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[Bristol, Angleterre] Feu à l’armée !

Attaque de la base de cadets* de l’armée à Bristol (Royaume-Uni)

voiture_en_feuNous avons agi en amont du sommet de l’OTAN qui se réunira à Newport afin de poursuivre leur pouvoir belliqueux déguisé en bienveillant du maintien de la paix internationale. Pour être clair, cette «paix» qu’ils veulent garder est celle de l’ordre capitaliste: la «paix» de produire, de consommer et d’obéir.

La rhétorique de l’OTAN de démocratie et de droits humains cache sa force de colonisation offensive vu qu’il se déplace dans des zones stratégiques pour les ressources et le contrôle politique. Pendant ce temps, sur le « front intérieur », le rôle de supprimer « l’ennemi intérieur » est tout à fait clair. L’OTAN, conscient de l’insurrection qui a éclaté au cours du « printemps arabe » juste en dessous de la frontière méditerranéenne, a exposé le rapport des « opérations en zone urbaine en 2020″ prévoyant « des scénarios des armées engagées manuellement pour étouffer les révoltes des pauvres dans les banlieues des grandes villes occidentales« . Les pouvoirs en place peaufinent clairement ce type de guerre contre-insurrectionnelle autant que le conflit militaire entre les États dans le futur assombri de l’effondrement avancé de la société, de l’économie et des catastrophes écologiques.

Nous avons choisi la base des cadets de l’armée dans le nord-est de Bristol, brûlant une voiture et un minibus. A titre d’exemple de la façon dont la militarisation progresse dans le tissu de la vie quotidienne. Au cours des dernières années, la commissaire des écoles, Elizabeth Sidewell, a suggéré que chaque école devrait avoir une force commune de cadets* « afin d’augmenter quotidiennement le contact et l’influence des forces armées auprès des jeunes » dans le but d’assurer l’assistance continue de la population. La présence de l’armée, même dans les écoles, est présentée comme une composante naturelle de la « communauté » et que la concurrence, la discipline et l’obéissance de haut en bas sont des caractéristiques nécessaires.

Nous sommes solidaires avec ceux qui sont descendus dans les rues il y a 3 ans en août 2011, ainsi que ceux qui ont récemment été dans les rues de Ferguson, une autre zone actuellement sous traitement militaire. Après ces moments insurrectionnels, le gouvernement a vu l’une des fonctions de sa poussée pour plus de soldats et l’implication des militaires dans l’éducation en général comme gardant les jeunes hors de l’agitation et les empêchant d’être « anti-social ». L’École Phoenix à Oldham, des académies militaires et autres sont autant de manifestations de cette promotion de la discipline aveugle et du nationalisme.

Feu à l’armée !

Des anarchistes quelconques

Traduit de indymedia UK, 29/08/2014

Note:

* Dans de nombreux pays, un cadet est un élève officier, un militaire en formation

[Brésil] Nouvelles des protestations anti-mondial du week-end des 14 et 15 juin 2014

Dimanche 15 juin dans la soirée, une manif contre la FIFA et la coupe du monde est partie de la Plaza Saens Peña du quartier de Tijuca dans la zone nord de Rio de Janeiro pour se rendre au stade Maracana où se tenait le match Argentine-Bosnie.

Marac4Les manifestant-es -qui étaient près de 300 selon la presse brésilienne- ont fait face à plusieurs cordons de flics antiémeute tout en tentant de passer à travers, mais les flics les ont repoussé et dispersés à coups de lacrymos et de grenades assourdissantes. L’agitation et les affrontements dans le secteur ont provoqué des kilomètres de bouchons en direction du stade. Les flics s’étaient également positionnés devant une station de métro proche (sans doute le traumatisme lié au saccage de la gare de Sao Paulo il y a quelques mois). Plusieurs commerçants à proximité du stade se sont barricadés en voyant débouler un cortège déterminé de  manifestant-es cagoulé-es.

Après une tentative de bloquer l’accès au stade, 50 manifestant-es du black bloc se sont détaché-es de la manif et ont attaqué les flics avec des cocktails molotov. Des poubelles ont été vandalisées et trois agences bancaires ont été attaquées dans le secteur de Vila Isabel.

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Un manifestant gazé à bout portant par les porcs Avenue Maracana

Un manifestant gazé à bout portant par les porcs Avenue Maracana

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Les flics anti-émeute protégeant le temple de la Fifa

Les flics anti-émeute protégeant le temple de la Fifa Avenue Maracana

Plus tôt dans la journée, une manif -avec un nombre de participant-es similaire- s’est déroulée à Brasilia à proximité du stade où se tenait le match Suisse-Equateur. Les flics en nombre et équipés (flics à cheval, hélicos, PM, GRC…) ont dispersé les protestataires.

Samedi 14 juin, 250 personnes se sont rassemblées à Belo Horizonte contre la tenue de la recontre Colombie-Grèce, durant lequel 11 manifestants ont été séquestrés par la police (mais c’est resté bien plus pacifié que la manif organisée le jour de l’ouverture du mondial).  La veille (13/06/2014), 100 personnes défilaient à Salvador et se faisaient disperser sans ménagement avec utilisation massive de gaz lacrymo par les agents de l’Etat.

Depuis l’inauguration de cette coupe de monde le 11 juin dernier, plusieurs sites de sponsors du mondial, de la FIFA mais aussi des sites gouvernementaux ont été hackés. Les chaînes de retransmission télévisée des matchs du mondial ont quant à elles reçues des menaces d’attaque, comme la chaîne BeInSport (qui avait notamment été piraté lors de la coupe du monde 2010).

On peut aller voir le compte-rendu assez complet de fr.squat.net sur la journée du 12 juin dernier à Sao Paulo, qui a été faite d’affrontements et de blocages à l’occasion du 1er match de la sélection du Brésil.

Reformulé depuis leur presse – 15 et 16 juin 2014

[Italie] A propos de la nouvelle grosse offensive de l’Etat contre les anarchistes (3 juin 2014)

Dans la matinée du mercredi 3 juin 2014, la police italienne (la DIGOS) a mené une nouvelle opération répressive au sein du milieu anarchiste: 111 compagnon-es ont été placé-e-s sous enquêtes dont neuf incarcérations. On peut voir toutes les infos sur les Brèves du désordre

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Notes à chaud sur les arrestations

Après l’effervescence de la journée d’hier, passée à chercher à comprendre ou ont été envoyés les divers incarcérés, essayons d’esquisser quelques réflexions à propos de cette dernière enquête, qui, un peu pour son grand nombre d’inculpé-e-s (111) et de personnes soumises à des mesures judiciaires, un peu pour la particularité des chefs d’inculpation mérite une analyse plus approfondie.

Comment faire entrer dans une même enquête autant d’inculpé-e-s ?

La réponse est relativement simple : de ne plus seulement mettre les noms déjà connus à la préfecture de police de Turin.

Dans les 200 pages de ce qui compose le dossier d’accusation, nous retrouvons une part de la ville, celle des quartiers Porta Palazzo, Barriera di Milano et Aurora.

Nous retrouvons les noms et les visages de celles et ceux qui, ne pouvant plus se permettre de payer un loyer, ont décidé ces dernières années de s’organiser pour s’aider réciproquement. Des nombreu-x-ses, italien-ne-s et étrangèr-e-s, qui se sont barricadé-e-s derrière les bennes à ordures pour résister, qui ont attendu avec anxiété et détermination l’arrivée de l’huissier, et qui, une fois la maison perdue, ont décidé d’occuper.

Ce qui frappe immédiatement, c’est qu’il ne s’agit pas d’un délit associatif, mais plutôt à la fusion de délits singuliers en un seul fil qui suit toute l’enquête. Le délit le plus cité est violence sur personne dépositaire de l’autorité publique, mais l’on trouve aussi des inculpations plus spécifiques comme la séquestration, délit déja utilisé contre Giobbe, Andrea et Claudio. Selon la procureure cette fois les séquestrés seraient les huissiers, qui, encerclés de participant-e-s aux piquets, se voyaient contraints à concéder un report du sfratto.
Les mesures judiciaires ne sont pas tant justifiées par la gravité des épisodes singuliers que par leur réitération, retenue cohérente avec un cadre théorique que les procureurs identifient dans les tracts distribués aux piquets et des textes publiés dans la revue Invece et sur ce blog (*).

Mais venons en au fond : « l’effet de la multiplication d’ actions d’opposition concertés a été, substantiellement, de priver d’autorité et de force exécutives les décisions judiciaires […], avec l’intention d’empêcher, dans un contexte d’intimidation programmée, aujourd’hui et dans le futur, l’exécution des décisions de justice.  »
Ce qui est touché, donc, est la volonté de satisfaire immédiatement un besoin comme celui d’avoir un toit au-dessus de la tête sans le mendier, sans attendre de meilleures politiques de logement par la mairie. A Porta Palazzo et Barriera, pendant plus d’un an, les sfratti qui rencontraient une résistance n’étaient pas exécutés. On a parlé d’un moratoire de fait.

C’est justement cela qui est resté au travers de la gorge des propriétaires et des politiciens de tous bords habitués à recevoir demandes et révérences. Au contraire, ces seigneurs se sont vus arracher des mains renvois sur revois, obtenus sans aucun type de médiation.

Qu’est-ce qui distingue un moratoire comme celui là d’une concession de l’administration publique ? La seconde sert à adoucir le bâton et à tempérer les cœurs, confirmant les hiérarchie existantes. La première en revanche cherche à s’étendre et à se généraliser afin d’éliminer ces hiérarchies, en se rencontrant de manière différente, en étant dans la rue, en s’organisant. Ce n’est pas pour rien que Davide Gariglio, peu d’heures après les arrestations, s’est dit satisfait de l’opération de la police, pour répondre à la situation d’illégalité diffuse qui s’était créée dans ces rues. Et ce n’est pas un hasard si c’est un des porte-voix du parti démocratique (PS italien, ndt) qui parle. Le parti au pouvoir en ville, le parti du « plan maison », le parti des banques et des sfratti, le parti avec le plus de dégradations de permanences ces derniers mois.

Texte traduit de macerie reçu par mail, 5 juin 2014

[Etats-Unis] Retour de Steven, résistant au grand jury

Le résistant au grand jury Steven est de retour à la maison

Salut ! Mon nom est Steven Jablonski. Je suis anarchiste et résistant au grand jury. Après avoir vécu en exil au Canada à peu près un an et demi, je suis retourné aux Etats-Unis il y a un mois environ. Mon retour n’était pas censé être secret, mais j’ai senti le besoin de prendre du temps pour afin de rassembler mes pensées et de décompresser avant de sortir une déclaration officielle. Je me sens maintenant prêt à rompre le silence et à clarifier quelque peu la confusion autour de moi, étant cité à comparaître devant le grand jury de Seattle qui enquête sur la journée du premier mai 2012 à Seattle.

En juillet 2012, plusieurs personnes ont reçu des citations à comparaître pour témoigner devant le grand jury, enquêtant sur l’activité anarchiste et la destruction de propriété qui est arrivée à la manifestation anticapitaliste du premier mai 2012 à Seattle. A la fin juillet, j’ai reçu un appel téléphonique de quelqu’un se prétendant être agent du FBI, me déclarant que j’étais assigné à comparaître pour témoigner devant le grand jury et comment il pourrait me remettre cette citation à comparaître. Une assignation entre seulement en vigueur une fois qu’elle est « remise » à une personne, ce qui signifie que l’assignation physique doit être remise en mains propres à la personne. J’ai pris la décision de résister au grand jury en quittant le pays plutôt que de risquer à comparaître et témoigner devant le grand jury.

J’étais et continue toujours à être ferme dans ma conviction de non-coopération avec l’État. J’étais à peu près certain que si je refusais de répondre aux questions du grand jury je serais poursuivi pour outrage civil et placé en prison. Sans porter n’importe quel jugement sur les décisions des autres résistants à grand jury qui ont été faites, je ne me sentais pas à l’aise pour me présenter à l’Etat pour une peine de prison. Je comprends que l’emprisonnement et la prison sont une réalité de la vie pour beaucoup de gens dans ce monde et je comprends aussi qu’en s’engageant dans l’activité anarchiste on peut aussi risquer l’emprisonnement. Je veux tout faire pour résister à la coopération avec l’Etat et je refuse également de marcher volontairement dans ma propre cellule de prison.

Je suis arrivé au Canada le 4 août 2012. En novembre j’avais commencé à vivre à Montréal au Québec. Tout au long de ma période passée à Montréal, je me suis fait à la fois baisé par le SCIS* (Service de Renseignement de Sécurité Canadien) et le SPVM (Service de Police de la Ville de Montréal). Au cours de ma période au Canada, j’ai été régulièrement suivi et approché par mon nom dans la rue et devant chez moi. Pendant ces interactions, on m’a dit de rentrer dans mon pays d’origine et qu’ils attendaient simplement de m’expulser. J’ai été placé dans la voiture du SPVM à de multiples reprises, y compris une fois où j’ai été ramassé par une voiture de police à proximité de chez moi à 2h du matin et conduit en périphérie de ville où les flics ont pris mon téléphone, de la thune, chaussures et veste.  Quelques mois plus tard, je me suis fait alpagué par deux inconnus à deux pâtés de maison qui n’ont pas cherché à prendre mes affaires, mais ont continué à m’appeler d’un « pédé d’américain ». Dans chacune de ces interactions, il est clair que ces personnes connaissaient ma situation juridique.

Malgré tout le harcèlement, j’ai également pu recevoir amour et amitié de personnes formidables à Montréal. Par des hauts et des bas, ces relations se sont rapidement transformées en lien qui, j’en suis sûr, seront de longue durée.

Clairement l’Etat n’est pas heureux avec moi et d’autres décisions de ne pas coopérer avec cette enquête. Malgré cela, toutes les personnes impliquées dans l’enquête, sauf une, ont maintenu la stricte non-coopération avec l’enquête. Mais l’enquête est maintenant à sa fin. La dernière année et demie a certainement été l’année la plus intéressante et difficile de ma vie. Avec l’aide de deux vieux amis et de nouveaux amis, des anarchistes à la fois proches et lointains, et l’inspiration que j’ai ressenti de mes compagnons résistants au Grand Jury et des compagnons, certaines choses arrivent finalement à leur fin.

Mon exil s’est également avéré être assez coûteux, mais grâce à l’appui financier que j’ai reçu d’un tas de gens, je m’en suis très bien sorti. Je tiens à remercier particulièrement le comité contre la répression politique et les compagnons de Vancouver BC and Guelph ON et des amis de la baie de San Francisco et de New-York. Je tiens aussi à remercier mers amis de la région de Puget Sound, les amis les plus proches que j’ai dans le monde. Leur soutien et leur encouragement ont été insurmontables dans ma résistance, la santé mentale et santé émotionnelle. Je veux aussi parler de la façon dont j’ai été inspiré par les innombrables actions de solidarité qui ont eu lieu partout dans le monde, ainsi que toute autre personne qui a offert quelconque geste de soutien.

 Je tiens également à préciser que je suis entièrement solidaire des vandales anonymes qui ont attaqué le tribunal William Kenzo Nakamura à Seattle le 1er mai 2012. Il y a peu de choses que je désire plus que de voir les institutions du pouvoir ciblées et attaquées. Je m’identifie fortement avec la tendance anarchiste insurrectionnelle et je crois que ces actes criminels et de rébellion qui ont eu lieu ce jour à Seattle servent d’un petit exemple de la façon dont les gens peuvent attaquer physiquement les institutions du capital dans leur quête sans fin pour la libération.

Aussi enthousiaste que je suis d’être à la maison, comme la plupart des choses dans la vie, l’expérience est un peu amère. J’ai eu quelques merveilleuses expériences au cours des dix-huit derniers mois et rentrer à la maison n’a pas été une chose facile à faire. Aussi irritant que les dix-neuf mois passés l’ont été, je sais que je sors de cette expérience comme une personne plus forte avec des liens plus forts et l’idée plus claire sur ce que l’affinité, l’amitié et l’anarchie signifient pour moi en réalité. Mais en fin de compte, je suis juste heureux d’être enfin à la maison.

Solidarité avec tous les autres résistants au grand jury et ceux en exil !

Liberté pour Amélie, Carlos et Fallon ! (les prisonniers 5E3)

Vive l’anarchie !

Pour contacter Steven, on peut lui envoyer un mail à l’adresse nothingleft@riseup.net

Traduit de anarchistnews, 13 avril 2014 à 16h41

* en anglais: Security Canadian Intelligence Service

[Rome, Italie] Résistance émeutière face à l’expulsion d’un squat et solidarité active avec les 6 arrêtés des émeutes du 12 avril

L’expulsion de 350 familles tourne à l’émeute à Rome

Des échauffourées se sont produites à Rome mercredi devant un immeuble abandonné transformé en squat, quand la police est intervenue pour en expulser quelque 350 familles pauvres qui y habitaient.

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Ces familles composées d’Italiens et d’immigrants occupaient le bâtiment abandonné, propriété d’une compagnie publique d’assurances, en raison du manque chronique d’offres de logements bon marché dans la capitale.

Entre 100 et 150 policiers sont intervenus à la mi-journée avec des matraques contre 200 protestataires qui manifestaient devant l’immeuble délabré, tentant d’empêcher les forces de l’ordre d’y pénétrer. Des squatteurs sur le toit tapaient sur des pots en métal, pour marquer leur solidarité avec les manifestants qui se trouvaient dehors.

sgombero-montagnola2Plusieurs personnes ont été blessées, dont un homme qui saignait de la tête et une femme qui avait une jambe cassée, a constaté un photographe de l’AFP.

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rome1604-2Tout le quartier au sud de Rome, près de la grande avenue Cristoforo Colombo, avait été bouclé par la police. « L’évacuation va continuer, et nous arrêterons tous ceux qui s’y opposent », a déclaré un porte-parole de la police romaine.

Fin mars, le gouvernement italien a lancé un vaste plan d’aides au logement pour les plus pauvres prévoyant 200 millions d’euros pour 2014 et 2015. Jugé insuffisant, il a été au coeur d’une manifestation samedi à Rome, qui a dégénéré en scènes de guérilla urbaine*.

Les militants préfèreraient que Matteo Renzi s’attaque aux logements vides pour les allouer aux familles dans le besoin. Selon une enquête du magazine Panorama parue le mois dernier, 50.000 appartements seraient sans locataire dans la seule ville de Rome.

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Leur presse – Belga via 7sur7.be, 16/04/2014 à 15h48

Note du blog:

*media_l_6656344Samedi 12 avril, des émeutes ont réveillé la manifestation rassemblant des travailleurs de partout, des chômeurs et précaires, des militant-es No TAV, des étudiant-es, des squatters … Un manifestant a perdu une main en voulant balancer un pétard sur les flics. A plusieurs moments du parcours, des cordons de flics anti-émeute ont été attaqués avec des pierres et des pétards par des manifestant-es cagoulé-es. Il y a eu des dizaines d’autres blessé-es et six personnes arrêtées. Plus de 2000 flics quadrillaient la ville.  Ce mercredi 16 avril, des solidaires se sont pointés devant la prison de Regina Coeli pour exiger la libération des six personnes arrêtées suite à la manif de samedi dernier.

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Repris de leur presse

[Nantes/NDdL] Vague d’arrestations et peines de prison ferme suite à la manif du 22 février dernier

Notre-Dame-des-Landes : jusqu’à un an de prison ferme pour des activistes

En février, une manifestation à Nantes contre le projet d’aéroport avait dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre.

Quatre hommes ont été condamnés mardi à Nantes en comparution immédiate à des peines allant de quatre mois de prison avec sursis à un an ferme, pour des dégradations et des violences commises lors de la manifestation nantaise du 22 février contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. L’un des prévenus a écopé d’un an de prison ferme avec mandat de dépôt pour des jets de projectiles sur des policiers, sans ITT (interruption temporaire de travail), et «fabrication d’engin explosif artisanal», en l’occurrence des canettes fumigènes. Des faits pour lesquels le parquet avait notamment requis six mois de prison et un mandat de dépôt, en raison du casier judiciaire du prévenu.

Deux autres jeunes hommes, âgés de 20 à 30 ans, ont été condamnés sans mandat de dépôt, par le tribunal correctionnel de Nantes, à des peines de quatre mois de prison ferme pour le premier et de deux mois de prison ferme avec révocation d’un sursis de deux mois, pour le second. Ils étaient poursuivis, l’un pour dégradations et vols en récidive commis dans les locaux de la TAN, les transports en commun de Nantes, et l’autre pour des jets de pierres sur des policiers. Le quatrième prévenu, âgé de 53 ans, poursuivi pour violences sur des policiers sans ITT, a écopé de quatre mois de prison avec sursis.

Au total, sept personnes interpellées lundi à Nantes ont été convoquées devant la justice.

Deux mineurs seront déférés devant le juge des enfants pour des faits de violences sur les forces de l’ordre – des jets de bouteille et de pavés – et dégradations d’un local Vinci, le groupe concessionnaire du futur aéroport. Le dernier individu se verra délivrer une convocation par un officier de police judiciaire aux fins de comparaître ultérieurement devant le tribunal correctionnel pour des faits de violences par jets de pétards contre les forces de l’ordre.

La manifestation anti-aéroport avait rassemblé, le 22 février à Nantes, un nombre record de participants (20 000 à 60 000 personnes selon les sources) et avait dégénéré. Une dizaine de policiers et gendarmes avaient été blessés et hospitalisés, selon la préfecture, et 14 personnes avaient été interpellées. Cinq jeunes gens, interpellés lors de la manifestation, ont par ailleurs été condamnés fin février à des peines allant de travaux d’intérêt général à de la prison ferme mais sans mandat de dépôt.

AFP via liberation.fr, 02/04/2014

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Arrestations suite à la manif du 22 fév. contre l’aéroport #NDDL : procès du 1er avril

[…] Dès le début d’après-midi, la salle de comparution immédiate du Tribunal de Grande Instance de Nantes est bondée. 

Des journaliste sont venus se régaler de la répression qu’ils ont complaisamment attisée contre les manifestant-e-s.

La Justice, à grand renfort de couverture médiatique, a décidé de s’acharner contre les manifestants perquisitionnés et arrêtés à Nantes au lendemain du triomphe du premier flic de France.

Les dossiers sont vides. La procureure à bien du mal à camoufler l’absence d’enquête sérieuse menées par les 30 flics spéciaux dépêchés à Nantes suite à la manifestation. La volonté de faire des exemples est évidente. Les prévenus passent en comparution immédiate, sans avoir pu préparer leur défense.

Après une parodie de procès dont les étapes sont écrites à l’avance, les peines s’abattent froidement sur les prévenus comme sur le public. Insupportables.

Une figure associative nantaise de 53 ans écope de 4 mois de prison avec sursis. Gratuitement. P. n’a pourtant aucun antécédent, à part celui de lutter pour le droit des sans abris. La peine est purement arbitraire : le prévenu est soupçonné d’avoir renvoyé vers les flics un seul des milliers de palets de lacrymogènes propulsés sur la foule à coups de lance-grenades. Puni pour avoir, à son échelle dérisoire, renvoyé la violence à l’envoyeur.

Deux jeunes manifestants, J. et G., soupçonnés d’avoir également résisté à la violence policière et pour l’un d’avoir récupéré un T-Shirt dans le local de la TAN écopent tous deux de prison ferme : 4 et 5 mois de taule. Des peines d’abattage. Il n’y a pas de mandat de dépôt pour eux.

Le coup de marteau le plus violent concerne le dernier prévenu, E., 23 ans. Militant déjà ciblé de nombreuses fois par le passé par les policiers, il est accusé d’avoir fabriqué un fumigène. Alors que la procureur requiert la lourde peine de 6 mois de taule, le Juge aux ordres décide carrément de multiplier par deux ces réquisitions déjà iniques. Il prononce 1 an de prison ferme pour E. Avec mandat de dépôt.

Perquisitionné hier matin, il part à la prison de Nantes ce soir. Les flics, évidemment présents en nombre, arborent un sourire satisfait.

La foule se met à crier de colère, à insulter les juges, la Justice. La salle est évacuée par des policiers nerveux alors que la copine et le bébé de E. sont empêché de lui glisser un dernier mot, une dernière caresse, avant qu’il soit transféré.

Une centaine de personnes défile ce soir en cortège jusqu’au centre ville en criant sa rage contre la Justice.

nantesAntirep

Pas de Justice, pas de paix !

Solidarité avec les inculpés !

Repris d’indymedia Nantes, 2 avril 2014

NdCNE:

Dans la matinée de lundi 31 mars 2014, la police a annoncé via leurs organes de communication de la presse qu’une vague d’interpellations avaient eu lieu à Nantes en lien avec la manif émeutière du 22 février: 8 à 10 personnes ont été arrêtées, deux ont été disculpées.

[Balkans] Entretiens avec une anarchiste de Bosnie sur la rébellion de février

Ces deux textes sont des entretiens avec une anarchiste vivant en Bosnie, qui sont arrivés dans la boîte mail du blog. Malgré des passages redondants, ils donnent un aperçu de ce qu’il s’est passé là-bas et des pratiques anarchistes en Bosnie & Herzégovine:

Interview avec l’anarchiste bosnienne Lo, 19.02.14

tuzla0502eDurant les jours qui suivirent le 7 février (jour des manifestations massives en Bosnie). Les rues étaient vides et la police enquêtait, prenant notamment les enregistrements des médias qui avaient couvert les manifestations pour tenter de ficher les manifestants. Pendant la nuit, ils chassaient les manifestants à coup de gaz. Les médias prétendent qu’ils se sont limités à l’utilisation de gaz mais ce n’est pas vrai. Ils ont aussi fait usage de grenade qu’ils lançaient sur les gens. J’ai vu des gens en réel état de choc mais qui ne pleuraient pas, comme c’est le cas avec les gaz lacrymogènes. De plus, il règnait comme un parfum acide. Une vraie crasse ! Tout le centre de Sarajevo était contaminé. Nous avons fui. Deux heures après la dispersion de la manifestation, un ami m’a appelé pour me dire que la police spéciale anti-terroriste avait fait irruption chez lui. Il a été arrêté. Ils ont saisi son ordianteur, son téléphone, des documents. Encore un de nos camarades arrêtés. En tout, 33 personnes ont été arrêtées aux cours des manifestations. Neuf d’entre elles sont mineurs. J’ai vu moi même comment ils ont arrêté un adolescent de seize ans. J’ai essayé de l’aider mais six policiers m’ont menacé avec leur armes. Neuf d’entre nous se sont alors rendu au commissariat pour tenter de faire libérer ceux qui ont été arrêtés.

Dis-moi, la population de Bosnie-Herzégovine serait-elle prête à prendre les armes ?

Il y a beaucoup d’armes ici depuis le temps de la guerre, les armes sont restées dans le pays mais les gens n’en font plus usage. Cela n’arriverait qu’au cas où l’armée ou la police ferait usage d’armes contre la population.

Y a-t-il beaucoup d’anarchistes en B-H ?

Pas trop. Le mouvement anarchiste est très jeune en Bosnie. Il y a trois ans, à mes débuts en tant qu’activiste, il n’y avait pas d’anarchistes à Sarajevo. Dans toute la Bosnie, on ne comptait que peu d’activistes et séparés les uns des autres par de grandes distances. On a commencé à diffuser nos idées dans la rue et sur internet, rencontré de nouvelles personnes intéressées par les idées anarchistes. Ce qui ressort du mouvement aujourd’hui, c’est l’absence d’organisation. Nous avons la platforme « slobodari » et des anarchistes individuels reliés autour d’une idée commune. A présent, nous nous concentrons sur l’idée d’une organisation, nous verrons ce qui resortira de ça… Mais je dois dire que les anarchistes sont très actifs dans le mouvement contestataire en B-H. A part cela, on pense à un Balkanese Anarchist Black Cross. Et enfin, nous avons l’action Food Not Bomb, qui continue tous les samedis, également pendant la période des manifestations.

Pour le moment en B-H sont organisées des assemblées regroupant les habitants, les travailleurs, des étudiants, … ayant chacun différentes exigences et critiquant tous les partis politiques. C’est une réelle forme de démocratie directe. Approuvez-vous cela ? Y participez vous ? Approuvez-vous l’idée de démocratie directe comme alternative au système politique actuel ?

Oui, oui, bien sûr, nous participons à toutes les assemblées. Par exemple, aujourd’hui, il y a eu trois assemblées auxquelles nous avons participé. En réunion, les gens ont pris la décision que, quelles que soient les revendications, sans démocratie directe, nous ne ferons rien. Maintenant, l’idée c’est d’organiser des assemblées dans chaque quartier de Sarajevo auxquelles participerait une ou deux personnes de chaque quartier afin de pouvoir y formuler et diffuser les idées communes à leur quartier à toute la ville. Nous appelons ces assemblées populaires « capacité de production ». J’ai au début pensé que rien ne ressortirait de tout cela, que personne ne participerait, que les ONG présentes contrôleraient tout. Mais ce n’est pas ce qui s’est passé. 

Et comment imaginez-vous la société future, dans les cas où le mouvement en B-H parvient à faire aboutir les revendications du peuple? Comment voudriez-vous une société anarchiste ? Structurée ? Comment seraient alors organisées les usines et les quartiers de la ville ?

Je pense réellement que nous assistons déjà à une forme d’organisation anarchiste et nous nous efforçons de continuer dans ce sens. Les assemblées sont des choses indispensables, pas seulement parce que là-bas, chacun peu exprimer ses idées et ses exigences mais aussi parce que les gens y participant apprennent à s’écouter, à se conseiller mutuellement, à échanger les uns avec les autres, discutant avec des gens avec lesquels ils n’auraient jamais parlé dans une autre situation, et au cours de ces assemblées, on peut sentir une énergie positive, constructive. Les jeunes qu’on qualifiait de « problématiques » participent également aux assemblées et aux débats, formulent des exigences politiques. Ici, dans l’action sociale, on peut sentir un esprit anarchiste: les gens ne croient pas aux partis, s’auto-organisent et ce, sans avoir aucune idée d’anarchie. Il me semble qu’en B-H, beaucoup de personnes sont anarchistes dans l’âme. Quelque chose que mon esprit bosnien ne pourra jamais comprendre, c’est pourquoi les partis d’opposition sont représentés sur la place Maidan en Ukraine. Ici, cette situation est impossible. Les habitants de la région se méfient de tous ceux qui dirigent le pays.

Quelle est la raison de la mauvaise relation avec les partis politiques ?

Les gens sont mécontents du travail des partis politiques. Il est important de souligner que beaucoup de gens ici ont été tués parce qu’il y a vingt ans, les partis ont déclenché la guerre. Une guerre d’argent et d’intérêts politiques. C’est pour cela, qu’aujourd’hui, les gens ont compris que les partis ne travaillent jamais pour les intérêts du peuple mais seulement pour l’intérêt du parti, et, de temps en temps, une coopération entre différents partis est possible. Dans le même esprit, il y a un mécontentement à l’égard des ONG qui travaillent également dans leurs propres intérêts et sont d’ailleurs souvent financées par la CIA.

Est-il vrai que, durant les manifestations, beaucoup de travailleurs étaient présents pour protester contre la privatisation des usines, le chômage, etc… ?

Bien-sûr, les manifestations ont commencé grâce aux travailleurs. A Tuzla, les travailleurs sont descendus dans la rue tous les mercredis pendant trois-quatre mois. Ensuite, beaucoup d’autres les ont rejoints. Ils ont tenté de pénétrer un bâtiment gouvernemental, convaincus que le gouvernement ne répondrait pas à leurs exigences et ne prendrait aucune décision pour résoudre les problèmes actuels. Aujourd’hui, il y a des assemblées populaires à Sarajevo dans des Maisons des Jeunes, dans des salles de concerts. Au début, nous voulions organiser les assemblées dans les locaux de la radio étudiante mais l’espace était insuffisant pour y accueillir tout le monde. Nous avons alors forcé le gouvernement local à nous accorder le droit d’occuper n’importe quelle salle publique pour y organiser les assemblées. Et oui, les travailleurs participent aux assemblées, ils sont très nombreux. Nous n’avons pas d’élément bourgeois. Au début, quelques professeurs d’une jeunesse dorée se masturbaient sur notre révolution. Mais cela n’a pas duré. La fille d’un riche buisnessman de Sarajevo (Ejup Ganić) a d’ailleurs écrit à quel point elle n’approuvait pas notre « action violente » et ne voulait pas se sentir appliquée dans une révolution qui peut-être, un jour, brûlera ses biens (sa maison vaut deux millions de dollars).

Est-il possible qu’à l’avenir, les usines passent sous le contrôle de l’assemblée des travailleurs ? Est-ce une transaction vers l’autonomie des usines ?

Oui, c’est possible. Et nous comptons bien faire entendre la voix de cette exigence. Nous devons être vigilants pour le moment. Etape par étape, il faut montrer aux gens, à travers des exemples concrets que le système capitaliste ne fonctionne pas; montrer sans forcer, sans hystérie et alors, nous pourrons faire entendre des exigences que jamais les politiques ne pourront mettre en oeuvre ou même formuler. A côté de ça, on sent le risque de l’utilisation de la violence par le gouvernement. Ces derniers temps, les gens ont tristement découvert que nous vivons dans un état policier. Auparavant, il n’y avait pas ce genre de problème avec la police. Ils ne frappaient pas les gens ouvertement dans la rue mais maintenant, tous ont bien vu comment ils frappent et arrêtent les gens et ils commencent à comprendre à qui la police sert. C’est, par exemple, la même chose avec les médias. Les médias de B-H tentent de présenter les manifestants comme des hooligans, des casseurs, des bandits. Ils ont fait récemment un reportage sur nous où il était dit qu’un manifestant avait été arrêté avec 13 kg de speed sur lui bien que l’arrestation avait eu lieu dans une partie de la ville différente de celle où avaient eu lieu les manifestations. (Par la suite, ils furent bien obligés d’admettre que c’était faux, il ne s’agissait pas du tout d’un manifestant) Je voudrais aborder quelque chose: en Ukraine, sur la place Maidan, il y a beaucoup de groupes nationalistes puissants. Bien sûr, la grande majorité de la population ne fait aucunement partie de ces groupes nationalistes. Ce qui unit principalement les gens, c’est la lutte pour le pouvoir au peuple et contre l’état policier. Mais tous les nationalistes n’en sont pas moins forts.

Quelle est la relation avec le nationalisme dans le mouvement protestataire en B-H ?

Nous savons que le mouvement ukrainien est « plus à droite » que le nôtre. En B-H, nous avons réalisé que le nationalisme est un masque que le gouvernement ou les partis politiques utilisent afin de servir leur intérêt au détriment du peuple. Le peuple de Bosnie a bien vu comment les leaders nationalistes des différents groupes ethniques ont collaboré entre eux en même temps qu’ils se disputaient comme par formalité. Il est devenu clair ici que toute cette merde n’est d’aucune utilité pour les gens ordinaires. Les nationalistes, quand ils sont actifs, s’unissent simplement contre tous les autres.

Tu veux dire qu’il faut traverser l’horreur de la guerre de Bosnie, le nettoyage ethnique et 20 ans de nationalisme pour comprendre que le nationalisme n’est pas une solution ?

Eh bien, dans un sens, oui. Nous, les jeunes, nous sommes une génération habituée à la propagande nationaliste et cela a fini par nous faire antifascistes. Tu sais, on voit la génération de nos parents qui s’est battue pour « la liberté », pour « le pays » et, à la fin, ils ont été complètement rejetés par ce même état dont ils ont payé l’indépendance par leur sang. Il est important de dire qu’à l’heure actuelle, il y a un rejet du débat autour de la « capture » de la République Serbe (une des trois parties composantes de la B-H). Le président de la République Serbe joue sur cette carte, prétendant que nous sommes des nazis bosniens et que nous planifions d’anéantir les serbes. C’est un pur mensonge, les manifestants ont, à plusieurs reprises, affirmé qu’ils n’avaient aucunement de telles intentions dans les relations bosno-serbes. Les serbes doivent eux-mêmes décider de comment ils veulent vivre, ce n’est pas à nous de le faire. Bien-sûr, dans un même temps, nous ne sommes pas contre le fait d’aider les serbes si cela est nécessaire. Aujourd’hui la situation est ainsi en B-H: le pays est divisé en différentes parties: la Fédération Bosno-croate (musulmans et croates) et la République Serbe. Nous avons trois présidents. Il n’y a aucune décision politique dans la Fédération Bosno-croate qui ne puisse être prise sans l’accord du président de la République Serbe et vise-versa. Ce système politique ne marche pas bien et n’est que le résultat de la guerre et des accords de Dayton. Mais quoi qu’il en soit, il n’y a aucun de ces trois présidents qui travaille réellement dans l’intérêt du peuple. En réalité, il n’y a que deux possibilités: l’union de tous avec tous ou la séparation avec la République Serbe. Si les serbes veulent vivre dans leur propre Etat, c’est leur choix, nous, nous allons continuer notre révolution. Je ne suis pas une idiote, je n’ai pas l’intention de forcer les serbes à vivre dans une Bosnie unifiée comme a tenté de le faire la génération de nos parents. Pour que tout soit claire: Je crois que les bosniens ont le droit de se défendre en cas d’agression serbe mais la situation actuelle est différente. Il est important de dire qu’aujourd’hui, l’armée bosnienne n’est plus constituée d’hommes ayant pris les armes pour défendre leur famille comme ce fut le cas pendant la guerre. Aujourd’hui les soldats travaillent pour l’Etat.

Peut-on sentir un vent contestataire dans la partie serbe de la B-H ? Cela aurait-il alors un lien avec les manifestations à Tuzal, Sarajevo et Mostar. Et aussi, durant les manifestations, comment sont reliés les uns aux autres musulmans et croates ?

Sarajevo, Tuzal et Mostar font partie de la Fédération Bosno-croate. Dans la République serbe, il n’y a pas d’important mouvement contestataire. Quelques groupes ont tenté d’organiser des manifestations quand des nazis serbes manifestaient en scandant les noms de criminels de guerre serbes. Mais les nazis les ont dispersés en scandant des slogans type : »nous sommes serbes« , « nous ne voulons pas de la Bosnie ». Mostar est divisée en deux parties: la partie musulmane et la partie croate mais quand les manifestations ont commencé, les gens se sont unis. Musulmans et croates se sont unis. Ensemble, ils assistent aux assemblées, ils prennent les décisions ensemble. Je n’ai jamais pensé que cela se produirait un jour et maintenant, je suis fière de faire partie de tout ça.

Te sens-tu bosnienne toi même ? Et si oui, ça ne te dérange pas d’être également internationaliste ?

Je suis internationaliste, bien sûr, mais il y a une grande différence entre groupe ethnique et nation. La nation, c’est quelque chose qui a un lieu avec l’Etat. L’ethnie, c’est une culture locale, une façon de vivre. Pour tout ce qui concerne la culture, les relations humaines, l’art, tout ça est lié à l’ethnie, elle a une impacte sur le comportement des gens, c’est une façon de vivre. C’est quelque chose qui doit être respecté.

Peut-on sentir une propagation de l’esprit contestataire dans d’autres régions de l’Ex-Yougoslavie ?

Oui, c’est possible. Par exemple, au Monténégro, ils ont déjà commencé à manifester.

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Interview avec l’anarchiste bosnienne Lo, 25.03.14

Deux mois après le début du mouvement contestataire en Bosnie Herzégovine, que ressort-il du mouvement ? Organisez-vous toujours des assemblées populaires, avez-vous réussi à faire entendre vos exigences auprès du gouvernement ?

Il n’y a plus de manifestations pour le moment. Différents éléments en sont la cause : la forte répression policière d’une part, la propagande politique et médiatique d’autre part. Au début les assemblées, plenium, débordaient d’une énergie réellement positive. Mais les ONG ont fini par prendre contrôle du mouvement. Ils ont tenté d’imposer leur organisation et ont, par leur discours et leur actes divisés les personnes qui participaient aux plenium et aux assemblées. Il y eu des délations de la part de certains manifestants à l’encontre de d’autres manifestatnts qui avaient choisi l’action directe au cour des manifestations. Les pleniums sont aujourd’hui décrédibilisés. Le gouvernement n’est plus effrayé par la puissance des pleniums ou des manifestations maintenant que le mouvement s’est fait pacifié. Quand nous avons essayé de créer un mouvement commun afin de faire libérer les gens qui avaient été arrêtés au cours des manifestations, les représentants des ONG se sont mis à différencier les manifestants entre « bons » et « mauvais » manifestants. Quand notre compagnon Nihal a été arrêté, j’ai essayé d’aller solliciter le soutien des ONG mais ils m’ont répondu que Nihal devait payer pour avoir brûlé des choses. Nous pensions au début que 33 personnes avaient été arrêtées. Nous avons par la suite appris qu’ils étaient plus nombreux. La police prétend parfois avoir libéré des gens quand ce n’est pas vrai. Au commissariat, les gens ont été frappés, tazés et humiliés par la police. Aujourd’hui, les pleniums ne font plus sens. Les membres des ONG qui ont pris le contrôle du mouvement ont brisé la philosophie du mouvemet en invitant des personnalités politiques aux pleniums, notamment le représentant bosnien à la communauté internationale, Valentin Inzko ainsi que Nicholas Hill, un délégué du parlement italien, allez savoir pourquoi. La seule explication logique que je vois dans la monopolisation des plenium par les ONG est qu’ils comptent utiliser les pleniums pour monter leurs propres projets et ensuite demander un soutien financier à l’ambassade des Etats-Unis; car nous savons que les membres des ONG sont liés avec l’ambassade des Etats Unis à Sarajevo. Au premiers pleniums, on comptait entre 1000 et 2000 participants, aujourd’hui, c’est 100 à 200 personnes qui assistent aux pleniums. Beaucoup de personnes ont délaissé les pleniums car ils connaissent le mode de fonctionnement des ONG et s’en méfient.

Les pleniums réunissaient des personnes différentes, étudiants, travailleurs, vétérans de la guerre, comment tous ces gens réagissent-ils à la tournure qu’ont pris les manifestations ? Comment réagissent-ils à la présence des ONG ?

Quand les manifestations se sont faites plus violentes, beaucoup des personnes plus âgées, qui avaient connu la guerre, comprenaient que parfois, c’est l’unique chemin pour se faire entendre, pour changer les choses, et nous avons changé fait évoluer certaine chose avec ces manifestations et les pleniums. Par exemple, les politiciens, avant, après la fin de leur service, continuaient à toucher leur salaire pendant vingt mois. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Il faut savoir que toutes les ONG présentes pendant les manifestations appartiennent toutes à un parti politique ou ont le soutien des USA. Les gens ne croient donc plus aux ONG et ont délaissé le mouvement quand ils ont pris trop d’influence. Et comme nous n’avons pas d’organisation derrière pour continuer à rassembler les gens. Le mouvement risque de s’éteidre simplement.

Tout le mouvement de B-H est donc parti d’un mouvement spontané. Sans l’influence d’une quelconque organisation ?

A Sarajevo, les gens voulaient au départ seulement montrer leur solidarité avec le mouvement de Tuzla. Les manifestants ont directement subi une forte répression de la part de la police. Des manifestants ont été jetés dans la rivière dépuis les ponts de la ville ! Ils menaçaient les gens de leur armes. Une vieille dame est décédée d’une crise cardiaque quand la police essayait de l’empêcher de protester. Nous avons pour le moment le projet d’ouvrir un lieu alternatif dans un immeuble abandonné de la ville afin que les gens puissent continuer à se retrouver, échanger leurs idées et poursuivre le mouvement dans son énergie de départ, sans l’influence des ONG. Les gens ici se méfient de la politique au point que si tu viens vers eux avec un discours politique, ils te demandent immédiatement de quel parti tu viens. Dans leur tête c’est, soit tu n’es pas politisé, soit tu travailles pour la politique. Nous voulons un endroit où les gens pourraient avoir des idées politiques tout en restant libres des partis ou des ONG. On entend souvent parler d’une «révolution bosnienne». Ce n’est pas vraiment un révolution, c’est une évolution. Les gens de B-H ne parlent jamais de lutte des classe, ici il y a la division ethnique ou nationale. Mais aujourd’hui, nous avons pu voir musulmans et croates manifester ensemble, sans différenciation. Les gens commencent à réaliser qu’ils sont pareils, avec les mêmes problèmes et que le problème n’est pas à chercher chez le voisin mais bien du côté des dirigeants. Le peuple a vécu dans sa chair que ni ONG, ni politiques ne lui viendraient en aide.

Peut-on sentir le même esprit contestataire dans la partie serbe de la B-H ?

Il n’y a pas de manifestations massives en République Serbe (partie serbe de la B-H). Quelques marches ont été organisées par les ONG pour montrer leur solidarité avec notre mouvement. Il y a deux semaines et avant-hier, des rassemblements de vétérans de la guerre ont eu lieu en République Serbe, en soutien au mouvement en Bosnie. C’est une réelle évolution car il y a une forte propagande politique pour diviser les différents groupes ethniques de la B-H. Mais les gens commencent à comprendre qu’avec notre sang, les politiques ont fait et font leur argent.

Les gens en B-H n’avaient donc aucune idée de ce qu’est l’anarchie.Y a-t-il plus d’anarchistes en B-H qu’avant le 7 avril ? Le mouvement a-t-il pris de l’importance ?

Les gens qui ont assisté aux manifestations, ont commencé à avoir une idée positive de l’Anarchie. Avant ces événements, les seules personnes s’affichant comme proche de l’anarchie étaient les membre des ONG et, de manière générale, ils n’étaient pas appréciés. Aujourd’hui les gens ont compris qu’il y a une réelle lute derrière. Le mouvement évolue sur un chemin postif, c’est certain. Les gens écoeurés de la politique commencent à s’intéresser à l’anarchie, toute génération confondue. Avant, à cause de la guerre, du nationalisme et toute cette merde, il n’y avait pas de place pour l’anarchisme.

Les pleniums ont-ils permis aux travailleurs, aux étudiants, aux retraités, aux habitants de faire entendre leur voix ? Vous avez formulé des exigences via la plateforme slobodari. Quand est-il de tout cela ?

Les pleniums n’ont pas pu atteindre leur but de ce point de vue. Les gens ont quitté les plenium car ils ne s’y reconnaissaient plus. Les travailleurs ont repris le travail, les manifestations n’ont plus lieu. Mais je suis certaine que bientôt les gens vont redescendre dans la rue. Justement parce nous n’avons pas terminé. Le mouvement spontané du peuple a été avorté par les ONG. Le problème de base est le manque d’organisation. Les gens ne savent simplement pas comment s’organiser pour être forts.

Quelle est la base du mécontentement en Bosnie ?

Il n’y a rien ici. Le salaire moyen est de 150 € par mois, le salaire minimum est de 20€ par mois. La pension minimum, 1€ par mois. Aucune aide n’est apportée aux étudiants. A la sortie de l’université, il y a beaucoup de discrimination entre les étudiants, beaucoup de diplômés finiront avec des boulots sans rapport avec leur études et beaucoup seront sans emplois. D’un autre côté, nos politiciens sont parmi les mieux payés d’Europe. La corruption est un réel problème. Et les politiciens, avec leur discours nationalistes, détournent l’attention du peuple. Aujourd’hui les gens, y compris ceux qui ont connu la guerre, ont compris beaucoup de choses et le nationalisme n’est plus populaire. Aujourd’hui, nous sommes ensemble, contre les politiques.

Comment vois-tu le futur de la B-H ?

La seul solution c’est changer notre système politique. Les gens sont écoeurés de ce système qui n’est que le résultat de la guerre et des accords de Dayton. Mais ce système plaît aux politiques, s’ils avaient voulu changer le système, ils l’auraient fait. Le système politique est fait pour diviser le peuple tout en l’exploitant et exploitant la haine entre les différents groupes ethniques. Et derrière ce masque, les politiciens s’entendent très bien. Par exemple, le fils du président de la République Serbe est marié à une musulmane. Notre président en était ravi. Et parallèlement à cela, le président de la République Serbe présente le mouvement en Bosnie comme un mouvement dangereux pour les serbes. Il a même prétendu que nous avions acheté des armes en vue d’attaquer les serbes. Ces gens font la fête ensemble et ensuite nous vendent un discours de haine. Quoi qu’il en soit, si les serbes de Bosnie veulent leur indépendance, ils ont le choix. Nous, nous allons tout faire pour que notre mouvement ne s’essouffle pas. A Tuzla, les travailleurs ont organisé les pleniums dans les usines. J’espère qu’ils parviendront à s’organiser en syndicats indépendants. Il y a des syndicats en B-H mais tous appartiennent à un parti politique. Il y aussi une loi en B-H selon laquelle, dans chaque contrat de travail signé par les travailleurs, il est mentionné l’interdiction d’entrer en grève. Ca peut vous conduire en prison. Par exemple, durant les manifestations, un policier a enlevé son casque alors que ses collègues attaquaient les manifestants ; il ne voulait pas nous frapper, il voulait nous parler. Je ne fais pas l’apologie de la police, ils restent ce qu’ils sont mais il faut quand même comprendre que la situation ici est différente de ce qu’elle peut être en Europe. Si le policier refuse de travailler et rejoint les manifestants, il risque 15 ans de prison. Certains policiers demandaient aux manifestants de rester pacifistes car sinon, ils n’auraient « pas le choix » de nous frapper. Ici, les policiers qui ont autour de 40 ans sont pour beaucoup d’entre eux des anciens membres de l’armée non-officiel de Bosnie qui, durant la guerre, était constituée d’hommes qui avaient pris les armes pour défendre leur famille. Aujourd’hui, ils se retrouvent de l’autre côté de la barrière. Nous en avons vu plus d’un pleurer. Mais cela ne les empêchait pas de nous frapper.

Avez-vous des camarades qui sont toujours en prison ?

Oui, nous avons 6 camarades qui ont été arrêtés suite aux manifestations. Aujourd’hui tous ont été libéré mis à part Nihal. Tous sont en attente de leur sentence, accusés de terrorisme. Nous ne savons pas pourquoi Nihal n’a pas pu être libéré. Je pense que c’est parce qu’il a reconnu avoir brûlé des archives gouvernementales. Accusé de terrorisme, il risque de 10 à 20 ans de prison. Nihal, comme beaucoup de bosniens, avait toutes les raisons d’être en colère. Pendant cinq mois il n’a pas touché son salaire. Ca arrive parfois ici, il y a beaucoup de personnes qui ne touchent pas l’argent pour lequel ils ont travaillé, les gens sont en colère. Pour Nihal, bien sûr, il a perdu son travail car il est en prison et il n’aura jamais ses cinq mois de salaires. Maintenant, nous avons trouvé un avocat qui s’occupe des six personnes accusées de terrorisme dont Nihal. Nous sommes en attente de la sentence. Le 7 avril, ça fera un mois que Nihal est en prison, ils seront obligés de le relâcher si les juges ne donnent pas la sentence. Pour le moment nous attendons.

Reçu par mail, mercredi 26 mars 2014

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Balkans: actions en solidarité avec la rébellion en Bosnie-Herzégovine

En février 2014, les anarchistes et antifascistes de Niš, Belgrade, Novi Sad, Skopje, Sombor, Zagreb, Ljubljana et Rijeka ont mené des actions en solidarité avec la rébellion récente en Bosnie-Herzégovine.

« Nous soutenons la révolte de la population en Bosnie-Herzégovine. Nous savons qu’un grand nombre de nos concitoyens pensent de la même façon. Les gens des deux côtés de la Drina ont faim, et nous espérons que les manifestations dans la région voisine vont secouer la Serbie endormie. Nous appelons les gens à ne pas se soumettre à des histoires d’aspirations nationalistes et de lasale propagande, et à s’unir contre l’ennemi commun: le capitalisme et l’État. Travailleurs, vous avez faim à cause d’eux. A cause des parasites, des sangsues et des voleurs, et pas à cause de quelqu’un de l’autre côté du fleuve dont tu ne connais même pas le nom et qui est dans ​​la même merde que toi« , a déclaré un antifasciste de Niš.

Source: blogtipomogo (i, ii)

photo A: "Pour une libération anationale de la Bosnie-Herzégovine. Contre les élites politiques (A)" Photo B: "Pour une libération anationale de la Bosnie-Herzégovine. Contre le FMI et la Banque Mondiale (A)"

Belgrade -
photo A: « Pour une libération anationale de la Bosnie-Herzégovine. Contre les élites politiques (A) »

Photo B: « Pour une libération anationale de la Bosnie-Herzégovine. Contre le FMI et la Banque Mondiale (A) »

 

Ljubljana - a) "burning, burning...» [référence à une chanson hip-hop populaire] b) "Comme en Bosnie, aussi à Ljublj(A)na - contre la dictature du capital"

Ljubljana -
a) « burning, burning…» [référence à une chanson hip-hop populaire]
b) « Comme en Bosnie, aussi à Ljublj(A)na – contre la dictature du capital »

Niš -  a) «Que la révolution éclate, des deux côtés du fleuve Drina - AFA Niš" b) «Soutien à la révolte populaire en Bosnie! - (A)FA Niš". c) "La classe ouvrière contre le capitalisme. Soutien à Tuzla - (A)ntifa Niš ". [AFA = Action Antifasciste]

Niš -
a) «Que la révolution éclate, des deux côtés du fleuve Drina – AFA Niš »
b) «Soutien à la révolte populaire en Bosnie! – (A)FA Niš ».
c) « La classe ouvrière contre le capitalisme. Soutien à Tuzla – (A)ntifa Niš « .
[AFA = Action Antifasciste]

Novi Sad -  a) «Soutien au peuple de B-H, l'AFA." b) «Soutien aux travailleurs de B-H, AFANS." c) "soulevez-vous les gens! Solidarité avec le peuple de B-H, AFANS ". [AFANS = action antifasciste de Novi Sad]

Novi Sad -
a) «Soutien au peuple de B-H, l’AFA. »
b) «Soutien aux travailleurs de B-H, AFANS. »
c) « soulevez-vous les gens! Solidarité avec le peuple de B-H, AFANS « .
[AFANS = action antifasciste de Novi Sad]

Rijeka - a) «Que la B & H soit un exemple pour nous! Rijeka en solidarité »  b) «politiciens et magnats, vous n'avez pas de raison de dormir tranquillement."  c) "Résistance - Rébellion transforme les esclaves en homme".

Rijeka -
a) «Que la B & H soit un exemple pour nous! Rijeka en solidarité »
b) «politiciens et magnats, vous n’avez pas de raison de dormir tranquillement. »
c) « Résistance – la rébellion transforme les esclaves en hommes ».

Skopje -  a) Sur la banderole:. "Solidarité"  b) «Solidarité avec le peuple de B & H. Mort au nationalisme. Un Balkan, une lutte."

Skopje -
a) Sur la banderole:. « Solidarité »
b) «Solidarité avec le peuple de B & H. Mort au nationalisme. Un Balkan, une lutte. »

Zagreb -  a) "Lutte des classes 2014»  b) "Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes" c) "La liberté n'est pas seulement le club de Tuzla."  [Liberté = Sloboda, à Tuzla, il y a un club de football qui s'appelle Sloboda]

Zagreb -
a) « Lutte des classes 2014»
b) « Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes »
c) « La liberté n’est pas seulement le club de Tuzla. »
[Liberté = Sloboda, à Tuzla, il y a un club de football qui s’appelle Sloboda]

En outre, suite à un appel via les réseaux sociaux, deux rassemblements de solidarité ont eu lieu à Belgrade et à Zagreb avec la participation de quelques centaines de personnes de milieux différents (anarchistes, antifascistes, gauchistes, étudiants, travailleurs…).

 Vidéo de Bosnie-Herzégovine, avec des scènes de rassemblement de solidarité à Belgrade, en Serbie ici

Plus d’informations sur les événements en Bosnie-Herzégovine: CrimethInc ii

via contrainfo

[Marseille] Le carnaval n’est pas fini

Un tract qui a tourné à Noailles/La Plaine ce week-end (22 et 23 mars 2014)…

Le Carnaval n’est pas fini

Comme chaque année, le carnaval de la Plaine et de Noailles a défilé au son des fanfares, sous les jets de farine et d’oeufs. Comme le veut la tradition carnavalesque, le Caramentran, cette année un char-bateau à l’effigie de l’Hôtel-Dieu devenu un hôtel 4 étoiles, est jugé puis brûlé à la fin de la fête. Le char rappelait cette année les croisiéristes à venir, la culture du fric et des flics.

Depuis quelques années, un nombre impressionnant d’individus déguisés en poulets « accompagne » le cortège. Un carnaval parallèle dont la vocation est plus de tendre l’ambiance que de protéger les passant-es… À Noailles déjà, ils ont donné un aperçu de la raison de leur présence, en arrêtant l’un des participants pour avoir taché d’oeuf un flic en civil. Lorsque le Caramentran a été brûlé, les flics ont décidé de mettre fin à la fête en envoyant les pompiers éteindre le feu.

Les carnavalier-e-s ont refusé l’intervention des pompiers pour que la fête puisse continuer, comme d’habitude, jusqu’à ce que le feu s’éteigne de lui-même. Les CRS ont alors chargé à coups de matraques, bombes au poivre et lacrymos toutes les personnes présentes, qui ont riposté. C’est l’occasion qu’a saisie la BAC pour arrêter deux autres personnes. Le cortège s’est alors déplacé en musique jusqu’au commissariat de Noailles. Le carrefour Canebière-Cours Lieutaud a été bloqué, pour demander la libération des personnes arrêtées.

Deux heures de blocage et cinq autres ont été embarquées. Comme le montre une vidéo postée sur le site de la Provence l’une d’elle a été battue durant l’arrestation. Sept des huit personnes sont passées en comparution immédiate. Celui qui l’a refusé a été placé en détention préventive. Les peines sont lourdes : de 6 mois de sursis à 2 mois fermes avec en plus 8 mois de sursis. Au total quatre d’entre eux ont été transférés aux Baumettes immédiatement après le procès.

Le message est clair : dans les rues de Marseille, il faut circuler. Ne pas se réunir, ne pas traîner, ne pas manifester sans y être autorisé. Comme dans toutes les villes l’étau se resserre… Pendant qu’au MUCEM, on met le carnaval en vitrine, EUROMED rase nos quartiers, les loyers augmentent, les caméras se multiplient. Marseille lave toujours plus blanc.

Chaque fois que les espaces de la ville sont appropriés hors du cadre institutionnel (fête de rue ou de quartier, victoire sportive, luttes d’habitants), la seule réponse : des coups de matraque, des lacrymos… pour transformer la ville au service des riches.

La violence n’est pas le fait des carnavalier-e-s, ni des gamin-e-s des quartiers, contrairement à ce qu’en disent les journalistes. Elle est le fait de la police.

Solidarité avec les personnes inculpées !

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REUNION CE VENDREDI 28 mars à 18h à la « MARMITE » 38 cours Gouffé 13006 Marseille – métro Castellane pour organiser des concerts, bouffes, loto, proj, et autres soutien financier !!

à faire tourner ..

Liste de diffusion MIA

[Paris] Sous marin policier devant une maison occupée

Suite à la révolte de vendredi 14 février au centre de rétention de Vincennes, un feu d’artifice est tiré devant la prison pour étrangers. Deux détenus sont comdamnés à deux mois fermes, accusés d’avoir jeté une porte sur les flics et l’un d’eux à deux mois de sursis supplémentaires pour avoir refusé de donner son ADN. Deux autres personnes sont écroué-e-s, accusé-e-s d’avoir participé au feu d’artifice, puis d’avoir en garde à vue refusé de donner noms, empreintes, photos et adns aux flics. Mardi 25 février, une audience de remise en liberté s’est tenue pour ces dernier-e-s. Une vingtaine de compagnon-ne-s était présente pour apporter du soutien aux deux incarcéré-e-s. La juge a décidé de les faire sortir après 8 jours de taule et trois de garde à vue et dépôt avec le même contrôle judiciaire que leurs trois co-inculpé-e-s, interdiction d’entrer en contact et de quitter l’Ile-de-France. Dans l’après-midi certain-e-s compagnon-ne-s présent-e-s sont suivi-e-s plus ou moins ostensiblement. Dans le métro, le bus, dans la rue, parfois avec un appareil photo… un flic a même pris le taxi.

Dans la soirée, tandis que les deux fraîchement libéré-e-s sont à Fleury pour prendre leurs affaires, la surveillance est toujours plus visible. Une maison occupée, dans le 19 ème arrondissement de Paris est particulièrement ciblée. Déterminé-e-s, un groupe de personnes solidaires décide de ne pas laisser les flics faire leur sale boulot tranquiles, et poursuit l’un d’eux dans la rue. « Sale flic« , « tu le diras à tes collègues« , « Eh mais d’habitude quand on traite les gens de flics ils se retournent« , « police dégage », « remets jamais plus les pieds dans le quartier t’es grillé« .

Une partie du dispositif était apparente : Alors qu’à quelques rues de là, 5 ou 6 flics complotait, le groupe découvre une camionnette citroen jumpy blanc immatriculée 9420 XC 94, vingt mètres au dessus de la maison. Les vitres arrières sont voilées par une bache noire qui semble bouger, et des signes de présence émanent de la voiture lorsque le joyeux groupe s’approche. S’approchant encore, il entend disctinctement un son électronique en fonctionnement, laissant penser qu’à l’interieur de la voiture se trouve du matos d’écoute et d’enregistrement. Menaces, boucan dans le voisinage, secouage de voiture, le(s) flic(s) dedans a(ont) du avoir un petit coup de stress et deux de ses (leurs) collègues débarquent en courant, l’un monte dans la camionnette, l’autre dans une voiture garée plus haut et tous deux partent sans demander leur reste. Les semaines suivantes la surveillance n’a pas cessé ( filatures, contrôles d’identité impromptus… )

Qu’ils surveillent et répriment celles et ceux qui affichent de ne pas se plier aux lois et aux normes, qui décident d’apporter leur solidarité aux prisonnier-e-s mutin-e-s, qui refusent la résignation et se révoltent n’est pas étonnant.

Cela n’empêchera pas les révolté-e-s de se battre, ici et maintenant, pour la liberté !

Transmis par mail, 21 mars 2014

[Tract] Révolte et solidarité

Le 14 février 2014 une révolte a éclaté au centre de rétention de Vincennes. Les flics ont voulu expulser un retenu, qui avait déjà résisté à une tentative d’expulsion le jour d’avant, et sont venus le chercher à trois heures du matin. Des expulsions il y en a quotidiennement dans les prisons pour étrangers. Seulement cette fois-ci ça ne s’est pas passé comme prévu pour les flics : toutes les personnes enfermées se sont révoltées pour empêcher cette expulsion : des caméras de vidéosurveillance ont été bouchée avec du beurre, des portes dégondées ont servi de barricade ou de projectiles, des extincteurs vidés et balancés, des vitres brisées. Des renforts de flics ont été appelés : 23 compagnies et des coups de matraque pour mater la révolte. Plusieurs personnes sont blessées et deux arrêtées et placées en garde-à-vue.

Le lendemain, le 15, des feux d’artifice sont lancés depuis l’extérieur sous les murs du centre pour saluer la révolte et exprimer la solidarité. Quelques minutes plus tard, cinq personnes sont arrêtées dans le bois de Vincennes et mises également en garde-à-vue.

Après 48 heures, les sept sont déférés au dépôt du tribunal et présentés en comparution immédiate. Les deux retenus du centre de rétention ont été jugés pour destruction en réunion et condamnés à deux mois de prison avec mandat de dépôt. L’un d’eux a aussi pris deux mois de sursis supplémentaires pour avoir refusé de donner son ADN lors de la garde-à-vue. Pour les cinq autres personnes, inculpées d’attroupement armé et masqué et d’avoir refusé de donner leurs empreintes, photos et adn, le procès a été reporté au 24 mars. En attendant trois sont sous contrôle judiciaire et deux en détention préventive. Une audience de remise en liberté est prévue le 25 février. Le soir les quatre ont passé la nuit à la prison de Fleury-Mérogis.

Mardi 18 au soir, un rassemblement de solidarité s’est tenu à Barbès, des tracts racontant l’histoire et appelant à la solidarité ont été distribués et deux banderoles accrochées : « Sabotons la machine à expulser. Liberté pour toutes et tous » et «  Feu aux centres de rétention. Détruisons toutes les prisons ».

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Plus tôt dans la journée, les flics ont une nouvelle fois raflé des sans papiers dans le quartier, arrêtant plus de 60 personnes. À Barbès la pression policière est quotidienne pour chasser vendeurs à la sauvette, sans papiers, et tou.te.s celles et ceux qui ne rentrent pas dans le cadre voulu par les politiciens et les investisseurs : un quartier attractif, branché où les pauvres rasent les murs et les bourgeois occupent la rue.

De Barbès à la prison ou au centre de rétention il n’y a qu’un pas, chacun.e le sait bien. Un contrôle peut très vite aboutir à l’enfermement : pas de papiers, un outrage, un refus de donner ses empreintes, un truc illégal sur soi, etc.

S’opposer à la pression policière, empêcher une expulsion, faire péter des feux d’artifice devant une prison, c’est refuser de devoir toujours baisser la tête dans cette société faite de contrôle et d’exploitation qui tente de briser les individus jusqu’à ce qu’ils se soumettent à leurs règles et à leurs normes.

La lutte continue

Solidarité avec les 4 incarcérés

Liberté pour toutes et tous, avec ou sans papiers

Tract mis en page en PDF

Repris de sans-papiers ni frontières