Archives du mot-clé le terroriste c’est l’Etat

[Rennes/Paris/Brest/Barcelone] Pas de bougies et de marches blanches, VENGEANCE ! (2)

  • 3ème manif (jeudi 30 octobre 2014) à Rennes*:

Près de 200 personnes ont défilé dans une ambiance tendue ce soir à Rennes à l’appel de mouvances radicales anti-capitalistes pour protester contre la mort de Rémi Fraisse samedi lors d’affrontements sur le site du barrage controversé dans le Tarn.

Partis du quartier de Villejean, près des universités de l’ouest de Rennes, les manifestants, dont de nombreux cagoulés, se sont dirigés vers le centre ville en scandant « vengeance pour Rémi » ou « flics, porcs, assassins! » derrière une banderole « Vengeance pour tous ».

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Ils ont également tagué sur leur passage de nombreux bâtiments. Arrivés aux abords du centre-ville, vers 20H00, les manifestants ont été bloqués par un important dispositif des forces de l’ordre qui les a empêchés d’y accéder. Ils ont essayé à plusieurs reprises de contourner les CRS et gendarmes. Une voiture a été retournée et des policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes.

Peu après 21H00, les manifestants, qui s’étaient rassemblés à proximité des barrages des forces de l’ordre, ont reflué vers les quartiers ouest, brisant une dizaine de vitrines (agences immobilière et bancaires notamment) et plusieurs abribus. Ils ont également mis le feu à plusieurs poubelles ainsi qu’à des conteneurs de bouteilles, poursuivis par les policiers de la BAC équipés de flashball. Vers 21H30, plusieurs feux étaient en cours dans l’artère, enfumée par les grenades lacrymogènes, dans laquelle avaient reflué les manifestants.

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Le préfet d’Ille-et-Vilaine Patrick Strzoda présent au coeur du dispositif peu après 22h a dénoncé la présence de « militants d’extrême gauche violents » avec des méthodes de « Blacks Bloc » (militants anti-capitalistes radicaux). « Leur intention était de se diriger vers le centre ville » mais le dispositif de forces de l’ordre mis en place les en a empêchés. « Les forces de l’ordre ont été agressées plusieurs fois avec des objets incendiaires », a-t-il ajouté. Trois personnes ont été interpellées au cours des heurts, a-t-il précisé. Des manifestants sur place ont indiqué aux journalistes qu’il y avait eu des blessés parmi eux sans préciser le nombre ni la gravité.

A Villejean à l’ouest de Rennes, avant le départ du cortège, les manifestants avaient commencé à distribuer un tract dénonçant la « terreur policière » qui ne « saurait survivre à la mort d’un camarade ». Le tract lance aussi l’appel suivant: « bloquez vos lycées et universités! Bloquons les villes, les gares, occupons la rue ».

[…]

Leur presse – afp, 30/10/2014 à 22h38

NdCNE:

*Lundi soir (27/10), plusieurs bâtiments ont été tagués, des barrières avaient été renversées au centre-ville, puis un feu de poubelles avait été allumé devant l’hôtel de police, avant que les manifestants ne se dispersent. La maire avait déposé plainte.

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Le lendemain soir, mardi, nouvelle manif: des tags ont recouvert du mobilier urbain. La façade d’une banque du ‘Crédit Mutuel’ de la place st-anne a été entièrement repassée à la peinture.

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premiers éléments sur la manifestation du 30 octobre 2014

premiers éléments sur le début de manif’ Dalle Kennedy

Présence de R.G depuis le matin (photos etc …)

Les magasins du quartier Kennedy ont reçu des coups de fils pour les inciter à fermer rideau, les récalcitrants ont été sermonnés.

Les transports publics (Métro et bus) ont été controlé par les CRS (fouille aléatoire etc ) puis fermés progressivement (plusieurs cars de garde mobile à l’arret villejean université). La volonté de nuire aux habitant-e-s et/ou de diviser, a été amplifié par les rumeurs et ragots des correspondant-e-s de nuits, emploi-jeunes, élu-e-s, keufs et surtout controleurs du métro et vigiles du métro etc …

Les R.G en se rendant dans les salles de prière ont incité les personnes repérés par eux comme  « bons musulmans » à prêcher la division.

Des voitures/équipages de la bac Rennes centre ville ont discretement protégé les journalistes présent-e-s (notamment un monospace gris stationné cours kennedy)

Des jeunes et des vieux du quartiers ont été trés trés deçu du départ vers le centre ville de Rennes en cortège (19h15/30).

Indy nantes, 30/10/2014 à 21h24

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 A Paris mercredi 29 octobre, le rassemblement était fixée en plein centre, à l’hôtel de ville pour 19h (certainement une volonté des organisateurs de s’adresser au pouvoir et de réclamer une justice pour un énième mort sous les coups de l’Etat…). Bref, toujours est-il que c’est parti en manif sauvage avec jets de pétards et caillassage sur les flics. Quelques attaques sur le mobilier urbain (dont une borne de ‘vélib’ Decaux) et des tags ont été inscrits sur les tentes du parvis. Interpellations au compte goutte, embarquées dans des paniers à salade (80 personnes, dont 3 manifestants toujours détenus ce 30 octobre à 18h au commissariat du 5ème pour port d’arme prohibé pour l’un, violence sur agent pour l’autre et outrage, dégradation et « meneur de manif » pour le dernier).

"L'Etat tue", "demain l'insurrection"

à gauche, « L’Etat tue », « demain l’insurrection »

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A Barcelone, le consulat de France a été bombardé de peinture accompagné d’un tag en solidarité mercredi 29/10.

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Le communiqué finit par: 

« Les manifestations se sont multipliées dans toute la France.
Plusieurs manifestations ont été annoncées cette semaine devant les consulats de France en Italie*.
L’action de ce mercredi est seulement le début - toutes les formes de soutien à la lutte sont la bienvenue.

Les armes de la police n’ont pas de frontière, notre solidarité non plus. »

* Notamment à Milan et Turin ce 30 octobre 2014:

Banderole suspendue sur le consulat de France à Milan

Banderole suspendue sur le consulat de France à Milan

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Lundi 27/10, une manif était organisée à Brest contre le barrage de Sivens et le terrorisme d’Etat. En chemin, un groupe de manifestants masqués a fait irruption à l’intérieur des locaux du PS alors que deux réunions s’y tenaient. Résultat : du matériel défoncé, et une fenêtre brisée.

[International] Appels à la solidarité avec les prisonniers de la coupe du monde 2014

CumpliCopaLe 12 juillet, à la veille de la finale de la Coupe du Monde, la police de Rio de Janeiro a arrêté 19 militant-es, sous la justification que toutes ces personnes ont participé à des actes «violents» dans les révoltes de la dernière année et qui envisageaient d’autres actions et manifestations lors de la finale de la Coupe du Monde. Au total, environ 60 mandats de perquisitions, arrestations et détentions temporaires ont été délivrés contre des personnes accusées d’avoir participé à des mouvements sociaux, les mandats étaient de 5 jours de détention provisoire. Sur ces 60 mandats, 23 ont été réalisés, et 4 personnes ont réussi à échapper aux enlèvements de la police.

Les militant-es ont été emmené-es à la Cité judiciaire de la ville de Rio de Janeiro, un grand complexe de commissariats construits pour tenir compte de la répression liée aux protestations des méga-événements et de la logique de la ville marchande. Dans cette grande enceinte se trouvent la DRCI, le commissariat de police de répression des crimes informatiques, qui prend aujourd’hui la place dans l’enceinte historique du commissariat à l’ordre politique et social, la célèbre DOPS (Delegacia de Ordem Política e Social) créée en 1924 pour réprimer les anarchistes, principalement utilisé durant l’Estado Novo* et plus tard lors du Régime Militaire en 1964*, et qui avaient pour objectif de contrôler et de réprimer les mouvements politiques et sociaux qui s’opposaient au régime alors au pouvoir. Peu après, ils/elles ont toutes été transféré-es au complexe pénitentiaire de Bangu.

Quelques jours plus tard, habeas corpus** a obtenu la libération de 18 militant-es qui étaient détenus. Peu de temps après, la justice a de nouveau ordonné l’arrestation de ces 18 personnes qui avaient jusqu’à présent réussi à échapper à la farce judiciaire. Camila, Igor et Elisa ont été détenu-es jusqu’au 23 juillet, quand tou-te-s ont été libéré-es sous caution. D’autres arrestations pourraient survenir à l’avenir et les militant-es, qui sont persécuté-es par l’Etat et qui passent par des moments difficiles en cette période de criminalisation, peuvent encore être condamné-es. La police a déclaré que les arrestations sont fondées sur les enquêtes judiaires qui ont eu lieu secrètement depuis septembre dernier contre le Front populaire indépendant (FIP), les black blocs et d’autres groupes militants, accusés de complot. La méthodologie de la police est la surveillance, la violation de la confidentialité et de la vie privée des individus.

L’Etat qui détient toujours plus de prisonniers politiques*** (sic!) à Rio pour un match de football qui pourrait avoir lieu est le même Etat qui ferme des écoles, qui tue dans les favelas et fait une coupe du monde. Avec ces arrestations, l’État brésilien a écrit un nouveau chapitre de son histoire, le jour durant lequel tous les masques sont tombés, pas seulement pour l’Etat mais aussi pour tous les partis et groupes qui veulent participer à cette démocratie telle qu’elle est, à cette représentativité parlementaire. En ce jour l’Etat a dit en toutes lettres « GUERRE A LA POPULATION », pas de façon subliminale, mais à qui veut l’entendre. Dans les favelas les gens le savent déjà depuis bien longtemps, les manifs de juin-juillet 2013 ont également essayé d’avertir, mais cette fois, c’était en prime time et en toutes les lettres. Où toute la population a vu que les mêmes lois instituées par l’État nous brisent quand il veut, aussi bien qu’elle a toujours fait avec la population pauvre et noire dans l’histoire du génocide de l’Etat brésilien.

Nous vous invitons toutes et tous à organiser des actions de solidarité dans votre ville en solidarité avec les prisonniers de la coupe du monde. Nous ne pouvons pas rester silencieux face au terrorisme d’État du gouvernement brésilien et de la dictature de la FIFA. Tout le monde connaît l’importance des soulèvements de masse qui ont eu lieu au Brésil depuis juin 2013 jusqu’à maintenant, qui ont marqué une étape dans l’histoire de ce peuple, un moment de rupture avec les structures existantes, un cri pour dire Stop! aux nombreuses oppressions et violences historiques contre le peuple. Les forces de répression veulent à tout prix contenir la colère de la population en effrayant les militant-es par la persécution, veulent reprendre le contrôle et conformer les gens à accepter la misère de la vie quotidienne et qui sont prêts à jeter en prison tou-te-s celles et ceux qui n’abdiquent pas dans ce combat. Nos compagnon-nes ont besoin d’un soutien entier pour gagner cette lutte et rester dans les rues, dans les assemblées et dans la mobilisation populaire.

Aucun pas en arrière ! Personne ne sera laissé de côté ! Pour la fin immédiate des persécutions !

Source – D’autres informations en portugais sur le site de la croix noire anarchiste de Rio et notamment pour une semaine internationale de solidarité avec les prisonniers du 23 au 30 août 2014:

SEMANA3Notes des traducteurs:

*Estado Novo, qui signifie « Etat nouveau », est le nom donné à la dictature instaurée par Vargas au Brésil depuis le coup d’Etat du 10 novembre 1937 jusqu’au 29 octobre 1945 et la destitution de Vargas par les militaires. Cette dictature est calquée aux conceptions du pouvoir des Etats fascistes européens durant la même période: culte du chef et paternalisme (Vargas se faisait appeler « Pères des Pauvres »), centralisation du pouvoir et interventionnisme total de l’Etat, etc…

La junte militaire a été au pouvoir pendant deux décennies, de 1964 à 1985 et s’est maintenue à plusieurs reprises par des bains de sang.

**C’est une association d’avocats qui apporte une aide juridique aux manifestant-es réprimé-es

***Nous refusons ce terme de « prisonniers politiques ». L’Etat enferme celles et ceux qui ne se plient pas à cette société de misère et de mort. Nous refusons cette volonté trop souvent affichée de différencier et hiérarchiser les insoumis et indésirables à ce système.

Qui sont les terroristes ?

Qui sont les terroristes ?

Les conditions de vie toujours plus insupportables qui nous sont imposées reposent sur la peur. Peur de ne pas avoir de boulot et de ne pas arriver à boucler les fins de mois. Peur de la police, peur de la prison. Parce qu’au fond, la matraque et son acceptation est ce qui garantit les rapports sociaux.

Dans ce monde à l’envers, le terrorisme ce n’est pas contraindre des milliards d’êtres humains à survivre dans des conditions inacceptables, ce n’est pas empoisonner la terre. Ce n’est pas continuer une recherche scientifique et technologique qui soumet toujours plus nos vies, pénètre nos corps et modifie la nature de façon irréversible. Ce n’est pas enfermer et déporter des êtres humains parce qu’ils sont dépourvus du petit bout de papier adéquat. Ce n’est pas nous tuer et mutiler au travail pour que les patrons s’enrichissent à l’infini. Ce n’est pas même bombarder des populations entières. Tout cela, ils l’appellent économie, civilisation, démocratie, progrès, ordre public.

La politique est en réalité l’art de travestir les faits en changeant les mots. Leur « guerre au terrorisme » à l’échelle planétaire n’est qu’une arme de propagande pour légitimer toute agression militaire à l’extérieur et toute répression des rebelles à l’intérieur.

Dans un effet miroir, l’Etat voudrait tous nous obliger à être le reflet de sa sale gueule autoritaire. Des amitiés, des affinités et le partage d’une même idée de liberté deviennent une « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Des liens tissés dans les luttes deviennent une « mouvance anarcho-autonome ». Un fumigène devient une bombe.

Et pourtant, s’organiser n’est pas nécessairement constituer une Organisation, tout comme une grève n’est pas une prise d’otage. L’attaque contre une banque, une prison, un Pôle Emploi, une permanence électorale, un centre de rétention, le sabotage de la circulation des trains ou des machines dans une usine, ne sont pas du « terrorisme ». Un abîme sépare ceux qui s’insurgent pour se libérer, et ceux qui frappent dans le tas pour défendre, consolider ou conquérir le pouvoir, c’est-à-dire les Etats et leurs concurrents, les patrons, leurs mercenaires et leurs laboratoires de mort.

Dans cette guerre sociale qui se déroule au travail comme dans la rue, de jour comme de nuit, l’ennemi est tout individu qui fait obstacle à la marche radieuse du capital.

Que chacun, de la manière qu’il estime la plus adéquate, s’oppose au terrorisme d’Etat et au totalitarisme démocratique. Nous ne subirons pas cette déclaration de guerre en baissant la tête.

Que crève le meilleur des mondes !

[Texte d’une affiche trouvée sur les murs de plusieurs villes en avril 2008]

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Terrorisme d’Etat: un aperçu de la nouvelle loi anti-« terroriste » en cours d’adoption

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a présenté mercredi 9 juillet en Conseil des ministres un projet de loi « renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme« . Le 22 juillet, les députés ont adopté en Commission des lois et à l’unanimité (UMP/PS) le projet en le durcissant avec plusieurs amendements. Il passera selon la procédure d’urgence à l’Assemblée Nationale et au Sénat (18 articles) pour être soumis au vote le 18 septembre prochain.

Lire la suite de l’article

[Seattle, USA] Sabotage d’un distributeur de tickets de transport en solidarité – 18 juillet 2014

Vendredi 18 juillet 2014, nous avons attaqué la station de tramway Rainier Beach de Seattle, en brisant les écrans du distributeur automatique de tickets et engluant les fentes à carte. Le tramway est l’une des plus récentes transformations des stratégies de déplacement urbain et le lieu d’un récent meurtre policier.

Il y a eu six incidents distincts d’harcèlement du FBI envers les anarchistes durant les 6 derniers mois. Les compagnon-nes ont été arrêté-es, interrogé-es et menacé-es. Apparemment les arrêts découlent des enquêtes en cours visant les anarchistes dans le nord-ouest américain, dont le récent Grand Jury a été une stratégie.

Notre intention est de rappeler autant à l’Etat qu’aux anarchistes, que nous sommes attentifs aux modèles de formation de répression. Ils ne seront pas ignorés et que nos compagnon-nes ne sont pas seul-es.

S’ils continuent à rendre difficile à nos ami-es et compagnon-nes de vivre, de se déplacer – nous continuerons à monter des attaques de la sorte qui rendent la pareille.

Traduit de pugetsoundanarchists

[Brésil] Agitation aux abords du stade Maracana et mise-à-jour sur les perquisitions et arrestations de la veille – 13 juillet 2014

Ce samedi 12 juillet au matin à Rio, les flics ont arrêté 19 personnes* soupçonnées d’avoir participé à l’agitation dans les rues avant et pendant la coupe du monde. 60 mandats de perquisitions entre autre pour regroupement armé en vue de commettre un délit ont été émis par l’Etat deux jours auparavant. Les personnes arrêtées ont été transférées immédiatement à la « Cité de la Police » (Cidade da Policia, un gros complexe de commissariats) et seront détenues pendant 5 jours. Dans un premier temps, les personnes arrêtées devaient être transférées à la prison « Bangu 8« . Mais les médias rapportent ce 13 juillet que les détenus seront transférés à la prison de Gericinó dans la zone ouest de Rio de Janeiro.

C’est dans ce contexte qu’a eu lieu la grande manifestation Nao Vai Ter Copa durant la finale qui s’est déroulée ce dimanche 13 juillet 2014. 

Plusieurs rassemblements et manifs se sont tenus dans la journée. L’Etat a bien évidemment sorti les grands moyens pour garantir la bonne tenue de cette cérémonie finale aux alentours du stade Maracana. Près de 30.000 flics de différents modèles (dont la cavalerie et les troupes de choc) ont été utilisés pour contenir la rage des protestataires. La station de métro de la place Saens Pena a été fermée par les flics tout l’après-midi, tout comme le secteur de la rue Conde de Bonfim: l’objectif de la police était bel et bien d’isoler les manifestant-es de la population, tout en les séquestrant à ciel ouvert.

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Plus de 300 personnes se sont donc rassemblées place Saens Peña à Tijuca en milieu d’après-midi avec comme but de se rendre au stade Maracana de Rio où se jouait la finale. De nombreux slogans ciblaient la police et la répression de la veille – demandant  la libération et l’arrêt des poursuites pour les 37 personnes interpellées au petit matin (16 sont ressorties libres du comico après avoir été entendues*). Les flics de la PM ont rapidement encerclé les manifestant-es, mais un groupe d’environ 150 masqué-es a tenté de percer les barrages policiers en direction du stade et des infrastructures de la FIFA mais a été repoussé par la PM à coups matraques et de grenades lacrymogène. Les plus gros affrontements avec les flics ont eu lieu sur cette place et fait de nombreux blessés du côté des manifestant-es et des journalistes présents (dont au moins 1 s’est fait casser un bras).

Selon le groupe d’avocats Habeas Corpus, 8 personnes ont été arrêtées et emmenées au 21e DP (à Bonsucesso) et au moins une autre à la 19 Cité à Tijuca.

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Samedi 12 juillet à Sao Paulo, plus de 200 personnes se sont réunies pour exiger la libération des deux manifestants interpellés suite à l’émeute du 19 juin dernier. Ils risquent une peine allant de 5 ans et 5 mois à 14 ans et 6 mois d’emprisonnement pour incitation au crime, association de malfaiteurs armés, résistance/désobéissance et possession d’engin explosif. L’ancien joueur international reconverti en homme d’affaires Ronaldo a été tourné au ridicule en se faisant représenter par une poupée pour ses déclarations de bourgeois sur les révoltés (en déclarant vouloir poser ses fesses sur la tête des vandales qui participent aux manifestations; il doit sûrement avoir des affaires dans l’automobile^^).

Infos piochées dans la presse mainstream

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Le blog de la Croix Noire Anarchiste de Porto Alegre vient de changer de serveur, l’adresse actuelle est désormais :

cnapoa.wordpress.com

l’adresse mail reste la même : cnapoa[At]riseup[pt]net

*Les noms des 19 personnes détenues:

  • Elisa Pinto Sanzio Peintures « Sininho »
  • Gerusa Diniz Lopes » O Lê »
  • Tiago Teixeira Neves da Rocha
  • Eduarda Oliveira Castro de Souza
  • Gabriel da Silva Marinho
  • Kartayne Moraes da Silvia Pinheiro » Moa »
  • Eloisa Samy Santiago
  • Camila Rodrigues Aparecida Jourdan + APF
  • Igor Pereira Icarahy + APF
  • Emerson Raphael Oliveira da Fonseca
  • Rafael Barros Caruso
  • Proença de Carvalho Felipe Moraes » Rataô »
  • Felipe Carvalho Frieb
  • Pedro Pedro Maia Brandão « punk »
  • Bruno Souza Vieira Machado
  • Rebecca Martins de Souza
  • Joseane Maria Araujo de Freitas
  • Eronaldo Araujo da Fonseca – Armes et munitions
  • Sarah Borges Galvão de Souza – « Drogua

9 personnes qui n’ont pas été placées en détention mais qui font face à des poursuites:

  • Luiz Carlos junior Rendeiro » Game Over »
  • Dreyer Luiza Rodrigues de Souza
  • Ricardo Calderon Egoavil Karyu » »
  • Igor Mendes da Silva
  • Drean Moraes Moura Correa » DR »
  • Shirlene Feitoza da Fonseca
  • Leonardo Pereira Fortini Baroni
  • Pedro Mascarenhas Guilherme Freire
  • André de Castro Sanchez Basseres

Parmi les personnes arrêtées au petit matin, il y a l’activiste de Porto Alegre Elisa Sanzio, qui est poursuivie pour crime informatique(soit activités/agitation anarchistes sur internet). De nombreux mineur-es se trouvent parmi les personnes séquestrées. On peut voir une vidéo de l’opération policière ici

Les infos en portugais

[Nantes/NDdL] Appels en solidarité avec les inculpé-es de la manif du 22 février anti-aéroport (Rassemblement vendredi 27 juin devant le palais de justice)

Répression du mouvement de lutte
contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes

Quelques éléments sur les procédures judiciaires en cours

la-zad-est-partoutDepuis le 22 février 2014, au moins 22 personnes ont été arrêtées, accusées d’avoir participé à la manifestation anti-aéroport, pro-zad, organisée à Nantes ce jour-là. Certaines l’ont été le jour même, d’autres un mois après, et les suivantes au compte-goutte, chez elles, dans la rue, sur leurs lieux de travail. Plusieurs ont été incarcérées, notamment en détention provisoire.

Tous ces inculpés ont été déférés devant le juge en Comparution Immédiate, procédure d’urgence, la plus répressive. Comme s’il fallait évacuer par le biais de l’urgence et d’arrestations individuelles la publicité sur ces enquêtes inabouties. Comme si on cherchait à éviter de se trouver en prise avec un mouvement massif, qui a réuni jusqu’à 50 000 personnes dans les rues de Nantes. Sans parler des dizaines de collectifs qui s’organisent dans et autour de la zad depuis plusieurs années.

Les dossiers utilisés pour ces jugements font apparaître clairement l’intervention des services de renseignement dans l’identification et le profilage des personnes arrêtées. En fait ils reposent essentiellement sur des photographies obscures, floues, de personnes masquées. Ici, contrairement aux enquêtes ordinaires, il semble que les photographies viennent appuyer a posteriori le profilage réalisé par la DGSI (ex-DCRI).

Lors d’un récent procès, la position du parquet fut la suivante : dans les dossiers portant sur la manifestation, il n’y aura pas d’autres preuves que ces photographies litigieuses, pas d’autres éléments d’enquête que ceux, implicites, du renseignement. La juge a donc été sommée de faire un choix partisan : se soumettre au dictat du ministère de l’intérieur pour tous les dossiers, sans jamais prendre en compte les arguments de la défense. Elle est ainsi placée devant un chantage évacuant sa capacité d’appréciation objective.

D’autre part, les dossiers d’enquête mettent en lumière les pratiques de fichage systématique dont font objet les opposants au projet d’aéroport notamment par la cellule nantaise de la DGSI. Ils démontrent l’étroite collaboration entre la police politique et la police judiciaire, ce qui permet aux pouvoirs publics de voiler au regard de la défense et des citoyens les éléments de l’enquête nécessaires à l’élaboration de la défense de tout justiciable, présumé innocent. Ces pratiques de fichage systématique entrainent ainsi une criminalisation de fait de tous les militants anti-aéroport, susceptibles d’être arrêtés et incarcérés sans autres éléments, que ceux de la DGSI, contre lesquels ils seront sans défense. Elles viennent nourrir les questionnements plus larges ouverts aujourd’hui, sur la généralisation de la surveillance et les difficultés d’accès au dossier d’inculpation.

Il va de soi que ce mouvement est accompagné d’une croissance exponentielle du fichage des militants et sympathisants. Ce phénomène s’illustre notamment par leur capture vidéo ou photo en toute occasion, comme par exemple lors de l’expulsion de la “maison de la zad” le 20 juin dernier.

Et pour la première fois, il s’agit d’un fichage à usage directement répressif : il n’est plus seulement une menace distante dans le temps. Il pourrait s’agir d’une accélération de la transformation des services de renseignement, d’une instance de dialogue social en une instance répressive, telle qu’on a pu l’observer depuis la création de la DCRI.

Pour autant nous n’ignorons pas que le type d’opération menée ces derniers mois contre le mouvement de la zad cherche à provoquer parmi toutes ses composantes la crainte et la dissociation en discriminant coupables et innocents, militants légitimes et illégitimes. Ceci quand bien même les porte-paroles de tous les collectifs, formels et informels, ont réaffirmé au lendemain de la manifestation la solidarité qui a fait jusqu’à présent le succès et le caractère unique de cette lutte.

Nous appelons toute personne ou collectif, à se renseigner, enquêter, diffuser les informations afin que ces méthodes puissent être contrôlées et contestées, car nous sommes tous concernés.

À vous de jouer.

[email protected]

[email protected]________________________

ZAD – La solidarité : une « association de malfaiteurs »
Compte-rendu depuis la journée de procès du 19 juin

Suite à la manifestation du 22 février à Nantes contre les menaces d’expulsion de la zad et de démarrage des travaux de l’aéroport, nous faisons face à une campagne continue d’arrestations. Fait nouveau dans ce pays, ces arrestations se font en majorité a posteriori, sur des bases d’images vidéos, d’appels à délations et de croisements avec des fichiers politiques.

La manifestation du 22 février avait regroupé plus de 50 000 personnes et 500 tracteurs. Son parcours avait été prohibé, au dernier moment, par le Préfet. Mais des milliers de personnes ont décidé de braver la zone rouge et se sont, de fait, mises ainsi dans l’illégalité. Le jour même la répression policière, à coup de gaz, grenades et flashballs, a été particulièrement féroce. 3 personnes y ont perdu l’usage d’un œil. Dans les semaines qui ont suivi la manifestation, une campagne politico-médiatique de diabolisation s’était mise en œuvre, sans succès, pour diviser et fragiliser le mouvement. Au final le gouvernement n’a eu d’autre choix que de mettre le projet d’aéroport en stand-by pour une durée indéterminée et peut-être à jamais.

Mais 4 mois après, l’État continue à se venger de cet affront, sur le plan judiciaire : en isolant des personnes et groupes qu’il incarcère pour distiller la peur au plus grand nombre. Une vingtaine de personnes arrêtées dans les semaines et mois qui ont suivi la manif’ sont déjà passées en jugement. Une d’entre elles a été condamnée à un an de prison ferme pour avoir fabriqué et utilisé des fumigènes. Le 17 mai, une manifestation de soutien aux inculpé-e-s et blessé-e-s regroupait plus de 1500 manifestants à Nantes.

Depuis, la machine continue de s’accélérer. Le 19 juin, quatre personnes ont été condamnées pour participation à un attroupement armé, jet de canette ou encore simple possession d’un marteau pendant la manifestation. Trois personnes vont comparaître dans les semaines à venir pour des faits liés au 22 février.

Dans chacun de ces procès, les dossiers ne comportent que de simples photographies floues qui montrent des personnes masquées que l’on a bien du mal à reconnaître. Et les inculpé-e-s se voient condamner sur la base de leurs aveux, obtenus sous la pression de la garde-à-vue. L’un des accusé-e-s, contestant les faits qui lui sont reprochés, vient d’être condamné à 9 mois de sursis et 4500 euros d’amende sur la base de simples photos litigieuses. La juge a appliqué à la lettre les réquisitions de la procureur, qui avait reconnu à demi-mot que le dossier était vide, mais avait placé la décision sur un plan politique : en l’absence de preuves plus probantes, la juge devait prendre parti malgré tout entre le ministère public et la défense. Ajoutant que concernant le 22 février, il n’y aurait jamais de preuves plus solides et qu’il faut donc les accepter comme telles si l’on veut pouvoir trouver des coupables.

Une telle affirmation confirme que le rôle de tous ces procès n’est pas de punir des faits commis, que le parquet aurait besoin de démontrer, mais bien d’exercer sur la zad une pression assumée comme telle. Après le succès du 22 février, l’impossibilité d’expulser la ferme nouvellement occupée à Saint-Jean du tertre et d’empêcher l’acheminement et la construction d’un nouveau hangar au rosier, l’État se venge comme il peut face à un mouvement qui ne cesse de monter en puissance. Pour paralyser la contestation, il vise tout d’abord à faire accepter la mis en place de nouveaux dispositifs répressifs. Ceux-ci nous concernent tous et toutes car ils menacent les possibilités de lutte en général, en allant même jusqu’à s’attaquer aux manifestations de soutiens et d’amitié aux inculpés. En effet, quatre personnes se voient accusées, sous prétexte de la présence dans leur voiture d’affiches d’appel au rassemblement du 19 et du 27 juin ainsi que d’une boîte à outils, d’« association de malfaiteur », en l’occurrence « entente établie en vue de commettre un rassemblement armé devant le tribunal de Nantes ».

Nous ne nous laisserons pas gagner par la peur. Le 19 juin, deux cents personnes se sont rassemblées malgré tout devant le tribunal de Nantes. Le soir même, une maison de la zad s’est ouverte dans Nantes.

Plus que jamais, une solidarité massive doit se construire à l’échelle du mouvement contre l’aéroport et bien au-delà. Le prochain moment pour l’exprimer sera le 27 juin, de nouveau devant le tribunal de Nantes et partout ailleurs où des rassemblements et actions pourront s’organiser.

Des manifestant-e-s du 22 février, des occupant-e-s de la zad, des collectifs et personnes en lutte.

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2-466e4Reçu par mail, 24 janvier 2014

[Nantes] Récapitulatif de la répression suite aux émeutes du 22 février contre l’aéroport

Recap22fevr Recap22fevr2Rpris d’indymedia Nantes, 22 juin 2014

[Nantes] Quatre nouvelles condamnations suite à la manif du 22 février contre l’aéroport – 19 juin 2014

Ces six nouvelles arrestations ce mercredi 18 juin sont en lien avec la manif émeutière du 22 février contre l’aéroport à Nantes. Les personnes interpellées, dont deux sont originaires de Rennes, ont été transférées au commissariat Waldeck-Rousseau de Nantes. Un deuxième rassemblement en solidarité avec les inculpé-es a été organisé devant le commisssariat W-R de Nantes ce jeudi 19 juin à partir de 14h00. 

Les comparutions immédiates ont été rapportées dans la presse locale:

Au final, quatre personnes (trois hommes et une femme de 21 à 33 ans) ont été condamnées de 1 à 9 mois de prison avec sursis et 4 455 euros de dommages et intérêts à payer à la Ville de Nantes en réparation de dégradations faites sur la façade de l’hôtel de ville. Un des émeutiers rennais a écopé de 9 mois avec sursis (un mois de sursis en plus pour refus de prélèvement ADN). Tou-te-s comparaissaient aussi pour violence contre les policiers et participation à un attroupement armé

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Indymedia nantes, 18/06/2014 à 23h53:

Beaucoup d’informations ont circulé toute la journée mentionnant 6 arrestations.

Ce qui est sûr c’est qu’une nouvelle personne a été arrêtée ce matin à son domicile à Rennes, puis enmenée à Nantes pour être interrogée. Visiblement ce serait dans le cadre du 22 février.

Concernant les 5 autres personnes en garde-à-vue, rien ne laisse penser que c’est en lien avec la manifestation du 22.

La répression continue et n’est pas prête de s’arrêter!

Demain grande journée de soutien aux inculpé-e-s.
Rdv devant le tribunal (TGI) de Nantes à 14h.
Deux personnes passent en procès pour la manif, puis il est possible que certaines de ces 6 personnes passent en comparution immédiate.

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Depuis cette journée d’émeutes du 22, plusieurs arrestations ont eu lieu à Nantes (dont de la prison ferme), Paris et Rennes.

[Genève] Le consulat italien attaqué à la peinture en solidarité – 5 juin 2014

Le Consulat Italien de Genève attaqué à la peinture

Après ceux de Lyon, Grenoble et Chambéry, voici le tour du Consulat Italien de Genève de se faire asperger de peinture en solidarité avec les NO TAV (le mouvement de protestation contre le projet de train à grande vitesse Lyon-Turin) emprisonéEs en Italie.

L’action effectué la nuit du 6 juin n’a toujours pas été revendiquée.

NO TAV! CLAUDIO, NICO, CHIARA, MATTIA LIBERE!

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Reformulé depuis leur presse (05/06/2014) par le RAGE

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Les «NO TAV» s’attaquent au consulat italien de Genève

Des tags de protestation contre le projet de train à grande vitesse Lyon-Turin tapissent le bâtiment du quartier des Tranchées.

La nuit a été mouvementée pour le consulat général d’Italie, à la rue Charles-Galland, dans le quartier des Tranchées. Au réveil, des inscriptions figuraient sur sa façade : d’un côté, des inscriptions NO TAV – le mouvement de protestation contre le projet de train à grande vitesse Lyon-Turin – demandant la libération de militants. De l’autre, les murs et les fenêtres ont été abondamment aspergés à la peinture noire.

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Leur presse – TDG (Luca Di Stefano), 05/06/2014 à 10h31

[Rennes] Manif festive et déterminée en solidarité avec Chiara, Claudio, Niccolo et Mattia – 24 mai 2014

Le samedi 25 mai à Rennes, la manifestation en solidarité avec les 4 compagnon-es No TAV emprisonné-es, dont le procès s’est ouvert le 22 mai à Turin, a été festive et déterminée avec plus de 120 personnes solidaires. Des tags ont fleuri tout le long de la manif. Arrivé dans le centre-ville où la consommation battait son plein, des distributeurs de billets ont été mis hors-service, la boutique SNCF a été recouverte de peinture sous le regard de commerçants et de con-sommateurs médusés. Aucune interpellation n’ a eu lieu.

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Repris de la presse locale, 25/05/2014