Archives du mot-clé luttes sociales

[Brésil] A propos des actions récentes des blacks blocs dans les rues de Rio et de Sao Paulo

Voici un énième torchon pondu par la presse du pouvoir à propos de l’agitation et des activités anarchistes au Brésil. Au-delà des ‘analyses’ autant bidons les unes que les autres de divers sociologues et politologues, on appprend quelques faits récents lors des manifs des profs qui se sont déroulées ces derniers temps, notamment à Rio de Janeiro et à Sao Paulo :

Emeutes au Brésil: les « Black Blocs » s’en prennent à la police

Les anarchistes font irruption dans les manifestations brésiliennes : vêtus de noir, le visage dissimulé par un masque, un foulard ou un tee-shirt, les anarchistes « Black Blocs » ont fait une spectaculaire apparition dans les manifestations au Brésil, où ils interpellent par leurs actions violentes mais restent difficiles à cerner pour les observateurs.

BRAZIL-PROTEST-TEACHERS-STRIKECes groupuscules ont commencé à faire parler d’eux au Brésil lors de la fronde sociale qui a secoué en juin le pays contre la hausse des coûts des transports, les dépenses excessives engagées pour l’organisation de la Coupe du monde de football de 2014 et la corruption. Mais c’est alors que le mouvement social est devenu plus sporadique que les Black Blocs ont radicalisé leurs actions, essentiellement à Rio et Sao Paulo, face à une police mal formée réputée pour sa brutalité lors des manifestations*.

Lors de leurs sorties fulgurantes, les Black Blocs brésiliens privilégient la destruction de symboles du capitalisme tels que les restaurants McDonald’s ou les banques**.

A Rio, ils s’étaient invités lundi*** à la manifestation ayant réuni plus de 10 000 personnes pour soutenir les enseignants en grève. A la tombée de la nuit, ils avaient incendié un autobus, détruit des distributeurs automatiques de billets et érigé des barricades.

Mardi soir, à l’issue d’un nouveau rassemblement d’enseignants d’écoles publiques, les Blacks Blocs ont attaqué avec des pierres et des cockails molotov la police qui a riposté avec des tirs nourris de bombes lacrymogènes et sprays de poivre pour les disperser. Une voiture de police a été incendié et une agence bancaire saccagée.

Brazil Teachers Protest

Les Black blocs sont apparus en Allemagne de l’Ouest vers 1980, au sein du mouvement « Autonomen ». Ils se distinguaient à l’extrême gauche par sa volonté d’autonomie par rapport aux institutions (États, partis, syndicats). Le mouvement comptait des centaines de squats, lieux de vie collective, où les Black Blocs affrontaient les policiers lors de tentatives d’expulsion.

Mais c’est en 1999, en marge du Sommet de l’OMC à Seattle, qu’ils acquis leur notoriété avec des manifestations et occupations spectaculaires.

« On ne parle pas aux journalistes :)«   

Sollicité par l’AFP pour une interview, le groupe Black Bloc Rio de Janeiro a répondu: « Salutations libertaires! Il est difficile de nous téléphoner car nous sommes sur écoute ; nous préférons communiquer par message sur Facebook ». Mais les autres questions de l’AFP sont restées lettre morte. Au niveau national, le groupe s’est limité à répondre: « On ne parle pas aux journalistes :)« .

Brazil Teachers Strike

Pour les experts, établir un profil de ces manifestants relève de la gageure. « Il est difficile de savoir qui ils sont; il n’y pas d’autorité établie. Le mouvement est très horizontal, très jeune« , explique à l’AFP le sociologue Luiz Antonio Machado de l’Institut d’études sociales et politiques de Rio (IESP). De plus, le Black Bloc n’est pas une organisation permanente. Avant et après leurs actions, les Black Blocs sont des citoyens comme les autres.

« Ce mouvement naît du mécontentement général envers le mauvais fonctionnement des institutions. Il n’est pas révolutionnaire mais va se radicaliser face au manque de dialogue« , prédit encore M. Machado. Car pour lui « la presse ‘hégémonique’ utilise l’action des Black Blocs et des casseurs pour discréditer les manifestations et cela déclenche une répression généralisée« , notamment des médias et de la police.

BRAZIL-TEACHERS-PROTESTMais pour Alba Zaluar, expert en violence à l’Université de Rio (Uerj), le mouvement « jette à la poubelle tout ce que notre démocratie a construit« , après la dictature (1964-1985). « Ils vident les manifestations »   « Cela a pour effet de vider les manifestations. Les gens ne veulent pas en finir avec l’État mais améliorer la santé, l’éducation, les transports. Le fait de casser des abribus est un préjudice pour le contribuable qui va devoir payer, rien à voir avec la mondialisation. Ils doivent se réformer« , estime-t-elle.

Le sociologue Jose Augusto Rodrigues (Uerj) juge de son côté que « les actes de vandalisme ne sont pas toujours à attribuer aux Black Blocs » mais que « leur tactique n’a pas été un succès ».  « En juin, il y avait des foules dans la rue mais depuis qu’ils sont devenus partie intégrante des manifestations, les gens se sont retirés« , souligne-t-il. « La dimension que cette présence prendra est difficile à prévoir, cela va dépendre de comment l’État sera capable de réagir, de former sa police pour agir de façon plus civilisée« , analyse-t-il encore.

En attendant, les Black Blocs ne désarment pas et ont d’ores et déjà promis aux autorités une coupe du monde de football agitée en juin prochain.

Leur presse – AFP via RTBF.be, article daté du 16 octobre à 07h26

Notes du blog:

*: les violences policières ne se limitent pas seulement aux manifestations: très récemment, un jeune d’une favela de Rio de Janeiro a été tabassé à mort par les policiers de l’UPP (Unité de Police Pacificatrices). Deux articles sur cet énième assassinat sont lisibles ici et .

**: lire un texte écrit par des anarchistes membres des blacks blocs

***: la date du lundi n’est pas précisée dans l’article. On peut rappeler que le lundi 7 octobre 2013, des émeutes ont eu lieu en marge de la manif des profs à Rio (mais aussi à Sao Paulo). Le lundi suivant, le 15 octobre, plusieurs perquisitions contre des manifestants ont eu lieu à Rio de Janeiro. La solidarité avec les personnes arrêtées s’organise.

Brazil Teachers Protest

8-45

[Québec] Une belle grève !

Une grève interminable pour une entreprise lavalloise

Mapei. Ce nom d’entreprise ne vous dit fort probablement rien. Pourtant, 110 employés de cette usine de produits adhésifs lavalloise sont en grève depuis maintenant 10 mois. Les négociations sont au point mort depuis le mois de décembre, puisque les deux parties ne s’entendent pas sur la question des hausses salariales.

Le président du syndicat des employés de Mapei, Éric Caron, est exaspéré: «Est-ce qu’on peut s’asseoir et trouver un terrain d’entente qui n’est pas exagéré pour pouvoir régler ce conflit là? Un moment donné, il faut que ça se règle». En grève depuis le 4 mai 2012, il accuse son employeur d’être de mauvaise foi dans les négociations, et même, d’avoir utilisé des briseurs de grève.

La directrice des ressources humaines du Canada pour Mapei, Lysianne Bruneau, réfute ses allégations. Elle estime que l’entreprise a présenté des offres convenables lors des négociations et accuse le syndicat de ne pas vouloir montrer l’offre aux employés: «On veut qu’un vote se tienne sur nos propositions pour que les employés se prononcent».

Le syndicat demande des hausses salariales de 3% par année pendant trois ans. Dans l’impasse, les deux parties se retrouvent maintenant devant la Commission des relations de travail pour régler certains litiges, ce qui ne garantie en rien le règlement du conflit.

Leur presse – La Presse Canadienne (Jasmin Lavoie), 06/03/213 à 19h35

[Métallos d’ArcelorMittal en lutte] Emeute à Strasbourg – 6 février 2013

Dégradations, interpellations, gaz lacrymogènes : les « Arcelor » ont manifesté dans une ambiance tendue à Strasbourg

Une manifestation de salariés d’ArcelorMittal venus de France, de Belgique et du Luxembourg s’est déroulée mercredi dans une atmosphère tendue aux abords du Parlement européen de Strasbourg, où la police a fait usage de gaz lacrymogènes.

arcelorStras3

dégradations, interpellations, une personne blessée

Des centaines de salariés des sites européens d’ArcelorMittal ont réclamé mercredi dans une atmosphère tendue à Strasbourg le soutien des députés européens, au moment où le géant mondial de l’acier annonçait des pertes colossales. La police, qui avait interdit des voies d’accès aux abords du Parlement européen, a fait plusieurs fois usage de gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants tentant de forcer le passage, dont une poignée lançaient des pierres et des bouteilles.

arcelorStrasLes abris en verre de plusieurs arrêts de tramway et de bus, ainsi que des panneaux de signalisation ont été dégradés. Trois manifestants ont été interpellés et un journaliste de l’AFP a été témoin de l’évacuation d’un autre sur une civière, un salarié belge blessé selon ses collègues par les forces de l’ordre. Les métallos avaient convergé depuis des sites d’ArcelorMittal de Florange et Gandrange (Moselle), Schifflange (Luxembourg) et Liège (est de la Belgique). Ces derniers devaient fournir le gros des troupes, les syndicats belges ayant annoncé plus de 1.200 personnes parties de Liège, mais de nombreux cars ont été arrêtés selon eux sur le trajet par les forces de l’ordre.; Casques sur la tête, les salariés de Florange arboraient une banderole intersyndicale portant l’inscription: « L’acier lorrain vivra », et des autocollants: « Touche pas à mon usine ».

manif5_1« L’industrie sidérurgique est en train d’être massacrée par un prédateur, Mittal. La question que nous voulons poser aux députés européens, c’est: +combien de dizaines de milliers d’emplois supprimés faudra-t-il encore avant que l’Europe bouge?+ », a déclaré à Edouard Martin, de la CFDT de Florange, avant de rencontrer des députés. Pour son collègue belge Jean-Luc Rader, secrétaire régional du syndicat belge FGTB Métal, les parlementaires doivent comprendre « qu’il y a un problème avec l’industrie en Europe ».

Communiqué de la préfecture du Bas-Rhin

arcelorStras4Une manifestation non déclarée a été organisée ce jour devant le Parlement Européen, à l’initiative de syndicats de sidérurgistes belges. Suite aux informations fournies faisant état de risques de violences à l’image de celles intervenues en Belgique le 29 janvier dernier, et afin de prévenir des actions violentes contre le Parlement Européen et d’autres administrations publiques, il a été décidé, sur réquisition du Procureur de la République de Strasbourg, de procéder à la fouille systématique et préventive des autocars en provenance de Liège. 23 autocars ont donc été interceptés et fouillés.

arcelorStras5Ont été saisis :

  • un dispositif de brise tympans et 12 pastilles d’explosifs
  • 2 bonbonnes de gaz
  • 1 grenade artisanale à billes
  • 40 kg de boulons de grosse taille et de ferraille coupante
  • 66 fumigènes
  • 147 pétards de types K2 à K4 (interdits à la vente et à l’usage sauf par des artificiers professionnels)
  • des pots de peinture et de nombreuses ampoules remplies de peinture.

Arrivés sur le site du Parlement, le millier de manifestants présents se sont opposés immédiatement aux forces de l’ordre en protection qui ont été la cible de quelques éléments particulièrement violents et déterminés à blesser et à casser. Les forces de l’ordre ont été exposées pendant plusieurs heures aux jets de projectiles divers et d’éléments de mobilier urbain. Douze gendarmes et policiers ont été blessés par ces projectiles.

Afin de préserver et de protéger les institutions publiques environnantes et de maintenir les manifestants à distance du centre ville et des populations qui auraient été exposées aux agissements d’une minorité d’individus violents, les forces de l’ordre ont répliqué en utilisant des gaz lacrymogènes et quatre tirs de flash ball. Deux blessés ont été recensés chez les manifestants, l’un à l’abdomen, l’autre au visage.

De nombreux éléments de mobilier urbain ont été détruits dans le quartier du Wacken. Plusieurs individus ont été interpellés et des procédures judiciaires ont été rédigées.

Leur presse – France3 Alsace (M.C. avec AFP), 06/02/2013 à 20h54

France: quatorze blessés dans les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre à Strasbourg

Douze gendarmes français et deux manifestants ont été blessés mercredi lors des affrontements entre les forces de l’ordre et les métallos rassemblés devant le Parlement européen à Strasbourg, selon le premier bilan établi par la préfecture du département du Bas-Rhin.

Venus de Belgique, du Luxembourg et de France, quelque 1500 métallos d’Arcelor Mittal, numéro un mondial de l’acier, ont manifesté mercredi après-midi devant le Parlement européen pour protester contre la fermeture d’usines et la stratégie du groupe sidérurgique.

A peine les manifestants arrivés à proximité du Parlement européen, des incidents se sont produits entre les métallos et les forces de l’ordre, présentes pour sécuriser les accès aux institutions européennes en faisant barrage aux manifestants.

En réaction aux jets de projectiles divers contre les forces de l’ordre pendant plusieurs heures d’un face-à-face, ces dernières ont répliqué en utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants.

Selon un communiqué de la préfecture publié dans la soirée, « de nombreux éléments de mobilier urbain ont été détruits dans le quartier du Wacken », où se situe le siège du Parlement européen, et « plusieurs individus ont été interpellés ».

Les autorités du département ont indiqué qu’il s’agit d' »une manifestation non déclarée », qui « a été organisée à l’initiative de syndicats de sidérurgistes belges ».

Selon le bilan officiel, 40 kg de boulons de grosse taille et de ferraille coupante, des bonbonnes de gaz, des pétards K2 et K4 (interdits à la vente et à l’usage sauf par des artificiers professionnels) ont été saisis dans les autocars des manifestants belges contrôlés par les forces de l’ordre françaises sur le trajet de Strasbourg.

Leur presse – french.peopledaily.com (Xinhua), 07/02/2013

Seize blessés, quatorze du côté des forces de l’ordre, deux du côté des manifestants : c’est le bilan des échauffourées qui ont éclaté ce mercredi après-midi à proximité du parlement européen à Strasbourg. Environ 1500 salariés d’ArcelorMittal étaient venus de Belgique, de France et du Luxembourg pour manifester leur mécontentement et défendre l’avenir de la sidérurgie en Europe.

des-echauffourees-ont-eclate-entre-les-metallos-et-les-forces-de-l-ordre-photo-jean-marc-loos arcelorStras6 arcelorStras7 arcelorStras8 arcelorStras9 arcelorStras10 arcelorStras11Leur presse locale – L’Alsace.fr (Photos Jean-Marc Loos), 06/02/2013 à 19h16

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=G-RqerxQOUY]

Tous les articles liés à la lutte des métallos d’Arcelor

[Belgique] Les travailleurs d’ArcelorMittal tentent de péter le barrage dressé autour de la résidence du premier ministre et affrontent la police – Bruxelles, 25 janvier 2013

Jets de pavés sur les forces de l’ordre, la petite ceinture rouverte

La situation devenait de plus en plus tendue vendredi midi à Bruxelles près du Lambermont, où travailleurs d’ArcelorMittal et policiers se font face autour d’un barrage dressé afin d’empêcher l’accès à la résidence du Premier ministre. Les manifestants jettent des pavés en direction des forces de l’ordre, qui font usage de spray au poivre et d’autopompes.

media_xll_5503147

La police a dressé un barrage afin d’empêcher l’accès des manifestants à la résidence du Premier ministre et manifestants et policiers se font face dans une ambiance plus que tendue. Les manifestants viennent de déserter la petite ceinture, bloquée pendant une dizaine de minutes à hauteur de la rue Belliard.

Plusieurs manifestants ont tenté de franchir le barrage, sans succès, et peu avant midi la situation dégénérait quelque peu, avec des jets de boules de neige, de pétards, de pavés et de bouteilles en direction des forces de l’ordre, qui ont fait usage de spray au poivre. Les deux autopompes de la police ont été actionnées.

media_xll_5503159

Une réunion est prévue à 12h30 entre les représentants syndicaux et les gouvernements fédéral et wallon. « On veut le maintien de l’ensemble de l’activité sidérurgique à Liège, le chaud et le froid, sinon ce sera une catastrophe sociale », a indiqué David Camerini, président de la délégation CSC. « Nous voulons des actes concrets, et plus des paroles », a-t-il insisté.

media_xll_5503156

Leur presse – 7sur7.be (belga.be), 25/01/2013 à 12h13

Bruxelles: des travailleurs d’ArcelorMittal se heurtent à la police

Environ 500 travailleurs et représentants syndicaux d’ArcelorMittal se sont rendus ce vendredi à Bruxelles afin de mettre la pression sur le gouvernement fédéral qui tient une réunion de crise avec des représentants du gouvernement wallon. Les manifestants se sont heurtés aux forces de l’ordre.

624_341_2b272ca2e799c05bd498389d2fe971bb-1359112829

Entre 400 et 500 travailleurs d’ArcelorMittal se sont rendus à Bruxelles à bord de sept cars et de plusieurs voitures. Rue de la Loi, à proximité de la résidence du Premier ministre où se tient une réunion de crise, certains manifestants ont tenté de franchir les barrages mis en place par les forces de l’ordre. Les policiers ont répliqué avec les autopompes. Les manifestants ont extrait des pavés et la situation a commencé à dégénérer, avec des jets de boules de neige, de pétards, de pavés et de bouteilles en direction des forces de l’ordre, qui ont fait usage de spray au poivre.

624_341_13abd62b0fcd3bcfc2b8acdbc482f644-1359114445

Une réunion est prévue à 12h30 entre les représentants syndicaux et les gouvernements fédéral et wallon. « On veut le maintien de l’ensemble de l’activité sidérurgique à Liège, le chaud et le froid, sinon ce sera une catastrophe sociale« , a indiqué David Camerini, président de la délégation CSC. « Nous voulons des actes concrets, et plus des paroles« , a-t-il insisté.

Au lendemain de l’annonce par la direction d’ArcelorMittal de fermer la moitié de la phase à froid à Liège, l’heure est à la mobilisation. Dès jeudi, les syndicats ont mis sur pied un plan d’action. Ils n’acceptent pas la fermeture de sept lignes à froid sur douze et la perte de 1300 emplois. Des assemblées générales sont prévues lundi. Jusque là, tous les sites de production à Liège sont en grève.

Les autorités se réunissent

Elio Di Rupo, les principaux ministres du gouvernement fédéral, et plusieurs ministres du gouvernement wallon se sont retrouvé peu après 11 heures avec comme objectif de coordonner leur politique et examiner les possibilités d’action.

Plusieurs options sont sur la table : nationaliser le site, comme le demandent les syndicats ;  renoncer à la sidérurgie et investir dans d’autres domaines d’avenir ; ou trouver un repreneur privé, et s’il le faut l’aider à relancer les sites abandonnés par Mittal. C’est là le scénario envisagé par le gouvernement wallon. Mais il y a un problème de taille à cette option : le géant de l’acier a, jusqu’ici, toujours refusé de vendre les outils qu’il ferme.

« Notre devoir, c’est d’être à la manœuvre pour limiter au maximum la casse« , a déclaré le ministre-président wallon Rudy Demotte à son arrivée au Lambermont. « Nous sommes prêts à tout envisager dans la mesure de nos moyens et en tout cas à accompagner un plan industriel« , a-t-il ajouté.

« La piste privilégiée, c’est effectivement celle d’un repreneur disposant d’un plan industriel« , a de son côté répété le ministre wallon de l’Economie Jean-Claude Marcourt. Selon ce dernier, des contacts informels ont déjà eu lieu et ils vont se multiplier dans les jours et les semaines à venir. « Nous nous donnons 2 mois pour trouver un partenaire, car cela ne sert à rien de faire traîner la situation« , a-t-il poursuivi.

« Nous allons devoir être très fermes« , a pour sa part affirmé le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders en qualifiant Lakshmi Mittal d »homme qui ne tient pas sa parole« .

Pour la FGTB, il faut « réquisitionner » les usines fermées

Pour le secrétaire général de la FGTB wallonne, par contre, ce n’est pas un obstacle. Thierry Bodson incite même le gouvernement régional à « réquisitionner » les usines fermées : « En France, il y a eu encore très récemment un département qui a réquisitionné une entreprise que le propriétaire voulait fermer. Ils ont réquisitionné l’entreprise pendant seulement 3-4 heures, le temps de pouvoir la revendre à un acquéreur qui s’était manifesté et aujourd’hui, l’activité a repris. Cela signifie qu’au niveau même des règles européennes, il est apparemment possible de pouvoir envisager ce genre de chose. Bien entendu, si demain il y a un repreneur privé sérieux et autre qui se présente, il faut voir soit si le public vend l’entièreté de ses participations soit une partie de ses participations au privé qui se présenterait. Mais le portage public doit permettre surtout, durant une période qui peut être de plusieurs mois, de garantir l’activité et de faire en sorte qu’il y ait une attractivité pour les repreneurs potentiels ».

En attendant, le décompte est funeste dans le bassin sidérurgique liégeois : 800 emplois supprimés dans le chaud, et à présent 1300 dans le froid et sans doute plus de 6000 emplois indirects menacés.

624_341_bb91eca4650e13671e17fe1dc784cc68-1359092869

Leur presse – RTBF, 25/01/2013 à 12h57

[Chili] Protestations étudiantes à Santiago (21/12/2012) et résistance mapuche

Ce vendredi 21 décembre, les étudiant.e. chilien.ne.s sont descendu.e.s dans la rue: la manifestation a été déclarée illégale par les autorités chiliennes dès le début de la journée. La situation a viré à l’émeute vers midi, durant laquelle des encapuchados se sont affrontés avec les policiers anti-émeute à coups de cocktails molotov et de barricades dans les rues (notamment dans le secteur de la rue Alameda), ce qui a paralysé le trafic.

get

Les affrontements ont duré pendant plus de trois heures.

get (1)

« La vraie « fin du monde » est de voir le Chili sans éducation »

get (2) get (4)

8293982551_41974aeb20_z-287x190Par ailleurs, des affrontements se sont déroulés entre la police et des lycéen.nes, qui s’étaient rassemblé.e.s à la Plaza Los Heroes de Santiago: deux manifestant.e.s ont été arrêté.e.s selon terra.cl, alors que biobiochile.cl a annoncé qu’à la fin de la journée, au moins 25 manifestant.e.s ont été interpellé.e.s.

Résumé rédigé à partir de la presse chilienne, 21/12/2012

________________________________________________________________

Des affrontements se sont déroulés ce samedi matin /22/12/2012) entre les flics et des encapuchados mapuches dans la région de l’Araucanie, sur la route entre Carahue et Imperial. Un flic aurait été blessé suite aux émeutes.

Selon RBB, les manifestants ont érigé des barricades sur les routes du secteur. Un peu plus tard, lorsque la police est intervenue pour rétablir la circulation, la volaille s’est fait canardée de cocktails molotov et visée par des tirs de fusil.

Des tracts se référant aux revendications mapuche ont été retrouvés sur la zone d’affrontements.

Résumé rédigé par nos soins à partir d’un article en espagnol de leur presse – Biobiochile.cl, 22/12/2012

[Doubs] Les salarié.e.s de la CAF en lutte contre la direction

Grève à la Caisse d’Allocations Familiales du Doubs

La CAF du Doubs reçoit sur rendez-vous. Exclusivement, à partir de janvier 2013. Les employés de Besançon et de Montbéliard refusent cette règle. Ils sont en grève.

Offrir un meilleur service aux allocataires. C’est l’objectif avancé par la Caisse d’allocations familliales du Doubs. Le moyen choisi : un passage obligatoire par internet pour prendre rendez-vous avec un technicien conseil.

Pour les syndicats SUD, CGT et CFDT, il s’agit d’une dégradation de la qualité du service. Ils appellent donc à la grève. Parmi les revendications : pas d’obligation de prise de rendez-vous, le maintien du service courrier, le refus des heures supplémentaires obligatoires du dimanche et l’embauche de salariés précaires. 

Leur presse régionale – Fr3 Franche-Comté (Raoul Advocat), 03/12/2012 

[Slovénie] La population en masse dans la rue contre le pouvoir

Slovénie: affrontements entre la police et des manifestants à Maribor

LJUBLJANA – La police slovène a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser lundi soir une manifestation à Maribor, deuxième ville de Slovénie, qui s’était déroulée jusque-là dans le calme, réunissant environ 10.000 personnes selon les médias locaux, 8.000 selon la police, pour exiger la démission du maire de centre-droit Franc Kangler, soupçonné de corruption.

Une soixantaine de personnes ont été interpellées, a indiqué la police.

La situation a dégénéré vers 17H30 (16H30 GMT), lorsque des manifestants ont commencé à lancer des pierres, des bouteilles et des engins pyrotechniques contre l’Hôtel de Ville, a expliqué à l’AFP le porte-parole de la police, Bartolo Lampret.

L’agence de presse slovène STA a fait état de neuf blessés, quatre policiers et cinq manifestants.

Le groupe Franc Kangler doit démissionner de son poste de maire de Maribor, qui a appelé à manifester lundi soir, a déjà réuni plus de 30.000 fans sur le réseau social Facebook. Il a été créé en octobre, lorsque la municipalité a mis en place des radars fixes au centre-ville, donnant lieu à des milliers d’amendes.

En novembre, la Commission nationale de lutte contre la corruption avait accusé Franc Kangler, maire de Maribor depuis 2006, de corruption et d’abus de pouvoir. La publication de ce rapport a renforcé le mouvement de protestation.

Le 26 novembre, une manifestation avait déjà réuni 10.000 personnes et des incidents avaient éclaté entre un groupe de manifestants et les forces de l’ordre. La police avait procédé à 27 interpellations et sept policiers avaient été blessés.

A Ljubljana, 4.000 personnes ont manifesté, sans incident, contre la politique d’austérité du gouvernement conservateur de Janez Jansa. Le 17 novembre, les syndicats avaient mobilisé 30.000 personnes contre le gouvernement.

Par ailleurs, la grogne populaire contre la politique d’austérité s’étend dans le pays: ainsi, dans la ville de Celje, à 80 km au nord-est de Ljubljana, 4.000 personnes ont manifesté lundi soir et 13 personnes ont été interpellées par la police à la suite d’affrontements.

La Slovénie est gravement frappée par la crise économique et financière, notamment en raison d’un secteur bancaire perclus de crédits douteux, et est entrée en récession au troisième trimestre.

Leur presse – Romandie.com (AFP), 04 décembre 2012 02h52

[Grèves ouvrières] Les travailleurs de Renault (Maubeuge) et de PSA (Aulnay-s/-Bois) en lutte – 29 novembre 2012

Automobile: Des grèves perturbent deux usines

Deux usines automobiles, l’une appartenant à PSA Peugeot Citroën et l’autre à Renault, sont perturbées jeudi par des mouvements de grève. A Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où PSA fermera son site d’assemblage en 2014, les chaînes de production sont perturbées par une grève entamée mardi à l’atelier de ferrage où sont soudés les éléments des carcasses des voitures.

«Les salariés protestent contre la convocation de cinq salariés pour ‘insuffisance de production’», a expliqué par téléphone Jean-Pierre Mercier, représentant CGT à l’usine d’Aulnay. «Une réunion de négociation est programmée à 10h30 mais pour l’heure, la production est paralysée.»

Nouvelle séance de négociations sur la compétitivité

«Cet atelier étant au début du flux de production, sa perturbation génère logiquement des difficultés de production dans les autres ateliers», avait indiqué mercredi soir un porte-parole du groupe. «Les autres ateliers produisent au ralenti.» L’usine d’Aulnay, qui assemble la petite Citroën C3, emploie 3.000 personnes environ.

Chez Renault, où une nouvelle séance de négociations sur la compétitivité du groupe en France devait se tenir dans la journée, le site de Maubeuge (Nord) est perturbé lui aussi depuis plusieurs jours par des appels à des débrayages. Peu suivi selon la direction, très suivi d’après les syndicats, le mouvement porte sur l’octroi d’une prime.

Une prime de 500 euros nets

«Nous réclamons une prime de 500 euros nets par salarié en raison du surcroît de travail à venir», a expliqué Samuel Beauvois, représentant du syndicat Sud à l’usine. «C’est un ras-le-bol général, on travaille les samedis, les jours fériés dans des conditions qui se dégradent.»

Sud entend aussi demander à la communauté d’agglomérations de reverser directement aux salariés une subvention octroyée à la direction du site pour créer des emplois. L’usine de Maubeuge, où l’intersyndicale a appelé à un rassemblement à 11h00, produit la camionnette Kangoo et sa version Mercedes, le Citan. Elle emploie 2.200 personnes environ.

Leur presse – 20 Minutes.fr (Reuters), 29/11/2012 à 10h00

[Besançon] Contre l’austérité et pour la grève générale – Mercredi 14 novembre 2012 à 11h00 place de la Révoution

Le 14 novembre : grève générale contre l’austérité !

Ce mercredi 14 novembre 2012, une grève générale a lieu en Grèce, Espagne, Italie, Portugal, Chypre, Malte, et de nombreuses mobilisations sont prévues partout à travers le monde. Elle intervient dans un contexte de casses sociales et d’attaque sans précédent de la Troïka (FMI, BCE, UE) et du patronat contre les travailleurs et les peuples, à travers les « réformes » de l’Union Européenne (dernière en date : le TSCG, traité budgétaire européen, ratifié récemment par le parlement) qui imposent l’austérité partout en Europe.

Les conséquences de ces politiques sont dramatiques : privatisation des services publics, augmentation du nombre de personnes à la rue ou encore du taux de suicide (+ 40% en Grèce).

En France, des grèves dans plusieurs entreprises (PSA, Air France, SNCF, Fralib, Sanofi…)
apparaissent en réponse aux licenciements massifs, aux attaques patronales contre le droit du travail, aux salaires non-perçus, etc… Cette révolte sociale s’illustre notamment depuis la rentrée 2012 chez PSA Peugeot-Citroën, dont le patron Varin a annoncé le 12 juillet dernier la suppression de 8000 postes dans toute la France (1500 postes à Rennes, sans compter les plus de 3600 emplois dégommés dans les effectifs hors production, dont 1500 dans la recherche et le développement.).

Le gouvernement socialiste, au delà des belles paroles indignées à la télévision, a choisi son camp, celui du patronat : il va même plus loin que l’ancien gouvernement de droite, en accordant davantage de cadeaux fiscaux pour le patronat. Il montre également son vrai visage, celui de la répression : le 9 octobre dernier, en envoyant les CRS contre des centaines d’ouvriers en colère (PSA, Continental, Renault, Fralib…) qui manifestaient au Salon de l’Automobile à Versailles ; le 27 octobre contre les salariés en grève d’Air France ; enfin, il ne faut pas oublier les expulsions et violences policières contre les opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes à Nantes.

Seule une grève générale reconductible pourra faire plier le patronat, qui réduit de jour en jour les travailleurEUSEs à la misère.

Pour une éducation populaire

De plus, le 14 novembre marque également le début d’une semaine de grèves et de mobilisations au niveau mondial, à l’initiative des étudiant.es québécois (qui ont fait reculer le pouvoir en se battant contre la hausse des frais de scolarité de plus de 75% sur 5 ans et pour une université gratuite et accessible à touTEs), et relayée par plus de 110 organisations étudiantes.

Canada, Chili, Italie, Espagne… la révolte étudiante prend forme par des grèves, des blocages et occupations de facs, par des manifestations de masse dans les rues, afin de lutter contre la privatisation des universités et la marchandisation du savoir, et d’exiger un accès à une éducation sans distinction sociale et gratuite.

CertainEs revendiquent plus de moyens de l’Etat versés pour l’éducation, d’autres veulent décider eLLESux-mêmes du système éducatif choisi et autogérer leurs universités et lycées.

A Madagascar, les étudiant.e.s de l’université d’Antananarivo se révoltent contre le non-versement des bourses, qu’ils/elles attendent depuis plus de cinq mois. La répression policière est sanglante, avec de nombreuSESx blesséEs suite aux incursions des flics au sein des locaux de l’université…

D’un point de vue national, les politiques du CROUS contraignent la jeunesse étudiante à galérer davantage d’année en année: augmentation chaque année du prix du ticket RU (entre 0,05 et 0,10 euros par an et un plat qui est supprimé dans le menu étudiant avec le nouveau système de points), restriction drastique de l’accès aux bourses, diminution mensuelle des bourses par étudiant.e (de 50 à 80 euros par mois)… Contrairement à ce que déclarent les réformistes de l’UNEF quant à l’obtention d’un dixième mois de bourse, cette pseudo avancée sociale n’en est pas une, car ce fameux – dixième mois est financé par l’argent récupéré sur les marges des réductions mensuelles.

Il est également important de reprendre la lutte contre la LRU, loi adoptée par la droite et défendue aujourd’hui par les socialistes, et qui est une nouvelle étape dans la privatisation de nos universités. Nous dénonçons aussi les restrictions budgétaires, responsable des difficultés croissantes que nous rencontrons à l’Université de Franche Comté : menaces de fermetures de filières, regroupement de certaines filières entre notre Université et celle de Bourgogne (par exemple en master de Socio, tous les cours du 1er semestre sont à Besançon et ceux du 2e sont à Dijon : les étudiants doivent faire la navette quotidiennement), réduction des heures disciplinaires, insalubrité de certains bâtiments, absence d’infirmerie ou de cafétéria à la fac de lettres…

Nous n’estimons pas comme l’UNEF qu’il suffit d’être élu et d’être à la table des négociations avec les gouvernantEs pour satisfaire nos revendications. Le vrai rapport de force se construit dans la rue et dans nos lieux d’étude, et passe par la mobilisation de masse des étudiants pour exiger de meilleurs conditions de vie et d’étude.

Pour la gratuité scolaire !

La lutte, c’est classe… contre classe !

Rejoignez la manifestation ce 14 novembre
à 11h00 place de la Révolution
Et juste avant, Assemblée Générale à 09h00
à la fac de lettres Amphi Donzelot

Cliquer sur le tract pour le télécharger en format PDF

CNT 25 / AMEB

[Grèce] Un mort et plus de 50 arrestations lors de la grève générale – Athènes, 18 octobre 2012

Les Grecs dans la rue contre l’austérité: un manifestant perd la vie

Un manifestant âgé de 65 ans est mort jeudi d’une crise cardiaque à Athènes durant des manifestations anti-austérité émaillées de violences, a indiqué une source au ministère de la Santé.

 Un homme de 65 ans a été transporté à l’hôpital où tous les efforts pour le ranimer ont échoué » a indiqué cette source à l’AFP, en précisant que son corps ne portait « aucune trace de coups ».

L’homme, un militant communiste selon le site InGr, a été victime d’une insuffisance respiratoire et d’une crise cardiaque alors qu’il se trouvait dans le centre d’Athènes, sur le lieu d’une manifestation qui a réuni quelque 25 000 personnes, selon la police.

De source policière, l’homme a été emmené par une ambulance alors qu’il se trouvait sur un banc près d’une église, à l’écart des principales échauffourées qui ont opposé un groupe de jeunes et la police, s’envoyant réciproquement des cocktails Molotov et du gaz lacrymogène.

Sur Twitter, des commentaires critiquaient en revanche le « gazage » policier subi par les manifestants lors de ce défilé.

L’an dernier, un homme de 53 ans était décédé dans des conditions similaires lors d’une manifestation anti-austérité à Athènes, la police niant toute implication des gaz lacrymogènes dans ce décès.

Manifestations et grève générale

Des milliers de gens sont descendus dans la rue jeudi en Grèce dans des cortèges émaillés de brefs incidents avec la police pour tenter de convaincre les dirigeants européens réunis à Bruxelles que l’austérité n’est plus tenable dans un pays qui s’enfonce dans la récession.

Sous la bannière « FMI-UE dehors, effacement de la dette », 25 000 personnes ont manifesté selon la police à Athènes, alors que les services publics et les transports étaient fortement perturbés par le quatrième appel à la grève générale lancé par les syndicats grecs depuis le début de l’année.

Sur la place Syntagma, en face du Parlement, des affrontements ont opposé la police à de petits groupes de manifestants, avec des cordons policiers chargeant pour disperser la foule, tandis que le gros du défilé forçait le passage pour s’écouler dans les rues de la capitale grecque, a constaté une journaliste de l’AFP.

Un petit groupe de jeunes avait initialement fait reculer la police qui bloquait le passage devant les grands hôtels de la place. Des cocktails Molotov ont été lancés sur la police qui a répondu avec des gaz lacrymogènes.

À Salonique dans le nord du pays, la police a recensé 17 000 manifestants.

Les syndicats avaient appelé à cette journée anti-austérité le jour du sommet européen de Bruxelles qui doit tenter de trouver des solutions pour consolider l’Europe et la zone euro.

Les syndicats contestent le recours massif aux politiques d’austérité pour sortir de la crise. Le GSEE qui couvre le secteur privé en Grèce a annoncé dans la foulée qu’il allait se joindre à une journée d’action européenne le 14 novembre, également annoncée par les syndicats portugais.

Dans le défilé athénien, des sidérurgistes belges s’étaient joints au cortège avec une banderole « Nous sommes tous des Grecs ».

En Grèce jeudi, aucun train ne roulait, aucun ferry ne partait vers les nombreuses îles du pays, aucun taxi ne circulait, la liaison ferroviaire entre Athènes et l’aéroport était suspendue, seuls le métro et certaines lignes de bus fonctionnaient à Athènes, et deux stations du centre étaient fermées sur ordre de la police.

« La pauvreté s’étend, les emplois disparaissent et la Grèce coule. La Grèce va mourir si les mesures d’austérité tirées du mémorandum (avec les créanciers, NDLR) ne s’arrêtent pas » disait Dimitris Sandis, employé d’une société pharmaceutique dans un des cortèges.

Plus loin Aliki Vassiloudi, 40 ans, journaliste au chômage, estimait que les manifestants veulent avoir « des emplois, une dignité et par-dessus tout vivre comme des Grecs et non comme des inférieurs serviles ».

De fait, la troïka des bailleurs de fonds du pays (UE-BCE-FMI) et le gouvernement de coalition dirigé par le premier ministre conservateur Antonis Samaras se sont séparés mercredi sans accord total sur le programme d’ajustement économique du pays prévoyant de nouvelles coupes budgétaires d’au moins 11,5 milliards d’euros (14,8 milliards de dollars), à mettre en place en échange d’un prêt de 31,5 milliards d’euros (40,5 milliards de dollars).

La Commission européenne a publié un communiqué optimiste mercredi soir soulignant que les autorités grecques et la troïka « se sont mises d’accord sur les principales mesures nécessaires pour (…) ouvrir la voie à une finalisation de l’examen ».

Lors du sommet européen jeudi et vendredi, la Grèce ne devait pas être évoquée, le rapport de la troïka préalable au déblocage des 31,5 milliards d’euros n’étant pas prêt.

Le premier ministre conservateur Antonis Samaras espérait néanmoins recevoir du sommet un signal de soutien européen pour faire accepter à son opinion le nouveau train de rigueur, dont le vote au Parlement, à une date toujours indéterminée, risque de porter à son comble la tension sociale.

M. Samaras, qui participait à la réunion des dirigeants européens conservateurs à Bucarest mercredi soir, a estimé que dans la société grecque, où le taux de chômage atteint désormais 25 %, « les gens ne sont pas des pièces détachées ». « Nous devons maintenir la cohésion» a-t-il dit en promettant que son pays irait de l’avant avec les réformes requises par les partenaires européens et les bailleurs de fonds.

La Grèce en dépression

La Grèce, qui traverse sa cinquième année de récession consécutive, a demandé deux ans supplémentaires à ses partenaires pour mener à bien les réformes et réduire ses déficits, tandis qu’un débat idéologique pro ou anti austérité fait rage entre les économistes du monde entier sur la nature des remèdes à apporter au «malade grec» et à la souffrante zone euro.

« L’Espagne et la Grèce sont en dépression, pas en récession. Et ceci est dû à l’austérité » a affirmé mercredi à New Delhi, Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie, ancien conseiller du président américain Bill Clinton, et professeur à l’Université Columbia à New York.

Leur presse – La Presse Canadienne (AFP), 18/10/2012 à 14h02

Un manifestant de 65 ans Lougaris Xénophon est mort au cours de la manifestation d’aujourd’hui lors de la Grève générale à Athènes, d’une insuffisance cardiaque suite à l’inhalation de gaz lacrymogènes signalé comme cause la plus probable du décès.

MISE À JOUR, 16,35 GMT +2 Le nom du manifestant de 65 ans est Lougaris Xénophon.

MISE À JOUR, 15h45 GMT +2 Il semble que le manifestant décédé aujourd’hui était de 65-ans (non 67 comme initialement indiqué), un membre du PAME et un ex-travailleur de chantier qui était sans emploi (via radiobubble).

Le vieux de 67 ans a été transféré à l’hôpital Evaggelismos, où les médecins ont diagnostiqué sa mort.

Au moins cinq autres manifestants ont été blessés par une attaque de la police contre la manifestation. Un minimum de 50 manifestant.e.s arrêté.e.s a été confirmé durant cette journée, même si le nombre devrait être beaucoup plus élevé.

Traduit de l’anglais d’Occupied London, 18/10/2012

Le résumé en fil-info de la journée de grève générale de ce 18/10 partout dans le pays et un article mis-à-jour à propos du nombre d’arrestations à Athènes.