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[Brésil] Agitation aux abords du stade Maracana et mise-à-jour sur les perquisitions et arrestations de la veille – 13 juillet 2014

Ce samedi 12 juillet au matin à Rio, les flics ont arrêté 19 personnes* soupçonnées d’avoir participé à l’agitation dans les rues avant et pendant la coupe du monde. 60 mandats de perquisitions entre autre pour regroupement armé en vue de commettre un délit ont été émis par l’Etat deux jours auparavant. Les personnes arrêtées ont été transférées immédiatement à la « Cité de la Police » (Cidade da Policia, un gros complexe de commissariats) et seront détenues pendant 5 jours. Dans un premier temps, les personnes arrêtées devaient être transférées à la prison « Bangu 8« . Mais les médias rapportent ce 13 juillet que les détenus seront transférés à la prison de Gericinó dans la zone ouest de Rio de Janeiro.

C’est dans ce contexte qu’a eu lieu la grande manifestation Nao Vai Ter Copa durant la finale qui s’est déroulée ce dimanche 13 juillet 2014. 

Plusieurs rassemblements et manifs se sont tenus dans la journée. L’Etat a bien évidemment sorti les grands moyens pour garantir la bonne tenue de cette cérémonie finale aux alentours du stade Maracana. Près de 30.000 flics de différents modèles (dont la cavalerie et les troupes de choc) ont été utilisés pour contenir la rage des protestataires. La station de métro de la place Saens Pena a été fermée par les flics tout l’après-midi, tout comme le secteur de la rue Conde de Bonfim: l’objectif de la police était bel et bien d’isoler les manifestant-es de la population, tout en les séquestrant à ciel ouvert.

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Plus de 300 personnes se sont donc rassemblées place Saens Peña à Tijuca en milieu d’après-midi avec comme but de se rendre au stade Maracana de Rio où se jouait la finale. De nombreux slogans ciblaient la police et la répression de la veille – demandant  la libération et l’arrêt des poursuites pour les 37 personnes interpellées au petit matin (16 sont ressorties libres du comico après avoir été entendues*). Les flics de la PM ont rapidement encerclé les manifestant-es, mais un groupe d’environ 150 masqué-es a tenté de percer les barrages policiers en direction du stade et des infrastructures de la FIFA mais a été repoussé par la PM à coups matraques et de grenades lacrymogène. Les plus gros affrontements avec les flics ont eu lieu sur cette place et fait de nombreux blessés du côté des manifestant-es et des journalistes présents (dont au moins 1 s’est fait casser un bras).

Selon le groupe d’avocats Habeas Corpus, 8 personnes ont été arrêtées et emmenées au 21e DP (à Bonsucesso) et au moins une autre à la 19 Cité à Tijuca.

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Samedi 12 juillet à Sao Paulo, plus de 200 personnes se sont réunies pour exiger la libération des deux manifestants interpellés suite à l’émeute du 19 juin dernier. Ils risquent une peine allant de 5 ans et 5 mois à 14 ans et 6 mois d’emprisonnement pour incitation au crime, association de malfaiteurs armés, résistance/désobéissance et possession d’engin explosif. L’ancien joueur international reconverti en homme d’affaires Ronaldo a été tourné au ridicule en se faisant représenter par une poupée pour ses déclarations de bourgeois sur les révoltés (en déclarant vouloir poser ses fesses sur la tête des vandales qui participent aux manifestations; il doit sûrement avoir des affaires dans l’automobile^^).

Infos piochées dans la presse mainstream

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Le blog de la Croix Noire Anarchiste de Porto Alegre vient de changer de serveur, l’adresse actuelle est désormais :

cnapoa.wordpress.com

l’adresse mail reste la même : cnapoa[At]riseup[pt]net

*Les noms des 19 personnes détenues:

  • Elisa Pinto Sanzio Peintures « Sininho »
  • Gerusa Diniz Lopes » O Lê »
  • Tiago Teixeira Neves da Rocha
  • Eduarda Oliveira Castro de Souza
  • Gabriel da Silva Marinho
  • Kartayne Moraes da Silvia Pinheiro » Moa »
  • Eloisa Samy Santiago
  • Camila Rodrigues Aparecida Jourdan + APF
  • Igor Pereira Icarahy + APF
  • Emerson Raphael Oliveira da Fonseca
  • Rafael Barros Caruso
  • Proença de Carvalho Felipe Moraes » Rataô »
  • Felipe Carvalho Frieb
  • Pedro Pedro Maia Brandão « punk »
  • Bruno Souza Vieira Machado
  • Rebecca Martins de Souza
  • Joseane Maria Araujo de Freitas
  • Eronaldo Araujo da Fonseca – Armes et munitions
  • Sarah Borges Galvão de Souza – « Drogua

9 personnes qui n’ont pas été placées en détention mais qui font face à des poursuites:

  • Luiz Carlos junior Rendeiro » Game Over »
  • Dreyer Luiza Rodrigues de Souza
  • Ricardo Calderon Egoavil Karyu » »
  • Igor Mendes da Silva
  • Drean Moraes Moura Correa » DR »
  • Shirlene Feitoza da Fonseca
  • Leonardo Pereira Fortini Baroni
  • Pedro Mascarenhas Guilherme Freire
  • André de Castro Sanchez Basseres

Parmi les personnes arrêtées au petit matin, il y a l’activiste de Porto Alegre Elisa Sanzio, qui est poursuivie pour crime informatique(soit activités/agitation anarchistes sur internet). De nombreux mineur-es se trouvent parmi les personnes séquestrées. On peut voir une vidéo de l’opération policière ici

Les infos en portugais

[Brésil] Leur fête est finie… et gâchée (8-9 juillet 2014)

Suite à la défaite de l’équipe brésilienne mardi 8 juillet à Fortaleza face à la Mannschaft, les rues de plusieurs villes se sont embrasées au milieu de pillages divers et variés. Des compagnon-es anarchistes se sont donné-es rendez-vous le soir même dans Sao Paulo contre la coupe du monde FIFA et tout ce qu’elle couvre (pacification, patriotisme, gentrification, rénovation urbaine, omniprésence de l’armée et de la police dans les quartiers…), alors que la masse s’aglutinait devant les écrans de la domination.

Durant la nuit du 8 au 9 juillet à Sao Paulo, 19 autobus ont été détruits par le feu dans plusieurs quartiers périphériques de la ville (dont la moitié étaient garés sur le même parking). Des autobus ont également été caillassés et pour certains incendiés dans la ville de Curitiba, dans l’Etat voisin du Paraná. Un magasin de produits électroménager a été pillé, tandis qu’un magasin de pièces d’automobiles était incendié. Des drapeaux nationaux ont été brûlés. Il y aurait eu six interpellations lors de cette soirée émeutière.

A la « Fifa Fan Fest » sur la plage Copa Cabana à Rio de Janeiro, des milliers de personnes s’étaient rassemblées devant les écrans géants pour suivre la rencontre de foot… les riches, en plus de voir perdre leur nation, ont vécu une sale soirée: des groupes de jeunes s’en sont pris à leurs biens (des sacs à mains et des bijoux de luxe leur ont été arrachés) et l’intervention policière immédiate et brutale a provoqué un vent de panique général. La police n’a pas traîné pour arrêter 7 présumés pillards.

Ailleurs dans la ville, dans l’ambiance émeutière, une personne a été tuée par une balle de la police militaire pendant que deux personnes mettaient le feu à un autobus…

A Recife, des barricades de pneus bloquaient les routes; à Salvador de Bahia, des échauffourées ont également eu lieu du côté de la « FIFA Fan fest », qui a rapidement été fermée… Au moins cinq personnes ont été arrêtées.

À Belo Horizonte, des affrontements « post-défaite » ont eu lieu dans les rues, des pierres et des cocktails Molotov ont été lancés sur les flics, des drapeaux brésiliens brûlés, notamment dans le quartier touristique de Savassi. On dénombrait le lendemain près d’une vingtaine d’arrestations.

Le pouvoir avait largement prévu de canaliser et de réprimer toute révolte en mettant les villes brésiliennes sous occupation policière et militaire tout au long de ce mondial. Lors de cette soirée du 8 juillet et avant même le début du match, stations de métro et rues de Sao Paulo ont été investis par des troupes de choc de la Police Militaire (plus de 50 véhicules blindés antiémeute, remplis de robocops, sont restés toute la soirée sur l’avenue paulista, située dans le quartier d’affaires de la ville; en plus des quinze troupeaux de flics qui patrouillaient à cheval).

Cependant, non loin de cette avenue ultra-surveillée, entre 15 et 20 manifestant-es anti-coupe du monde se sont rassemblé-es. Vers 21h, plusieurs d’entre eux se sont masqués le visage au nez des flics qui tiraient la tronche.

« Je n’ai pas regardé un seul match durant la coupe du monde », explique un manifestant qui ajoute dans la foulée qu’il se sent davantage motivé à protester qu’à faire la fête, et principalement à se solidariser en cette fin des « festivités » avec les personnes incarcérées et inculpées suite aux manifs anti-mondial.

Le petit groupe s’est mis à déambuler au milieu des passant-es et des fans de foot, en lançant des slogans tels que « les patriotes sont des idiots », « le cirque est fini » [en référence à l’élimination de l’équipe nationale le soir-même], avant de faire face à l’intervention en règle de la PM…

Sources: fr.squat.net, wm2014.noblogs.org et articles de presse mainstream

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Ce samedi 12 juillet au matin à Rio, les flics ont perquisitionné et arrêté une vingtaine de personnes coupables d’avoir participé à l’agitation dans les rues avant et pendant la coupe du monde. 60 mandats de perquisitions ont été émis par l’Etat deux jours auparavant. Les personnes arrêtées ont été transférées immédiatement au complexe de commissariats et seront détenues pendant 5 jours. Cette vague répressive intervient au moment même où est prévue une grande manifestation Nao Vai Ter Copa durant la finale qui doit se dérouler ce dimanche 13 juillet 2014. 

La suite sur squat. net

Solidarité internationale avec la révolte contre la coupe du monde FIFA au Brésil

Action contre la coupe du monde dans le quartier de Kreuzberg à Berlin, vendredi 4 juillet 2014:

Solidarité avec la lutte au Brésil – un message de Berlin

Tandis que d’autres regardaient le match de football entre le Brésil et la Colombie nos pensées étaient ailleurs. Nous n’encourageons aucune équipe, surtout quand on sait qu’il y a des gens à l’extérieur des stades, dans les rues et dans les quartiers qui ont perdu leurs maisons ou même perdu leurs amis et membres de leur famille. Nous ne pouvons pas regarder un match en sachant que les gens qui ont construit ces stades ont été exploités ou se sont même morts. Nous sommes pleins de rage de voir ce jeu et sachant que le gouvernement a déjà un plan pour ces stades, ces géants blancs: les transformer en prisons.

Tandis que d’autres regardaient le match, nous avons accroché une banderole en solidarité avec le peuple qui lutte au Brésil. C’est un petit message, mais des centaines de personnes marchent tous les jours, ce qui est à l’origine de ce message se trouvant dans le centre de Görlitzer Park à Berlin-Kreuzberg.

solibrasilgörli

La banderole dit:

Contre l’exploitation et l’oppression !
Contre la FIFA et le football moderne !

Solidarité avec les combattants au Brésil ! Pour révolte sociale !
Não Vai Ter Copa – Il n’y aura pas de Coupe du Monde.

-Des anarchistes en solidarité

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A Niš en Serbie, fin juin 2014 :

Niš, Serbie : solidarité mondiale contre la Coupe du Monde

L’équipe antifasciste de Niš ne reste pas silencieuse tandis que l’Etat brésilien mène la terreur dans les rues. Une banderole a été accrochée à l’un des viaducs de la ville, disant: “solidarité mondiale contre la Coupe du Monde – soutien aux émeutes des favelas – AFA Niš”.

AFAnis

Alors que les entreprises, les Etats et les médias font la promotion de la Coupe du monde, qui conduit directement aux malheurs de beaucoup (plus de 50 000 familles ont été expulsées, des dizaines de morts, des centaines de blessés), et donne un faux bonheur à ceux qui la regardent de leur chambre et encouragent «leur» équipe, nous appelons à la solidarité mondiale et à la rébellion !

Courage à nos frères et sœurs qui sont frappé-es dans les rues et s’affrontent avec les flics et les fascistes – les chiens de garde du capitalisme et de l’État.

Que la lutte continue, même après le dernier match (mais nous espérons que la finale ne sera jamais jouée).

Soutenons les personnes enragées !
FIFA va te faire foutre !

- Action Antifasciste Niš

Repris de contrainfo

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Vu à Genève (Suisse), fin juin 2014 :

fuckfifa1bis fuckfifa2bis fuckfifa3bis

[Brésil] Récits depuis les rues de plusieurs villes sur la révolte contre le mondial de foot et la répression qui en découle (12-23 juin 2014)

[Mise-à-jour 26/06/2014 à 15h22]

Plusieurs récits depuis les rues brésiliennes ont été publiés sur cumplicidade. Nous revenons sur les journées de révolte et la répression qui frappe depuis le début de cette coupe du monde.

  • Porto Alegre, 12 juin 2014:

1PA1206Une manifestation a rassemblé quelque 2000 personnes en se dirigeant à travers les rues du centre-ville: parmi eux, un groupe cagoulé a détruit plusieurs banques sur leur chemin (Banrisul, banque d’épargne fédérale, la banque Itau Brésil, etc…). Un resto Mac Donald a également été attaqué, perturbant ainsi le confort et la tranquillité des complices des meurtres quotidiens des êtres humains et non-humains. Les symboles de la Coupe (mobilier, signalétiques et publicités) ont été soit arrachés, soit détruits. Des poubelles ont également été brûlés et des graffitis ont fleuri un peu partout. En arrivant à Largo Zumbi de Palmares il y a eu des affrontements avec la BOE (Bataillon des opérations spéciales) protégeant l’office de tourisme. La foule s’est dirigée à Borges, prenant le chemin de la FIFA Fan Fest, mais a été dispersée avant qu’elle puisse y arriver. Un manifestant a perdu une dent dans la bataille. Mais les forces répressives ont rapidement dispersé le cortège. Après la dispersion, 15 personnes ont été arrêtées et six d’entre elles ont été emmenées à l’ACISP (Académie intégrée de la sécurité publique) au 555 de l’avenue Antonio de Carvalho. Cinq d’entre elles ont été libérées dans la même journée après le paiement d’une caution. Une personne est incarcérée en ce moment même à la prison centrale mais nous n’avons pas plus d’informations pour le moment.

  • Salvador, le 13 juin 2014:

Alors que le premier jour du mondial plusieurs rues ont été fermées et qu’un car officiel de la FIFA a été pris en chasse par des manifestant-es, cette deuxième mobilisation avait pour destination l’Arena Fonte Nova, où se tenait un événement FIFA, « la FIFA Fan Fest » (retransmission des matchs avec des concerts de « musique » avilissante. Bref, un temple de la consommation organisé par la fifa). Anarchistes et anti-autoritaires ont préféré se démarquer du rassemblement des partis et autres récupérateurs, plus préoccupés comme d’habitude à s’afficher avec leurs drapeaux… Le cortège anarchiste s’est décidé à se mettre en route, alors que les partis et syndicats continuaient à parler aux agents de la répression. A l’approche, les flics se sont fait plus pressants, et à quelques mètres des barrières, ont attaqué les quelques manifestant-es déterminé-es avec flashballs et gaz lacrymo. A ce moment, un concessionnaire Honda s’est fait péter ses vitres , et les bagnoles à l’intérieur ont été sauvagement endommagées. Les flics ont piégé les manifestant-es, les ont frappés à coups de matraques et coups de pieds puis arrêtés 23 personnes (14 adultes et 9 mineurs). Tou-te-s ont été trimballé-es dans la plus grande discrétion au 1er DP (comico) dans le quartier Barris, sauf les mineurs qui ont été ammenés à Brotas au DAI (Delegacia para Adolescente Infrator: pour les « jeunes délinquants »). Plusieurs compagnon-es de lutte étaient présent-es devant le DAI pour soutenir les mineurs arrêtés et les saluer à leurs sorties, tandis que des avocats populaires étaient là pour les conseiller. La dernière personne inculpée est sortie à 04h30 samedi matin.

L’Etat et les entreprises se donnent le maximum de moyens en matière de répression et d’intimidation afin de s’assurer que leur fête ne soit pas gâchée.

  • Belo Horizonte, 14 juin 2014:

Une manif s’est tenue contre la Coupe du Monde dans le centre-ville. La police a organisé une répression autour de la place, en contrôlant et recherchant toutes les personnes qui s’y approchaient. 15 personnes ont été arrêtées, dont Igor Aguiar Daniel Borges, qui est resté digne face à l’Etat et ses sbires (police, justice, médias). Il a eu une attitude digne et audacieuse dans laquelle nous nous sympathisons avec lui, parce que nous ne devons pas montrer notre peur contre les appareils répressifs. Maintenant, il est détenu en attendant la suite du cirque juridique démocratique.

  • Rio de Janeiro, le 15 juin 2014:

Rio1506Suite à la répression du 12 juin (ouverture de la coupe), une autre manif a eu lieu et a déambulé dans les rues de Tijuca, Vila Isabel, tout en attaquant les symboles du capital sur son passage. Malgré les attaques des forces de police, les gens continuent de descendre dans la rue, ne se laissant pas intimider par la démonstration de force étatique.

Une vidéo ici

  • Rio de Janeiro, le 20 juin 2014:

Trois rassemblements de résistance se sont tenus dans le centre-ville: le premier, le festival de juin « Fifa go home » organisé par le FIP (Front Populaire Indépendant. Le deuxième, une manif des enseignants en grève à Lapa et le troisème sous le slogan “Dictature Carioca”, pour se rappeler du soulèvement du 20 juin 2013, date à laquelle plus d’un million de personnes  ont pris les rues et ont fait face à une féroce répression policière. Sinon, un autre rassemblement s’est tenu également à Candelaria, en face de la municipalité, sous le slogan « 20j: le retour du géant » pour demander une amélioration des transports, de l’éducation et de la santé. Les trois manifs se sont tenues à proximité des Arches de Lapa autour de 19h, secteur du quartier Lapa qui est aujourd’hui un bastion des bobos et des touristes étrangers. Les flics étaient de sortie avec camions à eau, centaines de keufs des bataillons de choc et hélico (à ce sujet, l’Etat brésilien a créé durant l’année une brigade de keufs – appelée « Lapa presente »spécialement pour protéger la population aisée de Lapa). Immédiatement les flics ont tenté d’arrêter des manifestant-es, en bloquant une des rues du secteur (la rue Mem de Sá). Les gaz balancés ont pu encrasser les poumons des touristes qui buvaient en terrasse. Ces derniers ont hurlé sur les manifestant-e en anglais, ne comprenant rien à la situation, en atteste les mots qu’ils ont pu dire: « Quel est le problème?? » (sic!). Un manifestant-e lui a répondu que le problème, c’était la Coupe du Monde. Il a réagi par la peur: « Alors le problème, c’est moi? » pui au maniferstant-e de répondre: « Le problème ce n’est pas seulement vous, ce sont tous les gens et tout ce qui collabore avec la Coupe du Monde de la pauvreté, de la violence et de l’exploitation« . Bien que 7 personnes ont été arrêtées (rapporté par les médias bourgeois) pour port de cagoules, la manif a continué sous escorte policière pendant quelques heures. Au festival du FIP, le slogan « FIFA go Home » était visible depuis les murs blancs et tous propres du secteur (les services municipaux se sont activés pour rendre le quartier agréable pour les riches avant le début de cette coupe… tout ça faisait partie des règles fixées par la FIFA quant à l’organisation de cette fête de la domination). Ce festival a pu se tenir une bonne partie de la soirée avec le vol incessant des hélicos au-dessus de leurs têtes… (à noter que plusieurs festivals populaire contre la coupe du monde ont été interdits dans plusieurs villes, notamment à Salvador.

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Récits depuis plusieurs articles de leur presse:

  • Lundi 23 juin 2014:

A Sao Paulo, depuis les émeutes du 19 juin dernier, le centre-ville a été placé sous occupation policière et militaire, histoire une fois de plus de faire régner la peur sur quiconque essaierait de manifester. Malgré cela, près de 300 manifestant-es ont quand même tenté de se rassembler et défiler à proximité d’une station de métro. La police, présente en masse, a rapidement chargé et des affrontements ont éclaté. Des flics ont tiré des coups de feu en l’air… un manifestant, Rafael Marques (déjà arrêté le 12 juin dernier) a été violemment interpellé par les flics en civil, puis embarqué jusqu’au siège de la police judiciaire d’Etat à Bélem dans la zone est. Un autre manifestant, Fabio Hideki Arano, a été transféré au centre de détention provisoire (CDP) à Pinheiros dans l’ouest de la ville: les deux manifestants sont accusés de faire partie des black blocs et inculpés pour « violence, conspiration et possession d’engins explosifs ».

Un concessionnaire de voitures de luxe désert dans une grande avenue de Sao Paulo lundi 23 juin 2014

La peur chez les riches en illustration (Sao Paulo lundi 23 juin 2014)

Le même jour, cette fois-ci à Rio, plusieurs centaines d’habitant-es des favelas (notamment de Chapeu Mangueira, située près de Copa Cabana), sont sorties dans les rues pour gueuler leur rage contre cette coupe de mort et de misère. Ils ont scandé des slogans contre les multiples meurtres de la police (et donc contre les flics de l’UPP, milice spéciale pour les habitant-es des favelas). On y voit les sales porcs de flics à l’oeuvre dans cette vidéo. Les médias rapportent une arrestation.

bus2506Mercredi 25 juin vers 9h30 du matin, la Police Militaire mène des opérations dans les favelas du secteur de Chapadão à la périphérie de Rio de Janeiro: les flics de l’UPA (Unité d’Urgence) investissent le quartier Costa Barros, ce qui se fait par une résistance armée d’une partie des habitant-es. Un enfant de 3 ans est tué par une balle policière alors qu’il se trouvait dans son lit. Deux autres habitant-es ont été sérieusement blessé-es par les tirs de ces assassins assermentés: l’un a été atteint à l’abdomen, l’autre à la cuisse. En réponse à tout ça, six autobus ont été crâmés, des routes et voies de métro ont été coupés par des barricades. Un peu plus tard, plus de 300 personnes se sont rassemblés, ont marché sur la route de Botafogo bloquant le trafic et tentant d’incendier un bus, ce qui a échoué par la rapide intervention de la PM.

D’autres informations sur ce qu’il s’est passé ailleurs au Brésil sur squat.net

Malgré la terreur que l’Etat fait régner dans les rues (plaçant les villes sous occupation des uniformes de l’armée et de la police, les arrestations de masse et la brutalité permanent des forces répressives), les révoltes n’ont vraiment pas l’air de s’essoufler…

De partout, de nombreuses formes de solidarité avec toutes ces agitations sont possibles. En atteste les multiples initiatives de ces derniers temps en Allemagne (entre autre à Hambourg et à Berlin -voir ici et , à Oakland, Besançon ou encore en Suisse allemande)

A nous d’exprimer notre solidarité avec les révolté-es,

Sinon, pour rappel: il existe un moyen de soutenir les révolté-es inculpé-es en coment auprès de la croix noire anarchiste de Rio de Janeiro.

Le site: cnario.noblogs.org

[Hambourg] Contre le spectacle de la domination ! Manif sauvage en solidarité avec la révolte au Brésil – 20 juin 2014

Hier soir, le 20 juin 2014, 30 à 40 personnes ont manifesté spontanément et à l’improviste dans le quartier Schanze afin d’exprimer leur haine contre la FIFA, les États et leurs larbins ainsi que leur solidarité avec les combattants au BrésilDurant la manif, des slogans ont été tagués comme « Fuck Fifa! », des tracts ont été distribués, des feux d’artifice ont été allumés et la boutique Adidas à Schulterblatt a été honorée avec des pierres et de la peinture. La foule s’est dispersée à nouveau juste avant qu’un policier ne se montre. Ce bref instant a de nouveau montré que nous pouvons prendre les rues, il suffit de le faire.

Voici le texte du tract distribué:

Contre le spectacle de la domination !

Fifa de merde, coupe du monde de merde ! Pour la révolte mondiale !

117152Chaos et désordres dans le pays d’accueil; Le stade d’inauguration n’est pas fini à temps en raison des grèves; Les flics sont remplacés par l’armée où ils font grève et soutiennent à d’autres endroits où la résistance est trop importante. La Fifa de toute façon, mais surtout la Coupe du Monde au Brésil en 2014, montrent une fois encore clairement comment les Etats et les entreprises internationales telles que la FIFA font cause commune pour le contrôle, l’image et le profit.

Pour la construction des stades et des boulevards qui les relient au profit des touristes, des quartiers entiers ont été expulsés. En conséquence de l’accueil de la Coupe du Monde cette année et des Jeux Olympiques dans deux ans, plus de 20.000 personnes perdront leurs maisons, l’augmentation des prix des tickets de transport, des billets, des locations et beaucoup d’autres augmentations énormes, tant elles sont déjà ainsi chassées de leurs lieux de résidence.

Les quartiers au coeur des villes hôtes sont des nuits de troupes de flics aggressifs qui occupent, arrêtent, frappent ou même tuent ce.lles.ux qui ne conviennent pas à l’image d’une ville propre et sécuritaire.

Tout cela est bien naturellement pas accepté.

Des manifestations, des grèves et des émeutes accompagnent la coupe du monde comme nulle part auparavant et les flics agissent avec matraques, gaz lacrymogènes et souvent même avec des armes à feu contre des personnes dans la rue.

Celles et ceux qui se révoltent ont bien compris qu’un tel projet sert et renforce un ordre dans lequel une minorité profite du malheur de beaucoup d’autres. En solidarité avec ces soulèvements courageux nous allons maintenant dans les rues pour montrer que nous nous reconnaissons dans la révolte contre ce projet de domination - qu’ils doivent toujours et partout s’attendre à une résistance !

Pour la révolte sociale !

Plus d’infos sur: http://wm2014.noblogs.org

Traduit de l’allemand de linksunten

[Brésil] Génocide et spectacle

Génocide et Spectacle – Une réflexion anarchiste sur le contexte à Rio de Janeiro : l’opération Choc de l’Ordre, la Coupe du Monde de la FIFA et les Jeux Olympiques d’Été de 2016 au Brésil.

Rio de Janeiro, futur hôte de la Coupe du Monde de 2014 et des Jeux Olympiques de 2016, est une métropole emblématique construite autour d’un écosystème paradisiaque et admirable [1]. Ses quartiers et ses rues contiennent le contraste du royaume marchand : disséminés autour des différentes parties de la ville, la pauvreté criante, la profonde décadence, l’abandon administratif dans leurs états les plus crus… et à d’autres endroits, le luxe hygiénique sert de toile de fond à un scénario simulé et superficiel de consumérisme et de vie confortable, constamment sous l’œil des caméras et d’une forte présence policière. Cette terre de tant d’anecdotes qui font « l’histoire du Brésil » est l’endroit où se produisent des extrémismes à caractère urbain et qui ne peuvent qu’être vécus en ce lieu, du moins dans les proportions dans lesquelles ils se manifestent.

Selon l’Indice de Développement Humain (IDH) – une mesure internationale comparative pour classifier le « développement » économique d’un territoire – il existe dans la ville de Rio une coexistence d’IDH de certains des quartiers les plus riches du monde, équivalents à ceux qu’on peut trouver dans certains endroits d’Europe, alors que plusieurs favelas ont un IDH égalant ceux de certains des pays les plus pauvres du continent africain. À l’origine de tout cela, le fait que ce fut toujours une ville où richesse extrême cohabite avec extrême pauvreté et que ce fut l’un des ports majeurs pour les humains enlevés en Afrique puis revendus comme esclaves. Malgré tout, pendant 12 ans elle fut la capitale de l’empire portugais et après l’ »indépendance » elle fut la capitale du Brésil jusqu’au milieu du XXe siècle. Si autrefois les contrastes encerclaient les palaces de la noblesse et les quartiers noirs, aujourd’hui cette différence se perçoit entre les quartiers riches opulents – de vrais Beverly Hills – et les nombreuses favelas.

La question raciale est intrinsèquement reliée à l’histoire de Rio de Janeiro. Si aujourd’hui il existe une politique si violente assiégeant cette ville, c’est sûrement parce que d’elle descend directement du régime esclavagiste. Cela date de la création d’un pouvoir public autonome et de la propre constitution de l’État brésilien. Avec l’arrivée de la famille royale du Portugal en 1808, la police de Rio fut fondée pour édifier un nouvel ordre public qui cherchait à affronter dans les rues la population réduite en esclavage, terrorisant les noirs et les pauvres avec des châtiments corporels en public et des éliminations physiques. Dans le même temps, elle combattait la résistance qui était apparue de différentes manières, à la fois de nature politique et culturelle, organisée ou non : depuis les équipées rebelles et les formations consécutives des quilombos – communautés rebelles noires [2] – à la capoeira, une technique de combat développée dans les rues et un outil inséparable des rebelles noirs organisés qui ont combattu lors de révoltes organisées durant toute cette période. La favela est la fille et la nièce de cette résistance, berceau de ces magnifiques manifestations culturelles de descendance africaine et bastion de ceux qui n’ont jamais séparé le combat du sourire.

L’origine des favelas de Rio de Janeiro émane du milieu du XIXe siècle lorsqu’avec la fin de l’esclavage une partie des affranchis migrèrent vers la capitale fédérale, s’installant de façon informelle dans des lieux qui seront connus après sous le nom de Favelas. Le premier de ces endroits à être appelé favela fut Morro de Providência [Colline de la Providence], qui se trouve près de la zone portuaire dans le centre de Rio, occupé en 1897 par des soldats noirs de l’armée brésilienne qui revenaient de la Guerre des Canudos et qui avaient cessé de toucher leurs soldes ; sans moyens financiers, ils allèrent vivre sur la colline dans des baraques temporaires. Le terme favela vient du camp de Canudos qui se situait dans la province de Bahia et qui fut construit sur une colline où poussaient beaucoup de plantes d’une espèce populairement connue sous le nom de Favela ou Faveleiro. Cette plante fut aussi trouvée à Morro de Providência, ce qui lui valut le nom de Morro da Favela [Colline de Favela]. Avec le temps, le terme commença à être utilisé comme façon de désigner les lieux d’habitation populaire. La favela, d’un point de vue urbain, est la descendante des quartiers d’esclaves [senzalas], et apparaît comme l’un des représentants majeurs du ségrégationnisme aigu, de l’isolement, des déchets humains, dans un régime qui avait substitué le travail d’esclave à l’esclavage salarial, vu que les temps avaient changé et qu’il y avait un besoin de formes différentes d’exploitation.

D’autre part, la favela est la représentante de la résistance culturelle noire qui a continué à se développer dans des manifestations culturelles comme la samba, la capoeira et les religions d’origine africaine (comme la candomblé et l’umbanda), en plus d’être l’habitat naturel de l’authentique système D brésilien. Ainsi le policier de Rio est le « capitão-do-mato » moderne (ceux qui capturaient les esclaves et les ramenaient à leurs maîtres), qui a juste substitué le fusil au fouet. Si avant, le mépris de la vie se traduisait dans l’image de l’esclave noir, aujourd’hui il se reflète dans la figure de l’habitant de la favela.

La réalité d’aujourd’hui

Ce qui se vit actuellement c’est une guerre civile à un niveau de conflit urbain armé inconnu en Amérique latine, camouflée en « guerre contre le trafic de drogue ». Les favelas ont toujours été contrôlées par les trafiquants de drogue ou par les milices locales [3] et plus récemment par la police qui utilise un large arsenal pour défendre son territoire. Les balles sont aussi quotidiennes que le riz et les haricots (la base du régime brésilien).

Sans aucun doute l’économie de Rio tourne autour du tourisme et bien sûr la ville est l’une des destinations touristiques les plus prisées de la planète. La « merveilleuse ville » est pleine de richesses pour tous ceux qui ont les conditions économiques pour les consommer. Une spéculation foncière et un embellissement rendu nécessaire pour le maintien d’une atmosphère de ville confortable pour ces gens. Cette situation mène à une constante et chaque fois plus grave criminalisation de la pauvreté, qui apparaît sur différents fronts et zones dans le contexte actuel, déguisée en réformes urbaines et améliorations de la qualité de vie de la population. Mais en réalité ce sont les voies vers des projets économiques mégalomanes entrepris par une série de partenariats public-privé.

La réalité sociale de Rio de Janeiro rend chaque fois plus explicite la ligne étroite articulée autour de différentes stratégies de gestion étatique, se trouvant quelque part entre la dictature et la démocratie. Au final, torture, élimination physique et incarcération (qui ont gagné de la visibilité lors de la dictature militaire afin de toucher des secteurs de la classe moyenne) ont toujours été une réalité pour les noirs, les pauvres et les habitants des favelas. Dans une période démocratique si acclamée il y a des faits qui deviennent de plus en plus présents. Plusieurs tactiques bien distinctes ont été utilisées, découlant de la nouvelle politique administrative de l’État (dans les mains de Sérgio Cabral Filho depuis 2006) et de la préfecture de la ville (tenue par Eduardo Paes depuis 2009), des initiatives qui viennent de différents endroits :

1) La guerre informelle contre les vendeurs à la sauvette qui, face à cette réalité, choisissent l’un des plus importants moyens de survie pour ceux qui sont sans le sou.
2) La reprise du contrôle de zones précédemment contrôlées par le trafic de drogue.
3) Les programmes de développement urbain, comme la revitalisation des environs du port.
4) L’écrasante présence de drogue comme le crack, ou plus récemment l’oxi [Ndt : mélange de pâte de cocaïne, d’essence, de kérosène et de chaux vive, qui se fume comme le crack], qui renforce le contrôle sur la population.

En plus de tous ces éléments, l’extermination actuelle de civils par la police, morts justifiées comme des dommages collatéraux dans une supposée guerre contre le trafic de drogue et souvent passée sous le coup de la dénommée Autos de Resistência – lorsque les assassinats de la police sont considérés comme étant la faute des victimes [4] – pour camoufler des exécutions sommaires. Ce qui se passe dans la pratique est un génocide silencieux qui loin de viser les groupes qu’il a pour cible – dans ce cas-ci les barons de la drogue – affecte surtout toutes les couches populaires qui se trouvent dans la zone du conflit. Le nombre de morts dans les mains des forces de police de Rio de Janeiro est extrêmement élevé. Prenons les trois dernières années pour exemple : en 2008 il y a eu 611 morts, en 2009 ils étaient 495, en 2010, 545 – chiffre qui équivaut plus ou moins aux victimes des pluies qui ont touché la région montagneuse au-dessus de la ville de Rio de Janeiro, en janvier 2011, considéré comme le « plus gros désastre naturel » de l’histoire du Brésil.

Avec de sinistres chansons qui glorifient la guerre et qui sont partie intégrante de sa formation, le BOPE (Bataillon d’Opérations Spéciales de Police) ne s’embarrasse d’aucun doute quand à ses missions d’après la chanson qu’ils chantent : « Homme en noir / Quelle est ta mission ? / C’est d’envahir la favela / De laisser des corps sur le sol », voire : « J’infiltrerai une favela / Avec un fusil dans ma main / Je combattrai l’ennemi / Provoquerai la destruction ». Le BOPE a été conçu et entraîné pour être une machine de guerre et exterminer les habitants des favelas. Le fait qu’ils aient un crâne comme logo n’est pas du pur symbolisme.

L’un des projets pilotes de l’actuel gouvernement au pouvoir, faisant partie de la logique de restructuration et d’embellissement de la ville, ce sont les machiavéliques UPP (Unités de Police Pacificatrice). Ce sont des unités de la police qui par des invasions permanentes reprennent le contrôle des communautés qui étaient précédemment sous la coupe des barons de la drogue.

Coïncidence ou non, toutes ces communautés sont des favelas qui se situent dans des zones à fort intérêt économique, telle la zone au sud et les terrains nobles de la zone nord, ainsi que des zones d’intérêt touristico-économique [5]. Les UPP apparaissent comme le point culminant de la « guerre » contre le trafic de drogue, et marquent un moment où l’État donne finalement une réponse plus efficace et énergique aux trafics. La présence permanente de la police dans la communauté signifie qu’elle peut agir en toute impunité (une sorte d’état d’exception non-déclaré), agissant sans scrupules grâce à l’inconstitutionnalité, envahissant sans cesse les maisons et terrorisant les habitants. L’ironie est que dans aucune des communautés où l’UPP agit en ce moment le trafic de drogue n’a disparu ; bien au contraire, le commerce se développe, même si les trafiquants fanfaronnent moins avec leurs armes et donnent des pots-de-vin à la police afin de poursuivre en toute tranquillité leur business.

Les UPP sont profondément en lien avec le processus de nettoyage socio-économique des quartiers qui se déroule dans plusieurs parties de Rio de Janeiro, agissant comme les précurseurs d’un processus innovant de gentrification [6] des aires des favelas. Comme champ de leur intervention, les branchements clandestins sur les réseaux électriques ou d’eaux ont été coupés, causant un accroissement drastique du coût de la vie quotidienne pour les plus pauvres et renforçant ainsi une sorte de processus d’expulsion graduel.

Dans le sud, des baraques sont vendues et louées à des prix incroyablement élevés et dans le même temps des assainissements sanitaires sont pour la première fois introduits. Mais pour qui exactement ces « améliorations » sont-elles faites ? Logiquement elles sont destinées aux nouveaux hôtels (et autres sortes de marchés privés) et aux nouveaux visiteurs de ces espaces : les touristes et les individus de la classe moyenne.

Ces opérations de meurtre de masse organisées par l’État et ses partenaires privés sont seulement rendues possibles par l’insertion dans les communautés du bras gauche de ces interventions : les ONG. Partie intégrante du processus pour limiter les dommages, les institutions non-gouvernementales sont chargées d’infiltrer les favelas sous l’apparence de projets de fond pour le développement social. La présence de ces organisations dans les communautés est, à son tour, marquée par l’ambiguïté. Alors que ces institutions « facilitent » le développement socioculturel au niveau local, derrière leurs implantation il y a, depuis le début, le caractère pacificateur et les profits générés grâce aux exonérations d’impôts et aux investissements transnationaux, qui sont souvent une source de revenus, en plus de leurs activités dans le recensement et le fichage des résidents, les incitant aussi à assumer le rôle d’indics dans la communauté. Il existe des cas similaires qui concernent les programmes plus récents du gouvernement fédéral, près des zones urbaines classées comme « à risque » (elles sont touchées par le programme pilote appelé Fica Vivo [Rester en Vie]).

C’est dans ce décor général de revanche et d’invasion ostensiblement militaire que le Choque de Ordem [Choc de l’Ordre] s’intègre. Un projet crée depuis début 2009 par le maire en poste Eduardo Paes, organisé par le Secrétariat à la Sécurité Publique, rassemblant différentes composantes comme la police municipale, la police civile et militaire, l’entreprise de collecte des déchets Comlurb et le Secrétariat au Logement, pour lancer des actions coordonnées en vue du « rétablissement de l’ordre dans la ville ». L’opération se concentre surtout sur la lutte contre les camelôs [vendeurs à la sauvette], sur l’expulsion par la force des sans-abris – que ce soit des accros au crack ou non – et sur les innombrables expulsions de maisons considérées comme illégales ou n’ayant pas les papiers en règle, comme c’est le cas des squats urbains, des favelas ou de parties de favelas qui sont déplacées car situées dans le chemin de ces réformes.

Le projet Porto Maravilha [Port Merveille]

L’un des projets actuels majeurs de ré-urbanisation de la ville de Rio de Janeiro est, bien entendu, la revitalisation de la zone portuaire, appelée Porto Maravilha et qui est l’initiative publique-privée la plus importante du Brésil. C’est une société formée par la municipalité, l’État, la région et des initiatives privées. Toute la région du port s’est privatisée, passant dans les mains de trois entreprises privées pour les quinze années à venir. Les mots du maire lui-même : « Quel est le rêve de chaque entreprise privée ? Faire de grands profits constants dans le temps et sans risque. La ville de Rio réalise le rêve de trois d’entre elles : OAS, Odebrecht et Carioca Engenharia, qui ensemble forment le consortium qui gère Porto Maravilha. L’ingénieux partenariat public-privé ne peut pas être vu d’une autre manière : un transfert d’argent public à trois grandes entreprises privées, sans avantages apparents pour l’État. »

Le projet couvre une superficie de 5 millions de mètres carrés, dont les limites sont les avenues Presidente Vargas, Rodrigues Alvers, Rio Branco et Francisco Bicalho. Il passe par quatre quartiers : Centro, Santo Cristo, Salud et Gamboa. Les investissements incluent la création et l’implantation de musées, la construction de luxueux mouillages pour les croisières touristiques, la construction d’immeubles d’habitation pour la classe moyenne, la construction de l’aquarium le plus grand d’Amérique Latine, en plus de nouveaux sièges de banques, qui incluent la Banco Central. La première phase de construction a débuté en 2009 et est toujours en cours, avec des mises en œuvre basiques comme l’installation de nouveaux réseaux hydrauliques et la ré-urbanisation de Morro da Conceição. La nouvelle phase de travaux a commencé en 2011 et inclut des réalisations plus importantes comme la démolition du viaduc du Perimetral, situé au-dessus de l’avenue Rodrigues Alves. L’objectif est de terminer tous les projets de ré-urbanisation pour 2015.

En toile de fond de ce projet une série d’opérations répressives et de violations de la dignité des personnes sont menées jour après jour. Durant de nombreuses années le quartier du port a été une des zones les plus négligées et méprisées de la ville de Rio de Janeiro, lieu de presque quatre siècles d’histoire d’effusion de sang et de résistance politique et culturelle, de nombreuses fois un refuge et une alternative pour ceux qui trouvent dans l’occupation d’immeubles vides une forme pratique pour accéder à un logement. On ne compte plus les expulsions qui ont concerné les squats, en plus de maisons à Providência qui ont été détruites pour construire un téléphérique.

La favela de Providência a depuis avril 2010 sa propre UPP qui garantit la « sécurité » pour le bon déroulement des projets. En plus de tout cela, de mystérieux incendies ont touché des squats, des communautés (comme celle de Rato Molhado dans le nord) et des commerces informels (comme celui qui fut probablement le plus important de ces incendies et qui a consumé le marché ouvert de Central do Brasil le 26 avril 2010). On remarquera que ce marché populaire était situé très près de la caserne de pompiers de Rio de Janeiro, et malgré ça, les secours ont mis plus d’une heure à arriver. Ce n’est pas un hasard si la mairie avait déjà des plans de « revitalisation » pour ce lieu.

Dans la pratique ce projet n’est rien de plus qu’un des pivots du processus de maquillage que la ville est en train de faire. C’est la préparation pour les grands événements à venir : le mondial de foot en 2014 et les Jeux Olympiques en 2016. À l’instar de toutes les opérations hygiénistes, il s’agit de la prise, par la classe la plus riche, d’une zone antérieurement occupée par les classes plus pauvres.

Il n’est pas possible de savoir avec certitude sur quoi vont aboutir ces opérations si atroces et soudaines. Mais, de fait, on peut déjà faire des prévisions, suggérées par ce qui est évident pour n’importe quel œil observateur. Les questions les plus inquiètes restent noyées par les années « prometteuses » des mégas événements de 2014 et 2016, dans un scénario désastreux d’ignorance, de peur et d’égocentrisme touristique.

La confusion est apaisée par le fanatisme insensé d’un esprit sportif chaque fois plus publicitaire, piégé dans une vague de marketing belliqueux, qui déclare à l’ordre du jour l’extermination ouverte pour satisfaire les objectifs des marchés financiers incarnés par les travaux publics et la spéculation immobilière. Dans un futur pas si lointain, après l’hébétude des Jeux, nous ferons face à des questions auxquelles il n’y a eu que des mauvaises réponses délibérées, des choses accumulées laissées de côté par négligence, que seulement la guerre sociale déclarée peut combler [7].

Jusque là et dès maintenant, nous assumons déjà une position : notre refus est inflexible, le futur est déjà maintenant.

Le squat Flor do Asfalto

« Les vauriens déambulent d’un port à l’autre. Face à la machinerie lourde, ils observent avec consternation les nombreuses faces d’un futur laissé pour plus tard. Des rumeurs d’effondrement, des jours de guerre… des minutes de passions arrachées des souterrains, des îles et des rues. Le quai est là, mais il y a aussi des ports hallucinés / Dans le chaos du port flotte, fait de tissu noir décoloré, un drapeau pirate, agité par la brise de la mer et la vitesse des machines… et nous savons que c’est par là-bas qu’errent ces renégats. De port en port, « ils crachent la fumée de cigarette  » : peut-être qu’il y a plus à tirer d’un crachat même que de n’importe quelle morale civilisée.  » (Collectif Casa Aberta – Les pirates malades ne disent rien…)

Issue de l’initiative de plusieurs personnes du milieu libertaire, la Flor do Asfalto a été occupée le 17 octobre 2006, sur l’avenue Rodrigues Alves, ayant comme objectif, en dehors d’être un lieu de vie collectif, de se convertir en un espace de création politique et contre-culturel. Depuis lors, diverses initiatives et projets ont commencé à germer dans ce lieu, comme la mise en place d’une bibliothèque, d’ateliers d’art et de sérigraphie, un herbier, parmi différentes pratiques visant un mode de vie plus respectueux et en plus grande harmonie avec la terre, comme l’entretien d’un jardin potager et d’un système agro-forestier. Durant ces 5 ans il y a eu beaucoup d’initiatives et d’activités développées à la Flor, depuis des ateliers et des discussions jusqu’à des fêtes et des concerts. La Flor assume publiquement sa posture de confrontation avec la réalité existante, ses relations de pouvoir et ses politiques oppressives, en mettant en avant la nécessité de la réappropriation de la vie pour ceux qui s’investissent en son sein et la guerre vécue à chaque moment de l’existence.

Les différentes ruptures et alternatives avec ce monde ne se font pas seulement comme alternatives en elles-même, mais comme confrontation, intervention dans la réalité et positionnement radical au milieu de l’œil du cyclone. Actuellement, le squat voit ses jours comptés car il se situe juste dans la zone qui comprend la nouvelle phase de travaux du projet Porto Maravilha. Ce sera l’une des prochaines cibles des attaques qui précèdent les travaux. En maintenant le refus ferme de l’existence de l’État et de ses appareils répressifs, comme la police, on n’envisage pas la possibilité de dialoguer ou de trouver un accord. Y compris en considérant, dans certaines occasions, une telle possibilité, il faut toujours garder en tête que le jeu des lois fait partie du jeu de l’ennemi.

Se bouger, ne pas rester dans l’inertie, ça a été la stratégie utilisée pour contrecarrer ce moment. C’est pour ça que depuis l’intérieur du squat des communiqués sont vociférés, expliquant les positions de ses occupants, visant la création de liens de solidarité qui crient et résonnent au-delà des lignes imaginaires de la ville de Rio de Janeiro, vu que ces liens, dans des moments comme celui-ci, sont sans hésitation le meilleur arsenal que peuvent trouver les opprimés rebelles.

Version originale publiée en portugais en septembre 2011, sur le blog diasemcompras.wordpress.com.

Ce texte a été traduit en français une première fois sur Contra Info en juillet 2012.

Lire la brochure page par page (format PDF)

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Brochure éditée par Camotazo

Repris de infokiosques.net

Notes

[1L’écosystème où se situe la ville de Rio de Janeiro est la Mata Atlântica (forêt tropicale de l’Atlantique), qui a été la seconde forêt tropicale la plus grande d’Amérique du Sud et qui comprenait toute la zone de la côte du Brésil jusqu’à l’Argentine et le Paraguay. Actuellement il ne reste que 10% de tout ça. Et même ainsi cela reste l’un des écosystèmes les plus diversifiés de la planète.

[2Les quilombos sont des zones autonomes qui existent dans beaucoup d’endroits du territoire brésilien, avec de grandes concentrations de descendants d’Africains faits esclaves pendant des siècles. Crées par les anciens esclaves fugitifs et rebelles, normalement dans des zones plus éloignées des villes mais aussi dans les périphéries urbaines, basées sur une économie de subsistance, mais maintenant aussi un conflit et des attaques constantes contre le régime esclavagiste. Le premier, et certainement le plus remarquable, a été celui de Palmares, situé dans la Serra da Barriga, Alagoas, et qui a duré plus de cent ans (entre les XVIe et XVIIe siècles). Il y a encore beaucoup de personnes qui possèdent la légitimité de l’héritage de ces terres, reconnues sur des papiers et légitimées à travers les luttes de ces gens. Certains des projets récents de ré-urbanisation se basent sur l’intolérance déclarée envers ces données et preuves historiques, et trahissent littéralement ces communautés quilombos, en les expulsant de leurs terres sans aucune considération envers ces écrits ni envers l’histoire de la résistance quilombo.

[3Les milices sont des groupes paramilitaires formés par des ex-policiers et pompiers, entre autres, qui ont pris le contrôle clandestin de plusieurs favelas.

[4Juridiquement ça serait la justification pour la police d’exercer des violences. L’exécution serait la conséquence de la résistance offensive du « criminel ».

[5Il y a des projets spécifiques pour le complexe d’Alemão, parmi d’autres quartiers, qui incluent l’installation de téléphériques dans les communautés, pour que les touristes aient une vue panoramique.

[6Gentrification ou embourgeoisement (de l’anglais gentry) : intervention urbaine qui fonctionne à travers la réoccupation de parties de la ville, sur la base des plans « d’embourgeoisement urbain », l’expulsion des plus pauvres pour que la classe moyenne repeuple le lieu. Un terme aussi très utilisé, spécialement par les mouvements de résistance contre ces opérations, est celui « d’hygiénisation/nettoyage », qui met en évidence l’aspect classiste de nettoyage social inclus dans ces mesures. Ces politiques urbaines sont accompagnées d’autres mesures sociales pour assurer leur efficacité, qui avec fréquence se convertissent en une guerre déclarée contre les pauvres qui habitent ces zones, un vrai massacre annoncé. Certains urbanistes ont utilisé le terme ambigu et dangereux de « régénération », parce que, au-delà de sa connotation de classe, dans certaines villes ces mesures ont un caractère évidemment raciste. Les programmes de gentrification sont la même chose que ce que les gouvernements et leurs partenaires privées appellent « revitalisation » et qui à Rio de Janeiro sont identifiés par le terrifiant processus de « choc de l’ordre ».

[7Il faut garder en tête que ce texte a été écrit en 2011, car bien évidemment depuis 2013 il y aurait beaucoup de choses à rajouter sur la tension sociale provoquée par les expulsions, la violence policière et les projets faramineux développés pour la coupe du monde et les Jeux Olympiques.

[Berlin] Sabotage solidaire avec la révolte au Brésil (2 juin 2014)

Feu pour Bosch

Engin incendiaire pour Système de Sécurité Bosch rue Storkower (à côté d’un poste de police) en solidarité avec la révolte contre la coupe du monde.

1059299695Le Système de Sécurité Bosch établit des plans de sécurité pour les gares et les aéroports, les banques et les autorités administratives. La sécurité des personnes qui font de nos vies un enfer à l’intérieur de leurs bureaux, de la sécurité pour les banques qui provoquent la souffrance à travers le monde (comme «Santander» et «Deutsche Bank»), la sécurité de la circulation des capitaux, de sorte qu’aucun saboteur ira tenter de perturber même brièvement cette normalité mortelle.

Bosch a été responsable de la rénovation du métro de São Paulo (Brésil). Là-bas comme ici, la violence est censée être en constante augmentation, ce qui explique pourquoi la «sécurité» a dû être restaurée. La solution est assez simple. Près de 200 caméras de surveillance ont été déployées à travers la ligne de métro. Celles-ci sont maintenant surveillées en permanence dans un centre de contrôle. Une fois de plus un système de métro est « sûr », et tout le monde est satisfait; le ministère de la justice, les flics, les médias, l’entreprise Bosch et ses larbins.

Les questions quant à savoir si pourquoi la violence ne cesse d’augmenter, si les caméras dissuadent ou ne font que retarder l’acte, et qui peut en fin de compte se permettre de prendre le métro là-bas - c’est-à-dire, pour qui la sécurité a été construite - sont seulement susceptibles d’être mentionnées tout en les mettant de nouveau de côté.

«Secoué et entraîné par la dynamique de la crise, l’État ne peut fournir une quelconque intégration aux couches inférieures; au contraire, il leur impose diverses formes de répression et de surveillance« , ont dit « die Flinken » (« les agiles« ) qui ont attaqué un Canon Service Point à Reinickendorf, à Berlin dans la nuit du 21 Mars, 2014) à propos des caméras. Ce qu’il se passe en ce moment avant la Coupe du Monde au Brésil le démontre clairement. Nous nous solidarisons ici catégoriquement avec tou-te-s ce-lles-ux qui n’ont aucun intérêt pour une Coupe du monde mais qui, depuis toujours ou tout récemment, en ont un dans la révolte !

Nous aimerions saluer les divers compagnon-es de Berlin et de Leipzig qui ont fait vivre l’enfer aux entreprises de sécurité récemment. Nous tenons également à saluer nos compagnon-es inconnu-es de Neukölln (Berlin) qui ont tenté de faire exploser la voiture de flic dans la rue Rollberg. Pour les flics de la rue Storkower: Nous vous voyons. Apparemment, vous ne nous voyez pas

Nous avons encore beaucoup à faire

Gruppo Informale

Traduit de l’allemand par nos soins

[Sao Paulo, Brésil] Rien à revendiquer, tout à détruire (19 juin 2014)

SP1906-5Le mouvement Un Pas Libre appelait à manifester dans les rues de Sao Paulo ce jeudi 19 juin pour célébrer l’anniversaire de l’abandon de la hausse des tarifs de transport obtenu suite aux manifs de masse de l’été dernier. Les revendications du jour étaient entre autre des transports publics gratuits et la réadmission des 42 travailleurs du métro licenciés pour s’être mis en grève plusieurs jours avant le début du mondial. Au programme, le mouvement avait prévu une « fête sauvage », avec barbecue, théatre, rap et football. Selon les autorités, 1.300 personnes se sont rassemblées avenue Paulista vers 15h00 (les organisateurs parlent de 6.000 participant-es), mais la plupart a saisi l’occasion de protester contre la coupe du monde plutôt que de demander un meilleur service de transport. Un bon cortège de manifestant-es masqué-es était présent, ainsi que des indiens aux visages peints et armés d’arcs et de flèches, appelant à la démarcation des terres autochtones.  

La marche fut sauvage avant puis après l’arrivée des flics. Vers 19h00, Un concessionnaire Mercedes-Benz s’est fait exploser sa façade et à l’intérieur, toutes les berlines de luxe ont été défoncées à coups d’extincteurs, des panneaux de signalisation ont été arrachés. Au moins quatre agences bancaires ont été attaquées (dont une succursale de la Banque du Brésil et une autre de la Citibank Avenue Rebouças). Un véhicule de TV Gazeta, ainsi que des bornes de location de vélos du système Bike Sampa* n’ont pas été épargnés.

SP1906-6En début de soirée, les flics ont rappliqué en gazant massivement et visant au flashball. Des manifestant-es adoptant la tactique black bloc ont alors érigé des barricades à travers les rues du quartier Pinheiros et attaqué les agents de la Police Militaire avec des pierres et feux d’artifice. Vers 20h30, la circulation des rues n’étaient toujours pas rétabli et des barricades de poubelles finissaient de crâmer. Au milieu de pots de fleurs et vitres de cabines téléphoniques brisés sur le sol, plusieurs slogans anarchistes ont été tagués sur les murs durant la manif.

Les compagnon-es qui voulu exprimer concrètement leurs désirs de destruction ont du faire face aux organisateurs. Ceux-ci se sont placés devant les façades de plusieurs agences bancaires en s’approvisant vigiles et ainsi suppléer les flics qui n’étaient pas là… En fait on apprend après coups que cette manif a été organisée conjointement avec la PM. Quelques jours avant cet événement, le mouvement Un pas libre a envoyé une lettre à la police (sic!) en leur demandant de se mettre à l’écart, tout en leur fournissant la date, le lieu du rassemblement et l’itinéraire de la manif… Suite aux attaques et destructions lors de cette manif, un gradé de la maison poulaga répond au MPL lors d’une conférence de presse en déclarant « nous vous avons donné notre confiance et vous nous avez trahi » (sans blague!). Bref, un bel exemple de collaboration de classe !

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« A bas la coupe du capital »

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Un paciflicateur à l'oeuvre

Des paciflicateurs à l’oeuvre devant une banque

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Mais pas assez rapides pour venir protéger l’agence bancaire Caixa

Reformulé depuis la presse brésilienne, 19/06/2014

Note du blog:

*Semblable au fonctionnement d’un vélib’ parisien, Bike Sampa a été mis en service fin mai 2012 à Sao Paulo et compte près de 60 bornes. Ces jouets pour bobos sont financés et gérés par la banque Itau, qui est également sponsor de la coupe du monde de football

[Besançon] Slogans anarchistes et anti-FIFA sur la citadelle Vauban (14/15 juin 2014)

[Besançon] Action anarchiste en solidarité avec les révolté-es au Brésil et ailleurs

BesakNiklEtat16juinDes slogans anarchistes et solidaires avec les insurgé-es au Brésil ont été peints à la bombe en grosses lettres durant le week-end des 14 et 15 juin 2014.

Le 15 juin au matin, les touristes, bourgeois et promeneurs du dimanche se sont réveillés éblouis par quelques slogans anarchistes et tags contre la coupe du monde FIFA au Brésil sur les murs de la citadelle vauban et des rues alentours.

Les messages bilingues (en français et en anglais) disaient « Solidarité avec les insurgés au Brésil, Fifa Dégage, Fuck World Cup, Fuck Fifa, Contre l’Etat soyons sauvages (A), Ni classe ni Etat (A), Liberté pour les prisonniers anarchistes en Italie (A), La meilleure défense c’est l’attaque… »

Au parc Granvelle, des slogans contre les prisons et la gentrification («les prisons en feu , Fuck the gentrification») étaient clairement visibles en gros format au milieu des bars et brasseries friqués, ainsi que des lieux de consommation culturel pour bobos. A quelques pas de ce tag contre les prisons, un distributeur de la BNP était mis hors-service. Rappelons que cette banque s’est fait la sale réputation de financer et tirer profit de la répression et de l’enfermement, comme elle le fait actuellement en Belgique en collaborant à la construction de nouvelles prisons.

Ceci reste une action modeste par rapport aux offensives constantes de l’Etat et du capital sur celles et ceux qui luttent et résistent à travers le monde…

Rendons coups pour coups face aux attaques de la domination !

Source: indymedia Nantes, 18 juin 2014 à 11h13

[Besançon] Tract diffusé en solidarité avec les insurgé-es au Brésil lors du carnaval de la mauvaise graine (samedi 14 juin 2014)

Le Chat Noir Emeutier reçoit et transmet, 17 juin 2014:

Samedi 14 juin 2014 avait lieu le carnaval revendicatif et festif à Besançon (on peut y lire un compte-rendu complet de la déambulation et de la fête sauvage qui a suivi sur fragment de manif). Ca tombait à pic avec l’une des merdes planétaires du moment: la coupe du monde de foot au Brésil. On a donc saisi l’occasion de diffuser un tract en solidarité avec la révolte là-bas…

Le mondial de foot au Brésil: une fête pour la domination

Depuis plus d’un an, des révoltes éclatent partout au Brésil, notamment dans les villes qui sont prévues pour accueillir le mondial telles que Rio de Janeiro, Sao Paulo, Porto Alegre ou Belo Horizonte. Lors de mobilisations de masse (de travailleurs, chômeurs, sans-abris, indigènes, étudiant-es..), des manifestants attaquent directement la coupe du monde et ce qui va avec, c’est-à-dire les banques, les flics, les commerces, les transports, les cérémonies de la FIFA, organisatrice de ce sinistre « spectacle ». Sans oublier les médias officiels, chargés d’en faire la promotion planétaire et de dissimuler tout acte de révolte contre ces diverses infrastructures et institutions nécessaires à son bon déroulement.

Pour cela, les autorités travaillent main dans la main avec les promoteurs, agents immobiliers et urbanistes afin d’appliquer leurs plans d’expulsion et d’éradication des pauvres et indésirables qui résistent aux projets de la restructuration urbaine capitaliste.

La coupe du monde a pour but d’exalter les nationalismes et le règne de l’argent. Comme à l’époque antique romaine avec les combats de gladiateurs, le football constitue pour l’Etat et le capital un moyen de garantir sa domination en divertissant les masses tout en brassant toujours plus de fric par la venue de touristes du monde entier.

Nous ne pouvons pas accepter les exactions de la police, les expulsions des favelas, les prisons à ciel ouvert (pour exemple le mur récemment construit qui protège les riches et touristes de Rio, avec d’un côté la plage copa cabana les hôtels de luxe et les stades, et de l’autre les ghettos), les villes sous occupation militaire…

Tous ses responsables ont des noms et des adresses

La Banco Itau, agence bancaire brésilienne, a pu faire les frais de son soutien à l’organisation de cette coupe à plusieurs reprises lors des manifs. Au niveau international, les partenaires économiques à cet événement sont nombreux: McDonalds, Budweiser, Continental, Castrol, Johnson-Johnson, tout comme les partenaires FIFA (Coca-cola, Sony, Adidas, Hyundai/KIA Motors…)

Ne restons pas les bras croisés !

Solidarité avec les insurgés au Brésil !

Voir aussi: