Archives du mot-clé « les urbanistes au feu les huissiers au milieu »

[Allemagne] Brèves du désordre depuis les rues de Berlin

[La plupart de ces sabotages et attaques n’ont pas été revendiqués et proviennent des médias dominants; ces multiples attaques s’inscrivent dans une lutte contre la gentrification menée dans plusieurs quartiers berlinois et qui a déjà été évoquée sur le blog ici et ]

Dans la soirée du mardi 30 septembre 2014, un groupe d’une vingtaine de personnes cagoulées a fait irruption dans les rues du quartier Mitte à Berlin, en attaquant les nouveaux immeubles d’habitation de luxe d’Engeldamm avec des pavés et de la peinture verte. Des poubelles et barrières de chantier servant de barricades ont été enflammées au milieu de la rue. Durant cette courte émeute, un magasin de meubles – déjà attaqué en juillet 2014 – a aussi perdu ses vitres. Le groupe a pu s’échapper sans entrave dans l’obscurité berlinoise. Les dégâts matériels sont importants (comme le montrent les photos):

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Cette attaque collective contre les biens de la gentrification est loin d’être une première dans ce secteur. Des attaques similaires contre ces nouvéaux logements se sont déroulées à Engeldamm ces derniers temps:

- 6 juillet 2014: attaque du magasin de meubles et des nouvelles constructions à Engeldamm ; incendie de poubelles et caillassage d’une patrouille de police à leur arrivée sur les lieux. Tous les assaillants ont pu s’enfuir dans la foulée.

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- début avril 2014: irruption d’un groupe masqué à l’intersection Engeldamm/Leuschnerdamm/Michaelkirchplatz et attaque à coups de barres et de peinture (pots et sprays utilisés) des bâtiments (nouveaux logements de luxe mais également des locaux d’HLBS (bureaux d’expertises comptables dans le secteur immobilier), barricades en feu à travers les rues.

- décembre 2013:  plus de 20 personnes masquées attaquent à l’aide de pavés et de peinture les façades des constructions, laissant des tags sur les façades.

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Reformulé de la presse allemande

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La nuit du 1er au 2 octobre 2014, les quartiers de Kreuzberg, Friedrichshain, Treptow, Mitte et Neukölln ont été illuminés par des feux de véhicules, d’entreprises pour la plupart, ce que la presse a tenté de dissimuler dans son ensemble (mis à part le morgenpost.de qui mentionne le nom des entreprises).

Pas moins de 7 véhicules utilitaires ont été incendiés malgré la rapide intervention des pompiers, en plus de quatre autres véhicules par propagation des flammes.

ABIX-Brandanschlaege-5-Peu avant minuit, un véhicule de la société de sécurité BOSCH est incendié Alte Jakobstraße à Kreuzberg. Un peu plus tard, c’est un camion d’une entreprise de construction qui est incendié  à 200 mètres de l’Alexandrinenstraße. Ce camion appartient à la société DTB, et ce sabotage a été revendiqué, dont voici l’intégralité:

Dans la nuit de mercredi à jeudi 2/10, un camion de l’entreprise DTB a été incendié.

Pourquoi DTB ?

Après l’expulsion de Cuvry-brache* à Berlin-Kreuzberg, DTB a accepté de soutenir le travail dégueulasse du Sénat et de la mairie. Le jour même après l’expulsion, DTB a commencé à raser près de l’ensemble de la zone. Il aurait également pu refuser cela et ne serait pas devenu un instrument de gentrification.

DTB est entre autre responsable de la construction de travaux publics et de routes, de câbles et de tuyauteries. Ainsi, ils disposent du matériel nécessaire pour aménager en un rien de temps le quartier. D’autant plus que leurs partenaires et amis appartiennent à des entreprises comme Vattenfall et Telekom.

L’expulsion de CuvryBrache* est juste une autre étape vers la restructuration urbaine, ainsi que le déplacement des personnes qui ne correspondent pas à l’image d’un Berlin réévalué, convenable.

Berlin a besoin et veut cette image renouvelée, pour pouvoir se distinguer à l’échelle internationale et gagner des projets comme Olympia**.

Tout cela se fait au détriment des personnes qui vivent (encore) ici et seront bientôt plus en mesure de se le permettre.

D.T.B. GmbH Tief- und Straßenbau

Wackenbergstraße 84 – 88
13156 Berlin

Avec joie, les visites nocturnes seront chez Sitzfeldt, Bosch, Telekom, DB et beaucoup d’autres !

Contre la domination – pour l’anarchie !

Des groupes autonomes

Notes des traducteurs:

*brache signifie friche. Situé à Kreuzberg sur lequel des personnes – sans-abris, familles roms, zonards.. – se sont installées pour y vivre mais aussi pour protester contre la gentrification en cours…. car le propriétaire souhaite y construire des logements neufs/maisons et un centre commercial. Les occupants ont récemment été expulsés.

**Pour obtenir les jeux olympiques et toute la merde qui va avec…

camion de chantier

le camion de chantier en question

A Friedrichshain, un van VW d’une entreprise (non mentionné) est incendié.

A Treptow, les pompiers arrivent trop tard pour éteindre les flammes d’un véhicule de Telekom, qui est entièrement calciné.

A Kreuzberg, deux véhicules de l’ambassade de Turquie sont incendiés Heinrich-Heine-Straße vers 3h00 du matin. Ces sabotages incendiaires sont revendiqués dans un communiqué.

Enfin vers 5h00 du matin à Neukoln, ce sont deux véhicules électrique d’une entreprise automobile « libre-service » sont incendiés.

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Les services de police ciblent leur enquête vers les autonomes d’extrême-gauche et anarchistes.

Parrallèlement à tous ces incendies et destructions, le SPD, par la voix du politicien Tom Schreiber, a immédiatement appelé à des mesures plus sévères envers les « extrémistes de gauches et anarchistes violents ». (Chiche !) Quant au sujet du sabotage contre la S-Bahn à Berlin fin août dernier, ce bouffon social-démocrate avait déclaré que « le milieu autonome veut terroriser et tyranniser le centre-ville ».

[Saint-Denis, 93] Soirée de solidarité avec l’Attiéké samedi 28 juin 2014

Ce samedi 28 juin à partir de 20h, soirée de solidarité avec le centre social auto-organisé l’Attiéké à St-Denis. Pour commencer à récolter des fonds pour les frais judiciaires qui ne vont pas manquer de tomber.

Deux jours plus tard, lundi 30 juin (suite à l’audience du 16 au tribunal d’instance de St-Denis) nous aurons une réponse du greffe décisive pour la suite du lieu et de la lutte. Ni la mairie, ni la préfecture, ni les flics, ni les patrons du BTP, ni les promoteurs immobiliers, ni les dealers de sommeil n’auront la tristesse dans nos yeux. Ce seront donc tours de magie, slam vénère, Attiéké all star’s band (chââbi t’as vu), scène ouverte. Bouffe à prix libre, etc.

Au 31 bld Marcel Sembat à St-Denis bien sûr, métro Porte de Paris ou gare de St-Denis (train H et RER).

ATTIEKE, NOUS PAS BOUGER

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ProgAtt2Reçu par mail, 26/06/2014

[Lyon] Expulsion du squat le Kajibi – 9 avril 2014

Le Chat Noir Emeutier reçoit et transmet, 15 avril 2014: 

Le squat le Kajibi c’est terminé. Mercredi 9 avril, deux semaines après une première descente de flics, on s’est fait expulser de notre chez nous par une armée de plus d’une soixantaine de schtars qui n’ont pas fait dans le détail. 

C’était d’autant plus sale et sournois de leur part que rien ne nous avait préparées/s à ça. Il y a bien eu un jugement mais rien ne pouvait nous laisser le deviner. Absolument aucun papier dans notre boite aux lettres, le greffe nous a assuré qu’il n’y avait pas de procédure judiciaire contre nous et aucun huissier n’est passé nous prévenir. Résultat : un réveil en fanfare, une expulsion surprise et seulement peu de temps pour déménager 5 mois de vie commune.
Tant pis pour les ateliers, les infokioskes, les projections et la dizaine de concerts en soutien qui étaient prévus en avril/mai. L’Etat, gouvernement de gauche ou pas, brise les luttes et les solidarités. Comme d’habitude.

Les squats gênent le pouvoir et celui-ci a créé sur lyon une nouvelle race d’huissier qui se la joue bakeux et juge en même temps. En décembre dernier l’un d’eux s’était pris de l’eau sur la gueule alors qu’il essayait comme un manche de forer notre serrure, le même avait lâché à des amies/s squatteuses/eurs que « les anarcho-autonomes (!) du 7ème y font chier avec leurs conneries, je vais leur mettre cher et je vais fermer tous les squat de lyon ». Rien que ça. Toujours le même est venu avec son larbin d’associé nous expulser le sourire aux lèvres mercredi dernier.

Il n’a pas voulu nous donner son nom. Dommage pour lui on l’a eu quand même. Si vous voulez faire un petit coucou à Fabrice Develay et son associé Jean-Jacques Charley, vous pouvez facilement choper leur adresse sur internet. Vous pouvez aussi les appeler au 06 26 19 94 21 ou au 04 78 62 86 86, ou leur envoyer un mail à [email protected]
Vous pourrez par exemple le chambrer sur sa moto de faux bad boy du dimanche et son ridicule autocollant « thug life » (« vie de voyou » sic!) qu’il sait mettre en pratique puisque ce représentant de la loi a récemment fait de la gardav pour abus de confiance aggravé.

Cette chiure de poule de raclure de bidet d’huissier a choisi le camp des bourges et des puissants, nous pas. Il y a une guerre. L’Etat est là pour le rappeler à toutes/s celles et ceux qui ont choisi de ne pas se tenir tranquille.
Leurs descentes, expulsions, coups et menaces ne nous décourageront pas de continuer à lutter contre la propriété privée et le monde à gerber qui va avec, et ne nous empêcheront pas non plus de créer nos alternatives à cette société capitaliste de
merde.

Contre l’Etat, ses flics et ses huissiers, on garde la patate!

[Berlin] Les responsables de la gentrification ont un nom, un numéro de téléphone et une adresse

A Berlin, la lutte contre la gentrification menée dans plusieurs quartiers rendent la vie des promoteurs et agents immobiliers de moins en moins tranquille…

Il y a quelques jours, des affiches visant de nombreuses crapules responsables de projets d’habitation de luxe ont été collées dans plusieurs quartiers populaires de Berlin en proie à la spéculation d’investisseurs et de promoteurs – comme celle-ci dans le quartier de Friedrichshain:

l'affiche dit: "cet homme* veut détruire votre espace de vie"  *Il s'agit de l'agent immobilier Klaus-Peter Hoer

l’affiche dit: « Avertissement – cet homme* veut détruire votre espace de vie »
*Il s’agit de l’agent immobilier Klaus-Peter Hoer

Ces affiches donnent toutes les infos pour s’adresser ou rendre visite à ces spéculateurs avec numéros de téléphone, adresses, etc… 

Cette crapule nommée Hoer est responsable des ventes d’appartements de luxe pour un nouveau projet de développement dans le quartier de Friedrichshain: il s’agit de 47 appartements/lofts de luxe construits sur un terrain vague, qui seront vendus entre 3500 et 4100 euros le mètre carré. Ce qui suffit pour de nombreux habitants de ce quartier à déclarer la guerre à ce projet de gentrification.

Les vagues d’attaques contre ces projets urbanistes de la ville se sont multipliés depuis plusieurs années dans les quartiers populaires de Kreuzberg et Friedrichshain. Il y a un peu plus d’un an apparaissait la Berlinerliste, répertoriant ces projets pour riches et les attaques qui en ont découlées. En 2009, une résidence de luxe construite récemment s’est fait incendier (que partiellement à cause de l’intervention des riverains). Depuis, les agents de la gentrification et nouveaux bobos habitant ces quartiers montent la garde devant les bâtiments une bonne partie de la nuit.

Les murs d’une usine désaffectée en cours de rénovation ont été tagués d’un « Porcs de yuppies – coups de feu dans les jambes« 

A Kreuzberg, le projet d’habitation de luxe Carloft a été attaqué à plusieurs reprises à coups de pierres et de peinture. Bien évidemment, les attaques ne se limitent pas aux constructions d’appartement luxueux, mais visent également les bars, les restaurants et commerces qui participent activement à la gentrification.

Mais la lutte contre la gentrification prend une autre forme en visant individuellement les responsables, ce qui fout la trousse aux urbanistes et autres agents immobiliers qui reçoivent entre autre des lettres de menace de mort. Et ainsi de permettre aux habitants de s’adresser directement à ceux qui détruisent l’âme de leur quartier.

Autre exemple, l’entrepreneur Maik Uwe Hinkel, constructeur d’un projet de logements de luxe à l’East Side Gallery et qui est vivement contesté, a reçu personnellement des menaces de mort à son domicile. Il bénéficie aujourd’hui de protection policière.

Mobilisation sur l'espace East Side Gallery à Berlin

Mobilisation sur l’espace East Side Gallery à Berlin – la pancarte dit « personne n’a l’intention de construire des appartements de luxe

Reformulé à partir d’un article en allemand de leur presse – die Welt, 08/03/2014

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Un article publié sur slate.fr à propos de la Berlinerliste et des attaques menées, 22/07/2013 à 16h12:

La liste de Berlin: les adresses de luxe à attaquer pour lutter contre la gentrification

Depuis quelques mois, des activistes d’extrême gauche qui se revendiquent de la mouvance autonome ont décidé d’en venir aux mains pour lutter contre la hausse des loyers à Berlin, rapporte le quotidien Berliner Zeitung. Dix-sept délits ont été recensés par la police depuis le début de l’année, qui a mis en place une équipe de six enquêteurs pour retrouver la piste des coupables.

BL

La dernière cible à laquelle s’en sont pris les activistes est une résidence de luxe située au cœur du quartier de Mitte, les Choriner Höfe. Dans la nuit de lundi à mardi dernier, un groupe de personnes a brisé des vitres et lancé des bombes de peintures sur les façades, et ont défoncé le pare-brise d’une Porsche garée à proximité de l’immeuble, rapporte le Berliner Morgenpost.

Quelques heures plus tard, les auteurs des dégradations postaient un message de revendication sur la page Indymedia d’un collectif d’extrême gauche:

«Nous en avons marre de vos ghettos de luxe, de vos voitures de luxe, de vos magasins de luxe! C’est pourquoi les Choriner Höfe, un café et une Porsche ont été attaqués la nuit dernière. En outre, des chausse-trapes ont été mis en place contre les flics. Dans un quartier qui est connu pour être complètement gentrifié, cette résidence de luxe est comme la cerise sur le gâteau de la restructuration de la ville.»

Le message a rapidement été recopié sur le blog Berliner Liste (la liste de Berlin), qui recense une centaine d’adresses de lieux à attaquer: sièges de société immobilières, bureaux de société de gérance d’immeubles, de promoteurs, de courtiers, mais aussi commissariats, tribunaux, services sociaux, centres de recherche d’emplois… Sur Indymedia, les auteurs du blog mettent en garde tous ceux qui figurent sur la liste:

«Celui qui s’illustre comme faisant partie de la restructuration antisociale de la ville atterrit sur la liste. Tous ceux qui sont sur cette liste doivent s’attendre à recevoir de la visite

La liste publiée sur le blog est également complétée par les internautes. L’un d’eux donne par exemple le nom et l’adresse professionnelle d’un courtier «spécialisé dans les investissements lucratifs dans les bien immobiliers d’habitation» qui «tyrannise les locataires de ses immeubles».

La police a essayé en vain de fermer le blog, comme l’explique le Berliner Zeitung, celui-ci étant hébergé sur un serveur à l’étranger. Les auteurs du blog recommandent d’ailleurs aux utilisateurs d’utiliser Tor avant de laisser un commentaire, afin que l’anonymat soit garanti.

Dans un éditorial paru ce 22 juillet, le journaliste du Tagesspiegel Gerd Nowakowski s’insurge contre cette réponse violente à la gentrification et à la bienveillance qu’elle suscite chez les Berlinois:

«Un tel appel à la haine prend de l’importance à cause du fait qu’aucun sujet n’agite autant les Berlinois que les loyers en hausse et la crainte de ne plus pouvoir payer l’appartement acquis dans un quartier familier.»

Et y oppose l’argument fréquemment avancé par ceux qui voient dans la gentrification de Berlin une bonne nouvelle pour la capitale «pauvre et sexy»:

«Berlin peut être contente si des personnes à hauts revenus qui créent des emplois ou participent via leurs impôts à faire en sorte que Berlin ne reste pas la capitale du chômage s’installent ici

[Etats-Unis] Attaque contre la gentrification à Oakland – 27 novembre 2013

Dans les premières heures du 27 novembre 2013, « Smash Kono » a été tagué sur les fenêtres du bureau ‘Kono’  au 27 de la Telegraph Avenue. Puis les autres fenêtres ont été brisées et la porte a été cassée.

Ce bureau porte en partie la responsabilité de l’embourgeoisement continu de l’ouest d’Oakland le long de la Telegraph Avenue. Ils facilitent ouvertement « le développement » dans un secteur historique de la classe ouvrière, causant des symptômes abominables comme des hausses de loyer, des appartements de copropriété élevés, des cafés et tous les yuppies* inutiles qui se ramènent. Le bureau ‘Kono’ aide à créer un environnement commercial homogène  de ‘Jack London‘ à ‘Emeryville‘. Cet effort est dynamique. Cela a rapidement changé le visage d’Oakland-ouest.

Malgré tout cela, il y a eu un manque révoltant d’action violente contre les forces de la gentrification. Il est à espérer que cette action va inspirer d’autres personnes à agir ainsi. Les cibles sont évidentes et nombreuses. Il suffit d’un petit nombre de groupes autonomes de personnes dévouées pour créer un modèle répété de destruction de la propriété et de peur pour les promoteurs que les frais de réparation ne seront pas souhaitables pour des profits. Ils partiront parce que la seule langue qu’ils parlent c’est celle de la thune.

Que les attaques se poursuivent jusqu’à ce que les gentrifieurs laissent tomber ‘Kono’ et les « développements » analogues. Qu’il y ait une fréquence rapide d’attaque soutenue dans les prochaines semaines. Laissons le flux de la colère jusqu’à ce que nos ennemis se noient dans le barrage de destruction. Le moment est venu, et ça commence avec vous.

Traduit de l’anglais d’anarchist news, 2 décembre 2013 à 16h33

NdT:

*: ils correspondent par équivalence aux bobos qui investissent et colonisent de plus en plus nos quartiers populaires par les projets quotidiens d’urbanistes de promoteurs. Ce terme, utilisé outre-atlantique, désigne au sens propre le jeune cadre dynamique.

[Publication] ‘Barouf’ n°2 – Septembre 2013

On pisse sur les GPIS

Le GPIS (Groupement Parisien Inter-bailleurs de Surveillance) c’est cette milice de vigiles qui rôde d’immeuble en immeuble de 19h30 à 4h30, du 11ème au 20ème arrondissement (en oubliant le 16ème). Ils sont 200 en tout payés par la mairie et un groupement de bailleurs sociaux (Paris Habitat, SIEMP, RIVP, ICF, Emmaus et compagnie) qui mutualisent leurs « moyens de surveillance » pour 70000 logements HLM.

Surveiller, rôder, mettre la pression, pour faire appliquer la loi qui interdit notamment les rassemblements dans les halls d’immeubles, pour s’assurer que l’ordre imposé par l’État, les propriétaires publics, la mairie soit bien respecté.

C’est donc plus d’uniformes bleu-flicaille en bas de chez nous et qui depuis juillet de cette année ont l’autorisation d’utiliser des armes de 6ème catégorie (tonfa et gazeuse), une première chez les vigiles.

Avec ou sans armes ils représentent bien la domination, sous couvert de la justice. Ils travaillent main dans la main avec les flics, les appellent en renfort et leurs plaintes sont facilitées, pas de problèmes pour eux, mensonges et bidonnages sont pratiques courantes.

Du coup qu’ils frappent ou se fassent attaquer ils sont à l’origine de centaines de procédures pour atteinte aux personnes et aux biens depuis 2004. Les 100 gpis par nuit qui tournent autour des HLM s’ajoutent aux flics qui le jour expulsent les habitant-e-s qui ne veulent plus ou ne peuvent plus payer leurs loyers.

Heureusement leurs rondes ne sont pas toujours tranquilles entre les pétards, mortiers, barres de fer et machines à laver avec lesquels ils se font -entre autres- attaquer.

Les 30 voitures quotidiennes qui patrouillent s’ajoutent aux caméras aux coins des rues pour surveiller, contrôler, dissuader toutes et tous et réprimer celles et ceux qui se débrouillent, survivent et vivent sans le biais des institutions et autres garde-fous de la société.
Pour toutes ces raisons et d’autres encore, on aimerait rendre leur sale tâche difficile, voir impossible !

In ‘Barouf‘ n°2, septembre 2013

Télécharger le journal 'Barouf' n°2 au format PDF

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[Londres] Récit à propos de la vague d’expulsions de squats sur ‘Rushcroft Road’ dans la matinée du 15 juillet à Brixton

Récit d’un.e militant.e au lendemain de la vague d’expulsions des 6 maisons squattées sur ‘Rushcroft Road’ à Brixton, Londres:

Comme vous avez probablement entendu parler – l’expulsion violente de plusieurs maisons vue hier sur Rushcroft Road à Brixton a rencontré une forte résistance. Je voulais écrire quelques notes de choses qui peut-être n’ont pas encore été rapportées, en particulier dans les récits des médias dominants. (C’est assez difficile, hier c’était très émouvant à bien des égards. C’est le quartier dans lequel j’ai grandi et vit aujourd’hui, observant son appauvrissement comme nous perdons encore plus terriblement de logements publics nécessaires, de voir les gens perdent leurs maisons et d’observer la violence policière et d’huissiers sur mes amis).

Un peu d’histoire

Six beaux bâtiments sur Rushcroft Road ont été délaissés dans un état de délabrement par le Conseil Lambeth (autorités locales, NdT) dans les années 80. Des personnes ont emménagé dans ces bâtiments, les ont réparés et transformés en logements. Certains résidents ont reçu des permis pour rester dans leurs appartements, tandis que d’autres appartements ont été squattés (le changement de la loi qui interdit ‘le squat d’habitation’ n’était pas approprié ici, comme des squatters de ces appartements qui ont obtenu une autorisation du Conseil). Avec la flambée des prix de l’immobilier dans un processus d »embourgeoisement de Brixton, le conseil de Lambeth s’est soudainement intéressé aux bâtiments de Rushcroft Road et a décidé qu’ils voulaient les récupérer afin qu’ils puissent les vendre à des promoteurs immobiliers privés. Que ce soient les maisons des gens et de logement public important, dans une ville avec des problèmes de surpopulation massive, avec une liste d’attente de logement sans cesse croissante, la réinstallation forcée des résidents vers les villes au nord de Londres n’a pas perturbé le conseil Lambeth qui est allé de l’avant et a envoyé les huissiers de « l’équipe nationale d’expulsion« , connue pour être particulièrement nombreuse et violente (et qui avait apporté sa propre équipe FIT avec deux huissiers possédant de petites caméras portables et filmant les personnes en permanence).

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Les résidentEs de Brixton se sont rassembléEs sur Rushcroft Road vers 6h30 afin d’essayer d’arrêter les expulsions. Le nombre n’était pas immense, mais malgré le nombre d’une centaine, dès le début, les gens étaient vraiment déterminés. Des barricades ont été incendiées en haut de la rue, de la peinture a été balancée sur les huissiers de justice et les flics (avec quelques soutiens les recouvrant de peinture jaune aussi), les gens se sont assis sur la route bloquant la progression des flics et des huissiers («Il y a la police et huissiers de justice, c’est comme au bon vieux temps! a dit une femme au téléphone postée à un barrage routier), les gens ont bloqué les portes d’entrée lorsque les huissiers les ont chargés, des barricades ont été installées à l’intérieur des bâtiments (un gros ‘boom’ retentissait à travers les rues lorsque les huissiers défonçaient les portes des appartements de l’intérieur du bâtiment). Avec du recul le soir-même des événements, les gens ont remarqué une forte résistance d’un petit groupe de personnes. On sentait comme un putain exploit d’avoir gardé les appartements si longtemps, d’avoir rendu leur travail si difficile, de défendre les maisons du mieux que nous le pouvions. Imaginez ce que nous aurions pu faire avec encore plus de personnes.

La violence des huissiers et de la police a été incroyablement forte, inquiétante et traumatisante. Comme nous avons défendu la porte de la dernière maison, j’ai vu un ami être traîné par les huissiers sur du verre brisé, des personnes se faire étrangler, une personne à terre se faire battre, des huissiers chargeant les personnes avec des pieds de biche, la police poussant les gens qui étaient en train d’essayer d’aider les autres qui se prenaient la violence des huissiers en pleine face. Des rangées de personnes se tenaient devant la porte pour empêcher les huissiers de rentrer. Des huissiers de justice ont chargé les portes pour les abattre. Seulement, cette fois ils ont chargé les gens bloquant la porte avec des pieds de biche en main. […] Plusieurs militants très expérimentés m’ont dit qu’ils n’avaient pas vu de choses pareilles depuis un certain temps.

Cela a été catastrophique de voir nous faire dégager de chaque maison, le piétinement des huissiers dedans et dehors, les gens se retrouvent sans abri, encore plus de perte de logements sociaux, et la poursuite du nettoyage de classe dans le quartier. […]

Deux officiers du conseil Lambeth ont tourné pour regarder les gens être à la rue. Je ne sais pas pourquoi ils pensaient que ça se passerait sans problème. Les gens ont réalisé que ces hommes en costumes étaient du conseil et les ont assaillis, en leur hurlant dessus pour avoir foutu des gens dehors et les suivant dans la rue alors qu’ils tentaient de s’échapper. Ils ont été pourchassés correctement jusqu’au bout de la rue et se sentaient tellement en insécurité qu’ils sont retournés de là où ils sont venus, pour se mettre sous la protection de la police. Ce fut une merveilleuse scène et j’espère que ça se produira plus souvent.

Les flics protégeant les deux expulseurs, Brixton le 15 juillet

Les flics protégeant les deux expulseurs, Brixton le 15 juillet

Marchant plus tard le long de Coldharbour Lane, nous avons rencontré quelques personnes locales devant un magasin qui avait observé les expulsions. Ils nous ont dit qu’ils étaient impressionnés et solidaires de la lutte que nous avions mis en place contre la police et les huissiers de justice. « Est-ce la fin? » A demandé à un homme. L’autre homme a répondu avec assurance: «Ce n’est pas la fin. Ils sont squatters, ils trouveront un autre chemin pour revenir par quelques fenêtres … J’aime les anarchistes, ils aiment partager des choses. « Nous leur avons parlé de ‘Action-Logement Southwark et Lambeth‘* et l’importance de résister et de combattre chaque expulsion et ils étaient favorables.

Toutes les expulsions sont de la merde. La loi c’est de la merde. Mais il semble que le dernier bâtiment qui a été expulsé a été fait de manière illégale. Un homme debout à la porte d’entrée a demandé à la police des paperasses que les résidents n’avaient pas reçu. Deux policières ont marmonné « nous aurons les documents » de manière très peu convaincante. Puis ils se tenaient en arrière pour laisser la place aux huissiers pour charger les rangées de personnes positionnées devant la porte. Quand un ami a dit à un policier qu’il avait été frappé à la tête par l’huissier qui se tenait derrière lui, le policier a répondu: «Je suis trop occupé (soit un connard) »

Je pense que 4 personnes ont été arrêtées. J’ai reçu un message d’un soutien arrêté aux environs de minuit, mais je m’étais endormi avant. […]

Au cours des deux dernières semaines, Brixton a vu des huissiers se faire tirer dessus, une occupation et de manifestation tapageuse à Foxtons, et des barricades enflammées sur Rushcroft Road. Brixton n’aime pas les expulsions.

Source (via Indymedia UK)

Traduit de l’anglais par un contributeur anonyme, 18/07/2013

Note:

* Action-Logement Southwark et Lambeth: housingactionsouthwarkandlambeth.wordpress.com

[Angleterre] Résistance contre l’expulsion de squats à Brixton – Londres, matinée du 15 juillet 2013

Ce lundi 15 juillet, flics et huissiers ont débarqué tôt dans la matinée pour expulser de force les occupant.e.s de six maisons sur Rushcroft Road à Brixton, dans la banlieue sud de Londres. Au total, 75 squatteu.r.se.s ont été mis.e.s à la rue.

Certain.es quatteu.r.ses occupaient ces bâtiments depuis 32 ans!

Une dizaine de personnes se sont rassemblées et ont tenté de résister physiquement à la police tout en scandant « Stop aux expulsions », alors que les huissiers étaient en train de défoncer la porte. Des poubelles ont servi de barricades et ont été incendiées durant les affrontements.

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Deux personnes ont été arrêtées pour ‘agression et vandalisme‘ selon la police.

Peter Piotrkowski, un occupant expulsé, a affirmé avoir été poussé au sol par des policiers alors qu’il sortait de l’immeuble avec des béquilles.

Depuis de longues années, les projets de réamménagement urbain se succèdent à Brixton et les habitant.e.s du quartier dénoncent la hausse des loyers et la gentrification.

L’agence immobilière ‘Foxtons’, qui a ouvert ses locaux cette année, a été accueillie par des tags et des pots de peinture et au début du mois de juillet, deux huissiers ont été tués alors qu’ils tentaient d’expulser un locataire de sa maison sur Strathleven Road.

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Voir la vidéo de l'expulsion sur youtube

Voir la vidéo de l’expulsion sur youtube

Traduit librement de la presse anglaise (dailymail.co.uk & huffingtonpost.co.uk), 16/07/2013 via ActForFreedomNow

[Montreuil/Bagnolet] Récit de la manif contre les expulsions et la gentrification – 27 avril 2013

Montreuil-Bagnolet (93): Récit collectif de la déambulation du 27 avril contre les expulsions et la restructuration urbaine

Depuis quelques semaines, rendez-vous était donné à Croix de Chavaux (Montreuil, 93) pour un rassemblement-déambulation contre les expulsions locatives, de squats, de terrains, et les restructurations urbaines en cours sur le territoire Montreuil/Bagnolet.

Dans un contexte d’aseptisation de ces quartiers, avec une chasse aux pauvres toujours plus intense et visible, cette initiative prise lors des assemblées hebdomadaires du Transfo permettait d’adresser un message clair : nous ne nous laisserons pas faire.

En préparation de la manifestation, une affiche et un tract ont été réalisé-e-s.

Le tract, tiré à quelques milliers d’exemplaires puis distribué notamment sur les marchés de Croix de Chavaux et de Bagnolet, au métro Gallieni ou lors de concerts au Transfo, abordait la question des restructurations urbaines en cours à Montreuil et à Bagnolet, et appelait à se rassembler ce samedi pour tou-te-s celles et ceux qui se sentaient concerné-e-s par ces questions.

L’affiche, qui reprenait quelques éléments du tract, a été collée sur Montreuil, Bagnolet et une partie de l’est parisien pour appeler publiquement au rassemblement.

Des tags appelant à la manif ont été faits sur Montreuil et Bagnolet les quelques jours avant le 27 avril, et une grande banderole a été accrochée, deux jours avant la manifestation à l’entrée de la rue piétonne de Croix de Chavaux, à l’endroit exact où la manif devait démarrer ce samedi.

CroixdeChav'

Ce samedi 27 avril donc, à 14h, l’absence de soleil ne nous a pas empêché-e-s de nous retrouver pour crier notre rage. A l’entrée de la rue du Capitaine Dreyfus, au métro de la Croix de Chavaux, c’est environ 250-300 personnes qui se retrouvent, prêtes à déambuler gaiement, au son de quelques chansons détournées contre les huissiers, les flics et les expulsions. Des prises de parole ont lieu sur la place, avec notamment la lecture du tract appelant à la manifestation.

Pas de keufs à l’horizon, exceptés un flic en civil et une voiture de la police nationale qui vient se garer à proximité du rassemblement pour observer ce qui se passe. Après quelques chants et prises de parole, le cortège s’élance donc sur la route – accompagné d’une caravane-sono et d’une batucada – en prenant la rue de Paris pour faire le tour de la place, derrière une grande banderole “Face aux expulsions, luttons contre la restructuration urbaine“, suivi-e-s de près par le véhicule de police.

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On s’engage ensuite dans la rue Girard, au son de slogans tels que “Grève, grève, grève des loyers, et crève, crève, les flics et les huissiers !” ou “Les maisons sont vides, occupation ! Et « les loyers sont trop chers, occupation !“. Une prise de parole a lieu rue Girard, à propos de la future expulsion du squat de “Michto”, pendant que nous repeignons la rue de divers pochoirs et tags (“La maison est à ceux qui l’habitent“, “À bas la propriété privée !“) dans la joie et la bonne humeur.

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Après la rue Girard, nous bifurquons sur la droite pour remonter sur la rue Edouard Vaillant, le long du marché. Le cortège remonté à droite de la place du marché s’arrête à l’angle du boulevard Chanzy, sous les yeux des nombreuses personnes présentes sous la Halle pour une brocante. Là, des ex-habitants de l’ancien squat de “La Clinique” (janvier-juillet 2009) prennent la parole pour rappeler ce qu’a été ce lieu pendant ses sept mois d’existence. Depuis, le bâtiment a été rasé, et le terrain vague qui l’a remplacé est toujours désert en attendant la soi-disant construction d’un centre commercial et de logements dits “sociaux”. La devanture du chantier et d’un bâtiment à côté sont égayées des couleurs chatoyantes de notre colère: “Grève des loyers, occupation !“, “Guerre à la propriété“, “Nous voulons tout, nous brûlerons le reste” ou encore “Les urbanistes au feu, les huissiers au milieu“. Sur un mur du terrain vague, on peut lire une énorme tag depuis début janvier, en solidarité avec la lutte à Notre-Dame-des-Landes: “2012: l’Ayraultport s’écrase – 2013: la révolte s’embrase“.

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Le cortège se remet ensuite tranquillement en route sur la rue de Paris, désormais devancé de loin par une voiture de police qui gère la circulation à une centaine de mètres devant nous, et toujours suivi de près par une seconde voiture. Les slogans sont toujours aussi joyeux: “A Robespierre, les loyers sont trop chers ; à Croix de Chavaux les loyers sont trop hauts“, “Un loyer pas cher, c’est toujours trop cher !“, “Squatteurs, locataires, solidarité face aux propriétaires“. Les murs de cette triste rue continuent d’être maculés par des pochoirs, graffitis et collages d’affiches. “Grève des loyers, crève les huissiers“, “Face aux galères, j’occupe ta résidence secondaire“, “Rangez vos miettes, on veut le tiroir-caisse“, “À bas la propriété“, “Si t’as pas de niche, prends ton pied de biche“, “Expulsion = baston“, “À bas l’État, les flics et les huissiers“, “Occupons tout” ou encore “Tant que vous aménagerez, nous vous saccagerons“.

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Le tract appelant à la manif est toujours distribué aux passant-e-s, qui pour la plupart se sentent directement touché-e-s par l’augmentation des loyers, les expulsions locatives ou la gentrification du quartier.

Une nouvelle intervention a lieu au niveau de la Halle Marcel Dufriche, où des Rroms sont régulièrement harcelés par les flics depuis plusieurs mois et où a eu lieu il y a quelques jours un incendie qui a ravagé une partie de leurs habitations.

On tourne ensuite sur la gauche pour prendre la rue Barbès, où trois flics en civils se promènent nonchalamment sur la gauche de notre cortège. Tout en filmant discrètement la manifestation (un flic a son portable accroché à la poche-poitrine de sa veste), ils s’arrêtent sur le côté et regardent la manif passer. Les cris de “Police, dégage !” et “Flics, porcs, assassins !” ne semblent pas les inquiéter plus que ça, bien qu’ils se glissent des bouchons de liège dans les oreilles pour ne plus subir nos outrages verbaux.

Non loin de la place de la République, une nouvelle prise de parole rappelle que pendant l’été 2011, la place a été occupée quelques temps par les squatteur-euse-s expulsé-e-s de la rue des Sorins (1 et 2).

Le cortège bifurque ensuite sur la droite, au niveau de la rue Bara, où se trouve le foyer de travailleurs migrants Bara, là où les gestionnaires de misère tentent de faire de la place, n’accueillant plus personne depuis plusieurs mois, et laissant environ 80 Maliens à la rue. Un des habitants prend la parole pour expliquer la situation actuelle du lieu.

Certain-e-s d’entre eux-elles se joignent à la manifestation, alors que les flics en civil continuent à nous coller. La foule s’énerve, commence à encercler les flics qui se prennent quelques petits projectiles sur la tronche (au passage, on rappellera que lorsqu’on jette des projectiles sur les flics, il est primordial de s’assurer qu’il ne tombera pas sur des manifestant-e-s ou des passant-e-s !). Ils sortent alors leurs matraques télescopiques, lancent une première grenade de désencerclement en plein milieu de la foule et dégainent un flashball qu’ils braquent à hauteur de visage sur les compagnons proches d’eux. Plusieurs personnes sont légèrement blessées aux jambes par cette grenade de désencerclement, qui sera suivie par au moins une autre, tandis que des tirs de flashball sont assénés à bout portant, dont au moins un à hauteur de poitrine/visage ! Les flics ont également sorti une gazeuse familiale et ont aspergé trois ou quatre personnes en pleine face. En quelques secondes, ils auront fait usage de tout leur attirail répressif. Certain-e-s manifestant-e-s chargent alors les flics avec des chaises provenant d’un bar de la rue et divers autres projectiles, les poussant à dégager définitivement. On peut se demander pourquoi ces trois flics en civil ne sont pas partis avant, car ils n’ont pas seulement mis en danger passant-e-s et manifestant-e-s, mais aussi eux-mêmes, en nous agressant et provoquant ainsi la colère de la rue.

Quelques minutes plus tard, les flics arriveront en force (commissaire, gendarmes mobiles et compagnie) sur la place de la République, non loin du foyer Bara, histoire de mettre la pression dans le quartier, mais ils ne s’approcheront plus de la manifestation. Aucune arrestation à signaler ce jour-là.

La manif s’arrête alors au croisement rue de Paris / rue Robespierre, le temps de s’assurer que tout le monde va bien. Du sérum physiologique est apporté aux personnes touchées par les gaz lacrymogènes, et la parole est prise à nouveau depuis la sono pour expliquer aux passant-e-s ce qui vient de se passer.

Ensuite, la manif continue le long de la rue Arsène Chéreau, jusqu’à la Place de la fraternité, limite entre Montreuil et Bagnolet. C’est l’occasion de prendre une petite pause, et d’une intervention au micro par des membres du collectif “Prenons la ville” sur les transformations du quartier et la récente expulsion d’un squat de Rroms sur la place. Nous discutons aussi avec le propriétaire du bar “Le bouliste”, sous le coup d’une fermeture prochaine de son établissement, nécessaire étape dans la restructuration du quartier en ghetto pour bourgeois-es.
Quelques pochoirs et tags viennent toujours égayer la zone.

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Nous nous dirigeons ensuite sur la rue Etienne Marcel, libres de toute présence policière. Le cortège se fait plus calme et les slogans plus rares. Il faut dire aussi que le coin est peu fréquenté, plus résidentiel.
On tourne ensuite au niveau de la rue Edouard Vaillant pour reprendre sur la rue Victor Hugo, histoire de passer un “big up” au Rémouleur.

Puis la manifestation prend la rue Robespierre, lance des slogans contre Vinci (multinationale connue entre autres pour ses chantiers de construction-destruction à Notre-Dame-des-Landes et à Khimki en banlieue de Moscou) puisque sa filiale “Jean Lefebvre” se trouve dans cette rue.

Le cortège fait ensuite une halte devant la rue de l’Avenir où un terrain squatté par des Rroms, sans eau courante, est la cible régulière de pressions policières (les flics ont notamment distribué des OQTF – obligations de quitter le territoire français – qui ont par la suite été annulées par le tribunal).

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Enfin, la manif emprunte l’avenue de la République en direction du Transfo, où une dernière intervention a lieu, affirmant la volonté de résister face à une éventuelle expulsion. Nous rentrons ensuite à l’intérieur, où une assemblée ouverte se tiendra, réunissant près d’une centaine de personnes. C’est l’occasion de discuter plus en détail des moyens de résister aux expulsions de squats et de tout autre type de logement, de faire le tour de nos idées pour s’organiser avec les personnes concernées par des expulsions dans les quartiers alentours et de partager quelques propositions sur les aspects pratiques que pourrait prendre la résistance à l’expulsion du Transfo. À suivre, que tout cela nous serve de moment de consolidation de résistances au monde du fric, des flics et de la propriété privée !

Source: Squat.net, 29 avril 2013