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[Nantes/NDdL] Appels en solidarité avec les inculpé-es de la manif du 22 février anti-aéroport (Rassemblement vendredi 27 juin devant le palais de justice)

Répression du mouvement de lutte
contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes

Quelques éléments sur les procédures judiciaires en cours

la-zad-est-partoutDepuis le 22 février 2014, au moins 22 personnes ont été arrêtées, accusées d’avoir participé à la manifestation anti-aéroport, pro-zad, organisée à Nantes ce jour-là. Certaines l’ont été le jour même, d’autres un mois après, et les suivantes au compte-goutte, chez elles, dans la rue, sur leurs lieux de travail. Plusieurs ont été incarcérées, notamment en détention provisoire.

Tous ces inculpés ont été déférés devant le juge en Comparution Immédiate, procédure d’urgence, la plus répressive. Comme s’il fallait évacuer par le biais de l’urgence et d’arrestations individuelles la publicité sur ces enquêtes inabouties. Comme si on cherchait à éviter de se trouver en prise avec un mouvement massif, qui a réuni jusqu’à 50 000 personnes dans les rues de Nantes. Sans parler des dizaines de collectifs qui s’organisent dans et autour de la zad depuis plusieurs années.

Les dossiers utilisés pour ces jugements font apparaître clairement l’intervention des services de renseignement dans l’identification et le profilage des personnes arrêtées. En fait ils reposent essentiellement sur des photographies obscures, floues, de personnes masquées. Ici, contrairement aux enquêtes ordinaires, il semble que les photographies viennent appuyer a posteriori le profilage réalisé par la DGSI (ex-DCRI).

Lors d’un récent procès, la position du parquet fut la suivante : dans les dossiers portant sur la manifestation, il n’y aura pas d’autres preuves que ces photographies litigieuses, pas d’autres éléments d’enquête que ceux, implicites, du renseignement. La juge a donc été sommée de faire un choix partisan : se soumettre au dictat du ministère de l’intérieur pour tous les dossiers, sans jamais prendre en compte les arguments de la défense. Elle est ainsi placée devant un chantage évacuant sa capacité d’appréciation objective.

D’autre part, les dossiers d’enquête mettent en lumière les pratiques de fichage systématique dont font objet les opposants au projet d’aéroport notamment par la cellule nantaise de la DGSI. Ils démontrent l’étroite collaboration entre la police politique et la police judiciaire, ce qui permet aux pouvoirs publics de voiler au regard de la défense et des citoyens les éléments de l’enquête nécessaires à l’élaboration de la défense de tout justiciable, présumé innocent. Ces pratiques de fichage systématique entrainent ainsi une criminalisation de fait de tous les militants anti-aéroport, susceptibles d’être arrêtés et incarcérés sans autres éléments, que ceux de la DGSI, contre lesquels ils seront sans défense. Elles viennent nourrir les questionnements plus larges ouverts aujourd’hui, sur la généralisation de la surveillance et les difficultés d’accès au dossier d’inculpation.

Il va de soi que ce mouvement est accompagné d’une croissance exponentielle du fichage des militants et sympathisants. Ce phénomène s’illustre notamment par leur capture vidéo ou photo en toute occasion, comme par exemple lors de l’expulsion de la “maison de la zad” le 20 juin dernier.

Et pour la première fois, il s’agit d’un fichage à usage directement répressif : il n’est plus seulement une menace distante dans le temps. Il pourrait s’agir d’une accélération de la transformation des services de renseignement, d’une instance de dialogue social en une instance répressive, telle qu’on a pu l’observer depuis la création de la DCRI.

Pour autant nous n’ignorons pas que le type d’opération menée ces derniers mois contre le mouvement de la zad cherche à provoquer parmi toutes ses composantes la crainte et la dissociation en discriminant coupables et innocents, militants légitimes et illégitimes. Ceci quand bien même les porte-paroles de tous les collectifs, formels et informels, ont réaffirmé au lendemain de la manifestation la solidarité qui a fait jusqu’à présent le succès et le caractère unique de cette lutte.

Nous appelons toute personne ou collectif, à se renseigner, enquêter, diffuser les informations afin que ces méthodes puissent être contrôlées et contestées, car nous sommes tous concernés.

À vous de jouer.

[email protected]

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ZAD – La solidarité : une « association de malfaiteurs »
Compte-rendu depuis la journée de procès du 19 juin

Suite à la manifestation du 22 février à Nantes contre les menaces d’expulsion de la zad et de démarrage des travaux de l’aéroport, nous faisons face à une campagne continue d’arrestations. Fait nouveau dans ce pays, ces arrestations se font en majorité a posteriori, sur des bases d’images vidéos, d’appels à délations et de croisements avec des fichiers politiques.

La manifestation du 22 février avait regroupé plus de 50 000 personnes et 500 tracteurs. Son parcours avait été prohibé, au dernier moment, par le Préfet. Mais des milliers de personnes ont décidé de braver la zone rouge et se sont, de fait, mises ainsi dans l’illégalité. Le jour même la répression policière, à coup de gaz, grenades et flashballs, a été particulièrement féroce. 3 personnes y ont perdu l’usage d’un œil. Dans les semaines qui ont suivi la manifestation, une campagne politico-médiatique de diabolisation s’était mise en œuvre, sans succès, pour diviser et fragiliser le mouvement. Au final le gouvernement n’a eu d’autre choix que de mettre le projet d’aéroport en stand-by pour une durée indéterminée et peut-être à jamais.

Mais 4 mois après, l’État continue à se venger de cet affront, sur le plan judiciaire : en isolant des personnes et groupes qu’il incarcère pour distiller la peur au plus grand nombre. Une vingtaine de personnes arrêtées dans les semaines et mois qui ont suivi la manif’ sont déjà passées en jugement. Une d’entre elles a été condamnée à un an de prison ferme pour avoir fabriqué et utilisé des fumigènes. Le 17 mai, une manifestation de soutien aux inculpé-e-s et blessé-e-s regroupait plus de 1500 manifestants à Nantes.

Depuis, la machine continue de s’accélérer. Le 19 juin, quatre personnes ont été condamnées pour participation à un attroupement armé, jet de canette ou encore simple possession d’un marteau pendant la manifestation. Trois personnes vont comparaître dans les semaines à venir pour des faits liés au 22 février.

Dans chacun de ces procès, les dossiers ne comportent que de simples photographies floues qui montrent des personnes masquées que l’on a bien du mal à reconnaître. Et les inculpé-e-s se voient condamner sur la base de leurs aveux, obtenus sous la pression de la garde-à-vue. L’un des accusé-e-s, contestant les faits qui lui sont reprochés, vient d’être condamné à 9 mois de sursis et 4500 euros d’amende sur la base de simples photos litigieuses. La juge a appliqué à la lettre les réquisitions de la procureur, qui avait reconnu à demi-mot que le dossier était vide, mais avait placé la décision sur un plan politique : en l’absence de preuves plus probantes, la juge devait prendre parti malgré tout entre le ministère public et la défense. Ajoutant que concernant le 22 février, il n’y aurait jamais de preuves plus solides et qu’il faut donc les accepter comme telles si l’on veut pouvoir trouver des coupables.

Une telle affirmation confirme que le rôle de tous ces procès n’est pas de punir des faits commis, que le parquet aurait besoin de démontrer, mais bien d’exercer sur la zad une pression assumée comme telle. Après le succès du 22 février, l’impossibilité d’expulser la ferme nouvellement occupée à Saint-Jean du tertre et d’empêcher l’acheminement et la construction d’un nouveau hangar au rosier, l’État se venge comme il peut face à un mouvement qui ne cesse de monter en puissance. Pour paralyser la contestation, il vise tout d’abord à faire accepter la mis en place de nouveaux dispositifs répressifs. Ceux-ci nous concernent tous et toutes car ils menacent les possibilités de lutte en général, en allant même jusqu’à s’attaquer aux manifestations de soutiens et d’amitié aux inculpés. En effet, quatre personnes se voient accusées, sous prétexte de la présence dans leur voiture d’affiches d’appel au rassemblement du 19 et du 27 juin ainsi que d’une boîte à outils, d’« association de malfaiteur », en l’occurrence « entente établie en vue de commettre un rassemblement armé devant le tribunal de Nantes ».

Nous ne nous laisserons pas gagner par la peur. Le 19 juin, deux cents personnes se sont rassemblées malgré tout devant le tribunal de Nantes. Le soir même, une maison de la zad s’est ouverte dans Nantes.

Plus que jamais, une solidarité massive doit se construire à l’échelle du mouvement contre l’aéroport et bien au-delà. Le prochain moment pour l’exprimer sera le 27 juin, de nouveau devant le tribunal de Nantes et partout ailleurs où des rassemblements et actions pourront s’organiser.

Des manifestant-e-s du 22 février, des occupant-e-s de la zad, des collectifs et personnes en lutte.

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2-466e4Reçu par mail, 24 janvier 2014

[Nantes] Quatre nouvelles condamnations suite à la manif du 22 février contre l’aéroport – 19 juin 2014

Ces six nouvelles arrestations ce mercredi 18 juin sont en lien avec la manif émeutière du 22 février contre l’aéroport à Nantes. Les personnes interpellées, dont deux sont originaires de Rennes, ont été transférées au commissariat Waldeck-Rousseau de Nantes. Un deuxième rassemblement en solidarité avec les inculpé-es a été organisé devant le commisssariat W-R de Nantes ce jeudi 19 juin à partir de 14h00. 

Les comparutions immédiates ont été rapportées dans la presse locale:

Au final, quatre personnes (trois hommes et une femme de 21 à 33 ans) ont été condamnées de 1 à 9 mois de prison avec sursis et 4 455 euros de dommages et intérêts à payer à la Ville de Nantes en réparation de dégradations faites sur la façade de l’hôtel de ville. Un des émeutiers rennais a écopé de 9 mois avec sursis (un mois de sursis en plus pour refus de prélèvement ADN). Tou-te-s comparaissaient aussi pour violence contre les policiers et participation à un attroupement armé

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Indymedia nantes, 18/06/2014 à 23h53:

Beaucoup d’informations ont circulé toute la journée mentionnant 6 arrestations.

Ce qui est sûr c’est qu’une nouvelle personne a été arrêtée ce matin à son domicile à Rennes, puis enmenée à Nantes pour être interrogée. Visiblement ce serait dans le cadre du 22 février.

Concernant les 5 autres personnes en garde-à-vue, rien ne laisse penser que c’est en lien avec la manifestation du 22.

La répression continue et n’est pas prête de s’arrêter!

Demain grande journée de soutien aux inculpé-e-s.
Rdv devant le tribunal (TGI) de Nantes à 14h.
Deux personnes passent en procès pour la manif, puis il est possible que certaines de ces 6 personnes passent en comparution immédiate.

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Depuis cette journée d’émeutes du 22, plusieurs arrestations ont eu lieu à Nantes (dont de la prison ferme), Paris et Rennes.

[Genève] Le consulat italien attaqué à la peinture en solidarité – 5 juin 2014

Le Consulat Italien de Genève attaqué à la peinture

Après ceux de Lyon, Grenoble et Chambéry, voici le tour du Consulat Italien de Genève de se faire asperger de peinture en solidarité avec les NO TAV (le mouvement de protestation contre le projet de train à grande vitesse Lyon-Turin) emprisonéEs en Italie.

L’action effectué la nuit du 6 juin n’a toujours pas été revendiquée.

NO TAV! CLAUDIO, NICO, CHIARA, MATTIA LIBERE!

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Reformulé depuis leur presse (05/06/2014) par le RAGE

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Les «NO TAV» s’attaquent au consulat italien de Genève

Des tags de protestation contre le projet de train à grande vitesse Lyon-Turin tapissent le bâtiment du quartier des Tranchées.

La nuit a été mouvementée pour le consulat général d’Italie, à la rue Charles-Galland, dans le quartier des Tranchées. Au réveil, des inscriptions figuraient sur sa façade : d’un côté, des inscriptions NO TAV – le mouvement de protestation contre le projet de train à grande vitesse Lyon-Turin – demandant la libération de militants. De l’autre, les murs et les fenêtres ont été abondamment aspergés à la peinture noire.

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Leur presse – TDG (Luca Di Stefano), 05/06/2014 à 10h31

[Rennes] Tags contre le nucléaire et son monde – 2 juin 2014

Bure 365, c’est parti!

En cette nuit du 1er juin 2014, à l’appel de l’Assemblée anti-nucléaire du Grand Est, débute une campagne d’actions d’un an, et plus si affinités, contre CIGEO (le centre de stockage « réversible » de déchets radioactifs en Meuse, Haute-Marne).

Si le centre d’enfouissement de Bure reste inconnu du grand public, la gestion des déchets nucléaires impacte l’ensemble de la population. Aussi, dans plusieurs villes en France, s’organisent des actions contre le nucléaire et son monde : EDF, AREVA, l’Etat, le Parti Socialiste et toute la clique dirigeante pro-nucléaire. C’est pourquoi, cette nuit à Rennes, le centre régional EDF, la boutique EDF, la préfecture de région et le local du Parti Socialiste ont été la cible de notre colère.

Bloquer CIGEO c’est désamorcer la machine atomique et forcer l’arrêt du nucléaire en France.

Notre lutte n’est pas réversible, CIGEO va se faire enfouir !
« Ce n’est que le début d’une longue série »

Riri, Fifi (Loulou avait piscine).

http://nocigeo.noblogs.org via indy nantes, 2 juin 2014

[Lyon/Grenoble/Chambéry] Consulats d’Italie attaqués en solidarité avec les compagnon-es No TAV en procès – 22 mai 2014

Le consulat d’Italie visé par les anti Lyon-Turin

La façade a été taguée et de l’huile et du goudron ont été renversés sur le bâtiment du 6e arrondissement de Lyon, 5 rue du Commandant Faurax.

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L’inscription « No TAV Liberi » est encore visible ce jeudi midi alors que les dégradations ont été commises la nuit dernière. Cette action a probablement un lien avec le procès d’opposants au projet de TGV entre Lyon et Turin qui se déroule en ce moment en Italie. Les consulats italiens de Grenoble et de Chambéry ont également été la cible des « No TAV ».

A Lyon, une enquête a été ouverte, et les images des caméra de videosurveillance devraient être exploitées pour tenter de retrouver les auteurs de ce tag.

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Leur presse – Lyonmag.fr, 22/05/2014 à 13h33

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Grenoble : les « No Tav » taguent le consulat d’Italie

La façade du consulat d’Italie à Grenoble, situé 15 cours Jean-Jaurès, a été taguée et aspergée de peinture dans la nuit de mercredi à jeudi. Les inscriptions apposées sur la porte demandent la libération de plusieurs activistes du mouvement dit des « No Tav », ces opposants à la construction de la ligne ferroviaire Lyon-Turin. Ces quatre personnes sont actuellement détenues en Italie pour avoir participé, il y a un an, à l’attaque d’un chantier de la ligne TGV et doivent être jugées aujourd’hui.

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Leur presse – ledaubé.com, le 22/05/2014 à 09h43

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CHAMBERY Des tags signés No Tav sur l’ancien consulat italien

C’est dans ce bâtiment que les Italiens de Savoie voteront pour les Européennes.

Un acte de vandalisme symbolique sans doute, perpétré la veille de l’ouverture du scrutin européen pour les Italiens de l’étranger. Des tags et déversements de peinture ou de goudron portant la signature “No Tav “-mouvement des opposants au projet ferroviaire Lyon-Turin- tapissent depuis hier les façades de l’ancien consulat d’Italie de Chambéry. Là où les Italiens de Savoie sont invités à voter vendredi et samedi pour leurs candidats italiens.

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Leur presse – ledaubé.com, le 22/05/2014 à 21h18

[Suisse] Actualisation sur la situation du prisonnier anarchiste Marco Camenisch

Depuis le 15 ou 16 mai 2014, Marco a été maintenu en isolement pendant 5 jours à la prison de Lenzburg en Suisse, parce qu’il a refusé de donner un échantillon d’urine.

Le 23 mai, il sera transféré à l’établissement pénitenciaire Bostadel. Nous ne savons pas si son transfert a été ordonné parce qu’il a de nouveau refusé de donner un échantillon d’urine ou si ce transfert était prévu à l’avance.

L’incarcération de Marco doit prendre fin le 8 mai de l’année 2018. Sa libération anticipée (« libération conditionnelle ») a été rejetée en raison de la « propension chronique à la violence » et « d’idéologie promouvant la délinquance » entre autres.

Marco Camenisch

Strafanstalt Bostadel

Postfach 38, CH-6313 Menzingen, Schweiz/Switzerland

Tel. +41 41 757 1919, Fax +41 41 757 1900

Marco libre !

Traduit de l’allemand de contrainfo, 20 mai 2014

[Nantes] Appel à manif et actions décentralisées contre la répression de la lutte anti-aéroport samedi 17 mai

Voir l'appel

Voir l’appel

L’appel en anglais

[Besançon] Solidarité No TAV – 10 mai 2014

Besançon, 10 mai 2014

Tôt dans la matinée, quelques slogans et pochoirs contre la grande vitesse ont été tagués dans le centre-ville et à proximité du passage de la gare Viotte TGV, qui est en plein processus de rénovation et donc d’aseptisation. Cette petit action a été faite en complicité avec les quatre compagnon-nes No TAV incarcéré-es en Italie pour l’attaque du chantier de la grande vitesse Lyon-Turin – dont le procès s’ouvre le 22 mai prochain à Turin – et en solidarité avec celles et ceux qui luttent dans la Val Susa et qui ont manifesté ce même jour dans les rues de Turin contre leur projet dévastateur.

Liberté  pour Chiara, Claudio, Niccolo, Mattia et tous les prisonniers !

"Etat terroriste" [tr.de l'italien]

« Etat terroriste » [tr.de l’italien]

"tous libres" [tr.de l'italien]

« tous libres » [tr.de l’italien]

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Sur les murs de l'église de la Madeleine, dans le quartier Battant

Sur le mur de l’église de la Madeleine, dans le quartier Battant

Transmis par mail, 11/05/2014

[Pise, Italie] Manif antinucléaire et perquisitions

[Depuis octobre 2013 a commencé le démantèlement du réacteur nucléaire militaire expérimental du CISAM (Centro Interforze Studi Applicazioni Militari, soit Centre Interarmée de recherches en applications militaires), démantèlement qui inclut le rejet de déchets radioactifs dans le canal Navicelli (entre Pise et Livourne), qui débouche sur la Mer Méditerranée. Les déversements d’eaux (radioactives) de refroidissement de l’ex-réacteur ont continué les mois suivants et devraient finir en mai 2014.

Le 3 mai s’est déroulée une manifestation de 200 personnes organisée à Pise par des compagnons et camarades, après des mois d’agitation. Le 8 pages distribué avant la manif faisait bien sûr aussi référence à Marco Camenish et les sabotages explosifs antinucléaires en Suisse de la fin des années 70, et à Alfredo et Nicola, qui ont jambisé un responsable de l’industrie nucléaire en mai 2012 (ils ont pris 10 ans et 9 ans de taule en novembre dernier).

Quelques jours après, le 7 mai, a eu lieu la troisième série de perquisitions et mises en examen à Pise, cette fois au prétexte des dizaines de distributeurs de billets (et aussi l’école d’ingénieurs Sant’Anna) qui ont reçu de la peinture, des câbles de caméras de vidéosurveillance sectionnés, et des tags effectués pendant la manif.]

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Contre la mort nucléaire !
Non à l’eau radioactive !
Non à la militarisation du territoire !
Solidarité révolutionnaire avec les rebelles !

750 000 litres d’eau radioactive déversés dans le canal du navicelli pour mettre fin au caprice nucléariste d’une bande de militaires et de chercheurs qui, avec la complicité de l’administration municipale, de l’Arpat et autres institutions empoisonnent les territoires de manière toujours plus irrémédiable en les détruisant, avec tous les êtres vivants qui y habitent. La filière nucléaire est nuisible à toutes ses étapes. Tous le savaient, et pourtant ils ont voulu emprunter cette voie sans issue, sans penser aux conséquences, comptant sur l’apathie de la population. Nous ne voulons pas chercher de solution aux problèmes créés par ces scientifiques. Ils les trouveront eux, quand ils seront acculés par la détermination d’une opposition large et sans compromis.

Manifestation à Pise le 3 mai à 15h, piazza Sant’Antonio.

Traduit de l’italien de informa-azione, Sab, 12/04/2014 – 11:57

photos de la manif du 3 mai:

Nucleare: anarchici in corteo a Pisa, vandalismi e proteste pise2 pise3 pise4 pise5 pise6

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Pise : troisième perquisition contre les compagnons du « Garage Anarchico »

On apprend qu’aux premières heures de ce matin 7 mai, la Digos a perquisitionné plusieurs domiciles et le lieu « Garage anarchico » de Pise, plaçant sous séquestre ordinateurs, téléphones portables, papier, bombes de peinture, peinture, lampes frontales… et mettant cinq compagnons en examen pour dégradations aggravées et tags, à propos de certains actes qui se sont déroulés lors de la manifestation contre le nucléaire de samedi 3 mai.

Il est évident que les compagnons actifs dans la contre-information et l’opposition à la contamination nucléaire de la région de Pise et Livourne dérangent ceux qui voudraient mener leurs projets nuisibles dans le silence et la résignation de la population.
Pour la troisième fois en quelques mois se déroule une opération répressive* dirigée, à ce qu’il semble, par le procureur Giaconi, le même qui s’est longtemps battu pour classer sans suite l’assassinat en prison de Marcello Lonzi et qui sert aujourd’hui les intérêts du CISAM et des autorités locales, responsables du déversement d’eau radioactive dans le canal de Navicelli.

Vive la résistance contre le nucléaire !

* NdT : Le 4 février a eu lieu la première perquisition contre deux compagnons et déjà le Garage Anarchico, suite à l’irruption d’une quinzaine de personnes au siège de l’Agence régionale pour la protection de l’environnement de Toscane (Arpat) le 26 novembre 2013, qui avait donné un avis favorable au déversement de ces eaux contaminées. Des tags « Arpat assassins » et « Cisam assassins » étaient apparus à l’intérieur de ses murs. Ils sont aussi accusés de l’affiche faussement siglée des logos de l’Arpat, titré « Avis aux citoyens« , et qui avertissait les passants du projet du CISAM. Le 5 mars a eu lieu la deuxième perquisition au domicile de cinq compagnons du Garage Anarchico, au prétexte de « port et transport d’explosifs dans un lieu public ».

Traduit de l’italien de informa-azione, Mer, 07/05/2014 – 21:51

Tag du 26 novembre 2013, lors de l’irruption au siège de l’Arpat.

Tag du 26 novembre 2013, lors de l’irruption au siège de l’Arpat.

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Repris des Brèves du désordre

[Turin] Appels à mobilisation en vue du procès No TAV le jeudi 22 mai

Prisonniers No Tav sous accusation de terrorisme

Appels à mobilisation en vue du procès

  • Samedi 10 Mai: Manifestation internationale à Turin, piazza Adriano à 14h

  • Du 15 au 22 Mai: Semaine d’actions

  • Le 22 Mai: début du procès aux assises du tribunal de Turin.

A la fin de cette article, deux lettres de Niccolo et Claudio

Les No Tav luttent depuis plus de 20 ans contre la construction de la ligne a grande vitesse Lyon Turin et le forage du plus grand tunnel d’Europe dans les montagnes du Val Susa en Italie. Cette ligne TGV s’inscrit dans un schéma européen capitaliste déjà bien avancé qui, selon les logiques d’hypervitesse et d’innovation façonnent et dévastent les espaces de vie.

Ces dernières années, une multitude d’actions portées par nombre d’individus ont créés des moments de lutte intense pour continuer à renforcer le mouvement No Tav malgré la militarisation du chantier à Chiomonte en Val Susa où ils voudraient forer le tunnel. Barbelés, flics 24H24, vidéosurveillance, grilles en fer et en béton sécurisent cette forteresse mais n’empêchent pas les No Tav de continuer à manifester à des milliers ou à 50, de tenter de bloquer les machines, de pique niquer ou de saboter…

La nuit du 13 au 14 mai, une trentaine de No Tav a réussi à entrer dans l’enceinte du chantier et à incendier du matériel dont un groupe électrogène. Ce sabotage avait été soutenu publiquement par le mouvement. Sept mois plus tard, le 9 décembre le parquet de Turin met en prison 4 compagnon.nes, Chiara, Mattia, Niccolo et Claudio sous accusation d’«attentat à finalité terroriste». Le pouvoir utilise alors une loi européenne qui définit terroriste «qui, a pour objectif de contraindre des pouvoirs publics à accomplir, ou à s’abstenir d’accomplir un acte quelconque.» Une définition pouvant donc toucher n’importe quelle lutte. De fait, cette répression ne vise pas tant une action spécifique mais les années d’expériences, de force et de solidarité de tout un mouvement. La riposte à cette loi nécessite d’être large et massive.

Les 4 compagnon.nes se trouve dans des sections de Haute Sécurité dans 3 prisons différentes et dans les textes juridiques, risquent 20 ans de prison. La date du procès a été fixé au 22 mai 2014 à la cour d’assise de Turin; les parties civiles sont, entre autre, la Commission Européenne, le Conseil des ministres italiens, des régiments de policiers et de militaires, la société LTF Lyon Turin Ferroviaire dont fait partie la SNCF et Réseau Ferré de France…

Le 22 mai prochain ce sera l’occasion de montrer notre solidarité et de démontrer que cette loi n’isole ni les individus ni les luttes. Nous sommes en lutte contre des projets de dévastation et le système qui les produit, contre des dominations et les oppressions qu’elles portent; s’ils veulent utiliser la catégorie de terroriste, ce sont eux les terroristes, les pouvoirs qui saccagent, affament et assassinent partout.

Depuis les arrestations du 9 Décembre jusqu’à aujourd’hui il ne s’est pas passé 2 jours sans une initiative contre un siège du Parti Démocratique (le PS italien) quelque part en Italie, ou une filiale de la banque intesaSanPaolo (principal financeur du TAV dans le Piémont), ou une des entreprises impliquées dans la réalisation du TAV. Et puis des banderoles, des affiches, des toilettes de tribunaux bouchés, des distributeurs de billets sabotés, des trains bloqués, des protestations… qui en Val Susa et en ville, ont démontré que, sans aucune centralisation, la meilleure défense, c’est l’attaque. De mémoire on ne se souvient pas d’une telle mobilisation suite à l’incarcération de compagnon.nes. Au beau milieu de ce « cheminement », le 22 Février, journée lancée de la Val Susa en solidarité avec Chiara, Nicco, Mattia et Claudio : des milliers de personnes dans 30 villes, villages, et de nouveaux des manifs, des blocages, des banderoles et des coups de masse. Un très beau moyen de retourner à l’envoyeur les accusations de terrorisme, de demander la libération des prisonniers, de revendiquer à voix haute la pratique du sabotage. Renvoyer tout cela à la face des procureurs Padalino et Rinaudo, qui auraient voulu voir les nôtres enfermé.es abandonné.es et les gens dehors avoir peur et être découragés.

Lettre de Niccolo. Prison d’Alessandria, Italie, 2 Avril 2014.

«Ce matin, dans le couloir de la section, avant de sortir en promenade, j’ai vu par la fenêtre des détenus qui jouaient sur le terrain de foot, qui se dégourdissaient les jambes carressées d’une petite brise. Et merde comme j’aurais voulu me retrouver avec eux. Depuis la cellule je les entends encore exulter à chaque but et au pire j’aurais été content de voir le match depuis les gradins si je n’avais pas ce foutu plexiglass opaque à la fenêtre… je sais que c’est une de ces particularité autour de cette Haute Sécurité qui fait le plus de bruit. Même si nous ne pouvons pas nous rencontrer avec les autres détenus, même si beaucoup baisse la tête quand nous nous croisons par erreur lorsqu’on nous amène à la salle des avocats, même si ils nous voient comme des aliens et que les seules choses qu’ils savent de nous sont ce que leurs disent les matons ou les infamités des journaux, je sais que beaucoup d’entre eux partagent ce même fourmillement aux jambes qui nous prend dès qu’on se lève et qui ne nous quitte qu’avec la nuit.

Ici, à l’intérieur, je vis une double tension : d’un côté le calme, l’esprit détendu avec lequel affronter les journées et atténuer les éventuelles mauvaises nouvelles qui me tordent toujours plus (une lettre censurée, des demandes complètements ignorées, etc…), de l’autre, je me sens trépigner, je penses qu’il est possible de prendre des miettes d’espaces en plus pour se décongestionner ou simplement vivre plus humainement.

Un ami à moi incarcéré à Ivrea une fois m’a écrit : «à la fin, il s’agit d’une prison, il n’y en a pas une mieux qu’une autre» et, quand je repenses à mon passage aux Vallette (prison de Turin), il n’a pas tort. Dans un certain sens cela me rend plus vigoureux parce que même si je suis en régime séparé, cela veut dire qu’à la base on a les mêmes besoins. Par exemple, ici la socialité (possibilité pour des détenu-es de cellules différentes de se voir 1 ou 2 heures ensemble, ndt) se fait dans un couloir sous les caméras de videosurveillance et avec les cellules fermées, mais il serait très important de manger ensemble, entre les blagues de celui-ci et les rires de celui-là; dans une autre section ils voudront les cellules ouvertes toutes la journées, un autre voudra la cantine moins cher, un autre voudra utiliser plus souvent la salle de sport (si il y en a une) et quelqu’un voudra simplement tout…et voilà que revient constamment ce fourmillemement.

Avant les spécialistes de la politiques nous disaient que les détenus étaient tous égaux et traités comme tels, maintenant ils disent que l’un est différent de l’autre et qu’il peut s’améliorer et obtenir divers bénéfices. Dans ce petit escalier en colimaçon où chaque détenus est vissé sur ses genoux dans la tentative de rejoindre la dernière marche, je penses que les extrêmes se touchent : d’un côté ceux en régime spécial, avec plus de restrictions et une haute surveillance, de l’autre les plus communs des communs, ceux jetés dans le tout judiciaire débrdant de personnes dont tout le monde se fout.

Pour nous, c’est la loi elle-même qui dit que nous ne pouvons jouir d’aucuns permis ou privilèges, que n’importe quel changement de condition de vie ici, à l’intérieur, serait trop «dangereux». Pour les autres, c’est la machine de la prison, incessante et monotone, qui regarde simplement les demandes infinies et passe outre. Beaucoup d’entre eux viennent de contexte de rue et n’ont pas de soutien de l’extérieur, les autres sont même une grosse dépense pour leurs familles déjà en difficulté.

Les tribunaux eux aussi ne font pas une grande différence. C’est sûr, avec nous ils dépensent tellement de paroles et un gros tas d’audiences parce que le délit fait de l’audience avec ce petit mot magique flanqué par dessus : «terrorisme». Mais que dire de tout ceux qui ne peuvent se permettre qu’un avocat commis d’office, qui parfois ne se présente même pas à l’audience de validation de l’incarcération ou qui propose juste d’avouer, causant ainsi des condamnations très lourdes?

Nous sommes tous utilisés pour donner l’exemple, pour que ce niveau de suggestion contre la diffusion de la rebellion et d’une illégalité toujours plus liées à la survie quotidienne se diffuse à tous les niveaux et se maintiennent . «Etre utilisé», c’est sûrement celle-là la sensation la plus forte que tu respires quand tu entres dans le cercle de la justice, du commissariat (ou plutôt de la voiture de police qui t’emporte menotté) à la prison.

Même quand ils parlent de «vider les prisons», pour les politiques c’est juste une question de calculs et de petits jeux économiques, c’est pourquoi la question n’est pas seulement qui faire sortir et qui garder, mais aussi qui faire entrer de nouveau. Par exemple : ils ont supprimé la loi Fini-Giovanardi sur les drogues, c’est comme dire qu’au-delà de faire sortir des détenus ils devraient regarder d’un autre oeil le délit de trafic à la vue de la nouvelle récente de deux maxi rafles comme on n’en voyaient pas depuis longtemps dans un quartier de Turin pour incarcérer petits dealers et clandestins. Ce quartier, San Salvario, était une zone populaire qu’ils veulent maintenant mettre à neuf pour y mettre des gens capables de soutenir une vie de classe moyenne supérieure, pour enrichir les propriétaires, les supermarchés, etc, au détriment des vieux habitants appauvris et à éloigner. Je ne dis pas que le trafic de drogue soit bon ou mauvais, ça ne m’interresse pas, mais ce qui est sûr, c’est que ces jeunes sont la dernière roue du carosse, ils travaillent dans la rue, ils ne peuvent même pas s’assurer un loyer, ou comme un ami à moi incarcéré lui aussi avec grand style, sont contraints à décharger sur les marchés 8/10 heures par jour pour 20/30 euros, et même pas tous les jours. Dans ses yeux comme de tant d’autres jeunes que j’ai revu aussi en prison, c’est comme si on lisait une queston simple «attendre….quoi?!…pourquoi?!». Alors ils enragent et ils apprennent sur leur corps l’urgence de trouver un peu de complices, de communiquer, de s’unir.

Il faut dire que nous, incarcéré pour la lutte NOTAV, nous sommes un peu gaté du soutien, de l’affection et de la solidarité, pas seulement des amis plus proches, mais d’une marée de personnes différentes et bigarrées qui hurlent pour notre liberté et renvoient à l’envoyeur cette répression en continuant à créer divers problèmes.

Je disais par contre que la chose la plus forte est ce sentiment d’être impliqué : en prison tout se joue sur la répétition, sur la perception que rien ne peut être différent, comme en dehors de l’espace et du temps, mais cela, pour autant d’une maudite efficacité, est une illusion. Ces personnes là dehors m’aident à rompre l’enchantement parce qu’ells me racontent comment change leur monde, surtout comment ce sont elles-mêmes qui le modifient. Les choses vont de l’avant et ce n’est pas pour cela je dois être mal : c’est mieux de jouir et de souffrir ensemble que de chercher à rester dans une bulle et espérer que tout passe de manière indolore. La taule te laisse des traces, te laboure comme un scalpel très fin et imperturbable, surtout quand tu ne t’en rends pas compte et que tu penses être en paix à avoir pris les distances de tout et de tous.

En en parlant avec beaucoup, l’idée et la sensation que la misère ici, à l’intérieur, privé de tout, n’est pas tant différente de celle de dehors, sont de retour ; mais il y a qui réfléchit, jour après jour et avec tous les riques que cela comporte, de comment utiliser au mieux le temps libre qu’il lui reste entre les mains – aussi parce qu’il a perdu son travail et n’entre plus dans les magasins, ne va plus au cinéma, à peine va au bar pour se permettre un café – pour chercher d’autres comme lui et ne plus dépendre des règles du jeu. Moi je penses à eux tous et me dis : »Je devrais moi aussi faire ma part, même seulement trouver un mode pour résister et en sortir à tête haute, devant les «frères» d’aujourd’hui et de demain.

Niccolo»

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30 Avril. Turin. Manifestation en solidarité avec Claudio, Chiara, Mattia et Niccolo dans les quartiers de Porta Palazzo et Barriera di Milano. Les salves de pluie battantes ont convaincu rapidement les compagnon-nes à transformer le rassemblement du jardin de via Montanaro en une petite manif très bruyante / pas une minute sans choeur ou slogan, la police se tient discrètement à distance, mais après de nombreux tags sur les murs, tramways et poubelles puis le siège du Parti Démocratique de via Montanaro recouvert de peinture, les fourgons plein de flics antiémeute se font plus proches et pressantes, même si au final aucuns contacts n’a lieu et que les hommes de la police politique s’en tiennent à tourner film sur film. Petit à petit le ciel s’éclaircit et, en plus de distribuer des centaines de tracts aux passant-es un peu moins rare et de coller des affiches, quelques interventions sont faites au mégaphone. D’un balcon un inconnu hurle «Nicco Libero!». A la fin le soleil apparait vraiment quand les manifestants ouvre le protail d’une friche ex-Gilardi au Pont Mosca pour faire une énorme fresque murale et encore quelques discours.

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Lettre de Claudio. 1er Avril 2014.

Aujourd’hui, Claudio avait une audience au tribunal de Turin pour une autre affaire. Sous des prétexte de sécurité, la Justice et l’Administration pénitentiaire l’ont contraints à assister à l’audience via la videoconférence, technique de plus en plus utilisée…Cette lettre a été écrite juste après l’audience.

Plus d’informations en italien sur le site autistici.org/macerie

Je suis en rogne pas qu’un peu, beaucoup. Disons énormément. En fait trop énervé. Il y a 1 heure à peine j’ai fait la vidéo-conférence. Une pitrerie. Humiliante en certain aspects. C’est inutile de la cacher, cette date je l’attendais depuis longtemps. La vie ici à l’intérieur est monotone, comme on l’imagine, on se raccroche à ces échéances. Je compte les jours. Je l’admets. Dans un mois j’ai cette audience. Une semaine, 2 jours. 1 jour. Cette nuit je n’ai pas dormi. J’étais agité. A 3 heures je me suis mis à lire «la vrai histoire du capitaine long jhon silver». Résultat ce matin j’avais des cernes de la madonna.

J’ai cherché toutes les techniques pour avoir une tête présentable. Au moins que les compagnon-nes puissent voir que j’allais bien. Sûrement je savais que ça aurait été une désillusion mais j’ai voulu espérer que quelquechose arrive. Puis vers 9h20 l’inspecteur est venu me chercher. Je me suis dit que je ne ferais pas un voyage jusqu’à Turin, mais je verrais une autre partie de la prison. La mini salle de la vidéo-conférence n’est distante pas plus de 20 mètres de la section.

Avant ils m’ont mis dans une cellule de sécurité. Je me suis alors rendu compte que dans la prison il y a même des petits jardins plus ou moins entretenus, eet que dehors il y avait des arbres, je ne sais pas lesquesl, mais le vent faisait bouger les feuilles. Déjà, il y a déjà des feuilles, le printemps est arrivé tôt cette année. Puis ils m’ont emmené dans la petite salle. Une salle normale avec deux bureaux, un pour l’inspecteur, l’autre où je me suis assis avec un beau télévisuer lcd et une télécaméra au dessus. Eh à me voir à la télé j’étais à peu près présentable. A peine je suis en direct un salut fort aux compagnon-nes. J’avais réfléchi sur quoi faire, quoi dire. Un salut avec le poing levé, parce que ça me plait saluer comme ça. Puis je prête attention à la salle d’audience du tribunal, la télé est dirigé seulement vers le juge. Que je me sens crétin, j’ai salué seulement le juge. J’aurais voulu montrer un salut à 39 ou 41 dents, mais vu que seul le juge peut me voir je resterais sérieu, je ferais le prisonnier sérieu. Sur la télé j’apparaît moi dans un cadre petit et puis on voit la salle d’audience du tribunal, 10 secondes le juge et 10 secondes les compagnon-nes, les avocats, et la procureure (moche comme une moche). La salle d’audience est grande, pratiquement déserte. J’essais de reconnaitre les compagnon-nes parce que la qualité est pourrie. Ces caméras quand elles doivent fonctionner font la petite définition.

Putain de merde. Novaro (son avocat, ndt) n’est pas là. Les compagnon-nes sont peu nombreux-ses. Illes font l’appel : O, M et C? Peu nombreux-ses mais bons, euxelles aussi ne blaguent pas. Putain je voudrais bien les voir. Voir combien illes ont vieillis. Ahah. Je ne comprends pas bien la disposition aussi parce qu’ils ne me font voir seulement le juge. Mais qui s’en préoccupe. Alors M je la reconnais parce qu’elle gesticule beaucoup. C a sa posture habituelle à bras croisés. J’ai plus de difficultés à reconnaître O parce qu’il était en bordure d’écran.

(…)

L’audience est renvoyée au 7 avril, c’est pas plus mal parce on avait réclamé du temps pour le procès. L’avocat introduit O qui fera une déclaration. Le garçon de sardaigne se lève les poings sur la table, parce que lui est épais, et commence à parler fort et décidé. Immédiatement la procureure l’interrompt et perturbe le texte duquel je ne comprends seulement que les premiers mots.

Quelle merde. En tout cas le bon O fait une face brutale, il s’est coupé les cheveux, je penses à lui quand il se levait lors des interrogations à l’école, cette fois ça s’est carrément mieux passé. J’espère que le texte qu’il lisait n’était pas seulement son oeuvre. Tou-tes en jambes. Illes se lèvent et s’en vont en me saluant. Je dois admettre qu’illes sont vraiment beaux-belles mes compagnon-nes.

J’éprouve énormément de rage dedans. Je sais de l’immense force que me voudraient donner tous et toutes et je suis assis ici comme un blaireau dans cette foutue taule. Que l’administration pénitentiaire aille se faire foutre, que la prison, que les juges, que eux tous aillent se faire foutre.

L’inspecteur dit que c’est fini, qu’il faut retourner en section, j’écarte un rideau pour regarder dehors, lui s’en rend compte et me dit que si je veux il me fait regarder même de l’autre côté. Non merci. Nous passons à côté de l’infirmerie, il y a un détenu des parties communes, panique. Je le salue. Et me voilà de nouveaux les mêmes 4 murs. Encore une fouille. C’est bon. Le spectacle pour aujourd’hui est fini.

Claudio, 1er Avril 2014.

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LIBERTE POUR CHIARA, NICCOLO, CLAUDIO, MATTIA

LIBERTE POUR TOUTES ET TOUS

Pour leur écrire

  • Mattia Zanotti et Niccolo Blasi, Casa di Reclusione, Via Casale San Michele 50, 15100
  • Alessandria Chiara Zenobi, Casa Circondariale Rebibbia, Via Bartolo Longo 92, 00156 Roma
  • Claudio Alberto, Casa Circondariale, Via Arginone 327, 44122 Ferrara

Pour s’informer et diffuser :

  • En français :

notavfrance.noblogs.org

feualagrandevitesse.noblogs.org

  • En italien :

autistici.org/macerie

informa-azione.info

Tracts-brochures-lettres diffusés lors de la manifestation de Nantes du 22 Février: COMPTE RENDU DE LA JOURNEE DE SOLIDARITE AU MOUVEMENT NOTAV et quelques nouvelles des compagnon.nes incarcéré.es…

AFdlL1 AFdlL2

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Un montage audio de 29 minutes à diffuser et à télécharger sur les arrestations des 4 compagnon-nes en rapport à la lutte No Tav

ps : une seule erreur dans l’enregistrement : la date du procès prévue le 14 mai a été reportée au 22 mai

Transmis par mail, 6 mai 2014