Archives du mot-clé flics hors de nos vies

[Grigny, 92] Week-end sauvage contre la police à la Grande-Borne

Essonne : deux guet-apens à Grigny

Des jets de cocktail molotov, un caillassage en règle de la police. Le week-end a été chaud dans la cité de la Grande-Borne, à Grigny (Essonne). Selon le syndicat Alliance, deux guet-apens ont eu lieu dans ce quartier sensible, classé en ZSP. Vendredi, vers 23 heures, un équipage de la brigade anti-criminalité a été surpris lors de sa patrouille par une vingtaine de jeunes masqués par des capuches.

Les policiers sauvés par les gendarmes

de gros pavés et de cocktails Molotov ils ont poursuivi le véhicule de la police jusqu’à la caserne des pompiers voisine de quelques centaines de mètres. «Les policiers ont pu faire face grâce à l’aide inattendue d’un escadron de gendarmes passant par hasard et qui n’a pas hésité à prêter main forte», indique Claude Carillo du syndicat Alliance. La voiture a été endommagée, mais aucun fonctionnaire n’est blessé.

Et, ce dimanche, vers 19 heures, une trentaine de jeunes ont à nouveau pris à partie un équipage de police, à un autre endroit de la Grande-Borne, à Grigny. Armés cette fois de barres de fer en plus des pierres et des cocktail molotov, ils ont pris d’assaut la voiture des agents. Cette fois les policiers ont pu se dégager rapidement, mais là encore le véhicule a été dégradé.

Par ailleurs, ce dimanche également dans une autre ville de l’Essonne, à Montgeron, dans le secteur de La Forêt, des policiers se sont retrouvés face à une vingtaine de jeunes qui se sont opposés à l’interpellation «d’un conducteur de moto volée ayant mis la vie en danger des citoyens qu’il croisait», selon le syndicat Alliance. Aucun blessé n’est à déplorer cette fois encore.

«Des procédures judiciaires sont en », selon le parquet d’Evry. «Je salue le professionnalisme et le sang froid des policiers pris à partie, mais ces 3 nouveaux faits démontrent combien il est difficile pour les policiers de travailler sur le département, l’un des plus criminogène de », dénonce Claude Carillo, le secrétaire départemental d’Alliance qui avance un chiffre : «Il y a déjà eu 57% de policiers blessés en service en 2013. Et nous réclamons le renfort de 300 effectifs supplémentaires.»

Leur presse – leparisien.fr (Florian Loisy), 18/05/2014 à 23h45

[Lyon] « Mais que fait la police ? » Elle nous pourrit la vie, comme d’habitude

« Mais que fait la police ? » Elle nous pourrit la vie, comme d’habitude

concertLyonSoutien15102011Vendredi 25 avril, on pensait faire un concert bien cool avec des groupes italiens en soutien à des gens en prison pour s’être révolté en Italie : Concert en soutien aux révoltéEs du 15 octobre 2011 à Rome Mais le pouvoir socialiste en a décidé autrement.

Devant le squat étaient postés 4 four­gons de CRS, 2 patrouilles et une voi­ture bana­li­sée de keufs pour contrô­ler et fouiller les gens qui s’appro­chaient. Ils ont bloqué les portes d’entrée avec des pou­bel­les, pen­dant un long moment plus per­sonne ne pou­vait entrer ou sortir du lieu.

Quelques per­son­nes ont tant bien que mal pu ren­trer par les fenê­tres ou par la porte d’entrée mais le dis­po­si­tif poli­cier a fait son effet. Vers 23H30, 3 grou­pes ont rem­ballé leurs matos, les flics ont dû croire que leur mis­sion était réus­sie et ter­mi­née. Ils ont décampé mais on a quand même réussi à faire jouer un groupe (Attrito qui vient de Trento) devant un public clair­semé mais ravi d’écouter de la zik quand même.

Finalement, même si une partie de la soirée a pu se faire, même s’il y avait une très bonne ambiance, même si ça nous a bien fait marrer de faire tour­noyer la piñata à tête de Valls au-dessus des keufs, on l’a bien mau­vaise de voir que très peu de thunes pourra être envoyé en sou­tien aux com­pa­gnonn­nes/ons en prison en Italie. On est aussi dég pour les grou­pes ita­liens (Leisfa et Cocks) qui ont fait des cen­tai­nes de bornes pour ne pas jouer et ne pas être défrayés, on est dég pour les gens qui se sont fait emmer­der par les flics devant le squat et on est dég pour les habi­tants du squat de leur avoir apporté autant de keufs devant chez eux.

On se console quand même en se disant qu’il est bon de se faire détes­ter par ses enne­mis et qu’il y aura d’autres occaz d’appor­ter notre sou­tien.

Repris de rebellyon, 30 avril 2014

Brèves d’attaques et de révoltes contre la police (Mars 2014)

Encerclement et coups de feu contre la police

Mercredi 25 février dans la soirée à Vernouillet dans les Yvelines, les flics prennent en chasse une voiture avec plusieurs personnes à bord. La course-poursuite les mènent jusque dans un camp de gens du voyage où sur place, plusieurs personnes encerclent les bleus. C’est au même moment que les porcs essuient plusieurs coups de feu.

La répression a sévit dès le lendemain, où quatre personnes ont été interpellées et des armes à feu avec munitions ont été saisies.

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Les citoyens vigiles-lents perdent un espace pour balancer !

Dans la nuit du 25 au 26 février à Sisteron (04) dans le quartier du Thor, les panneaux signalétiques mis à la disposition des poukaves (officiellement connus sous le nom « Voisins vigilants ») par le préfet et les gendarmes ont été vandalisées. Un beau geste aussi contre ceux qui collaborent activement à la machine judiciaire.

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Pluie d’haltère sur la police

Dans la nuit du 28 février au 1er mars à Reims, une haltère a fait une chute de 10 mètres et est tombé en plein milieu du capot d’une voiture de police, qui s’était pointé pour un feu de poubelle. Les flics ont arrêté un jeune de 17 ans qui risque la peine maximale (malgré le fait qu’il soit mineur) pour « tentative de meurtre sur force de l’ordre« . 

Moins de flics sur le terrain à Reims !

Lundi 3 mars  toujours à Reims, un homme se rebelle contre la CAF qui lui réclame du fric sur un trop perçu de son RSA. Il défonce la vitre principale, les vigiles s’y mettent à plusieurs pour le maîtriser et appellent les flics qui le mettent en GAV. Après 24h de garde-à-vue, il apprend par visioconférence que le parquet de Reims prolonge sa GAV de 24h de plus. La magistrate ajoute qu’il dormira le soir-même en prison. Il laisse pleinement exploser sa rage et défonce entièrement le matériel de visioconférence, qui est évalué à 6.000 euros de dégâts. La visioconférence permet à l’Etat d’économiser des flics en rendant obsolète les escortes du gardé-à-vue (de plus de 24h) entre le palais de justice et le commissariat.

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Un flic en moins !

A Fort-de-France (Martinique) mercredi 12 mars, trois ami.e.s se pointent devant le comico pour avoir des infos sur un de leur ami qui a été interpellé un peu plus tôt dans la journée pour une affaire de stups. Les trois solidaires n’en restent pas là et quelques coups sont assénés sur les six flics présents, dont un succombera sur place d’un malaise cardiaque. Les trois solidaires se retrouvent mis en examen pour « violence sur agent de la force publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner » et placés sous mandat de dépôt vendredi soir.

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Réponses émeutières à l’occupation policière

Dans la nuit de lundi à mardi 11 mars, une révolte a éclaté à Behren-lès-Forbach, où des commerces, la mairie et la poste entre autre ont été attaqués aux molotovs et à coups de barres de fer et de pierres. Une jeune avait été interpellé par les flics plus tôt dans la journée.

Dans la soirée du jeudi 13 mars à Alençon dans le quartier de Perseigne, un petit groupe a répondu par le désordre à l’arrestation d’un jeune du quartier plus tôt dans la journée. Le dawa a même touché un peu plus tard dans la nuit le quartier des Provinces à Argentan, situé à environ 40 km. Trois personnes se sont faites chopées en flagrant délit alors qu’elles détruisaient les vitres d’un bâtiment. Quelques nuit plus tard, entre le 17 et le 18 mars, les flics essuient des coups de feu. Le lendemain, rebelote mais cette fois contre les robocops du RAID, qui viennent l’interpeller. Il semblerait que le désordre s’installe dans le secteur, puisqu’une quinzaine de voitures a été incendiée dans la nuit du mercredi à jeudi 20 mars 2014.

A Chanteloup-les-Vignes (78) dimanche 16 mars 2014, la vague répressive lancée par la police n’est pas restée sans réponse de la part d’une partie des habitants de la cité de la Noé. Après un rassemblement dans l’après-midi pour exiger la libération des personnes arrêtées devant le commissariat, à la tombée de la nuit une soixantaine de personnes s’est attaquée à l’aide de cocktails molotov au comico et à la maison de l’emploi. La révolte n’en est pas resté là, puisque les caméras de surveillance de la gare ont été défoncés. Malheureusement, on a pu voir dans une vidéo prise dans l’après-midi la réaction de quelques paciflics du quartier (grand-frères ou religieux) qui tentent de ramener la paix sociale au moment même où les keufs canardent les habitants avec leur arsenal d’armes… Entière solidarité avec tous ceux qui se sont à ce monde et ne se sont pas résignés devant les agissements des flics et des pacificateurs.

Le désordre gagne plusieurs quartiers des environs. Dans la nuit de lundi à mardi 18 mars, dans le quartier Bel-Air de St-Germain-en-Laye, un véhicule de la mairie a été défoncée et un engin incendiaire y a été déposé à l’intérieur, sans qu’il puisse malheureusement l’embraser. A Poissy, des poubelles ont été incendiées et les flics ont été visés aux molotovs.

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Un contrôle policier perturbé à l’arbalète

Vers 1h du matin samedi 15 mars à Alès (30), les flics sont la cible de tirs d’arbalètes alors qu’ils contrôlent un véhicule. Malheureusement, le tireur est interpellée peu de temps après et doit passer en comparution immédiate mardi 18 mars 2014.

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Un flic perd ses doigts lors d’un contrôle

Samedi vers 10h à Nancy (54), des citoyens apeurés appellent les flics en voyant un homme qui se balade avec un sabre aux alentours de la gare. Trois flics tentent de le contrôler. En vain. L’utilisation de gaz lacrymo n’y change rien et l’individu reste hors de contrôle. Dans la baston un flic tombe à terre et reçoit un coup de sabre au niveau de la main droite et la jambe droite…

Jugé dans la foulée, l’homme arrêté ne s’est pas déglonflé devant le juge et exposer pleinement sa motivation qui était de buter un flic. Il semblerait en tout cas que les doigts du bleu qui était sur son chemin ne serviront certainement plus à faire leur sale travail… En espérant qu’il en perde définitivement l’usage !

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La BAC au molotov

Dans le quartier de la Grande Borne à Grigny (91) vers 15h, une voiture de la BAC de Juvisy reçoit un cocktail molotov et plusieurs pierres, sans que les flics réussissent à identifier les tireurs. Suite à cela, le quartier a immédiatement été placé sous occupation des CRS.

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Riposter au contrôle policier

Dans la nuit du 18 au 19 mars à Châtellerault, alors que les flics de la BAC effectuaient un contrôle dans le quartier de la Plaine d’Ozon, plusieurs personnes ont riposté et les ont caillassés. Un policier aurait été blessé au visage, un deuxième au pied et un troisième souffre des cervicales. Deux personnes ont malheureusement été arrêtées.

Une grande partie de ces brèves sont reprises d’articles de leur presse via le nouveau blog Attaque et les brèves du désordre

[Malras, 11] Dans le mille !

Malras. Un ado frappe un gendarme

Ce n’est pas banal et ma fois assez peu orthodoxe, un jeune homme de 17 ans en scooter est arrêté ce week-end à Malras, par les gendarmes de Limoux lors d’un contrôle, pour non-respect du port du casque de sécurité par la passagère assise à l’arrière du cyclo. Quand pour une raison inconnue le jeune pilote très énervé a balancé au gendarme qui le contrôlait un coup de poing magistral lui ouvrant la pommette et lui cassant deux dents. L’adolescent est actuellement en garde à vue et le gendarme en incapacité totale de travail pendant 5 jours.

La presse bleue-marine, la dépêche du midi (18/03/2014 à 07h50)

[Australie] Vengeance pour TJ Hickey, tué il y a dix ans par les flics – Sydney, 14 février 2014

Dans les premières heures du 14 février, divers slogans anti-police ont été pulvérisés sur des dizaines de clôtures, murs, panneaux d’affichage et des arrêts de bus tout au long de Woolloomooloo, Redfern, Chippendale, Camperdown, Darlington et Newtown.

"Vengeons TJ Hickey - Aucune larme pour des flics morts"

« Vengeons TJ Hickey ! Aucune larme pour des flics morts »

Plus tard ce matin des centaines de personnes se sont réunies à la ligne de clôture où TJ Hickey a été pourchassé à mort par la police il y a 10 ans. Pendant des heures, sa famille et ses partisans ont défilé dans les rues de Sydney pour le Parlement, en chantant contre les assassins en uniforme de l’Etat, avec des manifestants portant des banderoles telles que « JUSTICE POUR TJ », « CONTRÔLE DES AUTOCHTONES DES AFFAIRES AUTOCHTONES » « VENGEONS TJ PAR L’INCENDIE DES MAGASINS DE KEUFS », « ACAB », « FLICS PORCS ASSASSINS » et « NIQUE LA POLICE ».

Tout au long de la manif, la police a tenté de confisquer les banderoles qu’elle considérait comme « offensantes », mais les keufs ont été repoussés par la foule. Près du poste central, un porc a été renversé de son vélo après avoir bousculé un manifestant pour avoir marché en dehors « de la zone autorisée ». La police a répondu en arrêtant un jeune homme, mais a été forcée de le libérer après avoir été entourée par les manifestants. A la fin de la manif des porcs fontt une nouvelle tentative de procéder à des arrestations, chopant trois personnes qu’ils accusaient de « porter un signe outrageant », mais encore une fois elles ont été libérées quand la foule a acculé les porcs.

9p86t75eyjt_1En réponse aux attaques de la police contre la manif et de leurs déclarations aux médias après (dans lesquelles ils menaçaient d’interdire les prochaines années la manif et de traquer les « 4-5 fauteurs de troubles responsables »), 10 caméras de vidéosurveillance installées sur des entreprises ont été neutralisées à Rockdale, Kogarah et Brighton Le Sands, en utilisant des bombes de peinture et des marteaux. Dix caméras ont été ciblés pour toutes les années durant lesquelles la famille de TJ se sont vus refuser la simple demande d’une plaque pour commémorer sa mort.

Après la révolution de Redfern en 2004 et les émeutes l’année suivante dans le secteur de Macquarie, la police NSW (de Sydney) a lancé une importante restructuration de leur organisation. En utilisant des techniques récentes de contre-insurrection, ils ont suivi une double voie de la « police de proximité » et de militarisation, avec la formation de l’escouade anti-émeute et les différentes unités antiterroristes, ainsi que l’introduction de la police «volontaires» (« VIP »), les nouveaux programmes de délation  » iWatch », ainsi que divers services de police de « sensibilisation » des initiatives visant à la jeunesse marginalisée autochtones et autres (qui tentent de leur apprendre à voir la police comme leurs amis, des amis qui pourraient les battre et les emprisonner à tout moment).

Ces programmes «communautaires» doivent être perturbés et exposés pour ce qu’ils sont vraiment, des exercices de relations publiques pour détourner et justifier la violence quotidienne que leur organisation inflige aux plus défavorisés de la société. Notre ennemi n’est pas simplement le flic anti-émeute, mais aussi et surtout les « officiers de liaison » amicales.

Ce processus a été particulièrement répandue dans Redfern et Woolloomooloo afin de mener un processus de gentrification brutal qui a largement contribué à dégager la grande communauté autochtone de la région avec l’aide de collaborateurs autochtones tels que Mick Mundine (qui, le 14 février, a donné une conférence de presse conjointe avec la police afin de condamner ceux qui ont défilé pour TJ).

Les caméras de vidéosurveillance sont une composante majeure de la gentrification et la colonisation continue de ce territoire. Au cours des 10 dernières années, elles se sont rapidement répandues partout dans Sydney et dans les zones métropolitaines du pays. Les caméras sont utilisées pour surveiller, ficher, criminaliser et exclure ceux qui sont jugés indésirables dans certaines zones, tels que les jeunes et les sans-abri. Elles représentent la marchandisation totale et le contrôle de nos vies au quotidien. Si on a tout intérêt à vivre une vie libre de toute surveillance constante, il est inutile d’exercer des pressions sur les entreprises et l’État afin de les supprimer, la seule réponse réaliste est de les détruire.

Tout espoir d’un avenir moins totalitaire réside dans notre capacité à libérer collectivement les zones du contrôle de la police et de créer des moments de rupture comme à Redfern il y a 10 ans. Lorsque ces explosions sociales se produisent, nous devons être prêts à les soutenir, à les renforcer et à les diffuser dans toute la société.

Même quand il n’y a pas de conflit social visible, les attaques contre l’ordre de l’Etat défient le récit de la police de la paix sociale, ils peuvent être un signal d’espoir à ceux qui se sont résignés à la défaite et à montrer aux autres que l’État n’est pas invincible. Ce n’est que par la recherche de complicités et l’apprentissage à agir dès maintenant que nous serons en mesure de combattre efficacement dans les moments de crises sociales.

Malgré que la police occupent nos rues, avec leurs caméras de surveillance et leurs balances, c’est facile d’attaquer et les cibles sont partout.

Quelques fauteurs de troubles

Traduit de l’anglais de 325, 24 février 2014

[Paris] Belleville sous occupation policière

lulu15Le 19 décembre dernier à Belleville, un dispositif spectaculaire quadrillait le quartier. Un dispositif qui passerait quasiment inaperçu aux yeux de ceux qui ne savent pas lever les yeux : des flics en civil postés un peu partout, à l’entrée des métros Belleville et Couronnes, à l’entrée des cités et un peu partout sur la rue de Belleville, contrôlant les papiers de tout ce qui de près où de loin ressemble à un/e asiatique. Ainsi, pendant que l’assemblée nationale votait la nouvelle loi pénalisant les clients des prostituées, une rafle dans la rafle visait particulièrement les femmes asiatiques identifiées comme putes par la flicaille. On entendra parler, ici ou là, de dizaines et de dizaines de marcheuses chinoises arrêtées en une semaine à Belleville, dont une trentaine cette fois-ci, probablement pour les expulser.

Les rafles au faciès de ce genre, si elles ont encore de quoi indigner les plus naïfs, n’ont en fait absolument rien de nouveau. En effet, en fin d’année, l’Etat doit remplir ses quotas d’expulsions de sans-papiers, se concentrant un jour sur les faciès maghrébins (comme régulièrement à Barbès), un autre sur les sri lankais (surtout à La Chapelle), profitant aussi de l’augmentation en 2013 des places en centre de rétention. Mais ces dispositifs de rafles ne concernent pas uniquement les sans-papiers, car lorsque l’Etat met en place ce type de dispositif dans les quartiers où nous vivons, l’occupation policière, telle que nous la connaissons déjà si bien dans le Nord-Est parisien, concerne tout le monde, car bien sûr cette militarisation du quotidien sert à réprimer tous les pauvres. Mais pour comprendre l’histoire de cette militarisation de Belleville, il nous faut revenir un peu en arrière.

Beaucoup s’en souviennent tant cette journée marqua un quotidien déjà semé des petites misères habituelles, et nos lecteurs aussi puisque ce journal est aussi né à ce moment-là, pour ne pas dire de ce moment-là. Le 20 juin 2010, avait lieu dans le quartier une manifestation pour la « sécurité », organisée par diverses associations censées représenter la dite « communauté asiatique » pour demander aux autorités le renforcement d’un arsenal répressif pourtant déjà bien présent (plus de flics, de caméras, de sanctions, facilitation des plaintes, prévention, etc.). Durant cette manifestation, de violentes échauffourées ont éclaté entre des centaines de manifestants et la police, harcelée physiquement pendant quelques heures car accusée de mal faire son travail, de ne pas protéger la communauté asiatique de Paris contre les agressions et la délinquance de misère (vols, braquage de recettes de restaurants, etc.) mais aussi des agressions racistes indéniables qui frappent malheureusement les personnes désignées comme asiatiques à Paris.

Face à la détermination des émeutiers, la police (qui commençait à essuyer de nombreux dégâts sur ses véhicules et des blessés plus ou moins touchés), par un tour de magie téléguidé par la préfecture, s’engagea dans une stratégie de repli programmé, lâchant un impressionnant nuage de gaz lacrymogènes qui lorsqu’il se dissipera laissera entrevoir le spectacle de sa disparition. La colère des émeutiers se redirigera donc, au bénéfice du pouvoir, contre d’autres pauvres, contre quelques gamins isolés et identifiés par la vindicte populaire comme des « voleurs » à punir, par des critères tels que la tenue vestimentaire et la couleur de peau. Comme si le problème c’était le vol, et pas les flics… Ces quelques gamins, qui étaient là au mauvais moment au mauvais endroit, et qui étaient venus eux aussi saisir l’occasion pour en découdre avec la police, seront lynchés par des meutes de racistes en transe, parce que noirs, parce qu’habillés en survêtement à capuche, sous les yeux médusés des quelques bobos qui n’avaient pas encore fui la zone de guerre (on vient à Belleville comme on va au zoo ou pour aller aux Follies, pas pour se faire gazer, dussent-ils se dire). Où quand une manifestation soi-disant opposée à un racisme spécifique, devient raciste tout court…

Mais pourquoi reparlons-nous de cet épisode inquiétant ? Parce que c’est suite à ce conflit de rue que des politiciens autoproclamés « représentants des asiatiques de Paris » ont obtenu, suite à de nombreuses négociations, le renforcement des dispositifs de flicage de Belleville (création de la BST, arrivée des Correspondants de Nuit, de nouvelles caméras, de nouvelles patrouilles offertes par Guéant « pour répondre au malaise de la communauté chinoise de Belleville », etc). Ce même flicage qui, pour en revenir au 19 décembre dernier, raflait au faciès tout ce qui ressemblait de loin à un/e asiatique pour l’expulser hors de France, hors de là où il vit son quotidien. Chacun peut donc se faire son idée sur ces pseudo-représentants de la dite « communauté asiatique », et sur les intérêts qu’ils servent réellement. Pour être encore plus clairs : en prétendant protéger la dite « communauté asiatique » : avec plus de flics, voici que le retour de bâton se présente violemment, au son des pleurs de celles et ceux qu’ils prétendaient protéger. Car ce sont les mêmes flics que l’on appelle pour régler ses conflits un jour, et qui demain nous raflent, nous enferment et nous tuent. Encore une bonne raison de prendre conscience du fait que les flics ne seront JAMAIS nos amis, mais toujours les bulldogs de la guerre aux pauvres.

Les dits représentants de la « communauté asiatique » se nomment par exemple « association des commerçants de Belleville » (créée suite à la manif) et chacun peut aller leur dire un mot (ou autre). Leur président, la balance Patrick Huang, dont nous vous avions déjà parlé dans notre n°6, est lui le patron du bar-tabac Le Celtic, vous pouvez prendre contact avec lui de la manière qui vous sied, car il vous accueillera avec plaisir au 20, Rue de Belleville. Mais n’oubliez pas que ce chevalier du bien a la plainte facile, probablement même avec ses amis.

La police, elle, compte environ une quarantaine de suicides par an, pas étonnant avec un boulot dégueulasse comme le leur, voilà donc une bonne résolution pour une nouvelle année belle et rebelle.

Et sabotons la machine à expulser, encore et toujours.

Approfondir

Pour plus d’informations sur les émeutes sécuritaires et réactionnaires de 2010 à Belleville, voir le recueil de textes : « Retour sur la récente flambée sécuritaire, réactionnaire et raciste à Belleville – Témoignages, textes et analyses collectés, recueillis et diffusés par des anarchistes du quartier pour que ce genre de choses n’arrivent plus et pour que d’autres émergent », disponible sur le site du bulletin, rubrique « Retour à Belleville ».
Pour approfondir la question de l’occupation policière du quartier, nous vous conseillons la lecture de Lucioles n°4, un numéro spécial avec une « Contre-enquête sur les dessous de la militarisation de Belleville », mais aussi l’article « Belleville militarisé » dans le n°3. Tous les numéros du bulletin sont consultables sur le site luciolesdanslanuit.blogspot.fr.

Repris de Lucioles numéro 15

[Publication] Quelle vérité, quelle justice ?

Quelle vérité, quelle justice ?

Les « bavures » policières… les flics qui rackettent, insultent, tabassent, mutilent, violent, assassinent… Les serviteurs de l’État en parlent comme s’il s’agissait de faits rares et isolés, conséquences de circonstances malheureuses ou, dans le pire des cas, dus à quelques « fruits pourris ». Cela revient à dire que, dans leur ensemble, les forces de l’ordre seraient de preux chevaliers au service du bien. Et de toute façon leur travail serait indispensable pour la société… Il suffit pourtant d’ouvrir un peu les yeux pour se rendre compte que la violence est l’essence même du pouvoir. Une violence qui est souvent cachée ou considérée comme « normale », comme si exploiter, violenter, enfermer, assassiner quelqu’un pouvait être normal.

Trop souvent, face aux violences des flics, les victimes et/ou leurs proches ne condamnent que le comportement policier dans le cas précis qui les concerne. L’existence de l’institution policière et du pouvoir qu’elle sert n’est presque jamais remise en question. Machin se fait buter par les keufs ? Ses proches font des démarches légales, des marches silencieuses, étouffent leur propre colère et essaient de calmer la rage de ceux et celles qui crient vengeance. Ils dénoncent les dérives racistes, fascistes, antidémocratiques de certaines parties des forces de l’ordre. Ils font appel à la loi, cette loi qui existe précisément pour défendre la domination et l’exploitation.

Combien de fois entend-on réclamer « vérité et justice » ? Vérité : que le comportement « criminel » de quelque flic soit reconnu (et, du coup, que le comportement « correct » soit rétabli). Justice : que les responsables soient punis (pour que le système reste le même). Et à qui les réclame-t-on ? A la Justice, celle des tribunaux, bien sûr ! Cette Justice pour laquelle les flics travaillent et qui n’existerait pas sans police. Quelle vérité et quelle justice, donc ? Celles que la Justice, instrument du pouvoir politique, économique et moral, voudra bien nous accorder. Cela revient à cautionner le pouvoir lui-même et ses serviteurs. Il s’agit d’un cercle vicieux d’où on ne sait plus sortir.

Le pouvoir peut parfois trouver utile de châtier (presque toujours de façon symbolique, mais le problème n’est pas là) un comportement de ses gros bras perçu comme excessif. On est en démocratie, ne l’oublions pas ! Et les « doléances » des sujets, si elles ne remettent en cause que des détails du système, pas son ensemble, lui sont utiles. Tout en faisant mine d’être à l’écoute de ses sujets, le pouvoir peut corriger ses failles et ses excès. Cela le renforce : il élimine des frictions dans son fonctionnement.

Tant qu’il y aura de la police, il y aura des violences policières, par erreur ou bien à dessein, quand le pouvoir décide d’avoir recours à cette force que d’habitude il garde de côté. Mais dans des situations ordinaires, les forces de l’ordre sont bien plus efficaces si elles paraissent attentives aux droits des citoyens. Le conte de fées de la démocratie et des droits de l’homme peut ainsi continuer…

Qui croit au flic gentil ? C’est toujours un flic et il fait sont sale boulot mieux (avec moins de résistances et frictions) que le flic brutal. Mais imaginons un instant que ça soit possible une police tout à fait « gentille », « démocratique » et respectueuse de nos supposés « droits ». Qu’est-ce que ça voudrait dire ? Que de l’autre côté la population serait docile et « gentille » elle aussi. Un pouvoir qui se couvre du masque de la démocratie, ce mensonge colossal, trouverait son intérêt dans une police qui ne ferait presque pas, voire pas du tout, usage de la force. Cela signifierait que de l’autre côté il y aurait des sujets qui obéissent sans faute. Le bon chien de berger est doux car les moutons sont bien obéissants… Vouloir une police qui fasse « bien » son travail, revient donc à souhaiter sa propre soumission la plus complète. Il n’y aurait plus besoin de matraque parce que chacun et chacune aurait déjà un flic, le plus puissant de tous, dans sa tête.

Le problème fondamental est ailleurs que dans la violence ponctuelle des bleus. Il est dans l’existence même de la police, dans l’existence même de l’État qu’elle sert, dans l’existence même d’une société fondée sur l’autorité et la servitude. C’est pour ça que nous ne voulons pas de police, même pas la plus démocratique, surtout pas la plus démocratique. Pas seulement parce que les flics sont des assassins. Mais parce que le système qu’ils défendent et imposent, le monde qui a besoin de la police, est lui-même, toujours, mortifère. Parce que nous ne voulons plus d’autorité. Parce que nous voulons être libres.

Et comment elle marcherait la société, sans police ? Cette société-là ne marcherait peut-être pas, ou difficilement sans elle. Mais, nous l’avons dit, le problème de fond est bien ce monde. Et le désir de liberté porte avec lui la semence d’un autre monde, qui poussera sur les ruines de celui-ci.

Extrait du numéro 15 de Lucioles

Voir le journal au format PDF

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[Les Lilas, 93] Attaque d’un poste de police municipale – Nuit du 29 au 30 janvier 2014

[Les Lilas (93)] des rhinocéros attaquent un comico

Dans la nuit du 29 au 30 janvier, après nous être échappés du zoo et en réponse à l’insupportable présence quotidienne de la volaille en uniforme, nous avons foncé toutes cornes devant contre les fenêtres et la porte vitrée d’un poulailler municipal rue George Pompidou derrière la mairie des Lilas.

Au préalable, à l’aide d’un simple prospectus imbibé d’eau, nous avions obstrué la caméra de l’interphone.

C’est tellement facile d’attaquer !

Attaquons les gardiens du zoo humain !

Le gang des rhinos véners

Indymedia nantes, 31 janvier 2014

[Publication] ‘Résistons Ensemble’ n°122 de septembre 2013

RIPOSTES dans les quartiers populaires:

Le 10 juillet, un contrôle d’identité de trop à Vénissieux (69), le lendemain encore une interpellation à Villeurbanne. On n’en connaît ni les causes ni les conditions, seulement les conséquences : 3 nuits d’affrontements avec la police. Des centaines de flics (CRS, BAC, brigade canine…) sont déployés et tirent à tout va, gaz lacrymos et balles en caoutchouc, un jeune sera mis en GAV.

Le 18 Juillet, dans un quartier de Compiègne (60), deux flics veulent contrôler un jeune garçon qui circule à scooter. Sa mère et son frère s’interposent, soutenus par une quinzaine de personnes. Apeurés, les flics appellent des renforts , 2 personnes seront interpellées.

Le 19 Juillet, un couple de sans papiers kosovars refusant d’embarquer, étaient escortés par trois flics vers le centre de rétention de Metz (57). Sur le chemin, ils passent plusieurs coups de fils, communiquant dans leur langue maternelle. Lors d’une pause-pipi sur une aire d’autoroute, 4 de leurs amis les attendent, ils assomment l’escorte et s’enfuient avec l’homme.

Le 23 Juillet, trois jeunes hommes , mineurs, habitants du 93, circulent sur la fameuse promenade des anglais à Nice (06). Un arrêté municipal y interdit les torses nus, deux CRS décident de les contrôler, mal leur en a pris : l’un des flics finit avec une fracture du poignet et les 3 vacanciers devant le juge pour enfants.

Le 31 Juillet à Saint Denis (93), cité des Francs Moisins, une patrouille de flics à moto veut contrôler un homme à scooter, plusieurs personnes présentes réagissent permettant à l’homme de s’enfuir. S’ensuit une altercation avec les flics, l’un d’eux tire plusieurs fois en l’air, semble-t-il.

Le 13 Août en fin d’après midi dans le quartier République à Avion (62), un jeune garçon sur son scooter percute une voiture à l’arrêt, il est grièvement blessé. Une patrouille de police arrive sur les lieux et l’un des flics (« un bleu » veut l’excuser son collègue) lance à l’adresse des habitants : « Un de moins ! ». Du racisme ordinaire mais qui provoque la colère d’une centaine de jeunes gens ; deux nuits durant, ils brûlent des voitures, des poubelles et affrontent les policiers venus en renfort. 3 jeunes seront interpellés et condamnés à des TIG.

Le 30 Août à Mantes la Jolie (78) cette fois, une vingtaine de jeunes caillassent deux bus attirant ainsi la police sur place : ils leur lancent des pierres et un cocktail Molotov. 4 jeunes hommes ont été placés en GAV.

A Gennevilliers (92)… Un moteur de scooter a été jeté en direction des policiers dans la nuit du 30-31 août à la cité du Luth depuis le treizième étage. Quatre garde à vue, arrestations, pas de blessé du côté des « forces de l’ordre ».

32 caméras de vidéo-surveillance ont été installées depuis début Juillet à Besançon (25), le 2 Août, une première est caillassée avant même d’avoir été branchée et le 11 Août, 4 jeunes gens en démontent carrément une autre avant de partir avec.

Enfin, le copwatch a une fois de plus révélé son efficacité potentielle : une vidéo sur youtube, montrant les méthodes habituelles de la police (gazage, coups de matraque dans le ventre) provoquant l’évanouissement d’une femme, noire, qui cherchait à discuter l’interpellation de son ami à Joué les Tours (37) a été vue par deux millions de personnes et a frappé les esprits bien au delà du cercle des militants. Radios et Télévisions de masse ont même été contraintes d’aborder la question des violences policières.

Lire intégralement le journal ‘Résistons Ensemble’ n°122 en version texte ici

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[Allemagne] Affiche contre la police – Août 2013

BistduSicherDepuis quelques jours, une nouvelle affiche contre les flics est apparue dans quelques villes. Où que tu regardes, les flics répriment, harcèlent, contrôlent et tuent ! Dans ton quotidien, dans la rue, ou comme il y a quelques jours où les flics ont perquisitionné des appartements et des maisons à Berlin pour intimider les gens et briser la résistance. Mais ils sous-estiment la force de la solidarité et notre désir de liberté s’ils croient qu’ils peuvent nous arrêter si facilement !

Pour une vie incontrôlée et sans domination !

Tu es sûr ?

Que ceux en armes et en uniforme patrouillent dans les rues pour ta sécurité ?

Que leur présence, que la normalisation du contrôle et de la surveillance rendent ta vie plus sûre et donc plus libre ?

Que tu as besoin de quelqu’un qui te dit ce que tu as à faire ou pas, et qui t’explique de quoi ou de qui tu dois avoir peur, ce qui est bon ou mauvais pour toi ?

Que tu veux que quelqu’un règle pour toi de prétendus conflits, en les déplaçant simplement avec violence, avec des menaces et des punitions ?

Que les rapports entre les gens, comme leurs conflits, devraient être maîtrisés par des règlements, des ordres, des contraintes, par les positions sociales et financières ?

Sûrement pas !

Car là où nos vies sont contrôlées et déterminées par d’autres, où le choix individuel de comment nous nous faisons exploiter est vendu pour de la liberté.

Là où la fortune, tout comme une vie en « paix », n’est possible que par la situation merdique et la souffrance des autres, nous sommes sûrs que :

Il n’y a pas de vie en liberté sans révolte contre ce système, contre ces conditions, contre toute autorité, contre toute domination !

Les flics et autres chiens de garde ne sont ni des amis, ni des aides !

Traduit de l’allemand par non-fides.fr de No Prison No State, 16 août 2013