l’armée brésilienne pour ouvrir le chemins aux chefs d’entreprises, comme faisant partie d’un plan d’exploitation de ces terres et de ces êtres.

Parce que l’armée, comme la police, sont là pour tuer, réprimer et assurer le privilège des riches et l’exploitation des pauvres : la paix sociale.

Ni armée, ni police, qu’elle soit civile ou militaire.

Nous n’oublions pas le sang versé.

Notre solidarité ne s’endort pas.

Notre mémoire est vivante.

A la fin de la journée, les murs disaient, entre autre, les slogans suivants: « Le défilé de sang c’est la mort »,  «Sabotons l’Etat », « Si ce n’est pas maintenant, alors quand ? », Militaire et merde c’est la même chose », « l’armée brésilienne assassine le peuple haïtien ».

Tandis que les manifestations combatives à rebours du pacifisme citoyen surgissent et se multiplient, les agents de la répression ne restent pas les bras croisés. Le black bloc a été intensément suivi, avec une grande quantité de flics en civil (certains portaient même des foulards) sans vergogne, un grand travail a été accompli, consistant à prendre des photos et à filmer afin d’identifier les « vandales masqués ». Il est nécessaire que toutes les personnes impliquées, sans peurs ni paranoïas, tenions compte du perfectionnement de la culture de sécurité.

Voir une vidéo des affrontements au sud de Rio de Janeiro

Voir une vidéo des affrontements du 7 septembre au sud de Rio de Janeiro

La tension qui s’est déchaînée le 7 septembre a touché presque toutes les régions du Brésil, ne laissant pas indemne la fête patriotique.

A Rio de Janeiro, les insurgé-es se sont affrontés aux forces de l’ordre à coups de pierres, de pétards, d’encre, en érigeant des barricades et en faisant des dégâts divers, tandis que les flics utilisaient grenades de désencerclement, gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc, lançant ces derniers y compris en direction des misérables citoyens venus là pour assister au spectacle militaire en compagnie de leur progéniture. On parle de 12 personnes arrêtées et de 6 blessées, parmi lesquelles un enfant.

Pendant ce temps se poursuivent les assemblées de solidarité qui cherchent à soutenir les nombreuses personnes arrêtées. On compte parmi elles les 6 administrateurs de la page Facebook « Black Block Rio », accusées d’être les « leaders » du Black Block. Par ailleurs, il faut signaler que le 3 septembre, l’Assemblée Législative de Rio de Janeiro a voté une loi contre le port de la cagoule, selon laquelle quiconque se balade avec le visage masqué peut être arrêté et subir des conséquences pénales.

recife-1Dans la ville de Recife, la manifestation n’avait même pas commencé que les forces répressives ont commencé à charger. Arrestations, balles de caoutchouc, grenades de désencerclement, jusqu’à parvenir à disperser la foule. Pendant la chasse à l’homme, une banque a été défoncée. Le déploiement policier a été énorme : de nombreuses voitures et motos de patrouille, trois escadrons d’anti-émeutes, des unités du groupe d’opérations spéciales CORE, des hélicoptères et des soldats sur les trottoirs. Immédiatement, les manifestant-es se sont regroupés devant le commissariat de police Santo Amargo pour exiger la libération des détenu-es. Une manifestation pour le tarif zéro dans les transports publics est convoquée le 18 septembre.Compilation de récits parus sur le site brésilien Cumplicidade

Traduit de l’espagnol de Contrainfo par les Brèves du désordre

[Barcelone] Sabotage contre la société d’électricité ‘Endesa’

Contre le MAT et le monde qui en a besoin

Dans la nuit du 16 septembre, nous avons bouché les serrures du bureau d’Endesa dans le quartier ‘Gran Via‘ de Barcelone. Endesa est impliqué dans la construction de lignes électriques à très haute tension (MAT en espagnol) et d’autres lignes d’électricité à très haute tension qui dévaste le territoire, enrichie le progrès et la civilisation, et renforce la domination de l’Etat et du capitalisme.

Contre le MAT, le progrès et le monde qui en a besoin

Mort à l’Etat et à la civilisation

Source: Barcelona Indymedia, 17 septembre 2013

Traduction via Contrainfo

[Bourg-en-Bresse] Infos sur la mutinerie au centre de détention du 1er août dernier

Précisions sur la mutinerie au centre de détention de Bourg en Bresse le 1er aout

D’après des infos données par des prisonniers de la prison de Bourg en Bresse

Il y a eu plusieurs choses qui ont fait que c’est parti, des gouttes d’eau qui ont fait déborder le vase et un ras le bol général.

Poing_prisonIl y a un juge, le juge d’application des peines, tout le monde s’en plaint depuis des mois. Le juge SANTOURIAN. ( Il a aussi des collègues, médames PERRIN et BERTETTOT). Il n’accorde jamais ni aménagement de peines ni conditionnelle, ni permission de sortie. Il y a environ deux mois il y a une pétition signée par pas mal de détenus qui a été remise à la direction par rapport à ça.

Il y a un détenu qui a pris la haine parce que ce jour là sa permission de sortie a été refusée. Comme elles le sont régulièrement pour d’autres. Par exemple, il y a un détenu qui devait sortir dans un mois, et lors de sa dernière permission il est arrivé en retard. L’administration pénitentiaire a décidé, avec le juge, sans même le faire passer en commission disciplinaire, de retarder d’un mois supplémentaire sa date de sortie. Comme ça. Autre exemple, dans les journaux ils ont parlé au printemps d’un prisonnier de bourg qui a pris 6 mois fermes parce qu’il avait menacé de prendre en otage sa SPIP, Madame GBA DAMASSI qui ne foutait rien et bloquait ses possibilités de sortie. Les nerfs contre elle il a menacé de la prendre en otage, en demandant s’il fallait aller jusque là pour qu’elle se bouge. Il est passé en jugement au tribunal pour ça et il a pris 6 mois supplémentaires.

Bref, plein de gens sont remontés contre les services sociaux et les juges qui les laissent croupir ici à des moments où il y aurait des possibilités de sortie.

Et ce jour là encore en plus il y a eu cette histoire. La surveillante monitrice de sport, une vraie teigne, elle se fait appeler DIAMS son prénom c’est Marine. Elle cherche toujours les problèmes avec les détenus, personne peut la voir. Pourtant elle s’est déjà fait éclater par un prisonnier là où elle était avant. Elle vient chercher des détenus pour partir au sport, et refuse qu’on sorte avec nos short, malgré la chaleur étouffante qu’il a fait. C’était la goutte de trop, et ça a été le bordel dans l’étage.

Il y a eu des graffitis et des tags sur les murs, avec le nom du juge et l’inscription « hitler » à côté. Il y avait aussi le nom d’une surveillante. Des machines à laver ont été arrachées ce qui a provoqué des inondations jusqu’à l’étage du dessous. Des caméras de vidéo surveillance ont été détruite, des lampes arrachées… il y a eu pas mal de casse.

Puis ils ont fait intervenir les ERIS Il y a plusieurs personnes qui ont été mises au mitard, mais ils sont ressortis deux jours après. Trois personnes qui ont été transférés.

Là ils n’ont toujours pas fini de tout réparer. On a entendu dire qu’il y avait eu un blocage en solidarité à la maison d’arrêt de la Talaudière, ça fait plaisir.

……………….détruisons toutes les prisons.

Source: Indymedia Paris, 15 août 2013

[Rotterdam, Pays-Bas] Semaine ‘No Border’ du 2 au 10 août 2013

Le No Border Camp 2013 prend place à Rotterdam du 02 au 10 août. Le dernier jour, nous clôturerons le camp avec une grande manifestation à travers la ville ! Le No Border Camp a été organisé par un groupe de militants/tes liés/es au Réseau No Border aux Pays-Bas.

Qu’est-ce que le Réseau No Border ?

antifrontexLe Réseau No Border est un réseau d’organisations autonomes, de groupes et d’individus/es qui sont actifs/ves dans une partie du monde. Il y a également des groupes actifs en Europe. Le Réseau existe depuis 1999. Leur résistance se fait principalement sur l’organisation de No Border Camps, des manifestives, des actions directes, la mise en place de listes noires et de campagnes anti-expulsion.

Un aspect important du Réseau No Border est l’idée que la liberté de mouvement ne peut-être obtenue que dans un système anticapitaliste, à travers une base, un mouvement extra-parlementaire. L’autogestion, la décentralisation et l’autonomie sont des concepts cruciaux du No Border Camp. Le No border Camp n’accepte aucune forme de hiérarchie ou de pensée/agissement centraliste. Nous voulons faire des choses différentes dans la société ; ce No border Camp pourrait inspirer un mouvement allant en ce sens.

Précédents No Border Camps

Des No Border Camps ont été organisé en des lieux significatifs pour les migrants/tes en Europe depuis 2000. L’année dernière (2012) il y a eu des No Border Camps à Stockholm (avec un mouvement No Border puissant) et à Cologne (avec beaucoup d’actions de grévistes de la faim). Auparavant, il y a eu des camps à la frontière turco-grecque, la frontière Pologne-Ukraine, à Calais (où beaucoup de migrants/tes tentent de traverser la mer pour les Royaumes-Unis) et en 2010, un camp pris place à Bruxelles.

A l’été 2012, il y a eu une action à la mer Méditerranée pour attirer l’attention sur l’énorme quantité de migrants/tes qui coulèrent durant leur voyage vers l’Europe. En 2013 il y aura un autre voyage, et le projet Voices from the Borders ira à plusieurs pays de la Mer du Nord. Il commencera à Rotterdam le 03 août, où il rencontrera le No Border Camp. Les buts de ce voyage sont de montrer que les frontières européennes sont une violation des droits de l’homme et de la femme, et d’obtenir des discussions approfondies sur la situation politique et sur comment construire une résistance contre la politique migratoire européenne. Cette tournée débarquera aux ports néerlandais, belge et français et, après un mois, se terminera à Calais.

Vision

Le réseau No Border a constaté une tendance au durcissement en Europe des lois vis-à-vis des migrants. Toujours plus de politiciens veulent limiter l’immigration au minimum. Le réseau veut travailler avec les migrants et créer de fortes affinités pour protester contre le système des frontières.

Les militants du réseau No Border pensent que le capitalisme est l’une des causes principales des migrations forcées. Ainsi en 2013, il y a déjà plus de 40 millions de réfugiés/es, dont l’immense majorité fuient les guerres, les persécutions, la famine. La limitation des flux migratoire est un aspect important de la pensée capitaliste : les frontières sont seulement ouvertes pour les multinationales et pour les riches, alors que les gens qui sont dans le besoin sont sauvagement stoppés/es et réprimés/es.

Le No Border Camp 2013 de Rotterdam

En tant que militants/es du réseau No Border des Pays-Bas et organisateurs/trices du No Border Camp 2013, nous voulons exprimer notre entière solidarité avec tous/tes celles et ceux qui doivent endurer les conséquences des politiques migratoires, mais aussi avec celles et ceux qui résistent contre cet état de fait. En plus de ces pensées solidaires, qui nous semblent très importantes, nous pensons que nous, personnes privilégiées puisque ayant des papiers en règle, avons la responsabilité de combattre une politique qui peut sembler ne pas être dirigée contre nous. Nous devons continuer à lutter de manière collective ou individuelle contre les institutions ou les entreprises qui réalisent du profit avec l’industrie des expulsions.

Nous attendons de la part des participants du camp qu’elles/ils acceptent les points de vue politiques différents, les différentes tactiques d’action et les différents modes opératoires.

Les buts du No Border Camp 2013

Le but ultime du réseau est la liberté de mouvement pour toutes et tous, évidemment, l’abolition de toutes les frontières! Pour le No Border Camp, nous avons plusieurs buts particuliers :

  1. Attirer l’attention aux Pays-Bas sur la situation des migrants ici et en Europe. Depuis 2011, les migrants/es résistent publiquement contre les politiques migratoires, par exemple en montant des villages de tentes. Le No Border Camp supporte cette lutte.
  2. Le No Border Camp a l’intention de propager la résistance contre les politiques migratoires aux Pays-Bas et en Europe.
  3. Durant le No Border Camp, il y aura beaucoup d’espaces pour des discussions approfondies, des brainstormings, pour organiser des actions et faire des plans pour le futur.
  4. Pour attirer l’attention du public et de la presse sur la politique migratoire barbare de l’Europe.
  5. Pour prêter une attention toute particulière aux institutions responsables et aux entreprises faisant profits sur l’industrie de l’expulsion, avec la demande urgente de stopper la collaboration à l’exclusion, l’enfermement et l’expulsion des migrants/tes.

Nous encourageons fortement tous les groupes, organisations, individus/es à organiser des actions autonomes et autres initiatives pendant le No Border Camp!

Toutes les infos: nobordercamp.nl

[Seysses, 31] Communiqué sur la situation des détenues à la Maison d’Arrêt pour Femmes

ci joint, une version mise en page.

Contact presse : 07 53 33 86 80

« Nous, on ne peut rien faire du fond de notre cellule. Voilà pourquoi je vous demande de nous aider pour que nos conditions de détentions soient justes. » une détenue de la prison de Seysses 30 mai 2013

Nous avons reçu un cri d’alarme depuis le quartier des femmes de la prison de Seysses. C’est la seconde fois, en moins d’un mois, que nous recevons des courriers sur les mauvais traitements subis par les femmes dans cette maison d’arrêt. Ces informations nous sont transmises anonymement ce qui en soit témoigne de la peur qui règne dans la détention, les détenues craignant des sanctions. L’enfermement suffit à la peine il n’est pas besoin d’y rajouter brimades, refus de soin et violences. Combien de tels agissements sont-ils monnaie courante ? Deux femmes ont entamé une grève de la faim. Plusieurs autres ont refusé par solidarité de prendre leur plateaux repas malgré les pressions des gardiennes. L’une des grévistes, qui avait pris 25 jours de mitard après avoir été passée à tabac à deux reprises, a été transférée à Fresnes, mais le climat en détention reste le même.

Des habitant-e-s de Toulouse solidaires, le journal l’envolée, l’émission bruit de tôle, le Comité d’Autodéfense Juridique…

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MAF de Seysses,

le jeudi 30 mai 2013

Madame, Monsieur de la radio

Je viens à vous pour dénoncer les maltraitances que l’on subit à la MAF de Seysses, que ce soit en tant que spectatrice qu’en tant que persécutée. Tout d’abord, il y a 4-5 jours, une détenue basque espagnole que les surveillantes provoquent très souvent verbalement ! Donc notre collègue détenue Iti a demandé gentiment aux surveillantes de ne pas la tutoyer, que le respect doit être dans les deux sens, enfin voila le ton est monté et Iti a été passée à tabac, coups de pieds dans le ventre, etc. De là il l’ont jetée comme un chien au mitard (cellule disciplinaire). Il y fait très froid dans cette cellule, elle a réclamé une couverture et ils ne lui ont pas donné. Aussi, le lendemain Iti a été vue par le médecin à qui elle a fait part qu’elle était indisposée et qu’elle n’a rien, ni serviette ni papier toilette. Le médecin lui a donné de l’essuie-tout, ne serait-ce que pour l’hygiène, et en la remontant au mitard les surveillantes lui ont confisqué l’essuie tout. Iti a fait part de son mécontentement et, hélas, les surveillantes l’ont repassée à tabac. Résultat ils lui ont mis 25 jours de mitard dans des conditions inhumaines, sans hygiène, elle a froid, et pour faire valoir ses droits la pauvre Iti fait la grève de la faim avec une amie qui elle aussi fait une grève de la faim.

Et pour les détenues qui ont tout entendu ou qui ne sont tout simplement pas d’accord avec leur façon tortionnaire, les détenues qui font un refus de plateau (de prendre le manger aux heures de repas), les surveillantes nous font comprendre qu’on a pas intérêt, elle nous dissuadent en nous faisant comprendre qu’il vaut mieux pas s’en mêler.

Madame, monsieur de la radio il faut faire quelque chose et vous aussi chers auditeurs, auditrices, aidez-nous à ce que les choses changent. Les surveillantes se comportent pire que les détenues, elles nous mettent la pression, l’humiliation, elles jouent avec nous. Par exemple, hier, une maman était venue voir sa fille, et parce que cette vieille dame sonnait au portique à cause de son soutien-gorge – cette dame à même proposé d’enlever son soutien-gorge – malgré ça ils lui ont fait faire demi-tour et rentrer chez elle. Cette dame n’a pas de voiture, elle prend le bus, et la prison est à plus d’1h30 de la ville.

Il y a aussi une jeune yougoslave qui a fait une fausse couche et qui n’a pas eu les soins adéquats, il y a aussi une détenue qui a été fouillée abusivement, elle l’a ressenti comme un viol et cela trois fois dans une pièce différente en interrompant son parloir. Je peux citer beaucoup d’autres abus. Nous sommes des détenues, pas animaux ! Il faut sincèrement que l’on nous aide. Nous, on ne peut rien faire du fond de notre cellule. Voilà pourquoi je vous demande de nous aider pour que nos conditions de détentions soient justes.

Merci de m’avoir écouté, j’espère que ma lettre va pouvoir nous aider grâce à vous.

Merci.

Transmis par mail, 8 juin 2013

Appel des prisonnières début mai 2013 (cliquer sur l'affiche pour l'agrandir)

Appel des prisonnières début mai 2013 (cliquer sur l’affiche pour l’agrandir)

[Turquie] Nouvelles de la lutte et des émeutes en cours

Le premier juin nous étions à Taksim vers 15h. Après les affrontements qui avaient commencé le matin la police a dû quitter la zone. Les flics ont disparu pendant des heures. Durant deux heures il n’y avait de présence policière dans aucune zone du centre d’Istanbul. Les gens ont occupé la place Taksim et le parc Gezi. Il y avait beaucoup de gens. Tout le parc, la place et les routes qui y menaient étaient pleines de monde. Toutes les barrières de construction qui fermaient la partie ouest du parc ont été détruites par les manifestants. Des barrières de sécurité ont été enlevées et jetées sur la route qui mène au tunnel souterrain récemment construit. Ces barrières ont aussi été utilisées pour les barricades. Le QG de la police qui est au sud du parc qui domine la place a été brûlé et le véhicule anti-émeute laissé là par la police a aussi été détruit. Une voiture de police au même endroit a été retournée et détruite aussi. Ça débordait de joie du côté des manifestants et certains se prenaient en photo devant les voitures et immeubles détruits. Au nord du parc il y a l’hôtel Hyatt Regency et dans le jardin de l’entrée une voiture de police a été jetée dans la piscine. Quatre bus publics abandonnés à un carrefour proche ont aussi été détruits.

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Vers 6h nous avons appris par nos compagnon-ne-s que des affrontements avaient commencé à Beşiktaş, où se trouvent les bureaux et la maison de Tayyip Erdogan. Des gens attaquaient les lieux depuis quatre directions : depuis la place Beşiktaş (à l’est), la rue Dolmabahçe (à l’ouest), Akaretler (nord-ouest) et la rue Ortabahçe (au nord). La police était coincée là-bas avec quatre chars lance-eau et environ 150 policiers à l’entrée de la rue Hayrettin İskelesi. Dans toutes les directions se dressaient des barricades. Après quelques heures la police a pu pousser les gens et se déployer. De nouvelles barricades étaient aussi dressées dans la rue Mumcu Bakka et la rue Süleyman Seba pour empêcher la police d’entrer dans le Çarşı, qui est le bazar de Beşiktaş où traÏnent les gens. La police a utilisé des balles de caoutchouc lorsque les attaques des manifestants s’intensifiaient. Au milieu de la nuit (du 1er au 2 juin) la police se préparait à attaquer de nouveau l’occupation du parc Gezi. Malgré ça les gens dans le parc ont cramé les engins de construction. Les affrontements ont continué jusqu’à 1:30 du matin (02/06). La police a définitivement utilisé de manière excessive les bombes lacrymogènes pour disperser la foule, ce qui a obligé les manifestants à quitter les barricades pour se réfugier dans les magasins et bars environnant, ou à se regrouper dans des rues intérieurs de Beşiktaş. À ce moment là nous avons appris que la police rassemblait ses forces pour attaquer le parc Gezi.

Pendant ce temps à Taksim d’énormes barricades ont été construites sur les routes et les rues tout autour de la place et du parc Gezi durant toute la nuit. Des bus, des voitures, du matériel de construction, des barrières de police, des poubelles etc … étaient utilisés pour monter les barricades.

Le 2 juin, à peu près 30,000 personnes étaient rassemblées à Taksim vers 14h30. Un tract du parc Gezi disait : « Iktidar hayatı hedef aldığında, hayat direniş olur / Lorsque le pouvoir met en danger la vie, la vie devient résistance ».

Sur les places où nous avons été, à Istanbul, de nombreux manifestants hésitaient à s’attaquer à des cibles capitalistes, précaution contre de possibles manipulations médiatiques. En dehors des caméras de surveillance sabotées, nous avons vu qu’un seul DAB abîmé. Nous avons bougé de nombreux véhicules pour les utiliser comme barricades mais nous ne les avons pas abîmé (au moins pas délibérément). En gros les principales cibles dans ces affrontements ce sont les flics. Mais à İzmir par exemple nous savons que des manifestants ont attaqué une banque et un Starbucks, parmi d’autres.

À plusieurs reprises des policiers ont attiré plusieurs personnes vers des rues où elles ne devaient pas aller, et les ont arrêté. Ce jour-là,  à Istanbul, toutes les personnes détenues à Taksim et Beşiktaş semblent toutes avoir été libérées. Près de 80 d’entre elles ont été emmenées au palais de justice et libérées par le procureur, alors que près de 100 d’entre elles ont été libérées sans être passées devant le procureur.

Voiture de flic retournée

Voiture de flic retournée

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Les affrontements ont commencé à Beşiktaş aux alentours de 18 heures, et des barricades ont été encore une fois construites le long des rues de ce quartier. La force et la brutalité policière était beaucoup plus importantes que la veille. Après quelques heures, la police a utilisé une quantité excessive de gaz lacrymogène et repoussé la foule à l’intérieur des rues. Ils ont jeté des grenades lacrymogènes à l’intérieur des rues et chassé les manifestants qui fuyaient. Ils ont également visé des maisons, des magasins et des cafés. Les résidents et les propriétaires de magasins étaient complètement solidaires des manifestants et ils ont ouvert leurs maisons et leurs portes aux manifestants qui tentaient d’échapper à la police. Les services de santé ont été fournies à plusieurs endroits secrets. Les affrontements ont diminué après 01h00, mais ont continué jusqu’à 5h du matin. À un certain moment dans la nuit, à proximité du stade Inönü dans le quartier de Beşiktaş, les émeutiers ont repris une pelleteuse et l’ont utilisé pour chasser un véhicule anti-émeute. A 3 heures du matin il y avait une attaque massive de la police à nouveau, et cette fois ils ont arrêtés de nombreuses personnes.

Pour ajouter encore quelques slogans entendus dans les rues: «Tayyip’in piçleri, yıldıramaz bizleri / bâtards de Tayyip (flics), vous ne pouvez pas nous effrayer», «bu Daha Baslangic, mücadeleye devam / ce n’est que le début, continuons la lutte» mais aussi «hepimiz Mustafa Kemal’in askerleriyiz / nous sommes tous des soldats de Mustafa Kemal “(malheureusement très souvent scandé par des patriotes / kémalistes et autres).

En fin de soirée du 2 Juin, beaucoup ont estimé qu’il devait y avoir jusqu’à 1700 arrestations sur les 235 manifestations organisées dans 67 villes dans toute la Turquie. Plus de 900 personnes auraient été arrêtées à Ankara (la plupart d’entre elles arrêtées dans un stade municipal). En effet, les manifestations se sont propagées dans de nombreuses villes. Izmir a également été en feu, et Ankara a vu des affrontements prolongés depuis quelques jours. À Ankara, il semble que la police ait utilisée des balles réelles (vidéo du moment où un jeune homme est touché à la tête par les flics).

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Il y a une grave pénurie de sang dans les hôpitaux locaux en raison des centaines de blessés et des interventions chirurgicales ont besoin d’être faites, donc les émeutiers invitent les gens à faire des dons de sang.

Heureusement, la jeune femme qui a reçu une balle dans la tête par une bombe de gaz le 31 mai n’est pas morte. Au cours de la nuit du 2 Juin, nous avons appris qu’elle est capable de bouger sa main, mais elle est toujours inconsciente, son crâne est fendu.

Il est bien entendu très difficile d’être au courant de tous les actes de révolte et des situations de répression à travers le territoire contrôlé par l’État turc. En outre, nous n’avons pas une idée bien claire sur la présence des merdes nationalistes dans les différents rassemblements. En ce qui concerne les agents de police, ils ont largement utilisé des balles en caoutchouc, toutes sortes de gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes, ont attaqué avec des matraques,  avec des canons à eau et des armes à feu réelles à plusieurs reprises. De plus, le gouvernement turc a déployé un nombre toujours croissant de forces anti-émeutes et déployé des voyous et des policiers en civil para-étatiques dans les rues. La violence de la police peut largement se constater sur une vidéo du 01 juin,  avec encore un autre manifestant frappé par un blindé de la police. Regardez ce gazage directement dans une maison par une fenêtre. Vous pouvez aussi voir Delilim var («J’ai des preuves») pour plus d’infos sur la brutalité policière.

Selon ce blog photo-reportage, «le liquide orange / rouge a été confirmé par plusieurs sources comme étant du CS mélangé avec de la peinture orange ou rouge (différent selon les zones de la ville) afin de marquer les manifestants pour une identification ultérieure. Il convient de préciser que ce n’était pas de l’agent orange, une rumeur qui a été répandue. L’agent orange est incolore.

Le liquide qu’ils lancent avec des canons à eau est parfois jaunâtre et parfois de couleur rougeâtre. Le jaune a les mêmes effets que les gaz lacrymogènes et ça donne l’impression que la peau brûle.

Cependant, les manifestants résistent et ripostent (voir par exemple la vidéo où quelques-uns lors d’une contre-attaque spontanée confisquent des boucliers de la police).

Compte-rendu depuis Beşiktaş et Taksim du lundi 3 juin

Le matin après deux jours de lourds affrontements la présence policière à Beşiktaş était énorme. Ils se trouvaient dans le parc  Abbasağa et à Dolmabahçe en grand nombre et autour de la place Beşiktaş en plus petits groupes. L’après-midi j’ai vu des lycéens habillés de noirs (pour montrer leur solidarité avec la lutte du parc Gezi) se rassembler à l’entrée de Çarşı. Ils scandaient des slogans. La police s’est tenu à l’écart. Vers 09h du matin des gens dans les maisons des environs se sont mis à leurs fenêtres et ont commencé une casserolada. Ça a duré une demi-heure. [au moment où j’écris ça [04/06, 20h55) ça a recommencé. Les gens dans la rue crient et tapent sur le mobilier urbain, dans les maisons tapent sur leurs casseroles, et  klaxonnent depuis leurs voitures].

Des milliers de personnes se sont à nouveau rassemblées à Taksim au 6ème jour d’occupation du parc Taksim Gezi. Les forces de police étaient sur la route Dolmabahçe Gazhane, à l’est du stade İnönü. Les révoltés dans la rue İnönü (Gümüşsuyu) ont construit de nouvelles barricades tout le long du chemin vers le stade. Il y avait 7 ou 8 barricades tout le long de la route. Des affrontements dans cette rue ont continué durant des heures, commençant le soir et se terminant tard dans la nuit. Bien évidemment la police a utilisé de nouveau des lacrymogènes. Mais cette fois c’était beaucoup plus fort et dense parce que même les gens qui étaient loin ont été affectés par les effets des bombes lacrymogènes.

Il y avait beaucoup de flics en civil autour de nous à Taksim. Certains grimpaient sur les plus hautes barricades et criaient ” nos compagnons ont besoin d’aide là-bas, nous devons construire une nouvelle barricade là-bas” ou “un médecin, nous avons besoin d’un médecin là-bas”. Ils ont essayé de faire en sorte que les gens traversent les barricades pour les diriger vers la police. Malheureusement certaines personnes et médecins les ont cru malgré nos avertissements et ont traversé les barricades et ne sont pas revenus. La police n’était pas capable d’approcher la zone que nous occupions. Les barricades construites sont solides et grandes. Mais il ont jeté une quantité excessive de gaz lacrymogène depuis l’endroit où ils sont. Ces lacrymogènes ne pouvaient atteindre le côté de la barricade où nous étions mais un énorme nuage de fumée se dirigeait vers le parc Gezi. Les flics en civil ont essayé de semer la panique au parc Gezi et ont fait que certaines personnes ont fui les lieux. Une bombe lacrymogène est tombée dans la pelouse entre la rue Asker Ocağı et Prof Dr Bedri Karafakioğlu et a mis le feu à un arbre. Deux personnes des barricades ont sauté dans la pelouse pour éteindre le feu. Ensuite à l’aube nous avons vu venir de l’est un nuage de fumée venir. Quelque chose brûlait là-bas, mais je ne sais pas ce que c’était. Beaucoup de personnes sont restées jusqu’au matin.

Contrairement aux deux jours précédents il n’y a pas eu d’affrontements à Beşiktaş à part quelques événements mineurs. Les personnes de Beşiktaş sont allées à Taksim et se sont joint aux actes de révolte là-bas.

L’occupation continue. En Turquie il y a peu d’expérience de révolte et d’occupation. Mais maintenant grâce à ces brutes de flics nous apprenons très vite.

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Des rassemblements de solidarité ont eu lieu partout dans le monde, à travers l’Allemagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, Espagne, France, Grèce, à Chypre, de New York à Buenos Aires …

Banderole sur l’île de Lesbos (en face de la côte Turque) : « Solidarité avec les rebelles en Turquie »

Banderole sur l’île de Lesbos (en face de la côte Turque) : « Solidarité avec les rebelles en Turquie »

Voici quelques slogans scandés dans la ville de Ioannina (Grèce, le 02/06) lors d’un rassemblement de solidarité: «En Grèce,  en Turquie, en Albanie, l’ennemi ce sont les banques et les ministères. / En Suède, en Grèce, en Turquie, les émeutes se transforment en réalité, elles ne sont pas une utopie. / Places de Turquie, montagnes du Mexique, les révoltes vont bientôt éclater partout. / Pour nous, les frontières ne signifient rien; écrasons le fascisme en Grèce comme en Turquie. / Que ce soit en Grèce ou en Turquie, les escadrons anti-émeutes et la stratocratie sont une seule et même chose. / Ni par la police ni par l’armée, Taksim ne deviendra pas un centre commercial. / La révolte n’éclate pas seulement pour un parc; les projectiles ne peuvent pas tuer la liberté. / la révolte éclatera sur chaque place, la liberté ne peut pas être tuée par balles ».

Pendant ce temps, en Grèce, Bulut Yayla (24 ans et réfugié politique de Turquie) a été littéralement kidnappé à Athènes par des agents de police et les services secrets, et il est actuellement maintenu en détention au département anti-terroriste d’Istanbul. Obtenez tous les détails en anglais ici (en grec ici).

Vous pouvez envoyer des tracts originaux, des affiches ou des textes provenant des émeutes en Turquie, si vous en avez, à contrainfo [at] espiv.net. Les fichiers peuvent également être envoyés à différentes groupes anarchistes que vous connaissez  peut-être, pour être imprimés et collés sur les murs d’autres villes.

VOIR LA VIDEO

VOIR LA VIDEO

  • Des traductions approximatives de nouvelles en direct de Turquie sont postées sur  linksunten, sur le même site ils ont aussi  besoin de traductrices/traducteurs.
  • Plus d’infos/liens : 1234

Traduction Contra-infoLe Chat Noir Emeutier, 4 juin 2013