Archives du mot-clé en lutte

[Nantes] Appel à manif et actions décentralisées contre la répression de la lutte anti-aéroport samedi 17 mai

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L’appel en anglais

[Rome, Italie] Résistance émeutière face à l’expulsion d’un squat et solidarité active avec les 6 arrêtés des émeutes du 12 avril

L’expulsion de 350 familles tourne à l’émeute à Rome

Des échauffourées se sont produites à Rome mercredi devant un immeuble abandonné transformé en squat, quand la police est intervenue pour en expulser quelque 350 familles pauvres qui y habitaient.

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Ces familles composées d’Italiens et d’immigrants occupaient le bâtiment abandonné, propriété d’une compagnie publique d’assurances, en raison du manque chronique d’offres de logements bon marché dans la capitale.

Entre 100 et 150 policiers sont intervenus à la mi-journée avec des matraques contre 200 protestataires qui manifestaient devant l’immeuble délabré, tentant d’empêcher les forces de l’ordre d’y pénétrer. Des squatteurs sur le toit tapaient sur des pots en métal, pour marquer leur solidarité avec les manifestants qui se trouvaient dehors.

sgombero-montagnola2Plusieurs personnes ont été blessées, dont un homme qui saignait de la tête et une femme qui avait une jambe cassée, a constaté un photographe de l’AFP.

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rome1604-2Tout le quartier au sud de Rome, près de la grande avenue Cristoforo Colombo, avait été bouclé par la police. « L’évacuation va continuer, et nous arrêterons tous ceux qui s’y opposent », a déclaré un porte-parole de la police romaine.

Fin mars, le gouvernement italien a lancé un vaste plan d’aides au logement pour les plus pauvres prévoyant 200 millions d’euros pour 2014 et 2015. Jugé insuffisant, il a été au coeur d’une manifestation samedi à Rome, qui a dégénéré en scènes de guérilla urbaine*.

Les militants préfèreraient que Matteo Renzi s’attaque aux logements vides pour les allouer aux familles dans le besoin. Selon une enquête du magazine Panorama parue le mois dernier, 50.000 appartements seraient sans locataire dans la seule ville de Rome.

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Leur presse – Belga via 7sur7.be, 16/04/2014 à 15h48

Note du blog:

*media_l_6656344Samedi 12 avril, des émeutes ont réveillé la manifestation rassemblant des travailleurs de partout, des chômeurs et précaires, des militant-es No TAV, des étudiant-es, des squatters … Un manifestant a perdu une main en voulant balancer un pétard sur les flics. A plusieurs moments du parcours, des cordons de flics anti-émeute ont été attaqués avec des pierres et des pétards par des manifestant-es cagoulé-es. Il y a eu des dizaines d’autres blessé-es et six personnes arrêtées. Plus de 2000 flics quadrillaient la ville.  Ce mercredi 16 avril, des solidaires se sont pointés devant la prison de Regina Coeli pour exiger la libération des six personnes arrêtées suite à la manif de samedi dernier.

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Repris de leur presse

[Grèce] Documentaire sur la lutte contre les mines d’or en Chalcidique (Halkidiki)

Le docu date de 2007, mais c’est ce qu’il y a de mieux sur le sujet par des gens du mouvement, et il reste hyper intéressant, vue qu’il s’arrête avec le commencement de la lutte qui se déroule aujourd’hui.

Il y a un petit texte avec plus d’infos sur la page youtube.

Diffusez, partagez, faites péter…

Voir le documentaire sous-titré en français (en cliquant sur l’icône ‘transcription’ à droite au-dessous de la vidéo)

Transmis par mail, 14 septembre 2013

Les précédents articles sur la lutte contre les projets de mines d’or dans la région de Chalcidique

[Afrique du Sud] Sabotage du réseau d’électricité en période de grèves – Johannesburg, 6 septembre 2013

L’Afrique du Sud déplore le sabotage énergétique dans la capitale économique au milieu d’une grève

Les autorités sud- africaines ont condamné vendredi la décision de provoquer une coupure de courant à Johannesburg, en l’associant à un acte de terrorisme.

L’action d’interrompre volontairement l’électricité pendant la grève à Johannesburg était égal au terrorisme, a déclaré Faith Mazibuko, un responsable de la province de Gauteng, après la panne d’électricité.

Johannesburg est la plus grande ville d’Afrique du Sud et sa capitale économique. Elle est aussi la capitale de la riche province du Gauteng.

«Nous sommes en colère en tant que gouvernement provincial, les gens derrière la coupure ont mis la vie des gens en danger», a déclaré un membre du conseil exécutif de sécurité de Gauteng.

L’enquête initiale a indiqué que la panne électrique à Johannesburg a été provoquée par un acte de sabotage.

Mercredi après-midi, plusieurs centaines de travailleurs mécontents ont lancé une grève à Johannesburg, parce qu’ils étaient en colère contre la nouvelle structure de travail que les autorités envisagent d’introduire.

L’électricité dans certaines zones de Johannesburg a été entièrement restaurée, tandis que d’autres devraient rester dans l’obscurité tout le week-end.

Agence de presse Xinhua, 07/09/2013

De nombreuses grèves – qui ont débuté fin août dans le BTP et l’automobile – continuent et les travailleurs d’autres secteurs (comme dans les mines d’exploitation) se sont mis massivement en grève depuis le début du mois de septembre.

[Hongrie] Près de 100 migrants du centre de rétention de Nyírbátor en grève de la faim

antifrontexDepuis vendredi 9 Août 2013, les réfugiés du centre de rétention de Nyírbátor, dans le nord-est de la Hongrie, sont en grève de la faim. Selon la déclaration d’un réfugié de ce centre fermé, environ 100 migrants (presque tous les réfugiés du centre de rétention, y compris les personnes en provenance du Pakistan, d’Algérie, du Nigeria et du Kosovo) participent à la grève.

D’une part, les réfugiés emprisonnés à Nyírbátor protestent contre leurs mauvaises conditions de vie: ils se plaignent de la nourriture avariée (dans laquelle ils retrouvent parfois des bestioles à l’intérieur), mais aussi de l’eau, du manque d’installations sportives, etc..

De façon générale, les réfugiés réclament leur libération immédiate du centre de rétention. Ces personnes qui sont en ce moment à Nyírbátor y ont été détenues au-delà d’1 mois même si la plupart d’entre elles ont déjà reçu leurs cartes d’asile auprès des autorités. La grande question qui suscite beaucoup de colère parmi les réfugiés: «Si nous avons la carte d’asile, pourquoi nous n’avons pas la liberté? » […]

Un petit groupe de personnes détenues à Nyírbátor sont des gens qui ont été expulsés d’Autriche vers la Hongrie sur la base du règlement d’empreintes digitales « Dublin II* », ces derniers étant surtout Nigérians et Pakistanais.

Un des migrants enfermés dans le centre de rétention de Nyírbátor est un militant pakistanais qui s’est battu avec sept autres réfugiés à Vienne (Autriche). […]

Les réfugiés de Nyírbátor disent qu’avec la grève de la faim, la situation devient de plus en plus critique pour eux chaque jour. Les travailleurs sociaux ont tenté de les convaincre d’arrêter la grève, en leur promettant une meilleure nourriture et de l’eau, mais ils ont refusé: ils veulent leur liberté. Les gardiens de prison sont prudents en ce moment – il semble qu’ils aient peur que les réfugiés en grève puissent se mutiler le corps et se mettre réellement en danger au cas où n’importe qui d’entre eux soit puni par les gardiens. […]

Liberté pour les réfugiés emprisonnés de Nyírbátor !

Fermons le camp de Nyírbátor et tous les centres de rétention !

Que cesse immédiatement tous les ‘Dublin II’* – et les déportations vers la Hongrie !

Stoppons les déportations et la rétention de migrants et réfugiés

Liberté de circulation, combattons l’Europe forteresse !

Voir la traduction en intégralité

Lire le  texte source en anglais, 12 août 2013 à 10h21

Traduction de l’anglais par LeChatNoirEmeutier en collaboration avec contrainfo

Note:

*: chaque Etat de l’UE (dans lequel rentre le migrant) examine lui-même la procédure d’une demande d’asile. Il « vise à prévenir l’abus des procédures d’asile ». Voir les détails du texte 

[Rotterdam, Pays-Bas] Tags divers contre les déportations et les frontières – 6/7 août 2013

A Rotterdam, les bureaux du promoteur immobilier Van Omme & De Groot (qui est impliqué dans la construction du centre d’expulsion de l’aéroport de Rotterdam), ont été recouverts de tags dans la nuit de mardi à mercredi.

Les bureaux du promoteur immobilier

Les bureaux du promoteur immobilier

La plaque de ce bâtiment en gros plan

La plaque de ce bâtiment en gros plan

Le musée maritime de la ville a aussi été visé:

Les colonnes du musée maritime

Les colonnes du musée maritime

Plus tôt, des slogans ont également été peints sur le pont Willem.

Sur le pont 'Willem'

Sur le pont ‘Willem’

Ces actions interviennent alors qu’une famille géorgienne a été déportée ce mardi 06 août en début de matinée et qu’un camp No Border se tient actuellement jusqu’à ce samedi 10 août, qui se clôturera par une grande manifestation prévue à 14h. (Voir l’appel)

Source via indymedia.nl

[Italie, Val Susa] Attaques contre le chantier lors d’une marche nocturne – Chiomonte, nuit du 19 au 20 juillet 2013

 Un appel à une marche nocturne dans la soirée de vendredi 19 juillet a été lancé par le mouvement No TAV‘. 

Des centaines de manifestant.e.s cagoulé.e.s, réparti.e.s en plusieurs groupes, ont attaqué (avec pétards, pierres, feux d’artifice, boulons, haches…) le chantier LGV Lyon-Turin à divers endroits dans le secteur de Chiomonte. Les flics ont défendu le chantier en repoussant les militant.e.s  ‘no tav’ par des tirs de lacrymo…

L’autoroute A32 Turin-Bardonecchia a été occupé pendant plusieurs heures durant la nuit. Le blocage du traffic a été maintenu plusieurs heures par la construction de barricades. Flics et journaleux se sont plaints de l’équipement de protection des manifestant.es (boucliers artisanaux, masques à gaz, etc…)

15 policiers ont été légèrement blessés et 9 manifestant.es arrêté.e.s.

Traduit de la presse urbaniste – 20/07/2013

En attendant des récits de nos médias, on peut aller voir le fil-infos de la marche nocturne sur notav.info

[Val de Suse] Un bulldozer du chantier de la Lyon-Turin a été incendié

15 juillet 2013 – Un bulldozer de l’entreprise Effedue de Suse, qui travaille au chantier de la ligne à grande vitesse Lyon-Turin à Chiomonte (Val de Suse – Turin), a été incendié dans la nuit à Suse à coté du fleuve Dora Riparia.

Les carabiniers n’ont pas trouvé des revendications mais soupçonnent qu’il s’agit d’un geste lié aux protestations du mouvement No TAV puisque la même entreprise a été déjà l’objet de plusieurs tentatives de sabotage ces derniers jours.

Traduit de l’italien de leur presse (ANSA.it) par No Tav France, 17 juillet 2013

Le 10 juillet, un assaut nocturne contre le chantier a été mené par les ‘no tav’

[Brésil] Infos sur les manifs et la révolte en cours

Note sur les manifestations et révoltes au Brésil

Au cours des dernières semaines de grandes manifestations se sont répandues dans les rues, avenues et autoroutes de plusieurs villes du Brésil. Discutables, manipulatrices et policières, les nouvelles divulguées par les mass médias ne coïncident pas avec les faits, actions et motivations observées dans les rues. Écrit collectivement dans le cadre du Réseau Anticapitaliste et non Partisan d’Information Politique (RAAIP), le récit qui suit nous présente une perspective informative et libertaire de ces manifestations. Cet effort de communication autonome a comme objectif d’informer des individus et organisations libertaires d’autres pays, de faire en sorte que soit connu publiquement certains antécédents de ces manifestations, l’indignation collective face à la violence étatique, la manipulation médiatique des faits, et la lutte des peuples contre l’injustice sociale et l’exploitation au Brésil.

Rio, 11/07/2013

Rio, 11/07/2013

Contexte

Au cours des dernières années les élites brésiliennes ont fait la promotion d’une série d’actions pour consolider le passage en force de leur projet de capitalisme/étatisme national. En ayant comme référence les politiques de développement de pays comme la Chine et l’Afrique du Sud, à travers des coopératives public-privées, l’État fait la promotion de différents programmes d’accélération de la croissance (PACs) en accord avec l’Initiative pour l’Intégration de l’Infrastructure Régionale Sud Américaine (IIRSA). Pour mener à bien ce programme ils déboisent des zones de forêt chaque fois plus grandes, ils construisent des barrages sur des grands fleuves pour générer l’énergie pour des zones industrielles grâce à des grosses centrales hydroélectriques. La construction d’infrastructures pour la promotion de l’industrialisation lourde se fait une fois de plus au détriment des populations dans le besoin et des peuples indigènes expulsés de leurs territoires. Les transports de passagers et de marchandises au Brésil dépendent en grande partie des combustibles fossiles qui sont chaque fois plus chers. Tous les ans les prix des aliments augmentent. Les politiques de production du biodiesel promues par le gouvernement mènent le pays à une crise alimentaire sans précédent. Chaque fois plus de terres cultivables utilisés pour l’alimentaire sont destinées à la production de biocombustibles. Dans beaucoup de villes, capitalistes et étatistes profitent de la hausse des combustibles pour surtaxer annuellement les transports publics qu’ils contrôlent. Ces trois dernières années la spéculation immobilière a aussi connu une augmentation jusqu’à 150% dans les prix de location et terrains urbains. Comme résultat, un pourcentage chaque fois plus significatif de la population ne peut pas faire face aux dépenses basiques.

Les cas de corruption sont extrêmement courants au Brésil. Les gouvernants augmentent leurs salaires et bénéfices arrivant à dépasser jusqu’à dix fois le salaire minimum qui est de 650 reals (équivalent à 220€).

Cela fait plus d’une décennie que les mass médias ont commencé à faire de la propagande autour de l’idée de la Coupe du Monde au Brésil comme source de grands bénéfices pour toute la population. Dans le discours diffusé, la coupe serait la meilleure manière de “relancer  l’économie, créer des emplois et stimuler le tourisme “. Dans la pratique, rien au delà de la réalité. La Coupe du Monde a servi de fusion pour le développement des politiques de contrôle, de distraction des masses et d’ingénierie sociale. Des milliers de familles sont expulsées de leurs maisons pour laisser place aux travaux d’infrastructures de la coupe qui se réduisent a des politiques de gentrification et de spéculation immobilière. Dans ce contexte des lois ont été approuvées, comme la PL 728/2011, qui établit l’état d’exception durant la Coupe, créant des corps spéciaux pour protéger les intérêts de la FIFA et de la CBF, criminalisant et persécutant les mouvements sociaux et dissidences politiques, définissant comme terroriste n’importe quelle manifestation publique d’indignation ou de mécontentement.

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Le Mouvement un Pas Libre 

Les manifestations qui ont lieu en ce moment ont basé leur organisation sur des appels émis par le Mouvement un Pas Libre (MPL). Le MPL s’organise dans un réseau de jeunes militant-e-s, beaucoup d’entre elleux lié-e-s au mouvement étudiant non institutionnel. Depuis les débuts de la décennie 2000, le MPL a appelé à des manifestations face aux augmentations annuels du prix du transport public dans les grandes villes. Sa principale revendication est la fin du coût du transport public pour les chôm-eurs/euses et les étudiant-e-s. À la différence des autres années où les manifestations organisées par le MPL rassemblaient quelques milliers de personnes, les manifestations contre l’augmentation du prix du ticket en mars 2013 ont vu une rapide et massive adhésion de dizaines de milliers de personnes. Les premières manifs organisées à Porto Alegre ont subi une forte répression policière, mais début avril illes ont obtenu l’annulation de l’augmentation du ticket qui avait eu lieu des semaines avant. Après que ces information soient divulguées par les réseaux sociaux et les médias d’autres manifestations ont eu lieu dans d’autres villes. Avec une adhésion massive, différentes revendications se sont rajoutés aux demandes du MPL. Ces nouvelles demandes étaient exposées par les manifestant-e-s au travers de pancartes, d’affiches et de cris dans les rues. Pendant que certain-e-s remettaient en question le système capitaliste dans son ensemble, d’autre s’opposaient à la Coupe et à ses conséquences. Des gens manifestaient leur mécontentement contre la couverture faite par les médias de masse. Des groupes demandaient au gouvernement des améliorations dans les services étatiques d’éducation, de santé, de sécurité. Il y en a aussi qui manifestaient contre la corruption, en reprenant des symboles des “caras-pintadas“, mouvement nationaliste adolescent largement diffusé par les médias au début des années 90 et qui sont descendus dans les rue pour dénoncer le président d’alors, Fernando Collor. À plusieurs occasions des visions politiques profondément conservatrices ont manifesté leur présence. Ben que encore totalement pacifiques, les premières manifestations ont été durement réprimées par les appareils répressifs de l’État. Des centaines de personnes ont été blessées par l’usage d’armes non létales, beaucoup ont été arrêtées et frappées.

Brazil Soccer Confed Cup Protests

Couverture médiatique, autocensure et distorsion.

Face à la grande adhésion de manifestant-e-s, les médias de masse, qui durant des années ont ignoré le Mouvement Pas Libre, ont été obligés de changer la focalisation de leur couvertures. Toutefois les intentions étaient claires, les couverture journalistes étaient faites pour manipuler, diviser et pacifier les manifestations. Les postures pacifiques collaboratives avec l’appareil répressif ont commencé à être alors systématiquement louangées par les journalistes qui les associaient aux expressions esthétiques d’ordre nationaliste. Des personnalités de l’époque de la dictature ont été ressorties au milieu des manifs. Les remises en questions systématiques et les critiques sur la couverture médiatique ont été oubliées. D’une manière extrêmement tendancieuse les médias incitaient la population à assumer une posture pacifique et nationaliste comme la forme la plus correcte d’agir dans les manifs. En même temps des manifestants plus indignés qui ont adopté des tactiques de protestation considérées comme plus agressives ont été dépeints comme une minorité de vandales, violents et anarchistes, diabolisés, poursuivis et criminalisés plusieurs fois par les médias de masse qui incitaient les forces répressives à répondre de manière violente. À Porto Alegre ce genre de comportement a provoqué une grande indignation qui a conduit les manifestations vers les installations du groupe de communication RBS, devant lesquelles, par deux fois, les manifestant-e-s se sont affronté-e-s avec les flics.

Beaucoup de photos de couverture des manifestations ont été prises à travers les caméras de surveillance de circulation des villes, ou de derrière les appareils répressifs. Dans de nombreuses prisons de plusieurs villes il y a eu d’innombrables cas de tortures sur des jeunes, adolescent-e-s et personnes âgées qui ont été rapportées sur internet, tout juste divulgués par les journaux et la télé en terme de chiffre, mais sans aucun approfondissement.

Nous avons vu dans les médias des reportages absurdes d’auto-censure et de distorsion des faits : trois manifestants qui se cachaient des troupes de choc derrière un kiosque qui, sans s’en rendre compte, ont fini encerclés. Au moment exacte où ils ont été frappés devant une caméra de la chaine nationale, la chaine TVCOM, du groupe RBS, a décidé de changer de caméra pour montrer des images de manifestations pacifiques qui avaient lieu à d’autres points de la ville. Dans un autre épisode qui a eu lieu à Belo Horizonte, un manifestant avec la tête ouverte, entouré par une dizaine de flics qui le frappent, a été filmé par un journaliste qui en premier plan affirme que le blessé est en train d’être « secouru » par la police.

Répression, provocation et violence.

Face à la cruauté de la police un nombre chaque fois plus grand de manifestant-e-s ont fini par rendre les attaques contre les appareils répressifs, ainsi que sur les structures étatiques et capitalistes comme les vitrines de banque et de chaines de grands magasins qui ont été détruites. Des bâtiments publics ont été occupés et des autoroutes ont été bloquées. Un nombre chaque fois plus grand de policiers infiltrés ont agi comme des agents provocateurs durant les manifestations et pour la première fois des petits commerces ont été attaqués et des manifestants ont été agressés. On a aussi vu dans les rues des groupes fascistes se faisant passer pour des non encarté-e-s, chassant les « casseu-ses/rs » et partisan-e-s dans les rues et essayant de faire de la propagande publiquement au travers de postures politiquement correctes comme ramasser les poubelles et ramasser les conteneurs renversés par d’autres manifestant-e-s. Comme résultat de la manipulation des grands médias de communication, beaucoup des dit-e-s « pacifistes » ont assumé des postures chaque fois plus évidentes, dénonçant et persécutant les dit-e-s « manifestant-e-s violent-e-s ». De nombreuses personnes ont aussi adhéré à l’esthétique nationaliste dans différentes villes. Les manifestations sont devenues plus courantes, dans de nombreux cas ressemblant à des soulèvements et révoltes. Les avenues centrales des grandes villes comme São Paulo et Rio de Janeiro sont devenues des scènes d’affrontement généralisés entre la police et les manifestant-e-s, avec la première utilisant jusqu’à des armes à feu contre ces derniers. De nombreuses personnes ont été frappées et il y a eu des arrestations absurdes et arbitraires, comme c’est le cas des détentions pour avoir sur soi du vinaigre, car cette substance est utilisé contre les effets des gaz lacrymogènes. À Pernambuco, nord-ouest brésilien, la première manifestation a été complètement pacifiée. Des attaques sur des banques, églises et monuments publics ont été durement réprimées par la foule nationaliste qui chantait l’hymne et avait le visage peint avec le drapeau brésilien. À la suite il y a eu des dénonciations et des poursuites dans l’intention de collaborer avec le travail de la police. Il y a encore des attitudes répressives dans les secteurs marginaux qui adhèrent aux manifestations. Des groupes de manifestants applaudissent devant les actions de la police et demandent l’exécution des adolescent-e-s dans la rue pour avoir effectué des vols au cours des manifestations.

Sao Paulo

Sao Paulo

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Accusations de conspiration et préparatifs pour un coup. 

Devant la résistance des manifestant-e-s s’affrontant dans les rues, et dans certains cas, vainquant les appareils répressifs, compte tenu aussi de la présence de symboles anarchistes sur des drapeaux et des tags faits au cours des manifestations, et aussi grâce à la présence d’organisations libertaires qui participent au Mouvement Paso Libre, les gouvernants et militaires ont soulevé l’hypothèse de l’existence d’une conspiration anarchiste internationale qui veut abattre le pouvoir. Par des conjectures sans fondements publiées dans les journaux, les libertaires ont fini par être sous le coup d’une enquête de l’agence d’intelligence brésilienne des forces policières. Des militants du MPL ont été menacés de mort durant les manifestations. Un espace culturel de la Fédération Anarchiste Gáucha a été envahi par la police sans aucun mandat. Des livres et d’autres matériaux ont été perquisitionnés, le matériel pour peindre les banderoles et affiches a été considéré comme « matériel pour la confection de cocktails molotov ». Une carte qui identifie les organes de sécurité a été posée par la police pour simuler une imminente attaque anarchiste contre L’État. Le gouvernement a aussi soulevé l’hypothèse d’une conspiration d’extrême droite impliquant des secteurs de la police militaire et des grands médias, dans l’intention de semer le chaos dans les rues des villes, afin de pouvoir justifier une intervention ou un coup d’état militaire. Cette hypothèse ne semble pas être complètement fantaisiste, dans certaines villes les effectifs militaires sont chaque fois plus présents. Un général de haut rang s’est déjà prononcé en faveur d’un nouveau coup d’état.

Articulation

Dès lors, nous invitions les groupes et individus en affinité avec les idées libertaires à faire un effort collectif pour propager ces informations au travers de campagnes informatives sur les évènements en relation avec l’autoritarisme au Brésil. C’est aussi important que la Coupe du Monde au Brésil ne puisse pas se réaliser, pour que cet événement ne serve pas d’excuse pour la mise en place d’un état policier d’exception. Nous appelons à combattre les discours nationalistes qui jusqu’à maintenant sont propagés par les médias de masse brésiliens, et qui selon tout vraisemblance préparent le terrain pour un nouveau coup d’état de la droite.

RAAIP – Réseau Anticapitaliste et Sans Parti d’Information Politique.

en portugais

Source: Contra Info, 18 juillet 2013

Les manifestations continuent au Brésil… Dans la soirée du 17 juillet, plus de 1.000 personnes ont défilé dans la zone sud de Rio de Janeiro afin de dégager le maire de la ville Sérgio Cabral, qui trempe dans de nombreuses affaires de corruption.

La manif, qui a débuté vers 20h, a déambulé avec pancartes et slogans pour demander la démission du maire. La déambulation dans le quartier de Leblon  est restée pacifique jusqu’à sa fin, vers 22h30. C’est un quart d’heure plus tard que les affrontements ont débuté.

Selon la version de leur presse, des manifestants ont commencé à caillasser la police, qui a répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes. Un bar populaire du quartier a été touché par une bombe lacrymo lancée par la PM.

Un groupe de manifestants de la commune de Rocinha (sud de Rio) qui manifestaient contre ‘la mort d’un habitant’ aurait rejoint le groupe. Tard dans la nuit, la situation dans les quartiers de Leblon et Ipanema est devenue incontrôlable: pillages de magasins, destructions de banques, de panneaux publicitaires et de signalisation… des barricades ont été montées à travers les rues..

Plus tard, vers 01h30, environ 100 manifestants se sont rassemblés à côté de la maison du ministre de la sécurité, José Mariano Beltrame, et ont dispersé rapidement par les flics du ‘Bataillon de choc’, qui ont utilisé flashball et canons à eau. Les manifestants ont ensuite occupé une avenue de la ville.

Au total, au moins 16 personnes ont été arrêtées et 7 policiers ont été blessés selon la police. Par contre, on ne connaît pas le nombre de manifestants blessés.

Traduit de l’anglais librement de leur presse – riotimesonline.com, 18/07/2013

Une banque explosée

Une banque explosée

Une vidéo des affrontements (via @worldwideriot):

Voir la vidéo sur Youtube

Voir la vidéo sur Youtube

 

[Turquie] Nouveaux affrontements avec les flics à Taksim – Istanbul, 13 juillet 2013

Turquie: les affrontements continuent entre policiers et manifestants à Istanbul

La police est intervenue samedi soir à Istanbul pour disperser des centaines de manifestants qui tentaient de gagner la place Taksim et le parc Gezi, bastion de la fronde antigouvernementale qui a agité la Turquie au mois de juin.

AFP/Bulent Kilic

AFP/Bulent Kilic

Les forces de l’ordre ont fait usage de canons à eau, de grenades lacrymogènes et de billes en plastique pour repousser les manifestants dans les ruelles du quartier de Beyoglu, qui jouxte la place Taksim.

La police a dans un premier temps autorisé un rassemblement de plusieurs milliers de personnes protestant contre le gouvernement islamo-conservateur du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, organisé devant le lycée francophone de Galatasaray, à plusieurs centaines de mètres de la place Taksim. Elle est ensuite intervenue contre environ 500 manifestants qui tentaient de marcher en direction de la place.

Dans la rue Ayhan Isik, des commerçants excédés par des semaines de manifestations et de heurts avec la police ont pris à partie des journalistes, et des altercations ont eu lieu avec des manifestants.

La place ouverte depuis cinq jours

Interdit au public depuis son évacuation manu militari le 15 juin dernier, le parc Gezi a été rouvert en début de semaine, mais les manifestations y restent interdites.

Le 31 mai, la police turque était violemment intervenue pour évacuer quelques centaines de militants écologistes du parc Gezi qui s’opposaient à l’arrachage de ses 600 arbres dans le cadre du projet d’aménagement de la place Taksim. Ce projet, défendu par le Premier ministre et ancien maire d’Istanbul Recep Tayyip Erdogan, prévoit la reconstruction d’une ancienne caserne ottomane à la place du parc et le creusement de tunnels, aujourd’hui presque achevés, pour rendre la place aux piétons.

Les manifestations contre ce projet ont fait cinq morts -quatre contestataires et un policier- et environ 8.000 blessés, selon l’Association des médecins.

Reuters - 13/07

Reuters – 13/07

Leur presse – SudInfo.be (AFP), 13/07/2013 à 20h18

[Grève générale au Brésil] Solidarité avec les barricadiers de Rio en lutte – 11 juillet 2013

Brésil : une grève générale bloque les routes et paralyse les transports dans tout le pays

L’appel à la grève générale des syndicats a été entendu un peu partout au Brésil, ce jeudi après-midi. La mobilisation varie énormément d’une ville à l’autre, mais 18 Etats et plus de 80 autoroutes ont été paralysés. Le rassemblement recense toutefois, pour l’instant, moins de monde que les manifestations de juin.

Ce jeudi au Brésil, près de 18 Etats se sont réveillés avec leurs transports paralysés et leurs rues pleines de manifestants. La « Journée nationale de la lutte« , organisée par les syndicats, a réussi son pari.

Les cinq grands syndicats ont manifesté côte à côte et ont réclamé la réduction de la semaine à 40h, contre 44h actuellement. Ils ont également repris certaines revendications des manifestations de juin, qui se voulaient « apolitiques ».

18 villes bloquées, 80 autoroutes paralysées

Les manifestations sont encore en cours, mais un premier bilan peut être dressé. Si le nombre de manifestants est moins important qu’au mois de juin, la mobilisation touche l’ensemble du pays et les moyens d’actions mis en oeuvre sont originaux.

Sao Paulo, Rio de Janeiro, Manaus, Brasilia… Toutes les grandes villes ont été touchées. Les préfectures ont essayé de limiter les dégâts : à Sao Paulo, où les embouteillages sont un véritable fléau, les syndicats avaient promis de ne pas bloquer aux heures de pointe.

A Rio, une centaine de manifestants masqués se sont heurtés à la police. Ils ont lancé des cocktails molotov et feux de bengale sur les policiers qui les ont repoussés par des tirs de gaz lacrymogènes.

 Leur presse – FranceInfo.fr (Lucas Roxo), 12/07/2013 à 00h50

 C’était la première grève générale depuis 22 ans et elle a mobilisé dans plus d’une dizaine de grandes villes du pays à l’appel des syndicats […]

 Nombres de banques, de postes et d’administrations étaient fermées faute de fonctionnaires. Et le plus grand port d’Amérique latine, à Santos, sur la côte atlantique, a été bloqué toute la journée. […]

 Leur presse – seneweb.com (François Cardona), 12/07/2013 à 07h06

Des groupes d’anarchistes masqué.e.s et vêtu.es de noir ont marqué leurs distances avec les ‘démocrates’ et autres manifestants citoyennistes à Rio de Janeiro. Plusieurs émeutes ont éclaté à plusieurs endroits de la ville Rio de Janeiro.

Rio, 11/07/2013

Rio, 11/07/2013

La première émeute a commencé lorsque les flics ont arrêté un manifestant accusé d’avoir cassé une vitre d’une église à Candelaria.

Ensuite c’est dans le secteur de Cinelandia, à l’intersection de l’Avenue Rio Branco et de l’Ave. du Chili, que l’émeute s’est intensifiée. Les manifestantEs masquéEs, en plus grand nombre et mêléEs à une foule allant de 6.000 à 10.000 personnes, ont lancé pierres, bouteilles et pétards sur la PM, qui a répliqué avec des tirs de lacrymogènes.

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Des syndicalistes (notamment des membres de la Confédération des travailleurs du Brésil (CTB)) et des manifestants ‘pacifistes’ ont tenté en vain d’expulser les émeutiers, dont plusieurs faisaient partis des ‘Black Bloc’.

Un groupe de manifestants s’est dirigé vers la rue Evaristo da Veiga, où se trouve le siège de la police militaire. Des dizaines de policiers ont été mobilisés pour bloquer l’accès à la rue et éviter l’arrivée des manifestants devant l’entrée principale.

Après 19h et à proximité du Palais Guanabara (siège du gouvernement d’Etat), la situation était hors-de-contrôle: les manifestant.e.s ont jeté des cocktails molotov sur les policiers qui se trouvaient à l’intérieur du palais. Le PM a répondu avec des gaz lacrymogènes, canons à eau et balles en caoutchouc. Des barricades en feu ont été montées dans les rues avoisinantes. 

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Les flics ont lancé des appels aux ‘manifestants pacifistes’ afin de dénoncer les « fauteurs de troubles », ce qui a provoqué de brefs affrontements entre manifestants et poukaves citoyennes.

'Accueil Santé' défoncés par les flics

‘Accueil Santé’ défoncés par les flics

Aux alentours de 22h, des manifestants se sont réfugiés dans l’établissement médicale Pinheiro MachadoLa police a tiré et a brisé la vitre de l’établissement. Les patients de l’Unité médicale ont été effrayés et étaient en train de se faire soigner sur place. 

Peu avant minuit, la police a déclaré avoir arrêté cinq manifestants (dont deux mineurs) pour avoir jeté des pierres sur la police militaire, des bus et des commerces. Ils sont accusés de ‘conspiration’

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A la fin de la manifestation, un groupe a annoncé ce qui pourrait être une autre nuit d’émeute.« Demain, ce sera plus », criaient les manifestants qui ont résisté jusqu’à la fin.

On peut également souligner que 3 flics en civil se sont faits dégagés des cortèges de manifestations.

Des traces du passage de la manif de ce jeudi étaient bien visibles sur l’Ave. du Chili en début de matinée de ce vendredi:

  • le bâtiment de la Police Militaire a eu ses vitres cassées, son mobilier saccagé, exproprié puis incendié pour monter des barricades
  • deux voitures ont été incendiées
Siège de la Police Militaire

Siège de la Police Militaire

  • Du mobilier urbain ont été arrachés sur l’Ave. Rio Branco et des véhicules blindés de la PM ont été attaqués à coups de pierres et pétards.

Au total, 56 personnes ont été arrêtées par la PM à l’issue de la soirée.

A noter que toutes les agences bancaires de l’Avenida Rio Branco et de l’intersection avec l’Avenida Presidente Vargas, le centre financier de Rio, ont été protégés par des clôtures et fermés au public par crainte de vandalisme.

Quelques images de cette journée de grève générale:

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Rio, 11/07/2013

Rio, 11/07/2013

Rio, 11/07/2013

Rio, 11/07/2013

Sources: leur presse, 11-12/07/2013

  1. g1.globo.com
  2. jb.com.br
  3. veja.abril.com.br

Par ailleurs, durant cette même soirée du 11 juillet, une émeute a éclaté à la prison Raimundo Vidal Pessoa de Manaus (Etat d’Amazonas).

Tout commence lorsqu’un complice a été arrêté après avoir tenté d’introduire des armes à l’intérieur de la prison. Les prisonniers se sont révoltés et ont incendié une partie de la prison: la PM est alors violemment intervenue pour rétablir l’ordre: au moins une vingtaine de détenus ont été blessés durant la mutinerie.

Leur presse: noticias.terra.com.br, 12/07/2013 à 09h17

FEU AUX PRISONS