Archives du mot-clé Maroc

[Maroc] Emeute à Tiflet – 25 mars 2014

Maroc: heurts après une tentative de suicide

Des affrontements entre habitants et forces de l’ordre ont secoué hier Tiflet, une ville pauvre proche de Rabat, à la suite d’une tentative de suicide d’un vendeur de téléphones, aboutissant à l’arrestation de 13 personnes, ont affirmé aujourd’hui des témoins.

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Un jeune vendeur de téléphones, accusant notamment un policier de l’avoir maltraité en présence de son épouse au commissariat, a « menacé de se suicider s’il ne parlait pas au procureur du roi« , a indiqué Atika Daïf, un responsable local de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH, indépendant). Il a grimpé près de six mètres sur une des antennes du commissariat, provoquant un attroupement de plusieurs centaines d’habitants. Il s’en est suivi une intervention des forces de l’ordre pour disperser la foule, qui a dégénéré en affrontements jusque dans la soirée, a affirmé M. Daïf. « La police est intervenue de manière musclée, en poussant la foule, et les heurts ont ensuite été violents« , a déclaré Mohamed Elmsiah, un militant associatif joint par téléphone.

Contacté par l’AFP, un responsable de la police de Tiflet a pour sa part évoqué, sous couvert d’anonymat, des jets de pierres et affirmé que « quatre » membres des forces de l’ordre avaient été blessés. Des boutiques ont été endommagées ainsi qu’une banque, et au moins 13 personnes ont été interpellées selon les responsables associatifs, qui ont par ailleurs précisé que le vendeur avait été « grièvement blessé au niveau des hanches et des épaules » en chutant. Selon l’AMDH, le jeune homme, accusé par la police de vendre des exemplaires volés, a porté plainte auprès du procureur du roi contre le policier qui l’aurait maltraité: il affirme en outre que celui-ci lui a acheté un téléphone et lui doit quelque 1.500 dirhams (120 euros).

Située à une cinquantaine de kilomètres de Rabat, dans l’intérieur des terres, Tiflet est considérée comme l’une des villes les plus pauvres du Maroc.

Une vidéo ici

AFP via lefigaro.fr, 26/03/2014 à 19h19

[Maroc] Des migrants occupent l’ambassade du Sénégal pour protester contre l’acharnement policier – Rabat, 28 mai 2013

Ambassade du Sénégal à Rabat 
Affrontements entre police et clandestins

Des affrontements ont opposé, mardi, des forces de l’ordre à près de 100 migrants illégaux qui occupaient l’ambassade du Sénégal à Rabat pour protester contre un “acharnement” de la police marocaine à leur encontre, a constaté un journaliste de l’AFP.

“Après plus de trois heures de discussions avec les fonctionnaires de l’ambassade, les jeunes clandestins se sont retranchés à l’intérieur de l’enceinte, refusant de la quitter”, a indiqué à l’AFP un fonctionnaire de l’ambassade sous couvert d’anonymat.

“Ils se plaignaient d’un acharnement de la police marocaine à leur égard. L’ambassadeur était absent mais il a autorisé les forces de l’ordre marocaines à se déployer à l’intérieur de l’ambassade pour les évacuer”, selon la même source.

De violents affrontements ont alors opposé les clandestins aux forces de l’ordre, dont un membre a été blessé et évacué par ambulance, a constaté le journaliste de l’AFP.

Les affrontements ont duré près d’une heure et la plupart des clandestins se sont enfuis à travers les résidences voisines. Deux d’entre eux ont été arrêtés.

Selon des associations locales, de 20.000 à 25.000 clandestins originaires du sud du Sahara se trouvaient fin 2012 sur le sol marocain, dans l’hypothétique espoir d’un passage en Europe.

De nombreux immigrants illégaux d’Afrique noire tentent presque quotidiennement de gagner l’Espagne depuis le Maroc par voie maritime, à travers le détroit de Gibraltar, ou par voie terrestre en franchissant la frontière avec les enclaves espagnoles de Sebta et Melilla.

Leur presse – AufaitMaroc.com (avec AFP), 28/05/2013 à 15h36

[Les frontières assassinent] Plus de 90 migrants morts en deux semaines entre le Maroc et l’Espagne

Plus de 90 migrants sont morts en deux semaines entre le Maroc et l’Espagne

Plus de 90 migrants d’Afrique subsaharienne sont morts au cours des deux dernières semaines en tentant de rejoindre l’Espagne depuis le Maroc, a-t-on appris mardi auprès de membres de la communauté africaine immigrée et d’une source de la sécurité marocaine.

« D’après les témoignages de six survivants ayant réussi à rejoindre l’Espagne, 54 personnes sur une même embarcation sont mortes noyées la semaine dernière », affirme Pierre Delagrange, président du Collectif des communautés subsahariennes au Maroc. Dix-neuf autres sont mortes au large de Tanger, à 14 km de l’Espagne, au cours des deux dernières semaines, a-t-il ajouté. « Hier (lundi), trois corps ont été retrouvés sur une plage près de Tanger, portant à 19 le nombre de morts là, notamment des femmes et des enfants », a dit M. Delagrange. Le 26 octobre, pendant la fête musulmane de l’Adha, deux migrants africains sont morts et une cinquantaine ont été secourus alors qu’ils tentaient de gagner l’Espagne en bateau depuis le Maroc. La veille, 14 corps avaient été repêchés, selon les services d’urgence espagnols. Selon les autorités marocaines, ces tentatives pour franchir coûte que coûte le bras de mer séparant le Maroc de l’Espagne -quelques dizaines de kilomètres tout au plus- dans des canots de fortune se sont multipliées ces dernières semaines. Les autorités ont ainsi relevé avoir sauvé de la noyade « près de 6.500 migrants au cours des cinq dernières années » et arrêté pendant la même période quelque 23.000 subsahariens qui envisageaient de tenter la dangereuse traversée.

Leur presse – Le Vif.be (Belga), 06/11/2012 à 19h49

[Maroc] Emeute suite à l’expulsion d’une famille dans le quartier Ard Daoula à Tanger – 2 octobre 2012

Tanger – Affrontements entre habitants et forces de l’ordre

De violentes altercations ont éclaté ce matin au quartier Ard Daoula à Tanger entre citoyens et forces de l’ordre.

Des affrontements ont eu lieu mardi matin entre des habitants du quartier Ard Daoula à Tanger et les forces de l’ordre venues exécuter un ordre d’évacuation prononcé la veille par le tribunal de première instance à l’encontre d’une famille. Cette dernière a refusé de quitter les lieux. Voulant exprimer leur solidarité, des voisins ont attaqué les éléments des forces de l’ordre à coup de pierres. Les forces de l’ordre auraient fait usage de bombes lacrymogènes. Bilan : des blessés des deux côtés et des arrestations.

Leur presse – aswat.com, 02/10/2012 à 21h30

[REVOLTE AU MAROC] La police travaille à Rabat et Casablanca

La police pourchasse des contestataires à Rabat et Casablanca

La police pourchasse des contestataires à Rabat et Casablanca

Des policiers pourchassent des manifestants à Rabat, au Maroc. La police antiémeutes s’est déployée dans la capitale et Casablanca pour disperser des centaines de contestataires qui avaient enfreint une interdiction de manifester. (Reuters/Adam Tanner)


La police antiémeutes marocaine a pourchassé dimanche à Rabat et Casablanca des centaines de contestataires qui avaient enfreint une interdiction de manifester.

Cette réaction policière pourrait signaler un durcissement de la position du gouvernement contre un mouvement populaire qui se fait contestataire après avoir été festif en février.

« Manifester est un droit, de quoi le Makhzen (terme désignant l’appareil d’Etat) a-t-il peur ?« , criait la foule à Casablanca. « Dehors le Makhzen. Non au despotisme.« 

Les langues se délient pour critiquer le roi Mohammed VI mais les manifestations n’ont pas l’ampleur de celles des rues de Tunis ou du Caire.

À Rabat, les manifestants avaient l’intention de camper devant le parlement mais les autorités sont soucieuses d’éviter la création d’une nouvelle place Tahrir, la place centrale du Caire où les opposants ont campé jusqu’au renversement du président égyptien Hosni Moubarak.

Les policiers, armés de matraques et de boucliers, ont dispersé la manifestation avant même qu’elle ne commence, les contestataires se divisant en petits groupes pourchassés dans les rues de Rabat, comme à Casablanca.

L’un des meneurs, déjà battu par la police la semaine dernière, souffre d’une commotion cérébrale, a dit Jalal Makhfi, l’un des manifestants. Six personnes ont selon lui été blessées mais d’autres témoins avancent des chiffres bien plus élevés.

Des dizaines de personnes ont été frappées à Casablanca.

Un journaliste de Reuters a vu sept policiers s’en prendre à un homme, le frappant à la tête et au corps. Le manifestant, âgé d’une trentaine d’années, était en sang.

Le Maroc, longtemps considéré comme une monarchie stable, est agité par de plus en plus de troubles, inspirés des révolutions tunisienne et égyptienne.

Les manifestants réclament davantage de droits et une plus grande répartition des fruits de la croissance. Six contestataires sont morts ces derniers mois.

Vendredi, un groupe d’étudiants au chômage a réussi à approcher le roi Mohammed VI aux cris de « Votre majesté, nous voulons du travail« . Une inhabituelle violation du protocole, dans un pays où le portrait du roi orne les murs des échoppes et des grandes places et où Mohammed VI est décrit comme le descendant du prophète Mahomet.

Le Maroc a le plus faible produit intérieur brut par habitant du Maghreb et près de la moitié de sa population est illettrée.

En réponse à ces petites manifestations, le roi a annoncé en mars un amendement de la constitution qui garantirait davantage de démocratie. Une commission doit présenter ces modifications le mois prochain.

Leur presse – Reuters, 22 mai 2011

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Maroc: La police use de violence pour disperser des manifestants pro-démocratie

RABAT, Maroc — Les policiers marocains ont passé des heures dimanche à pourchasser des centaines de contestataires dans les rues de Rabat, la capitale du Maroc, afin de les empêcher de manifester en faveur de la démocratie.

Armés de matraques, les agents de l’escouade antiémeute s’en sont pris à tout ce qui ressemblait à un rassemblement de protestataires, en blessant certains et en traînant d’autres jusqu’à des fourgons de police.

Selon le mouvement de contestation marocain, qui demande depuis le 20 février des réformes politiques et davantage de démocratie dans le royaume d’Afrique du Nord, le gouvernement semble avoir adopté une nouvelle politique de tolérance zéro par rapport aux manifestations.

Dimanche, les manifestants ayant réussi à se réunir scandaient des slogans antigouvernementaux avant de s’enfuir devant les policiers. Les contestataires se plaignent également du coût élevé de la vie et du manque d’emplois.

Des dizaines de membres du mouvement ont plus tard tenté de se regrouper devant le parlement, mais les forces de l’ordre les ont violemment dispersés. Au coucher du soleil, les activistes s’étaient réfugiés au siège social du principal syndicat du Maroc alors que de nombreux policiers étaient postés à l’extérieur de l’édifice.

Les protestataires ont rapporté que la police avait aussi usé de violence pour réprimer des soulèvements populaires dans les villes de Tanger et d’Agadir. Plusieurs personnes ont été blessées et arrêtées mais aucun un bilan officiel n’était disponible.

Comme plusieurs pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, le Maroc est aux prises avec un mouvement de contestation pro-démocratie principalement composé de jeunes et inspiré des événements survenus en Tunisie et en Égypte ce printemps.

Même si les constestataires n’exigent pas l’abolition de la monarchie, ils souhaitent réduire son pouvoir et renforcer celui du premier ministre, réformer le système judiciaire et lutter contre la corruption qui, selon eux, mine le Maroc.

En mars, le roi avait promis de mettre en place une série d’amendements constitutionnels afin de remédier aux problèmes soulevés et nommé un comité chargé de s’acquitter de cette mission. Ce dernier doit présenter ses recommandations en juin.

Pendant que les membres du comité délibèrent, le gouvernement marocain semble toutefois avoir décidé d’interdire les manifestations alors qu’il les avait auparavant tolérées.

Le 15 mai, une tentative de rassemblement devant le quartier général du service de renseignements marocain en banlieue de Rabat avait été violemment réprimée. Au moins un des leaders du mouvement avait été sévèrement battu.

La police avait également mis fin, vendredi, à une protestation contre les dépenses de Mawazine, le prestigieux festival de musique du monde de Rabat.

Leur presse  – AP, 21 mai 2011