Archives du mot-clé Nantes

[Gaillac/Albi/Nantes] Pas de bougies et de marches blanches, VENGEANCE !

Un camarade tué au Testet

Pendant la nuit de samedi à dimanche un manifestant, Rémi, a été tué au cours des affrontements qui se sont déroulés lors du rassemblement contre le barrage de sivens au Testet. Environ 7000 personnes ont convergé sur la zad du Testet après des mois d’attaques policières, de destruction de la zone humide et des habitats de ceux qui la défendaient. En fin d’après midi puis plus tard dans la nuit, des dizaines de personnes s’en sont pris aux forces de l’ordre qui protégeaient le chantier. Elles souhaitaient ainsi marquer leur colère et retarder la reprise des travaux, initialement prévue pour lundi. Elles ont été repoussées à coups de flashballs, de grenades assourdissantes, de désencerclement et de gaz lacrymogènes. D’après les témoignages des camarades du Testet, la personne décédée se serait écroulée suite à des tirs de grenade puis aurait été emmenée par les forces de l’ordre. La Préfecture affirme ne rien vouloir déclarer à ce sujet avant le résultat public de l’autopsie lundi. Le gouvernement a déjà commencé à stigmatiser les manifestants, et tente de diviser pour noyer le poisson. Mais ils savent bien que, quoi qu’ils fassent, cette mort aura des conséquences explosives.

Ce décès révoltant n’est malheureusement pas surprenant dans ce contexte. A Notre dame des landes, au Testet et partout où nous nous opposons à leurs desseins, nous avons dû faire face au déploiement crû de la violence d’Etat. Si nous avons bien compris de notre coté que nous ne pouvions nous contenter de les regarder docilement détruire nos vies, eux ont démontré qu’ils ne nous feraient aucun cadeau. Pendant les mois d’expulsion de la zad de Notre Dame des Landes, de nombreux camarades ont été blessés gravement par des tirs de flasballs et grenades. Sur la seule manifestation du 22 février 2014 à Nantes, 3 personnes, visées à la tête par des flashballs ont perdu un œil. Depuis des semaines au Testet plusieurs personnes ont été blessées elles aussi et d’autres accidents tragiques ont été évités de justesse lorsque des opposants se sont faits délogés, notamment des cabanes qu’ils avaient construites dans les arbres. Pourtant c’est bien, entre autre, parce que des milliers de personnes se sont opposées physiquement aux travaux, aux expulsions, à l’occupation policière de leurs lieux de vie que le projet d’aéroport de Notre dame des landes est aujourd’hui moribond, et que le barrage du Testet et ceux qui devaient lui succéder sont largement remis en question. C’est cet engagement en acte qui a donné une puissance contagieuse à ces luttes et qui menace partout aujourd’hui l’aménagement marchand du territoire.

Plus quotidiennement la répression s’exerce face à ceux qui luttent dans les prisons, dans les quartiers et dans les centres de rétention et entraîne là aussi son lot de morts trop souvent oubliées, plusieurs dizaines chaque année. Face aux soulèvements et insoumissions, la démocratie libérale montre qu’elle ne tient pas seulement par la domestication minutieuse des individus et des espaces de vie, ou par les dominations économiques et sociales, mais aussi par un usage déterminé de la terreur.

Nous appelons à occuper les rues et lieux de pouvoir partout dès demain, pour marquer notre tristesse, saluer la mémoire du camarade tué ce samedi et pour exprimer notre colère face à la violence d’Etat. Nous ne les laisserons pas nous tuer avec leurs armes dites « non létales ». Réagissons avec force pour qu’il y ait un avant et un après cette mort. Affirmons plus fort que jamais notre solidarité avec tous ceux qui luttent au Testet et ailleurs contre leurs projets guidés par les logiques de contrôle et de profit,barrage de sivens mais aussi avec tous ceux qui tombent plus silencieusement sous les coups de la répression partout ailleurs. Nous ne nous laisserons ni diviser ni paralyser par la peur. Nous continuerons à vivre et lutter sur les espaces qu’ils rêvent d’anéantir, et à leur faire obstacle.

Nous ne laisserons pas le silence retomber, nous n’oublierons pas !

Des occupant-e-s de la zad de Notre dame des Landes

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Le dimanche 26 octobre en fin d’après-midi, plus de 1000 personnes se sont rassemblées à Gaillac pour exprimer la rage contre la mort de Rémi.

Se tenant dans une atmosphère suintant la paix sociale (une marche blanche était prévue, sic), une partie du cortège, cagoulés, s’est mis à lancer pierres et fumigènes sur les flics tout en s’attaquant aux banques: quelques militants anti-barrage pacifistes sont rapidement interposés pour préserver ces institutions de misère et de mort. Un monument aux morts a été tagué et des drapeaux tricolores brûlés.

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B0-irOECIAAdQqC.jpg smallLe lendemain dans la soirée, de nombreux rassemblements se sont tenus en France, notamment à Rennes, Albi., où quelques destructions de banques et affrontements avec la police ont été rapportés par la presse. A Nantes, près de 1500 personnes ont manifesté. Des tags ont été inscrits sur les murs du centre-ville. Au bout d’une heure, la rage a définitivement pris le pas sur la tristesse:  dans le quartier Bouffay, rue Crébillon et sur le cours des 50 Otages, des abris-bus et panneaux publicitaires ont été détruits, des caméras de surveillance mises hors d’usage ; plus d’une vingtaine de vitrines de magasins et de banques ont été défoncées par des petits groupes masqués « très mobiles« , accompagnés de feux de poubelles un peu partout dans le centre. Huit personnes ont été interpellées pour « vols et violences à agents ».

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CAnantes lclnantes

[Nantes] L’agence Vinci repeinte en vert contre l’aéroport de NDdL et le monde qui va avec

Ceci est une contribution au Voyage à Nantes

 Nous voulons rendre hommage à la Métropole Socialistecréative et ludique, celle de Johanna Rolland. Celle qui expulse les sans-toit, crève les yeux des manifestantEs et emprisonne les révoltéEs. Celle qui constelle les rues de caméras et de gyrophares.

Nous voulions rendre hommage à la culture subventionnée, celle de Jean Blaise et du graffiti aseptisé. Hier encore, des lieux – réellement – occupés étaient attaqués par des cohortes de policiers surarmés à Notre Dame des Landes ou dans les quartiers gentrifiés de la Métropole. Aujourd’hui, le Voyage à Nantes ouvre sans ciller une « Villa Occupada » au cœur de la ville. Nous saluons l’ironie de la démarche.

Et puisque la Métropole veut tout repeindre en vert, de l’asphalte du centre ville au béton de son projet d’aéroport, nous sommes venuEs faire éclabousser sa ligne verte sur les locaux de Vinci.

Commando Paul Bismuth fraction Jean Blaise

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Indymedia Nantes, 29 juillet à 19h22
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Nantes : L’agence Vinci repeinte en vert par des anti-aéroport

L’agence Vinci immobilier, rue de Strasbourg, saccagée lors de la manifestation contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes le 22 février, a été la cible de nouvelles dégradations. De la peinture verte a été projetée sur la façade du local dans la nuit de dimanche à lundi. Un acte baptisé « contribution au Voyage à Nantes » et revendiqué par un certain « commando Paul Bismuth », en référence au pseudonyme utilisé par Nicolas Sarkozy. Un mail a été envoyé, hier, dans toutes les rédactions pour justifier ces dégradations. Une occasion pour ce commando anonyme émanant des militants anti aéroport de détourner la ligne verte du Voyage à Nantes, cette culture « subventionnée » et de le faire savoir.
Leur presse – ouestfrance, 29/07/2014

[Nantes] Manif de solidarité avec les prisonniers de la lutte anti-aéroport et tous les autres – 12 juillet 2014

Ce samedi, nous avons réussi à échanger avec des prisonniers et nous faire entendre de l’intérieur. Et oui, dehors, on vous oublie pas !!!!

NantesAntiTaule1207

Nous etions une centaine à partir depuis  le parking du carrefour La beaujoire en direction de la maison d’arrêt de Carquefou où Enguerrand et Simon sont enfermés, avec des centaines d’autres, des frères. Nous nous sommes dirigés vers la prison, mais un impressionnant dispositif policier nous a empêché de nous faire entendre par le devant de la prison. Qu’à cela ne tienne ! Nous nous sommes dirigés vers l’arrière de la prison, où une partie d’entre nous a pu traverser le champ de ronces et échanger quelques mots solidaires et fraternels avec les enchristés. Un court échange a pu s’installer et les quelques petards  lancés ont permis de nous faire entendre du reste de la détention.

Et oui les gars on vous oublie pas ! Condamnés de la lutte de l’aeroport ou de la débrouille quotidienne, dehors on répond présent. On n’est pas mort.

Ces quelques mots échangés étaient de trop pour les policiers, qui lancèrenet quelques grenades lacrimogènes. Ces dernières mirent d’ailleurs le feu à quelques broussailles déjà séchés par le vent et le soleil. La fumée qui s’en suivi mis, hélas, définitivement fin à notre conversation

Nous sommes alors reparti  pour nous disperser devant le Carrefour. Au moment du départ, alors que nous revenions sans s’être fait voler unE camarade,  les policiers ont controlé une voiture pour finir par embarquer un gars. Ce malheureux  portait un opinel dans sa poche…

On reviendra, on sera plus nombreux.

A bientôt, les frères !!!

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Une centaine de personnes a arpenté les alentours de la nouvelle prison de Nantes – à Carquefou -. Ces dernières semaines, plusieurs compagnons ont été jetés en prison, accusés d’avoir participé à la manifestation du 22 février contre l’aéroport et son monde.

Ces derniers jours, un détenu s’est suicidé dans cette même maison d’arrêt. C’est le septième décès dans cette nouvelle taule « à visage humain ».

Après avoir été bloqué par un important dispositif policier devant l’entrée, le cortège se fraie un détour entre les ronces pour atteindre les abords de la prison.

Des cris, slogans et fusées sont lancés sous l’œil du mirador. Les flics répliquent par plusieurs tirs de grenades lacrymogènes qui enflamment les broussailles.

Alors que les casqués font irruption au milieu des fourrés le petit cortège se replie. Les détenus ont pu nous entendre et crier à leur tour.

Une volute de fumée brune se répand à la verticale des barbelés.

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Repris d’indymedia nantes

[Nantes/NDdL] Appels en solidarité avec les inculpé-es de la manif du 22 février anti-aéroport (Rassemblement vendredi 27 juin devant le palais de justice)

Répression du mouvement de lutte
contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes

Quelques éléments sur les procédures judiciaires en cours

la-zad-est-partoutDepuis le 22 février 2014, au moins 22 personnes ont été arrêtées, accusées d’avoir participé à la manifestation anti-aéroport, pro-zad, organisée à Nantes ce jour-là. Certaines l’ont été le jour même, d’autres un mois après, et les suivantes au compte-goutte, chez elles, dans la rue, sur leurs lieux de travail. Plusieurs ont été incarcérées, notamment en détention provisoire.

Tous ces inculpés ont été déférés devant le juge en Comparution Immédiate, procédure d’urgence, la plus répressive. Comme s’il fallait évacuer par le biais de l’urgence et d’arrestations individuelles la publicité sur ces enquêtes inabouties. Comme si on cherchait à éviter de se trouver en prise avec un mouvement massif, qui a réuni jusqu’à 50 000 personnes dans les rues de Nantes. Sans parler des dizaines de collectifs qui s’organisent dans et autour de la zad depuis plusieurs années.

Les dossiers utilisés pour ces jugements font apparaître clairement l’intervention des services de renseignement dans l’identification et le profilage des personnes arrêtées. En fait ils reposent essentiellement sur des photographies obscures, floues, de personnes masquées. Ici, contrairement aux enquêtes ordinaires, il semble que les photographies viennent appuyer a posteriori le profilage réalisé par la DGSI (ex-DCRI).

Lors d’un récent procès, la position du parquet fut la suivante : dans les dossiers portant sur la manifestation, il n’y aura pas d’autres preuves que ces photographies litigieuses, pas d’autres éléments d’enquête que ceux, implicites, du renseignement. La juge a donc été sommée de faire un choix partisan : se soumettre au dictat du ministère de l’intérieur pour tous les dossiers, sans jamais prendre en compte les arguments de la défense. Elle est ainsi placée devant un chantage évacuant sa capacité d’appréciation objective.

D’autre part, les dossiers d’enquête mettent en lumière les pratiques de fichage systématique dont font objet les opposants au projet d’aéroport notamment par la cellule nantaise de la DGSI. Ils démontrent l’étroite collaboration entre la police politique et la police judiciaire, ce qui permet aux pouvoirs publics de voiler au regard de la défense et des citoyens les éléments de l’enquête nécessaires à l’élaboration de la défense de tout justiciable, présumé innocent. Ces pratiques de fichage systématique entrainent ainsi une criminalisation de fait de tous les militants anti-aéroport, susceptibles d’être arrêtés et incarcérés sans autres éléments, que ceux de la DGSI, contre lesquels ils seront sans défense. Elles viennent nourrir les questionnements plus larges ouverts aujourd’hui, sur la généralisation de la surveillance et les difficultés d’accès au dossier d’inculpation.

Il va de soi que ce mouvement est accompagné d’une croissance exponentielle du fichage des militants et sympathisants. Ce phénomène s’illustre notamment par leur capture vidéo ou photo en toute occasion, comme par exemple lors de l’expulsion de la “maison de la zad” le 20 juin dernier.

Et pour la première fois, il s’agit d’un fichage à usage directement répressif : il n’est plus seulement une menace distante dans le temps. Il pourrait s’agir d’une accélération de la transformation des services de renseignement, d’une instance de dialogue social en une instance répressive, telle qu’on a pu l’observer depuis la création de la DCRI.

Pour autant nous n’ignorons pas que le type d’opération menée ces derniers mois contre le mouvement de la zad cherche à provoquer parmi toutes ses composantes la crainte et la dissociation en discriminant coupables et innocents, militants légitimes et illégitimes. Ceci quand bien même les porte-paroles de tous les collectifs, formels et informels, ont réaffirmé au lendemain de la manifestation la solidarité qui a fait jusqu’à présent le succès et le caractère unique de cette lutte.

Nous appelons toute personne ou collectif, à se renseigner, enquêter, diffuser les informations afin que ces méthodes puissent être contrôlées et contestées, car nous sommes tous concernés.

À vous de jouer.

repression22fevrier@outlook.com

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ZAD – La solidarité : une « association de malfaiteurs »
Compte-rendu depuis la journée de procès du 19 juin

Suite à la manifestation du 22 février à Nantes contre les menaces d’expulsion de la zad et de démarrage des travaux de l’aéroport, nous faisons face à une campagne continue d’arrestations. Fait nouveau dans ce pays, ces arrestations se font en majorité a posteriori, sur des bases d’images vidéos, d’appels à délations et de croisements avec des fichiers politiques.

La manifestation du 22 février avait regroupé plus de 50 000 personnes et 500 tracteurs. Son parcours avait été prohibé, au dernier moment, par le Préfet. Mais des milliers de personnes ont décidé de braver la zone rouge et se sont, de fait, mises ainsi dans l’illégalité. Le jour même la répression policière, à coup de gaz, grenades et flashballs, a été particulièrement féroce. 3 personnes y ont perdu l’usage d’un œil. Dans les semaines qui ont suivi la manifestation, une campagne politico-médiatique de diabolisation s’était mise en œuvre, sans succès, pour diviser et fragiliser le mouvement. Au final le gouvernement n’a eu d’autre choix que de mettre le projet d’aéroport en stand-by pour une durée indéterminée et peut-être à jamais.

Mais 4 mois après, l’État continue à se venger de cet affront, sur le plan judiciaire : en isolant des personnes et groupes qu’il incarcère pour distiller la peur au plus grand nombre. Une vingtaine de personnes arrêtées dans les semaines et mois qui ont suivi la manif’ sont déjà passées en jugement. Une d’entre elles a été condamnée à un an de prison ferme pour avoir fabriqué et utilisé des fumigènes. Le 17 mai, une manifestation de soutien aux inculpé-e-s et blessé-e-s regroupait plus de 1500 manifestants à Nantes.

Depuis, la machine continue de s’accélérer. Le 19 juin, quatre personnes ont été condamnées pour participation à un attroupement armé, jet de canette ou encore simple possession d’un marteau pendant la manifestation. Trois personnes vont comparaître dans les semaines à venir pour des faits liés au 22 février.

Dans chacun de ces procès, les dossiers ne comportent que de simples photographies floues qui montrent des personnes masquées que l’on a bien du mal à reconnaître. Et les inculpé-e-s se voient condamner sur la base de leurs aveux, obtenus sous la pression de la garde-à-vue. L’un des accusé-e-s, contestant les faits qui lui sont reprochés, vient d’être condamné à 9 mois de sursis et 4500 euros d’amende sur la base de simples photos litigieuses. La juge a appliqué à la lettre les réquisitions de la procureur, qui avait reconnu à demi-mot que le dossier était vide, mais avait placé la décision sur un plan politique : en l’absence de preuves plus probantes, la juge devait prendre parti malgré tout entre le ministère public et la défense. Ajoutant que concernant le 22 février, il n’y aurait jamais de preuves plus solides et qu’il faut donc les accepter comme telles si l’on veut pouvoir trouver des coupables.

Une telle affirmation confirme que le rôle de tous ces procès n’est pas de punir des faits commis, que le parquet aurait besoin de démontrer, mais bien d’exercer sur la zad une pression assumée comme telle. Après le succès du 22 février, l’impossibilité d’expulser la ferme nouvellement occupée à Saint-Jean du tertre et d’empêcher l’acheminement et la construction d’un nouveau hangar au rosier, l’État se venge comme il peut face à un mouvement qui ne cesse de monter en puissance. Pour paralyser la contestation, il vise tout d’abord à faire accepter la mis en place de nouveaux dispositifs répressifs. Ceux-ci nous concernent tous et toutes car ils menacent les possibilités de lutte en général, en allant même jusqu’à s’attaquer aux manifestations de soutiens et d’amitié aux inculpés. En effet, quatre personnes se voient accusées, sous prétexte de la présence dans leur voiture d’affiches d’appel au rassemblement du 19 et du 27 juin ainsi que d’une boîte à outils, d’« association de malfaiteur », en l’occurrence « entente établie en vue de commettre un rassemblement armé devant le tribunal de Nantes ».

Nous ne nous laisserons pas gagner par la peur. Le 19 juin, deux cents personnes se sont rassemblées malgré tout devant le tribunal de Nantes. Le soir même, une maison de la zad s’est ouverte dans Nantes.

Plus que jamais, une solidarité massive doit se construire à l’échelle du mouvement contre l’aéroport et bien au-delà. Le prochain moment pour l’exprimer sera le 27 juin, de nouveau devant le tribunal de Nantes et partout ailleurs où des rassemblements et actions pourront s’organiser.

Des manifestant-e-s du 22 février, des occupant-e-s de la zad, des collectifs et personnes en lutte.

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2-466e4Reçu par mail, 24 janvier 2014

[Nantes] Quatre nouvelles condamnations suite à la manif du 22 février contre l’aéroport – 19 juin 2014

Ces six nouvelles arrestations ce mercredi 18 juin sont en lien avec la manif émeutière du 22 février contre l’aéroport à Nantes. Les personnes interpellées, dont deux sont originaires de Rennes, ont été transférées au commissariat Waldeck-Rousseau de Nantes. Un deuxième rassemblement en solidarité avec les inculpé-es a été organisé devant le commisssariat W-R de Nantes ce jeudi 19 juin à partir de 14h00. 

Les comparutions immédiates ont été rapportées dans la presse locale:

Au final, quatre personnes (trois hommes et une femme de 21 à 33 ans) ont été condamnées de 1 à 9 mois de prison avec sursis et 4 455 euros de dommages et intérêts à payer à la Ville de Nantes en réparation de dégradations faites sur la façade de l’hôtel de ville. Un des émeutiers rennais a écopé de 9 mois avec sursis (un mois de sursis en plus pour refus de prélèvement ADN). Tou-te-s comparaissaient aussi pour violence contre les policiers et participation à un attroupement armé

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Indymedia nantes, 18/06/2014 à 23h53:

Beaucoup d’informations ont circulé toute la journée mentionnant 6 arrestations.

Ce qui est sûr c’est qu’une nouvelle personne a été arrêtée ce matin à son domicile à Rennes, puis enmenée à Nantes pour être interrogée. Visiblement ce serait dans le cadre du 22 février.

Concernant les 5 autres personnes en garde-à-vue, rien ne laisse penser que c’est en lien avec la manifestation du 22.

La répression continue et n’est pas prête de s’arrêter!

Demain grande journée de soutien aux inculpé-e-s.
Rdv devant le tribunal (TGI) de Nantes à 14h.
Deux personnes passent en procès pour la manif, puis il est possible que certaines de ces 6 personnes passent en comparution immédiate.

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Depuis cette journée d’émeutes du 22, plusieurs arrestations ont eu lieu à Nantes (dont de la prison ferme), Paris et Rennes.

[Nantes] Nouvelle incarcération suite à la manif du 22 février contre l’aéroport – 14 mai 2014

Nantes. Un participant à la manifestation anti-NDDL du 22 février écroué

Un homme de 29 ans devait être jugé ce vendredi après-midi en comparution immédiate à Nantes. Ce Parisien est soupçonné d’avoir participé aux dégradations de l’agence de voyage Fram et de locaux appartenant à Nantes métropole lors de la manifestation anti-aéroport de Notre-Dame-des-Landes le 22 février à Nantes. Il est aussi suspecté d’avoir jeté des projectiles sur les forces de l’ordre lors de ces débordements.

Il réfute les faits.

Son procès a finalement été renvoyé au mois de juin, le tribunal ayant ordonné un complément d’information : un expert sera désigné pour étudier les photos de la manifestation sur lesquelles repose le dossier.

En attendant l’audience, le prévenu, interpellé mercredi à Paris et déjà condamné à six reprises, a été placé en détention provisoire.

Leur presse – presseocean.fr, 16/05/2014

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à Nantes le 1er avril dernier, plusieurs manifestants du 22 février ont été arrêtés et condamnés à des peines de prison, dont une personne à un an ferme. Ce samedi 17 mai, plus de 1500 personnes ont manifesté contre la répression à Nantes, recouvrant entre autre de peinture le local Vinci et d’un tag le local PS.

[Nantes] Appel à manif et actions décentralisées contre la répression de la lutte anti-aéroport samedi 17 mai

Voir l'appel

Voir l’appel

L’appel en anglais

[Nantes/NDdL] Vague d’arrestations et peines de prison ferme suite à la manif du 22 février dernier

Notre-Dame-des-Landes : jusqu’à un an de prison ferme pour des activistes

En février, une manifestation à Nantes contre le projet d’aéroport avait dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre.

Quatre hommes ont été condamnés mardi à Nantes en comparution immédiate à des peines allant de quatre mois de prison avec sursis à un an ferme, pour des dégradations et des violences commises lors de la manifestation nantaise du 22 février contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. L’un des prévenus a écopé d’un an de prison ferme avec mandat de dépôt pour des jets de projectiles sur des policiers, sans ITT (interruption temporaire de travail), et «fabrication d’engin explosif artisanal», en l’occurrence des canettes fumigènes. Des faits pour lesquels le parquet avait notamment requis six mois de prison et un mandat de dépôt, en raison du casier judiciaire du prévenu.

Deux autres jeunes hommes, âgés de 20 à 30 ans, ont été condamnés sans mandat de dépôt, par le tribunal correctionnel de Nantes, à des peines de quatre mois de prison ferme pour le premier et de deux mois de prison ferme avec révocation d’un sursis de deux mois, pour le second. Ils étaient poursuivis, l’un pour dégradations et vols en récidive commis dans les locaux de la TAN, les transports en commun de Nantes, et l’autre pour des jets de pierres sur des policiers. Le quatrième prévenu, âgé de 53 ans, poursuivi pour violences sur des policiers sans ITT, a écopé de quatre mois de prison avec sursis.

Au total, sept personnes interpellées lundi à Nantes ont été convoquées devant la justice.

Deux mineurs seront déférés devant le juge des enfants pour des faits de violences sur les forces de l’ordre – des jets de bouteille et de pavés – et dégradations d’un local Vinci, le groupe concessionnaire du futur aéroport. Le dernier individu se verra délivrer une convocation par un officier de police judiciaire aux fins de comparaître ultérieurement devant le tribunal correctionnel pour des faits de violences par jets de pétards contre les forces de l’ordre.

La manifestation anti-aéroport avait rassemblé, le 22 février à Nantes, un nombre record de participants (20 000 à 60 000 personnes selon les sources) et avait dégénéré. Une dizaine de policiers et gendarmes avaient été blessés et hospitalisés, selon la préfecture, et 14 personnes avaient été interpellées. Cinq jeunes gens, interpellés lors de la manifestation, ont par ailleurs été condamnés fin février à des peines allant de travaux d’intérêt général à de la prison ferme mais sans mandat de dépôt.

AFP via liberation.fr, 02/04/2014

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Arrestations suite à la manif du 22 fév. contre l’aéroport #NDDL : procès du 1er avril

[…] Dès le début d’après-midi, la salle de comparution immédiate du Tribunal de Grande Instance de Nantes est bondée. 

Des journaliste sont venus se régaler de la répression qu’ils ont complaisamment attisée contre les manifestant-e-s.

La Justice, à grand renfort de couverture médiatique, a décidé de s’acharner contre les manifestants perquisitionnés et arrêtés à Nantes au lendemain du triomphe du premier flic de France.

Les dossiers sont vides. La procureure à bien du mal à camoufler l’absence d’enquête sérieuse menées par les 30 flics spéciaux dépêchés à Nantes suite à la manifestation. La volonté de faire des exemples est évidente. Les prévenus passent en comparution immédiate, sans avoir pu préparer leur défense.

Après une parodie de procès dont les étapes sont écrites à l’avance, les peines s’abattent froidement sur les prévenus comme sur le public. Insupportables.

Une figure associative nantaise de 53 ans écope de 4 mois de prison avec sursis. Gratuitement. P. n’a pourtant aucun antécédent, à part celui de lutter pour le droit des sans abris. La peine est purement arbitraire : le prévenu est soupçonné d’avoir renvoyé vers les flics un seul des milliers de palets de lacrymogènes propulsés sur la foule à coups de lance-grenades. Puni pour avoir, à son échelle dérisoire, renvoyé la violence à l’envoyeur.

Deux jeunes manifestants, J. et G., soupçonnés d’avoir également résisté à la violence policière et pour l’un d’avoir récupéré un T-Shirt dans le local de la TAN écopent tous deux de prison ferme : 4 et 5 mois de taule. Des peines d’abattage. Il n’y a pas de mandat de dépôt pour eux.

Le coup de marteau le plus violent concerne le dernier prévenu, E., 23 ans. Militant déjà ciblé de nombreuses fois par le passé par les policiers, il est accusé d’avoir fabriqué un fumigène. Alors que la procureur requiert la lourde peine de 6 mois de taule, le Juge aux ordres décide carrément de multiplier par deux ces réquisitions déjà iniques. Il prononce 1 an de prison ferme pour E. Avec mandat de dépôt.

Perquisitionné hier matin, il part à la prison de Nantes ce soir. Les flics, évidemment présents en nombre, arborent un sourire satisfait.

La foule se met à crier de colère, à insulter les juges, la Justice. La salle est évacuée par des policiers nerveux alors que la copine et le bébé de E. sont empêché de lui glisser un dernier mot, une dernière caresse, avant qu’il soit transféré.

Une centaine de personnes défile ce soir en cortège jusqu’au centre ville en criant sa rage contre la Justice.

nantesAntirep

Pas de Justice, pas de paix !

Solidarité avec les inculpés !

Repris d’indymedia Nantes, 2 avril 2014

NdCNE:

Dans la matinée de lundi 31 mars 2014, la police a annoncé via leurs organes de communication de la presse qu’une vague d’interpellations avaient eu lieu à Nantes en lien avec la manif émeutière du 22 février: 8 à 10 personnes ont été arrêtées, deux ont été disculpées.

[La ZAD est partout] De Sydney à Nantes, résistance et sabotage – 22 février 2014

Dans la soirée du 22 février, nous avons vandalisé le siège social ‘Vinci’ et leur filiale ‘Advitam’ dans la zone industrielle de Seven Hills à l’ouest de Sydney.

A Nantes le 22 février 2014

A Nantes le 22 février 2014

Quelques fenêtres ont été brisées, et les slogans « Contre Vinci et son monde » et « ZAD partout » ont été peints.

Ce petit acte a été fait en réponse à l’appel à des actions en solidarité avec la grande lutte de Notre-Dame-des-Landes en France, contre un aéroport que Vinci s’est engagé à construire.

Durant les deux dernières années, les gens ont occupé et défendu les champs désignés pour le projet. La région autonome maintenant connue comme la ZAD a repoussé les assauts vicieux de la police et a construit des centaines de cabanes et de jardins, qui ont logé et nourri des milliers de zadists et de soutiens internationaux.

Vinci est une entreprise de développement mondial engagé dans des projets à travers la planète, y compris la construction d’une autoroute à travers l’une des dernières forêts à Khimki en Russie que des compagnons se sont battus à défendre.

Dans le monde entier le capital recherche les ressources et industrialise les derniers vestiges de la nature sauvage. Des aéroports aux autoroutes, des mines de charbon aux lignes ferroviaires à grande vitesse, n’importe quel niveau de destruction de l’environnement et de déplacement de communauté est acceptable pour un projet jugé important pour la «croissance économique» et l’accroissement des flux de marchandises.

En ce moment, homme d’affaires et politiciens des principaux partis d’ici discutent fébrilement des plans pour l’expansion de l’aéroport de Sydney avec deux nouvelles pistes à Botany Bay, la construction d’un nouvel aéroport à ‘Badgerys Creek’ dans l’extrême-ouest de Sydney et également la construction d’une ligne ferroviaire à très haute vitesse reliant l’aéroport de Canberra à Sydney.

Dans l’ensemble du territoire revendiqué par l’Etat australien, le développement industriel, de l’uranium aux mines CSG sont en expansion à une vitesse exponentielle. Sans tenir compte des préoccupations locales sur la destruction des nappes phréatiques et la qualité de l’air, ainsi que des préoccupations mondiales sur le climat, les patrons de l’industrie et leurs politiciens peuvent seulement offrir des campagnes de mascarade écologique et de perspective pathologique d’emplois.

La seule façon de vaincre ces développements c’est grâce à notre lutte collective et combative contre le capital en défense de notre base terrestre commune.

De Botany Bay à Heathrow
De Badgerys Creek à la ZAD
De Canberra au Val Susa
De la Tarkine à Atenco
De Boggarbri à Hambach
De Goongera à Gérone
De Roxby Downs à Carélie du Nord
De Nauru à Lampedusa
De prison en prison

Résistance et sabotage !

Traduit de l’anglais de indymedia australia/sydney

[Nantes] Récits d’une manif contre Vinci et son monde – 22 février 2014

22 février – Contre-feu face à la dévastation médiatique. Récit et analyse collective de la manifestation anti-aéroport

Nous sommes des voix anonymes de cette manifestation. Nous n’accepterons pas que les mots pré-mâchés des médias nous volent la mémoire de cette journée. Nous ne succomberons pas aux pressions et aux mensonges de politiciens qui veulent juste nous diviser et rêvent de nous voir disparaître. A nous d’écrire notre histoire. Voici une collecte de récits et ressentis de cette journée. On vous appelle à les diffuser et à faire de même.

La manifestation commence pour certain dès 7h du matin par des convois de tracteurs qui arrivent par les voies rapides ou les départementales. Le cortège parti de Vannes compte 150 tracteurs, celui de Rennes pas moins de 80. Ceux qui sont partis de là-bas invitent ceux qui les croisent en sens inverse sur la 4 voies à écouter radio bouchon, une radio pirate qui diffuse des émissions sur l’histoire des luttes paysannes. Tous les paysans ont mis la plaque d’immatriculation de Jean-marc Ayrault sur leur véhicule. Depuis la ZAD, pas mal de gens sont partis avec les tracteurs. Dans les villages, au passage des convois, de nombreux riverains sont sur le pas de leur porte et applaudissent.

Au final, 5 convois se rejoignent sur le périph’ nantais et viennent se positionner directement square Davier, au point d’arrivée de la manifestation. On dénombre 520 tracteurs, l’équivalent d’un cortège de 3,5km, on va dire 4 avec les remorques. On peut lire sur pas mal d’entre eux « tracteurs vigilants« , le signe qu’ils sont prêt à venir sur la ZAD ou à entrer en action à coté de chez eux en cas de besoin, pour empêcher des travaux, défendre les champs et les maisons. Une trentaine de tracteurs rejoint le Pont Morand point de départ de la manifestation. Là-bas, dès 12h des cantines collectives accueillent les comités locaux arrivés de partout dans une soixantaine de bus. Pas mal de monde est logé chez des Nantais-e-s ou dans les villages alentours. Dès la veille, le local de Vinci était déjà recouvert d’une inscription et on voyait des personnes arpenter les rues de la ville avec des sac à dos et panneaux pour la manifestation.

Vers 12h30 un groupe débarque en radeau fait main, le long de l’Erdre, avec une banderole « résistance et sabordage« . Tout au long de leur dérive, ils disposent au milieu de l’eau des drapeaux anti-aéroport sur flotteur. Pendant ce temps, quelqu’un fabrique une cabane dans un arbre à 30 mètres de la Préfecture, rappelant celles qui ont marqué la résistance dans la forêt de Rohanne en novembre 2012, sur la ZAD. Depuis la veille, la préfecture met en place des grilles anti-émeutes partout autour du centre-ville, qu’elle a choisit, au dernier moment, de rendre inaccessible aux anti-aéroports. Une prise de parole initiale annonce que même si le Préfet a l’air d’avoir peur de nous, « ça ne va pas nous empêcher de manifester ». Des nantais nous témoignent qu’il leur est interdit de rentrer chez eux. Il y a des contrôles un peu partout. Au coin d’une rue, une personne se fait piquer la binette avec laquelle elle est venue défiler.

A 13h15, au début, on a un peu peur : on a l’impression de ne pas être aussi nombreux que prévu. Et puis assez vite, ça converge de partout. Il y a un afflux massif. La manif se révèle immense, avec pas mal de gens qui n’étaient sûrement jamais venus montrer, dans la rue, leur refus de l’aéroport. Jusqu’à 14h30, la queue de manif n’a pas fini de partir de Pont Morand et la tête de manif est déjà au niveau des machines de l’île. Il y a alors plus de 3km5 de manifestation continue sur des artèree forts larges. Pendant ce temps des tracteurs remontent par l’autre coté de la zone rouge. Nous sommes des dizaines de milliers. C’est la plus grosse mobilisation anti-aéroport à ce jour et personne à Nantes ne peut ignorer sa présence dans la ville.

Depuis le début du cortège ont voit arriver des chars : une salamandre jaune et noire de 15m se dandine tranquillement. Un tracto-triton géant ronronne. De très nombreux masques d’animaux marquent le refus de la destruction des espèces et des mesures dites de compensation. On se délecte des centaines de panneaux faits main avec des slogans aussi drôles qu’imaginatifs. Sur un mode plus mégalo, une banderole géante est déployée depuis le haut des immeubles, d’un coté à l’autre de l’avenue de Strasbourg en soutien à ceux qui se battent contre la construction d’une ligne à grande vitesse dans le Val de susa.

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« Liberté pour toutes – Chiara, Mattia, Claudio, Niccolo…. No TAV – Résistances et sabotage »

Le 22 février est aussi une journée internationale de soutien aux personnes accusées là-bas de terrorisme et qui risquent jusqu’à 20 ans de prison pour s’être attaqués à un chantier. Au-delà de l’aéroport, la manifestation se connecte très visiblement avec un tas d’autres luttes contre l’aménagement marchand, sécuritaire et gestionnaire du territoire. Tout au long du défilé, pas mal de personnes s’emploient à donner une autre couleur à la ville et à en marquer certains points particuliers. Du marqueur à l’extincteur en passant par les oeufs de peinture, collages d’affiches et sprays. On découvre d’ingénieux mécanismes pour reproduire à l’infini un pochoir « la police tape la police tape la police tape la police tape la police tape la police…« . La mairie, un tribunal, un commissariat, des caméras de vidéosurveillance, les grilles anti-émeute et les flics derrières sont redécorés.

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la mairie de Nantes

la mairie de Nantes

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Expressions murales sur le comico

Expressions murales sur le comico

Sur un mur repeint, il ne reste bientôt plus que la trace de leurs silhouettes en gris sur fond de blanc dégoulinant. Sans surprise, le commerce Vinci immobilier, situé en début de manifestation, focalise les énergies débordantes et ne survit pas au passage d’autant de personnes qui tiennent à marquer leur animosité vis à vis du projet d’aéroport. Au fil du défilé, l’enseigne s’est fait peindre, puis ouvrir, puis repeindre, puis casser, puis rerepeinte.

L'intérieur du local Vinci

L’intérieur du local Vinci

Les maquettes et mobiliers ont été déménagés. Il servira même à la fin de la journée de décor pour photos souvenirs de manifestants en famille avec panneaux et calicots.

Un peu plus loin, des personnes amorcent un fumigène sur la voie ferrée pour avertir les trains de ne pas passer sur les voies. Ils invitent ensuite ceux qui le souhaitent à lancer des chaussures sur les caténaires. Cette action surprise désigne le rôle de la sncf dans la construction ligne à grande vitesse Lyon-turin dans la val de susa. L’ambiance sonore évolue au fil de la manif. Un groupe tout de rose vêtu forme une grande baukada « rythm of resistance », réunissant des formations de divers endroit qui se cale sur des canevas communs. Un peu plus loin, des rappeurs de la ZAD et d’ailleurs se relaient sur un tracteur et mettent en mot cadencés une critique sociale et des rages partagées.

Autour d’un isoloir ambulant plein de déguisements, une sono marque des pauses sur le trajet et met en lien un certain nombre d’enseignes avec l’aéroport et son monde. Elles mettent en regard le tourisme, le renforcement des frontières et les expulsions, les rapports nord-sud et invitent à venir faire des pochoirs. Plus loin encore, une foreuse et une pelleteuse sont incendiées. Des manifestant-e-s désapprouvent, mais on entend aussi pas mal de « bien fait pour eux ! », surtout quand certains comprennent qu’il s’agit d’un chantier Vinci.

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Il y a tellement de monde et tout est tellement étalé qu’il est impossible de comprendre tout ce qui se passe.

Au niveau du croisement des trams, l’avant du cortège constate que le cour des 50 otages est bel et bien bloqué par des grilles anti-émeutes, ce qui, même selon les vieux militants nantais les plus aguerris, n’est jamais arrivé. Au lieu de s’arrêter comme prévu au square Daviais, la tête de cortège fait un pied de nez au préfet. 2 tracteurs contournent rapidement quelques véhicules de police et viennent se placer sur le pont Ododin. Quelques milliers de personnes entament alors un trajet annexe sur l’île Beaulieu, un point symbolique de la métropole et de la gentrification, avec ses pépinières d’entreprises high-tech, ses artistes dociles et ses grosses machines, son tribunal mégalo, le centre du FNAEG où sont collectés les fichiers ADN. Cela n’a pas l’air d’amuser tellement plus les autorités qu’on aille se balader là-bas et au bout d’un moment, alors que le cortège se distend un peu la police referme le pont et interdit le passage.

Pendant ce temps, cela s’agite du coté des grilles anti-émeutes à Commerce qui sont ressenties par beaucoup comme un affront. Même si le dispositif policier a l’air solide, on reste pour marquer sa colère vis à vis de l’interdiction de manifester, de l’entêtement du gouvernement et de ses menaces de revenir sur la zone pour tout détruire, ou pour leur montrer qu’on peut être fort face à eux. D’abord des personnes tapent à main nues sur les plaques de plexis et grillage en se moquant des bleus derrière. Puis, dans un geste de défi, des tracteurs vont se mettre face aux grilles. Ça s’emballe petit à petit, des projectiles partent. En face, ça répond vivement – avec des grenades assourdissantes, lacrymogène et tirs de flashballs à gogo. Le préfet a l’air de vouloir donner une petite démonstration expresse du bordel qu’il est venu mettre dans le bocage pendant plusieurs mois avec l’opération César. Ses canons à eau s’évertuent, en continu, à recréer une zone humide à l’intérieur même de la ville. En face, une partie des manifestants ne se laissent pas compenser, ni déplacer.

Pendant plus de 2h des gens attaquent les grilles, déterrent des pavés, lancent ce qui leur tombe sous la main. Un tracteur s’amuse un moment à bloquer le jet du canon à eau. Un peu plus tard, des grappins sont arrimés au grilles et des dizaines de personnes tirent. En contrepoint aux explosions des grenades jetées par la police, un feu d’artifice lancé par quelqu’un dans la foule, pour la beauté du geste, illumine le ciel.

Tout autour, des milliers de manifestants restent là plutôt tranquillement, sans forcément prendre part activement aux affrontements mais sans s’affoler pour autant. Régulièrement, des centaines de voix s’élèvent pour reprendre en choeur « Non à l’aéroport ! » et accompagnent ceux qui courent sur les grilles. Beaucoup discutent, commentent, boivent un coup, se retrouvent, rient ou s’enthousiasment malgré les yeux humides de lacrymogènes..

Un bureau de contrôleurs de la TAN (transport de l’agglomération nantaise) disposé entre deux voies de tram part en flamme, un peu plus loin, la vitrine d’un magasin « nouvelle frontières » tombe, et le commissariat à l’angle se fait repeindre, ouvrir et retourner.

les locaux des Trnsports de l'Agglomération Nantaise

les locaux des Transports de l’Agglomération Nantaise

le comico

le comico

Un appel est fait pour venir y faire la fête. Les tracteurs resté pas loin des grilles ne sont pas dans une situation évidente au beau milieu du chahut et se retirent petit à petit.

Depuis 15H30, à 300 mètres de là et malgré les détonations, des milliers d’autres personnes sont réunies plutôt tranquillement autour des prises de parole qui débutent. Pas mal de monde fait des allers et retours. Des paysans de COPAIN ont commencé à creuser une mare sur le square pour concurrencer la Préfecture. Plus loin en arrière, une partie de la manifestation stagner sans toujours trop comprendre ce qui se passe.

Vers 18h, tout le monde se regroupe le temps d’une petite boum sur le square Davier. Il y a de la joie ! On passe de Paint it black a du gros son techno et la foule danse tandis que les camions grillagés et canons à eau avancent petit à petit au rythme des charges de CRS, pour vider la place. Les tracteurs partent. Quelques milliers de personnes s’attardent et défient encore un peu la police qui mettra deux bonnes heures de plus à évacuer tout ce monde. Ils ne font pas de cadeaux et les blessés graves s’additionnent : mâchoire défoncée, nez retourné. L’un d’eux qui s’est pris une grenade en tir tendu, perdra son oeil le lendemain.

En échangeant avec les uns et les autres sur le chemin du retour, il est clair que toutes les initiatives prises lors de cette manifestation n’ont pas été consensuelles. Elles ont pu soulever des malaises et débats autant qu’un enthousiasme débordant. Pour autant, nous n’avons senti à aucun moment une foule paniquée et divisée, mais bel et bien un mouvement commun, composite et solidaire rappelant la façon dont des formes hétérogènes de résistances aux expulsions ont pu cohabiter pleinement pendant une journée décisive comme le 24 novembre 2012 dans la forêt de Rohanne. Le soir même, ce qui ressort, chez toutes celles et ceux qu’on croise, est la force donnée par l’élan de la journée.

Pour le pouvoir, une manifestation telle que celle-ci, dans toute sa diversité est absolument insupportable. Pas tant peut-être pour les quelques vitrines endommagées et machines de chantier ciblées, pour les agents de police contusionnés et barricades édifiées que pour la masse de personnes que ça n’avait pas l’air d’offusquer plus que ça sur le moment. Il est d’autant plus intolérable pour les autorités que les organisateurs de la manifestation refusent de tomber dans leur piège et constatent dans un communiqué commun le soir même :

« (…extrait) La préfecture avait choisit de mettre Nantes en état de siège et de nous empêcher d’être visible dans le centre ville. C’est la première fois qu’on interdit à une manifestation d’emprunter le Cours des 50 Otages. Une partie du cortège est passée par l’île Beaulieu. Une autre a essayé de passer par le trajet initialement prévu et a fait face à une répression policière violente avec tir de flashball, gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes. Cela n’a pas empêché les manifestants de rester en masse dans les rues de Nantes jusqu’à la fin. Il existe différentes manières de s’exprimer dans ce mouvement. Le gouvernement est sourd à la contestation anti- aéroport, il n’est pas étonnant qu’une certaine colère s’exprime. Que pourrait-il se passer en cas de nouvelle intervention sur la zad ? Cette journée est un succès et les différentes composantes de la lutte restent unies sur le terrain. L’opposition ne fait que croître depuis 30 ans. Le gouvernement n’a pas d’autre choix que d’abandonner le projet d’aéroport ! »

Dès le lendemain, le rouleau compresseur politique, le préfet, Ayrault et Valls réunis tentent désespérément de diviser le mouvement, d’en isoler une fraction et de la stigmatiser. Il s’agit de désigner les occupant-e-s de la ZAD comme les gardiens d’un « camps d’entraînement la guérilla urbaine » ou comme « un mouvement armé » sur le thème du « kyste » maléfique à éradiquer… La recette est classique : incapables d’accepter l’idée qu’une colère vis à vis de la répression policière et des promoteurs de l’aéroport puisse se diffuser, ils désignent de fantasmatiques groupes de black blocs manipulateurs et étrangers, et envoient leurs experts vomir un montceau de caricatures grossières sur le sujet que Libération et d’autres reprennent sagement en les présentant comme des « enquêtes ». Ils ont beau chercher à se donner des leviers pour revenir expulser et pouvoir taper très fort sur certain-e-s pour tenter de faire peur à tous les autres, comme dans le val de susa, ils savent pourtant bien que sur le terrain et au-delà, la colère pourraient être plus forte et plus partagée encore si ils s’entêtaient à lancer une seconde opération « césar ».

Sans peur du ridicule, toute la presse en choeur, nous parle de Nantes « dévasté ». On s’attend à un champs de ruines à perte d’horizon. En réalité les quelques transformations imposées au mobilier urbain n’ont pas eu l’air d’empêcher les nantais-e-s de se balader longtemps où que que ce soit. Si on doit vraiment parler de « dévastation » et de « violence », peut-être pourraient ils dire aussi quelques mots des maisons dévastées, des champs saccagés et des dizaines de personnes gravement blessées par plus de 1200 policiers sur la ZAD, pendant les 5 mois qu’ont duré l’occupation policière. Peut-être devrait-on rappeler que le Préfet vient de signer des arrêtés de démarrage des travaux et prétend aujourd’hui revenir vite et pour tout détruire définitivement. On nous demande aujourd’hui de rejeter toute idée de violence et de nous désolidariser de ceux qui brûlé leur machines, cassé leur vitrines, assailli leurs dispositifs. Mais personne ici n’oublie que si nous nous étions contenté de nous asseoir en travers de la route et de discuter quand ils ont débarqué le 16 octobre 2012, il n’y aurait aujourd’hui plus personne pour parler de la ZAD. Elle n’existerait sans doute déjà plus. Les journalistes, fascinés par les « affrontements » autant qu’il les rejettent, diffusent la peur, créent des catégories, cherchent à dérober nos souvenirs. Cela peut paraître impressionnant, mais c’est loin d’être la première fois dans l’histoire de ce mouvement, et cela ne l’a jamais empêché de rebondir et de se renforcer. La chape de plomb qu’ils essaient de faire retomber sur cette manifestation ne nous fera jamais oublier la vitalité de cette journée, le ravissement de se sentir aussi nombreux-ses, les sourires et la colère partagés. Quoi qu’ils en disent, cette manifestation était un moment rare et précieux, une étape majeure dans cette lutte.

L’aéroport ne se fera pas !

Transmis par mail, 27 février 2014

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Durant cette manif, on a pu voir une succession d’attaques directes contre Vinci et son monde. Ces innombrables actions directes ont pu être menées à bien, non sans l’intervention continue de ces paciflics toujours prêts à défendre les édifices de la domination et de l’oppression (On peut les entendre chouiner et tenter de s’interposer sur de nombreuses vidéos qui ont été publiées sur le net).

Outre le local Vinci et le commissariat de police, les locaux de la SNCF et les locaux du TAN ainsi que des stations de tram place du Commerce ont goûté un peu de notre rage à coups de marteaux et objets qui nous tombaient sous la main. Le mobilier a été sorti pour renforcer les barricades. De nombreux commerces ont brûlé (place du commerce), littéralement dévastés (les agences de voyage ‘Nouvelles Frontières » et « FRAM ») ou caillassé (la fnac). Les murs et mobilier étaient recouverts de tags aux alentours du parcours (et ce dès le début de la manif) contre Vinci, le TAV, les flics, la surveillance, la prison, ‘Nantes Nécropole’ et tous les projets urbains et développement aussi dévastateurs les uns que les autres. La destruction systématique des panneaux de publicité ont momentanément enrayer la lobotomie ambiante de la ville-prison. Le tribunal administratif a été recouvert de peinture et quelques pierres ont traversé ses vitres.

Une station de tram

Une station de tram

Le local SNCF

Le local SNCF

Le tribunal adminstratif

Le tribunal adminstratif

Les journaflics de BFM TV, ainsi que de franceTV et france info ont eu des coups de chaud après s’être fait prendre à partie par plusieurs manifestants.

france TV

france TV

Au final, il y aurait eu au moins un million d’euros de dégâts, sans compter les destructions et saccages des commerces et de banques.

Ce fut une journée où nos actes de révolte se sont mélangés et additionnés, avec le sentiment d’avoir vécu debout ne serait-ce qu’un après-midi.

Feu à Vinci et à son monde !

Transmis par mail, 28 février 2014

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