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[Rio de Janeiro, Brésil] Occupation émeutière de la gare centrale lors d’une manif contre la hausse des tickets de transport – Soirée du 6 février 2014

Une manifestation contre la hausse du prix du ticket de bus* à Rio de Janeiro a dégénéré jeudi en affrontements entre manifestants et policiers, faisant, selon le quotidien O Globo, un blessé parmi les journalistes.

Les incidents, qui ont eu lieu à quelques mois du Mondial de football prévu à partir du 12 juin, ont éclaté quand les policiers ont évacué en faisant usage de gaz lacrimogènes la grande gare de Rio, Central do Brasil, qui avait été envahie par un millier de manifestants.

Selon O Globo, un cameraman de la chaîne de télévision Bandeirantes est dans état grave après avoir été touché à la tête par un projectile — dont on ignore l’origine — et a dû subir une intervention chirurgicale.

Dans le hall de la gare, certains manifestants masqués et vêtus de noir ont saccagé des distributeurs automatiques de billets**, libérant l’accès aux trains au cris de : « la gare est libre ! ».

Un journaliste de l’AFP a vu un policier blessé évacué par ses collègues. Mais aussi des policiers frappant des personnes qui manifestaient pacifiquement.

3Une grande confusion régnait à l’extérieur de la gare où des contestataires jetaient des pierres sur des policiers des forces anti-émeutes, qui les traquaient par petits groupes. Une barricade enflammée a été érigée sur une des rues.

Cette manifestation, dans un premier temps pacifique, a été convoquée par le mouvement Pase livre (Ticket gratuit) pour protester contre l’augmentation de 9,09% du prix du ticket de bus à Rio, qui va passer samedi de 2,75 à trois réais (0,83 euro à 0,91 euro).

« Nous voulons des trains aux normes Fifa ! « Dehors Cabral ! (NDLR: le gouverneur de Rio), « trois réais, je ne paye pas ! », ont notamment scandé les manifestants.

« La violence vient seulement des policiers, j’en ai vu un s’en prendre à un type qui brandissait une pancarte sans rien faire d’autre, j’ai vu une femme se faire tabasser contre un tourniquet. Si nous avons lancé des projectiles sur les policiers, c’est parce que nous souffrons tous les jours (de la hausse des prix des transports). Trois réais, c’est absurde », s’est insurgée à la gare Natacha de Pina, une jeune employée de banque.

Une vingtaine de personnes ont été arrêtées par la police, selon O Globo.

En juin 2013, des manifestations d’abord limitées mais durement réprimées contre l’augmentation du prix des transports publics à Sao Paulo et Rio, avaient servi de détonateur à la fronde sociale historique qui avait embrasé le Brésil pendant la Coupe des Confédérations de football.

Sous la pression populaire, après des dizaines de manifestations qui ont rassemblé plus d’un million de personnes dans les rues, et dont la plupart se sont terminées par des affrontements violents avec la police, la plupart des grandes villes avaient finalement renoncé provisoirement à l’augmentation du prix des transports en commun .

Mais le mouvement n’avait cessé de grandir pour dénoncer la grande précarité des services publics, la corruption et les milliards investis dans la construction des stades du Mondial de football.

Rio doit également accueillir les jeux Olympiques de 2016.

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Leur presse – AFP via tv5monde, 07/02/2014 à 17h09

Notes:

*Le prix du ticket de transport augmente et passe de 2.75 à 3$ ce samedi 8 février 2014.

**La presse a, comme à son habitude de ne pas trop ébruiter ces actes enragés envers la domination, vaguement évoqué la destruction concernant le mobilier urbain de la gare et les équipements de leur transport: ceci dit, on parle d’une vingtaine de tourniquets mis entièrement hors-service par les manifestant-es, ainsi que de nombreux panneaux signalétiques et publicitaires détruits… Et la société de transport de réquisitionner de nombreux employés pour tout remettre en ordre dans la matinée de vendredi (08/02/2014).

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Brésil : 100 000 hommes des forces de l’ordre pour la sécurité du Mondial

Quelque 100 000 hommes des forces de l’ordre seront mobilisés au Brésil pour assurer la sécurité du Mondial de football du 12 juin au 13 juillet, qui se déroulera dans douze villes hôtes. Ce chiffre comprend les effectifs des polices civile, militaire et routière et de la force nationale, une force d’élite qui pourra intervenir en cas de besoin.

Le secrétaire national des grands événements a rappelé que la sécurité tenait compte de 15 grands thèmes allant de la menace terroriste à la sécurité des stades et délégations, la surveillance des supporteurs violents et le contrôle des manifestations. La houleuse Coupe des confédérations de juin et les Journées mondiales de la jeunesse catholique (JMJ) avec la visite du pape François en juillet ont « servi d’expérience », selon les responsables de la sécurité.

Le pays a été secoué par une fronde sociale historique, marquée par des affrontements violents, pour réclamer l’amélioration des services publics, la fin de la corruption et dénoncer la colossale facture publique du Mondial. Les autorités se préparent à de nouvelles manifestations lors du Mondial. Une manifestation contre la hausse du prix du bus à Rio de Janeiro a d’ailleurs dégénéré lundi soir en affrontements entre manifestations et policiers,

Leur presse – AFP via lemonde.fr, 07/02/2014 à 07h33

[Brésil] Destructions de banques, de DAB et de tourniquets lors de la manif ‘pour la gratuité des transports': un flic se fait péter une clavicule pendant le saccage d’une gare routière – Sao Paulo, 25 octobre 2013

Une manifestation dégénère à Sao Paulo, 60 arrestations

Une manifestation à Sao Paulo en faveur de la gratuité des transports publics pour les étudiants a dégénéré tard vendredi en saccages et en affrontements avec la police qui a procédé à une soixantaine d’arrestations, a annoncé la presse locale.

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Les sites d’informations par internet G1 de la chaîne Globo et de la Folha de Sao Paulo montraient des images d’un bus en flammes et de saccages de distributeurs automatiques.

La chaîne de télévision Globo News montrait la dispersion des manifestants par la police à coup de gaz lacrymogènes.

Contactée par l’AFP, la police militaire de Sao Paulo n’était pas en mesure de donner un chiffre exact des arrestations*.

Le trafic routier et des transports publics de la ville ont été momentanément perturbés par la manifestation organisée à l’appel du Mouvement Pase Libre (MPL)**.

Pendant la Coupe des Confédérations de football en juin, des mouvements comme celui de Pase Libre réclamant une baisse des tarifs des transports publics ont fait tache d’huile dans l’ensemble du pays.

Un million de personnes sont descendues dans les rues au Brésil pour dénoncer les dépenses somptuaires d’organisation du Mondial-2014, la corruption des autorités et exiger une amélioration du système de santé et d’éducation.

Des explosions de protestation d’une moins grande intensité, organisées la plupart du temps par des groupes radicaux, ont régulièrement lieu depuis à Rio et à Sao Paulo, et s’achèvent en général dans la violence.

Leur presse – AFP, 26/10/2013 à 08h19 via lapresse.ca

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Brésil: des manifestants battent et dévalisent un officier de police

SP2SAO PAULO - Un officier de police brésilien a été battu et dévalisé vendredi soir durant une manifestation réclamant une réduction des tarifs pour le transport en commun à Sao Paulo, l’une des plus grandes villes du Brésil.

Le service de police de l’État de Sao Paulo a déclaré dans un communiqué publié sur son site Web samedi que le rassemblement avait dégénéré lorsque des membres de l’organisation anarchiste Black Bloc avaient fracassé des fenêtres et détruit des guichets automatiques, des tourniquets et d’autres équipements à un terminus d’autobus.

Selon le communiqué, une dizaine de protestataires ont attaqué le colonel Reynaldo Rossi, l’ont renversé et lui ont brisé une clavicule. Les autorités n’ont toujours pas retrouvé le revolver de calibre .40 et l’émetteur radio de l’agent.

La colère suscitée par le coût et la médiocrité des réseaux de transport publics a donné lieu, depuis le mois de juin, à d’importantes manifestations dans plusieurs villes à travers le Brésil.

Leur presse – AP via 985fm.ca, 26/10/2013 màj 17h51

Le flic Reynaldo Rossi n’était évidemment pas seul. Il était heureusement pour sa face escorté par d’autres flics, dont celui sur la photo qui brandit son arme face à la foule:

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On peut voir une vidéo du saccage de la gare routière (en cliquant sur l’image):

Voir la vidéo

Voir la vidéo

De nombreux tags, des tourniquets arrachés, des distributeurs de tickets et de billets défoncés (une quinzaine de DAB selon g1globo.com), un bus incendié et un autre tagué avec ses vitres pétées. Bref, tout le mobilier urbain du terminus d’autobus y est passé lors de cette manif qui a rassemblé près de 4000 personnes (selon le mouvement Un Pas Libre**).

Les cibles choisies par les manifestant.e.s montre bien que la lutte actuelle ne se limite pas uniquement à combattre pour des transports gratuits, mais bien à lutter plus globalement contre plusieurs façettes de la domination que sont les transports en commun (l’argent, le contrôle, la surveillance…):

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Un journaliste d’une chaîne brésilienne montre l’étendue de la casse:

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Par ailleurs, le saccage du terminus de bus ‘Parque Dom Pedro‘ n’est pas le seul fait de cette manif. De nombreuses banques ont aussi été attaquées dans le centre-ville. La presse brésilienne rapporte que de nombreux tourniquets de transports ont été saccagés tout le long du parcours: le premier ministre accuse les black blocs et la centaine de manifestants cagoulés dans le cortège.

L'agence bancaire 'Safra', située rue Boavista dans le centre-ville...

L’agence bancaire ‘Safra’, située rue Boavista dans le centre-ville…

Quatre banques ont été vandalisées rue Boavista: Safra, Itaú, HSBC et Santander.

Notes:

* Il y aurait eu entre 78 et 90 arrestations à l’issue de cette manif. Sur les 78 personnes arrêtées selon g1globo.com, 54 l’ont été durant l’émeute au terminus de bus, les autres pour possession d’engins incendiaires.

** Cette manif vient clôre une semaine de lutte pour des transports publics du MPL.

[Brésil] Nouvelles de la guerre sociale depuis les rues de Sao Paulo et de Porto Alegre

Vendredi 30 août, des manifestations ont de nouveau ébranlé les rues de Sao paulo. Selon la presse, l’avenue Paulista a été bloquée une grande partie de l’après-midi (de 15h à 18h). Aux alentours de 20h, la route Marginal Pinheiros a été bloquée près d’une heure. Puis environ 200 manifestant.e.s cagoulé.e.s, armé.e.s de bâtons et de pierres, ont pris l’avenue Luis Carlos Berrini. De la merde et du fumier ont été balancés sur les locaux de la chaîne TV Globo. Les larbins du pouvoir ont vu leurs spots de lumières défoncés. Des tags ont été inscrits sur les murs et des barricades ont été incendiées au milieu de la route, comme le montre cette vidéo.

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Selon la police, le groupe s’est dispersé vers 22h. Personne n’a été arrêté.

Fin juillet, des dizaines de banques avaient été saccagées lors d’une manifestation à Sao Paulo

Sabotage incendiaire contre le réseau national d’électricité

Par ailleurs, ce mercredi 28 août, un sabotage incendiaire a fait de gros dégâts sur le réseau national d’électricité: l’incendie s’est déclaré vers 15h au nord du pays, dans une zone rurale de l’Etat de Piaui. Une des deux lignes touchées est exploitée par une filiale locale de la société espagnole Isolux.

Leur presse (riotimes) a rajouté que près de 50 millions de personnes et plusieurs régions du nord-est (régions de Bahia et Minas Gerais notamment) avaient été privées de téléphones, d’internet…

Le courant a été rétabli plus de deux heures après.

Ci-dessous une traduction des Brèves du désordre d’un récit tiré du journal anarchiste Agitacao (à partir de la version espagnole publiée sur Cumplicidade (5 août 2013):

Chronologie de la guerre sociale vécue dans les rues de Porto Alegre

Bien que la récente vague de manifestations qui se sont emparées des rues dans de nombreuses villes du territoire contrôlé par l’Etat brésilien puisse être interprété comme quelque chose de supposément inattendu et surprenant, elles sont le résultat d’une accumulation de parcours de luttes qui ont lieu de manière diffuse et progressive depuis ce début de XXIe siècle. Tomber dans le discours que nous vendent les médias, à savoir que la diffusion de la révolte serait un fait historique isolé, revient à passer sous silence et à annuler une mémoire qui doit être au contraire renforcée, afin de servir de combustible aux prochaines batailles et servir d’autocritique pour évaluer les erreurs et tenter de ne pas les répéter.

La lutte contre l’augmentation du tarif des transports publics n’est pas apparue soudainement ces dernières semaines, elle s’est construite au cours des dix dernières années dans différentes localités, et a mis pour la première fois de nombreux jeunes cœurs pleins de révolte en contact avec des formes d’auto-organisation en dehors des leaderships et des partis. Les transports publics ne sont rien de plus que la mobilité des veines et des artères de cette énorme prison que l’on nomme ville, le mouvement d’une structure dont la logique est fondée sur le pouvoir, la domination et le contrôle. Toute demande de réformer cette structure revient finalement à mendier misérablement plus de chaînes et de menottes pour continuer à alimenter celles et ceux qui, gras et arrogants, continuent à se prélasser dans leur fauteuil. Le grand mérite de ce processus de lutte qui a culminé dans la récente tempête sociale, consiste à avoir ouvert la possibilité de mettre de nombreuses personnes mécontentes en contact avec une conflictualité réelle dans les rues. La possibilité que des jeunes provenant d’une réalité politique où régnaient l’apathie et le silence sur la mémoire d’une région chargée de furieux exemples de résistance, de lutte et de défense de la vie et de la liberté, puissent continuer à construire cette histoire.

Il faut souligner que lorsque les gens prennent la rue, les revendications réformistes se font vite déborder par la rage accumulée de celles et ceux qui cohabitent au quotidien avec l’humiliation et l’exploitation caractéristiques de tout individu vivant loin du privilège de ceux que cette société satisfait. Ce qui est apparu au cours de ces semaines, c’est un bordel allant bien au-delà de 20 centavos, et qui a violemment secoué cette chère paix sociale, qui en pratique n’existe que dans les fantasmes des esprits ordonnés. Les médias, machines à lobotomiser et à former l’opinion, mettent en avant les plaintes de l’Etat et des propriétaires face à la quantité de destructions qui ont balayé les rues comme un ouragan. Ils ont opté pour une stratégie qui démontre la capacité de la démocratie à intégrer et à passer sous silence l’authentique révolte qui a attaqué la matérialisation du pouvoir.

La tactique antérieure qui consistait à ne pas mentionner (ou à le faire rarement) toute forme de manifestation critique envers l’actuel état de choses, a été remplacée par le fait de mettre l’accent sur la manifestation ordonnée, sur la protestation pacifique, sur la stimulation exaltée du citoyennisme, créant ainsi le terrain propice pour cibler comme criminelles les innombrables actions d’attaques contre des biens matériels et les représentants de l’ordre imposé. L’illusoire participation citoyenne qui a fini par être alimentée par l’Etat, les moyens de communication et les propriétaires, a illustré une stratégie de recherche de pacification, tentant vainement de cacher le soleil avec une passoire. La véritable pression qu’ont sentie les puissantEs lors des protestations est venue de l’action obstinée de celles et ceux qui cherchaient à attaquer l’oppression sous toutes ses formes.

Le problème a cessé d’être la manifestation en soi, pour devenir celui de la présence de « vandales » « infiltrant » des « manifestations légitimes ». En réalité, ce qui s’est passé a été ce dont beaucoup rêvaient, ce que beaucoup craignaient, et que beaucoup d’autres disaient désirer, mais que la réalité des faits a éloigné et effrayé, et qui ont renoncé à des positions solidaires et conflictuelles : la favela sous l’asphalte. Les actes stigmatisés comme violents sont la conséquence et la responsabilité directe d’un système politico-économique basé sur la marchandisation de la vie, sur le contrôle absolu, sur la violence policière quotidienne, sur l’existence de la prison comme mécanisme de punition pour tous les improductifs. La dichotomie criminels/innocents est un jeu, une farce destinée à justifier le véritable terrorisme étatique qui a surgi en réaction à la révolte. Il ne s’agit pas d’une criminalisation qui naîtrait à cette occasion, mais d’une logique qui criminalise tout ce qui entrave le chemin du développement ou les projets du capital, en tentant de définir les actes de rébellion comme vides de sens, et en en profitant pour mettre en place une nouvelle loi anti-terroriste. Cette loi temporaire d’urgence pour répondre aux besoins des grands événements sportifs, basée sur la terrible Loi de Sécurité Nationale, prévoit notamment des peines de 15 à 30 ans de prison pour des actes jusqu’alors qualifiés de simple « vandalisme », et rend passible de condamnation pénale le fait de bloquer des services publics considérés comme essentiels pour le déroulement de ces événements. Ils ciblent comme violence la destruction de la propriété privée, pour mieux cacher celle de la destruction croissante de la Terre, celle de l’avancée d’un progrès assassin qui fait du profit sur le sang qu’il tire de la nature, de communautés écrasées et expulsées, des personnes qui voient leur dignité anéantie au quotidien dans les prisons, les écoles, les usines, les hôpitaux, les asiles psychiatriques…

Les prises de position de la Présidente et de toutes les ordures politiques en faveur de la prise en compte des revendications sur les transports publics et le “combat contre la corruption”, vite rejointes par les autres “voix de la rue”, expriment leur peur et leur tentative de contenir d’une manière ou d’une autre tout ce qui est en train de se passer. Voilà qu’ils agissent soudain, comme si des revendications auxquelles ils n’avaient jusqu’alors jamais prêté la moindre attention leur importaient désormais, à l’image du fameux passe-étudiant, auparavant considéré comme une revendication dérisoire, lointaine et hors de question par la plupart des gouvernants et qui, comme par magie, est approuvée aujourd’hui et se voit traitée comme une priorité. Pourtant, leurs véritables priorités continuent à être mises en place comme si rien ne s’était passé : les projets de génération d’énergie [nucléaire et barrages] hérités de la dictature militaire continuent sur leur lancée, la militarisation des zones indispensables au développement de ces projets, les expulsions et les déplacements forcés aussi. Il se passe la même chose dans les grandes villes où, que se soit pour les méga-événements comme le Mondial de football ou suite à la prise d’espaces par les classes privilégiées, des communautés entières sont déplacées et/ou “pacifiées”.

Le Mondial représente un tremblement de terre dans la vie de nombreuses personnes sur l’ensemble de ce territoire. Penser que l’argent qui y est investi devrait être destiné à la santé et à l’éducation revient à continuer à faire aveuglément confiance à l’Etat. C’est un peu comme croire au Père Noël. Nous vivons l’apogée du rapport Etat-entrepreneur/chefs d’entreprises, la consolidation d’un régime où le marché et ceux qui en bénéficient, les riches, gouvernent ensemble. Le régime démocratique a toujours fonctionné de cette manière, une carotte et un bâton dans l’autre main, une dualité qui a produit une apathie généralisée qui, petit à petit, est heureusement en train de se déconstruire et d’être subvertie par une récente culture de luttes portant à nouveau l’action directe comme moteur de la transformation sociale.

A Porto Alegre depuis l’année dernière, on a vu le conflit s’exprimer davantage dans la rue. Il couvait pour les mêmes raisons qu’à travers tout le territoire, et s’est mis à bouillir jusqu’à prendre progressivement les proportions qu’il occupe aujourd’hui dans la ville, sans demander la permission à personne, et sans organisation centralisée. En même temps, la répression affine aussi ses griffes, poursuivant des groupes et des individus anarchistes, en les rendant responsables de la vague sauvage de destruction. L “intelligence policière” démontre une fois de plus l’incompatibilité de ces deux termes. Elle crée le terrain pour monter un cirque médiatique supplémentaire et lance des déclarations maladroites, comme celle du gouverneur de l’Etat comparant les anarchistes avec les ordures d’extrême-droite. Reposant sur une logique verticale, et donc opposée aux principes anarchistes, ils ciblent les anti-autoritaires en tant que leaders et idéologues d’actes d’attaque contre la propriété privée, ce qui démontre surtout une certaine impuissance des forces de sécurité, mais ouvre aussi en même temps un espace à la vengeance d’Etat contre celles et ceux qui se sont historiquement déclarés ennemis de l’ordre existant.

Ces moments de tempête, y compris face à l’intensification du contexte répressif et d’une terreur psychologique toujours plus intense, doivent être un moteur pour notre capacité de transformation et de création, en affûtant les poignards de la solidarité et de l’agitation, en exerçant l’anarchie comme une tension constante dans ce monde de misère, et en montrant une fois encore qu’il n’y a pas de dialogue possible avec les puissants, ni d’explications à leur donner. Les actes de rébellion, souvent accomplis spontanément par la furieuse explosion de haine que provoquent l’autorité et la répression, sans reposer nécessairement sur des modèles idéologiques et théoriques, parlent souvent d’eux-mêmes.

Petite chronologie de la guerre sociale vécue dans les rues de Porto Alegre ces derniers temps (chronologie provisoire, ouverte et non exhaustive) :

4 Mars 2012 : Lors de la manifestation contre l’augmentation des tarifs des transports, un petit affrontement se produit entre des manifestants et la Brigade Militaire, les robots en uniforme sont attaqués à coup de manches de drapeau. Un container de poubelle est incendié.

4 Octobre 2012 : Lors d’une manifestation pour les espaces publics, des jeunes se moquent de la poupée gonflable de Coca-Cola/Fifa en dansant autour. La police attaque pour la “défendre” et reçoit une réponse. Une voiture de patrouille de la Brigade Militaire a son pare-brise détruit. Une banque est endommagée. 6 personnes sont arrêtées, 4 sont libérées la nuit même, les deux autres quelques jours plus tard, 20 personnes sont blessées. Un flic souffre d’un traumatisme grave après s’être pris des pierres. Après une longue polémique médiatique, la poupée Coca-Cola/Fifa est retirée de la rue.

27 Mars 2013 : Au cours d’une nouvelle manifestation contre l’augmentation du prix des transports, des manifestants essaient d’entrer dans la mairie en affrontant la Garde Municipale, une manifestante est arrếtée. Le bâtiment est couvert de tags et la plupart de ses vitres sont brisées. Deux motos et une voiture de la Garde Municipale sont attaqués. Un journaliste aux ordres du pouvoir se fait agresser.

1º Avril 2013 : 6000 personnes sont dans la rue, la mairie ferme plus tôt. La manifestation s’étend au centre-ville, la circulation est complètement interrompue à partir de 18h. Les murs se couvrent de slogans de différentes couleurs.

4 Avril 2013 : 5000 personnes se rassemblent dans le centre sous la pluie contre l’augmentation des prix de l’omnibus, et commencent à marcher en une protestation animée. Quelques omnibus sont tagués et rayés, un perd sa vitre à coups de pierres. Des bombes de peinture sont lancées dans le Bâtiment Edel Trade Center, où se trouvent des banques, l’ambassade du Pérou etc. Une vitrine de la Volkswagen Panambra tombe sous les huées des moutons. Devant le bâtiment de la EPTC (Entreprise de transports publics et de circulation, complice de l’augmentation), un groupe caillasse une vitrine, tout autour des pétards sont tirés en direction de la police et des médias. Une contrôleuse de l’entreprise publique d’omnibus Carris, qui défend qu’il faut soutenir les protestations sur internet plutôt que dans la rue, est virée.

11 Avril 2013 : Un nouveau rassemblement a lieu à l’auditorium Araújo Viana, pour partir cette fois par l’avenue Protásio Alves, vers la ATP (Association de Transporteurs de Passagers). Les façades reçoivent de nouveaux tags, des vitres sont brisées, une unité mobile est aussi vandalisée. 1000 personnes restent jusqu’à 23h environ. Le lendemain, le siège de l’association n’a pas réouvert.

23 Avril 2013 : 500 personnes se rassemblent devant la préfecture, taguant leur revendication d’une réduction supplémentaire des tarifs d’omnibus.

29 Mai 2013 : Vers 4 h du matin, au milieu d’une forte tempête, 200 policiers de la Brigade Militaire, du Bataillon d’Opérations Spéciales, et le Groupe d’Actions Tactiques Spéciales, attaquent ensemble le campement qui durait depuis 43 jours pour défendre des arbres centenaires, campement empêchant de fait l’élargissement d’une avenue exigée par la Fifa pour permettre l’accès au stade Veira Río. 27 personnes sont conduites au commissariat et mises en examen pour outrage et autres délits. Au matin des dizaines d’arbres sont déjà abattus. Il est important de contextualiser…. Les protestations contre l’augmentation des tickets de l’omnibus se sont généralisés du sud au nord du territoire contrôlé par l’Etat brésilien. Dans des centaines de villes, des millions de personnes ont manifesté. Les choses sont devenues sérieuses. La tour d’ivoire des politiques a commencé à trembler. En plus de la question des tarifs des transports, dès le jour d’ouverture de la Coupe de football des Confédérations, où Dilma (présidente du Brésil) et Blatter (président de la Fifa) se sont faits huer dans le stade, et jusqu’à la finale, chaque partie a été une guerre hors des lumières du stade, contre la Fifa, l’Etat, le Capital, contre ce système de misère. Même les commentateurs sportifs traitaient du thème des manifestations. Ce n’est peut-être qu’un avant-goût de la Coupe du Monde… Souhaitons qu’il en soit ainsi…

13 Juin 2013 : “C’est fini l’amour, ici ça va devenir la Turquie”. Près de 2000 personnes participent à une nouvelle manifestation en solidarité avec celles qui se déroulent sur le territoire brésilien. Le trajet est parsemé de tags, et tout ce qui symbolise le pouvoir est attaqué en chemin. 6 banques voient leurs vitrines brisées, un bâtiment de la compagnie de téléphone portable Oi est caillassé et tagué. Des pierres et de bruyants ovni volent en direction du tribunal. La patrouille de la EPTC et d’autres véhicules sont attaqués. Les parcmètres sont rendus inutilisables. Une voiture du groupe RBS (medias) est encerclée et attaquée alors qu’elle transporte des fonctionnaires à l’aéroport. Une vitre est brisée, elle est sécouée et rayée. Le lendemain, son journal papier ZeroHora, le plus diffusé dans la région, publie en Une la photo d’une barricade en feu avec en légende : “ils ont dépassé les bornes”.
40 containers de poubelles sont utilisés comme barricades au cours d’affrontements contre la Brigade Militaire, qui détourne le conflit en intervenant dans le quartier Cidade Baixa, en coupant et en dispersant la manifestation. 23 personnes sont arrêtées puis libérées, un policier est blessé.

Les jours suivants les journaux affirment : « Oui à la protestation, non à la violence. » Experts et charlatans s’empressent d’analyser la violence de cette nuit de fête antisystème, dans le but évident de rassembler l’opinion du troupeau, et d’éviter que la situation empire. Mais leurs efforts ne sont pas à la hauteur de leurs intentions, la colère contre ce système n’est ni contenue ni balayée, et les froides et pluvieuses nuits de manifestations sont de plus en plus ardentes…

17 Juin 2013 : Des millions de personnes descendent dans les rues des principales villes du Brésil, déterminées à l’affrontement. A Porto Alegre, la manifestation se déchaîne avec 15 000 personnes. Les rues centrales sont bloquées par la marche qui se dirige vers le bâtiment de RBS Zero Hora. Les flics empêchent qu’elle passe par le monument de verre de massification sociale, de mensonge et d’escroqueries. Aux alentours du siège de la Police Fédérale qui est caillassé, un concessionnaire Honda a 31 vitrines brisées, des motos sont endommagées, des brebis pacifistes tentent d’empêcher les pillages, mais plusieurs établissements n’y échappent pas. Une dizaine d’agences bancaires sont attaquées et sévèrement endommagées. L’Institut d’Identification/Institut Général d’Expertises (Police Civile) où sont confectionnés les documents d’identité se fait défoncer. Le concessionnaire Volkswagen Panambra est caillassé et des bagnoles endommagées. Dans la rue, les murs blancs auparavant, hurlent la rage. 60 containers de poubelle sont incendiés. Une patrouille de la Brigade Militaire est encerclée et attaquée à coups de bâtons par des manifestants. Dans l’avenue João Pessoa, de nombreuses barricades sont érigées. Sur le trajet, 5 omnibus sont caillassés, devant le parc de la Redenção un omnibus est incendié. Au cours de cette nuit, 371 omnibus de la compagnie publique Carris sont retirés de la circulation pour raisons de sécurité. Vers 23h, un groupe attaque et brise les vitres du Palais de Justice, il est dispersé avec des grenades à fragmentation aux environs du Palacio Piratini (gouvernement d’Etat) et de l’Assemblée Législative. Deux personnes sont arrêtées à cet endroit, et aux total il y aura 38 arrestations au cours des affrontements de cette nuit-là, quatre personnes sont sérieusement blessées. Toutes les manifestations sont filmées par hélicoptère du groupe RBS/Globo, et retransmises sur la chaîne régionale TVCOM. Le lendemain, le gouverneur se réunit avec son service de sécurité et les trois principaux journaux de la province ornent leur Une de photos d’omnibus en flammes.

20 Juin 2013 : L’après-midi, la Police Civile envahit la bibliothèque anarchiste A Batalha da Várzea dans le quartier Cidade Baixa, et s’empare de bouteilles en plastique remplies d’huile de cuisine usagée pour les envoyer à l’expertise, ainsi que de livres. A partir de ce jour, des anarchistes reçoivent la visite indésirable de la police à leur domicile. Dans plus de 100 villes du Brésil, des manifestations secouent la routine du capital, interrompent la normalité, attaquent et offensent le pouvoir et ses institutions. Sous la pluie et alors qu’il fait 14 degrés dehors, près de 20 000 personnes bougent dans les rues de Porto Alegre et s’affrontent durement avec la Brigade Militaire. Toute la manifestation est accompagnée par des hélicoptères et retransmise en direct. Aux alentours du bâtiment de RBS/Zero Hora les affrontements reprennent : fusées, pierres, engins artisanaux, cocktails molotov contre balles en caoutchouc et grenades à fragmentation. Le siège de la Police Fédérale est intensément attaqué à coup de pierres pour la deuxième fois, tandis que se monte une barricade enflammée. Malgré les flics postés devant les vitrines et appelant au calme, le local de Honda est détruit pour la deuxième fois, idem pour l’Institut d’Identification qui restera fermé pendant des semaines. De l’autre côté de la rue, le Centre Commercial João Pessoa n’est pas en reste, et est sévèrement endommagé. Une dizaine d’agences bancaires sont défoncées avec quelques tentatives d’incendies contenues par les pompiers. On entend la détonation d’une bombe artisanale au siège du Jornal do Comércio. Les locaux du PT et du PMDB au pouvoir actuellement sont attaqués. Pour éviter la multiplication des barricades au cours des émeutes, le matin même le DMLU (Département Municipal de Propreté Urbaine) enlève 80 containers à poubelle. De nombreux commerces sont pillés, les dégâts enregistrés s’élevant à 600 000 reales. La préfecture déplore des dégâts de 825 000 reales. 830 policiers sont présents pour mener la répression, l’effectif le plus élevé de la Brigade Militaire en 5 ans. Deux policiers sont blessés, et 20 personnes arrêtées sont amenées au Pénitencier Central. Jusque vers minuit, des actions de groupes cagoulés se multiplient au centre-ville, affrontant la police avec des pétards et des engins artisanaux, taguant, détruisant, tentant d’incendier, pillant. Un habitant du centre tente d’empêcher un incendie qui avait déjà pris dans une agence bancaire Itaú en menaçant les cagoulés avec un revolver, tous parviennent à s’échapper. Apeuré, le préfet José Fortunati suit la protestation à travers les caméras de surveillance dans le Centre Intégré de Commandement de la Ville de Porto Alegre (CEIC). Le lendemain, la présidente Dilma Roussef convoque une réunion d’urgence avec les ministres, puis annule son voyage au Japon. La présidente de la Banque Centrale fait de même avec une rencontre prévue à Londres avec “des investisseurs”. Le Département d’Etat nord-américain annonce qu’il suit de près le mouvement de protestation au brésil. Les services brésiliens de l’ Agence Brésilienne d’Intelligence (ABIN) publient tous les jours leur analyse de la situation sur internet, mettant en place un système de surveillance online contenant 700 termes préétablis à rechercher. Dans ce contexte, Brad Pit renonce à venir au Brésil pour le lancement du film “Guerra Mundial Z”, où il interprète le Gouverneur de Rio Grande do Sul. Tarso Genro, lance une campagne de diffamation contre les anarchistes, taxés de ”tendance fasciste », mentors de la violence de rue qui ”détestent tout sauf eux ”.

24 Juin 2013 : En manœuvre défensive, l’après-midi, la police bloque les alentours de la Place de la Matriz, la municipalité fait enlever 80 containers à ordures, les magasins ferment leurs portes. 10 000 personnes manifestent à Porto Alegre, les flics dispersent en lancent des grenades lacrymogènes dans le centre-ville, en divisant et en pourchassant les petits groupes. Dans le centre et dans le quartier de Cidade Baixa, des groupes attaquent la propriété, détruisent, pillent, incendient, montent des barricades, une dizaine de banques en font les frais. Des bâtiments de l’Etat et de la Municipalité sont attaqués, Tudo Fácil (local de la ville), CEEE (compagnie publique d’énergie électrique), DMLU, le Secretariat Municipal à la Jeunesse se font défoncer, des pierres et des molotovs sont lancés contre le bâtiment du SMIC (procureurs municipaux). Une trentaine de containers à poubelle sont incendiés, des voitures sont attaquées, une grande quantité de magasins sont pillés dans le centre. Le syndicat de commerçants affirme avoir subi 2 millions de reales de dégâts, sans compter la perte de 60% de leur chiffre d’affaire ce jour-là. Les pompiers ont combattu plus de trente foyers d’incendie. A côté d’une agence bancaire, des personnes cagoulées menacent et font pression sur une équipe de journalistes de TV Pampa, jusqu’à ce qu’ils leur remettent les deux cartes mémoire de leurs caméras. 103 personnes sont arrêtées, et plusieurs sont amenées à la prison centrale.

27 Juin 2013 : Une manifestation ”culturelle” est appelée devant le siège du gouverneur d’Etat, le Palácio Piratini. Toute la zone est bouclée par la Brigade Militaire, qui demande même des renforts venus de l’intérieur du pays. Le groupe des ”organisateurs” de la manifestation rentre dans l’antre gouvernementale pour mendier d’illusoires réformes et demander l’aide du gouverneur. Pendant ce temps, des manifestants enragés abattent les barrières de sécurité et attaquent la Brigade Militaire à coups de pierres, un sergent est blessé à l’oeil dans les affrontements, puis les groupes s’égaillent dans les rues du centre et de Cidade Baixa, menant des attaques, tout en essayant d’échapper à l’énorme contingent de Brigade Militaire qui les poursuit en une véritable chasse à l’homme retransmise en direct par TVCOM. Le Gouverneur finit la nuit par un discours en applaudissant les troupes de choc devant son palais.

1er Juillet 2013 : A l’aube de la célébration de la victoire de la sélection brésilienne à la Coupe des Confédérations, trois voitures de patrouille de la Brigade Militaire sont incendiées. Deux à Porto Alegre sur le parking du Secrétariat de Sécurité Publique, local où se trouvent le bureau du secrétaire de sécurité, les activités de la Brigade Militaire, la Police Civile, le Susep (matons), le Detran (circulation), ainsi que le service téléphonique 190 de la police. Des anonymes sont entrés dans l’obscurité du parking et ont frappé avec audace, en incendiant deux véhicules. Aux alentours, une dizaine de containers ont été incendiés la même nuit. Dans la ville de Fontoura Xavier, en plus de la voiture de la Brigade Militaire totalement calcinée, deux autres véhicules garés à côté ont fait les frais de l’incendie.

[Brésil] Infos sur les manifs et la révolte en cours

Note sur les manifestations et révoltes au Brésil

Au cours des dernières semaines de grandes manifestations se sont répandues dans les rues, avenues et autoroutes de plusieurs villes du Brésil. Discutables, manipulatrices et policières, les nouvelles divulguées par les mass médias ne coïncident pas avec les faits, actions et motivations observées dans les rues. Écrit collectivement dans le cadre du Réseau Anticapitaliste et non Partisan d’Information Politique (RAAIP), le récit qui suit nous présente une perspective informative et libertaire de ces manifestations. Cet effort de communication autonome a comme objectif d’informer des individus et organisations libertaires d’autres pays, de faire en sorte que soit connu publiquement certains antécédents de ces manifestations, l’indignation collective face à la violence étatique, la manipulation médiatique des faits, et la lutte des peuples contre l’injustice sociale et l’exploitation au Brésil.

Rio, 11/07/2013

Rio, 11/07/2013

Contexte

Au cours des dernières années les élites brésiliennes ont fait la promotion d’une série d’actions pour consolider le passage en force de leur projet de capitalisme/étatisme national. En ayant comme référence les politiques de développement de pays comme la Chine et l’Afrique du Sud, à travers des coopératives public-privées, l’État fait la promotion de différents programmes d’accélération de la croissance (PACs) en accord avec l’Initiative pour l’Intégration de l’Infrastructure Régionale Sud Américaine (IIRSA). Pour mener à bien ce programme ils déboisent des zones de forêt chaque fois plus grandes, ils construisent des barrages sur des grands fleuves pour générer l’énergie pour des zones industrielles grâce à des grosses centrales hydroélectriques. La construction d’infrastructures pour la promotion de l’industrialisation lourde se fait une fois de plus au détriment des populations dans le besoin et des peuples indigènes expulsés de leurs territoires. Les transports de passagers et de marchandises au Brésil dépendent en grande partie des combustibles fossiles qui sont chaque fois plus chers. Tous les ans les prix des aliments augmentent. Les politiques de production du biodiesel promues par le gouvernement mènent le pays à une crise alimentaire sans précédent. Chaque fois plus de terres cultivables utilisés pour l’alimentaire sont destinées à la production de biocombustibles. Dans beaucoup de villes, capitalistes et étatistes profitent de la hausse des combustibles pour surtaxer annuellement les transports publics qu’ils contrôlent. Ces trois dernières années la spéculation immobilière a aussi connu une augmentation jusqu’à 150% dans les prix de location et terrains urbains. Comme résultat, un pourcentage chaque fois plus significatif de la population ne peut pas faire face aux dépenses basiques.

Les cas de corruption sont extrêmement courants au Brésil. Les gouvernants augmentent leurs salaires et bénéfices arrivant à dépasser jusqu’à dix fois le salaire minimum qui est de 650 reals (équivalent à 220€).

Cela fait plus d’une décennie que les mass médias ont commencé à faire de la propagande autour de l’idée de la Coupe du Monde au Brésil comme source de grands bénéfices pour toute la population. Dans le discours diffusé, la coupe serait la meilleure manière de “relancer  l’économie, créer des emplois et stimuler le tourisme “. Dans la pratique, rien au delà de la réalité. La Coupe du Monde a servi de fusion pour le développement des politiques de contrôle, de distraction des masses et d’ingénierie sociale. Des milliers de familles sont expulsées de leurs maisons pour laisser place aux travaux d’infrastructures de la coupe qui se réduisent a des politiques de gentrification et de spéculation immobilière. Dans ce contexte des lois ont été approuvées, comme la PL 728/2011, qui établit l’état d’exception durant la Coupe, créant des corps spéciaux pour protéger les intérêts de la FIFA et de la CBF, criminalisant et persécutant les mouvements sociaux et dissidences politiques, définissant comme terroriste n’importe quelle manifestation publique d’indignation ou de mécontentement.

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Le Mouvement un Pas Libre 

Les manifestations qui ont lieu en ce moment ont basé leur organisation sur des appels émis par le Mouvement un Pas Libre (MPL). Le MPL s’organise dans un réseau de jeunes militant-e-s, beaucoup d’entre elleux lié-e-s au mouvement étudiant non institutionnel. Depuis les débuts de la décennie 2000, le MPL a appelé à des manifestations face aux augmentations annuels du prix du transport public dans les grandes villes. Sa principale revendication est la fin du coût du transport public pour les chôm-eurs/euses et les étudiant-e-s. À la différence des autres années où les manifestations organisées par le MPL rassemblaient quelques milliers de personnes, les manifestations contre l’augmentation du prix du ticket en mars 2013 ont vu une rapide et massive adhésion de dizaines de milliers de personnes. Les premières manifs organisées à Porto Alegre ont subi une forte répression policière, mais début avril illes ont obtenu l’annulation de l’augmentation du ticket qui avait eu lieu des semaines avant. Après que ces information soient divulguées par les réseaux sociaux et les médias d’autres manifestations ont eu lieu dans d’autres villes. Avec une adhésion massive, différentes revendications se sont rajoutés aux demandes du MPL. Ces nouvelles demandes étaient exposées par les manifestant-e-s au travers de pancartes, d’affiches et de cris dans les rues. Pendant que certain-e-s remettaient en question le système capitaliste dans son ensemble, d’autre s’opposaient à la Coupe et à ses conséquences. Des gens manifestaient leur mécontentement contre la couverture faite par les médias de masse. Des groupes demandaient au gouvernement des améliorations dans les services étatiques d’éducation, de santé, de sécurité. Il y en a aussi qui manifestaient contre la corruption, en reprenant des symboles des “caras-pintadas“, mouvement nationaliste adolescent largement diffusé par les médias au début des années 90 et qui sont descendus dans les rue pour dénoncer le président d’alors, Fernando Collor. À plusieurs occasions des visions politiques profondément conservatrices ont manifesté leur présence. Ben que encore totalement pacifiques, les premières manifestations ont été durement réprimées par les appareils répressifs de l’État. Des centaines de personnes ont été blessées par l’usage d’armes non létales, beaucoup ont été arrêtées et frappées.

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Couverture médiatique, autocensure et distorsion.

Face à la grande adhésion de manifestant-e-s, les médias de masse, qui durant des années ont ignoré le Mouvement Pas Libre, ont été obligés de changer la focalisation de leur couvertures. Toutefois les intentions étaient claires, les couverture journalistes étaient faites pour manipuler, diviser et pacifier les manifestations. Les postures pacifiques collaboratives avec l’appareil répressif ont commencé à être alors systématiquement louangées par les journalistes qui les associaient aux expressions esthétiques d’ordre nationaliste. Des personnalités de l’époque de la dictature ont été ressorties au milieu des manifs. Les remises en questions systématiques et les critiques sur la couverture médiatique ont été oubliées. D’une manière extrêmement tendancieuse les médias incitaient la population à assumer une posture pacifique et nationaliste comme la forme la plus correcte d’agir dans les manifs. En même temps des manifestants plus indignés qui ont adopté des tactiques de protestation considérées comme plus agressives ont été dépeints comme une minorité de vandales, violents et anarchistes, diabolisés, poursuivis et criminalisés plusieurs fois par les médias de masse qui incitaient les forces répressives à répondre de manière violente. À Porto Alegre ce genre de comportement a provoqué une grande indignation qui a conduit les manifestations vers les installations du groupe de communication RBS, devant lesquelles, par deux fois, les manifestant-e-s se sont affronté-e-s avec les flics.

Beaucoup de photos de couverture des manifestations ont été prises à travers les caméras de surveillance de circulation des villes, ou de derrière les appareils répressifs. Dans de nombreuses prisons de plusieurs villes il y a eu d’innombrables cas de tortures sur des jeunes, adolescent-e-s et personnes âgées qui ont été rapportées sur internet, tout juste divulgués par les journaux et la télé en terme de chiffre, mais sans aucun approfondissement.

Nous avons vu dans les médias des reportages absurdes d’auto-censure et de distorsion des faits : trois manifestants qui se cachaient des troupes de choc derrière un kiosque qui, sans s’en rendre compte, ont fini encerclés. Au moment exacte où ils ont été frappés devant une caméra de la chaine nationale, la chaine TVCOM, du groupe RBS, a décidé de changer de caméra pour montrer des images de manifestations pacifiques qui avaient lieu à d’autres points de la ville. Dans un autre épisode qui a eu lieu à Belo Horizonte, un manifestant avec la tête ouverte, entouré par une dizaine de flics qui le frappent, a été filmé par un journaliste qui en premier plan affirme que le blessé est en train d’être « secouru » par la police.

Répression, provocation et violence.

Face à la cruauté de la police un nombre chaque fois plus grand de manifestant-e-s ont fini par rendre les attaques contre les appareils répressifs, ainsi que sur les structures étatiques et capitalistes comme les vitrines de banque et de chaines de grands magasins qui ont été détruites. Des bâtiments publics ont été occupés et des autoroutes ont été bloquées. Un nombre chaque fois plus grand de policiers infiltrés ont agi comme des agents provocateurs durant les manifestations et pour la première fois des petits commerces ont été attaqués et des manifestants ont été agressés. On a aussi vu dans les rues des groupes fascistes se faisant passer pour des non encarté-e-s, chassant les « casseu-ses/rs » et partisan-e-s dans les rues et essayant de faire de la propagande publiquement au travers de postures politiquement correctes comme ramasser les poubelles et ramasser les conteneurs renversés par d’autres manifestant-e-s. Comme résultat de la manipulation des grands médias de communication, beaucoup des dit-e-s « pacifistes » ont assumé des postures chaque fois plus évidentes, dénonçant et persécutant les dit-e-s « manifestant-e-s violent-e-s ». De nombreuses personnes ont aussi adhéré à l’esthétique nationaliste dans différentes villes. Les manifestations sont devenues plus courantes, dans de nombreux cas ressemblant à des soulèvements et révoltes. Les avenues centrales des grandes villes comme São Paulo et Rio de Janeiro sont devenues des scènes d’affrontement généralisés entre la police et les manifestant-e-s, avec la première utilisant jusqu’à des armes à feu contre ces derniers. De nombreuses personnes ont été frappées et il y a eu des arrestations absurdes et arbitraires, comme c’est le cas des détentions pour avoir sur soi du vinaigre, car cette substance est utilisé contre les effets des gaz lacrymogènes. À Pernambuco, nord-ouest brésilien, la première manifestation a été complètement pacifiée. Des attaques sur des banques, églises et monuments publics ont été durement réprimées par la foule nationaliste qui chantait l’hymne et avait le visage peint avec le drapeau brésilien. À la suite il y a eu des dénonciations et des poursuites dans l’intention de collaborer avec le travail de la police. Il y a encore des attitudes répressives dans les secteurs marginaux qui adhèrent aux manifestations. Des groupes de manifestants applaudissent devant les actions de la police et demandent l’exécution des adolescent-e-s dans la rue pour avoir effectué des vols au cours des manifestations.

Sao Paulo

Sao Paulo

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Accusations de conspiration et préparatifs pour un coup. 

Devant la résistance des manifestant-e-s s’affrontant dans les rues, et dans certains cas, vainquant les appareils répressifs, compte tenu aussi de la présence de symboles anarchistes sur des drapeaux et des tags faits au cours des manifestations, et aussi grâce à la présence d’organisations libertaires qui participent au Mouvement Paso Libre, les gouvernants et militaires ont soulevé l’hypothèse de l’existence d’une conspiration anarchiste internationale qui veut abattre le pouvoir. Par des conjectures sans fondements publiées dans les journaux, les libertaires ont fini par être sous le coup d’une enquête de l’agence d’intelligence brésilienne des forces policières. Des militants du MPL ont été menacés de mort durant les manifestations. Un espace culturel de la Fédération Anarchiste Gáucha a été envahi par la police sans aucun mandat. Des livres et d’autres matériaux ont été perquisitionnés, le matériel pour peindre les banderoles et affiches a été considéré comme « matériel pour la confection de cocktails molotov ». Une carte qui identifie les organes de sécurité a été posée par la police pour simuler une imminente attaque anarchiste contre L’État. Le gouvernement a aussi soulevé l’hypothèse d’une conspiration d’extrême droite impliquant des secteurs de la police militaire et des grands médias, dans l’intention de semer le chaos dans les rues des villes, afin de pouvoir justifier une intervention ou un coup d’état militaire. Cette hypothèse ne semble pas être complètement fantaisiste, dans certaines villes les effectifs militaires sont chaque fois plus présents. Un général de haut rang s’est déjà prononcé en faveur d’un nouveau coup d’état.

Articulation

Dès lors, nous invitions les groupes et individus en affinité avec les idées libertaires à faire un effort collectif pour propager ces informations au travers de campagnes informatives sur les évènements en relation avec l’autoritarisme au Brésil. C’est aussi important que la Coupe du Monde au Brésil ne puisse pas se réaliser, pour que cet événement ne serve pas d’excuse pour la mise en place d’un état policier d’exception. Nous appelons à combattre les discours nationalistes qui jusqu’à maintenant sont propagés par les médias de masse brésiliens, et qui selon tout vraisemblance préparent le terrain pour un nouveau coup d’état de la droite.

RAAIP – Réseau Anticapitaliste et Sans Parti d’Information Politique.

en portugais

Source: Contra Info, 18 juillet 2013

Les manifestations continuent au Brésil… Dans la soirée du 17 juillet, plus de 1.000 personnes ont défilé dans la zone sud de Rio de Janeiro afin de dégager le maire de la ville Sérgio Cabral, qui trempe dans de nombreuses affaires de corruption.

La manif, qui a débuté vers 20h, a déambulé avec pancartes et slogans pour demander la démission du maire. La déambulation dans le quartier de Leblon  est restée pacifique jusqu’à sa fin, vers 22h30. C’est un quart d’heure plus tard que les affrontements ont débuté.

Selon la version de leur presse, des manifestants ont commencé à caillasser la police, qui a répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes. Un bar populaire du quartier a été touché par une bombe lacrymo lancée par la PM.

Un groupe de manifestants de la commune de Rocinha (sud de Rio) qui manifestaient contre ‘la mort d’un habitant’ aurait rejoint le groupe. Tard dans la nuit, la situation dans les quartiers de Leblon et Ipanema est devenue incontrôlable: pillages de magasins, destructions de banques, de panneaux publicitaires et de signalisation… des barricades ont été montées à travers les rues..

Plus tard, vers 01h30, environ 100 manifestants se sont rassemblés à côté de la maison du ministre de la sécurité, José Mariano Beltrame, et ont dispersé rapidement par les flics du ‘Bataillon de choc’, qui ont utilisé flashball et canons à eau. Les manifestants ont ensuite occupé une avenue de la ville.

Au total, au moins 16 personnes ont été arrêtées et 7 policiers ont été blessés selon la police. Par contre, on ne connaît pas le nombre de manifestants blessés.

Traduit de l’anglais librement de leur presse – riotimesonline.com, 18/07/2013

Une banque explosée

Une banque explosée

Une vidéo des affrontements (via @worldwideriot):

Voir la vidéo sur Youtube

Voir la vidéo sur Youtube

 

[Brésil] Affrontements devant le stade ‘Maracana’ – Rio de Janeiro, 30 juin 2013

Brésil : heurts entre policiers et manifestants près du stade Maracana de Rio

Des heurts ont éclaté dimanche 30 juin entre policiers et manifestants près du stade Maracana de Rio, une quinzaine de minutes avant le coup d’envoi de la finale Brésil-Espagne de la Coupe des Confédérations. Un groupe de manifestants a tenté de forcer le dernier barrage des forces de l’ordre à 500 mètres du stade, en jetant des pierres sur les policiers qui ont répondu par des tirs de gaz lacrymogène.

Rio le 30 juin 2013

Rio le 30 juin 2013

Les manifestants imbibaient des mouchoirs avec du vinaigre pour diminuer l’effet des gaz alors que des blindés s’approchaient des rues où les manifestants se dispersaient, selon le site G1 de Globo.

Avant les heurts, quelque 3 000 personnes, selon la police, en majorité des jeunes dont plusieurs masqués, manifestaient à l’angle de deux avenues Maracana et S.Francisco Xavier sous le mot d’ordre : « il n’y aura pas de finale ! ».

A l’intérieur du temple du football, l’ambiance était à la fête et il y a eu une explosion de joie quand l’attaquant brésilien Fred a marqué un but à la première minute du match qui a commencé à 22 h.

Tout au long de la journée des manifestations réunissant quelque 5.000 personnes s’étaient déroulées à Rio de façon pacifique. Les mots d’ordre étaient « non à la privatisation du Maracana«  et « non aux expropriations forcées«  provoquées par les travaux d’infrastructures du Mondial de football 2014 et des jeux Olympiques 2016 notamment.

Au total, plus de 11 000 policiers ont cadenassé les abords du stade dans un rayon de trois kilomètres, pour garantir la sécurité des 78 000 spectateurs de ce tournoi conçu comme une répétition générale du Mondial dans un an au « pays du roi Pelé ».

Leur presse de l’ordre – LeMonde.fr (AFP), 01/07/2013 à 00h51

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[…] Des centaines de contestataires brésiliens rassemblés sur la Place Saens Pena, à 1,5 km du mythique stade Maracana, ont marché en direction du temple du football quelques heures avant le début du match prévu ce dimanche pour minuit, heure française.

«Nous voulons aller jusqu’au Maracana et espérons ne pas être bloqués par la police. Nous sommes contre la privatisation du stade et les expropriations forcées» provoquées par les travaux d’infrastructures du Mondial de football 2014 et des jeux Olympiques 2016, a déclaré à Renato Constantino. Il est le porte-parole du Comité populaire de la Coupe, l’un des principaux mouvements qui ont appelé sur les réseaux sociaux à manifester pacifiquement.

Cependant, des heurts ont éclaté dans la soirée entre policiers et manifestants près du stade, une quinzaine de minutes avant la finale. Un groupe de manifestants a tenté de forcer le dernier barrage des forces de l’ordre à 500 m du stade de football en jetant des pierres sur les policiers qui ont répondu par des tirs de gaz lacrymogène.

Plus de 11 000 policiers avaient cadenassé les abords du stade dans un rayon de trois kilomètres, pour garantir la sécurité des 78 000 spectateurs. La police, souvent critiquée pour ses méthodes brutales, a invité des représentants de l’Ordre des avocats du Brésil (OAB) à envoyer ses observateurs pour veiller au bon déroulement des opérations de maintien de l’ordre. […]

Leur presse de l’ordre – LeParisien.fr, màj 01/07/2013 

Des milliers de manifestants sont parvenus dans la soirée à 300m du Maracana. Des heurts ont alors éclaté entre des manifestants radicaux et le bataillon de choc de la police. A l’intérieur du stade, une odeur de gaz lacrymogènes flottait dans les tribunes, alors que les 78 000 spectateurs presque tous vêtus du maillot jaune de la Seleçao donnaient la chair de poule en entonnant à capella l’hymne brésilien.

A l’extérieur, l’ambiance était toute autre : un groupe de manifestants masqués criaient : «il n’y aura pas de finale !». Alors qu’ils tentaient de forcer le dernier barrage des forces de l’ordre en jetant des pierres et des cocktails Molotov, ils ont été repoussés avec force tirs de gaz lacrymogène et balles en caoutchouc. Cela a provoqué la panique des quelque 3 000 manifestants qui venaient derrière pacifiquement et ont dû s’enfuir en courant dans les rues étroites du quartier.

Le major Ivan Blaz, porte-parole du bataillon d’élite Bope, a indiqué qu’il avait été «impossible de négocier avec les manifestants».

«Malheureusement le tumulte est parti des manifestants», a de son côté déploré Henrique Guelber, du Centre de Défense des droits de l’homme du parquet.

Leur presse AFP via Libération.fr, 01/07/2013 à 08h27

925525A 30 minutes de la finale Brésil-Espagne, un groupe allant de 20 à 40 personnes, vêtues de noir et masquées agitant un drapeau noir en tête de la seconde manif (moins pacifiste que celle qui s’est déroulée plutôt dans la journée), ont lancé des pierres et des cocktails molotov sur la police qui faisait barrage autour du stade Maracana. La police précise également avoir mis la main sur un sac contenant 17 cocktails molotov: aucune personne n’a été arrêtée.

7 personnes ont été blessées (5 manifestants et 2 policiers).

Le 27 juin dernier, des affrontements ont éclaté à Fortaleza, durant lesquels une voiture d’une société de télévision a été incendiée. 111 personnes ont été arrêtées à l’issue de la journée.

Fortaleza, 27 juin 2013

Fortaleza, 27 juin 2013

Une petite manifestation a également eu lieu plus tôt ce 27/06 à Rio en réponse à la mort d’au moins neuf personnes au cours d’une opération de police dans la favela Complexo da Maré mardi (25/06).  Dans le quartier Candelaria de Rio, une manifestation a rassemblé environ 5000 personnes

Traduit librement de divers articles de leur presse (riotimesonline; elmundo.es…), 30/06 & 01/07/2013

[Brésil] Nouvelle journée d’affrontements avec la police – Fortaleza, 27 juin 2013

Nouveaux incidents au Brésil avant un match

Des heurts entre policiers et manifestants ont éclaté jeudi au Brésil à Fortaleza (nord-est), avant la demi-finale Espagne-Italie de la Coupe des confédérations, alors que la présidente a reçu les partis pour négocier un référendum sur une réforme politique dans le pays, secoué par une crise historique.

A Fortaleza (nord-est), quelque 5000 manifestants, selon la police, pour la plupart des jeunes, ont marché pacifiquement de l’Université vers le stade.

Jusqu’à ce qu’un groupe de radicaux ne commence à lancer des pierres, des bouteilles et des bâtons sur la police et tente de forcer le périmètre de sécurité en renversant des barrières métalliques. D’abord stoïque, la police anti-émeute a tiré de nombreuses bombes de gaz lacrymogènes, tandis que des manifestants pacifiques demandaient aux fauteurs de troubles de cesser les violences.

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« On n’est pas contre la Fifa ni la Coupe du monde (de 2014 au Brésil), mais contre les grands investissements. On a des mauvais services de santé, d’éducation, de mauvaises routes et les politiques préfèrent investir dans le foot », déclarait un participant de la manifestation âgé de 25 ans. Au moins un policier et un manifestant ont été blessés. D’autres manifestations étaient en cours dans le pays, dont une d’étudiants à Brasilia. Mais ces protestations ont perdu de leur intensité depuis la journée historique du 20 juin où 1,2 million de personnes avaient envahi les rues aux cris de : « Le géant s’est réveillé !»

Bientôt un référundum

Dans la capitale fédérale, la présidente Dilma Rousseff a reçu son ministre de la Justice, Eduardo Cardozo, et les dirigeants des partis de la coalition gouvernementale pour discuter de la réforme politique qu’elle souhaite soumettre par référendum au peuple brésilien et voir entrer en vigueur avant l’élection présidentielle de l’automne 2014. Elle devait rencontrer aussi les leaders de la Chambre des députés et du Sénat ainsi que les dirigeants de l’opposition. Le référendum devrait porter sur deux «orientations essentielles» : le financement des campagnes et le mode de scrutin.

Des réformes en accéléré

En réponse au mouvement de protestation historique qui ébranle le grand pays émergent d’Amérique latine depuis deux semaines, le Parlement a commencé à voter en toute hâte une série de projets bloqués depuis des années. Parmi les plus importants, celui qui qualifie la corruption de « crime odieux » au même titre qu’un meurtre. Une commission de la Chambre des députés a également approuvé la fin du vote secret lors de l’examen de demandes de destitution de parlementaires qui traînait depuis six ans dans un tiroir.

Mercredi matin, la Cour suprême fédérale avait fait sensation en ordonnant l’incarcération immédiate d’un député condamné pour malversations, une première depuis 25 ans. Les députés ont aussi enterré en un temps record un projet très critiqué par la rue visant à retirer leurs pouvoirs d’enquête aux parquets, régulièrement en pointe dans les affaires de corruption. Ils ont aussi décidé que 75% de la manne pétrolière irait à l’éducation et 25% à la santé.

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Leur presse de l’ordre -LeParisien.fr (AFP), 27/06/2013 à 23h23

Nouveaux affrontements au Brésil

FORTALEZA, Brésil – Environ 5000 manifestants antigouvernementaux ont affronté les policiers brésiliens, jeudi, près d’un stade qui doit accueillir un match de demi-finale du tournoi de football de la Coupe des confédérations.

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Les manifestants déambulaient pacifiquement mais ils se sont heurtés à la police près de la zone de sécurité, à environ 2 kilomètres du stade de la ville de Fortaleza.

Il s’agit de la plus récente manifestation organisée pour dénoncer la corruption, la lourdeur du fardeau fiscal et la piètre qualité des services publics au Brésil.

La police a utilisé des gaz lacrymogènes et des balles de caoutchouc pour disperser la foule, pendant que les manifestants répliquaient avec des pierres et des feux d’artifice.

Un groupe de manifestants a réussi à défoncer le cordon policier et à foncer vers le stade, avant d’être rattrapé et repoussé.

D’autres manifestations de moindre envergure ont aussi été rapportées à travers le pays.

À Brasilia, la présidente Dilma Rousseff rencontrait jeudi des dirigeants syndicaux et des parlementaires pour tenter d’élaborer une réponse adéquate aux demandes des manifestants.

 Leur presse – journalMetro.com (AP), 27/06/2013 à 14h39

Précisions sur les affrontements de mercredi 26/06 à Belo Horizonte:

50000 personnes ont pris la rue, et cette manif, qui se déroulait lors de la demi-finale Brésil-Uruguay, a été de loin la plus destructrice depuis le début du mouvement et la violence de la police a été sans limite, selon le RioTimesOnline datant du 27/06/2013.

Vers 17h, des vandales se sont introduits dans des magasins et les ont pillés. Plusieurs concessionnaires automobiles ont été la cible d’un groupe de manifestants, et à l’intérieur de nombreux véhicules ont été détruits. Plusieurs départs d’incendie ont été constatés, tandis qu’une voiture a été incendiée dans la rue.

25 personnes ont été arrêtées pour possession de matériaux qui pourraient être utilisés pour des actes de vandalisme, comme des pierres, bâtons, barres de fer et bombes de gaz. 7 personnes ont été hospitalisées selon les rapports.

Sur le vandalisme à Rio de Janeiro depuis le jeudi 20/06/2013 :

Par ailleurs, le secrétaire des services publics de Rio de Janeiro a annoncé que les coûts des actes de vandalisme liés aux manifestations depuis jeudi 20/06 s’élevaient à 1,5 millions de dollars brésiliens. Selon le gouvernement, les pires dégradations ont été faites sur les feux de signalisation et les radars (représentant 53% du coût total des actes de vandalisme, soit 800 000 dollars brésiliens). En outre, 62 abribus ainsi que le commissariat central de Rio, des commerces et restaurants ont été vandalisés

De nombreux commerçants se sont barricadés par crainte de pillages vendredi 21/06/2013: à Barra, un concessionnaire automobile a été saccagé par un groupe de manifestants et 45 véhicules ont été vandalisés.

Traduit librement de l’anglais du RioTimesOnline du 25/06/2013

[Brésil] La lutte gagne les favelas (24 – 26 juin 2013)

Un policier et huit civils tués dans une favela

Des affrontements sanglants ont fait neuf victimes dans une favela de Rio de Janeiro, au Brésil.

Un policier d’élite et huit civils ont été tués dans des affrontements dans la favela Nova Holanda, près de l’aéroport international de Rio de Janeiro, entre lundi soir et mardi matin, selon un nouveau bilan de la police.

«Cinq suspects, trois habitants et le policier d’élite sont morts au total», a déclaré à l’AFP une porte-parole de la police militaire.

Au moins neuf personnes ont été blessées et neuf autres interpellées mardi, dont le principal suspect d’avoir tué le policier. Des armes et de la drogue (marijuana et cocaïne) ont été saisies également.

Le policier du Bataillon d’opération spéciales (BOPE) et un des habitants ont été tués par balles lundi soir, quand cette unité est intervenue contre des délinquants qui braquaient des automobilistes bloqués par une manifestation.

«Outre les cinq suspects tués, deux habitants blessés sont morts à l’hôpital», a précisé la porte-parole policière.

Renfort envoyé

L’opération policière a commencé avec 100 hommes du BOPE, ce bataillon aux hommes vêtus de noirs et dont le symbole est une tête de mort, rendu célèbre par le film «Troupe d’élite», ainsi que des agents du Bataillon d’action soutenus par un blindé et des équipes de la Force nationale.

Mais un renfort de 300 hommes a été dépêché après que des habitants ont tenté de bloquer mardi après-midi l’Avenida Brasil, une des principales voies d’accès à la ville. Ils protestaient contre la violence de la police mais ont été dispersés avec des gaz lacrymogènes.

Pendant les affrontements de lundi soir, un habitant de 41 ans, Eraldo Santos da Silva a été tué, touché à la tête, ainsi que le sergent Ednelson Jeronimo dos Santos, 42 ans, depuis 17 dans le BOPE. Quatorze suspects avaient été interpellés dont cinq mineurs.

Protestations historiques

Le Brésil est parcouru par une vague de protestations sociales historiques, marquées par de nombreuses manifestations dans tout le pays.

Après les manifestations massives de la semaine dernière, les protestataires mènent des actions plus limitées qui bloquent les accès d’importantes rocades provoquant des embouteillages monstres.

Les descentes de délinquants venus des favelas pour braquer les automobilistes paralysés dans les embouteillages sont fréquentes au Brésil.

Leur presse – 20min.ch (AFP), 25/06/2013 à 21h51

Les manifestations continuent au Brésil malgré les propositions de la présidente

Des manifestants brésiliens sont de nouveau descendus dans les rues des quartiers populaires de la banlieue de Sao Paulo, mardi, afin de demander de meilleurs services d’éducation, de transport et de santé, après que la présidente Dilma Rousseff eut proposé une série de mesures pour réformer le système politique brésilien.

Selon la police, environ 500 personnes ont bloqué des rues pendant plusieurs heures mardi lors de manifestations pacifiques dans les districts de Capao Redondo et Campo Limpo, en banlieue de Sao Paulo.

Pendant ce temps, la police de Rio de Janeiro recherchait un émeutier qui a tué un policier après une manifestation lundi. La police affirme que huit personnes, dont le policier, ont été tuées dans la favela de Nova Holanda lors d’un affrontement avec des émeutiers qui ont dévalisé des magasins et volé des passants.

« Nous pensons que les gens qui sont les plus intéressés par les demandes qui sont faites dans les manifestations des derniers jours sont ceux qui vivent dans ce genre de favelas », a déclaré Guilherme Boulos, l’un des leaders des manifestations de mardi.

La grogne continue

Pour l’instant, les manifestants brésiliens ne semblent pas apaisés par les propositions de la présidente Rousseff, qui a appelé le Congrès à organiser un référendum sur des réformes politiques.

Des milliers de Brésiliens manifestent dans des dizaines de villes du pays depuis plus d’une semaine, avec une série de revendications qui vont de l’amélioration des services publics à la limitation des dépenses engagées pour la Coupe du monde de soccer de 2014 et les Jeux olympiques de 2016.

Environ 100 000 manifestants sont attendus mercredi dans la ville de Belo Horizonte, avant un match Brésil-Uruguay en demi-finales de la Coupe des confédérations.

Les autorités municipales ont décrété une journée de congé à Belo Horizonte et s’attendent à des affrontements avec les manifestants.

À Porto Alegre, le président de l’association des propriétaires de magasins, Ronaldo Sielichow, a demandé un renforcement de la sécurité après les pillages des derniers jours dans la ville, en marge des manifestations.

Dilma Rousseff a déclaré lundi aux gouverneurs et aux maires du pays que son gouvernement allouerait 23 milliards de dollars américains pour de nouveaux projets dans les transports publics, mais elle n’a pas donné de détails sur ces projets.

Quatre leaders d’un mouvement qui milite en faveur de la gratuité des transports en commun et qui a lancé les manifestations ont déclaré que la présidente ne leur avait rien proposé de concret lors de leur rencontre avec elle, lundi.

Mme Rousseff a déclaré que son gouvernement se concentrerait sur cinq priorités : la responsabilité fiscale et le contrôle de l’inflation, les réformes politiques, les services de santé, les transports publics et l’éducation.

Mayara Longo Vivian, l’une des chefs de file du mouvement pour la gratuité des transports, a déclaré que « la lutte continuerait » malgré les promesses de la présidente. Le mouvement milite depuis 2006 pour l’élimination des frais dans les transports en commun.

« S’ils ont de l’argent pour construire des stades, alors ils ont de l’argent pour la gratuité » des transports, a-t-elle dit, en référence aux millions de dollars que le Brésil dépense pour organiser la Coupe du monde de soccer.

Les syndicats se joignent au mouvement

Les principales centrales syndicales du pays ont annoncé mardi une journée de grève prévue le 11 juillet. C’est la première fois que les syndicats appellent leurs membres à une action en appui au mouvement de contestations qui perdure depuis deux semaines.

« Nous voulons exprimer nos critiques envers la politique économique du gouvernement et manifester contre l’inflation », a déclaré le président de Força Sindical, Paulo Pereira da Silva.

Leur presse – RadioCanada (AP & AFP), 26/06/2013

Brésil : Encore des mobilisations et des affrontements

Samedi, plus de 60.0000 personnes manifestaient à Belo Horizonte (sud-est), où se jouait le match Japon-Mexique en scandant « la Coupe pour qui ? ». La police a commencé à tirer des gaz lacrymogènes quand des manifestants ont voulu franchir les périmètres de sécurité autour du stade et ont jeté des pierres sur les policiers. Quinze personnes ont été blessées, dont quatre policiers, et deux manifestants tombés d’un viaduc qui sont dans un état grave, selon la police. A Salvador de Bahia (nord-est) où se disputait le match Brésil-Italie, 200 personnes ont manifesté. D’autres manifestations avaient lieu dans au moins 12 villes du pays, dont Brasilia, la capitale, et la mégalopole Sao Paulo.

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Source: secoursrouge.org, 23 juin 2013

Affrontements près d’un stade au Brésil

BELO HORIZONTE, Brésil – Des dizaines de milliers de manifestants brésiliens qui tentaient de marcher vers un stade où se déroulait un match de la Coupe des confédérations ont affronté la police mercredi, qui a répliqué en tirant des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc.

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Les manifestants antigouvernementaux, qui dénoncent notamment les milliards de dollars investis dans les préparatifs de la Coupe du monde de soccer en 2014, ont récupéré des grenades de gaz lacrymogène et les ont renvoyées vers les policiers.

Un grand nuage de gaz a recouvert la foule à environ deux kilomètres du stade où le Brésil affrontait l’Uruguay en demi-finale de la Coupe des confédérations, à Belo Horizonte.

La police a érigé un périmètre de deux kilomètres autour du stade, une mesure habituelle lors des tournois internationaux. Des policiers à cheval et des unités anti-émeute gardaient une autre barrière de sécurité à environ un kilomètre du stade.

«Les manifestants ont déclenché l’affrontement quand ils ont tenté de franchir la barrière extérieure, a déclaré un responsable de la police, le capitaine Flavio Almeida. Nous n’avons pas eu d’autre choix que de répondre.»

Environ 50 000 manifestants s’étaient rassemblés plus tôt sur une place centrale de Belo Horizonte.

«Nous n’avons pas besoin de la coupe du monde, a affirmé Leonardo Fabri, un manifestant âgé de 19 ans. Nous avons besoin d’éducation, de meilleurs services de santé et d’une police plus humaine.»

Ailleurs au Brésil, la situation semblait plus calme que dans les jours précédents, en partie parce que le Congrès a abandonné un projet de loi qui a été l’une des causes des manifestations nationales. Des manifestations pacifiques ont été signalées dans la capitale, Brasilia, et à Recife, dans le nord-est du pays.

La chambre basse du Congrès a voté mardi par une écrasante majorité en faveur de l’abandon d’une mesure qui aurait limité les pouvoirs d’enquête des procureurs fédéraux. Les opposants estimaient que ce projet de loi aurait rendues plus difficiles les enquêtes sur la corruption impliquant des responsables politiques.

Le Congrès a également approuvé un projet de loi qui prévoit de consacrer 75 pour cent des redevances sur le pétrole à l’éducation et 25 pour cent aux services de santé.

 Leur presse – AP (Tales Azzoni), 26/6/2013 à 18h47

 Dans les premières heures de la matinée de ce jeudi (27/06), les autorités ont confirmé que l’étudiant Douglas Henrique Oliveira, 21 ans, qui est tombé du viaduc Jose Alencar durant les affrontements de mercredi à Belo Horizonte, a succombé à ses blessures et est décédé à l’hôpital de Pronto-Socorro João XXIII. Il a été transporté par les pompiers avec de multiples fractures et d’un traumatisme crânien et a subi une intervention chirurgicale, mais n’a pas survécu. ‘L’accident’ s’est produit dans l’après-midi, alors qu’un groupe de manifestants a attaqué des soldats qui étaient dans la zone de sécurité du stade où s’affrontaient le Brésil et l’Uruguay pour la coupe de confédération.

Outre Douglas, Daniel de Oliveira Martins, 28 ans, est également tombé du viaduc dans la bagarre, mais a été sauvé et souffre de blessures moins graves, sans risque de décès.

de jornalacidade.com.br, 27/06/2013

La manifestation à Brasilia, qui a débuté pacifiquement mercredi (26/06) a terminé avec au moins 34 détenus – 30 adultes et 4 mineurs, selon la police militaire.

Des manifestants ont saccagé les barrières de sécurité qui étaient autour du Congrès national: à cela, la police a riposté avec des gaz lacrymogènes, spray au poivre et a dispersé la foule – au moins 24 personnes ont été détenues à l’Esplanade, a indiqué la police.

Avec la dispersion de la police, des manifestants sont arrivés au centre commercial Patio Brasil, Aile Sud, et ont tenté de l’envahir et ont brisé au moins une fenêtre. La Police Militaire a arrêté plus de 10 personnes pour des actes de vandalisme au centre commercial.

de tribunahoje.com, 26/06/2013 à 23h32

A Recife ce mercredi (26/06), 500 personnes sont descendues dans la rue. 6 personnes (dont 3 mineurs) manifestantEs ont été arrêtés pour ‘jets de pierres et d’engins pyrotechniques’, ‘vandalisme’, ‘vol & pillages’ et ‘agression sur un fonctionnaire de police’

de g1.globo.com, 27/06/2013 à 20h39

Traduit partiellement de la presse brésilienne, 27 juin 2013

[Brésil] Solidarité avec les insurgés !

Brésil: la situation dégénère dans de nombreuses villes, un mort à Rio

Un manifestant est mort renversé par une voiture.

Les manifestations historiques qui ont rassemblé plus d’un million de personnes au Brésil ont dégénéré dans de nombreuses villes, faisant un mort accidentel et des dizaines de blessés.

A Ribeiro Preto, dans l’Etat de Sao Paulo (sud-est), un manifestant de 18 ans est mort renversé par une voiture, a annoncé la police.

D’après la presse locale, le véhicule a tenté de contourner un groupe de manifestants qui bloquaient une rue et a renversé trois personnes, dont la victime.

A Rio de Janeiro (sud-est), où plus de 300.000 personnes ont manifesté, des heurts violents ont éclaté devant la mairie entre un groupe de manifestants radicaux et la police qui a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Au moins 62 personnes ont été blessées dont un journaliste de la TV Globo, touché au front par une balle en caoutchouc.

Des manifestants ont brisé des vitrines, pillé au moins un magasin d’électroménagers et une grande confusion a régné tout la soirée.

Rio, 20/06/2013

Rio, 20/06/2013

Rio, 20/06/2013

Rio, 20/06/2013

A Brasilia (centre), des manifestants ont attaqué le ministère des Affaires étrangères d’où ils ont été refoulés de justesse par la police. Un groupe de manifestants a réussi à briser une des portes vitrées d’entrée du bâtiment officiel et a été empêché in extremis d’y pénétrer par la police. 55 fenêtres ont été brisées ainsi qu’un vitrail de la cathédrale projetée par Oscar Niemeyer. 35 manifestants ont été blessés dont trois gravement.

A Vitoria (sud-est), un groupe de manifestants a détruit les cabines de péage d’un pont qui relie la ville à sa voisine. Devant le tribunal de Justice, le bataillon de choc a dû intervenir avec des gaz lacrymogènes pour disperser un groupe radical.

A Salvador de Bahia (nord-est), théâtre de la première manifestation dans l’après-midi, des affrontements violents ont également éclaté entre une partie des 20.000 manifestants et les policiers.

Les manifestants ont incendié un bus et tiré des jets de pierres sur des minibus de la Fifa, organisatrice de la Coupe des Confédérations qui se dispute actuellement dans le pays et du Mondial dans un an.

Belem (nord) a connu des affrontements entre policiers et manifestants refoulés par des gaz lacrymogènes, tout comme Campinas (Etat de Sao Paulo), où des manifestants ont lancé des pierres et cassé des vitres de la mairie. La garde municipale a réagi avec des gaz lacrymogènes et des sprays au poivre. Au moins sept personnes ont été blessées dont deux gardes et un journaliste.

Belem, 20/06

Belem, 20/06

Des affrontements police-manifestants ont également eu lieu à Porto Alegre (sud), berceau du Forum social mondial anti-Davos.

A Sao Paulo comme à Rio, les protestataires s’en sont pris, parfois violemment, à des militants de gauche syndicaux ou du Parti des travailleurs (PT) au pouvoir, qui se sont fait arracher et brûler leurs drapeaux.

Leur presse – Belga (dhnet.be), 21/6/2013 à 08h08

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Solidarité avec la révolte au Brésil !

Río de Janeiro, 17 juin : des manifestants rendent aux flics un peu de la violence qu’ils distribuent au quotidien.

Enfin, les métropoles brésiliennes ont vécu des moments dont elles avaient besoin depuis longtemps. Depuis début juin, des centaines de milliers de manifestants ont pris les rues de plusieurs villes à l’occasion de la lutte contre l’augmentation du prix du ticket de transport, mais aussi contre les conséquences désastreuses de la coupe du monde de 2014 et les jeux Olympiques de 2016.

Les manifestations ne viennent pas de nulle part, elles sont le fruit d’une lutte qui dure depuis presque 10 ans, depuis les manifestations massives du mouvement étudiant contre l’augmentation du prix du ticket de bus dans la ville de Salvador (Bahía) en août et septembre 2003 (connu aussi comme la Révolte de Buzu), et celles de juin 2004 pour le même motif, dans la ville de Florianópolis (connue comme la Révolte du Torniquete).

Mais aussi ces révoltes du XXI° siècle ont des antécédents historiques, qui remontent à la fin du XIX° siècle avec la révolte populaire à Río de Janeiro entre 1879 et 1880 (la Révolte de Vintém) lorsque c’était encore des ânes qui tirait le tramway, ou la Révolte de los Barcos qui a eu lieu le 22 mai 1959 et durant laquelle les gens ont mis le feu aux installations des services hydroviaires de la ville de Niterói, dans l’état de Río de Janeiro, ou la grève étudiante de l’automne 1979 dans la ville de San Luis (état de Marañon) grâce à laquelle les étudiants ont obtenu la réduction de moitié du prix du ticket pour les étudiants.

Les manifestations de cette année ont fait face dès le début à la répression policière et, peu à peu, mois après mois, elles se sont multipliées et intensifiées jusqu’à l’explosion des dernières semaines.

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Au mois de mai à Goiânia, capitale de l’état de Goiás, il y a eu 4 manifestations contre l’augmentation du prix du ticket de transport, la plus intense étant celle du 28, tant pour le niveau de répression appliquée par les flics que la réponse des manifestants qui ont détruit et brûlé des bus.

À São Paulo, la première manifestation du mois de juin a eu lieu le 6, lorsque des milliers de manifestants ont coupé la circulation sur plusieurs avenues principales avec des barricades enflammées et se sont affrontés avec les flics qui ont utilisé des gaz lacrymogènes et des flashballs pour disperser la foule. Les manifs du 7, 11 et 13 ont aussi été marquées autant par la répression policière, les détentions de masse et les centaines de blessés, que par la résistance active des gens qui se sont affrontés directement avec les laquais du Pouvoir. Cependant, les manifestations du 17 juin, autant à São Paulo comme à Río de Janeiro (et d’autres villes, comme Brasilia, Porto Alegre, Bello Horizonte etc.) ont été les plus massives et combattives jusqu’à maintenant.

Vidéos des manifestations à Sao Paulo:

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À Río de Janeiro les insurgés ont pris d’assaut l’Assemblée Législative, lançant des pierres, des cocktails molotovs et divers objets, obligeant les forces de l’ordre à reculer à l’intérieur du bâtiment et mettant le feu à ses portes. La Police Militaire à Río de Janeiro n’a pas hésité à se servir d’armes à feu contre les manifestants au cours des affrontements.

Ainsi, la mèche s’est aussi allumée au Brésil, “l’amour c’est fini, le Brésil ça va être comme la Turquie” comme l’ont dit certains manifestants. Au delà de quelconque analyses et blabla, ce qui est important c’est de garder vive la flamme et de propager l’insurrection qui vient contre tout icône du Pouvoir avec encore plus d’intensité. Nous faisons un appel aux compagnon-ne-s anarchistes qui vivent les évènements aux premières loges de la révolte au Brésil à contribuer par des nouvelles venues de la rue, et nous réitérons aussi notre proposition de campagne internationale d’agitation et d’action directe contre la Coupe du Monde et les Jeux Olympiques.

Ne laissons pas seuls nos sœurs/frères qui luttent dans les rues du Brésil !

 Solidarité incendiaire et internationale !

Source: Contra-info, 21 juin 2013 (en espagnol)

[Brésil] Quand les flics détalent devant la foule en colère… (Rio de Janeiro, 17 juin 2013)

Une vidéo ou l’on voit les flics s’en prendre plein la gueule – Pour les voir courir

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Transmis par mail via communisation.espivblogs.net, 19 juin 2013

[Brésil] O povo se acordo !! 

[Partout au Brésil cet été?] Nique le Mondial de foot et la hausse des transports : le parlement attaqué à Rio – 17 juin 2013

La colère des Brésiliens prend de l’ampleur

Des dizaines de milliers de Brésiliens ont manifesté lundi dans tout le pays contre la hausse des tarifs des transports publics et les dépenses engagées pour l’organisation du Mondial 2014 de football. 

À Rio de Janeiro, de violents affrontements ont éclaté dans la soirée entre un groupe de manifestants et la police. Quelque 100 000 manifestants selon les chiffres de la police, pour la plupart des jeunes, ont d’abord défilé pacifiquement.

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La manifestation a dégénéré à la nuit tombée. Un groupe de quelques dizaines de manifestants a pris d’assaut le parlement de l’État de Rio, tandis que le gros de la manifestation restait pacifiquement massé devant le Théâtre municipal. Vingt policiers et sept manifestants ont été blessés.

Les policiers ont riposté par des tirs de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc.  Les manifestants se sont dispersés au cours de la nuit.

A Sao Paulo,  plus de 60 000 manifestants ont défilé sans incident. Dans la soirée, l’immense avenue Paulista était bloquée dans les deux sens par une foule impressionnante, selon les témoins.

À Belo Horizonte, la police a tiré des gaz lacrymogènes contre les manifestants pour les empêcher de s’approcher du stade où se jouait un match de la Coupe des Confédérations qui se déroule jusqu’au 30 juin.

Les villes de Brasilia, Porte Alegre et Curitiba ont également été le théâtre de manifestations, les plus importantes à survenir au pays depuis une vingtaine d’années.

Selon le quotidien O Globo, des mobilisations sont prévues dans 44 villes du pays d’ici jeudi.

Ras-le-bol

Le mouvement de protestation a débuté la semaine dernière lors de l’annonce de l’augmentation des tarifs d’autobus. Les doléances des manifestants ont pris de l’ampleur lorsque des affrontements ont été réprimés dans la violence par les policiers à Sao Paulo. Des douzaines de personnes ont été blessées.

Depuis, les manifestants dénoncent non seulement la hausse des tarifs des transports mais aussi les problèmes de sécurité, de santé et l’ampleur des investissements publics dans les événements sportifs majeurs comme la Coupe du monde de soccer.

Le mouvement ne se revendique d’aucune organisation politique ou syndicale.

Cette flambée de révolte surgit alors que le Brésil traverse une période économique délicate marquée par une faible croissance et une hausse de l’inflation.

La président brésilienne, Dilma Roussef, a toutefois tenté de calmer la grogne en affirmant que les manifestations pacifiques étaient « légitimes et propres à la démocratie. »

Leur presse – radio-canada.ca (agences AFP/Reuters), 18/06/2013 à 01h41

Au Brésil, manifestations contre la vie chère à l’approche du Mondial

Des dizaines de milliers de Brésiliens ont manifesté lundi dans tout le Brésil, notamment à Rio de Janeiro où de violents affrontements ont éclaté dans la soirée entre un groupe de manifestants et la police.

Jets de cocktails molotov ou de noix de coco contre les policiers ripostant par des tirs de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc, policier roué de coups au sol, voiture retournée et incendiée, magasins pillés : le centre de Rio a été le théâtre de scènes de guérilla urbaine.

Quelque 100 000 manifestants selon les derniers chiffres de la police, la plupart des jeunes, ont d’abord défilé pacifiquement pour protester contre la hausse des tarifs des transports publics et les dépenses engagées pour l’organisation du Mondial-2014 de football.

C’est à la nuit tombée que la manifestation a dégénéré. Un groupe de quelques dizaines de manifestants violents a pris d’assaut le parlement de l’Etat de Rio, tandis que le gros de la manifestation restait pacifiquement massé devant le Théâtre municipal. Cinq policiers ont été blessés selon un communiqué.

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Leur presse – LeMonde.fr, 18/06/2013

Une autre vidéo montrant l’attaque du parlement: 

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