Archives du mot-clé la police rafle

[Allemagne] Attaque à la peinture contre un bâtiment du SPD en solidarité avec les réfugiés – Hambourg, 4 décembre 2013

Dans la nuit de mardi à mercredi 4 décembre, nous avons attaqué à la peinture le bâtiment du SPD du centre-ville et laissé un slogan – le 21 décembre Lampedusa est partout – Flora reste !

L’attitude du SPD à Hambourg participe activement à la politique raciste d’expulsions de l’Allemagne et de l’Europe, faisant des mobilisations racistes pour « l’aide à la protection » comme à Schneeberg, Greiz ou à Berlin-Hellersdorf. Le racisme en Allemagne n’est pas uniquement le fait d’une doctrine d’extrêmistes de droite  affirmée par une bande de « parasites » fachos marginalisés, mais vient aussi du centre de la société. C’est ce que montre par exemple le SPD d’Hambourg, et le SPD dans son ensemble, par leur attitude envers le groupe « Lampedusa ».

Simultanément, la Rote Flora à Hambourg est menacée par les mesures d’urbanisme du Sénat, comme ils ont reconnu que le projet récalcitrant contraste avec les activités de paix et de réaménagement. Le SPD est responsable de la mise en place de «zones de danger» à Hambourg. Celles-ci permettent aux flics d’harceler les passants – en particulier les personnes en raison de leur apparence qui ne rentre pas dans le tableau des blancs Allemands normaux. Du contrôle individuel à l’expulsion, ils ont toutes sortes de représailles à disposition.

Nous voulons exprimer notre solidarité avec les réfugiés et en Allemagne à Hambourg et leur souhaiter plein de bonnes choses dans la lutte contre la politique d’expulsion et d’enfermement et les Etats racistes!

Tous-tes à Hambourg !

Détruisons l’Europe forteresse !

Traduit de l’allemand de linksunten indymedia, 05/12/2013

[Arabie Saoudite] Révoltes de sans-papiers contre les rafles

Depuis le 4 novembre dernier, de nombreuses opérations d’expulsions de sans-papiers sont menées par la police saoudienne à travers le pays.

Notamment dans le quartier pauvre ‘Manfouha’ de la capitale Riyad, où de nombreuses familles originaires d’Afrique vivent (d’Erythrée, Ethiopie, Mali, Guinée…). Mercredi 13 novembre,  des émeutes ont eu lieu dans le quartier: selon un porte-parole des flics, tout serait partie d’une « altercation » entre une milice de citoyens saoudiens et un groupe de migrants, qui a rapidement dégénéré avec l’intervention des flics. En réponse immédiate, les sans-papiers ont défoncé une trentaine de voitures et se sont affrontés aux laquais du pouvoir à coups de pierres. Un soudanais et trois ethiopiens sont morts et 17 personnes ont été blessées lors des affrontements.

Le pouvoir saoudien, après avoir utilisé cette main-d’oeuvre pour les chantiers et autres boulots d’esclaves au profit des patrons, tente de diviser la population par des discours racistes et anti-immigration.

Par ailleurs, ces quelques retours de bâtons aux expulseurs et à leurs collabos ne se limitent pas à cette région: des révoltes similaires ont également éclaté dans les villes de Jeddah et de La Mecque: plusieurs dizaines de migrants ont été arrêtés.

Les premiers affrontements avec les flics se sont déroulés le 9 novembre dernier

Il y aurait à l’heure actuelle plus de 20.000 sans-papiers qui ont été expulsées.

Rafle jeudi 14 novemebre dans le quartier sud de Ryiad

Rafle jeudi 14 novembre dans le quartier sud de Riyad

Reformulé de leur presse

[Paris] Nouvelle rafle d’un lycéen sans-papiers, enfermé au CRA de Rennes – 10 novembre 2013

Mise-à-jour, 13/11/2013 à 20h55:

Il aurait été libéré sur volonté du ministre de l’éducation nationale de ne pas en rajouter une couche dans un contexte de luttes lycéennes contre les expulsions. (ce qui ne veut pas dire qu’il ne se fera pas expulser plus tard…)

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Abderazak Moukharbich, élève en bac pro au lycée Chenevière-Malézieu à Paris, a été arrêté dans le train à Angers le 10 novembre et enfermé au centre de rétention à Rennes. Il risque l’expulsion à tout moment…

Contre les expulsions récentes de sans-papiers durant le mois d’octobre 2013, de nombreux lycées ont été bloqués à Paris et sa banlieue, Nantes, Rennes, Grenoble…

contre-les-rafles

Repris d’un communiqué du 11/11/2013

[Besançon] Enrayons la valls des expulsions – Jeudi 7 novembre 2013 à 10h place de la Révolution

Enrayons la valls des expulsions

Le 9 octobre à Pontarlier, une jeune fille de 15 ans d’origine rom, Léonarda, scolarisée au collège ‘André Malraux’ de Pontarlier, a été interpellée par la police aux frontières en pleine sortie avec sa classe. Cette rafle est loin d’être une exception: Khatchik Kachatryan, âgé de 19 ans, élève au lycée Camille-Jenatzy (18e arrt.) de Paris a été expulsé samedi 12 octobre vers l’Arménie, où il avait l’obligation d’effectuer son service militaire au début du mois de novembre. Lors de la rentrée scolaire 2013 à Belfort, onze enfants scolarisés ont été déportés rien que durant l’été, selon RESF.

A Paris dans le quartier populaire de Barbès, les flics procédaient à une rafle de dizaines de sans-papiers le 17 octobre en début d’après midi. Le pouvoir socialiste y avait déjà mené une rafle semblable le 6 juin dernier.

Par ailleurs, une rafle est passée inaperçue cet été à Besançon: deux migrants de l’est ont été interpellés alors qu’ils se trouvaient au parc des Glacis (situé au-dessous de la gare ‘Viotte’), pour être incarcérés dans la foulée au CRA de Metz (et ce avec l’aide précieuse des caméras de surveillance récemment installées par la municipalité PS).

Bien entendu, il est hors de question de se limiter à s’opposer aux expulsions de jeunes scolarisés. Nous ne pouvons pas non plus nous satisfaire de remplir ou signer des pétitions, à continuer de se rassembler devant les préfectures, à attendre une éventuelle réponse du préfet.., Bref, nous avons assez perdu de temps à vouloir nous en remettre à ceux qui votent ces mêmes lois, qui appliquent ces mêmes décrets racistes …

Lutter contre la machine à expulser

Depuis fin octobre à Paris, de nombreux lycées sont bloqués afin d’exiger le retour immédiat des deux jeunes expulsés. Ces blocages ont vite débouché sur des manifs incontrôlées, avec des CRS qui se font chargés et du mobilier urbain qui se fait défoncer par la foule… (En résumé, une manif hors de contrôle pour flics, partis et syndicats).
Et la lutte contre la machine à expulser commence à s’étendre à plusieurs lycées de province comme à Lyon, Marseille, La Rochelle…

Il s’agit dès à présent d’enrayer la machine des expulsions, par exemple en prévenant les passants lorsque les flics raflent dans le quartier ou en sabotant leurs infrastructures de communication. Les institutions et entreprises (publiques ou privées, telles que Sodexo, BNP Paribas, Adecco, Randstad, Air France…) – qui se font du fric avec les expulsions – sont loin d’être inattaquables ! Les multiples filiales de tous ces collabos nous donnent que l’embarras du choix quant à nos cibles.

Manifestation
Jeudi 7 novembre 2013
10h place de la Révolution

Lire le tract au format PDF

Lire le tract au format PDF

Vu sur les murs de Besançon, 06/11/2013

[International] Appel pour une campagne contre les camps de concentration en Russie (du 29 août au 3 septembre 2013)

Un appel pour une campagne internationale contre les camps de concentration en Russie

1375664094_0562.1000x800_0Il est désormais évident que la Russie se noie de plus en plus profondément dans un marécage de la dictature fasciste. Surfant sur la vague d’hystérie xénophobe qui a éclaté avant les élections municipales de Moscou, un véritable camp de concentration pour les migrants a été ouvert. Il est rempli continuellement par une chasse aux «non-Européens» menée dans les rues de Moscou.

Les défenseurs des droits humains et des journalistes qui ont visité les camps témoignent que les ressortissants étrangers sont détenus dans des conditions de torture. Beaucoup d’entre eux vivent et travaillent légalement en Russie et leur détention est illégale même du point de vue de la justice bourgeoise. Parmi les milliers de personnes détenues dans les camps de concentration sont des réfugiés qui sont menacés de persécution politique et même la peine de mort dans leur pays d’origine. Le Service fédéral des migrations de la Fédération de Russie a annoncé qu’elle prévoit d’ouvrir 83 camps similaires pour «migrants illégaux» dans tout le pays.

EuropeBarbelésDes anarchistes russes appellent toutes les personnes qui ne sont pas indifférentes à la misère humaine à entreprendre des actions de solidarité entre le 29 août et 3 septembre.

Nous exigeons la fin des politiques ouvertement racistes comme celles pratiquées par les autorités russes, à la liquidation des camps de concentration et l’abolition de tous les obstacles juridiques à l’emploi pour les travailleurs en Russie.

S’il vous plaît écrire à stopdeportationrus@gmail.com à propos de toute action!

Personne n’est illégal ! Notre matrie est l’humanité toute entière !

Traduit de l’anglais d’avtonom.org, 17 août 2013 à 17h53

Sur la situation des migrants en Russie

[Québec] Récit de la manif en solidarité avec les sans-papiers au centre de rétention de Laval (nord de Montréal) – 11 août 2013

Poing_prisonLe 11 août 2013, environ 100 migrants et leurs soutiens sont descendus dans la rue en direction du centre de rétention pour migrants de Laval juste à l’extérieur de Montréal, pour dénoncer la pratique du gouvernement canadien d’enfermer et d’expulser les personnes sans statut. La manifestation a été organisée en collaboration avec la Journée de la justice pour les prisonniers, qui a lieu chaque année le 10 août pour commémorer les vies de ceux qui luttent et meurent derrière les barreaux, et de réaffirmer l’engagement des personnes pour la suppression des prisons. Des gens sont venus en bus, d’autres à vélo, et quand ils sont arrivés, ils étaient déterminés à faire suffisamment de bruit pour que les migrants à l’intérieur du centre de rétention puissent entendre leur message.

Sur une journée donnée, de 400 à 500 migrants sont enfermés derrière les murs des centres de rétention à travers le pays. La dernière décennie a vu une augmentation significative du nombre de migrants détenus, avec 82.000 détentions sur 2004-2011 et un nombre supplémentaire de 13.000 détenus depuis 2011. Suite à la mise en œuvre des politiques de détention obligatoire par le projet de loi C-31, tous ce.lles.ux qui entrent par de soi-disant «moyens irrégulier» peuvent faire face à un an de détention.

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Photo de leur presse – journalmetro.com, 11/08/2013 à 21h49

Des silhouettes représentant des proches qui ont été raflés et des banderoles lumineuses ont été accrochés à la clôture. Des messages de solidarité en arabe, hongrois, espagnol, ourdou, anglais et français ont été lus à haute voix, tandis que des restes de vêtements ont été suspendus le long du mur, symbolisant la violence subie aux postes-frontières du monde entier.

Pendant le pique-nique, quelqu’un de l’intérieur a informé les organisateurs que, en raison de la manifestation, les heures de visite avait été annulées pour toute la journée, les prisonniers étant punis par l’annulation du temps de prière, tout en étant interdit de fumer et confinés dans leurs chambres.

Exaspéré par ces nouvelles, les gens se sont précipités vers la clôture extérieure du centre de rétention et ont commencé à taper sur ces portes en métal. Peu après, la porte a été démolie et un groupe de manifestants a violé le périmètre et a réussi à exprimer leur rage directement à l’extérieur des bâtiments où les migrants sont en cage.

En fin de compte, aucune arrestation n’a été faite. Alors que l’acte d’abattre le mur était symbolique, c’était encore un pas en avant pour la destruction de tous les murs de prison et les frontières qui séparent les personnes à travers le monde.

Voir la vidéo de la manif

Traduit de l’anglais de MediaCoop (en collaboration avec Contrainfo)

[Rotterdam, Pays-Bas] Tags divers contre les déportations et les frontières – 6/7 août 2013

A Rotterdam, les bureaux du promoteur immobilier Van Omme & De Groot (qui est impliqué dans la construction du centre d’expulsion de l’aéroport de Rotterdam), ont été recouverts de tags dans la nuit de mardi à mercredi.

Les bureaux du promoteur immobilier

Les bureaux du promoteur immobilier

La plaque de ce bâtiment en gros plan

La plaque de ce bâtiment en gros plan

Le musée maritime de la ville a aussi été visé:

Les colonnes du musée maritime

Les colonnes du musée maritime

Plus tôt, des slogans ont également été peints sur le pont Willem.

Sur le pont 'Willem'

Sur le pont ‘Willem’

Ces actions interviennent alors qu’une famille géorgienne a été déportée ce mardi 06 août en début de matinée et qu’un camp No Border se tient actuellement jusqu’à ce samedi 10 août, qui se clôturera par une grande manifestation prévue à 14h. (Voir l’appel)

Source via indymedia.nl

[Toulouse] Récit de brutalité policière nocturne à ‘Arnaud Bernard’ – 22 juin 2013

Voici l’histoire de X., tabassé par la police ou la banalité de la férocité de l’Etat.

 Toulouse, juillet 2013

fpaLe quartier Arnaud Bernard est le dernier quartier populaire du centre-ville de Toulouse. Situé entre le quartier d’affaires (Compans Cafferelli) et la luxueuse Mairie du Capitole, nourri de l’immigration populaire nord africaine, ce quartier ne correspond pas aux perspectives du grand projet de métropole européenne.  “On sent bien qu’on fait tâche”, c’est le sentiment partagé par tous ceux qui fréquentent cette place et lui donnent son caractère populaire. Le quartier est donc visé comme priorité en matière de rénovation urbaine par les politiques, les entreprises et les médias locaux. Cette rénovation urbaine est basée sur des déplacements de population – les plus en galère – pour laisser place à des quartiers bourgeois, c’est bien une guerre aux pauvres: harcèlement  policier, chasse aux “gibiers” sans papiers, destruction culturelle du quartier, programme de vidéo-surveillance massif, droit de décision de la mairie sur l’installation des commerces au nom de “la mixité”… Arnaud Bernard est ainsi désigné comme “zone criminogène” par la préfecture, ce qui autorise la police à y contrôler qui elle veut, quand elle veut en utilisant les méthodes qu‘elle veut. Sur cette place, les classes populaires en général, les Noirs et les Arabes en particulier, ont pour lot quotidien rafles, extorsions, chantages et brutalisations de la part de la police.

Dans la nuit du 22 juin 2013, la place s’anime et la fête échauffe les esprits des flics qui regardent et encadrent de loin, n’osant pas s’attaquer à autant de monde mais cherchant quelques proies à ramener au poste: des Mises A Disposition (MAD), c’est-à-dire des bons points pour leurs carrières. Au fil de la soirée, le quartier se vide peu à peu. Au milieu de la nuit, vers 3h du matin, un groupe d’amis dont X. fait partie, composé en grande partie de basanés et ayant tous en commun les traits du style vestimentaire populaire, tentent de calmer une altercation dans la rue.  Surgissent des hommes  qui selon les témoins surveillaient la scène depuis un moment. L’un d’eux saisit par la gorge le plus basané du groupe: Y., le colle contre le mur en l’insultant, lui confisquant en plus ses papiers. Y. n’a jamais pu récupérer son titre de séjour. Cette technique policière porte un préjudice terrible et semble bien banalisée dans ce quartier comme dans tant d’autres.

Rien n’indiquait alors qu’il s’agissait de policiers. Les récits des témoins l’assurent : ces hommes étaient habillés en civil  (jeans, baskets, sweat…), ne portaient pas de brassard « police » et ne se sont à aucun moment signalés comme tels. Le groupe d’amis saisit qu’il sagit de la police lorsque trois de ces hommes se jettent sur X. Ils le clouent au sol (il fait 1m70 et 70 kg), frappant ainsi une première fois sa tête contre le bitume et lui mettent les menottes dans le dos. Ecrasé au niveau de la poitrine par le poids de trois policiers, il semble s’étouffer. Effrayés par la brutalisation  des policiers et entendant les suffocations de X., ses amis tentent de calmer les policiers. Ils se font insulter (“faites la taire cette connasse!”…) et taper à coups de matraque. Les nombreux hématomes qu ils portent et la cheville foulée de Z, l’une d’entre elles.eux en témoignent.

À chaque fois que X. tente de faire savoir qu il s’asphyxie, les policiers renforcent la compression.

Au bout de quelques minutes, X. semble KO, toujours maintenu au sol sur le ventre, visage à terre et menotté dans le dos, il est relevé par la chaîne des pinces par un policier.  Le policier applique ainsi toute la force nécessaire pour relever ces 70 kg en tirant sur les menottes, elles-mêmes serrées au maximum. La douleur est telle que les hurlements de X.  effraient la foule qui assiste à la scène. Son poignet gauche se fracture à deux endroits différents et des contusions restent toujours visibles à l’emplacement des menottes. Le policier le traîne sur une dizaine de mètres en direction de leur voiture. Au moment de le faire entrer sur la banquette arrière, il envoie cogner sa tête contre la carrosserie avant de l’y jeter. Direction le commissariat,  en attendant, dans la voiture, X. reçoit insultes et claques de la part des policiers. Même procédé au moment de sortir de la voiture, un policier le tire de toute force par la chaîne des menottes, son poignet est déjà fracturé, puis lui cogne la tête contre la carrosserie.  Toujours menotté au dos, il le pousse de dos et par derrière à l intérieur du commissariat. Au passage d’un couloir, un policier place sa main derrière la nuque de X. et projette sa tête contre le mur. Il est fait de même par un agent de police  pour ouvrir une lourde porte battante, on y envoie la tête de X s’éclater contre la paroie. Puis il est jeté au sol, sur le carrelage d’un couloir, face contre terre. Une fois encore sa tête frappe le sol.

X. est laissé là, probablement une heure. À de nombreuses reprises, il hurle de douleur, supplie que quelqu’un lui desserre les menottes ne serait-ce que d’un cran. Il reçoit comme réponse des insultes et du mépris.

Il entend par la suite les policiers faire des remarques sur lui en consultant son dossier. X. est engagé dans la CREA (Campagne pour la Réquisition, l’Entraide et l’Autogestion) ainsi que dans les luttes contre les violences policières. Reconnu comme tel par les policiers, il reçoit des coups de pieds dans les côtes.

Nous savons à quel point la police sert à écraser toute forme de lutte.

Plusieurs fois, il suffoque et se relâche complètement pour arriver à respirer. Aucun policier en  civil ou en uniforme, ni gradé ni auxiliaire, ne cherche à savoir s’il est vivant ou mort, ne s’inquiète de sa situation de santé, ne le relève ou ne l’assied sur un banc. C’est l’ensemble des policiers de ce commissariat qui s’est alors rendu coupable de non-assistance à personne en danger. L’absence de réaction de chacun des fonctionnaires de cette institution face à cette scène démontre bien que ces méthodes sont banalisées et normalisées. Plusieurs policiers ont passé X. à tabac, tous les policiers d’un commissariat l’ont laissé proche de l’agonie, l’Etat en est pleinement  responsable.

Au bout de plusieurs heures, un policier finit par relever X. en empoignant de nouveau la chaîne des menottes, il hurle encore, son poignet le faisant atrocement souffrir.

Finalement, une équipe de jour composée de nationaux en uniforme l’embarque vers l’hôpital. Il est admis à 6h14 aux urgences selon son « bulletin de situation » délivré par le CHU de Purpan. Ces policiers le refilent à des infirmier.e.s.

Durant cette nuit au commissariat, à aucun moment ne lui fut signifié de garde-à-vue, ni proposé d’avocat ni de médecin. Bien sûr, il n’a pas été auditionné car il aurait été bien évidemment impossible de l‘interroger dans cet état devant une caméra et un avocat. Aux alentours de 10h, X. apprend des policiers qui l’ont amené à l’hôpital qu’il était jusqu’à présent en garde-à-vue alors même qu’ils lui signifient que cette dernière est “terminée”. Ces policiers le laissent alors à l’hôpital sans aucun document attestant ni son arrestation ni son passage au commissariat.

X. est par la suite opéré par l’équipe du service de traumatologie qui certifie et décrit les lésions suivantes: fracture trans-scapho-péri-lunaire au niveau de son poignet gauche, contusion de la cheville droite, traumatisme facial avec hématome de l’hémi-face droite, oedème péri-orbitaire, et plaie quasi-transfixiante de la lèvre inférieure. Il lui est également certifié que ses lésions entraînent une incapacité temporaire totale de 60 jours, une incapacité provisoire partielle de 8 jours, et cela “sous réserve de complications”.

Après trois jours passés à l’hôpital, le 24 juin, à sa sortie, X. se rend au service de la médecine légale. Le médecin légiste découvre qu’il a aussi le tympan percé et atteste d’une longue liste de traumastismes et de blessures (voir en fin de texte):
Ces traumatismes physiques, les séquelles psychologiques et leurs souvenirs perdureront longtemps après les faits.

Cette histoire n’est pas celle de “brebis galeuses” au sein de la police ou de quelques “mauvais” policiers  mais bel et bien de l’institution policière. Il n’y a pas “d’accidents” ni de “bavures”. Ce sont les méthodes habituelles d’intervention et de gestion des interpellés par la police dans ce quartier, méthodes qui ont été appliquées sans retenue sur X. Ce sont les techniques normales de chasse et d’écrasement des pauvres menées par la police toute l’année dans tous les quartiers populaires de France et en particulier dans ceux qu’elle doit nettoyer pour faire la place aux bourgeois. Par la suite et dans la même logique, le 17 juillet 2013, à l’endroit exact où X. avait été arrêté un mois auparavant, de nombreux policiers parmi lesquels des équipes de la BAC et des CRS venus en renfort ont employé lacrymogènes et flashball pour disperser des habitants  révoltés suite à une descente de police devant la salle de prière musulmane de la rue de l’Hirondelle, en plein Ramadan.

X. a eu beaucoup de chance malgré tout : il n’a pas été tué, contrairement à tant d’autres hommes généralement plus “bazanés”. Pour les 6 premiers mois de l’année 2012, pas moins de 12 vies avaient été volées par la police, principalement des pauvres, des Noirs et des Arabes. X. n’a pas succombé à une clef d’étranglement comme Hakim Ajimi tué à Grasse en 2008, menotté et écrasé par la BAC. X. n’est pas mort suite aux coups des policiers comme Ali Ziri à Argenteuil. Il n’a pas pris une balle policière dans le dos comme Amine Bentounsi à Meaux, Il n’a pas été mortellement blessé dans un véhicule de police comme Liamine Dieng à Paris, ni tazé, gazé et tabassé comme Mahamadou Marega à Colombes. A la différence de Yassin Aibeche, Lahoucine Aït Omghar, Zyed Benna, Mohammed Ben Maamar, Wissam El Yamni, Jamal Ghermaoui, El Mahjoub Gmili, Nabil Mabtoul, Youcef Mahdi, Sofiane Mostefaoui, Lakhamy Samoura, Tina Sebaa, Moushin Sehhouli, Abou Bakari Tandia, Bouna Traoré et tant d’autres X. est en vie et se remet progressivement de ses blessures. Que toutes celles et ceux, tué.e.s par la police et la prison reposent en paix. Solidarité complète avec les luttes des familles et des proches pour la dignité, la justice et la vérité.

Au vu de la façon dont ils et elles sont traitées, nous savons qu’il n ‘y a rien à gagner du côté de l’institution judiciaire. Nous pensons aussi à Trayvon Martin, à sa famille et à ses proches aux Etats-Unis. Ici comme là-bas, nous faison face aux mêmes systèmes. L’immense majorité des procès, de longues et exténuantes batailles menées par les familles des personnes agressées et/ou tuées par la police, n’aboutissent qu’à des non-lieux pour les forces de l’ordre, les confortant ainsi dans leurs méthodes d’actions et leur férocité.
Nous savons par avance que nous ne gagnerons rien en portant plainte contre les policiers qui ont tabassé X. mais nous voulons démasquer et dénoncer publiquement le fonctionnement de la police dans nos quartiers populaires, entre autres à Arnaud Bernard. En solidarité avec celles et ceux qui, privés de papiers et/ou enchainés par leurs conditions ne peuvent faire entendre leurs voix et traîner en justice ceux qui les agressent, les harcèlent et les humilient continuellement. Nous avons décidé de porter plainte car ce récit est celui du quotidien ici. Pour ne pas laisser le silence et les médias recouvrir les violences policières, pour faire entendre nos voix.
Solidarité avec toutes les insoumissions quotidiennes, toutes les résistances et les révoltes face à la police, ici et partout !

Des proches, des ami.e.s et des camarades de X., Y. et Z.,
des membres de la CREA, des gens d’Arnaud Bernard et des personnes solidaires.

Liste des blessures subies par X et établies par la médecine légale de Toulouse le 24 juin 2013:

*extrémité céphalique :

  • région temporale droite : lésion ecchymotique érythémateuse ovalaire de 3 cm de diamètre,
  • sur la paupière inférieure et supérieure de l’oeil droit : visualisation d’hématome violacé, débutant à l’angle interne et se terminant à l’angle externe avec présence d’une hémorragie sous-conjonctivale dans le quadrant externe de l’oeil droit,
  • pommette gauche : plaque parcheminée horizontale, rectangulaire, mesurant 5 cm de long x 1,5 cm de haut,
  • oreille gauche, sur l’ensemble du cartillage de l’oreille et sur la face postérieure de celle-ci : visualisation de multiples lésions à type d’hématomes violacés,
  • une perforation du tympan gauche,
  • au cuir chevelu, en région occipitale gauche : lésion ecchymotique érythémateuse de 5 cm de diamètre,
  • lèvre branche supérieure droite de l’extrémité distale : visualisation d’une plaie oblique vers le bas et la gauche sur laquelle sont positionnés des points de suture.
  • A noter une contusion de l’ensemble de cette lèvre.

*membre supérieur gauche :

  • le patient présente le bras en immobilisation par une attelle thermoformée antérieure
  • visualisation d’un pansement sur la face dorsale du poignet et de l’extrémité inférieure de l’avant-bras que nous ne retirons pas pour les besoins de l’examen
  • présence d’un oedème diffus sur l’ensemble de la main.

*membre supérieur droit :

  • en regard de la face dorsale du poignet : un liseré érosif, croûteux, linéaire de 8 cm de long,
  • sur la face dorsale de la main, en regard des têtes des articulations des IVème, IIème et IIIème rayons de la main : visualisation de lésions croûteuses infracentimétriques. Ces mêmes lésions sont présentes en regard des articulations  interphalangiennes proximales des IIème, IIIème, IVème et Vème rayons.

*région dorsale :

  • en région lombaire gauche, à 15 cm de la ligne médiane : importante plaque érythémateuse avec des érosions croûteuses punctiformes s’étendant sur une zone de 10 cm de diamètre, compatibles avec un mécanisme de production par griffure.

*membre inférieur droit :

  • présence d’un volumineux hématome en regard de la maléole interne et externe, visualisation d’un hématomeérythémateux débutant au-dessus du talon et s’étendant jusqu’au tiers moyen de la face latérale latéro-externe du pied.

  • sur le sur le tiers distal de la face externe de la jambe droite : volumineux empattement avec présence d’un hématome verdâtre oblique vers le bas et la gauche, mesurant 15 cm de long X 5 cm de haut, la marche est réalisée avec des douleurs à l’appui. Le pied peut être posé en totalité.

Source: CREA Toulouse, 24 juillet 2013

[Publication] Résistons Ensemble n°121 – Juillet 2013

Télécharger le bulletin 'Résistons Ensemble' #121 du mois de juillet 2013

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A faire tourner et à diffuser…

Résistons Ensemble

[Alfortville, 94] Un sans-papiers raflé chez le dentiste et incarcéré au CRA de Mesnil-Amelot – 4 juin 2013

Val-de-Marne : un sans-papiers arrêté par la police chez le dentiste

FAITS DIVERS – Un ressortissant d’origine algérienne en France depuis plus de dix ans a été interpellé le 4 juin alors qu’il allait se faire soigner dans un cabinet dentaire d’Alfortville. Placé en centre de rétention, il pourrait être expulsé ce jeudi de l’hexagone si rien n’est fait.

Jamais il n’aurait pensé qu’en allant se faire soigner ses dents, il finirait enfermé dans un centre de rétention. Mardi 4 juin, un homme d’origine algérienne a été arrêté par la police alors qu’il venait poursuivre les soins qu’il avait entamés au Centre dentaire Victor Hugo d’Alfortville (Val-de-Marne).

« Dénonciation calomnieuse »

Monsieur B., ressortissant Algérien vivant en France depuis 13 ans, et plus précisément dans les Yvelines se rendait pour la troisième fois en quelques semaines chez le médecin. Alors qu’il se trouvait dans la salle d’attente le 4 juin dernier, les policiers sont arrivés et ont procédé à son interpellation.

Arrêté pour « suspicion d’usage de faux document administratif », le patient a été placé en garde à vue où il a passé 48 heures.  » A l’issue de sa garde à vue, le préfet du Val-de-Marne lui a notifié une obligation de quitter le territoire sans délai et l’a enfermé au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) » indique l’Observatoire du droit à la santé des étrangers (ODSE).

Dépourvu de ressources et dans l’attente de régulariser sa situation, le patient bénéficiait de l’Aide médicale d’Etat (AME).  » Le centre dentaire n’arrivant pas à se faire payer par la Sécurité sociale, son secrétariat a contacté la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) du 94. Cette dernière aurait prétendu que la carte AME de Monsieur B. était fausse, et conseillé d’appeler la police » précise l’ODSE.

Expulsion prévue jeudi

Selon Le Parisien, le patient qui est depuis plus de quinze jours maintenant enfermé au centre de rétention devrait être expulsé ce jeudi si les associations ne parviennent pas à faire en sorte qu’il puisse rester sur le territoire.

L’Observatoire du droit à la santé des étrangers a condamné « la dénonciation par des institutions soignantes d’un étranger en situation vulnérable et exige la libération immédiate de ce monsieur ». Il « revendique au-delà de ce cas individuel la protection des lieux de soins et de prise en charge médico-sociale afin que soient évitées les arrestations dans et autour de ces lieux, alors que la peur des arrestations continue d’éloigner les personnes des structures de santé ».

Leur presse – MetroNews.fr (Aurélie Sarrot), 25/06/2013 à 10h23

Sans-papier arrêté : l’Assurance maladie dément toute dénonciation

Le 4 juin dernier, une personne sans-papier qui vivait en France depuis treize ans a été arrêtée alors qu’elle se rendait au centre dentaire Victor Hugo à Alfortville dans le cadre de soins pris en charge par l’AME (Aide médicale d’Etat).

Le secrétariat du cabinet, qui n’arrivait pas à se faire rembourser par la Sécurité sociale, aurait appelé la police suite à des soupçons d’usage de faux papiers après coup de fil à la Caisse primaire d’assurance maladie.

Emmené au centre de rétention administrative (Cra) de Mesnil-Amelot, cet Algérien a échappé à l’expulsion faute de laisser-passer par le consulat algérien. Sa carte AME a également été reconnue valide après vérification auprès de sa caisse de rattachement.

Dans un communiqué, La Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) du Val de Marne dément avoir donné pour consigne au secrétariat du cabinet de faire appel à la police pour signaler un étranger bénéficiaire de l’Aide Médicale Etat. « Bien au contraire, la Cpam est pleinement investie dans sa mission visant à faciliter l’accès aux soins des personnes en difficultés. Elle délivre chaque année près de 13 500 titres d’admission à l’Aide Médicale Etat à des étrangers en situation irrégulière », insiste le communiqué.

Leur presse citoyenne – 94.citoyens.com (C.Dubois), 28/06/2013