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[International] Appel pour la libération de Sonja Suder – 14 septembre 2013

DEUX ANS DE PRISON, C’EST DEUX ANS DE TROP !

Le 14 septembre 2013, mobilisons-nous partout pour protester contre la légitimation de la torture dans le procès de Sonja Suder et pour sa libération

Le 14 septembre 2011, Sonja et son ami Christian ont été extradés par la France pour être remis aux flics allemands et emprisonnés. Christian a été libéré depuis mais Sonja reste en prison. Ils avaient quittés l’Allemagne en 1978, lorsqu’au lendemain d’une féroce répression des mouvements révolutionnaires toute personne engagée dans la contestation radicale pouvait craindre d’être la cible de la vengeance d’Etat.

Depuis deux ans, Sonja est emprisonnée en préventive au quartier de haute sécurité de la prison de Francfort-Preungesheim ; depuis un an, elle subit un procès basé sur deux témoignages : l’un obtenu d’un repenti contre une diminution de peine, l’autre délivré sous la torture en 1978 par un homme soupçonné d’appartenir aux Cellules Révolutionnaires (RZ). Si le repenti Hans-Joachim Klein a témoigné sans vergogne devant la cour de Francfort pour livrer la énième version d’un témoignage rempli d’incohérences et de contradictions (que la juge trouve bon de retenir tout de même), Hermann F. a en revanche toujours contesté les éléments figurants dans les interrogatoires qu’il a subi : ils ne sont que le résultat de quatre mois de torture hors de tout cadre procédural. Après un très grave accident, il a été interrogé dès la sortie d’une opération d’amputation de ses deux jambes et d’énucléation de ses deux yeux. La douleur, le traumatisme, les médicaments, l’isolement, la confusion, la désorientation ont étéexploités par les flics pour lui faire remplir 1300 pages de déclarations contraintes. Détenu illégalement dans un commissariat, sans avocat, sans assistance, soudainement aveugle et lourdement handicapé, ce qu’il a subi n’a qu’un nom : la torture.

Le 13 août 2013, le tribunal de Francfort a fait procéder à la lecture de ces comptes-rendus d’interrogatoires subis par Hermann en 1978, et il va poursuivre cette lecture durant les prochaines audiences. Sonja, à 80 ans, plus de 35 ans après les faits qui lui sont reprochés, risque d’être condamnée sur la base ce ces déclarations dont l’utilisation est une légitimation par la justice des pratiques de torture des flics. Sonja est poursuivie par la police et la justice allemandes depuis la fin des années 1970. Soupçonnée d’avoir appartenu aux Cellules Révolutionnaires, son procès concerne trois attaques qui n’ont causé que des dégâts matériels limités en 1977 et 1978 : contre l’entreprise MAN qui collaborait à la construction d’armement atomique pour l’Afrique du Sud (au temps de l’Apartheid), contre l’entreprise KSB qui construisait des pompes pour les centrales nucléaires ; et sur le château d’Heidelberg contre la politique de gentrification. Elle est également soupçonnée d’avoir participé à la préparation logistique de l’attaque contre l’OPEP à Vienne en 1975.

Aujourd’hui, en lui faisant subir la détention, le procès, la menace de finir sa vie en prison, l’Etat fédéral ne vise pas seulement Sonja : il veut liquider une histoire révolutionnaire et imposer avec force l’idée qu’on ne peut se rebeller impunément. La condamnation de Sonja sera celle de la révolte : en refusant de se soumettre et de parler, elle continue à dénoncer l’Etat et sa mascarade judiciaire. Sa condamnation sera aussi celle de tout mouvement révolutionnaire. L’incarcération de Sonja est un épouvantail qui doit servir à effrayer toutes celles et ceux qui luttent aujourd’hui. Ce n’est pas d’une femme de 80 ans dont ils veulent se débarrasser, c’est de toutes celles et ceux qui auraient, comme elle, la volonté de ne pas se soumettre.

SONJA DOIT ÊTRE LIBÉRÉE IMMÉDIATEMENT !

POUR UNE MOBILISATION INTERNATIONALE LE 14 SEPTEMBRE 2013 !

En allemand, en italien, en anglais, en espagnol

Source: Contrainfo, 29 août 2013

[Mexique, Oaxaca] Alvaro Sebastián est un autre exemple qui montre que les murs des prisons peuvent s’écrouler depuis l’intérieur – 29 juin 2013

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Intervention d’Erika Sebastián Luis, fille d’Alvaro Sebastián, prisonnier de Loxicha, Oaxaca, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, pendant la réunion nationale du Réseau contre la Répression et pour la Solidarité qui a eu lieu le 29 juin 2013.

« Nous ne devons pas céder à la pression face aux attaques des néolibéraux », disait Alvaro dans une lettre envoyée à la réunion nationale de la RvsR le 26 janvier dernier, à laquelle il a participé par téléphone.

Aujourd’hui il ne téléphonera pas, il n’a envoyé aucune lettre, mais son courage et sa conviction dans la lutte, nous vous les transmettons par ce message qui vous est adressé : « Dites aux compas que depuis là où je suis, je suis en train de promouvoir la Sixième Déclaration ».

Ce texte, nous l’avons écrit à partir de réflexions qui émergent des derniers événements que nous avons vécus. Nous l’avons écrit à partir des arguments donnés par les geôliers quand ils essaient de répondre à nos questions : « Pourquoi les compagnons ont-ils été transférés ? », « Quelles en ont été les raisons ? », « Pourquoi de cette façon ? ». Ils nous répondent par des mots lâches, eux qui ne peuvent pas nous regarder en face. Ils nous disent : « Ce sont des ordres qui viennent d’en haut ; les règles ont changé ; c’est parce qu’ils sont des prisonniers politiques »

Ce sont des ordres qui viennent de là-haut ? Nous demandons alors : Qui donne ces ordres ? Est-ce à nous, ceux d’en bas, d’accepter ces ordres ? Les règles ont changé ? Nous demandons à nouveau : Et qui fait les règles ? Qui a la faculté de créer ou de modifier les règles ? Ils sont reconnus comme des prisonniers politiques ? Nous insistons : Parce qu’ils sont des prisonniers politiques, doivent-ils être traités comme des délinquants ?

Ces violations, c’est la nouvelle réponse qui vient de là-haut, devant la solidarité qui surgit d’en bas, à gauche, quand on décide de lutter pour la liberté sans représentants corrompus, sans intermédiaires et sans demander de concessions au pouvoir.

À travers la Sixième Déclaration zapatiste, Alvaro a fait connaître son nom, son visage, sa propre histoire, sa lutte. Alvaro nous a montré ce qu’est prendre sa propre lutte entre ses mains, même en étant prisonnier. Alvaro est un autre exemple qui montre que les murs des prisons peuvent s’écrouler depuis l’intérieur.

Dehors, toujours plus de compagnons et compagnes connaissent son histoire, ce qui est une autre façon de lutter pour la liberté. D’autres se joignent peu à peu à la lutte pour sa libération en cassant l’isolement auquel les puissants s’acharnent à le condamner. Le message est clair : « Ne t’organise pas ! Tais-toi ! Ne pense pas par toi-même ! Soumets-toi ! »

Des lettres et des visites ont été l’expression de la solidarité de ceux et celles qui savent que nous vivons dans un système d’injustices, dans lequel seules l’obéissance et la domestication sont acceptées. Ce système commence à sortir ses griffes contre notre compagnon Alvaro, contre sa résistance et son exemple.

« Vous ne passez pas » : c’est la voix autoritaire de ceux qui choisissent la force parce qu’ils manquent de raison. Avec le transfert, les tortures, l’isolement et le manque de communication, ils cherchent à rompre ce qui fleurit : un réseau d’appui, d’accompagnement et de solidarité avec Alvaro, dans le respect et la dignité.

Alvaro n’est pas seul ! Et les puissants le savent. Peut-être ont-ils peur que l’on casse l’apparence fragile de leur contrôle ? Peut-être ne peuvent-ils plus soutenir le mensonge qu’au Mexique personne n’est poursuivi ni puni pour des idées politiques opposées au régime? Le mensonge qu’au Mexique il n’y a pas de prisonniers politiques ?

L’argument qu’ils utilisent pour justifier le harcèlement et les agressions contre Alvaro, sa famille et ses compagnons et compagnes, est le discours de la sécurité. Sécurité pour qui ? Nous le demandons mais nous connaissons déjà la réponse. Ce discours de la « sécurité » révèle parfaitement l’infra-humaine « Doctrine Bush » : tous sont suspects d’être terroristes, et par conséquent tous doivent être traités comme tels.

Devant ce panorama, les Centres Fédéraux de Réadaptation Sociale (CEFERESOs) sont de vrais camps de concentration, une nouvelle génération de Laboratoires d’Extermination. Alvaro et les six prisonniers loxicha se trouvent confinés en isolement et sans communication depuis maintenant trente jours, à plus de vingt heures de route de leurs communautés natales. Une fois de plus après dix-sept ans la même chose se répète. Il faut tout laisser et recommencer à exiger :

Liberté immédiate et inconditionnelle pour les Prisonniers Politiques et de conscience de la Région Loxicha !

Ville de Mexico, 29 juin 2013.

Erika Sebastián Luis, fille d’Alvaro Sebastián, prisonnier de Loxicha, Oaxaca

Traduit par Les trois passants

Source: lavozdelosxiches.blogspot.fr

Plus d’infos: liberonsles.wordpress.com

[Grèce] Deux compagnons libérés sous caution dans l’affaire de ‘Lutte Révolutionnaire’

Athènes, affaire de Lutte Révolutionnaire : la libération accordée à deux compagnons

Le 5 juillet 2013 la demande de liberté conditionnelle du compagnon  Christoforos Kortesis a été acceptée. Le compagnon est sorti de la prison de Koridallos sous mesure conservatoire (2.000 euros de caution, obligation de se présenter deux fois par mois au commissariat le plus proche, interdiction de quitter le pays).

Le lundi 15 juillet 2013 la libération a été accordée à Vaggelis Stathopoulos sous mesure conservatoire (2.000 euros de caution, obligation de se présenter toutes les deux semaines au commissariat le plus proche, interdiction de sortir du pays).

Solidarité avec l’anarchiste Kostas Gournas, membre prisonnier de Lutte Révolutionnaire, et avec tous les compas condamnés dans le même procès.

Liberté pour tous les prisonniers en lutte !

Source: Contra Info, 16 juillet 2013

[Chiapas, Mexique] 9 prisonnier.e.s libéré.e.s – 4 juillet 2013

CHIAPAS: Libres 9 prisonnier-e-s des organisations La voix de l’Amate et Solidaires de la voix de l’Amate !

Rosario Díaz Méndez de l’organisation de la Voix de l’Amate ; Rosa López Díaz, Pedro López Jiménez, Alfredo López Jiménez, Juan Collazo Jiménez, Enrique Gómez Hernández, Juan López Gonzalez, Benjamin López Aguilar et Juan Díaz López de l’organisation des Solidaires de la Voix de l’Amate ont été libéré-e-s le 4 juillet dernier.  

Victor

Rosario Díaz Méndez et Alberto Pathistan Gómez font partie de  la Voix de l’Amate organisation de prisonniers appartenant à la Sexta, qui dénoncent le fonctionnement arbitraire du système judiciaire mexicain, la torture physique et psychologique que les matons leur font subir, ainsi que la corruption qui sévit dans les prisons de l’État du Chiapas.

L’organisation « Les Solidaires de la Voix de l’Amate » regroupe des jeunes exposé-e-s aux mêmes injustices et manifestant un engagement équivalent dans la lutte des prisonnier-e-s, et qui ont été arrêté-e-s sans fondement parce qu’ils et elles sont pauvres, indigènes ou pour des motifs politiques. Comme Díaz Méndez et Patishtán, ils et elles sont devenu-e-s une référence organisationnelle au sein du surpeuplé Centre de Réinsertion Sociale des Condamnés n°5, dans la zone rurale de San Cristóbal de Las Casas.

Ils et elles tracent depuis de nombreuses années une radiographie du système carcéral où devient évident le mépris total de la dignité humaine. Ils et elles  l’ont fait en défiant les menaces des autorités de la prison, en mettant leurs noms et leurs corps en danger.

Nous sommes heureux d’apprendre cette nouvelle, c’est grâce à la solidarité que les compagnons et compagnes peuvent embrasser leurs familles, leurs amies, qu’ils peuvent marcher dans leurs villages, saluer leurs compagnon-e-s, leurs voisin-e-s….finalement ils peuvent dormir, se réveiller à côté de leurs enfants et de leurs familles… la lutte continue pour tou-te-s ceux et celles qui sont encore enfermé-e-s : Alberto Patishtán Gómez, Alejandro Díaz Santiz, Antonio Estrada Estrada, Miguel Demeza Jiménez, Alvaro Sebastián Ramírez, Agustín Luna Valencia, Eleuterio Hernández García, Fortino Enríquez Hernández, Justino Hernández José, Abraham García Ramírez, Zacarías Pascual García López, Máximo Mojica Delgado, María De los Ángeles Hernández Flores, Santiago Nazario Lezma et notre compagnon anarchiste Braulio Durán.

À bas les murs de toutes les prisons !

Liberté à tou-te-s les prisonnier-e-s !

La lutte continue !

Les trois passants

 Voir plus d’infos sur les prisonnier.e.s du Chiapas

Voir les vidéos ici et

[Grèce] Sur l’état de santé de Kostas Sakkas en grève de la faim à la prison de Korydallos (Athènes)

Grèce, Athènes : mises à jour sur l’état de santé du compagnon anarchiste en grève de la faim Kostas Sakkas

Le 4 juillet, après 31 jours de grève de la faim, le médecin qui a examiné le compagnon Kostas Sakkas tout ce temps a mentionné, parmi d’autres choses, qu’il a perdu 13 kg (15% de son poids initial) et qu’il est dans une condition très critique. Son médecin de l’hôpital de Nikaia a insisté particulièrement sur le fait que ” c’est une certitude mathématique que la prolongation de son abstention complète d’ingestion de nourriture va le mener à une mort certaine”.

De plus, l’assemblée d’Athènes de solidarité avec l’anarchiste en grève de la faim Kostas Sakkas a communiqué la note d’explication qui suit :

“Il y a eu beaucoup de fausses informations ces derniers jours au sujet de l’état de santé du compagnon Kostas Sakkas, ainsi que des annonces de plusieurs sites qui n’ont rien à voir avec la réalité. N’importe quelle nouvelle sur l’état de santé du compagnon sera annoncé via un compte-rendu médical officiel. De plus, à chaque assemblée qui a lieu régulièrement pour l’anarchiste en grève de la faim, nous donnons des nouvelles concernant son état de santé lorsque nous en avons.”

En attendant, les sessions de procès à la prison de Koridallos ont été reportées parce que Kostas Sakkas, en tant que l’un des accusés, est clairement incapable d’assister aux procès.

Le compagnon attend la réponse pour sa seconde demande de libération immédiate, et continue de se battre. Il est prévu que le conseil des juges d’appel donnera sa décision la semaine prochaine. Un rassemblement de solidarité est appelé pour le lundi 8 juillet à 12h devant la cour d’appel (Efeteio) dans la rue Loukareos à Athènes.

Source: ContraInfo, 7 juillet 2013

[Chiapas, Mexique] Bulletin sur les mobilisations et nouvelles des prisonnier-e-s (mai-juin 2013)

CHIAPAS: Bulletin sur les mobilisations et nouvelles des prisonnier-e-s de la Sexta

Mois de mai-juin,2013.

bachajonlib1Ces dernières semaines nombreuses ont été les lettres, communiqués, articles et dénonciations des compagnons et compagnes qui résistent à l’enfermement et à la répression et continuent depuis leurs espaces de lutte à résister face à la montée répressive de l’État Mexicain contre toute forme contestation sociale.

1. San Sebastián Bachajón, Chiapas :

À seulement un mois et demi du lâche assassinat du compagnon Juan Vázquez Guzmán, membre actif du terrain communal de San Sebastián Bachajón appartenant à l’Autre Campagne, aujourd’hui la Sexta, les compagnons de Bachajón ont lancé plusieurs appels dénonçant les agressions et les pillages systématiques qu’ils subissent de la part des trois niveaux du gouvernement, « les grands délinquants » comme les compagnons de Bachajon les décrivent : Enrique Peña Nieto, Manuel Velasco Coello et Leonardo Guirao Aguilar.

« Ces gouvernements corrompus nous expulsent de nos terres et territoires indigènes afin de mener à bien leurs projets transnationaux et continuent à s’enrichir sur notre souffrance. Ils disent que leurs projets favorisent la création d’emplois et la sortie de la pauvreté, mais en réalité le seul intérêt qu’ils poursuivent est d’exproprier nos terres et nous rendre esclaves. C’est eux, les gouvernements corrompus qui ont fait assassiner lâchement notre compagnon de lutte Juan Vázquez Guzmán, le 24 avril 2013 » (1)

Le mauvais gouvernement achète les autorités communautaires inconscientes qui se laissent vendre pour quelques pesos en voyant uniquement leurs intérêts personnels. Cependant une autorité qui gouverne sans obéir à son peuple et sans le défendre n’est pas une autorité, elle n’a simplement aucune légitimité et c’est pour cette raison là que le peuple lui-même a le droit de défendre ce qui de droit lui appartient -signalent les membres des terres communales de Bachajon adhérents à la Sexta.

Dans toute cette région les autorités officialistes sont manipulées par le gouvernement permettant ainsi et plus facilement le pillage et l’expulsion des terres communales. Ce sont eux les officialistes qui permettent la militarisation de la zone et la présence de la police étatique préventive sur ce territoire à fin de continuer à bénéficier de l’enrichissement personnel  « ce sont eux qui ont signé des documents avec le gouvernement pour la remise de nos terres sans consulter la plus haute représentation qui est l’assemblée générale communautaire. Ce sont eux qui sont libres, récompensés et protégés par le mauvais gouvernement. Mais nous les indigènes qui nous battons pour notre territoire, nous sommes torturés et punis par l’enfermement en prison, condamnés à de lourdes peines comme c’est le cas d’Antonio Estrada Estrada, Miguel Vázquez Deara et Miguel Demeza Jiménez ». (2)

Les trois compagnons luttaient pour leurs droits légitimes au territoire depuis 2008, et se trouvent aujourd’hui enfermés pour avoir fait face à la stratégie du gouvernement qui veut les dépouiller de leur terre où se trouvent les Cascades d’Agua Azul pour le futur méga-projet touristique CIPP-CAA -Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul. Les compagnons organisés du terrain communal de Bachajon n’ont pas cessé de dénoncer depuis des années la persécution politique et le pillage de leur terres. Aujourd’hui on assiste à une nouvelle vague de répression comme celle qui s’est abattu sur Bachajon le 2 février 2011 quand de manière violente les autorités officielles, des policiers fédéraux, étatiques et des éléments de l’armée fédérale ont expulsé les compagnons en résistance qui avaient décidé de gérer eux-mêmes le guichet d’entrée des Cascades de Agua Azul construit pour le bénéfice collectif du terrain communal. Bilan de cette répression : 117 personnes furent détenues de manière arbitraire.

Face à cet arbitraire les compagnons du terrain communal de Bachajon en résistance ont présenté légalement un recours contre le pillage de leur territoire (recours 274/2011), recours qui a été refusé le 30 janvier 2013 par un juge du 7e district de Tuxtla Gutiérrez, Chiapas, or le 16 mai 2013 le 3e tribunal de Tuxtla a annulé l’ordre du 7e district dû au fait qu’il s’est avérée illégale et a ordonné la révision de la procédure. Les compagnon-e-s de Bachajon en résistance déclarent dans leur dernier communiqué émis le 6 juin 2013 que, malgré l’assassinat de leur compagnon Juan Vázquez Guzmán, malgré les pièges juridiques, les harcèlements constantes et les intimidations systématiques, la lutte continuera pour la défense de leur territoire «  nous n’allons pas nous taire comme le mauvais gouvernement le souhaite, Juan Vázquez Guzmán vive, la lucha de Bachajón sigue! » (3)

Les compagnons exigent également la libération d’Antonio Estrada Estrada , Miguel Vázquez Deara, Miguel Demeza Jimenez, celle d’Alberto Patishtan et Rosario Díaz Méndez de l’organisation de la Voix de l’Amate, celle des prisonniers de l’organisation de solidaires de la voix de l’Amate, ainsi que la libération de tous et toutes les prisonnières politiques au Mexique et dans le monde, et finissent leur communiqué par le slogan : A bas les murs de toutes les prisons !

Solidairement, un appel a été lancé par des organisations nationales et internationales telles que le Groupe de Solidarité avec le Chiapas de Dorset, le comité de la parole véritable de Calcuta, Inde et du Mouvement Justice pour le quartier de New- York à participer à la semaine d’action globale : Juan Vázquez Guzmán Vive, la lucha de Bachajón Sigue!” du 25 juin au 2 juillet 2013. (4)

2. Nouvelles du professeur Patishtán :

Après avoir appris le 6 mars 2013 que les magistrats de la Première Chambre de la Cour Suprême de Justice avaient refusé que le plus haut tribunal puisse considérer son cas, prétendant que celui-ci ne présentait pas d’éléments suffisants pour mériter leur attention. Une réponse forte et solidaire s’est répandue au Mexique et ailleurs. Or, la Cour Suprême de Justice de la Nation Mexicaine ne s’attendait pas à la réaction sociale qu’a soulevée sa réponse négative concernant la révision du cas de Patishtán. Dans l’attente d’une solution juridique, la pression s’exerce à un autre niveau, par la voie de la solidarité au travers de manifestations, événements, actions, piquets de protestation, émissions radio, lettres de soutien, dénonciations auprès des instances consulaires, etc.

Le 19 juin le professeur Patishtán aura passé 13 longues années d’enfermement et d’arbitraire, c’est pour cette raison que sa famille et son village de « El Bosque » ainsi que diverses organisations solidaires lancent un appel à la mobilisation nationale et internationale, campagne intitulée « Pour la Justice et la #LibertadPatishtan » du 4 mai au 19 juin 2013.

Cette campagne a pour but de diffuser la nouvelle vidéo intitulée « Vivre ou mourir pour la justice et la liberté » sur la lutte et l’enfermement de Patishtán ; envoyer des lettres aux magistrats responsables de la révision de son cas, un blog a été conçu pour signer en ligne la pétition pour sa libération

Pour plus d’information sru cette campagne et sur les événements à suivre vous pouvez consulter le site d’Alberto Patishtán

3. Nouvelles de Rosario Diaz Mendez :

Rosario Díaz Méndez fait partie avec Alberto Patishtán de ce qui reste de l’organisation de prisonniers de « la Voix de l’Amate ». Comme pour le professeur tzotzil Patishtán, son dossier est rempli d’irrégularités et de mensonges. Il s’agit d’une vengeance politique, parce que tant Alberto que Rosario ont toujours mené une lutte pour la reconnaissance de leurs droits humains et contesté les méthodes de surveillance comme les traitements dégradants à l’intérieur de la prison, mais surtout parce qu’ils ont élargi le mouvement de protestation en y incorporant d’autres prisonniers également convaincus et engagés. Nous venons de recevoir ce 6 juin 2013, la nouvelle de sa condamnation à 20 ans de prison fermée pour le délit d’enlèvement.

Rosario est toujours dans l’attente concernant un deuxième procès pour homicide dont la sentence devrait être prononcée prochainement. C’est pourquoi les compagnons du groupe de soutien aux prisonniers « No Estamos Todxs » collecte actuellement des signatures d’organisations et d’individus pour demander la libération immédiate de Rosario. Vous pouvez envoyer vos signatures à : [email protected]

Par les trois passants

Pour plus d’informations sur les prisonnier-e-s de la Sexta

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Sources :

  • (1,2) Denuncia del Ejido San Sebastían Bachajón por las injusticias y despojos realizados por el mal gobierno, 28 mai, 2013 sur Enlace Zapatista.
  • (3) Communiqué de l’Ejido San Sebastian Bachajon, adhérentes à la sexta, Chiapas, 6 juin 2013, reçu par mail de la part du Réseau contre la Répression et pour la solidarité.
  • (4) Plusieurs sources dont un blog dédié à cette campagne

Transmis par mail, 13 juin 2013

[Mexique] Bulletin d’information sur les prisonniers de Loxicha (Oaxaca)

Bulletin informatif urgent:

Alvaro Sebastian Ramirez et les prisonniers de Loxicha ont été sortis de la prison d’Ixcotel dans l’État d’Oaxaca sans qu’on ne connaisse leur destination.

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Hier jeudi 6 juin, vers 23h30, des compagnon-es du Réseau contre la répression et pour la solidarité ont rapporté que le compagnon Alvaro Sebastian Ramirez, membre de « La Voix des Zapoteques Xiches en Prison », ainsi qu’Abraham García Ramírez, Agustín Luna Valencia, Eleuterio Hernández García, Fortino Enríquez Hernández, Justino Hernández José, connus comme les « prisonniers de Loxicha », se sont vu notifier par les autorités de la prison d’Ixcotel qu’ils seraient transférés de cette prison, sans que soient données plus de précisions.

Ce vendredi 7 juin à 2h40, les compagnons ont été sortis de la prison dans deux autobus de tourisme sans que nous n’ayons d’information sur leur destination.

Nous sommes en train de vérifier si le compagnon Zacarías García López, enfermé dans la prison d’Etla, se trouve dans la même situation.

Le manque d’information sur la destination des compagnons n’est pas seulement une attitude mesquine et lâche, c’est aussi une stratégie qui cherche à nous intimider tous et toutes.

Nous rendons responsables Gabino Cué Monteagudo et Enrique Peña Nieto, soi-disants représentants du pouvoir exécutif, étatique et fédéral, de l’integrité de nos compagnons et de tout ce qui pourrait leur arriver.

Nous lançons un appel à nos compagnons et compagnes adhérent-es à la Sexta Déclaration de la Forêt lacandone  et aux sympathisants, pour qu’ils restent attentifs à toute information qui pourrait surgir dans les prochaines heures.

¡LIBERTAD Y JUSTICIA PARA ÁLVARO SEBASTIÁN RAMÍREZ!

¡LIBERTAD Y JUSTICIA PARA  ABRAHAM GARCÍA RAMÍREZ!

¡LIBERTAD Y JUSTICIA PARA AGUSTÍN LUNA VALENCIA!

¡LIBERTAD Y JUSTICIA PARA ELEUTERIO HERNÁNDEZ GARCÍA!

¡LIBERTAD Y JUSTICIA PARA FORTINO ENRÍQUEZ HERNÁNDEZ!

¡LIBERTAD Y JUSTICIA PARA JUSTINO HERNÁNDEZ JOSÉ!

A bas les murs de toutes les prisons !

Liberté à toutes et tous les prisonnier-es politiques!

Réseau contre la Répression et pour la solidarité

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Plus d’information :

Álvaro Sebastián Ramírez, âgé de 56 ans, est indigène zapotèque et adhérent à la Sexta, il est originaire de la communauté indigène de Llano Maguey, municipalité de San Agustín Loxicha, district de Pochutla, État d’Oaxaca. Cela fait 16 ans qu’il est privé de sa liberté.

Alvaro a été condamné à 29 ans de prison pour les délits d’homicide qualifié, tentative d’homicide, terrorisme et conspiration. Alvaro travaillait en tant qu’enseignant et il était aussi engagé dans sa communauté pour l’amélioration des conditions d’éducation et de vie en général. Malgré l’enfermement, Alvaro Sebastián Ramírez, sa famille et ses compagnons mènent une lutte avec espoir et conviction pour sa libération.

Qui sont les prisonniers de Loxicha?

Ils sont tous indigènes zapotèques de la région Loxicha dans l’État d’Oaxaca. Ils ont été arrêtés entre 1996 et 1999 pour avoir défendu leurs terres contre les « caciques » et le gouvernement, ils ont toujours défendu leur forme traditionnelle de gouvernement sans partis politiques, suivant leurs «us et coutumes». En 1996, l’attaque de l’Armée Populaire Révolutionnaire (EPR) à Huatulco allait servir de prétexte pour justifier la répression contre les Indiens de la Région Loxicha, dans la Sierra Sur de Oaxaca : au cours des années suivantes, il y a eu pas moins de 200 arrestations illégales, 150 cas de torture, 32 perquisitions illégales, 22 exécutions extra-judiciaires, 22 disparitions, 137 personnes en prison pour des raisons politiques et de conscience.

Traduit par Les trois passants et Valérie.

Transmis par mail, 8 juin 2013

[Mexique] Nouvelles spéciales : Journées de mobilisations pour la libération des prisonnier-e-s – Avril 2013.

Nouvelles spéciales : Journées de mobilisations pour la libération des prisonnier-e-s, avril 2013.

Journées de mobilisations pour la libération de prisonnier-e-s de la Sexta au Mexique et dans le monde.

Du 15 au 20 avril, de nombreuses manifestations, événements, marches, actions de solidarité pour la libération de Patishtán et des compagnons et compagnes de la Sexta ont eu lieu au Mexique et ailleurs. Suite aux rencontres européennes de solidarité avec les zapatistes et ceux et celles qui luttent en-bas et à gauche, au Mexique et partout dans le monde, plusieurs collectifs de solidarité ont considéré que nous ne devons pas oublier les compagnons et compagnes kidnappé-e-s par les États répressifs, quel que soit le lieu. Ainsi les collectifs présents lors de ces rencontres européennes des 2 et 3 février 2013 à Paris, ont lancé l’idée de manifester chacun à son niveau et dans son lieu de lutte le 17 avril, date choisie en référence à la Journée du Prisonnier Palestinien instituée en 1975. Il s’agit de rappeler à l’opinion publique que des femmes et des hommes sont encore détenu-e-s pour leurs idées et convictions politiques.

Au Mexique, le Réseau contre la Répression et pour la solidarité constitué de collectifs, groupes et individus adhérents à la Sixième Déclaration zapatiste a lancé un appel à manifester le 17 avril. Il lance des journées d’action globale  pour la liberté des prisonnier-e-s politiques et rappelle les compagnons et compagnes de la Sexta qui se trouvent encore enfermé-e-s : Rosa López Díaz, María de los Angeles Hernandez, Alberto Patishtán Gómez, Rosario Díaz Mendez, Pedro López Jiménez, Alejandro Díaz Santiz, Alfredo López Jiménez, Juan Collazo Jiménez, Enrique Gómez Hernández, Juan Díaz Lopez, Juan López Gonzales, Benjamin López Aguilar, Antonio Estrada Estrada, Miguel Vazquez Deara, Miguel Demeza Jiménez,Alvaro Sebastian Ramírez, Máximo Mojica Delgado, Santiago Nazario Lezma et Antonio Díaz Banderas.

Au même moment, des collectifs en Espagne, Italie, France, au Royaume-Uni, au Pays Basque se mobilisent à leur niveau et dans leur espace de résistance… La lutte pour la libération de compagnons adhérents à la Sexta a son propre temps, son propre chemin, sa propre histoire et son propre parcours. Cependant, pendant ces jours-là, les mobilisations et initiatives convergent et se renforcent en faisant pression auprès de ceux qui, là-haut, font la loi et décident à leur guise du sort de compagnons et compagnes emprisonné-e-s. Mais ces mobilisations convergent aussi et surtout pour dire haut et fort aux compagnes et compagnons qu’ils ne sont pas seuls et que la mobilisation en dehors est plus forte que jamais !

*Mobilisations pour la libération du professeur tzotzil Alberto Patishtán, l’organisation de la Voix de l’Amate et Solidaires, un long chemin de lutte :

Le 6 mars dernier, depuis la prison numéro 5 de San Cristóbal de Las Casas au Chiapas, Patishtán déclarait :  « Nous sommes gouvernés par l’injustice » (1), après avoir appris que les magistrats de la Première Chambre de la Cour Suprême de Justice (SCJN) avaient refusé que le plus haut tribunal puisse considérer son cas, prétendant que celui-ci ne présentait pas d’éléments suffisants pour mériter leur attention. Une réponse forte et solidaire s’est répandue au Mexique et ailleurs. Or, la Cour Suprême de Justice de la Nation Mexicaine ne s’attendait pas à la réaction sociale qu’a soulevée sa réponse négative concernant la révision du cas de Patishtán – a signalé son avocat en annonçant en même temps la nouvelle campagne internationale pour exiger la liberté du professeur tzotzil.

Depuis la prison numéro 5 de San Cristobal de Las Casas au Chiapas, Patishtan a convoqué une nouvelle étape de mobilisations du 20 mars au 19 avril. Ainsi, il lance un appel à manifester face aux ambassades et consulats du Mexique à l’étranger, appelle à mener des actions parallèles à celles réalisées dans son village natal « El Bosque », qui demande depuis douze ans sa libération.

Il faut se rappeler que peu après la décision de la Cour Suprême, les compagnons et compagnes solidaires de la Voix de l’Amate avaient publié plusieurs communiqués et mené un jeûne en demandant la libération d’Alberto et celle de tous les compagnons organisés en prison, adhérents à la Sexta. «  Malgré ce nouveau coup d’injustice, je ne renoncerai pas », a déclaré Patishtán dans son appel aux collectifs solidaires, étudiants, ouvriers, communautés, en exigeant la libération de tous les compagnons et compagnes de l’organisation de la Voix de l’Amate et solidaires. (2)

Patishtán est enfermé depuis douze ans déjà, accusé d’avoir assassiné sept policiers dans une embuscade en juin 2000. Une fois jugé, le cas est resté dans l’oubli, sans faire l’objet d’une enquête ni pendant l’arrestation ni après;c’était bien ça l’idée de ceux qui veulent que rien ne se sache, pour continuer de priver de liberté notre compagnon passé par cinq prisons différentes, dont une de haute sécurité dans l’État de Sinaloa. Les autres compagnons organisés ont été condamnés également pour délits fédéraux et font face à des accusations telles que kidnapping, vol, meurtre, homicide, dans une tentative évidente de ne pas les reconnaître comme prisonnier-e-s de lutte ou comme prisonniers politiques. Comme Patishtán, tous et toutes sont des indigènes. Ils n’ont eu accès ni à un traducteur, ni à un avocat connaissant leur langue tzotzil durant leur déclaration et leur procès. Ils ont tous été torturés ; certains ont été portés disparus pendant plusieurs jours, la majorité a été obligée sous torture de signer des aveux, d’autres ont été obligés de signer des feuilles blanches et ils sont tous condamnés à de lourdes peines qui vont de 25 à 60 ans de prison.

Le professeur Martín Ramírez, porte-parole du mouvement de « El Bosque » a déclaré : « Si seulement les accords de San Andres que le gouvernement mexicain a signés avec l’EZLN avaient été appliqués, Patishtán serait libre, car nous aurions une justice meilleure pour les indigènes. Nous ne comprenons pas pourquoi les mêmes pratiques continuent depuis 200 ans. Nous sommes au XXI siècle et la torture continue à s’appliquer ainsi que le mépris, comme ce fut le cas avec la Cour Suprême de justice qui a méprisé le cas d’Alberto. Le compagnon est un prisonnier politique et est enfermé pour avoir dénoncé publiquement la corruption de la mairie présidée par le PRI à cette époque ». (3)

Après la décision d’incompétence de la Cour Suprême de justice, une des possibilités est que le cas d’Alberto soit reçu par le tribunal collégial à Tuxtla Gutiérrez dans l’État du Chiapas, qui devra déterminer si la défense a raison ou pas. Dans l’attente d’une solution juridique, la pression s’exerce à un autre niveau, par la voie solidaire au travers de manifestations, événements, actions, piquets de protestation, émissions radio, lettres de soutien, dénonciations auprès des instances consulaires et cela malgré la pression gouvernementale pour arrêter les mobilisations massives du 19 avril -date du quarante-deuxième anniversaire de Patishtán et jour de la visite du président mexicain Enrique Peña Nieto au Chiapas. Peu avant la visite du mandataire, le gouverneur de l’État du Chiapas Manuel Velasco s’est même rendu personnellement à la prison numéro 5 de San Cristóbal de las Casas, pour s’entretenir avec le professeur Patishtán et les membres de l’organisation de prisonniers de la Voix de l’Amate et solidaires. Il s’est engagé à rechercher leur libération. (4)

*Le 19 avril a été une journée intense de mobilisations, une journée profonde de solidarité, de rage et d’engagement, une manifestation massive de quinze à dix-huit mille personnes selon certaines sources, composée en majorité par des indigènes tzotziles, à Tuxtla Gutiérrez, Chiapas. Un groupe de huit mille professeurs s’est joint et a pris part à l’exigence de liberté pour Patishtán. La foule a paralysé la ville plusieurs heures, les manifestants se sont arrêtés devant le siège du conseil général du pouvoir judiciaire, la rue a été occupée totalement par les indigènes qui, accompagnés de flûtes, guitares et tambours, composaient cette manifestation très diverse. Certains cortèges portaient des croix symbolisant les morts du massacre d’Acteal. Hommes et femmes venu-e-s de Pantelhó, Huitiupán, Simojovel, Chenalhó, San Andrés, Zinacantán, Huixtán, Chamula, San Cristóbal de las Casas du village de « El Bosque », n’ont pas cessé de crier pour la liberté du professeur pendant toute la marche.(5)

*Des manifestations diverses se sont jointes à cette exigence de liberté. De nombreuses émissions de radio ont eu lieu au Mexique et ailleurs. A Mexico, une manifestation a également été organisée, ainsi qu’une action sur Tweeter, intitulée :  acción #LibertadPatishtan, à laquelle ont participé 17 400 personnes. Une campagne de lettres a été également suivie et au total, plus de 4686 lettres ont été envoyées aux magistrats pour exiger la libération du professeur.(6)

Au niveau international, plusieurs mobilisations se sont jointes à cet appel ; il y a eu des mobilisations au consulat du Mexique au Canada, devant les ambassades mexicaines à Madrid, au Royaume Uni, à Chicago, Valence, Barcelone et Bilbao.

En France, dans le cadre de la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques qui a eu lieu du 14 au 21 avril 2013, deux événements ont été organisés concrètement pour la liberté de compagnons et compagnes adhérents à la Sexta. Le 17 avril, plusieurs collectifs ont organisé une soirée intitulée « 520 ans de résistance », dédiée aux prisonniers de la Sexta au Mexique, aux prisonniers amérindiens aux Etats-Unis (Leonard Peltier – Oso Blanco) et aux prisonniers mapuches. Lors de cette soirée, nous avons évoqué plus en détail le cas d’ Alberto Patishtán et avons également projeté un petit film sur la lutte menée dans sa communauté d’El Bosque. Nous avons parlé de la situation d’Alvaro Sebastian Ramirez et projeté le film du lancement de sa campagne internationale.

Le 20 avril était une journée spéciale dédiée surtout aux femmes prisonnières et ex- prisonnières, quel que soit le moment, quel que soit le lieu, à nos compagnes Rosa Lopez Diaz et Maria de Los Angeles Hernandez, à nos compagnes ex-prisonnières torturées sexuellement par l’État mexicain en 2006, à Atenco, toujours debout et en lutte: Mariana Selvas Gómez, Georgina Edith Rosales Gutiérrez, María Patricia Romero Hernández, Norma Aidé Jiménez Osorio, Claudia Hernández Martínez, Ana María Velasco Rodríguez, Yolanda Muñoz Diosdada, Cristina Sánchez Hernández, Patricia Linares, Suhelen Gabriela Cuevas Jaramillo et Bárbara Italia.

Lors de cette journée internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques, nous voulions donner une place spéciale à l’évocation de la résistance des femmes prisonnières et ex-prisonnières. Finalement, nous avons présenté une performance intitulée « Femmes prisonnières -Solidaridad », que nous avons construite à partir d’échanges (lettres, réflexions, passages du journal en prison, pensées) avec notre compagne ex-prisonnière et adhérente à la Sexta, Mariana Selvas, que nous remercions chaleureusement pour ce tissage collectif.

Mariana a été arrêtée le 4 mai 2006 à San Salvador Atenco, dans l’État de Mexico. Pendant le trajet jusqu’à la prison, elle a été tabassée, menacée de mort et a subi des agressions sexuelles commises par des membres de la police de l’État.

Et la lutte continue, la rage et la solidarité aussi….

*De la journée à la semaine de la Semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques :

A Paris, depuis 2008, différentes organisations participent à la mise en place de cette solidarité en exigeant la reconnaissance du statut de prisonnier politique partout dans le monde mais aussi, et surtout, la libération de ces prisonniers.

Cette année, conscient-e-s que la mobilisation se doit d’être large et de prendre en compte la diversité des situations, nous avons décidé de consacrer une semaine entière à la question des prisonnières et prisonniers politiques. Celle-ci s’est finalement déroulée du 14 au 20 avril dans différents lieux. Cette année, nous avons été nombreux à participer et avons convergé ensemble avec l’Académie des Arts et Culture du Kurdistan, l’Association des familles des prisonniers et des disparus sahraouis, Associu Sulidarità (Corsica), le Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, le Collectif Unitaire National de soutien à Mumia Abu-Jamal, le Comité de Solidarité avec le Peuple Basque, le Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte, le Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques, le Groupe de Soutien à Leonard Peltier, le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits Humains au Sahara Occidental (CORELSO), Les trois passants (Mexique), Libération Irlande, la Maison du Tamil Eelam, le Secrétariat International de la CNT, Sortir du colonialisme, Terre et Liberté pour Arauco. Nous ne sommes pas tou-tes là, il manque les prisonnières et les prisonniers ! Par les trois passants. Merci à Valerie et à Val pour les corrections.

Plusieurs lettres de prisonnier-e-s nous ont été envoyées pour la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques, cliquez ici

Plus d’infos sur les prisonnier-e-s de la Sexta

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Sources:

Reçu par mail, 03/05/2013

[Angleterre/Mort de Thatcher] Les vitres du club conservateur explosées et un véhicule de police incendié – Bristol, nuit du 11 au 12 avril 2013

Le Tory Club fracassé et 4×4 de flics incendié

Un ennemi de la LIBERTE en moins – Dansons sur sa tombe!

Pour célébrer les nouvelles de la mort de Thatcher nous avons brisé les vitres du club conservateur sur la route de Viviers à Bristol dans les premières heures de ce matin.

Peu importe combien d’hommages à une « grande dame » apparaît dans les médias, nous ne pourrons jamais nous souvenir d’elle autrement que comme un tyran vicieux qui a déroulé le néo-libéralisme qui s’épanouit aujourd’hui. Le seul bon politicien est un politicien mort!

Même par rapport aux politiciens en général, Thatcher a été l’un des personnages les plus détestés de l’histoire récente au Royaume-Uni, ce qui explique pourquoi elle était sous garde armé 24 heures par jour jusqu’à sa mort à l’hôtel cinq étoiles Ritz. Elle a mené un assaut sur les conditions de vie du « sous-prolétariat » qu’elle méprisait ouvertement, a participé à l’enracinement et l’enrichissement des classes dirigeantes. Nous ne sommes que quelques-unEs mais des milliers et des milliers de personnes à faire la queue pour pisser sur sa tombe.

A Bristol, la réponse à sa mort a été immédiate. Lors de la nuit de la nouvelle tombée, il y a eu une grande fête de rue à Easton pour la célébrer. Quand les flics sont arrivés pour la disperser, ils ont été accueillis par des pierres, des bouteilles et des barricades enflammées, blessant plusieurs voyous de l’Etat et endommageant un véhicule de police. Nos pensées sont avec les personnes arrêtées et les nombreuses autres qui ont défié l’escouade anti-émeute et leurs alliés « pacifistes ».

Nous avons attaqué le club où traînent les lèches-cul de Thatcher, mais ne nous méprenons pas – les partis politiques ne sont que l’une des faces de l’ordre dominant mondial. […] Thatcher a vu de puissantes révoltes contre son régime (grève des mineurs, la rébellion contre les impôts locaux [« Poll Tax »] et bien d’autres…), et les dirigeants d’aujourd’hui peuvent être sûr qu’ils seront également confrontés à notre colère.

Thatcher a activement soutenu et défendu la dictature militaire de Pinochet au Chili. En vertu de la nouvelle dictature économique de la démocratie, les étudiants rebelles, guerriers indigènes mapuches et les anarchistes subversifs continuent  à être persécutés par les mêmes lois fascistes de l’époque. Nous saluons Marcelo, Juan et Freddy à Santiago du donjon de haute sécurité, les combattants solides depuis l’époque du règne de Pinochet, et ceLLESux cibléEs par la dernière perquisition menée par l’Etat chilien et qui sont détenuEs dans la prison pour femmes de Temuco (qui a également été le théâtre d’une émeute récente) .

Enfin, notre équipe prend la responsabilité du récent incendie d’un 4×4 de police dans un garage de Pennywell Road à Easton. Ces serviteurs de l’Etat ne doivent jamais être en sécurité dans les rues de notre attaque ici, comme à Moscou, au Caire ou à Montréal.

NIQUE LA LOI ET LA POLICE DE PAIX!

Guerre aux politiciens, mort à l’Etat!

Des anarchistes indisciplinés (dans l’esprit de Millbank)

Traduit librement de l’anglais depuis indymedia.org.uk, 18/04/2013

[Paris] Soirée de solidarité avec les prisonnier.e.s de la Sexta de l’EZLN – Mexique au Transfo (Bagnolet) samedi 20 avril 2013

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Soirée de solidarité avec les prisonnier-e-s de la Sexta de L’EZLN- Mexique

Dans le cadre de la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques qui aura lieu du 14 au 21 avril 2013, le groupe les trois passants (Libérons-Les!) vous invite à une soirée dédiée aux prisonnier-e-s adhérents à Sexta de L’EZLN- Mexique

SAMEDI 20 AVRIL 2013- 17h00 à 19h00

Le Transfo

57 avenue de la République, Bagnolet (93)

Métro: Gallieni (L3) ou Robespierre (L9)

  • Présentation de la situation des prisonnier-e-s adhérents à la Sexta de L’EZLN, Mexique
  • Projection du documentaire « Koltavanej -libération » sur la vie de Rosa Lopez, la seule femme prisonnière de la Sexta au Chiapas et performance « femmes prisonnières solidaridad»
  • Lecture des lettres des prisonnier-e-s de la Sexta envoyées pour l’occasion
  • Échanges avec le public
  • Tables de presse
  • 19h Concert organisé par le Transfo pour la caisse d’autodéfense juridique du Transfo.

À propos du documentaire « Koltavanej – libération » et de la petite pièce-performance « Femmes prisonnières – Solidaridad ».

Nous avons rencontré Rosa en prison, et elle nous a donné une force énorme et l’envie de continuer à nous battre pour la libération des personnes enfermées pour des raisons politiques ou autres. La situation de Rosa comme celle de beaucoup de femmes incarcérées est extrêmement difficile, car non seulement elles ont été torturées sexuellement mais certaines sont mères et militantes, chose très compliquée dans le cadre extrêmement patriarcal de la prison (au Mexique comme ailleurs). Comme la parole des femmes prisonnières est difficilement reprise à l’extérieur, il est essentiel, dans la lutte, de leur accorder une place importante en tant que femmes, prisonnières, militantes, mères et indigènes. De là l’intérêt de donner une place spéciale à l’évocation de leur résistance, lors de cette journée internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques.

Le documentaire intitulé « Koltavanej » – qui en tzotzil veut dire « libération » – a été réalisé par la compagne et militante de la Sexta Concepción Suárez, que nous remercions pour nous avoir permis de diffuser cette vidéo en France.

Quant à la performance « Femmes prisonnières – Solidaridad », nous l’avons construite à partir d’échanges (lettres, réflexions, passages du journal en prison, pensées) avec notre compagne ex-prisonnière et adhérente à la Sexta, Mariana Selvas, que nous remercions chaleureusement pour ce tissage collectif. Mariana a été arrêtée le 4 mai 2006 à San Salvador Atenco, dans l’État de Mexico. Pendant le trajet jusqu’à la prison elle a été tabassée, menacée de mort et elle a subi des agressions sexuelles par des membres de la police de l’État.

Nous dédions cette pièce aux femmes prisonnières et ex- prisonnières quel que soit le moment, quel que soit le lieu !

Nous ne sommes pas tou-tes là, il manque les prisonnières et les prisonniers !

Pour la mémoire et contre l’oubli !

Venez nombreux et nombreuses !

Pour plus d’information sur les prisonnier-e-s de la Sexta de l’EZLN

Voir le Programme complet de la Semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques

Infos – Transfo sur transfo.squat.net